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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 16:58
L'association des maires du Finistère soutient les villes qui refusent l'installation automatique des compteurs Linky

 

 

C'est de toute évidence un excellent exemple à suivre pour les autres Associations départementales de maires, pour l'Association des maires de France (AMF), mais aussi pour les Syndicats départementaux d'énergie et la FNCCR : ces structures devraient en effet soutenir leurs communes adhérentes et non les intérêts des industriels sous couvert d'arguments ridicules et faux comme "Les compteurs Linky sont imposés par l'Europe, on n'y peut rien".

 

Nous invitons tous les élus locaux, à commencer bien sûr par les maires, à soutenir leurs collègues ainsi attaqués en justice administrative, et à s'adresser aux Syndicats départementaux d'énergie, aux Associations départementales des maires, à l'Association des maires de France, à la FNCCR, etc, pour leur demander de remplir tout simplement une de leurs principales missions : soutenir les maires et les communes.

 

Au lieu de prendre fait et cause pour les industriels, ces structures doivent au contraire s'adresser au gouvernement pour lui signifier qu'il faut cesser de vouloir "régler" le problème Linky par la menace et la contrainte, et qu'il est grand temps d'entamer des négociations : les communes qui refusent les compteurs communicants doivent voir leur position respectée. Si nécessaire, la loi doit être modifiée en ce sens.

 

Pourquoi refuser aux Français ce que les Québécois ont obtenu, à savoir le droit de refuser les compteurs communicants et même de faire enlever ceux qui ont déjà été posés ?

 

Il est important aussi de se mobiliser lorsque les communes passent au Tribunal administratif, comme par exemple Montferrand-du-Périgord : un rassemblement de soutien a eu lieu au moment de l'audience, lundi 10 octobre à 10h devant le Tribunal administratif de Bordeaux.

 

Il est important que de tels rassemblement soient organisés chaque fois qu'une commune est citée à comparaitre. Notons bien qu'il ne s'agit pas de s'en prendre aux juges administratifs qui, saisis, sont bien obligés de statuer. Il s'agit bien de dénoncer les méthodes des dirigeants d'Enedis et des Préfets et en réalité de l'Etat qui est leur donneur d'ordre.

 

Cette affaire ne concerne pas que la question des compteurs Linky, c'est la démocratie municipale qui est en jeu : ne nous laissons pas faire !

 

Stéphane Lhomme
Conseiller municipal
Saint-Macaire (33490)
http://refus.linky.gazpar.free.fr

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 16:29

http://www.dailymotion.com/video/x4xb9h6_le-cloitre-saint-thegonnec-29-une-famille-de-refugies-syriens-accueillie-dans-la-commune_news

Ils ont été amenés avec leur maigre bagage dans la petite commune du Cloître-Saint-Thégonnec, le 20 septembre. Réfugiés de guerre, les Syriens Khaled et Mona Aburass sont accueillis, avec leurs deux enfants, dans le logement mis à leur disposition par la commune. Une première dans le pays de Morlaix.

Il y a moins d'un mois, ce couple vivait encore dans un logement de fortune en plein désert jordanien, à Mafraq, 3.800 kilomètres à l'Est de la Bretagne. Mais depuis deux semaines, Khaled et Mona Aburass, 30 et 23 ans, et leurs deux enfants Shahd, trois ans et Saif, onze mois, ont changé de latitude. Ils sont arrivés ensemble en avion, à Brest, depuis Amann, via Paris. La famille bénéficie du statut de réfugiés politiques. C'est l'association brestoise Coallia qui s'est chargée de leur transfert jusqu'au Cloître-Saint-Thégonnec.

Blessé à la tête à Homs

Venus à la mairie à pied depuis le logement, mis à leur disposition en plein bourg par la municipalité, ils racontent leur parcours. C'est celui d'une fuite. Habitants de Homs, l'une des premières villes martyres bombardée depuis 2012 par l'armée syrienne, les deux jeunes gens ont décidé en 2013, de partir vers la Jordanie. Après des mois de calvaire. « J'ai été blessé à la tête le 26 mars 2012 par un éclat d'obus que j'ai reçu en pleine nuit, alors que je dormais au premier étage de l'habitation familiale. Mes parents étaient au rez-de-chaussée, ils n'ont pas été touchés ce jour-là. Je m'en rappellerai toute ma vie », détaille en arabe Khaled, avec l'aide de l'interprète locale, Zakia Metloug. Après deux mois d'hôpital et des semaines en fauteuil roulant, le jeune Khaled a retrouvé un peu de motricité. Mais son bras et sa jambe gauche restent lourdement touchés, et les crises d'épilepsie, régulières. Avant sa blessure, il devait se marier avec Mona, la fille d'un commerçant et ami du quartier. « Malgré mon handicap, il m'a quand même permis de l'épouser », poursuit le Syrien, qui travaillait à l'époque comme technicien dans la téléphonie.

La commune candidate

Arrivé en Jordanie, aux côtés des parents de Mona et de 600.000 autres réfugiés syriens, le jeune couple a eu ses deux enfants. Après onze mois d'attente, leur demande d'exil a été prise en compte par l'Office international pour les migrations et les États-Unis. « On nous proposait la Tchéquie ou la France. On a choisi la France, parce que c'est un pays qui nous semble plus libre, plus moderne, mieux équipé pour pouvoir me soigner », poursuit Khaled, dont l'un des frères est aujourd'hui porté disparu. Au Cloître-Saint-Thégonnec, la solidarité s'est naturellement mise en place autour du jeune couple. « Nous avons répondu à l'appel de l'État pour héberger des réfugiés syriens dès septembre 2015. La mise à disposition de ce logement de plain-pied a été votée, à l'unanimité, en conseil municipal, en décembre 2015, rappelle le maire, Véronique Pereira. Il n'y a d'abord pas eu de demande, avant que nous nous repositionnions, début 2016. Nous avons su, en avril, qu'une famille allait arriver. Le feu vert a été donné en juin, mais nous avons appris l'arrivée de Khaled et Mona Aburass début septembre ».

Objectif solidarité

Passer du désert aux pâtures n'est toujours pas très facile pour le couple, qui s'imaginait plus volontiers arriver « dans une ville avec un grand hôpital » que dans un bourg, n'a pas de permis de conduire et ne parle, qui plus est, ni français, ni anglais. « Mona est un peu plus craintive, ses parents lui manquent. Mais nous misons sur le réseau d'entraide pour l'aider à se familiariser avec son nouvel environnement », ajoute le maire.

La petite Shahd a, elle, déjà fait sa rentrée des classes à l'école communale. « En une semaine, elle s'est bien intégrée », souligne Sandrine, des Utopistes en action. Très présente dans le bourg, l'association s'investit quotidiennement aux côtés du couple, tout comme plusieurs élus ou des particuliers de la commune. « On a fourni des vêtements, des couvertures, on se relaie pour les conduites aux rendez-vous médicaux, on a passé les premières soirées à leurs côtés, on répond à leurs questions... ».

« Un avenir pour nos enfants »

Les yeux un peu dans le vague, Khaled et Mona n'évoquent pas trop l'avenir. Ils commencent par remercier tout le monde, les élus, les associations, la France. Disent qu'ils voudraient juste de bons médecins, qui sait, ensuite, peut-être un travail, et avant tout un avenir pour leurs enfants. Les attentats en France ? « On a entendu ça, depuis la Jordanie. Cela nous a énormément contrariés, termine Khaled. Nous, on est juste venus en France pour vivre en paix ».

http://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix/syriens-merci-a-vous-et-a-la-france-14-10-2016-11254445.php

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 06:31
Vue d'en bas, une journée ordinaire de la France d'en haut (Gérard Le Puill - 13 octobre, L'Humanité)
Vue d’en bas, une journée ordinaire de la France d’en haut
GÉRARD LE PUILL
JEUDI, 13 OCTOBRE, 2016
HUMANITE.FR
 
Pendant que l’on achève les paysans dans les campagnes de France sur fond de progression de la misère dans le pays, TF1 met en scène ce soir « les sept mercenaires » de la droite dure. Ils succèdent dans les médias à celui qui concède qu’un président de la République ne devrait pas dire ce qu’il a dit à deux journalistes à travers 61 entretiens. Pendant ce temps, Arnaud Montebourg parle de rallumer en Lorraine les hauts fourneaux qu’il a laissé s’éteindre en 2013.
Quatre informations tournent en boucle dans les médias depuis 24 heures. Elles ne sont pas de nature à améliorer l’image des décideurs politiques en France. La première concerne la sortie d’un livre qui « ramasse » les confidences de président de la République que les auteurs ont rencontré 61 fois entre 2011 et 2016. Le titre de cet ouvrage est fait d’une phrase que leur glissait souvent le chef de l’Etat avide de faire des confidences : « Un président ne devrait pas dire ça »(1) , Gérard Davet et Fabrice Lhomme ont considéré que cela en disait beaucoup sur l’homme qui avait tant de choses à leur confier. Parfois les entretiens se déroulaient à l’Elysée avec toujours le magnétophone sur la table pour enregistrer la conversation.
Même quand le chef de l’Etat parlait au téléphone avec le président des Etats Unis afin de tenter d’avoir le feu vert de ce dernier pour bombarder la Syrie. Et l’on sait depuis le mois d’août que les deux enquêteurs se voyaient remettre des photocopies de documents étalés sur la table de travail du président bien que classés « secret défense ». « Un président ne devrait pas faire ça» convient-il de dire à cet égard. Parfois, le chef de l’Etat allait diner chez l’un ou l’autre de ses confidents. On ignore ici si les breuvages consommés dans ces circonstances ont eu une influence sur le propos distillés. 
 
Pour le reste, Nicolas Sarkozy sait désormais ce que son successeur pense de lui. Par ailleurs, Valérie Trierweiler, en publiant hier un tweet que lui aurait adressé François Hollande en 2008 au terme d’une manifestation d’élus corréziens en compagnie de Bernadette Chirac, confirme bien que l’expression moqueuse « les sans dents » était courante chez Hollande quand il parlait des pauvres bien avant d’être président de la République.
 
La seconde information concerne le débat que les sept candidats de la primaire de la droite auront ce soir entre eux sur TF1 pour tenter de se différencier les uns des autres alors que leurs propositions économiques et antisociales sont quasiment identiques. On peut toutefois penser que leur principal point d’accord sera leur condamnation unanime de la manière dont François Hollande joue avec la fonction présidentielle à des fins dont on peine à comprendre les motifs, à supposer qu’il y ait quelque chose à comprendre. C’est d’ailleurs ce qu’à dû se dire hier Stéphane Le Foll, porte parole du gouvernement. Alors qu’il rendait compte du Conseil des ministres, une journaliste lui a montré sur son téléphone portable le fameux « tweet » de Hollande en 2008 sur les « sans dents » que son ex compagne venait de sortir après l’avoir précieusement conservé depuis 8 ans.
 
Car ce pauvre Le Foll a bien d’autres soucis en ce moment, ce qui nous conduit à la troisième nouvelle qui tourne en boucle depuis hier. Selon les chiffres fournis par la Mutualité Sociale Agricole (MSA), 33% des paysans - dont le revenu est connu via le système comptable d’imposition sur le bénéfice réel- ont dégagé en 2015 un revenu inférieur à 354€ par mois. Ce nombre de paysans en grande difficulté a presque doublé en un an au point de concerner 134.450 exploitants. Cette situation difficile a plusieurs causes qui vont de la baisse des prix à des épidémies comme la grippe aviaire, la fièvre catarrhale ovine qui a aussi touché les bovins et les caprins. Il en résulte une descente aux enfers pour beaucoup de paysans. Avec un revenu mensuel inférieur à 354€, le taux d’endettement de l’exploitant augmente parallèlement et devient un handicap de plus en plus lourd pour les années à venir.
 
Tandis que les suicides augmentent chez les paysans, ces sont surtout les épouses qui appellent au secours auprès de la MSA. «Lorsqu’il n’y a plus de revenus qui rentrent, un fort endettement, l’homme n’ose plus appeler. Il se réfugie dans le travail, ne s’occupe plus des papiers administratifs ou de payer les factures. C’est le conjoint qui est confronté à cela » témoignait un dirigeant de la MSA dans le Figaro d’hier.
 
On peut penser que certains des compétiteurs du parti Les Républicains parleront ce soir de la maltraitance économique et sociale que vivent les paysans et se feront leurs avocats. Ils ont pourtant une lourde responsabilité dans la situation dramatique de nos agriculteurs. C’est Nicolas Sarkozy et son premier ministre François Fillon qui ont fait voter en 2008 par les parlementaires de droite la Loi de modernisation économique (LME) qui a donné les pleins pouvoirs aux centrales d’achat de la grande distribution pour piller les paysans et le PME de l’industrie agro-alimentaire. C’est ce que montre depuis le rapport annuel sur les marges et les prix. Cette loi sert à tirer les prix agricoles vers le bas. C’est aussi sous la présidence de Nicolas Sarkozy, avec François Fillon à Matignon et Bruno Le Maire au ministère de l’Agriculture, que la France a accepté en 2010 la sortie officielle des quotas laitiers par pays en avril 2015. Du coup, entre 2014 et le début de 2016, il a suffit que la production laitière européenne augmente de 4% en volume pour que les laiteries baissent de 20 à 30% le prix de lit de lait payé aux éleveurs. Ainsi fonctionne le système économique libéral, lequel n’est pas encore assez libéral aux yeux des sept candidats de la droite invités ce soir par TF1 comme on le découvre à la lecture de leurs projets respectifs.
 
La quatrième information en boucle concerne Arnaud Montebourg. Le candidat à la primaire interne au Parti socialiste passe trois jours en Lorraine pour se refaire une virginité, comme défenseur de la production industrielle. On rappellera ici qu’il fut un ardent supporter de Ségolène Royal contre Sarkozy en 2007 allant même jusqu’à dire à la télévision qu’elle n’avait « qu’un seul défaut, son compagnon », de l’époque. Lui-même candidat à la primaire de 2012, il appela à voter pour Hollande au second tour et non pour Martine Aubry, réputée plus à gauche à tort ou à raison. Ayant obtenu le poste de ministre de l’Economie et du redressement productif comme récompense de la part de Hollande, il promit de s’opposer à la fermeture de la fonderie de Florange. Puis il assista à cette fermeture en avril 2013 sans quitter le gouvernement. Il « travailla » ensuite pour évincer le Premier Ministre au profit de Manuel Valls , lequel , en août 2014 présenta à François Hollande la démission de son gouvernement avant d’être renommé premier ministre et de ne pas prendre Montebourg dans ce gouvernement. Cela faisait suite à la « cuvée du redressement productif » via une bouteille de vin de bourgogne brandie par Montebourg en guise de cadeau au cher de l’Etat lors de la fête de la rose à Frangy en Saône- et- Loire. 
 
Voilà. Mieux vaut se souvenirs de ces toutes péripéties avant de prendre pour argent comptant les paroles des personnalités politiques les plus médiatisées en cette semaine aussi riche en verbiage politicien que pauvre en réflexion prospective dans un pays en crise.
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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 06:23
Pierre Laurent écrit aux candidats et organisations de gauche, souhaitant les rencontrer avant le 5 novembre
2017 : Pierre Laurent écrit aux candidats et organisations de gauche
JEUDI, 13 OCTOBRE, 2016
HUMANITE.FR

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a, dans un courrier aux candidats et organisations de gauche, émis le souhait de les rencontrer avant le 5 novembre.

Le PCF a organisé, samedi 8 octobre, la restitution de sa grande consultation "Que demande le peuple". Cette expérience militante a permis d'interroger des centaines de milliers de personnes sur leurs aspirations, leurs propositions...
Dans le même temps, les communistes préparent leur conférence nationale qui aura lieu le 5 novembre prochain afin de choisir leurs options pour les échéances présidentielles et législatives. Le PCF a dégagé majoritairement une stratégie d'union et de rassemblement de toutes les forces de gauche et écologiques qui s'opposent au libéralisme et à l'austérité. En considérant que c'était le meilleur moyen d'arriver à déjouer les scénarios du Medef, de l'Elysée, des Républicains, et du FN, et de permettre à un-e candidat-e de cette gauche progressiste d'accéder au second tour.
Aujourd'hui, plusieurs candidat-e-s issu-e-s de forces que nous souhaitons rassembler pour rompre avec les logiques libérales, sont déclaré-e-s ou engag-é-e-s dans la primaire de leur parti. La multiplicité de ces candidatures nous fait courir le risque d'une élimination de toutes ces forces.
C'est dans ce contexte que la conférence nationale du PCF va examiner les choix politiques.
C'est également dans ce contexte que Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a, dans un courrier aux candidats et organisations de gauche, émis le souhait de les rencontrer avant le 5 novembre.
 
Lire les lettres de Pierre Laurent à :
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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 06:18
2017: vivement la gauche! Signez la pétition! (adressée aux candidats de la gauche alternative à la politique libérale, austéritaire, sécuritaire du gouvernement Valls-Hollande pour appeler à se rassembler pour éviter la catastrophe en 2017)

2017, Vivement la gauche ! Pétition

Pétition addressée aux canditat-e-s de la gauche d'alternative à la politique du gouvernement

Il est temps d’arrêter la dispersion et la division de celles et ceux qui à gauche veulent vraiment proposer une alternative à la droite déchaînée, au FN menaçant et à la politique du quinquennat Hollande. Pour une France digne de son histoire, de ses valeurs humanistes. Pour gouverner sans trahir, sans se soumettre à la finance et au Medef. Un-e seul-e candidat-e et la victoire devient possible. 

Nous appelons tous les candidat-e-s de la gauche d'alternative à la politique du gouvernement à se rassembler pour construire une nouvelle majorité politique à gauche autour d'un ou d'une seule d'entre eux à l'élection présidentielle.

 

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 06:16

Livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme : « Un président ne devrait pas… » (réaction d'Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF)

 

Tempête médiatique avec la publication du livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme consacré à François Hollande.

Pour aller droit au but – cela n'est en rien un dribble pour attirer l'attention sur les propos peu amènes de François Hollande sur l'équipe de France -, celui qui est passé de Solférino à l'Elysée est en proie à une véritable addiction aux journalistes. C'était vrai avant, la fonction présidentielle n'a rien changé dans ce registre. Pire, il semblerait qu'on frise l'overdose. François Hollande est accro. Pour ce livre, sans parler des autres, cela se traduit donc par 61 rendez-vous, dont des dîners privés au domicile d'un des journalistes.

 

Les derniers soutiens à ce président récidiviste font vraiment de leur mieux. Mais on sent bien que le cœur n'y est pas, n'y est plus. Il est vrai que les extraits publiés dans la presse sont affligeants et consternants pour François Hollande dans un moment où il tente, sans y parvenir, dans un long entretien dans l'Obs, de récuser un procès en trahison.

 

Plus sérieusement, car il y a aussi beaucoup de vacuité et de grotesque dans tout cela, la question qui est posée est celle de notre vie démocratique, de nos institutions, de la Vè République, du présidentialisme, d'un homme élu en 2012 et qui a pu n'en faire qu'a sa tête, de la non renégociation du traité budgétaire européen, dès son installation, à cette fin de quinquennat où l'exercice auquel il se livre ne peut qu'alimenter le dégoût de la politique.

 

Un président ne devrait pas… être élu de cette manière, agir ainsi, mépriser le Parlement et les partenaires sociaux, faire une politique dont on ne trouve trace dans ses engagements (pacte de responsabilité, CICE), dire de la Justice qu'elle est une « institution de la lâcheté » ou que le CPE de Villepin, «  ce n'était pas absurde »… Et puis enfin, ce qui est insupportable, c'est ce ton chichiteux, ce lamento permanent sur la dureté de la tâche. Cela n'est-il pas obscène par rapport aux millions de femmes et d'hommes qui sont véritablement confrontés à la pénibilité au travail, à la précarité, aux journée qui abiment les corps et les âmes ? Lui président, ils n’oublieront pas.

François Hollande ne peut raisonnablement pas être candidat en 2017.

Olivier Dartigolles

Olivier Dartigolles

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 06:07
Hollande et les affaires: un président à côté de la plaque (Fabrice Arfi- Mathilde Mathieu, Médiapart - 13 octobre 2016)
Hollande et les affaires: un président à côté de la plaque
13 OCTOBRE 2016 | PAR FABRICE ARFI ET MATHILDE MATHIEU

Dans le livre Un président ne devrait pas dire ça…, le chef de l'État se montre en totale déconnexion avec les enjeux fondamentaux de la lutte contre la corruption.

 

François Hollande parle, bavarde, se confie à tous les vents mais, au fond, que dit-il vraiment ? Dans Un président ne devrait pas dire ça… (Stock), un énième livre de confessions avec des journalistes – mais le plus substantiel de tous (61 entretiens, 662 pages) –, le président de la République aborde en détail la question des “affaires” pour la première fois.

François Hollande n’aime pas les “affaires”, elles ne lui disent rien de bon. Le président paraît hanté par une seule et même question : après tout, à quoi lui servent-elles électoralement ? Réponse : à rien, à part “faire le jeu” de l’extrême droite, dit-il en substance. « Les affaires discréditent l’ensemble de la classe politique, et un peu plus, malgré tout, Sarkozy… Mais il ne faut rien attendre des affaires. Aujourd’hui, tout ce qui est à l’œuvre est favorable au Front [national – ndlr] », confie ainsi le chef de l’État aux deux auteurs de l’ouvrage, les journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme.

Pourtant garant des institutions, le chef de l’État ne semble manifester d’ailleurs que peu de considération pour la chose judiciaire, le livre révélant même une forme de duplicité. Tandis que le 7 octobre, lors du congrès de l’Union syndicale des magistrats (USM), le président affirmait en public que « ce sont d’abord les magistrats qui font la justice », le même entonne un tout autre refrain dans le huis clos de son bureau, devant les journalistes du Monde. Il parle de la justice comme d’« une institution de lâcheté ».Visant surtout ses gradés, il ajoute : « C’est quand même ça, tous ces procureurs, tous ces hauts magistrats, on se planque, on joue les vertueux… On n’aime pas le politique. La justice n’aime pas le politique… »

La lecture des nombreux passages consacrés aux “affaires” laisse un goût amer, le président n’hésitant d’ailleurs pas à s’exprimer sur des procédures en cours. Face aux ravages de la corruption, qui vaut pourtant à la France d’être regardée avec inquiétudepar certaines organisations internationales, François Hollande se montre en totale déconnexion avec les enjeux fondamentaux, évaluant les “affaires” exclusivement sous l’angle de leur impact électoral.

Un peu comme si la lutte contre la corruption n’était pas porteuse de revendications citoyennes, qui dépassent la simple impression de tir aux pigeons que le spectacle des “affaires” peut parfois offrir : redonner confiance aux citoyens dans le fait démocratique, récupérer les masses considérables d’argent qui échappent à la richesse des nations, moraliser durablement la vie publique…  

Un peu comme s’il n’y avait aucune leçon à tirer, en dehors de quelques calculs de boutiquier, du fait que le portrait de la France de 2016 soit – outre le chômage, la menace terroriste et la furia identitaire – celui d’un pays miné par la corruption.

Les faits, pourtant, sont là, sous nos yeux : un ancien président de la République (Nicolas Sarkozy) deux fois mis en examen, comme une trentaine de ses proches (ministres, avocats, conseillers, policiers…), un ancien premier ministre candidat (Alain Juppé) condamné, un parti d’extrême droite (le Front national) renvoyé devant un tribunal correctionnel pour « complicité d’escroqueries », un ancien ministre du budget (Jérôme Cahuzac) fraudeur fiscal, une ancienne ministre de l’économie aujourd’hui directrice du Fonds monétaire international (Christine Lagarde) bientôt jugée, le patron du parti majoritaire (Jean-Christophe Cambadélis) deux fois condamné par la justice financière – liste non exhaustive.

Les exemples du mépris (au mieux du dédain) présidentiel pour les “affaires”, et de ce qu’elles disent de l’état du pays, sont légion dans l’ouvrage. Les deux reporters du Monde l’écrivent eux-mêmes : « Il nous l’a suffisamment répété, il ne compte pas sur les “affaires”, dont il juge qu’elles ont un faible impact sur l’électorat, et dans tous les cas ne profitent pas aux partis traditionnels, bien au contraire. » François Hollande : « Je crains que ce ne soit regardé comme une des illustrations de la décomposition du système démocratique. » Capable d’un grand cynisme, le président n’exclut pas, cela étant, de se servir desdites “affaires” en temps utile, « dans une campagne »

Un exemple est particulièrement instructif sur la vision présidentielle. Quand éclatent en 2014, à quelques jours d’intervalle, l’affaire Buisson, du nom de l’ancien conseiller de Sarkozy pris dans les filets de la justice, et l’affaire “Bismuth”, du faux nom dont s’était affublé le même Sarkozy pour comploter contre des juges trop fouineurs, François Hollande se plaint : « On avait l’inversion de la courbe du chômage, le pacte de responsabilité, nos initiatives sur l’Ukraine… On n’a pas pu expliquer tout ce qu’on avait fait. Franchement, ces affaires-là, elles ne nous servent pas […]. Ça n’a aucun intérêt pour nous. » « Intérêt », « servir »… il ne sort guère du registre utilitariste.

Le paradoxe du président

De l’affaire Bygmalion, il ne sait d’ailleurs que penser, ou disons qu’il se tâte. Au départ, la responsabilité du candidat Sarkozy dans l’explosion du plafond de dépenses lui semble indiscutable : « Moi je n’ai pas signé les chèques, donc je ne peux pas dire que Sarkozy les a signés. Mais à un moment, on sait, assène-t-il en 2014. Parce qu’il y a quelqu’un qui vous dit : “Là, on ne peut pas, on va être repérés”. » Puis voilà qu’en février 2016, il épouse la ligne de défense sarkozyste : « Je pensais que sur cette affaire le Conseil constitutionnel avait tout dit […]. J’ai trouvé que la mise en examen [de Sarkozy] était peut-être automatique dès lors qu’il avait signé les comptes mais n’indiquait rien sur sa connaissance ou pas de l’affaire Bygmalion. » À force de vouloir démontrer son refus de toute instrumentalisation des affaires, il s’approche de l’absolution.

C’est que la médiatisation grandissante du dossier Bygmalion l’inquiète pour lui-même :« Ce n’est pas bon pour la politique […]. Une bonne partie de l’opinion publique doit se dire […] : “Est-ce que les autres n’ont pas fait pareil ? [Sarkozy] se fait pincer, il s’est fait rattraper. Et Hollande ?” » Le travail des juges a cet inconvénient, en effet, qu’il réveille la vigilance des citoyens et les questions légitimes – sans susciter de réponses législatives pour autant, puisque le PS n’a presque rien entrepris pour renforcer les contrôles sur le financement de la vie politique.

Les “affaires” permettent en tout cas au président de la République de se tendre un miroir pour y admirer son reflet et constater qu’il n’est pas Sarkozy. « Moi, président de la République, je n’ai jamais été mis en examen… Je n’ai jamais espionné un juge, je n’ai jamais rien demandé à un juge, je n’ai jamais été financé par la Libye… », se rassure le chef de l’État, reprenant la fameuse anaphore du débat d’entre-deux-tours de 2012.

Il assume aussi son lot d’affaires. Mais loin des forfaits de la Sarkozie, cette « bande au sens prébendier » du terme, cornaquée par un chef qui « ne fait pas le partage entre le légal et le non-légal, le décent et le non-décent », il ne voit dans son camp qu’une série d’écarts individuels (Cahuzac, Thévenoud, etc.). « D’abord, il n’y a aucun système, rien qui soit un mécanisme de financement politique ou électoral, ou personnel. Deuxièmement, il n’y a aucune protection qui soit apportée à qui que ce soit. Troisièmement, la justice et la presse font leur travail jusqu’au bout. Quatrièmement, quand un individu est approché par la justice, il est remercié. »

Trois membres de son entourage le plus proche ont été “démissionnés”, il est vrai. Mais Hollande s’emploie systématiquement à relativiser leur dossier : à l’entendre, Aquilino Morelle, sa “plume” à l’Élysée, a commis une vulgaire « maladresse » (un cireur n’est tout de même « pas une péripatéticienne ») ; son conseiller Faouzi Lamdaoui (jugé pour abus de biens sociaux - relaxé en première instance, le procès en appel est attendu en janvier 2017) s’est uniquement vu reprocher « son passé, des faits antérieurs à sa nomination à l’Élysée » ; quant à Kader Arif, secrétaire d’État mis en cause dans une enquête pour favoritisme, il faudrait parler d’« une imprudence, une légèreté pas gravissime ». « Faire travailler son frère […], c’était possible » il y a encore quelques années, ne peut s’empêcher de glisser François Hollande, toujours ambivalent.

Alors qu’il pourrait souligner combien sa main n’a pas tremblé, et faire de son intransigeance un programme de campagne, il laisserait presque transparaître un sentiment de culpabilité. Comme s’il n’assumait pas complètement, comme si la noblesse du combat lui échappait.

En matière de moralisation, François Hollande n’a certes pas tout fait (il a renoncé à supprimer la Cour de justice de la République réservée aux ministres, refusé de faire sauter le “verrou de Bercy” dans la lutte contre la fraude fiscale, etc.), mais il a bien plus agi que ses deux prédécesseurs, en interdisant toute instruction du ministère de la justice dans une affaire individuelle, en créant le Parquet national financier (PNF) et la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) en 2013, puis l’Agence française anticorruption cette année.

Il en paraît parfois gêné. C’est là son paradoxe. « C’est vrai que c’est très injuste pour les députés et les sénateurs, au motif qu’un ministre […] a commis une faute, d’être amenés à publier leur patrimoine », lâche-t-il à nos confrères en 2013. « Très injuste » ? Il faut relire la phrase pour y croire. Les déclarations de patrimoine des parlementaires ne seront finalement pas “publiées” mais consultables en préfecture, avec interdiction de prendre la moindre note.

Ancien élu de Corrèze, longtemps premier secrétaire du PS, Hollande sait bien que ses réformes agacent au plus haut point certains barons socialistes (dont le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone), alors il s’excuserait presque : « Il ne s’agit pas de faire comme s’ils étaient suspects, mais de dire : dans l’intérêt de tous, parlementaires, ministres, responsables publics, on va maintenant – peut-être à tort – vers une exigence de transparence. » Ou quand le président n'est plus bien sûr d'avoir raison.

 

 

 

 

 

 

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 04:27
SOS MEDITERRANEE reçoit le Prix du Citoyen européen 2016 (L'Humanité, 13 octobre 2016)
SOS MEDITERRANEE reçoit le Prix du Citoyen européen 2016
JEUDI, 13 OCTOBRE, 2016
HUMANITE.FR
 

Le Parlement européen a décerné cette année à l'association de sauvetage en mer Méditerranée, ce prix dédié à des projets et des initiatives « qui facilitent la coopération transnationale ou qui promeuvent les valeurs communes au sein de l’Union européenne ».

SOS MEDITERRANEE, association européenne de sauvetage en mer Méditerranée, a été fondée en 2015 par un groupe de citoyens européens pour porter secours à des personnes en détresse en Méditerranée, palliant ainsi l’absence de politique adaptée, au niveau européen. Financée à 98% par des dons privés, l’association est honorée de recevoir aujourd’hui une telle distinction. « En acceptant ce prix, nous espérons attirer l’attention sur les tragédies qui se déroulent chaque jour à nos frontières. Trop de gens meurent encore en Méditerranée chaque jour. » a déclaré le capitaine Klaus Vogel, co-fondateur de SOS MEDITERRANEE. Entre le 1er et le 2 octobre dernier, l’Aquarius, navire de SOS MEDITERRANEE, a effectué sa plus importante opération de sauvetage : 722 personnes entassées sur un bateau en bois ont été sauvées de la noyade par les équipes de SOS MEDITERRANEE.

Au total, plus de 7 000 personnes ont été accueillies à bord du navire de l'association depuis le début des opérations en février 2016. Malgré cela, depuis début 2016, plus de 3 600 personnes se sont noyées en Méditerranée.

A partir des témoignages recueillis à bord de l'Aquarius, SOS MEDITERRANEE estime qu'il est indispensable de témoigner de la situation que vivent les hommes et les femmes en Libye « La plupart d’entre eux ont fui la violence, la persécution et la torture dans leur pays d’origine ou en Libye, déchirée par la guerre. Ils préfèrent risquer leur vie en mer plutôt que de rester un jour de plus en Libye. Des milliers de ces migrants sont des mineurs non accompagnés, de moins de dix-huit ans, qui tentent la traversée de la Méditerranée sans parent ni tuteur. Ceci montre bien que l’aide humanitaire en Méditerranée est indispensable. » a ajouté Sophie Beau, co-fondatrice de SOS MEDITERRANEE.


 

Grâce à une mobilisation exceptionnelle de la société civile européenne, SOS MEDITERRANEE a affrété un navire de 77 mètres, l’Aquarius, et a débuté les opérations de sauvetage fin février au large des côtes libyennes. Médecins Sans Frontières (MSF) est le partenaire médical présent sur le navire pour l’accueil et le soin des rescapés à bord. Chaque jour en mer coûte 11.000 euros afin de financer la location du navire, son équipage, le fuel, et l’ensemble des équipements nécessaires pour prendre soin des réfugiés. L’association lance un appel à soutien et à mobilisation auprès de tous les acteurs de la société civile : particuliers, ONG, fondations, mécènes, entreprises et pouvoirs publics, pour lui donner les moyens de poursuivre ses opérations jusqu’à la fin de l’année et au-delà. 

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 20:12
Ménard à Beziers: la surenchère dans l'ignoble nous conduit à une escalade dangereuse (PCF)

Beziers : La surenchère dans l'ignoble nous conduit dans une spirale dangereuse (Fabienne HALOUI)

Offensives hystériques pour refouler des hommes et des femmes qui fuient des guerres ; propositions électorales en violation du droit républicain et des droits de l’homme ; instrumentalisation de la laïcité et du féminisme à des fins islamophobes : la course à l’échalote entre une partie de la droite et l'extrême droite nous conduit dans une voie dangereuse.

La liste de ces faiseurs de haine s’allonge d’autant que la médiatisation de leurs méfaits, à l’exemple de Béziers, semble plus forte que celle des actes de celles et ceux qui organisent l’accueil et la solidarité et qui cherchent des réponses dans la dignité.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, avec une délégation de parlementaires communistes s’est rendu, lundi 10 octobre, à Calais, pour rencontrer les acteurs locaux et trouver des réponses à la situation de crise : renouer avec une politique d’accueil digne, traiter en urgence le problème des mineurs isolés, mettre en œuvre des moyens, car le démantèlement qui doit se faire dans des conditions acceptables ne signifie pas la fin de la présence des migrants à Calais.

Les saillies des uns et la « com » ignoble des autres font le buzz médiatique. Elles deviennent le jeu politique de ceux qui, porteurs du même programme de casse économique et sociale, font le choix dangereux d’exacerber la tendance ethnocentrique de leurs électeurs sur le terrain identitaire.

L'affiche municipale diffusée à Béziers sur les terres de Robert Menard est une abomination !

Le copié collé de l’extrême droite conduit cette dernière à une radicalisation pour conserver son label raciste et xénophobe.

Cette spirale est dangereuse, il faut la stopper !

Fabienne HALOUI, Responsable nationale de la lutte contre le racisme et pour l’égalité au PCF,

affiche diffusée à Beziers sur les terres de Robert Ménard et du FN

affiche diffusée à Beziers sur les terres de Robert Ménard et du FN

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 20:00
Migrants: le PCF continue son travail de fourmi (L'Humanité, 11 octobre 2016)

Migrants. Le PCF poursuit son travail de fourmi

GRÉGORY MARIN

MARDI, 11 OCTOBRE, 2016

L'HUMANITÉ

Une journée de rencontres a permis à une délégation d’élus communistes et de responsables du secteur international du Parti d’appréhender toujours plus la situation calaisienne dans sa globalité.

Dans la ville-symbole de la crise de l’accueil des migrants, Calais, la situation est complexe. Et ce n’est pas un déplacement de campagne, à grand renfort de propositions sécuritaires de circonstance, qui réglera le problème. Refusant « les effets d’annonce » pour privilégier « l’écoute et le dialogue » sur le temps long, une délégation du PCF, emmenée par son secrétaire national Pierre Laurent, a sillonné toute la journée d’hier la ville portuaire pour y rencontrer les acteurs locaux de la vie associative et économique afin de « mieux cerner » le champ d’action politique souhaitable et « affiner » ses propositions.

Premier arrêt auprès des associations d’aide aux migrants, qui n’ont certes pas nié les difficultés, mais également assuré que des marges existent. Le centre d’accueil Jules-Ferry, géré par l’association La vie active, « est capable de proposer 2 000 douches par jour », raconte un responsable, comme les Anglais de Calais Kitchen qui, depuis la « jungle », peuvent fournir « 3 000 repas par jour ». « Si les migrants manquent de quelque chose, c’est surtout d’humanité », insiste-t-il.

Détruire le camp ou « le rendre digne » ?

Car, si la survie matérielle est assurée, leurs conditions de vie sont exécrables, puisqu’ils sont entassés dans une zone marécageuse, à la merci des aléas de la météo. Alors, que faire ? Détruire le camp ou « le rendre digne » ? Forts de l’expérience, en 2002, du démantèlement du centre de Sangatte, rappelé par la sénatrice du Nord, Michèle Demessine, nombreux sont ceux qui expliquent que le démantèlement de la « jungle », prévu le 17 octobre, « ne servira à rien ». D’autant plus, poursuit Cécile Dumas, secrétaire départementale du PCF des Alpes–Maritimes, que « ceux qui viennent de Vintimille et qui n’ont qu’une idée, l’Angleterre, ne sont pas au courant et continueront d’arriver ». Deuxième arrêt auprès des travailleurs de la zone portuaire. Hervé Caux, secrétaire général de la CGT du port, doit faire « la part des choses entre la situation des migrants et celle des travailleurs ». La première est « terrible » et « il faut qu’ils aient une vie décente », développe-t-il. Mais il souligne aussi « l’impact » de ce flux migratoire sur l’activité du port, des 658 salariés et 80 dockers, « sans compter les sous-traitants » : « moins 8 millions d’euros d’activité en 2015 », des « promesses de développement du port gelées » et « la peur d’un plan de licenciement ».

Difficile de concilier ces situations sans cohérence politique. Le travail sera long, mais déjà quelques pistes de réflexion, pour certaines déjà anciennes, ont été évoquées, hier, par Pierre Laurent. Pour commencer, renouer avec « une politique d’accueil digne », traiter « en urgence le problème des mineurs isolés », et « mettre en œuvre des moyens », même après le démantèlement, dont « les conditions doivent être acceptables », prévient Lydia Samarbakhsh, responsable du secteur international du PCF, car cette opération ne signifie pas la fin de la présence des migrants à Calais. Il a enfin beaucoup été question de « revenir sur les accords du Touquet », signés par Nicolas Sarkozy, qui régissent la politique migratoire entre la France et l’Angleterre. « Nous mènerons le travail partout », promet le secrétaire national du PCF.

Cazeneuve interpelle la Grande-Bretagne

Après avoir ordonné la plus grande fermeté aux préfets à l’égard des déboutés du droit d’asile, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a appelé, hier, « la Grande-Bretagne (à) assumer son devoir moral » à l’égard des mineurs isolés voulant rejoindre leur famille, avant de rencontrer son homologue britannique.

Grégory Marin

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