Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 06:36

 

LA CHRONIQUE DE JEAN-CHRISTOPHE LE DUIGOU (*)

L’Humanité Dimanche

Jeudi 20  octobre 2016

 

 

Cela tombe à pic. Alors que tous les postulants de droite à la candidature présidentielle ont prévu dans leur programme de repousser l'âge de départ à la retraite, les experts de la direction du Trésor de Bercy ont fait tourner leur modèle économique pour arriver à la conclusion que « le recul de l'âge de la retraite de 2 années supplémentaires a les effets les plus favorables sur le PIB, l'emploi et le solde financier des administrations publiques ». Et d'avancer les chiffres de + 1,4 point de PIB, de + 390 000 emplois et d'un déficit réduit de 0,8 point à horizon de 20 ans ! Au vu de ces résultats, on se demande pourquoi, portés par leur élan, ils n'ont pas testé un report de l'âge de départ à 70 ou 75 ans ? Nul doute que le problème du chômage serait résolu et que les finances publiques s'en porteraient encore mieux. Quitte à se serrer la ceinture pendant 20 ans. Plusieurs économistes ont dénoncé le « scandale » d'une telle démarche, qui repose sur de nombreux postulats fort discutables, à commencer par l'hypothèse d'augmentation de la population active associée à l'exercice. Pense-t-on que le marché du travail se trouvera en capacité d'absorber simultanément l'arrivée de jeunes et le maintien en emploi des seniors ? Rappelons que, ces 10 dernières années, lors de la phase de recul de 1 an de l'âge de départ à la retraite, si le taux d'emploi des 55-59 ans a augmenté de 10 points, celui des 1524 ans a baissé de 2,6 points. Ne parlons pas de l'explosion des pensions d'invalidité : + 40 000 pour la seule année 2012. N'oublions pas non plus le triplement du nombre de chômeurs de plus de 60 ans indemnisés.

Le second biais du modèle est de postuler que la compétitivité de l'économie française s'en trouverait améliorée. C'est une nouvelle fois miser sur la baisse du coût du travail qui résulterait de celle des cotisations retraite et de la pression du chômage sur les salaires réels. C'est aussi faire le pari qu'il n'y aura pas de réplique de nos principaux partenaires commerciaux. Si tout le monde fait pareil à l'échelle de l'Europe, les gains de compétitivité escomptés dans la simulation miracle du Trésor s'envoleront. Ni la croissance, ni l'emploi, ni l'amélioration des comptes publics ne seront au rendez-vous. Le plus probable est que nous aurons alors moins de croissance, plus de chômage et un déficit public accru.

Si l'avenir des retraites préoccupe toujours autant les Français, c'est en raison du doute que gouvernements et patronat ont délibérément installé quant à la capacité du système à garantir à long terme le niveau des pensions. Or voici que, par le biais d'une étude soi-disant technique produite pour un débat au Conseil d'orientation des retraites, se trouve accréditée l'idée qu'il faudrait à nouveau reculer l'âge de la retraite. On voudrait tuer notre système par répartition, bâti sur la confiance des jeunes générations, qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Les marchés financiers ont mis la barre très haut, exigeant partout un recul des systèmes sociaux solidaires. Il y a autre chose à faire que d'y céder. Il ne s'agit pas de nier les besoins de financement : le nombre de retraités aura doublé en 25 ans. Si l'on veut maintenir le niveau des pensions, il faudra bien augmenter d'un tiers les moyens collectifs alloués au financement des retraites. Cela n'est nullement impossible. La difficulté est moins technique que politique. Mais il faudrait sortir des dogmes et enfin penser au degré de bien-être auquel aspire la société.

(*) Économiste et syndicaliste.

 

 

Partager cet article
Repost0
2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 06:17
Vie privée: 60 millions de Français fichés dans une base de donnée? (Ouest-France, 1er novembre)
Vie privée. 60 millions de Français fichés dans une base de données ?

 

Le décret est paru dimanche au Journal Officiel, au cœur d'un week-end de Toussaint. Il prévoit la constitution d'une gigantesque base de données permettant « un traitement de données à caractère personnel commun aux passeports et aux cartes nationales d'identité ». Ce fichier regroupera donc les données personnelles et biométriques de 60 millions de Français...

Repéré par le site NextImpact, le décret paru dimanche au Journal Officiel (JO) officialise la création d'un fichier unique compilant les données personnelles et biométriques des 60 millions de Français possédant un passeport ou une carte d'identité.

Cette base de données, baptisée Titres électroniques sécurisés (TES), regroupera les informations des passeports et des cartes d'identité : état civil, photo numérisée du visage (sans sourire !), empreintes digitales, couleur des yeux, taille, filiation des parents…

« L'administration continue de se moderniser en accélérant et en simplifiant les démarches des usagers. Il s'agit également de fiabiliser » les demandes « de pièces d'identité en les sécurisant », a déclaré mardi le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet.

60 millions de Français

L'immense majorité des Français y figureront, puisqu'il suffira d'avoir une carte d'identité ou un passeport pour y figurer. Pendant 15 ans (carte d'identité) ou 20 ans (passeport), selon les durées de conservations des données.

Les mineurs de moins de 12 ans y échappent.

Réserves de la CNIL et du Conseil constitutionnel

Ce décret est la suite d'une loi votée en 2012 par l'Assemblée nationale, alors à droite, dans le cadre de la loi sur la carte d'identité biométrique.

Le projet de loi de 2012 avait deux finalités :

- lutter contre l'usurpation d'identité pour éviter qu'une personne s'approprie le document d'une autre

- l'identification d'une personne à partir de ses données (empreintes digitales notamment), y compris à des fins judiciaires. En raison de cette seconde finalité, la création du fichier avait été retoquée par le Conseil constitutionnel.

Le texte avait donné lieu à des débats vifs - la gauche avait voté contre - et avait suscité les réserves de la Commission nationale informatique et liberté. « Ce fichage de l'ensemble de la population nous semble dangereux », avait estimé en 2012 Isabelle Falque-Pierrotin, la présidente de la Commission nationale informatique et liberté.

Le Sénat s'était également inquiété du risque d'un fichier généralisé pour les libertés publiques.

Le Conseil constitutionnel avait également censuré plusieurs articles, notamment la création de ce fichier centralisé.

Le ministère de l'Intérieur défend le fichier

Le décret qui vient d'être pris ne comporte aucune fonctionnalité d'identification d'une personne à partir de ses seules données biométriques », fait-on valoir au ministère, où l'on assure donc qu'il « ne peut être comparé à la proposition qui avait été censurée en 2012 ».

Au ministère de l'Intérieur, on répond que le Conseil d'Etat a été « sollicité » pour avis et a jugé la voie réglementaire « conforme à la loi ».« La Cnil a également été consultée et a acté que la recherche d'identité à partir des empreintes ou des photos ne serait pas possible, et a considéré que les finalités » du fichier TES « étaient déterminées, explicites et légitimes », plaide-t-on place Beauvau.

Saisie pour avis, la Cnil a cependant également émis plusieurs réserves, et précise qu'« au vu des risques graves d'atteinte à la vie privée soulevés par la mise en œuvre de ce traitement, la commission se montrera particulièrement attentive à ses conditions réelles de mise en œuvre ».

Un fichier critiqué

Malgré tout, des personnalités ont déploré la création d'un « mégafichier de 60 millions de Français ».

L'actuel ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, avait critiqué en février 2012 sur Twitter un fichier à l'origine « administratif » devenu « policier » :

Jean-Jacques Urvoas avait également fait part de son opposition au principe d'un fichier unique regroupant toute la population sur son blog.

Il y posait notamment la question de la sécurité de ce fichier, et le risque de voir ses données fuiter ou être piratées.

Pour le président d'honneur de la Ligue des droits de l'Homme Michel Tubiana, « plus vous avez un fichier qui est gros, plus vous avez un fichier qui est consultable par une multiplicité de services, et c'est le cas dans le décret puisque pratiquement tous les services peuvent le faire, plus vous avez la possibilité d'avoir un hackage du fichier » par des pirates informatiques.

« La finalité d'identification à partir des données a certes été écartée mais dès lors que le fichier a été constitué, elle devient techniquement possible », a fait valoir le sénateur socialiste Gaëtan Gorce et membre de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), organisme qui avait donné un avis négatif à ce sujet lors de la proposition de loi de 2012.

« On peut craindre qu'un futur gouvernement modifie les finalités », a-t-il dit, déplorant que le gouvernement ait décidé de créer « une sorte de monstre ».

Qui aura accès ?

Le fichier TES, selon le décret, sera accessible aux fonctionnaires en charge de la délivrance et de la gestion des cartes d'identité et des passeports : agents des services centraux du ministère de l'intérieur et du ministère des affaires étrangères, agents des préfectures et des sous-préfectures, agents diplomatiques et consulaires, agents des communes…

La police, la gendarmerie et les services de renseignements y auront accès, à l'exception des empreintes digitales numérisées. Certaines données du TES pourront également être transmises à Interpol ou dans l'espace Schengen.

 

Partager cet article
Repost0
2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 06:06
En Turquie, plus aucune dissidence n'est tolérée (Nicolas Chevron- Médiapart, 1er novembre)
En Turquie, plus aucune dissidence n’est tolérée
1 NOVEMBRE 2016 | PAR NICOLAS CHEVIRON

Trois jours ont suffi pour donner aux Turcs le sentiment d’entrer dans une nouvelle phase de leur histoire. Mise au pas des universités, arrestation des dirigeants du quotidien Cumhuriyet, les autorités d’Ankara ont confirmé que les voix dissidentes ne seraient plus tolérées.

 

Istanbul (Turquie), de notre correspondant.-  Turquie, année zéro est le titre d’un opuscule publié en février par les Éditions du Cerf. Son auteur, Kadri Gürsel, un journaliste turc réputé, membre du directoire de l’International Press Institute, y explique comment la Turquie qu’il connaissait, inspirée par des principes tels que « le progrès, la science, la raison, l’égalité des sexes, la laïcité », bref le pays dessiné par le fondateur de la République turque, Mustafa Kemal Atatürk, n’existait plus et ne reviendrait pas. Comment elle a été transformée par un régime du président Recep Tayyip Erdogan décidé à « domestiquer la laïcité et les libertés » et à « dominer [le]Proche-Orient ».

En ce matin du lundi 31 octobre 2016, l’auteur de ce petit livre se fraye difficilement un chemin dans la foule rassemblée devant son journal, Cumhuriyet. Au milieu des cris et des slogans – « la presse indépendante ne se taira pas », « si tu te tais aujourd’hui, ton tour viendra demain » –, il explique brièvement les raisons de son empressement, avant de s’éclipser : « La police est chez moi, j’y vais avec mes avocats pour me constituer prisonnier. » Kadri Gürsel a été rattrapé par sa prophétie. À l’instar de quatorze de ses confrères du vieux quotidien kémaliste – l’ensemble du comité exécutif de la FondationCumhuriyet, le directeur de la publication, Murat Sabuncu, plus quelques chroniqueurs –, l’éditorialiste est accusé par le parquet général d’Istanbul d’avoir« commis des crimes au nom des organisations terroristes FETÖ/PDY et PKK/KCK, sans appartenir à ces organisations ».

L’acronyme FETÖ désigne, dans la novlangue judiciaire turque, l’organisation du prédicateur islamiste Fethullah Gülen, un ancien allié du parti AKP au pouvoir, tenu pour responsable de la tentative manquée de coup d’État du 15 juillet. Le PKK, ou Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a quant à lui repris la lutte armée contre les forces de sécurité turques en juillet 2015, après l’abandon de pourparlers de paix. Le ministère public reproche notamment aux journalistes d’avoir « publié des informations légitimant le putsch peu avant le 15 juillet ».

Les accusations font sourire les intéressés. Les deux groupes mentionnés sont aux antipodes de Cumhuriyet, un quotidien fondé en 1924, un an après la création de la République dont il porte le nom et les valeurs, laïques et nationalistes. « Depuis des années, j’essaie de tourner en caricature ce que nous vivons dans ce pays. Mais en ce moment, j’ai l’impression de vivre moi-même dans une caricature », déclare à la presse le dessinateur du journal, Musa Kart, avant de se rendre à la police.

« Au journal, on s’attendait à une telle opération. Simplement, on ne savait pas quelle forme elle prendrait », confie l’éditorialiste Ayse Yildirim, rencontrée sur le parvis du quotidien. « Ils ont choisi d’arrêter tous nos dirigeants sur la base d’accusations ridicules, qui défient l’entendement. Ils veulent clairement mettre la main surCumhuriyet. » Le coup de filet n’est en effet pas une surprise. Accusés d’espionnage et de divulgation de secrets d’État après la diffusion par Cumhuriyet d’images démontrant l’existence d’un trafic d’armes supervisé par les services secrets turcs à destination des combattants de  l’opposition syrienne, l’ex-directeur du journal, Can Dündar, et le chef du bureau d’Ankara, Erdem Gül, avaient déjà passé 93 jours en prison et n’avaient dû leur libération, en février 2016, qu’à une décision de la Cour constitutionnelle. L’opération contre le journal kémaliste intervient en outre dans un contexte de répression sans précédent des médias, rendu possible par l’argument de la lutte contre les auteurs du putsch raté et l’instauration, le 20 juillet, de l’état d’urgence. Depuis cette date, près de 140 agences de presses, journaux, magazines, radios et télévisions ont été fermés pour leur proximité supposée avec Gülen ou le PKK, dont une quinzaine de titres proches du mouvement kurde mis sous scellés samedi soir. Quelque 130 journalistes étaient déjà derrière les barreaux avant les interpellations du 31 octobre.

Dans ce paysage médiatique ravagé, Cumhuriyet fait ainsi figure de dernier bastion de la presse d’opposition. D’où l’importance de cette nouvelle attaque judiciaire. « La Turquie est à un tournant : faire taire Cumhuriyet aujourd’hui, cela veut dire s’assurer que toutes les institutions, toutes les organisations et tous les partis seront réduits au silence demain », commente Ayse Yildirim. Elle intervient de surcroît alors que la publication d’un décret mettant fin à l’élection des recteurs d’universités, désormais nommés par le président Erdogan sur présentation d’une liste par le Conseil de l’enseignement supérieur (YÖK), et prononçant l’expulsion de 1 263 personnels universitaires (parmi 11 000 fonctionnaires licenciés), a terni la commémoration des 93 ans de la République.

Complétant ce tableau, la justice turque a prononcé dimanche 30 octobre le placement en détention provisoire de Gültan Kisanak et Firat Anli, les deux maires HDP (mouvance kurde) de Diyarbakir (sud-est), la principale ville kurde de Turquie, élus avec 55 % des voix en 2014 et aujourd’hui accusés de soutenir le PKK. La décision, qui fait suite à la destitution pour le même motif, en septembre, de 24 maires kurdes et à leur remplacement par des administrateurs judiciaires, a été sévèrement critiquée par les défenseurs des droits de l’homme. « L’emprisonnement de Kisanak et Anli sans preuve crédible de leur implication dans un acte criminel est l’indice le plus criant à ce jour de la volonté du gouvernement de nier le droit pour le peuple du sud-est de la Turquie d’avoir des représentants politiques démocratiquement élus », a affirmé lundi dans un communiqué Emma Sinclair-Webb, responsable de Human Rights Watch pour la Turquie.

Cette nouvelle opération contre le HDP, qui laisse présager une fermeture prochaine du parti, rend encore plus improbable un retour des belligérants turcs et kurdes à la table des négociations. « Même dans nos rêves, nous ne verrons plus de processus de paix pour la question kurde. De toute façon, vouloir une solution démocratique est désormais quasiment un délit », commente dans les colonnes de Cumhuriyet la politologue Nuray Mert, qui prédit « des temps très difficiles » pour la Turquie, coincée entre « un ordre ancien détruit et un ordre nouveau encore en construction ».

Face au rouleau compresseur du gouvernement turc, les manifestants réunis devant les locaux de Cumhuriyet veulent croire dans le soutien de l’Union européenne, un “club” avec lequel la Turquie a entamé des négociations d’adhésion en 2005. « Bruxelles doit adopter aujourd’hui l’attitude la plus ferme, pour que nous voyons clairement que nous ne sommes pas abandonnés et qu’il y a des valeurs démocratiques qui nous unissent tous », déclare Erol Önderoglu, le correspondant en Turquie de Reporters sans frontières.« Aujourd’hui nous sommes en train de manifester devant Cumhuriyet, mais peut-être que demain nous n’aurons plus de canaux, plus de voix pour nous exprimer parce que le pluralisme des médias est en train de s’éteindre. Et le monde ne pourra plus nous entendre. »

 

 

Partager cet article
Repost0
1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 06:10
La France vote contre un traité d'interdiction des armes nucléaires à l'ONU (Paul Quilès, 28 octobre)

 Un événement rare et historique vient se produire cette nuit à l'ONU. Une résolution en faveur de la rédaction d'un traité d'interdiction des armes nucléaires a été votée par la 1ère commission à une très large majorité.

 

      123 pays (dont l'Autriche, la Suède, le Mexique, le Brésil, l'Afrique du Sud, ...) ont voté en faveur de cette résolution.

 

      38 pays ont voté contre, dont la France.

 

     16 se sont abstenus, dont la Chine, l'Inde, le Pakistan,la Finlande, les Pays-Bas, la Corée du Nord).

 

      Je considère le vote de la France comme contradictoire avec tous les beaux discours sur la recherche d'une plus grande sécurité dans le monde et de la lutte contre la prolifération nucléaire.

 

      Pour faire court, ce vote est honteux.

 

Paul Quilès

 

 

Et un article plus développé de Paul Quilès sur le Huffington Post 

Depuis des mois, la France ne cesse d'aller à l'encontre de la volonté exprimée par une majorité de pays d'établir une norme juridique contraignante de prohibition des armes nucléaires. Le 27 octobre dernier, à l'ONU, elle a confirmé cette position en votant contre le projet de résolution L.41 proposé par 34 États, intitulé "Faire avancer les négociations multilatérales sur le désarmement nucléaire". Elle a émis le même vote que les États-Unis, le Royaume-Uni mais aussi la Russie et Israël ; un non-sens total ! Les pays non nucléaires de l'OTAN ont voté dans le même sens, de peur de contrarier leur protecteur américain, seuls les Pays-Bas s'abstenant sous la pression de leur Parlement.

 
Les armes nucléaires sont les dernières armes de destruction massive à ne pas être soumises à une interdiction.

Opposés aux puissances nucléaires, 123 États (Autriche, Suède, Irlande, Mexique, Brésil, Afrique du Sud, Malaisie, Nouvelle Zélande...) ont voté cette résolution, qui va faire de 2017 l'année de la négociation d'un "instrument juridiquement contraignant visant à interdire les armes nucléaires en vue de leur élimination complète".

 

Il faut rappeler que les armes nucléaires sont les dernières armes de destruction massive à ne pas être soumises à une interdiction (Convention sur l'interdiction des armes biologiques - 1972, Convention sur l'interdiction des armes chimiques - 1993).

 

Depuis 1970 (entrée en vigueur du Traité de Non-Prolifération- TNP) cinq pays bénéficient du droit de disposer de ces armes, mais à la condition d'en négocier "de bonne foi" l'élimination. Or, quarante-six ans plus tard, il existe toujours plus de 15 000 armes nucléaires et tout est bloqué dans les faits en matière de désarmement nucléaire multilatéral depuis 1996, date de la signature du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires.

 
Le vote négatif de la France –qui est intervenu dans un regrettable silence médiatique - contredit tous les beaux discours de ses représentants.

Le projet d'interdiction internationale de l'arme nucléaire dont il est question aujourd'hui est porté depuis de nombreuses années par un grand nombre d'ONG, comme la Croix Rouge ou la Campagne Internationale pour l'Abolition des Armes Nucléaires (ICAN). Il ne s'agit pas de la revendication d'un mouvement d'idéalistes, mais d'un objectif concret de politique internationale pour près des deux tiers des pays de la planète.

Le vote négatif de la France –qui est intervenu dans un regrettable silence médiatique - contredit tous les beaux discours de ses représentants sur le renforcement de la sécurité internationale et la lutte contre la prolifération nucléaire. Il heurte la conscience et le bon sens. Imagine-t-on aujourd'hui un pays qui s'opposerait à l'interdiction des armes de destruction massive chimiques ou biologiques ?

Pour s'opposer à l'adoption du principe d'interdiction totale et complète des armes nucléaires, la représentante permanente de la France à la Conférence du désarmement a affirmé qu'il fragiliserait le TNP et serait de ce fait préjudiciable au maintien de la paix et de la sécurité internationales. Cela signifie-t-il que les armes nucléaires garantissent la paix et la sécurité internationale ? Ce n'est pas la conclusion la plus évidente que l'on peut tirer de la succession actuelle des crises et conflits. Quant à notre représentant permanent adjoint, il est allé plus loin encore en affirmant qu'un traité d'interdiction allait "ouvrir une brèche en matière de non-prolifération" ; alors même qu'au contraire il a pour objet de rendre ces armes illégales... De tels discours pourraient eux-mêmes être considérés comme des incitations involontaires à la prolifération nucléaire !

Les États non nucléaires, en très grande majorité, s'apprêtent à accroître leur pression sur les puissances nucléaires en se saisissant de l'agenda du désarmement.

La perspective d'un traité d'interdiction des armes nucléaires est soutenue par un vaste mouvement d'opinion à l'échelle mondiale. C'est ainsi que les parlementaires européens viennent d'adopter le 25 octobre 2016, à une large majorité, une résolution appuyant le projet de l'ONU. Ils y soulignent, contrairement à la plupart des gouvernements de l'Union européenne, "qu'une telle démarche viendra étayer les objectifs et obligations consacrés par le TNP en matière de non-prolifération et de désarmement, et contribuera à créer des conditions favorables pour la sécurité internationale et un monde sans armes nucléaires". Ce mouvement global d'opinion s'explique notamment par une prise de conscience de plus en plus aigüe des conséquences humanitaires d'une explosion, délibérée ou accidentelle, d'un engin nucléaire.

Les votes récents de l'Assemblée générale des Nations Unies sont le signe d'un changement profond. Désormais, les États non nucléaires, en très grande majorité, s'apprêtent à accroître leur pression sur les puissances nucléaires en se saisissant de l'agenda du désarmement. Une nouvelle période de l'histoire du désarmement nucléaire s'ouvrira en 2017. Avec l'organisation Initiatives pour le Désarmement Nucléaire (IDN), nous souhaitons que la France y participe de manière constructive. Devant la gravité des enjeux, la poursuite de la politique de la chaise vide serait irresponsable et contradictoire avec les valeurs que la diplomatie de notre pays entend défendre et promouvoir.

 

Partager cet article
Repost0
1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 05:53
La parole à Ambroise Croizat...
Partager cet article
Repost0
1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 05:50
350	000 foyers fiscaux sont assujettis à l’ISF, soit 0,53/% des ménages

350 000 foyers fiscaux sont assujettis à l’ISF, soit 0,53/% des ménages

L’ISF, un symbole de justice plébiscité
AURÉLIEN SOUCHEYRE
VENDREDI, 28 OCTOBRE, 2016
L'HUMANITÉ

Les Français sont attachés à l’impôt de solidarité sur la fortune, malgré la lubie obsessionnelle d’une droite qui souhaite le supprimer pour mieux renforcer l’injustice profonde de notre régime fiscal.

L’écrasante majorité des candidats à la primaire de la droite veulent supprimer l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Il coûterait bien plus cher qu’il ne rapporte, plaident-ils de façon hasardeuse. Manque de bol, cette vieille rengaine ne convainc pas les Français. Ils sont 72 % à être contre la suppression de l’ISF, selon un sondage Odoxa-le Parisien paru jeudi. « Cela montre l’attachement de la nation à la contribution juste de chacun, apprécie le député PCF Nicolas Sansu. Les Français comprennent bien que l’ISF est un outil de redistribution alors que les inégalités explosent. Vouloir le supprimer est une bêtise économique et un symbole grave. »

Derrière la question de l’ISF, se cache surtout celle de la justesse de notre architecture fiscale. Là encore, le bât blesse à droite, de la hausse de la TVA, impôt injuste car il pénalise davantage les plus démunis, à l’instauration, comme le défend Nathalie Kosciusko-Morizet, d’un impôt à taux unique, à hauteur de 20 %, qui profiterait très largement aux plus riches. « Mais il faudrait alors, pour rester cohérent, une TVA proportionnelle à la richesse de chacun », raille Nicolas Sansu. Ce que la droite ne prévoit absolument pas.

Le parlementaire, qui a voté pour améliorer la lutte contre les optimisations fiscales abusives visant à se soustraire à l’ISF, dans le cadre du projet de budget 2017, considère néanmoins que « le quinquennat Hollande restera celui de la révolution fiscale ratée ». « Ce gouvernement n’a même pas remis l’ISF au niveau qui était le sien avant sa diminution par Nicolas Sarkozy. Si la légitimité de son existence ne souffre aucune discussion, son assiette et son taux peuvent par contre très bien être revus dans le cadre d’un projet global. L’ISF à lui seul, et c’est bien la preuve que les plus riches n’ont pas à le fuir, n’a pas empêché la France de devenir un pays de rentiers. Les droits de succession se sont effondrés. Les 10 % sont les plus riches possèdent 48 % du patrimoine, et le 1 % le plus fortuné s’en est accaparé 17,5 %. Environ 350 000 foyers fiscaux sont assujettis à l’ISF, soit 0,53 % des ménages, qui détiennent à eux seuls 1 400 milliards d’euros, sur lesquels sont prélevés 5 milliards d’euros au titre de l’ISF, soit 0,3 % de leur patrimoine… »

La fraude fiscale est estimée à 70 milliards d’euros en France

À cela s’ajoute le fait que les cinq cents plus grandes fortunes françaises ont vu leur patrimoine gonfler de 20 % en cinq ans. « L’ISF n’est donc ni confiscatoire ni dissuasif », argumente Nicolas Sansu. Et ne résout pas, en l’état, l’extrême concentration des richesses par quelques-uns. « Je n’oublie pas qu’il a été créé au départ pour financer le RMI, même s’il n’est plus fléché aujourd’hui. Ce qu’il nous faut bâtir, au-delà, c’est surtout un système fiscal plus efficient et plus juste, avec un impôt sur les revenus plus progressif et composé de davantage de tranches. Sur l’ISF, il faudrait un plafond en valeur, afin d’éviter l’inconstitutionnalité et surtout pour ne pas laisser des sommes faramineuses aux mains de quelques-uns au nom du pourcentage. Pourquoi ne pas laisser une sorte de reste à vivre aux plus riches, à hauteur par exemple de 10 millions d’euros par an, en dehors de leur patrimoine ? »

Reste enfin la lutte contre la fraude fiscale. Environ 70 milliards d’euros sont ainsi volés chaque année à la France… À côté, les 5 milliards rapportés par l’ISF apparaissent bien ridicules, quand bien même la droite les trouve insupportables…

Partager cet article
Repost0
1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 05:36

Anti-européens et nationalistes oui, mais pas jusqu'au point de ne pas considérer l'Europe et les contribuables européens comme des vaches à lait pour financer le salaire des collaborateurs!

L’Union européenne réclame 339.000 euros à Marine Le Pen

31 OCTOBRE 2016 | PAR MARINE TURCHI

Mediapart et Marianne révèlent que l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) demande le recouvrement de 339 000 euros versés « indûment » à Marine Le Pen, pour l'emploi de deux assistants à Strasbourg. L'OLAF explique à Mediapart qu'il« surveille[ra] étroitement les actions prises à la suite de ses recommandations ».Sur la base de son rapport, le parquet de Paris a élargi son enquête préliminaire sur les soupçons d’emplois fictifs d’une vingtaine d’assistants parlementaires FN. 

 

 

L'office de lutte antifraude européen (OLAF) a demandé en août au parlement européen de lancer une procédure de recouvrement à l’encontre de Marine Le Pen, selon une enquête de Mediapart et Marianne. La présidente du FN est soupçonnée d’avoir employé de manière fictive, sur des fonds européens, deux assistants parlementaires, Catherine Griset et Thierry Légier. L’organisme chiffre à 339 946 euros le « préjudice financier » à l’Union européenne. L'avocat de Marine Le Pen annonce deux référés.

À cette procédure administrative européenne s'ajoute un volet judiciaire français. L'OLAF a transmis le 26 juillet son « rapport d'enquête administrative » à la justice française, qui enquête depuis mars 2015 sur les salaires versés à des assistants d'eurodéputés frontistes depuis le début du mandat, en juillet 2014. Sur la base de ce rapport, le parquet de Paris a étendu fin août son enquête préliminaire pour « abus de confiance » à des faits couvrant désormais la période 2010-2016, à cheval sur l'ancienne et la nouvelle mandature.

Le 29 juillet, un premier courrier à en-tête de l'OLAF est arrivé sur le bureau de Marine Le Pen. L'Office anti-fraude estime que 339 000 euros lui auraient été « indûment » versés pour rémunérer deux de ses assistants parlementaires. L'organe de contrôle s'appuie sur l'article 33 des mesures d'application du statut des eurodéputés (MAS), qui stipule que les fonds débloqués pour employer les assistants doivent correspondre à une activité « directement liée à l'exercice du mandat parlementaire des députés ». En clair, les assistants ne doivent pas être rémunérés pour travailler au sein d'un parti.

Le 30 septembre, la présidente du FN reçoit un second courrier, signé cette fois du secrétaire général du parlement européen, Klaus Welle. Le fonctionnaire, se fondant sur le rapport de l'OLAF reçu le 2 août, lui demande d'apporter des explications ou des preuves de travail de ses assistants. Marine Le Pen – qui n'a pas répondu à nos questions – avait un mois pour fournir ses éléments ou observations, elle n'a rien transmis. « Sur le fond, nous n’avons pas le rapport de l’OLAF, de quoi voulez-vous que nous discutions ? »[avec l'administration du parlement – ndlr], justifie à Mediapart son avocat, Marcel Ceccaldi.

 

Le 12 octobre, il a demandé au parlement et à l'OLAF, par lettres recommandées, la communication de ce rapport. « Je n'ai eu aucune réponse », s'indigne l'avocat, affirmant que l'organisme avait déjà lancé une première enquête « en juin 2014 ». « L'OLAF commence son enquête en mars 2016 et la conclut en juillet, juste avant le début de la campagne présidentielle. Et sa directrice est promue à la commission européenne quatre semaines après ! Marine Le Pen na jamais été entendue. C’est abracadabrantesque, cest une violation délibérée de lÉtat de droit, une opération montée par lexécutif allemand du parlement pour museler ceux qui sont critiques envers le fonctionnement de lUnion européenne. »

Si Marine Le Pen reste silencieuse, le parlement lui demandera de rembourser ces 339 000 euros, soit directement, soit par une retenue sur son indemnité d'eurodéputée, en application de l'article 68 du MAS. Cette procédure n'est pas suspensive, mais la présidente du FN dispose de plusieurs recours : les questeurs, le bureau du parlement, ou, en dernier ressort, la Cour de justice de l'UE.

Marcel Ceccaldi prépare deux référés « contre le secrétariat général et contre lOLAF »devant la justice européenne, et organisera une conférence de presse dans les deux prochaines semaines à Bruxelles, aux côtés de l'avocat belge de Marine Le Pen, Ghislain Dubois. « Nous allons tout mettre sur la table : les procédés de lexécutif du parlement, ceux de lOLAF, dont lindépendance est une pantalonnade, mais plus largement la question du fonctionnement de lUE. Nous allons utiliser la règle de droit pour nous opposer à leurs pratiques », assure-t-il.

L'OLAF pointe du doigt les salaires touchés par deux assistants: Catherine Griset (298 392 euros au total) et Thierry Légier (41 554 euros). Vieille amie et ex-belle sœur de Marine Le Pen, Catherine Griset a été, entre décembre 2010 et mi-février 2016, son assistante parlementaire « accréditée » à temps plein, c'est-à-dire qu'elle devait travailler dans les murs du parlement, entre Bruxelles et Strasbourg. Sauf qu'elle était parallèlement la cheffe du secrétariat de la présidente du FN, puis sa cheffe de cabinet, au siège du parti, à… Nanterre. 

« OLAF a consaté que votre assistante n'a pas rempli certaines de ses obligations contractuelles et statutaires », notamment « l'obligation d'assistance directe dans les locaux du parlement européen à un député », écrit Klaus Welle dans son courrier adressé en septembre à Marine Le Pen, et publié par Challenges lundi soir. Catherine Griset avait assuré au Parisien concilier les deux tâches « grâce au télétravail », sans préciser si elle cumulait deux salaires, ou si le parlement européen couvrait son travail au siège du FN. En février 2016, elle est devenue simple assistante « locale », c'est-à-dire implantée dans la circonscription. Depuis vendredi, elle n'apparaît plus parmi les collaborateurs de Marine Le Pen sur le site du parlement.

Thierry Légier, lui, a été l'assistant « local » de l'eurodéputée entre octobre et novembre 2011, sous l'ancienne mandature. Ce colosse d'un mètre quatre-vingt-dix, ancien parachutiste, a assuré pendant vingt ans la protection de Jean-Marie Le Pen, avant de devenir le garde du corps de Marine Le Pen. Klaus Welle souligne sa« rémunération horaire de 64 euros », « extrêmement élevée » comparée à celle de 39 euros « d’un précédent contrat pour des tâches similaires »

« Le travail des assistants ne peut être seulement législatif, c'est un travail général sur des études, des médias, des messages reçus de circonscription », plaide de son côté Me Ceccaldi. Interrogé lundi soir sur BFMTV, Florian Philippot préfère y voir une « affaire assez comique sur le fond »« On reproche à Marine Le Pen d'avoir une assistante. Elle est l'assistante de Marine Le Pen depuis longtemps, tous vos collègues le savent. Elle n'est pas son jardinier, sa nounou ». Marine Le Pen est « eurodéputée de minuit à 24 heures (sic), du 1er janvier au 31 décembre », a-t-il ajouté.

 

Gendarme de l'Union européenne, l'OLAF n'est pas un organe judiciaire, il réalise des enquêtes administratives puis fait des recommandations. Il transmet ensuite ses conclusions à l'autorité nationale compétente, s'il estime que des poursuites sont justifiées. Après la publication de cet article, l'organisme a expliqué à Mediapart ne« pouvoir faire aucun commentaire à ce stade », mais il confirme avoir clôturé, en juillet 2016, « une enquête liée à une possible mauvaise utilisation par le Front national des fonds européens dédiés à l'assistance parlementaire ».

L'office européen confirme aussi avoir « envoyé son rapport final contenant des recommandations financières au Parlement européen, afin que tous les fonds de l'UE indûment versés soient retournés au budget de l'UE », et précise « surveill[er] étroitement les actions prises à la suite de ses recommandations »Il précise avoir « étroitement coopéré avec la justice française », par exemple en « assistant la police judiciaire française dans la réalisation de plusieurs recherches sur les bureaux et les maisons privées liées au Front national », dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte en France.

Au parlement, nos questions sont restées sans réponse. Sollicité, son président, Martin Schulz, n'a pas voulu faire de commentaire et nous a renvoyés vers les services de communication, qui nous ont fait savoir que « le parlement européen ne souhait[ait] pas réagir à ce stade ».

320 000 euros réclamés à Jean-Marie Le Pen, 270 000 euros à Bruno Gollnisch

Ce n'est pas la première fois que l'utilisation par Marine Le Pen de l'enveloppe européenne attire l'attention du parlement. En juillet 2012 déjà, les services financiers avaient questionné la présidente du FN sur l'embauche de deux de ses assistants, Louis Aliot et Florian Philippot, comme Mediapart l’avait révélé. L'eurodéputée les avait employés en pleine campagne, à temps partiel, comme assistants « locaux », alors qu’ils étaient parallèlement vice-présidents du parti, mais aussi directeurs de sa campagne présidentielle, puis porte-parole du FN aux législatives.

À l’époque, le parlement avait cru bon de rappeler l'article 43, qui souligne que les fonds débloqués pour financer le travail des assistants parlementaires « ne peuvent servir directement ou indirectement à financer des contrats établis avec des groupes politiques du Parlement ou des partis politiques »« La durée horaire modeste de leurs contrats d’assistance parlementaire permet de concilier deux activités professionnelles », avait répondu Marine Le Pen dans un courrier. Le parlement avait renoncé à éplucher les agendas d’Aliot et Philippot, jugeant que la présidente du FN profitait d'un certain flou juridique concernant la catégorie des assistants « locaux ».

Aujourd'hui, elle n'est pas la seule frontiste visée par une demande de recouvrement. En janvier, le parlement européen a réclamé 320 000 euros à Jean-Marie Le Pen et 270 000 euros à Bruno Gollnisch, pour avoir respectivement employé, sous la précédente mandature (2009-2014), Jean-François Jalkh, vice-président du parti, et Guillaume Lhuillier, le directeur de cabinet du fondateur du FN. Dans son courrier, adressé à Jean-Marie Le Pen, le secrétaire général du parlement soulignait que « pour l’ensemble de la septième législature, M. Le Pen ne fournit ni explication ni preuve du travail d’assistance parlementaire réalisé par M. Jalkh ».

« Il y a un certain climat depuis un an, on le voit avec l’affaire des assistants, le parlement européen nous réclame une somme astronomique et c’est exécutoire », se plaignait en juin le conseiller de Le Pen, Lorrain de Saint-Affrique, interrogé par Mediapart. « Il y a les injonctions fiscales, l'enquête préliminaire [sur le patrimoine de Jean-Marie Le Pen – ndlr], les perquisitions, et l’OLAF. » De son côté, Bruno Gollnisch fustige « une procédure politique et persécutoire » et annonce : « Moi qui étais un député relativement économe, j'ai décidé de dépenser l'intégralité des enveloppes de frais désormais ! ». Les deux élus ont engagé des recours devant la cour de justice européenne. Trois autres eurodéputées frontistes sont également visées, d'après Me Ceccaldi : Sophie Montel, Dominique Bilde, Mylène Troszczynski.

 

organigramme du FN (Médiapart)

organigramme du FN (Médiapart)

C'est la publication du nouvel organigramme du Front national, en février 2015, qui a alerté le parlement européen. En croisant ce document avec les contrats des assistants, les services du parlement ont découvert que sur les 82 personnes occupant des fonctions officielles dans l'appareil frontiste, 20 étaient des collaborateurs d’eurodéputés (4 « accrédités » et 16 « locaux »). Sur ces vingt, dix ont fourni dans leur contrat de travail au parlement l'adresse du siège du Front national à Nanterre. Tout comme neuf autres assistants parlementaires, qui ne figurent pas, eux, dans l'organigramme. Au total, ce sont donc 29 assistants frontistes – sur 63 – dont la situation était susceptible de poser problème, selon le parlement.

C'est sur cette base que le président du parlement européen, Martin Schulz, a saisi l'Olaf en mars 2015, conformément au règlement de l'institution. Parallèlement, le président social-démocrate allemand écrivait à la ministre de la justice française de l'époque, Christiane Taubira. Dans son courrier, consulté par Mediapart, M. Schulz évoque « une possible utilisation frauduleuse de fonds européens », et pointe des « salaires versés à des assistants qui ne compenseraient pas un travail effectif pour le Parlement et pourraient financer de façon indue les activités d'un parti politique ».

Le 24 mars 2015, le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire qu'il confie à l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF). Pendant plusieurs mois, les enquêteurs réalisent un travail d'épluchage et de recoupement des agendas, badges électroniques et contrats d'une quarantaine d'assistants parlementaires frontistes, pour identifier les situations potentiellement problématiques. Il s'agit concrètement de déterminer, pour chaque assistant, s’il a effectivement consacré tout ou partie de son temps de travail au mandat européen de son député. L'enquête se resserre sur une vingtaine d’assistants. 

Début 2016, une série de perquisitions est menée au siège du Front national et aux domiciles de plusieurs collaborateurs, avec l'assistance des enquêteurs de l'OLAF, qui participent à l'exploitation des ordinateurs saisis. Fin août, le parquet de Paris, destinataire du rapport de l'organisme européen, élargit le champ de son enquête préliminaire à la période 2010-2016. Les enquêteurs français doivent maintenant faire le tri dans les informations transmises par l'OLAF, et établir les faits qui sont susceptibles d'être poursuivis, ceux qui ne le sont pas, et ceux qui sont prescrits (au-delà de trois ans).

De son côté, le Front national dénonce depuis le départ « une opération politique » du socialiste allemand Martin Schulz, « directement pilotée par François Hollande et Manuel Valls » pour « surveiller et intimider l’opposition patriote ».

Le parti de Marine Le Pen est-il le seul à tenter de maximiser la manne européenne ? Dans une longue enquête publiée en mai 2014, Mediapart avait déjà mis en lumière plusieurs cas problématiques d’eurodéputés français – au PS, à l'UMP, au Parti de gauche –, suspectés d’employer leurs assistants à d’autres fins qu’un simple travail de collaborateur européen. Dans plusieurs partis (au-delà même des Français), des situations posent – ou ont posé – problème, à des degrés divers.

La pratique est ancienne. L'écologiste Gérard Onesta, un ancien vice-président du parlement européen, qui a coécrit le règlement interne de l'institution, avait racontéà Mediapart « les capacités d'imagination de certains députés pour contourner le règlement » au fil des années. Mais selon lui, « avec le FN, il semble que l'on n'est plus dans le tripatouillage marginal, mais bien plutôt dans le montage massif, systématique, industriel ».

En passant de trois à vingt-trois eurodéputés après les élections de 2014, le Front national a en tout cas réalisé une bonne opération budgétaire – à rebours de son discours de dénonciation des institutions européennes(lire notre article). Car ces nouveaux élus touchent chacun 6 400 euros net mensuels, bénéficient de défraiements jusqu'à 4 320 euros, mais aussi d'une enveloppe maximale de 23 392 euros chacun pour payer chaque mois leurs assistants. Au total, ce sont 97 personnes (20 eurodéputés et 77 assistants) qui sont aujourd'hui rémunérées grâce aux fonds européens,d'après nos calculs. Et le groupe parlementaire que le FN est parvenu à créer en juin 2015 – Europe des nations et des libertés (ENL) – lui permet de toucher des subventions supplémentaires : 3 222 261 euros pour l’année 2016.

Outre cette affaire des assistants, le Front national ou ses dirigeants sont visés par deux autres enquêtes judiciaires. En octobre, le parti frontiste, son trésorier, l'un de ses vice-présidents et plusieurs proches de Marine Le Pen, ont été renvoyés en correctionnelle dans l'affaire du financement de ses campagnes législatives de 2012. Les déclarations de patrimoine de la présidente du FN et son père font par ailleurs l'objet d'une enquête préliminairediligentée par le parquet national financier.

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 05:27
Cette année encore, des centaines de sans abris sont morts dans la rue

Sur le site de RFI - avec l'AFP

Chaque année, le nombre de SDF augmente dans les rues de France. Entre 2001 et 2012, on a noté une augmentation de 50% du nombre de personnes sans domicile fixe. Si leur nombre est assez simple à calculer, la mortalité de cette population à risque de décès prématuré reste compliqué à estimer. Entre janvier 2008 et décembre 2010, 6.730 SDF sont morts dans les rues, plus de 2.000 par an. C'est ce que révèle une nouvelle estimation publiée mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'Institut de veille sanitaire (InVS). 

Cette nouvelle étude qui aboutit à estimer ces décès à 6.730 au cours de cette période 2008-2010, est basée sur des recoupements entre les données du Collectif les morts de la rue et celles de la base nationale des causes médicales de décès du Cépi-DC Inserm. Selon le rapport du Collectif les morts de la rue, rendu public le 12 novembre, les personnes décédées (498 en 2014) qu'il avait pu répertorier, étaient majoritairement des hommes (88%), morts en moyenne à 49 ans, alors que l'âge moyen de décès des hommes dans la population générale s'établit à 79 ans. Le collectif a estimé à cette occasion n'avoir recensé qu'entre 1/5e et 1/6e des disparitions de SDF. 

De plus en plus d'enfants dans la rue

Le BEH consacré à ces populations relève notamment "un accroissement des familles ayant des enfants" au cours de la dernière décennie. Parmi ces sans domicile, près d'un tiers sont des enfants, un quart des adultes travaillent, mais ont des emplois le plus souvent précaires, peu qualifiés et mal rémunérés, rappelle le bulletin. 

Le nombre de familles sans logement est estimé à 10.280 en Ile-de-France, selon les premiers résultats de l'enquête EnFams 2013, consacrée exclusivement à ces familles, également publiée dans le BEH. 

Près de la moitié des familles étaient monoparentale, 22% ayant au moins 3 enfants, selon l'enquête. La majorité souffrait de malnutrition, avec une forte fréquence d'"insécurité alimentaire", d'anémie (50% des mères et 38% des enfants)...

***

Sur le site du Figaro

L'année n'est pas encore terminée, mais le collectif Les Morts de la Rue a déjà recensé le décès de 323 personnes vivant dans la rue. Selon l'association, la moyenne d'âge des personnes décédées est de 49 ans.

Depuis le début de l'année 2016, au moins 323 personnes sans domicile fixe sont décédées dans la rue. Le collectif Les Morts de la Rue , dresse une liste, actualisée chaque semaine, qui recense les informations sur ces SDF victimes de la rue. Âge, date, lieu de décès et quelques fois un nom, le collectif tente par ce bias d'alerter les pouvoirs publics. «On est choqué par ce qui se passe. Tout le monde est amené à mourir un jour, mais en moyenne un homme a une espérance de vie qui se situe autour de 79 ans. Pour les personnes qui vivent dans la rue c'est 49 ans», confie Nicolas Clément, président du collectif. Si ce chiffre est déjà important, il n'est cependant que partiel, l'année n'étant pas encore terminée.

Cette liste est établie à partir de différentes sources. «Il y a certaines associations qui nous transmettent les avis de décès. Certains riverains qui nous alertent ou encore la police et les hôpitaux. Cette liste est donc incomplète mais elle permet d'alerter sur la situation», explique Cécile Rocca, coordinatrice au sein du collectif Les Morts de la Rue.

Si le collectif refuse de faire une estimation du nombre de morts attendus à la fin de l'année dès maintenant, Nicolas Clément précise que depuis plusieurs années «on est autour de 500 décès par an». «C'est un chiffre dont on est sûr. Mais ce dont il faut avoir conscience, c'est que ce chiffre est très incomplet. Selon une étude de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), il pourrait y avoir entre 2700 et 2800 décès de sans domicile fixe par an».

Cette année, la moyenne d'âge des personnes mortes dans la rue est pour l'instant de 48,2 ans. Soit un peu moins que les années précédentes. Dans sa liste, on note également la très faible présence de femmes, évalué à 8%.

Partager cet article
Repost0
31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 12:09
Voilà le tract de la CGT concernant la journée nationale du 8 novembre prochain. Il n'y aura pas de rassemblement sur Morlaix, l'USD Finistere a décidé d'organiser une manif commune à Quimper devant l'ARS.

Une opération escargot est prévue de Châteaulin à Quimper.

Pour la défense de l’hôpital public et nos conditions de travail, Mobilisons nous le mardi 8 novembre! 

Mouvement national.
L’hôpital et ses personnels sont attaqués de toute part, avec une accentuation sans précédent
sur la période 2010/2016.
Un seul objectif : la déstructuration du système hospitalier français. En seulement 6 ans deux lois complémentaires ont atteint leur objectif et eu des conséquences néfastes : la loi HPST (Hôpital, Patient, Santé, Territoire), la loi Santé (dite de modernisation du système de Santé).
Au CHPM soignants et patients subissent de plein fouet cette vision purement économique
et administrative entraînant suppression de postes, suppression de lits, dégradation de la qualité des soins, maltraitance institutionnelle... on assiste à un nivellement vers le bas de nos conditions de travail sous prétexte fallacieux d'économie, on pousse les titulaires à partir en disponibilité ou pire à démissionner pour s'échapper de cet enfer créé par notre direction.
Alors que notre direction insiste sur ses difficultés à recruter, on apprend que les demandes
de mutation pour venir au CHPM ne sont pas prises en compte ( La CGT du CHPM reçoit des
candidatures spontanées par mail car leur demande initiale formulée à la direction reste lettre morte)
 

Jusqu'à quand allons nous accepter de nous faire tondre ??
Jusqu'à quand allons nous subir cette politique managériale inhumaine pour permettre à nos
pontes de se gaver de primes pour bons et loyaux services à l'ARS ??
Notre Direction attend t-elle des suicides (comme il y en a eu dans plusieurs hôpitaux de
France) au sein de nos collègues pour se rendre compte du mal qu'elle impose ??

Il est important de se mobiliser massivement pour montrer le ras le bol des agents du CHPM , cela n'a que trop duré !!!
(Préavis déposé pour la Journée complète ou débrayage de 14h à 15h)

Rassemblement à Quimper devant l'ARS, lieu de convergence décidé pour le Finistère
opération escargot depuis Châteaulin (l'horaire de débrayage est pour montrer notre soutien au mouvement pour ceux qui ne pourront pas se joindre au cortège)

Pour la défense de l'hôpital public et nos conditions de travail, mobilisons-nous le mardi 8 novembre à Quimper, rassemblement devant l'ARS ! (CGT Centre hospitalier public pays de Morlaix)
Partager cet article
Repost0
31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 09:09
Fresque de Diego Rivera , Palais national du Mexique, L'épopée du peuple mexicain (1929-1935)

Fresque de Diego Rivera , Palais national du Mexique, L'épopée du peuple mexicain (1929-1935)

Frida Kahlo et Diego Rivera au cours d'une manifestation du 1er mai 1929 (photo de Tina Modotti)

Frida Kahlo et Diego Rivera au cours d'une manifestation du 1er mai 1929 (photo de Tina Modotti)

Une nouvelle ère s'ouvre au Mexique quand la révolution contre la dictature du président Porfirio Diaz, élu pour la septième fois, éclate, avec l'insurrection menée par Madero, Emiliano Zapata, Pancho Villa. Vont suivre dix années de guerre civile terrible qui vont faire un million de morts au bout desquels une stabilité relative va finir par s'installer.

La septième élection que brigue Diaz met le feu aux poudres. Le 20 novembre 1910, « l’apôtre de la révolution », Francisco Ignacio Madero, déclencha une insurrection. Commençait alors dix ans d’une guerre civile qui fait un million de mort.

C’est finalement Alvaro Obregons qui, ayant assassiné Zapata le 10 avril 1919, met fin à ces dix années de lutte. 

"A partir de 1920, avec la création d'un ministère des affaires culturelles au Mexique sous la direction de José Vasconcelos, l'alphabétisation fut non seulement poussée, mais un vaste mouvement de renouveau culturel fut en même temps mis en branle. Son but était l'assimilation sociale et l'intégration culturelle de la population indienne ainsi que le recouvrement d'une culture mexicaine autonome. Alors que les éléments culturels indiens avaient été refoulés depuis la conquête espagnole et que l'art académique influencé par l'Europe avait été encouragé depuis le XIXe siècle jusqu'à la Révolution, la réorientation ne tarda plus. Beaucoup d'artistes, qui avaient trouvé dégradante l'imitation des modèles étrangers jusque-là courante, réclamèrent désormais un art mexicain indépendant détaché de l'académisme. Ils exigèrent que l'on se souvienne de ses origines mexicaines et que l'on revalorise l'art populaire" (Andrea Kettenmann, Frida Kahlo 1907-1954: Souffrance et passion, Taschen).     

L'exposition du Grand Palais consacrée aux artistes mexicains apporte une grande bouffée d'air frais aux musées de peinture parisiens, des couleurs chatoyantes et une beauté brute, violente, renvoyant à la vie, à l'histoire vibrante et au peuple. On y découvre ou y redécouvre des artistes extraordinaires, profondément originaux, qui avaient un engagement social et  révolutionnaire très fort.  

Auparavant, au début du siècle, plusieurs artistes mexicains vont trouver aussi leur inspiration à Paris, ville des avant-gardes au début du XXe siècle, comme le très grand Diego Rivera qui s'installe à Montparnasse en 1911 et restera dix ans, partageant un temps le même immeuble que Mondrian. A Montparnasse, il fréquente Pablo Picasso et Fernand Léger, deux artistes qui deviendront communistes comme lui. André Salmon décrit Rivera alors comme "un géant bafouilleur, modérément chevelu mais échevelé, barbu suffisamment, montrant les dents, costaud jusqu'à faire impression mais mal bâti; quelque chose comme un gorille abonné aux séances de croquis d'une Académie..."

Un "gorille" épicurien beau parleur et jouisseur et un homme à femme. Comme en témoigne la beauté de ses conquêtes, Lupe sa seconde femme, Guadalupe, "au port de reine, un rien hautaine, la démarche d'un félin" qui fait l'admiration de Edmund Winston, le grand photographe américain amant de Tina Modotti vivant avec elle à Mexico de 1923 à 1926, Frida Kahlo, bien sûr, sa seconde femme, et ses conquêtes passagères comme la belle artiste italienne Tina Modotti. Diego Rivera rencontra Frida Kahlo en 1929 grâce au cercle communiste de Tina Modotti et du réfugié cubain Julio Antonio Mella.         

Edmund Winston dans son journal raconte ses soirées avec Diego Riviera et Lupe: 

"19 novembre, le soir. Diego et Lupe Rivera étaient chez nous, roucoulant, cette fois, comme des tourtereaux. Ce sont des "nino" par ci, "nina" par là. Elle arborait un nouveau collier de corail. Elle plaisante: "A Guadalajara, tout le monde prenait Diego pour mon père. Quand je disais que c'était mon mari, on me demandait: comment peut-on épouser un tel éléphant?"  

" 7 décembre. Chez Monna et Rafael pour le chocolat, lequel est servi à six heures l'après-midi, au lieu de cinq heures, pour le thé. Présence d'un sénateur mexicain et de sa guitare, charro (cow-boy) élancé et chic. Il s'est battu deux ans aux côtés de Villa, pendant la Révolution. Chacun, ici, semble avoir participé aux combats. "Villa était sans doute l'homme le plus aimé des Mexicains, nous confie le sénateur. C'était une personnalité exceptionnelle, qui a mené un juste combat pour les opprimés". Et nous qui, aux Etats-Unis, grâce à la presse censurée, prenions Villa pour un gangster! Lupe et le sénateur fredonnent tout au long de la soirée des chansons populaires mexicaines, quelques-unes à la mémoire et à la gloire de Pancho Villa. Diego est présent. Je l'examine avec attention. Son six-coup et sa cartouchière, prêts à servir, contrastent étrangement avec son sourire avenant. On l'a surnommé le Lénine de Mexico. Ici les artistes sont proches du Parti Communiste.. Rivera possède de petites mains délicates, celles d'un artisan. Ses cheveux se dégarnissent autour du front, laissant un vide de près de la moitié de son visage, sorte de dôme majestueux, large, étiré. Chandler, sidéré par Diego, ses formes imposantes, son rire contagieux, son énorme pistolet, me demande: "S'en sert-il lorsqu'on critique ses oeuvres?"   

Rentré au Mexique en 1922, Diego Rivera va devenir un des très grandes peintres muralistes mexicains, avec le français émigré au Mexique Jean Charlot, Orozco, Siqueiros, peintre communiste comme Rivera.

   

  

 

Diego Rivera à Paris

Diego Rivera à Paris

Guadalupe Marin - la seconde femme de Diego Rivera (ils se sont mariés en 1922)

Guadalupe Marin - la seconde femme de Diego Rivera (ils se sont mariés en 1922)

Tina Modotti (1924) - portrait d'Edmund Winston

Tina Modotti (1924) - portrait d'Edmund Winston

Diego Rivera et Frida Kahlo en 1932

Diego Rivera et Frida Kahlo en 1932

Diego Rivera (1886-1957) - Portait d'Alfonso Best Maugard (réalisé à Paris en 1913)

Diego Rivera (1886-1957) - Portait d'Alfonso Best Maugard (réalisé à Paris en 1913)

Paysage zapatiste (1913, Paysage zapatiste) - à cette époque les paysages et portraits cubistes de Diego Rivera rivalisent avec ceux de Picasso que Rivera n'hésitera pas d''ailleurs à accuser de plaggiat

Paysage zapatiste (1913, Paysage zapatiste) - à cette époque les paysages et portraits cubistes de Diego Rivera rivalisent avec ceux de Picasso que Rivera n'hésitera pas d''ailleurs à accuser de plaggiat

Portrait de Ramon Gomez de la Serna (DIego Rivera, 1913)

Portrait de Ramon Gomez de la Serna (DIego Rivera, 1913)

vendeuses d'arums

vendeuses d'arums

Diego Rivera - fresque sociale représentant la vie (idéalisée) des Indiens dans le Sud du Mexique

Diego Rivera - fresque sociale représentant la vie (idéalisée) des Indiens dans le Sud du Mexique

Mexique enchanté, Mexique maudit, Mexique de l'art et de la culture révolutionnaires: une exposition magnifique au Grand Palais à Paris sur les artistes du Mexique entre 1900 et 1950
Diego Rivera: "L'homme à la croisée des chemins" (1924) - fresque au Rockefeller Center de New York ( Rivera y introduit le portrait de Lénine)

Diego Rivera: "L'homme à la croisée des chemins" (1924) - fresque au Rockefeller Center de New York ( Rivera y introduit le portrait de Lénine)

Pan American Unity (1940), Diego Rivera

Pan American Unity (1940), Diego Rivera

Frida Kahlo représentée sur "Pan American Unity"

Frida Kahlo représentée sur "Pan American Unity"

Autoportrait de Frida Kahlo (vers 1938) - "The Frame" - pour l'exposition Mexique organisée par André Breton à Paris en 1939, petit format avec des ornements floraux

Autoportrait de Frida Kahlo (vers 1938) - "The Frame" - pour l'exposition Mexique organisée par André Breton à Paris en 1939, petit format avec des ornements floraux

"Les deux Frida" (1939): ce tableau fascinant et atroce peint peu après le divorce de Frida Kahlo avec Diego Rivera exprime toute la souffrance de l'artiste, divisée entre elle-même, dont le coeur est mis à nu

"Les deux Frida" (1939): ce tableau fascinant et atroce peint peu après le divorce de Frida Kahlo avec Diego Rivera exprime toute la souffrance de l'artiste, divisée entre elle-même, dont le coeur est mis à nu

Frida Kahlo (1940): "Autoportrait aux cheveux coupés"

Frida Kahlo (1940): "Autoportrait aux cheveux coupés"

Frida Kahlo, après sa rupture en 1939, se remarie avec Diego Rivera en 1940 à San Francisco. Cette photo bouleversante prise à l'hôpital ABC de Mexico où Frida séjourna 9 mois suite à la dégradation de son état de santé date de 1950: Frida est opérée 7 fois de la colonne vertébrale et passe neuf mois à l'hôpital. Elle mourra dans sa maison bleue en 1954 tandis que Rivera mourra la même année que Malcom Lowry, l'auteur de "Au-dessous du volcan", en 1957. Frida Kahlo avait adhéré au Parti Communiste Mexicain en 1948. Elle était déjà un compagnon de route, s'engageant dans la solidarité avec les républicains espagnols, même si elle avait hébergé Léon Trotski et sa femme Natalia Sedova en 1937. Diego Rivera était allé à Moscou en 1927, Siqueiros en 1928.

Frida Kahlo, après sa rupture en 1939, se remarie avec Diego Rivera en 1940 à San Francisco. Cette photo bouleversante prise à l'hôpital ABC de Mexico où Frida séjourna 9 mois suite à la dégradation de son état de santé date de 1950: Frida est opérée 7 fois de la colonne vertébrale et passe neuf mois à l'hôpital. Elle mourra dans sa maison bleue en 1954 tandis que Rivera mourra la même année que Malcom Lowry, l'auteur de "Au-dessous du volcan", en 1957. Frida Kahlo avait adhéré au Parti Communiste Mexicain en 1948. Elle était déjà un compagnon de route, s'engageant dans la solidarité avec les républicains espagnols, même si elle avait hébergé Léon Trotski et sa femme Natalia Sedova en 1937. Diego Rivera était allé à Moscou en 1927, Siqueiros en 1928.

"Sueno de la Malinche" - le rêve de Malinche (la femme aztèque de Cortès) de Antonio Ruiz (1939): huile sur bois 30 x 40 cm

"Sueno de la Malinche" - le rêve de Malinche (la femme aztèque de Cortès) de Antonio Ruiz (1939): huile sur bois 30 x 40 cm

la marchande de fruits - Olga Casta (1931) - tableau présent à l'exposition du Grand Palais

la marchande de fruits - Olga Casta (1931) - tableau présent à l'exposition du Grand Palais

Francisco Goita, Tata Jesuchristo (1925-1927) - Francisco Goita donne une image non idéalisée, emprunte d'un dégoût profond de la violence et des horreurs de la guerre, de la révolution mexicaine

Francisco Goita, Tata Jesuchristo (1925-1927) - Francisco Goita donne une image non idéalisée, emprunte d'un dégoût profond de la violence et des horreurs de la guerre, de la révolution mexicaine

Francisco Goita, paysage de Zacatecas avec pendu (1914)

Francisco Goita, paysage de Zacatecas avec pendu (1914)

"La Révolution, le peuple en armes: Les Soldats de Zapata" - David Alfaro Siqueiros, fresque du musée national d'histoire à Mexico

"La Révolution, le peuple en armes: Les Soldats de Zapata" - David Alfaro Siqueiros, fresque du musée national d'histoire à Mexico

Les funérailles de Caïn - le poulet sacrifié représente le capitalisme (1947)

Les funérailles de Caïn - le poulet sacrifié représente le capitalisme (1947)

Notre Image Actuelle - 1947, Siqueiros

Notre Image Actuelle - 1947, Siqueiros

Siqueiros 1945: Nouvelle Démocratie - la Démocratie inquiète et douloureuse se libère du fascisme après la victoire contre les nazis

Siqueiros 1945: Nouvelle Démocratie - la Démocratie inquiète et douloureuse se libère du fascisme après la victoire contre les nazis

David Alfaro Siqueiros naît à Chihuahua (nord du Mexique) en 1896. Il a 13 ans quand ses parents partent s'installer à México. Comme Orozco, il est étudiant à l'école des Beaux-arts de Mexico, anciennement Académie "Sans carlos" ainsi qu'à l'école de Peinture Santa Anita. Comme beaucoup d'autres jeunes, c'est un idéaliste qui ne supporte plus la dictature étouffante de Porfirio Díaz. En 1914, il décide de s'engager aux côtés des révolutionnaires. A 20 ans, il est sous-lieutenant de l'Armée Constitutionnaliste. Il reste quatre ans et devient gradé. Cette expérience guerrière le marquera profondément et influencera son œuvre. Comme il le dira lui-même : « Sans cette participation à la Révolution, il n'aurait pas été possible plus tard de concevoir et de réaliser le mouvement pictural moderne mexicain ». Oui, de cette révolution politique naîtra une révolution artistique qui se concrétisera dans les fresques de Siqueiros mais aussi dans celles de Rivera, d'Orozco, d'O'Gorman... En 1919, il part en Europe. Il visite Paris où il peut y rencontrer Diego Rivera qui s'y trouve déjà depuis quelques années. Cette amitié lui permet de rencontrer les cercles artistiques alors en pleine ébullition à Paris. Il aiguise aussi sa conscience politique et sociale au contact des théoriciens et des activistes de tous bords. En septembre 1922, on le retrouve à Barcelone, où il publie un « Manifeste pour un Art Révolutionnaire Mexicain ». Le ton est donné...

L'énorme colonel - portrait de David Alfaro Siqueiros (1896- 1974)

L'énorme colonel - portrait de David Alfaro Siqueiros (1896- 1974)

Ethnographie - peinture de Siqueiros (1928)

Ethnographie - peinture de Siqueiros (1928)

José Clemente Orozco, Hispanic -America from The Epic of American Civilization - Baker Library - Dartmouth College, 1932-1934

José Clemente Orozco, Hispanic -America from The Epic of American Civilization - Baker Library - Dartmouth College, 1932-1934

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011