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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 12:01
Emmanuel Macron confirme l'austérité pour les collectivités (communiqué du groupe communiste, républicain, citoyen au Sénat- 18 juillet 2017)
Emmanuel Macron confirme l’austérité pour les collectivités

mardi 18 juillet 2017

Deux axes ont dominé l’intervention prudente mais volontaire d’Emmanuel Macron, la volonté de poursuivre l’adaptation des territoires à la mondialisation libérale en lien avec la réforme de la taxe d’habitation et l’annonce d’une ponction sur cinq ans de 13 milliards sur les collectivités.

Comment ne pas voir que l’incitation au regroupement prôné explicitement par E. Macron vise implicitement les communes et les départements ?

C’est un lourd danger pour la démocratie car ces deux institutions sont cruciales et pour le lien de proximité avec la population et pour le maintien et le développement des services publics.

Depuis les lois Sarkozy poursuivies par F. Hollande, l’objectif est clair : accompagner la mondialisation de l’économie par la réforme institutionnelle.

Les règles de cette mondialisation doivent prévaloir : mise en concurrence des territoires, leur mise au service de « l’économie » c’est-à-dire des entreprises, rentabilité et productivité en matière de services publics.

Le nouveau monde serait en fait la restauration de l’ancien, l’argent qui domine tout, régit tout, décide de tout, y compris en matière d’organisation des territoires.

La réforme de la taxe d’habitation qui fait couler beaucoup d’encre apparaît comme une arme au service de cette ambition de dérégulation institutionnelle.

L’avantage fiscal apparaît fort limité et le flou demeure sur le nombre de personnes concernées. Ce qui sera donné parcimonieusement d’une main sera repris massivement de l’autre : CSG, baisse du pouvoir d’achat et nouveaux frais liés à l’épuisement du service public. M. Macron a d’ailleurs bien confirmé que les fonctionnaires sont dans sa ligne de mire. La remise en cause de la taxe d’habitation dont les sénatrices et sénateurs communistes prônent depuis longtemps une réforme en profondeur et le plan d’économies de 13 milliards sur le budget des collectivités portera un coup dur aux finances des collectivités locales, à leur autonomie reconnue par la Constitution. Cette cure d’austérité sur la mode des purges des médecins de Molière répond au dogme de la réduction des dépenses publiques sans se soucier le moins du monde de la satisfaction des besoins de la population.

Le nouveau monde de M. Macron et consorts ressemble donc beaucoup à une agression tous azimuts contre le modèle social français.

Les sénatrices et sénateurs du groupe CRC s’y opposeront de toute leur force.

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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 11:53
Un numéro de la revue Espaces Marx sur le sociologue Michel Simon, militant du Parti Communiste dans le Nord, puis dans le Finistère, disparu en 2013
Un numéro de la revue Espaces Marx sur le sociologue Michel Simon, militant du Parti Communiste dans le Nord, puis dans le Finistère, disparu en 2013
Le 11 septembre 2013, notre camarade Michel Simon, sociologue et militant du Parti Communiste, adhérent dans le sud-Finistère pour ses dernières années de militantisme, nous quittait à 87 ans. 
 
La revue Espaces Marx lui consacre un numéro spécial. 
 
Vous trouverez le descriptif de la revue et le bon de livraison si vous voulez l'acquérir. 
 

Revue Espaces Marx n°36-37   Hommage à Michel SIMON

 

                                                                                                                                                                        pages

ÉditorialPhilippe Rousseau_______________________________________________________________3

 

HOMMAGE à Michel SIMON,

  •  Introduction Roland Delacroix _________________________________________________________8
  • Entretien avec Guy MICHELAT Roland Delacroix________________________________________10
  • Le peuple, la crise et la politique. Rencontre-débat animée par Michel Simon le 17 juin 2011.____  26
  • Souvenirs et témoignages de Liane Ansart, Christian Baudelot, Alain Bocquet, Roland Delacroix,  Didier Demazière, François Dumez, Ismaël Dupont, Dominique Duprez, Jean Gadrey,                     Nicole Gadrey, Michel Laurent, Claude Lelièvre, Michel Maso, Jacques Michon, Jacques Milhau,                                Jean-Jacques Potaux, Françoise Renversez, Francis Tiédrez, Jean-YvesTrépos___________________50
  • Les écoles du PCF, un espace d’enchantement militant pour des intellectuels. Notes à partir d’un   entretien  réalisé avec Michel SIMON Nathalie Ethuin_____________________________________  93       
  •  Conversation avec Michel SIMON Jacques Lemière______________________________________ 100
  •  Bibliographie établie par Roland Delacroix et Guy Michelat________________________________ 146

 

 

MOUVEMENTS SOCIAUX, COMPORTEMENTS POLITIQUES. QUOI DE NEUF?

  • Le retour de la lutte des classes. Quoi de neuf ? Jean Lojkine________________________________156                  
  • Les catégories populaires sont devenues un problème pour la gauche  Rémi Lefebvre___________  162
  • La difficile modernisation d’une vieille organisation : le cas de l’Union départementale de la CGT    du Nord (1990-2016)  Régis  Matuszewicz_________________________________________________182

 

LÉO FERRÉ

  • Léo FERRÉ et le refus de tout pouvoir  Robert Horville ____________________________________ 208    

          

  • Notes de lecture Robert Horville, Pierre Outteryck_________________________________________  234

 

Bon de commande

 

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Bulletin et règlement à envoyer à l’adresse suivante : « Revue Espaces Marx », 6 bis rue Roger Salengro, 59260 Hellemmes-Lille.

 

 

 

 

 

 
 
Article de l'Humanité - mercredi 11 septembre - par Dany Stive
 
Le sociologue Michel Simon, militant communiste infatigable, est décédé
 
Durant toute sa vie, Michel Simon a conjugué un travail intellectuel rigoureux et une conviction communiste profonde. Collaborateur apprécié et assidu de la presse communiste, il est décédé dans sa 87e année, fidèle à un engagement forgé en pleine guerre froide.
En 2006, Michel Simon se retournant sur le chemin parcouru, s'interrogeait dans un texte publié sur le site de la Fondation Gabriel Péri: "Peut-on avoir été membre du Parti communiste français (ou pire, l'être resté) et avoir satisfait (ou satisfaire) aux normes d'autonomie critique hors desquelles il n'y a pas de posture intellectuelle authentique?" Avec sa rigueur et sa franchise habituelles, il s'imposait dans la foulée une règle interdisant toute complaisance: "Conscient des ruses d'une mémoire portée à l'autojustification, je m'appuieai exclusivement sur des textes que j'ai publiés ès qualités dans des organes communistes". Quelques lignes plus loin, le sociologue lance: "En 1951, dans le climat d'extrême tension qui régnait alors (on était au paroxysme de la guerre froide), j'ai rejoint le PCF (à reculons, si j'ose dire) et je ne l'ai jamais regretté."
Pourtant, ni la sociologie ni l'engagement communiste ne relevaient de l'évidence pour lui? A l'Ecole normale supérieure qu'il intègre en 1947, Michel Simon était aussi "farouchement hostile à un collaborationnisme à dominante de droite" (le port de l'étoile jaune en 1942 fut pour lui une "expérience décisive structurante") qu'opposé au PCF. Alors que bien des collègues sont encartés au PCF, il ferraille contre eux, opposé aux "confiscations du pouvoir à l'Est" comme "au piétisme et à l'intolérance" de nombreux communistes. Le combat anticolonial, la solidarité avec les ouvriers en grève modifieront son approche. Le lien avec la classe ouvrière restera un fil rouge toute sa vie, dans son engagement comme dans son travail. De ses rencontres avec les ouvriers, il disait: "C'est peu de dire que j'ai beaucoup appris dans ces échanges...". 
Il était philosophe de formation, mais la sociologie prit de plus en plus de place dans sa réflexion. Il publie la Contribution de la psychanalyse à la compréhension des faits sociaux, sous la direction de Georges Davy, fréquente les cours de Lévi-Strauss et Leroi-Gourhan, collabore avec George Friedmann... Nommé professeur de philosophie à Nancy, puis prof de khâgne au lycée Faidherbe à Lille, il publie des articles relevant de la sociologie à la Nouvelle Critique et dans les Cahiers internationaux de sociologie. Il passe un an à la Sorbonne, et Raymond Aron patronne sa candidature au CNRS et, en 1969, il intègre l'Institut de sociologie de Lille où il créera le Centre lillois d'études et de recherches sociologiques et économiques (Clersé). 
En 1966, il rencontre le sociologue Guy Michelat, avec qui il multipliera les travaux. Celui-ci se souvient: "Je travaillais alors dans une petite boîte privée qui faisait des enquêtes d'opinion dites qualitatives. Nous avions proposé nos services au PCF. Nous avons été reçus par Jacques Duclos, qui nous a déclaré qu'il nous faisait toute confiance mais en précisant qu'il serait bon que "quelqu'un de chez nous" suive nos travaux. C'était Michel Simon. Pendant plus de quarante ans, nous avons travaillé ensemble. Et nous avons bien rigolé, aussi!". 
Avec Michel Simon, la presse communiste perd un collaborateur assidu, observateur attentif de la société française". 
 
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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 06:51
Les collectivités au régime sec: 13 milliards d'euros leur seront extorqués par Macron, s'ajoutant aux 10 milliards de réduction des dotations aux collectivités de Hollande! (Médiapart, 17 juillet 2017)
Les collectivités locales au régime sec
 PAR 

Le gouvernement demandera sur le quinquennat un effort de réduction des dépenses de 13 milliards d'euros, trois de plus que prévu par le candidat Macron. L'équation sera rendue plus périlleuse par l'exonération de la taxe d'habitation et le financement des promesses du nouveau président.

 

Afin de résoudre une équation budgétaire très délicate pour l’année 2018, le gouvernement va de nouveau compter sur un « effort » des collectivités locales. Le premier ministre Édouard Philippe l’a confirmé dans son discours d’ouverture, ce lundi 17 juillet au Sénat, de la « conférence nationale des territoires », une nouvelle instance visant à organiser le dialogue entre l’État et les collectivités locales.

Cette première édition d’une conférence destinée à devenir bisannuelle aura été l’occasion pour le gouvernement de saler encore davantage la facture à venir pour les collectivités locales, qui vont être fortement mises à contribution dans l’effort de baisse des dépenses publiques. « Les collectivités territoriales doivent prendre leur part à cet effort et cet effort sera globalement important », a prévenu le chef du gouvernement avant que son ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, n’annonce que ce ne seront pas 10, comme prévu dans le programme d’Emmanuel Macron, mais 13 milliards d’euros de dépenses de fonctionnement qui seront exigés des autorités locales durant le quinquennat.

Outre cette baisse des dépenses, les collectivités locales devront faire face à l’exonération de la taxe d’habitation pour 80 % des contribuables en trois ans à partir de 2018 comme l’a imposé la semaine dernière, à l’issue d’un épisode confus, le président de la République. C’est un manque à gagner de 10 milliards d’euros sur trois ans pour les territoires. Le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, a promis que cette réforme serait compensée « à l’euro près ». Mais cette parole rassurante sera-t-elle convaincante ? Rien n’est moins sûr.

Certes, Édouard Philippe a lancé un projet ambitieux de refonte globale de la fiscalité locale, « parce qu’une décentralisation assumée et intelligente passe par un système de finance locale rénové ». Et Emmanuel Macron, qui est intervenu dans l’après-midi, a promis une commission de réflexion sur la refonte de la fiscalité locale. L’idée serait donc, à terme, de recréer un système d’imposition locale plus juste que la taxe d’habitation, dont le mode de calcul est il est vrai assez baroque, pour assurer des ressources aux collectivités territoriales. Mais elle pourrait, en fait, passer par une renationalisation des ressources, puisque le président de la République a évoqué la possibilité d’attribuer une part de la CSG aux territoires et de renationaliser le RSA. Ce sera un enjeu majeur car, avec la baisse des recettes induite par la réforme de la taxe d’habitation, l’autonomie financière des collectivités assurée par la Constitution ne sera plus garantie. Elle ne le serait pas davantage par une contribution de la CSG. Du reste, Édouard Philippe a prévenu qu’il n’avait « aucun doute sur le fait que ce sera dur, que ce sera long ».

On comprend alors que les responsables locaux tremblent devant l’effort à réaliser et la difficulté de l’ajustement. Non sans raison. Ils ignorent si le gouvernement sera réellement en mesure de tenir sa promesse de compensation ou si cette promesse ne sera qu’un rideau de fumée dissimulant des baisses de dépenses imposées d’en haut et des baisses de dotations. Le recours massif à ce dernier levier, lors du précédent quinquennat, a créé des traumatismes : entre 2012 et 2016, les dotations de l’État sont passées de 52 à 41,4 milliards d’euros par an, soit un recul de 20,4 %. Certes, Édouard Philippe a refusé de suivre ce même chemin, indiquant que la conférence des territoires avait précisément pour ambition d’éviter le recours à ces baisses unilatérales pour mettre sur pied une stratégie de baisse des dépenses. Une volonté réaffirmée par Emmanuel Macron, qui a indiqué ne pas vouloir de « baisses brutales » des dotations, mais des « économies intelligentes à la main des collectivités ». Mais au bout du compte, ce changement de méthode n’entame en rien la logique en place. Il faudra faire autant avec moins et c’est bien l’État qui, de fait, donne le ton. Si les collectivités ne sont pas capables de le faire par la baisse de la dépense, alors les dotations seront coupées.

Du reste, l’augmentation de l’objectif de baisse des dépenses locales à 13 milliards d’euros foule déjà aux pieds les grands principes présentés par le premier ministre. En alourdissant de 3 milliards d’euros la facture, l’État ne fait rien d’autre que faire payer la première tranche de l’exonération de la taxe d’habitation par les collectivités locales elles-mêmes. À quoi bon « compenser » cette exonération, si les autorités locales devront réduire d’autant leurs dépenses ? On est donc là dans l’effet d’annonce, mais la réalité sera celle d’une nouvelle austérité budgétaire, violente pour les collectivités. Sur le précédent quinquennat, de façon globale, la dépense des collectivités locales a reculé d’un milliard d’euros. Il faudra donc désormais plus que décupler l’effort. On comprend l’inquiétude des élus locaux, qui ont saisi qu’ils seront en première ligne de l’ajustement budgétaire.

 

Emmanuel Macron a semblé faire croire que cet effort pourra se faire sur un meilleur fonctionnement de l’administration locale, qu’il ne s’agirait que de réaliser des« économies intelligentes » comme si seul le « manque d’intelligence » des collectivités locales leur ferait dépenser 13 milliards d’euros inutiles… C’est ici la construction d’un mythe de la réforme « douce » qui, sans rien changer aux réalités du terrain, permettrait de faire mieux en dépensant moins. La volonté de l’Élysée de supprimer deux normes pour en créer une va dans le même sens de « narration libérale » idéalisée : seule la bureaucratie empêche la consolidation budgétaire. Ces propos avaient déjà été tenus par le premier ministre dans son discours de politique générale. Mais ils ont du mal à résister aux faits : la bureaucratie française, pas davantage que le nombre des fonctionnaires, n’expliquent l’importance de la dépense publique en France. Et il est évidemment très optimiste de penser que l’on peut multiplier par 13 la baisse des dépenses locales sur un quinquennat en faisant des « économies intelligentes ». D’autant qu’il a affirmé ne pas vouloir réduire l’investissement local.

Et c’est bien là le problème majeur de la stratégie du nouveau gouvernement. Dissimuler la priorité qui a été donnée à la consolidation budgétaire derrière un discours plein de belles promesses, dont le financement concret et l’articulation dans la politique budgétaire globale ne sont jamais abordés. Ainsi, le président de la République n’a pas ménagé ses promesses d’investissement ce lundi : renforcer le lien de mobilité entre les villes et les espaces ruraux, achever le déploiement du très haut débit d’ici à 2020, ne plus fermer de classes dans les campagnes… Mais là encore, ces engagements très consensuels ouvrent de nombreuses questions. L’État viendrait-il compenser ponctuellement et en partie la baisse des dépenses qu’il impose, le choc en serait-il réellement réduit pour les pouvoirs locaux ? Qui financera l’effort financier de l’État ? Compte tenu de l’absence de marges de manœuvre budgétaires, seront-ce de nouvelles coupes dans d’autres budgets ou un report à des temps meilleurs à la fin du quinquennat ? Comment maintenir l’investissement local, déjà fortement réduit depuis 2014, tout en coupant les dépenses de 13 milliards d’euros ?

En définitive, la réalité semble devoir être fort lointaine de ces belles intentions. Derrière le voile d’une position « girondine » de bon aloi et d’une volonté de concertation par l’entremise de commissions, il y a la volonté d’une maîtrise financière de la part de l’État central qui pose l’objectif de réduction des dépenses, entend redistribuer un de « ses » impôts, la CSG, et reprendre le contrôle du RSA. Un mouvement qui n’est pas sans rappeler le cas de l’assurance chômage, laquelle devrait être nationalisée et sera sans doute mise à contribution pour réduire la dépense publique. La divergence entre des objectifs consensuels mais non financés et des exigences de réduction de dépenses publiques met en lumière l’indigence des premiers et la priorité donnée à la seconde. Et la décision de mettre en place, en parallèle, une politique de baisses d’impôts massives, globalement destinée aux plus riches donc économiquement peu efficace, renforce encore l’exigence d’austérité budgétaire.

Mais cette contradiction constante dans le discours gouvernemental entre promesses et austérité complexifie encore le jeu auquel se livre le gouvernement. Placé face à sa promesse d’augmenter le budget de l’armée après avoir décidé de le réduire pour 2017 de 850 millions d’euros, Emmanuel Macron a fait les gros yeux tout en promettantd’augmenter la dépense de la Défense d’1,5 million d’euros en 2018. Une hausse qu’il faudra financer ailleurs, puisque la dépense publique devra baisser de 15 à 20 milliards d’euros l’an prochain pour atteindre l’objectif de déficit du gouvernement. C’est aussi à cette aune qu’il faut apprécier les 3 milliards d’euros d’économies supplémentaires demandées aux territoires… On a vu, du reste, de nouveaux postes d’économies pour 2017 émerger, comme celui de l’éducation supérieure. Ce cas de la Défense pourrait alors annoncer un mouvement plus vaste. En cherchant à dissimuler la violence de sa politique typique du néolibéralisme (consolidation budgétaire et baisses d’impôt) par des promesses vagues, le pouvoir exécutif risque de se retrouver dans l’obligation soit de compenser en permanence les « cadeaux » promis par de nouvelles coupes dans un numéro de voltige budgétaire constant, soit d’abandonner une à une ces promesses. Dans les deux cas, la gestion du processus s’annonce périlleuse, politiquement et économiquement.

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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 05:57
La page d'accueil du site Al-Qst, "Justice"

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Arabie saoudite: «Ici, promouvoir la démocratie est un crime»
 PAR 

 

Alors que le royaume wahhabite entend durcir le blocus imposé au Qatar et affirmer ainsi sa domination sur la région, des militants saoudiens des droits humains dévoilent à Mediapart la vraie nature d’une tyrannie qui décapite au sabre et interdit aux femmes de sortir en public sans tuteur masculin.

 

« Vivre en Arabie saoudite, c’est d’abord savoir se taire. Affirmer en public ou sur les réseaux sociaux que vous êtes hostile à la guerre menée par le royaume au Yémen, ou manifester un doute au sujet de l’embargo infligé par l’Arabie saoudite et ses alliés au Qatar peut vous conduire en prison pour cinq à dix ans, en vertu de la loi antiterroriste, de la loi sur la cybercriminalité ou d’un décret de 2011 interdisant les rassemblements publics. » Il y a cinq ans, Yahya Assiri, était un jeune officier de l’armée de l’air saoudienne, riche et prometteur. Le jour, il travaillait aux contrats d’achats d’armes et d’équipements militaires du royaume. La nuit il débattait sous pseudonyme, sur Internet, de l’absence totale de démocratie dans son pays et de la situation désastreuse des droits de l’homme – et de la femme.

Désormais exilé au Royaume Uni, où il vient d’obtenir il y a deux mois l’asile politique, il dirige, depuis un modeste logement social, l’organisation Al-Qst – « Justice », en arabe coranique –, dont le site a déjà 42 000 usagers assidus. Il projette de mettre sur pied, à partir de cette initiative à laquelle ne travaillent que des compatriotes, une puissante organisation de la société civile saoudienne, en mesure de défendre les droits de l’homme et la démocratie, dont il est devenu un partisan ardent.

« Pendant des années, raconte-t-il, j’ai passé mes soirées et mes nuits, sous le pseudo d’Abou Fares et derrière l’avatar d’une photo de lion, sur des sites ou des forums à discuter de la politique du royaume, surtout en matière de lutte contre la pauvreté et le chômage. En 2009, je suis parti pour Londres, où je devais suivre une préparation en matière de logistique, avant la livraison à l’armée de l’air de nouveaux avions de combat britanniques Typhoon. J’avais le projet d’y rencontrer les dissidents saoudiens installés au Royaume-Uni.

 

Je les ai trouvés en proie à des querelles de personnes et à des débats qui ne me concernaient pas. J’étais et je reste attaché à deux principes fondamentaux : j’ai foi en la démocratie et les droits de l’homme, mais je pense qu’il n’y a pas de conflit entre ces valeurs et l’islam. Lorsque je suis rentré en Arabie saoudite, j’ai décidé que ce serait mon combat. En 2012, j’ai démissionné de l’armée de l’air et abandonné mon pseudo. Je pensais être arrêté, emprisonné. Cela ne s’est pas produit. J’ai simplement eu du mal à trouver un autre travail.

En 2013, je me suis inscrit à un cycle de cours sur les droits de l’homme à la Kingston University, à Londres, et je suis parti avec ma famille. Pour ne plus revenir. Car pendant que je préparais mon diplôme, des amis m’ont prévenu que le pseudonyme que j’utilisais lorsque j’étais militaire avait été découvert et que je risquais une très lourde peine de prison pour mon activité de militant. Pour des civils, la peine atteignait 10 à 15 ans de prison. Pour un militaire, elle risquait d’être beaucoup plus sévère. Je n’avais plus d’autre choix que de rester à Londres et de demander l’asile politique pour poursuivre mes études et mon travail militant. »

De passage à Paris, à l’invitation d’Amnesty International, Yahya Assiri reste discret sur ses filières d’information, mais il suit de très près ce qui se passe dans le royaume, où les partis politiques, les syndicats, les rassemblements publics sont depuis toujours interdits et où les défenseurs des droits de l’homme sont traités comme des terroristes. En mai 2016, le Tribunal spécial a condamné Abdoulaziz al-Shubaily, l’un des fondateurs de l’Association saoudienne des droits civils et politiques (ACPRA), créée en 2009, mais officiellement dissoute par le gouvernement en 2013, à huit ans d’emprisonnement, suivis de huit ans d’interdiction de voyager et de communiquer sur les réseaux sociaux. Aux termes de la loi sur la cybercriminalité, il avait été déclaré coupable de diffamation et d’insultes à l’encontre de juges de haut rang. Il était aussi accusé d’avoir« communiqué avec des organisations étrangères » et fourni des informations sur les violations des droits humains à Amnesty International.

« Comme les organisations internationales de défense des droits humains ne sont pas autorisées à visiter les prisons, nous ne savons même pas exactement combien de nos camarades sont détenus, constate Waleed Sulais, hier directeur des ventes d’une compagnie de téléphone mobile à Riyad et blogueur sur des sites dissidents, aujourd’hui exilé en Allemagne, où il a demandé à bénéficier de l’asile politique. Nos seules sources sont les victimes elles-mêmes ou leurs familles, ou du moins les familles qui ne sont pas trop terrorisées pour fournir des informations. Nos estimations sont qu’il y a aujourd’hui entre 20 et 50 défenseurs des droits humains en prison. Mais il y en a sans doute davantage. »

En septembre 2010, alors qu’il faisait escale à l’aéroport de Bahreïn, Waleed Sulais a été interrogé par la police du petit royaume, allié et obligé de l’Arabie saoudite, sur ses activité et ses déplacements, et tous ses bagages ont été saisis. Il a été photographié et contraint de livrer les codes d’accès à ses deux téléphones mobiles et à son ordinateur portable. Autorisé à poursuivre son voyage vers Riyad trois heures plus tard, il a constaté que nombre de documents et de photos de son ordinateur avaient été ouverts et recopiés, ainsi que le contenu de ses deux téléphones.

« Il est vite devenu évident que si je voulais continuer à écrire des articles sur des forums et sur mon blog, et me concentrer sur la situation des droits humains en Arabie saoudite, la seule solution était de partir, sinon je serais rapidement arrêté emprisonné et réduit au silence. Je serais condamné en vertu des lois ou décrets qui assimilent notre militantisme à du terrorisme, de l’espionnage ou de la collaboration avec des puissances étrangères. Pour les gens qui nous jugent, il n’y a pas de différence entre ceux qui militent pour le salafisme et ceux qui réclament la démocratie. Tous sont des ennemis du royaume. »  

Avec Internet, les jeunes savent qu’on peut vivre différemment

« Les peines, pour les défenseurs des droits de l’homme, vont de 10 à 15 ans de détention, confirme Yahya Assiri. Il y a deux sortes de prisons dans le royaume. Les prisons pour les détenus politiques et les prisons pour les prisonniers de droit commun. Dans les prisons politiques, les conditions sont acceptables et la nourriture décente. Mais la torture y est fréquente. Dans les prisons de droit commun, où sont détenus la plupart des défenseurs des droits humains, car le régime ne veut pas qu’ils soient en contact avec les opposants politiques, il y a beaucoup de violence, de drogue, les bâtiments sont vieux et sales, et la nourriture immangeable.

Ce qui, dans cette situation épouvantable, nous donne un peu d’espoir et de courage, c’est l’attitude de la jeunesse. Par le passé, tout ce que disait et ordonnait le pouvoir était accepté, car tout était justifié par la religion. Et nous étions un pays isolé, fermé au reste du monde, qui ignorait tout ce qui se passait autour de lui. Avec Internet, la nouvelle génération sait qu’on peut vivre différemment, bénéficier de libertés dont nous n’avions même pas l’idée. Et beaucoup de jeunes Saoudiens, aujourd’hui, sont capables de mesurer le cynisme du pouvoir, de constater que l’État utilise la religion comme un outil pour imposer ses choix.

Depuis quatre ou cinq ans, le nombre de ceux qui ont ouvert les yeux est assez grand pour que le pouvoir commence à en tenir compte. Voire exceptionnellement à lâcher du lest. L’année dernière, en avril, le conseil des ministres a promulgué de nouvelles directives qui ont réduit les pouvoirs du Comité pour la propagation de la vertu et la prévention du vice – la “police religieuse”. Elles interdisent notamment à ces policiers d’arrêter des gens, de prendre des suspects en filature et de contrôler leur identité. Ce n’est pas énorme, mais c’est un début. 

Comme la police religieuse a été privée d’une partie spectaculaire de ses pouvoirs, ses excès sont de moins en moins évoqués dans les médias occidentaux. Ce qui est excellent pour le régime. Mais la violence reste au cœur de notre société. Au cœur même des familles. Il n’y a toujours aucune protection pour les femmes dans notre système judiciaire. Vous pouvez être certain que si une femme dépose plainte pour violence demain contre son père ou son mari, la justice, donc le gouvernement, tranchera en faveur du père ou du mari. La loi, chez nous soutient toujours l’homme contre la femme. »

Aux termes de la loi, rappelle le dernier rapport annuel d’Amnesty International, les femmes sont subordonnées aux hommes en matière de mariage, de divorce, de garde des enfants et d’héritage. Elles ne peuvent accéder à l’enseignement supérieur ni exercer un emploi rémunéré ou se rendre dans un pays étranger sans l’autorisation de leur tuteur.

 

En avril 2016, le prince Mohamed Bin Salman, désigné le mois dernier, par le roi, son père, prince héritier du trône, avait présenté un plan de réforme économique, « Vision 2030 », qui avait pour objectif de faire passer de 20 à 30 % la part des femmes dans la main d’œuvre saoudienne et « d’investir dans leurs capacités productives pour améliorer leur avenir et contribuer au développement de la société et de l’économie ».

Mais pour l’instant, aucune mesure concrète n’a été prise pour mettre en œuvre ce plan. En revanche, plusieurs dizaines de milliers de femmes ont soutenu la campagne « Les saoudiennes exigent la fin du tutorat » lancée sur Twitter. En septembre dernier, près de 14 000 saoudiennes ont signé la pétition en ligne qui appelait le roi Salman à abolir le tutorat. Ce statut, maintenu par une monarchie obscurantiste et bigote, oblige chaque femme à être accompagnée d’un homme de sa famille – mari, frère ou père – pour sortir en public et exige d’elle d’obtenir l’autorisation écrite de son tuteur si elle veut voyager à l’étranger.

« Il faut bien mesurer que nous affrontons un double défi, dit Loujain Al-Hathloul, militante saoudienne des droits des femmes qui vit entre Riyad et Abou Dhabi, capitale des Émirats arabes unis, où elle étudie les sciences sociales à l’antenne locale de la Sorbonne. Les saoudiennes sont soumises aux mêmes violations des droits humains que les hommes – absence de liberté d’expression, d’association, de manifestation –, mais elles doivent, en plus, subir la discrimination et la violence inacceptables imposées par les hommes. Car aux violences physiques qu’elles doivent subir, dans une impunité totale, s’ajoutent les abus émotionnels, l’absence d’indépendance financière, la privation délibérée d’éducation. »

À 28 ans, Loujain Al-Halhoul, a déjà connu, elle aussi, les prisons du royaume. En 2014, elle a été arrêtée et détenue pendant 73 jours parce qu’elle avait bravé l’interdiction de conduire imposée aux femmes en tentant d’entrer en Arabie saoudite depuis les Émirats, au volant d’une voiture. Cette arrestation et son activité inlassable de militante lui ont valu de figurer, en 2015, en 3e place dans la liste des 100 femmes arabes les plus influentes. « En plus de la peine de prison, j’ai été punie de dix mois d’interdiction de voyager, raconte-t-elle aujourd’hui. Nous devons profiter de chaque terrain favorable pour tenter d’avancer. Le gouvernement ne peut pas emprisonner toutes les femmes qui protestent ou qui exigent le respect de leurs droits. C’est matériellement impossible et, en outre, cela compliquerait ses relations avec certains partenaires étrangers. De ce point de vue, la lutte contre l’interdiction de conduire est un combat exemplaire, parce qu’elle montre clairement qui est du côté de la modernité.

Un autre combat majeur est la campagne pour l’abolition du tutorat. Le mois dernier, nous avons constaté un signe positif du pouvoir : un décret royal a été publié, demandant aux entités gouvernementales de ne plus exiger une permission masculine pour les emplois dans le service public. C’est un réel pas en avant. D’autant que le décret indique que les organisations de défense des droits humains agréées par les autorités doivent rappeler aux femmes qu’elles peuvent bénéficier de ces dispositions. C’est la première fois que le roi reconnaît le rôle des ONG de défense des droits humains. C’est un début. »

En 2016, 153 personnes au moins ont été exécutées en Arabie saoudite, par décapitation au sabre, lapidation ou fusillade, suivant les crimes dont elles étaient accusées. Au cours des cinq années précédentes, près de 600 exécutions ont été recensées par les défenseurs de droits humains. Et ces exécutions ont été précédées par des procès iniques et des « aveux », le plus souvent arrachés sous la torture. « La torture est pratiquée par les services de sécurité d’une manière routinière, dit Yahya Assiri.L’impunité et la violence du pouvoir saoudien l’ont transformée en une méthode d’interrogatoire comme une autre. Face à une telle situation, la tâche des défenseurs des droits humains et des partisans de la démocratie est démesurée.

 

Mesurez bien ceci : promouvoir la démocratie en Arabie saoudite est un crime. Si nous la revendiquons ouvertement, nous allons perdre une partie de ceux qui nous suivent sur les réseaux sociaux, car ils auront peur. Nous défendons donc en priorité la liberté de parole, la possibilité pour tous les citoyens de choisir, y compris en politique, ce qu’ils jugent le mieux pour eux. Les utilisateurs des réseaux sociaux soutiennent ces valeurs. Ils ne croient plus la propagande officielle, le discours du pouvoir sur la défense de notre religion, de notre culture. Ils sont de plus en plus nombreux à mesurer que ce discours est mensonger, hypocrite. L’avenir est à nous. »

 

scène de décapitation en Arabie Saoudite: En 2016, 153 personnes au moins ont été exécutées en Arabie saoudite, par décapitation au sabre, lapidation ou fusillade, suivant les crimes dont elles étaient accusées. Au cours des cinq années précédentes, près de 600 exécutions ont été recensées par les défenseurs de droits humains

scène de décapitation en Arabie Saoudite: En 2016, 153 personnes au moins ont été exécutées en Arabie saoudite, par décapitation au sabre, lapidation ou fusillade, suivant les crimes dont elles étaient accusées. Au cours des cinq années précédentes, près de 600 exécutions ont été recensées par les défenseurs de droits humains

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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 09:52
Pol Huellou, musicien, chanteur et écrivain voyageur, amoureux de l'Irlande, nous raconte les ballades de son dernier album "The Lost Agenda"
Pol Huellou, musicien, chanteur et écrivain voyageur, amoureux de l'Irlande, nous raconte les ballades de son dernier album "The Lost Agenda"

Pol Huellou, artiste musicien, parolier et chanteur voyageur ayant son pied à terre à Plougasnou, militant de la CGT, du PCF et du Mouvement de la Paix passionné par la culture, la musique et l'histoire irlandaise, qui était venu avec le guitariste Gilles Le Bigot (et le groupe morlaisien Coverfield) animer la soirée musicale "irlandaise" du PCF à Roscoff au mois de mai dernier avec le député du Sinn Féin et ancien prisonnier de l'IRA Raymond Mc Cartney, vient de sortir un magnifique album "The lost agenda", avec des chansons souvent inspirées du répertoire irlandais ou écossais d'une beauté souvent déchirante et très émouvante, avec une voix très blues, de très beaux moments de flûte irlandaise, et un accompagnement à la chanson de Michèle Kerhoas.   

Cet album dédié aux musiciens disparus amis de Pol - Tibor Gunar (1953-2011), Bruno Le Masson (1956- 2013) et Serge Kerguiduff (1943-2016)  - est à mettre entre toutes les mains et à écouter pour les plaisirs de l'ouïe et de l'âme. 

contact pour commander l'album: artforpeace@wanadoo.fr

 
Le CD est distribué par Dialogues Musiques (Brest)
 
Il est sur les plateformes internet: en téléchargement et streaming. 
 

A notre demande, Pol Huellou s'est attelé à la présentation  artistique de son album "The Lost Agenda" et nous raconte chaque titre avec des explications savoureuses et précieuses.  

Pour commencer, en guise de mise en bouche, cette traduction d'une des chansons qu'il interprète, superbe comme la voix qui la porte: 

Dans mes souvenirs, je verrai toujours

Cette ville que j’ai tant aimée

Notre école jouait au foot près du mur des réservoirs à gaz

On se marrait à travers la brume et les odeurs.

Rentrant à la maison sous la pluie, courant dans la petite allée sombre

Passant près de la prison en descendant près de la fontaine

C’étaient des jours heureux

De diverses façons

Dans cette ville que j’ai tant aimée.

 

Dès les premières heures de la journée, la sirène de l’usine de chemises

Appelait les femmes de Craigan, de la Lande et de la Tourbière

Pendant que les hommes jouaient le rôle de mères

Donnaient à manger aux enfants et entrainaient les chiens.

Quand les temps étaient durs, il y avait à peine le nécessaire

Mais ils y faisaient face sans plainte

Car au profond d’eux mêmes il y avait un sens de l’honneur

Pour cette ville que j’ai tant aimée.

 

Il flottait une musique dans l’air de Derry

Telle une langue que nous pouvions tous comprendre

Je me rappelle le jour où j’ai touché ma première paye

Alors que je jouais dans un petit orchestre.

C’est là que j’ai passé ma jeunesse, et pour vous dire la vérité

Je fus triste de la quitter

C’est là que j’ai appris la vie et trouvé une femme

Dans cette ville que j’ai tant aimée.

 

Mais quand j’y suis retourné, mes yeux m’ont brûlé

De voir une ville mise à genoux

Par des véhicules blindés, les bars détruits pas les bombes

Des odeurs de fumée accrochées  à chaque brise.

Aujourd’hui l’armée s’est installée près du mur à gaz

Et ces damnés de barbelés s’élèvent de plus en plus haut ;

Avec leurs tanks et leurs fusils, mon dieu, qu’ont ils fait

A la ville que j’ai tant aimée.

 

Aujourd’hui la musique a disparu mais la vie continue

Leur esprit a été blessé mais jamais brisé

Ils n’oublieront jamais car leur cœur est préparé

Pour demain et le retour de la paix.

Ce qui est fait est fait, ce qui est gagné est gagné

Ce qui est perdu est perdu et parti pour toujours

Je ne peux que prier pour un jour neuf

Dans la ville que j’ai tant aimé.

 

Pol Huellou & Friends                                              The Lost Agenda

 

Les morceaux

 

1. Fortune My Foe   (John Dowland  1563-1626)                         2 :39

 

J’ai appris cette ballade pendant une tournée avec Serge Kerguiduff, en

Angleterre, au Pays de Galles et en Irlande. Le texte n’est pas sans rappeler La

Ballade du Pendu, de Villon. Même situation, dernier message d’un condamné à mort.

Ce texte réapparaît plus tard dans les Veuves Joyeuses de W. Shakespeare.

Shakespeare est une référence partagée avec les amis du Travelling Footsbarn

Théâtre que je retrouve régulièrement depuis des années au gré des voyages et

tournées.

A noter que ce morceau s’ouvre sur quelques accords de cibalum avec Tibor

Gunar, grand virtuose rom rencontré pendant les enregistrements à Prague. Avec

Serge nous avions une version luth et flûte baroque, ici j’ai fais le choix d’une

interprétation qui ne relève pas de ce qu’on appelle la musique ancienne, mais

une version plus personnelle, contemporaine, intuitive.

 

Tibor Gunar et Pol Huellou

Tibor Gunar et Pol Huellou

2. Planty Irvine - Sé Bheag Sé Mhor (T. O’Carolan 1670-1738)  5 :19

 

Après avoir régulièrement joué en concert des planxties de Turlough O’Carolan,à la flûte, avec des harpistes tels que Myrdhin ou Anne Auffret, ici je vous propose une version à la sanza, parfois appelée Kalimba, Karimba, Ikembe (instrument

joué en Afrique au sud de l’équateur) + guitare et accordéon chromatique.

 

3. The Town I Loved So Well  (Phil Coulter)                       5 :32

Chanson incontournable quand on se réfère à la période de guerre civile récente

en Irlande du Nord, parfois appelée ‘Les Troubles’. D’autres villes martyres

viennent à la mémoire :

 

A pour Alep

B pour Belfast, Berlin, Brest

C pour Coventry

D pour Dresden …

 

4. The Star of County Down  (instrumental) (trad.)            2 :43

Retour à la sanza. Cette chanson, hymne du Co. Down (Irlande du Nord) est ici

interprétée en version instrumentale. L’altération rythmique m’est venu lors d’une soirée tardive au Festival de Cork, lors d’une jam session avec Flaco Jimenez

(accordéon Tex-Mex), Steve Cooney (guitare) et David Hopi Hopkins (Bodhran), compagnon de route depuis des années. Le Co. Down est une région que je visite régulièrement depuis maintenant des décennies, pour y retrouver des spectateurs mais aussi des amis, comme Tommy, Colum, Catherine, Barbara Sands….

Cet enregistrement a été réalisé à l’Espace Glenmor à Carhaix par Bruno Le

Masson, autre compagnon de route pendant des années lors d’un spectacle

intitulé Hommages Vagabonds.

 

5. Moi J'm'ennuie  (Camille François – Wal Berg)               5 :48

Seul morceau où je n’apparais pas. La preuve, c’est qu’elle s’ennuie… Chanson à texte comme je les aime et du genre que nous avons présentées lors de dizaines

de concert. Curieusement, le chorus à la guitare après le texte, devait être une

introduction. Les hasards de l’inspiration de production en studio m’ont amenés à déplacer cette intro comme développement instrumental à la fin du morceau.

 

6. Les Goémons  (Serge Gainsbourg)                                    3 :25

Basé sur la côte nord de la Bretagne actuellement, j’avoue, et n’en soyez pas

choqués, que la nature, la mer, les paysages m’inspirent plus que les chants de

marins des fêtes estivales. Je ne peux pas faire abstraction de ma rencontre avec Dermot Healy, de Sligo et de ses nouvelles et poèmes. Même sensibilité païenne. Les goémons mais aussi les oies bernaches. Gainsbourg aurait pu être des nôtres lors d’un pub crawl historique à Dublin…

 

7. Just eur gigolo  (Casucci/ adapt.Y.F.Kemener)                 2 :15

 

Ce standard a été adapté en breton par Yann Fanch Kemener. Il était normal

d’avoir sur cet agenda une chanson en breton, en hommage à tous les bretonnans, et mon père qui a contribué à sa manière personnelle à la chanson en langue

bretonne, décédé ce printemps  2017 et qui pour l’annecdote a connu les

évolutions des technologies d’enregistrement en l’espace d’une vie : direct à la

radio (radio Quimerc’h, ondes courtes – Pierre Trépos – Pierre Jakez Hélias),

disques en cire (aujourd’hui disparus), 78 tours,  LP carbonne, Vinyl, cassette,

CD, internet.

 

Adaptation clin d’œil…. A noter la contribution à la harpe celtique cordes métal

innovante de Jochen Vogel dans un style swing.

 

8. Cailin Deas Crùite na mBo  (trad./arr.)                                     2 :49

Vous avez dit romantisme, paysages celtiques, imaginaire ?

 

 

9. A Pretty Girl Milking Her Cow  (Roger Edens)               2 :25

Dans le rapport absurde et nostagie moteur de ce projet, cette chanson correspond à la première catégorie. Même si Julie Garland a fait rêver nombre d’entre nous. Le lilt, chant onomatopé à la fin du morceau nous ramène en Irlande…

 

10. The Tube   (Pol Huellou)                                       3 :14

Un simple tube en PVC, un ‘oud, un groove. Dialogue avec un autre compagnon de route : Vasken Solakian.

 

11. Let's Blues It  (trad/Paddy in The Bush)                         5 :21

J’aime la transe, le plinn. Le groupe virtuel Paddy in The Bush, issu de la tribu,

pose ici les pieds sur terre et danse…. Ici sur ce chant arménienne une nouvelle

visite, cover version  développement  sur un thème traditionnel.  Al balouzit, ‘Let’s Blues it’… Enregistré chez Michal et testé immédiatement en sonorisation

disco, l’autre côté de la rue en compagnie de danseurs tchèques, irlandais,

bretons, ukrainiens, à fond les caisses de sonorisation. A écouter en augmentant

le son tard le soir.

 

Recorded, mixed and mastered by Michal Sunbauer. 

Additional recordings :  Colum Sands  & Bruno Le Masson (track 4, live

recording Hommages Vagabonds, Carhaix)

Pol Huellou, musicien, chanteur et écrivain voyageur, amoureux de l'Irlande, nous raconte les ballades de son dernier album "The Lost Agenda"
Pol Huellou, ici avec Gilles Le Bigot, qui collabore à cet album à la guitare avec Denis Colin (clarinette), David Hopkins (bodhran), Jean Marc Lecoq (accordéon), Christophe Menguy, Paul Rodden (banjo), Michèle Kerhoas, Jochen Vogel (harpe celtique)

Pol Huellou, ici avec Gilles Le Bigot, qui collabore à cet album à la guitare avec Denis Colin (clarinette), David Hopkins (bodhran), Jean Marc Lecoq (accordéon), Christophe Menguy, Paul Rodden (banjo), Michèle Kerhoas, Jochen Vogel (harpe celtique)

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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 09:23
Emmanuel Macron, président des 1% les plus riches
 PAR 

Selon une étude de l’OFCE, les mesures fiscales du gouvernement profiteront surtout aux 1 % les plus riches. La preuve de l’attachement de l’exécutif à la théorie, désormais datée, du « ruissellement » de la richesse et de son refus de faire face au creusement des inégalités. 

 

Depuis quelques jours, la priorité du gouvernement évolue vers une logique alliant la consolidation budgétaire à la baisse de la fiscalité. Ce changement a été confirmé ce mercredi 12 juillet dans l’entretien accordé par le premier ministre Édouard Philippe au quotidien Les Échos. Ce dernier annonce une baisse de la fiscalité de 11 milliards d’euros pour 2018, avec la mise en place, dès la première année budgétaire du quinquennat, des principales mesures fiscales envisagées : transformation de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI), exonération partielle de la taxe d’habitation, transferts des cotisations salariales sur la maladie et le chômage vers la CSG, mise en place d’un prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur les revenus du capital (qui, jusqu’ici, était prévu en 2019). À cela s’ajoutent les mesures décidées par le précédent gouvernement : hausse et élargissement du CICE et baisse du taux de l’impôt sur les sociétés (IS) à 28 %.

L’idée d’Édouard Philippe, c’est de compenser les effets négatifs de la consolidation budgétaire envisagée, avec une stabilité en volume des dépenses publiques qui sous-entend, de son aveu même, 20 milliards d’euros de baisse de dépenses, par un « effet de souffle fiscal en faveur de l’investissement, de l’emploi et de la croissance ». Tout réside, donc, sur ce présupposé : la croissance française est obérée par la seule fiscalité. Certes, Édouard Philippe évoque d’autres éléments, notamment le plan d’investissement de 50 milliards d’euros sur 5 ans promis par le président de la République, mais ce dernier, de toute façon très faible, pourrait être soumis aux priorités budgétaires. Et c’est bien sur ce « souffle fiscal » que compte l’exécutif pour stimuler la croissance.

 

Aussi est-il intéressant de se pencher sur l’effet de cette fiscalité sur les inégalités. Qui bénéficiera des mesures de baisses d’impôts ? C’est une question essentielle pour déterminer, ensuite, comment ces baisses profiteront, ou non, à l’économie. Ce travail a été réalisé par l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques), qui s’est servi du modèle qu’utilisent déjà les administrations pour mesurer l’effet redistributif des mesures fiscales. L’OFCE a intégré dans son modèle des éléments, souvent négligés, des hausses d’impôts annoncées par Édouard Philippe : alourdissement du prix du tabac et renforcement de la fiscalité écologique, notamment sur le diesel.

Les résultats de ces calculs sont sans appel : le grand gagnant des mesures fiscales du gouvernement est le « dernier décile » des ménages, autrement dit les 10 % des ménages les plus riches. Ces derniers capteraient ainsi 46 % des gains fiscaux promis aux ménages. Et même mieux, selon les économistes de l’institut, c’est principalement le dernier centile, autrement dit les 1 % les plus riches, composé de 280 000 ménages, qui occuperait le haut du podium. Selon les calculs de l’OFCE, l’impact fiscal des mesures sur les ménages du dernier décile qui ne font pas partie des 1 % des plus riches serait proche de celui subi par les ménages du neuvième décile. Lesquels seraient les principaux perdants de cette politique, en raison de leur exclusion de l’exonération de la taxe d’habitation. La politique fiscale d’Édouard Philippe est donc une politique de cadeaux fiscaux aux « ultra-riches » qui, selon Xavier Timbaud, économiste à l’OFCE, n’est pas sans rappeler la politique de Nicolas Sarkozy en 2007.

Pourquoi un tel effet ? Principalement en raison de deux mesures : l’exonération des valeurs mobilières de l’ISF et la mise en place du PFU. Deux mesures qui favorisent les ménages dont les revenus dépendent principalement de leurs patrimoines mobiliers, autrement dit, effectivement, les plus riches. Sur ce point, les calculs du gouvernement et de l’OFCE divergent. L’institut économique table sur une masse de mesures fiscales de 9,1 milliards d’euros, le gouvernement sur 11 milliards d’euros. Les différences sont difficiles à évaluer, dans la mesure où le détail des évolutions fiscales reste à définir.

On pourra cependant noter que les mesures fiscales se répartissent sur l’ensemble des classes de revenus. Le gain est faible pour les huitième et neuvième déciles (respectivement 0,7 % et 0,1 % des revenus actuels), il est plus fort pour la classe moyenne. Les septième et troisième déciles peuvent espérer une augmentation de 1,5 % de leurs revenus, le deuxième de 1,4 %, les cinquième et sixième de 1,3 %. Le premier décile ( les ménages les plus pauvres) est cependant pénalisé par l’alourdissement de la fiscalité sur le diesel et le tabac, et verrait ses revenus s’améliorer de 1 %. Globalement, donc, ces mesures creuseront fortement les inégalités, à l’avantage du dernier décile, avec un gain fiscal estimé à 2,6 % de ses revenus actuels, et plutôt au désavantage du premier décile.

Mais pour avoir une vision plus précise de l’impact de ces mesures fiscales, il faut évidemment prendre en compte la participation des ménages à leur financement. L’OFCE a émis deux hypothèses : un financement proportionnel au revenu (par exemple par une hausse de la CSG) ou un financement par une baisse des transferts sociaux. La vérité sera sans doute un mélange des deux formules, mais la volonté affichée de s’attaquer aux dépenses publiques indique une volonté de s’attaquer aux transferts sociaux, notamment ceux de l’aide au logement ou des frais de santé. Et là encore, le dernier décile est celui qui tire le mieux son épingle du jeu.

Dans le scénario d’un financement proportionnel, le premier décile voit ses revenus reculer de 0,4 % et le neuvième de 1,3 %, tandis que le dixième décile affiche un gain de 1,2 %. Dans le second scénario, l’impact sur les deux premiers déciles est très fort : −4,1 % sur les revenus du premier, −2 % sur ceux du deuxième, tandis que le dernier décile est le seul à afficher encore des gains, et plutôt des gains importants, de l’ordre de 2,1 %.

Au-delà des détails qui permettront de clarifier ces impacts, il semble évident que la politique fiscale du gouvernement initie un transfert de richesses vers les plus riches, au détriment de la classe moyenne supérieure et/ou des classes les moins riches. Or, la question de l’impact macroéconomique de ce transfert est très discutable.

Le fondement du « souffle fiscal » évoqué par Édouard Philippe est la théorie du« ruissellement », qui veut que l’augmentation de la richesse des plus riches profite in fine à tous. Cette théorie est désormais très contestée, pour plusieurs raisons. D’abord parce que si, réellement, cet effet d’enrichissement profitait à la croissance et à l’emploi, il est douteux que l’ampleur de cette accélération compenserait les mesures fiscales nettes envisagées. « Il faudrait une très forte baisse du chômage pour compenser un tel transfert fiscal, et c’est peu probable », résume Xavier Timbaud. L’OFCE table sur un recul du chômage de 1,6 point sur cinq ans, soit 0,3 point par an.

Mais l’essentiel est ailleurs. L’effet d’enrichissement des 1 % les plus riches profitera-t-il réellement à l’économie ? Rien ne permet de l’affirmer. Les études économiques montrent au contraire que l’effet des baisses d’impôts est plus fort lorsque les mesures portent sur les ménages les moins fortunés. Les plus fortunés, eux, ont tendance à investir ces gains fiscaux sur les marchés financiers, avec des promesses de rendements importants. L’investissement productif risque de ne profiter que marginalement de ces mesures. Ainsi, au Royaume-Uni ou aux États-Unis, où de telles mesures ont été prises dans le passé, l’investissement productif est au plus bas. En revanche, ces cadeaux fiscaux risquent de venir grossir davantage des bulles spéculatives qui sont déjà alimentées par la BCE chaque mois. Alors que l’heure est à la fin du mouvement de régulation financière (voire à la dérégulation), l’attrait des marchés est plus élevé que jamais. Or, aujourd’hui, les marchés financiers sont de plus en plus déconnectés de l’économie réelle, en raison de la prédominance de produits dérivés ou indexés. La bourse ne profite qu’à la marge à l’investissement productif par les introductions en bourse ou les augmentations de capital, éléments devenus parcellaires dans le monde financier. Rien ne dit, donc, que ces 4,2 milliards d’euros offerts aux 1 % les plus riches profiteront à l’économie française.

Par ailleurs, la science économique a souligné depuis plusieurs années les effets négatifs des inégalités sur la croissance potentielle et la productivité. Or, contrairement à ce que laisse entendre la narration des milieux d’affaires, la France n’est pas un pays « plus égalitaire » que les autres. L’indice de Gini français calculé par l’OCDE reste supérieur à celui de l’Allemagne. En revanche, les inégalités se sont moins creusées en France qu’en Allemagne au cours de ces dernières années. Précisément en raison des réformes sur le marché du travail que mène actuellement le gouvernement français, comme vient de le prouver encore une étude du Center for European Reform (CER) sur laquelle on reviendra. Il y a donc ici un vrai risque, à moyen et long terme.

L’étude de l’OCDE montre ainsi la vraie nature de la politique économique du gouvernement. Loin de mener une politique « équilibrée », il s’engage, avec la priorité donnée à la baisse des impôts pour les plus riches, dans un « choc libéral » comparable à ceux qu’ont connus les États-Unis et le Royaume-Uni dans les années 1980. Un choc dont les conséquences négatives sont désormais bien connues. C’est donc une politique datée, fondée sur une théorie datée, celle du « ruissellement », que mène ce gouvernement prétendument « modernisateur ».

 

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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 07:52
Le Guilvinec, 15 juillet 2017: Patrick Gloaguen, Etienne Le Bellec, Alain Vigouroux, Ismaël Dupont, André Le Roux (photo Hervé Ricou)

Le Guilvinec, 15 juillet 2017: Patrick Gloaguen, Etienne Le Bellec, Alain Vigouroux, Ismaël Dupont, André Le Roux (photo Hervé Ricou)

Bonjour à toutes et tous,

Quel plaisir d'être là avec vous sous le soleil à cette belle fête du Travailleur Bigouden, à l'invitation de la section communiste du Pays Bigouden!

Quel plaisir de nous retrouver au Guilvinec, ville de pêche et de conserveries, de chantiers navals, petite ville à forte mémoire ouvrière!

Les militants et sympathisants communistes se sentent ici en pays ami comme dans tous les ports du pays bigouden, de la pointe sud-ouest du Finistère, entre Douarnenez et de Concarneau.

En 1926, c'est la grande grève des ouvrières des conserveries au Guilvinec, à Lesconil et dans tous les ports aux alentours, organisée avec l'aide de Charles Tillon de la CGTU, futur grand résistant et membre des Brigades Internationales pendant la guerre d'Espagne. Les ouvrières demandaient 22 centimes d'augmentation pour leur tarif horaire. « Pemp real ar vo ! » : ce sera un franc 25.

Les ouvrières bigoudènes à coiffe manifestaient en chantant l'Internationale et des chansons de lutte en breton, drapeau rouge en tête.

Une image forte de la lutte des classes en terre bretonne qu'a immortalisée en 1982 l'artiste quimpérois Alain Le Quernec pour une conférence de l'UL CGT sur les luttes sociales en pays bigouden.

Charles Tillon, élu conseiller municipal à Douarnenez avec Daniel Le Flanchec, raconte qu'une ouvrière d'usines de conserverie sur quatre ou cinq était tuberculeuse. « Le mouvement victorieux des femmes d'usine a entraîné les pêcheurs à mieux prendre conscience de leurs droits et qu'en labourant la mer, ils étaient à la source de tout ».

Il est resté des traces profondes de ce beau combat des forçats de la mer dans l'histoire politique et sociale de la région.

Le Guilvinec faisait partie des 5 communes à municipalités communistes du Finistère à la veille du Front Populaire en 1935 avec Treffiagat, Beuzec-Conq, Douarnenez et Concarneau. 

Pendant la guerre, la résistance communiste au Guilvinec fut importante, animée notamment par l'ancien maire Marc Scouarnec jusqu'à son arrestation, Pierre Cossec, Pierre Tanneau, etc.. qui constituèrent une cellule communiste clandestine.

Jean Le Brun, futur maire communiste du Guilvinec fut déporté à Buchenwald. Employé à France Navigation, il faisait passer des armes à l'Espagne République, appartenait au réseau "Orchestre Rouge". Déporté à Buchenwald, Marcel Paul, dirigeant communiste de la Résistance du Camp, le chargea de protéger coûte que coûte Marcel Bloch, le futur Marcel Dassault, l'avionneur qui avait accordé des congés payés aux ouvriers de ses usines avant même le Front Populaire et dont les services étaient jugés nécessaires à la reconstruction de la France par le Parti Communiste. 

De 1945 à 1983, avec les anciens résistants Marc Scoarnec et Jean Le Brun pour maires, Le Guilvinec est restée une mairie gérée par les communistes.

Si le communisme, la « jeunesse du monde » pour reprendre les propos d'Henri Malberg, est toujours une tâche à réaliser et non un patrimoine muséal à gérer, bien sûr, c'est aussi en se tournant vers ce passé du communisme populaire aux fortes traditions locales, et ses combats pour la dignité des ouvriers, des pêcheurs, des travailleurs, pour la liberté de notre pays et la lutte contre l'occupant nazi et les collaborateurs, que l'on tire des leçons d'engagement et de politique.

Ainsi, c'est en mesurant le poids des combats de nos aînés que nous avons jugé nécessaire de faire à nouveau barrage à l'extrême-droite et aux idées rances de Marine Le Pen aux élections présidentielles.

Et avant cela de tout mettre en œuvre pour rassembler et faire gagner une gauche capable de préserver et d'étendre les conquêtes sociales et démocratiques, parce qu'elle affronterait le monde de l'argent. Nous n'avions pas envie que l'on continue à abîmer les services publics, l'hôpital, la sécurité sociale, le droit du travail, à renforcer la pauvreté, la précarité et le chômage avec des politiques pro-finance et inégalitaires.

Nous avons pris nos responsabilités en plaidant pour l'unité de la gauche authentique et en soutenant Mélenchon après un long débat interne et un vote souverain assez partagé de nos adhérents pour tenter de qualifier un candidat de gauche au second tour des Présidentielles.

Nous n'avons pas réussi à gagner notre pari, mais la barre était très haute tant les institutions desservent la gauche d'alternative et tant Hollande et les socialistes qui l'ont soutenu ont une responsabilité écrasante sur le discrédit de la gauche pour une grande partie de nos concitoyens.

Le piège s'est refermé.

Un candidat qui a obtenu 24 % des voix aux premiers tours des présidentielles, qui a bénéficié d'un vote CONTRE au second tour, et d'une résignation aux législatives, va bénéficier de tous les pouvoirs pour mener, avec une majorité hybride et caméléon (ex-PS centristes ou de droite comme Le Drian et écolos centristes, nouveaux venus à En Marche, droite libérale) mais une majorité aux ordres, un projet de gestion de l'économie et de la société au service du big business.

Les forces de l'argent avaient deux fers au feu, Fillon et Macron.

Fillon délégitimé par la radicalité de son programme et de ses appuis de droite extrême, par ses affaires d'enrichissement familial, c'est Macron, soutenu dès le départ par bon nombre de milliardaires, d'actionnaires du CAC 40 et de patron de presse, qui a réussi le tour de force de gagner un projet néo-libéral, austéritaire, et pro-Europe des marchés, minoritaire de notre pays, en réussissant à fédérer différentes fractions de la bourgeoisie et à se faire passer pour le candidat du renouveau, lui dont la politique est promue par les élites depuis 35 ans, lui qui était le conseiller, puis le ministre des Finances, de François Hollande.

Lui qui a inspiré ces cadeaux aux grandes entreprises qu'étaient le CICE et le Pacte de responsabilité, mesures dictées par le MEDEF qui ont coûté 40 milliards d'euros aux finances publiques, avec pour résultat 500 000 chômeurs en plus, 46 milliards de dividendes versés par les entreprises à leurs actionnaires en 2016 (13 % en plus) !

Dans ce contexte difficile, avec un second tour des présidentielles ayant vu l'élimination de la gauche, l'affrontement entre néo-libéralisme et populisme d'extrême-droite, nous regrettons profondément l'attitude de Jean-Luc Mélenchon et de la direction de France Insoumise qui, malgré l'appui des communistes à Jean-Luc Mélenchon aux présidentielles (414 parrainages d'élus communistes pour le candidat), ont préféré joué la concurrence et le cavalier seul aux élections législatives, pour tenter d'installer une nouvelle hégémonie à gauche.

La situation méritait autre chose que des luttes électorales fratricides.

Résultat : une abstention record, un éparpillement des voix, 28 députés communistes et France Insoumise là où nous aurions pu en compter deux fois plus ! La gauche, si l'on compte les députés PS non ralliés à Macron, et qui sont pour l'instant dans une politique de ni-ni très équivoque, ni opposition, ni ralliement au nouveau Bonaparte du monde des affaires, ne compte plus que 64 députés.

Une déroute inédite pour la gauche, à référer à ses moins de 30 % des élections présidentielles : signe d'une dangereuse recomposition en cours, d'un vrai risque de marginalisation, et du poids terrible des logiques anti-démocratiques de la Ve République : personnalisation du pouvoir et des enjeux politiques, toute-puissance du président, dépendance du monde politique par rapport au monde de l'argent, élections législatives transformées en instance de validation des dynamiques des présidentielles, absence de proportionnelle.

Les résultats du PCF ne sont globalement décevants aux législatives, malgré notre implantation militante active tout au long de l'année en dehors des campagnes électorales, des candidats souvent jeunes, issus du monde du travail, élus de terrain au bon bilan, en dehors des régions d'implantation forte, nous ne résistons pas à la vague France Insoumise avec qui nous partageons un espace politique, celui de la gauche de transformation.

Malgré tout, nous avons 12 députés communistes à l'assemblée nationale, dont 9 nouveaux, en comptant Huguette Bello, du PC réunionais. Et nous pouvons formé un groupe autonome avec 4 députés d'outre-mer de gauche. Groupe présidé par André Chassaigne avec les députés de Seine-Maritime Sébastien Jumel et des Bouches-du-Rhône Pierre Darhéville comme porte-paroles.

Ces députés communistes ont déjà commencé à batailler contre le Président de « ceux qui comptent », celui qui regarde de haut « ceux qui ne sont rien » dans les gares, comme ces « illettrées de Gad », celui qui prend ses consignes au MEDEF, ressuscite les préjugés les plus condescendants à propos de nos amis africains, celui qui s'achète une vitrine internationale interlope en invitant Poutine à Versailles, le milliardaire Trump, le fossoyeur du climat, populiste, imbécile et raciste, au 14 juillet, et Netanyahou, le président d'extrême-droite israélien, aux commémorations de la rafle du Velodrome d'Hiver les 16 et 17 juillet : 13 000 juifs, dont 4000 enfants, arrêtés brutalement au petit matin par la police française, entassés au Vel d'Hiv, avant d'être transférés dans les camps de transit, puis dans les camps d'extermination allemand.

Notre regretté camarade Henri Malberg, qui vient de disparaître cette semaine à 87 ans, ancien dirigeant communiste de la fédé de Paris et porte-parole du groupe des élus communistes parisiens, qui a échappé de peu à la rafle du Vel d'Hiv, n'aurait pas aimé que l'on demande à un chef d'Etat brutal, raciste et irresponsable comme Netanyahou d'honorer les victimes juives du fascisme français et allemand, comme si le chef d'Etat d'Israël, engagé dans une politique de colonisation et d'apartheid à droite toute, était le porte-parole des juifs du monde entier.

Défenseurs du peuple à l'assemblée, les députés communistes ont voté contre la confiance au gouvernement Edouard Philippe, ont boycotté le discours d'Emmanuel 1er à Versailles, ils ont combattu, alinéa par alinéa, les 9 articles de la loi travail qui va encore renforcer la remise en cause du code du travail après une loi El Khomri rejetée par 2/3 des français et contre laquelle s'était levé un mouvement social de haute intensité pendant 8 mois.

Cette loi travail rejetée dans ses contours actuels par 60 % des Français qui facilite les licenciements économiques, réduit les pouvoirs d'intervention des syndicats, dénature les CDI, réduit les indemnités versés par les patrons en cas de licenciement injustifié, créant un véritable droit au licenciement abusif. Elle fait disparaître le CHSCT.

Nos parlementaires ont aussi porté dans ce débat l'exigence de la réduction du temps de travail (passage à 32h pour 2021)

Ils ont voté contre les nouvelles exonérations d'ISF (3 à 4 milliards d'euros à partager pour les riches), le maintien de la TVA à 21 %, la hausse de la CSG qui va durement frapper les retraités et continuer à détruire les fondements de la Sécu, basée sur le prelèvement sur les richesses produites dans l'entreprise.

46 % des baisses d'impôts voulues par Macron vont profiter aux 10 % de Français les plus riches a révelé le magazine Capital la semaine passée.

Nos parlementaires ont voté pour la suppression des emplois familiaux, pour que les élus condamnés pour des abus de biens sociaux deviennent inéligibles. Ils ont rejeté l'inscription dans la loi des mesures d'exception de l'état d'urgence qui menacent aussi tous ceux qui s'engageront dans la contestation sociale, les syndicalistes notamment.

Je pourrais continuer longtemps à illustrer la combativité des élus communistes, qui, dans l'ensemble, dans l'histoire, à quelques exceptions près, sont ceux qui n'ont jamais trahi les travailleurs et les classes populaires, ceux qui ont voulu faire du respect de la dignité du peuple et de l'accès de tous aux droits essentiels un objectif de civilisation dans les Palais de la République.

Toutefois, le vrai défi, c'est de faire monter la résistance populaire à Macron et à ses politiques capitalistes, et dès maintenant d'organiser la reconstruction sur de nouvelles bases d'une gauche conquérante et rassembleuse, travaillant pour l'intérêt commun, avec un projet tenant compte des évolutions de la société et des nouvelles attentes sociales, mais ne désertant pas les piliers historiques du projet de gauche que sont la défense des exploités, l'égalité des droits, la volonté de combattre les prédations capitalistes, la laïcité, la Paix.

Le Parti Communiste se croit utile à réaliser cet objectif de part son histoire, ses valeurs, ses idées, ses milliers de militants et d'élus.

Le capitalisme financier et mondialisé n'a jamais été si brutal, si manifestement une force de régression qu'aujourd'hui quand 8 hommes les plus riches de la planète possède autant que la moitié de l'Humanité, quand les 20 milliardaires les plus aisés de France possèdent autant que 40 % des Français (étude d'OXFAM en 2016).

Nous devons travailler aussi de son côté à réveiller une perspective d'espoir et de société non soumise à l'argent et au capitalisme, à repenser notre stratégie, notre communication, notre présence et notre organisation militante, nos propositions, pour contourner le « mur ou du mépris du silence » des médias publics ou privés, et ne pas laisser aux seules forces populistes et bonapartistes le terrain.

Ce sera l'objet notre congrès extraordinaire en 2018.

Merci de votre attention et bonne fête !

 

Alain Le Quernec - Luttes sociales en pays bigouden, affiche commémorant les grèves des ouvrières des sardineries du pays bigouden en 1926 réalisée pour une conférence de l'UL CGT de Pont L'Abbé

Alain Le Quernec - Luttes sociales en pays bigouden, affiche commémorant les grèves des ouvrières des sardineries du pays bigouden en 1926 réalisée pour une conférence de l'UL CGT de Pont L'Abbé

Photos de Caroline Berardan de cette belle fête du Travailleur de la Mer.

Le Guilvinec, 15 juillet 2017, fête du Travailleur Bigouden: Discours d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental de la fédération PCF du Finistère
Le Guilvinec, 15 juillet 2017, fête du Travailleur Bigouden: Discours d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental de la fédération PCF du Finistère
Le Guilvinec, 15 juillet 2017, fête du Travailleur Bigouden: Discours d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental de la fédération PCF du Finistère
Le Guilvinec, 15 juillet 2017, fête du Travailleur Bigouden: Discours d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental de la fédération PCF du Finistère
Le Guilvinec, 15 juillet 2017, fête du Travailleur Bigouden: Discours d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental de la fédération PCF du Finistère
Le Guilvinec, 15 juillet 2017, fête du Travailleur Bigouden: Discours d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental de la fédération PCF du Finistère
Le Guilvinec, 15 juillet 2017, fête du Travailleur Bigouden: Discours d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental de la fédération PCF du Finistère
Le Guilvinec, 15 juillet 2017, fête du Travailleur Bigouden: Discours d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental de la fédération PCF du Finistère
Le Guilvinec, 15 juillet 2017, fête du Travailleur Bigouden: Discours d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental de la fédération PCF du Finistère
Le Guilvinec, 15 juillet 2017, fête du Travailleur Bigouden: Discours d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental de la fédération PCF du Finistère
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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 07:22
Il y a 150 ans, le 17 juillet 1867, Karl Marx publiait "Das Kapital" à Londres, une oeuvre décisive de déconstruction du système de production, d'échange et d'exploitation capitaliste

17 juillet 1867 : Karl Marx publie Das Kapital

Le 17 juillet 1867, Karl Marx publie à Londres le premier tome de son oeuvre principale, Das Kapital (Le Capital). Les deux tomes suivants sont publiés par Engels après la mort de leur auteur, le 14 mars 1883. Cet ouvrage volumineux et indigeste va devenir pendant plus d'un siècle la référence obligée des socialistes et révolutionnaires du monde entier.

 

Marx et Engels: les vies extravagantes et chagrines des deux théoriciens du communisme!

Il y a 150 ans, le 17 juillet 1867, Karl Marx publiait "Das Kapital" à Londres, une oeuvre décisive de déconstruction du système de production, d'échange et d'exploitation capitaliste
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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 07:08
17 juillet 1936: Coup d'Etat fasciste contre la jeune République espagnole (Robert Clément)

17 juillet 1936 : Coup d’État fasciste contre la jeune République espagnole.


C’est le début de la guerre civile en Espagne 1936-1939 et le prélude à la seconde guerre mondiale. L'Espagne est devenue une république parlementaire et démocratique depuis 1931. Mais le nouveau régime doit faire face à de nombreuses oppositions conservatrices hostiles aux réformes sociales et à la démocratie: le clergé catholique, les grands propriétaires fonciers, les cadres de l'armée.
En 1936, comme en France, les partis républicains (socialistes, radicaux, communistes et anarchistes) se sont unis dans un Frente popular. Ils gagnent les élections législatives de février 1936.
Refusant leur défaite les forces de l'opposition organisent un soulèvement militaire le 17 juillet 1936 sous la direction du général Franco. Bénéficiant dès l'origine du soutien de l'Allemagne nazie et de l'Italie fasciste, les "nationalistes" de Franco occupent rapidement la moitié du pays.

Au total Allemagne et Italie fournirent près de 100.000 soldats, 1300 avions de combat, 350 blindés et quantité de canons, mortiers et munitions, sans compter les instructeurs militaires auprès des troupes franquistes. La guerre d'Espagne est ainsi pour l'Allemagne et l'Italie un terrain d'entraînement et d'expérimentation de leurs tactiques et de l'efficacité de leurs armes nouvelles. Par exemple les avions italiens et allemands expérimentèrent en Espagne les tactiques meurtrières des bombardements de terreur sur les populations civiles comme celui de Guernica (avril 1937), de Durango, ou de Barcelone (mars 1938).

Le Portugal du dictateur Salazar fournit aussi à Franco plusieurs milliers de soldats.
Alors que l'Allemagne et l'Italie accentuent ouvertement leur soutien aux nationalistes, les démocraties France et Royaume-Uni adoptent une lache politique de "non intervention".
Le gouvernement républicain organise pourtant la résistance et fait appel à la mobilisation populaire. Malgré de terribles bombardements et la faiblesse des moyens la capitale Madrid résiste.
 

Les Brigades internationales
 

Près de 35000 volontaires du monde entier, hommes et femmes, viennent combattre aux côtés des Républicains pour défendre la liberté, ils constituent les "Brigades internationales". Français, Tchèques, Américains, Italiens, Allemands, Cubains, Belges, Anglais, Irlandais... Ils sont venus du monde entier, en octobre 1936, pour défendre la République espagnole, attaquée par les troupes franquistes, les armées hitlériennes et mussoliniennes. Ils ont tout quitté, laissant derrière eux : travail, femmes et enfants, parents, frères et soeurs. Qui sont-ils ? Des intellectuels, des médecins, des travailleurs, des socialistes, des communistes, des anarchistes, des sans-parti, tous antifascistes. Quelles sont leurs motivations ? la plupart s'engageaient par internationalisme et solidarité. Ils avaient soif de liberté, conscients qu'en défendant l'Espagne ils protégeaient la liberté pour leur propre pays.
Par exemple les 2800 volontaires américains, étaient des marins de San Francisco, des étudiants et professeurs du Wisconsin ou de l'Illinois, des mineurs de Pennsylvania et de l'Ohio, des ouvriers, des poètes, ou des artistes-peintres de New York et du New Jersey. Ils venaient des quatre coins des Etats-Unis, ils ont constitué la "brigade Abraham Lincoln". 800 d'entre eux laisseront leur vie en Espagne pour défendre la liberté.
Il y a eu entre 9 000 et 10 000 volontaires français. A plus de 80 %, ce sont des ouvriers. Un sur deux vient de Paris et de sa banlieue. La moyenne d' âge est de trente ans, avec plusieurs centaines de vétérans de la guerre 14-18. 80 % sont des militants syndicaux ou politiques et plus de 50 % sont membres du P.C.F.
la défaite des républicains

Mais inférieurs en armes, isolés, les républicains faiblissent, et en avril 1938, les troupes de Franco réussissent à couper en deux le territoire républicain isolant Barcelone de Madrid. Malgré des combats opiniâtres qui dureront encore près d'un an, Barcelone tombe aux mains de franquistes en février 1939 , puis Madrid en mars 1939. Victorieux Franco instaura une dictature présentant de nombreux aspects fascistes.
Guerre cruelle, plus de 400 000 morts puis des dizaines de milliers qui seront exécutés après la victoire des franquistes, la guerre d'Espagne fut une guerre idéologique entre d'un côté la défense de la République et la lutte contre le fascisme et de l'autre la "croisade" conservatrice contre les "rouges". Prélude aussi à la guerre mondiale tout court, car face à la détermination des dictatures dans leur engagement militaires, il n'y eu que faiblesse et irrésolution des démocraties, refusant de s'engager de peur de compromettre la paix internationale.
 

Une dictature durable...
Bien qu'ayant renversé un régime légitime par la force et avec l'aide de l'Allemagne nazie, il parvint à rester au pouvoir après la victoire des Alliés en 1945. De 1939 à 1975, pendant plus de 35 ans, Franco maintint sa dictature et dirigea l'Espagne d'une main de fer. L'Espagne fut ainsi, jusqu' à sa mort en 1975, l'un des derniers pays de dictature totalitaire en Europe de l'Ouest.

17 juillet 1936: Coup d'Etat fasciste contre la jeune République espagnole (Robert Clément)
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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 06:54
Les militants communistes du Finistère présents aux Vieilles Charrues, Au Bout du Monde, aux Jeudis du Port, à la Fête du Bruit

La fête de l'Humanité, le grand rendez-vous de la rentrée sociale et politique, de la jeunesse et de la gauche, c'est du 15 au 17 septembre. 

 

Pour cette 82e édition, la Fête de l'Humanité se tiendra le vendredi 15, 16 et 17 septembre 2017 au Parc Départemental de la Courneuve. 

3 jours de concerts, de débats, la plus belle des fêtes populaires ! 


Vous retrouverez sur la Grande Scène : 
▬ Vendredi ▬ 
♪ Jahneration 
♪ Flavia Coelho 
♪ Gojira 
♪ L'âge d'or du rap français 
♪ Feder 

▬ Samedi ▬ 
♪ Gavin James
♪ Un air deux familles 
♪ Dub Inc 
♪ S-Crew 
♪ Trust 
♪ Iggy Pop 

▬ Dimanche ▬
♪ Les soeurs Berthollet 
♪ Renaud 

 

D'ici là, il faut faire monter la résistance populaire à Macron et à ses lois et ordonnances de destruction du droit du travail. 

Des militants communistes du Finistère seront présents pour rencontre les festivaliers, notamment

aux Vieilles Charrues à Carhaix (du 13 au 16 juillet)

 au Festival du Bout du Monde à Crozon (du 4 au 6 août)

aux Jeudis du Port à Brest (27 juillet, 3, 10 et 17 août) 

et à la Fête du Bruit à Landerneau (du 11 au 13 août)

au festival Fest Kern Zion à Guissenny (du 19 au 20 août) 

devant l'exposition Picasso au Fonds Edouard Leclerc des Capucins à Landerneau 

Nous vendrons à cette occasion la vignette de soutien pour la fête de l'Huma (25€, ouvrant droit à l'entrée sur 3 jours de fête).  

En Bretagne comme ailleurs, pour la jeunesse et les salariés, l'été et les vacances sont là pour faire la fête, se reposer et se détendre, mais surtout pas pour casser le code du travail.  

Les militants communistes du Finistère présents aux Vieilles Charrues, Au Bout du Monde, aux Jeudis du Port, à la Fête du Bruit
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  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
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