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21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 07:03
Les militants communistes, ici Ismaël, Michel, Jean-Claude, Jean-François, étaient présents sur le marché de Morlaix le 18 septembre pour la présentation de la conférence ciné-débat des mardis de l'éducation populaire sur le coup d'Etat de Pinochet et Victor Jara le 21 septembre 2021 à Plourin-les-Morlaix, salle du Cheval blanc à 18h, avec Hector Herrera, et la campagne présidentielle de Fabien Roussel

Les militants communistes, ici Ismaël, Michel, Jean-Claude, Jean-François, étaient présents sur le marché de Morlaix le 18 septembre pour la présentation de la conférence ciné-débat des mardis de l'éducation populaire sur le coup d'Etat de Pinochet et Victor Jara le 21 septembre 2021 à Plourin-les-Morlaix, salle du Cheval blanc à 18h, avec Hector Herrera, et la campagne présidentielle de Fabien Roussel

Jean-François, Jean-Luc, Michel et Jean-Claude sur le marché de Morlaix, le 18 septembre

Jean-François, Jean-Luc, Michel et Jean-Claude sur le marché de Morlaix, le 18 septembre

Patricia, André, Michel et Jean-Luc sur le marché de Morlaix le 18 septembre 2021

Patricia, André, Michel et Jean-Luc sur le marché de Morlaix le 18 septembre 2021

500 tracts de Fabien Roussel avec nos propositions pour l'emploi et les salaires de distribués au marché à Brest ce dimanche 19 septembre au matin avec Jean-Paul, Floriane, Paul et Erwan.

500 tracts de Fabien Roussel avec nos propositions pour l'emploi et les salaires de distribués au marché à Brest ce dimanche 19 septembre au matin avec Jean-Paul, Floriane, Paul et Erwan.

Marchés de Morlaix, de Saint-Martin-des-Champs le 20 septembre, de Brest le 20 septembre, et plusieurs marchés de la région morlaisienne aussi dans la semaine, les communistes étaient mobilisés toute cette semaine passée dans le Finistère.

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21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 06:50
24 nouveaux adhérents au PCF dans le Finistère depuis le 1er janvier 2021: vous aussi, adhérez!
24 nouveaux adhérents au PCF dans le Finistère depuis le 1er janvier 2021: vous aussi, adhérez!

Adhérer au parti communiste, c'est rejoindre une communauté de valeurs et d'actions, apporter sa pierre au combat pour une société meilleure, pour le recul des inégalités, de l'exploitation, des dominations!

C'est construire dans une société et un monde éclatés par le capitalisme la voie d'une vie collective plus humaine, solidaire, fraternelle!

C'est refuser l'égoïsme des riches, l'argent-roi, et la pauvreté et l'abaissement, comme le fatalisme politique et social.

Nous serons plus forts ensemble, organisés!

Depuis le 1er janvier 2021, 24 hommes et femmes ont adhéré au PCF dans le Finistère.

Merci et bravo à elles, à eux.

Parallèlement, nous avons reçu 8 camarades venus d'autres départements depuis le début de l'année.

Vous aussi, adhérez au PCF, un parti centenaire aux combats on ne peut plus actuels.

Le parti qui compte le plus d'adhérents dans le pays, le 3e parti en nombre d'élus et un parti dont la boussole est toujours l'amélioration du sort des plus défavorisés, la construction de l'égalité réelle, de la démocratie réelle.

La fédération du PCF Finistère compte actuellement 860 adhérents, une force pour être présent dans la bataille politique sur le terrain, mais une force qui ne demande qu'à s'amplifier. Parallèlement, nous avons 50 élus municipaux, une élue régionale, trois élus départementaux.

 

Pour adhérer au PCF dans le Finistère:

federation@29.pcf.fr

5 rue Henri Moreau 29 200 BREST

Ou via le site national du PCF: https://www.pcf.fr/mon_pcf_adhesion

 

24 nouveaux adhérents au PCF dans le Finistère depuis le 1er janvier 2021: vous aussi, adhérez!
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21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 06:27
Solidarité avec le peuple afghan - L'accueil est un devoir ! - Déclaration de la fédération du PCF Finistère et des élus communistes du Finistère

Solidarité avec le peuple afghan

L'accueil est un devoir !

Déclaration de la fédération du PCF Finistère et des élus communistes du Finistère

Cinquante ans de guerre et d'interventions militaires, dans lesquels ont pris part les USA et les gouvernements français successifs, ont fait de l’Afghanistan un pays ruiné et dépendant. Ils l'ont laissé aux mains de pseudo-élites corrompues et ont poussé 2,6 millions d'afghans dont une majorité de femmes et d'enfants à fuir le pays et à se réfugier dans des conditions terribles en Iran, en Turquie, au Pakistan ou en Asie Centrale.

La prise de pouvoir, dans des conditions pour le moins équivoques, par les Talibans menace directement des femmes, des hommes, souvent jeunes, victimes désignées d'une féroce dictature théocratique.

Les femmes savent qu'elles y seront plus particulièrement exposées, menacées d'être de nouveaux emmurées vivantes. Elles redoutent de perdre leurs maigres libertés gagnées dont celles d’étudier et travailler.

En toute humanité nous devons à cette femmes, à ces hommes, solidarité et soutien.

Nous agirons dans les assemblées où nous sommes élu.e .s pour ce droit universel à la protection, à la sécurité, à l'hospitalité soit effectivement respecté.

La protection des demandeurs d'asile afghans, comme de tous ceux qui fuient les situations de guerre, de persécution et de dictature dans d'autres pays, doit être assurée, et l'asile inconditionnel que nous devons aux afghans doit s'affranchir du règlement européen de Dublin à cause duquel nous renvoyons des exilés dans leur premier pays d'arrivée en Europe, lequel peut selon les cas les renvoyer en Afghanistan. Rappelons que la France en 2019 encore expulsait 400 personnes en Afghanistan, un pays sûr!!!

Surtout, l’État et les collectivités doivent mettre en œuvre de réels moyens pour faciliter une bonne intégration des réfugiés afghans.

Brest le 21 septembre 2021.

 

Lire aussi: PCF - Quelle politique de la France pour les réfugiés ?

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21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 06:13
Gérard Sadik - La Cimade: On peut craindre que les expulsions de réfugiés afghans reprennent (L'Humanité, 20 septembre 2021)
Gérard Sadik, la Cimade : « On peut craindre que les expulsions d'Afghans reprennent »
Lundi 20 Septembre 2021

Plus d’un mois après la prise de Kaboul par les talibans, Gérard Sadik, en charge de l’asile à la Cimade, revient sur la situation ambivalente des Afghans exilés en France et en Europe.

 

Où en est-on de la prise en charge des exilés afghans arrivés en France cet été après la prise de Kaboul par les talibans ?

Gérard Sadik: responsable national de la thématique Asile de la Cimade.

Gérard Sadik Les autorités les ont d’abord placés dans des hôtels pour l’isolement prophylactique prévu pendant dix jours, dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire. Trois ont fait l’objet de mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance (Micas) parce qu’ils étaient soupçonnés d’être talibans. La première semaine, un dispositif a été improvisé en Île-de-France impliquant plusieurs opérateurs institutionnels et associatifs. Ceux qui sont arrivés la semaine suivante ont été orientés vers d’autres régions. On enregistre maintenant les demandes d’asile. Ceux qui ne le souhaitent pas disposent tout de même d’un récépissé de trois mois. Les demandeurs ne sont pas obligés de passer par la procédure classique de la plateforme téléphonique de l’Office français de l’intégration et de l’immigration (Ofii). Une fois leur dossier enregistré, ils sont orientés vers des structures d’hébergement du dispositif national d’accueil et seront rapidement convoqués à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Ensuite, ça devrait bien se passer pour eux. Ils passent devant les 18 410 autres demandeurs d’asile afghans qui étaient là avant.

La France n’est-elle pas assez protectrice à l’égard de ces derniers ?

Gérard Sadik Les Afghans sont la première nationalité de demandeurs d’asile en France, mais aussi le « stock » le plus important de dossiers pendants. On reste à un taux d’accord de protection de l’ordre de 85 %, c’est important. Mais on compte entre 6 000 et 10 000 demandeurs dublinés (procédure consistant à renvoyer les demandeurs d’asile dans le pays par lequel ils sont entrés en Europe, selon le règlement de Dublin – NDLR). Ils viennent d’autres pays européens et doivent attendre, quand ils ne sont pas transférés vers ces pays, dont certains n’hésiteront pas à les expulser vers l’Afghanistan dès que les vols ne seront plus suspendus. En France, ils ont normalement droit à un hébergement et aux conditions matérielles d’accueil. Mais une grande partie d’entre eux sont considérés « en fuite » parce qu’ils ne se sont pas rendus à un rendez-vous, parce qu’ils ont refusé de faire un test PCR ou pour tout autre motif. L’Ofii leur coupe alors automatiquement les conditions matérielles d’accueil. On les retrouve dans les campements qu’on connaît. Se pose aussi la question des familles des protégés afghans. La plupart ont engagé des procédures de réunification familiale qui n’ont pas été traitées. Aujourd’hui, les familles sont coincées là-bas. Sans compter certains réfugiés qui ont pris le risque de perdre leur protection en France pour aller chercher leur famille en Afghanistan et se retrouvent maintenant bloqués.

Ne doit-on pas craindre, en outre, à la suite des dernières déclarations de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), que la France accorde moins de protection à ceux dont les demandes d’asile n’ont pas encore été traitées ?

Gérard Sadik La CNDA a considéré, quinze jours après la victoire surprise des talibans, que la guerre civile en Afghanistan était finie. C’est aller vite en besogne. Entre 2017 et 2020, elle appliquait la « jurisprudence Kaboul », qui considérait que le simple fait d’arriver de la capitale afghane donnait droit à une protection. Cette jurisprudence ne s’applique plus depuis l’été dernier. Et maintenant la CNDA décrète qu’elle n’accordera plus de protection subsidiaire aux Afghans de façon automatique, mais affirme qu’elle attribuera plus de statut de réfugié  relevant de la convention de Genève.

Une protection plus difficile à obtenir…

Gérard Sadik La question est surtout de savoir quel degré de personnalisation va être appliqué aux demandes. C’est une donnée variable. Dans certains cas, on fait de la détermination de groupe. C’est-à-dire qu’en fonction du groupe social ou de la région d’origine, on peut considérer qu’une personne risque plus ou moins des persécutions, donc accorder massivement des statuts de réfugié. Mais le ministère de l’Intérieur ne veut pas de ça. Il craint que cela n’ait l’effet d’une pompe aspirante pour les Afghans déboutés du droit d’asile ailleurs en Europe, si tous les pays européens n’appliquent pas cette même détermination de groupe. On peut estimer à 400 000 le nombre de demandeurs d’asile afghans en Europe, pour un taux d’accord de 70 % environ. Que fait-on des 150 000 personnes déboutées ? En Grèce, elles sont enfermées avec la promesse d’être renvoyées vers la Turquie. En France, on peut s’attendre, d’ici quelque temps, à ce qu’il y ait plus de rejet. On ne renverra pas immédiatement ces demandeurs à Kaboul. C’est impossible. Mais si tout se normalise et qu’en ouvrant des relations diplomatiques on reconnaît un gouvernement taliban, les vols reprendront, donc la possibilité d’expulsions.

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21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 06:05
Réfugiés afghans - Reportage à Piriac-sur-mer en Loire-Atlantique, Eugénie Barbezat, L'Humanité, 20 septembre 2021
Réfugiés afghans. « Je ne peux pas vivre en sachant mes enfants en danger »
Lundi 20 Septembre 2021

Évacués en urgence de Kaboul, fin août, les exilés accueillis à Piriac, près de Saint-Nazaire, sont en train d’être répartis dans différentes villes. Entre soulagement et déchirement, ces familles, qui ont tout perdu, vont tenter d’y reconstruire leur vie. Reportage

Piriac-sur-Mer (Loire-Atlantique), envoyée spéciale.

À la nuit tombée, une dizaine de jeunes Afghans font les cent pas devant le centre, rivés à leur téléphone. À l’autre bout du fil, des voix féminines. Celles des épouses, fiancées ou sœurs restées en Afghanistan. « Ma femme et mon bébé sont restés à Kaboul. Moi, je travaillais pour l’Otan, j’étais justement à l’aéroport. Quand il a fermé, je suis resté à l’intérieur, avec seulement mes vêtements et mon téléphone. J’ai pu monter dans un avion, mais sans ma famille », explique A., 27 ans. Comme la plupart des 88 réfugiés accueillis fin août dans le centre de colonies de vacances de la Fédération des œuvres laïques (FOL), à Piriac, il est partagé entre le soulagement d’être en vie et le déchirement d’avoir dû « abandonner » des proches. « Je vais tout faire pour les faire venir, mais je sais que ce sera très long. Je ne verrai pas grandir mon fils », souffle-t-il, avant de rejoindre sa chambre pour une nuit qu’il sait déjà sans sommeil.

Parmi la cinquantaine de réfugiés encore présents sur le site, nombreux sont ceux qui n’arrivent pas à dormir, rongés d’inquiétude pour leur famille ou hantés par le souvenir des moments d’extrême violence vécus à l’aéroport avant leur évacuation. « Ma femme pleure toutes les nuits », confie Najibullah, un père de famille d’une cinquantaine d’années. « Je suis heureuse d’être sauvée, je remercie la France pour cela, mais je pense tout le temps à mes enfants restés là-bas. Tant qu’ils ne nous auront pas rejoints, je ne pourrai pas vivre normalement », confirme Shahpirai, son épouse.

Icon QuoteQuand les talibans ont pris Kaboul, j’ai su que mon espérance de vie dans mon pays devenait très faible. Mon nom est sur leurs listes. Najibullah Coordinateur de plusieurs ONG étrangères à Kaboul

Trois de leurs fils, leur belle-fille et leur petite-fille n’ont pas pu partir. Originaire de Kaboul, la famille était menacée en raison de la profession du père, coordinateur de plusieurs ONG étrangères, dont MSF, qui travaillait en lien étroit avec le gouvernement afghan. « Quand les talibans ont pris Kaboul, j’ai su que mon espérance de vie dans mon pays devenait très faible. Mon nom est sur leurs listes », explique le père.

Alors la famille a tout de suite rejoint l’aéroport, où seuls les parents et les deux plus jeunes enfants ont pu embarquer après plusieurs jours d’attente, massés devant les grilles. « Une des portes était gardée par les talibans, ils nous insultaient et nous frappaient à coups de bâton. Y compris les femmes et les enfants », poursuit Najibullah. Arsclan, 14 ans, leur plus jeune fils, a bien failli périr sous leurs coups. « Quand on était là-bas, il a aperçu trois soldats américains sur le toit du bâtiment. Ils filmaient pour documenter le comportement des talibans. Mon fils, par jeu, leur a fait un signe de la main. Aussitôt, les talibans l’ont insulté, traité d’espion et tenté de l’atteindre. Il tremblait de tout son corps. On s’est faufilés à travers la foule pour leur échapper. Les nuits qui ont suivi, mon fils s’est réveillé plusieurs fois en hurlant », raconte le père.

Une priorité, apprendre le français

Aujourd’hui, Arsclan va mieux, lui qui n’avait encore jamais vu la mer profite de la plage tous les jours, ainsi que son grand frère de 19 ans, Eltaf. « Je ne m’inquiète pas trop pour eux. Dès que nous serons dans l’appartement qui nous a été attribué à Châlons-en-Champagne, ils vont être scolarisés. Ils vont vite apprendre le français », estime Najibullah, confiant. Le cadre humanitaire a également pour priorité d’apprendre la langue. « Ensuite, j’irai proposer mes services à des organisations humanitaires françaises. Je suis diplômé, j’ai des contacts avec d’anciens partenaires français. Je voudrais vraiment faire quelque chose de positif pour le pays qui m’accueille », confie-t-il, conscient néanmoins qu’ici, il repart de zéro : « Nous avions une vie confortable en Afghanistan. Une belle maison, une voiture, de l’argent. On est partis sans rien. Le pull que je porte aujourd’hui, c’est ici qu’on me l’a donné. »

 

Durant la conversation, l’homme jette ponctuellement des regards anxieux à son téléphone : « On attend un appel de mes fils aînés. Jusqu’à la semaine dernière, on était en lien permanent via les réseaux sociaux, et leur mère les appelait tous les jours. Mais nous avons appris que les talibans surveillent les conversations. Alors ils ne nous appellent que quand ils sont dans un endroit sûr. En ce moment, ils changent de maison tous les jours pour éviter de se faire repérer. »

« Les talibans ciblent surtout les jeunes »

Samir, 22 ans, évacué avec son frère de 25 ans, est plus serein. « On était tous les deux policiers en Afghanistan, du coup, c’était risqué de rester après la chute du gouvernement, les talibans sont venus nous chercher plusieurs fois, on s’est cachés. Mes parents sont toujours là-bas, mais je ne crois pas qu’ils soient en réel danger. Ils sont âgés, et les talibans ciblent surtout les jeunes », affirme-t-il. Le jeune homme voit son exil comme une opportunité : « Ici, je vais pouvoir poursuivre mes études. Je veux devenir informaticien. Ensuite, je travaillerai et je pourrai envoyer de l’argent à ma famille. Et un jour, peut-être, je rentrerai chez moi. » En attendant, il s’apprête à partir pour Bordeaux, où il partagera un appartement avec son frère. « Là-bas aussi, il y a la mer ? » interroge-t-il.

Icon QuoteDès l'arrivée des talibans, je n’ai plus pu mettre un pied à l’hôpital où j’étais en stage. C’est terrible, les petites filles qui grandissent là-bas n’auront jamais aucune instruction. Sumaya Étudiante en médecine

Pour Sumaya, 20 ans, et sa famille, ce sera Colmar. Mais pour elle, peu importe l’endroit pourvu qu’elle puisse y poursuivre ses études. Originaire de Maidan Wardak, une province située à l’ouest de la capitale devenue un fief des talibans, l’étudiante en troisième année de médecine témoigne : « Dès leur arrivée, je n’ai plus pu mettre un pied à l’hôpital où j’étais en stage. C’est terrible, les petites filles qui grandissent là-bas n’auront jamais aucune instruction. » Évacuée avec sa mère, professeure de biologie, son père, directeur d’un magasin, et sa grande sœur de 24 ans, qui travaillait pour l’ONU, elle revit depuis son arrivée en France : « Heureusement, la famille est réunie ici, et j’ai l’impression d’avoir quitté l’enfer. Là-bas, même s’ils ne me tuaient pas, ma vie était finie. Je n’avais plus qu’à rester cloîtrée chez moi. » Parfaitement anglophones, les deux sœurs sont impatientes de parler le français. Dès qu’elles ont su qu’un cours était proposé par des bénévoles, elles s’y sont précipitées avec leurs parents.

Absence de traducteurs professionnels

L’envie d’apprendre est la motivation commune de la vingtaine de réfugiés assis en cercle sur le terrain de sport du camping jouxtant le bâtiment. Hommes, femmes, adolescents et beaucoup de jeunes enfants sont au rendez-vous de Viviane et Emmanuelle, les professeures de français. Elles les accueillent avec un : « Bonjour ! Ça va ? Comment t’appelles-tu ? », histoire de réviser les premières phrases apprises la veille. Les deux bénévoles sont ravies : « Avec eux, c’est facile, car tous connaissent l’alphabet, donc ils progressent très vite. » C’est Sumaya qui traduit en dari les consignes données en anglais par les jeunes femmes. « Au début de la semaine, ils ne parlaient pas un mot de français. Aujourd’hui, ils connaissent tous les chiffres et quelques phrases usuelles », note Viviane. « Ma femme et mes fils révisent les cours tous les soirs », se réjouit Najibullah.

L’homme sait l’importance de pouvoir se faire bien comprendre dans un pays étranger : « Ce que la France fait pour nous est formidable, le seul reproche que je pourrais formuler concerne les traducteurs de l’Office français de l’intégration et de l’immigration  (Ofii). Quand j’ai passé l’entretien qui doit déterminer si je peux avoir le statut de réfugié, l’interprète était pakistanais. Il parlait pachto et comprenait juste à peu près le dari. Il était assez ignorant de la situation en Afghanistan. J’ai parlé plus d’une demi-heure, et le texte qu’on m’a demandé de signer tenait sur une demi-page. Cela m’a inquiété. » Après l’avoir fait vérifier par un ami français, Najibullah constate de nombreuses erreurs et imprécisions dans son récit. Il passe alors une nuit à le réécrire, en anglais. Puis son ami le traduit en français. C’est cette version qu’il a envoyée par mail à l’Ofii, « en espérant qu’ils en tiennent compte ». Un peu amer, Najibullah constate : « Je suis privilégié d’avoir pu faire cela. Mais ce n’est pas le cas de celles et ceux qui arrivent sans savoir lire et écrire. Être protégé ne devrait pas dépendre du niveau d’études ou des relations que l’on a. La France est un grand pays, elle devrait engager des traducteurs professionnels. C’est toute la vie d’exilés qui peut être remise en question à cause d’un malentendu.»

La solidarité, ADN de la Fédération des œuvres laïques

La Fédération des œuvres laïques (FOL) a une solide expérience en termes d’accueil d’étrangers. Par délégation de service public, elle gère plusieurs centres d’accueil de demandeurs d’asile (Cada), ainsi qu’un centre d’hébergement pour les mineurs étrangers isolés.

« Certains participent aux chantiers bénévoles que nous organisons. Cela leur permet d’acquérir et de partager des savoir-faire, et de découvrir de nouvelles régions », explique Claude Chambonnet, administrateur de la FOL, venu avec sa femme Claudine prêter main-forte aux salariés du centre de Piriac-sur-Mer pour l’accueil des Afghans.

À Piriac, tout le monde se mobilise pour que les Afghans se sentent bien accueillis
Lundi 20 Septembre 2021

L’arrivée, pour un mois, de 88 Afghans évacués en urgence de Kaboul a suscité un élan de solidarité dans la petite ville de Loire-Atlantique.

 

Envoyée spéciale.

Employée au centre de vacances du Razay, Fanny se souvient avec émotion des regards de ces hommes, femmes et enfants à leur descente des bus, dans la soirée du 25 août dernier : « Les visages étaient marqués par l’épuisement, ils nous regardaient, un peu désorientés. » Prévenus de leur arrivée par la préfecture deux jours avant, la jeune femme et ses collègues de la Fédération des œuvres laïques (FOL), en charge de l’hébergement et des repas, n’ont pas ménagé leurs efforts pour les accueillir. «  Les enfants de la colonie de vacances étaient partis quelques jours plus tôt. On a tout de suite refait les 110 lits, et puis on a consulté Internet pour savoir quelles étaient les habitudes alimentaires en Afghanistan, afin de leur proposer des mets qu’ils apprécient. »

Dans le même temps, le Secours populaire local lance un appel pour collecter des vêtements, sacs et produits d’hygiène, etc. La liste des besoins est aussitôt relayée sur les réseaux sociaux. « Les gens de la région ont été d’une grande générosité, poursuit Fanny. Certains nous ont même déposé des affaires directement au centre de vacances. »

Écouter, conseiller et consoler

Sixtine, une jeune architecte d’intérieur, est venue spontanément proposer son aide en tant que bénévole quand elle a appris l’arrivée des Afghans. En manque de personnel en cette fin de saison, la FOL lui a proposé un contrat de cantinière, qu’elle a accepté. Elle fait cependant beaucoup plus que servir à manger et débarrasser les tables. Elle écoute, conseille, console, trouve des contacts aux réfugiés dans les villes où ils vont habiter, et c’est même elle qui a sollicité Viviane et Emmanuelle, deux de ses amies qui viennent tous les jours proposer des cours de français.

Au fil des jours, les réfugiés et le personnel ont appris à se connaître. «Au début, on mettait des fourchettes et des couteaux, mais on a constaté qu’ils ne s’en servaient pas. Du coup, on ne met plus que des grandes cuillères. Aussi, on a compris qu’il fallait apporter tous les plats en même temps sur la table et renoncé au service à la française. Enfin, la fois où nous avons mis du poisson au menu, on a compris que c’était un plat très prisé, alors on essaie d’en prop oser le plus souvent possible.» Un habitant de Piriac a même fait un geste assez extraordinaire. Alors que les réfugiés étaient encore en période de confinement et ne pouvaient pas sortir du périmètre du centre de vacances, il a souhaité leur apporter un petit réconfort local : il a commandé à un pâtissier un kouign amann pour chacun. De quoi leur faire apprécier la Bretagne ! E. B.

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21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 06:00
« Milliards en fuite ! », d’Alain et Éric Bocquet. Le Cherche Midi, 208 pages, 17 euros.

« Milliards en fuite ! », d’Alain et Éric Bocquet. Le Cherche Midi, 208 pages, 17 euros.

« Milliards en fuite ! » : les 10 pistes d'Éric et Alain Bocquet pour remettre l'économie et la finance au service de tous
Samedi 18 Septembre 2021

La révolution libérale ne marche pas, elle court. Le secteur financier engrange des bénéfices record sans règle ni contrainte, tout en imposant discipline et rigueur aux états qui survivent parfois au bord du gouffre. L’« HD » a rencontré Éric et Alain Bocquet, auteurs de « Milliards en fuite ! - Manifeste pour une finance éthique », et explore les leviers d’action pour mettre à bas la domination des voleurs et reprendre notre destin en main. Entretien.

 

Avec « Milliards en fuite ! », les frères Bocquet avancent 10 pistes pour mettre au pas le monde de l’argent. Après le succès de « Sans domicile fisc », les Nordistes dépassent, dans ce nouvel opus, leur cheval de bataille de l’évasion fiscale pour décoder des pans entiers de la finance. Entretien avec Éric Bocquet, sénateur PCF, et Alain Bocquet, ancien député et maire de Saint-Amand-les-Eaux.

Les 10 propositions des frères Bocquet :

  1.  Une COP fiscale plus que jamais d’actualité
  2. Créer une Organisation mondiale de la finance
  3. En finir avec la spéculation sans visage
  4. Déjouer l’alchimie du blanchiment
  5. Assécher les paradis fiscaux
  6. Repenser la lutte contre l’impunité fiscale
  7. Bâtir une fiscalité juste, démocratique
  8. Dissoudre en partie la dette ou la rembourser
  9. Pour changer la finance, d’abord changer son enseignement
  10. Mobilisation citoyenne : agir local, penser mondial

Vous vous êtes fait connaître avec votre combat contre l’évasion fiscale. Qu’est-ce qui vous a motivés, cette fois-ci, à vous attaquer aux « Milliards en fuite » ?

Éric Bocquet:L’idée est venue avec le Covid-19. La pandémie a tout bousculé sur le plan économique, financier et social. Très vite, nous avons commencé à élargir le propos, au-delà de l’évasion fiscale, en nous attaquant au fonctionnement global de la finance mondiale, de ses excès, de ses conséquences concrètes dans la vie des gens, mais aussi sur le financement des États.

Alain Bocquet: La tournée pour notre dernier livre nous a conduits à rencontrer plus de 10 000 personnes et à être invités dans plus de 80 débats. Toutes ces rencontres nous ont indiqué une chose importante : la compréhension de la domination de la finance mondiale n’est pas totale chez les citoyens. Et, pourtant, ce système vit sur une spéculation généralisée. Quand on sait que seulement 2,5 % des transactions financières reposent sur l’économie réelle, il y a de quoi s’inquiéter sur l’avenir de l’humanité.

Quels ont été les interlocuteurs qui vous ont le plus marqués, lors de votre tournée pour « Sans domicile fisc » ?

Alain Bocquet: Tous ! Du citoyen qui découvrait le problème de l’évasion fiscale, en passant par de nombreux syndicalistes, mais aussi des chefs d’entreprise, des militants chrétiens réunis grâce aux évêques ou encore des francs-maçons. Nous avons vu toutes les catégories de la société et toutes partagent notre inquiétude sur le monde que nous voulons demain.

« Milliards en fuite ! » fourmille d’informations, quelle est votre méthode de travail ?

Éric Bocquet: Avec Alain, et Pierre Gaumeton (journaliste –NDLR), nous nous sommes beaucoup documentés, avec le souci de la rigueur, mais aussi avec un travail de fond. Notre logiciel militant nous permet d’échapper aux rouleaux compresseurs de la pensée unique.

Alain Bocquet: Nos travaux parlementaires nous ont été très utiles. Cette expérience nous a donné l’envie d’aller creuser au plus profond de ces sujets, avec un point de vue largement ouvert aux apports des ONG et des journalistes lanceurs d’alerte. D’ailleurs, les pistes que nous mettons en avant dans notre manifeste ne sont pas à prendre ou à laisser, mais à débattre.

Entre ce livre et le précédent, le monde a changé du fait de la pandémie. Comment la finance a-t-elle tiré son épingle du jeu et pour quelles conséquences ?

Alain Bocquet: La finance a toujours un temps d’avance. Elle s’organise pour précéder les modifications législatives qui pourraient s’imposer à elle, et c’est bien là le problème. Avec la pandémie, on pourrait imaginer que, face à autant de morts et de souffrance, tous les hommes dans ce monde pourraient se donner la main. Que nenni ! Nous ne sommes plus à l’époque de Jonas Salk qui avait refusé de breveter son vaccin contre la poliomyélite. Au lieu de cela, ils ont engrangé les bénéfices.

L’exemple le plus scandaleux se déroule le jour de l’annonce des résultats prometteurs des premiers essais d’un vaccin par Pfizer. Son action a bondi de 15 % et son PDG a vendu des titres pour 5,6 millions de dollars. Mais, en plus, les grands groupes pharmaceutiques ont eux-mêmes organisé la pénurie, empêchant l’immunité vaccinale mondiale. Cela pourrait relever d’un crime contre l’humanité, mais aussi d’une non-assistance à personne en danger.

Éric Bocquet: Aujourd’hui, les marchés financiers retrouvent leur rentabilité d’avant la pandémie. À travers la dette, ils ont accru leur emprise sur les États et les futures politiques qui vont être menées. Si les gens ne se mobilisent pas, cela nous promet des lendemains difficiles. Mais la crise a aussi fait ressurgir des inégalités insupportables. Rendez-vous compte, la France n’a jamais connu autant de millionnaires, plus de 700 000 alors que, depuis le début de la pandémie, les distributions alimentaires aux personnes à la rue ont connu une augmentation de 40 %

 

Parmi les éléments que la crise sanitaire a changés, vous pointez le carcan budgétaire européen. Qu’opposez-vous au gouvernement qui a décidé d’en finir avec le « quoi qu’il en coûte » pour renouer avec l’austérité inspirée des traités européens ?

Éric Bocquet: Toutes les sacro-saintes règles budgétaires ont explosé ! Avant la pandémie, on nous disait : « Attention, l’endettement de la France approche les 100 % », sous-entendu, demain, ce serait l’apocalypse. Six mois plus tard, avec la crise, on approchait les 120 % et rien ! Évidemment, le gouvernement n’avait pas d’autre choix que d’apporter de l’argent public pour éviter l’effondrement général de notre économie. Mais, aujourd’hui, on nous chante la petite musique du remboursement de la dette. D’ailleurs, les aides européennes sont toujours conditionnées à la mise en place de réformes dites « structurelles », notamment sur les retraites ou les services publics. Pour les États, ce n’est jamais gratuit, mais pour les entreprises, en revanche, les aides publiques sont délivrées par milliards sans contreparties

 

Pourquoi avoir choisi d’aborder cette question de la dette dans votre livre ?

Éric Bocquet: Il y a dans le discours néolibéral un paradoxe hallucinant. On nous dit que la France doit conserver la confiance de ceux qui nous financent pour éviter la catastrophe. Mais un pays comme la France obtient des prêts à taux négatifs parce que les marchés ont l’assurance d’être remboursés ! D’ailleurs, nous allons emprunter, cette année, 270 milliards d’euros et vous verrez qu’ils ne vont pas nous coûter cher. En réalité, la dette publique est utilisée comme une arme de destruction massive des aspirations du peuple.

Alain Bocquet: D’ailleurs, annuler une partie de la dette d’un État, comme nous le proposons pour la France, c’est possible. L’histoire est là pour nous le rappeler, comme en RFA, en 1953. Mais cela demande une volonté politique.

Vous n’excluez pas que la mafia puisse en détenir une partie. Comment est-il possible que des dettes souveraines, dont celle de la France, puissent se trouver aux mains de réseaux criminels ?

Éric Bocquet: L’Agence française du Trésor, chargée de lancer des appels d’offres sur les marchés financiers, ne vend des titres de la dette qu’à une quinzaine d’établissements ayant un agrément. Mais, dans un deuxième temps, ces titres sont revendus sur le marché secondaire. Et c’est à ce moment que nous n’avons plus de visibilité sur l’identité des détenteurs. Nous pouvons donc imaginer qu’une société offshore qui a son siège aux Bahamas, détenue par un narcotrafiquant colombien, puisse avoir dans ses comptes des titres de notre dette.

Alain Bocquet: Il n’existe aucune traçabilité, aucune transparence. Quand on sait que 10 % du PIB mondial est détenu par l’argent sale, il y a là plein de questions à soulever et un travail de clarté à réaliser.

« Manifeste pour une finance éthique » est le sous-titre de votre ouvrage. Les deux termes ne sont-ils pas incompatibles ? Face aux défis sociaux et environnementaux de notre siècle, mettre au pas la finance peut-il suffire ?

Éric Bocquet: Nous souhaitons faire de l’argent le nerf de la paix. Face aux enjeux de notre siècle, on nous dit partout que l’argent n’existe pas. Eh bien si, au contraire ! Mais, pour cela, les États doivent reprendre la main. C’est presque une gageure de parler de finance éthique. Mais il n’y a aucune fatalité à ce que ces pratiques d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent perdurent. On dit que l’argent n’a pas d’odeur, mais je pense que certains gouvernements n’ont pas d’odorat.

Alain Bocquet: Il faut absolument que les citoyens s’emparent du problème et reprennent le pouvoir sur l’argent. C’est d’ailleurs la dixième piste dans notre livre. Une infime minorité détient les milliards. Mais nous sommes des milliards d’êtres humains à pouvoir décider de l’utilisation de cet argent, qui, après tout, appartient à ceux qui ont créé les richesses. C’est évidemment un combat communiste et humaniste !

Justement, qui sont les bénéficiaires de ce système qui fonctionne à la fois sur l’évasion fiscale, mais aussi sur les bénéfices à tirer des dettes des États ?

Éric Bocquet; On estime que 8 % du PIB mondial est dissimulé dans les paradis fiscaux, soit plus de 6 000 milliards de dollars. Tout cela profite aux marchés financiers, aux multinationales, mais surtout aux Gafam. Ces géants ont enregistré pas moins de 27 milliards de dollars en plus durant les mois de pandémie en 2020. D’ailleurs, les Gafam ont en tête de se substituer aux États en investissant dans la santé, dans l’éducation, dans des voitures sans chauffeur… Ils ont maintenant le PIB de certains États et, à terme, ne leur manqueront plus que l’armée et la diplomatie.

Alain Bocquet: Il est urgent de remettre à plat l’organisation de la finance mondiale. Nous ne sommes plus à l’époque de la domination du dollar. C’est pourquoi nous proposons la création d’une organisation mondiale de la finance, avec des représentants de ce milieu, mais aussi des États, des Parlements, des ONG, des syndicats, pour gérer la Bourse mondiale. Vaste sujet !

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19 septembre 2021 7 19 /09 /septembre /2021 10:23
S.J. Eisenstein (3): Ivan Le Terrible - par Andréa Lauro

A lire aussi les deux premières études chronologiques consacrées par Andréa Lauro à Eisentein dans le "Chiffon Rouge" dans cette étude est la suite:

S.M. Eisenstein : de Sergueï Mikhaïlovitch à Sa Majesté: Les années 1920 - Un nouveau langage cinématographique (la chronique cinéma d'Andréa Lauro)

S.J. Eisenstein (2): Perspective Nevski - Les années 1930. Le long voyage, les films manqués et le chef-d’œuvre antinazi - la chronique cinéma d'Andréa Lauro

S.J. Eisenstein : Ivan le Terrible

Les années 1940. Le dernier chef-d’œuvre et l’affrontement avec le dictateur

Staline était à la recherche constante de supports historico-culturels fonctionnels servant au culte de sa personnalité. Même le cinéma devait s’adapter en exaltant la figure de héros individuels. Alexandre Nevski rentrait dans ce "nouveau cours" du cinéma soviétique. Grâce au succès du film, Eisenstein est contacté par Andreï Alexandrovitch Ždanov, l’homme qui dicte la ligne culturelle en URSS et qui l’a défendu après Le Pré de Béjine, et par Ivan Grigorievitch Bolshakov, Directeur du Conseil des commissaires du peuple de l’URSS et président de la commission des affaires cinématographiques, pour la réalisation d’un nouvel ouvrage centré sur une figure historique. La proposition, partagée par Staline, était de réaliser un film sur Ivan IV, le "Tsar de toutes les Russies", passé à l’histoire comme Ivan le Terrible. Sur cet adjectif, une précision est, cependant, nécessaire. Le terme "terrible" a dans notre langue une acception négative, mais pas autant en russe. L’original "Groznyj" porte en effet une signification positive.

Eisenstein commença à écrire le scénario, mais fut bientôt contraint de suspendre le travail.

La Seconde Guerre mondiale était entrée au cœur de l’URSS. Après l’opération dite "Barbarossa", l’invasion nazie de l’Union soviétique commencée le 22 juin 1941, les troupes allemandes étaient de plus en plus proches de la capitale. Le réalisateur se mobilisa lui aussi en participant, entre autres, au "Comité antifasciste juif". Le 3 juillet, il publia à la radio un message en anglais intitulé "Aux frères juifs du monde entier" dans lequel il exhortait à l’unité dans la lutte contre le nazisme. Le 25 août, il écrivit pour la "Pravda" un appel analogue "Frères juifs du monde entier!". Il intégra également une coordination pour la réalisation de films de propagande antinazie et commença à travailler, avec l’envoyé de guerre américain Quentin Reynolds, à un documentaire intitulé Moskva soprotivlyayetsya (Moscou résiste).

Le film, également appelé "La Guerre contre les nazis ou Le Vrai Visage du fascisme", fut interrompu à la fin de 1941 lorsque le journaliste américain fut transféré, avec d’autres correspondants étrangers, de Moscou à la ville de Kujbyšev.

L’offensive nazie entraîna d’énormes pertes et le cinéma subit de lourdes conséquences. Le tournage de beaucoup d’autres films, en plus du déjà cité Moscou résiste, furent interrompus et toute la production cinématographique et les archives (sauf "curieusement" Le Pré de Béjine) furent déplacées à Alma Ata (aujourd’hui Almaty) la ville la plus peuplée du Kazakhstan (puis siège d’importants accords et protocoles, notamment ceux de 1991 qui donnèrent naissance à la Communauté des États Indépendants, après la dissolution de l’URSS).

En Asie soviétique, la production était évidemment limitée. Des courts-métrages, des dessins animés, "agitka" (film d’agitation, entendu comme propagande) et des documentaires furent réalisés, comme La bataille pour notre Ukraine soviétique ou La bataille pour l’Ukraine soviétique (1943) dirigé par Julija Solnceva. A retenir également le plus important film à sujet de l’époque : Pir v Žirmunke (Banquet à Žirmunk, 1941) réalisé par Pudovkin et inséré dans la collection Boyevoy kinosbornik (Collection de films pour les forces armées).

Dans le film, en partie inspiré par une histoire vraie, une paysanne restée seule pendant une attaque nazie, prépare à un groupe d’Allemands un somptueux, mais empoisonné banquet et, pour écarter tout soupçon, la femme mange et meurt avec ses ennemis.

Eisenstein ne reprit le projet du film sur Ivan le Terrible qu'après la Bataille de Stalingrad, qui dura du 17 juillet 1942 au 2 février 1943, et qui vit les Soviétiques l'emporter sur les forces fascistes et nazies allemandes, italiennes, roumaines et hongroises.
 

S.J. Eisenstein (3): Ivan Le Terrible - par Andréa Lauro

Le long scénario d’Ivan Groznyj, approuvé par Staline lui-même, prévoyait la réalisation de deux films. Le casting mettait en valeur Nikolaï Tcherkasov, presque méconnaissable dans le rôle principal, avec d’autres acteurs importants de l’époque, plusieurs fois célébrés comme "artistes de l’année", de Serafima Birman à Pavel Kadochnikov, de Mikhaïl Jabrov à Amvrosy Boug en passant par Ljudmila Tselikovsky, dans le rôle du tsar.

Parmi les acteurs aussi l’éternel "rival", théorique et cinématographique, d’Eisenstein, Vsevolod Pudovkin, dans le rôle d’un vieux fanatique du nom de Nikolaï. Un travail qui a marqué la "pacification" entre deux grands réalisateurs soviétiques.

La photographie a été confiée à l’habituel Tissė pour les extérieurs, tandis que l’intérieur a été soigné par Andrei Moskvin (Carskoe Selo, 14 février 1901 - Leningrad, 28 février 1961) connu pour son travail avec Grigori Kozintsev et Leonid Trauberg. La musique, après le succès d’Alexandre Nevski qui avait conduit à une version chantée de la bande-son, est de nouveau composée par Sergeï Prokofiev.

Le tournage débute le 23 avril 1943 à Alma Ata, puis se poursuit à Moscou. Le tournage dura environ un an, mais alors qu’Eisenstein montait la première partie du film, le même réalisateur décida de diviser la seconde en deux afin de composer une trilogie : la première partie sur l’ascension au pouvoir d’Ivan IV, la seconde sur la lutte contre les ennemis internes, la troisième sur la victoire finale. Le vieil ami Alexandre, devenu homme de régime, le lui déconseilla parce qu’il estimait que dans la troisième partie, "le linge sale d’une famille" se montrerait. En 1943, Tissė abandonne la production après une âpre dispute avec le réalisateur. Malgré les affrontements, la première partie d’Ivan Groznyj (Ivan le Terrible) sort dans les salles le 30 décembre 1944.

L'histoire:

En 1547, le grand-duc de Moscou Ivan IV (Adolphe Geri) est couronné tsar. Frappé par les conditions de misère de son peuple, avec l’appui du peuple, il centralise tous les pouvoirs et abolit les privilèges des classes aisées et les autonomies féodales que les aristocrates boyards veulent maintenir.

Parmi ceux-ci se détache la figure du boyards Evfrosinija Starickaïa (Serafima Birman), tante du tsar, qui voudrait sur le trône son fils Vladimir Andreïevitch (Pavel Kadochnikov), semi-fou, mais facile à manœuvrer et qui donnerait par conséquent aux boyards toute liberté.

Ivan épouse entre-temps la jeune Césarine Anastasia (Lyudmila Tselikovskaya), dont il est également amoureux le prince André Koubsky (Mikhaïl Nazvanov) que les boyards espèrent faire devenir une arme contre le souverain.

Aux ennemis internes, s’ajoutent les ennemis extérieurs : les Tatars envoient des menaces de guerre. Le tsar repousse les ambassadeurs, rassemble l’armée, marche sur Kazan, occupée par l’ennemi et, après avoir fait sauter les murs ("Mine et poussière, fantaisie du tsar!"), libère la ville.

Rentré à Moscou, Ivan tombe gravement malade, mais lorsque les boyards sont désormais convaincus qu’ils se sont libérés du souverain, le tsar guérit miraculeusement. La perfide Evfrosinija ne renonce pas et empoisonne la tsarine Anastasia qui a entre-temps donné naissance à un enfant. Resté seul, avec très peu d’amis sincères et dignes de confiance, Ivan, sur les conseils du prince Kurbuski, quitte la capitale et se retire dans un couvent, tandis que ses émissaires partent pour l’Angleterre pour y apporter des propositions d’alliance. Mais la population de Moscou l’acclame en se déplaçant dans un long cortège vers la retraite du tsar pour lui manifester affection et confiance. Souverain et peuple sont désormais unis pour affronter le destin de la Russie.

Le film fut un succès. Eisenstein, qui termine la deuxième partie d’Ivan le Terrible, remporte le Prix Staline en 1943 et 1944. Le soir de la cérémonie de remise du prix en février 1946 (la guerre l'avait inévitablement retardée), le réalisateur a eu une crise cardiaque, a été hospitalisé d’urgence et a été contraint à une longue hospitalisation.

Il écrivit : "Je suis déjà mort. Les médecins disent que, selon toutes les règles de la science, je ne devrais pas être plus vivant [...] Je veux m’amuser".

Il ne s’est pas trop amusé. Lavrentij Pavlovitch Berija, o ce Berija, découvrit, à travers ses fameuses et redoutables écoutes, que le réalisateur avait fini de monter son nouveau film. Il le regarda et trouva plus d’une ressemblance entre les massacres du Tsar évoqués dans le film et les "purges staliniennes", avec une référence particulière à ce qu’on appelle la "Terreur d’Iejov". Le Comité Central du PCUS commença ainsi à s’intéresser à Ivan Grozny II : Bojarsky zagovor (La Conjuration des Boyards).

La conjuration des boyards - Eisenstein

La conjuration des boyards - Eisenstein

La conjuration des boyards - Eisenstein

La conjuration des boyards - Eisenstein

Voici l'histoire de la "Conjuration des boyards", deuxième partie "d'Ivan le Terrible":

En 1565, Ivan (Nikolaï Tcherkasov) revient à Moscou, mais est trahi d’abord par le prince Kourbski, qui avait comploté avec les Lituaniens, puis par le métropolite de Moscou (Andreï Abrikosov), son vieil ami de jeunesse qui s’est retiré après le couronnement du tsar et est devenu "Pope", lui refusant la bénédiction. Ce dernier devient complice des boyards dans leur tentative de discréditer et assassiner Ivan. Le tsar, aidé par sa garde impériale (les Oprichniki), entre les souvenirs de l’enfance et de l’assassinat de sa mère par les boyards, comprend que sa tante Evfrosinija avait été responsable de la mort de la tsarine et découvre la conspiration. Ainsi, lors d’un banquet délirant, tourné dans une magnifique séquence de couleurs, Ivan met en scène un "jeu de pièces" fatal qui amène le tueur à gages d’Evfrosinija à tuer son fils Vladimir, désigné par les boyards comme successeur au trône. Avec le soutien du peuple Ivan continue ainsi la lutte contre les ennemis.

Les deux parties d’Ivan le Terrible furent une sublime reconstitution d’une histoire, le meilleur film historique selon Chaplin, ainsi que la synthèse parfaite du cinéma d’Eisenstein: en effet, il est considéré par beaucoup comme son meilleur film, entre la centralité du montage et l’utilisation symbolique de l’espace. Citons les intérieurs, les lignes, les lumières et les ombres qui découlent d’une relecture de l’art figuratif byzantin et qui renvoient à l’expressionnisme allemand.

On doit au même mouvement cinématographique, entre autres, la même figure d’Ivan, inspirée de l’interprétation de Conrad Veidt (inoubliable "somnambule" dans Le Cabinet du docteur Caligari) dans le film Das Wachsfigurenkabinett (Le Cabinet des figures de cire, 1924) réalisé par Paul Leni. Mais beaucoup voient dans l’Ivan d’Eisenstein la figure de Mejerchol’d, le père spirituel du réalisateur.

Mais Ivan le Terrible était aussi, sinon surtout, la représentation de l’URSS de ces années. D’un côté, il faisait écho à l'élan patriotique contre la menace nazie, de l’autre, en se référant explicitement à la figure de Staline, il attaquait le pouvoir et ses dégénérescences. Dans la magnifique scène finale du premier film, est présentée la procession du peuple vers le retrait inaccessible d’Ivan, une autre référence cinématographique claire cette fois au film Herr Arnes pengar (Le trésor d’Arne, 1919) de Mauritz Stiller, petits points noirs avançant avec des insignes, des croix, tandis qu’au premier plan se profile le tsar. Éloquente, précise et grandiose métaphore du pouvoir. Thème qui revint avec plus de vigueur idéologique dans la deuxième partie, "La Conjuration des Boyards", dans la célèbre séquence en couleurs, tournée par Moskvin, où sont montrés les aspects obscurs et délinquants du pouvoir et les doutes d’Ivan.

En août 1946, quelques mois après la crise cardiaque d’Eisenstein, Staline, après avoir lu les rapports de Berija, voit le film. Il était furieux, même pour le prétendu manque de "fierté russe", pour la longue barbe du protagoniste et pour les baisers d’Ivan. La revue "Sovietskoje Iskusstvo" a anticipé le jugement selon lequel Ivan Grozny II : Bojarsky zagovor fournissait "une preuve évidente des résultats négatifs auxquels peuvent conduire le manque de responsabilité, le mépris envers l’étude et la narration superficielle et arbitraire des arguments historiques". Le 4 septembre de la même année arriva la résolution officielle du Comité Central :

"Le réalisateur S. Eisenstein dans la deuxième partie du film "Ivan le Terrible" a montré son ignorance dans la représentation des faits historiques, présentant l’armée progressiste des gardes du tsar comme une bande de dégénérés semblable au "Ku Klux Klan américain", et Ivan le Terrible non pas comme un homme de forte volonté, mais comme un personnage faible et inerte, semblable à Hamlet". La diffusion du film est donc interdite.

Eisenstein fut contraint à une seconde autocritique douloureuse. Il écrivit à Staline pour lui demander de pouvoir terminer la trilogie, promettant de corriger la seconde partie.

Les deux se rencontrèrent à onze heures du soir le 25 février 1947 dans le "Petit coin", le studio du chef de l’URSS. D’un côté de la table, le réalisateur accompagné de l’acteur Tcherkasov, qui, en tant que député du Soviet suprême, espérait pouvoir influencer le jugement sur le film, de l’autre, Staline, Molotov et Jdanov. Le procès commença.

Staline : "Vous avez écrit une lettre et la réponse est un peu tardive. Je voulais immédiatement vous répondre par écrit, puis j’ai décidé qu’il était préférable de nous parler. Mais je suis très occupé, le temps me manque et c’est pourquoi nous sommes en retard. J’ai reçu votre lettre en novembre...".

Jdanov : "Oui, vous l’avez reçu à Soci".

Staline : "Avez-vous étudié l’histoire?"

Eisenstein : "Plus ou moins".

Staline : "Plus ou moins? Moi aussi, je connais un peu l’histoire. Vous avez montré l’Opritchina de manière incorrecte. L’Opritchina est l’armée du roi, une armée régulière, progressiste. Dans votre film, elle apparaît plutôt comme une sorte de Ku Klux Klan".

Eisenstein : "Ceux-ci sont couverts par des cagoules blanches, tandis que dans notre film les cagoules sont noires".

Jdanov : "Cette différence n’est pas fondamentale".

Staline : "Votre tsar est indécis, il ressemble à Hamlet. Tout le monde lui suggère ce qu’il doit faire et il ne prend aucune décision. Le tsar Ivan était un grand souverain plein de sagesse, et si on le compare à Louis XI, il le dépasse de dix têtes. La sagesse d’Ivan consistait dans le fait qu’il savait maintenir un point de vue national et ne laissait pas entrer les étrangers dans son pays, le protégeant contre la pénétration d’influences étrangères. Dans votre présentation d’Ivan le Terrible, des erreurs et des déviations ont été commises dans ce sens. Pierre Ier est un autre grand souverain, mais son attitude envers les étrangers est trop libérale, il a trop ouvert la porte et a permis la germanisation de la Russie. Catherine l’a permise encore plus. Et après, peut-être que la cour d’Alexandre Ier était une cour russe? Et celle de Nicolas Ier? Non. C'étaient des cours allemandes. Et puis voici une autre mesure remarquable d’Ivan le Terrible : il a été le premier à introduire le monopole du commerce extérieur. Lui le premier et Lénine le deuxième".

Jdanov : "Ivan le Terrible peint par Eisenstein est hystérique".

Molotov : "En général, l’accent est mis sur la psychologie, sur une présentation excessive des contradictions psychologiques intérieures et des émotions personnelles".

Staline : "Il faut montrer les figures historiques correctement en ce qui concerne le style. Ainsi par exemple dans le premier épisode il n’est pas correct qu’Ivan le Terrible se serre si longtemps avec sa femme. À cette époque, on ne faisait pas".

Jdanov : "Ce film présente une déviation byzantine. Mais même là, à Byzance, cette pratique n’était pas aussi courante".

Molotov : "Le deuxième épisode est trop renfermé dans les caves, dans les souterrains. On n’entend aucun bruit de Moscou, et le peuple ne se voit pas. On peut certes montrer des complots et des répressions, mais pas seulement celles-ci".

Staline : "Ivan le Terrible était extrêmement cruel. On peut montrer qu’il était cruel. Mais il faut montrer pourquoi il devait être cruel. Une des erreurs d’Ivan le Terrible est qu’il n’a pas exterminé jusqu’à la fin cinq grandes familles féodales. S’il l’avait fait, il n’y aurait pas eu l’Époque des Troubles. Mais il tuait quelqu’un et puis priait et se repentait longtemps. Dieu était pour lui un obstacle dans cette œuvre. Il fallait être encore plus résolu".

Tcherkasov : "Puis-je fumer?"

Staline : Il me semble que personne n’a interdit de fumer. Mais peut-être faut-il voter?"

Molotov : "Les événements historiques doivent être montrés sous une lumière correcte. Par exemple, prenons le cas de la pièce "Les braves" : l’auteur se moque du baptême de la Russie, qui avait été un phénomène progressiste à l’époque".

Staline : "Naturellement, nous ne sommes pas de très bons chrétiens. Mais il ne faut pas renier le rôle progressiste du christianisme à un certain stade. Cet événement eut une grande portée, car ce fut le tournant de l’État russe vers une union avec l’Occident [...]".

Jdanov : "On abuse trop de rites religieux dans votre film".

Molotov : "Cela donne une teinte mystique qu’il ne faut pas trop souligner". Tcherkasov : "Nous sommes convaincus que nous ferons un bon film. Je travaille sur le personnage d’Ivan le Terrible non seulement au cinéma, mais aussi au théâtre depuis longtemps. J’aime ce personnage et je pense que notre réécriture du scénario peut s’avérer correcte et véridique".

Staline : "Eh bien, essayons".

Tcherkasov : "Je suis convaincu que la reconstruction réussira".

Staline : "Que Dieu fasse que chaque jour soit une nouvelle année...".

Eisenstein : "Y aura-t-il des instructions particulières concernant le film?" Staline : "Je ne vous donne pas d’instructions, je présente les observations du spectateur. Par exemple, ces Oprichniki qui dansent ressemblent à des cannibales et rappellent les phéniciens ou les babyloniens... Eh bien, la question est clarifiée. Il faut donner aux camarades Tcherkasov et Eisenstein la possibilité de perfectionner l’idée et le film. Quant à l’interprétation d’Ivan le Terrible, son aspect physique est correct, il n’y a rien à changer. L’aspect extérieur d’Ivan est bon.

Tcherkasov : "Peut-on laisser dans le film la scène de l’assassinat?"

Staline : "On peut la laisser : il y a bien eu des assassinats".

Tcherkasov : "Dans notre scénario, il y a une scène où Maluta Skuratov étrangle le métropolite Filippo : faut-il conserver cette scène ?"

Staline : "Il faut la conserver. Ce sera historiquement correct".

Molotov : "En général, on peut et on doit montrer les répressions, mais il faut aussi montrer au nom de qui elles ont été faites, parce qu’elles étaient nécessaires. C’est pourquoi il faut montrer l’activité de l’État, sans se limiter à des scènes dans les caves, mais en montrant la sage conduite des affaires d’État [...]".

Tcherkasov : "Faudra-t-il présenter le projet du nouveau scénario pour approbation au Politbjuro?

Staline : "C’est inutile, débrouillez-vous. En général, il est difficile de juger d’un scénario, il est plus facile de s’exprimer sur une œuvre finie".

- Vous souhaitez lire ce scénario?".

Molotov : "Non, en fait je fais un autre métier".

Eisenstein : "Il serait bon que personne ne pousse pour accélérer la mise en scène du film".

Staline : "Ne vous pressez en aucun cas. Nous interdisons généralement la sortie de films faits à la hâte. Si la réalisation du film prend un an et demi, ou deux ans, ou même trois, il faut prendre le temps nécessaire pour qu’il soit bon et sculptural. Encore une chose. Le Tselikovskaya est mieux pour d’autres rôles. Elle joue bien, mais c'est une danseuse".

Eisenstein : "Mais il est impossible de convoquer une autre actrice de Moscou à Alma Ata".

Staline : "Un réalisateur doit être inflexible et exiger tout ce dont il a besoin. Nos cinéastes cèdent trop facilement".

Eisenstein : "J’ai dû travailler deux ans pour trouver une interprète pour le rôle d’Anastasia".

Staline : "L’acteur Jabrov n’a pas correctement joué son rôle dans Ivan. Il n’est pas un chef militaire sérieux".

Jdanov : "Ce n’est pas Maluta Skuratov, mais un clown".

Et vous, Eisenstein, vous êtes trop passionné par les ombres pour distraire le public de l’action du film avec la barbe du tsar. Ivan le Terrible soulève trop de fois la tête pour que l’on puisse mieux voir sa barbe.

Eisenstein : "Je raccourcirai la barbe au tsar".

Staline : "Que Dieu vous aide".

 

Le réalisateur continua à lire, à écrire et à concevoir la troisième et dernière partie d’Ivan Groznyj, prévue entièrement en couleur, qui raconterait la guerre aux frontières, la consolidation de l’État et la victoire finale d’Ivan, devenu le Terrible. Des séquences ont également été tournées. Mais dans la nuit du 10 au 11 février 1948, Sergueï Eisenstein mourut à la suite d’une seconde crise cardiaque violente.

Aleksandrov, Strauch et Tissė, collaborateurs et compagnons de toujours, accoururent tout de suite, mais ils ne purent que recomposer le corps et le couvrir d’une tapisserie mexicaine, souvenir du célèbre voyage, représentant le Dieu de la mort aztèque.

Après les funérailles solennelles à charge de l’État, le corps d’Eisenstein est incinéré le 13 février 1948. Son dernier film Ivan Groznyj II : Bojarsky zagovor (La Conjuration des Boyards) ne voit le jour qu’en août 1958, après la mort de Staline et de Prokofiev, le 5 mars 1953, et surtout après le fameux vingtième Congrès du PCUS où Nikita Khrouchtchev (Khrouchtchev) critiqua le culte de la personnalité de Staline.

Eisenstein a été l’un des représentants les plus brillants et créatifs de toute l’histoire du cinéma et un grand théoricien. Il est aussi, parmi les cinéastes, une figure dominante de la culture du vingtième siècle. Il vécut passionnément la Révolution d’Octobre, la saison culturelle des avant-gardes qui suivit et souffrit les régressions de l’URSS stalinienne. Mais même s’il ne s’est jamais inscrit au PCUS, il reste fidèle à l’idéologie communiste jusqu’à sa mort prématurée.

C’était un communiste libertaire, hétérodoxe, peut-être homosexuel. Libre. Et pour cela il a toujours de l'opposition à l'image du cinéaste en Russie, notamment de Poutine qui a entravé de projets autour de la mémoire du réalisateur.

Dans ses "Mémoires", écrites principalement pendant la longue convalescence qui suivit le premier infarctus, il affirma : "Biologiquement nous sommes mortels. Mais nous devenons immortels par nos actes sociaux, par la petite contribution individuelle que nous apportons au progrès de la société dans l’idéal relais de l’histoire".

La contribution d’Eisenstein fut énorme, entre films et écrits théoriques, publiés pour la première fois en six volumes entre 1963 et 1977, qui continuent à faire l’objet d’études et de citations. Il a inspiré le cinéma, entre autres, par Andreï Tarkovski, Stanley Kubrick, Alexandre Sokurov, Woody Allen, Ettore Scola, Bernardo Bertolucci et l’artiste Zbigniew Rybczyński qui, dans le travail Steps (1987), fait entrer dans la célèbre séquence de l’escalier d’Odessa des touristes américains, générant des effets étranges.

Eisenstein, comme beaucoup de grands (il suffit de penser au Napoléon manqué par Kubrick), nous laisse le regret de ses chefs-d’œuvre jamais réalisés, de ses films non terminés, Que viva México! ou des films perdus, Le Pré de Béjine, mais surtout cette oeuvre nous laisse des images inoubliables: la scène maintes fois citée de l’escalier du Cuirassé Potemkine, est au cinéma ce que le sourire de la Joconde est à la peinture ou le monologue d’Hamlet "To be, or not to be" de William Shakespeare est au théâtre. Œuvre immortelle d’un cinéaste immortel.

Andrea Lauro, 18 septembre 2021

S.J. Eisenstein (3): Ivan Le Terrible - par Andréa Lauro

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Luchino Visconti: celui qui ouvrit les portes du Néoréalisme entre beauté et Résistance - Andréa Lauro - Partie 10 et 11 Les damnés, Mort à Venise

Luchino Visconti - par Andréa Lauro, partie 12 et 13: Ludwig, le crépuscule des dieux, Violence et passion, L'Innocent

Et des articles sur la culture soviétique:

Littérature soviétique - Carnets de guerre de Vassili Grossman (Calmann-Lévy, présenté par Antony Beevor et Luba Vinogradova) - Suivi de Treblinka

Littérature soviétique - Mikhaïl Boulgakov, l'auteur du Maître et Marguerite, un génie baroque à l'époque du Stalinisme (1891-1940)

Communist'Art: Marc Chagall, compagnon de route de la révolution bolchevique

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19 septembre 2021 7 19 /09 /septembre /2021 07:40
Journées du Patrimoine à la maison du peuple de Morlaix: 18 et 19 septembre 2021
Journées du Patrimoine à la maison du peuple de Morlaix: 18 et 19 septembre 2021
Journées du Patrimoine à la maison du peuple de Morlaix: 18 et 19 septembre 2021
Journées du Patrimoine à la maison du peuple de Morlaix: 18 et 19 septembre 2021
Journées du Patrimoine à la maison du peuple de Morlaix: 18 et 19 septembre 2021

Très beau spectacle à la Maison du Peuple sur le poète, chansonnier, soldat Olivier Souëstre (Du Séminaire aux barricades), l'auteur de "La Marianne", un des grands chants révolutionnaires qui était adopté par le mouvement ouvrier socialiste avant l'Internationale, communard originaire de Plourin-les-Morlaix. Bravo à Claude Bonnard et aux comédiens de la Corniche pour ce beau spectacle sur une figure oubliée du mouvement révolutionnaire, y compris à Morlaix, à l'occasion des journées du Patrimoine.

Visible encore demain à 15h et 16h30, entrée libre.

Avec à l'étage dans la salle de conférence une magnifique exposition sur la rénovation de la maison du Peuple et 70 ans de lutte de la CGT à Morlaix, avec un focus sur les manifs contre le CPE et pour l'emploi Tilly Sapco en 2005-2006, où l'on retrouve beaucoup de nos camarades... 

Journées du Patrimoine à la maison du peuple de Morlaix: 18 et 19 septembre 2021
Journées du Patrimoine à la maison du peuple de Morlaix: 18 et 19 septembre 2021
Journées du Patrimoine à la maison du peuple de Morlaix: 18 et 19 septembre 2021
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19 septembre 2021 7 19 /09 /septembre /2021 07:27
Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Jeremy, Romaric, Gladys, Christian, les camarades du Finistère au meeting de Fabien Roussel (photo I Dupont)

Jeremy, Romaric, Gladys, Christian, les camarades du Finistère au meeting de Fabien Roussel (photo I Dupont)

Les Bretons dans l'attente du meeting de Fabien Roussel (Photo Ismaël Dupont)

Les Bretons dans l'attente du meeting de Fabien Roussel (Photo Ismaël Dupont)

Meeting de Fabien Roussel - Photo PCF

Meeting de Fabien Roussel - Photo PCF

Meeting de Fabien Roussel - Photo PCF

Meeting de Fabien Roussel - Photo PCF

Meeting de Fabien Roussel - Photo PCF

Meeting de Fabien Roussel - Photo PCF

Meeting de Fabien Roussel - Photo PCF

Meeting de Fabien Roussel - Photo PCF

Avant le meeting de Fabien Roussel: Ismael Dupont, Christian Gagou, et Gladys Grelaud, notre nouvelle conseillère régionale communiste finistérienne

Avant le meeting de Fabien Roussel: Ismael Dupont, Christian Gagou, et Gladys Grelaud, notre nouvelle conseillère régionale communiste finistérienne

Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Ismaël Dupont et Jean-Luc Le Calvez sur le Stand Bretagne : joie des retrouvailles de la section de Morlaix!

Ismaël Dupont et Jean-Luc Le Calvez sur le Stand Bretagne : joie des retrouvailles de la section de Morlaix!

Michel Tudo, l'homme aux plus de cinquante fêtes de l'Huma: cette année fut un grand cru!

Michel Tudo, l'homme aux plus de cinquante fêtes de l'Huma: cette année fut un grand cru!

Jean-Pierre, Meven, Julie et Colette: une partie de la belle équipe du bar de la fête de l'Huma Bretagne

Jean-Pierre, Meven, Julie et Colette: une partie de la belle équipe du bar de la fête de l'Huma Bretagne

Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Jacqueline Héré, Ismaël Dupont, Catherine Quéric: 3 des 9 conseillers départementaux communistes en Bretagne, réunis sur le stand de la fête Bretagne de l'Huma 2021

Jacqueline Héré, Ismaël Dupont, Catherine Quéric: 3 des 9 conseillers départementaux communistes en Bretagne, réunis sur le stand de la fête Bretagne de l'Huma 2021

Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Bruno, Jacqueline, Anne-Marie et Jean-Pierre (photo Ismaël Dupont)

Bruno, Jacqueline, Anne-Marie et Jean-Pierre (photo Ismaël Dupont)

Bruno, Jacqueline, Anne-Marie, Claude, Jacky, Jean-Pierre et Denis (Photo Ismaël Dupont)

Bruno, Jacqueline, Anne-Marie, Claude, Jacky, Jean-Pierre et Denis (Photo Ismaël Dupont)

Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
notre vaillante équipe de monteurs finistériens de la fête: Enzo, Jeannine, Denis, Colette, Michel, Marion, Floriane, Jean-Louis

notre vaillante équipe de monteurs finistériens de la fête: Enzo, Jeannine, Denis, Colette, Michel, Marion, Floriane, Jean-Louis

Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Inauguration du Stand Bretagne de la fête de l'Humanité le vendredi par Gladys Grelaud, Philippe Jumeau, Enzo de Gregorio, Aurélien Guillot

Inauguration du Stand Bretagne de la fête de l'Humanité le vendredi par Gladys Grelaud, Philippe Jumeau, Enzo de Gregorio, Aurélien Guillot

Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Hommage de Nathalie Simonnet et du PCF à notre camarade Yann Le Pollotec sur le stand de Seine St Denis

Hommage de Nathalie Simonnet et du PCF à notre camarade Yann Le Pollotec sur le stand de Seine St Denis

Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux
Une fête de l'Huma 2021 exceptionnelle qui fut à nouveau un hymne à la joie et à l'espoir des Jours Heureux

Quelles furent belles ces retrouvailles à la fête de l'Humanité! Vue du point de vue du stand Bretagne, cette fête de l'Huma 2021 fut une grande réussite et un moment de fraternité exceptionnel, avec de beaux concerts, des débats passionnants, et un meeting de Fabien Roussel enthousiasmant! Les Jours Heureux sont aussi le déjà-là communiste, et si l'espoir, l'esprit de lutte et de résistance s'emparent de la population aussi bien que des participants à la fête de l'Humanité, peut-être un avenir plus juste pour notre pays!  En attendant, cette fête de l'Humanité dont chaque participant a eu ses expériences particulières et inoubliables a été vécue par tous comme une sacrée bouffée d'oxygène et de plaisir d'être ensemble et de partager, avec le goût des autres!

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19 septembre 2021 7 19 /09 /septembre /2021 05:37

Ian Brossat invité des 4 vérités de France 2, samedi 18 septembre

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