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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 13:54
Massacre des algériens de Paris du 17 octobre 1961: 55 ans après, intervention de Henri Pouillot au nom du MRAP et de l'ARAC au Pont Saint Michel à Paris

Intervention de Henri POUILLOT, au nom du MRAP / de l'ARAC

17 octobre 2016 - au Pont Saint Michel à Paris

Le 17 octobre 1961, sera commis l'un des plus grands crimes d'états commis dans le monde, en Europe en particulier, avec ces centaines de victimes.

Il faut se souvenir que la France domina l'un des plus importants empire colonial du monde. Le colonialisme, basé sur le racisme, justifié parfois comme nécessaire pour "apporter la civilisation" en fait avait pour but essentiel d'exploiter, piller les richesses locales au profit de sociétés coloniales. Il faut se souvenir du film documentaire de notre ami René Vautier "Afrique 50" qui illustrait remarquablement comment le colonialisme était mis en œuvre. Ce, film fut saisi et interdit pendant des dizaines d'années.

Il serait temps que la France reconnaisse, comme pour l'esclavagisme, que le colonialisme est un crime contre l'humanité. Il serait temps que la loi du 23 février 2005 soit abolie, cette loi qui avait dit "les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord…". Même si cette phase a été retirée, cette loi reste profondément imprégnée de colonialisme.

Pour l'Algérie, la France a la lourde responsabilité d'avoir usé de tous les moyens pour tenter d'y conserver sa domination. C'est au prix de crimes d'états (8 mai 1945 –Sétif, Guelma, Kherrata.., 17 octobre 1961, Charonne 8 février 1962) de crimes de guerre (utilisation du gaz VX et Sarin, de villages –entre 600 et 800 -rasés au napalm, des essais nucléaires au Sahara dont les conséquences sont encore sensibles aujourd'hui), des crimes contre l'humanité (institutionnalisation de la torture, du viol, des camps d'internement –pudiquement appelés camps de regroupement-, des exécutions sommaires –corvées de bois, exécutions d'otages, crevettes Bigeard…-…) que la France a tenté d'écraser ce mouvement de libération nationale. Il serait plus que temps que la France reconnaisse sa responsabilité dans ce domaine et condamne ces crimes commis en son nom, comme cela fut fait par Jacques Chirac pour la Shoah.

Certains disent que la France, avec François Hollande, a fait quelques pas dans ce domaine comme sur le 17 octobre, la disparition de Maurice Audin et tout récemment au sujet des Harkis. Reprenons ces 3 points :

17 octobre 61. Certes François Hollande a déclaré le 17 octobre 2012 "Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l'indépendance ont été tués lors d'une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes." Mais le terme de crime n'est pas repris, et la responsabilité, sous entendue, n'est pas clairement définie. Pourtant le 15octobre 2011, à la veille du 50ème anniversaire de ce massacre, il avait personnellement signé la pétition que notre collectif avait initiée, diffusée par Médiapart demandant au futur président de la République de reconnaître et condamner ce crime d'état. Il avait même rajouté qu'il irait jeter les fleurs au pont de Clichy, ce qu'il fit d'ailleurs. Il faut dire que ce 15 octobre là, c'était un samedi, la veille du second tour des primaires socialistes qui l'opposait à Martine Aubry et que celle-ci venait de signer quelques instants plus tôt cette même pétition. Fort de cet encouragement notre collectif lui proposa un mois à l'avance, pour le 17 octobre suivant, alors qu'il avait été élu, de confirmer son engagement de candidat. N'ayant pas d'échos à ce courrier, nous annonçons que le 17 octobre, à 15h, nous allions venir chercher la réponse. Nous lui n'avons pas été reçus, nous sommes restés un heure sous la pluie, sur le trottoir, en face du palais présidentiel. Devant ce mépris nous sommes partis pour assurer le rassemblement du Pont Saint Michel où nous pensions annoncer la position du Président de la République. C'est dans le métro que nous avons appris ces 3 phrases que je viens de rappeler, expédiées sur les télescripteurs des agences de presse, mais qui ne nous ont même pas été remises en main propre.

 

Maurice Audin. Quand François Hollande est allé à Alger, en décembre 2012, il s'est recueilli devant la stèle de Maurice Audin, située sur la place qui porte son nom près du tunnel des facultés. Mais ce crochet n'a été rajouté à son programme de visites que la veille de son départ, et le mot de torture n'y a pas été prononcé. Plus tard, le 17 juin 2014, un communiqué officiel remettait enfin en cause la version officielle de l'évasion de Maurice. Ce communiqué disait entre autre : "Mais les documents et les témoignages dont nous disposons aujourd’hui sont suffisamment nombreux et concordants pour infirmer la thèse de l’évasion qui avait été avancée à l’époque. M. Audin ne s’est pas évadé. Il est mort durant sa détention". Mais on ne sait pas encore comment est mort Maurice Audin : à cet âge là, il est difficilement admissible de croire à un décès naturel. Depuis 2 ans maintenant, ni les documents, ni les témoignages nombreux et concordants ainsi évoqués ne sont connus. La famille, les historiens n'ont pu avoir accès à ces informations. L'assassinat de Maurice Audin reste donc encore un mystère.

 

Au sujet des Harkis : il y a quelques jours, le 25 septembre dernier, le Président de la République s'exprimait "…et je l'affirme ici clairement, au nom de la République. Je reconnais les responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des Harkis, des massacres de ceux restés en Algérie, et des conditions d'accueil inhumaines des familles transférées dans les camps en France. Telle est la position de la France." Mais il a "oublié" de dire que ce sont des victimes du colonialisme. La majorité ne "s'est pas mise sous le drapeau français" comme il l'a dit. Une grande partie de ces harkis a été enrôlée de force, ils ne se sont pas engagés "pour contrôler un territoire de plus de 2 millions de kilomètres carrés que l'Armée Française ne pouvait soumettre". Dans ce discours il est sous-entendu que la majorité des Harkis restés en Algérie furent donc massacrés. Certes plusieurs milliers furent l'objet de répressions organisées localement parce qu'ils avaient été reconnus pour les exactions dont ils avaient été responsables, et souvent, comme en France après la libération en 1945, par les "résistants de la 25ème heure" (les marsiens en Algérie). Certains ont adhéré à la notion d'Algérie Française, et parmi ceux-ci certains ont eu un comportement condamnable. Mais la majorité des anciens harkis vit encore en Algérie et des dizaines de milliers perçoivent même la retraite d'Anciens Combattants. Effectivement, les Harkis et leurs familles "parqués" dans les camps de Rivesaltes, Jouques… ont connu une discrimination honteuse. Certes quelques uns, très rares, de leurs enfants sont parvenus à réaliser une scolarité leur permettant se sortir de la condition sociale misérable de leurs parents, mais la majorité continuent encore aujourd'hui, ainsi que les petits enfants à connaître la discrimination liée à leurs origines d'indigènes. La journée du 25 septembre est humiliante : en effet, ces harkis ont porté le même uniforme que moi-même dans cette période, ils ont vécu les mêmes difficultés, horreurs que moi. Il est donc scandaleux qu'il y ait une journée spéciale, différente de commémoration entre les militaires qui portaient le même uniforme que les militaires métropolitains, c'est constituer une discrimination inqualifiable à leur égard, une forme de racisme d'état à leur égard, les considérant comme des citoyens de seconde zone.

On voit bien par ces 3 exemples que même les dirigeants actuels de la France n'entendent pas faire la lumière sur l'histoire de notre pays et tentent de la travestir, y compris par des propos de compassion, pour éviter d'en affronter la réalité. Cela a des conséquences sur le quotidien pour les ressortissants de ces familles originaires d'Algérie à qui on refuse toujours de les reconnaître comme des citoyens à part entière, qui restent discriminé, des indigènes.

55 ans après ce 17 octobre 1961, la France qui revendique souvent être le pays des droits de l'homme, n'en montre pas vraiment le chemin. Comment peut-on donner des leçons dans ce domaine ? Je rappelle les coups de menton au sujet de l'utilisation du gaz Sarin en Syrie en 2013 contre la population civile, et tout récemment contre la Russie. Tant que notre passé sera entaché par ces nombreuses violations que je rappelais il y a quelques instants, la voix de la France sera difficilement audible au plan international.

Mais cette non reconnaissance de ce passé, et la poursuite d'une politique colonialiste (la Françafrique en particulier) ont des effets importants dans la population française, pour le vivre ensemble harmonieux. Pour l'illustrer je ne rappellerai qu'une expression "issu de l'immigration". Elle est entrée dans le parler courant, dans le subconscient de nos concitoyens. Mais qui concerne-t-elle ? Manuel Valls ? Nicolas Sarkozy ? Eux sont considérés comme des Français, et peut-être même des gaulois !!! par contre ceux qui ont un nom, un prénom, une couleur de peau qui peut traduire une origine de colonisé, même s'ils ne connaissent pas le pays de leurs ancêtres ne sont toujours pas considérés comme des Français à part entière, ils restent des sous-citoyens, discriminés…

C'est sur ces mots que je conclurai, en vous demandant de ne pas baisser les bras, de continuer à soutenir ces actions pour notre fierté de défenseurs des droits de l'homme.

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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 12:24

L'ancien directeur de Ti an Oll, Anthony Pouliquen, auteur d'une conférence gesticulée mémorable sur le sport, sera au Bar des Deux Rivières à la Madeleine, animé par les amis du Théâtre de la Corniche, pour une conférence gesticulée le mardi 18 octobre à 20h30 sur "Une autre histoire des classes sociales", conférence gesticulée qu'il a représentée à Rennes-Villejean il y a quelques semaines.   

au regard du nombre de personnes ayant annoncé leur venue le mardi 18 octobre, aux 2 rivières pour assister à la conférence d'Anthony Pouliquen "Une autre histoire des classes sociales"...
au regard de la jauge du bar des 2 rivières limitée à 50 personnes, une deuxième date est proposée pour ne frustrer personne :
Anthony Pouliquen rejouera sa conférence le mercredi 19 octobre à 20h30 au bar des 2 rivières.
 

Le samedi 22 octobre à 16h, ce sera une après-midi "Brassage" au bar des Deux Rivières. 

Voir la page Facebook: https://www.facebook.com/auxdeuxrivieres/

Mardi 18 octobre au Bar des Deux Rivières, Anthony Pouliquen revient à Morlaix pour une conférence gesticulée "Une autre histoire des classes sociales"
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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 09:35
Conseil municipal de Morlaix du 17 octobre :  Le contexte sécuritaire s'invite dans les débats (Monique Keromnès, Le Télégramme - 18 octobre 2016)

Le contexte sécuritaire était au coeur des débats, hier soir, au conseil municipal. Le salon « Multiples » bénéficie, en effet, d'une subvention au titre de son déplacement à la Manu. L'opposition a également souhaité revenir sur l'interdiction des manifestations collectives dans les écoles.

Une subvention revue à la hausse pour le salon « Multiples ».
Par mesure de sécurité, la onzième édition du salon Multiples, les 12 et 13 novembre, ne se tiendra pas à la mairie et à l'école du Poan-Ben mais à l'auberge de jeunesse et dans la cour de la Manufacture des tabacs. Coût supplémentaire pour Les Moyens du bord : 11.000 €. Hier soir, le conseil municipal a voté une subvention exceptionnelle de 2.000 €. Une somme revue à la hausse puisqu'elle s'élevait, à la base, à 1.500 €. Ismaël Dupont aurait voulu que la ville s'engage davantage financièrement, au minimum 3.000 €, au regard de la portée culturelle de l'événement. Il évoque un reste à charge encore élevé pour l'association organisatrice, malgré deux autres subventions de Morlaix communauté (5.000 €) et de la Région. Agnès Le Brun a rappelé la subvention globale de 27.000 € attribuée aux Moyens du bord et estime que la ville « accompagne le festival », dont elle se félicite de la réussite.

Manifestations scolaires : question orale de l'opposition.
En fin de séance, l'opposition a souhaité revenir, dans une question orale, sur l'interdiction des manifestations collectives (en dehors des kermesses) dans les écoles publiques. En plus de pointer les conséquences sur les liens entre parents d'élèves ou sur les projets pédagogiques, les élus estiment que la ville de Morlaix procède à « une interprétation maximaliste des consignes de prudence » préconisées par les préfets. De quoi, selon eux, faire fuir « organisateurs de spectacles, artistes ou touristes » vers des villes « plus accueillantes et moins stressées ». Charlotte Julie, adjointe aux associations, a rappelé que d'autres villes, telles que Saint-Martin-des-Champs, Saint-Thégonnec - Loc- Éguiner, Plourin-lès-Morlaix ou encore Landerneau, ont fait le même choix et a rappelé que la sécurité des écoles est un sujet qui préoccupe les Morlaisiens.

Mise à disposition de Langolvas pour les meetings politiques.
Dans le cadre des élections primaires et de la présidentielle, la ville souhaite mettre la salle de Langolvas à la disposition des partis politiques. Chaque candidat pourra disposer de l'infrastructure une fois avant chaque élection (primaire ou présidentielle), gratuitement (locaux et mobilier). Une proposition qui a interrogé les élus de l'opposition : pourquoi est-ce gratuit alors que les partis peuvent se faire rembourser (selon certaines conditions) au titre des frais de campagne ? Pour Ismaël Dupont, l'argent de la location aurait pu servir à prendre en charge le coût de Langolvas, « une salle peut-être surdimensionnée pour Morlaix ». Agnès Le Brun a répondu qu'avec une jauge à 320 personnes, la salle de Langolvas est la seule de cette capacité à Morlaix et qu'elle correspond aux attentes, rappelant, au passage, que 300 personnes y étaient réunies pour le meeting de François Baroin.

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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 06:33

Primaires : la mise à disposition de Lango interroge

 

En conseil, une délibération a été votée pour permettre aux partis de louer gratuitement l'amphithéâtre pour la campagne. L'opposition y voit un lien avec le meeting de François Barouin.

 

Ordre du jour assez léger au conseil municipal hier soir. La majorité des débats se seront concentrés sur le premier point : la mise à disposition de l'amphithéâtre de Langolvas dans le cadre de la campagne des primaires et de la présidentielle.

Comme le rappelle Bernard Guilcher, premier adjoint « le maire détermine les conditions dans lesquelles les locaux municipaux peuvent être utilisés ». Il s'agissait donc, « afin notamment d'anticiper d'éventuelles demandes » de valider la possibilité pour chaque candidat (ou son représentant) « de louer gratuitement, et une seule fois, la salle et son mobilier, les autres dépenses générales étant à la charge de l'organisateur ».

Bien qu'« attaché à la mise à disposition de moyens permettant le débat démocratique », Ismaël Dupont (Front de gauche) s'interroge « sur un éventuel caractère rétroactif de la délibération ». Le 3 octobre, François Barouin, soutien de Nicolas Sarkozy à la primaire de la droite et du centre, tenait un meeting dans ce même équipement. Agnès Le Brun, qui fait également campagne pour l'ancien Président, y était présente.

 

« Permettre une plus grande affluence »

Pour Hervé Gouédard (PS) aussi « plane l'ombre de la suspicion ». Il rappelle que jusque-là, « d'autres salles municipales étaient mises à disposition gratuitement, et chacun y trouvait son compte, étant donné le nombre de personnes présentes. Pourquoi vouloir brusquemment, et uniquement, délibérer sur la salle de Langolvas ? Et pourquoi n'avoir pas pris une telle délibération à l'époque des primaires du PS, en 2011 ? »

Agnès Le Brun répond : « Nous avons en effet l'habitude de mettre à disposition gratuitement d'autres salles, comme Ange-de-Guernisac, pour toutes les élections. Il s'agissait aujourd'hui de finaliser l'outil démocratique, avec un équipement permettant une affluence plus grande. La jauge (320) a été atteinte avec le meeting de François Barouin, elle le sera sûrement aussi pour d'autres formations ».

Elle rappelle en effet qu'à la précédente présidentielle, le PS était seul à organiser une primaire. Il a aujourd'hui été rejoint par les Verts, et donc, la droite et le centre.

Le principe même des primaires, « des affaires internes aux coalitions politiques », n'est pas, pour Ismaël Dupont, de nature à mériter une telle mise à disposition. Concernant la présidentielle, l'élu d'opposition soulève « qu'elle donne droit à un remboursement public des frais de campagne dans le cas où le parti obtient 5 % des suffrages. Pourquoi, dans ce cas, mettre à disposition gratuitement une salle alors que sa location pourrait permettre d'amortir les coûts de fonctionnement qui sont importants pour Langolvas ? »

L'opposition a donc voté contre dans son ensemble. La maire « en prend acte », tout en lui rappelant « qu'au moment venu, vous demanderez peut-être l'amphithéâtre, et nous serons contents de vous l'accorder ».

 

Delphine Van Hauwert, Ouest-France – 18 octobre 2016

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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 05:40
dimanche 23 octobre 2016: 75 ème anniversaire de l'exécution des otages de Chateaubriant, livrés aux nazis par Vichy, en présence de Pierre Laurent (PCF), Camille Lainé (Mouvement des Jeunes Communistes), Philippe Martinez (CGT): départs en bus de Morlaix, Brest, Saint Brieuc

 le dimanche 23 septembre :

Déplacement en minibus à partir de Brest (départ à 7 H 15,parking du Géant) , avec passage à Morlaix ( 8 H ,parking du Géant) et St Brieuc  (9 H ,parking de la gare).

 

 La participation demandée est de 35 euros (Transport + Restau).

Vous pouvez vous inscire par tèléphone au 02 98 44 96 36 , ou par courrier en ramenant le bon à J.C. Le Naour ,10 ,rue Bruat , 29200 Brest avant le mercredi 19 Octobre.

       En cas de non-déplacement , une participation de soutien sera la bienvenue.

La cotisation 2016 est de 20 Euros.

 

Programme :

  • samedi 22 octobre 2016
    • 14h30 : inauguration d'une nouvelle stèle sur le site du camp de Choisel
  • dimanche 23 octobre 2016
    • 10 h : hommage devant la Stèle à la Blisière aux 9 fusillés du 15 décembre 1941
    • 11 h : accueil à la mairie de Châteaubriant
    • 13h30 : rendez-vous au rond-point Fernand-Grenier
    • 14 h : départ du cortège pour la carrière des fusillés
    • 15h15 : cérémonie officielle sous la présidence d'Odette Niles, présidente de l'Amicale, et d'Alain Hunault, maire de Châteaubriant, en présence de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, de Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, de Camille Lainé, secrétaire nationale du MJCF et Sabine Genisson, représentante des jeunes CGT
    • évocation historique et artistique « Un 22 octobre 1941 : ils rêvaient de liberté… », mise en scène par Jean-Jacques Vanier
Soyez dignes d'eux! 

Le 22 octobre 1941 marqua un tournant dans la guerre contre l’occupant nazi. Ce jour-là, 27 patriotes étaient fusillés à la carrière de Châteaubriant, 27 martyrs.

Ce fut un coup de tonnerre qui allait précipiter le développement de la Résistance. Eux, ces militants communistes, syndicalistes, ces  ouvriers, ces  étudiants sont morts pour libérer la France et, comme le disait Gabriel Péri, « pour assurer à tous des lendemains qui chantent ». Rendons hommage aussi à ceux qui ont été parmi les premiers évadés des camps et qui ont repris la lutte, plus déterminés que jamais à porter les mots des copains assassinés, « soyez dignes de nous ».

On peut citer notamment Eugène Henaff, Léon  Mauvais, Gaudin de Nantes, ou encore Rino Scolari, Maurice Niles et Fernand Grenier.

Ce dernier sera envoyé à Londres pour rencontrer le Général de Gaulle et participera à mettre en place le Conseil National de la Résistance après la guerre. À la Libération, j’ai repensé aux dernières paroles de Jean Poulmarc’h, « l’heure n’est plus aux pleurnicheries, à la passivité, l’heure est à la lutte impitoyable pour la libération de la France ». Si certains s’étaient bougés avant, peut-être que les copains ne seraient pas morts.

Faire connaître ces mots qui résonnent encore dans ma mémoire, comme ceux de Jean-Pierre Timbaud qui dit : « Toute ma vie, j’ai combattu pour une humanité meilleure et j’espère que ma mort aura servi à quelque chose. » La Paix est un bien fragile. Hier, il a fallu la conquérir avec le sang des copains, aujourd’hui, il faut encore la consolider, quand on voit qu’il « est encore fécond le ventre d’où est sorti la bête immonde ». Et demain, il faudra encore défendre cette Paix, mais à quel prix ? Il faut donc continuer à lutter pour que ces hommes, ces résistants célèbres ou anonymes, ne soient pas morts pour rien. 

Odette Niles, Présidente de l’Amicale ancienne internée du camp de Châteaubriant Chevalier de la Légion d’Honneur

Châteaubriant 

Les otages

En raison de la personnalité des internés qui se sont évadés en juin 1941 (F. GRENIER, E. HENAFF, L. MAUVAIS, H. RAYNAUD, R. SEMAT) et en novembre 1941 (A. DELAUNE, H. GAUTHIER, P. GAUDIN) les autorités allemandes exercent un contrôle régulier dans le camp. Elles imposent un couvre-feu et l’interdiction de sortir des baraques après 20h 30. (Les WC extérieurs sont interdits)

Le 23 septembre 1941, dix-huit responsables politiques et syndicaux sont parqués dans la baraque 19 du camp P4, avec interdiction de sortir du l’îlot. Quatre autres internés arrivent le lendemain.

Puis le 23 novembre 1941, neuf autres internés seront amenés à la baraque 19.

Les fusillés du 22 octobre 1941

Le lundi 20 octobre 1941, à 7 h 30, un groupe de jeunes résistants abattent en pleine rue du Roi Albert, à Nantes le lieutenant colonel HOTZ, commandant de la place.

Immédiatement, HITLER et le général STUELPNAGEL (commandant des forces allemandes en France) ordonnent des représailles. Les internés sont dès la matinée du 20, consignés dans le camp.

Au début de l’après-midi du 20 octobre, la décision est prise par HITLER et STUELPNAGEL de fusiller 50 otages. STUELPNAGEL le communique le matin du 21 octobre à la direction du camp et indique que 50 autres otages seront fusillés si dans un délai de 8 jours les auteurs de l’attentat ne sont pas arrêtés. Des affiches sont placardées jusqu’à Paris.

Les allemands offrent 15 millions à ceux qui pourraient donner des renseignements sur les terroristes.

Bien qu’au moment de ces décisions, la piste communiste (à propos des auteurs de l’attentat) n’ait pas été trouvée, le préfet PUCHEU avait conseillé aux autorités allemandes de prendre de préférence les otages dans le camp de Choisel. Il avait préparé une liste de 61 noms de communistes « particulièrement dangereux ». Un certain CHASSAGNE (ancien communiste) l’avait aidé pour cette liste, en désignant des militants communistes et syndicalistes de haut niveau, qu’il connaissait dans le camp.

Le mardi 21 octobre 1941, la garde du camp est relevée par les allemands. Grande effervescence.
Certains responsables ont eu connaissance de l’attentat de Nantes, et toutes les suppositions pour ses conséquences sont évoquées.

Un gendarme avertit Charles Michels que les responsables politiques vont être fusillés. J.P. TIMBAUD, C. MICHELS rencontrent Odette NILES et Andrée VERMEERSHCH à l’infirmerie. TIMBAUD leur dit : « Si je meurs, je voudrais des œillets rouges » et MICHELS, en les embrassant dit qu’ « elles lui font penser à ses filles ».

Dans la nuit du 21 au 22 octobre, tous les responsables des baraques se réunissent. Chacun donne son opinion. Il est question d’un soulèvement des internés Cet avis n’est pas retenu, une mitraillette étant placée au milieu du camp par les allemands, qui s’en serviraient sans hésitation. Ce serait un véritable carnage. Il est décidé de chanter la Marseillaise au moment du départ des otages.

Le 22 octobre à midi, toutes les baraques sont consignées avec un gendarme devant chaque porte. Le fusil mitrailleur est placé devant la baraque 6.

Mercredi 22 à midi, baraque 19 à 13h30. Les gendarmes arrivent en ordre vers la baraque et l’adjudant poste ses hommes à l’intérieur du camp P2, tout le long des barbelés.

A ce moment les allemands arrivent suivis par le lieutenant TOUYA. Les cœurs se serrent mais aucun des 22 présents n’a peur.

Le lieutenant TOUYA prononce ces mots :

« Salut, messieurs, préparez-vous à sortir à l’appel de votre nom. » 16 noms sont prononcés. 11 internés seront encore appelés dans différentes baraques, dont Guy MOQUET, à la baraque 10 et GARDETTE, malade à l’infirmerie, le dernier. Tous sont dirigés vers le camp P2, baraque 6.

La baraque 6

La baraque 6 : chaque otage reçoit alors une feuille de papier et une enveloppe pour la dernière lettre à sa famille. L’abbé MOYON, mandé par les autorités arrive dans la baraque, le curé de Châteaubriant n’ayant pas voulu venir au camp. Aucun condamné n’accepte le ministère de l’abbé, mais celui-ci prend la correspondance et les objets destinés aux familles. Eugène KERIVEL est autorisé à faire ses adieux à sa femme, internée comme lui dans le camp.

L’abbé MOYON sortira quelques minutes avant les otages. Les allemands lui interdirent de les accompagner sur le lieu du supplice.

Sur les planches de la baraque 6, les condamnés ont inscrit leur dernière pensée concernant l’idéal pour lequel ils ont lutté.

A 15 h 15 les camions sont arrivés pour le transport des 27 otages. Dès leur départ ceux-ci chantent la Marseillaise. A ce moment tous les internés forcent les portes de leurs baraques, et dans un élan unanime ils se rassemblent et chantent une vibrante Marseillaise, en réponse à celle de leurs camarades qui vont être fusillés, « La Marseillaise, reprise, si scandée, jaillissante. Ah ! Ce n’est pas la Marseillaise des psalmodies officielles. C’est à nouveau la Marseillaise des combats, de la bravoure, de l’héroïsme, des victoires, la Marseillaise vengeresse de 93 et des grands jours de l’histoire nationale. »

Les internés sont avisés que leurs compagnons seront fusillés par 9 en trois fois, à 15 h 45, à 16, et à 16 h 15.

La dernière salve est entendue au camp. Un silence absolu règne. Tous les internés pensent à leurs compagnons qu’ils côtoyaient chaque jour et qu’ils ne reverront plus. L’appel aux morts est prononcé par Henri GAUTIER. A chaque nom, un autre interné répond « fusillé »

Le lieu de cette tragédie fut une carrière de sable aménagée spécialement à 2 km du camp. Le long de la paroi nord, devant un rideau d’ajoncs et de genêts, 9 poteaux furent plantés de 5m en 5m.

A 12 mètres devant, un officier s’appuyait le long d’un arbre pour commander un peloton d’exécution de 90 hommes.

Les condamnés avaient refusé d’avoir les yeux bandés et les mains attachées, ils chantèrent jusqu’au bout la Marseillaise. C’est la dernière salve qui interrompit le dernier chant.

Des lambeaux de chair furent projetés dans les herbages. On retrouva plus tard les lunettes du professeur GUEGUEN, maire de Concarneau. Les corps furent entassés dans les camions et les dépouilles jetées à gauche de l’escalier d’honneur de l’ancienne salle des gardes du château de Françoise de Foix à Châteaubriant. Chacun, en suivant les traces du sang qui s’échappait des camions pouvait connaître leur parcours.

Les premiers échos de Châteaubriant arrivèrent rapidement au camp. Les otages avaient traversé la ville sans cesser de chanter la Marseillaise. Les habitants sur leur passage se découvraient respectueusement. Dès le lendemain, les Castelbriantais voulurent se recueillir et déposer des fleurs au pied des poteaux. Une première manifestation importante eut lieu le dimanche suivant.

Pour les allemands le nombre des otages n’étant pas respecté, 21 otages sur les 23 qui manquaient encore furent pris à Nantes, dont 16 furent fusillés au champ de tir du Bêle et 5 au Mont Valérien. Parmi ces otages de Nantes, il y avait peu de communistes, mais beaucoup d’anciens combattants.

Pendant cette tragique journée, les femmes ont suivi minute par minute le déroulement des événements. En effet l’emplacement de leur baraque permettait de voir tout le camp P2. Viviane DUBRAY, était montée sur une table, voyait par l’imposte tout ce qui se déroulait, en rendait compte aux autres. Le lendemain elle écrivit un poème, cité plus loin.

Après le 22 octobre, l’angoisse persiste. Les internés restés à la baraque 19 sont persuadés qu’ils sont en sursis. Malheureusement, tout se précisera en décembre 1941.

Fusillés de Châteaubriant - 22 octobre 1941

AUFFRET Jules, 39 ans
BARTHELEMY Henri, 58 ans
BARTOLI Titus, 58 ans
BASTARD Maximilien, 21 ans
BOURHIS Marc, 44 ans
DAVID Emile, 19 ans
DELAVACQUERIE Charles, 19 ans
GARDETTE Maurice, 49 ans
GRANDEL Jean, 50 ans
GRANET Désiré, 37 ans
GUEGUIN Pierre, 45 ans
HOUYNK KUONG, 29 ans
KERIVEL Eugène, 50 ans
LAFORGE Raymond, 43 ans
LALET Claude, 21 ans
LEFEVRE Edmond, 38 ans
LE PANSE Julien, 34 ans
MICHELS Charles, 38 ans
MOQUET Guy, 17 ans
PESQUE Antoine, 55 ans
POULMARC’H Jean, 31 ans
POURCHASSE Henri, 34 ans
RENNELLE Victor, 53 ans
TELLIER Raymond, 44 ans
TENINE Maurice, 34 ans
TIMBAUD Pierre, 31 ans
VERCRUYSSE Jules, 48 ans


Les derniers moments des 27 otages avec l’abbé Moyon

dimanche 23 octobre 2016: 75 ème anniversaire de l'exécution des otages de Chateaubriant, livrés aux nazis par Vichy, en présence de Pierre Laurent (PCF), Camille Lainé (Mouvement des Jeunes Communistes), Philippe Martinez (CGT): départs en bus de Morlaix, Brest, Saint Brieuc
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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 05:26

Morlaix, le 17 octobre 2016.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

DU SYNDICAT CGT DES CHEMINOTS DU PAYS DE MORLAIX

 

En 2017, une ligne à grande vitesse …

Mais, en gare de Morlaix, dès le 1er novembre 2016, une vente de billets à petite vitesse !

 A compter du 1er novembre, une réorganisation de la vente des billets aux guichets de la gare de Morlaix est mise en place.

Les horaires d’ouverture seront modifiés :

-          fermeture totale le dimanche,

-          réduction drastique des périodes de vente (avec, la plupart du temps, un seul agent dédié à la vente).

Le syndicat CGT des cheminots du pays de Morlaix s’interroge sur la manière de fonctionner de la SNCF.

Alors que des travaux importants de réaménagement du bâtiment « Voyageurs » sont en cours, à l’heure où les collectivités locales se positionnent en faveur du train (gros investissements sur le pôle d’échange multimodal, vœux votés par plusieurs conseils municipaux pour le maintien et le développement de la ligne ferroviaire Morlaix Roscoff), la SNCF continue  inexorablement son désengagement.

Pourtant, l’entreprise ferroviaire compte sur une augmentation de l’ordre de 20 % de la fréquentation à la gare de Morlaix dans le cadre du prolongement de la ligne à grande vitesse mettant notre ville à moins de 3 heures de Paris.

Alors pourquoi cet acharnement à supprimer ces postes de vente ?

Aujourd’hui déjà il faut faire la queue pour acheter son billet et la SNCF a installé un « gère file d’attente » pour deux guichets de vente : on imagine ce que sera demain !

Tout le monde n’a pas « internet », tout le monde n’est pas familiarisé avec les automates de vente. La clientèle a besoin de contacts humains pour préparer un voyage, pour modifier un billet, pour être conseillée, pour être rassurée. Un automate, dans ce domaine, ne remplacera jamais un agent !

On imagine aisément les conditions de travail de l’agent face à une file d’attente interminable et des clients à juste titre excédés (il faut parfois de 15 à 30 minutes pour établir ou modifier un voyage complexe).

Nous sommes très attachés au service public et il se doit d’être au service de la population.

Alors, Mesdames et Messieurs les décideurs de la SNCF, ayez un peu de bon sens, revoyez votre copie et sortez de cette spirale du déclin.

                                                           

"En 2017, une ligne à grande vitesse mais en gare de Morlaix, une vente de billets à petite vitesse!": Communiqué de presse du syndicat CGT des cheminots du pays de Morlaix
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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 05:00
Les députés LR et PS sous la dictée de la fédération bancaire française (Laurent Mauduit, Médiapart - 17 octobre)
Les députés sous la dictée de la Fédération bancaire française
17 OCTOBRE 2016 | PAR LAURENT MAUDUIT

Des amendements pour durcir la taxe sur les transactions financières ont été rejetés mercredi à l'Assemblée. Des députés LR et PS se sont inspirés d'une note blanche élaborée par le lobby bancaire, qui a ainsi obtenu gain de cause. Mediapart dévoile le pot aux roses.

 

On sait depuis longtemps que la Fédération bancaire française (FBF) est un lobby immensément puissant et influent, qui joue un rôle majeur, même s’il n’est pas toujours visible, dans la vie économique et politique du pays. Mais qu’elle fasse elle-même la loi et qu’elle pèse sur le vote des députés à l’Assemblée nationale, voici qui n’avait jamais été prouvé de manière indiscutable. C'est souvent le problème avec les lobbys efficaces : on pressent leur influence, mais ils ne laissent pas de trace…

C’est pourtant ce que Mediapart est parvenu à établir : mercredi 12 octobre, des députés Les Républicains (LR) et socialistes se sont inspirés d’une note confidentielle de la FBF, quand ils n’en ont pas lu carrément des extraits sans citer leurs sources, pour convaincre leurs collègues de la commission des finances de l’Assemblée nationale de rejeter plusieurs amendements visant à élargir le système actuel de taxe sur les transactions financières (TTF), servant à financer en partie l’aide au développement. Et ils ont obtenu gain de cause : les amendements qui avaient de bonnes chances d’être adoptés ont finalement été rejetés, avec des arguments souvent de mauvaise foi concoctés en sous-main par la FBF.

Avant que la commission des finances de l’Assemblée nationale n’engage, ce mercredi 12 octobre, l’examen du projet de loi de finances pour 2017, ces amendements semblaient en effet avoir de bonnes chances d’être adoptés. L’un de ces amendements soumis à l’examen de la commission des finances visait à augmenter le taux de la TTF française ; un autre proposait d'inclure dans l'assiette de la TTF les transactions intra-journalières des établissements financiers, c’est-à-dire des transactions hautement spéculatives avec acquisition et revente d’un actif financier en moins de vingt-quatre heures.

Dans le monde de la finance folle, il y a certes encore plus sophistiqué : c’est ce que l’on dénomme le « tradinghaute fréquence », ces activités financières exécutées en quelques microsecondes par des automates à partir d’algorithmes. Or, ces activités sont déjà intégrées (de manière très partielle) dans l’assiette de l’impôt. L’an passé, à la même époque, il avait donc été envisagé par le Parlement d’y intégrer aussi les transactions intra-journalières – en anglais intraday. Cela avait même été voté par le Parlement. Mais à l’époque, le texte voté par les parlementaires avait été entaché par une irrégularité dans la procédure budgétaire : il était en effet prévu que la collecte de la TTF démarrerait au 31 décembre 2016. Considérant que la date d’imputation de la taxe ne relevait donc pas totalement du budget 2016, puisque la collecte devait avoir lieu le mois suivant, dont en 2017, le Conseil constitutionnel avait, à la suite d’une saisine de parlementaires de droite, censuré la disposition pour une raison non pas de fond mais de forme.

Les députés à l’origine des nouveaux amendements avaient donc toutes les raisons de penser que, pour le budget de 2017, la commission des finances aurait à cœur de rétablir le dispositif censuré, et que le vote de l’Assemblée, en séance plénière, serait à l’unisson.

Ce n’est pourtant pas comme cela que les choses se sont passées : contre toute attente, la commission des finances a donc rejeté les amendements concernés. Et pour quelle raison ? En vérité, lorsque l’on visionne les débats qui ont eu lieu devant cette commission des finances, on n’y voit pas malice. Car tout semble s’être normalement passé. Une séance de la commission des finances sans incident ni fait marquant : tout juste les députés à l’origine des amendements ne sont-ils pas parvenus, cette année, à convaincre leurs collègues, voilà tout !

On peut le vérifier en visionnant ce débat ci-dessous : un débat tout ce qu’il y a de plus normal…

Le débat a donc eu lieu après examen de l’article 11 du projet de loi de finances pour 2017. Sont alors défendus, puis débattus, plusieurs amendements ayant trait à la TTF. Le premier à prendre la parole pour défendre l’un des amendements est le député (PS) de Paris, Pascal Cherki. Il fait d’abord un premier constat – qui l’indigne –, à savoir que le montant de l’aide publique au développement en proportion des richesses créées en France a reculé depuis l’alternance de 2012, en violation de ce qu’avait promis le candidat François Hollande. Le député frondeur propose donc « la réintégration des transactions intradays dans l’assiette de la taxe », comme cela était déjà prévu voici un an ; et cela dans le but de parvenir à majorer « les crédits de l’aide au développement ».

Trois députés appuient cet amendement ou en défendent d’autres de même type : il s’agit du député (PCF) du Cher Nicolas Sansu ; du député (PS) de l’Essonne Romain Colas ; et enfin, de la députée (Europe Écologie-Les Verts) Eva Sas,  qui invite ses collègues à « décourager les opérations spéculatives ».

Baert et Caresche à la manœuvre

Mais ensuite, le vent tourne : ce sont des opposants aux amendements qui prennent la parole. Et, à chaud, nul ne relève les formules qu’ils emploient. Ces formules, il faut pourtant bien en prendre note, car on verra bientôt qu’elles ont une histoire.

À prendre le micro, il y a d’abord Jean-François Mancel, l’indéboulonnable député (LR) de l’Oise, survivant politique d’une interminable tourmente judiciaire. « Je vais vous faire part de ma réflexion personnelle », dit-il en préambule à ses collègues, sans que beaucoup d’entre eux aient sans doute les moyens de savoir que cette réflexion est peut-être moins « personnelle » qu’il ne le dit. Puis il souligne que l’an passé, il était favorable à la taxation des transactions intra-journalières, mais qu’il a depuis changé d’avis, compte tenu des effets prévisibles du Brexit. À l’heure où « le gouvernement, la Région Île-de-France, la mairie de Paris » se plient en quatre pour essayer d’attirer en France les établissement financiers, il n’est plus opportun, fait-il valoir, de les effaroucher avec une telle taxe.

Puis c’est au tour de Dominique Baert, député socialiste du Nord, de se moquer de ceux de ses collègues qui évoquent l’aide au développement « avec des trémolos politiques ». Et il ajoute : « On utilise de mauvais moyens avec ces amendements parce que la rédaction de l’amendement fait un amalgame malheureux entre la transaction à haute fréquence et les échanges intraday. Or, je rappelle que le trading à haute fréquence a déjà été taxé depuis 2012 et, de ce fait, l’assiette a disparu car les acteurs dutrading à haute fréquence ont largement quitté la France. La transaction de l’intradayaura le même effet, celui de l’assèchement de la matière que l’amendement espère taxer. L’intraday est un facteur de liquidités sur les marchés et il serait dommage de s’en priver. » Et lui aussi fait valoir que cette taxation serait « un très mauvais signal » envoyé aux établissements financiers, tentés de fuir la City à l’heure du Brexit.

Ensuite, c’est le député (PS) de Paris Christophe Caresche, toujours enclin à défendre les positions les plus à droite possible, qui monte au créneau contre ces amendements, avec des arguments dont il faut prendre note : « Il me semble qu’il y a une confusion sur les objectifs que l’on poursuit. (…) Je crois qu’il y a une confusion entre les transactions haute fréquence et les transactions intradays », estime-t-il. « Sur l’intraday, un marché a besoin de contrepartie, sinon, il n’y a plus de marché », dit-il encore. Il fait aussi valoir que l’Europe conduit au même moment une réflexion voisine et qu’il vaut mieux attendre que cette réflexion aboutisse pour que la France avance à l’unisson. « Je suggère que l’on attende de voir ce qui va se passer au niveau européen pour prendre un certain nombre de décisions », conclut-il.

Et pour finir, c’est la députée (PS) du Tarn-et-Garonne, Valérie Rabault, qui conclut les échanges, en sa qualité de rapporteure générale du budget. Faisant valoir qu’elle n’a, elle, pas changé d’avis, puisque dès l’an passé, elle était déjà opposée à cette taxation, elle confirme qu’elle n’y est toujours « pas favorable » et estime « désastreux de lier l’aide au développement à la question de la taxe sur les transactions financières ».« C’est même insultant pour l’aide au développement », conclut-elle, avant de formuler un avis défavorable.

Résultat : à main levée, les amendements sont, contre toute attente, rejetés. Une séance normale, donc ; le train-train de la commission des finances…

Une séance normale, certes… mais qui prend un tout autre relief lorsque l’on sait ce qui s’est passé dans les coulisses les jours précédents. Agissant pour le compte de toutes les grandes banques françaises, qui ne goûtent guère les mesures de régulation pour contenir ou encadrer leurs activités spéculatives, la Fédération bancaire française (FBF) a très vite sonné le tocsin pour alerter des députés amis, de droite ou socialistes, afin qu’ils se mettent en travers de ces amendements.(...)

Il suffit donc de lire le mail et la note blanche pour se rendre à l’évidence : ce sont les mêmes arguments qui ont été développés en séance ; parfois, ce sont des citations mêmes de la note qui ont été lues par la suite, lors de cette séance de la commission des finances. « Alors que tant d’efforts sont faits pour assurer l’attractivité de la Place de Paris en cette période de Brexit, la France ne doit pas s’engager dans la voie d’une augmentation de la TTF, ou être le seul pays au monde à imposer aux banques une taxe sur les échanges INTRADAY. À l’heure où de nombreuses entreprises étrangères prospectent sur Paris et réfléchissent à leur implantation sur le territoire français, il est crucial que de tels projets de taxe soient abandonnés », claironne ainsi le mail, qui se réjouit aussi de voir le gouvernement, la région Île-de-France et la ville de Paris marcher dans ce cas du même pas. « Une telle initiative irait totalement à contre-courant de ces efforts partagés par tous que ce soit le gouvernement, la région, la ville de Paris et les acteurs économiques », dit la note.

La note blanche fait valoir un autre argument – qui sera par la suite défendu en commission par Dominique Baert : « Les échanges Intraday permettent le financement des entreprises ! Il ne faut pas se tromper avec le trading à haute fréquence qui, lui, est déjà taxé ! Les acteurs du trading à haute fréquence ont d’ailleurs quitté les marchés français depuis cette taxe instaurée en 2012. » Devançant toujours le propos du même député socialiste, la note relève que la taxe risque d’assécher la matière qu’elle prétend taxer : « Avec une taxe intraday, l’effet sur les volumes de transactions sera sans précédent : si le nombre de transactions françaises baisse drastiquement, les recettes de la taxe pour l’aide au développement baisseront drastiquement ! »

Et puis, il y a aussi dans la note cet autre argument, que l’on retrouvera dans la bouche de Christophe Caresche, selon lequel il serait contre-productif que la France avance seule, alors que l’Europe travaille sur le sujet : « La France pèse pour que la TTF soit élargie et que les autres marchés soient soumis aux mêmes contraintes que celles imposées aux utilisateurs des marchés en France (avant tout le monde…). Des réflexions sur l’Intraday sont également en cours. Dans ces conditions, pourquoi mettre en place en France un système de taxation qui devra être abandonné dans quelques mois au profit de dispositions européennes applicables à tous d’ici peu ? »

Conclusion de la note : « Le signal envoyé aux potentiels investisseurs et aux entreprises qui réfléchissent à des relocalisations dans l’hexagone serait désastreux. » Cette taxation serait « un très mauvais signal », dira, comme en écho, Dominique Baert.

Bref, les banquiers ont gagné la partie. Au moins provisoirement. Car la discussion va maintenant reprendre en séance publique, dans le courant de la semaine, et le lobbying désormais un peu trop visible du patronat bancaire, qui est parvenu à retourner un vote qui avait été acquis l’an passé, risque de susciter quelques embarras.

Entre les hiérarques du parti socialiste et ceux de la finance, une grande porosité

De cet intermède, transparaissent pourtant dès à présent plusieurs enseignements. Le premier a trait à la formidable influence du patronat bancaire. Cette immixtion dans le travail parlementaire en est une illustration. Celle-ci est d’autant plus saisissante que la FBF ne recule visiblement devant rien pour parvenir à ses fins. Arguments tendancieux ou de mauvaise foi, sinon imaginaires : tous les moyens sont visiblement bons pour passer en force au Parlement.

D’abord, il est loin d’être certain, contrairement à ce que prétend la FBF, que le Brexit affecterait fortement la finance britannique qui, dans le cadre d’une procédure dite des « pays tiers », pourrait continuer à avoir accès au marché unique européen.

Ensuite, comme le relève un expert, « la FBF ment de manière éhontée lorsqu’elle indique que la taxe sur le trading à haute fréquence mise en place en 2012 a fait fuir les traders à haute fréquence à Londres. En réalité, les serveurs de la Bourse de Paris ne sont plus à Paris depuis fin 2010 : ils ont été déplacés dans le Grand Est londonien, à Basildon, afin de rejoindre le centre informatique de NYSE Euronext. Pour quelle raison ? Tout simplement pour que la Bourse de Paris, engagée dans une compétition financière auprès de ses concurrentes européennes et américaines, fasse gagner quelques fractions de milliseconde aux traders à haute fréquence car la fibre optique n’a plus à traverser la Manche. Ce sont donc les traders à haute fréquence qui ont participé à la délocalisation de la Bourse de Paris, et non pas la taxe française sur les transactions financières… ».

Par ailleurs, poursuit notre expert, « la taxe française sur le trading à haute fréquence est un coup d’épée dans l’eau. En effet, elle applique un taux de 0,01 aux opérations qui annulent et modifient les ordres passés dans un délai de moins d’une demi-seconde. Si l’opérateur annule plus de 80 % de ses ordres sur une seule journée de Bourse, la taxe s’applique sur le montant des ordres annulés ou modifiés excédant ce seuil. Or, les opérateurs peuvent échapper à la taxe en réalisant des opérations toutes les 0,51 seconde ou en faisant en sorte que moins de 80 % des ordres soient annulés ».

Enfin, conclut notre expert, « il est assez risible de voir la Fédération française bancaire s’inquiéter de l’issue des négociations sur la TTF dans l’Union européenne, alors qu’ils sont totalement opposés à toute idée de taxe nationale et européenne sur les transactions financières ». Ce qui n’empêche visiblement pas certains députés de reprendre en boucle l’argument.

Le deuxième enseignement de cet intermède a trait à la porosité manifeste qui existe entre les sommets du pouvoir socialiste. Car il n’est tout de même pas banal que quelques députés socialistes se chargent de torpiller des amendements portés par d’autres députés socialistes, sous les applaudissements du lobby bancaire. Mais on sait que cette porosité va encore beaucoup plus loin que cela, puisque de nombreux conseillers dans les cabinets ministériels socialistes ont ensuite trouvé refuge dans les grandes banques privées, sinon même au sein de la FBF (lire Quand les banquiers infiltrent les sommets de l'État et L'indécent chassé-croisé entre Bank of America et le pouvoir socialiste). C’est tout particulièrement le cas de Benoît de la Chapelle qui était, depuis 2010, responsable des « affaires financières et monétaires » au sein de la représentation permanente française auprès des institutions européennes, chargé notamment de ce dossier de la taxation des transactions financières. Et puis il a quitté ce poste le 3 novembre 2014, pour rejoindre la Fédération bancaire française (lire Taxe Tobin: les banques font leur marché chez les hauts fonctionnaires). La Chapelle, qui fut aussi directeur de cabinet adjoint de Jean-Pierre Jouyet lorsque ce dernier était secrétaire d'État aux affaires européennes, est donc depuis directeur délégué de la FBF, le lobby de l'industrie bancaire française si farouchement hostile à la taxe sur les transactions financières.

La directrice générale de la FBF, Marie-Anne Barbat-Layani, a elle-même eu un parcours qui est très révélateur de cette porosité. C'est en effet dans un cabinet de gauche, celui de Christian Sautter, au Budget, qu'elle a pris son envol, avant d'intégrer l'Inspection des finances grâce à Nicolas Sarkozy, dans des conditions pour le moins scabreuses (lire Le plan de carrière emblématique d'une oligarque de Bercy), puis de passer à la FBF, dans des conditions tout aussi stupéfiantes. Et dans les milieux bancaires, elle est réputée pour être maintenant l'une des plus sévères et des plus virulentes contre les hiérarques socialistes, qui lui ont pourtant servi de marchepied au début de sa carrière.

Et puis naturellement, il y a un troisième enseignement, mais celui-là est maintenant connu de très longue date : François Hollande s’est décidément bien moqué du monde quand il a annoncé, avant l’élection présidentielle, que la finance serait son adversaire. Ce dernier intermède atteste même que c’est la FBF qui fait la loi…

 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 15:09
Jeudi 3 novembre, 18h au cinéma Le Studio à Brest: ciné-débat autour du film documentaire "¨Passeurs de l'ombre" sur le réseau Shelburne qui faisait évacuer les aviateurs alliés tombés en France vers l'Angleterre
« Passeurs de l’ombre »

Film de Rolland Savidan et Roger Huguen

Jeudi 3 novembre 2016 à 18 heures Cinéma Les Studios - 136, rue Jean Jaurès

Dans le cadre du mois du film documentaire. De janvier à Août 1944, des navires anglais ont établi des liaisons maritimes entre le port de Dartmouth, au Sud de L’Angleterre et les falaises de Plouha, sur la côte Ouest de la Baie de St-Brieuc. Le réseau « Shelburne » avait pour mission de faire évacuer par mer les aviateurs alliés tombés sur le sol français. Passeurs de l’ombre retrace l’aventure de ces «héros» et met des noms et des visages sur des personnages dont l’histoire n’avait retenu que silhouettes et pseudonymes... Projection et débat avec la participation de Christian Bougeard, professeur d’histoire émérite à l’UBO

Entrée gratuite dans la limite des places disponibles

Renseignements : 02 98 22 05 39

l'historien Christian Bougeard, spécialiste de la résistance en Bretagne

l'historien Christian Bougeard, spécialiste de la résistance en Bretagne

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 14:59

15 CHANTIERS PRIORITAIRES

Reconstruire une production nationale pour répondre aux besoins

Objectif : Pour répondre au défi de l’emploi et de la transition écologique, nous voulons relancer la production en France en promouvant un nouveau mode de développement et de production basé sur la réponse aux besoins, sur la planification écologique et sur un nouveau statut de l’entreprise.

Agir en urgence pour l’emploi : relancer la production

  • Plan national de réindustrialisation du pays piloté par une planification rénovée et démocratisée
  • Investissement massif, notamment dans la recherche et l’enseignement supérieur, en réorientant les crédits alloués au Crédit impôt recherche (CIR) et au Crédit d’impôt pour la compétitivité etl’emploi (CICE)
  • Constitution de pôles publics d’entraînement industriel et de services autour de sociétés publiques, de sociétés à capitaux mixtes et de sociétés nationalisées

Numérique : parier sur l’économie de la collaboration

  • Objectif 100 % très haut débit sur tout le territoire
  • Création d’une aide à l’émergence d’écosystèmes des tiers lieux (Fablabs, Makerspaces, hackerspaces) et de l’économie de la collaboration

Promouvoir une agriculture durable

  • Engager la transition écologique de notre modèle de production agricole, soutenir l’installation de jeunes paysans et promouvoir l’agriculture paysanne
  • Création d’un fonds de soutien à l’agriculture paysanne et aux filières alimentaires relocalisées
  • Loi sur la réduction des marges et pratiques dans la grande distribution pour des prix justes
Changer l’entreprise et revaloriser le travail

Objectif : Faire de l’émancipation des travailleurs le moteur de la transformation sociale.

  • Engager la réduction du temps de travail pour aller vers les 32 heures
  • Créer un nouveau statut juridique de l’entreprise incluant le rôle qu’y jouent les salariés et ses liensavec le territoire
  • Instituer un droit de reprise des entreprises par les salariés
  • Extension du pouvoir d’intervention des salariés dans l’entreprise
  • Aide à la création et au développement des sociétés coopératives et participatives (SCOP)
  • Abrogation de la directive sur le travail détaché
Mettre en œuvre un système de sécurité emploi formation

Objectif : Lutter contre la précarité et la mise en concurrence des travailleurs en promouvant un système qui assure aux travailleurs un emploi ou une formation et une rémunération tout le long de leur vie professionnelle.

  • Création d’un service public de sécurisation de l’emploi et de la formation assurant un revenu, un emploi ou une formation, tout le long de la vie professionnelle, sécurisant notamment les jeunes et les seniors
  • Abrogation de la loi sur la sécurisation de l’emploi
  • Faire du CDI (contrat à durée indéterminée) la norme du contrat d’embauche en limitantfermement le nombre d’intérimaires et de contrats précaires par entreprise
  • Instaurer une conférence annuelle sur la revalorisation des salaires et des qualifications
Entreprendre une grande réforme de justice fiscale

Objectif : Il s’agit d’enclencher une grande réforme de l’impôt pour mobiliser les ressources nécessaires à la mise en œuvre de nos propositions et à assurer la justice fiscale. Il s’agit aussi de se doter en cinq ans d’outils nécessaires pour affronter le pouvoir de la finance et réorienter l’argent vers l’économie réelle.

  • Refonte de l’impôt sur le revenu pour le rendre plus progressif
  • Réforme de l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune)
  • Création d’un pôle public bancaire autour de la Caisse des dépôts et consignations, de la Banque publique d’investissement, de la Banque postale, des banques mutualistes et coopératives et de banques nationalisées. Il impulsera un nouveau crédit sélectif pour l’investissement et l’emploi
  • Mise en place d’une taxe européenne sur les transactions financières (TTF – gain possible annuel : 36 milliards)
  • Taxation des stock-options et renforcement de la fiscalité sur le capital Placer l’éthique au cœur de l’économie
Placer l’éthique au cœur de l’économie

Objectif : Placer l’éthique au cœur de la société en s’attaquant à la fraude fiscale et sociale, en remettant de l’équité dans les rémunération et en luttant contre la corruption et les passe-droits.

  • Recrutement massif d’agents des services des Impôts et du Trésor
  • Signature d’accords bilatéraux pour mettre fin au secret bancaire
  • Taxation des stock-options
  • Instauration d’un salaire maximum
  • Instauration d’une transparence totale des avantages en nature dans la haute fonction publique et des hauts cadres des entreprises publiques et privées
  • Renforcement des moyens alloués à la lutte contre la corruption
Relever le défi écologique

Objectif : Répondre en cinq ans au défi écologique en initiant la transition écologique. Cet objectif concernera l’ensemble de l’action publique. Elle s’articulera autour de 5 piliers : la lutte contre le réchauffement climatique, la transition énergétique, un plan national pour les transports, la rénovation des bàtiments et l’affirmation du droit à une alimentation de qualité pour tous.

  • Plan climat visant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES)
  • Création d’un pôle public de l’énergie autour d’un mix énergétique 0 % CO2 associant énergiesrenouvelables et énergie nucléaire
  • Plan national de ferroutage et de soutien au transport public
  • Plan national de rénovation thermique des bàtiments
  • Aller vers le 100 % bio et circuits courts dans les structures de restauration collectives
Ouvrir un nouvel àge de la Sécurité sociale

Objectif : Renforcer notre système solidaire de Sécurité sociale en lui donnant les moyens de son développement et en assurant de nouveaux droits.

  • Plan de mobilisation pour l’hôpital public et les structures publiques de santé
  • Assurer le droit effectif à l’IVG (interruption volontaire de grossesse) sur tout le territoire
  • Réforme du calcul des cotisations patronales en les modulant en fonction de la politique salariale et d’emploi de l’entreprise
  • Abaisser l’àge du départ en retraite pour aller vers le droit à la retraite à 60 ans à taux plein
  • Création d’un service public et décentralisé de la dépendance
  • Engager un plan « crèches » pour créer 500 000 places
  • Aller vers l’universalité des allocations familiales dès le premier enfant
S’engager avec force pour l’éducation et la jeunesse

Objectif : Faire de l’éducation et la jeunesse les deux priorités de notre action en démocratisant l’accès aux savoirs, en construisant l’école de la réussite pour tous et en assurant l’autonomie des jeunes.

  • Plan national de lutte contre les inégalités à l’école avec une scolarité obligatoire, gratuite, de 3 à 18 ans, garantissant le droit à la scolarisation dès l’àge de 2 ans
  • Plan de recrutement de personnels dans l’éducation nationale et relance de la formation initiale et continue des enseignants
  • Revalorisation générale des bourses d’étude et adoption d’une loi cadre pour l’autonomie et l’avenir des jeunes
  • Encadrement et valorisation de la rémunération des stages
Lancer un plan national pour le logement

Objectif : élaboration d’une loi-cadre sur le logement et contre la spéculation immobilière et lancement d’un plan national de construction de logements sociaux afin de répondre en 5 ans aux besoins particulièrement en zones denses. Le taux d’effort des ménages pour le logement ne devra pas dépasser 20 % des revenus disponibles.

  • Objectif de construction de 200 000 logements sociaux par an
  • Doublement des aides à la pierre
  • Renforcement de la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain) avec notamment 25 % de logements sociaux obligatoires
  • Mobilisation du foncier par la création d’une agence nationale foncière décentralisée
  • Renforcement du « 1 % patronal »
  • Réorientation du financement du logement vers le secteur public
Rendre effective l’égalité femmes-hommes

Objectif : Assurer l’égalité femmes-hommes dans la société et lutter contre les violences sexistes.

  • Renforcement de la loi sur l’égalité salariale en la rendant plus contraignante
  • Promotion d’un enseignement non sexiste à l’école et de campagnes nationales de sensibilisation
  • Multiplication des places d’hébergement et de logements relais pour les femmes isolées et victimes de violences
  • Impulser la mise en œuvre de la directive de l’européenne la plus favorisée
La culture au cœur du processus de transformation

Objectif : Refonder le service public de la culture par une compétence partagée entre l’état et les collectivités locales pour garantir les droits culturels de tous à un haut niveau d’exigence artistique, pour permettre le libre partage des œuvres, des idées et des savoirs, pour favoriser la socialisation de l’art à l’école, dans la cité et l’entreprise, pour reconnaître la diversité des expressions culturelles.

  • Aller en 5 ans vers des budgets publics nationaux et locaux équivalents à 1 % du PIB
  • Renforcer le régime des intermittents du spectacle
  • Garantir la permanence artistique des structures en émergence et la part artistique des budgets des institutions publiques
Refonder la démocratie

Objectif : Faire de chaque citoyen un acteur de la vie publique. Changer la matrice de la prise de décision publique en plaçant la démocratie et la participation citoyenne en son cœur.

  • Inscription dans la Constitution de la participation et de l’initiative citoyenne comme droit fondamental
  • Instauration de la proportionnelle à toutes les élections et renforcement du non cumul des mandats
  • Renforcement des moyens de la commission nationale du débat public
  • Droit de vote des résidents étrangers
  • Lancement d’un processus constituant pour une VIe République
  • Pour une réappropriation populaire des médias, attribuer le droit de veto des rédactions sur la nomination des cadres éditoriaux et des sièges pour les salariés des médias dans les conseils d’administration
Pour une République de la citoyenneté et de l’égalité

Objectif : Redonner force à la République sur l’ensemble du territoire en assurant à chaque citoyen un égal accès aux services publics, une réaffirmation de ses droits, une effectivité pleine et entière de sa citoyenneté, et en réaffirmant le caractère solidaire, laïque, égalitaire et fraternel du pacte national républicain.

  • Plan de lutte contre les inégalités territoriales en assurant la présence des services publics sur l’ensemble du territoire national et en luttant contre les déserts médicaux
  • Lancement d’une troisième phase de rénovation urbaine
  • Plan de lutte contre le racisme et les discriminations avec notamment la mise en placed’observatoires locaux des discriminations et de l’égalité
  • Droit à la sécurité pour tous avec un plan de recrutement de personnel de Police et de Gendarmerie de proximité
Transformer l’Europe

Objectif : User du poids et de la position de la France pour réorienter la construction européenne vers un modèle d’intégration solidaire et coopératif.

  • Dénoncer le pacte de stabilité, engager la renégociation du traité budgétaire et des traités européens
  • Réforme des statuts et missions de la Banque centrale européenne et soutenir la proposition d’une Conférence européenne sur la dette
  • Soutenir la création d’un Fonds européen de développement social, écologique et solidaire dédié aux investissements et services publics et à la relance de l’emploi, de l’industrie, de la formation alimenté par les milliards du « plan Draghi »
  • Refonder une nouvelle politique agricole, alimentaire et des pêches
  • Redéfinir la politique des visas de l’Union européenne (UE), fondée sur le droit international, respectant le droit d’asile et la protection des personnes ; garantie du droit universel de circulation par l’entrée sécurisée et légale pour les réfugiés et les migrants ; abrogation des règlements dits de Dublin et mise en œuvre d’une solidarité européenne dans l’accueil des migrants au moyen, notamment, de « quotas » ; soutien aux politiques d’accueil respectueuses des droits humains des pays méditerranéens de premier asile
  • Prendre l’initiative pour déclarer l’Europe «zone dénucléarisée» et initier la participation européenne à une Conférence internationale pour le désarmement nucléaire et l’éradication des armes de destructions massives, et stopper les ventes et livraisons d’armes françaises dans les régions en guerre
Agir pour un monde solidaire

Objectif : Mettre la diplomatie française au service de la paix, de la justice et de la solidarité

  • Initier une réunion exceptionnelle de l’Organisation des nations unies (ONU) portant sur la refondation de l’Organisation en conformité avec la Charte des Nations unies fondée sur les principes d’égalité et de souveraineté des peuples : revalorisation du rôle de l’Assemblée générale, élargissement du Conseil de sécurité, redéfinition des missions et moyens du Programme des Nations unies pour le développement, de l’Organisation mondiale de la santé, de l’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) et du Haut commissariat aux réfugiés
  • Porter à 1 % du produit intérieur brut effectif l’Aide publique au développement et soutenir la proposition au Sommet spécial de l’ONU sur le développement durable d’un objectif de 2 % à horizon 2030
  • Soutenir l’adoption d’accords contraignants et différenciés à la COP 21 (plan européen drastique de réduction des émissions de CO2 inférieures ou égales à 2 % ;
  • Sortir la France du commandement intégré de l’OTAN (Organisation du traité Atlantique-nord), établir un calendrier de retrait de la France de l’Alliance transatlantique, dénoncer le Partenariat stratégique UE-OTAN et initier la création d’un Cadre de sécurité et de coopération communes paneuropéen
  • Reconnaître l’état palestinien, soutenir le désengagement des entreprises françaises publiques et privées des colonies israéliennes, systématiser l’étiquetage des produits issus des colonies, et réorienter les investissements français vers le soutien au développement de la Palestine, la reconstruction de Gaza ; suspendre l’accord d’association UE-Israël pour violation de l’article 2 sur le respect des droits de l’homme
  • Initier l’organisation d’une Conférence internationale sous égide de l’ONU pour la paix et le développement du Proche et du Moyen-Orient
Pour les communistes, 15 chantiers prioritaires dans le projet " La France en Commun 2017"
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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 12:56
Pas de prison pour les Goodyear d'Amiens! (L'Humanité, 14 octobre 2016)
Évidemment, la condamnation d'Amiens, tout comme l'affaire de la chemise arrachée à Air France, a été suivie d'une condamnation quasi unanime de la violence physique dont auraient fait preuve les ouvriers. En revanche, la brutalité sociale infiniment plus délétère, à laquelle ils n'ont fait que répondre, est passée sous silence. La fermeture de l'usine d'Amiens a laissé 1 143 salariés sur le carreau. Sur les 1 143 licenciés, à peine 250 auraient réussi à retrouver un emploi, selon les derniers chiffres donnés par la direction de la multinationale. Comme souvent, ce désastre social a entraîné des drames humains. « Il y a eu beaucoup de séparations, racontait Évelyne Becker, déléguée CGT, au lendemain de la condamnation de janvier. Et puis, surtout, nous avons eu 12 décès depuis la fermeture, dont 9 pour maladies... Et 3 suicides. » Cette « violence-là, qui en parle ?
Procès. pas de prison pour les Goodyear d'Amiens !
CYPRIEN BOGANDA
VENDREDI, 14 OCTOBRE, 2016
HUMANITÉ DIMANCHE

Les 19 et 20 octobre, 8 anciens salariés de Goodyear vont passer devant la cour d'appel d'Amiens. en première instance, ils ont été condamnés à 9 mois de prison ferme pour une « séquestration » dénuée de violence, alors qu'ils se battaient contre la fermeture de leur usine. Un procès de portée historique.

L'annonce est tombée comme une bombe le 12 janvier dernier. Huit anciens salariés de Goodyear Am iens (Som me) sont condamnés par le tribunal correctionnel d'Amiens à 24 mois de prison dont 9 ferme, pour avoir retenu deux cadres dirigeants début 2014. En plein conflit social, alors que les 1 143 salariés de l'usine vivaient depuis un an dans l'angoisse d'une fermeture prochaine, le directeur de la production ainsi que son DRH avaient dû passer 30 heures dans les locaux. Mais il n'y a pas eu la moindre violence physique, comme le reconnaissait d'ailleurs à l'époque le directeur du site : « On ne peut pas dire que je sois traumatisé », déclarait Michel Dheilly au micro de RTL (8 janvier 2014) au sortir de son « épreuve ». Avant d'évoquer une « tension palpable » dans les échanges verbaux avec les syndicalistes, mais une absence de maltraitance.

La condamnation de janvier a déclenché un tollé politique à la gauche du Parti socialiste, mais un silence radio de la part du gouvernement, à l'exception notable de Pascale Boistard, ancienne députée de la Somme et secrétaire d'État aux Droits des femmes : « Devant une si lourde condamnation, je ne peux qu'exprimer mon émotion fraternelle », écrit-elle sur Twitter. La dimension politique de la décision de justice est d'autant plus évidente que la direction de la multinationale américaine avait retiré sa plainte, laissant au procureur (dép endant de la garde des Sceaux) le soin de poursuivre les salariés. Reynald Jurek, ouvrier de Goodyear condamné, résume en deux phrases toute la portée symbolique de cet acharnement : « Le gouvernement a voulu faire de nous un exemple, et dire aux gens : "Faites attention si vous vous battez pour votre boulot, regardez ce qui peut vous attendre !" »

DU JAMAIS-VU DEPUIS 1948

Le quinquennat de François Hollande s'est caractérisé par une criminalisation du mouvement syndical, depuis l'affaire de la chemise arrachée à Air France jusqu'à la répression des manifestants antiEl Khomri. Néanmoins, le procès Goodyear revêt un caractère exceptionnel, du fait de la lourdeur des condamnations. Rarement des salariés défendant leur outil de travail ont été à ce point matraqués. Pour trouver des peines aussi lourdes que celles prononcées à Amiens, il faut remonter à la grande grève des mineurs de 1948, selon l'historien spécialiste des mouvements sociaux Michel Pigenet. À l'époque, l'armée était intervenue pour casser la grève des « gueules noires », qui avaient été victimes d'une répression impitoyable. « Selon les recherches d'un de mes étudiants, les tribunaux de l'époque ont infligé 1073 condamnations dont 10 % à des peines de prison ferme dont la durée était en général inférieure à un an », explique Michel Pigenet (« HD » du 21 janvier 2016).

DÉSASTRE SOCIAL ET HUMAIN

Évidemment, la condamnation d'Amiens, tout comme l'affaire de la chemise arrachée à Air France, a été suivie d'une condamnation quasi unanime de la violence physique dont auraient fait preuve les ouvriers. En revanche, la brutalité sociale infiniment plus délétère, à laquelle ils n'ont fait que répondre, est passée sous silence. La fermeture de l'usine d'Amiens a laissé 1 143 salariés sur le carreau. Sur les 1 143 licenciés, à peine 250 auraient réussi à retrouver un emploi, selon les derniers chiffres donnés par la direction de la multinationale. Comme souvent, ce désastre social a entraîné des drames humains. « Il y a eu beaucoup de séparations, racontait Évelyne Becker, déléguée CGT, au lendemain de la condamnation de janvier. Et puis, surtout, nous avons eu 12 décès depuis la fermeture, dont 9 pour maladies... Et 3 suicides. » Cette « violence-là, qui en parle ?
 


 

LA CGT veut faire du procès en appel des goodyear « un temps fort de sa campagne pour les libertés syndicales ». dans un communiqué commun, la confédération, l'union départementale de la somme, la CgT chimie et la CgT goodyear appellent à la « mobilisation » et la « grève » les 19 et 20 octobre. elles pointent la « forte responsabilité » du gouvernement « dans la criminalisation de l'action syndicale » et insistent sur la nécessité « d'être le plus nombreux possible devant le tribunal d'amiens », pour dénoncer des « procédures judiciaires scandaleuses et indignes d'une démocratie ».

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