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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 16:24
Mahmoud al Weesi, palestinien d’Israël, journaliste et aujourd’hui coordinateur de la communication du comité des libertés « Lajnat al horiya » à Nazareth

Mahmoud al Weesi, palestinien d’Israël, journaliste et aujourd’hui coordinateur de la communication du comité des libertés « Lajnat al horiya » à Nazareth

Palestiniens d’Israël, des détenus à part
14 décembre 2016 - Témoignage - Prison Insider

Mahmoud al Weesi, palestinien d’Israël, journaliste et aujourd’hui coordinateur de la communication du comité des libertés « Lajnat al horiya » à Nazareth, a été arrêté à l’âge de 18 ans et a passé 7 années en prison. Il dénonce les conditions d’arrestation et de détention des Palestiniens incarcérés dans les prisons israéliennes.

 

PRISON INSIDER. Vous êtes citoyen israélien – palestinien israélien – et avez passé 7 années en prison. Quels étaient les motifs de votre détention ? 

MAHMOUD AL WEESI À 18 ans, j’ai été arrêté et accusé d’être membre d’une organisation terroriste et de l’avoir fréquentée depuis l’âge de 14 ans. Or, je n’étais membre d’aucune organisation. J’étais juste un enfant qui voulait savoir ce qui se passait autour de lui. En 2005, je voulais étudier la médecine en Roumanie. Pendant six mois, je suis parti là-bas pour apprendre la langue et c’est à mon retour que j’ai été arrêté.

Pouvez-vous décrire les conditions de votre arrestation ?

J’étais en voiture quand soudain des gens, habillés en civil, ont bloqué mon véhicule et m’en ont sorti en me tirant par le cou et les oreilles. Ils m’ont tabassé. J’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’une affaire de voyous… Mais c’était la police. Personne ne m’a informé des motifs de mon arrestation. Ces policiers m’ont embarqué dans leur véhicule puis conduit, en dehors de la ville, dans un lieu isolé, une sorte de hangar sans fenêtre. Ce n’était ni un commissariat ni un bureau de police. Pendant plus de douze heures, ils m’ont battu et questionné en me hurlant dessus. Après ce « kidnapping », j’ai été conduit dans un centre spécial où on m’a forcé, par les coups, à signer une déclaration affirmant que je n’avais pas été frappé ni brusqué pendant mon arrestation. Je suis resté dans ce centre d’interrogatoire environ trente jours. Durant les interrogatoires et cette soi-disant enquête, mes bourreaux ont pratiqué sur moi toutes sortes de tortures physiques et psychologiques.
Les interrogatoires pouvaient durer plus de 30 heures d’affilées.

J’étais assis sur une chaise avec les mains entravées dans le dos et reliées aux chevilles par une corde. Une position très douloureuse. Un énorme climatiseur diffusait de l’air très froid directement sur mon visage. On m’a aussi affamé. Quand l’interrogatoire était terminé, on m’enfermait dans une pièce totalement noire. Je suis resté dans cette pièce aveugle pratiquement 30 jours, on m’en sortait régulièrement pour d’autres interrogatoires musclés.

Certains sont restés enfermés dans cette pièce, où il est impossible de distinguer le jour et la nuit, durant plus de trois mois… Pour aller aux toilettes, je devais demander à un gardien qu’il m’y conduise. Je ne pouvais pas y rester plus de 60 secondes, pas une de plus, sinon le gardien ouvrait la porte pour m’en sortir.
A l’appui de ses propos, M. Mahmoud al Weesi montre la vidéo diffusée sur Internet de l’interrogatoire de Ahmed Manassa, un jeune garçon de 13 ans.

Avez-vous demandé l’assistance d’un avocat ?

Selon la loi israélienne, les enquêteurs ont le droit de vous empêcher de voir un avocat pendant 21 jours. Pendant cette période, ils peuvent faire tout ce qu’ils veulent. C’est seulement après ces 21 jours de mauvais traitements que j’ai pu rencontrer un avocat. Quant à ma famille, elle a été prévenue de mon arrestation une semaine après les faits. Je n’ai pu la voir que quelques minutes.

Quelle était la nature de votre détention, était-ce une détention administrative ?

Non, ce n’était pas une détention administrative, c’était une détention irrégulière. Ils m’accusaient et disaient qu’ils avaient des preuves de ma culpabilité, mais ils n’en avaient aucune. Mon avocat m’a dit qu’ils voulaient me condamner à 10 ans de prison. Il a négocié avec eux et ils m’ont proposé 7 ans… j’ai accepté. Mais il y a des prisonniers qui ne passent pas par le tribunal, ils sont en détention administrative et rien n’atteste qu’ils sont détenus puisqu’il n’y a pas eu de procès. Dans le cadre de la détention administrative, l’avocat du détenu n’a pas accès aux pièces du dossier car ces informations sont prétendues secrètes et réservées aux enquêteurs.

Avez-vous eu accès à des soins de santé pendant votre détention ?

En prison, il n’y a pas de soins de santé ! Izmir Chaddate était prisonnier depuis dix ans, il souffrait de maux d’estomac et demandait sans cesse à voir un docteur. En réponse, on lui donnait du paracétamol qui ne le soulageait pas. Au bout de deux ans, il a enfin pu passer des examens qui ont révélé qu’il avait un cancer. Pendant deux années, il a pris du paracétamol alors qu’il avait un cancer… Après le diagnostic, il n’a pas été soigné pour autant et son cancer s’est généralisé. Il est aujourd’hui dans une situation très critique.

Quand j’étais détenu, une centaine de prisonniers a entamé une grève de la faim pour demander l’application de leurs droits : que leurs familles puissent les visiter, qu’ils aient une nourriture suffisante, qu’ils soient traités avec dignité…

L’unité spéciale Masada, chargée d’intervenir à l’intérieur des prisons pour punir les prisonniers, par la répression, est entrée en action. Un millier de membres harnachés de gilets et de masques de protection a investi la prison au milieu de la nuit. Par la petite fenêtre de ma cellule que je partageais avec 10 autres, ils ont envoyé une sorte de gaz, qui nous donnait l’impression de nous asphyxier, que nous allions mourir. Puis, ils ont jeté une bombe électronique pour nous paralyser totalement. Nous étions dans l’impossibilité de bouger, même un doigt. Puis, ils sont entrés dans la cellule, nous en ont sorti, nous ont déshabillé et laissé en sous-vêtements par terre jusqu’au lendemain. Alors que nous étions au sol, nous avons été insulté et frappé, l’un de mes amis a eu les dents cassées.

Quelle est la fréquence des droits de visites ?

Toutes les deux semaines, mais les familles palestiniennes sont emmenées par le bus de la Croix Rouge, un service qui n’existe qu’une fois par mois.

Les palestiniens qui vivent en Israël ont-ils les mêmes conditions de détentions que les juifs d’Israël ?

La loi dit que les palestiniens qui vivent en Israël doivent être traités comme les juifs d’Israël. Mais ce n’est pas la réalité, les juifs en prison ne subissent pas les mêmes traitements. Les palestiniens qui ont la nationalité israélienne sont détenus avec les prisonniers palestiniens dans les mêmes conditions qu’eux. Les Israéliens vivent seuls, peuvent téléphoner à leur femme, recevoir la visite de leur famille et amis sans restriction. Les palestiniens ne peuvent recevoir que la famille en lien direct. Les juifs, après trois mois, peuvent demander une interruption de peine et sortir, disposition qui n’est pas accessible aux Palestiniens. C’est un fait, l’application des peines entre Palestiniens de nationalité israélienne et les juifs israéliens, est très différente. Yoham Sckolneck, un soldat juif, a été arrêté en 1993 pour avoir tué un Palestinien lors d’une interpellation alors qu’il était entravé. Le tribunal l’a condamné à perpétuité avant de commuer sa peine à 11 ans de prison. Par comparaison, Samir Tsatsahoui, un Palestinien de nationalité israélienne qui a été condamné à perpétuité en 1988 pour avoir jeté une petite bombe dans un marché qui n’a tué personne : il est toujours en prison. Les exemples sont nombreux.

 

 
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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 15:04
Les sénateurs Front de Gauche demandent la suspension de la directive relative aux travailleurs détachés (vendredi 16 décembre 2016)

Les sénateurs Front de gauche demandent la suspension de la directive relative aux travailleurs détachés

vendredi 16 décembre 2016

Lors des questions d’actualité au Sénat, Michelle Demessine Sénatrice du Nord a interpellé la ministre du Travail :

"Vous êtes signataires avec 7 autres ministres européens du travail d’une tribune pour que les travailleurs détachés puissent bénéficier d’une rémunération équivalente à celle des travailleurs du pays d’accueil.

Dont acte !

Il aura fallu la vague populiste et la perspective des prochaines échéances électorales pour voir afficher publiquement cette détermination.
Il eut peut être mieux valu écouter, en 2005, les français qui en refusant le traité constitutionnel faisaient passer un messager fort de leur refus d’une Europe du dumping social.

La directive européenne « travailleurs détachés » de 1996 en cours de révision, qui patine, organise, en effet, depuis des années la mise en concurrence des peuples pour tirer les conquêtes sociales vers le bas tout en opposant les travailleurs européens les uns aux autres !

Nous en connaissons les résultats : l’explosion de ce dumping, 2 millions de travailleurs détachés en Europe, 230 000 en France, en 2014, plus un bond de 25% en 2015.

Vous le savez, dans cette enceinte, nous n’avons eu de cesse avec notre groupe de dénoncer, d’alerter des risques pour l’emploi et les conditions de travail dans notre pays.

Vous le savez, nous refusons aussi de stigmatiser les travailleurs détachés qui subissent les premiers des conditions de travail et de vie intolérables car nous défendons aussi une Europe de l’égalité des droits et de la solidarité pour lutter contre les entreprises qui souhaitent renforcer le dumping social.

Comme mon collègue et ami Eric Bocquet l’a proposé déjà dans son rapport de mai 2016, vous semblez, à présent, prendre position pour que les droits des travailleurs détachés soient ceux du pays d’accueil.

L’interdiction du détachement en cascade est une priorité mais qui nécessite un renforcement considérable des moyens de contrôles avant et après le détachement.

Madame la Ministre, que comptez-vous faire ?

Comptez-vous vous donner les moyens de vos nouvelles ambitions affichées sur les travailleurs détachés ?

Enfin parce qu’il ne s’agit pas d’attendre une nouvelle fois la Saint Glinglin, il n’y a qu‘une seule réponse efficace à ce vaste dumping social intra-européen : la suspension de la directive « travailleurs détachés » !

Comptez-vous prendre cette décision ?"

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 13:52

 

L’HUMANITE

Jeudi 15 decembre 2016

pierre dusquene

 
«IL Y A UN LIEN TRÈS FORT ENTRE LES FRANÇAIS ET LA SÉCURITÉ SOCIALE.»
GILLES PERRET DOCUMENTARISTE

 

 

 

 

 

 

 

Le candidat de la droite est forcé d'adoucir son discours face à l'émotion suscitée par ses attaques contre la Sécurité sociale. En témoignent les sondages et le succès du film de Gilles Perret.

Gilles Perret le constate chaque jour. L'affluence ne cesse de grossir dans les salles qui diffusent son film sur la Sécurité sociale. Et pour lui, c'est clairement l'effet des positions de François Fillon, très offensives contre « la Sociale ». « Depuis mercredi dernier, ce fut la plus grosse semaine », confirme le réalisateur, qui rappelle que l'on est passé de 7 000 entrées hebdomadaires à 11 000 lors de la cinquième semaine d'exploitation. «Il y a un lien très fort entre les Français et la Sécurité sociale. Y compris chez ceux qui parlent d'abord du "trou de la Sécu" ou des "abus", raconte le documentariste. Tout ce discours idéologique, dont on nous bassine les oreilles depuis trente ans s'écroule très vite, et les mêmes personnes mettent aussi en avant la hausse de l'espérance de vie et disent qu'ils sont bien contents de la Sécu. »

Sa proposition la plus polémique a été retirée du site Fillon2017.fr

Cet attachement s'est vérifié dans un sondage publié mardi. Près de 77 % des Français déclarent que les propositions sur le système de santé vont constituer un critère déterminant de leur vote lors de l'élection présidentielle. Et le sujet « n'intéresse pas seulement les personnes âgées et les consommateurs de soins, mais toutes les catégories de population », a analysé JeanDaniel Levy, de l'institut Harris Interactive, sur le plateau de LCP commanditaire du son, dage. « Derrière la thématique de santé se pose la question relative aux systèmes de solidarité dans notre pays. » La droite elle-même est divisée sur la question. Plus d'un tiers des sympathisants du parti « Les Républicains » ne font pas confiance à François Fillon pour agir en la matière. C'est peu. À titre de comparaison, 92 % des électeurs du Front de gauche, selon le même sondage, font confiance à Jean-Luc Mélenchon sur les questions de santé. Il arrive même en tête de tous les candidats à la présidentielle sur cette thématique. On comprend donc pourquoi François Fillon a voulu, mardi, « remettre les choses en place ». Après avoir visité le centre chirurgical Marie-Lannelongue au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine), il a clamé « son attachement à la Sécurité sociale et au principe de solidarité qui la fonde ».

Ajoutant: « La Sécurité sociale, c'est la garantie pour chacun d'entre nous d'avoir accès à des soins de qualité, que l'on soit riche ou pauvre, habitant de Paris ou de Lozère. » De son côté, son équipe de campagne a retiré du site Fillon2017.fr la promesse de « focaliser l'assurance publique universelle sur des affections graves ou de longue durée, et l'assurance privée sur le reste ». Miracle du Web, elle a été effacée du jour au lendemain. « On rentrera dans le détail plus tard au moment des concertations », a expliqué le Sarthois aux députés LR lors de leur réunion de groupe à l'Assemblée.

Mais de recul, il n'y a point. « Non, je ne veux pas distinguer entre gros et petit risque mais, oui, je le dis, je veux mieux articuler les rôles de l'assurance maladie et des complémentaires. » Il promet de mieux les « associer » pour faire face aux « défis financiers à venir, dont celui de l'innovation et des médicaments de plus en plus coûteux ».

Un piège que ne cesse de dénoncer Gilles Perret à l'issue de ses projections. « Il faudrait au contraire faire l'inverse, et faire en sorte que la Sécu récupère 100 % de la branche santé, explique le réalisateur. Les complémentaires et les mutuelles prennent 20 à 25 % en frais de gestion, contre 6 % la Sécurité sociale. Si l'on redonnait tout à la Sécu, la branche santé serait à l'équilibre. C'est ce qu'il se passe en Alsace-Moselle, où les caisses sont bénéficiaires. » Mais le double discours de François Fillon atteint des sommets d'hypocrisie lorsqu'il jure qu'à aucun moment il n'a « voulu privatiser l'assurance maladie ». Tout en délivrant ce beau message au sein même d'une clinique privée... Drôle de symbole !

 

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 13:47
LUTTER CONTRE L’EROSION DE LA BIODIVERSITE

Plus de 190 pays sont réunis jusqu’au 17 décembre, à Cancun, au Mexique, pour la treizième conférence des Nations unies sur la biodiversité.

La COP 13 doit dresser un bilan de l’action des États dans leur lutte contre l’érosion de la biodiversité à mi-parcours de la réalisation du plan stratégique décidé à Nagoya (2011-2020).

Comme pour le climat, les objectifs sont loin d’être atteints.

La convergence des mobilisations politiques, associatives et citoyennes sera déterminante pour l’avenir de l’humanité et de la planète.

Dans ce domaine, la France a une grande responsabilité.

Sur notre territoire, on recense 182 498 espèces soit environ 10% des espèces animales et végétales mondiales (source : Muséum d’histoire naturelle)

IL EST TEMPS D’AGIR AVEC PLUS DE FORCE

 

Le PCF a organisé en octobre un Mois pour la biodiversité. Nous avons dressé le constat avec le concours de scientifiques, d’élus, d’associations. Les dégâts à la biodiversité sont déjà trop lourds. Le rythme d’extinction des espèces, de destruction d’écosystèmes ou de pertes de potentiel génétique est supérieur à celui des temps géologiques.

C’est la conséquence de notre mode de développement. Pollution, déforestation, atteintes à la qualité de l’eau, des sols et de l’air, méfaits d’une agriculture productiviste opposée à une agriculture paysanne, privatisation des semences, destruction des pollinisateurs menacés par les pesticides : dans tous les cas, la biodiversité est menacée.

Il faut savoir que les trois quarts des cultures dépendent de l’action des pollinisateurs : action essentielle

pour l’équilibre alimentaire humain.

i a  à F

IL Y A BEAUCOUP A FAIRE EN FRANCE

Six ans après le Grenelle de l’environnement, le bilan est assez pauvre. 1000 espèces, en métropole et en Outre-Mer, sont menacées. Les pressions des lobbies industriels et agricoles sont très fortes. La droite et l’extrême droite amplifient leur campagne anti-écologique et productiviste.

Toutefois, dans le cadre de la loi biodiversité votée en août, les parlementaires communistes ont obtenu, entre autres, la non brevetabilité partielle du vivant. L’interdiction des pesticides néonicotinoïdes est inscrite pour 2018. Mais les moyens ne suivent pas ! C’est le cas de l’Agence française pour la Biodiversité qui doit être opérationnelle en 2017.

La MarChaNDiSat

LA MARCHANDISATION EST UNE MENANCE POUR LA BIODIVERSITE

Pour les « penseurs » du libéralisme, seuls la privatisation et le marché peuvent protéger la biodiversité.

Au contraire, nous avons besoin d’une République où les biens communs seraient le moteur d’un développement humain durable. C’est un enjeu du combat de classe du XXIe siècle.

NOUS PROPOSONS

La biodiversité est un bien commun de l’humanité. Nous condamnons toute appropriation et privatisation individuelle et collective de ce patrimoine collectif comme de la brevetabilité du vivant.

Les écologues, les chercheurs en sciences naturelles doivent disposer des moyens matériels, financiers et humains à la hauteur des défis, en particulier le Muséum d’histoire naturelle.

La création d’une taxe « ressources naturelles » pour en limiter les prélèvements par les entreprises, compensée par l’octroi de crédits bonifiés.

Impulser un nouveau mode production et de consommation, car le mode de production capitaliste n’est plus soutenable. C’est un élément essentiel de l’engagement des communistes pour dépasser le productivisme et le consumérisme.

À l’opposé des critères du profit financier du CAC 40, nous voulons privilégier un développement humain basé sur des indices de bien-être.

Pour les communistes, émancipation sociale et défi écologique sont indissociables.
Rien ne se fera sans votre intervention pour avancer

 

 

LUTTER CONTRE L’EROSION DE LA BIODIVERSITE
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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 10:13
Guerre en Syrie l'impossible décompte (Amélie Poinssot, Médiapart -15 décembre 2016)

Guerre en Syrie: l’impossible décompte

Par Amélie Poinssot

L’assaut final sur Alep s’est accompagné d’innombrables informations contradictoires. En l’absence de journalistes sur place et face aux bilans très variables des organismes de défense des droits de l’homme, une grande inconnue entoure aujourd’hui le conflit : combien de victimes ?Guerre en Syrie: l’impossible décompte

est la source qui revient le plus souvent dans les articles portant sur le conflit syrien : l’OSDH – l’Observatoire syrien des droits de l’homme – est régulièrement invoqué pour dresser le macabre bilan de cette guerre. Les trois agences de presse mondiales, AFP, AP et Reuters, s’appuient sur ses chiffres. Pourtant, d’autres organismes existent, et ils donnent des estimations sensiblement différentes. L’ONU elle-même ne fait plus d’analyse chiffrée du conflit depuis 2014. Et le régime de Damas ne donne plus aucune information sur ses propres pertes depuis 2013. En cinq ans et demi de guerre, combien de personnes ont été tuées, combien forcées de quitter leur ville, combien ont disparu… ? Est-il possible de mesurer l’hémorragie ?

Dans son dernier bilan, en date du 13 décembre, l’OSDH dit avoir documenté l’assassinat de 312 000 personnes depuis le premier mort de la révolution syrienne, le 18 mars 2011, jusqu’au 13 décembre 2016. Mais elle estime qu’il faut ajouter au moins 80 000 morts du côté des troupes loyalistes, de l’État islamique et des différentes factions islamiques, « en raison de la discrétion extrême de toutes les parties sur les pertes humaines causées par le conflit et en raison de la difficulté des communications en Syrie ». Selon l’observatoire, il y aurait en outre deux millions de blessés, et plus de douze millions de déplacés, internes et externes.

Sur son site, l’OSDH se présente comme « un groupe de gens qui croient aux droits de l’homme, sont de l’intérieur et de l’extérieur du pays, documentent la situation des droits de l’homme en Syrie et reportent toutes les violations de droits de l’homme ». Créée en 2006, cette organisation dit s’appuyer sur un réseau de plus de 200 activistes sur le terrain – sans que soit précisé comment ce réseau est encore debout aujourd’hui, après cinq ans et demi de guerre. Elle est dirigée, depuis Londres, par un homme, Rami Abdel Rahman, qui n’a pas mis les pieds en Syrie depuis de longues années.

Pour Fabrice Balanche, démographe et spécialiste de longue date de la Syrie, pays qui concentre l’essentiel de ses recherches depuis vingt-cinq ans, les estimations de l’OSDH sont tout simplement « farfelues ». « Le directeur de cet observatoire est un personnage assez trouble, qui vient du monde du business. Au départ proche de l’opposition syrienne, l’organisme a reçu au début de la guerre des soutiens de l’extérieur, notamment d’Al-Jazeera. Il a alors compris l’importance de donner des chiffres pour les Occidentaux et n’a cessé d’en publier depuis, peu importe s’ils étaient faux. Parfois c’en était grossier, comme lors des manifestations à Hama à l’été 2011, où le site dénombrait 500 000 manifestants alors que la ville ne comptait que 300 000 habitants, parmi lesquels seuls 75 000 hommes étaient en âge de descendre dans la rue… L’OSDH a constamment surévalué l’ampleur des manifestations et des victimes civiles de la guerre. »
Pour ce chercheur aujourd’hui basé aux États-Unis, au Washington Institute, le succès de l’OSDH s’explique par son accessibilité sur Internet et le rythme quasi quotidien de ses rapports. « Peu de journalistes vont se perdre dans la littérature onusienne pour aller chercher des chiffres un peu plus fiables », dit-il. Et aujourd’hui, cet organisme n’a rien d’indépendant. « Il est financé par la France, la Grande-Bretagne, l’Union européenne et le Qatar », assure le chercheur.

Autre organisme qui documente les violations des droits de l'homme sur le terrain : le Centre de documentation des violations en Syrie, une ONG qui a commencé son travail de surveillance en juin 2011, voyant que la situation se transformait en un « conflit armé » et observant « une campagne agressive du gouvernement pour intimider, harceler, détenir et réprimer tous ceux perçus comme relatant la situation (journalistes, blogueurs, écrivains…) ». S'appuyant sur une base d'une trentaine de militants répartis dans plusieurs villes du pays, aujourd’hui domicilié en Suisse après l’attaque de son bureau syrien en 2013, il publie régulièrement des statistiques. C'est sur ces données que s'appuie Human Rights Watch pour dénoncer les « crimes de guerre » de la coalition russo-syrienne : dans son communiqué du 1er décembre, l'ONG américaine reprenait ainsi les chiffres de cette organisation, qui décomptait, sur septembre et octobre, l'assassinat de 440 civils sous les bombardements d'Alep, parmi lesquels plus de 90 enfants. Au total, depuis le début de la guerre, 31 771 habitants de la deuxième ville syrienne ont été tués d'après cette organisation qui met en ligne une base de données où sont enregistrées toutes les victimes, avec leur nom quand il est connu, leur sexe, le jour et la cause de leur mort (bombardement / torture / exécution / attaque chimique…), ainsi que leur affiliation quand elle est identifiée (civil / armée syrienne / État islamique…).

Le bilan de la guerre, à la fin novembre, par cette organisation est toutefois nettement inférieur à celui de l'OSDH : il fait état de 170 741 morts, civils et non-civils, depuis mars 2011. Il répertorie par ailleurs les détenus (65 863) et les personnes disparues (2 683). Parmi les personnes tuées, le Centre de documentation des violations en Syrie compte une majorité de civils (63,4 % d'après ses estimations).
Cet organisme tente aussi de lister les attaques des forces pro-régime. Dans son rapport mensuel de novembre, il fait le décompte sur Alep : 25 attaques ciblées par les forces russes et syriennes ont visé des hôpitaux ou centres de santé et 13 autres ont visé des bâtiments scolaires, des usines, un marché, un camp de déplacés internes. Toutes ces infrastructures sont aujourd'hui hors service. Prudent, le communiqué apporte toutefois la précision suivante : « Ces chiffres ne sont en aucun cas définitifs, et ils sont sujets à un examen continu et périodique par les activistes du centre, les administrateurs de la base de données, et l'équipe de documentation sur le terrain. Les chiffres peuvent différer entre les rapports, et le rapport le plus récent est toujours considéré comme le plus juste. »

Deux autres ONG donnent régulièrement des estimations sur le nombre de morts : le réseau syrien pour les droits de l’homme (203 097 civils tués à ce jour) et le centre syrien pour les statistiques et la recherche (141 296 tués). Bref, rien ne concorde.

Pour Fabrice Balanche, il y a « une guerre de communication sur les chiffres » : « Une grande partie de ces sites sont financés par les pays du Golfe, c’est souvent de la propagande qatarie et saoudienne, avec les Frères musulmans derrière, estime-t-il. Les listes très détaillées des victimes ne sont pas un gage de fiabilité, au contraire. En fait, il est impossible de donner des chiffres fiables sur ce conflit. Moi-même, je n’ai jamais avancé d’estimation. Tout ce que je connais, c’est la répartition démographique du pays avant la guerre, basée sur les derniers recensements de l’État syrien – jusqu’en 2004 – et des projections scientifiques : en 2010, le pays comptait 21 millions d’habitants. »

6,3 millions de déplacés internes

Les Nations unies elles-mêmes ne font plus de bilan. Sur la page du site de l'ONU consacrée à la Syrie, le rapport d'observation le plus récent date de juin 2016. Il porte sur les violations des droits de l'homme sur un laps de temps restreint (du 1er novembre 2015 au 1er février 2016), se contentant d'une liste des incidents connus sur la période étudiée, avec emploi systématique du conditionnel et formules très prudentes (« d'après les informations reçues », « si l'on en croit la vidéo », « le Haut-Commissariat a eu connaissance d'allégations selon lesquelles… », etc.). Les estimations plus générales restent très vagues : « Les violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire se sont poursuivies sans relâche en République arabe syrienne. Des civils ont continué d’être tués et blessés en grand nombre à la suite de frappes aériennes, de tirs d’artillerie et de mortier et d’engins explosifs improvisés, tels que des barils d’explosifs et des voitures piégées. » Finalement, au détour d'une ligne en fin de rapport, on note que « quelque 250 000 personnes ont perdu la vie en République arabe syrienne ».

En fait, la dernière analyse statistique de l'ONU sur les morts du conflit syrien date d'il y a… deux ans. Les Nations unies se basaient alors sur des données collectées auprès des quatre organisations de défense des droits de l'homme citées plus haut et des informations délivrées par le gouvernement syrien. Elles établissaient un bilan de 191 369 personnes tuées, toutes identifiées, tout en reconnaissant déjà que leur bilan ne reflétait pas « le nombre complet des morts liés au conflit en Syrie ». Car depuis septembre 2013, le gouvernement syrien ne répond plus aux demandes de chiffres, et l'OSDH elle-même ne partage plus ses informations avec l'ONU à partir de début 2014.

Autre problème pour saisir ce qui se passe réellement sur le terrain : du côté des représentants officiels, les sources ne sont pas fiables non plus. « Quand le maire d’Alep-Est, récemment en visite en France, déclare qu’il y a maximum 200 djihadistes dans sa ville, c’est faux, assure Fabrice Balanche. Tout le monde ment en permanence ! En Syrie, même en temps de paix, on est incapable d’avoir un discours objectif. » Les organisations internationales elles-mêmes n’ont pas accès à certaines parties du pays : il n’y en a plus aucune à Alep-Est. Quant aux médias… Les reporters occidentaux ne vont plus en Syrie depuis longtemps – sauf dans les zones contrôlées par l’armée syrienne, ce qui ne leur permet d’accéder qu’à une part de la réalité. Pour parler avec l’opposition, ils se rendent dans les camps de réfugiés dans les pays limitrophes. De leur côté, les journalistes syriens ont fui en nombre.

Hassan Alkalesh fait partie de ceux-là : réfugié en France depuis deux ans et contributeur du Club de Mediapart, il déplore que les rares journalistes occidentaux qui couvrent le conflit syrien – souvent depuis Beyrouth – soient orientés pro-Assad. « C’est aussi lié au fait qu’il faut une accréditation du régime pour pouvoir venir dans le pays. Sinon, il faut entrer de manière clandestine. » Pour Hassan, les informations les plus justes viennent des citoyens syriens qui vivent encore sur place et les transmettent sur les réseaux sociaux. En revanche, les comptes alimentés depuis les pays occidentaux sont orientés : « Il y a de nombreux comptes pro-Assad et pro-russes. Ils ne vont s’affoler que quand les chrétiens d’Orient sont en danger. »

Pour ce Syrien réfugié à Nice, il y a comme une gêne dans l’extrême médiatisation de la fin de la bataille d’Alep. « Il y a eu pendant cette guerre des massacres plus meurtriers en d’autres endroits. Notamment dans la ville côtière d’Al-Baida, non loin de Tartous, l’un des fiefs d’Assad. C’était en mai 2013. Des milices relevant du régime ont, en collaboration avec des civils alaouites, tué, égorgé et brûlé les civils de ce village avant de les pousser à l’exode. À cette époque, je vivais à Tartous. J’ai su ce qui s’était passé grâce aux activistes de l’opposition qui avaient réussi à s’introduire dans la région. Les médias n’en ont pas du tout parlé. »

Hassan Alkalesh ne peut s’empêcher d’évoquer le massacre de Hama. En 1982, cette ville de l’ouest syrien avait été écrasée par l’armée d’Assad père. « Les Occidentaux n’avaient rien dit, or il y avait eu environ 30 000 morts civils ! » Et le journaliste d’ajouter : « La différence aujourd’hui, c’est qu’il y a d’autres armées aux côtés de l’armée syrienne : il y a les milices iraniennes du Hezbollah, les Russes… C’est comme une occupation, alors qu’au début de la guerre nous étions dans un conflit qui opposait les Syriens aux Syriens. »
Les morts, les blessés, les disparus et les détenus ne sont toutefois pas les seules victimes de ce conflit. S’ajoutent à cette longue liste les millions de déplacés, à l’intérieur même du pays et à l’extérieur. À ce sujet, les chiffres délivrés par le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés sont plus solides, car ils reposent sur l’enregistrement des réfugiés dans les camps – d’autant qu’au Liban et en Jordanie, la carte de réfugié permet de toucher une aide modeste de 20 dollars par mois. Le HCR dénombre quelque 4,8 millions de réfugiés syriens dans les pays de la région, dont près d’un million au Liban et plus de 650 000 en Jordanie. « Cela dit, de nombreux Syriens continuent à ne pas s’enregistrer, par peur que les gouvernements ne transmettent les informations à Damas ou par peur de ne pouvoir rentrer un jour chez eux, nuance Fabrice Balanche. L’université Saint-Joseph à Beyrouth estimait cet été que 20 % des réfugiés syriens au Liban n’étaient pas enregistrés. Et ils sont encore plus nombreux dans ce cas en Jordanie. » À Amman, les estimations du gouvernement font d’ailleurs le double des chiffres du HCR : il y aurait 1,2 million de réfugiés contre les 600 000 officiellement enregistrés… « À prendre avec précaution là aussi, ajoute Fabrice Balanche. C’est le jeu des gouvernements que de gonfler les chiffres afin de toucher davantage d’aide. »

C’est sans conteste la Turquie qui accueille aujourd’hui le plus de Syriens : plus de 2,7 millions y auraient trouvé refuge. L’Union européenne, à côté, fait toujours pâle figure, avec ses quelque 884 000 demandeurs d’asile ou réfugiés enregistrés pour l’ensemble du continent. Mais c’est à l’intérieur même des frontières de la Syrie que les déplacés sont les plus nombreux. D’après l’office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (UNOCHA), ils sont 6,3 millions à avoir quitté leur foyer. Un chiffre invérifiable dans la mesure où ces gens ne résident pas dans des camps. Mais qui dit bien combien la population syrienne est complètement transformée par cinq ans et demi de guerre. Au total, plus de la moitié des Syriens ont dû fuir leur chez-eux, qu’ils se trouvent encore dans le pays ou à l’étranger.

 

 
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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 07:34

LE TEMPS DE LA RESPONSABILITE

Fin du suspense de la candidature du président sortant à la primaire du parti socialiste. En effet, dans l’incapacité de défendre un bilan condamné par les Français de plus en plus nombreux, poussé vers la sortie par nombre de ses « amis » et « camarades » Hollande a fini par jeter l’éponge et annoncer qu’il ne serait pas candidat à un deuxième mandat. Aussitôt Valls, dont le comportement et les manœuvres ne sont pas pour rien dans la « décision » présidentielle, s’est précipité dans la brèche en démissionnant de son poste de premier ministre pour se présenter à la primaire.

Ces deux hommes, et ceux qui les ont accompagnés et soutenus, portent devant notre peuple une énorme responsabilité : celle d’avoir rendu potentiellement possible la plus grande régression sociale depuis quatre- vingt ans. Une régression qui remettrait en cause les fondements mêmes de notre société. Celle aussi, par la dévalorisation de la chose politique qu’ils ont alimentée par leurs trahisons et renoncements, de faire planer le spectre d’un deuxième tour où notre peuple n’aurait le choix qu’entre l’extrême droite et une droite de plus en plus extrême.

Face à cette situation et en prenant en compte le fait que son programme reprend largement les propositions de celui du Front de Gauche l’Humain d’Abord, les militants du P.C.F. ont pris leurs responsabilités en choisissant majoritairement, d’appeler à soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon dans le cadre d’une campagne communiste autonome tout en poursuivant leur action pour un rassemblement en vue d’aboutir à une candidature commune. Seule façon d’éviter la catastrophe que les médias présentent comme étant inéluctable. Un rassemblement porteur d’une véritable alternative qui rompe clairement avec les politiques désastreuses menées depuis 2012 et qui ouvre la voie à des choix radicalement différents et qui, en brisant le pouvoir de la Finance, apporterait enfin une réponse aux besoins du pays et des Français.

Bien entendu cette logique de rassemblement, sur des objectifs communs doit aussi prévaloir en ce qui concerne les élections législatives afin d’élire partout des femmes et des hommes fermement décidés à faire obstacle à la politique de régression de la droite et à créer une majorité de projets dès juin 2017.

C’EST LA, LA RESPONSABILITE DE CHACUN.

Alain David Morlaix, le 15 décembre 2016

Alain David (photo Pierre-Yvon Boisnard)

Alain David (photo Pierre-Yvon Boisnard)

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 07:23

COMMUNIQUÉ DE PRESSE 


4ème paquet ferroviaire: le PCF s’oppose à la libéralisation du rail

En dépit des protestations massives adressées aux eurodéputés par les syndicats, et faisant fi du rejet grandissant de cette UE qui livre aux marchés nos besoins élémentaires, le Parlement Européen a adopté le volet politique du 4ème paquet ferroviaire ce matin en séance plénière.

Ne nous y trompons pas : la libéralisation et la privatisation du rail n’ont jamais entrainé plus d’efficacité et d’accessibilité dans les transports. Au contraire, le modèle anglo-saxon ce sont des augmentations de prix, une qualité de transport chaque jour moindre, un abaissement des conditions de travail pour les cheminots et de lourdes conséquences sur l’environnement.

Notre groupe (GUE-NGL) au Parlement européen a déposé deux motions de rejet sur les deux volets concernant l’ouverture du marché des services nationaux de transport de voyageurs par chemin de fer.

Nous poursuivons le combat pour que ce paquet ne soit pas mis en œuvre !Nous refusons la mise en concurrence d’un secteur stratégique pour l’économie française. L’accès aux transports doit être considéré comme un droit fondamental et un service public permettant de garantir la mobilité.

La vieille méthode libérale consistant à privatiser les profits et à ne laisser à l’État que la gestion de la partie déficitaire pour répondre aux prédations des grandes entreprises a fait son temps ! Mobilisons-nous contre la libéralisation du rail en France et en Europe !

Parti communiste français 
14 décembre 2016

4ème paquet ferroviaire: le PCF s'oppose à la libéralisation du rail
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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 07:20
Comment Pierre Gattaz se sucre sur l’argent public
THOMAS LEMAHIEU
MARDI, 1 JUILLET, 2014

En quelques années, Radiall, l’entreprise dirigée par le patron des patrons, a réduit à néant, ou presque, sa contribution fiscale en France, tout en bénéficiant des crédits et en multipliant les dividendes. De quoi susciter une vraie bronca, loin du faux bras de fer avec le gouvernement.

François Hollande tend la main et le patronat arrache le bras. Les épisodes se suivent et se ressemblent. À une semaine de la conférence sociale, le Medef rassemble toutes les autres organisations patronales pour exiger, en plus des 35 milliards d’euros de cadeaux sociaux et fiscaux baptisés « pacte de responsabilité », une série de moratoires sur des mesures comme le compte pénibilité qui, selon lui, mettent la « compétitivité » en péril. Hier matin, sur Europe 1, Pierre Gattaz est allé jusqu’à menacer de boycotter le grand rendez-vous annuel entre le gouvernement et les partenaires sociaux, programmé la semaine prochaine. « Il y a une proposition ou un projet de loi antiéconomique tous les quinze jours, avec toujours plus de contrainte, de fiscalité, ce n’est plus possible », se plaint le patron des patrons. Alors qu’à l’Assemblée de plus en plus de députés socialistes rentrent dans la « fronde » contre l’absence de toute contrepartie dans le pacte de responsabilité, cette surenchère patronale commence à susciter l’embarras jusque dans les rangs du gouvernement. « Il faut bien comprendre que nous sommes les seuls à pouvoir créer de l’emploi et de la richesse, se vante encore Pierre Gattaz. L’entreprise va très mal en France depuis des mois, des années. Il faut baisser la charge fiscale et instaurer un climat de confiance. »
 
L’Humanité lève le voile sur les pratiques comptables du patron du Medef Avec nos révélations issues des rapports comptables officiels d’un groupe français pour le moins emblématique, Radiall, l’embarras pourrait bien s’accroître encore dans la majorité. Car, derrière les envolées rituelles sur « l’enfer fiscal » qu’est la France, selon le Medef, l’Humanité lève un coin du voile sur les pratiques comptables et financières qui permettent de réduire à néant, ou presque, son imposition dans l’Hexagone. À travers le mécanisme d’optimisation fiscale dit des prix de transfert, l’entreprise dirigée par Pierre Gattaz affecte une bonne partie des marges réalisées sur les ventes des connecteurs qu’elle produit dans ses usines françaises pour l’aéronautique ou les télécoms à des filiales à l’étranger. Ce qui, en une poignée d’années, a permis au groupe de réduire de 25 % à 3 % la part de ses impôts payés en France. Dans la comptabilité du groupe, qui a réalisé un bénéfice de près de 25 millions d’euros l’année dernière, la « charge fiscale » en France culmine à 202 000 euros. Et cela, au moment où Radiall bénéficie des largesses fiscales du gouvernement : l’entreprise a touché 876 000 euros de crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), un cadeau accordé aux entreprises sans aucun contrôle, ni aucune contrepartie. Et, dans le même temps, la famille Gattaz qui contrôle le groupe fait valser les dividendes : ils ont presque doublé entre 2010 et 2014 pour s’établir à 2,8 millions d’euros.
 
Au printemps dernier, Pierre Gattaz avait soulevé l’indignation en affirmant que les fonds publics issus du pacte de responsabilité pourraient tout à fait finir dans les poches des actionnaires... Là, chacun peut le constater avec nos informations sur sa propre entreprise, il ne se contente plus de le dire, il le fait ! Les masques tombent.
 
Ce sont quelques lignes, trois à peine sur des milliers, dans le rapport financier annuel 2010 de Radiall. Elles sont signées par Yvon Gattaz, cofondateur, avec son frère, de l’entreprise familiale, ex-dirigeant du CNPF de 1981 à 1986. En tant que président du conseil de surveillance, il fixe, avant de passer la main à son fils, Pierre Gattaz, chez Radiall, mais aussi, en quelque sorte, au Medef, le cap pour les années suivantes. Parmi les « axes » du « plan d’action », le patriarche réclame, en particulier, de « finaliser les nouvelles procédures de comptabilisation des prix de revient industriels et d’évaluation des prix de transfert » et de « mettre en place des procédures homogènes sur les différents sites du groupe ». Ce sont quelques lignes, trois à peine, qui disparaîtront dans les éditions ultérieures des comptes annuels de Radiall, mais, derrière le langage crypté, la référence directe aux « prix de transfert » explique comment une entreprise emblématique qui emploie les deux tiers de ses effectifs permanents en France et qui y réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires peut en quelques années choisir de transférer la majeure partie de la plus-value, et donc de ses profits, à ses filiales dans le monde entier, réduisant ainsi à la portion congrue son taux d’imposition avant de les renvoyer sous forme de dividendes à la maison mère française. Mais ne brûlons pas les étapes! Fondé en 1954, Radiall est, selon une expression chérie dans la famille propriétaire, une entreprise de taille intermédiaire, entre PME et CAC 40, spécialisée dans la connectique pour l’aéronautique et les télécoms. Une espèce rare en France, à la fois bien implantée avec plusieurs sites industriels dans le pays (Château-Renault, Isled’Abeau, Voreppe, Dole) et complètement mondialisée pour ses marchés.
 
En 2013, le groupe dirigé par Pierre Gattaz emploie 1 153 salariés permanents et 209 intérimaires dans l’Hexagone, contre 625 permanents et 762 précaires dans le reste du monde. Au-delà de l’ouverture d’usines au Mexique ou en Chine, avec « transferts de production », justifiée dans l’un des derniers rapports annuels par « de fortes pressions sur les prix », le groupe dispose surtout de «bureaux de vente » à l’étranger: c’est le cas en Allemagne, aux Pays-Bas, en Suède, en Grande-Bretagne, aux États-Unis, au Brésil, en Inde, au Japon et à Hong Kong.
 
La part des impôts sur les bénéfices payée en France passe de 25 % à 3% Après quelques années difficiles lors de l’éclatement de la crise financière mondiale, Radiall voit son chiffre d’affaires global augmenter de 27 % entre 2010 et 2013, et ses profits explosent pour s’établir l’année dernière juste en dessous de 25 millions d’euros (+ 167 % par rapport à 2010). Pendant ces quatre années, la part du chiffre d’affaires réalisée par les unités françaises de Radiall reste à peu près stable, aux alentours de 70 % du chiffre d’affaires global mais, en revanche, celle des profits imputés à la France dans les profits totaux diminue fortement: selon les présentations comptables de Radiall, la part du résultat opérationnel France passe de 46 % du total en 2010 à 15 % en 2013.
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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 07:16

Militants CGT "terroristes" : le parquet réclame la condamnation de Pierre Gattaz

 

Le patron du Medef avait comparé les militants CGT à des "terroristes" et des "voyous". La CGT réclame 10 000 euros de dommages et intérêts.

 

Pierre Gattaz pourrait être condamné pour ses propos tenus pendant le conflit sur la loi travail. Le patron du Medef avait alors comparé des militants CGT à des « terroristes » et des « voyous ». Jeudi 15 décembre, le parquet de Bobigny a demandé sa condamnation pour diffamation. « Assimiler des syndicalistes à des voyous et des terroristes, dans le contexte actuel, en France, est quelque chose qui n'est pas digne et n'a pas sa place dans le débat social », a estimé le procureur, Loïc Pageot, appelant le tribunal à condamner Pierre Gattaz, absent lors de l'audience, sans toutefois préconiser de peine.

 
 

 

Fin mai, alors que la fronde contre la loi El Khomri s'apprêtait à entrer dans son quatrième mois, le patron des patrons avait appelé le gouvernement dans les colonnes du quotidien Le Monde à « ne pas céder au chantage, aux violences, à l'intimidation, à la terreur », ajoutant que c'est « visiblement » « la conception du dialogue social » de la CGT. « Faire respecter l'État de droit, c'est faire en sorte que les minorités qui se comportent un peu comme des voyous, comme des terroristes ne bloquent pas tout le pays », avait-il déclaré.

« Le mot terroriste n'est pas interdit »

L'avocat de la centrale, Emmanuel Gayat, a déploré lors de l'audience que le mot « terroriste » « soit accolé à une organisation de salariés, dans un contexte d'état d'urgence, alors que tout le monde sait ce qu'est un terroriste aujourd'hui ». « Étonné » par les réquisitions du parquet, Me Jean Veil, l'un des avocats du prévenu, a affirmé que « l'intention de Mr Gattaz n'était évidemment pas de comparer les militants CGT à des djihadistes ». « Le mot terroriste n'est pas interdit », a-t-il lancé au tribunal.

« Je ne comprends pas que la CGT pousse des cris de jeune fille outragée quand on lui dit qu'elle a des méthodes de voyous ou de terroristes, elle qui nous parle dans ses tracts de patrons voyous, voire de patrons djihadistes », a de son côté plaidé son collègue Dominique de Leusse. La CGT, qui a assigné le patron du Medef en justice, lui réclame 10 000 euros de dommages et intérêts.

Les propos de Pierre Gattaz dans L e Monde avaient suscité une avalanche de réactions indignées, dans la classe syndicale comme politique. Le patron des patrons était lui-même revenu sur ses déclarations, reconnaissant que « le mot terroriste était inadapté dans ce contexte ». Le tribunal rendra son jugement le 16 février.

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 07:04
Le visa d'exploitation du film La Vie d'Adèle a été annulé par la justice. En cause, des "scènes de sexe réalistes de nature à heurter la sensibilité du jeune public". Photo : Pathé

Le visa d'exploitation du film La Vie d'Adèle a été annulé par la justice. En cause, des "scènes de sexe réalistes de nature à heurter la sensibilité du jeune public". Photo : Pathé

"La Vie d'Adèle" perd son visa d'exploitation
L'HUMANITÉ
MERCREDI, 9 DÉCEMBRE, 2015

Saisie par une association catholique réputée proche de l'extrême-droite, la justice a annulé le visa d'exploitation du film d'Abdellatif Kechiche, palme d'Or au festival de Cannes en 2013.

Dans une décision rendue publique mercredi, la cour administrative d'appel de Paris a demandé à la ministre de la Culture Fleur Pellerin de "procéder au réexamen de la demande de visa" du film dans un "délai de deux mois". La cour a estimé que La Vie d'Adèle: chapitres 1 et 2, long-métrage d'Abdellatif Kechiche avec Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos sorti en 2013, qui raconte une passion amoureuse entre deux jeunes femmes, comporte "plusieurs scènes de sexe présentées de façon réaliste, en gros plan" qui sont "de nature à heurter la sensibilité du jeune public". De ce fait, la ministre "ne pouvait, sans commettre d'erreur d'appréciation" au regard de la loi "accorder un visa d'exploitation (autorisation administrative nécessaire pour une diffusion en salle de cinéma) comportant une interdiction limitée aux mineurs de 12 ans", assortie de messages d'avertissement, ajoute-t-elle. Comme pour le film de Gaspar Noé, Love, en août dernier, le ministère de la Culture a immédiatement annoncé son intention d'introduire un recours devant le Conseil d'Etat.

Chez Bonnet et consorts, la " lumière " tire sur le brun

La justice avait été saisie par l'association Promouvoir, proche des milieux catholiques traditionalistes d'extrême-droite et de son avocat et cofondateur, André Bonnet, ancien responsable du MNR de Bruno Mégret, qui estimait que le film aurait dû être interdit aux moins de 18 ans. L'association Promouvoir, créée en 1996, avait été déboutée en première instance, en septembre 2014, par le Tribunal administratif de Paris de sa demande d'annulation du visa d'exploitation du film. Procédurier accompli, André Bonnet n'en est pas à son coup d'assai. Il s'était déjà attaquée avec succès à Baise-moi de Virginie Despentes et de Coralie Trinh Thi, à Ken Park, de Larry Clark, à Nymphomaniac, de Lars von Trier ou encore à la Fnac d'Avignon, coupable selon lui d'avoir disposé dans ses bacs " des BD avec des fellations en gros plans juste à côté des albums de Boule et Bill ". Au magazine Premiere, André Bonnet expliquait l'objet de son association : « défendre la dignité de la personne humaine et protéger les mineurs, à travers la "promotion des valeurs judéo-chrétiennes" »...

Dans un communiqué, l'ARP, la société des auteurs-réalisateurs-producteurs a réagit vivement à la décision de la justice : "Nous ne pouvons nous satisfaire de voir la culture et la liberté de création soumises au joug des tendances moralistes" (...), une décision qui "donne raison aux arguments honteux d'une association résolument obscurantiste".

Pour le plaisir, la bande annonce du film d'Abdellatif Kechiche, palme d'or au Festival de Cannes 2013 :

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