Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 06:02
Tredeurden, 30 octobre: plus d'un millier de manifestants contre l'extraction de sable (article Ouest-France et photos de Pierre-Yvon Boisnard)

Répondant à l’appel du collectif du Peuple des dunes de Batz à Bréhat, un millier de personnes se sont rassemblées, ce dimanche matin, sur la plage de Tresmeur à Trébeuden pour manifester leur opposition à l’extraction de sable en baie de Lannion. Un message adressé à la Compagnie armoricaine de navigation à quelques jours de la réunion du comité de suivi qui doit se tenir le mois prochain.

 

Près de 1500 personnes ont participé ce dimanche matin au rassemblement organisé par le Peuple des Dunes de Batz à Bréhat.

Album photos : Pas touche au sable

 

 

Partager cet article
Repost0
30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 17:13
Etre jeune communiste en 2016 (Capucine Tissot, Le Journal du Dimanche - 28 octobre 2016)

Ils viennent de s’engager au PCF mais peinent à se faire entendre dans le débat politique. Rencontre avec des militants qui luttent contre les préjugés sur l’histoire de leur parti.

"Dehors!" C’est ainsi qu’a été accueilli Romain, 17 ans, un après-midi de septembre. "Je me souviendrai de ce jour toute ma vie. Je rentre des cours, ma mère m’attend dans le salon, mon ordinateur sur la table. À sa mine, je comprends tout de suite…" Elevée dans une famille où l’on vote à droite depuis des générations, Romain se revendique communiste. Des idées incompatibles avec celles de son entourage, qui lui demande de quitter la maison! "Le temps d’annoncer la nouvelle aux autres et surtout de la digérer", se rappelle-t-il.

"Etre jeune communiste en 2016, c’est difficile", avoue aussi Guénolé Fournet, coordinateur national en charge de la vie des départements au Mouvement des jeunes communistes français (MJCF). La faute à l’histoire du parti, selon Vincent Bouget, secrétaire départemental du Gard : "Il y a une image du PCF que l’on traîne et qu’il est impossible de déconstruire. Pourtant, nous n’avons pas à nous excuser de ce qui a été l’histoire du Parti communiste." Ce passé aura valu à Romain des remarques blessantes de la part de ses camarades de classe : "C’est arrivé qu’on me surnomme 'le stalinien' au lycée. Les autres en rigolent, et je rigole aussi pour faire bonne figure, mais en vérité, c’est vexant à la longue."

"Avec la loi Travail, nous avons accru notre présence locale"

Depuis la chute du bloc soviétique, le PCF enchaîne les très mauvais scores aux élections. En 2007, la dernière candidate à la présidentielle, Marie-George Buffet, réunissait 1,93% des suffrages au premier tour, un plus bas historique. "Comme il n’y aura pas de président communiste en France, c’est difficile pour certains jeunes militants de s’engager à 100%", assure Nicolas Cossange, élu conseiller régional. Hugo Touzet, 23 ans, secrétaire de section dans le 18e arrondissement de Paris, est plus optimiste : "Le changement ne se fera pas en un claquement de doigts, mais rien n’est impossible. Il suffit de regarder les victoires électorales de la gauche en Amérique Latine au début des années 2000 ou même en Europe avec Syriza et Podemos, pour se rendre compte que les choses peuvent parfois évoluer très vite."

Le changement serait-il déjà en marche? Nicolas Cossange, 30 ans et conseiller régional dans le Languedoc-Roussillon, l’assure : "Il y a une évolution notable depuis la contestation contre la réforme des retraites en 2010. Cette année-là, il y a eu une explosion d’inscriptions dans les Jeunesses communistes." De même, lors de la mobilisation contre la loi Travail au printemps dernier : "Entre février et juillet, nous sommes passés de 13.000 à 15.000 adhérents au MJCF et avons accru notre présence locale sur des villes et des départements où nous n’étions pas encore tout à fait présents", reprend Guénolé Fournet du MJCF. A Nîmes par exemple, où la jeunesse communiste avait disparu en tant qu’organisation depuis plusieurs années, « nous avons réussi à la faire renaître grâce à cette mobilisation", confirme Vincent Bouget, secrétaire départemental du Gard. Du coup, Guénolé Fournet reste optimiste : "Notre avenir est à l’image de la période historique que nous traversons, pétrie de contradiction. Mais avec la volonté et la combativité, nous y arriverons. Nous avons de beaux jours devant nous."

 

Partager cet article
Repost0
30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 16:58
Libre-échange: la tentation autoritaire
29 OCTOBRE 2016 | PAR MARTINE ORANGE

Pressé d’effacer l’affront wallon, le conseil européen a prévu de signer le traité de libre-échange avec le Canada, dès dimanche. L’épisode a cependant souligné un complet divorce avec la société civile européenne. Le temps de la mondialisation heureuse est achevé.

 

Il fallait laver l’affront wallon au plus vite. Les différents parlements régionaux belges avaient à peine donné leur accord au texte amendé que le président du conseil européen, Donald Tusk, annonçait la signature du traité entre le Canada et l’Union européenne. Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, se félicitait de son côté de l’accord trouvé et annonçait sa venue à Bruxelles. L’accord sur le CETA sera signé dès dimanche.

En précipitant les événements, les responsables européens espèrent redonner à l’Union européenne sa crédibilité entamée. Après la Grèce, le Brexit, la crise sur les réfugiés, cette nouvelle contestation a mis à mal l’appareil européen. De nombreuses critiques se sont élevées sur son fonctionnement, sa capacité à négocier des traités commerciaux.

Signer le CETA au plus vite est une façon d’apporter la démonstration que l’Union européenne, quoi que ses détracteurs aient pu en dire ces derniers jours, est toujours en pleine possession de ses pouvoirs. C’est une manière de réduire la contestation wallonne à rien : un énième rebondissement dans la vie politique compliquée belge, de la lutte entre Wallons et Flamands, une manœuvre de ces socialistes wallons « obtus et ringards ».  

Le premier ministre belge, Charles Michel, comme les représentants flamands se sont d’ailleurs empressés d’accréditer cette thèse : « Pas une virgule n’a bougé dans le texte du CETA », a assuré le chef du gouvernement belge devant le parlement, jeudi soir. Une thèse que reprennent à leur compte les responsables européens. Rien d’important n’a été concédé aux parties wallonnes, puisqu’il est possible dès le lendemain de mettre en œuvre le traité de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne.

Préoccupés à défendre leur légitimité, les responsables européens n’ont désormais qu’une obsession : tout faire pour que pareil blocage ne se reproduise plus, pour qu’aucun grain de sable ne vienne enrayer la machine européenne. Des conservateurs demandent déjà que les modes de négociation soient changés, que les traités commerciaux soient de la compétence exclusive de la commission et du parlement européens, sans que les États puissent dire leur mot sur le processus.

 

À Bruxelles, on attend avec impatience l’arrêt de la cour européenne de justice sur le traité commercial avec Singapour. Si celle-ci tranche que cet accord est de la compétence exclusive de la commission, comme tous les technocrates européens l’espèrent, alors la voie sera libre : ils n’auront plus de compte à rendre aux parlements nationaux et pourront engager les pays de l’Union européenne comme bon leur semble. Berlaymont (le siège de la Commission européenne) aura alors tout pouvoir.

La tentation autoritaire des responsables européens, leur désir de passer en force sont bien là. La façon dont ils vont gérer les demandes belges permettra d’en mesurer l’ampleur. Car quoi qu’ils en disent, des engagements ont bien été pris : sur la protection des services publics, sur les OGM, sur les mécanismes de protection des marchés agricoles en cas de déséquilibre. Surtout, les régions wallonne, germanophone et celle de Bruxelles ont imposé que les tribunaux arbitraux soient transformés en cour publique internationale avec des juges dont les mandats seraient encadrés. Et avant toute chose, elles ont exigé que la cour européenne de justice se prononce sur la compatibilité de cette cour avec les principes constitutionnels européens. Le fait même que la commission européenne n’ait jamais posé la question à la cour européenne de justice laisse penser que les choses ne vont peut-être pas de soi.

Que vont faire les responsables européens de tous ces engagements pris ? Vont-ils accepter de les mettre en application, en concédant que d’autres pays exigent les mêmes traitements et garanties ? Ou, pour préserver l’intégrité du traité, vont-ils décider de tout ignorer, maintenant que la crise est passée et que l’accord est signé : les promesses, comme chacun le sait, n’engageant que ceux qui les reçoivent ? La réponse à cette question est redoutée.

Imaginer que tout va redevenir comme avant ou encore mieux qu’avant, avec une commission dotée de tous les pouvoirs face aux États, comme des responsables européens semblent en caresser l’idée, serait une lourde erreur. Car même si le conseil européen veut feindre de l’ignorer, la crise de légitimité des instances européennes face à la société civile européenne est bien plus grande que celle à l’égard des pays partenaires, même s’il semble pressé de ne répondre qu’à ces derniers.

La contestation belge a recueilli un écho et un soutien inattendu auprès de toutes les opinions publiques européennes. Celles-ci n’adhèrent plus à la mondialisation heureuse, tant vantée depuis vingt ans. Le CETA est signé, alors que 70 % des Wallons et des Français s’y disent opposés. Des manifestations contre le CETA et le Tafta ont lieu dans toute l’Europe. En Allemagne, plus de 300 000 personnes ont défilé dans tout le pays pour dénoncer ces traités de libre-échange, début octobre. L’accord avec le Canada fait d’ailleurs l’objet de multiples recours d’associations devant la cour constitutionnelle de Karlsruhe. Et celle-ci n’a donné qu’un accord provisoire sur ce traité, se réservant de se prononcer plus tard sur sa conformité avec les principes constitutionnels allemands.

Le malaise de la société civile devant ces grands accords commerciaux, dont les seuls bénéficiaires évidents sont les multinationales, gagne les partis politiques. Dès septembre, le ministre allemand de l’économie, le socialiste Sigmar Gabriel, s’est déclaré opposé au Tafta, entraînant à sa suite les socialistes français. Aujourd’hui, celui-ci reconnaît que même le CETA pose problème et que les opinions publiques n’ont peut-être pas été suffisamment prises en compte. Des renversements s’esquissent aussi au parlement européen : des élus socialistes, notamment allemands, qui s’étaient prononcés en faveur du traité de libre-échange avec le Canada, paraissent tentés de reconsidérer leur position. 

La commission et le conseil européen peuvent toujours décider de passer en force contre les opinions publiques, de s’asseoir sur les oppositions et les refus de la société civile, comme ils l’ont fait lors des référendums irlandais, français et néerlandais. Le désamour à l’égard de l’Europe n’en sera que plus grand. En refusant tout débat, tout compromis, ils courent le risque d’accélérer encore la décomposition de l’Union. Sans retour possible.

 

 

Libre-échange: la tentation autoritaire ( Martine Orange, Médiapart - 29 octobre 2016)
Partager cet article
Repost0
30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 16:45
Communiqué du PCF Centre-Finistère: Richard Ferrand ou la carte du néo-libéralisme ultra à la mode Macron

COMMUNIQUÉ du PCF

30 octobre 2016 

M. Richard FERRAND Député de notre 6ème circonscription adoubé au poste de Secrétaire Général du mouvement « en marche » d’Emmanuel MACRON.

Ce n’est pas pour nous surprendre, lui qui a été le rapporteur de la loi éponyme de l’ancien ministre.

Que reste-t-il de socialiste à M. FERRAND lui qui approuve les paroles et les actes de l’ancien banquier d’affaires, dont le programme nous ferait revenir au début du 20ème siècle et qui ose dire tout le mal qu’il pense de notre modèle social? Tout un programme ! Son programme.

M. FERRAND, sentant le vent du boulet pour les législatives, change de casaque en bon carriériste qu’il est.

Député, Conseiller Régional, Président du groupe socialiste à la Région, toujours en activité professionnelle et maintenant Secrétaire d’un mouvement qui ne tardera pas à devenir un Parti.

Le respect des électeurs passe par un travail au plus près d’eux et non dans un cumul de mandats pour lesquels il ne peut y avoir de travail sérieux.

Le PCF a une conception autre de la politique.

Communiqué du PCF Centre-Finistère: Richard Ferrand ou la carte du néo-libéralisme ultra à la mode Macron
Partager cet article
Repost0
29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 12:20
"Fondamentalement, M. Fillon est un colon. Il a la même philosophie, il se considère comme un être supérieur par rapport aux "sauvages" auxquels on a appris ce qui lui semble bon à ses yeux"

"Fondamentalement, M. Fillon est un colon. Il a la même philosophie, il se considère comme un être supérieur par rapport aux "sauvages" auxquels on a appris ce qui lui semble bon à ses yeux"

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR SÉBASTIEN CRÉPEL
VENDREDI, 28 OCTOBRE, 2016
HUMANITE.FR
 

Le syndicaliste guadeloupéen Elie Domota expose dans l’Humanité ce qu’il n’a pas pu dire au candidat à la primaire de la droite sur France 2, jeudi soir, après les déclarations de l’ancien premier ministre évoquant un « partage de culture » à propos de la colonisation.

Invité ce jeudi soir à s’exprimer sur France 2 en direct depuis la Guadeloupe pour apporter la contradiction à François Fillon dansl’Emission politique, le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG) Elie Domota n’a pas pu développer son argumentation face au candidat à la primaire de la droite et du centre, la chaîne l'empêchant de s'expliquer jusqu'au bout. Cela est d'autant plus regrettable qu'il accusait l’ancien premier ministre d’avoir tenu des « propos racistes » dans son discours à Sablé-sur-Sarthe (Sarthe), le 28 août. L’Humanité a contacté l’ancien animateur de la grève générale de 2009 en Guadeloupe pour lui proposer d’exposer dans nos colonnes ce qu’il n’a pas pu dire à l’ancien premier ministre.

Vous avez accusé jeudi François Fillon d’avoir tenu des propos racistes quand il a déclaré à Sablé-sur-Sarthe, le 28 août : « La France n'est pas coupable d'avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Nord », mais les téléspectateurs de France 2 n’ont pas pu entendre la fin de votre réponse. Qu’entendez-vous par là ?
Elie Domota
 Lors de la préparation de l’émission, France 2 m’avait assuré que je disposerais d’un temps de parole pour développer mes arguments, mais cela n’a pas été le cas. Ce que je voulais dire à François Fillon, c’est que ces propos sont tenus par trop de responsables politiques. Il faut rappeler qu’en 1635, lorsque des mercenaires sont envoyés par Richelieu, ils ont pour mission de coloniser la Guadeloupe et la Martinique. Il s’ensuit une longue décennie d’assassinats, de viols de meurtres et de massacres des Indiens sur l’île. C’est comme cela que le royaume de France est devenu propriétaire de la Guadeloupe, par le sang et par le meurtre. François Fillon appelle cela le « partage de la culture » ; moi, j’appelle cela conquête coloniale, meurtre et vol des terres. La France est alors allée chercher des Africains pour les déporter et les réduire en esclavage durant 400 ans. Toujours en vertu du « partage de la culture » selon M. Fillon, ont ensuite été organisés de véritables « élevages de nègres » pour en finir avec les révoltes d’esclaves, car Il est plus facile de dominer un être humain dès la naissance que de dominer un adulte qui connaît ses origines pour créer un être soumis. Il faut attendre la Révolution française pour que la première abolition de l’esclavage voie le jour en Guadeloupe. Mais en 1802, les troupes de Napoléon rétablissent l’esclavage. J’aurais aussi voulu rappeler à François Fillon que cette guerre a coûté aux forces guadeloupéennes des milliers de victimes avec, cerise sur le gâteau, plus de trois cents décapités en place publique à Pointe-à-Pitre. La France n’a certes pas inventé la décapitation, mais elle l’a commise contre des Guadeloupéens, qui étaient des Français. C’était encore la République à l’époque ! Et en 1848, lors de la deuxième abolition de l’esclavage, la République a déclaré que c’était une atteinte à la dignité humaine, mais elle a indemnisé les propriétaires, et non leurs victimes. La colonisation, c’est la violence pour s’approprier le bien d’autrui, parce qu’on considère qu’autrui est inférieur. Cette conception perdure, camouflée dans une prétendue mission civilisatrice de la France, de Jules Ferry à Nicolas Sarkozy, Manuel Valls ou François Fillon aujourd’hui. Fondamentalement, M. Fillon est un colon. Il a la même philosophie, il se considère comme un être supérieur par rapport aux "sauvages" auxquels on a appris ce qui lui semble bon à ses yeux.

François Fillon vous a répondu que si la colonisation vue selon les « critères d’aujourd’hui » est effectivement condamnable, il refuse la « repentance », estimant que la France n’a inventé ni l’esclavage ni la colonisation, que bien d’autres pays ont aussi pratiqués. N’est-ce pas relativiser le crime qu’a constitué la colonisation ?
Elie Domota 
Tout à fait, il est même dans une attitude d’apologie de crime contre l’humanité. Imagine-t-on François Fillon déclarer que les troupes allemandes sont venues occuper la France pour partager leur culture germanique ? Jamais cela ne lui viendrait à l’esprit. Mais à l’égard des Noirs en général, le négationnisme est toléré. François Fillon doit cesser de vanter pour autrui ce qu’il ne voudrait pas pour lui-même. On ne demande à personne de pleurer sur notre sort. M. Fillon, tout comme l’ensemble des Français, ne sont ni responsables ni coupables de cette histoire, mais ils en ont hérité, et le gouvernement français, quel que soit son bord politique, doit l’assumer et ne pas se voiler la face en prétendant que, sous prétexte qu’ont été construits des routes, des chemins de fer et des dispensaires, la France a oeuvré au développement du pays. Car la colonisation repose toujours sur le principe que le colonisé est inférieur à vous, que sa culture et sa musique, sa langue ne sont rien, et qu’au final lui-même n’est rien, et qu’il faut donc lui imposer votre langue, votre religion, vos coutumes. C’est une entreprise de déshumanisation, de négation des individus. Tuer des gens et prendre leur bien n’est pas du partage de culture, en 1635 comme en 2016.

A Sablé-sur-Sarthe, François Fillon a également déclaré que l’école ne devrait pas « apprendre aux enfants à comprendre que le passé est source d'interrogations » et à « faire douter de notre histoire ». N’est-ce pas là aussi une volonté de nier, jusque dans les programmes scolaires, ce qu’a été réellement la colonisation ?
Elie Domota
 On retrouve cette pression sur l’enseignement de l’histoire visant à exonérer la France de ses responsabilités en tant que puissance coloniale et esclavagiste, et même, à la limite, à rendre les victimes responsables de leur situation. Un exemple : en mai 2015, François Hollande est venu inaugurer le mémorial ACTe à Pointe-à-Pitre. Qu’y voit-on ? Que ce sont les Africains qui ont vendu leurs frères, et que les Européens, passant par là, les ont donc achetés comme esclaves. Comme si les bateaux étaient arrivés par hasard ! Deuxième chose, il est dit que c’est grâce à la religion chrétienne que les Noirs sont sortis de l’idolâtrie. Rien sur la bulle du pape Nicolas V qui, en 1454, a encouragé le pillage des terres et les meurtres des païens ! L’apprentissage est aussi une question de domination.

Vous avez demandé à François Fillon qu’il se prononce en faveur de l’annulation des textes qui, à partir de 1848, indemnisent les anciens propriétaires d’esclaves, mais il a refusé, au nom, là aussi, de son désaccord avec la « repentance »…
Elie Domota
 Cela n’a rien à voir avec la repentance. Nous demandons une remise en état pour que le vivre-ensemble ait un sens. Nous disons à M. Fillon : êtes-vous prêts à annuler ces textes pour oeuvrer à une redistribution des terres pour que nous vivions dans une société plus juste et équitable, et à cette question il répond non. A partir de 1848, le pouvoir des propriétaires blancs a été renforcé, et les anciens esclaves ont été jetés dans la précarité, et aujourd’hui, nous sommes toujours dans la même configuration. Les héritiers des maîtres d’esclaves sont propriétaires des usines, ils siègent dans les conseils d’administration des banques, et les descendants d’esclaves sont pour la plupart ouvriers. Nous demandons que toutes les terres acquises de façon criminelle fassent l’objet d’une redistribution. Comment peut-on venir nous parler, sinon, de liberté, d’égalité et de fraternité ?

Quelles actions envisagez-vous pour obtenir cette « remise en état » ?
Elie Domota 
Nous avons demandé en mai 2015 au tribunal de nommer un groupe d’experts pour évaluer le préjudice subi par les colonisés, et de mettre à l’étude une réforme agraire pour la redistribution des terres acquises dans le cadre de l’esclavage et de la colonisation. Nous avons accompagné cette requête de deux questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) pour savoir si les textes qui prévoient l’indemnisation des propriétaires d’esclaves sont conformes à la Constitution française. En droit français comme dans le droit international d’ailleurs, le criminel ne peut pas tirer bénéfice de son crime, il est sanctionné et et la victime est indemnisé. Mais un an et demi plus tard, nous n’avons toujours pas de réponse. Le dossier est encore devant le tribunal de Pointe-à-Pitre, alors qu’il faut en moyenne deux mois à une QPC pour être présentée devant la Cour de cassation…

Partager cet article
Repost0
29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 11:49
«	Les managers viennent beaucoup plus de l’extérieur et sont juste là pour réduire les effectifs. Je ne perçois plus l’âme de La Poste là-dedans./» photo marta nascimento/rea Marta NASCIMENTO/REA

« Les managers viennent beaucoup plus de l’extérieur et sont juste là pour réduire les effectifs. Je ne perçois plus l’âme de La Poste là-dedans./» photo marta nascimento/rea Marta NASCIMENTO/REA

« Tous les agents, du facteur jusqu’au haut cadre, sont sur un siège éjectable »
VENDREDI, 28 OCTOBRE, 2016
L'HUMANITÉ
 

Poussé à bout par sa hiérarchie, puis déclaré inapte par l’entreprise, avant d’être mis en retraite anticipée, Laurent, 53 ans, ancien responsable territorial, estime que l’entreprise a voulu se débarrasser de lui à cause de son profil de cadre à l’ancienne.

«J’adorais mon job. » Laurent (1) pourrait être un retraité épanoui. Mais, quand il évoque ses dernières années de vie professionnelle à La Poste, sa voix déverse un filet d’amertume. Haut responsable dans une direction territoriale, le fonctionnaire est aujourd’hui sur le banc de touche. Déclaré inapte par l’entreprise, il ne se résout pas à sa mise à la retraite forcée. Tout dérape en 2009. Une de ses filles, adolescente, rencontre des difficultés. Laurent se dégage du temps pour s’occuper d’elle et l’accompagner à ses rendez-vous médicaux. Une requête visiblement insoutenable pour sa hiérarchie. « On m’a dit : “Tu choisis, c’est ton enfant ou ton job !” Après ça, on m’a emmerdé tout le temps. Mon directeur me dénigrait publiquement alors qu’il s’était retrouvé du jour au lendemain à manager des chefs d’établissement sans formation. D’un coup, je ne faisais plus le travail comme il fallait. On essayait de me recaser sur d’autres postes. » Oppressé, Laurent enchaîne les insomnies. Et broie du noir. Il dort une à deux heures par nuit. Mais refuse de se mettre en arrêt maladie. En 2012, il finit par être hospitalisé d’urgence pour « un burn-out complet ».

« Je refuse de donner des ordres et de fliquer les agents »

Avant cette rupture, sa carrière était un long fleuve tranquille. Bosseur, classé parmi les meilleurs directeurs au niveau national, il se souvient avec fierté avoir remporté toutes sortes de challenges : « Je faisais toujours plus que ce qu’on me demandait. » Selon lui, la pluie soudaine de reproches n’est pas sans liens avec la stratégie de rentabilité accrue de La Poste et ses restructurations accélérées depuis le début des années 2000. Pour répercuter les réductions de coûts et les suppressions d’emplois, la fermeté est de mise chez les dirigeants.

Jusqu’ici, ce cadre à l’ancienne avait toujours appliqué les directives à sa manière. « On n’appréciait plus ma conception de l’encadrement copain-copain. Je refuse de donner des ordres et de fliquer les agents. Je devais être plus distant, mais ce n’est pas ma nature. La chose qui intéresse la direction du groupe, c’est les gains de productivité. »

Quand il revient de maladie, en 2014, c’est la douche glacée. En guise de comité d’accueil, il se retrouve dans un bureau isolé, à effectuer deux tâches en deux mois. On lui dit qu’il ne peut plus former de managers car, en 24 mois d’absence, il aurait perdu ses compétences. Laurent replonge. Le couperet de La Poste va vite tomber. « Je suis déclaré inapte par l’entreprise alors que mon médecin dit le contraire. Je serai bientôt mis à la retraite d’office avec 57 % de mon salaire, comme je n’ai pas assez cotisé. J’ai trois enfants, dont deux étudiants, et un prêt en cours. »

Laurent ne se définit pas comme un militant. Il a lui-même diligenté des restructurations pour le compte du groupe. Mais ne se reconnaît pas dans ces méthodes expéditives. « On m’a écarté parce qu’on ne voulait pas que je mette mon nez dans les projets. Avant, quand il s’agissait de transformer un bureau en agence postale communale, on allait discuter avec le maire, avec les agents transférés dans d’autres bureaux, on faisait des simulations, des tests ; aujourd’hui, ça ne se passe plus comme ça. Il n’y a plus de concertation. Ils s’en foutent de laisser les gens au bord de la route. Les managers viennent beaucoup plus de l’extérieur et sont juste là pour réduire les effectifs. Je ne perçois plus l’âme de La Poste là-dedans. »

D’autant que, pris entre le marteau et l’enclume, Laurent est lui-même victime du jeu de chaises musicales. En son absence, le train des restructurations permanentes n’a pas épargné son secteur. « À mon retour d’arrêt maladie, il n’y avait apparemment plus de poste de libre pour mon grade. » Si certains se retrouvent le bec dans l’eau, d’autres cadres, déstabilisés par les orientations stratégiques, prennent aussi la tangente. « Un de mes collègues a préféré redevenir facteur plutôt que de rester à son poste. Un autre a tout lâché pour devenir chauffeur routier. » Face à cette descente aux enfers, les mots de la DRH de la branche courrier évoquant La Poste comme « une entreprise qui prend en compte l’humain », sur RTL, le 7 octobre dernier, résonnent comme une provocation à ses oreilles. Même s’il se consacre à ses petits-enfants et avale les kilomètres en vélo, le quinquagénaire ne digère pas cette blessure. « On m’accuse aussi injustement de harcèlement moral. J’ai bien compris que l’entreprise avait tout fait pour ne plus me voir. »

Brisé dans son attachement aux valeurs de service public, il a décidé de contester sa mise à l’écart devant la justice. Dénouant le nœud de pudeur au fond de sa gorge, il tranche : « Le traitement que m’a infligé La Poste est antisocial. Cela peut arriver à n’importe qui. Tous les agents, du facteur jusqu’au haut cadre, sont sur un siège éjectable. »

 

 

 

Appel d'élus et de syndicalistes pour la Poste, service public pour toutes et tous

Signez à votre tour la pétition de l'appel pour la défense du service public de la Poste: 

www.lapostepourtouspartout.fr

 

Lire aussi: 

La poste: une direction timbrée... et violente (L'Humanité, 27 octobre 2016): Appel pour la défense du service public de La Poste

Partager cet article
Repost0
29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 11:46
Vote à l'ONU pour la fin du blocus sur Cuba (Cuba Coopération France)

André Chassaigne a publié un communiqué se concluant en ces termes : « Il est temps de mettre un terme à des sanctions économiques anachroniques, cruelles et inefficaces, qui sont unanimement condamnées par la communauté internationale. Elles ont coûté au total 125 milliards de dollars à l’économie de l’île et elles infligent des souffrances inutiles au peuple cubain. »

191 pays pour la fin du blocus contre Cuba, 2 abstentions et 0 voix contre !

Pour la première fois les Etats-Unis et Israël n’ont pas osé voter contre. Mais ce n’est pas suffisant. Il faut maintenant que les Etats-Unis appliquent cette résolution qui emporte, une nouvelle fois une approbation mondiale !

En cette fin de semaine, le Ministre des Relations Extérieures de Cuba, Bruno Rodriguez, interviendra en séance plénière de l’Assemblée Générale des Nations Unies, afin de présenter au vote de cette dernière, la résolution réclamant la levée du blocus.

Ces derniers jours, les voix se sont élevées, plus nombreuses et plus pressantes, une véritable clameur dans le monde entier. À Cuba, dans toute l’Ile, de très nombreuses manifestations ont eu lieu. Les institutions religieuses elles aussi ont pris position. En France, un rassemblement s’est tenu hier soir à Paris à l’appel de la Coordination créée par plusieurs associations, dont la nôtre. À l’occasion du 70e anniversaire de la création de la Maison de l’Amérique Latine à Paris, le Président de la République, François Hollande a, une nouvelle fois, condamné « cet embargo, qui fait tant souffrir le peuple cubain, sans avoir aucun intérêt aujourd’hui.» Une fois encore a-t-il dit « nous devons tous souhaiter qu’à l’occasion de ce 70e anniversaire, cette punition à l’égard du peuple cubain puisse enfin être levée » Le Président du Groupe d’amitié de notre Assemblée Nationale, André Chassaigne a publié un communiqué se concluant en ces termes : « Il est temps de mettre un terme à des sanctions économiques anachroniques, cruelles et inefficaces, qui sont unanimement condamnées par la communauté internationale. Elles ont coûté au total 125 milliards de dollars à l’économie de l’île et elles infligent des souffrances inutiles au peuple cubain. »

Dès le 1er Novembre les touristes pourront revenir à Baracoa, signale l’historien de la ville Alejandro Harmann, qui rappelle qu’en 1654 la ville a été brûlée par les corsaires… français ! Les secteurs forestiers de cette partie de la province de Guantanamo ont été particulièrement affectés. Après le passage de Matthew, on découvre un paysage lunaire. La forêt prendra 15 à 20 ans à récupérer. Pour l’ensemble des travaux de récupération et de construction, la solidarité est plus que jamais à l’ordre du jour !

Cette semaine, deux évènements à La Havane retiennent l’attention.

Tout d’abord l’Inauguration du bureau de l’AFD, Agence Française de Développement, en présence de Mathias Felk, secrétaire d’État chargé du Commerce Extérieur de la promotion du tourisme et des Français de l’étranger et Rodrigo Malmierca, Ministre cubain du Commerce Extérieur et des Investissements étrangers. L’alliance entre l’Ile et l’AFD permettra de mettre en œuvre d’importants projets conjoints dans des secteurs stratégiques pour la nation cubaine, comme les infrastructures, les transports et les énergies renouvelables. Un projet pour le développement de l’élevage à Camagüey sera présenté avant la fin de l’année.

Le 2e événement qui nous réjouit également c’est l’attribution de la Médaille de l’Amitié, par le Conseil d’État de la République de Cuba, à Jean-Pierre Bel, envoyé personnel du Président de la République pour l’Amérique Latine et les Caraïbes. La cérémonie s’est déroulée à La Havane, au siège du Ministère des Relations Extérieures et la remise de la médaillée a été effectuée par Marcelino Médina, Ministre par intérim. Ce geste exceptionnel d’amitié a eu lieu en présence notamment de Ricardo Cabrisas, Vice-président cubain du Conseil des Ministres, d’Eusébio Leal, historien de la capitale et de notre Ambassadeur Jean-Marie Bruno. Cette distinction honore notre association, Jean-Pierre étant membre de notre Présidence d’Honneur, il soutient activement, depuis des années les actions que nous engageons.

La lettre de Cuba Coopération France

http://cubacoop.org/spip.php?page=newsletter&id_newsletter=186

Partager cet article
Repost0
29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 10:49

Après les distributions de tracts à Bosh et à la Sermetta, cinq militants du PCF (Daniel Ravasio, Ismaël Dupont, Patrick Beguivin, Serge Bazin, Martine Carn) étaient présents sur le marché de Morlaix ce matin, avec la restitution de la grande consultation citoyenne du Parti Communiste "Que demande le peuple?" et nos axes de campagne principaux pour les présidentielles et les législatives 2017. 

Quelques conversations intéressantes place Allende et devant la mairie même si le climat général n'est pas à l'enthousiasme vis-à-vis de la politique... 

Qui pourtant nous rattrape tous... 

Les militants du PCF sur le marché de Morlaix ce samedi 29 octobre
Les militants du PCF sur le marché de Morlaix ce samedi 29 octobre
Les militants du PCF sur le marché de Morlaix ce samedi 29 octobre
Rencontre avec des militants de droite distribuant des tracts pour Sarkozy (photo Pierre-Yvon Boisnard)

Rencontre avec des militants de droite distribuant des tracts pour Sarkozy (photo Pierre-Yvon Boisnard)

Partager cet article
Repost0
29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 07:08
François Fillon veut serrer de plusieurs crans la ceinture du petit peuple
GÉRARD LE PUIL
VENDREDI, 28 OCTOBRE, 2016
Souvent ennuyeux, toujours réactionnaire, bon avec les riches et dur avec tous les autres, à commencer par les plus pauvres, François Fillon était hier soir l’invité de « L’émission politique de France 2 » Cet homme qui fut collaborateur d’un député à 22 ans, puis député à 27 ans suite au décès de son mentor a toujours vécu de la politique. Il a été plusieurs fois ministre dans des gouvernements de droite avant que Sarkozy ne l’installe à Matignon de 2007 à 2012. Hier soir, il a tenté de convaincre les téléspectateurs que l’on peut faire du neuf avec cette vieille recette qu’est la surexploitation des travailleurs.

Les téléspectateurs qui ont regardé François Fillon hier soir à « L’émission politique » de France 2 ont pu voir un homme très à droite. Il a présenté , redisant son opposition par « conviction personnelle » au mariage pour tous, défendant devant les cheminots CGT de la gare de Lyon à Paris le principe de la retraite à 65 ans pour tous, quelles que soit la nature du travail, ajoutant même que le conducteurs de trains peuvent toujours changer de travail à partir d’un certain âge. Fillon veut en finir avec les 35 heures et fixer à 39 heures la durée légale minimale de la semaine de travail. Sans pour autant augmenter le salaire mensuel à proportion du travail supplémentaire fourni, a-t-il tenu à préciser. Parmi les arguments avancés par l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy figure le fait que des gens travailleraient  aujourd’hui entre 70 et 80 heures par semaine en France. Et qu’il s’agirait là d’un exemple à suivre pour réduire les inégalités dans un processus de surexploitation pout tous, sauf pour les exploiteurs.

François Fillon, comme Sarkozy, Juppé et Le Maire avant lui dans cette même émission, s’est  prononcé pour la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Mais comme il faut malgré tout faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat, il veut augmenter la TVA de 2%. C’est le plus sûr moyen de faire payer les pauvres à la place des riches. Ce que n’a pas manqué de lui faire remarquer François Lenglet, notant que « le cran de la ceinture n’est pas le même pour tout le monde ». Lenglet est très heureux, semble-t-il, de défendre dans cette seule émission des positions peu en phase avec celles qu’il avance généralement dans les journaux télévisés de France 2, lesquelles sont généralement beaucoup plus proches des idées et des intérêts du MEDEF.

500 00 chômeurs supplémentaires durant les 5 années où Fillon était Premier ministre

Bref, aux yeux de Fillon, l’austérité salariale et le recul de l’âge donnant droit à la retraite seraient le meilleur moyen de créer des emplois. On en oublierait que le nombre de chômeurs en catégorie A augmenta de plus de 500 000 personnes durant les cinq années qu’il passa à Matignon de 2007 à 2012. Et a continué de progresser à un rythme à peine supérieur sous la présidence de François Hollande, lequel promettait d’en inverser la courbe dès la fin de l’année 2012, puis avant la fin de l’année 2013, puis, peut-être en toute fin de mandat en mettant beaucoup de chômeurs en stage pour quelques mois, ce qui revient à trafiquer le thermomètre pour faire baisser la fièvre.

Mais, les mêmes causes produisant les mêmes effets, la dernière note de conjoncture de l’INSEE nous dit ce matin que le Produit intérieur brut (PIB) de la France a augmenté de seulement 0,2% au troisième trimestre 2016 après un recul de 0,1% au second trimestre. Plus grave encore, c’est la croissance de 0,4% des services, non créateurs de richesses richesse matérielles, qui porte cette moyenne, alors que la production de bien matériels recule de 0,1% après un recul de 0,7% au second trimestre. Il s’agit donc d’une croissance molle et malsaine de surcroît.

L’explication que donne la note de conjoncture de l’INSEE  est limpide : « Au troisième trimestre 2016, les dépenses de consommation des ménages continuent de stagner. Elles rebondissent modérément dans les services (+ 0,3% après -0,2%) tandis qu’elles reculent dans les biens (-0,5%  après + 0,1%). Qu’en serait-il alors si on avait appliqué la recette de  Fillon consistant à augmenter les prix des biens de 2% via une augmentation de deux points de TVA ? Comment le chômage diminuerait-il dans ces conditions avec, en plus une augmentation de la durée hebdomadaire de travail de quatre heures aboutissant à ce que neuf personnes fassent le travail de dix sans que toutes les heures faites en plus ne soient payées comme l’a laisser entendre François Fillon hier soir ?

Notons encore que le jour ou François Fillon a plaidé à son tour pour la suppression de l’ISF suite au même plaidoyer de Sarkozy, Juppé et Le Maire, un sondage Odoxa publié par  « Aujourd’hui en France » a posé à un panel d’électeurs la question suivante : «  S’agissant de l’impôt sur la fortune, souhaitez-vous que cet impôt soit maintenu tel qu’il est, renforcé en augmentant ses taux d’imposition ou en abaissant le seuil, ou supprimé ? ». La réponse ses sondés est claire : 42% souhaitent que cet impôt soit conservé tel qu’il est aujourd’hui ; 30% souhaitent qu’il soit renforcé, soit un total de 72%. Seulement 28% disent souhaiter sa suppression. Même les électeurs des candidats de la droite pour l’élection présidentielle sont majoritairement pour le maintien de cet impôt.

Tout commentaire semble ici superflu !

Journaliste et auteur
Partager cet article
Repost0
29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 07:04
« Merci, Ayele, d’oser face à O’Marché frais »
Mobilisation
LAURENCE MAURIAUCOURT
VENDREDI, 28 OCTOBRE, 2016
L'HUMANITÉ

Rassemblement de soutien, hier. 5 000 signatures en deux jours sur la pétition. L’affaire de la caissière licenciée un mois après avoir fait une fausse couche sur son lieu de travail à La Courneuve appelle une suite.

«Ça fait du bien, ça donne du courage », confie Ayele avant de prendre la parole devant cette centaine de syndicalistes et de militantes féministes venus la soutenir hier devant le supermarché O’Marché frais de La Courneuve (Seine-Saint-Denis). À vrai dire, c’est Ayele qui a donné du courage à l’auditoire, tant la jeune femme est apparue concrète, combative, humaine, altruiste. La caissière de 33 ans ayant été victime d’une fausse couche au travail, la patronne, membre de la riche famille de commerçants franciliens Quattrucci, l’a licenciée un mois après (lire l’Humanité du 25 octobre). « Sans les femmes, sans les enfants, je ne sais pas ce que serait ce monde. Le capitalisme ne doit pas nous faire oublier cette idée. Les entrepreneurs ne sont rien sans nous. » Ayele est applaudie. Elle poursuit : « Toutes les caissières qui sont à l’intérieur de ce magasin souffrent. Ce n’est pas un lieu de travail, c’est l’enfer (…). Nous étions 80 il y a un an. Il en reste une vingtaine. » Et la jeune femme de décrire les situations d’humiliation, les insultes de la part de la hiérarchie, la surcharge de travail… « J’ai un DUT de gestion logistique. Il faut justifier d’au moins deux ans d’expérience pour décrocher un emploi dans ce secteur, voilà pourquoi j’ai pris cet emploi de caissière », argumente-t-elle en se remémorant la fois où la chef de caisse de 20 ans, « qui n’a même pas le bac », a convoqué toutes les caissières en les traitant de « racailles », les obligeant à faire du ménage. « Comment peut-on traiter de racaille des femmes sans connaître leur histoire. Et puis, le ménage, c’est un métier. Nous ne sommes pas embauchées pour ça. » Ayele remercie les soutiens présents et leur demande de « continuer ». De ne pas en rester au rassemblement d’aujourd’hui. « Il faut faire quelque chose avant que quelqu’un meure. » Ayele a en tête le cas d’une collègue « qui ne va pas bien », qui ne vit plus sans anxiolytiques.

Muriel Wolfers, secrétaire de l’union locale CGT de La Courneuve, mobilisée depuis des mois face à la situation de maltraitance salariale dont sont victimes les employées, abonde dans le sens de la jeune femme. Au micro, elle évoque « le système d’isolement » qui prévaut dans le magasin. « Est-ce que c’est l’homme qui doit s’adapter au monde du travail ? Ou l’inverse ? » La syndicaliste juge aussi « extraordinaires » les 5 000 signatures déjà recueillies sur la pétition, qui réclame une enquête sur cette affaire et des évolutions en matière de droits des femmes enceintes et d’aménagement de leur poste de travail.

« Si le patronat ose bafouer les droits, c’est qu’il y a impunité »

Une responsable de la fédération CGT du commerce souligne que la direction refuse de rencontrer les instances syndicales. « On ne peut pas laisser des mauvais patrons faire leur loi », intime-t-elle. Pour Sophie Binet, responsable du collectif Femmes mixité de la CGT, « si le patronat ose bafouer les droits, c’est qu’il y a impunité ». Face à cela, elle aussi remercie Ayele d’avoir « osé parler », rappelant que la maternité reste le premier motif de saisine du Défenseur des droits en France. « C’est au travail que les droits des femmes sont les moins respectés », a renchéri Gwendoline Coipeault, de Femmes solidaires.

Des élus PCF de La Courneuve, Corinne Delhomme et Anthony Couteau-Roussel, étaient présents, porteurs d’un message de soutien du maire, Gilles Poux, invitant chacun à œuvrer au sein du comité des droits des femmes de la ville. Le besoin de voir grossir le mouvement et de s’organiser, pour Ayele, pour ses collègues n’a échappé à personne. Des tracts vont circuler dans tout le secteur.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011