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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 11:12

L'augmentation du coût de traitement des déchets verts explique en partie le choix de la hausse de la TEOM.

L'augmentation du coût de traitement des déchets verts explique en partie le choix de la hausse de la TEOM.

 

Les grandes lignes du budget 2017 de Morlaix communauté ont été présentées, lundi soir, lors du conseil communautaire. Deux options sont retenues cette année : augmenter la taxe d'enlèvement des ordures ménagères et réduire la dotation de solidarité communautaire pour les communes.

1. Budget 2017 : difficile équation. Le rapport d'orientations budgétaires a monopolisé le débat, lundi soir. Il donne les grandes lignes du budget qui sera voté le 27 mars. La situation financière est satisfaisante mais sous tension. Depuis 2014, les recettes ne cessent de baisser. 2017 ne dément pas cette tendance : on constate une baisse des dotations de l'État (5,4 millions d'euros en moins entre 2016 et 2017) et un ralentissement des ressources fiscales (baisse de 10,52 %, soit 303.036 € en moins). Or, Jean-Luc Fichet, président, l'a rappelé, l'objectif est de maintenir un niveau d'investissement élevé (de l'ordre de 10 millions d'euros par an) pour conforter l'attractivité du territoire, tout en conservant des marges de manoeuvre : « Il va falloir faire des choix pour que 2018, 2019 et 2020 ne soient pas des années de difficultés ».

2. Hausse de la taxe déchets. Côté recettes, l'intercommunalité envisage clairement une hausse de la TEOM (Taxe d'enlèvement des ordures ménagères) de 2,4 % minimum, pour faire face à l'évolution du coût du traitement des déchets verts (mise aux normes des déchèteries) et à l'évolution de la taxe générale pour les activités polluantes. Pour Guy Pennec, maire de Plourin-lès-Morlaix et vice-président chargé de l'environnement, cet « électrochoc financier » est indispensable. « On ne peut pas continuer comme ça, au risque de se faire rattraper par la réglementation ! », prévient-il. Yves Moysan, maire de Plouezoc'h, assure que « la population est capable de comprendre ». Agnès Le Brun se dit « évidemment d'accord » mais se demande si « l'augmentation des taxes est la seule réponse à donner », surtout si le service assuré derrière n'est pas à la hauteur, comme pour les encombrants, rappelle le maire de Morlaix qui dénonce une « volonté d'endormir et de nous dire, c'est comme ça de toute façon ». La question du service public a également été évoquée par Ismaël Dupont : « On peut accepter de payer plus cher mais il faut un service au moins équivalent, voire meilleur ».

3. La dotation de solidarité communautaire dans le viseur. Pour résoudre l'équation du budget, Morlaix communauté agira sur les dépenses, en accentuant l'effort sur les charges à caractère général et courantes. Point plus épineux, la dotation de solidarité communautaire (DSC), dont le niveau pourrait être revu à la baisse. « Une très mauvaise nouvelle pour les communes », s'inquiète Ismaël Dupont, élu de l'opposition à Morlaix, dont l'opinion est partagée par Alain Tigréat, l'adjoint aux finances de la ville centre. « On y touchera faiblement, assure Jean-Luc Fichet, rappelant que cette dotation est facultative. Quand on est en croissance, on la partage mais ce n'est plus le cas. Aujourd'hui, il est impossible de garder le même niveau ».

4. Plaidoyer pour un « pacte fiscal ». Pour ce qui est des flux financiers avec les communes membres, Jean-Luc Fichet évoque l'idée d'un « pacte financier fiscal ». C'est ce vers quoi il faut aller, selon Yvon Le Cousse, maire de Plougonven, afin d'obtenir une « harmonie » en termes de fiscalité sur le territoire.

EN COMPLÉMENT

La séance en bref

La Halle Jézéquel désormais gérée par la commune de Garlan. La halle Jacques-Jézéquel, située à Langolvas, à Garlan, accueille des manifestations équestres et agricoles. Morlaix communauté en est propriétaire mais Garlan se propose pour l'exploitation et le suivi technique du site avec ses propres moyens humains et matériels. Proposition acceptée par le conseil communautaire. La prestation de la commune de Garlan sera rétribuée sur la base de quatre heures par semaine au coût horaire de 65 €, soit un montant annuel de 13.520 €. L'UPCA conserve l'exploitation de l'espace aquatique. L'UPCA reste délégataire de service public pour l'espace aquatique communautaire, à Plourin-lès-Morlaix. Le nouveau contrat démarrera le 1e r mars 2017 pour une durée de six ans et dix mois. Nouveauté : des espaces verts seront aménagés, ainsi que 18 jeux d'eau, actifs en juin. 102.056 € pour Saint-Thégonnec Loc-Éguiner. Un fonds de concours de 102.056 € a été attribué à Saint-Thégonnec Loc-Éguiner pour la revitalisation du second pôle urbain de la commune nouvelle. Ligne 30 Morlaix-Lannion : à quand un tarif unique ? Le contrat d'exploitation de la ligne 30 Morlaix-Lannion, gérée par Morlaix communauté et Lannion Trégor agglomération, arrive à échéance en août. Une nouvelle passation de marché sera engagée. Sur ce point, Gwénolé Guyomarc'h, maire de Locquirec, a rappelé que, dans le Finistère, le billet coûte 1 € et dans les Côtes-d'Armor, 1,2 €. « Ce serait bien de se mettre d'accord ! », a-t-il lancé. Destruction des nids de frelons asiatiques. 4.500 € ont été donnés pour les demandes de destruction de nids de frelons asiatiques, réceptionnées après le 15 novembre. Il est rappelé que Morlaix communauté participe à 50 % du coût supporté par les particuliers pour la destruction de nids (aide plafonnée à 50 €). Aides économiques. En 2016, 29.000 € d'aides à l'installation des jeunes agriculteurs ont été octroyées; 25.000 € dans le cadre de l'aide à l'immobilier d'entreprise et 35.724 € pour l'aide au commerce et à l'artisanat de services en milieu rural.

+ Appel au maintien des bureaux de poste et soutien au centre de Perharidy

« Nous, élus de Morlaix communauté, réclamons le maintien des bureaux de poste concernés par le plan de restructuration sur le pays de Morlaix : le bureau de poste de La Boissière, à Morlaix et ceux de Plouigneau, de Plourin-lès-Morlaix et de Taulé ». Cette motion, lue hier soir par Ismaël Dupont, a été votée à l'unanimité par les élus de Morlaix communauté. Elle intervient après l'annonce, le 2 février, de la direction de La Poste de supprimer les quatre bureaux cités. Dans les bourgs, ils pourraient être remplacés par des agences postales communales. Sur ce point, le maire de Plounéour-Ménez, Jean-Michel Parcheminal, a rappelé que sa commune a fait ce choix après la suppression du bureau de poste : « Cette agence assure 80 à 85 % des opérations postales et permet, pour les agents de la commune, de compenser le transfert de certaines activités. Et cela apporte du trafic supplémentaire dans le bourg », a témoigné le maire qui a tout de même approuvé la motion car les communes restent, comme le dit le texte, « confrontées aux risques de désertification des bourgs et des quartiers, aux besoins de services publics et à la réduction des marges de manoeuvre budgétaires ».

« Ça concerne tout le pays de Morlaix »

Même unanimité pour le soutien au centre de Perharidy, l'une des entités de la fondation Ildys, à Roscoff. « Ça ne se passe pas directement sur notre territoire mais ça concerne tout le pays de Morlaix », a rappelé Jean-Luc Fichet. Pour rappel, la réforme du financement des activités de soins de suite et de réadaptation (SSR) menace, à terme, la survie du centre de Perharidy, qui emploie 600 personnes. Le conseil communautaire « soutient la fondation Ildys pour un arrêt de mise en application de la réforme du financement des activités de SSR très spécialisées adultes et pédiatriques, réalisées à Roscoff, et appelle de ses voeux, de la part du ministère des Affaires sociales et de la Santé, des solutions pour protéger ces modes de prise en charge ».

+ Un local pour les Utopistes ? « On est au travail »

En fin de séance, Ismaël Dupont s'est fait la voix, par le biais d'une question orale, des « Utopistes en action ». Cette association oeuvre pour collecter des vêtements et d'autres fournitures de première nécessité pour les réfugiés, sans-abri et les plus démunis, sur le territoire, à Calais ou à Paris. L'association, à l'étroit dans son local actuel, en demande un nouveau, mis à disposition par Morlaix communauté ou cofinancé par l'intercommunalité. Cet endroit, rappelle Ismaël Dupont, « pourrait aussi servir de lieu d'échange et de concertation pour toutes les associations et collectifs qui travaillent dans la solidarité ». « Où en est la réflexion de l'exécutif de Morlaix communauté sur ce sujet ? », interroge l'élu Front de gauche.

Fédérer les associations

« On est au travail, a répondu Jean-Luc Fichet, saluant au passage le travail des Utopistes en action. Mais je souhaiterais que les différentes associations se fédèrent pour que, nous, par la suite, on trouve des locaux adaptés ». Le « Collectif transports publics Morlaix communauté secteur sud » était présent dans la salle, lundi soir. Ce groupe alerte sur le manque de rotations de bus pour le sud du territoire, alors que la décision sur le futur délégataire de service public (DSP) ou une gestion publique directe doit être prise dans l'année. Le collectif s'inquiète du fait que le choix de la DSP ait déjà été fait. Ils ont obtenu un rendez-vous avec Jean-Luc Fichet dans les jours à venir.

+ Égalité femmes-hommes : peut clairement mieux faire...

L'égalité entre les femmes et les hommes serait-elle un sujet mineur, qui mérite moins d'attention que le budget, le développement durable ou la composition des commissions ? La question mérite d'être posée puisque la lecture du rapport de situation en matière d'égalité femmes-hommes au sein de Morlaix communauté n'a pas passionné les élus, lundi, provoquant même parfois l'hilarité et le relâchement de tous. Certes, ce rapport arrivait après un long débat sur le budget. Certes, sa présentation devant l'assemblée est une obligation légale. Mais de là à en faire une simple formalité... Pourtant, les informations révélées par ce rapport ne sont pas anodines et sont le reflet de ce qu'il se passe dans le monde du travail : avec 37 % de femmes dans ses effectifs, Morlaix communauté est moins féminisée que la moyenne de la fonction publique territoriale. Elles sont minoritaires sur les postes de direction (25 %) et de chef de service (38 %). « Il y en a trois ou quatre, alors ça va... », a ironisé Agnès Le Brun, seule élue à prendre la parole sur le sujet. Elles y occupent la totalité des 34 temps partiels et le salaire moyen d'une femme s'élève à 1.818 € (temps partiels compris) contre 1.907 € pour les hommes. « Peut mieux faire », a simplement conclu Guy Pouliquen, rapporteur. Oui, peut assurément mieux faire. Et les premiers à donner l'exemple ne devraient-ils pas être nos élus ?

http://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix/morlaix-communaute-budget-il-faudra-faire-des-choix-15-02-2017-11401877.php

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 11:00

Un conseil communautaire où se sont manifestés encore une fois les conséquences néfastes de la politique d'austérité infligée aux collectivités, avec une crise importante des recettes de Morlaix Communauté appelant l'exécutif de Morlaix Communauté à défendre à une nouvelle de la TEOM (taxe d'enlèvement des ordures ménagères), une baisse des dotations de solidarité communautaire versées aux communes, une restriction des subventions et des dépenses de fonctionnement se traduisant sans doute par des évolutions préoccupantes pour les usagers en matière de gestion des déchets et par une moindre ambition sur les transports en commun. 

C'est ce que j'ai défendu dans mon intervention sur le rapport d'orientation budgétaire, grosso modo celle-ci: 

Serge Le Pinvidic nous a présenté avec de la pédagogie de biens mauvaises nouvelles.

" La lecture du rapport d'orientation budgétaire de Morlaix Communauté manifeste les conséquences préjudiciables de la politique d'austérité et d'accentuation du libéralisme du gouvernement socialiste (via 40 milliards d'euros d'aides aux entreprises via le CICE, la baisse de l'ISF, etc.) sur les marges de manoeuvre des collectivités, leur soutien aux services publics locaux, aux associations, leur capacité d'investissement. Entre 2014 et 2017, la baisse cumulée de dotations de l'Etat a été de 5 392 000€, la DGF qui composait des pertes de recettes fiscales prélevées localement et des transferts de compétence étant passée de 6, 140 millions d'euros en 2014 à 3, 858 millions d'euros par an en 2017. En 2017, la communauté perd à nouveau près de 1 million d'euros en cumulé de dotations d'Etat. 

Je ne cesse personnellement de remettre en cause cette logique politique d'assèchement des finances des collectivités locales pour réduire la part des dépenses publiques dans le PIB et très souvent on me reproche alors, tout en disant "il va falloir faire des sacrifices", "tout ne sera pas possible", "on va se concentrer sur des compétences strictement définies", de tenir un discours de politique nationale qui n'aurait rien à voir avec nos problématiques locales. On voudrait nous enfermer dans la croyance qu'il n'y a pas d'alternative. 

C'est faux bien sûr. On ne peut pas s'exonérer des conséquences néfastes sur le terrain local des choix de politiques économiques que l'on fait sur le plan national. Il est faux de dire qu'il n'y a pas d'alternative. Il y a plusieurs manières de réduire la dette publique: on peut aussi lutter contre les baisses de prélèvements et de cotisations sociales sur les grands groupes, lutter contre l'évasion fiscale, augmenter l'imposition des plus riches, réduire certaines dépenses comme l'investissement dans le nucléaire militaire, réduire le train de vie des grands élus... L'austérité appliquée aux dépenses publiques locales nuit au service proposé aux citoyens et au dynamisme des territoires.

Car cette politique a des conséquences sur le niveau et la qualité des services publics rendus à la population, sur le soutien aux associations, sur la pression mise sur le personnel, sur l'augmentation des impôts locaux (2% d'augmentation du taux de la part intercommunale de la taxe d'habitation et de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères en 2016, et une poursuite de l'augmentation de la TEOM dans les années à venir sans doute, en tout cas c'est ce qui est préconisé).

Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas des économies à réaliser à Morlaix-Communauté: études commandées systématiquement alors que les commissions d'élus thématiques sont souvent dessaisies en fait de la responsabilité politique des constructions de projets communautaires d'investissement ou des choix de gestion, embauches de cadres A à des postes de direction qui multiplient les intermédiaires entre les élus et les agents et transforment la communauté en armée mexicaine où il y aura bientôt autant de cadres que d'exécutants, aide aux entreprises distribuées parfois très généreusement, DSP dont il n'est pas toujours sûr qu'elles favorisent réellement des économies d'argent public). 

Les recettes sont en baisse cette année car, outre une Dotation Générale de Fonctionnement versée par l'Etat qui continue à fondre, les recettes fiscales sont elles-mêmes en baisse: 

 - moins 321 649€ en 2017 pour la taxe d'habitation, c'est la conséquence de l'exonération des contribuables qui ont perdu le bénéfice de la part supplémentaire du quotient familial, notamment des personnes âgées à revenus modestes (des allocations compensatrices sont prévues par l'Etat mais elles ne suffisent pas à compenser la perte, qui procède cette fois d'une mesure de rééquilibrage parfaitement justifiée). 

- moins 64 000€ pour la contribution financière des entreprises et moins 179 000€ sur la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises: cela traduit une situation économique difficile et morose sur le pays de Morlaix.

L'hypothèse de travail de l'exécutif est d'augmenter à nouveau la TEOM, de faire en sorte que le budget collecte et traitement des déchets s'autofinance, ce qui supposerait des "mesures volontaristes" pour restreindre les dépôts de déchets en déchetteries et le coût des collectes. Avec quelles conséquences pour les usagers qui vont payer davantage en voyant peut-être les services proposés se restreindre, ou devenir payant si on cherche à limiter l'accès aux déchetteries?

L'exécutif veut aussi baisser le poids des subventions, aujourd'hui porté à 2 millions d'euros, en se restreignant aux champs de compétence stricts et aux priorités du projet de territoire, et limiter la hausse des charges de fonctionnement en personnel: "la communauté doit opérer des choix plus restreints de financement en lien avec les priorités du projet de territoire". Or, on voit que des associations qui remplissent un rôle social essentiel comme l'ORPAM au service des personnes âgées, de leurs accès à la culture, aux loisirs et au lien social, sont aujourd'hui en danger et se débatte avec la charge d'un salarié à payer dans des situations difficiles, à la recherche perpétuelle de subventions ciblées qui ne suffisent pas à couvrir les charges.   

La communauté envisage aussi à titre d'hypothèse de travail de baisser les dotations de solidarité communautaires versées aux communes en fonction de critères socio-économiques (fiscalité, population, part de logement social...). Une mauvaise nouvelle potentielle pour des communes qui souffrent aussi fortement de la baisse des dotations et d'une marginalisation liée à la loi NOtre et à la réforme territoriale privilégiant les échelons supérieurs d'organisations, même s'ils sont souvent insuffisamment démocratiques et si on éloigne le citoyen des instances de décision. 

Le document budgétaire prévoit aussi "d'optimiser la charge financière de la communauté pour les transports" ce qui laisse très mal augurer d'une prise en compte d'une demande de densification de l'offre de transport en commun sur le secteur sud et sud-est de la communauté et d'un retour en régie publique ou en société publique des transports dans le secteur urbain et péri-urbain à l'expiration des contrats de DSP avec Kéolis et d'affermage qui arrive cette année. On nous dit même qu'il "paraît possible de prévoir une participation moindre du budget général". Avec quelles conséquences sur le niveau de l'offre proposée? 

 

Je suis intervenu aussi sur le rapport développement durable en disant qu'un des leviers essentiels de la lutte contre le réchauffement climatique, le développement d'une politique de transport en commun réellement attractive (grâce à la qualité et la densité du réseau de bus et de cars, aux propositions tarifaires encourageantes, à l'expérimentation de la gratuité, grâce au maintien et au développement de l'offre ferroviaire de proximité) n'avait pas été privilégié dans les options budgétaires de Morlaix Communauté et qu'au regard de cet enjeu, beaucoup de mesures prises pouvaient malgré leur pertinence sembler anecdotiques.

 

Je suis intervenu sur la mise à disposition d'un agent de Garlan pour l'entretien de la halle Jezequel en relayant le point de vigilance et d'inquiétude des représentants du personnel par rapport au fait que Morlaix-Communauté externalise des activités à des agents qui ne bénéficieront pas des mêmes droits, du même statut que les agents de Morlaix-Communauté. 

 

Je suis intervenu sur le plan de financement des zones d'activité économique, de compétence communautaire désormais, avec le lancement à nouveau d'une étude d'optimisation, en demandant à ce que soit intégré le critère de la préservation du dynamisme commercial des centre-villes et des centre-bourgs et la réduction d'une concurrence entre les zones commerciales périphériques et les commerces de centre-ville, notamment pour Morlaix.   

 

En fin de conseil, j'ai présenté une question orale pour l'aide à l'installation d'un nouveau local adapté pour les " Utopistes en Action": 

 

Question Orale : un local pour les « Utopistes en action » ?

L'association « Les Utopistes en action » abat un gros travail et fédère de multiples énergies pour organiser des friperies solidaires partout sur le territoire, pour collecter des vêtements et d'autres fournitures de première nécessité pour les réfugiés, sans-abris et démunis de tout, qu'ils soient présents sur le territoire, à Calais, ou à Paris, organisant plusieurs convois, 5 ou 6 depuis un an, vers Calais ou Paris et suscitant d'innombrables manifestations de solidarité vis-à-vis des réfugiés et migrants de citoyens de la région de Morlaix.

Depuis plusieurs mois, en assistant aux Conseils Communautaires, s'entretenant avec les élus, communiquant avec la presse, le groupe des « Utopistes en action » demande un appui de la Communauté d'agglomération et des élus des communes de Morlaix-Communauté pour accéder à un nouveau local d'environ 300 m² qui permettrait de mettre à l'abri les vêtements donnés, d'organiser une friperie permanente, et de faciliter le tri des vêtements pour leur distribution.

Aujourd'hui, le hangar privé dont les Utopistes dispose est saturé et ne permet ni de trier convenablement les vêtements, ni d'assurer des services de friperie sur place.

Les « Utopistes en action » qui ont organisé avec succès le « Festival des Utopies » le 17 septembre au Cloître-Saint-Thégonnec l'année dernière en fédérant plusieurs dizaines d'associations et de collectifs ont fait la preuve de leur capacité à travailler avec d'autres associations qui viennent en aide aux migrants et aux plus démunis : Secours Populaire, Comité de Chômeurs, Chiffonniers de la joie, Restos du cœur...

Ils souhaiteraient qu'en cas de possibilité d'accéder à un nouveau local, soit par une mise à disposition de bâtiments communautaires,  soit par un co-financement de Morlaix-Communauté, sachant qu'ils peuvent avoir aussi un apport financier propre, celui-ci puisse servir aussi de lieu d'échange et de concertation pour toutes les associations et collectifs qui travaillent dans la solidarité avec les plus démunis, et les migrants et réfugiés.

Dans le cadre des compétences de la Communauté d'agglomération en terme de cohésion sociale, n'est-il pas temps de rechercher activement une solution pour que les Utopistes en action puissent accéder à un local adapté à leurs ambitions et à l'intérêt public et social indéniable du travail qu'ils réalisent. Où en est la réflexion de l'exécutif de Morlaix-Communauté sur ce sujet ?

 

Jean-Luc Fichet n'a pas fermé complètement la porte, reconnu la qualité du travail des Utopistes, mais a donné une réponse qui peut paraître dilatoire quand même en disant que les associations devraient être fédérées, consultées pour peut-être être hébergées ensemble, et que des études allaient être menées sur l'emplacement d'un local ("on y travaille"), sachant que cela peut prendre beaucoup de temps, et que Morlaix Communauté dispose de locaux vides actuellement, à Pleyber-Christ, à Morlaix...  

 

Enfin, j'ai présenté en fin de conseil une motion de défense des bureaux de poste du pays de Morlaix qui a été adoptée à l'unanimité: 

Vœu qu'Ismaël Dupont, élu communautaire Front de Gauche de Morlaix, demande à pouvoir être présenté et soumis au vote au conseil de communauté du lundi 13 février 2017.

Nous refusons la fermeture des bureaux de poste dans le pays de Morlaix

Le 2 février dernier, le chef d'établissement de la poste à Morlaix annonçait aux salariés un nouveau plan de réorganisation drastique des bureaux de poste, après celui de 2010-2011 qui avait occasionné une longue grève des salariés pour défendre le service public postal.

Cette fois-ci, la société anonyme La Poste dont l'actionnaire principal est l’État mais qui est gérée comme une entreprise privée avec des objectifs de rentabilité qui marginalisent les missions de services publics traditionnelles, a décidé de supprimer le bureau de Poste de La Boissière qui emploie deux agents fonctionnaires de La Poste en externalisant l'activité si possible auprès d'un commerçant, le bureau de poste se transformant en relais commerçant.

Celui-ci évidemment ne pourrait dispenser les mêmes services bancaires, n'ayant pas accès aux comptes des clients, ne pouvant faire des retraits excédant 150 euros, ne pouvant garantir la même confidentialité et les mêmes activités de conseil. Or, la banque postale, du fait de son statut encore récent de services publics et de ses tarifs encore attractifs, est perçue comme une banque d'intérêt général fréquentée par les catégories populaires et les personnes âgées notamment.  

Ce plan de réorganisation annoncé le 2 février 2017 prévoit aussi la suppression des bureaux de poste de Taulé, de Plourin-les-Morlaix, de Plouigneau, avec un transfert possible, dans le cadre d'une négociation et si les communes concernées l'acceptent, des charges vers les communes pour créer des Agences Postales Communales, ou alors une création de relais commerçants. A chaque fois, la Poste externalise et se décharge des activités de service public les moins rentables.

Le contrat de présence postale négocié au niveau national entre la direction de la poste, le gouvernement et l'Association des Maires de France, prévoyait une multiplication des partenariats, agences postales communales ou relais commerçants remplaçant progressivement des bureaux de poste, qui ne représentent aujourd'hui plus que 54 % des points de vente, et supprimait le droit de veto du maire et du conseil municipal pour la suppression des bureaux de poste.

La Poste a reçu pourtant ces dernières années 300 millions d'euros dans le cadre du CICE, tout cela pour détruire année après année des emplois (entre 3500 et 5000 emplois supprimés par an, avec des tournées de plus en plus impossibles pour les facteurs) et privilégier la rentabilité financière. 

Nous élus de Morlaix Communauté, confrontés aux risques de désertification des bourgs et des quartiers, aux besoins de services publics et de services au public de la population, à la réduction des marges de manœuvre budgétaires communales, réclamons le maintien des bureaux de poste concernés par le plan de restructuration sur le pays de Morlaix : le bureau de poste de La Boissière à Morlaix, de Plouigneau, de Plourin les Morlaix, de Taulé.

Compte rendu de mes interventions

Ismaël Dupont élu communautaire PCF-Front de Gauche - le 14 février 2017

 

Prochain Conseils de Communauté à la CCI de Morlaix: 

le lundi 20 mars à 18h

le lundi 27 mars à 18h (vote du budget)

le lundi 24 avril à 18h

le lundi 29 mai à 18h 

le lundi 3 juillet à 18h 

 Conseil communautaire de Morlaix-Co du 13 février 2017 (photos de Pierre-Yvon Boisnard et compte rendu par Ismaël Dupont de ses interventions)
 Conseil communautaire de Morlaix-Co du 13 février 2017 (photos de Pierre-Yvon Boisnard et compte rendu par Ismaël Dupont de ses interventions)
 Conseil communautaire de Morlaix-Co du 13 février 2017 (photos de Pierre-Yvon Boisnard et compte rendu par Ismaël Dupont de ses interventions)
 Conseil communautaire de Morlaix-Co du 13 février 2017 (photos de Pierre-Yvon Boisnard et compte rendu par Ismaël Dupont de ses interventions)
 Conseil communautaire de Morlaix-Co du 13 février 2017 (photos de Pierre-Yvon Boisnard et compte rendu par Ismaël Dupont de ses interventions)
 Conseil communautaire de Morlaix-Co du 13 février 2017 (photos de Pierre-Yvon Boisnard et compte rendu par Ismaël Dupont de ses interventions)
 Conseil communautaire de Morlaix-Co du 13 février 2017 (photos de Pierre-Yvon Boisnard et compte rendu par Ismaël Dupont de ses interventions)
 Conseil communautaire de Morlaix-Co du 13 février 2017 (photos de Pierre-Yvon Boisnard et compte rendu par Ismaël Dupont de ses interventions)
 Conseil communautaire de Morlaix-Co du 13 février 2017 (photos de Pierre-Yvon Boisnard et compte rendu par Ismaël Dupont de ses interventions)
 Conseil communautaire de Morlaix-Co du 13 février 2017 (photos de Pierre-Yvon Boisnard et compte rendu par Ismaël Dupont de ses interventions)
 Conseil communautaire de Morlaix-Co du 13 février 2017 (photos de Pierre-Yvon Boisnard et compte rendu par Ismaël Dupont de ses interventions)
 Conseil communautaire de Morlaix-Co du 13 février 2017 (photos de Pierre-Yvon Boisnard et compte rendu par Ismaël Dupont de ses interventions)
 Conseil communautaire de Morlaix-Co du 13 février 2017 (photos de Pierre-Yvon Boisnard et compte rendu par Ismaël Dupont de ses interventions)
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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 08:40
Ceta. L'accord de libre-échange Europe-Canada en 7 questions (Ouest-France, 15 février 2017)

Le Parlement européen se prononce ce mercredi sur le Ceta, l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada. Quelle que soit l'issue du vote, l'intense opposition au traité ne sera pas sans conséquences sur la politique commerciale future de Bruxelles. Pourquoi ce texte est-il farouchement prôné par les uns, violemment contesté par d'autres ? Et que prévoit exactement ce document de 1 600 pages ?

Quels sont les objectifs du Ceta ?

Négocié pendant sept ans, cet épais document de plus de 1 600 pages - baptisé « Accord économique et commercial global (AEGC) », en anglais Ceta -, soumis ce mercredi au vote du Parlement européen, entend supprimer plus de 99% des droits de douane avec Ottawa.

Il ferait progresser de 25% le commerce de l'Union avec le Canada, son 12e partenaire commercial, faisant croître le PIB européen d'environ 12 milliards d'euros par an. Un chiffre qui reste à comparer aux 14 600 milliards d'euros de PIB de l'UE en 2015.

Pourquoi le Ceta est-il contesté ?

Présenté par les dirigeants européens comme un nouvel « accord modèle » de libre-échange, ce traité commercial se heurte toujours à de vives oppositions.

Ses adversaires le jugent anti-démocratique, trop favorable aux multinationales, léger sur l'environnement ou encore dangereux pour l'agriculture européenne.

Tous les produits sont-ils concernés ?

Non. Parmi les exceptions au traité: certains produits agricoles, comme les viandes bovines et porcines, dans le sens Canada-UE, qui resteront soumises à des quotas.

L'accord fournit aussi une protection supplémentaire à 143 origines géographiques spécifiques (AOC), dont 42 françaises, comme le « Roquefort », le « Saint-Nectaire » ou les « Pruneaux d'Agen ».

Grâce au Ceta, les entreprises européennes auront désormais accès aux marchés publics canadiens, y compris ceux des villes et des provinces qui gèrent une part importante des dépenses publiques. Une véritable avancée pour les Européens qui avaient, eux, déjà accordé un large accès à leur marché aux compagnies canadiennes.

L'accord, qui concerne plus de 500 millions d'Européens et 35 millions de Canadiens, ne modifiera pas les règles européennes sur la sécurité alimentaire ou la protection de l'environnement, assure l'UE.

Il vise au contraire à améliorer la coopération entre les organismes européen et canadien sur ces normes.

Les produits canadiens ne pourront donc être importés dans l'Union européenne que s'ils respectent la réglementation de l'UE et le boeuf aux hormones ne sera pas autorisé.

Quid du très contesté tribunal d'arbitrage ?

C'est en effet le point le plus sensible : la possibilité donnée à une multinationale investissant à l'étranger de porter plainte contre un Etat qui adopterait une politique publique contraire à ses intérêts, afin de demander réparation.

Un mécanisme qui a permis à Philip Morris d'attaquer l'Uruguay pour sa politique anti-tabac ou au géant minier Oceanagold de poursuivre le Salvador pour lui avoir refusé un permis d'exploitation pour raisons environnementales.

Le CETA créera un tribunal permanent, modernisé par rapport aux autres traités, composé de 15 juges professionnels nommés par l'UE et le Canada. Toutes les auditions seront publiques et il sera possible de faire appel. « Une sorte de Cour publique des investissements qui ouvre la voie à une Cour internationale des investissements », selon un négociateur européen.

Malgré cela des ONG n'ont pas été convaincues, craignant que ces « pseudo-juges » soient des avocats d'affaires liés à des cabinets privés.

Une fois que les contours de ces tribunaux auront été définitivement arrêtés, la Belgique s'est engagée à saisir la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) pour vérifier sa conformité avec le droit européen.

 

Le Ceta en quelques chiffres-clés.
Le Ceta en quelques chiffres-clés. | Ouest-France

 

Que se passera-t-il si le traité est adopté ?

S'il est approuvé par le Parlement européen, une grande partie du traité entrera en vigueur de façon provisoire, essentiellement en ce qui concerne les dispositions relevant de la compétence exclusive de l'UE.

Parmi les chapitres provisoirement exclus, ce fameux tribunal d'arbitrage. En cas de litige avec un Etat, une entreprise devra porter plainte devant la juridiction du pays concerné ou la chambre arbitrale internationale de Paris, par exemple.

Les parlements nationaux auront-il leur mot à dire ?

Oui, et c'est un obstacle de taille au Ceta : pour entrer définitivement en vigueur, il devra être approuvé par les 38 Parlements nationaux et régionaux de l'UE. Une procédure très incertaine qui pourrait prendre des années.

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 08:17
Après la mise à sac du local du PCF à Aix, la stèle de Missak Manouchian à Marseille profanée par l'extrême-droite (réaction du PCF des Bouches du Rhône et de Jean-Marc Copolla)

Mobilisons-nous pour dénoncer la profanation de la stèle de Missak Manouchian, contre la montée des idées d’extrême droite !

 

La stèle du FTP-MOI Missak Manouchian, située sur le square éponyme au cœur du 7ème arrondissement de Marseille, a de nouveau été profanée, lundi.

Cet acte fait suite à ceux perpétrés en 2014 par des groupuscules d'extrême droite, jugés et condamnés depuis. Le Parti Communiste Français des Bouches du Rhône, la Jeunesse Arménienne de France (JAF), l'Union Culturelle Française des Arméniens de France (UCFAF) et l'Association des Anciens Combattants et Résistants Français d'Origine Arménienne (AACROA) ont condamné fermement cette nouvelle violation, et ont demandé la recherche et la punition des auteurs de ces faits inqualifiables.

Cette profanation est une nouvelle atteinte à la mémoire des Résistants, des FTPF-MOI, des communistes, morts pour la France pendant la deuxième Guerre Mondiale  contre le nazisme, le PCF des Bouches du Rhône appelle à une forte mobilisation des progressistes le samedi 18 février à 11h, au Square Missak Manouchian, Bd Charles Livon, pour donner à cette commémoration du 73e anniversaire de l'exécution du groupe FTPF-MOI Manouchian un caractère fort contre la montée des idées d’extrême droite dans notre pays.

Devant ce nouvel acte odieux, et à l'aube de grandes échéances électorales en France, les candidats à l'élection présidentielle ne manqueront pas d'être interpellés sur ce sujet. Comment ne pas faire le lien avec ce qui s’est déroulé durant le week-end contre le siège aixois du PCF qui a été la cible de l'action française.

Condamnation d'une nouvelle profanation de la stèle de Missak Manouchian à Marseille par Jean-Marc Copolla :

Je condamne avec la plus grande solennité une nouvelle profanation de la stèle de Missak Manouchian – poète, résistant, militant communiste, héros de l’Affiche rouge - située dans le square portant son nom dans le 7ème arrondissement de Marseille.

Cet acte d’une grande lâcheté est une véritable provocation à quelques jours de l’hommage que plusieurs organisations associatives et politiques tiennent pour entretenir la mémoire de résistants qui ont agi pour sauver la France du nazisme et de son idéologie fasciste.

Comment ne pas rapprocher ce geste terroriste à Marseille des agressions perpétrées par le groupuscule d’extrême droite Action française contre un local du PCF à Aix-en-Provence ?

Cette profanation et cette agression ne sont pas le fruit du hasard. Elles nourrissent la violence, la haine, l’intolérance, le racisme et l’antisémitisme dans un contexte de tensions dans notre pays.

Déjà en 2014, un acte de même nature avait été commis, à la suite duquel deux militants du « Mouvement populaire nouvelle aurore » avaient été condamnés à des heures de travail d’intérêt général. Mais à aucun moment les pouvoirs publics n’ont interdit le mouvement.

Aussi j’interpelle le Préfet de Région, le Préfet de Police, le ministre de l’Intérieur afin qu’ils diligentent des investigations pour retrouver les auteurs, qu’ils soient jugés et condamnés par la justice et que les mouvements concernés soient dissouts.

Il y a des lois dans notre pays qui le permettent. Elles doivent être respectées. D’autant plus respectées, qu’il ne peut être fait de différence entre les terroristes qu’ils soient de Daesh ou de mouvements qui développent des idéologies fascistes, racistes et xénophobes, contraires aux valeurs de notre République.

Je serai présent samedi 18 février pour rendre hommage à Missak Manouchian et aux 22 autres membres de l’Affiche rouge, au côté des associations d’anciens combattants, de la JAF, l’UCFAF, de l’AACROA et j’invite tous les républicains et progressistes à participer à ce rassemblement pacifique.

 

Missak Manouchian, résistant mort pour la France (Guy Konopnicki, Marianne - avril 2015)

Résistance : Arsène Tchakarian, à 100 ans, il est le dernier rescapé des Manouchian (Le Parisien, Lucile Métout, 25 décembre 2016)

L'Affiche rouge: "Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant" (numéro spécial de L'Humanité, février 2007- Jean de Leyzieu)

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 08:15
Cour des comptes: la petite musique de fond libérale (UGFF CGT)

C'est devenu une sorte de « marronnier » pour la presse qui s'en fait en général des choux gras et ne manque pas de se délecter des aspects les plus truculents. La dernière livraison du rapport des magistrats de la Cour des comptes n'échappe pas à la règle.

Sous couvert d'une prétendue impartialité, et derrière une pseudo vérité des chiffres, les magistrats de la rue Cambon réitèrent cette année leurs prises de position sur la situation des finances publiques et, « quittent le terrain de l’impartialité pour rejoindre celui, très orienté, des forces politiques prônant l’austérité et la loi du marché » estime l'UGFF-CGT.

Comme d'habitude, l'analyse des magistrats comptables arrive opportunément pour nourrir le débat politique et c'est singulièrement dans celui de la présidentielle puis des législatives que les « Sages » entendent peser. « L’accentuation de l’effort de maîtrise des dépenses est indispensable pour respecter les objectifs que la France s’est donnés, sortir de la procédure concernant les déficits excessifs et renforcer sa crédibilité financière auprès de ses partenaires de la zone euro ».

De fait la Cour des comptes assure que dans l’objectif de « ramener le déficit public à 0,6 point du PIB en 2020 sans accroître les prélèvements obligatoires, il sera nécessaire d’accentuer nettement l’effort de maîtrise des dépenses entamé depuis 2010. » Entendez par là qu'il faut poursuivre et amplifier la réduction de la masse salariale de la fonction publique. Et pour se faire comprendre, les magistrats de la Cour des comptes jettent le doute sur l'utilité des dépenses publiques. « Le niveau particulièrement élevé des dépenses publiques en France est loin de conduire à des résultats à la hauteur des moyens engagés, comme l’illustrent les politiques du logement, de la formation professionnelle ou de la santé » assure ainsi la livraison 2017 du rapport.

Critique et sourcilleuse dès qu'il s'agit de la dépense publique, la Cour des comptes n'est guère bavarde sur le CICE qui, de 2013 à la fin 2016, aura conduit l’État à dépenser environ 30 milliards d’euros, soit la principale dépense fiscale de l’État. « Lorsque l’on sait que, dans les estimations les plus optimistes, cette somme octroyée aux entreprises a permis de sauvegarder ou créer 100 000 emplois (d’où un coût moyen annuel absolument stratosphérique de 300 000 euros par emploi !), on est en droit de se poser des questions.

Pas la Cour des comptes visiblement » relève la CGT des fonctionnaires.

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 08:06
Florence Le Lieu, conseillère municipale communiste à Ploumilliau: première victoire dans la Baie de Lannion (Planète Humanité)
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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 07:57
Paix mondiale, contre la colonisation de la Palestine: Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, adresse une lettre au secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres

Pierre Laurent, lettre ouverte à Antonio Guterres secrétaire général des Nations-Unies

 

Monsieur le secrétaire général,

À l'occasion de votre entrée en fonctions, vous avez appelé à « faire de la paix une priorité absolue en 2017 », et je tenais d'abord à saluer la volonté politique qui vous anime, au contraire de tant de dirigeants d'envergure internationale.

Je veux aussi vous assurer que parmi les forces démocratiques que vous trouverez à vos côtés, il y a les communistes français pour lesquels « la paix est le plus grand des combats », comme l'affirmait Jaurès.

Je vous adresse cette lettre ouverte car comme vous, Monsieur le secrétaire général, nous sommes des millions à considérer qu'il y a urgence à faire triompher la paix.

Le peuple palestinien est de ceux qui auront enduré et continuent d'endurer les pires injustices : Naqba, occupation militaire, colonisation depuis des décennies au mépris des droits humains et du droit international, et de toutes les résolutions adoptées par l'ONU.

J’ai, comme tous, comme vous certainement, applaudi au vote du Conseil de sécurité de l’ONU, le 23 décembre dernier, de la résolution 2334 adoptée par 14 voix et grâce à l'abstention des États-Unis qui, pour la première fois depuis 37 ans, n’ont pas mis leur veto à un texte condamnant la colonisation de la Palestine par Israël et les activités de peuplement de territoires palestiniens y compris à Jérusalem-Est.

Mais la réponse du gouvernement Netanyahou est de poursuivre dans une stratégie conflictuelle et d'accélérer la colonisation. Hier encore, 6 février, la Knesset a adopté une loi permettant à l’État de s'approprier en Cisjordanie occupée des centaines d'hectares de terres palestiniennes privées où des colons israéliens ont construit sans autorisation préalable des autorités israéliennes.

Il y a quelques jours, le 1er février dernier, après de nouvelles annonces de constructions de 5000 logements dans les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, vous avez exprimé par la voix de votre porte-parole votre inquiétude de voir le gouvernement israélien ajouter encore de nouveaux obstacles à la solution négociée de deux États ; et vous avez redit l'engagement des Nations-unies à appuyer un processus de négociations « sur la base des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et conformément au droit international ».

Monsieur le secrétaire général,

La conférence de Paris à laquelle plus de 70 pays ont participé a rappelé dans son communiqué final que « la solution à deux États est la seule voie pour arriver à une paix durable ». Ce sont des pas incontestables mais je m’inquiète de la réalité de l’application de cette résolution comme tant d'autres, trop nombreuses, que le gouvernement israélien bafoue impunément.

Je sais que vous travaillez à la mise en place d’une mission d’appui de l’ONU pour promouvoir une solution à deux États mais sera-t-elle suffisante sans une large mobilisation et sans solidarité

internationale ? Le gouvernement israélien n'est pas disposé à écouter la communauté internationale alors il est temps de poser la question : sans sanctions, arriverons-nous à lui faire respecter les droits inaliénables du peuple palestinien à l'autodétermination sans ingérence extérieure, à l'indépendance, à la souveraineté nationale et au retour des réfugiés ? Face au déni du gouvernement Netanyahou – et pour mettre un terme à la colonisation – n'est-il pas grand temps de répondre à l'appel de la société palestinienne lancé il y a 12 ans avec le mouvement BDS international ?

En France, notre parti travaille inlassablement à la reconnaissance de l’État palestinien par notre gouvernement ; nous sommes mobilisés pour la libération de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers politiques palestiniens et à la suspension immédiate de l’accord d’association Union européenne-Israël tant que son article 2 sur le respect des droits humains et démocratiques sera bafoué.

Nous comptons sur vous, Monsieur le secrétaire général, pour soutenir les efforts en faveur d'une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens.

Respectueusement,

Pierre Laurent

 
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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 07:48
Ces colonies israéliennes financées par la galaxie Trump (Médiapart, 14 février 2017 - Chloé Demoulin)

     
Ces colonies israéliennes financées par la galaxie Trump
 PAR CHLOÉ DEMOULIN

Ces dernières années, la famille du gendre de Donald Trump, l’ambassadeur en Israël nommé par le président américain ainsi que le milliardaire lui-même ont versé des centaines de milliers de dollars à des colonies juives en Cisjordanie.

it El, Alon Shvut (Cisjordanie), de notre envoyée spéciale. -  Perchée sur une colline au nord de Ramallah, en Cisjordanie, Beit El attise depuis plusieurs semaines l’intérêt de la presse internationale. En cause : les largesses financières dont a bénéficié la colonie israélienne de la part de plusieurs membres de la nouvelle administration Trump.

Selon des déclarations d’impôts que Mediapart s’est procurées, la fondation des parents de Jared Kushner, le gendre et nouveau conseiller spécial de Donald Trump, a versé au total 33 000 dollars en 2012 et 2013 à cette colonie israélienne considérée comme un des bastions du sionisme religieux. Jared Kushner siège lui-même au conseil d’administration de l’organisation. Les chèques ont été adressés à l’American Friends of Bet El Institutions, une association américaine présidée par un autre ami de Donald Trump : l’avocat d’affaires David Friedman. Ce dernier a été d’ailleurs nommé au poste d’ambassadeur des États-Unis en Israël par le président américain le 15 janvier 2017 !

À Beit El, on ne compte plus les projets financés par l’association de David Friedman, notamment la création d’un centre de préparation militaire ou encore le site Internet de la radio Arutz Sheva. Lancé en 1988, ce média israélien est connu pour être le porte-voix des colons israéliens. David Friedman y a lui-même régulièrement contribué ces dernières années en y publiant de nombreuses tribunes. Preuve que son implication est tout à fait assumée, l’avocat d’affaires a également fait inscrire son nom, ainsi que celui de son épouse et de ses parents sur l’un des bâtiments destiné à une école pour filles dans la colonie. Mais c’est sans doute la Yeshiva de Beit El qui a reçu le plus d’argent de sa part. Cette école talmudique est dirigée par le rabbin Zalman Melamed, une illustre figure de la droite israélienne aujourd’hui proche du parti pro-colonisation HaBayit HaYehudi (Le Foyer juif). Ce dernier a engrangé 60 % des voix à Beit El lors des élections de 2015, loin devant le Likoud de Benjamin Netanyahou (10 %).

Dernier élément et non des moindres, Donald Trump a lui-même puisé dans ses propres deniers pour financer Beit El. Comme le prouve un document dévoilé par le Jerusalem Post, la fondation Trump a signé un chèque de 10 000 dollars en 2003 en faveur de l’American Friends of Bet El Institutions, soit l’une des plus grosses sommes allouées par sa fondation cette année-là. Une contribution personnelle qui soulève de sérieuses inquiétudes quant aux futures prises de position du président américain dans la région.

Beit El (la maison de Dieu, en hébreu) revêt une importance cruciale pour les juifs pratiquants. Le nom de cette colonie israélienne est cité « 44 fois dans la Bible », souligne Yael Ben-Yashar, guide et porte-parole de Beit El. « C’est à cet endroit que Dieu a promis à Jacob que cette terre serait pour lui et ses descendants », raconte-t-elle début février aux abords des ruines qui ont été aménagées en lieu de pèlerinage sur les hauteurs de la colonie. L’attraction principale, les restes du rocher où se serait assoupi Jacob, attire chaque année « 3 000 touristes », estime la guide, en grande majorité des évangélistes américains, mais aussi sud-coréens ou indonésiens.

L’autre temps fort de la visite consiste à monter sur une tour d’observation installée à quelques mètres de là. Avant d’emprunter un escalier, le visiteur est invité à lire sur un panneau le passage de la Genèse dans lequel Dieu s’adresse à Jacob : « Ta postérité sera comme la poussière de la terre ; tu t’étendras à loccident et à lorient, au septentrion et au midi. » « Le fait que Beit El existe et que les juifs y habitent aujourd’hui prouve que la promesse de Dieu s’est réalisée », juge Yael Ben-Yashar. « Il y a 500 000 juifs qui vivent ici en Judée-Samarie [Cisjordanie – ndlr]. Il faut que les gens comprennent que nous sommes ici pour rester et que nous n’avons aucune intention de partir ailleurs », ajoute-t-elle.

Contrairement à d’autres colonies israéliennes, organisées en blocs, Beit El s’érige au beau milieu de plusieurs villes arabes. La colline offre une vue imprenable sur les immeubles de Ramallah ou encore sur le village voisin de Beytin. La colonie est également collée au camp de réfugiés palestinien de Jelazone. « La plupart des Arabes veulent vivre en paix avec nous. Nous n’avons aucun problème avec eux », assure la guide de Beit El, précisant que plusieurs d’entre eux travaillent dans la colonie. « Mais une minorité vient nous jeter des pierres ou des cocktails Molotov », déplore-t-elle face au mur de séparation que l’armée israélienne a commencé à bâtir, il y a un an, pour protéger les colons.

Depuis l’investiture de Trump, le gouvernement israélien a donné son feu vert à des constructions

Dès sa création en 1977, Beit El est un des fers de lance du « Gush Emunim », un mouvement lancé au lendemain de la guerre des Six Jours en faveur de la colonisation des terres conquises par Israël en Cisjordanie. C’est dans cet esprit messianique et militant que Claire et Benjamin Dana-Picard, tous deux originaires de France, sont venus s’installer, voilà dix-sept ans de cela, dans la colonie israélienne. « C’était très important pour nous de venir habiter ici, dans une des nombreuses localités juives qui sont menacées d’être évacuées un jour », explique Claire, journaliste pour LPH Info, un site et un magazine d’information israélien en langue française. « Notre principe est simple : nous sommes sur des territoires qui ont été récupérés après la guerre des Six Jours. Nous sommes chez nous à Beit El, ici c’est chez nous », martèle-t-elle. « Ce que les Français appellent une implantation ou une colonie, lorsque ça se produit en France, on appelle ça une ville nouvelle », surenchérit son mari Benjamin, ingénieur conseil dans le transport et responsable du Likoud à Beit El.

Opposé à la création d’un État palestinien en Cisjordanie, le couple de sexagénaires conteste la notion selon laquelle les colonies seraient un obstacle à la paix. « Cette idée est assez récente en fait », rétorque Claire, affirmant que l’OLP, créé en 1964, était« décidé à détruire Israël » avant la guerre des Six Jours et « qu’Israël n’occupe les territoires ». « Le conflit n’est pas lié aux territoires », tranche-t-elle.

Selon un rapport rédigé par l’administration israélienne et dévoilé par Haaretz en 2009, Beit El est pourtant construit, en partie, sur des terres privées palestiniennes. Trois bâtiments jugés illégaux à la suite d'un recours déposé devant la Cour suprême israélienne ont d’ailleurs été rasés par l’armée en 2012. « Les gens avaient acheté le terrain à quelqu’un. Mais un autre Palestinien a déclaré qu’il était le propriétaire. Comme vous pouvez le voir, il n’a rien construit à la place, il n’a rien pu faire car c’est au beau milieu de Beit El », constate Yael Ben-Yashar.

À la faveur de l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, la situation pourrait néanmoins évoluer. Depuis l’investiture du président républicain, le gouvernement israélien a donné son feu vert à plusieurs plans massifs de constructions en Cisjordanie, dont « 100 nouvelles unités » à Beit El. Selon l’ONG Peace Now, plusieurs d’entre elles seront financées par l’American Friends of Bet El Institutions de David Friedman et permettront la légalisation rétroactive de projets contrariés par le passé en raison de leur illégalité.

« Contrairement à ce qu’on a pu lire çà et là, il ne s’agit pas du tout de nouvelles constructions, mais de l’approbation de constructions que nous avions planifiées depuis longtemps et qui avaient été gelées par l’administration Obama », tempère le maire de Beit El, Shai Alon. « On n’a rien pu construire depuis dix ans », fulmine-t-il, soulignant que plusieurs habitants de la colonie vivent encore dans des caravanes. Quant à la proximité de David Friedman avec Donald Trump, l’édile est enthousiaste : « Je suis très heureux que quelqu’un comme David Friedman comprenne la signification de Beit El et l’importance de nos lieux saints. Non seulement il est juif mais il comprend ce que nous faisons ici. J’espère qu’il pourra transmettre notre message à Donald Trump. »

Les proches de l’avocat d’affaires installés à Beit El préfèrent, eux, rester prudents. Sollicités à plusieurs reprises par téléphone, l’un des fondateurs de la colonie, Yaacov Katz, et l’actuel directeur du développement de Beit El, Baruch Gordon, ont refusé de répondre aux questions de Mediapart. Les deux hommes invoquent chacun de leur côté l’impossibilité de s’exprimer avant le 20 février. Une mystérieuse date butoir qui correspond sans doute au moment où leur ami David Friedman prendra effectivement ses fonctions d’ambassadeur des États-Unis en Israël. Car la nomination du généreux donateur de Beit El, notamment contestée par la branche américaine de l’ONG Peace Now, doit encore être approuvée par le Sénat américain. Repoussée depuis plusieurs jours, son audition devrait finalement avoir lieu le jeudi 16 février, soit au lendemain de la rencontre très attendue entre Benjamin Netanyahou et Donald Trump à Washington.

Beit El n’est pas la seule colonie israélienne à avoir bénéficié de la générosité de l’entourage du nouveau locataire de la Maison Blanche ces dernières années. Selon ses déclarations d’impôts, la fondation Kushner a également versé 15 000 dollars à l’Etzion Foundation en 2012 et 2013. Cette association établie dans le Gush Etzion, un des plus importants blocs de colonies en Cisjordanie, finance notamment plusieurs institutions d’éducation religieuse, en tête desquelles la Yeshiva Har Etzion, considérée comme une des plus modérées de Cisjordanie. Située dans la colonie d’Alon Shvut, cette école talmudique a été fréquentée dans les années 1980 par un autre ami intime de Donald Trump : l’avocat d’affaires Jason Greenblatt. Ce dernier, également connu pour sa sympathie envers les colons, a été catapulté par le milliardaire « représentant spécial pour les négociations internationales ». Un poste auquel il doit encore être confirmé, au même titre que David Friedman, par le Sénat américain.

« Si vous aimez Israël et que vous souhaitez soutenir les juifs et la seule démocratie au Moyen-Orient, une des solutions est de faire votre Alyah et de venir habiter en Israël. Mais ceux qui ne veulent pas franchir le pas peuvent toujours contribuer financièrement à des projets permettant de renforcer l’État d’Israël et la présence des juifs dans le Gush Etzion », résume Shani Simkovitz, directrice de l’Etzion Foundation.

Cette native de New York aujourd’hui installée dans le Gush Etzion a accepté de recevoir Mediapart le mercredi 8 février dans son bureau à Alon Shvut. Mais elle refuse de commenter les donations effectuées par la famille Kushner ou la politique menée par le président américain, pour ne pas, justifie-t-elle, « mettre en danger » son association.« Ce qui est important, ce n’est pas de savoir qui sont nos donateurs, mais les projets que nous mettons en œuvre », insiste-t-elle, citant pêle-mêle des actions en faveur des plus pauvres, des malades du cancer ou encore un mémorial récemment dédié aux trois adolescents israéliens kidnappés et tués en 2014 dans le Gush Etzion.

En tête des institutions les plus gâtées par Kushner figurent les amis de l’armée israélienne

Comme à Beit El, les habitants du « Gush » sont motivés par des références bibliques mais surtout par une présence juive antérieure à la création de l’État d’Israël. Pour le prouver, Shani Simkovitz dégaine plusieurs cartes, dont une représentant « les terres achetées en 1928 par le Fonds national juif » ou une autre, datant de l’époque jordanienne, montrant, selon elle, que « les Arabes n’ont pas habités entre 1928 et 1967 sur les terres possédées par les juifs ». L’histoire du Gush Etzion est également marquée par le massacre de 127 personnes dans le kibboutz de Kfar Etzion par les troupes arabes le 13 mai 1948, un jour seulement avant la proclamation de l’État d’Israël. En 2013, l’Etzion Foundation a financé la réalisation d’un film retraçant cet épisode traumatique.

Toujours selon ses déclarations d’impôts, la fondation Kushner a en outre versé 500 dollars en 2013 à la Yeshiva Od Yosef Chai. Une contribution certes modeste mais néanmoins troublante en raison du radicalisme de l’institution en question. Cette école talmudique est située à Yitzhar, une colonie israélienne proche de Naplouse, considérée comme l’une des plus violentes de Cisjordanie. La yeshiva est notamment soupçonnée d’avoir été la base de lancement de plusieurs attaques contre les Palestiniens et l’armée israélienne. Une réputation qui lui a valu d’être privée de financement public par le gouvernement israélien en 2011, soit deux ans avant que la famille Kushner ne se décide, elle, à lui signer un chèque.

En tête des institutions les plus gâtées par la fondation Kushner figure par ailleurs l’association des amis de l’armée israélienne. Selon un calcul effectué par le journalHaaretz, cette institution a touché au moins 315 000 dollars de la part de la famille du gendre de Donald Trump entre 2011 et 2013. Un investissement considérable doublé d’une implication personnelle : Jared Kushner est lui-même membre du conseil d’administration de l’association des amis de l’armée israélienne. C’est en tout cas ce qu’affirmait le site internet de l’association avant que le nom du nouveau conseiller spécial de la Maison Blanche n’en soit effacé il y a quelques jours. En jeu, un possible conflit d’intérêts. La proximité de Jared Kushner avec l’armée israélienne jette en effet un lourd discrédit sur sa capacité à assurer la mission que lui a officiellement confiée Donald Trump, à savoir la gestion du dossier israélo-palestinien.

Mais pour les principaux intéressés, les largesses financières de l’entourage de Donald Trump n’apportent pas la certitude absolue que le président américain restera un allié fidèle. À Beit El, le maire avoue avoir été refroidi par les dernières déclarations de la Maison Blanche. Dans un communiqué publié au début du mois de février, l’administration Trump a rappelé qu’elle ne considérait pas la colonisation comme « un obstacle à la paix », mais a aussi affirmé que « la construction de nouvelles colonies ou l’expansion des colonies existantes au-delà de leurs frontières existantes pourraient ne pas aider ». Un sérieux coup de canif dans les espoirs de la droite israélienne, qui voyaient déjà en Donald Trump l’homme capable de faire sauter les digues maintenues pendant huit ans par l’administration Obama. « C’est la preuve que rien n’est sûr et que tout n’a pas changé du jour au lendemain », souffle Shai Alon.

De là à croire que le président américain a « lâché » Benjamin Netanyahou ? Rien n’est moins sûr. De fait, la Maison Blanche est restée inhabituellement silencieuse ces derniers jours face aux rafales de nouvelles constructions annoncées par le premier ministre israélien ; et elle n'a pas davantage réagi le 6 février à l'adoption par la Knesset d'une loi visant à légaliser une cinquantaine d’avant-postes illégaux construits en Cisjordanie. Le texte, qui permet l’expropriation de terres privées palestiniennes, a été condamné par l’ONU et fait déjà l’objet de plusieurs recours devant la Cour suprême israélienne.

Aux yeux de Shani Simkovitz, cette loi « devait arriver ». « Nous ne pouvions pas continuer avec cet éternel conflit et tous ces meurtres. La prochaine étape est de voir comment nous allons pouvoir vivre avec nos voisins arabes », estime-t-elle. « Si Trump met en œuvre ne serait-ce qu’une partie de la politique qu’il a promise, cela se passera mieux pour nous », veut croire, lui, Benjamin Dana-Picard. Dans la région, un silence vaut parfois mieux qu’une longue déclaration.

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 07:01
Scandale dans le 18ème arrondissement de Paris !

 

Paris 18ème l'initiatrice de la pétition contre la loi travail, Caroline de Haas se présente contre El Khomri avec le soutien du PCF et d'EELV.

Mais il y aura aussi contre elle, un candidat France Insoumise, Paul Vannier et Sabrina Ali-Benali sa suppléante.

Si la FI ne retire pas ses candidats pour la soutenir vous aurez la réponse concernant ses objectifs pour ceux qui s'en posent encore ! Veulent-ils faire élire El Khomri ?

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 10:50
Ecole Ar Roudour à Guerlesquin: un demi-poste supprimé malgré la lutte des parents et personnels (Ouest-France, 13 février 2017)
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