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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 09:16
Les urgences du Centre Hospitalier du Pays de Morlaix en plein désarroi... : un préavis de grève est déposé par la CGT le jeudi 12 janvier de 14h à 15h
Un préavis de grève a été déposé ce jour en lien avec la souffrance des professionnels des urgences du CHPM. journée complète et débrayage de 14h à 15h le 12 janvier prochain.
Rassemblement devant les Urgences.
 
Les Urgences du CHPM en plein désarroi ….
 
Malaise grandissant aux Urgences depuis plusieurs semaines, la direction est au courant mais reste de marbre et n'agit en rien, se montre même provocante et dédaigneuse dans ses échanges avec l'équipe.
NON, Madame Bénard, cela n'est pas acceptable de laisser cette équipe dans la souffrance, de
laisser des patients venant aux urgences se faire soigner dans de pareilles conditions.
NON, Monsieur Laurent, ce n'est pas un ressenti des agents, il ne suffit pas de prendre une photo à l'instant T de la situation aux Urgences pour se rendre compte de la charge de travail …
Les agents des Urgences et de l'UHCD demandent avant tout de la considération, du respect, du soutien et NON ils ne demandent pas la lune !!
Les patients demandent eux, d’être soignés dans de bonnes conditions ce qui est loin d’être le cas (temps d'attente considérable, patients mal installés, manque de brancards), et après notre direction se plaint du manque d'attractivité de notre hôpital.
 
Les revendications sont les suivantes :
- Des moyens humains en adéquation avec la charge de travail aux Urgences et UHCD du
CHPM.
- Du matériel en nombre suffisant aux Urgences et UHCD (brancards, repas pour les
patients, bladder scan, dynamap, colonne d’isolement …)
- Une prise en compte du malaise de l’équipe soignante des Urgences et de l’UHCD et de
leur épuisement professionnel.
- Une meilleure anticipation et gestion de la violence dans ces services.
 
Un préavis de grève a été déposé par la CGT le Jeudi 12 Janvier à la journée et de 14h à 15h
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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 09:03
photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo I Dupont

photo I Dupont

Photo I Dupont

Photo I Dupont

photo JL Le Calvez

photo JL Le Calvez

photo JL Le Calvez

photo JL Le Calvez

Photo JL Le Calvez

Photo JL Le Calvez

photo JL Le Calvez

photo JL Le Calvez

photo JL Le Calvez

photo JL Le Calvez

Parti Communiste Français- Membre du Front de Gauche

2 petite Rue Callac 29600 MORLAIX

Tel : 02 98 88 30 35

Mel : pcf-morlaix@wanadoo.fr

Blog : http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/

 

EN 2017, VOTRE AVENIR EST EN JEU

 

Pour les classes populaires et moyennes la crise est une réalité quotidienne. Le chômage comme les inégalités explosent alors même que les profits des actionnaires et les salaires des grands patrons s’envolent. Les renoncements et les lois de régression sociale votées sous le quinquennat de François Hollande n’ont fait qu’aggraver la situation et ouvert la voie au retour d’une droite ultra-réactionnaire. Il est plus que temps de changer la donne.

En 2017, nous avons l’avenir de la France entre nos mains !

 

RASSEMBLER A GAUCHE 

 

La droite a dorénavant son candidat : François Fillon. Son programme, mélange d’ultralibéralisme et

d’ultra conservatisme, est d’une rare violence. Avec François Fillon c’est la régression sociale à tous les

étages !

Pendant ce temps, le FN de Marine Le Pen continue son entreprise de manipulation. Pour lui, le

problème n’est pas le banquier, c’est l’immigré, le chômeur, le pauvre. Il n’est pas du côté des salariés.

Comme la droite il prône la baisse des dépenses publiques, autrement dit le recul des services publics.

La France du FN est celle du repli nationaliste et de la division.

Le retrait de François Hollande est le signe de l’échec d’un quinquennat calamiteux marqué

par une politique néolibérale et sécuritaire.

Manuel Valls, Emmanuel MACRON veulent reprendre le flambeau après ce renoncement. Mais qui peut

oublier que c'est la politique qu'ils ont conduite ensemble qui l'empêche de se représenter. Valls et Macron

ont été les deux inspirateurs du quinquennat, imposant par le 49-3 la loi Macron pour l'un, la loi El Khomri

pour l'autre. Leur candidature est une impasse.

 

La seule manière de faire face à la droite et à l'extrême droite, c'est de rassembler les

Français sur un nouveau projet de gauche, de progrès social, de redressement national et de

transformation de l'Europe.

Dans cette situation, le PCF a décidé de soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection

présidentielle.

Pour les élections législatives, nous souhaitons aussi que le rassemblement le plus large s’effectue.

Le Front de Gauche du Pays de Morlaix s’est adressé à EELV, au PG et à France INSOUMISE à la fin de

mois de septembre.

Ce courrier et cette proposition ont, hélas et pour le moment, reçu un avis négatif d’EELV et de France

INSOUMISE.

Le PCF est toujours dans le même état d’esprit, se déclare ouvert à toute rencontre et

échange pour aller vers un rassemblement.

Dans chaque circonscription, nos concitoyens ont besoin d’un(e) député(e) qui refuse l’insupportable et

agisse quotidiennement pour la justice sociale, qui fasse respecter la démocratie, qui soit rebelle au

libéralisme et à tous les extrémismes, qui, comme le dira fortement notre campagne, unisse pour l’humain

d’abord.

 

Dans le cadre de cette démarche le PCF du Pays de Morlaix porte la candidature d’Ismaël

DUPONT pour les élections législatives de juin 2017

 

Les citoyens attachés à la solidarité républicaine, constitutive du modèle social qui est le nôtre

Par principe, sinon lucidité, méfions-nous des vagues de sondages, qui ne disent qu'imparfaitement la photographie du moment, sans jamais prévoir ni le futur réel, ni les évolutions d'une société très éruptive par temps de crises. Néanmoins, depuis l'élection triomphale de François Fillon comme leader de la droite extrême, quelque chose dans le climat politique et social nous informe plutôt positivement sur ce que les citoyens ne veulent pas.

En moins de trois semaines, plusieurs enquêtes d'opinion le confirment : les perspectives de l'ultra-ordo-libéralisme inquiètent. Et pas qu'un peu.

  • Dans un sondage Elabe, plus de 80 % se déclarent opposés à la baisse des dépenses publiques, 90 % quand il s'agit des dépenses de santé, 89 % pour les retraites ou la sécurité, 86 % pour l'éducation...
  • Dans un sondage Odoxa, 61 % refusent la privatisation de La Poste.
  • Dans un sondage Ifop, seulement 28 % des électeurs souhaitent que Fillon soit élu en 2017, alors que 72 % pensent qu'il a eu raison de retirer (qui le croit ?) sa proposition sur la réforme de la Sécurité sociale.
  • Sans parler de cette étude réalisée par la sociologue Anne Muxel, « Generation What ? », sur les jeunes de 18 à 34 ans : 62 % affirment être prêts à « participer à un grand mouvement de révolte », tandis que 93 % clament que « c'est la finance qui dirige le monde »...

Quel est le trait commun à tous ces sondés ? Leur attachement à la solidarité républicaine, constitutive du modèle social qui est le nôtre, du moins ce qu'il en reste...

Pour le dire vite, et sans aucun excès d'optimisme, ce qui serait absurde, nous ne croyons pas au plébiscite de l'ultralibéralisme et du conservatisme le plus réactionnaire. Au nom du peuple, au nom des pauvres, au nom des sous-citoyens frappés d'indignités quotidiennes, nous croyons même tout le contraire. À savoir que les chocs successifs des politiques cul par-dessus tête, dont François Hollande fut le dernier avatar, offrent la possibilité d'un vaste débat pour l'émergence d'une République sociale, protectrice et ambitieuse.

La grande bataille des idées débute à peine. Les communistes la mèneront.

 

Déclaration d'Ismaël Dupont

Candidat proposé par le PCF pour avoir un député de gauche utile à la population

Conférence de presse du 18 décembre 2016 à Morlaix

 

 

Je ne peux pas commencer cette conférence de presse sans dénoncer le fiasco de la gestion par la direction, les actionnaires, la CCI et Morlaix Communauté du dossier Tilly Sabco depuis 3 ans, avec des appels qui ont été ignorés, un manque absolue de transparence, un manque de volontarisme politique et de respect des salariés qui sont aujourd'hui 134 sur 200 à être licenciés.

 

Le peuple de gauche pendant 5 ans a assisté avec consternation à l'adoption à l'adoption d'une série de lois régressives sur le plan des libertés comme sur le plan économique et social. Ce quinquennat a été rythmé par des textes étrangers à tout idéal progressiste, qu'il s'agisse du TSCG (non renégociation du pacte de stabilité européen Merkel-Sarkozy et de la politique d'austérité), de l'ANI, du Pacte de Responsabilité, du CICE, des lois Macron et El Khomri, des réductions de moyens drastiques pour les collectivités, les services publics, l'Hôpital, de la hausse de la TVA et du plafonnement de l'impôt pour les plus riches, de la criminalisation du mouvement social dans un contexte d'état d'urgence normalisé, durant désormais plus longtemps que pendant la guerre d'Algérie. Des fleurons industriels ont été abandonnés, on a laissé faire les licenciements boursiers, les délocalisations.

A aucun moment, à part peut-être sur la déchéance de nationalité, Marylise Lebranchu et Gwenegan Bui ne se sont désolidarisés. Ils ont accompagné au contraire sans marquer de désapprobation publique ni de geste fort de refus cette politique de régression sociale et démocratique.

Hollande et Valls, avec leur majorité parlementaire majoritairement unie sur une politique néolibérale, même si quand ils n'ont pas eu de majorité PS sur leurs textes, ils ont fait joué à plein la monarchie présidentielle, ont clairement manifesté une volonté de remise en cause de l'Etat social, et ce conformément aux desideratas du Patronat.

Des recettes néolibérales qui n'ont instillé ni une relance de la croissance, ni une inversion de la courbe du chômage.

Aujourd'hui, les résultats de cette politique sont tragiquement éloquents :

  • 6,2 millions de chômeurs toutes catégories confondues
  • 1,9 millions de travailleurs pauvres
  • 20 % des Français en dessous du seuil de pauvreté.

Et politiquement, la situation est grave, extrêmement dangereuse : un recul de l'espoir, un discrédit de la gauche dans toute une partie de la population, même si les idéaux de la gauche sont encore partagés par une large partie des Français (sécurité sociale, services publics, impôt redistributif...). Une droite ultralibérale à l'offensive, plus radicale que jamais, qui promet une révolution tatchérienne et conservatrice en France. Une extrême-droite qui n'a jamais été si forte depuis la Libération et la défaite des collaborateurs d'extrême-droite.

Face à ces défis, il y a urgence à se rassembler pour prendre le pouvoir sur la finance, partager les richesses, changer l'Europe.

Nous réitérons notre appel au rassemblement de la gauche de progrès social, démocratique et écologique et sommes prêts à discuter pour une candidature commune de la gauche sur la base d'une rupture avec les politiques suivies ces cinq dernières années avec toutes les forces disponibles.

A se rassembler pour un nouveau pacte républicain, pour une France solidaire et protectrice, une République qui s'attache à la réduction des inégalités.

A se rassembler pour investir et produire autrement, pour faire face aux crises écologiques.

 

Comme priorités de notre mandat législatif potentiel et axes de campagne principaux, nous allons porter cinq grandes thématiques:

 

1/ Sortir de la monarchie présidentielle.

Redonner la primauté au Parlement, supprimer le domaine réservé du Président de la République, dissocier l'élection présidentielle et législative, supprimer le 49-3, instaurer la proportionnelle aux élections et les moyens d'une démocratie de participation citoyenne en rupture avec la culture de la délégation de pouvoir (transformation du sénat, référendums sur les grandes questions européennes, les grands projets...).

2/ Pousser la bataille pour une grande réforme fiscale.

Baisse de la TVA sur les produits de première nécessité ; doublement de l'ISF ; renforcement de la progressivité de l'impôt sur le revenu, taxation à 100% au dessus des 400 000€ nets de revenus par an; suppression du CICE ; taxation des dividendes des actionnaires qui ont cru de près de 25% l'année dernière; réforme de l'impôt sur les sociétés.

3/ La défense du monde du travail.

l'abrogation de la loi travail et la mise en place d'une Sécurité Emploi-Formation ; la réécriture d'un code du travail protecteur pour les salariés où les emplois précaires (CDD, intérim) seraient marginaux; augmentation de 23% du SMIC, l'augmentation des retraites, des minima sociaux, des allocations chômage. Une politique d'investissement dans les secteurs industriels et écologiques d'avenir qui crée de l'emploi. Un encadrement des rémunérations dans les grandes entreprises (échelle de 1 à 20). Un revenu minimum garanti et un statut protecteur pour la jeunesse (18-25 ans).

4/ Produire et consommer autrement et protéger la planète.

Développer du fret ferroviaire, de la rénovation thermique des bâtiments, des circuits courts agricoles comme industriels, transition de notre modèle agricole avec un fonds de soutien aux agricultures paysannes et biologiques, aux filières relocalisées, un encadrement des marges de la grande distribution et des prix garantis aux producteurs ; service public national déconcentré de l'eau et des déchets, engagement dans la recherche sur les énergies, interdiction de l'exploitation des gaz de schiste.

5/ Construire un nouvel âge de la protection sociale et des services publics appuyée sur les principes de solidarité, d'investissement collectif pour l'avenir de notre société, de coopération.

Supprimer la tarification à l'activité, la RGPP à l'hôpital ; pôle public du médicament ; nationalisation des autoroutes ; nouvelle loi sur le handicap ; création d'un service public de l'autonomie pour les personnes âgées; abrogation des lois de libéralisation du rail, de la loi Macron ; construire une école de l'égalité.

 

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 09:02

 

La loi Travail, c'est la précarité généralisée, les licenciements favorisés, le Code du travail affaibli

Sans majorité dans le pays, ni à l'Assemblée nationale, le gouvernement Hollande/Valls a dû recourir au 49-3 pour imposer son projet

Les sénatrices et sénateurs communistes présentent le 11 janvier une proposition de loi visant à l'abroger

 

 

 

La loi El Khomri poursuit le travail de sape des acquis sociaux en revenant sur des droits des salariés. Elle s'est faite sans concertation avec les organisations syndicales. Ses orientations libérales sont un cadeau pour le Medef qui n'en demandait pas tant. Les premiers exemples de son application sont alarmants.

 

Le pouvoir des chefs d'entreprises renforcé

Depuis les Accords de Matignon de 1936, les conventions collectives et les accords de branche ne pouvaient qu'améliorer les conditions des salariés prévues par le Code du travail.

Désormais, un simple accord d'entreprise permettra de déroger à ces règles, la hiérarchie des normes est inversée. Les salariés sont laissés seuls face à leur employeur dont les moyens de pression sont élargis au détriment des droits, des conditions de travail.

Le gouvernement offre aux grandes entreprises les moyens de faciliter le dumping social et économique.

 

Licenciements facilités, précarité renforcée

La loi permet désormais aux entreprises qui réalisent des bénéfices de licencier pour motif économique. De même, les salariés pourront être obligés de travailler plus sans gagner plus, ceux qui refuseraient pouvant alors être licenciés.

 

Les 35h menacées, les heures supplémentaires moins payées

Par un simple accord d'entreprise, il sera possible de revenir sur le temps de travail et sur les 35h. De même, la majoration des heures supplémentaires passe de 25 % à 10 % ce qui se traduira dans les faits par des baisses de salaires alors que le pouvoir d'achat a déjà considérablement baissé.

 

La santé du travail menacée

Nombre de mesures de la loi contribuent à durcir les conditions des travail (plus de flexibilité, temps de travail, pressions de l'employeur). Dans le même temps, les missions de la médecine du travail sont dénaturées et l'intervalle entre deux consultations passe de 2 à 5 ans.

 

Le Parti communiste demande l'abrogation de cette loi et propose :
  • l'adoption d'une loi de sécurisation de l'emploi et de la formation permettant à chaque salarié-e d'alterner période d'emploi et de formation choisie sans perte de salaire et sans passer par le chômage
  • la refonte du Code du travail, rétablissant le hiérarchie des normes et garantissant de nouveaux droits aux travailleurs à l'entreprise
  • le doublement des effectifs de l'Inspection du travail
  • des négociations pour une réduction du temps de travail avec les 32h hebdomadaires pour objectif.
  • de faire du CDI la norme et de limiter le recours à l'intérim
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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 08:55
Raoul le rouge affole la gauche belge (Ouest-France, 5 janvier 2017)

Patrick Angevin

La gueule, le ton, l'humour et les propositions révolutionnaires... Raoul Hedebouw, communiste tendance puriste, fait un carton.

Il faut voir la vidéo au Parlement belge. Debout, sans notes mais avec force gestes, comme sur la scène d'un one-man-showRaoul Hedebouw reprend de volée lePremier ministre Charles Michel : « Les gens ont de plus en plus de mal à nouer les deux bouts ! Sur quelle planète vivez-vous ? Allô la Terre ? »

En 2015, Hedebouw avait porté plainte pour vol contre le même Michel, coupable d'avoir rogné les pensions de retraite. Avant de faire pschitt, la procédure a fait lebuzz. Enfant de la génération Coluche, Hedebouw rappelle que « l'humour est la résistance des pauvres ».

A voir et écouter absolument: ça décoiffe! Raoul EST DEBOUT - Raoul Hedebouw, un nom prédestiné!

Son Parti des travailleurs de Belgique ne fait pourtant plus rire les socialistes belges. Des sondages placent le PTB à 18 % d'intentions de vote en Wallonie et à 10 % à Bruxelles. Pas mal pour un parti qui plafonnait à 3 % et n'a que deux députés.

Fondé en 1979 contre un Parti communiste jugé trop tiède, le PTB serait resté confidentiel s'il n'avait renoncé au stalinisme en 2008. Et s'il n'avait propulsé comme figure de proue Hedebouw, qui n'en est pas le n° 1.

Leader étudiant

Tout petit, Raoul est tombé dans la marmite marxiste. Son papa a arrêté ses études de psy pour entrer à l'aciérie et y faire la révolution. À 16 ans, l'ado vit un drame quand sa syndicaliste de mère est licenciée. À 19 ans, étudiant en bio, il est l'un des leaders de la contestation dans les facs belges.

Aujourd'hui, Hedebouw veut la semaine de trente heures, l'augmentation des retraites, taxer les millionnaires... Irréaliste ? En attendant, le showman, aussi à l'aise en français qu'en néerlandais, ringardise les politiciens accrochés à leur clientèle, de chaque côté de la frontière linguistique.

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 08:30
Bertolt Brecht, né le 10 février 1898 à Augsbourg, en Bavière et mort le 14 août 1956 à Berlin-Est, est un dramaturge, metteur en scène, critique théâtral, écrivain auteur de romans et récits en prose et poète allemand du XXᵉ siècle. Communiste, il s'exila et fut déchu de sa nationalité pendant la période nazie.

Bertolt Brecht, né le 10 février 1898 à Augsbourg, en Bavière et mort le 14 août 1956 à Berlin-Est, est un dramaturge, metteur en scène, critique théâtral, écrivain auteur de romans et récits en prose et poète allemand du XXᵉ siècle. Communiste, il s'exila et fut déchu de sa nationalité pendant la période nazie.

ELOGE DE LA DIALECTIQUE

L’injustice aujourd’hui s’avance d’un pas sûr.
Les oppresseurs dressent leurs plans pour dix mille ans.
La force affirme: les choses resteront ce qu’elles sont.
Pas une voix, hormis la voix de ceux qui règnent,
Et sur tous les marchés l’exploitation proclame: c’est maintenant que je commence.
Mais chez les opprimés beaucoup disent maintenant :
Ce que nous voulons ne viendra jamais.

Celui qui vit encore ne doit pas dire : jamais!
Ce qui est assuré n’est pas sûr.
Les choses ne restent pas ce qu’elles sont.
Quand ceux qui règnent auront parlé,
Ceux sur qui ils régnaient parleront.
Qui donc ose dire: jamais ?
De qui dépend que l’oppression demeure? De nous.
De qui dépend qu’elle soit brisée? De nous.
Celui qui s’écroule abattu, qu’il se dresse!
Celui qui est perdu, qu’il lutte !
Celui qui a compris pourquoi il en est là, comment le retenir?
Les vaincus d’aujourd’hui sont demain les vainqueurs
Et jamais devient: aujourd’hui.

(Bertolt Brecht - traduction Maurice Regnaut) 

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 08:20
Juncker

Juncker

UE. Juncker rattrapé par l’évasion
THOMAS LEMAHIEU
MARDI, 3 JANVIER, 2017
L'HUMANITÉ

Les nouvelles révélations sur le dumping fiscal pratiqué par le Luxembourg s’avèrent gênantes pour le président de la Commission.

À l’automne 2014, lors du scandale LuxLeaks, avec ces centaines d’accords de rescrits fiscaux conclus entre le Luxembourg et des multinationales, Jean-Claude Juncker avait opté pour la bonne vieille technique de défense du « responsable, mais pas coupable ». Ministre des finances et premier ministre du grand-duché entre 1995 et 2013, il a toujours plaidé l’ignorance face à cette gigantesque machine à dumping fiscal qui permet aux très grandes entreprises de réduire au strict minimum les impôts payés en Europe, rejetant toute la faute sur « l’administration » de son pays. Mais, avec les nouvelles révélations du Guardian, appuyées sur des documents transmis au Consortium international des journalistes d’investigation (Icij), déjà à l’origine des LuxLeaks, le président de la Commission européenne, costumé en héraut du combat contre l’évasion fiscale, risque d’avoir plus de mal encore à convaincre. Il y a un an déjà, après à la publication d’un rapport parlementaire luxembourgeois datant de la fin des années 1990, qui avait été présenté dans une forme tronquée aux députés européens, l’argument de Jean-Claude Juncker avait été grandement affaibli : dans ce passage camouflé par lui-même, l’ex-premier ministre luxembourgeois était invité à « suivre au plus près » les accords de rescrits fiscaux opérés par son pays.

« Le parrain du dumping fiscal à la tête de la Commission européenne »

Aujourd’hui, selon le quotidien britannique, une série de câbles diplomatiques allemands mettent sévèrement en cause la sincérité des dirigeants luxembourgeois dans la lutte contre le dumping fiscal au sein de l’Union européenne. Ces notes portent sur les réunions d’un comité très discret (dit « groupe Primarolo », du nom de sa présidente, Dawn Primarolo), rassemblant depuis près de vingt ans à Bruxelles les représentants des États membres et dédié officiellement à l’application d’un « code de conduite » visant à empêcher la concurrence entre eux pour attirer les multinationales. D’après The Guardian, « une poignée de petits États membres, souvent menés par le Luxembourg », ont utilisé, et continuent d’utiliser, leurs sièges au comité pour faire échouer toute action concertée de l’Union européenne et protéger leurs propres régimes fiscaux ; la plupart des procédures envisagées auraient ainsi été « régulièrement retardées, diluées ou tronquées ». Le quotidien anglais cite en particulier trois propositions particulièrement combattues par le Luxembourg, alors dirigé par Jean-Claude Juncker : soumission obligatoire aux autres États membres des accords conclus par les pays avec les multinationales ; lancement d’une enquête sur les « dispositifs hybrides » qui, en jouant sur les différences de traitement fiscal d’un État à l’autre, sont au cœur de toutes les stratégies d’« optimisation » ; amélioration de l’échange d’informations sur les régimes fiscaux auxquels sont soumis les multinationales.

Cette obstination luxembourgeoise à maintenir le dumping fiscal au cœur de la construction européenne ne constitue pas une grande surprise, évidemment : à l’instar de l’Irlande ou, dans une moindre mesure, des Pays-Bas, la richesse faramineuse du grand-duché, qui figure parmi les six fondateurs de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (Ceca), s’est, en quelques décennies, construite précisément sur cette capacité à attirer les très grandes entreprises, au détriment des autres États membres de l’Union européenne. Selon The Guardian, elle se poursuit aujourd’hui, malgré les dénégations des autorités du grand-duché qui prétendent figurer « en première ligne dans la tendance globale vers plus de transparence fiscale et dans le combat contre la concurrence fiscale dommageable ». Citant un veto mis sur la proposition d’un abandon de la règle de l’unanimité dans les processus de prise de décision, le quotidien britannique accuse : « En 2016, le Luxembourg s’est vivement opposé aux efforts de plusieurs pays pour renforcer et étendre le travail du groupe de bonne conduite. Il est impressionnant de voir comment certains États se présentent comme des partisans des réformes fiscales internationales et en même temps de voir comment ils se comportent en réalité dans les discussions au sein de l’UE, qui sont protégées par la confidentialité. »

Vice-président du comité d’enquête sur le blanchiment, l’optimisation et l’évasion fiscales au Parlement européen, Fabio De Masi, membre du groupe GUE-GVN, réagit avec fermeté à ces nouvelles révélations, réclamant un débat parlementaire en plénière, en présence du président de la Commission. « En guise de résolution de nouvelle année, Juncker devrait démissionner pour le bien de l’Europe, appelle-t-il. En empêchant tout progrès dans le combat contre les accords fiscaux des multinationales dans l’Union européenne, il est une part du problème, et pas la solution. Il est absurde que des millions d’Européens qui ont enduré les politiques d’austérité se retrouvent maintenant avec le parrain du dumping fiscal à la tête de la Commission européenne. » Pour l’eurodéputé allemand, « la Commission doit se libérer elle-même de l’ombre portée par Jean-Claude Juncker et elle doit mettre fin à la compétition fiscale, au lieu de prôner toujours la baisse des impôts pour les multinationales ».

rubrique économie-social
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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 08:11
2017, année de grandes incertitudes pour les paysans français (Gérard Le Puill - L'Humanité)
2017, année de grandes incertitudes pour les paysans français
MARDI, 3 JANVIER, 2017
HUMANITE

L’année 2016 a été éprouvante pour le monde paysan avec une perte de revenu de 26,1% en moyenne. Il y eut des mauvaises récoltes imputables au climat et des prix bas résultant de la mondialisation. Une année 2017 identique serait catastrophique pour la profession agricole et préoccupante pour notre souveraineté alimentaire.

Alors que les syndicats paysans entament cette semaine les traditionnelles rencontres avec la presse à l’occasion des vœux du nouvel an, 2017 pourrait d’être une année de grande incertitude pour le monde paysan. En 2016, sous réserve de connaître les chiffres définitifs dans quelques mois, le revenu paysan aurait baissé de 26,1%, ce qui est énorme. Les principales causes sont les baisses de prix de vente du lait, de la viande bovine et des céréales dont les rendements ont aussi connu une baisse sensible à cause d’un climat défavorable au remplissage des épis à la fin du printemps 2016. Car, parallèlement, la récolte mondiale de blé a été abondante pour la troisième année consécutive et dans les salles de marché, on a spéculé à la baisse.

En ce début d’année, la tonne de blé rendue au port de Rouen pour l’exportation ne vaut que 164,5€, contre plus de 200€ en 2012 et 2013. Le prix du lait a baisse de 20% en deux ans du fait de l’augmentation de 4% de la production européenne avec la fin des quotas. Cette augmentation du nombre de vaches laitières a également fait chuter le prix de la viande bovine d’environ 4% car l’augmentation du troupeau laitier augmente aussi l’offre en viande avec plus de jeunes bovins mâles et de vaches de réforme pour la boucherie. En 2016, les exportations françaises de viande bovine ont été détrônées par celles de la Pologne dans les pays importateurs comme l’Allemagne, l’Italie et la Grèce. La viande polonaise, bien que de moindre qualité, se vendait mieux à cause de son prix bas rendu possible par les bas salaires dans les abattoirs de ce pays.

La Commission européenne négocie tous azimuts de nouveaux accords de libre échange

Alors que les incertitudes sur les prix payés aux paysans en 2017 sont plus grandes que jamais sur le marché mondialisé des céréales, mais aussi sur le marché intra-européen des produits laitiers et de la viande, la Commission européenne annonce pour ce début d’année un programme de négociations tous azimuts en vue de conclure de nouveaux accords de libre échange avec des pays tiers. Après un accord conclu avec le Canada, qui ambitionne de nous exporter toujours plus de viande et des céréales, Cecilia Malmström, la commissaire en charge du Commerce, est mandatée pour négocier des accords de libre échange avec plusieurs pays d’Asie. Et la Commissaire d’affirmer : « nous nous attendons à des progrès dans les négociations avec le Mexique et le Mercosur » , tout en se disant « totalement consciente d’une approche prudente pour les produits sensibles dans tous les accords commerciaux ». Ce langage diplomatique nous prévient que c’est une fois de plus l’agriculture européenne qui servira de monnaie d’échange pour permettre à d’autres secteurs économiques d’exporter plus facilement dans ces pays.

Nouvelle menace de boycott du roquefort aux USA

Alors que la négociation en cours sur le TAFTA continue, les Etats-Unis menacent de saisir le tribunal arbitral de l’OMC contre l’Europe, parce que l’accord précédent n’aurait pas assez bien fonctionné en leur faveur en particulier sur les exportations de viande bovine. Est à nouveau brandie la menace de surtaxer nos exportations de roquefort aux Etats-Unis. On notera à ce propos que François Hollande, ancien député d’une circonscription rurale de Corrèze, n’a pas eu un mot concernant la situation dramatique vécue par les paysans français lors de son allocution du 31 décembre. Sans doute parce que la France continue de donner des mandats à la Commission européenne pour négocier, encore et toujours, des accords de libre échange qui, en plus de ruiner nos paysans, sont aussi des vecteurs du réchauffement climatiques, tant ils favorisent la déforestation dans les pays du sud et les longs transports inutiles de denrées alimentaires sur la planète entière. Notons encore que François Hollande et les autres chefs d’Etat de gouvernement européens ont décidé en décembre 2016 de prolonger jusqu’en juillet 2017 leurs sanctions économiques contre la Russie. Ce faisant, ils conduisent la Russie à maintenir l’embargo sur les produits agricoles européens tandis que des secteurs agricoles russes comme la production de viande de volaille, de porc et de lait sont en train de monter en puissance. Finalement, les sanctions économiques de l’Europe, avec l’embargo comme contre-sanction du côté russe, aura permis à la Russie de tendre vers l’autosuffisance et de ne plus avoir besoin des importations de volailles et de porcs en provenance d’Europe.

Signalons enfin que des syndicats agricoles européens s’inquiètent des concessions commerciales supplémentaires que l’Europe s’apprête à faire à l’Ukraine. Ce pays pourrait exporter plus de céréales et d’autres produits agricoles en Europe sans droits de douanes. Il faut savoir que le 17 décembre 2016, les chefs d’Etat et de gouvernement des 28 avaient « réaffirmé » leur « attachement à la conclusion de l’accord d’association UE-Ukraine, y compris l’établissement d’une zone de libre échange approfondi et complet », dont il faut rappeler ici que les dispositions sont applicables de façon unilatérale du côté européen depuis 2014. Bref depuis cette date, l’Ukraine peut vendre de nombreux produits agricoles en Europe sans droits de douanes tandis que les produits européens sont taxés aux frontières de l’Ukraine.

Voilà qui ne préfigure pas d’une bonne année pour les paysans français. On peut aussi se demander comment sera préparée la prochaine réforme de la Politique agricole commune (PAC) prévue pour 2020. Surtout que la présidence tournante de l’Union est confiée à l’Etat confetti de Malte de janvier à juin, tandis que l’Estonie, pays frontalier de la Russie, prendra le relai en juillet.

Journaliste et auteur
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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 08:07

Malgré un froid glacial, 7000 personnes, dont beaucoup de Kurdes venus d ’Allemagne et de toute l’Europe ont défilé ce samedi en hommage à Sakine, Fidan, et Leyla abattues le 9 janvier 2013 au cœur de la capitale de plusieurs balles dans la tête. Sous une forêt de drapeaux à l’effigie des trois militantes kurdes, la foule réclamait que la lumière soit enfin faite sur leur assassinat. Le décès de leur meurtrier présumé, le Turc

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 06:33

Une très bonne nouvelle venue du Palais de justice de Nice. Pierre-Alain Mannoni a été relaxé. La Présidente a souhaité lire publiquement les motivations du jugement du tribunal correctionnel de Nice.

La magistrate a rappelé que "l'aide au séjour d'un étranger pour lui assurer des conditions dignes et décentes ou visant à préserver son intégrité physique n'est pas pénalement punissable'."

 

N’en déplaise à Monsieur Ciotti, député LR et président du Conseil Départemental des Alpes-Maritimes, qui cherche régulièrement à condamner la solidarité à la place de la justice. Non, monsieur, nous vivons dans un état de droit. Et dans un état de droit, c’est la non -assistance à une personne en danger qui est punissable.

La mobilisation pour soutenir tous les citoyens appelés à comparaître doit continuer à grandir, des procès sont prévus jusqu’au 24 avril et aucun des citoyens ne doit être condamné.

Il est très difficile de comprendre l’incroyable arsenal de la police, des gendarmes, de l’armée, des chasseurs alpins et même de la légion étrangère déployé pour soi-disant rendre une frontière hermétique. L’intimidation policière n’empêchera pas la solidarité de grandir.

Aujourd’hui, c’est une belle victoire de la solidarité, de la fraternité, du droit sur la haine de certains responsables politiques de droite et d’extrême-droite.

 

Cécile Dumas, Secrétaire départementale du PCF 06

 

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 06:15
Charlotte Delbo en 1950

Charlotte Delbo en 1950

Charlotte Delbo : l’écriture comme ultime moyen de résistance
VIOLAINE GELLY
VENDREDI, 20 DÉCEMBRE, 2013
L'HUMANITÉ

Résistante communiste, Charlotte Delbo est arrêtée en 1942. Déportée en 1943, elle fait partie du seul convoi de femmes politiques à avoir été envoyé à Auschwitz. Par l’écriture, Charlotte Delbo témoignera sa vie durant de la solidarité qui a permis aux déportées de tenir et pour certaines de survivre.

À l’occasion du centième anniversaire de sa naissance, la France redécouvre la figure et les œuvres de Charlotte Delbo, grande voix féminine sur la déportation. Une biographie, des colloques, partout des lectures et des mises en scène de ses pièces de théâtre, redonnent vie à cette écrivaine oubliée.

« Ô vous qui savez

Saviez-vous que les pierres du chemin

[ne pleurent pas

qu’il n’y a qu’un mot pour l’épouvante

qu’un mot pour l’angoisse ?

Saviez-vous que la souffrance

[n’a pas de limite

l’horreur de frontière ?

Le saviez-vous ?

Vous qui savez. »

Elle a trente-trois ans, la jeune femme qui écrit ces vers, au printemps de 1946. Elle est hospitalisée en Suisse, dans une clinique, pour soigner un corps meurtri par vingt-sept mois de déportation, un cœur abîmé et une âme mal en point. Après la lutte contre l’occupant nazi dans la résistance française, l’emprisonnement, la déportation à Auschwitz-Birkenau, la libération, elle s’est écroulée. Vaincue par toutes ces morts dont elle n’a pas pu faire le deuil, cette mort qu’elle a frôlée de tellement près et dont elle ne comprend pas qu’elle ne l’ait pas emportée, comme elle a pris l’homme qu’elle aimait, ses compagnes de combat, ses amies de camp. Alors pour repousser les ombres, elle écrit. Elle écrit comme on pleure, elle écrit comme on vomit. Et puis, elle enferme ce manuscrit dans un tiroir, puis dans un carton. Aucun de nous ne reviendra, ainsi qu’elle l’a nommé en empruntant des vers de Guillaume Apollinaire, l’un des textes les plus forts, les plus puissants de la littérature concentrationnaire, disparaît pour vingt ans.

Charlotte Delbo est née en 1913, d’une famille d’immigrés italiens, fille d’ouvrier. Elle arrête l’école à l’âge de seize ans et devient sténodactylo. Nous sommes au début des années 1930 en France. Membre des Jeunesses communistes, elle assiste aux cours de l’Université ouvrière, ouverte par le PCF pour ses jeunes cadres. Là, la jeune femme tombe amoureuse. Georges Dudach a dirigé, avec Paul Nizan, le journal des JC, les Cahiers de la Jeunesse. Delbo y fait des critiques de littérature et de théâtre. À cette occasion, en 1937, elle est amenée à interviewer Louis Jouvet, la grande star du cinéma et du théâtre français d’avant-guerre. Entre le monstre sacré et la jeune femme, une surprenante amitié va se nouer qui se conclut par une embauche de Charlotte au Théâtre de l’Athénée.

Au début de la guerre, Delbo suit la troupe de l’Athénée et Jouvet en tournée en Amérique latine. Puis, seule, en désaccord avec son « patron », retraverse l’océan Atlantique pour retrouver son mari et la clandestinité. Ils rejoignent tous les deux le réseau Politzer. Et, en mars 1942, tombent avec lui, en compagnie de Georges et Maï Politzer, Danielle Casanova, Marie-Claude Vaillant-Couturier. Georges Dudach est fusillé le 23 avril 1942. Après le fort de Romainville, Charlotte Delbo et ses compagnes sont déportées, le 23 janvier 1943, à Auschwitz. Elles sont 230. Cinq mois plus tard, la faim, le typhus, le froid et les travaux forcés en auront tué 180. Puis elles sont transférées à Ravensbrück. En avril 1945, elles seront 49 à revenir.

Au retour, à Paris, l’état de santé de Delbo nécessite une longue convalescence en Suisse. C’est là qu’elle écrit Aucun de nous ne reviendra, avant de l’enfermer dans un tiroir pour juger de l’épreuve du temps sur son manuscrit. Elle travaillera à l’ONU, puis au CNRS. Mais le combat et l’écriture la rattrapent. Aux Éditions de Minuit, elle publie les Belles Lettres, une anthologie de missives écrites par des opposants à la guerre d’Algérie. Puis, elle publie enfin Aucun de nous ne reviendra, suivi des deux autres tomes de sa trilogie Auschwitz et après. Avec le récit des biographies des 230 femmes du Convoi du 24 janvier, elle rend hommage à ses sœurs de souffrance et assume le rôle qu’elles lui avaient fixé : témoigner. Ses mots, son ton sans pathos, sa précision dans les descriptions, son implacable talent. Avec la parution de ces livres, un verrou saute chez Delbo. Elle ne cessera plus d’écrire, textes, chroniques, poèmes, pièces de théâtre. L’écriture comme ultime moyen de résistance, l’écriture comme acte politique.

Alors que le cancer du poumon qui rattrape cette grande fumeuse la prive lentement de ses forces, Delbo écrit et témoigne jusqu’au bout. Elle enchaîne les conférences, notamment aux États-Unis où son œuvre ne cesse de susciter des thèses et ses pièces d’être montées. Alors qu’elle est ignorée en France. Au Pavillon français d’Auschwitz, des cinq portraits symboles de la déportation française, elle est la seule non juive. Un hommage posthume. Ses derniers mots, sur son lit d’hôpital, sont pour sa meilleure amie : « Tu leur diras, toi, que j’ai eu une belle vie. »

la singularité d’un témoignage  Née en 1913 et décédée en 1985, Charlotte Delbo a mêlé sa vie à celle d’un siècle. Son œuvre 
se décline sur deux versants. Le premier est celui de ses récits. Contre la guerre d’Algérie : 
les Belles Lettres (Minuit, 1961). Sur les camps : le Convoi du 24 janvier (Minuit, 1965), Mesure de nos jours. Auschwitz et après (Minuit, 1970-1971), la Mémoire et les Jours (Berg International, 1985), Spectres, mes compagnons (Berg International, 1995). Le deuxième versant est celui de son théâtre : la Théorie et la Pratique (Anthropos, 1969), la Sentence (P.-J. Oswald, 1969), Qui rapportera ces paroles ? (P.-J. Oswald, 1974), Maria Lusitania & le Coup d’État (P.-J. Oswald, 1975), la Ligne de démarcation & la Capitulation (P.-J. Oswald, 1977), Ceux qui avaient choisi (les Provinciales, 2011).

 

Pour en savoir plus sur la vie et l’œuvre de Charlotte Delbo : Charlotte Delbo, par Violaine Gelly et Paul Gradvohl, 
Éditions Fayard, 2013, 324 pages, 19 euros.

Un site : www.charlottedelbo.org. En partenariat avec Citéphilo :http://www.citephilo.org/manif/charlotte-delbo-fayard.

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