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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 12:27

LA CLASSE!
" Il est chiant lui " . C'est ce qu'ont pu entendre les députés à l'Assemblée Nationale alors que le député communiste Jean Paul Dufrègne intervenait dans le cadre du débat sur la loi travail .
Cette déclaration pleine d'élégance provenait du " perchoir " émise par le sieur DE RUGY , président de l'assemblée .
Le 4ème personnage de l'état a tenté une " explication " : il ne visait pas l'élu communiste mais réagissait à un SMS qu'il avait reçu .
Dès lors deux questions se posent :
1- Les propos concernaient le parlementaire que le citoyen président est tenu de respecter comme tous les membres de l'assemblée . Ce serait indigne de sa fonction .
2-Lorsqu'il préside les débats dont il est chargé, entre autre, de garantir la tenue, le président consacre toute sa vigilance à lire et commenter sa messagerie .
Dans les deux cas LA CLASSE !

Jean-Paul Dufrègne, député communiste de l'Allier

Jean-Paul Dufrègne, député communiste de l'Allier

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 12:20
Après quatre jours de débats, le projet de loi autorisant le gouvernement à réformer par ordonnances le code du travail, a été adopté hier soir par 270 voix contre 50. Les députés communistes ont combattu, alinéa après alinéa, les neuf articles de ce texte de régression sociale.
Loi Travail, saison 2: tout passe, on se lasse
 PAR  ET 

Troisième séance de discussions sur la loi Travail, saison 2. Ce mercredi 13 juillet à l'Assemblée, l'article 3 était à l'ordre du jour et avec lui, la barémisation des indemnités prud'homales, le CDI de chantier et le périmètre de licenciement économique des entreprises. Si communistes et Insoumis ne cessent de marteler leur opposition, le gouvernement ne lâche rien. 

 

Grillant leur cigarette dans les beaux jardins de l’Assemblée nationale, les députés le concèdent : ils s’épuisent. En ce 13 juillet, troisième jour de débat sur la loi Travail, saison 2, Stéphane Trompille, nouvel élu de l’Ain pour La République en marche (LREM), raconte : « Hier, nous avons discuté du regroupement des instances de représentation du personnel, en répétant les mêmes arguments pendant trois, quatre heures. Il y a beaucoup d’amendements sur les mêmes alinéas. On tourne en rond. Chacun martèle ses amendements, sans que ce soit très constructif. C’est un apprentissage. » « Chacun exprime ses désaccords, mais on ne se convainc pas. À force de répéter, tout le monde sature », admet Jean-Baptiste Moreau, député LREM de la Creuse. Plus que quelques heures à tenir, pour une discussion qui devrait s'achever jeudi soir. 

À l’intérieur de l’hémicycle, l’ambiance est moins survoltée qu’au premier jour. Contrairement aux premières heures de la discussion, quelques députés de la majorité prennent la parole, bien souvent pour évoquer leurs expériences individuelles, de l’ancienne avocate en droit du travail à l’ancien manager ayant créé sa société de conseil, allant même jusqu’à évoquer une opposition cherchant à « protéger les salariés contre eux-mêmes ». À 16 h 25, après les questions au gouvernement, chacun revient à son pupitre. André Chassaigne, président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine, prend le micro pour reprocher à la ministre sa générosité, en termes d’informations, vis-à-vis de la presse, alors qu’elle ne délivre d’informations aux députés qu’au « compte-gouttes »

Le député communiste Sébastien Jumel

Le député communiste Sébastien Jumel

La discussion sur l’article n° 2 termine une offensive des députés Les Républicains, notamment contre le monopole syndical. En effet, seules les organisations syndicales sont autorisées à se présenter au premier tour des élections professionnelles, tandis que le second tour est ouvert à tout salarié de l’entreprise. Une règle garantie par l’Organisation internationale du travail et dont la suppression est une vieille lune des organisations patronales. La discussion donne lieu à une passe d’armes entre le Républicain Patrick Hetzel et Sébastien Jumel, député communiste, le premier étant qualifié de « représentant du Medef » quand le second serait « dogmatique ». Sylvain Maillard, de La République en marche, arbitre la querelle en suggérant de trouver une« solution plus dynamique pour créer de l’emploi ». Le rejet de l’amendement proposé par Les Républicains leur donne l’occasion de traiter de « godillots » leurs collègues “en marche”.

 

La question de savoir qui est dogmatique et qui ne l’est pas continue, lors de l’ouverture de la discussion sur l’article 3 du projet de loi d’habilitation. Elle vise, selon l’exposé des motifs de Muriel Pénicaud, à « sécuriser les relations de travail, tant pour les employeurs que pour les salariés » et regroupe pêle-mêle les articles portant sur la barémisation des dommages et intérêts en cas de licenciement abusif aux prud’hommes, les motifs du licenciement, le délai de recours contentieux portant sur ce licenciement, le périmètre de licenciement d’une entreprise, le télétravail, le CDI de chantier. Une salve d’interventions du groupe de la Gauche démocrate et républicaine suit la prise de parole de leur président, pour répéter leur opposition franche à ces mesures.

Elsa Faucillon, née à la politique lors du mouvement contre le CPE, intervient logiquement contre la destruction du CDI. Les autres s’adonnent avec gourmandise à la critique de la barémisation des dommages et intérêts. Un « casus belli » pour Sébastien Jumel, car elle restreint la liberté d’appréciation des juges et contrevient à l’obligation, dans le droit français, de réparer l’intégralité du préjudice subi. Son collègue du Nord, Alain Bruneel, déplore quant à lui la désormais possible budgétisation en amont d’un licenciement abusif, laissant à Hubert Wulfranc et Jean-Paul Lecoq la critique politique générale.

De l’autre côté de l’hémicycle, Patrick Mignola, député du MoDem, défend le projet d’Emmanuel Macron, permettant de mettre en place « des planchers assez solides pour être rassurants et des plafonds assez élevés pour permettre la conciliation » et laissant la condamnation libre seulement pour les délits « plus graves » qu’un licenciement abusif. Par exemple, les discriminations, les atteintes à la grossesse, à la maternité et les accidents du travail. Adrien Taquet, inventeur du slogan « En Marche ! », argue lui de l’égalité rétablie entre grandes entreprises, capables de budgéter les licenciements, et petites entreprises en « leur donnant enfin de la visibilité quant au montant des dommages et intérêts et en excluant des causes de condamnation le vice de forme ».

Alors qu’on n’avait pas entendu les socialistes jusque-là, Boris Vallaud se fait tranchant :« Le plafonnement des indemnités prud’homales pourrait signifier l’institution d’un droit nouveau : le droit au licenciement abusif (…). »

Sébastien Chenu porte la voix du FN, muet jusqu’ici, critiquant la possible budgétisation des licenciements abusifs d’une part et, de l’autre, faisant entendre sa crainte de l’effet pervers d’une telle mesure, à savoir que le juge fasse systématiquement usage du montant « plafond », y compris pour les TPE et PME, là où il aurait été plus clément si les condamnations avaient été individualisées.

Lui succède l’étoile montante de La France insoumise, Adrien Quatennens : « Vous définissez donc le montant d’un préjudice a priori : entendez-vous, à l’avenir, faire de même pour les délits et les autres conflits en justice ? » Après que François Ruffin a proposé, comme alternative à la réforme des prud'hommes, celle des tribunaux de commerce, le chef de groupe Jean-Luc Mélenchon conclut, sur le mode des leçons de morale de la IIIe République : « Il ne faut pas rassurer les patrons délinquants, il faut les châtier rudement ! »

S’ensuit la discussion, amendement par amendement, où les mêmes arguments sont déclinés à loisir. Seul le tonnerre d’André Chassaigne vient interrompre le ronron du rejet quasi systématique des amendements : « Je tiens à faire un rappel au règlement. Depuis le début de la discussion, les députés de La République en marche votent systématiquement tous ensemble. Alors, certes, ils ont signé un acte d’engagement. Mais se soumettre systématiquement à un vote impératif, c’est anticonstitutionnel. »

« Une arme de destruction massive du CDI »

Il est ensuite question de réduire les délais de recours contentieux en cas de rupture du contrat de travail. Actuellement, en cas de litige, un recours peut être déposé dans les deux ans qui suivent la rupture du contrat de travail, un délai réduit à un an en cas de licenciement pour motif économique. « L’immense majorité de ces recours, jugés aux prud’hommes en première instance, aboutissent à une décision favorable aux salariés. En d’autres termes, on voudrait aujourd’hui nous faire accepter de réduire le délai de recours en cas de licenciement, alors même que ces licenciements se révèlent abusifs dans la majorité des cas », objecte Michel Larive de La France insoumise.

Face à lui, le rapporteur de la commission des affaires sociales Laurent Pietraszewski campe sur la position maintes fois répétée : « L’objectif du projet de loi est la clarification, la simplification, et non la diminution de la protection des salariés. » Autre élément de réponse, qui lui aussi reviendra à plusieurs reprises dans la bouche de la ministre : il s’agit d’une question encore en discussion avec les partenaires sociaux, sur laquelle les conclusions ne sont toujours pas connues. Des concertations décidément au centre des débats, dont l’absence actuelle de conclusion freine le travail parlementaire.

Ainsi, arrive dans la discussion la question brûlante du périmètre de licenciement. Alors qu’aujourd’hui, le juge étudie au niveau mondial les difficultés d’une entreprise souhaitant procéder à des licenciements économiques, il pourrait, à l’avenir, les examiner uniquement au niveau du territoire français. Une idée qui fait bondir l’opposition, prompte à dénoncer ces « grandes entreprises habiles à mettre leurs profits à l’abri dans les paradis fiscaux » et qui pourraient maquiller leurs comptes afin de licencier en France, alors que leurs résultats économiques sont au beau fixe dans le reste du monde. Les rares Républicains, eux, ne voient aucun inconvénient à ce rétrécissement du périmètre de licenciement. Mieux encore, ils demandent à le restreindre encore plus, le délimitant uniquement aux secteurs d’activité des« entreprises du groupe situées sur le territoire national ». L’amendement sera adopté. Une rareté lorsque les propositions ne viennent ni du rapporteur, ni du gouvernement.

Face à la gauche, la ministre défend sa mesure. Elle évoque la nécessité de défendre l’attractivité internationale de la France, tout en travaillant à « une règle commune au niveau européen », sans en dire beaucoup plus. Surtout, elle rappelle que le législateur restera vigilant sur la « possibilité de création de difficultés artificielles » par les entreprises, ce qui fait, sans surprise, l’objet d’une discussion avec les syndicats. « Il aurait été souhaitable qu’on ait eu les conclusions de la concertation avec les syndicats », lui rétorque un Boris Vallaud un peu lassé, se faisant l’écho d’une opinion largement partagée sur les bancs de l’opposition.

S’ensuit un débat enflammé sur le télétravail. Communistes et Insoumis déplorent la fin des collectifs de travail, le faible contrôle des conditions de travail à la maison et craignent des sanctions pour les salariés qui le refuseraient, quand les élus LREM évoquent un « monde qui change », une envie partagée par de nombreux salariés et la possibilité d’une meilleure articulation entre vie professionnelle et familiale. « Le télétravail répond à une attente très forte dans la société inclusive que nous voulons », insiste la ministre.

 

Arrive enfin la discussion tant attendue sur les contrats de chantier. S’ils portent le nom de CDI, ces contrats venus du bâtiment n’en ont pas moins une durée limitée : celle du chantier défini à l’avance. Une fois le projet terminé, le contrat prend fin, sans indemnités de précarité pour le salarié. Ce qui en fait une « arme de destruction massive du CDI », selon Éric Coquerel. Ce que dément Muriel Pénicaud. Pour la ministre, un CDI de chantier reste un CDI, qui ouvre des droits à la formation, permet de louer un logement ou de contracter un prêt. Pas de quoi convaincre le député communiste Pierre Dharréville, qui croit qu’un CDI de chantier ne sera jamais perçu comme un CDI classique par les banques.

Mené par les Insoumis et les communistes, le débat n’aura pas empêché l’adoption de cet article 3 tant décrié. Quelques minutes après un vote nocturne, le député LREM Aurélien Taché défend un amendement destiné à revaloriser les indemnités légales de licenciement. Si la ministre ne l’approuve pas, elle promet néanmoins d’augmenter ces indemnités à la rentrée « par mesure réglementaire ». Dont acte : autour de 2 heures du matin, le ministère du travail envoyait un communiqué de presse annonçant« l'engagement du gouvernement à augmenter les indemnités légales de licenciement pour tous les salariés ». Une contrepartie à tant de gages offerts par la ministre aux entrepreneurs ?

(Le compte-rendu de la troisième séance d'examen de l'ordonnance sur la réforme du code du travail à l'Assemblée nationale est disponible ici) 

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 12:11
"Il n’y a pas de progrès social, de développement économique pérenne et équilibré, sans une Fonction publique forte et développée"

jeudi 13 juillet 2017

Déclaration de la CGT Fonction publique au Conseil commun de la Fonction publique qui s’est tenu le 10 juillet dernier présidé par le ministre Gérald Darmanin :

Monsieur le Ministre,

C’est peu de dire que les premières annonces du Premier ministre et de vous-même ne réjouissent que modérément la CGT, c’est une façon élégante et adoucie pour vous dire – mais est-ce une surprise ? – que nous y sommes profondément hostiles.

Une formule du Premier ministre, à elle seule, concentre le cœur de notre désaccord : « Il y a une addiction française à la dépense publique dont il faut se désintoxiquer. »

Et, comme c’est de cette doxa libérale – qui ne détient pas un mandat clair des élections – que découlent les arguments fallacieux et préconisation austéritaires, la CGT, à titre d’exemple, veut rappeler un certain nombre d’éléments.

Lorsque Monsieur le Premier Ministre affirme « qu’il faut stopper l’inflation de la masse salariale du secteur public », au mieux, il commet une erreur et, en tout cas, il profère une contre-vérité.

En effet, sur les vingt dernières années, l’ensemble des salaires versés dans les administrations publiques a reculé d’un point dans les dépenses publiques.
Et lorsque, Monsieur le Ministre, vous annoncez, sans la moindre concertation, la reprise du gel de la valeur du point d’indice pour 2017 et 2018, vous prenez la responsabilité d’aggraver une situation déjà bien détériorée.

Quelques illustrations – guère réjouissantes, il faut bien l’avouer – le soulignent amplement :

- Il y a vingt ans, un agent de catégorie C avait une amplitude de carrière théorique de 56%, c’est 43% aujourd’hui ;

- Il y a vingt ans, un cadre était recruté à 60% au-dessus du SMIC, c’est 21% aujourd’hui ;

- Aujourd’hui, un agent recruté dans la 1ère échelle de rémunération peut espérer – au bout de 9 ans – un gain mensuel net d’environ…vingt euros !

Oui, Monsieur le Ministre, ce n’est pas parce que des affirmations sont avancées comme autant de sentences irréfutables qu’elles deviennent des vérités scientifiques.

Les antiennes sur le niveau de la dépense publique – qui handicaperaient notre économie – font partie de ces fausses évidences qui arrangent les visées de celles et ceux qui les mettent en avant.

- En 2012, le Danemark affichait des dépenses publiques à 59,4% de son PIB, davantage donc que la France, le chômage y était de 7%, contre une moyenne de 10,6% dans l’Union européenne (UE), et la croissance y était 4 fois supérieure à celle de l’UE.

- La même année, le Portugal avait des dépenses publiques à hauteur de 47,4% du PIB, mais le chômage y était de 15,3% et la croissance de -1,4%, c’est-à-dire en récession.

- Pour lutter contre la crise, les États-Unis ont fait monter leur déficit public à 13% du PIB en 2009, 2010 et 2011 (plus du double de la France sur la même période) et leur taux de chômage a baissé de deux points.

Monsieur le Ministre, lors de votre discours du 6 juillet « aux États généraux des comptes de la nation » vous avez convoqué deux illustres prédécesseurs…

En effet, en pratiquant l’anaphore, c’est François Hollande qui était à vos côtés, en choisissant les mots de « la vérité » comme socle, c’est Lénine et sa vérité toujours révolutionnaire qui étaient des vôtres.

Permettez-moi au nom de la CGT de – modestement – me glisser dans vos pas.
La vérité, c’est que le Pacte de compétitivité et le CICE coûtent 40 milliards d’euros annuels aux finances publiques. Et, depuis leur mise en place, notre pays compte 500 000 chômeurs en plus ! Et vous ne les remettez pas en cause !

La vérité, c’est que lorsqu’on augmente les salaires des agents de la Fonction publique, ils payent davantage d’impôts, ils s’acquittent de cotisations sociales supplémentaires, ils consomment davantage et participent donc de la relance de l’économie.

La vérité, c’est que les entreprises du CAC 40 ont versé 46 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires en 2016, 13% de plus qu’en 2015. Et dans le même temps, leurs investissements dans le développement et la recherche sont en baisse !

La vérité, en revanche, c’est que les administrations publiques participent à la création de richesses à hauteur de 20% du PIB et de 17% de l’investissement global.

La vérité, c’est que lorsqu’on transfère au secteur privé des missions publiques, le plus souvent, le résultat est dispendieux en matière budgétaire, mauvais en qualité du service public rendu. C’est vrai pour la gestion de l’eau, par exemple. Et que dire de la privatisation des autoroutes qui a conduit le prix moyen du kilomètre à augmenter deux fois plus vite que l’inflation !

Tout cela pour dire, Monsieur le Ministre, que – dans ce qui vous occupe – il n’y a pas de vérité indépassable, seulement des choix politiques.

Et ceux-là, que ce soit le gel de la valeur du point d’indice, les nouvelles suppressions d’emplois, ou le rétablissement du jour de carence, nous les contestons et nous les combattrons.

Pour autant, la CGT n’est pas pour l’immobilisme : elle est favorable aux réformes et à l’adaptabilité du Service public.

La CGT n’est pas pour la défense étroite de prés carrés : au contraire, la CGT estime et affirme que la Fonction publique et le Statut général des fonctionnaires n’ont de pertinence que si on les lie indissociablement aux besoins de la population, aux enjeux de citoyenneté.

Mais, ce dont la CGT a la conviction, c’est qu’il n’y a pas de progrès social, de développement économique pérenne et équilibré, sans une Fonction publique forte et développée.

Pour cela, nous sommes et serons disponibles.

Nous le serons à partir des nombreuses propositions dont nous sommes porteurs, tant sur les élections professionnelles, que sur le dialogue social, sur les conditions de vie et de santé au travail, sur la pénibilité, sur la formation, sur l’égalité professionnelle, pour citer quelques thèmes que vous avez vous-même mis en avant.
Nous le serons également sur bien d’autres enjeux que nous vous soumettrons dès la rentrée.

La CGT sera donc une interlocutrice franche, exigeante et ambitieuse, parce que, encore une fois, la Fonction publique le vaut bien.

Il n'y a pas de progrès social, de développement économique pérenne et équilibré, sans une Fonction publique forte et développée (déclaration CGT Fonction Publique)
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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 12:08
Interdiction des emplois familiaux : le Sénat doit être exemplaire

jeudi 13 juillet 2017

Contre l’avis du gouvernement et de la commission des lois, le 11 juillet dernier les sénateurs ont supprimé l’interdiction des emplois familiaux au Parlement au sein du projet de loi de moralisation de la vie politique. Le12 juillet, le président de la commission, Philippe Bas, demande un nouveau vote pour rétablir la disposition initiale avant le vote définitif du texte.

Les sénatrices et sénateurs du groupe CRC s’associent à la demande d’une seconde délibération formulée par le Président de la Commission des Lois sur cet amendement qui lève l’interdiction des emplois familiaux.

Le communiqué du groupe :

La perte de confiance de notre peuple à l’égard d’un système politique et institutionnel vacillant est patente.

Le gouvernement a soumis aux assemblées un projet de loi d’affichage qui ne répond que très partiellement à l’attente de nos concitoyens.

Des pans entiers de « l’immoralité » de notre société ne sont pas pris en compte : liens entre médias, argent et politique ; question du mode de scrutin et de la représentativité des parlementaires, question de la dérive monarchique de nos institutions, et bien sûr, l’action contre de détestables pratiques économiques et financières.

Cependant, les dispositions du projet répondent de toute évidence à une exigence de probité. Interdire les emplois par les parlementaires et les membres du gouvernement, de membres de leur famille est un élément parmi d’autres, mais très visible d’une manière de fonctionner dont notre peuple ne veut plus.

Les sénatrices et sénateurs du groupe communiste républicain et citoyen ont approuvé cette disposition du projet de loi dont ils soulignent par ailleurs la timidité et les grandes insuffisances. Ils regrettent fortement le vote d’hier soir au Sénat d’un amendement qui supprime l’interdiction des emplois familiaux qui ternit les avancées significatives votées par ailleurs sur le statut des collaborateurs parlementaires. Les sénatrices et sénateurs du groupe CRC s’associent à la demande d’une seconde délibération formulée par le Président de la Commission des Lois sur cet amendement qui lève l’interdiction des emplois familiaux. Ils voteront contre cet amendement lors de cette nouvelle délibération comme lors de la première délibération.

Eliane Assassi, présidente du groupe communiste au Sénat

Eliane Assassi, présidente du groupe communiste au Sénat

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 11:58
Incorrigible optimiste, Henri Malberg est décédé
JEUDI, 13 JUILLET, 2017
HUMANITE
Photo Patrick NUSSBAUM
Photo Patrick NUSSBAUM

Au cours de ces dernières années, Henri Malberg s’est consacré largement à la défense de l’Humanité comme président puis président d’honneur de la société des lecteurs. Par ailleurs, il est intervenu régulièrement dans les débats et controverses au sein du PCF. Il semblait habité d’un optimisme à toute épreuve, mais il faisait preuve avant tout d’un refus du renoncement.

Il avait douze ans quand avec ses parents il parvient à échapper à la rafle du Vel d’hiv. Suivront deux ans d’errance, de cache puis d’internement dans le camp de Douadic (Indre), avant de retrouver Paris libéré, et l’appartement de Belleville, entre temps occupé. L’occupation nazie et les persécutions antijuives du régime de Pétain ont fait basculer la vie du jeune Henri Malberg, au moment où celui-ci entrait dans l’adolescence. On avait peine à croire en rencontrant cet homme cultivé, habité par la passion de convaincre, qui fut pendant un quart de siècle conseiller de Paris, dirigeant communiste de la capitale, qui dirigea l’hebdomadaireFrance Nouvelle puis la revue Regards et avant d’animer, ces dernières années, la Société des lecteurs de l’Humanité, que celui-ci n’était plus jamais retourné à l’école que le fascisme collaborationniste refusait aux enfants juifs. Sa voix se brisait quand il évoquait son copain avec qui il faisait les courses pour leurs familles terrées chez elles. Un flic plus zélé qu’un autre suivit l’enfant… dont le nom et celui de son petit frère figurent aujourd’hui sur le mur du mémorial de la Shoah.
 
Henri Malberg est né dans le 20ème  arrondissement de Paris en 1930. Ses parents étaient des immigrés juifs polonais arrivés en France après la première guerre mondiale. Son père, Ignace avait été mineur de fond. A Paris, il ouvrit un atelier de cuir et peaux dans le quartier de Belleville, où il s’était marié avec Fanny. Henri fut leur seul enfant. “Mon père était convaincu qu’en travaillant bien, qu’en étant un honnête homme, rien ne pouvait lui arriver”. Ces immigrés, juifs de Pologne, de Roumanie, de Hongrie qui parlaient yiddish, au milieu desquels évoluait la famille Malberg, aimaient passionnément la France. L’école était le moyen pour les enfants d’accéder véritablement au statut de citoyen , et Henri de rappeler l’immense fierté de son père assistant à la distribution des prix, de l’école de la rue du général Lassalle , et entendant appeler “Monsieur Malberg” (Nous étions des enfants, film de Jean-Gabriel Carasso).

L'enfant de Belleville

Dans ce Paris de la Libération, Henri Malberg devient ouvrier métallurgiste, adhère, comme une évidence, à la jeunesse communiste. Il n’avait pas lu Marx, mais les communistes avaient fait la Résistance, l’image de l’Union soviétique était au zénith. La bande de jeunes bellevillois partage le temps libre entre la vente d'Avant-Garde, les sorties au bal, au cinéma et au théâtre. Henri Malberg milite activement, prend des responsabilités au parti communiste. En 1949, il est condamné à un mois de prison pour sa participation à une manifestation contre la guerre coloniale en Indochine. “Ma génération, celle qui est venue très jeune au communisme au sortir de la guerre, a passé seize années de sa vie à mener le combat anticolonialiste”(Interview dans l’Humanité.fr 16 octobre 2011 par Sébastien Crépel). Après le Vietnam, ce furent les longues années de guerre en Algérie, le massacre de centaines d’Algériens le 17 octobre 1961, sous la houlette de Maurice Papon, passé de la traque des juifs dans le Bordeaux des années 40 à la préfecture de police de Paris deux décennies plus tard.
 
En 1961, Henri Malberg travaille au côté de Waldeck Rochet qui succèdera à Maurice Thorez au poste de secrétaire général du PCF en 1964. Un an plus tard, il est élu pour la première fois conseiller municipal de Paris. En 1972, Henri Malberg entre au comité central du PCF. En 1979, une  crise politique secoue la fédération parisienne sur fond de tensions entre communistes et socialistes qui ne parviennent pas à mettre sur pied l’actualisation du Programme commun de gouvernement. Henri Malberg remplace alors le secrétaire fédéral Henri Fiszbin, son cousin, qui a échappé comme lui à la rafle du Vel d’Hiv. Les rapports personnels entre les deux hommes resteront bons. Henri Malberg dirigera la fédération jusqu’en 1995.

Incorrigiblement communiste

Au cours de ces dernières années, Henri Malberg s’est consacré largement à la défense de l’Humanité comme président puis président d’honneur de la société des lecteurs. Par ailleurs, il est intervenu régulièrement dans les débats et controverses au sein du PCF. Il semblait habité d’un optimisme à toute épreuve, mais il faisait preuve avant tout d’un refus du renoncement. Le titre de son livre, paru en 2014, résume bien son état d’esprit: Incorrigiblement communiste. Il était fidèle à son engagement de jeunesse et avait conservé intacte sa capacité de révolte contre les injustices, contre les violences sociales exercées sur les plus fragiles. Lucide sur l’affaiblissement de son parti "C’est justement cette faiblesse qui autorise l’adversaire à porter tous les coups”, il refusait l’idée d’une quelconque obsolescence du communisme et le dénigrement des partis politiques comme cadre de l’engagement militant . Remplacer le PCF par une autre organisation “entraînerait une énorme déperdition d’intelligence et d’expériences accumulées. Une fois qu’on a tiré le rideau, il faut des générations pour reconstituer une force comme le PCF“ et j’ajouter: il y a mieux à faire, même si c’est réellement difficile”.( Réunion à Argenteuil en 2007)

"Poing levé et main tendue “ ou dit autrement combativité et ouverture aux autres: deux balises qui ont guidé toute sa vie durant l’enfant de Belleville, qui faussa compagnie à la maréchaussée un jour d’été de 1942.

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 11:49
Les militants communistes du Finistère présents aux Vieilles Charrues, Au Bout du Monde, aux Jeudis du Port, à la Fête du Bruit

La fête de l'Humanité, le grand rendez-vous de la rentrée sociale et politique, de la jeunesse et de la gauche, c'est du 15 au 17 septembre. 

D'ici là, il faut faire monter la résistance populaire à Macron et à ses lois et ordonnances de destruction du droit du travail. 

Des militants communistes du Finistère seront présents pour rencontre les festivaliers, notamment aux Vieilles Charrues à Carhaix (du 13 au 16 juillet), au Festival du Bout du Monde à Crozon (du 4 au 6 août), aux Jeudis du Port à Brest (27 juillet, 3, 10 et 17 août) , et à la Fête du Bruit à Landerneau (du 11 au 13 août).  

Nous vendrons à cette occasion la vignette de soutien pour la fête de l'Huma (25€, ouvrant droit à l'entrée sur 3 jours de fête).  

En Bretagne comme ailleurs, pour la jeunesse et les salariés, l'été et les vacances sont là pour faire la fête, se reposer et se détendre, mais surtout pas pour casser le code du travail.  

Les militants communistes du Finistère présents aux Vieilles Charrues, Au Bout du Monde, aux Jeudis du Port, à la Fête du Bruit
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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 11:43
Henri Malberg, une figure du Paris populaire et du combat communiste (Pierre Laurent, 13 juillet 2017)

Henri Malberg, une figure du Paris populaire et du combat communiste

 

Henri Malberg nous a quittés ce matin du 13 juillet dans sa 87ème année. A la tristesse qui nous envahit, se mêlent aussitôt toutes les joies que nous avons partagées et qui ont fait sa vie militante. Lui, l’enfant de Belleville, le militant du bonheur, est donc parti un jour de bal populaire du 14 juillet et nous danserons ce soir avec son souvenir au coeur.

 

Henri Malberg a grandi dans le XXème arrondissement de Paris, un quartier populaire qu’il n’a jamais quitté et dont il a été un élu communiste respecté de tous pendant plus de trente cinq ans. Voilà un homme qui aurait été un grand maire du XXème arondissement !

 

Issu d’une famille immigrée juive, il a 12 ans quand il échappe de justesse avec les siens à la rafle du Vel d’Hiv en se cachant. Ces vingt dernières années, il a beaucoup oeuvré à transmettre la mémoire de ces événements tragiques, notamment depuis 2001 aux côtés de Catherine Vieu-Charier à la mairie de Paris. A la Libération, il rejoint la Jeunesse Communiste où il milite aux côtés d’Henri Krasucki, de Paul Laurent et tant d’autres, qui resteront des amis et des camarades de combat pour toujours. C’est là aussi qu’il rencontre Francine avec laquelle il se marie. Ils auront deux filles, Joëlle et Christine.

 

Jeune ouvrier, Henri devient très vite un dirigeant reconnu d’abord de la Jeunesse Communiste, puis du Parti communiste. Au début des années soixante, il devient le secrétaire de Waldeck Rochet qui va succéder à Maurice Thorez au secrétariat général du Parti. A la fédération de Paris, il est responsable du travail en direction des intellectuels et est le secrétaire de la section du Vème arrondissement dans le Quartier Latin au coeur des évènements de mai-juin 68. Elu au Comité central en 1972, il devient secrétaire de la fédération de Paris après la crise que traverse cette fédération en 1978 et qui voit le départ d’un de ses proches, Henri Fiszbin. Il sera de nombreuses années le président du groupe communiste à l’Hôtel de Ville et dirigera les revues France nouvelle puis Regard.

 

Tout au long de sa vie, Henri aura été un homme d’ouverture, inséparablement ouvrier et intellectuel, oeuvrant activement aux transformations de son parti à partir des années 70, mais toujours attaché à l’existence et au développement de son parti, auquel il tenait plus que tout, de manière « incorrigible » comme il l’a écrit dans son dernier livre.

 

Henri Malberg a été pour moi plus qu’un dirigeant. Nous étions proches dans la vie et nous partagions l’amour du Paris populaire. Il aimait parler politique et je ne manquais jamais d’écouter ses conseils politiques avisés, toujours plein de bon sens et d’optimisme, même quand nous n’étions pas d’accord. Henri savait faire confiance, singulièrement à la jeunesse, et il croyait avec raison à l’avenir de nos idées communistes.

 

Nous perdons un grand homme, un communiste qui restera gravé dans nos mémoires et auquel nous devons le serment de continuer le combat auquel il a tant donné. J’aimais Henri pour tout ce qu’il était, pour sa joie de vivre et sa profonde humanité, pour son intelligence et sa culture, pour ses idées et ses combats, pour son désir de toujours avancer.

 

J’adresse à Marine et Zoé, ses deux petites-filles, toutes mes condoléances et mon affection la plus chère.

 

Paris, le 13 juillet 2017

Henri Malberg, une figure du Paris populaire et du combat communiste (Pierre Laurent, 13 juillet 2017)
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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 11:39
Macron déroule le tapis rouge au nationaliste de la Maison-Blanche
JEUDI, 13 JUILLET, 2017
L'HUMANITÉ
 

L’accueil réservé, un 14 juillet, à un Donald Trump prêt à jouer de la puissance militaire et à s’opposer au multilatéralisme pour recentrer le monde autour des intérêts états-uniens n’est pas qu’indigne, il est aussi le signe de terribles convergences.

Le président français s'emploie à faire passer la visite de Donald Trump comme un moyen d'éviter l'isolement d'un « précieux allié historique », voire de le « ramener dans le cercle international ». Mais ces efforts rhétoriques, destinés à amoindrir l'impact du choc suscité dans l'opinion par la décision de dérouler le tapis rouge au président nationaliste si contesté et controversé aux États-Unis même, cachent bien mal l'essentiel. Sur plusieurs grands dossiers du moment, les deux hommes affichent, si ce n'est dans la forme, du moins dans les faits, des convergences redoutables.
Donald Trump a décidé d'enclencher une nouvelle course aux armements en augmentant de quelque 9 % le budget militaire de l'hyperpuissance en 2018, alors que l'Oncle Sam dépense déjà autant en équipement et en soldats que les dix puissances militaires qui le suivent (Chine, Inde, France, Grande-Bretagne et Italie comprises). Il exerça en début d'année un chantage sur ses alliés de l'Otan, en les menaçant de quitter l'Alliance. Il les accusa de comportement « déloyal » puisque, affirmait-il, ils bénéficieraient du « parapluie militaire » américain « sans en payer la facture ». Et il revendiqua une augmentation significative de leurs investissements militaires.
Emmanuel Macron fut alors le premier à répondre présent. Il annonça, de concert avec la chancelière Angela Merkel, un projet d'« Europe de la défense» présentée comme un moyen de resserrer les rangs d'une Europe menacée de dislocation après le Brexit. Trump est exaucé. Un bond spectaculaire des dépenses militaires est programmé, Paris s'engageant par la voix d'Emmanuel Macron à porter les investissements dans « les capacités et l'industrie militaire » à 2 % de son PIB (contre 1,7 % aujourd'hui) d'ici au milieu de la prochaine décennie. Soit, à terme, une charge considérable pour les finances publiques qui va entraîner un manque, du même coup, pour les financements de projets européens de coopération et de solidarité. Pourtant plus indispensables que jamais pour qui entend vraiment sauver l'Europe.
 
« UNE DIPLOMATIE DU DEAL »
Du côté de la Maison-Blanche, on présente sans ambages cette « montée en puissance historique de l'armée » (Donald Trump dans son discours sur l'état de l'Union) comme une clé majeure pour « rendre sa grandeur à l'Amérique ». Aux yeux des oligarques de Wall Street, omniprésents au sein du gouvernement, elle constitue une variable d'ajustement essentielle pour la compétitivité des firmes états-uniennes. Autrement dit : un moyen de restaurer ou de conforter leur domination sur le marché globalisé. Cette détermination à user de la puissance militaire découle de ce que les stratèges nationalistes de la MaisonBlanche appellent « une diplomatie du deal », destinée à transformer le cadre des règlements multilatéraux hérité de la Seconde Guerre mondiale, voire à s'y substituer. Ainsi une menace d'une gravité inédite se profile-t-elle sur la paix.
Du côté de l'Élysée, on cherche, selon une tradition malheureusement bien établie au sein des exécutifs français successifs, à installer la France, puissance nucléaire, dans un rôle de lieutenant régional majeur du monde occidental au sein de l'Otan. En en espérant des retombées politiques et économiques favorables. Même si l'on prend soin d'instrumentaliser la déflagration provoquée par les attentats djihadistes pour masquer cette volonté derrière les besoins de la « lutte antiterroriste ». Au mépris de l'avis de l'immense majorité des spécialistes, pour qui les instruments les plus efficaces en la matière ne résident pas dans l'acquisition d'arsenaux de mort chers et sophistiqués, mais bien davantage dans le renseignement et la prévention des phénomènes intégristes et sectaires. Comme dans les moyens qu'il conviendrait de déployer pour résorber partout ces hideuses poches de misère et d'exclusion desquelles suinte le fanatisme.
 
« TRUMP EST UN PERSONNAGE HYBRIDE, ENTRE DR FOLAMOUR ET FRANKENSTEIN. » NICOLAS HULOT, MINISTRE DE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE.
 
Le climat est l'autre avatar de la complicité paradoxale entre Emmanuel Macron et Donald Trump. Le président français s'est beaucoup démené, la semaine dernière à Hambourg, pour rendre « trumpo-compatible » la déclaration du G20. Résultat : le sommet a donné un blanc-seing à Washington pour qu'il puisse conduire une politique « divergente » en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Extraordinaire victoire d'étape pour le nouvel ordre que veut imposer Trump à ses partenaires : l'oligarque de l'immobilier a pu aller jusqu'à plaider un recyclage de la contribution promise jadis par les ÉtatsUnis en soutien aux pays en développement pour leur permettre « d'avoir accès et d'utiliser les énergies fossiles ». Traduisez : un encouragement à émettre, à l'avenir, davantage de CO2. Ce qui contredit ouvertement les engagements de la COP 21. Et cela pour le plus grand bénéfice de l'industrie des hydrocarbures conventionnels ou de schiste des États-Unis, fortement représentée au sein d'un cabinet Trump aux allures de conseil d'administration. On peut difficilement mieux réitérer le doigt d'honneur infligé début juin à la communauté internationale, quand Donald Trump a choisi de s'extraire de l'accord international trouvé sur le climat à la fin 2015 à Paris. Incompatible avec les visées des stratèges du national-libéralisme au sein de la Maison-Blanche.
 
Trump un président délinquant
Emmanuel Macron a beau jurer sans rire qu'il a choisi d'adouber son turbulent homologue parce qu'il « ne désespère pas » de le réintégrer, un jour, dans le cercle des discussions internationales. Il se démasque en fait par l'usage de logiques finalement très voisines. Austérité oblige, il vient d'annoncer des coupes claires dans le budget français des aides au développement, déjà très en dessous des minima onusiens. Comme il avait abandonné la concrétisation d'une taxe sur les transactions financières dédiée aux pays du Sud pour qu'ils puissent financer leurs propres transitions énergétiques. Ce qui augure bien mal du soutien sonnant et trébuchant des grands pays pollueurs pour aider les plus pauvres à se mettre en capacité de lutter contre le changement climatique. Le national-libéralisme de Trump et le libéralisme européiste par ordonnances de Macron font ainsi preuve de bien singulières convergences. Une autre proximité concrète, bien mal à propos, du président français existe quand il partage, avec son homologue, une très forte tentation autoritaire sur le front social. Donald Trump et les Républicains s'efforcent ainsi de faire adopter de nouvelles réglementations qui ruineraient les syndicats et les empêcheraient de négocier la moindre convention collective, quand Emmanuel Macron se met en marche pour détruire le Code du travail par ordonnances.
 
Sur les Champs-Élysées, le défilé militaire. Sur la place de la République, la contestation. Donald Trump « a refusé d'entrer au Royaume-Uni si des manifestations étaient prévues : nous savons ce qu'il nous reste à faire », annonce Nuit debout. Politique climatique, course à l'armement, décret anti-immigration, deals de libre-échange bilatéraux, discrimination des femmes... pour tout cela, « Trump n'est pas le bienvenu à Paris » un 14 Juillet. Ces politiques feront l'objet d'une assemblée générale avec des prises de parole libres vendredi à partir de 19 heures, avant de laisser place à l'Orchestre debout à 21 heures, au bal Brésil debout à 22 heures et aux différents ateliers répartis sur la place et dont le mouvement est féru (fabrication de pinata Trump, espace d'information sur les luttes en cours...).
Donald Trump est un président bien plus délinquant que ne le suggèrent les enquêtes qui font grand bruit outre-Atlantique sur son éventuelle capacité à avoir comploté avec la Russie de Vladimir Poutine contre Hillary Clinton, son adversaire démocrate lors de la présidentielle de novembre dernier. Quand il passe en force contre la justice pour imposer un racisme d'État par la construction d'un mur antimigrants à sa frontière avec le Mexique, ou par un décret, validé par une nomination très opportune à la Cour suprême, qui interdit de séjour aux États-Unis des citoyens de six pays majoritairement musulmans, il foule aux pieds certaines des valeurs fondamentales de son propre pays. Dérouler le tapis rouge à un individu de cet acabit que des centaines de milliers de citoyens des États-Unis, en lutte pour la défense du droit et d'une certaine idée de la civilisation, cherchent à isoler, voire à destituer, n'est-ce pas lui offrir sur un plateau un certificat de bonne conduite inespéré? Et donner la preuve de la pire des complicités ?
Journaliste
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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 07:38
L'Union Juive Française pour la Paix proteste contre l'invitation de Nétanyahou aux cérémonies de commémoration du crime franco-français du Vel d'Hiv
Les Français juifs seraient-ils des citoyens à part ?
dimanche 9 juillet 2017 par le Bureau national de l’UJFP

C’est ce que suggère notre Président en invitant un chef d’État étranger pour commémorer une tragédie française, la rafle du Vél’ d’Hiv’.

3 octobre 1940. Le premier Statut des Juifs fait d’une partie des français sous Vichy des citoyens « à part ». Le lendemain, la loi du 4 octobre 1940 sur « les ressortissants étrangers de race juive » étend cette distinction à l’ensemble des Juifs vivant en France.

Les 16 et 17 juillet 1942, 7000 policiers et gendarmes français, sous les ordres du régime de Vichy, procédaient à une rafle des Juifs parisiens. Les fascistes français avaient poussé le zèle jusqu’à l’arrestation des enfants, devançant ainsi les demandes de l’occupant nazi. Plus de 13000 Juifs dont 4000 enfants étaient parqués au vélodrome d’hiver avant d’être déportés et, pour la quasi-totalité, assassinés.

Ni les auteurs ni les exécutants français de cette rafle ne seront poursuivis, en particulier René Bousquet qui sera assassiné sans jamais avoir été jugé. Il faudra attendre 1995 pour que le président Chirac reconnaisse la responsabilité de l’État français.

En quoi ce crime contre l’humanité « franco-français » concerne-t-il un chef d’État étranger ? A quel titre un chef d’État étranger pourrait parler au nom des victimes et de leurs proches ?

Sauf à considérer que les Juifs français sont des citoyens un peu différents, qu’ils ne sont pas tout à fait Français et doivent être représentés par l’État d’Israël… Curieuse vision de notre République que nous présente-là son nouveau Président.

Nous, Juifs français sommes doublement choqués par cette invitation. Non seulement elle fait de nous des citoyens « à part » mais en plus le Président Macron nous fait représenter par le chef d’un État où un citoyen sur cinq n’a pas les mêmes droits que ses quatre compatriotes juifs. Une puissance occupante qui, au mépris des Conventions de Genève et des rappels à l’ordre de l’ONU vole l’eau et la terre des Palestiniens pour y installer des colonies, nie les droits des Palestiniens (enfermement administratif, exécutions extrajudiciaires…) quand il ne les enferme pas dans la cage infernale qu’est devenue Gaza.

Comment, en plus, oser nous faire représenter nous, enfants de la République, par le représentant d’un régime dont le racisme s’affiche ouvertement, assimilant les Palestiniens à des serpents ou appelant au meurtre contre les mères palestiniennes. Un racisme qui s’étend même à ses propres citoyens juifs, orientaux ou venus d’Afrique de l’Est.

L’UJFP dénonce l’invitation de Benyamin Nétanyahou par notre Président. Cette visite est une insulte aux victimes et à leurs proches.

La lutte contre le racisme et pour l’égalité des droits ne se divise pas.

Le Bureau national de l’UJFP, le 9 juillet 2017

L'Union Juive Française pour la Paix proteste contre l'invitation de Nétanyahou aux cérémonies de commémoration du crime franco-français du Vel d'Hiv

Le Parti communiste a déploré samedi la venue du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, aux commémorations du 75e anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv. La commémoration de la rafle, le 16 juillet, "doit envoyer un message fort de paix, et Benjamin Netanyahu n'est pas l'homme de ce message", écrit le Parti communiste dans un communiqué. 

"Ce n'est pas faire honneur aux 13.152 juifs, parmi lesquels plus de 4.000 enfants, que la police de Pétain rafla dans la région parisienne pour les envoyer à la mort et complaire à l'Occupant allemand", ajoute le parti.

"Le Premier ministre israélien dont l'obédience d'extrême droite n'est plus un secret"

"Nul n'a oublié qu'en octobre 2015, le dirigeant israélien avait provoqué une indignation unanime, jusqu'au gouvernement allemand, en affirmant, au mépris de la réalité historique et des faits, qu'Hitler n'(avait) pas souhaité exterminer les juifs", affirme le PCF.

"Le Premier ministre israélien, dont l'obédience d'extrême droite n'est plus un secret pour personne, est un homme de guerres et de violences qui, chaque jour, fait obstacle à la construction d'un processus de paix, juste et durable, entre Israéliens et Palestiniens", poursuit le parti, qui "réprouve l'invitation faite à Benjamin Netanyahu par le président Emmanuel Macron".

Dernière venue en France après les attentats de janvier 2015

La dernière visite du Premier ministre israélien remonte à janvier 2015 quand il avait défilé à Paris aux côtés de plusieurs dirigeants étrangers, à l'invitation du président François Hollande, pour exprimer sa solidarité après une série d'attaques jihadistes ayant visé Charlie Hebdo, des policiers et des juifs.

Le 16 juillet prochain, Emmanuel Macron et son homologue israélien devraient commémorer la rafle du Vel d'Hiv qui a eu lieu les 16 et 17 juillet 1942. Il s'agit de la plus grande arrestation massive de juifs réalisée en France pendant la Seconde guerre mondiale. Au total, plus de 13.000 personnes avaient été arrêtées à Paris et en banlieue pour être déportées.

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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 07:18
Décès d'un ancien dirigeant communiste de Paris, Henri Malberg
Décès d'un ancien dirigeant communiste de Paris, Henri Malberg

On apprend aujourd'hui le décès d'Henri Malberg, ancien dirigeant de la fédération communiste de Paris et membre de la direction nationale, animateur de la société des Lecteurs de L'Humanité, qui est resté jusqu'au bout un militant communiste de conviction, persuadé du rôle que pourrait continuer à jouer le Parti Communiste au service des conquêtes populaires dans l'avenir.  

Avec ses parents, Henri Malberg, juifs polonais, avait échappé de peu à la rafle du Vel d'Hiv. La famille de Malberg se cache pendant toute la guerre et à la Libération, Malberg retrouve son quartier de Belleville où il milite à la JC avec les résistants qui viennent de libérer Paris. 

"Mes camarades du cercle de la JC, qui venaient aux réunions avec encore un revolver dans la poche, racontaient les barricades, on en dénombra 600, et l’entrée de l’armée de Leclerc dans une capitale enfin libre. En même temps que nous parlions politique, nous étions comme tous les jeunes, nous chahutions, nous draguions, nous allions au cinéma, au théâtre, et puis aussi nous nous instruisions. J’avais douze ans lors du Vél’d’Hiv, après je ne suis jamais retourné à l’école. Alors, je peux dire qu’avec les cours d’histoire ou de philo de l’université populaire, la JC a été mon université à moi. » « Avec le recul, je crois que je n’ai pas changé. Je suis toujours le gamin qui a souffert, qui a évité de peu Auschwitz, qui a été ouvrier en usine, qui a découvert l’engagement en politique, qui continue à penser qu’il a fait les bons choix, qui est toujours passionné par la politique, qui dit avoir beaucoup appris, mais qui continue à imaginer que le communisme est un morceau de l’avenir du monde" (Henri Malberg en 2014)

Nous rendons hommage à la vie d'engagement d'Henri Malberg, marquée par l'intelligence, la fidélité, la camaraderie, et l'espoir conservé de l'émancipation humaine.     

Décès d'un ancien dirigeant communiste de Paris, Henri Malberg
La belle aventure d’une vie dédiée à l’émancipation
Un livre à la fête
MERCREDI, 10 SEPTEMBRE, 2014
L'HUMANITÉ
Photo : DR

"Incorrigiblement communiste", d'Henri Malberg, aux éditions de l’Atelier, 203 pages, 16 euros. Entretiens avec Henri Malberg pour une grande traversée critique de son siècle.

«J e ne prétends pas à l’objectivité. Le XXe siècle dont nous héritons pour le meilleur et pour le pire rend l’avenir imprévisible et tout témoignage incertain », affirme Henri Malberg dans le livre d’entretiens avec deux jeunes journalistes, Céline Landreau et Antonin Vabre, que publient les Éditions de l’Atelier. À plus de quatre-vingts étés, celui qui fut membre de la direction nationale du PCF, secrétaire de la fédération parisienne du même parti, responsable de publications communistes et, aujourd’hui encore, animateur de la Société des lectrices et lecteurs de l’Humanité, n’avait pas l’intention de « publier des mémoires ». Pari tenu.

Il préfère évoquer « une très belle aventure (car) travailler à une société meilleure est un très bel objectif de vie », avant de mettre les points sur les i concernant son engagement : « Le communisme fait partie du mouvement en avant qui n’en finira jamais d’être porté par les humains. » Alors, au-delà de quelques touches intimes, quand il raconte par exemple que ses parents, juifs polonais, ont échappé de justesse à la rafle du Vél’d’Hiv, Henri Malberg se retourne sur les grands chambardements de l’histoire qu’il a souvent côtoyés de l’intérieur, si l’on peut dire. Comme l’effondrement de l’URSS, qui résonne encore dans sa mémoire. Mais sans fleurs ni couronnes. « Le système soviétique a résisté, souvent fait des choses merveilleuses et souvent aussi, des choses horribles. Mais il n’a pas réussi à se réformer. Il est resté un système bloqué, aux dirigeants bornés et dogmatiques, sans culture politique vivante… », dit-il. 
 
Quand vient, dans les années soixante-dix, le temps du programme commun de gouvernement en France avec le PS et le MRG, avec « des milliers et des milliers d’adhésions » au PCF sur cette dynamique, puis « l’immense espoir qui s’est télescopé avec la réalité » des divergences de fond entre les deux formations. Cette époque est aussi celle de l’affaire Fiszbin, du nom du premier dirigeant du Parti à Paris, qui agita les communistes français alors. « Il aurait fallu résoudre la question comme nous le faisons aujourd’hui avec une certaine réussite, avancer ensemble, accepter à tel ou tel moment des différences de points de vue stratégiques, et construire en marchant une cohérence choisie à la majorité. » Pour autant, Henri Malberg – et qui le connaît ne s’en étonnera pas – se garde bien de faire la leçon. Même quand il critique, sans nuance, au final, l’arrivée de François Hollande et la porte laissée ouverte au capitalisme brutal, il ne lâche pas le fil de sa pensée. « On ne fera pas bouger la société seulement par le haut, l’État, les institutions, les élections. En même temps, il faut 
que se développe un puissant mouvement, venu d’en bas, du peuple 
lui-même. » Incorrigible. C’est lui 
qui l’a dit. G. R.
Henri Malberg retrouve le logement familial abandonné lors de la rafle du Vél’d’Hiv
La Libération par ceux qui l'ont vécue
GÉRALD ROSSI
MARDI, 12 AOÛT, 2014
L'HUMANITÉ
Albert Facelly pour l'Humanite.

Longtemps conseiller de Paris, président du groupe communiste, Henri Malberg avait échappé de peu à la rafle du Vél’d’Hiv avec ses parents, juifs émigrés de Pologne. De retour dans la capitale libérée, il adhère aux Jeunesses communistes dans son quartier de Belleville.

Autour du camp de Douadic, en 1944, près de la commune du Blanc, dans le département de l’Indre, des fils de fer barbelés marquent les limites à ne pas franchir. Ici, dans de pauvres baraques sont parqués quelques centaines d’étrangers, de juifs, de prostitués, victimes de rafles policières, de consignes pétainistes, de dénonciations… Douadic, entre Poitiers et Châteauroux, est une antichambre des camps de la mort nazis. « Une zone de stockage. » Depuis deux années, le jeune Henri, bientôt quatorze ans, vit là avec son père et sa mère, lui né en France, eux en Pologne. « Nous n’avons pas connu un jour unique de libération , se souvient Henri Malberg, mais depuis l’annonce du débarquement du 6 juin, nous constations que tout se délitait. » Rapidement, les gardiens, tous des Français, n’ont plus rien gardé. Les portes du camp sont restées ouvertes. « Nous avions des informations qui circulaient sur ce qui se passait ailleurs, certains écoutaient Radio Londres, et avec des copains, on suivait aussi l’avancée de l’Armée rouge sur des cartes. Nous étions une poignée de jeunes, les plus grands avaient dix-huit ans, et comme à partir de ce moment, grâce à la Résistance, on pouvait trouver des armes facilement, même dans le camp, nous nous sommes tous armés ; certes, par la suite, aucun d’entre nous n’a jamais tiré un seul coup de feu. Nous aurions pu, car nous avons appris l’arrivée de la sinistre division Das Reich, qui s’était illustrée dans les massacres de Tulle et d’Oradour-sur-Glane. Nous étions prêts à défendre nos parents. » Les soldats passent finalement à 30 kilomètres du camp. Rétrospectivement, Henri Malberg n’a aucun doute, « s’ils avaient débarqué à Douadic, ils nous auraient tous abattus ».

« Quand mes parents, qui portaient l’étoile jaune, ont assisté aux arrestations, ils se sont cachés »

Puis c’est la fin. La fermeture du camp est organisée. « On nous donne des billets de train pour le retour à Paris, dans notre quartier de Belleville », abandonné brutalement après la rafle du Vél’d’Hiv, des 16 et 17 juillet 1942. « Je revois ma mère à cette époque, arrivant essoufflée d’avoir couru dans les rues, et me disant “Henri, Henri, on va partir”. Coup de chance, quand mes parents, qui portaient l’étoile jaune, ont assisté aux arrestations, ils se sont cachés. Plus tard, nous arrivions en zone sud, qui n’était alors pas occupée. Là, mes parents ont trouvé du travail chez un comte et une comtesse qui avaient baptisé leur sixième garçon Philippe, à la gloire du Maréchal. Je me souviens que la comtesse pesait les pommes de terre crues avant épluchage puis après, afin de vérifier que maman n’en avait pas volé une. Mais, en même temps, ces gens nous ont sauvé la vie… Puis une famille de vignerons nous a délivrés de ce servage et nous a offert un merveilleux asile jusqu’à ce que, sans doute à la suite d’une dénonciation, les gendarmes nous conduisent au camp. »

Octobre 1944.

Les retrouvailles avec la capitale ne sont pas faciles. « Nous vivions à l’hôtel, nous n’avions plus de meubles, plus rien à part le petit atelier au fond d’une cour, où mon père travaillait le cuir. » Dans cette rue de Belleville, où en juin 1940 le jeune Henri se souvient « d’avoir vu défiler, comme à la parade, une colonne de camions remplis de soldats allemands faisant leur entrée dans Paris après la capitulation », voilà qu’il rencontre d’anciens copains. « Très vite, l’un d’eux me propose de rejoindre les Jeunesses communistes. J’ai dit oui immédiatement, tellement cela me paraissait naturel. C’est le moment de la bifurcation de ma vie d’enfant vers celle d’adulte. Mes parents, d’honnêtes braves gens, n’étaient pas politisés, mais ils ont été heureux, des années plus tard, quand j’ai été élu conseiller de Paris, président du groupe communiste. »

À l’heure de la Libération, et aujourd’hui encore, Henri Malberg dit combien le touche la phrase du général de Gaulle : « Paris libéré par lui-même », où il voit les couleurs « de l’insurrection avec l’embrasement de la nation. Certes, il y eut la collaboration, la masse du peuple a subi, rongé son frein, mais il s’est soulevé en masse ». Il insiste : « Attention, je n’ai rien d’un héros, je n’étais qu’un gamin dans la tourmente, mais je sais que c’est le peuple parisien qui a libéré la capitale, et j’en mesure depuis tout le sens, l’héritage de la Révolution, de la Commune, du Front populaire… Mes camarades du cercle de la JC, qui venaient aux réunions avec encore un revolver dans la poche, racontaient les barricades, on en dénombra 600, et l’entrée de l’armée de Leclerc dans une capitale enfin libre. En même temps que nous parlions politique, nous étions comme tous les jeunes, nous chahutions, nous draguions, nous allions au cinéma, au théâtre, et puis aussi nous nous instruisions. J’avais douze ans lors du Vél’d’Hiv, après je ne suis jamais retourné à l’école. Alors, je peux dire qu’avec les cours d’histoire ou de philo de l’université populaire, la JC a été mon université à moi. » « Avec le recul, je crois que je n’ai pas changé. Je suis toujours le gamin qui a souffert, qui a évité de peu Auschwitz, qui a été ouvrier en usine, qui a découvert l’engagement en politique, qui continue à penser qu’il a fait les bons choix, qui est toujours passionné par la politique, qui dit avoir beaucoup appris, mais qui continue à imaginer que le communisme est un morceau de l’avenir du monde. » Sans jamais oublier Douadic.

 

Henri Malberg publie à la fin de l’été Incorrigiblement communiste, aux Éditions de l’Atelier. L’ouvrage sera notamment présent à la Fête de l’Humanité. En librairie le 11 septembre.
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