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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 06:51
Pierre Dharéville, secrétaire du PCF dans les Bouches-du-Rhône, dénonce le "gâchis" que représente la stratégie du leader de La France Insoumise en France et dans la région marseillaise (L'Express)

Pierre Dharréville, secrétaire du Parti communiste dans les Bouches-du-Rhône, dénonce le "gâchis" que représente la stratégie du leader de La France insoumise.

En présentant des candidats dans toutes les circonscriptions de Marseille, alors que le PCF s'est retiré au profit de La France insoumise dans quatre d'entre elles, Jean-Luc Mélenchon s'attire les foudres des communistes.  

"Nous avons pris connaissance jeudi (...) de la décision de Jean-Luc Mélenchon de présenter des candidats de son nouveau parti politique dans toutes les circonscriptions de Marseille et dans la quasi-totalité des circonscriptions du département", déplore dans un communiqué Pierre Dharréville, secrétaire du PCF dans les Bouches-du-Rhône. 

 
Il bouscule le microcosme marseillais

"Nous avons retiré notre candidat dans la quatrième circonscription de Marseille dès le lendemain de l'annonce de l'arrivée de Jean-Luc Mélenchon", a rappelé le communiste, "nous avons également retiré nos candidats dans trois autres circonscriptions (la 3ème à Marseille, la 9ème à Aubagne et la 16ème à Arles, ndlr) pour ouvrir la voie au rassemblement et montrer les possibles". 

Bousculant le microcosme politique marseillais, Jean-Luc Mélenchon a annoncé le 10 mai sa candidature dans la 4e circonscription de Marseille, celle qui lui a été le plus favorable localement (39% au premier tour), dans une ville qui l'a plébiscité à la présidentielle, le plaçant en tête au premier tour (24,82%) devant Marine Le Pen (23,66%). 

"Jean-Luc Mélenchon donne l'impression de mépriser"

"Le gâchis, c'est cela que nous n'acceptons pas. Je regrette profondément, qu'au lieu d'arriver ici avec la volonté de rassembler les forces disponibles, Jean-Luc Mélenchon donne l'impression de mépriser celles et ceux qui ne l'ont pas attendu pour mener bataille". 

Dénonçant cette "démarche d'hégémonie, doublée de tentatives de débauchage et de pressions", le secrétaire départemental du PCF a affirmé qu'il "vaudrait mieux se situer en rassembleur, produire des gestes de reconnaissance et de respect qui sont la marque des grands". "Les communistes ne sont pas les seuls, mais ils sont au premier rang de ceux qui reçoivent ce mépris à la figure", a-t-il regretté 

Dans le baromètre Elabe pour Les Echos, Jean-Luc Mélenchon perd 17 points et abandonne la place de personnalité politique préférée des Français à Alain Juppé. "Il paie lourdement son attitude qui donnait l'image d'un mauvais perdant", analyse pour Yves-Marie Cann, directeur des études politiques d'Elabe, pour qui "son refus de donner une consigne de vote [au second tour de la présidentielle] a incontestablement choqué l'opinion". 

(L'express, 20 mai) 

 

Discours de Pierre Dharéville lors de sa conférence de presse le 19 mai:

 

    Nous avons pris connaissance jeudi, au moment-même où s’annonçait un gouvernement de combat contre le monde du travail et les intérêts populaires, de la décision de Jean-Luc Mélenchon de présenter des candidats de son nouveau parti politique dans toutes les circonscriptions de Marseille et dans la quasi-totalité des circonscriptions du département.

            Depuis une semaine, je ne cesse d’entendre l’incompréhension, la sidération, la colère aussi de femmes et d’hommes qui veulent croire en des victoires partagées et qui redoutent désormais un formidable gâchis.

            Le gâchis, c’est cela que nous n’acceptons pas. Et c’est cela qui me conduit à prendre la parole à nouveau aujourd’hui, au moment d’entrer dans le vif de la campagne des élections législatives.

            Je regrette profondément, qu’au lieu d’arriver ici avec la volonté de rassembler les forces disponibles, Jean-Luc Mélenchon donne l’impression de mépriser celles et ceux qui ne l’ont pas attendu pour mener bataille.

            Cet acte n’est pas compris, et mal accepté par tous ceux et toutes celles qui ici, si souvent se rassemblent, agissent sur le terrain, dans la diversité, font la richesse et le foisonnement de cette ville qui n’est pas simplement la France en concentré mais aussi cette ville si singulière dans ce territoire si singulier.

            Ce comportement, beaucoup d’hommes et de femmes ont le sentiment, ils nous le disent, qu’il n’est pas à la hauteur des responsabilités qui nous ont été confiées en commun, ni des espoirs qui ont conduit à se reconnaître dans sa candidature.

            Depuis le soir du premier tour de l’élection présidentielle, nous entendons trop qu’il y a de la déception chez celles et ceux qui ont voté pour lui et qui l’ont soutenu. Car la dynamique du 23 avril déborde largement le cadre d’un Parti et dépasse la personne de Jean-Luc Mélenchon. Cette démarche d’hégémonie, doublée de tentatives de débauchage et de pressions voulant soumettre et faire renier leur engagement à des militants en les obligeant à signer une charte établie par une autre organisation politique que la leur et à se réclamer d’elle devant les autorités, ne produira pas de résultats positifs. Il vaudrait mieux se situer en rassembleur, produire des gestes de reconnaissance et de respect qui sont la marque des grands. Car dans cette course en solitaire se préparent de sérieuses déconvenues.

            Les communistes ne sont pas les seuls, mais ils sont au premier rang de ceux qui reçoivent ce mépris à la figure. Je refuse qu’on nous renvoie dos-à-dos comme étant nous aussi comptables de cette division face aux forces libérales qui elles, sont en train de se coaliser. Les forces de gauche sont éclatées face à cette droite en mouvement et ce n’est jamais sous la forme d’un Parti unique qu’elles ont pu gagner.

            Aussi, je veux simplement rappeler de façon clinique les actes que nous avons produit afin de contribuer à faire grandir une dynamique commune dont il disait lui-même n’être que l’instrument. Nous avons renoncé à présenter un candidat afin de venir conforter une candidature déjà décidée unilatéralement. Nous avons choisi de mener campagne pour cette élection à fonds perdus sans être associés à son organisation. Les élus communistes de notre département ont parrainé la candidature de Jean-Luc Mélenchon dans leur grande majorité, comme cinq années auparavant. Malgré des mots peu amènes, nous avons milité sur tout le territoire, multipliant les rencontres et le travail de terrain que nous étions seuls à pouvoir effectuer. Nous avons retiré notre candidat dans la quatrième circonscription de Marseille dès le lendemain de l’annonce de l’arrivée de Jean-Luc Mélenchon, le jour de sa première venue. Nous avons également retiré nos candidats dans trois autres circonscriptions pour ouvrir la voie au rassemblement et montrer les possibles.

            La seule boussole qui vaille pour nous, ce n’est pas en soi de viser un score, c’est la passion farouche de victoires populaires, l’ambition viscérale d’être utile dès aujourd’hui le plus fort possible dans la vie quotidienne.

            Si Jean-Luc Mélenchon a pris notre attitude pour de la faiblesse, il s’est trompé. Mais je crois qu’il sait pertinemment que ces actes ont parlé pour nous, qu’ils ont montré la sincérité de notre engagement, qu’ils renvoient des questions : que cherche-t-il ? Pourquoi ne construit-il pas la plus large dynamique possible pour le meilleur résultat aux législatives et pour le meilleur rapport de force ? Considère-t-il qu’aucune autre force que la sienne ne mérite d’exister ?

            L’expérience que nous faisons aujourd’hui de plus près nous pousser à former une hypothèse, l’hypothèse qu’il ne veut pas d’alliés. Et nous, nous ne serons pas des vassaux. Les communistes, ne font pas allégeance, notre histoire dans cette ville et ce département en témoigne. J’en profite pour préciser que les décisions prises ici par les communistes engagent la direction nationale du Parti communiste, ce n’est donc pas la peine de faire comme si nous étions désunis. Et nous considérons, sans renier à chacun sa part, avoir fait oeuvre commune à la Présidentielle. D’ailleurs, comme cela a beaucoup été dit entre les deux tours, les voix n’appartiennent à personne qu’aux citoyennes et citoyens eux-mêmes.

            J’ai entendu hier à la télévision que 7 millions de personnes avaient voté sur un programme non négociable et que cela empêcherait de, je cite « se partager des places ». Ne me situant pas dans l’invective, je voudrais simplement faire à ce propos trois remarques. D’abord, j’ai voté pour Jean-Luc Mélenchon sans partager l’intégralité de son programme, et au risque de le décevoir, c’est sans doute le cas d’un nombre significatif d’électrices et d’électeurs. Deuxièmement, il est crucial de sortir de ce modèle délégataire qui conduit à penser l’élection comme une abdication temporaire de souveraineté par le peuple, où un Président vous dit : vous avez voté, vous avez adopté mon programme, on se reparle dans 5 ans. C’est cela, aussi, la sixième République. Il doit y avoir de la place pour unir des forces qui partagent un socle essentiel sans être d’accord sur tout, en continuant de mener un débat populaire sur un certain nombre de questions. Je n’appelle pas cela des magouilles mais la richesse de la démocratie. Enfin, il ne s’agit nullement de se partager des places, encore moins, j’espère qu’un seul se les accapare, il s’agit simplement de créer les conditions de victoires pour les femmes et les hommes de notre territoire et de notre pays.

            J’ai également entendu hier cette question : « Où y a -t-il un candidat de la France insoumise soutenu par la direction du PC ? » J’ai bien cherché et j’ai trouvé la réponse : A Marseille ! Malgré le fait que la France insoumise n’a pas souhaité d’accord avec nous, alors que nous, nous le souhaitions, contrairement à ce qui se dit.

            Et comme il ne s’agit pas pour moi de tricher, que j’accorde de la valeur à ma propre parole, je dois à la vérité de dire, et je le fais bien volontiers, que la seule chose qui m’ait été annoncée depuis la semaine dernière, sans rapport avec cet acte que nous avons produit, c’est que comme dans deux autres circonscriptions du pays, où le député communiste sortant avait parrainé Jean-Luc Mélenchon, il n’y aurait pas de candidat dans la 13ème : c’est bien, c’est peu, il était temps. Et nous nous emploierons cependant avec plaisir à rassembler toutes les énergies sur place.

            Pourtant, il eut été si facile de se montrer à la hauteur en retirant des candidats ailleurs dans une forme de réponse à notre acte, comme dans la 7ème circonscription, par exemple, où Jean-Marc Coppola incarne l’alternative mieux que quiconque, ou dans la 5ème, où l’ancienne sénatrice communiste Isabelle Pasquet se présente, dans la 10ème, où un syndicaliste gardannais Eric Sordet, porte nos couleurs, ou encore dans la 11ème où un maire qui a parrainé Jean-Luc Mélenchon, André Molino, est candidat. Ne pas le faire, c’est prendre la responsabilité, le risque de sacrifier des victoires, de possibles députés, des points d’appui pour se défendre… C’est contraire aux intérêts populaires. Car l’enjeu n’est pas l’élection d’untel ou d’une telle, c’est d’envoyer le plus grand nombre de parlementaires progressistes à l’Assemblée.

            Malgré ce, nous ne renions pas les actes que nous avons posés. Nous prenons simplement notre peuple à témoin : ce n’est pas ainsi que l’on pourra reconstruire la gauche nécessaire à inventer l’avenir. Ce n’est pas ainsi que l’on pourra créer les dynamiques populaires nécessaires à résister et à changer les choses. Nous avons produit des actes que nous maintenons parce qu’ils peuvent aider à empêcher des catastrophes, parce que nous continuons d’être farouchement opposés à la banalisation du Front national, parce que nous ne cherchons définitivement pas notre petit intérêt. Mais dans les douze circonscriptions où nous aurons des candidats, nous mènerons le combat politique avec force afin de faire vivre les espoirs qui se sont manifestés à la Présidentielle. Nous visons des victoires dans plusieurs circonscriptions.

            Après ce quinquennat calamiteux, devant cette attitude, nous sommes sans doute désormais la force de gauche la plus solide et rassembleuse. Il y aura besoin de nous pour construire l’avenir et faire du neuf à gauche. Les femmes et les hommes de Marseille et de notre département nous connaissent, ils savent notre enracinement, notre sincérité, notre désintéressement, notre combativité, la force de ce que nous avons accompli dans les responsabilités qui nous ont été confiées. Dans la période écoulée, on a voulu faire croire que tout cela n’était plus possible et ces idéaux plus assez modernes, nous avons vu à quelles régressions sociales et démocratiques nous avons ainsi été conduits. Le Parti communiste est encore la force qui peut tenir la gauche debout, sans sectarisme, sans oukases, sans hégémonie. Dans les rudes moments qui se préparent, on ne peut se passer de personne.

            Je suis fier d’appartenir à un parti capable d’un tel esprit de responsabilité. Notre combativité sera indispensable face au projet dévastateur d’Emmanuel Macron, elle devra être la plus forte possible.

            Je regrette profondément cette situation de division de la gauche de transformation sociale.

            L’heure est à engager la bataille contre le gouvernement de droite d’Emmanuel Macron et sa politique. L’heure est à empêcher l’emploi des ordonnances pour dépouiller le code du travail. L’heure est à battre de nouveau le Front national comme notre peuple l’a fait à la Présidentielle, et dans les circonscriptions, si cela était nécessaire, il faudra faire ce travail pour ne pas se retrouver avec des représentants issus de l’extrême droite. L’heure est à amplifier les espoirs qui se sont exprimés au printemps 2016 et à les porter en politique. Dans cette ville et ce département où notre engagement a été fort et où notre influence est conséquente, nous sommes là pour incarner cet espoir. Nous sommes la principale force enracinée, combative et disponible à gauche. J’appelle les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et au-delà, de toute la gauche à nous donner partout, en votant pour nos candidates et candidats la force de donner une grande suite, un nouvel élan à cette dynamique. Je fais le serment que nous respecterons leur vote, en tendant toujours la main vers ceux, différents de nous, avec qui nous pouvons agir. Nous serons là, comme c’est notre obsession depuis toujours pour défendre le monde du travail et les milieux populaires, pour faire grandir les dynamiques d’émancipation humaine.

            C’est cela qui va nous occuper à plein. Je me dis qu’il y aura une reconnaissance, une prime aux généreux, aux rassembleurs, aux grands coeurs. Nous laissons chacun assumer ses responsabilités devant notre peuple, nous avons pris les nôtres. Nous savons que ceux qu’il faut combattre, sont ceux de l’autre camp, ce sont les puissants et la finance, ce sont les forces de la droite et de l’extrême droite. Pour cela, si des mains se tendent, si des ouvertures se font jour, si la lucidité revient dans les jours qui viennent, nous serons toujours au rendez-vous.

            Je souhaite que notre département envoie le plus grand nombre de parlementaires de la gauche de transformation sociale à l’assemblée, parmi lesquels de nombreux communistes. Pour y faire résonner les aspirations populaires, la voix de Marseille et des Bouches-du-Rhône.

Pierre Dharéville, écrivain et essayiste, secrétaire départemental des Bouches-du-Rhône, membre de la direction du PCF

 

 

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 05:52
André Chassaigne : « Le chef de l’État veut confisquer le pouvoir législatif »
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR AURÉLIEN SOUCHEYRE
VENDREDI, 19 MAI, 2017
L'HUMANITÉ
Photo : Bertrand Guyot/AFP
 

Pour le député PCF André Chassaigne, président du groupe GDR, le projet de Macron n’est « pas compatible avec une démocratie réelle. »

Quel objectif politique vise Emmanuel Macron avec son projet de réforme du Parlement ?

André Chassaigne Les annonces faites par le président lors de la campagne sont particulièrement inquiétantes pour notre démocratie. La réforme du droit du travail par ordonnances dès les premiers jours de la session parlementaire témoigne de son ambition. Son projet vise à raccourcir le processus parlementaire et à éviter les navettes qu’il considère comme une perte de temps. Sous couvert de rapidité, il s’agit de permettre au gouvernement de s’emparer du pouvoir législatif. Les parlementaires doivent, selon lui, être réduits à une fonction de contrôle pour mieux les empêcher de légiférer. Cette mise au pas du pouvoir législatif au profit du pouvoir exécutif n’est pas compatible avec une démocratie réelle. Les membres du gouvernement sont désignés selon le bon vouloir du prince. Quel mandat leur a confié le peuple ? Quelle légitimité ont-ils pour élaborer la loi ?

Que vise la suppression d’un tiers des députés ?

André Chassaigne Je ne pense pas que la réduction du nombre de députés et de sénateurs garantirait, à elle seule, plus d’efficacité. Je le pense d’autant moins que la réforme globale de Macron vise à confisquer le pouvoir législatif aux parlementaires. L’efficacité à laquelle aspirent nos concitoyens se situe plutôt dans la garantie de voir leurs intérêts représentés. C’est pour cela qu’il convient d’instaurer la proportionnelle intégrale aux élections législatives – et à toutes les élections d’ailleurs. L’endogamie, cet entre-soi qui règne au sommet de l’État et au Parlement, n’est pas un gage d’efficacité et de transparence. Je considère qu’une meilleure représentation de nos concitoyens passe aussi par une véritable revalorisation du rôle du Parlement.

Que pensez-vous de la suppression des amendements rejetés en commission ?

André Chassaigne Cela n’a pas de sens. Le débat ne peut nuire à la qualité du travail parlementaire, bien au contraire. Le dépôt, en séance, d’un amendement rejeté en commission est d’autant plus opportun qu’il permet de répondre aux objections qui lui ont été présentées et ont abouti à son rejet. Il faut, en outre, rappeler que seuls les députés membres d’une commission peuvent voter sur les amendements présentés en commission. Cette mesure, si elle était décidée, reviendrait à interdire à l’ensemble des parlementaires de prendre part à l’élaboration de la loi ! Un député ne serait législateur que sur un domaine précis. Mais a-t-il été désigné par les électeurs pour ne traiter que d’un sujet ? Non, le député est le représentant de ses électeurs pour l’ensemble des affaires de la cité.

Quel est l’enjeu des législatives, pour les députés PCF, combatifs sous Hollande ?

André Chassaigne Face à un président de la République déterminé à appliquer un programme rétrograde sous l’apparence de la nouveauté, il est plus que jamais nécessaire de faire converger dans leur diversité les projets antilibéraux et de transformation de la société. Les députés communistes ont vocation à jouer un rôle moteur dans cette reconstruction attendue de la gauche, à créer des passerelles, à faciliter le dialogue et l’élaboration de stratégies communes, dans le respect de l’identité de chacun. Faire reculer les dogmes libéraux et le pouvoir de la finance sera au cœur du combat de la gauche et c’est pourquoi nous avons l’obligation, la lourde responsabilité de fédérer et d’unir nos forces.

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 05:40
Si Macron a la majorité le 18 juin, neuf millions de retraités, à partir de 1200 euros mensuels, vont voir leur CSG augmenter!

lu sur le blob Commun Commune (d'El Diablo): http://www.communcommune.com/

A partir de 1200€ de revenu mensuel, des millions de retraités vont voir leur CSG augmenter. Avec 1200€ de retraite, vous allez payer 245€ de CSG en plus par an, avec 1500€ ce sera 306€, pour 1700€ 346€ supplémentaires et pour 2000€ le montant à payer en plus sera de 408€. Cette mesure servira à financer la baisse des cotisations chômage et maladie destinées aux actifs. Les employés vont payer plus de CSG et voir leurs cotisations diminuer c’est bien mais qu’en est-il des retraités ? Les seniors vont payer plein pot la CSG mais ne vont pas voir leur pension augmenter. Finalement, les retraités seront les seuls perdants … Et il faut arrêter de dire que seuls les retraités privilégiés seront concernés car avec 1199€ de retraite on n’est pas milliardaire, non ? Cette mesure est destinée à renforcer la solidarité entre les seniors “aisés” et les actifs… Drôle d’argument, non ?

http://blog.seniorenforme.com/categorie/retraite-2/

Quand nous lisons ces quelques lignes tirés d’un journal économique “Les seuls perdants seront les 60 % de retraités qui paient une CSG à taux plein, c’est-à-dire ceux dont le revenu annuel est supérieur à 14.375 euros” “Je leur demanderai cet effort pour avoir un système plus intelligent” défend Emmanuel Macron.

http://blog.seniorenforme.com/

Pour info 14375€ de revenu annuel c’est…1197€ par mois. C’est pas le Pérou !

Les seuls perdants seront encore et toujours les retraités… C’est incroyable comme les dirigeants aiment taxer les retraités. C’est vrai que nous ne manifestons pas, nous ne faisons pas de grandes manifestations, bref nous sommes incapables de nous faire entendre.

On veut bien que l’on demande des efforts à des retraités avec 2000€ de pension mensuelle, mais avec 1200€ de retraite, il faudra un jour faire comprendre à nos dirigeants que l’on est pas un retraité “riche”.

Ensuite, il est prévu que la suppression que la taxe d’habitation compense la hausse de la CSG. Mais comme la fin de la taxe d’habitation est prévue dans 3 ans, les retraités vont d’abord payer la CSG pour être éventuellement exonéré de taxe d’habitation dans 36 mois…

Et si la hausse de la CSG pour les retraités n’intervenait qu’en même temps que la fin de la taxe d’habitation soit dans trois ans ? Cela voudrait dire que le nouveau président entend les justes revendications des retraités.

Alors mobilisons-nous !

http://blog.seniorenforme.com/categorie/politique/

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 05:37
Pour les députés, ce sera « Tais-toi et marche ! » si Macron l’emporte
AURÉLIEN SOUCHEYRE
VENDREDI, 19 MAI, 2017
L'HUMANITÉ
« Ce que Macron prépare, personne n’a jamais osé le faire sous la Ve république », explique le député PS Christian Paul. Photo : Hamilton/REA
« Ce que Macron prépare, personne n’a jamais osé le faire sous la Ve république », explique le député PS Christian Paul.

Le président de la République prépare plusieurs réformes afin d’éviter toute contestation possible à l’Assemblée nationale. Il entend renouer avec les visions gaullienne et bonapartiste qui ont inspiré la Constitution de la Ve République.

Emmanuel Macron va-t-il « moderniser » la démocratie jusqu’à la vider de son sens ? Cela semble bel et bien être son projet s’il parvient à remporter les législatives, pour mieux ligoter le Parlement dans la foulée. « Qu’on se le tienne pour dit : pour le nouveau président de la République, le Parlement est un problème, pas une solution. À ses yeux, il ne faudrait surtout pas qu’il devienne la caisse de résonance des revendications populaires », prévient Éliane Assassi, présidente du groupe communiste au Sénat. Si l’ensemble du personnel politique s’accorde sur le besoin de rénovation des institutions, tous ne vont pas dans le même sens. Emmanuel Macron ne s’en cache pas. Une fois au pouvoir, il compte bâillonner le Parlement en supprimant un tiers des députés, en réduisant son temps législatif à trois mois par an, en plus de recourir à des ordonnances. En somme, il souhaite se tailler sur mesure un Parlement aux ordres. Ce projet d’une violence inouïe peut être repoussé les 11 et 18 juin.

Amateur de théâtre, Emmanuel Macron souhaite mettre sur pied un Parlement d’apparat. Adepte d’une Ve République « contemporaine », selon ses propres termes, il vise en réalité à renouer avec l’ADN du coup d’État permanent porté par de Gaulle. « Le gaullisme, le debréisme se caractérisent par une défiance à l’égard du Parlement et une spoliation de ses pouvoirs. Macron veut renforcer le bonapartisme de l’actuelle Constitution », estime Charlotte Girard, spécialiste du droit constitutionnel et coordinatrice du programme « l’Avenir en commun » de la France insoumise. L’actuel président de la République aborde le sujet de façon totalement décomplexée. En 2015, il regrettait, dans un entretien à l’hebdomadaire le 1, le « vide émotionnel, imaginaire, collectif » laissé par « l’absence du roi ». « On a essayé de réinvestir ce vide, d’y placer d’autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l’espace », poursuivait-il.

Aujourd’hui, Macron veut supprimer un tiers des députés. La représentation nationale au palais Bourbon passerait alors de 577 élus à 385. « Réduire le nombre d’élus, c’est réduire d’autant le lien avec la population et les territoires. C’est toujours plus éloigner le peuple du pouvoir », dénonce la sénatrice PCF Éliane Assassi. « C’est aussi s’attaquer au pluralisme démocratique, les petites formations politiques seraient les premières touchées », abonde Charlotte Girard. « On peut réduire le nombre de députés. Mais, attention ! Les départements ruraux seront encore une fois les grands perdants en termes de proximité avec leurs élus », prévient le député « Les Républicains » Philippe Gosselin.

Dans un entretien à Mediapart, entre les deux tours de la présidentielle, le candidat Macron expliquait vouloir « donner plus de moyens pour travailler » aux députés conservés. Il est possible de se demander comment, puisqu’il entend réduire drastiquement le temps législatif à trois mois par an, « pour légiférer et porter les lois du gouvernement. (…) Le reste du temps, on doit le consacrer au contrôle parlementaire. » « Trois mois ! Même Debré n’avait pas osé ! Lors de la création de la Ve République, il avait réduit le temps législatif à six mois. Ce temps a depuis constamment été étendu, par paliers, jusqu’en 1995 », s’alarme Charlotte Girard. Aujourd’hui, le Parlement peut légiférer de début octobre à fin juin, et se réunir de juillet à septembre en session extraordinaire.

Il serait impossible de réorienter un projet de loi

Le chef de l’État souhaite en parallèle instaurer la procédure accélérée comme procédure d’examen des lois par défaut. « Réduire le temps accordé aux députés, les solliciter dans l’urgence, c’est aussi une façon de les neutraliser », dénonce Éliane Assassi. « Sous Macron, le Parlement sera une machine à voter, pas à parlementer, à délibérer et à créer la loi. Il sera dépouillé de son potentiel de contradictions et d’enrichissements », mesure Charlotte Girard. Les amendements sont eux aussi visés – donc l’essence même du rôle de parlementaire –, puisque ceux rejetés en commission n’auront pas le droit d’être présentés dans l’Hémicycle. Or, les commissions, en plus d’être généralement contrôlées par l’exécutif, ne rassemblent chacune qu’une part infime des députés et ne sauraient se substituer à la représentation nationale. « Macron veut segmenter le débat. Il sera impossible de réorienter un projet de loi. Il compte aggraver ce qui avait déjà été introduit par Nicolas Sarkozy avec la réforme de 2008 », analyse Charlotte Girard.

Échaudé par un Parlement hostile lors de l’examen des lois Macron et El Khomri, passées en force à coups de 49-3, l’actuel chef de l’État a défendu pendant la campagne le recours aux ordonnances. Comme François Fillon, il considère que son élection vaut autorisation à appliquer son programme par tous les moyens que lui offre la Ve République. Macron est pourtant un président mal élu, avec un taux d’adhésion à son projet historiquement bas au premier tour, doublé d’une victoire à la faveur d’un second tour contre le Front national. Il le sait bien. Les législatives, phagocytées par la présidentielle depuis le quinquennat et l’inversion du calendrier, lui donnent l’occasion d’un hold-up parfait. Le processus d’investiture des candidats En marche !, totalement vertical, vise de plus à faire élire des députés godillots, qui n’auront que faire des mouvements et des luttes sociales qui s’annoncent.

« Une entreprise de soumission du Parlement »

« L’ordonnance suppose une autorisation des députés. Mais elle est profondément antiparlementaire puisqu’elle invite le Parlement à renoncer de lui-même à son propre rôle », constate Charlotte Girard. Si Macron dénonce lui aussi « l’affaiblissement du Parlement », la « dysenterie législative » et défend dans ses discours un « vrai contrôle parlementaire », force est de constater que le remède qu’il propose est pire que le mal. « Rendre plus efficace le Parlement, ce n’est pas le priver de ses prérogatives de délibération », répond Christian Paul, chef de file des frondeurs du PS sous Hollande. « Macron veut lancer une entreprise de soumission du Parlement, poursuit-il. Ce qu’il prépare, personne n’a jamais osé le faire sous la Ve République. Il va falloir résister très collectivement, bien au-delà des rangs de la gauche, pour éviter que l’Assemblée ne se transforme en fan-club. »

35 % des députés sortants ne se représentent pas

Le président de la République, qui ne s’interdit pas un recours au référendum si le Parlement rejette sa réforme, risque d’écœurer davantage les députés, soucieux de leur rôle. « Déjà sous Hollande, des élus, y compris de la majorité, s’étaient  demandé à quoi on pouvait bien servir, alors que l’Assemblée est censée être   un des poumons de la démocratie », raconte le député « LR » Philippe Gosselin. Avec la loi sur le non-cumul, nombreux sont les élus à préférer rester maires plutôt que parlementaires. En tout, plus de 200 députés sortants, de gauche comme  de droite, soit 35 % d’entre eux, ont d’ailleurs renoncé à se représenter en 2017.

 

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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 06:35
Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot

Monique Pinçon-Charlot, dans un entretien à la revue Le Comptoir :

" Michel et moi nous avons fait de multiples rencontres qui nous poussent à penser que le rapport de force de la gauche radicale est actuellement énorme. Si Mélenchon avait joué le jeu de la dynamique du Front de gauche et accepté qu’on l’ouvre à d’autres forces, des associations ou des individus, au lieu de créer La France insoumise, faisant cavalier seul, nous aurions été présents au second tour.

Je regrette beaucoup ce qui s’est passé et j’appréhende les législatives. Je dis ça en tant que citoyenne en colère et en tant que sociologue malheureuse. J’ai peur que la classe dominante ait un coup d’avance sur nous. Malgré ses contradictions, et alors qu’elle représente très peu de monde, elle la jouera collectif aux législatives, avec le traditionnel jeu pervers des fausses contradictions et des oppositions mises en scène.

Le Front national sera son allié, car il risque maintenant de capter la critique sociale et de se l’approprier.

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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 19:30

Pierre Dharréville

Secrétaire départemental du PCF13

Conférence de presse / Elections législatives

Marseille - 19 mai 2017

Mesdames et messieurs,

 

            Nous avons pris connaissance jeudi, au moment-même où s’annonçait un gouvernement de combat contre le monde du travail et les intérêts populaires, de la décision de Jean-Luc Mélenchon de présenter des candidats de son nouveau parti politique dans toutes les circonscriptions de Marseille et dans la quasi-totalité des circonscriptions du département.

            Depuis une semaine, je ne cesse d’entendre l’incompréhension, la sidération, la colère aussi de femmes et d’hommes qui veulent croire en des victoires partagées et qui redoutent désormais un formidable gâchis.

            Le gâchis, c’est cela que nous n’acceptons pas. Et c’est cela qui me conduit à prendre la parole à nouveau aujourd’hui, au moment d’entrer dans le vif de la campagne des élections législatives.

            Je regrette profondément, qu’au lieu d’arriver ici avec la volonté de rassembler les forces disponibles, Jean-Luc Mélenchon donne l’impression de mépriser celles et ceux qui ne l’ont pas attendu pour mener bataille.

            Cet acte n’est pas compris, et mal accepté par tous ceux et toutes celles qui ici, si souvent se rassemblent, agissent sur le terrain, dans la diversité, font la richesse et le foisonnement de cette ville qui n’est pas simplement la France en concentré mais aussi cette ville si singulière dans ce territoire si singulier.

            Ce comportement, beaucoup d’hommes et de femmes ont le sentiment, ils nous le disent, qu’il n’est pas à la hauteur des responsabilités qui nous ont été confiées en commun, ni des espoirs qui ont conduit à se reconnaître dans sa candidature.

            Depuis le soir du premier tour de l’élection présidentielle, nous entendons trop qu’il y a de la déception chez celles et ceux qui ont voté pour lui et qui l’ont soutenu. Car la dynamique du 23 avril déborde largement le cadre d’un Parti et dépasse la personne de Jean-Luc Mélenchon. Cette démarche d’hégémonie, doublée de tentatives de débauchage et de pressions voulant soumettre et faire renier leur engagement à des militants en les obligeant à signer une charte établie par une autre organisation politique que la leur et à se réclamer d’elle devant les autorités, ne produira pas de résultats positifs. Il vaudrait mieux se situer en rassembleur, produire des gestes de reconnaissance et de respect qui sont la marque des grands. Car dans cette course en solitaire se préparent de sérieuses déconvenues.

            Les communistes ne sont pas les seuls, mais ils sont au premier rang de ceux qui reçoivent ce mépris à la figure. Je refuse qu’on nous renvoie dos-à-dos comme étant nous aussi comptables de cette division face aux forces libérales qui elles, sont en train de se coaliser. Les forces de gauche sont éclatées face à cette droite en mouvement et ce n’est jamais sous la forme d’un Parti unique qu’elles ont pu gagner.

            Aussi, je veux simplement rappeler de façon clinique les actes que nous avons produit afin de contribuer à faire grandir une dynamique commune dont il disait lui-même n’être que l’instrument. Nous avons renoncé à présenter un candidat afin de venir conforter une candidature déjà décidée unilatéralement. Nous avons choisi de mener campagne pour cette élection à fonds perdus sans être associés à son organisation. Les élus communistes de notre département ont parrainé la candidature de Jean-Luc Mélenchon dans leur grande majorité, comme cinq années auparavant. Malgré des mots peu amènes, nous avons milité sur tout le territoire, multipliant les rencontres et le travail de terrain que nous étions seuls à pouvoir effectuer. Nous avons retiré notre candidat dans la quatrième circonscription de Marseille dès le lendemain de l’annonce de l’arrivée de Jean-Luc Mélenchon, le jour de sa première venue. Nous avons également retiré nos candidats dans trois autres circonscriptions pour ouvrir la voie au rassemblement et montrer les possibles.

            La seule boussole qui vaille pour nous, ce n’est pas en soi de viser un score, c’est la passion farouche de victoires populaires, l’ambition viscérale d’être utile dès aujourd’hui le plus fort possible dans la vie quotidienne.

            Si Jean-Luc Mélenchon a pris notre attitude pour de la faiblesse, il s’est trompé. Mais je crois qu’il sait pertinemment que ces actes ont parlé pour nous, qu’ils ont montré la sincérité de notre engagement, qu’ils renvoient des questions : que cherche-t-il ? Pourquoi ne construit-il pas la plus large dynamique possible pour le meilleur résultat aux législatives et pour le meilleur rapport de force ? Considère-t-il qu’aucune autre force que la sienne ne mérite d’exister ?

            L’expérience que nous faisons aujourd’hui de plus près nous pousser à former une hypothèse, l’hypothèse qu’il ne veut pas d’alliés. Et nous, nous ne serons pas des vassaux. Les communistes, ne font pas allégeance, notre histoire dans cette ville et ce département en témoigne. J’en profite pour préciser que les décisions prises ici par les communistes engagent la direction nationale du Parti communiste, ce n’est donc pas la peine de faire comme si nous étions désunis. Et nous considérons, sans renier à chacun sa part, avoir fait oeuvre commune à la Présidentielle. D’ailleurs, comme cela a beaucoup été dit entre les deux tours, les voix n’appartiennent à personne qu’aux citoyennes et citoyens eux-mêmes.

            J’ai entendu hier à la télévision que 7 millions de personnes avaient voté sur un programme non négociable et que cela empêcherait de, je cite « se partager des places ». Ne me situant pas dans l’invective, je voudrais simplement faire à ce propos trois remarques. D’abord, j’ai voté pour Jean-Luc Mélenchon sans partager l’intégralité de son programme, et au risque de le décevoir, c’est sans doute le cas d’un nombre significatif d’électrices et d’électeurs. Deuxièmement, il est crucial de sortir de ce modèle délégataire qui conduit à penser l’élection comme une abdication temporaire de souveraineté par le peuple, où un Président vous dit : vous avez voté, vous avez adopté mon programme, on se reparle dans 5 ans. C’est cela, aussi, la sixième République. Il doit y avoir de la place pour unir des forces qui partagent un socle essentiel sans être d’accord sur tout, en continuant de mener un débat populaire sur un certain nombre de questions. Je n’appelle pas cela des magouilles mais la richesse de la démocratie. Enfin, il ne s’agit nullement de se partager des places, encore moins, j’espère qu’un seul se les accapare, il s’agit simplement de créer les conditions de victoires pour les femmes et les hommes de notre territoire et de notre pays.

            J’ai également entendu hier cette question : « Où y a -t-il un candidat de la France insoumise soutenu par la direction du PC ? » J’ai bien cherché et j’ai trouvé la réponse : A Marseille ! Malgré le fait que la France insoumise n’a pas souhaité d’accord avec nous, alors que nous, nous le souhaitions, contrairement à ce qui se dit.

            Et comme il ne s’agit pas pour moi de tricher, que j’accorde de la valeur à ma propre parole, je dois à la vérité de dire, et je le fais bien volontiers, que la seule chose qui m’ait été annoncée depuis la semaine dernière, sans rapport avec cet acte que nous avons produit, c’est que comme dans deux autres circonscriptions du pays, où le député communiste sortant avait parrainé Jean-Luc Mélenchon, il n’y aurait pas de candidat dans la 13ème : c’est bien, c’est peu, il était temps. Et nous nous emploierons cependant avec plaisir à rassembler toutes les énergies sur place.

            Pourtant, il eut été si facile de se montrer à la hauteur en retirant des candidats ailleurs dans une forme de réponse à notre acte, comme dans la 7ème circonscription, par exemple, où Jean-Marc Coppola incarne l’alternative mieux que quiconque, ou dans la 5ème, où l’ancienne sénatrice communiste Isabelle Pasquet se présente, dans la 10ème, où un syndicaliste gardannais Eric Sordet, porte nos couleurs, ou encore dans la 11ème où un maire qui a parrainé Jean-Luc Mélenchon, André Molino, est candidat. Ne pas le faire, c’est prendre la responsabilité, le risque de sacrifier des victoires, de possibles députés, des points d’appui pour se défendre… C’est contraire aux intérêts populaires. Car l’enjeu n’est pas l’élection d’untel ou d’une telle, c’est d’envoyer le plus grand nombre de parlementaires progressistes à l’Assemblée.

            Malgré ce, nous ne renions pas les actes que nous avons posés. Nous prenons simplement notre peuple à témoin : ce n’est pas ainsi que l’on pourra reconstruire la gauche nécessaire à inventer l’avenir. Ce n’est pas ainsi que l’on pourra créer les dynamiques populaires nécessaires à résister et à changer les choses. Nous avons produit des actes que nous maintenons parce qu’ils peuvent aider à empêcher des catastrophes, parce que nous continuons d’être farouchement opposés à la banalisation du Front national, parce que nous ne cherchons définitivement pas notre petit intérêt. Mais dans les douze circonscriptions où nous aurons des candidats, nous mènerons le combat politique avec force afin de faire vivre les espoirs qui se sont manifestés à la Présidentielle. Nous visons des victoires dans plusieurs circonscriptions.

            Après ce quinquennat calamiteux, devant cette attitude, nous sommes sans doute désormais la force de gauche la plus solide et rassembleuse. Il y aura besoin de nous pour construire l’avenir et faire du neuf à gauche. Les femmes et les hommes de Marseille et de notre département nous connaissent, ils savent notre enracinement, notre sincérité, notre désintéressement, notre combativité, la force de ce que nous avons accompli dans les responsabilités qui nous ont été confiées. Dans la période écoulée, on a voulu faire croire que tout cela n’était plus possible et ces idéaux plus assez modernes, nous avons vu à quelles régressions sociales et démocratiques nous avons ainsi été conduits. Le Parti communiste est encore la force qui peut tenir la gauche debout, sans sectarisme, sans oukases, sans hégémonie. Dans les rudes moments qui se préparent, on ne peut se passer de personne.

            Je suis fier d’appartenir à un parti capable d’un tel esprit de responsabilité. Notre combativité sera indispensable face au projet dévastateur d’Emmanuel Macron, elle devra être la plus forte possible.

            Je regrette profondément cette situation de division de la gauche de transformation sociale.

            L’heure est à engager la bataille contre le gouvernement de droite d’Emmanuel Macron et sa politique. L’heure est à empêcher l’emploi des ordonnances pour dépouiller le code du travail. L’heure est à battre de nouveau le Front national comme notre peuple l’a fait à la Présidentielle, et dans les circonscriptions, si cela était nécessaire, il faudra faire ce travail pour ne pas se retrouver avec des représentants issus de l’extrême droite. L’heure est à amplifier les espoirs qui se sont exprimés au printemps 2016 et à les porter en politique. Dans cette ville et ce département où notre engagement a été fort et où notre influence est conséquente, nous sommes là pour incarner cet espoir. Nous sommes la principale force enracinée, combative et disponible à gauche. J’appelle les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et au-delà, de toute la gauche à nous donner partout, en votant pour nos candidates et candidats la force de donner une grande suite, un nouvel élan à cette dynamique. Je fais le serment que nous respecterons leur vote, en tendant toujours la main vers ceux, différents de nous, avec qui nous pouvons agir. Nous serons là, comme c’est notre obsession depuis toujours pour défendre le monde du travail et les milieux populaires, pour faire grandir les dynamiques d’émancipation humaine.

            C’est cela qui va nous occuper à plein. Je me dis qu’il y aura une reconnaissance, une prime aux généreux, aux rassembleurs, aux grands coeurs. Nous laissons chacun assumer ses responsabilités devant notre peuple, nous avons pris les nôtres. Nous savons que ceux qu’il faut combattre, sont ceux de l’autre camp, ce sont les puissants et la finance, ce sont les forces de la droite et de l’extrême droite. Pour cela, si des mains se tendent, si des ouvertures se font jour, si la lucidité revient dans les jours qui viennent, nous serons toujours au rendez-vous.

            Je souhaite que notre département envoie le plus grand nombre de parlementaires de la gauche de transformation sociale à l’assemblée, parmi lesquels de nombreux communistes. Pour y faire résonner les aspirations populaires, la voix de Marseille et des Bouches-du-Rhône.

Pierre Dharéville, écrivain et essayiste, secrétaire départemental des Bouches-du-Rhône, membre de la direction du PCF

Pierre Dharéville, écrivain et essayiste, secrétaire départemental des Bouches-du-Rhône, membre de la direction du PCF

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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 17:37

Un gouvernement libéral de combat (PCF)
 

L'ensemble des affaires économiques de la France est confié aux hommes de droite, confirmant le virage austéritaire et libéral de Macron. La nomination d’un Premier ministre de droite avait annoncé la couleur, le tableau se complète avec Bruno Le Maire et Gérard Darmanin, qui prennent directement en main le budget et l’économie.

La nomination de l'ancien ministre de la Défense Jean Yves le Drian aux affaires étrangères en duo avec Marielle De Sarnez aux affaires européennes et surtout avec Sylvie Goulard, ministre des Armées, laisse présager l'accentuation de la dérive militaire de notre politique internationale et la perte accrue de notre indépendance militaire au profit de la Défense européenne. Les nominations sans surprise de Gérard Collomb et François Bayrou confirment qu'on est à des années lumière du renouvellement de la politique.

Dans ces conditions, nous pouvons nous demander dans quelle galère s'est embarqué Nicolas Hulot, nommé ministre d’État à la Transition écologique et solidaire?

Les Français sont prévenus, ils auront face à eux un gouvernement libéral de combat. Les 11 et 18 juin, ils peuvent empêcher qu'il ait les mains libres en votant pour une autre majorité, et les candidat-es présentés et soutenus par le PCF- Front de Gauche.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

Paris, le 17 mai 2017.

Nomination des ministres de Macron: Un gouvernement libéral de combat (Pierre Laurent, secrétaire national du PCF)
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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 13:52

Infos cuisine centrale: qui veut noyer son chien l'accuse de la rage

Mardi dernier, une réunion informative sur l'avenir de la cuisine centrale a eue lieu avec l'encadrement, la direction et les agents.

Le projet de fusion avec les genets d'or est tombé à l'eau pour raisons financières (problème de récupération de TVA), la direction de la DALT soumet 3 hypothèses :

- reprise de concertation avec d'autres partenaires

- le groupement hospitalier de territoire (GHT)

- externalisation

Certes il existe 3 possibilités, mais personne n'est dupe sur l'issue finale de la direction, à savoir la solution

GHT.

A terme, les hôpitaux publics seront dépossédés de leur mission de proximité et de leur autonomie, avec un établissement support qui aura la main sur toutes les activités et les budgets. Le but étant de mutualiser les moyens au sein d'un même GHT entraînant fermeture de structure, suppressions de poste et mobilité forcée pour le personnel restant. (exemple : aller travailler sur Brest sans compensation financière), ceci pourrait être envisageable aussi pour le laboratoire, la pharmacie, les ateliers et certains services de l’hôpital qui feraient doublons au sein du GHT.

 

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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 06:51
Législatives: Débat-Santé de Lanmeur le mardi 16 mai avec Ismaël Dupont et Muriel Grimardias, Fabien Cohen, Martine Carn, Yves Jardin et Christiane Caro (photos Michel Tudo et Jean-Luc Le Calvez)
photo JL Le Calvez

photo JL Le Calvez

photo JL Le Calvez: de gauche à droite, Fabien Cohen, Christiane Caro, Yves Jardin, Martine Carn, Ismaël Dupont

photo JL Le Calvez: de gauche à droite, Fabien Cohen, Christiane Caro, Yves Jardin, Martine Carn, Ismaël Dupont

Martine Carn, Ismaël Dupont, Muriel Grimardias (photo Jean-Luc Le Calvez)

Martine Carn, Ismaël Dupont, Muriel Grimardias (photo Jean-Luc Le Calvez)

Yves Jardin, Martine Carn, Ismaël Dupont (photo JL Le Calvez)

Yves Jardin, Martine Carn, Ismaël Dupont (photo JL Le Calvez)

Le docteur Fabien Cohen à côté de Christiane Caro (photo JL Le Calvez)

Le docteur Fabien Cohen à côté de Christiane Caro (photo JL Le Calvez)

photo Michel Tudo

photo Michel Tudo

photo Michel Tudo

photo Michel Tudo

photo Michel Tudo

photo Michel Tudo

45 à 50 personnes à notre réunion publique sur la santé à Lanmeur le mardi 17 mai, de 18h30 à 20h30, avant un buffet chaleureux offert par la section PCF de Lanmeur, et des interventions et un débat de grande qualité portant sur l'analyse de la transformation progressive de l'hôpital en entreprise, la privatisation des services rentables, et l'imposition de la norme envahissante et inhumaine de la rentabilité, la situation de plus en plus difficile des personnels de santé, les logiques de privatisation et de financiarisation de la protection sociale construites patiemment depuis 30 ans par les libéraux et le patronat qui n'ont jamais digéré la construction de la Sécurité Sociale, l'accès au droit à l'autonomie et aux soins des personnes âgées, des jeunes, les fermetures d'activité dans les hôpitaux du Finistère, les regroupements et concentrations, le manque de démocratie dans la "gouvernance" des hôpitaux, l'intérêt d'un maillage en centres de santé, le contrôle public du médicament et la nécessité de lutter contre les lobbies de l'industrie pharmaceutique et contre la prédation sur l'utilisation des brevets contre l'accès aux droits aux soins, la nécessité de supprimer le numerus clausus pour les médecins et de contrôler socialement l'installation pour garantir l'égalité de tous les citoyens et de tous les territoires dans l'accès à la santé, la situation de la santé sur la circonscription de Morlaix et dans le Finistère, le travail du PCF pour construire des analyses et des propositions partagées avec les usagers, les professionnels et les spécialistes du monde de la santé.  

Tous ces points ont été développés successivement par: 

- Martine Carn, militante PCF-Front de Gauche, ancienne adjointe à Plougonven et élue Front de Gauche à Morlaix-Communauté, engagée dans le collectif de défense de l'hôpital public de Morlaix

- Yves Jardin, représentant la coordination nationale des hôpitaux de proximité, un pilier de la lutte pour la défense de l'hôpital de Douarnenez et des hôpitaux finistériens eh général

- Christiane Caro, responsable de l'atelier régional santé du PCF Bretagne

- Le docteur Fabien Cohen, dentiste, président d'association dentaire et d'une association pour le développement des centres de santé, responsable du pôle santé-protection sociale du PCF, secrétaire de section PCF à Gentilly (Val-de-Marne)

Muriel Grimardias avait introduit la réunion 

Ismaël Dupont a lui développé les enjeux politiques et de vie quotidienne, dans le domaine de la santé, de la prise en charge des personnes âgées, de ces élections législatives et l'ambition que nous portions avec Muriel Grimardias pour donner un député vraiment de gauche à cette circonscription, afin de mettre l'humain au coeur des choix et pratiques politiques. 

 

Un compte rendu plus détaillé suivra...  

    

Roger Héré, président du comité de soutien aux législatives, élu d'opposition PCF-Front de Gauche à Plouigneau, ici avec Manu Audigou au premier plan (photo JL Le Calvez)

Roger Héré, président du comité de soutien aux législatives, élu d'opposition PCF-Front de Gauche à Plouigneau, ici avec Manu Audigou au premier plan (photo JL Le Calvez)

Marc Corbel, de Lanmeur, responsable syndical CGT, un des piliers du comité de soutien aux législatives, avec qui nous avons créé un comité de défense des services publics locaux et mené la bataille pour la défense des déchetteries communautaires (photo Jean-Luc Le Calvez)

Marc Corbel, de Lanmeur, responsable syndical CGT, un des piliers du comité de soutien aux législatives, avec qui nous avons créé un comité de défense des services publics locaux et mené la bataille pour la défense des déchetteries communautaires (photo Jean-Luc Le Calvez)

photo Jean-Luc Le Calvez (Lanmeur, atelier législatif sur la santé et la protection sociale, mardi 16 mai 2017)

photo Jean-Luc Le Calvez (Lanmeur, atelier législatif sur la santé et la protection sociale, mardi 16 mai 2017)

Catherine André - photo Jean-Luc Le Calvez (Lanmeur, atelier législatif sur la santé et la protection sociale, mardi 16 mai 2017)

Catherine André - photo Jean-Luc Le Calvez (Lanmeur, atelier législatif sur la santé et la protection sociale, mardi 16 mai 2017)

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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 06:38
photo JL Le Calvez - réunion publique du 13 mai à Roscoff avec Raymond Mc Cartney, Claude Léostic, Xavier Compain, Ismaël Dupont

photo JL Le Calvez - réunion publique du 13 mai à Roscoff avec Raymond Mc Cartney, Claude Léostic, Xavier Compain, Ismaël Dupont

Réunion publique avec Raymond Mc Cartney du Sinn Féin, Claude Léostic de la plateforme des ONG pour la Palestine, Ismaël Dupont et Xavier Compain à Roscoff (photos Jean-Luc Le Calvez)
Réunion publique avec Raymond Mc Cartney du Sinn Féin, Claude Léostic de la plateforme des ONG pour la Palestine, Ismaël Dupont et Xavier Compain à Roscoff (photos Jean-Luc Le Calvez)
Réunion publique avec Raymond Mc Cartney du Sinn Féin, Claude Léostic de la plateforme des ONG pour la Palestine, Ismaël Dupont et Xavier Compain à Roscoff (photos Jean-Luc Le Calvez)
Raymond Mc Cartney et Claude Léostic

Raymond Mc Cartney et Claude Léostic

Réunion publique avec Raymond Mc Cartney du Sinn Féin, Claude Léostic de la plateforme des ONG pour la Palestine, Ismaël Dupont et Xavier Compain à Roscoff (photos Jean-Luc Le Calvez)
Réunion publique avec Raymond Mc Cartney du Sinn Féin, Claude Léostic de la plateforme des ONG pour la Palestine, Ismaël Dupont et Xavier Compain à Roscoff (photos Jean-Luc Le Calvez)
Réunion publique avec Raymond Mc Cartney du Sinn Féin, Claude Léostic de la plateforme des ONG pour la Palestine, Ismaël Dupont et Xavier Compain à Roscoff (photos Jean-Luc Le Calvez)
Dominique Gontier évoque son émotion à écouter Raymond Mc Cartney, son engagement pour Bobby Sands et les centaines de grévistes de la faim irlandais en 1980-1981, les souvenirs de sa visite de Belfast à guerre

Dominique Gontier évoque son émotion à écouter Raymond Mc Cartney, son engagement pour Bobby Sands et les centaines de grévistes de la faim irlandais en 1980-1981, les souvenirs de sa visite de Belfast à guerre

Jean-Louis Abgrall évoque la destinée des soldats perdus de l'IRA et du camp orangiste, et le positionnement de la soeur de Bobby Sands par rapport au processus de paix

Jean-Louis Abgrall évoque la destinée des soldats perdus de l'IRA et du camp orangiste, et le positionnement de la soeur de Bobby Sands par rapport au processus de paix

Paul Dagorn a évoqué son expérience de l'Irlande

Paul Dagorn a évoqué son expérience de l'Irlande

Réunion publique avec Raymond Mc Cartney du Sinn Féin, Claude Léostic de la plateforme des ONG pour la Palestine, Ismaël Dupont et Xavier Compain à Roscoff (photos Jean-Luc Le Calvez)
François Rippe représentait l'AFPS Morlaix et est intervenu sur la question des prisonniers palestiniens

François Rippe représentait l'AFPS Morlaix et est intervenu sur la question des prisonniers palestiniens

Réunion publique avec Raymond Mc Cartney du Sinn Féin, Claude Léostic de la plateforme des ONG pour la Palestine, Ismaël Dupont et Xavier Compain à Roscoff (photos Jean-Luc Le Calvez)
Xavier Compain et Raymond Mc Cartney

Xavier Compain et Raymond Mc Cartney

Réunion publique avec Raymond Mc Cartney du Sinn Féin, Claude Léostic de la plateforme des ONG pour la Palestine, Ismaël Dupont et Xavier Compain à Roscoff (photos Jean-Luc Le Calvez)
Xavier Compain, Raymond Mc Cartney, Claude Léostic, et Ismaël Dupont

Xavier Compain, Raymond Mc Cartney, Claude Léostic, et Ismaël Dupont

Réunion publique avec Raymond Mc Cartney du Sinn Féin, Claude Léostic de la plateforme des ONG pour la Palestine, Ismaël Dupont et Xavier Compain à Roscoff (photos Jean-Luc Le Calvez)
Réunion publique avec Raymond Mc Cartney du Sinn Féin, Claude Léostic de la plateforme des ONG pour la Palestine, Ismaël Dupont et Xavier Compain à Roscoff (photos Jean-Luc Le Calvez)

80 personnes à cette réunion publique émouvante et passionnante avec Raymond Mc Cartney, Claude Léostic, Xavier Compain, Ismaël Dupont où il a été question de solidarité internationale, de combat pour la décolonisation et la Paix, pour le droit à l'auto-détermination, de l'Irlande et de l'Irlande du Nord aujourd'hui et hier, des combats communs du Parti Communiste et du Sinn Féin dans leurs sociétés respectives et en Europe, engagés pour une Europe des peuples plus démocratique et sociale, de la Palestine et de la grève de la faim des prisonniers. 

Compte rendu à suivre: 

Ismaël Dupont a introduit la réunion, pour expliquer qu'est-ce qui nous avait intéressé dans l'invitation du Sinn Féin et de la représentante de la plateforme des ONG pour la Palestine, en plein mouvement de grève de la faim des prisonniers politiques palestiniens (28e jour). Il a expliqué quels étaient les liens entre le Sinn Féin et le PCF au sein du Parlement Européen et du Parti de la Gauche Européenne, quel avait été le soutien du PCF à Bobby Sands et aux prisonniers politiques irlandais en 1980-1981, et aujourd'hui comment le PCF s'engageait pour la réunification irlandaise au côté du Sinn Féin, après le Brexit. 

Raymond Mc Cartney est revenu sur l'histoire du mouvement insurrectionnel républicain en Irlande du Nord. Suite à la guerre d'indépendance, six contés du nord de l'Irlande ont été rattachés au Royaume-Uni avec un découpage visant à assurer une majorité protestante et un régime politique visant à nier les droits élémentaires de citoyens des catholiques, dont beaucoup dans les années 60-70 étaient au chômage. Sous l'inspiration du mouvement pour les droits civiques américains, la jeunesse catholique républicaine a commencé à revendiquer ses droits à l'égalité et à la citoyenneté de plein exercice, et un seul Etat irlandais. Le gouvernement de Belfast était basé sur la domination. Beaucoup de gens étaient arrêtés, les manifs étaient déclarées illégales et réprimées. La police d'état armée chassait les manifestants. Une nouvelle génération a décidé de se battre. Au début des années 70, c'était le conflit ouvert dans les rues. L'Etat emprisonnait les gens sans procès. A Derry, la ville de Raymond Mc Cartney, le 31 janvier 1972, ce fut le Bloody Sunday. 14 manifestants ont été tués par balle. Raymond Mc Cartney avait 16 ans. Le conflit ouvert et la guerre sont devenus le quotidien. Raymond s'est engagé dans l'IRA, le mouvement de résistance armé. Il a été arrêté en octobre 1972, libéré quelques années plus tard, puis arrêté à nouveau en 1977. A ce moment là, le gouvernement britannique a décidé de ne plus les considérer comme des prisonniers politiques. Pour protester, les prisonniers irlandais ont refusé de porter le vêtement des droits communs et sont restés quatre ans sans vêtement dans leurs cellules. En 1980 et 1981, il y a eu deux grèves de la faim. Raymond a fait quant à lui 33 jours de grève de la faim. Au final, l'administration pénitentiaire a refusé de mettre en oeuvre l'accord conclu avec les médiateurs britanniques. En 1981, 10 prisonniers sont morts pendant leur grève de la faim, victimes de l'intransigeance de Thatcher, dont Bobby Sands. La communauté internationale s'est ralliée à la cause irlandaise grâce à ce mouvement des prisonniers. Un des aspects des conséquences de cette grève de la faim a été pour les chefs de l'IRA de constater que le conflit armé n'apporterait pas de réponse politique. Sous la direction de Gerry Adams et Martin Mc Guiness, l'IRA et le Sinn Féin ont commencé à définir un cadre de représentation politique unie devant la communauté internationale. Au milieu des années 90, des négociations de paix ont débuté grâce à l'arrivée au pouvoir d'hommes nouveaux aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, Bill Clinton et Tony Blair, les conservateurs étant enfoncés dans des politiques répressives vis-à-vis des républicains irlandais. Raymond a été libéré en 1994 et il a rejoint l'équipe des négociateurs du Sinn Féin. Un cessez-le-feu a été demandé par l'IRA pour faire avancer le processus politique de négociation. Le Sinn Féin est devenu progressivement le parti politique le plus important en Irlande-du-Nord, était au départ une plateforme démocratique plurielle et ouverte, avec des socialistes, progressistes, des éléments plus conservateurs. Au fil du temps les positions se sont rapprochés et le Sinn Féin défend aujourd'hui par exemple le droit à l'avortement, alors que l'Irlande, surtout l'Eire, est très conservatrice au niveau social, au moins les politiques qui sont en retard sur la société. Le Sinn Féin défend l'égalité des droits, la justice sociale, la rupture avec l'austérité et le néo-libéralisme, mais aussi l'appartenance à l'Europe qui a permis de faire reconnaître des droits humains bafoués par les britanniques, même si on ne peut pas dire qu'elle fonctionne aujourd'hui de manière démocratique. Le retour d'une frontière entre l'Irlande du Nord et l'Irlande du Sud est intolérable pour beaucoup d'Irlandais du Nord, qui voient leur vie économique et quotidienne affectée en profondeur.  Raymond a expliqué ensuite combien il comprenait le mouvement de résistance palestinien et la grève de la faim des prisonniers, conséquence de l'oppression.L'oppression crée mécaniquement la résistance, y compris armée. L'obstacle à la paix, c'est bien souvent l'arrogance des gouvernements centraux, au Kurdistan, en Palestine, au Pays Basque. Il faut vous imaginer que dans les années 70 il y avait 30 000 soldats britanniques, 15 000 prisonniers, et 5 000 personnes emprisonnées pour des raisons politiques en Irlande-du-Nord.  La situation d'aujourd'hui, même si le processus de paix n'a pas été parfait, est bien meilleure pour la minorité catholique. Le Sinn Féin veut et peut atteindre désormais ses objectifs politiques par des voies démocratiques: égalité, respect, intégrité.   

Claude Léostic est intervenu ensuite pour appeler à la solidarité vis-à-vis des 1500 prisonniers palestiniens en grève de la faim dans les geôles israéliennes depuis le 17 avril, emmenés par Marwan Barghouti, la figure de la résistance la plus rassembleuse et respectée. 1500 grévistes de la faim sur 6000 prisonniers (ce qui représenterait l'équivalent de 90 000 si on devait les rapporter à la population française en proportion) qui demandent simplement l'accès aux droits les plus élémentaires: 

- le droit de voir leur famille

- le droit de voir leur avocat

- de ne pas être traités comme du bétail

- le droit à l'éducation, à la santé (beaucoup ne sont pas soignés)

- le droit d'être protégés des violations des droits de l'homme

C'est une grève de la faim illimitée. Marwan Barghouti a réussi à fédérer presque tous les prisonniers et organisations de la résistance autour de lui. Ils en sont à leur 27e jour de grève. Leur santé est désormais réellement en danger. La plupart d'entre eux ne peuvent plus tenir debout. On leur a enlevé tous leurs objets personnels. On leur a enlevé le sel qui leur permettait de trouver des minéraux, consommé avec de l'eau. Nombre d'entre eux ont été menacés de l'alimentation forcée mais l'ordre des médecins israéliens a refusé ce qui est qualifié de torture par les conventions internationales. Israël pourrait embaucher des médecins étrangers pour faire le sale boulot. La solidarité internationale est indispensable, on craint pour la vie des prisonniers et celle de Marwan Barghouti en particulier. S'il venait à mourir, ce serait l'explosion de violence en Palestine. Les autorités pénitentiaires voulaient commencer à négocier mais le gouvernement d'extrême-droite en Israël prend modèle sur l'inhumanité de Thatcher. Avec la transition politique en France, nous n'avons pas beaucoup de marges de manoeuvre, d'autant que Macron est plutôt pro-israélien. Mais chacun individuellement peut faire pression sur ses élus, envoyer des lettres, faire référence à la convention de Genève, consommer du sel dilué avec de l'eau en guise de symbole de solidarité et le faire savoir, participer à des rassemblements. 

François Rippe pour l'AFPS Morlaix a annoncé un rassemblement jeudi prochain au kiosque, le 18 mai, à 18h.                

Claude Léostic a aussi rappelé la force du symbole de la grève de la faim irlandaise et du combat de libération en Irlande-du-Nord pour les peuples opprimés. En Palestine, Barghouti a fait une grève de la faim en même temps que Bobby Sands par solidarité en 81. 

Xavier Compain, après un premier échange de questions-réponses avec le public, est intervenu au nom des communistes bretons pour remercier le Sinn Féin, Raymond Mc Cartney, et Claude Léostic, et son combat, notre combat pour les droits du peuple palestinien. Il a présenté les positions communes du PCF et du Sinn Féin sur l'Europe et les questions sociales et annoncé une campagne du PCF Bretagne et de ses élus pour appeler à l'unité de l'Irlande et soutenir les revendications du Sinn Féin.      

 

Pol Huellou, militant syndical, passionné de l'Irlande, membre du Comité de soutien à la candidature d'Ismaël Dupont et Muriel Grimardias, une magnifique voix et de très beaux textes de sa composition, a animé avec Gilles Le Bigot, un grand musicien breton, la soirée repas et musicale

Pol Huellou, militant syndical, passionné de l'Irlande, membre du Comité de soutien à la candidature d'Ismaël Dupont et Muriel Grimardias, une magnifique voix et de très beaux textes de sa composition, a animé avec Gilles Le Bigot, un grand musicien breton, la soirée repas et musicale

Pol Huellou (photo Jean-Luc Le Calvez)

Pol Huellou (photo Jean-Luc Le Calvez)

les musiciens morlaisiens de Coverfield, toujours aussi bons et entraînants, qu'ils chantent des ballades de Pop britannique et irlandaise, ou interprètent les Clash: Kévin Le Saint, Yvan Le Saint, Gaël Abaléo

les musiciens morlaisiens de Coverfield, toujours aussi bons et entraînants, qu'ils chantent des ballades de Pop britannique et irlandaise, ou interprètent les Clash: Kévin Le Saint, Yvan Le Saint, Gaël Abaléo

Coverfield (photo Jean-Luc Le Calvez)

Coverfield (photo Jean-Luc Le Calvez)

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