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14 janvier 2023 6 14 /01 /janvier /2023 06:48
Damas 227-Palmyre, gravure à l’eau -forte, 2021.Najah albukai

Damas 227-Palmyre, gravure à l’eau -forte, 2021.Najah albukai

 
Najah Albukaï, "Graver la mémoire", de Denis Lafay, éditions El Viso, 250 pages, 48 euros
Dessins de la terreur

Édition Denis Lafay évoque le parcours et l’œuvre éprouvante de Najah Albukaï sorti de l’enfer des geôles syriennes. Des gravures qui témoignent de l’innommable.

Publié le Mardi 10 Janvier 2023
 

Les comparaisons viennent vite devant les dessins et gravures de Najah Albukaï. L’Enfer de Dante, les planches des Désastres de la guerre de Goya, mais ce que le poète italien a imaginé, ce que le peintre a vu, l’artiste syrien, aujourd’hui en France, l’a vécu dans sa chair pendant des mois d’emprisonnement, de sévices et de tortures, en même temps que d’autres hommes dans les geôles de son propre pays.

Sous le titre Najah Albukaï. Graver la mémoire, le livre du journaliste Denis Lafay, publiant un long entretien avec le neuro­psychiatre Boris Cyrulnik, préfacé par l’historienne de l’art et membre de l’Institut Laurence Bertrand Dorléac, n’est pas de ceux qu’on parcourt pour des émotions ­esthétiques. Chaque image ici reproduite est une épreuve, un témoignage de l’horreur, de ce que des hommes dans les ­ténèbres de l’humanité peuvent faire subir à d’autres hommes. On devrait dire, bien sûr, à des femmes aussi, mais ce dont Najah Albukaï témoigne, c’est de ce qu’il a vu. L’entassement des corps, l’épouvantable promiscuité dans la crasse et la vermine, les corps pendus comme dans des boucheries, les supplices comme celui dit de la chaise allemande, importé dans la Syrie des Assad père et fils par le nazi Aloïs Brunner.

Une logique de déshumanisation

Né en 1970, à Homs, fils d’un fonctionnaire et d’une mère au foyer, cadet de trois frères qui deviendront cardiologue, archéologue, tapissier d’art, suivi par une sœur professeure de français, le jeune garçon montre très tôt des dispositions artistiques exceptionnelles. À 3 ans, il impressionne sa famille et les voisins en dessinant sur un mur blanchi à la chaux. La famille est unie, tolérante, cultivée mais ce n’est pas sans nuages. Il n’a que 4 ans quand son père, disparu pendant deux jours, revient avec la tête à demi rasée par les nervis du régime sur un simple soupçon. Il le verra par la suite dépérir, ravagé par la maladie. Adolescent, un homme respecté du quartier lui fait découvrir la musique mais c’est aussi un prédateur sexuel. Dans le climat de tension de la Syrie, après le coup d’État d’Hafez Al Hassad et l’instauration d’un régime policier exacerbant les rivalités ethniques ou religieuses, il parvient à intégrer l’École des beaux-arts de Damas. Il rencontre son épouse, poursuit sa formation artistique en France avant de revenir enseigner en Syrie. La suite recoupe l’histoire des printemps arabes. Il s’engage, est arrêté une première fois. « Il est, écrit Denis Lafay, jeté dans un camion ou croupissent d’autres jeunes rougis de sang, noircis de crasse, défigurés par les châtiments. » Ce sera le premier séjour dans un centre d’emprisonnement et de torture connu et ­redouté : le centre 227. À partir de là, entre corruption, pots-de-vin, libérations arrachées et aussitôt remises en cause, tentatives avortées de fuite hors du pays, il vit un calvaire de plusieurs années, toujours avec le soutien de sa femme et sans doute celui du dessin. Dans la logique de déshumanisation qui frappe chacun, il s’accroche : « Je suis un artiste. » Il parvient à dessiner, avec n’importe quoi, comme avait pu le faire à Buchenwald Boris Taslitzky, à qui on ne peut que penser.

Depuis 2015, Najah Albukaï, qui a réussi à quitter la Syrie, vit en France et travaille également pour partie en Espagne. Il poursuit ce que l’on doit, au-delà d’un témoignage, appeler une œuvre exceptionnelle.

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14 janvier 2023 6 14 /01 /janvier /2023 06:41
Littérature - décès du grand écrivain américain Russel Banks - Les sans-voix de Russel Banks, par Marie-José Sirach (L'Humanité, 10 janvier 2023)
Les sans-voix de Russell Banks

Disparition L’auteur états-unien est mort le 7 janvier, à l’âge de 82 ans. Il laisse une œuvre majeure, un portrait protéiforme d’un pays où ses héros sont les oubliés du rêve américain.

Publié le Mardi 10 Janvier 2023 - L'Humanité
 

Il est né prolo, dans le Massachusetts. Il est mort écrivain reconnu dans le monde entier, maintes fois récompensé. Mais il n’a jamais trahi les siens. Dans ses romans, on croise des gens de peu, des hommes et des femmes fatigués et malmenés par la vie, au parcours cabossé, des histoires d’amour qui finissent mal, des rêves inaboutis, des trahisons. Mais pourtant, quel plaisir de partager l’itinéraire de ces enfants peu gâtés par la vie, qui se débattent dans une société qui vend du rêve à vil prix, coincé entre le rayon de lessives et de jouets dans ces Walmart qui pullulent aux abords des villes. La périphérie, la marge, l’histoire mouvementée de son pays, comme ces grands espaces au bout du monde qu’il avait arpentés dans sa jeunesse, étaient la marque de fabrique de cet auteur qui ne s’est sûrement jamais posé la question du « transfuge ». L’ancien prolo qui fut tour à tour plombier, placeur de livres, vendeur de chaussures n’a eu de cesse d’écrire sur les sans-voix de son pays, tous ces laissés-pour-compte pour qui le rêve américain n’était qu’un mirage.

« La vie des gens ordinaires m’attire »

Russell Banks, l’écrivain, leur a redonné ce droit au rêve. En les incarnant, en en faisant des héros ordinaires qui se débattent dans des abîmes de contradictions mais tiennent bon et retrouvent un semblant de dignité. « La vie des gens ­ordinaires m’attire, confiait-il dans nos colonnes. On n’écrit pas un roman parce qu’on a de l’affection pour une classe, une origine ou un genre, mais parce qu’on est lié à un individu. À mesure qu’on s’en approche, on le comprend. Alors, inévitablement, sa classe ­sociale finit par entrer en ligne de compte. Chaque être trimballe son histoire dans le contexte économique, racial et social dans lequel il vit.» Il était parvenu à inventer une voix narrative, «  loin des préjugés bourgeois », s’amusait-il à préciser, pour parler « pour ceux qui n’ont pas de voix ».

Lorsque paraît, en France, Continents à la dérive (1987), le rêve américain en prend un coup. On découvre un écrivain qui ne craint pas de regarder dans les yeux les frustrations et le désespoir d’un père de famille ordinaire, réparateur de chaudières, qui gagne quelques centaines de dollars par mois et rêve d’une vie plus confortable pour les siens. Départ pour la Floride où il retrouve son frère. Plus dure sera la chute tant le rêve n’est qu’un mirage qui s’éloigne chaque fois qu’il pense l’atteindre. Dans Pourfendeur de nuages (1998), roman historique puissant, épique, qui se déroule lors de la guerre de Sécession, Banks trace le portrait de John Brown, fermier abolitionniste de l’Ouest américain. Une réflexion politique d’envergure sur les fondements de l’esclavage aux États-Unis, sur l’engagement poussé jusque dans ses retranchements.

Un récit narratif, « loin des préjugés bourgeois »

De beaux lendemains (1993) met en scène une tragédie, la mort de plusieurs enfants d’une même communauté à la suite d’un accident de car scolaire. Quatre voix vont porter tour à tour ce récit pour dire la douleur des familles à travers des flash-back qui vont au plus près des questionnements intimes. Quatre voix pour raconter, après la colère, le sentiment d’impuissance face à une justice de classe et une résilience collective et solidaire. Ce roman a été porté à l’écran par le réalisateur canadien Atom Egoyan, en 1997, et le film a remporté le grand prix au Festival de Cannes, ainsi qu’au théâtre, dans une belle mise en scène d’Emmanuel Meirieu.

Parmi les nombreux romans et nouvelles, citons American Darling (2005), l’histoire d’une femme, Hannah, qui fuit son pays, les États-Unis, en raison de ses engagements dans les années 1970, et se réfugie au Liberia. L’occasion pour l’auteur de mener de pair un récit introspectif sur l’Amérique, mais aussi sur ce petit pays africain, où retournèrent d’anciens esclaves des plantations américaines. Oh Canada (2022), son dernier roman, est un récit crépusculaire. Celui d’un homme en phase terminale, ­­cinéaste réfugié au Canada parce qu’il avait refusé de faire le Vietnam et qui se confie avant de mourir. On ne sait plus ce qui est vrai ou faux dans ce texte tout en tension et sans concession. Banks semble regarder dans son propre passé comme dans celui de son propre pays, avec ses parts d’ombre et de lueurs d’espoir, nous rappelant que le chemin n’est jamais droit, qu’il se fait en marchant.

Russell Banks se situe dans la lignée des Mark Twain, Melville, Faulkner ou Jim Thompson. Il aimait la littérature russe et française du XIXe siècle, admirait Joyce, Beckett ou Garcia Marquez. Écrivain et citoyen, il était de tous les combats progressistes dans son pays, contre la guerre en Irak, le Patriot Act, contre la politique des Reagan, Bush et Trump. Il aura présidé, de 1998 à 2004, le Parlement international des écrivains créé par Salman Rushdie. Bref, un type bien sous tous rapports.

Lire l’entretien réalisé par Muriel Steinmetz en 2017 sur humanite.fr
 
Littérature - décès du grand écrivain américain Russel Banks - Les sans-voix de Russel Banks, par Marie-José Sirach (L'Humanité, 10 janvier 2023)
Russell Banks : « C’est la vie des gens ordinaires qui m’intéresse et m’émeut »

Son premier roman, Continents à la dérive, publié en français, en 1986, reparaît dans une nouvelle traduction. Russell Banks nous parle de littérature et de l’élection aux États-Unis.

Publié le Jeudi 3 Novembre 2016 - Muriel Steinmetz, L'Humanité
 

La réédition en France de Continents à la dérive est plus que jamais d’actualité. L’un de vos personnages, une jeune Haïtienne, s’évade de son île pour vivre le rêve américain. Le bilan du cyclone Matthew donne à cela une acuité révélatrice. Plus de 900 morts en Haïti, quelques-uns aux États-Unis…

RUSSELL BANKS Haïti a été très durement touché. J’ai beaucoup d’amis là-bas. Le cinéaste Raoul Peck, qui m’est proche, a perdu sa maison familiale, entièrement détruite. Son village natal est dévasté. Je passe une partie de l’année à Miami. J’ai suivi les événements de très près. Il est en effet frappant de voir qu’un roman, écrit il y a trente ans, semble décrire une réalité d’aujourd’hui.

Savez-vous pourquoi, parmi vos nombreuses œuvres traduites en français, c’est justement Continents à la dérive qui fait l’objet d’une nouvelle publication ?

RUSSELL BANKS C’est le premier de mes livres à avoir été traduit en France. En 1986. Cela fait trente ans tout juste. On doit retraduire, car si le livre ne change pas, la langue, elle, se modifie. Jeune, j’ai lu en anglais les grands romanciers russes, dans la traduction de Constance Garnett qui date des années 1920. L’anglais, depuis, a beaucoup changé. Plus récemment, Tolstoï, Dostoïevski et d’autres ont été retraduits en anglais américain contemporain par Richard Pevear et sa compagne. Je souhaitais que Continents à la dérive soit traduit dans un français du présent, différent de celui de 1986, plus formel et académique, probablement moins influencé par l’anglais américain que ne l’est le français actuel. Pierre Furlan, qui s’est chargé de cette nouvelle traduction, possède une véritable intimité avec ma voix, mon ton, ma diction et mes intentions artistiques. Il comprend mon travail mieux que moi-même.

Vous alternez romans et nouvelles. Comment s’effectue le choix ? La nouvelle, pour vous, n’est-elle qu’un roman bref ou obéit-elle à des lois différentes ?

RUSSELL BANKS L’engagement est autre envers les personnages. Un peu comme ce qui différencie le mariage de la simple aventure. La nouvelle suppose une forme d’intimité extrêmement brève et intense, qui ne permet pas la vision d’ensemble. L’attention se concentre sur une seule journée, un unique événement, avec une relation au temps bien spécifique. Continents à la dérive requérait une temporalité longue, pour qu’il y ait rencontre avec les personnages principaux.

Vos personnages sont plus des anti héros que des héros selon l’acception habituelle. Est-ce parce que l’idéologie officielle des États-Unis repose sur l’optimisme triomphant où chacun a sa chance de devenir un héros ?

RUSSELL BANKS Je n’ai jamais souscrit à une idéologie officielle. Bien au contraire. Le devoir de l’artiste consiste à remettre en cause toute forme d’idéologie, en la confrontant à la réalité, celle, ici, de Bob Dubois ou de Vanise Dorsinville, soit leur vie d’êtres humains véritables.

Peut-on dire alors que votre œuvre, en son entier, s’attache à brosser le tableau d’une société à partir de ses laissés-pour-compte, en montrant que les gens simples, comme on dit, sont en fait très compliqués et, finalement, de bien meilleurs sujets pour la littérature ?

RUSSELL BANKS La vie des gens ordinaires m’attire et m’émeut plus que celle des gens extraordinaires. La majorité m’intéresse plus que l’élite. On n’écrit pas un roman parce qu’on a de l’affection pour une classe, une origine ou un genre, mais parce qu’on est lié à un individu. À mesure qu’on s’en approche, on le comprend. Alors, inévitablement, sa classe sociale finit par entrer en ligne de compte. Chaque être trimballe son histoire dans le contexte économique, racial et social dans lequel il vit.

Acceptez-vous qu’on puisse définir votre œuvre comme appartenant au registre du « réalisme critique » ?

RUSSELL BANKS C’est pas trop mal ! (Rires.) Je préfère m’en tenir au simple réalisme. Le roman décrit le monde de la façon dont l’auteur le voit. Il est des visions étriquées et d’autres larges et englobantes. Mon point de vue est celui d’un Américain de gauche plutôt libéral. Je fais en sorte que cela ne déforme pas ma vision. Je ne suis ni propagandiste ni idéologue.

Dans le champ immense de la littérature universelle, quels noms mettez-vous au-dessus de tout ?

RUSSELL BANKS Jeune, j’ai beaucoup lu les classiques américains : Mark Twain, Melville puis Hemingway, Faulkner, plus récemment Nelson Algren, plus près de nous encore Toni Morrison et Louise Hardwick, une romancière indienne américaine, mais aussi Richard Ford et des Canadiens comme Michael Ondaatje. Je n’oublie pas les grands Russes. On dépend tous de ceux-là. Il y a aussi Flaubert, Zola, Maupassant… Je m’aperçois que je ne nomme que des écrivains réalistes ! Il serait préférable de citer ceux qui ne m’ont pas influencé : Joyce, Beckett ou Gabriel Garcia Marquez, même si je les admire énormément. Et je n’ai jamais eu d’inclination vers le surréalisme ou la littérature fantastique.

Quand écrivez-vous ? Tôt le matin ? Tard le soir ? La nuit ?

RUSSELL BANKS Le matin, jusqu’au milieu de l’après-midi. Je ne travaille pas chez moi mais dans un atelier où je ne fais rien d’autre. Je ne réponds pas au téléphone. Pas de courrier à ouvrir pour découvrir des factures à payer.

Avez-vous toujours un petit carnet de notes à la main ? Comment ça vient, tout ça ?

RUSSELL BANKS J’écris d’abord à la main avec un stylo Montblanc. Je commence toujours par prendre des notes sur un petit carnet noir, puis certains éléments se font jour dans un grand cahier noir en moleskine. Ensuite, je passe à l’écran.

Votre grand pays est ces jours-ci en proie à un grand spectacle politique féroce. Qu’en pensez-vous ?

RUSSELL BANKS Hillary Clinton va gagner au terme de l’élection la plus moche que j’ai jamais vue. Trump est le candidat le plus incompétent et dangereux qu’on ait jamais eu. Il exploite sans vergogne une situation qui a conduit beaucoup de gens, aux États-Unis, à se sentir exclus de tout. La candidature de Bernie Sanders répondait certes à un même état de fait, sauf que lui proposait un programme progressiste, éclairé et optimiste. Celui de Trump est violent, raciste, misogyne, plein de colère et de haine envers les migrants et les musulmans. Les désillusions qui se sont matérialisées au cours du dernier quart de siècle sont devenues une réalité à laquelle on ne peut plus échapper. Si je ne suis pas mécontent de voir une femme sur le point d’être élue à la présidence des États-Unis, je demeure profondément déçu parce qu’il s’agit d’une politicienne pragmatique on ne peut plus ordinaire. C’est le père de quatre filles qui vous parle ! J’espère que la Chambre des représentants basculera du côté des démocrates. Alors, seulement, des changements bénéfiques seront possibles, à commencer par les nominations à la Cour suprême. Obama a été empêché d’agir car le Sénat et la Chambre des représentants sont aux mains des républicains. Il n’a rien pu faire sur le contrôle des armes, la protection de l’environnement et la réglementation de l’industrie financière.

L’exploration des poches de misère des États-Unis

À partir des destins parallèles d’un petit Blanc insatisfait et d’une Noire vouée à l’exil, Russell Banks décrit sans peur un monde sans pitié.

Fils et petit-fils de plombiers, abandonné à l’âge de 12 ans par un père alcoolique, Russell Banks (76 ans), fervent partisan de Bernie Sanders avant de « devoir » soutenir Hillary Clinton, republie en France le roman qui l’y fit connaître il y a trente ans. L’histoire, qui court sur presque 500 pages, commence par une froide après-midi de décembre 1979 dans le New Hampshire, pour s’achever en février 1981 dans les quartiers glauques de Miami (Floride). Deux destins parallèles cheminent en permanence dans le texte, au fil de chapitres surmontés du dessin d’un « vévé » (sorte de symbole utilisé lors des cérémonies vaudoues) tracé par la main de l’auteur.

Il y a Bob Dubois, réparateur de chaudières dans l’Amérique blanche, rurale et périurbaine. Il est insatisfait et se montre timide « comme un gosse de la campagne ». « Je suis là, dit-il, à ramper dans des chaufferies et des sous-sols chaque putain de jour de ma vie ! » Un beau jour, sans crier gare, ce jeune ouvrier démonétisé décide de claquer la porte. Avec sa femme et ses deux filles, il part en Floride rejoindre son frère Eddie, débrouillard sans scrupule et raciste, qui lui promet monts et merveilles. Sur place, Bob voit « des Noirs en nombre pour la première fois depuis le service militaire ». Il bosse six jours sur sept en tant que magasinier dans le commerce de spiritueux de son frère, qui lui refile une arme, « au cas où un Negro voudrait braquer » la boutique.

Dans le même temps, l’Haïtienne Vanise Dorsinville, « à la peau très foncée, couleur de café juste moulu », flanquée d’un neveu et son nouveau-né dans les bras, quitte son île en proie à la pire des dictatures et ravagée par un ouragan. « Au-delà de la résignation », elle traverse la mer sur un rafiot de fortune, après avoir été violée à plusieurs reprises à fond de cale, par des passeurs, pour prix de son voyage. Pages insoutenables !

L’Amérique décrite il y a trente ans par Russell Banks ressemble terriblement à l’actuelle, avec son goût des armes et ses pulsions racistes. Le romancier adopte le parti pris narratif de la troisième personne. Cette convention empruntée à la littérature du XIXe siècle permet d’alterner le point de vue des personnages avec une vision extérieure en surplomb. Les laissés-pour-compte de tous bords sont passés au crible de leur être, par un auteur qui ne cesse de porter un regard lucide sur son pays. Il fouille ainsi sans peur les poches de misère, matérielle et spirituelle, des États-Unis d’hier et d’aujourd’hui. M. S.

  • Continents à la dérive, de Russell Banks, traduit de l’américain par Pierre Furlan. Actes Sud, 442 pages, 23 euros.
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14 janvier 2023 6 14 /01 /janvier /2023 06:34
Jacques Baudrier à Morlaix le samedi 8 octobre au débat transports-mobilités en Bretagne du PCF (photo Jean-Luc Le Calvez)

Jacques Baudrier à Morlaix le samedi 8 octobre au débat transports-mobilités en Bretagne du PCF (photo Jean-Luc Le Calvez)

Les zones à faibles émissions: les villes interdites aux pauvres ?

Depuis le 1er janvier 2023, les onze plus grandes villes françaises limitent la circulation des véhicules en fonction de leur niveau Crit’Air, avertissements et verbalisations à la clé. Contribution de Jacques Baudrier, maire-adjoint PCF de Paris.

Publié le Jeudi 12 Janvier 2023 dans la page débat de l'Humanité à l'initiative de:
 

Si la pollution est un problème de santé publique, la mise en place des ZFE est un scandale. Il faut des moyens pour changer de véhicule et pour les transports publics.

 

La pollution de l’air tue chaque année plus de 40 000 personnes en France. Il faut absolument combattre ce fléau sanitaire en réduisant les émissions de particules du secteur des transports et de la mobilité. La mise en place de zones à faibles émissions (ZFE) dans les 45 agglomérations françaises de plus de 150 000 habitants est une réponse à ce problème majeur de santé publique. Mais 10 millions de voitures seront interdites de circulation dans les grandes villes françaises dès le 1 er janvier 2025. Et de fait, les classes populaires seront touchées de plein fouet par cette mesure qui cible les voitures essence immatriculées avant 2005 et les voitures diesel immatriculées avant 2010.

Alors que les premiers contrôles automatisés seraient mis en place dès 2024, nous avons désormais la certitude qu’une majorité des personnes qui ne pourront plus utiliser leur vieille voiture n’auront pas accès à une alternative crédible au 1 er janvier 2025. C’est un scandale pour des millions de Français dépendants au quotidien de leur voiture et qui auront toutes les raisons de se révolter violemment face à tant de légèreté.

Certes, quelques aides publiques ont été mises en place pour aider à l’achat de véhicules moins polluants. Mais elles restent trop faibles. Déductions faites, un couple très modeste doit payer au moins 8 000 euros pour acquérir une voiture électrique d’entrée de gamme. Et pour les classes moyennes, les aides sont très faibles. De fait en l’état, les ZFE vont créer un tel soulèvement qu’elles seront inapplicables. Pour sauver cette politique de santé publique, il faut des moyens pour que des millions d’automobilistes puissent changer de voiture à moindres frais. Il faut investir pendant plusieurs années 5 milliards par an.

« Nous avons désormais la certitude qu’une majorité des personnes qui ne pourront plus utiliser leur vieille voiture n’auront pas accès à une alternative crédible au 1 er janvier 2025. »

Avec ces 5 milliards par an, l’État pourrait augmenter les aides à la conversion pour que tous les ménages à bas et moyen revenu disposent d’au moins 10 000 euros pour acquérir un modèle moins polluant, des voitures électriques ou de Crit’Air 1 neuves ou d’occasion.

Ces 5 milliards, il faut les financer, et il y a urgence. Aujourd’hui, de grandes entreprises et des ménages très aisés achètent chaque année des centaines de milliers de très grosses voitures qui consomment beaucoup d’énergie. Ils peuvent payer un malus au poids qui les inciterait à acheter des voitures moins lourdes, donc moins polluantes et rapporterait plus de 1 milliard par an. Bientôt, l’État va récupérer plusieurs concessions d’autoroutes. Ne pas les renouveler et les garder dans le giron de l’État permettraient de générer des milliards de recettes chaque année. Sans un investissement massif pour accompagner le changement du parc automobile, les ZFE seront inapplicables. Ce serait une catastrophe pour la santé publique.

Il faut des moyens pour plus de transports publics, pour plus de déplacements à vélo, il en faut aussi pour que chacun puisse rouler avec des voitures moins lourdes et beaucoup moins polluantes. Il y a urgence pour sauver des dizaines de milliers de vies.

« Un programme unitaire pour le climat », de Jacques Baudrier et Alain Pagano, éditions du Croquant, 2020.
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13 janvier 2023 5 13 /01 /janvier /2023 06:31
Retraites: Le recul de l’âge légal, une punition collective (L'Humanité, 11 janvier 2023)
Retraites. Le recul de l’âge légal, une punition collective

L’exécutif a présenté son projet de réforme des retraites, qui repousse le départ de 62 à 64 ans sous prétexte de réaliser des économies. Les concessions mises en scène sont autant de mesures cosmétiques destinées à faire avaler la pilule. Notre décryptage des annonces.

Mercredi 11 Janvier 2023 - L'Humanité
 

« Regarder la réalité en face. » L’argument, usé jusqu’à la corde par tous ceux qui ont réformé notre régime de retraites depuis 2010, a été resservi, mardi soir, par la première ministre lors de sa conférence de presse. Sans surprise, Élisabeth Borne a placé son projet sous le signe de la « préservation » d’un système menacé: « Laisser accumuler les déficits serait irresponsable », a-t-elle lancé gravement.

Travailler plus longtemps deviendrait le seul horizon responsable. Le ministre de l’Économie a brandi dans la foulée des chiffres destinés à faire peur: en 2030, le système accuserait un déficit de 13,5 milliards d’euros. Inquiétant, vraiment? Pas si on rapporte ce chiffre au PIB, ce que se refuse à faire le ministre.

Selon le Conseil d’orientation des retraites (COR), le déficit du régime oscillerait entre 0,5 et 0,8 point de PIB seulement, jusqu’en 2032. Ces résultats « ne valident pas le bien-fondé des discours qui mettent en avant l’idée d’une dynamique non contrôlée des dépenses de retraites », précise le COR, limpide. Évidemment, l’exécutif ne l’a pas cité.

1 200 euros minimum, seulement pour les carrières complètes

« Préserver le pouvoir d’achat » des retraités. Brandissant les principes de « progrès » et de « justice », la première ministre Élisabeth Borne a annoncé que le projet du gouvernement sera assorti d’une augmentation du montant de la pension minimale pour les futurs retraités touchés par sa réforme comme pour les actuels. Au lieu de 75 % du Smic aujourd’hui, son montant pour les personnes ayant validé une carrière complète sera porté à 85 % du salaire minimum à partir de septembre 2023, soit environ 1 200 euros. Selon l’exposé des ministres, les pensions seront dès lors « indexées » sur l’évolution du Smic.

Si les membres de l’exécutif ont assuré que la mesure visera à garantir « une retraite digne » après « une vie de travail », selon les mots du ministre du Travail Olivier Dussopt, les syndicats sont loin d’accueillir la disposition avec bonheur. « 1 200 euros, c’est à peine au-dessus du seuil de pauvreté fixé à 1 128 euros », s’agace dans un communiqué le « groupe des 9 », rassemblant des syndicats et associations de retraités. La mesure peine d’autant plus à convaincre qu’elle exclura, telle qu’elle a été annoncée, bon nombre de retraités aux petites pensions. « Nous promettre une pension de 1 200 euros minimum est un miroir aux alouettes puisqu’elle n’est prévue que pour les carrières complètes », déplore ainsi Didier Hotte, de l’UCR-FO. Les personnes n’ayant pas cotisé le nombre de trimestres requis ne seront en effet pas concernées. Cette exclusion de la mesure touchera surtout les femmes: selon l’Insee, en 2016, seules 49 % des femmes retraitées avaient validé une carrière complète, contre 75 % des hommes retraités.

Des carrières longues qui vont s’allonger

« Un système juste, c’est permettre à ceux qui ont commencé de travailler tôt de partir plus tôt », a assuré Élisabeth Borne. Le gouvernement entend « adapter » le dispositif carrières longues pour accompagner le recul à 64 ans de l’âge légal de départ à la retraite. Créé en 2003, ce mécanisme dérogatoire permet à ceux qui ont cotisé suffisamment de trimestres avant leurs 16 ans ou leurs 20 ans de liquider leurs droits de manière anticipée, à 58 ans ou 60 ans dans le régime actuel. Dans le système envisagé par le gouvernement, les personnes éligibles devront attendre 60 ou 62 ans, en fonction de l’âge auquel elles ont commencé à travailler. Seuls ceux qui ont commencé à travailler avant 16 ans pourront partir à 58 ans.

À écouter la première ministre, ces mesures rendront « plus juste et plus lisible » le régime de retraites français. Pourtant, elles entérinent un allongement de la durée du travail pour ceux qui ont commencé très tôt leur vie active et exercent souvent des métiers difficiles et éprouvants. Dans le nouveau système, par exemple, un ouvrier du BTP qui travaille depuis l’âge de 18 ans devra rester en emploi pendant 44 ans, davantage, donc, que la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d’un taux plein. Le gouvernement précise cependant « qu’aucune personne ayant commencé à travailler tôt ne (sera) obligée de travailler plus de 44 ans ».

Autre annonce: les « périodes de congé parental » seront désormais « prises en compte » dans le calcul des carrières longues, ce qui permettra que « davantage de Français (soient) concernés par le dispositif ». Près de 125 000 personnes en ont bénéficié en 2021.

Triple peine pour les seniors

Deux ans de plus à trimer. Et un index cosmétique pour encourager les entreprises « à leur faire plus de place ». Le gouvernement s’est montré pingre en « nouveaux droits » pour faire passer la pilule de cette réforme auprès des travailleurs dits seniors. Première peine: l’âge légal reculant, les travailleurs seniors seront donc forcément plus nombreux sur le marché du travail. Or, comme l’explique l’économiste Michaël Zemmour, les précédentes réformes qui ont reculé l’âge légal de départ ont toutes eu pour conséquence « que ceux qui étaient toujours dans l’emploi à 60 ans y sont restés deux ans supplémentaires ; en revanche, ceux qui ne l’étaient plus ont vu s’allonger la période entre emploi et retraite  ». Le nombre de NER – soit les « ni en emploi ni en retraite » –, aux alentours de 1,4 million actuellement, devrait donc croître.

D’autant que, double peine, le gouvernement n’a rien prévu d’autre pour obliger les entreprises à favoriser l’emploi des seniors que la mise en place d’un index contenant quelques données chiffrées, devant servir de base à une négociation annuelle sur le sujet. La triple peine est réservée aux personnes nées entre 1961 et 1966 qui vont prendre de plein fouet l’accélération du calendrier de la précédente réforme Touraine augmentant le nombre d’annuités cotisées à 43 ans pour avoir une pension à taux plein.

Dans ce contexte, la facilitation du cumul emploi-retraite ou la mobilisation du compte de temps universel pour aider aux transitions professionnelles ne sont que des peccadilles. L’ouverture de la retraite progressive aux fonctionnaires ressemble, elle, à une provocation.

Pénibilité. Un parcours du combattant allongé de deux ans

La pénibilité, si elle est reconnue, permet de partir à la retraite au maximum deux ans avant l’âge légal. Ainsi, même pour les salariés qui remplissent tous les critères, les plus exposés feront valoir leurs droits à 62 ans au lieu de 60 actuellement. Et encore: les critères de pénibilité demeurent individualisés, donc difficiles à faire valoir.

Le gouvernement envisage certes bien de réintroduire dans le controversé C2P (compte personnel de prévention) deux des quatre critères que son prédécesseur dirigé par Édouard Philippe avait lui-même exclu en 2017: le port de charges lourdes et les postures pénibles. Mais seulement après consultation médicale. L’exposition aux vibrations mécaniques comme aux agents chimiques dangereux en reste exclue. Quelques critères se verraient aussi légèrement amendés: 100 nuits travaillées par an rapporteront des points pénibilité, contre 120 avant. Appel du pied à la CFDT qui réclamait la mesure, Élisabeth Borne a promis une « amélioration du C2P pour qu’il permette la reconversion professionnelle », via un congé de formation. Enfin, l’exécutif a annoncé la création d’un fonds d’un milliard d’euros qui financerait des plans de prévention de l’usure professionnelle, à négocier à l’échelle des branches.

La pénibilité pourtant n’est pas une question individuelle et les chiffres compulsés par la CGT parlent d’eux-mêmes: 2,7 millions de salariés sont exposés à un ou plusieurs agents chimiques cancérigènes ; 10,7 millions subissent des contraintes physiques marquées ; 4,8 millions connaissent des rythmes de travail atypiques ; près d’un sur 10 doit travailler de nuit… Ainsi, 13,5 millions de salariés sont exposés à au moins un de ces critères. Mais les seuils d’exposition sont tellement élevés qu’à peine plus d’1,5 million de Français ont un C2P et que 2 000 à 3 000 personnes seulement peuvent faire valoir leurs droits à la retraite anticipée chaque année.

Mise à mort programmée des régimes spéciaux

« Nous allons fermer la plupart des régimes spéciaux. » Ce mardi, Élisabeth Borne a donc poursuivi le travail de ses prédécesseurs. Après la SNCF, le gouvernement s’attaque aux « nouveaux embauchés à la RATP, dans la branche industries électriques et gazières (IEG) et à la Banque de France, au Conseil économique, social et environnemental, (ainsi qu’aux) clercs et employés de notaires », a précisé le ministre du Travail, Olivier Dussopt. À compter du 1 er septembre 2023, ces salariés seront affiliés au régime général pour la retraite, précise le gouvernement.

Pour les autres, « le décalage progressif de deux ans de l’âge légal et l’accélération de la réforme Touraine s’appliqueront aux salariés actuels des régimes spéciaux mais en tenant compte de leurs spécificités », précise le gouvernement. Cette période de « convergence se réalisera en concertation avec les entreprises concernées », a poursuivi le ministre. Ces systèmes, qualifiés d’ « archaïques » par Olivier Dussopt, sont les seuls à « reconnaître la pénibilité », rappelle Sébastien Menesplier, de la CGT mines et énergie, au travers des anticipations de départ à 57,5 ans et des bonifications pour travaux pénibles. D’autant que l’ « équilibre » est atteint pour les énergéticiens. Et que les comptes sont « excédentaires » pour la Banque de France. La Caisse de réserves enregistre une provision de 15 milliards d’euros, relève Hugo Coldeboeuf, de la CGT Banque de France. Une somme qui génère des recettes conséquentes pour l’État chaque année. L’annonce est un coup dur pour les salariés de l’institution, jusqu’ici alignés sur le régime de la fonction publique. La réforme pourrait avoir pour effet de baisser fortement leurs pensions.

Les 64 ans, retour vers les années 1970

Mardi soir, Élisabeth Borne a enfin abattu ses cartes: si le projet de loi est adopté, l’âge légal de départ en retraite sera relevé de trois mois par an dès septembre 2023, pour atteindre 64 ans en 2030 (contre 62 ans aujourd’hui). Dans le même temps, les salariés devront cotiser plus longtemps pour espérer toucher une pension à taux plein, avec l’accélération de la réforme Touraine. Datée de janvier 2014, cette réforme inscrit dans la durée le principe d’un allongement de la durée de cotisation nécessaire pour obtenir une retraite à taux plein. Cette durée est relevée d’un trimestre tous les trois ans jusqu’en 2035, pour atteindre 172 trimestres (c’est-à-dire quarante-trois ans) pour les générations nées en 1973 et suivantes. Le pouvoir macroniste veut mettre les bouchées doubles, puisque ce palier serait franchi dès 2027, soit dès la génération 1965.

Ces 64 ans, au lieu des 65 annoncés par le candidat Emmanuel Macron en 2022, sont une « concession » sans surprise: depuis plusieurs semaines, l’exécutif avait annoncé qu’il pourrait atténuer un peu la violence du choc. L’exécutif a opté pour une solution hybride, qui présente le double avantage pour lui d’abandonner le marqueur des 65 ans, jugé trop clivant, tout en arrachant le soutien de LR à l’Assemblée nationale. En effet, en novembre, le sénateur de droite René-Paul Savary avait déjà fait passer un amendement au projet de budget de la Sécurité sociale, qui consistait précisément à acter le passage aux 64 ans avec accélération de la réforme Touraine.

Il n’en reste pas moins que le recul social est patent: tous les salariés vont devoir travailler davantage, même ceux qui exercent les métiers les plus pénibles. En tournant le dos définitivement à l’acquis des 60 ans, voté par la gauche en 1981, l’exécutif propulse le pays dans une sorte de retour en arrière vers les années 1970, époque où l’âge de départ en retraite atteignait 65 ans… Pour l’instant, l’opinion publique s’oppose toujours à un tel scénario. 80 % des Français se disent hostiles aux 64 ans, selon un sondage publié par Odoxa ce lundi.

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13 janvier 2023 5 13 /01 /janvier /2023 06:25
Une bonne retraite, c’est nécessaire, possible et efficace ! - PCF
Une bonne retraite, c’est nécessaire, possible et efficace ! - PCF

 https://unebonneretraite.fr

L’unité la plus large, du front syndical, des forces de gauche et écologistes e

Une bonne retraite, c’est nécessaire, possible et efficace !

Fabien Roussel, avec le PCF, propose une réforme pour un droit à la retraite à 60 ans avec une pension à taux plein garantie pour une carrière complète, allant de 18 à 60 ans, avec prise en charge des cotisations pour les périodes de non travail (chômage, formation, études, congé parental, maladie, invalidité…).  Un projet alternatif plus juste, qui tient compte de la pénibilité, des carrières longues et qui est financé !

Comment  ? 

  • En faisant cotiser les revenus financiers des entreprises : plus de 40 milliards d’euros
  • En donnant de nouveaux pouvoirs aux salariés pour imposer une priorité aux salaires et à l’emploi dans la gestion des entreprises
  • En pesant sur le comportement des entreprises par une modulation des cotisations patronales
  • En rendant ainsi possible l’augmentation des salaires, l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, et donc l’augmentation des cotisations

Une vie pleine et entière avant comme après soixante ans : c’est le projet de société proposé par le PCF. Il passe par la construction d’un système de sécurité d’emploi et de formation (SEF – en savoir plus) pour toutes et tous conduisant à l’éradication du chômage.

Travaillons tous, travaillons moins, travaillons mieux.

Contre la retraite Macron, exigeons un référendum.

 

 

 

Brochure [pdf] ci-contre

Une bonne retraite, c’est nécessaire, possible et efficace
Non au recul de l’âge de départ

Dans la vie de tous les jours, quand il est question des retraites, et alors qu’un Français sur deux et les trois-quarts des 50-64 ans ont déjà effectué une simulation sur leur âge de départ à la retraite, deux questions sont le plus généralement posées : « Quand pourrai-je prendre ma retraite, à quel âge ? » et « Quel sera le montant de ma pension ? »

La jeune génération ne se pose le plus souvent aucune de ces deux questions ; tout comme les travailleurs ubérisés. Quand ils se projettent et qu’ils imaginent ce que pourrait être leur vie après le travail, ils doutent de la possibilité de bénéficier de notre système de retraite qui doit garantir « un niveau de vie satisfaisant, sécurisé et anticipé ». Quant aux retraités, beaucoup d’entre eux s’inquiètent de l’évolution de leur pension dans les années à venir. La population française refuse à une très forte majorité (les 3/4) le recul à 64 ou 65 ans de l’âge du départ à la retraite. Concernant les sujets de plus forte préoccupation, l’avenir du système social (santé et retraite) arrive en troi- sième position (26 %) derrière le pouvoir d’achat (54 %) et la protection de l’environnement (34 %).

Trente mois après l’échec de la précédente réforme des retraites, imposée par un 49.3 en février 2020 puis suspendue en mars avant d’être définitivement enterrée, Emmanuel Macron a ouvert son second quinquennat par une nouvelle offensive. Elle n’est plus « systémique » mais « paramétrique » alors qu’il n’avait cessé de dire, lors du premier quinquennat, qu’une réforme des retraites ne devait pas se faire sur des critères budgétaires. Il affiche une fermeté pour un recul de l’âge de départ. Il veut un recul progressif de 3 à 4 mois par an, pouvant aboutir à 64 et 65 ans en 2027 et 2031, avec une application dès 2023 pour les personnes qui peuvent prétendre à un départ en retraite l’an prochain (génération 1961). Emmanuel Macron et son gouvernement avancent sur un terrain qu’ils savent hautement explosif. Avec quels objectifs prioritaires ?

Politiquement, Emmanuel Macron veut poser un acte d’autorité, vis-à-vis de sa propre majorité relative, et vis-à-vis du pays tout entier et prendre date sur son ambition de redevenir un président « réformateur ». Il veut aussi rassurer les marchés financiers et la Commission européenne sur la trajectoire de son programme de stabilité avec de nouvelles limitations des dépenses publiques et sociales. Certes, il communique sur une « nouvelle méthode », pour davantage « d’écoute », de « diagnostics partagés », de « partenariats »... Mais il veut entraîner le pays, et rapidement, sur une injonction : travailler plus, plus jeune et plus longtemps (les réformes relatives à la formation, initiées avec la VAE et à venir avec les lycées professionnels, participent du même projet) pour relancer l’économie du pays, pour dégager des ressources nouvelles tout en réalisant des économies sur la dépense publique. Nous relions la contre-réforme des retraites avec celle de l’assurance-chômage, de Pôle-emploi, de la formation professionnelle. Ces différents chantiers dessinent une opération de grande envergure contre le monde du travail.

Ainsi, il faudrait « allonger le temps de travail pour assurer l’équilibre fi- nancier de notre système de retraite », « travailler plus car l’espérance de vie aug- mente », « travailler plus pour vivre mieux en finançant des politiques publiques ».

Nous récusons l'argument démographique :

pour les 40 années à venir, la part des plus de 65 ans devrait certes augmenter de 25% mais selon les prévisions officielles les richesses créées devraient augmenter de 60% en euros constants. Le travail va donc continuer à être plus efficace chaque année. La question est donc : pour nourrir les profits, faut-il épuiser ceux et celles qui travaillent ? Macron feint de plaider pour les budgets de la santé, de l’environnement, de l’éducation, du grand âge et de la sécurité. Mais depuis quand notre système de retraite doit-il servir à financer d’autres politiques publiques ? Faut-il travailler plus longtemps pour financer nos hôpitaux ? Mais comment faire croire que les économies potentiellement réalisées par un recul de l’âge légal seront en mesure d’assurer le financement d’un tel périmètre de politiques publiques ? Et d’autant plus quand le recul de l’âge de départ, par exemple de 62 à 64 ans, aurait comme conséquence un supplément de dépenses sociales, hors retraites, de 7,2 milliards par an. En mélangeant sans vergogne, les budgets sociaux et le budget de la Nation, le macronisme poursuit une offensive idéologique qui bascule dans une étape inédite. Quand on veut à ce point voler les mots, les héritages, à commencer par celui du Conseil National de la Résistance, c’est que l’affrontement de classes est plus que jamais d’actualité. En face, ils veulent en finir et dire « adieu à 1945 ». Il s’agit là de la promesse d’un immense jackpot pour les assurances privées.

À n’en pas douter, c’est un projet néolibéral, un projet de combat, idéologique avec des dimensions autoritaires, avec sur le dossier des retraites, la volonté de faire travailler plus et plus longtemps, pour exploiter cette force de travail jusqu’à l’épuisement, alors que ce sont les gains de productivité réalisés après la deuxième guerre mondiale qui ont permis les progrès de notre système de retraite. Macron porte un projet vraiment antisocial.

 

Méthode et calendrier du projet macronien
Pourquoi une telle précipitation ?

L’exécutif a finalement opté pour un « cycle de concertations » avec un bilan avant Noël, pour adopter un projet de loi avant la fin de l’hiver, et une mise en œuvre de la réforme au début de l’été 2023. Il a renoncé à introduire le recul de l’âge légal de départ via un amendement gouvernemental au PLFSS 2023 qui est passé en force avec le 49.3. Les enquêtes d’opinion indiquent qu’une très forte majorité dans le pays ne veut pas d’un tel passage en force, la méthode a été très vivement dénoncée par les partenaires sociaux et au sein même de l’alliance macroniste, avec un Bayrou alertant sur les risques de l’autoritarisme. Le pouvoir présente le recul de l’âge légal comme un élément non négociable, non discutable. Comment alors engager une négociation, ouverte aux onze organisations syndicales et patronales siégeant au COR, en voulant imposer, avant même les premiers échanges, le recul de l’âge de départ ?

Quant au calendrier, les trois cycles thématiques devraient être bouclés à la mi-décembre - soit trois semaines par blocs de question -, puis le gouvernement mettrait sur la table des « conclusions formalisées » qui serviraient de base au projet de loi déposé dans la foulée au Parlement. Mais l’exécutif peut ressortir un amendement lors d’un PLFSS rectificatif début 2023 accompagné d’un nouveau 49.3... Si une motion de censure est votée, E. Macron a menacé d’une dissolution immédiate.

L’étatisation des régimes sociaux pour écarter les partenaires sociaux de la gestion des ressources, comme la confusion nourrie par l’exécutif entre budget de la Nation et budgets sociaux, sont trop peu évoquées dans les commentaires journalistiques, c’est pourtant un sujet essentiel.

Le calendrier proposé veut installer l’idée d’une urgence à réformer notre système de retraites.

Pourquoi une telle précipitation ?

Le système, actuellement excédentaire (900 millions en 2021 et 3,2 milliards en 2022, soit 0,1 point de PIB) pourrait enregistrer un faible déficit (de 0,5 à 0,8 point de PIB, soit 8 à 10 milliards, sur un montant total de 330 milliards) jusqu’en 2032. Le véritable objectif est de réduire les dépenses publiques. Mais le COR indique que les dépenses de retraites sont dans une dynamique sous contrôle retrouvant l’équilibre en 2040. Il note aussi qu’elles ne semblent pas compatibles avec les engagements que le gouvernement a inscrits dans le programme de stabilité (juillet 2022) avec l’objectif de limiter l’augmentation des dépenses publiques, et donc de faire baisser la part de ces dépenses dans le PIB. Or, si pour le gouvernement, comme pour le COR, la part des dépenses de retraites dans le PIB serait stable, selon le COR lui-même, elle est beaucoup trop élevée pour tenir les engagements auprès de Bruxelles. Le calcul est simple : alors que la part des retraités dans la population augmente, refuser d’augmenter la part de PIB pour les retraites signifie programmer leur appauvrissement. C’est déjà le cas puisqu’en 2019, le montant brut moyen de pension de l’ensemble des retraités de droit direct représentait 50,1 % du revenu d’activité moyen. Selon les différentes hypothèses de croissance, cela devrait descendre jusqu’à 45 % entre 2032 et 2038. Cela creuse un peu plus l’écart entre ceux qui peuvent se constituer un complément de retraite (organismes privés de pré- voyance, patrimoine immobilier) et les autres. C’est une rupture avec notre système de retraite qui doit garantir « un niveau de vie satisfaisant, sécurisé et anticipé ».

 

Les mensonges de Macron
  • « J’ai été élu pour mettre en œuvre cette réforme. » :

NON, une grande partie des électeurs qui se sont mobilisés au second tour de l’élection présidentielle ont d’abord voté contre Marine Le Pen.

  • « Une réforme des retraites pour permettre d’augmenter le niveau des pensions à 1 100 euros nets. » :

FAUX, un simple décret permet d’augmenter le niveau des pensions. Pas besoin de réformer le système actuel.

  • « Le déficit de 8 à 10 milliards d’euros de notre système des retraites impose cette réforme. » :

FAUX, le déficit de 8 à 10 milliards sur 230 milliards est modeste. Le COR annonce que le régime reviendra à l’équilibre en 2040. Il suffirait, par exemple, de puiser seulement cette somme dans les 130 milliards de réserves des retraites complémentaires.

  • « Cette réforme est une mesure de justice. Tout le monde doit travailler plus longtemps. » :

TRADUCTION : nous nous attaquerons aux régimes spéciaux. Bon courage pour donner envie aux jeunes de travailler dans ces métiers pénibles !

  • « C’est une réforme qui permettra de dégager des ressources supplémentaires. » :

En sachant qu’un sénior sur deux est au chômage, si l’âge de départ en retraite augmente, beaucoup d’entre eux devront être pris en charge par la solidarité, c’est-à-dire par le RSA versé par les départements. Une honte !

  • « Les carrières longues seront protégées. » :

FAUX, si l’âge de départ recule, celles et ceux qui peuvent aujourd’hui partir à 60 ans s’ils ont cotisé 5 trimestres avant l’âge de 20 ans, partiront à 62 ans avec la réforme Macron.

  • « Nous n’avons pas d’autres moyens que de faire travailler plus longtemps les Français pour dégager des ressources. » :

ARCHI FAUX ! Lisez ce document, écoutez les syndicats et vous verrez que beaucoup de proposi- tions sont sur la table pour améliorer notre système de retraite par répartition.

Un simple exemple ? En permettant à 10 % des séniors actuellement au chômage de travailler, le système de retraite actuel gagne 10 milliards de recettes en plus. Il est de nouveau équilibré sans aucune mesure d’âge !

 

Riposte et unité syndicale

Dans une déclaration commune datée du 4 octobre, l’intersyndicale interprofessionnelle demande au gouvernement de préciser ses intentions, ses éléments de diagnostics, la méthode de concertation et ses objectifs. Attachées au système par répartition, les organisations syndicales veulent des concertations « loyales et transparentes pour plus de justice sociale » et celles-ci doivent « porter sur les dispositifs de carrière longue, de pénibilité et d’usure au travail, de transition emploi retraite et de fins de carrière, d’emploi des séniors, de minimum retraite, de financement du régime et d’égalité femme/homme ». La déclaration commune rappelle qu’un salarié sur deux arrivant à l’âge de départ à la retraite n’est déjà plus en activité. Toutes mesures d’âges ne feraient que précariser encore les futurs travailleuses et travailleurs.

L’ensemble des organisations syndicales, auditionnées par les groupes de gauche et écologistes du Sénat et de l’Assemblée nationale, avec la participation de Fabien Roussel, Cathy Apourceau, Pierre Dharréville et Yannick Monnet ont rappelé qu’elles n’accepteraient aucune mesure d’allongement de durée de cotisation ou d’âge de départ. Cette unanimité est importante pour refuser la réforme gouvernementale. Elles ont aussi proposé plusieurs mesures visant à améliorer le niveau des pensions, la prise en compte de la pénibilité, les inégalités femmes/ hommes ou la prise en compte des carrières hachées et incomplètes.

Pour le PCF, une réforme des retraites est nécessaire
La vie à 64, 65 ans et plus…

Aujourd’hui, un très grand nombre de personnes vivent de plus en plus dans une situation précaire dans cette période charnière qui va de la fin de l’emploi au départ en retraite. Les employeurs se séparent des séniors et embauchent difficilement au-delà de 50 ans. Un sénior sur deux dans la tranche 50-64 ans est au chômage. Et dans la situation actuelle, faire travailler plus longtemps les seniors ne crée pas d’emploi supplémentaire. Par contre, comme l’écrit le COR, cela peut avoir comme conséquence une augmentation du chômage des jeunes, un accès plus difficile à l’emploi pour les chômeurs et les femmes.

En termes de santé, d’espérance de vie, de taux d’emploi, comment vivent les Français à cet âge qui pourrait devenir la nouvelle frontière entre activité et retraite ? 64 / 65 ans, c’est l’âge où arrivent les premières pathologies, les premières comorbidités, les premiers décès d’amis du même âge. C’est l’apparition des premières incapacités. Dans ce tableau général, les inégalités sociales donnent à voir une situation très sombre. Parmi les 5% les plus pauvres dans la population française, un quart est déjà décédé avant 62 ans. Un quart encore des hommes les plus pauvres ne peut espérer aujourd’hui vivre à la retraite plus de 10 ans. Alors avec un âge de départ à 65 ans, c’est deux ou trois ans de moins pris dans ce temps où la fin d’une vie est quasiment concomitante avec la fin de la vie au travail. Il faudra dire ce qui est bien plus qu’une brutalité, qu’une violence sociale. Pour les plus fragiles dans notre société, ceux qui ont connu les métiers les plus difficiles, les moins valorisées et rémunérés, ceux qui terminent avec le corps cassé et la tête explosée, les quelques années à la retraite ne seront plus qu’un compte-à- rebours en accéléré. Il ne s’agit pas ici de situations marginales, il est question de millions de personnes, qui n’auraient qu’une retraite in extremis.

 

Il nous faut poser avec force cette question de civilisation.

Au XXIe siècle, la retraite ne doit pas être un couperet entre une période où le capital exploite les personnes comme on presse un citron et une période où les personnes âgées sont tenues à l’écart de la vie sociale. L’âge de la retraite doit devenir un moment où, comme tout au long de la vie, chacune et chacun, aura la possibilité de développer pleinement ses capacités de participer activement à la vie sociale, politique et culturelle, d’enrichir les autres de son expérience et de s’enrichir des échanges avec eux.

Une bonne retraite, avec de meilleures pensions et une nouvelle place des personnes âgées dans la société fait partie de notre projet de société où « le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous ».

La retraite à 64 ou 65 ans serait une régression et une injustice pour de très nombreuses personnes.

Un exemple : dans notre pays, une salariée sur quatre exerce dans les métiers du soin et du lien. Il a été beaucoup question de ces femmes lors de la crise sanitaire. Elles, les essentielles des métiers qui le sont tout autant. Elles qui, malgré les engagements pris sur le « monde d’après-Covid » ne sont toujours pas prises en considération, qui subissent les bas salaires, des mauvaises conditions de travail, la pénibilité et aussi la perte de sens du travail. Pour elles, la réforme Macron serait une atteinte de plus. De trop. La France de 2030, c’est des aides-soignantes dans les couloirs des hôpitaux jusqu’à 65 ans ? Pareil pour les aides à domicile, les personnels dans les Ehpad ? Et pour quel niveau de pension ? Dans leur vie professionnelle, les femmes subissent de nombreuses contraintes au travail qui, non seulement ne permettent pas de construire une carrière dans de bonnes conditions, mais qui en plus privent le monde du travail de compétences, de talents et de forces considé- rables. Si le taux d’emploi des femmes et leurs rémunérations étaient égaux à ceux des hommes, le PIB de la France ferait un bond de 6,9 % !

 

Les grands principes

Avant d’aborder notre projet alternatif pour une bonne retraite, une retraite universellement juste, il est utile de rappeler ici quelques grands principes. Les retraites sont un bien social commun dans la filiation directe du Programme des jours heureux du Conseil National de la Résistance. C’est de cela dont le macronisme, la droite et l’extrême droite ne veulent pas. Les ressources de la protection sociale et des caisses de retraites sont celles qui sont créées par ceux qui travaillent. Le capital seul ne crée aucune richesse sans le travail humain. Et l’État lui- même ne redistribue à la population que ce qu’elle lui a donné. Le droit à la retraite est un pilier du pacte social, un droit à une nouvelle période de vie dégagée des contraintes du travail prescrit, une période nouvelle libérée de la nécessité et ouverte sur des potentialités de libre activité. Une population en bonne santé, qui a du temps libre et qui peut bénéficier de ressources correctes quand l’âge de la retraite arrive est un élément clé de la société pour son développement. Les retraites ne sont donc pas une charge sociale mais un outil de Sécurité sociale tourné vers le progrès. Les retraités participent à la vie de la société et y apportent une contribution indéniable. Leur sort est le reflet du développement de notre civilisation. Il dit là où nous en sommes et le chemin que nous voulons prendre.

La retraite constitue donc un droit pour chaque personne.

Les cotisations qu’elle a versées tout au long de sa vie professionnelle ne sont pas un titre de propriété sur une part de capital soumis aux fluctuations du marché et aux éventuelles faillites mais bien un droit protégé et garanti par la Nation, selon le principe « de chacun selon ses capacités à chacun selon ses besoins ». C’est pour cela que nous sommes contre toute évolution vers une retraite par capitalisation telle que le proposait encore récemment Macron avec son système « à points ». Le mouvement social puissant et rassemblé l’a fait reculer.

Nous sommes contre la fiscalisation qui lierait les retraites et la situation aléatoire des finances publiques. Nous nous prononçons pour un système de retraite par cotisations, sécurisé et pérenne. Pour cela le mieux est un système universel, démocratique – c’est-à-dire géré par les cotisants eux-mêmes – et solidaire. Ce système ne doit laisser personne sur le bord du chemin. Les régimes spéciaux doivent servir de point de repère pour améliorer la situation de tous. La pénibilité doit enfin être reconnue, évaluée et prise en compte réellement. Il faut revaloriser immédiatement les retraites les plus basses. L’âgisme qui repousse les personnes âgées hors de la société doit être combattu.

C’est donc une nouvelle étape qu'il faut franchir.

Il faut s’attaquer aux inégalités sociales par rapport à la vieillesse. L’égalité de salaire femme / homme est une urgence. Il faut établir un fonctionnement économique qui assure aux femmes une continuité de carrière en résorbant ce système haché qu’elles vivent aujourd’hui. Allons vers une société libérée du chômage et non pas un chômage résiduel à 5% comme Macron le propose aujourd’hui. En effet, le développement du chômage et des emplois précaires est au cœur de la montée des inégalités sociales, des bas salaires, de la pauvreté et de la crise du finan- cement des retraites. Une articulation nouvelle entre une politique de la retraite et une sécurisation de l’emploi et de la formation est à mettre en place.

Une nouvelle conception de la protection sociale doit être mise en avant. La protection sociale conçue comme un marché est une impasse. Les pressions permanentes pour réduire le rapport salaires / valeur ajoutée au profit de cette dernière doivent cesser. Et les exonérations de cotisations patronales, toujours plus importantes, supprimées. L’Europe néolibérale comme cadre politique et économique doit revoir sa copie. Ce qui vient de se passer en Suède, puis en Italie est une nouvelle alerte sur l’urgence à changer de cap. Enfin, l’inflation qui refait surface et abaisse les niveaux de vie doit être maitrisée car elle est en 2022 l’outil majeur du recul relatif des pensions et de la baisse du niveau de vie. Il faut donc une indexation sur les salaires et le niveau d’inflation pour garantir les retraites.

Le financement des retraites,
c'est un problème de recettes et pas de dépenses.

Dans la continuité des politiques d’allègement du prétendu « coût du travail » mises en œuvre depuis trente ans, le Gouvernement actuel a organisé l’assèchement des ressources de la Sécurité sociale, en créant de nouvelles exonérations de cotisations sociales sans les compenser aux caisses concernées pour un montant de 3 milliards d’euros par an. Au total, les politiques d’« allè- gements sociaux » grèvent les finances publiques de 66 milliards d’euros chaque année pour une efficacité jamais démontrée.

 

Une bonne retraite

Une réforme pour une bonne retraite est possible et nécessaire. Le programme présidentiel des « jours heureux » proposait une loi pour rétablir la retraite à 60 ans à taux plein avec une pension à 75 % du revenu net d’activité.

Dans le privé sur les 10 meilleures années ; pour le public, un droit d’option la plus favorable entre les dix meilleures années de salaires avec les primes, ou les six derniers mois de traitement indiciaire ; un départ à 60 ans avec une pension à taux plein garanti pour une carrière d’activité, allant de 18 à 60 ans, avec une prise en charge des cotisations pour les périodes de non travail (chômage, formation, études à partir de 18 ans, congé parental, maladie, invalidité) ; le rétablissement des bonifications pour enfant à charge ; des départs anticipés pour les personnes exerçant des métiers pénibles ou ayant des carrières longues.

En février 2020, Pierre Dharréville et le groupe à l'Assemblée nationale ont déposé une proposition de loi « Pour une retraite universellement juste »

Cette PPL, qui sera redéposée, présente « un système à prestations garanties », fondé sur la solidarité intergénérationnelle qui assure un taux de remplacement (rap- port entre la pension et les salaires) élevé et prévisible pour tous dès le début de carrière. Elle envisage de mieux reconnaître le travail et la qualification qu’il requiert, en prenant en compte dans la carrière complète les périodes de formation (initiale comme continue). Elle harmonise vers le haut les droits à la retraite des différents régimes en se fixant à terme de mettre en œuvre l’ambition originelle de la Sécurité sociale : l’élargissement du régime général dans le respect des spécificités des métiers et des sujétions de service public.

Dans ce cadre, le régime général serait étendu en intégrant les régimes complémentaires des salariés du privé (Agirc Arcco) et des contractuels de la fonction publique (Ircantec). Le régime spécifique des fonctionnaires serait maintenu et amélioré avec la possibilité de prendre en compte les primes dans le calcul de la pension et le relèvement des droits familiaux. Elle s’inscrit dans l’objectif de réduire le temps de travail prescrit. Ce principe implique de garantir un vrai temps de retraite en bonne santé et donc d’abaisser l’âge de départ au dessous de l’espérance de vie en bonne santé. Cette proposition de loi poursuit l’objectif de corriger les inégalités présentes dans le monde du travail en prenant mieux en compte les écarts de salaires, les carrières courtes et les interruptions d’activité. Elle crée des droits nouveaux en matière de reconnaissance de la pénibilité pour résorber les inégalités d’espérance de vie et garantir au plus grand nombre un départ en bonne santé. Elle assure un haut niveau de solidarité en relevant le minimum de retraite, en reconnaissant les périodes de chômage et de formation, et en valorisant les périodes d’implication familiale (maternité, paternité, aide à un proche en perte d’autonomie).

Elle garantit des ressources suffisantes au profit du système des retraites en réaffirmant la place essentielle de la cotisation sociale tout en élargissant l’assiette de financement. Ces ressources seront encore plus importantes si nous mettons en place toutes les conditions économiques pour créer de nouveaux emplois, augmenter les salaires et appliquer réellement l’égalité salariale entre les femmes et les hommes. Ce sont autant de moyens d’accroître les rentrées de cotisations sociales et d’assurer la pérennité de notre modèle de protection sociale. Enfin, elle renforce les pouvoirs des salariés en accordant un rôle central aux organisations syndicales salariales représentatives en matière de gestion et de pilotage. Fermement opposés à l’étatisation de la protection sociale, nous estimons que le principe de participation des travailleurs est le corollaire de l’objectif d’unification des régimes et d’harmonisation des droits.

Nous ne pouvons présenter ici de manière exhaustive l'ensemble des articles qui structurent la proposition de loi.

3 objectifs :

  • Garantir un bon niveau de vie des retraités actuels
  • Fixer à 60 ans l’âge légal de départ en retraite
  • Créer un dispositif de pénibilité afin de garantir un départ à la retraite anticipé

Rapidement, les éléments-clés déclinés en trois objectifs constituent les trois titres du texte : garantir un bon niveau de vie des retraités actuels ; améliorer les droits contributifs et solidarités de notre système de retraite par répartition ; et consolider son financement grâce à une meilleure répartition des richesses produites. Sur le second objectif, la PPL propose de fixer à 60 ans l’âge légal de départ en retraite. Les premiers assurés concernés seraient les personnes nées en 1960. En conséquence, tous les dispositifs légaux qui permettent des départs avant l’âge légal sont désormais déterminés par rapport à cette nouvelle référence de 60 ans. Ainsi, il sera possible de partir à 58 ans à taux plein avec le dispositif « carrières longues » pour les personnes qui ont commencé à travailler avant 20 ans, et à 55 ans au titre du nouveau dispositif « pénibilité » que nous proposons.

Cette PPL abaisse la durée d'assuraance nécessaire pour atteindre le taux plein.

Alors que le système actuel prévoit que la durée de cotisations atteindra 43 ans à compter de la génération 73, nous proposons de fixer cette durée à 40 ans pour mieux refléter les durées réelles d’activité, tout en reconnaissant, par la validation de trimestres, les périodes d’études après 18 ans, d’alternances, de stages rémunérés ainsi que les périodes de chômage indemnisé et non-indemnisé.

Nous proposons à moyen terme de supprimer le critère de durée d’assurance pour le calcul de la retraite pour retenir seulement la notion de carrière complète. Ce changement implique que toutes les périodes d’activité professionnelle, d’études, de formation et « d’inactivité » subie, comprises entre l’âge de 18 ans et de 60 ans, seraient valorisées pour garantir le droit à la retraite. Seules les périodes « d’inactivité » choisies pour convenance personnelle par le salarié ne seront alors pas validées au titre de la retraite. Le droit à une retraite pleine et entière dès l’âge de 60 ans deviendra dès lors accessible à tous les salariés sans exception sous la seule condition d’être resté « actifs » au sens défini de leur sortie du cycle d’études secondaires jusqu’à l’âge de 60 ans. Enfin nous voulons créer un nouveau dispositif de pénibilité afin de garantir un départ à la retraite anticipé à ceux qui ont été exposés pendant une certaine durée à des conditions de travail pénibles au cours de leur carrière. Pour assurer un temps suffisant de retraite en bonne santé, il permet aux travailleurs concernés de partir à l’âge de 55 ans, contre 60 ans dans le système actuel, après avoir effectué 15 ans dans un travail pénible. Cet article renvoie à des négociations au sein de chaque branche professionnelle, le soin de déterminer les métiers et les emplois pénibles. De manière dérogatoire, des droits supplémentaires pourraient aussi être accordés aux travailleurs ayant occupé des métiers exceptionnellement pé- nibles. En outre, il est prévu que les organisations syndicales engagent une négociation nationale interprofessionnelle tous les cinq ans pour adapter le dispositif de reconnaissance de la pénibilité à l’évolution des emplois et des conditions de travail. Cette PPL traite des périodes de référence, des décotes, du minimum de cotisations nécessaires pour valider un trimestre, du dispositif de retraite progressive, des droits familiaux, des aidants, du minimum de retraite pour une carrière à 100 % du Smic net, des règles de réversion.

 

La bataille du financement

Pour une telle réforme, il faut dépenser plus pour les retraites. C’est nécessaire et c’est possible, et il faut en faire méthodiquement la démonstration avec des propositions claires et précises. La bataille du financement est véritablement centrale. Commençons par tordre le cou à deux idées fausses qui servent à cadenasser le débat et à en limiter la portée en termes d’alternatives :

la première est mise en avant par le pouvoir :

l’état des Finances publiques exigerait que les Français « fassent des efforts », une série de sacrifices sur leurs retraites. En réalité, le système économique capitaliste a été capable de supporter un doublement des dépenses de retraites en proportion du PIB entre 1960 et 1980. Il ne peut plus le supporter aujourd’hui parce qu’il est en crise. Pour maintenir la rentabilité du capital, ils n’ont pas d’autres choix que de tenter de réduire non seulement les salaires mais aussi le financement des services publics, et celui de la Sécurité sociale.

l'autre idée fausse est de suggérer qu'il n'y aurait pas de problème de financement des retraites.

Ce n’est pas le cas. Il faut bien prendre les mesures des mutations qui sont en train de se produire, en accéléré, sous l’effet d’un cumul de crises, sanitaires, climatiques, économiques, financières, politiques. Le statu quo est donc impossible. Et il n’est pas souhaitable.

Pour un départ à 60 ans pour tous, avec 75 % du dernier salaire et après 40 ans de cotisations prenant en compte les années d’études, il faut un grand débat public national permettant de faire la lumière sur l’ampleur des ressources financières pour la mise en œuvre d’une réforme progressiste des retraites. Un départ effectif à 60 ans implique une forte augmentation du nombre de personnes à qui il faut servir une pension, et le calcul du montant des pensions sur une base favorable augmente le montant global des pensions à verser.

Différentes autres dispositions de notre réforme (reconnaissance de la pénibilité, prise en compte des années d’études dans la durée de cotisations, égalité femmes-hommes en matière de retraites comme en matière de salaires) conduisent également à relever le montant global des dépenses de retraites. Les différentes évaluations disponibles, d’origines syndicales et autres, convergent pour admettre que cela correspondrait à une augmentation des dépenses de retraites à terme d’au moins 100 milliards d’euros par an, soit quelques 4 % du PIB. C’est le chemin que nous voulons prendre pour parvenir à cet objectif.

Nous proposons donc de prendre le temps d’engager une série de réforme pour consacrer une part accrue des richesses au financement des retraites. Ces réformes doivent également permettre de dégager des ressources pour nos services publics, mais il y a bien d’autres dépenses publiques à développer pour répondre aux besoins. Il faut donc une part du gâteau plus grande pour les salaires, pour la Sécurité sociale et pour les services publics. Mais toutes ces dépenses ne peuvent être compatibles entre elles que si le « gâteau » est plus gros et surtout s’il est fabriqué avec une recette sociale et écologique, et non selon la recette capitaliste qui ne vise que le taux de profit le plus élevé pour les actionnaires et les financiers.

Pour le dire autrement, la réforme des retraites que nous proposons, associée au financement de politiques publiques et sociales ambitieuses, ne peut être réalisée seulement en changeant la répartition des richesses.

Cela exige de changer la façon de les produire.

Une autre gestion des entreprises, axée sur le développement de l’emploi et de la formation, permettrait d’aller vers l’éradication du chômage en commençant par créer, en cinq ans, 5 millions de vrais emplois dans les entreprises et dans les services publics, et d’engendrer des gains d’efficacité économique gigantesques par l’accès de tous à des formations professionnelles librement choisies et rémunérées au même niveau que les salaires.

Si, au cours de la même période, la part des richesses consacrées aux salaires et au financement de la Sécurité sociale revenait à son niveau d’avant la libéralisation financière des années 1980 (par la hausse des salaires et par la suppression progressive des exonérations fiscales et sociales dispensées au patronat par les gouvernements successifs depuis 1993), l’effet combiné de ces mesures et de l’augmentation de l’emploi et de la valeur ajoutée augmenterait de quelque 260 milliards d’euros les ressources disponibles pour le financement de la Sécurité sociale. Ce serait assez pour financer un système de retraites digne du XXIe siècle, tout en sortant le système de santé de sa misère actuelle.

L’objectif d’une éradication, à terme, du chômage par la voie d’une sécurisation de l’emploi et de la formation (SEF) pour toutes et tous est ainsi à la fois un objectif majeur de notre programme, et la clé économique de sa réalisation. Le principal obstacle, c’est le comportement des entreprises et des banques. Toutes leurs décisions sont dominées par la logique du capital (profit et accumulation). Nous proposons la conquête de nouveaux pouvoirs des salariés dans les entreprises sur les décisions d’embauche, d’investisse- ment, de recherche, de financement. Et des leviers d’action sur les entreprises pour les pousser à viser une production efficace de richesses utiles à l’ensemble de la population, et non les profits financiers et la baisse du coût du travail pour augmenter la rentabilité du capital.

 

Deux mesures sont centrales dans notre projet de financement des retraites
  • D’abord un prélèvement sur les revenus financiers des entreprises pour les dissuader de placer leurs profits en titres financiers et les pousser à les utiliser, plutôt, pour des investissements porteurs d’emplois et d’efficacité économique. Les revenus financiers des entreprises ont atteint 385 milliards d’euros en 2021, dont 98 milliards d’intérêts et 231 milliards de dividendes. Si ces revenus étaient soumis à un prélèvement au même taux que celui des cotisations patronales vieillesse sur les salaires, cela rapporterait à la Sécurité sociale 40 milliards d’euros la première année. Toutefois, l’effet attendu de cette mesure est une réduction des placements financiers des entreprises, et donc des revenus qu’elles en tirent. Le produit de ce prélèvement est donc appelé à fondre avec le temps. Il serait progressivement remplacé par les ressources nouvelles dégagées d’une création de richesses accrues et des salaires distribués à partir de ces richesses.
  • Nous proposons de moduler les cotisations patronales pour agir sur les entreprises et changer leur relation à l’emploi. Les exonérations de cotisations dont béné- ficie le patronat seraient progressivement supprimées.

En outre, à partir d’un taux de base qui pourrait être plus élevé qu’aujourd’hui, le taux de cotisation sociale employeur serait augmenté pour les entreprises dont la part du total salaires et dépenses de formation dans la valeur ajoutée diminue, ou augmente moins que la moyenne de leur branche. Les autres entreprises bénéficieraient du taux normal. L’incitation à accroître les salaires tendrait à augmenter la base des cotisations en valeur ajoutée produite et leur assiette salariale ; et donc la masse des cotisations.

Deux autres leviers d'action sur les gestions d'entreprises concourraient au même résultat :
  • Une modulation du taux de l’impôt sur les sociétés en fonction du respect par les entreprises de critères précis en matière économique (création de valeur ajoutée en économisant le capital matériel et financier), sociale (emploi, formation, salaires) et écologique (économies d’énergie et de matières premières).
  • Une réorientation du crédit bancaire et de la politique monétaire pour faire baisser l’influence des marchés financiers et le coût du capital, et pour favoriser les investisse- ments porteurs d’emplois de qualité.

Au total, si les dépenses de retraites étaient augmentées de 100 milliards d’euros au bout de cinq ans, elles passeraient de 14 % du PIB de 2020 à 16 % du PIB de 2025. La part de création de richesses consacrée aux retraites serait plus grande, mais ce ne serait pas au détriment des autres parts puisque les richesses augmenteraient elles aussi.

 

L’enjeu démocratique

Pour un véritable débat démocratique, partout dans le pays, le gouvernement doit retirer son projet, ne pas imposer en force et dans l’urgence un recul de l’âge légal et accepter d’ouvrir en grand ce débat de société, à la hauteur de ce qui a été réalisé en 2005 sur le Traité constitutionnel européen. Si le pouvoir ne retire pas sa réforme pour imposer un recul de l’âge de départ, le PCF propose que l’avenir des retraites soit décidé par un référendum. C’est au peuple de décider.

Et c’est d’autant plus important que le débat sur les retraites est étroitement lié aux questions décisives de l’emploi, du travail, des conditions de travail et de son sens, des salaires, de la création et de la répartition des richesses. En août dernier, Fabien Roussel a mis sur la table la proposition d’un référendum sur l’avenir des retraites, proposition relayée par le groupe GDR à l’Assemblée nationale, via une motion référendaire. Cet objectif est désormais partagé par tous les groupes de gauche et écologistes. Cette motion permettra de suspendre la discussion du texte afin que soit organisé un référendum si le Sénat approuve cette exigence démocratique.

Notre campagne pour « une bonne retraite »
et notre contribution à une dynamique unitaire

Nous proposons une campagne avec un mot d’ordre positif, une campagne pour « une bonne retraite ». Oui à une réforme mais pas celle pour un recul de l’âge de départ. Oui à une retraite à 60 ans mais rien ne sera possible sans une bataille de grande envergure pour son financement. Nous voulons mener une campagne positive, à l’image de celle de la présidentielle afin de donner à voir le modèle de société de progrès sous-tendu par notre réforme. L’idée est, au travers de la réforme des retraites, de démontrer l’affrontement entre deux projets, deux visions pour la France et l’avenir de la société. Pour cela, nous proposons de mettre au cœur de notre campagne une idée forte :

Une bonne retraite est possible.
  • Nous lançons une campagne nationale d’affichage. À cette campagne d’affichage s’ajoute un site internet : https://unebonneretraite.fr qui appelle au référendum sur la réforme Macron et donne à voir les détails de nos propositions pour financer le droit à la retraite à 60 ans.

L’unité la plus large, du front syndical, des forces de gauche et écologistes est une condition essentielle pour s’opposer à la contre-réforme Macron et pour mettre en oeuvre une réforme de progrès social. Comme nous l’avons fait il y a deux ans, sur le même sujet, nous soutiendrons et nous agirons pour donner le maximum de force à cette dynamique unitaire qui peut trouver des ressources citoyennes et populaires considérables.

Une bonne retraite, c’est nécessaire, possible et efficace ! - PCF
Une bonne retraite, c’est nécessaire, possible et efficace ! - PCF
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13 janvier 2023 5 13 /01 /janvier /2023 06:18
Ismaël Dupont, secrétaire de la fédération du Finistère du Parti communiste français (Le Télégramme, Châteaulin, 11 janvier 2023)

Ismaël Dupont, secrétaire de la fédération du Finistère du Parti communiste français (Le Télégramme, Châteaulin, 11 janvier 2023)

La fédération du Parti communiste français du Finistère tenait sa première assemblée générale de l‘année 2023 ce samedi 7 janvier 2023, à la Maison pour tous de Quimerc’h, à Pont-de-Buis. Ismaël Dupont, secrétaire de la fédération, fait le point sur les échanges de la journée.

Que représente aujourd’hui la fédération du Finistère du Parti communiste ?

Nous avons aujourd’hui 850 adhérents sur le département, ils se répartissent dans les seize sections du Finistère. Châteaulin est l’une d’elles, elle travaille régulièrement avec celle de Crozon.

Une cinquantaine de personnes étaient réunies samedi à Quimerc’h, quel était le but de cette assemblée générale ?

C’était la deuxième réunion de préparation du 39e congrès du Parti communiste français, qui se déroulera du 7 au 9 avril à Marseille. Il s’agissait de revenir, dans le détail, sur la proposition de base commune du congrès national ayant pour thème « Une ambition commune pour de nouveaux jours heureux ».

Comment était organisée cette journée ?

Les participants, réunis en quatre ateliers, ont étudié les chapitres de la motion. Le premier a travaillé sur les années d’action (2018-2023) au service de la transformation du pays, le second sur la France face à une crise de régime, le troisième sur le pays devant un défi de civilisation, et le quatrième sur la stratégie d’action pour le rassemblement majoritaire. Une restitution a ensuite été présentée par un représentant de chaque atelier, avant un débat général entre les participants. Les échanges ont été riches, ils ont abordé les nombreux sujets d’actualité.

Quels sont vos prochains rendez-vous ?

Avant le congrès national de Marseille auquel participeront plusieurs représentants Finistériens, il y aura notre congrès départemental, le 26 mars à la Maison pour tous de Quimerc’h, lieu choisi pour sa position centrale dans le département. Il y aura également la mobilisation contre la réforme des retraites : un collectif a été créé, une pétition nationale circule et des réunions unitaires vont être organisées.

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12 janvier 2023 4 12 /01 /janvier /2023 06:37
Ils gardent toujours espoir pour la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff et appellent à la mobilisation le 21 janvier – Ouest-France, 11 janvier 2023
Ils gardent toujours espoir pour la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff et appellent à la mobilisation le 21 janvier

Ouest-France, 11 janvier 2023

https://www.ouest-france.fr/bretagne/roscoff-29680/ils-gardent-toujours-espoir-pour-la-ligne-ferroviaire-morlaix-roscoff-et-appellent-a-la-mobilisation-27763890-9191-11ed-88a3-d2d9b5cf9476

Le collectif pour la réhabilitation de la ligne Morlaix-Roscoff (Finistère), créé fin 2022, s’est mis au travail pour déterminer les actions à mener pour se faire entendre. Un grand rassemblement est déjà prévu le samedi 21 janvier à Roscoff, pour convaincre de rouvrir la voie ferroviaire, fermée depuis les intempéries de 2018.

Objectif : manifestation, samedi 21 janvier, à 14 h 30 à Roscoff. Le collectif pour la réhabilitation de la ligne Morlaix-Roscoff, crée en novembre 2022, a tenu une réunion publique de travail à l’espace Mathurin-Méheut, le mardi 10 janvier 2023. L’idée est de promouvoir et convaincre autour de la réhabilitation de cette voie ferroviaire, fermée et inutilisée depuis les intempéries de juin 2018. Une partie du chemin de fer s’était effondrée en amont après de fortes pluies. Les rails traversant la route ont été enlevés, comme en plusieurs endroits, entre Morlaix et Roscoff.

Une étude à 500 000 €

Ce n’est pas la première action du collectif. Lundi 21 novembre 2022 en fin de matinée, rue Alexis-Gourvennec, près du port en eau profonde de Roscoff, plusieurs personnes s’étaient retrouvées près du passage à niveau inactif, en signe de symbole.

La décision de la SNCF de supprimer ce passage à niveau nous apparaît comme un mauvais signe en cette période où une étude socio-économique sur l’opportunité de réouverture de la ligne Morlaix-Roscoff est relancée », ​indiquait ​Ismaël Dupont, élu à Morlaix et chef de file des communistes dans le Finistère. Il est le porte-parole du collectif qui se compose de nombreuses organisations syndicales et politiques, de membres de l’association de promotion de la ligne ferroviaire Morlaix-Saint-Pol-de-Léon-Roscoff (APMR), d’élus et de citoyens engagés.

Relocaliser l’économie et déplacements moins polluants

Le collectif ne manque pas d’arguments : L‘ urgence écologique et les crises économiques et sociales nécessitent des changements profonds de notre rapport au monde : relocalisation de l’économie ; nouveaux modes de délacement respectueux de la nature ; développement des territoires, de leur attractivité, au service des citoyens. »

Samedi 21 janvier, la mobilisation devrait être totale. Nous escomptons la présence d’élus de la Région pour bien démontrer l’intérêt général. L’évidence du retour au transport ferroviaire, voyageurs et fret, se décline dans le pays de Morlaix. La réhabilitation et le développement de la ligne sont les premiers pas à effectuer pour atteindre cet objectif.

Le collectif entend donner la parole aux acteurs économiques de la circonscription pour exprimer leurs attentes, à l’heure où la facture des transports pèse sur les coûts. Il invite aussi les particuliers à apporter leur soutien. Le samedi 2 mars 2019, la seule APMR avait réuni plus de 200 manifestants pour crier la même volonté.

Samedi 21 janvier 2023, à 14 h 30, manifestation, à Roscoff.

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12 janvier 2023 4 12 /01 /janvier /2023 06:25
Le 19 janvier, le PCF sera avec les syndicats contre la réforme des retraites de Macron
Le 19 janvier, le PCF sera avec les syndicats contre la réforme des retraites de Macron
Le 19 janvier, le PCF sera avec les syndicats contre la réforme des retraites de Macron
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11 janvier 2023 3 11 /01 /janvier /2023 18:26
Réforme des retraites: le PCF appelle à se mobiliser très massivement à l'appel des syndicats le 19 janvier partout en France et dans le Finistère
Pour s’opposer efficacement à la réforme macroniste voulant imposer un recul de l’âge légal de départ en retraite, le PCF engage une grande campagne nationale pour une
« bonne retraite ».
C’est nécessaire et c’est possible.
L’entreprise sera au cœur de nos interventions et de nos propositions.
Les retraites sont un bien commun, un bien social commun dans la filiation directe du Programme du Conseil national de la Résistance. C’est de cela dont le macronisme, la droite et l’extrême-droite ne veulent pas. Les ressources de la protection sociale et des caisses de retraites sont celles qui sont créées par ceux qui travaillent.
Le programme présidentiel des « Jours heureux » proposait une loi pour rétablir la retraite à 60 ans à taux plein avec une pension à 75 % du revenu net d’activité.
Une réforme progressiste permettra de sécuriser les plus belles années à la retraite, celles en bonne santé, avec une véritable prise en considération de la pénibilité de nombreuses activités.
AVEC QUEL FINANCEMENT ?
Pour une telle réforme, il faut dépenser plus pour les retraites. Avec deux mesures centrales : un prélèvement sur les revenus financiers des entreprises pour les dissuader de placer leurs profits en titres financiers et les pousser à les utiliser, plutôt, pour des investissements porteurs d’emplois et d’efficacité économique ; moduler les cotisations patronales pour agir sur les entreprises et changer leur relation à l’emploi.
Si le pouvoir ne retire pas sa réforme pour imposer un recul de l’âge de départ, le PCF propose que l’avenir des retraites soit décidé par un référendum. Comme l’a proposé Fabien Roussel à la fin août, « c’est au peuple de décider ».
Et c’est d’autant plus important que le débat sur les retraites est étroitement lié aux questions décisives de l’emploi, du travail, des conditions de travail et de son sens, des salaires, de la création et de la répartition des richesses.
 
unebonneretraite.fr
Réforme des retraites: le PCF appelle à se mobiliser très massivement à l'appel des syndicats le 19 janvier partout en France et dans le Finistère
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11 janvier 2023 3 11 /01 /janvier /2023 18:08
Réunion du collectif pour la relance de la ligne Morlaix Roscoff à la salle Mathurin Méheut, 10 janvier 2023
Réunion du collectif pour la relance de la ligne Morlaix Roscoff à la salle Mathurin Méheut, 10 janvier 2023
Réunion du collectif pour la relance de la ligne Morlaix Roscoff à la salle Mathurin Méheut, 10 janvier 2023
Réunion du collectif pour la relance de la ligne Morlaix Roscoff à la salle Mathurin Méheut, 10 janvier 2023
Réunion du collectif pour la relance de la ligne Morlaix Roscoff à la salle Mathurin Méheut, 10 janvier 2023
Réunion du collectif pour la relance de la ligne Morlaix Roscoff à la salle Mathurin Méheut, 10 janvier 2023
Réunion du collectif pour la relance de la ligne Morlaix Roscoff à la salle Mathurin Méheut, 10 janvier 2023

Le collectif unitaire pour la relance de la ligne ferroviaire Morlaix Roscoff était en réunion à l'espace Mathurin Meheut ce mardi 10 janvier pour préparer le grand rassemblement du samedi 21 janvier devant la gare de Roscoff a 14h30 et le travail d'information de la population jusque là.

Photos de Pierre-Yvon Boisnard.

Collectif pour la ligne Morlaix-Roscoff
 

Le flyer pour annoncer le rassemblement du 21 janvier sera distribué à  10 000 exemplaires à Morlaix, Saint-Martin-des-Champs, Plouénan, Taulé, Henvic, Carantec, St Pol-de-Léon, Roscoff, Sibiril, Plougasnou, etc.

Nous serons également présents sur les marchés cette prochaine semaine: 
 
Samedi 15 janvier, 10h, rendez-vous sur le marché de Morlaix place du Dossen à l'entrée de la place Allende.
 
Dimanche 16 janvier, 10h: Marché de Saint-Martin-des-Champs.
 
Mardi 17 janvier, 10h: Marché de Saint-Pol-de-Léon
 
Mercredi 18 janvier, 10h: Marché de Roscoff
 
Jeudi 19 janvier, 10h: Marché de Carantec
 
Nous prévoyons aussi une distribution en gare de Morlaix entre 17h et 18h le mardi 17 janvier.
 
Une conférence de presse pour annoncer le rassemblement de Roscoff du samedi 21 janvier à 14h30 aura lieu le mardi 17 janvier à 11h30 à l'Agora Café.
 
Ismaël Dupont était invité de la matinale de Bretagne 5 pour présenter les raisons de ce rassemblement pour la relance de la ligne Morlaix-Roscoff le 10 janvier:

Pour réécouter les 12 minutes d'interview:

https://www.bretagne5.fr/podcasts/ismael-dupont-membre-du-collectif-unitaire-pour-la-relance-de-la-ligne-ferroviaire-morlaix
 
Voir aussi article du Ouest-France sur la réunion:
 
 
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