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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 05:50
Convention nationale de l'Appel des 100 le 12 novembre à Montreuil (L'Humanité, 26 octobre 2016)
Convention nationale de l'Appel des 100 le 12 novembre à Montreuil
LE COLLECTIF D’ANIMATION DE L’APPEL DES 100
MERCREDI, 26 OCTOBRE, 2016
HUMANITE.FR

Cette rencontre est ouverte aux collectifs locaux, à toutes les sensibilités de la gauche écologiste, sociale, associative, syndicale, politique …

Le 1er mai dernier, nous avons lancé un appel  (lire ici: ) dans lequel nous exprimions notre volonté de d’œuvrer au rassemblement des forces de progrès en favorisant l’irruption citoyenne pour construire une alternative citoyenne, sociale et écologique.
Nous avons commencé un cycle de réunions politiques dans le pays et nous avons travaillé à élaborer un premier projet de mesures d’urgences rassemblées dans un document (lire ici :  ) autour de 5 grandes priorités et 50 propositions.


L’Appel des 100 appelle à débattre de ce projet le 12 novembre prochain à Montreuil lors d’une grande convention nationale.
L'originalité de l'Appel des 100 est double :
-  Il réunit des personnes et des courants politiques qui n’avaient jamais travaillé ensemble au plus national jusqu’ici (de socialistes au Front de gauche, en passant par EELV) ;
-  Il réunit des acteurs et actrices de luttes syndicales, sociales, associatives, et des personnalités du monde universitaire et culturel, qui veulent jouer un rôle actif dans l’élaboration politique."

http://www.appeldes100.org/

Lire aussi: 

Présidentielles et législatives 2017: appel à l'unité de la gauche antilibérale et écologique venant de l'appel des Cent

Convention nationale de l'Appel des 100 le 12 novembre à Montreuil (L'Humanité, 26 octobre 2016)
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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 05:29

 

 

A les entendre, tous les feux étaient au vert. Mais la Belgique, après le vote du Parlement Wallon, a déclaré ce lundi 24 octobre qu'elle rejetait l'ultimatum lancé par le président du Conseil européen qui lui intimait de changer d'avis et accepter le CETA en l'état.

 

Le PCF salue la décision du Parlement Wallon, qui, contrairement aux arguments visant à l'isoler, ne serait sûrement pas le seul en Europe à rejeter ce Cheval de Troie ultralibéral, passerelle vers d'autres accords de libre échange comme le TAFTA ou le TISA. En témoignent les mobilisations citoyennes massives de ces derniers mois, les 3 millions de signatures de l'Initiative citoyenne européenne, et les centaines de collectivités déclarées hors-tafta en France.

 

Le bras de fer n'est pas terminé et les tentatives de passer en force sont réelles, dans la pure tradition autoritaire et opaque des négociations menées par l'Union européenne avec les multinationales.

 

Aussi, le PCF s'adresse au gouvernement : la France doit reconnaître et faire respecter ce Non lors du sommet UE-Canada. Le CETA doit finir à la poubelle.

 

Les citoyens pourront compter sur l’action déterminée de nos parlementaires nationaux et européens, qui démontrent chaque jour les menaces du CETA sur la démocratie, la souveraineté, l’emploi, l’alimentation et l’agriculture, les territoires, le climat et l’environnement.

 

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 05:29

Le samedi 29 octobre, des militants communistes du pays de Morlaix seront sur le marché de Morlaix devant la mairie avec le tract "Ce que demande le peuple" présentant de manière synthétique les résultats de la grande consultation citoyenne du PCF, les axes majeurs du projet que les communistes proposent à la population, et l'appel à réveiller la gauche et à rassembler la gauche sociale et écologique voulant rompre avec le libéralisme de Pierre Laurent.

Avec nous, nous aurons aussi les flyers de la fête de l'Humanité Bretagne et la pétition "Vivement la gauche" pour une candidature unique de la gauche authentique afin d'éviter la catastrophe d'un duel droite-extrême droite au second tour des présidentielles et au Parlement si la gauche continue à être fragmentée.   

 

2017, Vivement la gauche ! Pétition

Pétition addressée aux canditat-e-s de la gauche d'alternative à la politique du gouvernement

Il est temps d’arrêter la dispersion et la division de celles et ceux qui à gauche veulent vraiment proposer une alternative à la droite déchaînée, au FN menaçant et à la politique du quinquennat Hollande. Pour une France digne de son histoire, de ses valeurs humanistes. Pour gouverner sans trahir, sans se soumettre à la finance et au Medef. Un-e seul-e candidat-e et la victoire devient possible. 

Nous appelons tous les candidat-e-s de la gauche d'alternative à la politique du gouvernement à se rassembler pour construire une nouvelle majorité politique à gauche autour d'un ou d'une seule d'entre eux à l'élection présidentielle.

 

Le PCF pays de Morlaix aux portes des entreprises, sur le marché le 29 octobre 2016, et dans les quartiers...

Le mercredi 26 octobre, les militants du PCF distribueront ce tract aux salariés à l'entrée de l'usine Giannoni Sermeta à Morlaix.  

Le vendredi 28 octobre, nous serons devant l'usine Bosh de St Thégonnec.   *

Des distributions se feront aussi dans les quartiers de Morlaix, St Martin des Champs, Plouigneau, Plougonven, et dans les cantons de Lanmeur, Saint Pol de Léon. 

Le PCF pays de Morlaix aux portes des entreprises, sur le marché le 29 octobre 2016, et dans les quartiers...
Le PCF pays de Morlaix aux portes des entreprises, sur le marché le 29 octobre 2016, et dans les quartiers...
Le PCF pays de Morlaix aux portes des entreprises, sur le marché le 29 octobre 2016, et dans les quartiers...
Le PCF pays de Morlaix aux portes des entreprises, sur le marché le 29 octobre 2016, et dans les quartiers...
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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 04:59
Turquie: la police torture sous couvert d'Etat d'urgence (L'Humanité, 26 octobre 2016)
Turquie: la police torture sous couvert d’Etat d’urgence
MERCREDI, 26 OCTOBRE, 2016
 

Plusieurs personnes arrêtées suite au «  putsch manqué » de juillet dernier en Turquie ont été "torturées ou maltraitées". L'ONG Human Rights Watch (HRW) a rassemblé plusieurs témoignages et preuves de policiers brutalisant et humiliant des détenus.

Privation de sommeil, passages à tabac et menaces de viol figurent parmi les mauvais traitements documentés par HRW, qui affirme avoir mené des entretiens avec plus de 40 personnes, dont des avocats, des spécialistes de la médecine légale et d'anciens détenus. 
Un homme, Eyüp Birinci, a par exemple affirmé au procureur de la République d'Antalya (sud) que des policiers l'avaient "frappé sur la plante des pieds, sur le ventre" et menacé de le "castrer", selon HRW qui reproduit son témoignage.  « Le chef de la police qui m'a arrêté … a commencé à me donner des gifles sur le visage et les yeux », a affirmé une autre personne gardée à vue. «Ils m'ont frappé sur la plante des pieds, sur le ventre, puis ils m'ont serré les testicules, proférant des menaces, par exemple qu'ils allaient me castrer… Ils m'ont fait allonger face contre terre et m'ont tordu les bras derrière le dos… Puis ils m'ont retourné sur le dos, m'ont mouillé les pieds et ont commencé à les frapper. Puis ils m'ont frappé les deux bras à coups de bâton. Ils m'ont mouillé le cou et m'ont frappé à cet endroit…. Ils m'ont même mis le bâton dans la bouche et l'ont fait tourner…. Ils m'ont fait mettre debout et m'ont donné des coups de poing. Ils m'ont donné des coups de poing au ventre pendant plusieurs minutes, me disant à chaque fois de me tenir droit. »

L'ONG fait état d'un "climat généralisé de peur" depuis la tentative de coup d'Etat militaire qui a secoué la Turquie dans la nuit du 15 au 16 juillet. Déclaré pour trois mois après le putsch manqué, l'état d'urgence a été prolongé de 90 jours supplémentaires le 19 octobre dernier. L'état d'urgence permet notamment d'allonger la durée légale de la garde à vue à 30 jours. Pour Hugh Williamson, directeur de la division Europe et Asie centrale à HRW, "en supprimant les garanties contre la torture, le gouvernement turc a en fait donné carte blanche aux organismes chargés de l'application des lois pour torturer et maltraiter des détenus de manière discrétionnaire". 
L'ONG Amnesty International avait affirmé dès juillet avoir réuni des "preuves crédibles" attestant de tortures, et même de viols, de personnes détenues en Turquie après la tentative de coup d'Etat.  Aucun commentaire officiel sur le rapport de HRW n'a pu être obtenu dans l'immédiat, mais un responsable turc avait qualifié d'"absurdes" les affirmations d'Amnesty et catégoriquement nié toute torture.  Plus de 35.000 personnes ont été arrêtées dans le cadre de l'enquête sur la tentative de putsch, a indiqué samedi le ministre de la Justice Bekir Bozdag.

  • Témoignage d’un détenu à Istanbul

« En m'affirmant que je verrais un avocat, ils m'ont soumis à un interrogatoire chaque jour pendant trois jours [rue Vatan]. M'ôtant mes vêtements et les déchirant, ils m'ont menacé en serrant mes organes génitaux et en me frappant de manière dégoûtante. L'un d'eux m'a dit, j'ai amené ta mère ici et si tu ne parles pas, je la violerai devant toi. Ils m'ont couvert la tête d'un sac, m'ont lié les mains derrière le dos et se sont moqués de moi, me frappant la tête contre le sol et contre le mur, m'obligeant à me pencher en avant et criant : « N'y a-t-il pas un type fort pour violer celui-ci! » Ils ont laissé des traces de coups sur tout mon corps… Ils m'ont insulté et roué de coups de pied, essayant de me faire dire que je connaissais des gens que je n'ai jamais vus de ma vie et d'avouer un crime que je n'ai pas commis, et ils ont dit que sans cela, ils me feraient subir encore beaucoup plus de sévices et trouveraient sept ou huit personnes pour témoigner contre moi devant un tribunal afin que je ne puisse jamais sortir de prison, et que si je n'acceptais pas de leur donner des noms ils me ruineraient la vie. Chaque jour où je recevais un rapport médical mentionnant que j'avais été battu, ils me battaient de nouveau. Ils me disaient : tu peux obtenir tous les rapports que tu veux, nous avons carte blanche. »

  • Témoignage d’une avocate d’Ankara à propos de son client

« Plusieurs policiers se tenaient derrière lui. Il était assis sur une chaise devant une table. Pour le faire parler, ils l'ont fouetté avec des lanières en plastique qui sont habituellement utilisées en guise de menottes, et lui ont donné des coups de poing à la tête et sur le haut du corps. Il ne pouvait rien faire pour se protéger puisqu'il avait les mains liées…
À un moment, je me suis détournée pour ne plus voir. Je ne sais pas combien de fois ils l'ont frappé. Je ne pouvais plus regarder. Je savais que je ne pouvais rien faire pour y mettre fin. À la fin, il a fait une déclaration….
J'étais le seul avocat à ce moment-là. Il y avait de la violence partout et les policiers n'étaient pas contents de me voir, disant : - Pourquoi ces gens ont-ils besoin d'un avocat?- »

 

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 04:31
Jean-Luc, Mariette, et Marie-Hélène

Jean-Luc, Mariette, et Marie-Hélène

26 octobre: Les militants du PCF Morlaix distribuent le tract "Ce que demande le peuple" devant Giannoni Sermetta
26 octobre: Les militants du PCF Morlaix distribuent le tract "Ce que demande le peuple" devant Giannoni Sermetta
26 octobre: Les militants du PCF Morlaix distribuent le tract "Ce que demande le peuple" devant Giannoni Sermetta
26 octobre: Les militants du PCF Morlaix distribuent le tract "Ce que demande le peuple" devant Giannoni Sermetta
26 octobre: Les militants du PCF Morlaix distribuent le tract "Ce que demande le peuple" devant Giannoni Sermetta
26 octobre: Les militants du PCF Morlaix distribuent le tract "Ce que demande le peuple" devant Giannoni Sermetta
26 octobre: Les militants du PCF Morlaix distribuent le tract "Ce que demande le peuple" devant Giannoni Sermetta

6 militants du PCF Morlaix sont allés à la rencontre des salariés de la Sermetta hier midi. 

Un très bon accueil! 

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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 15:17
avril 1978 - Atelier de lycéens avec l'artiste Jacques Villeglé (photo Jacques Faujour, dans l'album de l'exposition "Jacques Villeglé, retour à Morlaix")

avril 1978 - Atelier de lycéens avec l'artiste Jacques Villeglé (photo Jacques Faujour, dans l'album de l'exposition "Jacques Villeglé, retour à Morlaix")

Un clin d'oeil sympa à notre camarade Alain David dont le nom figure sur un agrandissement photographique d'un atelier de l'artiste mondialement connu Jacques Villeglé lors d'une séance de lacération d'affiches avec des lycéens morlaisiens en 1978. Photographie de Jacques Faujour, alors photographe au centre Pompidou, et que l'artiste avait amené avec lui pour réaliser son reportage sur son intervention dans la ville.   

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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 13:10
Appel d'élu(e)s locaux européens opposé(e)s )à la signature du CETA
Appel d’élu(e)s locaux européens opposé(e)s à la signature du CETA

jeudi 27 octobre 2016

Une lettre ouverte a été rédigée au niveau européen au nom de maires opposés au TAFTA et au CETA (maires de Barcelone, Vienne entre autres) pour demander à leurs gouvernement de s’opposer à la tenue du Sommet euro-Canadien.

l’Aitec (association de solidarité internationale) invite les maires à signer cette lettre ouverte en tant que représentant français d’une collectivité engagée contre cet accord de libre-échange.

Chers Ministres du Commerce de l’Union européenne, 

Nous, Maires et élus de collectivités territoriales qui déclarées hors TAFTA et CETA exprimons notre solidarité avec le gouvernement de Wallonie et nous lui demandons de maintenir son opposition à la signature du CETA. Dans toute l’Europe, près de 2100 collectivités, qu’il s’agisse de régions, de départements, de villes ou de villages se sont déclarées hors TAFTA et CETA. La Belgique est le seul pays qui offre à ses parlements régionaux le droit constitutionnel d’opposer un veto aux traités internationaux de libre-échange avant leur signature officielle. Nous ne jouissons pas des mêmes prérogatives que le Parlement wallon, néanmoins si tel était le cas, il est clair que nous nous opposerions également à la signature du CETA. 

De nombreux maires, élus locaux, experts, et plus largement des millions de citoyens ont exprimé leurs inquiétudes envers le CETA ; traité qui met en péril nos principes démocratiques, les services publics, l’agriculture et l’alimentation ainsi que les politiques de développement local. 

La proposition de Système judiciaire sur l’investissement (Investment Court System en anglais) a été utilisée sous sa forme initiale (RDIE, Règlement des différends Investisseur-État) à de nombreuses reprises par des multinationales pour s’opposer aux décisions démocratiques prises par des États ou des collectivités territoriales. Notre démocratie n’a nul besoin de ce système d’arbitrage qui met en péril l’action publique.

Nous soutenons le maintien de normes élevées tant dans le domaine de l’environnement, que de l’alimentation ou du droit du travail. Nous sommes convaincus que tout traité de commerce et d’investissement doit maintenir ces normes, fruits de notre histoire et de nos combats démocratiques. 

Le CETA aura également un impact déterminant sur les services publics locaux. Il sera plus difficile pour les collectivités de mener des politiques de re-municipalisation et de régulation de services clés, tels que la distribution de l’eau, les transports publics ou encore la fourniture d’énergie.

La libéralisation du marché agricole et l’interdiction de tout "contenu local" dans les politiques de marchés publics mettront en danger le développement et l’emploi local. Les collectivités seront en difficulté pour mener à bien leurs objectifs de lutte contre le réchauffement climatique et de protection de l’environnement. 

Le CETA doit préserver les capacités des collectivités à agir dans l’intérêt des communautés locales, notamment par leur politique d’achat public. Alors que les multinationales ont mis sous pression nos démocraties depuis plusieurs décennies, l’Union européenne devrait désormais avoir pour objectif de promouvoir la reconstruction de nos économies locales pour préserver l’emploi et l’environnement par ses politiques de commerce et d’investissement. 

Pour toutes ces raisons, nous demandons l’annulation du Sommet euro-Canadien prévu le 27 octobre à Bruxelles, au cours duquel le Président du Conseil européen et les chefs de gouvernements sont attendus pour signer le CETA. 
Le CETA ne peut être entériné entériné alors que des millions de citoyens, des milliers d’élus membres de parlements nationaux, du Parlement européen, de collectivités territoriales et des centaines d’organisations de la société civile ont exprimé une telle opposition à ce texte. 
Nous en appelons aux gouvernements des États membres ainsi qu’à la Commission européenne et leur demandons de faire cesser les pressions sur les parlements belges qui se sont opposés au traité, et de respecter les procédures démocratiques.
Nous demandons l’ouverture d’un large débat public sur les accords transatlantiques commerciaux, CETA et TAFTA au niveau européen et au niveau national. Et nous demandons instamment à nos gouvernements et à la Commission européenne de travailler sur des accords commerciaux respectueux des droits sociaux et environnementaux, des principes démocratiques, et du bien commun. Le commerce est souhaitable, mais le CETA ne concerne pas le commerce. Il s’agit de renoncer à la démocratie, et de réécrire nos règles et nos normes pour les faire correspondre à l’agenda des sociétés multinationales.
 

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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 10:40
Georges Guigouin, le préfet du maquis (L'Humanité - Magali Jauffret, 27 octobre 2005)

Disparition de Georges Guingouin, le 27 octobre 2005


Georges Guingouin : « Le préfet du maquis », un article de Magali Jauffret publié dans l’Humanité du 8 juillet 2010
Chef de la Résistance du Limousin, maire de Limoges, il était un personnage de légende, héroïque et désobéissant. Il ne se soumettra pas, d’ailleurs, aux directives du Parti communiste lorsqu’elles lui sembleront injustifiées, ce qui lui vaudra d’être évincé pour n’être réhabilité qu’en 1998.
Nous sommes en février 1941. Il vient d’avoir vingt-huit ans. À quoi pense Georges Guingouin, caché dans la cabane souterraine d’une sapinière du mont Gargan, en ce Limousin boisé et peuplé de croquants, pour échapper aux Allemands et à la milice ? S’autorise-t-il même à penser, à rêver alors que le temps dicte de faire entrer les paroles dans la vie ? Il faut faire tourner la ronéo pour sortir l’Humanité clandestine, imaginer un plan pour nourrir le maquis, trouver de quoi imprimer de faux papiers, arriver à saboter les batteuses. Empêcher la livraison de blé à Hitler sera de la première importance…
Les soirs de combat, quand la mort rôde trop, après avoir assisté les blessés, accompagné les mourants, des vers de Victor Hugo, appris par cœur à l’école à Bellac, puis transmis aux enfants du temps où il était instituteur à Saint-Gilles-les-Forêts, remontent le fil de sa mémoire et calment son envie de hurler. Dans ces moments-là, toucher ainsi à la fragilité de l’humain le rapproche de son père qu’il n’a pas eu le temps de connaître et qui repose, avec sept cents de ses camarades, dans la fosse commune d’un village du Nord.
Évoquer Georges Guingouin, c’est explorer les qualités de désobéissance, d’héroïsme, de loyauté de l’homme, lorsqu’il est à son meilleur niveau. C’est aussi comprendre la singularité fondatrice de ce Limousin rouge qui, après avoir bercé de nombreux communards, offre à la nation de sacrés maquisards.
Juste après ce 18 juin 1940, blessé, mais déterminé à ne pas être fait prisonnier par les Allemands, Guingouin s’enfuit de l’hôpital Sainte-Madeleine de Moulins. Il est l’un des premiers à penser la nécessité de créer un réseau clandestin contre Vichy. Il n’a aucun mal à convaincre les paysans communistes de la région d’Eymoutiers, parmi lesquels Andrée Audouin, qui deviendra journaliste à l’Humanité, de grimper avec lui dans la montagne avec des fusils. « Tu as été le seul normalien de Limoges à participer à la grève du 12 février 1934, lui disent-ils. Tu es solide. On te suit. »
Les années passent. Le charisme, l’intelligence terrienne de Georges Guingouin s’affirment. Chef de la résistance civile dans la région, il est capable de diriger, à l’apogée de la lutte, des hommes aussi différents que 8 750 FTP, 4 100 membres de l’Armée secrète, 1 000 membres de l’organisation Résistance armée, 300 républicains espagnols et 500 ex-Vlassov. Cerveau de nombreux sabotages, il multiplie les coups gagnants contre l’économie de guerre, contre les lignes de communication de l’armée allemande. Ce faisant, il ne néglige pas la lutte des classes et s’allie les paysans en leur permettant de garder le fourrage et le blé, en rémunérant correctement les produits agricoles, en faisant revenir le pain blanc sur les tables grâce à des décrets signés « le préfet du maquis ».
Enfin, on le découvre stratège. La capture, le 9 juin 1944, du Sturmbannführer Kämpfe, « héros » de la division d’élite SS Das Reich, retarde cette dernière de deux jours, dans sa mise en mouvement vers la Normandie. Le général Eisenhower reconnaît que ce retard a sauvé la tête de pont alliée. Mais ce n’est pas tout. Le 3 août, procédant à une manœuvre d’encerclement de Limoges, il obtient sans effusion de sang la capitulation du général Geiniger. Mieux : des escadrons de gendarmes et de gardes mobiles, qui se terraient dans la campagne limousine, se rendent à lui après l’avoir pourchassé.
Les années passant, l’isolement gagnant, Georges Guingouin, sans contacts ni directives, prend insensiblement ses distances avec les décisions du Parti qui ne lui semblent pas opportunes. Lorsqu’il ne partage pas les mêmes analyses, lorsque les directives lui semblent aventureuses, lorsque le coût en vies humaines lui paraît trop élevé, il désobéit. Son personnage n’en finit pas de soulever la controverse. Prend-il conscience que pareilles libertés, insoumissions, prises de distance avec l’appareil sont inconcevables dans un contexte de guerre froide, d’adhésion à la IIIe Internationale, de culte de la personnalité ? En tout cas, le portrait dressé de lui, à l’époque, est terriblement schizophrénique. Surnommé affectueusement Lou Grand à l’intérieur du maquis, il est, à l’extérieur, traité de « fou qui vit dans les bois, se levant la nuit pour écraser des chiens ».
Guingouin l’ignore, mais il est déjà diabolisé, pris dans les mâchoires d’une étrange et double tenaille, étranglé par les manœuvres conjointes de socialistes, de vichystes revanchards, mais aussi des siens, qui l’accusent de « travail fractionnel », d’« acceptation sans protestation des éloges de la presse américaine », de razzia sur les fonds secrets de la Résistance ! Deux exclusions valant mieux qu’une, un procès de Moscou est en marche dans le Limousin contre celui qui devient maire communiste de Limoges de 1945 à 1947 et que de Gaulle élève au grade de compagnon de la Libération. Un grave accident automobile, une machination judiciaire qui l’envoie en prison, dans le coma et en hôpital psychiatrique parachèvent ce tableau de l’indignité.
Georges Guingouin, finalement réhabilité par le secrétaire national du PCF d’alors, Robert Hue, en février 1998, est l’honneur des communistes français. Anticipant la déstalinisation, sa vie atteste que les valeurs communistes se valident à l’aune d’une liberté ressentie, questionnée en permanence et nourrie de l’humain. En 1964, il rédige une adresse aux membres du 17e Congrès du Parti communiste français. Se plaignant de la rupture entre les paroles et les actes au détriment de l’idéal proclamé, il conclut par ces mots : « Au soir des combats, j’ai bercé dans mes bras des mourants (...), j’ai tenté des actions désespérées pour sauver ceux qui étaient destinés aux fours crématoires et au poteau d’exécution. Croyez-moi, c’est cette vertu de compréhension qu’il faut pratiquer pour trouver l’art d’avancer. »

(Lu sur la page Facebook de Robert Clément)

Georges Guigouin, le préfet du maquis (L'Humanité - Magali Jauffret, 27 octobre 2005)
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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 10:25

Chômage : "L'idée d'une baisse du chômage est une imposture"

 

L'idée selon laquelle les derniers chiffres de Pôle Emploi prouveraient que François Hollande est en train de vaincre le chômage est une imposture. Certes, le nombre de chômeurs inscrits en catégorie A a baissé en septembre mais le nombre total des demandeurs d'emploi, y compris ceux qui ont travaillé quelques heures au cours du mois, est en augmentation : + 1 % sur un an, le chiffre officiel atteint 5,78 millions. En effet, les "petits boulots" en CDD explosent, de même que le nombre de chômeurs qui n'entrent pas dans ces statistiques parce que, découragés, ils ne s'inscrivent même plus à Pôle emploi, comme le montrent les enquêtes de l'INSEE sur le "halo" du chômage.

Contrairement à ce que prétendent le gouvernement et le MEDEF, les politiques de baisse du coût du travail ne font pas baisser le chômage, elles approfondissent la crise du marché du travail. C'est au coût du capital qu'il faut s'attaquer. Tandis que les PME qui pourraient embaucher n'osent même plus demander un crédit à leur banque de peur de se voir fermer la porte au nez, l'argent des marchés financiers et de la BCE coule à flot pour les multinationales comme Danone à qui les banques ont prêté cet été de quoi racheter, pour 12,5 milliards d'euros, le "roi du bio" sur le marché américain. 

Faire reculer vraiment chômage et précarité, jusqu'à les éradiquer, est urgent, c'est ce que demandent les français. Le PCF propose une loi de sécurisation de l'emploi et de la formation. Tout de suite, des moyens concrets pour conquérir des pouvoirs dans les entreprises, dans les bassins d'emplois, les régions, et mettre ainsi l'argent des entreprises, l'argent des banques et l'argent public au service de la création d'emplois, de la formation des travailleurs, de la création de richesses dans les territoires, du développement des services publics.

"l'idée d'une baisse du chômage est une imposture" (PCF)
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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 09:35
Il y a vingt-six ans mourait Robert Antelme, résistant déporté à Buchenwald et Dachau, l'auteur de "L'espèce humaine" - par Robert Clément

Mort de Robert Antelme le 26 octobre 1990

 


Robert Antelme entra dans la Résistance en 1943, fut arrêté par la Gestapo et déporté en 1944, d'abord à Buchenwald, puis à Dachau, d'où il fut libéré le 29 avril 1945, à la limite de l'épuisement. De retour en France, Antelme chercha aussitôt à tirer de sa détention dans les camps de concentration un récit qui, au-delà d'un témoignage, constituât une réflexion sur la nature profonde de l'humanité ; tel est le propos de son unique livre, l'Espèce humaine, publié en 1947. Il démissionna du Parti communiste français en 1956. En septembre 1960, il signa le Manifeste des 121, qui proclamait le droit à l'insoumission pendant la guerre d'Algérie. Il mourut le 26 octobre 1990 à l'hôpital des Invalides, à Paris. Il avait été marié à Marguerite Duras.
 

L'Espèce humaine
À sa parution, en 1947, le livre de Robert Antelme passa pratiquement inaperçu. Réédité dix ans plus tard, il connut alors une diffusion plus large. Antelme pousse, sans doute jusqu'à ses dernières limites, la réflexion sur le sens de la volonté exterminatrice des SS. Son livre met en lumière ce paradoxe qui finit par avoir raison de l'entreprise de destruction des nazis : en cherchant à nier l'humanité des déportés et à prouver leur supériorité sur les autres hommes, les SS aboutirent à l'inverse à montrer la commune appartenance des bourreaux et des victimes à une seule espèce : « … il n'y a pas des espèces humaines, il y a une espèce humaine. C'est parce que nous sommes des hommes comme eux que les SS seront en définitive impuissants devant nous. C'est parce qu'ils auront tenté de mettre en cause l'unité de cette espèce qu'ils seront finalement écrasés. »
Les SS réduisirent les déportés à n'être plus que des êtres préoccupés par la seule tentative de ne pas mourir, tentative dérisoire au regard de l'idée que l'on peut se faire de l'humanité : « Militer, ici, c'est lutter raisonnablement contre la mort. » Pour expliquer cette volonté de ne pas mourir, Antelme n'invoque pas la nécessité de survivre afin de pouvoir, une fois libéré, apporter un témoignage ; selon lui, les déportés n'avaient rien d'autre à vivre que leur vie de déporté : « Mais c'est une vie, notre vraie vie, nous n'en avons aucune autre à vivre. Car c'est bien ainsi que des millions d'hommes et leur système veulent que nous vivions et que d'autres l'acceptent. »
Cette intolérable vérité n'est pas sans conséquences. Elle jette une lumière horrible sur la vie de chaque déporté, cette vie qui n'est réduite qu'à sa non-mort en tant que membre de l'espèce humaine – ce qui pousse le déporté à se comporter de façon parfois ignoble face à plus faible que lui, ainsi qu'Antelme en donne divers exemples. Ensuite, et bien au-delà des seuls déportés, cette vérité bouleverse le sens de la vie de tous ceux qui la connaissent. Face à la haine et à l'insupportable volonté de destruction de certains hommes, d'autres hommes n'ont donc survécu que parce qu'ils n'avaient pas d'autre vie à vivre.
Cependant, l'espoir – ou en tout cas une issue – n'est pas absent de cette réflexion sans concession : en luttant pour vivre, le déporté lutte « pour justifier toutes les valeurs, y compris celles dont son oppresseur, en les falsifiant d'ailleurs, tente de se réserver la jouissance exclusive ». Ainsi, plus le SS nie l'humanité du déporté en le forçant à la déchéance, plus il confirme l'humanité profonde de ce déporté qui n'accepte sa propre déchéance que pour faire triompher les perspectives de libération de l'humanité.
Le message d'Antelme est à la fois intérieur et politique ; il s'adresse à chacun de ses lecteurs en particulier, et à l'espèce humaine dans son ensemble. Si Antelme témoigne, ce n'est pas d'abord d'une souffrance, mais de ce fait fondamental que plus une dictature ou un ordre quel qu'il soit s'acharne à nier l'humanité de l'homme, plus il la met en évidence. Un SS, un bourreau « peut tuer un homme, mais il ne peut pas le changer en autre chose ». Contraindre un homme à la déchéance n'abolit pas l'appartenance de chacun, bourreau et victime, à la même espèce ; cette défaite de la volonté de destruction n'est sans doute pas pour autant la victoire d'une perspective de libération de l'humanité, mais Antelme redonne toute sa valeur à la vie que les déportés ont vécue dans les camps de concentration et d'extermination. En ce sens, l'Espèce humaine est un livre unique, bouleversant, d'une élévation de pensée absolue et d'une actualité terrifiante.

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