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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 17:18
France-Navigation – Une épopée rouge (1/5) - par Gérard Streiff, Communistes, 10 février 2021
France-Navigation – Une épopée rouge (1/5)

1937/1938 : Alors que l’Espagne du Front populaire est victime de la non-intervention, lâchée par Paris et Londres, les communistes mettent sur pied une compagnie maritime pour nourrir et armer les Républicains.

Le service des archives de la ville d’Ivry (piloté par Michele Rault) possède un beau fonds Georges Gosnat (1914/1982), qui fut à la Libération sous-secrétaire d’État à l’Armement puis député, succéd·ant à Maurice Thorez (ainsi que trésorier du PCF). Dans ce fonds il y a un carton intitulé « France-Navigation », deux mots qui désignent une étonnante aventure. 

« France-Navigation » fut une compagnie maritime communiste qui se chargea d’alimenter et d’armer la République espagnole. Deux livres (au moins) racontent cette histoire : À l’ombre des deux T (Thorez et Togliatti), de Giulio Ceretti (Julliard, 1973) et Les brigades de la mer de Dominique Grisoni et Gilles Herzog (Grasset, 1979) ; le lecteur pourra s’y référer avec profit.

Le carton « France-Navigation » comprend notamment plusieurs cahiers grand format qui constituent une sorte de journal de bord de l’aventure de cette société. Des dizaines de pages remplies d’une foultitude de données, toutes inscrites là dans l’urgence, dans un apparent désordre. Ce sont autant d’éléments d’un puzzle dramatique : des noms de bateaux (leur port de départ, leur date d’arrivée, le type de cargaisons), des additions, des rappels, des notes, des pense-bêtes, des conseils à suivre, des rendez-vous à ne pas manquer. Une masse de phrases rapides du genre « Gravelines, 23 avril 38, débarquement terminé, grandes caisses pas par routes, mais tunnel affaissé, réponse du ch de fer demain ». Ce genre d’annotations courent tout au long des années 1937/1938.

Petit rappel : le Front populaire l’emporte en Espagne en février 1936. Cinq mois plus tard, le putsch de Franco marque le déclenchement de la guerre civile. Une coalition internationale menée par la Grande-Bretagne choisit la « non-intervention » en Espagne, la France du gouvernement Blum se plie à ce choix malgré la pression des milieux populaires. Une posture hypocrite alors que le camp fasciste, l’Italie de Mussolini et l’Allemagne de Hitler, va vite ouvertement soutenir les factieux. C’est en fait une manière d’abandonner, d’étrangler le Front populaire espagnol. Une politique lâche, suicidaire qui amorce le processus de la Seconde Guerre mondiale.

Les républicains espagnols appellent à l’aide. La solidarité internationale va se manifester de différentes formes, la plus spectaculaire étant la formation des Brigades internationales. Mais l’Espagne se retrouve victime d’un blocus ; des autorités républicaines souhaitent échapper à ce piège, notamment par la voie maritime. Ce n’est pas sans risque, les franquistes, à mesure qu’ils progressent, contrôlent ou ferment les ports. Et puis des navires de guerre allemands et italiens, des sous-marins surveillent certaines voies de passage. En même temps, l’opération n’est pas impossible non plus : on raconte alors qu’un bateau français vient de réussir à aller à Santander (en Cantabrie) au nez et à la barbe des fascistes.

L’appel de Madrid est entendu. À Paris, le communiste franco-italien -si l’on ose dire - Giulio Ceretti préside alors le Comité international pour l’aide à l’Espagne. Avec le soutien de la direction du PCF, de l’Internationale, il se voit chargé de cette mission : créer de toutes pièces une flottille de bateaux pour approvisionner l’Espagne, ce qui veut dire réunir des hommes, des équipages, des fonds, des technologies dans des délais incroyablement courts.

En deux ans, parti de zéro, la compagnie « France-Navigation » va compter 22 navires et 2 000 marins ; elle va effectuer un total de 227 voyages ! Et multiplier par trente son capital initial.

À l’origine de ce petit miracle, on trouve donc Giulio Ceretti (1903/1985), communiste italien chassé de son pays par le fascisme, militant de l’Internationale, devenu membre de la direction du PCF sous le nom de Pierre Allard (à la Libération de l’Italie, il deviendra ministre à Rome) ; Auguste Dumay (1888/1955) ex-secrétaire de la Fédération des marins de Marseille, chef mécanicien qui jouera un rôle clé dans l’armement des bateaux (voir sa longue bio dans le « Maîtron » où on dit de lui que c’était « un vieux militant de l’Internationale des marins, une tête de lard, un homme terrible mais un révolutionnaire ») ; Simon Pozner, qui apporte ses compétences d’homme d’affaires, intime du banquier rouge (et suédois) Olof Aschberg, qu’on dit lui proche des « finances soviétiques » et par ailleurs oncle de l’écrivain Vladimir Pozner (Simon Pozner trouvera la mort à Auschwitz) ; et Georges Gosnat (1914/1982), tout jeune officier qui devient secrétaire général (puis directeur) de France-Navigation ; il a 23 ans.

Gérard Streiff

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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 17:16
Margot Caudan, 101 ans, adhérente du PCF, a reçu la Légion d’honneur - par Philippe Jumeau, secrétaire départemental du PCF Morbihan-  Communistes
Margot Caudan, 101 ans, adhérente du PCF, a reçu la Légion d’honneur

Dans le Morbihan, il se trouve que deux adhérents du PCF ont eu 100 ans en 2020, comme notre parti : Eugène Crépeau, ancien maire d’Hennebont, et Marguerite (dite Margot) Caudan, qui dès l’âge de 15 ans fut une combattante antifasciste. Celle qui fut une résistante de la première heure a reçu le samedi 30 janvier la médaille de la Légion d’honneur à Plouhinec (56) des mains du sous-préfet de Lorient.

Au cours de cette cérémonie, elle a pris soin de dire : « Je ne suis pas pour les décorations individuelles. J’ai longtemps hésité à accepter de recevoir la Légion d’honneur. Je la reçois aujourd’hui pour tous mes amis résistants qui n’ont pas eu la chance d’assister à la Libération, à la capitulation de l’Allemagne nazie. Quand on agit selon sa conscience, ce n’est pas pour des décorations. »

Née dans le 20e arrondissement de Paris en 1920, elle côtoya alors des familles de réfugiés qui la rendirent sensible à l’injustice qui frappait ses amis de l’époque. Elle adhère en 1935 aux JC puis à l’Union des jeunes filles de France (UJFF). En 1936, elle consacre l’essentiel de ses activités pour l’aide à l’Espagne républicaine. Le décret prononçant la dissolution du PCF fera qu’elle sera arrêtée en avril 1940, alors qu’elle n’était mariée que depuis 8 jours. L’immense pagaille qui règne à Bordeaux, où elle avait été transférée, lui permet d’être libérée sans trop savoir pourquoi !

En cette période plus que troublée, il fallait à Margot et ses camarades une bonne dose d’optimisme et d’inconscience pour tenter d’agir contre l’occupant nazi et son auxiliaire « l’Etat Français » de Pétain, au vu de la disproportion des forces en présence. Si des actes de sabotage isolés eurent lieu, Margot et son mari choisirent une arme qui a fait ses preuves en nombre de périodes historiques : l’écrit. Sollicités par Henriette Schmidt (de la direction clandestine du PCF), il leur fut confiée une petite imprimerie, une ronéo afin de sortir des tracts. Le premier tirage fut l’appel à la manifestation place de l’Etoile le 11 novembre 1940 ; puis viendront des tirages de l’Humanité, de l’Avant-Garde.

Fernand Grenier trouva refuge chez Marguerite, mais suite à l’arrestation de plusieurs dirigeants, la plongée dans la clandestinité totale fût impérative. Margot assure alors des liaisons entre les mouvements politiques de résistance, transporte documents, faux papiers, matériel pour explosifs, messages oraux… Arrêtée une seconde fois en 1944, elle fût libérée en août de la même année et rejoignit alors les FFI pour la libération de Paris.

Cette « entrée en résistance » de Margot comme de très nombreuses et méconnues femmes contribua à la défaite de l’Allemagne hitlérienne. Pour autant, à aucun moment de sa vie Margot ne se considéra et encore aujourd’hui comme une « ancienne combattante ». Tout au long de sa vie professionnelle, de sa retraite, elle a continué le combat. S’indigner et résister toujours, résume pleinement le combat de Margot, que chaque année nous avons le bonheur de croiser au stand de la section de Port-Louis lors de la fête de l’Humanité Bretagne ! Elle a, à de très nombreuses reprises, témoigné auprès des jeunes générations de ses engagements dans la Résistance en intervenant dans les collèges et lycées du Morbihan.

Samedi elle a conclu son propos en rappelant qu’il fallait plus que jamais « dire non à l’inacceptable, et que l’on aura besoin de se réunir parce que le danger fasciste ne s’est pas du tout effacé. »

Margot est une camarade exemplaire de modestie, d’humilité, le tout allié à de profondes convictions, qui continue de participer à la vie de sa section. Sa fidélité au PCF est très forte car elle aime à dire souvent : « Je n’ai pas toujours été d’accord avec le PCF mais je n’ai pas trouvé mieux ! »

Le contexte sanitaire n’a pas permis aux camarades du Morbihan d’organiser un temps convivial pour montrer à Margot notre affection sincère et fraternelle (l’édition 2020 de la Fête de l’Humanité Bretagne ayant été annulée). Nous ne pouvons que souhaiter le faire pour ses 101 ans !

Philippe Jumeau

secrétaire départemental du PCF Morbihan

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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 11:30

Parti Communiste Français

Mouvement des Jeunes Communistes Français

Sections de Morlaix

2 Petite Rue Callac 29600 MORLAIX – tel : 02 98 88 30 35

Mel : pcf-morlaix@wanadoo.fr                                  

Blog : http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/                          

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

L’école, comme les autres services publics, est un pilier essentiel du bon fonctionnement de la République et de la démocratie, alors même que nous traversons une terrible crise sanitaire, qui met à mal les conditions d’apprentissage des enfants et adolescents.

Beaucoup de promesses ont été faites dont, par exemple, le fait de ne pas toucher aux écoles rurales.

La réalité est toute autre : force est de constater que la carte scolaire prévue pour la rentrée 2021 dans le Finistère ne répond pas aux besoins, et notamment aux besoins spécifiques liés aux conditions sanitaires.

Il est indispensable que chaque enfant puisse avoir accès, partout sur le territoire, à une éducation de qualité.

Le Pays de Morlaix, marqué par une situation sociale et économique particulièrement difficile, est très sévèrement touché avec la fermeture prévue de 11 classes !

Les sections PCF du Pays de Morlaix, la section Morlaisienne Du MJCF (Mouvement des jeunes Communistes de France) tiennent à faire part de leur interrogation et opposition aux fermetures prévues.

Cette décision prise loin du terrain vécu chaque jour par les équipes enseignantes et les élèves, ne répond pas à une question de qualité d’apprentissage des élèves mais, à une question de simple logique comptable.

Les écoles touchées par ces mesures, vont se retrouver avec des situations difficiles, inacceptables encore plus dans la situation de crise sanitaire que nous connaissons.

Le PCF et le MJCF se félicite du rejet de ce projet de carte scolaire lors du Comité Technique Paritaire du mardi 9 Février.

Nous exigeons le gel de toutes les fermetures sur le Pays de Morlaix, comme en France d’ailleurs, pour permettre à l’école d’assumer sa mission au plus près des jeunes.

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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 11:28
Éducation nationale. Carte scolaire, le ministère a vraiment perdu la boussole (L'Humanité, 10 février 2021)
Éducation nationale. Carte scolaire, le ministère a vraiment perdu la boussole
Mercredi 10 Février 2021 - L'Humanité

Malgré la crise sanitaire et ses conséquences sur la scolarité des élèves, les dotations des collèges et lycées pour 2021 s’annoncent parmi les pires de ces dernières années.

Malmenée par la crise sanitaire, l’école est exsangue. Partout, les inégalités se sont creusées, au détriment des plus faibles. Partout, les enseignants eux-mêmes sont au bord de la crise de nerfs, secoués par la succession des protocoles sanitaires qui les empêchent d’exercer dans de bonnes conditions et inquiets du constat que, malgré tout, cela ne les protège ni eux, ni leurs élèves de la contamination – les derniers chiffres en attestent. Dans un contexte où la menace de la réforme des retraites reste latente, où les promesses clinquantes de revalorisation n’ont pas été tenues et où, au lycée en particulier, la mise en œuvre des réformes demeure plus que problématique, on aurait pu s’attendre à ce que le ministère ne cherche pas d’autres motifs de déstabiliser l’institution républicaine dont il a la charge…

Perdu. La carte scolaire qui se dessine pour la rentrée 2021-2022 est sans doute l’une des plus catastrophiques qu’on ait vue depuis longtemps. Derrière cette expression se cache la répartition géographique, établissement par établissement, des moyens d’enseignement, postes et heures de cours. Pour la rentrée prochaine, fort de la priorité que lui a accordée le ministre – mais aussi d’une baisse d’environ 1 % de ses effectifs globaux –, le premier degré sera relativement épargné. « Relativement » parce que la mesure phare du programme Blanquer, le dédoublement des grandes sections de maternelle et des CP et CE1 en éducation prioritaire, faute de créations de postes en nombre suffisant, se traduira partout ailleurs par des classes de plus en plus chargées, et donc par une dégradation des conditions d’enseignement.

Mais c’est pour le secondaire que les choses s’annoncent le plus mal. Avec une hausse des effectifs d’environ 14 000 élèves à la rentrée et la suppression annoncée de près de 1900 postes, c’était hélas prévisible. Alors que, depuis la mi-janvier, les établissements découvrent les moyens qui leur sont attribués, le constat est implacable : partout, heures d’enseignement disparues, postes supprimés, classes fermées. Et le tour de passe-passe de la « compensation » de ces pertes par le financement d’heures supplémentaires ne fait pas illusion longtemps, tout simplement parce que la plus grande partie des enseignants qui peuvent faire des heures sup le font déjà ! Pas étonnant, alors, de voir un peu partout éclater des grèves, des occupations, des rassemblements où profs et parents d’élèves s’unissent pour dénoncer les choix du ministère et affirmer que les élèves méritent des moyens à la hauteur de leurs besoins.

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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 11:25
Disparition. Jean-Claude Carrière, une vie au service du récit - L'Humanité, Michaël Mélinard, 10 février 2021
Disparition. Jean-Claude Carrière, une vie au service du récit
Mercredi 10 Février 2021

Disparu à l’âge de 89 ans, le prolifique scénariste a collaboré avec les plus grands et reste comme l’un des conteurs qui a le mieux nourri notre imaginaire des soixante dernières années.

 

Il s’est éteint dans son sommeil, sans souffrir d’aucune maladie, à 89 ans. Une disparition discrète pour ce conteur insatiable, auteur de 80 ouvrages, passionné d’astrophysique, de vins et d’arts martiaux. Jean-Claude Carrière, l’un des scénaristes les plus prolifiques des soixante dernières années, dont le nom figure aux côtés de quelques-uns des plus grands cinéastes et metteurs en scène contemporains, n’était pourtant pas destiné à cette immense carrière. « J’ai travaillé toutes les formes d’écriture. Je pense que je possède un bon arsenal. Il y a quelque chose en moi qui se satisfait d’être au service d’un auteur, de se couler dans sa pensée, de l’adapter au mieux. Je n’ai pas d’ego », assurait-il.

« J’admire la solitude d’un Kundera ou d’un Le Clézio mais moi j’aime parler », confiait-il à Libération en 1999

Chez lui, ce « au service de » ne signifiait pas derrière mais avec, dénouant les fils des impasses du récit, bonifiant des dialogues. Il a non seulement construit sa notoriété à coups d’œuvres mais aussi par ses nombreux passages à la télévision ou ses interventions radiophoniques où il défendait son point de vue humaniste et sa préoccupation pour l’environnement. Il était à la fois chroniqueur, conférencier, pédagogue, encyclopédiste moderne mais surtout un conteur talentueux avide de transmission. « J’admire la solitude d’un Kundera ou d’un Le Clézio mais moi j’aime parler », confiait-il à Libération en 1999. « Comme disait Bunuel, je suis un petit paysan qui s’émerveille de tout ce qui lui arrive », renchérissait-il.

« Comme disait Bunuel, je suis un petit paysan qui s’émerveille de tout ce qui lui arrive »

Il naît à Colombières-sur-Orb, dans l’Hérault, le 17 septembre 1931 dans une famille de viticulteurs. En 2013, il racontait dans nos colonnes. « Je suis un pur produit du système éducatif de la III e  République. Mes deux institutrices ont demandé à ce que j’obtienne une bourse parce que je travaillais bien à l’école. Il n’y avait pas un livre ni une image à la maison… Il y a eu aussi un oncle, par alliance, instituteur, qui m’a guidé dans sa bibliothèque. Il me disait : “Tu peux tout lire, sauf ça, ça et ça…” Évidemment, dès qu’il avait le dos tourné, je lisais les interdits. Et il le savait très bien. »

Déjà, les preuves de sa curiosité et de son appétit de savoir sont là. En 1945, sa famille s’installe en banlieue parisienne à Montreuil, prenant la gérance d’un café. Le brillant élève finit par intégrer Normale Sup. C’est son premier roman, Lézard, publié en 1957 dans l’indifférence générale, qui l’amène indirectement au cinéma, après un détour de vingt-huit mois comme appelé en Algérie. Son éditeur, Robert Laffont, lui présente Jacques Tati et son assistant, Pierre Étaix. Avec ce dernier, il partage en 1963 l’oscar du court métrage pour Heureux anniversaire, écrit et réalisé de concert. Le circassien cinéaste et le scénariste deviennent indissociables (le Soupirant, Yoyo, Tant qu’on a la santé, le Grand Amour).

Le scénario comme un document de travail appelé à finir à la poubelle

Il a mis un pied dans le septième art et s’ancre solidement dans le paysage. Sa rencontre avec Luis Bunuel au début des années 1960 est décisive. Ils adaptent le roman le Journal d’une femme de chambre, d’Octave Mirbeau, en 1964 . Cinq autres films suivent, dont les mythiques Belle de jour, le Charme discret de la bourgeoisie et Cet obscur objet du désir. Pendant ce compagnonnage prolifique, Carrière signe aussi des scénarios pour Louis Malle (Viva Maria et le Voleur), Jacques Deray (la Piscine, Borsalino et Un homme est mort), Milos Forman (Taking Off), Marco Ferreri (Liza), Patrice Chéreau (la Chair de l’orchidée) et Volker Schlöndorff (le Tambour, palme d’or en 1979). On a vu pire pour mettre en images ses mots. Il bénéficie d’une belle aura critique et publique. Carrière sait mettre de l’huile dans les rouages. Il adapte, invente, dépoussière, densifie, coupe pour servir au mieux le récit et son réalisateur, considérant le scénario comme un document de travail appelé à finir à la poubelle une fois le film terminé.

Les années 1980 commencent comme la décennie précédente s’est achevée. Sur les chapeaux de roues. Il travaille avec Jean-Luc Godard pour Sauve qui peut (la vie), de nouveau avec Volker Schlöndorff (le Faussaire), participe au monument d’Andrzej Wajda, Danton, et décroche le césar du scénario avec le Retour de Martin Guerre, de Daniel Vigne, en 1983. En plus de ses activités d’écriture, il dirige également de 1986 à 1996 la Femis, la nouvelle école de formation aux métiers du cinéma, remplaçant la moribonde Idhec. Pas de quoi le conduire à freiner la cadence.

En 1985, son adaptation du poème fleuve de la mythologie hindoue, le Mahâbhârata, mis en scène par Peter Brook dans un spectacle de neuf heures, électrifie le Festival d’Avignon. Carrière ne s’interdit aucun genre. Son talent continue d’attirer les cinéastes. Nagisa Ôshima pour Max mon amour, Philipp Kaufmann pour l’Insoutenable Légèreté de l’être et Milos Forman pour Valmont. Il dompte le chef-d’œuvre de Rostand, Cyrano de Bergerac, réalisé par Jean-Paul Rappeneau. Cet athée viscéral interroge les dérives religieuses dans le roman la Controverse de Valladolid, qui passe ensuite du théâtre au petit écran. Dans ses derniers écrits, on lui doit des collaborations avec Atiq Rahimi et Philippe et Louis Garrel, signe que sa patte n’avait pas fini de fasciner les cinéastes.

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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 09:11

 

 

Monsieur le Président de la République,

La situation sanitaire actuelle est critique et risque de perdurer, si nous ne trouvons pas une solution collective à cette crise.

Il devient de plus en plus difficile de contrôler la pandémie depuis l’arrivée de variants, qu’ils viennent de Grande-Bretagne, de Californie, d’Afrique du Sud ou du Brésil. Outre le maintien des gestes barrières, la politique de tests et d’accompagnement des personnes contaminées et cas contacts, tout le monde s’accorde à dire qu’une campagne de vaccination massive à l’échelle mondiale nous permettra d’entrevoir la sortie de cette crise sanitaire.

Aujourd’hui, plusieurs vaccins existent contre ce virus. C’est la bonne nouvelle de cette année. Il s’agit d’une prouesse scientifique, largement soutenue par les plus de 8 milliards d’euros investissements publics des États et, au sein de l’Union européenne, par la Commission européenne qui a investi 2,3 milliards d’euros pour le développement des capacités de production de l’industrie pharmaceutique. La découverte de ces vaccins a été aussi facilitée par le partage de la séquence complète du génome du coronavirus par les autorités chinoises, dès le 11 janvier 2020.

Il est désormais urgent que ces vaccins puissent être produits massivement et soient accessibles à tous les peuples du monde, le plus rapidement possible.

Malheureusement, ce n’est pas ce chemin qui est emprunté. Déjà aujourd’hui, plusieurs grands laboratoires sont incapables de respecter les engagements pris pour la livraison de leurs doses.

De plus, des inégalités apparaissent entre les pays à faibles revenus et les pays riches : ces derniers ont acheté suffisamment de doses pour vacciner deux à trois fois leur population quand les pays pauvres n’ont, à ce jour, qu’une dose pour trois habitants. La plateforme Covax est loin de répondre à cette situation.

Il y a donc urgence à ce que les États prennent le contrôle de cette campagne vaccinale et organisent la production et la diffusion de ces vaccins, comme le demandent l’Inde et l’Afrique du Sud.

Pour gagner cette guerre contre le virus, nous vous appelons à saisir l’Organisation mondiale de la santé afin de coordonner les efforts des États et faire du vaccin un bien public mondial. Ne laissons pas la campagne vaccinale dans les mains du secteur privé !

En France, de nombreuses voix s’élèvent ainsi pour appeler à une plus grande coopération à l’échelle de la planète. Les Académies des sciences, de médecine et de pharmacie relaient cet appel. Des scientifiques de plusieurs pays appellent à faire du vaccin un bien public permettant aux pays qui en font la demande de pouvoir le produire rapidement.

Comme vous le savez, l’OMC, l’Union européenne ou des États, comme la France, disposent des moyens juridiques pour suspendre les brevets en temps d’urgence sanitaire et obtenir les licences nécessaires permettant les transferts de technologie vers tous les laboratoires industriels compétents. Cela peut se mettre en place rapidement, sans spolier les industriels.

En effet, l’article 311 de l’Organisation mondiale du commerce stipule que l’on peut procéder à une levée des brevets « dans des situations d'urgence nationale ou d'autres circonstances d'extrême urgence ou en cas d'utilisation publique à des fins non commerciales ». Nous y sommes !

En France, la loi d’urgence pour faire face à l’épidémie de Covid-19 du 23 mars dernier a prévu « de prendre toute mesure permettant la mise à la disposition des patients de médicaments appropriés pour l'éradication de la catastrophe sanitaire ».

Le 30 novembre dernier, une initiative européenne citoyenne a été lancée2 demandant un changement législatif notamment pour « veiller à ce que les droits de propriété intellectuelle, brevets compris, n’entravent pas l’accessibilité ou la disponibilité de tout vaccin ou traitement futur contre la Covid-19 ».

Cette revendication recueille aujourd’hui l’adhésion d’un large panel d’organisations3 et bénéficie du soutien de nombreux experts de la santé.

Il y a urgence. C’est pourquoi, nous souhaiterions être reçus afin de vous faire part de nos propositions pour augmenter la capacité de production des vaccins à l’échelle européenne et à l’échelle mondiale.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’assurance de notre haute considération. »

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord,

Paris, le 9 février 2021.

 

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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 08:54

 

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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 08:52

 

 

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9 février 2021 2 09 /02 /février /2021 13:38
Le PCF soutient l'action des cheminots du secteur de Brest-Landerneau- Communiqués

Ci dessous le communiqué de la cellule de Landerneau du PCF concernant l'action des cheminots puis celui de la section du pays de Brest.

"La ligne ferroviaire de Landerneau-Brest est l'une des plus empruntées de Bretagne : des centaines de voyageurs chaque jour, des landernéens et leurs trajets domicile travail, les plus jeunes pour les loisirs et l'école ou encore pour les plus âgés. Un nœud ferroviaire essentiel et une clef pour tendre vers la réduction de l'utilisation de la voiture pour les landernéens, pour le climat mais aussi pour leur porte-monnaie. 

 
L'accueil des voyageurs en gare, se repérer dans les prix des billets, aider les personnes à mobilité réduite à prendre le train en toute sécurité ne peut se faire sans personnel à quai, fixe et dans notre gare de landerneau. 
Aujourd'hui, la direction de la SNCF veut imposer des "équipes mobiles" à la place des "équipes fixes" ce qui se solderait par la disparition des guichets en gare et la suppression de 4 postes à Landerneau. 

Les trains et les agents qui les rendent accessibles sont essentiels et une gare landernéenne déshumanisée est inacceptable. Le PCF Landerneau apporte son soutien à l'action des cheminots de jeudi 11 février à Brest, également touché. Pour soutenir la gare de landerneau, RDV jeudi 11 février 10h en gare de Brest"

 

Communiqué section du pays de Brest

La section du Pays de Brest du PCF apporte son soutien aux actions des cheminots du secteur Brest Landerneau  qui se dérouleront  ce jeudi 11 février alors qu'une réunion de dialogue social aura lieu ce jour. La section du PCF sera présente devant la gare de Brest à 10 h.
La direction de la SNCF impose le remplacement des équipes fixes par les équipes mobiles, et remplace des postes de guichets dans les grandes gares et les réserves correspondantes par des « agents territoriaux (ex équipes mobiles)». Elle ne couvre pas plus les besoins de vente ou d’escale dans les petites gares.
La section du PCF demande le respect de la convention TER avec le conseil régional qui rend complémentaires les équipes fixes et équipes mobiles.
Ainsi des suppressions d’emplois, au nombre de trois, sont  annoncées à Brest et Quimper et la suppression de l’agent d’accueil et de prise en charge des personnes à mobilité réduite en gare de Brest.
Ces suppressions sont inacceptables ainsi sur la  la ligne Quimper-Brest ,toutes les études prouvent que c’est l’incompatibilité de l’offre et l’absence de contrôleurs qui obèrent le développement de la demande.
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9 février 2021 2 09 /02 /février /2021 09:30

Prélevons à la source les bénéfices des multinationales !

On le fait bien sur nos salaires !

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  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
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