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26 janvier 2020 7 26 /01 /janvier /2020 08:37
Résumé du livre Babélio: Et si notre esprit fonctionnait encore quelques instants après notre mort biologique ? 10 minutes et 38 secondes exactement. C’est ce qui arrive à Leila, jeune prostituée brutalement assassinée dans une rue d’Istanbul. En attendant que l’on retrouve son corps, jeté par ses meurtriers dans une poubelle, ces quelques précieuses minutes sont pour elle l’occasion de se remémorer tous les événements qui l’ont conduite d’Anatolie jusqu’aux quartiers les plus mal famés de la ville. C’est ainsi que la romancière Elif Shafak retrace le parcours de cette jeune fille de bonne famille dont le destin a basculé et qu’elle nous raconte, à travers elle, l’histoire de tant d’autres femmes dans la Turquie d’aujourd’hui.

Résumé du livre Babélio: Et si notre esprit fonctionnait encore quelques instants après notre mort biologique ? 10 minutes et 38 secondes exactement. C’est ce qui arrive à Leila, jeune prostituée brutalement assassinée dans une rue d’Istanbul. En attendant que l’on retrouve son corps, jeté par ses meurtriers dans une poubelle, ces quelques précieuses minutes sont pour elle l’occasion de se remémorer tous les événements qui l’ont conduite d’Anatolie jusqu’aux quartiers les plus mal famés de la ville. C’est ainsi que la romancière Elif Shafak retrace le parcours de cette jeune fille de bonne famille dont le destin a basculé et qu’elle nous raconte, à travers elle, l’histoire de tant d’autres femmes dans la Turquie d’aujourd’hui.

Elif Shafak : « En Turquie, les droits des femmes n’ont cessé de régresser »
Jeudi, 23 Janvier, 2020

À l’occasion de la parution de 10 minutes et 38 secondes dans ce monde étrange, la romancière turque Elif Shafak, qui vit à Londres, parle du combat des femmes et de la difficulté d’écrire dans un pays qui bafoue la démocratie.

 

Il faut beaucoup de talent et une grande confiance en la fiction pour commencer un roman par sa fin et la mort de son personnage principal. Portrait d’une femme libre dans une société patriarcale et autoritaire, 10 minutes et 38 secondes dans ce monde étrange retrace la vie de Tequila Leila, une prostituée assassinée en 1990. Au plus près des sensations, Elif Shafak rend hommage à Istanbul à travers une galerie de personnages à la marge, unis par l’amitié et la solidarité.

Le roman est construit autour des 10 minutes et 38 secondes qui suivent la mort de Tequila Leila. Comment avez-vous eu cette idée ?

Elif Shafak J’ai lu avec intérêt des études scientifiques et médicales qui montrent une activité persistante du cerveau humain, dix minutes après que le cœur a cessé de battre. C’est très intrigant pour une romancière. Que se passe-t-il dans le cerveau ? Les morts se souviennent-ils ? Cela m’a donné la structure du livre. On sait dès le début que le personnage principal est mort. Son corps a été jeté dans une décharge, mais son cerveau fonctionne toujours et se souvient. Son histoire est reconstituée minute par minute.

Le livre s’appuie sur l’histoire vraie d’une vague de meurtres de prostituées à Istanbul en 1990…

Elif Shafak 1990 a été un tournant. À l’époque, il existait une loi qui réduisait la peine des violeurs s’ils arrivaient à prouver que leurs victimes étaient des prostituées. Dans la tête des législateurs, une prostituée ne pouvait pas être affectée par un viol, ni physiquement ni psychologiquement. Une forte mobilisation des femmes s’est élevée contre cette loi. Je crois que ça a été l’une des dernières victoires du mouvement des femmes en Turquie. Je voulais terminer là-dessus, car, depuis, les droits des femmes n’ont cessé de régresser à cause de l’accroissement du populisme, de l’autoritarisme, du nationalisme, de l’islamisme. Le sexisme, l’homophobie et le patriarcat n’ont fait qu’empirer. Les cas de violences faites aux femmes et le nombre de petites filles mariées de force ont augmenté. Il est urgent de changer les lois en Turquie.

Vos personnages sont des marginaux (prostituée, transgenre, immigré, révolutionnaire…), qui forment une famille de cœur. En avez-vous rencontré certains ?

Elif Shafak Ils sont inspirés par certaines personnes que j’ai rencontrées à Istanbul, où je me suis installée quand j’avais une vingtaine d’années. À la fin des années 1990, j’habitais rue Kazanci, près de la place Taksim. Historiquement, c’était un endroit peuplé par des minorités : des familles juives, des Arméniens, des Grecs, des chrétiens, mais beaucoup ont dû partir. Dans les années 1970, les minorités sexuelles s’y sont installées, puis en ont été chassées. Dans les années 1990, des artistes, des féministes y sont venus. J’avais pour voisins une vieille personne transgenre, un juif, un Grec, des gens issus de tous ces groupes qui avaient dû partir. Quand on vit dans une telle rue, on a le sentiment de tous être dans le même bateau. À Istanbul, rien n’est solide, tout est liquide. J’étais là-bas la nuit du tremblement de terre et je n’oublierai jamais cet épicier ultraconservateur qui ne parlait jamais aux gays, aux travestis. Quand nous sommes tous sortis dans la rue, ses mains tremblaient : il a ouvert un paquet de cigarettes et en a offert une à ma voisine transgenre, qui pleurait. Ils ont fumé l’un à côté de l’autre. Le lendemain, il a de nouveau refusé de lui parler, mais pendant quelques heures, il a mis de côté ses préjugés. Istanbul regorge d’histoires comme celle-là.

Vous abordez la question arménienne à travers la figure du grand-père de votre héroïne qui a collaboré avec le gouvernement contre les Arméniens…

Elif Shafak Beaucoup d’histoires que je raconte sont vraies. C’est toujours très difficile de parler du passé en Turquie, mais nous devons le faire. Quand j’ai écrit la Bâtarde d’Istanbul, en 2006, on m’a fait un procès. Ce roman, qui met en scène une famille turque et une famille arméno-américaine, parle de la mémoire, de l’amnésie et du génocide arménien. Quand il est sorti, des groupes nationalistes sont descendus dans la rue en crachant sur ma photo, en brûlant des drapeaux européens. Le procès s’est poursuivi pendant un an, j’étais enceinte à ce moment-là. C’était surréaliste car, pour la première fois, une œuvre de fiction était poursuivie en justice au motif qu’elle portait atteinte à l’identité turque. Mon avocat turc a dû défendre mon personnage de fiction arménien devant le tribunal. Au bout d’un an, mon personnage et moi avons été acquittés. J’aimerais vous dire que la situation s’est améliorée depuis, mais c’est loin d’être le cas. Cette année, mon travail a fait l’objet d’une enquête, menée par des procureurs, cette fois pour un soi-disant crime d’obscénité, parce que j’avais écrit sur des violences sexuelles, des discriminations de genre, des enfants maltraités. Ils ne veulent pas que les romanciers écrivent sur ces sujets.

Est-ce pour ces raisons que vous êtes partie vivre en Angleterre ?

Elif Shafak Je suis partie au Royaume-Uni il y a onze ans. Bien sûr, je suis très attachée à la Turquie, mais c’est devenu très compliqué pour les écrivains, les journalistes, les universitaires. Il est difficile d’écrire non seulement sur les tabous politiques, mais aussi sur la sexualité, sur les questions de genre. Dans un pays où la démocratie n’existe pas, l’espace de l’art et de la littérature se rétrécit.

Quand et comment avez-vous commencé à écrire ?

Elif Shafak J’ai commencé vers 8 ans. Je ne pensais pas devenir écrivain, mais je trouvais la vie très ennuyeuse. Je suis née à Strasbourg, et la première maison où j’ai vécu était pleine d’immigrés, d’étudiants de gauche qui fumaient des Gauloises, qui parlaient d’Althusser, de Sartre (plus que de Simone de Beauvoir), de la révolution… C’était un environnement très à gauche. Et puis, mes parents se sont séparés, mon père est resté en France et ma mère m’a emmenée en Turquie. Nous sommes allés vivre chez ma grand-mère, à Ankara, dans un environnement très patriarcal et conservateur. Nous n’avons pas pu nous y adapter parce que ma mère était une jeune divorcée, une mère célibataire. Ma grand-mère m’a élevée jusqu’à mes 10 ans. Pendant ce temps, ma mère est revenue à l’université, elle a appris les langues, est devenue professeure, puis diplomate, et ensemble nous avons beaucoup voyagé. J’étais suffisamment turque pour comprendre la culture, mais j’étais aussi à l’extérieur, au bord de la société. Les livres sont devenus mes meilleurs amis et l’écriture était presque un besoin vital.

Pourquoi écrivez-vous aujourd’hui en anglais ?

Elif Shafak J’ai écrit mes premiers romans en turc, puis je suis passée à l’anglais, il y a quinze ans. L’anglais m’a donné un autre espace, une autre zone de créativité. Je n’étais pas bilingue et il y a toujours un fossé entre le cerveau et la langue. Mais il ne faut pas se laisser intimider. Chaque nouvelle langue nous donne une couche supplémentaire de liberté. Quand j’écrivais en turc, j’essayais toujours de repousser les frontières de la langue car elle a été « turquifiée » et a rétréci. Certains mots ont été enlevés parce qu’ils n’étaient pas assez turcs. Nous avons perdu beaucoup de mots de vocabulaire. Si je veux parler du chagrin, de la mélancolie, c’est plus simple pour moi de l’exprimer en turc, mais si je veux exprimer l’humour, l’ironie, la satire, l’anglais est plus adapté. Je ne crois pas que nous, les Turcs, soyons très doués pour l’ironie.

L'Humanité - entretien de Sophie Joubert avec la grande romancière turque Elif Shafak: En Turquie, les droits des femmes n'ont cessé de régresser
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18 janvier 2020 6 18 /01 /janvier /2020 08:22
Rencontre littéraire à Morlaix- La poétesse syrienne Maram Al-Masri à la lettre thé le mercredi 22 janvier à 19h

Rencontre littéraire à Morlaix

La poétesse syrienne Maram Al-Masri sera au lycée agricole de Morlaix mardi 21 janvier après-midi pour y rencontrer des lycéens et le mercredi 22 janvier à 19h à la librairie La lettre Thé, place des Viarmes.

"Je ne suis pas jeune, et je ne serai jamais vieille.
J'appartiens à une tribu de femmes.
Qui possèdent le riz des petites filles
Et le sourire insolent des vieilles,
Cheveux longs et libres,
Et des yeux anciens comme la terre,
Là où la beauté intérieure ne se termine pas.
Sœurs D'hommes qui ont
L'Esprit du loup et de l'aigle,
Joyeux lutins qui n'ont jamais
arrêté de jouer.
Des êtres qui traversent le temps,
En mouvement constant,
Ardents de curiosité.
Je n'ai pas et je n'aurai jamais l'âge
Qu' indiquent les documents,
Parce que je ne suis pas jeune
Et je ne serai jamais vieille.
Je suis éternelle."

Poésie de l'écrivaine et poétesse syrienne Maram Al-Masri

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15 janvier 2020 3 15 /01 /janvier /2020 20:51
Au coeur de la haine - Thomas Portes, camarade du PCF et de la CGT Cheminots en lutte contre l'extrême-droite invité du Forum Social Brestois le 8 février
Thomas Portes sera présent Samedi 8 Février au Forum Social Brestois
C'est un camarade du PCF et de la CGT Cheminots qui affronte l'extrême-droite radicale dans son combat antiraciste et antifasciste. Les Identitaires lui ont intenté un procès.
Il interviendra l’après-midi à partir de 13h30 sur le premier débat.
Il est l'auteur d'un livre " Au cœur de la haine" sur son combat contre l'extrême-droite.
 

Au cœur de la haine

https://www.editions-arcane17.net

Lorsque Thomas Portes, visage des mobilisations cheminotes du printemps 2018, se voit assigné en justice par Génération identitaire, suite à un tweet dénonçant l’opération anti-migrants du col de l’Échelle, il reste abasourdi. « Ce n’est pas moi mais eux qui devraient être poursuivis pour appel à la haine ! »

Passées la stupéfaction et la colère, le jeune syndicaliste décide de riposter en préparant son procès « dans l’action ». Quel meilleur moyen que l’écriture pour le faire ? Pendant près d’un an, il va aller à la rencontre d’acteurs de terrain, qui comme lui, ont décidé de résister à la peste brune.
Au cœur de la haine est le récit de leurs conversations. « Ces pages livrent un regard sans concessions sur la France d’aujourd’hui ; mon regard. Elles offrent également des éléments d’analyse sur la situation et proposent des solutions... »

« Le constat peut paraître sombre, mais il n’est en rien pessimiste. » Au fil des étapes du récit, Hénin-Beaumont, Hayange, Le Mans, Nice ou Lyon, l’Europe, on comprend mieux comment l’extrême droite construit son rayonnement et accroît son influence. On trouve aussi dans l’engagement des acteurs de terrain, la possibilité d’œuvrer. à une autre vision du monde et des rapports sociaux.

Sortie nationale le 14 janvier. Disponible en précommande sur le site à partir du 6 janvier.

13.00€


 

Au coeur de la haine - Thomas Portes, camarade du PCF et de la CGT Cheminots en lutte contre l'extrême-droite invité du Forum Social Brestois le 8 février

Cheminot, syndicaliste et jeune dirigeant politique du Tarn et Garonne Thomas Portes est cité à comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris
sur requête de l'association «Génération Identitaire»

http://ldh49.over-blog.org/2018/08/soutenons-thomas-portes-assigne-en-justice-par-generation-identitaire.html

 

Samedi 21 et dimanche 22 avril 2018, entre 80 et 100 militants du groupe Génération identitaire se sont rendus au col de l’Echelle, dans les Hautes-Alpes, pour déployer des banderoles dans le but de «tenir » la frontière franco-italienne et démontrer ainsi leur hostilité à l’arrivée de migrants sur le sol français. Ce groupe déjà connu des militants des droits de l’homme a été l’un des organisateurs d’une expédition entravant le sauvetage des migrants en mer Méditerranée par les ONG au cours de l’été 2017. Les principaux dirigeants identitaires européens avaient alors affrété le navire C-Star contre les associations humanitaires venant en aide aux réfugiés.

 Au regard de telles initiatives dénotant clairement le mépris dont font preuve ces militants d’extrême droite face à des femmes, enfants et hommes ayant quitté leur pays souvent au péril leur vie afin de fuir les guerres, les persécutions, la misère, le réchauffement climatique, Thomas Portes, dans un juste et légitime accès de colère et de dégoût face à ces comportements fascisants, a réagi sur un réseau social par un tweet lors de cette opération dans les Alpes du Sud. Il y dénonçait les pratiques d'un groupuscule qu’il assimilait à celles d’une sombre période de notre histoire.

 Les militants de Génération identitaire se sont reconnus dans les propos du tweet dans lequel ils n’étaient pourtant pas nommés. En effet consécutivement à ce tweet, le 6 juillet dernier, Thomas Portes a reçu une citation à comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris, à la suite d’une plainte qu’ils ont déposée pour injures publiques.

 Qu’ils s’en prennent à Thomas, jeune syndicaliste et jeune dirigeant du Parti communiste français n’est pas un hasard. Ils veulent faire taire les voix qui aujourd’hui s’élèvent pour dénoncer des comportements insupportables. Nous ne pouvons pas laisser faire !

 Alors que partout en Europe, l’extrême droite et des démagogues des partis « attrape tout », surfant sur une instrumentalisation nauséabonde de la question migratoire avec une dérive xénophobe de plus en plus prégnante jusqu’à la constitution de gouvernements droite-extrême droite,  nous militant-e-s politiques, associatifs, syndicalistes et progressistes devons tout mettre en œuvre pour éviter que l’Europe de demain ne sombre dans une régression nationale-populiste d’extrême-droite qui ne peut conduire qu'au pire. Ne cédons pas aux intimidations et aux menaces !

 Pour défendre nos valeurs républicaines et répondre par notre solidarité à l’assignation en justice de Thomas Portes, nous créons ce comité de soutien et invitons à le rejoindre toutes celles et ceux se refusant à voir notre pays aux mains d’une organisation qui telle une milice entend faire justice elle-même.

Co présidentes du comité de soutien :

Marie Pierre VIEU (députée européenne) / Catherine PHILIPPE (secrétaire départementale PCF 82)

JE SIGNE

 

Parmi les 1er signataires

Isabelle ALONSO (Chroniqueuse) - David ANTON (secrétaire syndicat CGT cheminot Castres) - Benjamin AMAR (CGT) - Pouria AMIRSHASHI (rédacteur de l’hebdo Politis) – Pierric ANNOT (secrétaire départemental PCF 92) – Cathy APOURCEAU POLY (sénatrice) Clémentine AUTAIN (députée) - Christophe ARNAUDY (secrétaire départemental PCF 72) - Maryse ARTIGUELONG (vice-présidente - Ligue des droits de l'Homme-75) - Eliane ASSASSI (sénatrice) – Gilles BALBASTRE (réalisateur) – Jacques BAUDRIER (conseiller de Paris) - Esther BENBASSA (sénatrice) – Jean BENGUIGUI (comédien) – Amar BELLAL (rédacteur en chef Progressistes) – Jérémy BACCHI (secrétaire départemental PCF 13) – Alain BACHE (secrétaire départemental PCF 40) – Pierre BARBANCEY (grand reporter) -Julien BAYOU (conseiller régional IDF) – Manon BLACHOT (chanteuse) -Sandra BLAISE (secrétaire départementale PCF 88) - Isabelle BLOCH (professeur émérite université Bordeaux) – Bernard BLOCH (metteur en scène) – Sophie BINET (CGT) – Matthieu BOLLE-REDDAT (secrétaire syndicat cheminot CGT Versailles) - Dominique BOUE (secrétaire départemental PCF 36) - André BOUDES(secrétaire départemental PCF 81) – Vincent BOUGET (secrétaire départemental PCF 30) – Philippe BOUYSSOU (maire d’Ivry) – José BOVE (député européen) – Patrick BRAOUEZEC (membre du parlement honoraire) - Caroline BREBANT (adjointe au maire ST Maximin) –  Laurent BRUN (secrétaire général CGT cheminot) - Alain BRUNEEL (député) – Ian BROSSAT (adjoint au maire de Paris) – Sophie BUSSIERE (avocate – secrétaire EELV Pays Basque) – Eric CADORE (secrétaire départemental PCF 32) – Lamine CAMARA (Conseiller régional IDF) – Stéphane CAZAUX (Secrétaire syndicat CGT cheminot Muret) - Guy CHAPOUILLIÉ (cinéaste – universitaire) – André CHASSAIGNE (député) – Marie Hélène CHAUVAT (secrétaire départementale PCF 23) – Julien CHOUET (secrétaire départemental PCF 24) - Samir CHIKHI (génération-s 82) – Vanessa CODACCIONI (politologue) – Laurence COHEN (sénatrice) –Corinne COMPAN(conseillère départementale-12) -Jean Marc COPPOLA (conseiller municipal Marseille)  Eric COQUEREL (député) – Alexis CORBIERE(député) - David CORMAND (secrétaire national EELV) – Sergio CORONADO (ancien député) – Nicolas COSSANGE (conseiller régional Occitanie) – Cécile CUKIERMAN (sénatrice) – Guy DAIME (adjoint au maire de Montech) - Olivier DARTIGOLLES (porte-parole PCF) –Isabelle DE ALMEIDA (présidente du Conseil National PCF) – Laurence DE COCK (historienne) – Raphael DEBU (conseiller régional AURA) – Elen DEBOST (conseillère départementale Sarthe) – Jean-Paul DEKISS (écrivain, réalisateur, producteur et président de la Ferme des Lettres) – Gérard DENIS (professeur économie université de Pau) – Lina DESANTI (secrétaire UD CGT 82) – Pierre DOMENGES (auteur) – Cécile DUMAS (conseillère municipale Antibes) – Jacques DUPUIS (physicien-75) – Denis DURAND(économiste) – Nelly FATON (secrétaire départementale PCF 39) – Elsa FAUCILLON (députée) – Caroline FIAT (députée) - Aurélie FILIPPETTI (ancienne ministre de la culture) Gérard FILOCHE (inspecteur du travail) – Françoise FITER (conseillère départementale-66)– Olivier FOURNET (1er secrétaire PS 82) - Pascal FOURNET (CGT) – Sylvie FUCHS (conseillère régionale IDF-77) - Michèle FURTUNA (professeure de lettres) – Bernard GARCES (NPA82) - Audrey GARINO (directrice générale de la Marseillaise) - Fabien GAY (sénateur) – Gilbert GARREL (Président IHS CGT) – Jean Luc GIBELIN (vice-président région Occitanie) – David GOBE (CGT cheminot secteur Europe) – Guillaume GONTARD (sénateur) – Joseph GONZALEZ (MERR 82) – Robert GUEDIGUIAN (réalisateur) – Tamara GUERRERO (présidente MERR 32) – Saïd HAMDOUNI (enseignant chercheur en droit public université Toulouse) – Pierre HENRY(directeur général France terre d’asile) – Cédric HERROU (militant droits de l’homme) – Arnaud HILLION (conseiller municipal d’opposition Montauban) Mina IDIR (secrétaire départementale PCF 84) – Pierre IVORRA (chroniqueur économie Humanité) – Eddie JACQUEMART(président de la CNL) – Yves JAMAIN (secrétaire départemental PCF 86) – Pierre JACQUEMAIN (rédacteur en chef Regards) – Brahim JLALJI (secrétaire départemental PCF 17, élu La Rochelle) Sébastien LABORDE (secrétaire départemental PCF 33, adjoint au maire St Denis de Pile) – Pierre LACAZE (Elu Toulouse Métropole) - Aude LANCELIN (rédactrice en chef le Média)  Michel LARIVE (député) – Bastien LACHAUD (député) - Sarah LEGRAIN (secrétaire nationale du Parti de Gauche) – Mathilde LARRERE (historienne) – Pierre LAURENT (secrétaire national PCF) – Patrick LE HYARIC (directeur de l’Humanité/député européen) – Sylvie LAVAL (maître de conférences université Toulouse) – Ivan LAVALLEE (Directeur de rédaction de la revue Progressistes) – Serge LAYBROS (secrétaire départemental PCF 46) – Didier LE RESTE (conseiller de Paris) – Roland LEROY (ancien de la Résistance, député honoraire du Parlement) Jérôme LEROY (chroniqueur à Liberté Hebdo) – Paul Antoine LUCIANI (conseiller municipal d’opposition Ajaccio) – Céline MALAISE (conseillère régionale IDF) – Philippe MARLIERE (universitaire) –  Emmanuel MAUREL (député européen) – Christophe MARRE (secrétaire général secteur CGT Cheminots Midi Pyrénées) – Marc MARTEL (CGT Cheminot Montauban) – Gérard MATTERA (secrétaire départemental PCF 52) - Myriam MARTIN (conseillère régionale Occitanie) - Maryse MARTINEZ (présidente MRAP 66) – Jean-Luc MELENCHON (député) – Jean-François MIGNARD (secrétaire général de la Ligue des droits de l’Homme – LDH) - Alain MIRANDA (ancien Bâtonnier du barreau d’Agen) Gérard MORDILLAT (réalisateur) – François MOREL (comédien) - Marielle NICOLAS(maître de conférences Pau) – Danièle OBONO (députée) Gérard ONESTA (Président du Bureau de l’Assemblée du Conseil Régional d’Occitanie) – Jean ORTIZ (universitaire Pau) – Pierre OUZOULIAS (sénateur) – Alain PAGANO (secrétaire départemental PCF 49) – Mathilde PANOT (députée)  Laurence PATRICE (conseillère d’arrondissement Paris 15ème) - David PELLICER (FI 82) Martine PEREZ (secrétaire départementale PCF 12) – Gilles PERRET (réalisateur) – Catherine PHILIPPE (secrétaire départementale PCF 82) - Marie PIQUE (vice-présidente région Occitanie) – Thomas PORCHER (membre des économistes atterrés) – Stéphane PEU (député) – Serge PEY (poète) – Rodolphe PORTOLES (conseiller municipal d’opposition Montauban) – Philippe POUTOU (NPA) – Sébastien PRAT(secrétaire départemental PCF 15) – Jean Luc PRINCE (réalisateur) – Loïc PRUD’HOMME (député) – Adrien QUATENNENS (député) – Valérie RABAULT (députée) – Christian RAUTH (comédien) – Alain RAYNAL (journaliste) – Serge REGOURD (conseiller régional Occitanie) – Muriel RESSIGUIER (députée) – Jean-Hugues RATENON (député) – Philippe RIO (maire de Grigny) - Adrien ROME(secrétaire départemental PCF 64) – Guillaume ROUBAUD QUASHIE (directeur de Cause Commune "revue d'action politique du PCF") – Liliane ROVERE (comédienne) – Sabine RUBIN (députée) – Luc RONFORT (EELV 82) - Eric ROULOT (maire de 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8 janvier 2020 3 08 /01 /janvier /2020 08:19
La Mâle-mort entre les dents, Conlie, 1870, avec Tristan Corbière et Jean Moulin - l'écrivaine Fabienne Juhel, le vendredi 10 janvier à 18h à Dialogues Morlaix

L'écrivaine Fabienne Juhel sera sur Morlaix le vendredi 10 janvier à 18h, invitée de la librairie Dialogues, pour une causerie débat sur son dernier roman autour de Tristan Corbière et de la "Pastorale de Conlie". 

 

L’AUTRICE
Née à Saint-Brieuc, Fabienne Juhel est professeure de lettres dans les Côtes-d’Armor. Son premier roman, La Verticale de la lune, a été publié en 2005 par Zulma, les suivants au Rouergue, dans « la brune » : Les bois dormants (2007), À l’Angle du Renard (2009) pour lequel elle a obtenu le Prix Ouest France / Étonnants Voyageurs, Les Hommes Sirènes (2011), Les Oubliés de la Lande (2012), Julius aux alouettes (2014), La Chaise numéro 14 (2015) et La femme murée (2018).

En 1995 elle est nommée commissaire de l’exposition qui célèbre la naissance de Tristan Corbière et est chargée, en 2006, du contenu du site officiel du poète par la ville de Morlaix. En tant que spécialiste du poète, il lui a fallu de l’audace pour oser le placer au coeur du camp de Conlie, alors même qu’il n’y est allé qu’en imagination. Mais le génie de la romancière est là : elle qui tricote souvent ses livres avec le fil de l’Histoire, et adore les personnages écorchés par la vie sait nous faire ressentir la pulsation du poète au souffle de son indignation devant le massacre.

L’HISTOIRE
Novembre 1870, Conlie. Un jeune homme malingre, affublé d’un uniforme trop grand pour lui, se fait passer pour un soldat et pénètre dans le camp où l’armée de Bretagne est rassemblée. Tristan Corbière ne vient pas se battre, il vient pour dénoncer, avec sa plume de poète, la plus monstrueuse trahison qui soit. Les milliers de Bretons qui se sont mobilisés pour rejeter les Prussiens hors de France, croupissent ici, dans la boue et le froid, sans ravitaillement et sans armes, en proie aux maladies et au désespoir, abandonnés par le gouvernement français. Novembre 1930, Quimper : le sous-préfet Jean Moulin découvre, stupéfait, grâce à « La pastorale de Conlie » que Corbière écrivit, cette honteuse tragédie oubliée. Un roman poignant qui révèle une vérité brûlante au souffle de la poésie.

EXTRAIT
"– Je crois que tu es venu ici pour rien, Corbière. Veni, vidi… et nul vinci sur ta feuille de route, l’ami...
Mais tu n’es pas venu pour te battre, tu es venu pour voir. Tu es venu pour raconter Conlie, t’improviser journaliste de terrain ; journaliste poétique, correspondant de guerre, et croquer quelques dessins par là-dessus, écrire des couplets bien sentis.
Une diatribe pour crier à la trahison !
Le ver est dans le fruit.
La pomme est pourrie.
Le poète est dans la place...
D’ici peu, tu pourras dire :
– J’ai tout vu à Conlie, j’en suis sûr".

LE MOT DE L’ÉDITRICE chez Bruno Doucey

"– Le Breton est un peu le Nègre blanc du Français dit Tristan Corbière à Jean Moulin. Laisse-moi te conter le désastre de Conlie ainsi que la trahison des politiques, lui annonce-t-il.
Des jambes de sauterelles, une longue pipe, une barbichette bravache : la silhouette dégingandée du poète de Roscoff hante les pages de ce livre avec panache. Et l’on sent Fabienne Juhel jubiler de faire ainsi revivre Tristan Corbière, s’amuser d’oser le voir pénétrer dans le camp de Conlie, pour témoigner de l’intérieur de cette grande tragédie méconnue. Le poète maudit fut en réalité réformé, mais que diable le réel ! Il n’a évidemment pas pu croiser Jean Moulin, mais peu importe la chronologie !
Ce fantôme est si présent, si vivant, qu’il nous entraîne à ses côtés donnant à voir la boue, le froid, la faim, la souffrance, la mort mais aussi la colère et le désespoir des Bretons trahis par la République. Dans une langue aussi chatoyante et piquante que celle de Corbière, l’autrice nous offre une découverte haletante".

 

Lire aussi sur le Chiffon Rouge:

La Pastorale de Conlie - Tristan Corbière dénonce dans un poème de facture novatrice et populaire le martyre des soldats Bretons de novembre à décembre 1870 sur le plateau de Conlie

Tribut à Tristan - 1. Epitaphe

Tribut à Tristan: 2- A la mémoire de Zulma, vierge-folle hors barrière et d'un LOUIS - Colonelle à la Commune

Tribut à Tristan - 3. Bohème de chic

Tribut à Tristan - 4. Le poète contumace

Tribut à Tristan 5 - Frère et soeur jumeaux (Les Amours Jaunes, 1873)

Tribut à Tristan - 6 : Le bossu Bitor (Gens de Mer, Les Amours Jaunes, 1873)

 

A noter que le poète morlaisien Jean-Albert Guénégan sera lui-même le 23 janvier à 17 h 30 à la MJC de Morlaix à propos de Corbière. 

Fabienne Juhel

Fabienne Juhel

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3 janvier 2020 5 03 /01 /janvier /2020 14:16
Roman - Le répondeur de Luc Blanvillain - L'histoire d'un double qui ne perd jamais le fil, par Muriel Steinmetz, L'Humanité, 2 janvier 2020

Très heureux: notre journal L'Humanité consacre une demi-page hier, jeudi 2 janvier, un article signé de l'une de ses plus belles plumes, Muriel Steinmetz, au dernier roman de l'écrivain morlaisien Luc Blanvillain​, si brillant et prolifique!


Cette chronique littéraire donne envie de courir acheter le livre. Et on est jamais déçu en lisant Luc, dont la plume alerte et ironique saisit l'époque avec beaucoup d'humour.

Roman. L’histoire d’un double qui ne perd jamais le fil
Jeudi, 2 Janvier, 2020

Muriel Steinmetz

Le Répondeur Luc Blanvillain Quidam éditeur, 252 pages, 20 euros
L’un répond au téléphone à la place de celui qui écrit. Qui est qui à la fin dans ce roman qui laisse entendre la friture technologique de l’ère de la communication ?

Devenu l’outil domestique essentiel, le répondeur parle à notre place, enregistre la voix de l’interlocuteur, prend les messages. Ce rôle échoit à Baptiste, personnage central de ce roman. Imitateur de son métier, il galère à la petite semaine en enchaînant les apparitions dans des spectacles mal payés. Il y contrefait à merveille les voix des politiques et gens en vue. À chacun son image mentale : Hollande, c’est un « fauteuil en cuir épais, des ongles sur un accoudoir » ; Balladur, « une oseraie sous la lune » ; Bacri, « une grosse racine », et Jean-Paul Sartre, « un œuf humide ». À la fin d’une représentation, Jean Chozène, écrivain célèbre, vient voir Baptiste dans sa loge. Il lui propose un contrat étrange au salaire faramineux : répondre à sa place au téléphone en imitant sa voix. Doublure vocale. Son but : s’isoler pour écrire, échapper aux sollicitations extérieures. « Je me suis aperçu, dit Chozène, que les gens m’appelaient presque toujours pour parler d’eux. D’eux-mêmes. Ils ne me posent aucune question. »
Le lecteur est plongé sans préavis dans l’existence d’un romancier quasi absent des pages

Baptiste se voit donc confier une « bible ». Classé par lettre alphabétique, chaque proche du romancier est assorti de quelques points importants le concernant. Baptiste, embarqué dans une spirale fictionnelle sans fond, doit duper l’entourage d’un homme en vue. Avant d’inaugurer sa mission d’infiltration dans la vie d’un autre, il travaille sa voix : choix des mots, inflexions, rires, silences…

Le lecteur est plongé sans préavis dans l’existence d’un romancier quasi absent des pages. Le récit chemine sur la corde raide sans en souffrir, à partir d’un être falot, peu satisfait de sa vie, qui gagne en épaisseur à mesure qu’il se dissout en endossant l’identité d’autrui. Autour de ce vrai-faux « je » gravitent – par téléphone – les intimes de l’écrivain (sa fille, Elsa, son ex, un vrai « crotale », l’amante délaissée, le père mutique, Jean-Louis le traducteur coréen « paresseux », l’attachée de presse, un jeune auteur indépendant et radical, un hipster en vue).

Les bévues, gaffes et ruptures de ton, ainsi que des appels inconnus non référencés dans la bible pimentent le récit, qui roule bon train. Chozène, bien à l’abri, écrit son livre. Baptiste, lui, se débrouille avec la réalité plurielle en ligne, interceptée en cours de route, qu’il étoffe avec brio.

Ce roman téléphonique réjouissant donne à entendre, en filigrane, les symptômes d’une époque abusée par la technologie, quasi schizoïde, compulsive sur écran tactile, gourmande de hashtags et soumise à la puissance des trolls. Une époque « d’extinction des feux » où tout un chacun peut, armé d’outils dits de communication, naviguer dans le faux-semblant et plonger au cœur de la « mimêsis », loin de ce que Lacan, cité par l’auteur, nomme le « réel », qu’il définissait ainsi : « Le réel, c’est quand on s’en prend plein la gueule.»
 

Muriel Steinmetz

Roman - Le répondeur de Luc Blanvillain - L'histoire d'un double qui ne perd jamais le fil, par Muriel Steinmetz, L'Humanité, 2 janvier 2020
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31 décembre 2019 2 31 /12 /décembre /2019 06:57
Cette semaine, l’écrivain Joseph Andras brosse pour L’Humanité les portraits de poètes en lutte. Ce lundi, le Salvadorien Roque Dalton, né en 1935, poète traqué, dramaturge et romancier communiste, farouche opposant aux régimes militaires de son temps.

Cette semaine, l’écrivain Joseph Andras brosse pour L’Humanité les portraits de poètes en lutte. Ce lundi, le Salvadorien Roque Dalton, né en 1935, poète traqué, dramaturge et romancier communiste, farouche opposant aux régimes militaires de son temps.

Roque Dalton « Au nom de ceux »
Lundi, 30 Décembre, 2019

​​​​​​​L’écrivain Joseph Andras brosse pour l’Humanité les portraits de poètes en lutte. Aujourd’hui, le Salvadorien Roque Dalton, né en 1935, poète traqué, romancier et dramaturge communiste, farouche opposant aux régimes militaires de son temps.

 

Qu’est-ce que la poésie ? Question par trop usée, à laquelle il est bon de répondre qu’on ne peut y répondre puisqu’elle est précisément ce que l’on ne saurait dire. Posons-la autrement : qu’est-ce que la poésie pour la bourgeoisie ? Puis convoquons la réponse qu’un poète proposa un jour : «  (L)e poète, pour la bourgeoisie, ne peut qu’être :/serviteur,/bouffon,/ou ennemi. » On se figure sans peine les deux premiers ; on lit plus avant pour embrasser la proposition dans son entier : le poète en butte aux détenteurs des moyens de la production sociale n’est salué qu’en «  persécutions, prisons, balles ». Pareil sort peut brider la rime. Il est donc des ministres de la Culture pour promouvoir la poésie.

Ce poète refusait que l’on prononçât son nom sa mort venue. Respectons sa volonté puisqu’il n’en manquait pas : se lancer, gueule refaite, dans une guérilla en Amérique centrale pour instaurer le socialisme autorise quelques fantaisies.

On ne naît pas révolutionnaire, on le devient pour ne pas mourir en vain. Ainsi notre homme, fils unique d’une infirmière et d’un bagarreur dont l’histoire conte qu’il aurait traficoté avec Pancho Villa dans quelque interlope affaire d’armes à feu, découvrit-il au Chili que le monde a mauvaise mine car l’humanité n’y existe pas : on n’y connaît que puissants et sans-le-sou. L’étudiant en droit se fit chrétien social à la faveur de ce séjour – de quoi provoquer l’ire de Rivera qui l’eût voulu marxiste. Départ pour l’Union soviétique (l’occasion de rencontrer Nâzım Hikmet en exil), retour au Salvador natal au mitan des années 1950 : il prit alors sa carte au Parti communiste tandis que Cuba rampait en dedans sa forêt. Marxiste, le jeune poète l’était désormais – mais l’être seul, songea-t-il, n’est d’aucun secours : il faut une organisation. « (L)es exclus, les mendiants, les drogués,/les Guanacos fils de la grande pute,/ceux qui purent revenir de justesse/ceux qui furent plus chanceux,/les éternels non identifiés,/les bons à tout faire, à tout vendre,/à manger n’importe quoi/[…] mes compatriotes,/mes frères. »

En ce temps, un militaire libéral avait pris la place d’un collègue tortionnaire ; trois ans plus tard, une junte renverserait le premier avec le concours du second. Le Salvadorien fut arrêté, à plusieurs reprises, et expulsé, pareillement ; il fit grève de la faim et frôla la peine capitale. Ses contemporains s’accordent à brosser un maigrichon rieur, séducteur et bouillonnant, bon footballeur et bon danseur. Se moquant de tout, lui compris. Sérieux sans contredit sous ses dehors cabots. La poésie, pensait-il, « est comme le pain, pour tous ». L’exilé se rendit au Mexique, à Cuba (pour prendre toute la mesure des responsabilités échues au métier d’écrivain : ne pas se voir comme « un Baudelaire marxiste » mais comme « fils d’un peuple d’analphabètes et de pieds-nus »), puis en Tchécoslovaquie (pour apprendre l’assassinat du Che, ange noir crevé d’avoir cru que le courage suffisait). « Au nom de ceux qui lavent les vêtements des autres/(et expulsent de la blancheur la crasse des autres)/[…] J’accuse la propriété privée/de nous priver de tout. »

Au Chili, Allende jurait qu’un socialisme démocratique était possible. Empanadas, vin rouge et costumes d’alpaga. Humanisme, dépassement sélectif du système. Au même endroit par d’autres chemins, avait naguère résumé le barbudo défunt. À l’invitation du gouvernement, le poète s’y rendit l’année qui verrait Pinochet prendre place au palais, bottes souillées du sang de Santiago. Ainsi s’éteignit, un temps, l’espoir d’une transformation radicale sans recours au feu. L’année précédant le coup d’État, un colonel avait supplanté un général à la tête du Salvador ; le poète n’avait pas attendu la défaite d’Allende pour reconnaître le bien-fondé du renversement du pouvoir oligarchique par la lutte armée – peut-être celle-ci renforça-t-elle à ses yeux celui-là. Il fit grief au Parti communiste salvadorien de son manque d’ambition révolutionnaire et souffrit de l’arrestation d’Heberto Padilla, poète tout aussi, soumis à l’autocritique publique par le régime castriste (« La “lune de miel de la Révolution” qui nous avait tant séduits est bien finie », se souviendrait Simone de Beauvoir dans Tout compte fait). Fin 1973, en âge de 38 ans, il rejoignit son pays sous nom d’emprunt – dentition, mâchoire et nez bricolés presqu’à neuf – pour intégrer l’ERP, l’Armée révolutionnaire populaire, fondée un an plus tôt.

On ne sait parfois qui, des capitalistes ou des révolutionnaires, est le plus grand ennemi de la révolution ; c’est que les seconds déploient force entêtement à négliger l’unité des premiers. Deux tendances s’affrontèrent au sein de l’armée : le poète redoutait, lui, l’échec de la guérilla sans l’appui des masses. Accusé d’être un révisionniste, un nuisible indocile, un intellectuel petit-bourgeois et un agent de la CIA comme de Cuba (rien moins), il fut exécuté par ses frères le 10 mai 1975. L’homme à la manœuvre basculerait à droite, allant, deux décennies plus tard, jusqu’à prodiguer ses conseils pour mater le Chiapas zapatiste – si le monde manque de vertu, au moins n’est-il pas dénué de logique.

À lire l’ONU, le corps du poète aurait été dévoré par des bêtes errantes aux abords d’un volcan.

« Ne prononce pas mon nom quand tu apprendras que je suis mort./Des profondeurs de la terre je viendrai chercher ta voix. »

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21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 07:56

Retrouvez sur notre chaîne YouTube Rouge Finistère PCF29 notre nouvelle vidéo d’éducation populaire

A l’occasion des 30 ans de la chute du Mur de Berlin et de la fin de la RDA, conférence-débat avec Saskia HELLMUND, qui nous parla de la RDA « ex Allemagne de l’Est » où elle est née et a vécu sa jeunesse et étudié, sur la base des deux livres qu’elle a déjà publiés:

– La fille qui venait d’un pays disparu

– Pays perdu, pays choisi. Journal d’une jeune Allemande de l’est (chez Skol Vreizh)

Saskia est née en 1974 en RDA et a fait des études d’histoire à Leipzig, Berlin et Paris. Après un doctorat sur la médiation culturelle transfrontalière, elle a enseigné à la Sorbonne. Depuis 2012, elle est installée en Bretagne, dans la Baie de Morlaix. L’été, y travaille comme guide touristique et guide de randonnée, l’hiver, elle enseigne sa langue maternelle à l’UCO de Guingamp. En ce moment, elle prépare la création d’une pièce de théâtre sur la chute du Mur vue de l’Est.

N’hésitez pas à liker et à partager massivement nos vidéos et à vous abonner à notre chaîne YouTube Rouge Finistère PCF29

https://m.youtube.com/chann…/UC_JA1gtX_4_vDNQiU5SbkyQ/videos

#RougeFinisterePCF29
#EducationPopulaire

 

A l’occasion des 30 ans de la chute du Mur de Berlin et de la fin de la RDA, conférence-débat avec Saskia HELLMUND, qui nous parla de la RDA « ex Allemagne de l’Est » où elle est née et a vécu sa jeunesse et étudié, sur la base des deux livres qu’elle a déjà publiés: – La fille qui venait d’un pays disparu – Pays perdu, pays choisi. Journal d’une jeune Allemande de l’est (chez Skol Vreizh) Saskia est née en 1974 en RDA et a fait des études d’histoire à Leipzig, Berlin et Paris. Après un doctorat sur la médiation culturelle transfrontalière, elle a enseigné à la Sorbonne. Depuis 2012, elle est installée en Bretagne, dans la Baie de Morlaix. L’été, y travaille comme guide touristique et guide de randonnée, l’hiver, elle enseigne sa langue maternelle à l’UCO de Guingamp. En ce moment, elle prépare la création d’une pièce de théâtre sur la chute du Mur vue de l’Est.

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25 novembre 2019 1 25 /11 /novembre /2019 16:30

Bérénice Manac’h était l’invitée des « mardi de l’éducation populaire » le 1er juillet 2019 pour nous présenter son livre « Le Livre de Nella ».
Une histoire hors du commun racontant le parcours de sa mère partie d’Italie pour rejoindre l’URSS, puis la France ... une histoire d’amour liée à la politique ... à découvrir absolument sur notre chaîne YouTube Rouge Finistère PCF29

N’hésitez pas à vous abonner

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25 novembre 2019 1 25 /11 /novembre /2019 16:30
Saskia Hellmund - La Chute du Mur vue de l'est - Mardi 26 novembre, 18h, Mardi de l'éducation populaire du PCF Morlaix, 2 petite rue de Callac à Morlaix

Conférence : « La Chute du Mur vue de l’Est »

 

Saskia Hellmund, historienne diplômée d’une thèse franco-allemande et originaire de la RDA, fera participer l’audience en direct à cet évènement d’envergure mondiale.

Les manifestations contre le régime est-allemand, les dangers, les incertitudes, les bouleversements pour la population, les conséquences de la réunification pour l’Allemagne de l’Est… l’analyse des faits historiques dévoilera une autre vision de la fin de la guerre froide, jusqu’alors inconnue en France.

La chute du Mur a été un moment de grande émotion, mais également un choc pour les Allemands de l’Est. Devoir s’adapter du jour au lendemain à une autre façon de vivre, à d’autres valeurs et exigences, faire face aux fléaux de la société actuelle comme l’insécurité et le chômage : la nouvelle liberté acquise a eu une face cachée. Perdre son pays, ses habitudes et voir dévaloriser ses origines ont été des expériences traumatisantes.

De plus, l’expérience est-allemande offre de nombreux parallèles avec le vécu identitaire breton.

Saskia Hellmund est auteure de deux livres : « La fille qui venait d’un pays disparu », éditions Les points sur les i, Paris 2015, et « Pays perdu, pays choisi », éditions Skol Vreizh, Morlaix 2017.

Après avoir enseigné sa langue maternelle à la Sorbonne, elle a posé sa plume dans le pays de Morlaix. Depuis 2018, elle travaille comme chargée de cours à l’UCO de Guingamp.

Saskia Hellmund vient de terminer un roman qui parle de la situation actuelle en Allemagne de l’Est : « La tentation du retour ».

 

 

 

 

Saskia Hellmund - La Chute du Mur vue de l'est - Mardi 26 novembre, 18h, Mardi de l'éducation populaire du PCF Morlaix, 2 petite rue de Callac à Morlaix
Notez bien dans vos agendas nos prochains Mardis de l'éducation populaire, conférences publiques ouvertes à tous:
 
Mardi 26 novembre 18h (2 petite rue de Callac à Morlaix) :
 
  A l'occasion des 30 ans de la chute du Mur de Berlin et de la fin de la RDA, conférence-débat avec Saskia HELLMUND, qui nous parlera de la RDA « ex Allemagne de l’Est » où elle est née et a vécu sa jeunesse et étudié, sur la base des deux livres qu'elle a déjà publiés:
 
- La fille qui venait d'un pays disparu
 
- Pays perdu, pays choisi. Journal d'une jeune Allemande de l'est (chez Skol Vreizh)
 
 
Mardi 10 décembre 18h (2 petite rue de Callac à Morlaix):
 
Conférence-débat avec le journaliste à l'Humanité et essayiste, spécialiste des questions d'environnement, d'agriculture et d'écologie, Gérard Le Puill sur le thème: comment faire face à l'urgence climatique et l'urgence sociale? 
 
Auteur de:  Devant l'urgence climatique, bousculons les politiques (éditions du Croquant)
 
Produire mieux pour manger tous d'ici 2050 et après
 
L'écologie peut encore sauver l'économie
 
Réinventons l'économie dans un monde fini
 
Mardi 14 janvier 18h (2 petite rue de Callac à Morlaix):
 
Conférence-débat avec le journaliste au Monde Diplomatique Maurice Lemoine, auteur de Venezuela, chronique d'une déstabilisation autour de la situation et de l'histoire récente au Venezuela et de la stratégie américaine et capitaliste pour déstabiliser les gouvernements progressistes et anti-impérialistes en Amérique latine. 
 

 
Nos derniers mardis de l'éducation populaire:
 
Janvier 2018, le philosophe Jean-Michel Galano sur la philosophie de Karl Marx
 
Mars 2018, Greg Oxley sur la Révolution Française
 
Avril 2018, l’écrivaine Maha Hassan sur la littérature, la révolution et la guerre en Syrie
 
Mai 2018, le journaliste Gérard Le Puill sur l’agriculture et le réchauffement climatique
 
Mai 2018, encore, l’ingénieur Yann Le Pollotec sur la révolution numérique
 
Juillet 2018, Marie-Noëlle Postic et Lucienne Nayet sur l’antisémitisme et son histoire
 
Novembre 2018: l’essayiste, romancier et journaliste Valère Staraselski sur le thème: « Aragon, entre littérature et politique, la liaison délibérée ».
 
Décembre 2018: la sociologue et romancière Anne Guillou, auteur chez Skol Vreizh en 2018 de « Une embuscade dans les Aurès »: La Guerre d’Algérie (1954-1961), blessures intimes.
 
Janvier 2019: Dominique Noguères, vice-présidente de la Ligue des Droits de l'Homme, avocate, sur l'enjeu de la justice et des réformes de la justice
 
Février 2019: conférence de l’historien Pierre Outteryck  sur la belle figure de Martha Desrumaux, résistante, déportée, dirigeante du mouvement ouvrier, communiste et cégétiste, du Nord
 
Mars 2019. Retour de Palestine avec nos trois camarades de l'AFPS, en mission de solidarité au camp de réfugiés de Jalazone: François Rippe, Thierry Seigland, Yann Crenn
 
Avril 2019: Maryam Madjidi, écrivaine prix Goncourt du premier roman, prix étonnants voyageurs 2018, sur "Marx et la poupée" et sa jeunesse de réfugiée iranienne, fille de militants communistes chassés par la dictature islamiste en Iran.
 
Mai 2019: l'historien Jean-Paul Sénéchal sur le Front Populaire dans le Finistère
 
Juin 2019: 1917-1920: Histoire du mouvement ouvrier et révolutionnaire confronté à la guerre, en chansons, avec Roger Héré, Patricia Paulus, Jean-François Vérant. "De la première guerre mondiale à la création du PCF, éléments d'histoire et de contexte". 
 
Juillet 2019: Bérénice Manac'h sur "Le livre de Nella": une jeunesse dans une famille de réfugiés italiens communistes et dans l'URSS de Staline
 
Mardi 15 octobre à 18h, un visionnage collectif du film de Gilles Ballastre « Main basse sur l'énergie » suivi par un débat animé par Bernard JASSERAND sur les enjeux du démantelement du service public de l'énergie et de l'énergie en France en général.
 
 
Prochains mardis de l'éducation populaire du PCF Morlaix: Saskia Hellmund sur les 30 ans de la chute du Mur de Berlin et de la fin de la RDA le 26 novembre, Gérard Le Puill sur l'urgence climatique le 10 décembre, Maurice Le Moine sur le Venezuela le mardi 14 janvier
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11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 06:56
La laïcité n'est pas ce que vous croyez - de Pierre Dharéville, actuel député PCF des Bouches-du-Rhône

Cet essai stimulant publié en 2013 aux éditions de l'Atelier (16€), écrit par notre camarade Pierre Dharréville, député PCF des Bouches du Rhône depuis 2017, membre de la direction nationale du PCF, prenait le contrepied d'une complète banalisation d'un discours de xénophobie prenant le voile de la critique et de l'obsession de l'islamisation de la société en déconstruisant les conceptions erronées et instrumentalisées de la laïcité. Il y avait déjà Sarkozy et son identité nationale, Jean-François Copé et ses pains au chocolat, Marine Le Pen et le FN, le racisme décomplexé en acte, mais c'était avant que Zemmour et ses épigones envahissent à ce point les médias et chaînes d'info en continu comme les semeurs de haine du Rassemblement National ou chez les Républicains ou la LREM.

Dans cet essai préfacé par le grand historien des religions et de la Mésopotamie antique Jean Baubérot, Pierre Dharréville, auteur également d'un autre essai que nous avons beaucoup aimé, Un printemps pour la République (éditions de l'atelier, 2016), livre tout aussi important pour fonder une conception progressiste de la République et comprendre la stratégie réactionnaire à l’œuvre actuellement pour diviser le peuple et le détourner de la question sociale en mettant au centre la question de l'identité (raciale, religieuse), dénonce la "laïcité d'apparence" qui vise à exclure et essentialiser, et, se situant dans la double filiation de Jean Jaurès et d'Antonio Gramsci, vise à construire la philosophie politique d'une conception émancipatrice, progressiste et révolutionnaire de la laïcité, à l'encontre de tous les rétrécissements xénophobes, contre la confiscation et le rétrécissement du combat laïque par ceux qui l'ont au fond toujours combattu: la droite et l'extrême-droite, la bourgeoisie réactionnaire. 

Compte tenu du climat actuel et de l'instrumentalisation de la notion de laïcité pour tenter de mettre au ban de la société et de la République une partie de la population, par racisme foncier, stratégie électoraliste ou volonté cynique de diversion, nous avons jugé utiles de rappeler quelques idées importantes développées par Pierre Dharréville avec une belle plume alerte, dans cet essai qui date d'il y a 6 ans mais qui est toujours d'une brûlante actualité malheureusement. 

"La laïcité n'est pas un anathème frappant d'obscénité toute conviction religieuse... Elle ne considère pas les religions comme des ennemies tant qu'elles ne manifestent pas l'intention de s'accaparer le pouvoir. Elle ne leur demande pas de cacher ce sein qu'elle ne saurait voir et de disparaître purement et simplement de l'espace public. Elle ne demande pas aux citoyens de se dépouiller de leurs convictions, fussent-elles religieuses, avant de passer le pas de leur porte ou celui des temples où ils se recueillent éventuellement. Elle ne prêche pas l'uniformité des consciences. Si elle participe de la lutte contre l'obscurantisme, si chère à l'esprit des Lumières, c'est d'abord par sa prétention à faire dialoguer différentes visions du monde, lesquelles s'obligent mutuellement à faire place aux autres, pour œuvrer au bien commun. (...). Les quatre piliers inséparables de la laïcité sont la souveraineté populaire, la liberté d'opinion, l'égalité des droits, la fraternité universaliste". 

 

Introduction à La laïcité n'est pas ce que vous croyez - Pour vivre heureux, vivant ensemble

Pierre Dharréville

" La laïcité ne passe pas de mode au grand café de la République. Chaque nouvelle marée apporte son lot de polémiques fracassantes: port du voile, prières dites "de rue", viande halal, pratique du ramadan, construction de mosquées, islam dit "radical"... Et l'extrême droite ne manque pas une occasion de tourner la manivelle de son orgue de barbarie, qui bégaye toujours le même chant de haine, réveillant le frisson de la peur et le fantasme des envahisseurs. On en voudrait, messieurs-mesdames, à la France éternelle, dont l'étoile ne finit pas de pâlir, et plus seulement au pain des Français. Le problème numéro un du quotidien? Que des croyants pratiquent une religion qui n'est pas "bien de chez nous", et, pis encore, se trouverait directement reliée au nouvel ennemi de l'Occident chrétien menacé: le "camp musulman"...

La manipulation est simple: en attaquant les "Arabes" non pas sur leur origine mais sur leur religion, on se revendique de la laïcité et l'on peut se bricoler une respectabilité républicaine. Mais il s'agit d'une laïcité bien franchouillarde qui n'est pour le coup, qu'une laïcité d'apparence... Ce qu'ils défendent, c'est une identité nationale rancie, proche du Travail, famille, patrie

C'est ce détournement de laïcité massif, avec les dangers qu'il charrie comme un fleuve ses alluvions, qui a fini par me décider à produire ce travail et à pousser ce coup de gueule: la laïcité n'est pas ce que vous croyez! La laïcité est au cœur d'un grand malentendu. (...)

Combien de fois la laïcité a-t-elle servi de cheval de Troie? Et combien de fois lui a t-on fait cracher de la fumée par les naseaux? Emballements médiatiques, empilement de lois aux formulations bizarres, amalgames en pagaille, incantations verbeuses... Le sujet est une matière hautement inflammable susceptible à tout moment de déchaîner les passions hors de tout entendement.

(...) On a truffé ce concept d'évidences avariées: la laïcité n'est pas cette sorte de rejet primaire de la religion. Au contraire, la République établit que "nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses". Il n'est pas plus respectable de s'en prendre à des hommes ou des femmes en raison de leur religion qu'en raison de l'origine de leurs ancêtres ou de leur couleur de peau. Aucun rapprochement n'est donc possible entre la stigmatisation, la discrimination ou la division et ce principe fondamental. Quel est ce modèle français que prétendent défendre ceux qui ont pris la laïcité en otage? Est-ce bien l'idéal républicain, qui est quant à lui, pour le coup, bien évanescent, dans la réalité comme dans leurs discours? 

Je ne peux m'empêcher de penser que la laïcité est allègrement utilisée comme un leurre. Mais, en réalité, on ne peut se contenter de voir dans cette agitation récurrente une simple volonté de détourner les regards de nos concitoyens loin des responsables de la crise sociale et économique. Tout ce cirque ne peut avoir pour seule ambition de remplir l'actualité politique en organisant le grand vide, celui qui alimente en flux continus les chaînes d'information et le bruit de fond du net. Il sert des intérêts.

A travers ces OPA inamicales sur la laïcité, c'est la fameuse et fumeuse théorie du "choc des civilisations", dont le cœur serait une guerre de religions, qui se cherche des déclinaisons locales. Or, tous les conflits auxquels la religion a été mêlée n'ont jamais été d'abord que des guerres politiques et des luttes de pouvoir dans lesquelles l'argument religieux a été une justification, un paravent ou un levier. Les conflits sont politiques, et leurs règlements sont politiques. 

Dans une société où l'on cherche à individualiser toujours plus les rapports sociaux, tout est fait pour que chacun se sente assiégé, mis en danger jusque dans son être profond, jusque dans son identité. Assiégé et assigné. A quoi se raccrocher dans ce monde qui bouscule les repères sans laisser à chacune et chacun le temps de comprendre ce qui est en train de se passer? C'est le temps des amalgames, qui bouillissent dans les marmites des apprentis sorciers. Le racisme change de visage, il se cherche des justifications et de nouveaux fondements théoriques. Il tend à se dépasser lui-même pour mieux se retrouver. Il est le verso de cet hégémonisme culturel vide de sens humain, que promeuvent les forces du capitalisme. Eux aussi veulent mettre la laïcité à leur main, comme un agent désherbant. Pour substituer l'affrontement identitaire à l'affrontement de classe. 

Il faut refuser les assignations identitaires, car nous sommes façonnés d'influences multiples, produits d'histoires personnelles et sujets en mouvement. Il faut refuser l'uniformisation culturelle, recherchée par les marchands et les gobeurs de cervelles. Il faut refuser le communautarisme, illusion de sécurité et refus de vivre ensemble en affrontant l'avenir. Il faut refuser l'intégrisme qui y prend racine et n'existe que pour conforter les puissants en aliénant les esprits et, s'il le peut, des sociétés entières. Car intégrisme et populisme sont faits du même bois et se nourrissent mutuellement". 

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  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
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