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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 07:35
Compte rendu du voyage en Palestine de l'AFPS Centre-Finistère le mercredi 30 novembre au Run ar Puns à Châteaulin

Evènement à ne pas manquer le mercredi 30 novembre au Run ar Puns à Châteaulin:
 

Compte rendu du voyage en Palestine  (du 10 au 20 octobre 2016)  par la délégation de l'AFPS centre Bretagne.


Projection d'un film suivi d'un débat sur la situation vécue par les palestiniens qui subissent un véritable apartheid de la part du gouvernement israélien et de son armée d'occupation.

Stand AFPS ( Association France Palestine Solidarité)  également sur le marché bio du Run à partir de 16H.

Fraternellement

Noëlle Péoc'h

Compte rendu du voyage en Palestine de l'AFPS Centre-Finistère le mercredi 30 novembre au Run ar Puns à Châteaulin
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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 15:39

L’HUMANITE DIMANCHE

Jeudi 17 novembre 2016

 

Des soignants et des patients en souffrance, des milliers de lits d'hospitalisation et des dizaines de milliers d'emplois supprimés. L'épuisement des personnels est à son comble, allant pour certains jusqu'au suicide. Le 8 novembre, ils étaient dans la rue pour affirmer que l'hôpital ne se gère pas comme une entreprise. Qu'ils n'en peuvent plus de la règle du « compter plutôt que soigner ». La tarification à l'activité, pivot du plan hôpital de 2007, a profondément perverti la mission de l'hôpital public, le sens du soin et celui du travail. Aujourd'hui, la loi santé de Marisol Touraine prolonge la loi Bachelot de 2009 dite « hôpital, patients, santé, territoires ». Elle impose à tous les hôpitaux d'adhérer à des groupements hospitaliers de territoires (GHT), qui mettent les établissements publics de santé en concurrence. Avec les mesures du plan triennal de 3 milliards d'économies et 22 000 suppressions de postes, cela signe le parachèvement du démantèlement du service public hospitalier. Alors, peut-on encore sauver l'hôpital public ? Oui, disent soignants, professionnels, syndicalistes et chercheurs.

 

Quatre pistes pour inverser la donne.

 

En finir avec la tarification à l'activité

En distinguant les activités de soin rentables des autres, la tarification à l'activité ­ T2A ­, mise en place progressivement depuis 2003, impose une logique de résultats et non de moyens, ni de besoins : les recettes issues des activités déterminent les dépenses et pas l'inverse. La T2A a profondément modifié l'ADN des missions de l'hôpital public, la vie des patients et celle des soignants, ainsi que le sens et les conditions de leur travail.

« Aujourd'hui, le critère, ce n'est plus de savoir si les patients vont bien, mais la durée moyenne de séjour (DMS) : le plus de patients dans le moins de temps possible », déplore Philippe Pellegrini, infirmier en psychiatrie au CHU de Nice et membre des commissions paritaires locale et départementale. « Il faut vraiment en finir avec cette logique comptable où l'on gère à la chaîne pour faire des recettes. La santé n'est pas une charge. L'accueil et le soin du patient doivent être notre seule boussole. »

La T2A pose non seulement des questions éthiques, mais elle altère aussi les conditions de travail. « La logique turbo gestionnaire alourdit la charge mentale du travail, démolit l'esprit d'équipe et détériore l'ambiance sociale », observe Frédéric Pierru, sociologue au CNRS, spécialiste des questions de santé. Autre effet pervers de la T2A, le conflit d'intérêts qu'elle introduit entre la Sécurité sociale et les établissements de santé. Ces derniers multiplient l'activité pour faire des recettes, sauf que ces recettes dépendent de la Sécurité sociale.

Aujourd'hui, alors que 17 millions de personnes sont atteintes de maladie chronique en France, ni la T2A ni la rémunération à l'acte ne sont adaptées lorsque le traitement des patients nécessite une médecine intégrant l'ensemble des thérapies liées à la maladie. « Ces dispositifs ne sont pas pertinents, car plus de 60 % des dépenses de la Sécurité sociale concernent les affections de longue durée. Le médecin seul ne peut prendre en charge le patient, la prise en charge doit se faire de façon coordonnée », explique Christophe Prudhomme, médecin urgentiste à l'hôpital Avicenne (93), membre de la CGT.

 

Repenser la médecine de ville

Le destin de l'hôpital se joue beaucoup hors de ses murs, car le problème se trouve « dans la désorganisation de la médecine de ville et l'insuffisance des lits d'aval », souligne Frédéric Pierru. Avec comme conséquence un transfert d'activité de la ville vers l'hôpital. Chaque année, le nombre de passages aux urgences augmente de 3 à 5 %. Les patients y viennent par défaut, car ils ne trouvent pas de médecin de ville. Une médecine mieux organisée, de prox i m ité, avec une meilleure répartition des médecins, généralistes et spécialistes sur le territoire, ainsi qu'une continuité du service, notamment des gardes, soulageraient considérablement les services hospitaliers, qui pourraient alors se consacrer à leur mission première. Cela suppose d'aménager les principes et les statuts de la médecine libérale, dont la liberté d'installation, qui doit être « déterminée en fonction des besoins sur le territoire », propose Philippe Pellegrini, du CHU de Nice. Les Alpes-Maritimes sont bien dotées en nombre de médecins, sauf qu'ils sont pour la plupart installés sur la Côte, le haut pays étant déserté. « Les médecins sont des salariés indirects de la Sécurité sociale. Ils devraient s'installer dans le lieu défini par le payeur pour pouvoir être conventionnés. Ce système existe déjà pour les infirmiers, les pharmaciens. Pourquoi pas eux ? » estime Christophe Prudhomme. Les deux tiers de la population souhaitent une régulation de l'installation des médecins, constate-til. « Un centre de santé rattaché à un hôpital, une collectivité ou une structure sur le mode coopératif permet le rassemblement de professionnels de santé » (lire encadré).

En matière de rémunération, la piste la plus souvent défendue est celle d'une rémunération contractualisée sur la base d'objectifs de santé publique et non plus d'objectifs financiers. Cela aurait pour effet notable de réguler les dépassements d'honoraires. Le professeur André Grimaldi, du CHU la PitiéSalpêtrière (Paris), défend aussi l'idée d'une « revalorisation des tarifs conventionnés et d'un plafonnement des dépassements dont le franchissement entraînerait le déconventionnement ». Lorsqu'ils exercent en groupe dans une structure gérée par le service public, « les médecins devraient être payés sur la base de forfaits », indique Christophe Prudhomme, qui constate que bon nombre de jeunes médecins n'adhèrent plus à la rémunération à l'acte dans un cabinet qu'ils doivent gérer comme une petite entreprise individuelle. Ainsi, dans les quartiers populaires du 3e arrondissement de Marseille, l'hôpital psychiatrique vient de créer un centre de santé généraliste avec des médecins qui refusent la rémunération à l'acte. « Lorsqu'on passe une convention avec la Sécurité sociale et avec les autorités sanitaires pour des forfaits de prise en charge, ça fonctionne », assure le médecin urgentiste.

Autre souci, cette fâcheuse tendance pour certains médecins hospitaliers d'exercer une activité privée lucrative au sein de l'hôpital public. La CGT réclame la fin des autorisations de cette pratique, « qui crée d'insupportables inégalités et génère de graves dérives ».

 

Valoriser le travail des soignants

Renforcer les effectifs, valoriser le travail par de meilleures rémunérations, s'impliquer dans un projet d'équipe, tout cela était au coeur des revendications, le 8 novembre. Candice Julou, aide-soignante au CH de Grasse, témoigne : « Nous sommes à flux tendus depuis qu'ils ont mis en place le "bed management", une nouvelle gestion des lits avec des "procédures dégradées". Résultat : au lieu de faire marcher deux fois par jour le patient, on ne le fera plus qu'une fois. » Pour elle, le système de trois équipes de 8 heures (plutôt que deux de 12 heures actuellement) garantit un meilleur soin. Il permet aussi « d'avoir des temps de relève, des réunions d'équipe, des échanges avec les collègues ». Afin de réduire les RTT, sa direction a supprimé les réunions interéquipes. Elle a stoppé dans le même temps les remplacements d'été et le paiement des heures supplémentaires. Mais celles-ci, stockées dans un compte épargne temps, s'accumulent notamment en raison des arrêts maladie. « On ne fait que déplacer et reculer le problème ! » s'indigne l'aide-soignante, qui, avec la CGT, réclame un pool de remplacements. Mais aussi des augmentations de salaire. « Avec 1 300 euros de salaire en moyenne, un certain nombre de collègues font des extras dans des maisons de retraite. C'est difficile alors de les mobiliser pour renoncer au système des 12 heures. Notre point d'indice a augmenté de 0,6 %. On ne s'en est même pas rendu compte sur les fiches de paie ! » Candice Julou et ses collègues auraient souhaité avoir leur mot à dire dans l'organisation. Elles regrettent que les pouvoirs de décision soient éloignés de leur cadre de travail.

Ce sentiment est partagé par Philippe Pellegrini, également élu aux commissions paritaires : « Ceux qui étaient proches du terrain, qui ont le point de vue médical, ont moins de pouvoir décisionnaire. Le pouvoir est aux agences régionales de santé. L'administration vit ailleurs, elle n'est pas confrontée à nos problèmes. Il faut ramener les centres de décision au sein de l'hôpital. Dans un cadre démocratique. »

 

Réviser le numerus clausus

Instauré en 1971, le numerus clausus est fixé chaque année par le gouvernement. Il détermine le nombre d'étudiants pouvant être admis en deuxième année de médecine. Un système qui montre ses limites aujourd'hui, avec une pénurie de médecins, notamment dans les banlieues et en campagne, et un nombre important de départs à la retraite de médecins généralistes d'ici dix ans. Il faut aujourd'hui « trouver un autre mode d'entrée dans la profession. Le numerus clausus déforme la pyramide d'âge. Désormais, les étudiants partent ailleurs faire leurs études. Un quart des nouveaux médecins ont fait leurs études à l'étranger ! » avance Christophe Prudhomme.

Un statut d'étudiant de santé salarié sous contrat avec engagement de service pourrait être instauré, préconise la CGT santé. Sa rémunération serait valorisée s'il s'engage dans des territoires prioritaires.

L'idée d'universités de santé fait du chemin, comme le préconise l'OMS : « Pour travailler ensemble, les professionnels de santé doivent bénéficier de bases communes de formation. » L'ensemble des formations aux métiers de la santé devraient figurer dans le cursus universitaire, propose la CGT santé. Ce qui permettrait des passerelles et aiderait, du même coup, à valoriser statuts et salaires.

Une chose est sûre, on ne peut pas continuer à former les cadres de l'hôpital comme des managers. À l'école des cadres, témoigne Philippe Pellegrini, on leur apprend à oublier leur métier de soignants. On leur dit « vous êtes avant tout des managers ».

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 15:37

LA CHRONIQUE DE JEAN-CHRISTOPHE LE DUIGOU (*)

L’HUMANITE DIMANCHE

Jeudi 10 novembre 2016

 

 

«Le Figaro » se faisait récemment l'écho de l'inquiétude des candidats de droite pour appliquer un programme de recul social, au lendemain de l'élection présidentielle, face à l'obstacle que pourrait représenter l'action des syndicats. Si l'on en croit le journaliste du quotidien des droites, la longue bataille menée depuis le printemps contre la mise en œuvre de la loi travail « les ferait réfléchir ». Il faut dire que les programmes de ces candidats convergent sur nombre d'objectifs qui ont de quoi susciter le rejet : dégressivité des allocations chômage, mise en cause des 35 heures, suppression de centaines de milliers d'emplois dans les services publics, recul de l'âge de la retraite... Alors ces candidats de droite s'inquiètent et se préparent. Mais il s'agit moins pour eux d'atténuer le contenu dangereux de leurs projets que d'essayer de limiter un peu plus le pouvoir des syndicats, à l'instar de ce qu'avait réalisé Mme Thatcher, en Grande-Bretagne, il y a trente ans.

Juppé, Sarkozy, Fillon, Le Maire, Copé ont donné le « la », contestant la légitimité des syndicats. Nicolas Sarkozy a dénoncé « la démarche politique des syndicats ». Alain Juppé s'est déclaré prêt à affronter « des syndicats minoritaires et politisés ». Nathalie Kosciusko-Morizet en est venue à contester le droit de grève, assimilé à « une opération de blocage ». François Fillon est allé jusqu'à mettre en cause « le caractère démocratique de l'action de la centrale de M. Martinez ».

Pourtant, question légitimité, ces leaders de droite oublient que tous les partis de droite réunis comptent beaucoup moins d'adhérents que chacune des trois grandes centrales syndicales, CGT, CFDT ou FO.

Propos de campagne, pourrait-on alors penser ? Malheureusement ce n'est pas si sûr, tant est forte la volonté de réduire la capacité d'action des syndicats. Et de prôner, entre autres, dans leurs programmes, le « recentrage du Code du travail », le « développement des référendums d'entreprise », la « réduction des instances représentatives du personnel ». Mais la clé du projet de la droite est bien la « subsidiarité en matière d'accords collectifs », c'est-à-dire la mise en cause de la hiérarchie des normes sociales.

Le débat sur la place de la hiérarchie des normes sociales porte en fait l'enjeu des solidarités au sein du monde du travail. Face à des révoltes sociales balkanisées, le syndicalisme confédéré est né d'un élargissement progressif des protections du travail, de l'entreprise à la branche et à la globalité du salariat. Ainsi, grâce à ce principe, 97 % de la France au travail bénéficient aujourd'hui de garanties collectives de bon niveau. La droite, mais peut-être aussi une partie de la gauche, voudrait limiter l'action syndicale au

Cela ne peut que plaire au patronat, pour qui le contrat collectif d'entreprise pourrait systématiquement déroger à la loi ou au règlement. On remarquera qu'avec cette principale proposition, la droite ne fait que s'engouffrer, en l'élargissant et la systématisant, dans la brèche ouverte par la récente « loi travail ». Ce qui est bien, a posteriori, la confirmation que cette loi est dangereuse et que la majorité des syndicats ont eu raison de la combattre. Reste que le gouvernement actuel a ouvert la voie. La leçon est claire. Limiter l'expression des solidarités, c'est donner un peu plus d'espace à la logique de la rentabilité. Ce n'est certainement pas la direction à emprunter.

 

(*) Économiste et syndicaliste

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 08:31

François Fillon, en pole position pour être candidat de la droite : victoire du candidat de l'extrême-droite des "Républicains"

 

Primaires de la droite :

4 millions de votants (pour un peu moins de 200 000 adhérents de l'UMP): un succès de participation...

François Fillon : 44,2 %

Alain Juppé : 28,4 %

Nicolas Sarkozy : 20,7 %

Nathalie Kosciusko- Morizet : 2,6 %

Bruno Le Maire ; 2,4 %

Jean-Fréderic Poisson : 1,5 %

Jean-François Copé : 0, 3 %

 

Primaire à droite. François Fillon: un ras-de-marée dans l'Ouest
http://www.ouest-france.fr/elections/presidentielle/primaire-droite/primaire-droite-francois-fillon-un-ras-de-maree-dans-l-ouest-4624382

Morlaix. Primaire à droite : Fillon largement en tête
http://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix/morlaix-primaire-a-droite-fillon-largement-en-tete-20-11-2016-11299487.php#JauY8VSGyUPOLcGX.99

 

L'électorat de droite a fait le choix d'une ligne ultra-droitière pour la bataille des présidentielles et la politique qui serait conduite dans les 5 ans à venir... Plus rien à voir avec les valeurs du catholicisme social ou du gaullisme. La droite à l'anglo-saxonne sans gant de velours, la droite qui tient la cravache et le fouet...

Certains retiennent l'élimination de Sarkozy du second tour des Primaires et son retrait de la vie politique. On ne peut que s'en réjouir en effet tant le bilan de son quinquennat était calamiteux et tant le personnage est connu comme cynique, vulgaire moralement, malhonnête, brutal, prêt à toutes les instrumentalisations.

Agnès Le Brun tente de camoufler dans le Télégramme du jour la défaite politique que représente pour elle les 17,5 % réalisés par Sarkozy, son champion dont elle était la porte-parole sur les questions d'éducation, à Morlaix (contre 45 % à Fillon, 31 % à Juppé) en parlant d'un rejet contre la personne et non contre le programme, se positionnant ainsi à droite toute derrière Fillon dans les nouvelles conditions du second tour pour essayer de peser quelque chose face à son rival de droite pour l'investiture des législatives, Maël de Calan, porte-parole de Juppé qui se voyait déjà sur les rails d'une grande carrière politique et qui doit être très déçu lui aussi.

« Pour moi, c'est forcément décevant de voir Nicolas Sarkozy finir troisième. C'est clairement un rejet de la personne car il avait un excellent programme. C'est difficile mais c'est un exercice démocratique qu'il faut respecter. Je remarque d'ailleurs que les électeurs se sont déplacés en masse. Cela dénote une vraie soif de démocratie et d'alternance, ainsi qu'une vraie volonté de voir partir François Hollande. Pour le deuxième tour, je voterai François Fillon. Il est de la même famille que Nicolas Sarkozy, celle qui rejette l'eau tiède et veut un programme fort et tranché ».

C'est on ne peut plus clair !

Fillon est un candidat sans véritable charisme, qui appartient très manifestement à la grande bourgeoisie et qui représente ouvertement ses intérêts.

C'est un candidat ultra-libéral qui se revendique ouvertement de l'héritage de Margaret Thatcher, propose de supprimer l'ISF, veut réduire de 110 milliards les dépenses publiques, supprimer 500 000 ou 600 000 postes de fonctionnaires, augmenter le taux de TVA de deux points, baisser l'impôt sur les sociétés, imposer de nouveaux allégements de charges sur les entreprises allant plus loin que le CICE, mettre au pas les syndicats en supprimant leurs "monopoles", allonger l'âge de départ minimal à la retraite à 65 ans, faire revenir le temps "normal" de travail à 39 heures tout en permettant aux entreprises de négocier pour faire travailler leurs salariés jusqu'au plafond européen de 48 heures.

Fillon était aussi le candidat de la Manif pour tous, des cathos intégristes, et de la droite ultra-conservatrice sur le plan des mœurs, partisane de la restauration d'un« ordre moral » indexé sur une prétendue nature et sur les valeurs chrétiennes traditionnelles. C'est aussi le candidat de la « fierté française », du refus de toute repentance vis-à-vis de l'esclavage, du colonialisme et de ses guerres, de la thématique identitaire, de la suprématie blanche et du révisionnisme historique.

En matière d'immigration, d'accueil des réfugiés, Fillon défend des positions de fermeture proches là aussi de l'extrême-droite.

En matière internationale, Fillon, comme Trump, est partisan d'une prétendue realpolitik d'un rapprochement avec la Russie qui soutient les mouvements d'extrême-droite, et avec Bachar-al-Assad, dont l'armée et les services de renseignement ont des pratiques dignes des nazis pour faire la guerre au peuple syrien.

Aujourd'hui, on ne peut qu'être très inquiet, si la victoire de Fillon se confirme au second tour des primaires de la droite, ce qui paraît inéluctable compte tenu de son avance, du soutien de Sarkozy, et du désengagement d'une partie des électeurs de centre-gauche qui ont voulu faire barrage à Sarkozy, sur l'issue d'un éventuel second tour entre François Fillon, ce représentant assumé de l'oligarchie et de la grande bourgeoisie, prêt à casser ce qu'il reste de conquêtes sociales et civilisationnelles en France, très minoritaire dans ses positionnements sociétaux inspirés par l’extrémisme de la droite chrétienne conservatrice, et Marine Le Pen, dont le programme apparaîtra, sinon plus à gauche, sur un plan économique et social, du moins moins défavorable aux intérêts des classes moyennes et populaires.

Qui aurait voter dans le peuple, chez les ouvriers et les employés, pour un esclavagiste pour faire barrage au Front National dans un réflexe de "front républicain" quand Marine Le Pen se réclame désormais elle aussi des valeurs républicaines en surface et apparaît beaucoup moins ultra-libérale que le candidat de droite?  

Juppé candidat de la droite et présent au second tour aurait eu à notre sens beaucoup plus de chance de battre largement Marine Le Pen en bénéficiant d'une partie du vote de l'électorat de gauche. Pour Fillon, les choses seraient bien moins facile.

En tout cas, il y a un impératif démocratique et social fondamental à tout mettre en œuvre parmi les gens et les dirigeants et les forces politiques attachés à une certaine idée de la France fondée sur l'égalité, la liberté, la fraternité, pour rendre possible l'accession d'un candidat de gauche au second tour afin d'éviter le scénario catastrophe hautement probable d'un second tour des présidentielles entre la droite extrême et l'extrême-droite.

Cela demande un esprit de responsabilité de la part des uns et des autres. Cela demande aussi que les socialistes comprennent qu'ils ne peuvent plus s'appuyer sur Valls et Hollande, et encore moins sur Macron, car c'est cette pseudo politique de gauche libérale autoritaire, présidentialiste monarchiste, sans le moindre cap de progrès social et de combat contre les féodalités économiques, qui nous conduit aujourd'hui au bord de l'abîme.

En tout cas, même si l'on peut avoir des doutes sur la capacité à réduire le nombre de candidats à gauche et à trouver et construire une candidature de gauche suffisamment collective et rassembleuse pour faire plus de 25 ou 30 % au second tour, nous sommes dans l'obligation morale aujourd'hui, au regard des valeurs auxquels nous sommes attachés, de tout mettre en œuvre pour éviter la catastrophe qui s'annonce.

Ismaël Dupont.

 

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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 20:19
Patrice Bessac, maire PCF-Front de Gauche de Montreuil, et nouveau président de l'ANECR

Patrice Bessac, maire PCF-Front de Gauche de Montreuil, et nouveau président de l'ANECR

Patrice Bessac. "Nous sommes, avec 7500 élus, une force considérable"
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR JULIA HAMLAOUI
DIMANCHE, 20 NOVEMBRE, 2016
L'HUMANITE

Patrice Bessac, 38 ans, maire de Montreuil (Seine-Saint-Denis) a été élu président de l’Association nationale des élus communistes et républicains qui tenait son congrès à Saint-Etienne (Loire) ce week-end. Il prend la suite du maire de Champigny (Val-de-Marne), Dominique Adenot.

Vous avez été élu à la tête de l’Anecr dimanche matin, lors de son congrès, comment envisagez-vous le rôle des élus communistes et républicains dans la période à venir ?
Patrice Bessac. D’abord, cela a été un congrès très réussi. L’Anecr doit être la maison commune de tous les élus communistes et partenaires mais elle doit particulièrement s’attacher à fournir aux élus minoritaires dans leur conseil les outils pour mener le combat d’idée. Car les élus minoritaires d’aujourd’hui, sont les élus majoritaires de demain. Ils ont besoin d’une association à l’offensive, d’un réseau d’actions et de partage d’expériences. Ensuite, dans un contexte marqué par le risque d’une prise de pouvoir de l’extrême-droite dans notre pays, par les difficultés à venir aux élections présidentielle et législatives, nous sommes, avec 7500 élus, une force considérable. Nous serons, après 2017, un élément essentiel de la stratégie de reconquête, de reconstruction à gauche.
 
Vous avez été élu au sein d’une équipe fortement renouvelée, qu’est-ce qui la caractérise et quels seront ses objectifs ?
Patrice Bessac. Je remercie Dominique Adenot et l’équipe précédente qui ont décidé de donner notamment aux élus de 2014 de nouvelles responsabilités. Notre équipe de jeunes et de moins jeunes a pour caractéristique commune d’être volontaire, d’avoir envie d’apporter des moyens, de la formation, des propositions pour permettre aux élus de mener le combat qui s’ouvre. Nous avons conscience qu’aujourd’hui la France est fracturée, qu’une partie du monde rural et périurbain décroche. Nous sommes donc très déterminés à poser la question de l’avenir de la France aussi bien dans les grands centres urbains que dans les zones rurales et périurbaines.
 
Votre congrès a lancé une campagne intitulée « Commune debout », en quoi consiste-t-elle ?
Patrice Bessac. Cette campagne c’est la volonté de préserver cet outil démocratique que sont les communes face à la tentation d’une technocratisation qui éloigne les citoyens des centres de décisions. Et qui vise à briser l’une des originalités de la France : son réseau de communes qui forme la première cellule de la vie démocratique. Donc nous allons, aussi bien en zone urbaine que rurale, poursuivre cette campagne et dans quelques semaines notre Conseil national, à partir de nos travaux du week-end, annoncera un dispositif de travail et de premières lignes d’actions politiques.
 
Cette campagne est-elle connectée aux mobilisations, qu’avec d’autres, vous avez menées contre les restrictions budgétaires imposées aux collectivités ? 
Patrice Bessac. La bataille pour les moyens des collectivités territoriales ne fait que commencer. Le programme de la droite promet près de 100 milliards d’euros d’économie sur le service public dont près d’un tiers imputé aux collectivités. C’est la double peine : après la politique désastreuse de François Hollande, la droite nous promet la même chose en pire. C’est donc un combat qui débute et qui, au-delà même des élus communistes et Front de gauche, devra s’ancrer dans tout le pays car à travers les moyens des communes c’est la question du devenir du service public local qui est posé.
 
Le congrès a également adopté deux adresses, l’une destinée aux élus, l’autre aux citoyens. Quels en sont les messages ?
Patrice Bessac. Le premier, et finalement le message le plus important, c’est la volonté de connecter l’action des élus communistes et partenaires à la démocratie locale, à la vie de nos concitoyens. Pour y parvenir, il faut rétablir de la confiance, aller au devant de nos compatriotes. C’est ce que les élus de l’Anecr ont voulu faire en disant qu’ils ne laisseront pas la France se donner à Marine Le Pen. Qu’ils entendent faire leur devoir et mettre en œuvre tous les actes qui permettront d’éviter la catastrophe annoncée que ce soit en 2017, en 2020 ou en  2022. Ce sont des élus debout qui étaient réunis en congrès ce week-end.
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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 18:08

Maintenant que le Conseil Municipal peut être revu en vidéo, nous avons un outil de connaissance large par tous les citoyens des débats municipaux, et ce conseil municipal a donné lieu à plusieurs échanges intéressants entre l'opposition de gauche et la majorité d'Agnès Le Brun. 

Je me limiterai ici à reprendre mes interventions en invitant les lecteurs du "Chiffon Rouge" à aller voir tout le Conseil Municipal du jeudi 17 novembre sur la vidéo mise en ligne par la Mairie aujourd'hui. 

Interventions d'Ismaël Dupont, conseiller municipal d'opposition (PCF-Front de Gauche) au Conseil Municipal de Morlaix du 17 novembre 2016: 

- 1. Je suis intervenu d'abord par rapport au rapport d'activité de Morlaix Communauté 2015:

8 minutes 54 de la vidéo du conseil municipal 

" En disant que ce rapport d'activité était un document tout à fait intéressant qui témoignait d'un travail certain de la Communauté, notamment dans le domaine du logement, de la réhabilitation des logements sociaux, tout particulièrement à Morlaix, et de la construction du Plan Local Intercommunal pour l'Habitat et l'Urbanisme, mais aussi sur des dossiers importants tels que les déchets. 

Ceci dit, ce document montre aussi qu'il y a des vides, des angles morts dans les politiques communautaires, et que Morlaix-Communauté devrait davantage jouer un rôle de coordination des efforts communaux sur certains sujets comme, dans la cohésion sociale, le soutien à l'ORPAM (l'office des Retraités et Personnes âgées de Morlaix) dont bon nombre d'adhérents ne sont pas morlaisiens, mais aussi le financement d'un local pour des organisations syndicales qui n'en ont pas comme Solidaires ou pour des associations déployant une activité forte pour la lutte contre la précarité comme les Utopistes en Action qui ont besoin d'un soutien public pour pouvoir déployer leurs activités de friperie et de soutien humanitaire aux migrants. 

J'ai pointé la maigreur du soutien à la culture bretonne par rapport à l'ensemble des financements culturels (3800€ en 2015) et le problème persistant, faute de solution trouvée au niveau inter-communal, de l'accès des élèves des classes bilingues à l'école publique maternelle et primaire qui ne résident pas dans la commune où ils sont scolarisés à des tarifs de restauration et de garderie corrects. 

J'ai rappelé aussi que sur un sujet aussi essentiel que les transports, il y avait un manque d'ambition collective, de débat ouvert et transparent sur les différentes possibilités en Commission et en Conseil Communautaire sur le choix de gestion (DSP ou Régie publique, lors du renouvellement ou non des contrats en 2017, la décision doit être prise en décembre), sur les choix tarifaires (contre l'augmentation des tarifs de transport, pour l'expérimentation de la gratuité), sur le schéma de transport avec un refus pour l'instant de construire un réseau péri-urbain qui soit vraiment adapté aux besoins et aux enjeux d'avenir. J'ai regretté que le Conseil Communautaire ait fait le choix de renoncer à une dette de 225 000€ de Kéolis qui avait compté deux fois les compensations tarifaires liés aux tarifs sociaux, et j'ai pointé l'inefficacité du dispositif de transport à la demande Flexo, qui coûte cher et compte peu d'usagers. 

En revanche, j'ai remarqué que certains équipements communautaires montaient en puissance comme l'auberge de jeunesse".     

- A 53 minutes sur la vidéo du Conseil Municipal 2. Par rapport au débat d'Orientation Budgétaire pour le budget 2017, je suis intervenu de la sorte: 

" On ne peut se féliciter de la division par deux de la baisse initialement prévue des dotations au bloc communal annoncé comme une largesse pré-électorale par François Hollande au 99e congrès des maires de France, la baisse des dotations étant finalement limitée à 1 milliards d'euros en 2017 pour le bloc communal, au lieu des 2,1 milliards d'euros prévus d'abord. L'arbre ne doit pas cacher la forêt, surtout quand elle est en feu. Les communes sont privées de marge de manoeuvre pour répondre aux besoins sociaux, les investissements publics ont chuté de 15% entre 2015 et 2016. Depuis 2013, c'est 28 milliards d'euros en tout qui ont été retirés aux collectivités locales, alors qu'entre 2008 et 2012 les dotations avaient été gelées. En tout, les dotations aux collectivités locales ont été amputées de 25% en 4 ans, s'élevant cette année à 30 milliards au lieu de 41,5 milliards en 2013. Pour Morlaix, la dotation annuelle a diminué de 1,1 million d'euros entre 2014 et 2017. Cela représente un manque à gagner cumulé sur 3 ans de 2, 5 millions d'euros (ce qu'on aurait touché si la dotation était resté au niveau de 2014). 

Ces mesures n'ont pas réduit la dette de la France, elles sont le produit de choix idéologiques, n'en déplaise à certains, et on comprend qu'on les taise car plusieurs élus présents et dirigeants politiques ici défendent à travers leurs partis cette politique libérale. On choisit de prendre des milliards aux collectivités, aux services publics, à la protection sociale, de donner, à l'inverse, 40 milliards au patronat dans le cadre du CICE, sans effet significatif sur l'emploi, et d'affecter le budget national à d'autres dépenses plus que discutables comme la modernisation de la force de frappe atomique qui va nous coûter plusieurs milliards encore, alors que c'est un choix mortifère qui contrevient à nos engagements internationaux. 

Sur le projet de budget de la majorité, s'il faut se féliciter évidemment de la réduction de 1% du taux d'imposition, qui ne correspond pas, contrairement à ce qui est écrit dans le document à une baisse de la fiscalité, puisque le volume global des impôts locaux pour nos concitoyens ne va pas diminuer, en raison de l'évolution à la hausse des bases d'imposition, et le produit des impôts locaux collecté par la ville va augmenter dans la prospective de 20 000€.

Nous avons des inquiétudes par rapport au personnel compte tenu de l'objectif affiché de réduire les charges de fonctionnement de 2,2% par an, surtout quand on pointe l'absentéisme (quand il s'agit de maladie, de compte épargne-temps), de recommandations de la cour des comptes en matière de temps de travail, de réforme du régime indemnitaire. Les personnels, dont les conditions de travail ne sont déjà pas simples, ne doivent pas payer le prix de l'austérité. 

Inquiétude aussi par rapport au soutien aux associations. Par exemple, en Commission Culture, le projet de renouvellement de Convention avec la Salamandre a été étudié, et les ajouts introduits par la majorité à la convention prévoient de suspendre la subvention de 15 000€ le jour du déménagement de La Salamandre vers la Manufacture des Tabacs, alors que cette subvention ne prend en charge que les coûts de la programmation cinématographique et des personnels, qui restent à charge même en cas de déménagement à la Manu.      

Inquiétude sur le soutien aux familles quand on voit que la réforme du mode de réservation dans les cantines des écoles publiques a conduit à transférer la charge du coût des repas non consommés de la ville vers les familles et que les déchets alimentaires, contrairement à ce qui a été dit, ont augmenté avec le passage au Menu Unique. 

Inquiétude par rapport au manque d'investissement pour faire face aux besoins des habitants de la commune... et à l'avenir de Morlaix, qui est en grande difficulté. Une ville qui emprunte ne creuse pas sa tombe mais construit les conditions de son développement. Le Pôle Petite Enfance, par exemple, a été un investissement amorti sur la durée et qui a proposé des nouveaux services indispensables aux familles de Morlaix.

Autant je partage l'option de réduire le taux d'imposition des ménages, autant j'ai des inquiétudes sur les répercussions de la maîtrise des charges de fonctionnement sur le personnel, les associations, les familles, et de l'austérité sur les besoins d'investissement d'avenir pour la ville".  

1h18 - Clin d'oeil à un évènement de triste mémoire: Je m'étonne qu'on n'évacue pas le Conseil Municipal après les applaudissements nourris de la majorité pour madame le Maire."Humour mal placé" répond Agnès Le Brun. 

"Je ne justifie pas la cure d'austérité à Brest, mais la baisse des dotations de l'Etat est un choix politique et idéologique que vous faîtes, les uns et les autres, tout en prétendant n'adopter qu'une posture gestionnaire face à la dette nationale, qui a forcément des conséquences pour les collectivités, différentes en fonction de leur taille et du niveau de prestations qu'elles offrent".     

3- Je suis intervenu pour répondre à Marie Simon Gallouedec quand dans son intervention sur la subvention à Coallia elle a mis en cause les personnes et associations qui aidaient les migrants de manière contre-productive et anarchique selon elle alors qu'il y avait des professionnels pour cela.

1h31: Je m'inscrits en faux contre ce que tu viens de dire Marie dans la mesure où la plupart des demandeurs d'asile, quand ils vont à Coallia, on leur demande de signer un document de décharge comme quoi ils s'engagent à ne pas demander de logement sur le Finistère car il n'y en a pas dans le Finistère même si c'est leur droit. Sans les collectifs et aux citoyens solidaires des migrants et des réfugiés, sans leur travail d'assistance et de conseil de qualité, les migrants seraient dans une détresse plus noire encore. Les insuffisances de la politique de l'Etat rendent tout à fait nécessaires l'engagement des personnes solidaires et des associations auprès des migrants, engagement coûteux en énergie, en temps et en argent qu'il faut saluer car la plupart des migrants sont complètement abandonnés par les autorités. La panacée, bien sûr, ce n'est pas l'engagement solidaire et à fond perdu des individus, c'est que l'Etat respecte ses engagements en terme de droits des demandeurs d'asiles, de droit d'asile, ce qui n'est pas du tout le cas aujourd'hui".   

 4- Présentation du voeu voté à l'unanimité du Conseil Municipal à mon initiative et à celle de l'opposition: "En gare de Morlaix, la modernité, c'est aussi des agents et des trains!"

1h44

 

 

Interventions d'Ismaël Dupont, conseiller municipal du Front de Gauche, au Conseil Municipal de Morlaix du 17 novembre (et vidéo du Conseil)
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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 16:15

Communiqué du Collectif National d'Ensemble - 20 novembre 2016 

Concernant les échéances électorales de 2017, du fait de l’absence de consensus, une consultation s'est faite autour de trois positions soumises à la discussion des membres d'Ensemble  : 

position 1 : 29,96 %
position 2 : 25,56 %
position 3 : 42,46 %
Abstention : 2,03 %

(Le contenu des positions est disponible ici :
https://www.ensemble-fdg.org/content/propositions-dorientations-soumises-au-vote-des-adherent-es)

Considérant les points majoritairement exprimés dans le vote des collectifs locaux : 
- Ensemble ! appelle à soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon.
- Ensemble ! fera campagne dans un cadre commun, large et pluraliste, intégrant toutes les forces qui soutiennent cette candidature. 
- Ensemble ! fera cette proposition notamment à France Insoumise, Front Commun et, s'ils décident de soutenir Jean-Luc Mélenchon, au PCF et à des courants écologistes. 
- Ensemble ! se battra pour construire des candidatures unitaires aux législatives partout où c'est possible rassemblant France Insoumise, le PCF, EELV, des socialistes en rupture, le NPA, des forces sociales, des groupes citoyens… qui s'opposent à la droite et à l'extrême-droite.et qui veulent une politique de gauche en opposition à la politique du gouvernement Hollande. Nous chercherons à éviter la division mortifère de la gauche de transformation sociale et écologiste. 
- Ensemble ! poursuit une démarche de rassemblement unitaire et citoyen, notamment dans le cadre de l'appel des 100.

- Ensemble développera un projet politique en insistant sur le rôle primordial du mouvement populaire pour changer la société et sur les ruptures nécessaires avec le système capitaliste.

A l’issue de cette phase de débat qui a traversé notre mouvement sur les échéances de 2017, il est essentiel de se rassembler pour développer ces objectifs, ce qui implique également de respecter la position des camarades qui ne partagent pas ce choix concernant l'élection présidentielle.
Le prochain collectif national qui se réunira début 2017 fera le point sur les avancées de ces différents objectifs.

 

 

 

Après son débat interne, Ensemble décide de soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon sans participation nationale au Mouvement France Insoumise et en plaidant pour un effort de rassemblement pluraliste de la gauche alternative: communiqué du collectif national d'Ensemble

Les adhérent-es d'Ensemble étaient appelé-es à donner leur avis sur l'orientation du mouvement pour la présidentielle de 2017 ainsi que sur les législatives. Le vote se déroule jusqu'au 18 novembre, avant q'un Collectif national n'en tire les conculsions.

Voici les 3 propositions qui étaient soumises au vote.

PROPOSITION 1

Présentation :

Pour sortir de la paralysie, agissons ensemble et engageons une campagne commune avec Jean Luc Mélenchon. 

Les raisons de notre soutien à la candidature de JLM :

- Elles tiennent d'abord à la conscience des enjeux. Il s'agit, face à la droite et l’extrême droite, de faire s'exprimer un vote populaire qui sanctionne à gauche la politique désastreuse menée par le gouvernement et les partis qui le soutiennent. Quelles que soient nos divergences avec Jean Luc Mélenchon, la constance de ses engagements, son refus des compromissions et des alliances à géométrie variable ont installé sa candidature comme  la plus crédible à gauche. 

- Elles se rapportent  ensuite au programme social et écologique défendu : proximité du programme l'Avenir en commun  avec l'Humain d'abord, mesures prioritaires  qui correspondent aux intérêts de notre camp social. 

- Elles ont trait enfin à la citoyenneté du mouvement appelé à soutenir cette candidature, de nature à réconcilier les citoyen(ne)s et la politique. 

Une même cohérence politique pour la présidentielle et les législatives : ces campagnes participent d'une même séquence politique, d'une même logique et d'un même choix. Parce qu'elles ont les mêmes priorités, elles doivent donc être appréhendées, préparées et menées ensemble en associant toutes les forces prêtes à s'engager en ce sens.  

Des modalités de soutien complémentaires : certains d'entre nous participent à l'Espace de convergence qui regroupe les forces politiques déjà  engagées  et à l'animation de  Collectifs Insoumis. D'autres souhaitent contribuer à la création d'un cadre de campagne jugé plus rassembleur et mieux à même de faire « front commun ». Mais parce que nous poursuivons le même objectif rappelé plus haut ces engagements ne sont pas contradictoires mais complémentaires. 

Une expression autonome d'Ensemble sur ce qui nous différencie : elle est indispensable parce que  des différences existent avec JLM  sur des points importants. Notre conception  du droit des peuples à disposer d'eux même et d'une souveraineté populaire qui prime sur la souveraineté nationale, la place centrale que nous accordons à l'auto organisation et l'autogestion, doivent être défendues et entendues.

Sortir enfin de la paralysie : même imparfaite la candidature de JLM est la mieux  à même de faire entendre l'alternative que porte la gauche de gauche. C'est pourquoi il nous faut conjuguer nos efforts et non les dissocier. Vouloir faire de la participation ou non à France Insoumise le discriminant principal et se diviser sur ce point reviendrait à faire le jeu de l'indécision et de l'attentisme. Bien loin des préoccupations populaires, cela nous maintiendrait des mois encore dans l'incapacité de peser sur le contenu et la dynamique des campagnes présidentielles et législatives et de tracer une perspective qui rassemble notre camp social. Pour mettre fin à la paralysie d'Ensemble, ne nous nous divisons pas. Entre camarades d'accord sur l'essentiel,  unissons nos forces !      

Proposition 1 soumise au vote :

Ensemble décide : 

- de soutenir la candidature de Jean Luc Mélenchon pour l’élection présidentielle de 2017

- de mener une campagne commune pour l’élection présidentielle et les élections législatives, les deux échéances étant liées, dans le cadre de France Insoumise ou dans un autre cadre plus large et plus pluraliste dont les modalités sont à définir notamment en convergence avec l'appel Front Commun.

- d’avoir une expression autonome sur ce qui nous différencie de Jean Luc Mélenchon et de France Insoumise.

- de développer et d’animer partout où les conditions le permettent les comités de soutien locaux à ces deux campagnes.

- de poursuivre le travail d'élaboration du programme « L’avenir en commun ».

- de contribuer à lever tous les obstacles à des candidatures unitaires aux législatives notamment par rapport au PCF et de proposer des candidatures de camarades d’Ensemble à ces élections dans le cadre d’une campagne nationale commune.

 

PROPOSITION 2

Présentation :

Ensemble! a défini, à son AG de juin, une orientation visant à rassembler, autour d'une base politique commune, les forces politiques et sociales défendant une alternative au néolibéralisme et à la politique du gouvernement, « forces du Front de Gauche, France insoumise, EELV, socialistes critiques, Nouvelle Donne, NPA, organisations et militants des mouvements sociaux et des forces citoyennes ».

Nous menons une campagne durable pour des candidatures unitaires en 2017, législatives comme présidentielle. L'appel des 100, comme d’autres initiatives unitaires, permettent d’avancer dans ce sens.

Le rassemblement de la gauche alternative est décisif dans la situation : sans lui, on ne peut gagner l'hégémonie à gauche et minoriser le social libéralisme ; on ne peut permettre l’implication de secteurs du mouvement social (contre la loi Travail, la déchéance de nationalité, pour l’accueil des réfugiés…) ; on ne peut construire une alternative assez forte pour résister à un retour d'une droite hyper-réactionnaire flanquée d’une extrême-droite au plus haut ; on ne peut écarter la menace de dislocation de la gauche alternative, notamment aux législatives, si elle n'est pas unie.

Nos choix pour la présidentielle ne peuvent être contradictoires avec ces objectifs.

A ce jour,  dans une situation encore mouvante, entre les différentes candidatures annoncées ou envisagées, JLM rencontre un écho et s’installe dans les médias. Mais le contexte social et politique, et sa campagne, sont bien différentes de ceux de 2012 : en l'absence d'un cadre collectif, qu'il refuse, il développe une logique politique nouvelle, autour d'un "indépendantisme français" qui l’amène à des positions inacceptables, sur les réfugié-e-s, les travailleuses et travailleurs détaché-e-s, l’Union Européenne, des questions internationales. Mais surtout, JLM 2017 développe sa campagne contre toute idée de rassemblement des forces de la gauche alternative, et étend la même logique aux législatives, par des candidatures réduites partout au cadre de la France Insoumise, provoquant la désunion de la gauche alternative. Cela a été confirmé lors des assises de la F.I. le 15 octobre, et les demandes pour une ouverture unitaire n'ont pas été entendues.

La reconstruction d’une gauche véritable ne pourra se faire derrière un seul courant, mais par le rassemblement d'un front politique et social, et non par un projet étroit abandonnant l'ambition d'un front commun. Ensemble ! ne peut rejoindre une campagne imposée sans cadre collectif à égalité entre différentes forces. “Soutenir” et intégrer maintenant la campagne JLM 2017, c'est être redevables des positions qu'il défend. Ce serait, de fait, abandonner notre action dans la perspective d’un rassemblement, puisque dans ce cas nous soutiendrions une campagne qui en combat l'idée même.

Nous devons continuer la discussion avec toutes les forces de la gauche alternative. Si ne se dégage aucune candidature de large rassemblement à la présidentielle, et au vu des candidatures existantes, dont celle de J.-L. Mélenchon, Ensemble ! déterminera sa position pour le vote, en toute indépendance.

Notre orientation politique de rassemblement pour la reconstruction d’une gauche de transformation sociale et écologique ne peut être mise entre parenthèse pendant les échéances de 2017.

Proposition 2 soumise au vote : 

Ensemble! confirme sa politique de rassemblement des forces politiques et sociales opposées au néolibéralisme et à la politique du gouvernement. Nous menons une campagne visant à des candidatures unitaires en 2017, présidentielle et législatives, sur une base politique commune, discutée autour de l'«  Appel des cent  » ou d’autres initiatives de ce type.


Les conditions ne sont pas réunies, à ce stade, pour soutenir et participer à la campagne de J.-L. Mélenchon, qui ne porte pas un projet de rassemblement et veut imposer aux législatives un cadre qui empêche des candidatures unitaires de la gauche alternative.


Si ne se dégage aucune candidature de large rassemblement à la présidentielle, et au vu des candidatures existantes, dont celle de J.-L. Mélenchon, Ensemble! déterminera sa position pour le vote, en toute indépendance.

 

PROPOSITION 3


Présentation :

Les élections de 2017 vont constituer une nouvelle étape de la crise politique de la société française : duel droite / extrême droite annoncé, crise historique de la gauche après le quinquennat de Hollande… La question de l’émergence d’une nouvelle gauche rassemblant les forces clairement opposées au libéralisme se posera dans des conditions nouvelles. L’énergie et la créativité du mouvement contre la loi El Khomri, de Nuit Debout, des résistances écologistes… montrent les potentialités de la situation.

Deux réalités sont incontournables à gauche aujourd’hui :

- La division des forces politiques opposées à Hollande pour l’élection présidentielle. Les gauches du PS sont dans la primaire. EELV désigne son candidat. Le Front de gauche s’est disloqué. « Poursuivre la bataille unitaire » ne peut se faire sans tenir compte des possibilités de sa réalisation, au risque de dévaloriser une ambition nécessaire.

- La candidature de Jean Luc Mélenchon s’est installée dans l’électorat populaire et permet une sanction à gauche du gouvernement. Son score représentera un élément du rapport de force qui pèsera pour les mobilisations à venir et pour l’espace politique de la gauche alternative.

C'est pourquoi Ensemble doit s'engager dans la campagne en faveur de Jean Luc Mélenchon.

Mais le projet de son mouvement « France insoumise », qui vise à être le cadre unique de la recomposition politique, est basé sur une conception présidentialiste de la politique et s’oppose à toute démarche de co-construction entre forces sociales, politiques, et citoyennes à travers des fronts pluralistes, des alliances. Cela rend impossible de participer nationalement à la France Insoumise (même si les situations locales seront diverses). Comme le dit Front Commun, nous faisons la proposition d'une campagne commune pluraliste dans un cadre plus large.

Nous partageons une grande part des combats de Jean Luc Mélenchon comme en 2012. Sur les divergences actuelles (sur la Russie et la Syrie, les migrants, la vision de la France…) Ensemble donnera ses positions en pleine autonomie.

La situation est difficile. Mais il ne faut pas contourner les batailles qui sont devant nous. Pour les législatives, il faut refuser la division mortifère au sein de la gauche anti Hollande et chercher au maximum les convergences à travers des candidatures communes, des accords de répartition… Des points d’appuis existent : dans l’appel Front Commun, à travers les débats du PCF (qui peut choisir au final d’appeler à voter pour Mélenchon), dans le travail entrepris dans l’Appel des 100, parmi les syndicalistes et associatifs qui cherchent une alternative politique sans vouloir se rallier à un mouvement présidentialisé... 

Ensemble peut jouer un rôle de trait d’union pour permettre l’émergence dans la prochaine période d’une nouvelle gauche alternative, porteuse des aspirations démocratiques, sociales, écologiques et radicales qui s’expriment. Cela suppose d’être force d’initiative en conservant notre indépendance.

Proposition 3 soumise au vote :

Ensemble décide :

- de soutenir la candidature de Jean Luc Mélenchon et de proposer à France Insoumise et aux forces qui envisagent de le soutenir de constituer un cadre national commun et des collectifs locaux, pour une campagne pluraliste associant forces sociales, citoyennes et politiques, sans participer nationalement au mouvement « France insoumise » ;

- de développer les initiatives propres d’Ensemble en soutien à la candidature de Jean Luc Mélenchon, en se réservant la possibilité de s’exprimer publiquement en cas de désaccord ;

- de participer au cadre « Front Commun » et de poursuivre le travail engagé dans « l’appel des Cents » ;

- de refuser la concurrence entre les candidatures du PCF, de la France Insoumise, d’EELV… pour les élections législatives et de chercher à concrétiser des candidatures communes rassemblant les forces opposées au gouvernement ;

- de proposer des candidatures d’Ensemble, notamment dans des circonscriptions éligibles.

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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 13:24

Aux Communistes de Bretagne

Le 15 novembre 2016,

Chère Camarade,

Cher Camarade, 
 

Un an après la bataille des élections régionales, quelques mois après la tenue du Congrès National, la conférence régionale du Parti Communiste s’est tenue le 15 octobre dernier à Ploufragan (22) comme nous y invitaient nos statuts.

Sur la base du travail commun déjà réalisé, notamment pendant la campagne des élections régionales, il s’agissait de franchir une nouvelle étape qualitative par l’animation de la vie régionale du PCF.

Les communistes bretons ont à cette occasion élus un nouvel exécutif régional.

Il se compose de :

  • Xavier Compain - membre du Conseil National .secrétaire régional du PCF Bretagne,

  • Yannick Le Cam, secrétaire départemental 22 ;

  • Ismaël Dupont, secrétaire départemental 29 ;

  • Denis Kermen, secrétaire départemental 35 ;

  • Joël Gallais, secrétaire départemental 56 ; 

  • Philippe Jumeau (56) - animateur des initiatives régionales ;

  • Christiane Caro (22)- chargée de la coordination des groupes de travail thématiques ;

  • Dominique Gontier (29) - communication interne/projet du Comité Régiona ;

  • Daniel Collet (35) - suivi et impulsion des batailles régionales ;

  • Florence Lelieu (22) - Animation Communication externe- blog, réseaux sociaux .

Un comité régional en cours de désignation par les fédérations départementales complètera le dispositif.

Les enseignements de la Grande Consultation Citoyenne, les débats posés à partir de la Conférence Nationale et notamment « De quel(le) député(e) de Gauche nous avons besoin dans nos circonscriptions ? » sont au cœur des enjeux régionaux que nous avons à traiter.

Une première réunion de l'exécutif régional s'est tenue le 2 novembre à Rennes. Elle a permis de préciser la « feuille de route » des prochains mois :

  • Engager une grande campagne régionale sous le thème unificateur de « travailler et vivre en Bretagne » reliant la réflexion et la proposition sur l’emploi industriel, les questions agricoles, de santé, les services publics, la lutte contre les inégalités territoriales.

  • Travailler à la tenue d’initiatives fortes, l’une en direction des enjeux européens et de la construction de solidarité concrète, faisant écho à l’appel du Sinn Fein (Irlande) en direction du PCF. (1)

    L’autre en direction des enjeux de la paix et désarmement.

  • Contribuer à l’écriture du projet régional en tenant rapidement des réunions de travail déjà décidé sur la culture et les Langues Régionales, sur l’énergie.

  • Continuer la réflexion et les débats des communistes dans les départements sur les éléments d'un Projet Régional et de mettre en perspective pour 2017 une conférence régionale sur le sujet.

  • Initier l’action des communistes au cœur des luttes, au travail de propositions avec les citoyens et partenaires politiques, associatifs et syndicaux. De contribuer tout prochainement par des rencontres de proximités à élaborer les propositions communistes qui étaieront l’écriture de la proposition de loi sur l’agriculture portée par les sénateurs et sénatrices du groupe CRC.

Nous lancerons ensemble cet agenda d’animation régionale à l'occasion de deux rendez vous organisés pendant la Fête de l’Humanité Bretagne les 3 et 4 décembre à Lanester.

Le samedi 3 décembre : rencontre avec l’ADECR et Michel Scouarnec, Sénateur.

Le dimanche 4 décembre : Message en direction des forces associatives, syndicales, politiques à construire du commun. Pot fraternel.

Croyez chers Camardes en mes amitiés fraternelles.

Xavier COMPAIN

Secrétaire Régional

 

(1) La rencontre avec Sinn Fein devrait se tenir en février ou en mars à Roscoff.

Xavier Compain, porte-parole régional du PCF, membre de la direction nationale animateur du Pôle Agriculture-Pêche-Forêt, agriculteur

Xavier Compain, porte-parole régional du PCF, membre de la direction nationale animateur du Pôle Agriculture-Pêche-Forêt, agriculteur

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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 10:32

La fête organisée par le P.C.F., à Pont-L'abbé, le 7 août 1938. Après une rapide évocation de la préhistoire et de l'histoire de la Bretagne illustrée d'images de menhirs et de dolmens, d'églises et de paysages Bretons, Marcel Cachin, en voix off, commente la préparation et le déroulement de la fête du parti communiste dans la capitale du pays bigouden : passage d'une camionnette de l'Humanité sur le port de Lesconil, manifestation et défilé folklorique dans les rues de Pont-l'abbé, démonstration de danses et de chants et, in fine, allocutions politiques. 
Après la brève intervention du secrétaire de la région Bretagne du parti communiste (Alain Signor), Marcel Cachin, président des Bretons émancipés, appelle au renforcement des acquis du Front populaire et conclut par une défense de la culture et de la langue bretonne. 
Breiz Nevez illustre avec force les solides implantations - très localisées - du parti communiste en Bretagne, ainsi que sa politique culturelle sous le Front populaire, politique syncrétique, à la fois régionale et nationale. 
Les plans sur la camionnette de l'Humanité furent interdits par la censure.

Générique : «Les Films Populaires présentent / Breiz Nevez (Bretagne Nouvelle) / avec la participation de la chorale Labour ha Kan des Bretons émancipés/ du bard Milbeo (soliste) et de la Kenvreuriez Ar Viniouerien Vrezon / commentaire de Marcel Cachin, Directeur de l'Humanité / réalisé par l'équipe technique de la société "La Marseillaise"». 
Musique : l'Internationale (en Breton). Les autres chants bretons (d'inspiration galloise, folklorique ou religieuse) sont sans connotation politique. 
Avec la participation de : la chorale Labour Hakan, des Bretons émancipés (qui chantent l'internationale dans leur langue), du bard Milbeo et de la Keuvreuriez Ar Vinioucrin Vrezon. 
Commentaire : Marcel Cachin, directeur de l'Humanité. 
Lieux et monuments : Lesconil, Concarneau, Pont-Labbé, une chapelle du pays bigouden décapitée suite à la révolte des Bonnets Rouges. 
Personnalités : Marcel Cachin, Alain Signor, Eugène Hénaff (à la tribune).

Note : [Extrait du commentaire de Marcel Cachin]. " Ici, sur la côte bretonne du sud Finistère, les marins se livrent surtout à la pêche côtière, métier pénible, dangereux entre tous, dont les victimes sont nombreuses, dont les risques sont de chaque jour, et qui par surcroît n'enrichit pas les travailleurs de la mer soumis à l'exploitation des capitalistes de la conserve. Ils sont plusieurs dizaines de milliers qui se groupent et se défendent en adhérant à leurs syndicats de la CGT et aux partis les plus hardis de la classe ouvrière."
 

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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 10:26
Contre le roman ou le récit national et nationaliste, l'histoire comme éveil de l'intelligence critique - L'Humanité, 14 novembre: tribunes des historiens Martine Larrère, Anne Jollet, Pierre Serna

C'est déjà un débat qui date de la Révolution Française: l'école, devenue gratuite et universelle, doit-elle viser l'instruction, l'éveil de l'intelligence critique et l'autonomisation intellectuelle des individus pour en faire des sujets - c'est la position que défendait le grand penseur et humaniste Condorcet - ou l'éducation et la transmission des valeurs pour former une communauté nationale homogène avec des citoyens suivant les normes du régime politique nouveau - c'est la position de l'évêque défroqué Talleyrand-Périgord.   

Ces débats reviennent avec un arrière-plan de nostalgie, de vision passéiste, d'inquiétude identitaire et d'instrumentalisation politique de l'histoire et du débat sur l'école aux relents nationalistes ou xénophobes, c'est selon, dans des propos comme ceux de Fillon, Sarkozy. 

L'Humanité du 14 novembre a consacré des pages débats très intéressantes à la question des finalités de l'enseignement de l'Histoire dans l'école de la République.  

Enjeu: la formation de l'esprit critique, de l'ouverture au monde et à la diversité des formes d'existence sociales, la transmission de la vérité, celle d'une histoire nationale plurielle, contradictoire, parfois douloureuse pour notre narcissisme ou notre chauvinisme spontané, non réductible aux significations simplificatrices et aux assimilations rétrospectives à des fins politiques.   

***

La notion de roman national est-elle compatible avec le travail historique ?
Enseignement, recherche et mémoire
LUNDI, 14 NOVEMBRE, 2016
L'HUMANITÉ

Avec Mathilde Larrère

Maître de conférences en histoire contemporaine Anne Jollet Historienne, coordonnatrice de la rédaction des Cahiers d’histoire et Pierre Serna Directeur de l’Institut d’histoire de la Révolution française, Paris-I

L’esprit critique aiguisé par le questionnement du passé par Mathilde Larrère Maître de conférences en histoire contemporaine

mathilde Larrere photo fournie par elle memeQuelle histoire enseigner aux enfants ? Sur quoi mettre l’accent ? Et surtout pour quelle finalité ? Ces questions animent les historiens, mais également le monde politique et plus généralement la société. Depuis le second Empire et jusqu’aux années 1950, la réponse à ces questions a fait consensus. Alors les enfants des écoles ont été bercés par les récits héroïques de nos « ancêtres les Gaulois », ont pu en secret en vouloir à Charlemagne d’avoir « inventé l’école », s’enorgueillir du « Roi-Soleil », vibrer à la prise de la Bastille, se féliciter de porter la « civilisation » en Afrique et en Asie, avant de rendre un vibrant hommage à nos poilus morts pour la France. Le voilà, le roman national, avec sa galerie (virile) de grands hommes (blancs), auxquels le petit républicain français est appelé à s’identifier sa marche inéluctable vers le progrès. Qu’importent les libertés prises avec la vérité historique, l’objectif est d’unifier Bretons et Auvergnats, de transmettre l’amour de la République, encore contestée.

Mais le consensus se fissure de partout… Le roman national devient caduc. Comment défendre la marche vers le progrès après le nazisme ? Peut-on imposer aux enfants de l’immigration la même acculturation nationale que jadis aux particularismes régionaux ? Comment, demandent les historiens, continuer ce récit qui s’assoit sur le renouvellement profond de la recherche, enracine des erreurs ? Comment répondre aux nombreuses sollicitations de « devoir de mémoire » ? On pourrait débattre mais voilà qu’on se bat. Entre ceux qui pensent que pour « intégrer » les enfants issus de l’immigration il faut leur rabâcher l’histoire de France pour qu’ils l’aiment et la fassent leur, et ceux qui pensent qu’au contraire il faut s’ouvrir aux histoires des autres continents, mettre au jour les différences, les métissages, tisser un récit commun, mais, justement, commun à tous. Entre ceux qui pensent que l’histoire doit faire aimer la France, et ceux qui défendent qu’elle doit former à l’esprit critique. Ceux qui considèrent que l’histoire de l’esclavage, des colonisés, n’est qu’affaire de communautarismes qui diviseraient la nation, incitation à avoir honte d’être français, et ceux qui montrent au contraire que les dominations qui ont permis ces crimes sont l’histoire de tous, une histoire qui travaille encore notre société. Je suis, vous l’aurez compris, dans le deuxième camp.

Le contenu de ce roman national, rebaptisé récit national pour mieux le faire passer, oppose les forces politiques entre elles. « Nos ancêtres les Gaulois » pour la droite (et l’extrême droite), « les fils de la Grande Révolution » pour la France insoumise. Que chaque famille politique tire le fil de ses héritages, choisisse ses références, quoi de plus normal ? Mais cela ne saurait tenir quand il est question de ce que l’on enseigne dans les classes. En plus de la question du contenu, c’est l’idée même de l’enseignement d’un récit national qui pose problème. Parce que, justement l’histoire ne saurait se limiter à une recherche en paternité qui ferait faussement croire à une identité permanente et figée dont il faudrait trouver l’origine. Parce que, intrinsèquement, le roman-récit national ouvre la boîte de Pandore des appropriations politiques. Parce qu’il ne saurait former à l’esprit critique pourtant au cœur de la discipline historique.

Les enfants n’aimeront pas la France, qu’ils soient ou pas issus de l’immigration, et ce à quelque génération que ce soit, parce qu’on les aura bercés de beaux récits émouvants, Alésia ou Valmy, mais quand, citoyens à l’esprit critique aiguisé par le questionnement du passé, ils sauront apprécier, ou défendre, des politiques qu’ils trouvent justes.

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Des savoirs qui doivent être mis en commun 

 par Anne Jollet Historienne, coordonnatrice de la rédaction des Cahiers d’histoire

Anne JOLLET, enseignante en histoire à l'université de Poitiers. Rédactrice en chef des Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critiqueCredit photo : DRFaut-il revenir encore sur le roman national ? N’a-t-on pas tout dit sur ce leurre ? Des textes nombreux et efficaces ont été écrits ces dernières années. Mais en dépit du sentiment de lassitude qui peut nous saisir, il faut redire, car l’assaut des affirmations de plus en plus réactionnaires ne faiblit pas. Les surenchères des droites emplissent l’espace public et parviennent à faire passer pour neuves les pensées les plus archaïques en matière d’histoire. Nous voilà revenus à l’idée que l’histoire pourrait être notre radeau face aux désarrois sociaux : les historiens sont désormais ouvertement sommés de fabriquer un consensus imposant de se penser tous semblables, bien serrés les uns contre les autres face aux menaces de l’étranger grâce à l’exaltation d’ancêtres réputés communs. Recours magique qui peut certes flatter l’historien placé au cœur de la fabrique sociale ! Recours menaçant à la fabrication idéologique d’un discours dominant venant masquer les contradictions du réel dans le passé, à des fins d’ordre social dans le présent.

Pour aller vite, ces pensées oscillent entre deux idées également dangereuses. D’une part, celle du nécessaire récit, cohérent, dessinant à des fins pédagogiques les caractéristiques d’une histoire singulière, française, et les imposant, notamment par l’école, les fameux programmes scolaires, pour produire une adhésion affective à une identité nationale glorieuse. Exit les millions de morts de faim du règne de Louis XIV, vive les ors de Versailles ! Chantons la gloire de nos ancêtres vaillants Gaulois, christianisés si possible ! L’autre dimension du credo réactionnaire est qu’il y aurait une réalité de cette histoire « une », « notre histoire », celle d’une entité quasi éternelle, au-delà des heurts et des aléas des processus de construction des nations, dotée de caractères ancestraux, dont l’histoire, notamment enseignée, devrait prioritairement rendre compte. Une histoire nationale légitimant le roman national. À ces assignations, les historiens répondent de façon double.

D’une part, construire une romance n’est pas la fonction de l’histoire. D’autre part, l’histoire des hommes qui habitent ce bout de terre qu’est aujourd’hui la nation qui se nomme France n’est pas une, n’a jamais été une. On a peine à devoir répéter que l’histoire est un savoir qui ne reproduit pas du réel. L’histoire construit à partir de questionnements, qui sont ceux de divers acteurs d’une société, des hypothèses sur le passé. Elle est un travail intellectuel critique appuyé sur des traces diverses du passé. Elle apprend à construire un rapport distancié au passé qu’elle contribue à rendre présent. Elle apprend à lire des « points de vue » et à s’en déprendre. Pas plus que « nos enfants », les historiens ne perdent « leurs repères ». Ils en construisent constamment, par leurs recherches, de nouveaux.

Oui, dans une société qui change, l’histoire change. Oui, comme nous nous attachons à le mettre en œuvre dans les Cahiers d’histoire, l’histoire critique de notre temps est une histoire de la diversité sociale, de la diversité des luttes, animées par la diversité des trajectoires, histoire d’êtres humains qui toujours circulent, échangent marchandises et savoirs, et vivent, par la guerre comme par la paix, de perpétuels métissages.

Non, l’histoire n’est pas une réserve à nostalgie, elle malmène les mémoires tout en contribuant à les construire. Et oui, bien sûr, elle a une part de responsabilité dans le devenir commun. Oui, elle contribue, avec bien d’autres vecteurs, à produire des savoirs qui doivent être mis en commun, qui doivent être, dans une démocratie, appropriés, débattus, mais aussi produits par l’ensemble des citoyen-nes.

Ces savoirs, notamment par l’école, mais aussi par les médias quand ils parviennent à être intelligents et démocratiques, fabriquent bien mieux du commun, des compréhensions sociales partagées, voire de l’identité collective au présent, ancrée dans les réalités sociales du présent, que les mythologies nationalistes imposées par le roman dit national, que l’on devrait peut-être nommer plutôt, pour le renvoyer vers les oubliettes de l’histoire, le vain « roman chauvin ».

 

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Une forme de trumpisation des esprits par Pierre Serna Directeur de l’Institut d’histoire de la Révolution française, Paris-I

Pierre Sernaphoto libre de droits fournie par lui même credit : DRConnaissez-vous la bataille de Vertières ? Pour l’écrasante majorité, la réponse sera non. Le 18 novembre 1803, les armées composées de soldats noirs et libres vont défaire le corps expéditionnaire français, envoyé quelques mois plus tôt par Bonaparte afin d’imposer l’ordre à Saint-Domingue et y rétablir l’esclavage, après que la Convention l’a aboli le 4 février 1794. Inique, le décret du 20 mai 1802 constitue une régression historique, accompagnée d’une expédition colonialiste d’une violence extrême, dans la volonté de tuer, massacrer des populations entières de citoyens libres, mais surtout leurs femmes qui pourraient éduquer leurs enfants dans le culte de la liberté conquise au temps de la République. Les armées françaises décimées par la maladie sont battues à plate couture et le rêve colonialiste de l’apprenti dictateur français s’arrête là.

Prenons de la hauteur, dépassons le cadre national. Pour la première fois un corps expéditionnaire européen est battu par des soldats noirs, anciennement esclaves, combattant pour la liberté. Cette victoire va déstabiliser toute la puissances de la Caraïbe, devant désormais faire face à la circulation des nouvelles et à la connaissance par leurs esclaves de l’indépendance de Saint-Domingue devenue Haïti quelques semaines après la victoire militaire, en janvier 1804. Prenons encore plus de hauteur ; c’est au nom des idéaux d’une égalité universelle, défendue depuis 1789 par les patriotes les plus radicaux, que les soldats noirs chantant parfois la Marseillaise combattent contre les soldats polonais et français d’en face, abasourdis d’entendre le chant de la liberté française… et se tournant vers leurs officiers pour leur demander des explications, pendant que ceux-ci les forcent à marcher ! Voilà des faits que les récents travaux des historiens ont mis au jour.

Est-ce une insulte au récit national ? Il faut s’entendre sur les termes. Si le récit national est cette production nauséabonde qui vise à inventer un agencement de faits pour donner un sens à l’histoire de France, donnant à connaître à tous la bataille d’Austerlitz et laissant dans l’ombre cette victoire/défaite de Vertières, alors le récit national est encore et toujours à déconstruire. Si le roman national vise désormais à une forme de trumpisation des esprits, incarnant un patriotisme xénophobe, recroquevillé sur un réflexe identitaire et désignant l’étranger, le migrant, le travailleur clandestin ou le réfugié comme autant de dangers, l’historien se doit d’intervenir pour dire ce que furent les faits, pour ne pas s’ériger en juge de la vérité, mais en simple et bon artisan de la restitution du réel. Le fantasme d’un roman national incarne aujourd’hui cet espoir nationaliste de voir éradiqué l’Autre, dans l’angoisse d’une France à la couleur plus cuivrée demain. Alors l’historien doit sans cesse ouvrir les chantiers nécessaires pour rendre justice aux faits et rien qu’aux faits dans leur complexité. Gérard Noiriel, Nicolas Offenstadt ont écrit de belles pages sur la nécessité de construire la rigueur du travail de l’historien pour ne pas répondre au roman national par un autre roman historique. Il s’agit de rendre à chaque acteur, fût-il le plus modeste, sa part dans la construction du réel et dans la conquête de la liberté, et de la constater en toute simplicité.

Où est la repentance dans ce constat ? Où est la prétendue autoflagellation dans ces preuves ? En quoi est-ce honteux de raconter ces faits et de les démontrer ? N’est-ce pas une partie intégrante du métier d’historien héritée de la critique des Lumières de ne pas accepter une vérité construite mais de la vérifier avec des sources et des documents dans une recherche de causalité qui est aussi le cœur du métier de l’historien ? Pourquoi le réel fait-il donc si peur aux constructeurs de romans nationaux et en quoi l’histoire de France serait-elle amoindrie ? L’histoire n’a pas de frontières. En racontant au plus près les détails les plus triviaux des sans-grade, des sans-voix, des sans-parole, elle s’approche au plus près d’une histoire universelle, où chacun, quel qu’il soit, porte une part de l’humanité en lui et a le droit, comme le rappelait la Constitution de 1793, pour la première et unique fois dans l’histoire, de faire acte d’insurrection contre un pouvoir arbitraire. Ce sont là des faits.

Comme toute fiction, le roman invente une représentation du passé, un bon moyen idéologique de bercer le plus grand nombre. Le roman nationaliste puise à pleines brassées dans la nostalgie d’un âge d’or. L’historien doit demeurer vigilant et comprendre que son travail s’inscrit dans le présent, l’analyse et l’explique. Plus que la fiction omniprésente de la fable de la bonne reine de France Marie-Antoinette archimédiatisée, ce sont toutes les luttes actuelles en Tunisie, en Grèce, en Espagne et aussi en France qui expriment le mieux le réel de ceux qui ont eu le courage de dire non, en 1789, en 2016, et demain.

le Petit Lavisse enjoint aux élèves : « Tu dois aimer la France, parce que la Nature l’a faite belle et parce que l’Histoire l’a faite grande. »

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