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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 07:32
Marine Le Pen veut mettre fin à la scolarisation des enfants en situation irrégulière: absurde, irréalisable et scandaleux (PCF)

Marine Le Pen a annoncé, jeudi 8 décembre, à Paris, sa volonté de mettre fin à la gratuité de l’éducation pour les enfants étrangers en situation irrégulière et une « contribution » pour ceux dont les parents en situation régulière ne travaillent pas.

« Je considère que la solidarité nationale doit s’exprimer à l’égard des Français. Je n’ai rien contre les étrangers, mais je leur dis : ’Si vous venez dans notre pays, ne vous attendez pas à ce que vous soyez pris en charge, à être soignés, que vos enfants soient éduqués gratuitement, maintenant c’est terminé, c’est la fin de la récréation !’ »

Petit rappel : Article 26 de la Déclaration universelle des droits de l’homme:

1. Toute personne a droit à l’éducation. L’éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental. L’enseignement élémentaire est obligatoire. L’enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite. 2. L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compré- hension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.

 

Scolarisation/FN : « Absurde, irréalisable et scandaleux »

Hier, Marine Le Pen, présidente du Front national, a montré son vrai visage et a affirmé à plusieurs reprises vouloir la fin de la scolarisation des enfants étrangers en situation irrégulière et une « contribution » pour ceux dont les parents en situation régulière ne travaillent pas. Cette proposition est absurde, irréalisable et scandaleuse.

 

Encore une fois, Marine Le Pen s’en prend violemment à une partie de la population de notre pays, une partie de ceux qui vivent, travaillent et paient leurs impôts en France, pour ne pas traiter les vrais problèmes.

 

L’école publique manque de moyens. Sa gratuité est de plus en plus remise en question par le prix croissant des fournitures scolaires, des transports scolaires, de la restauration scolaire. Le droit à l’éducation n’est pas assuré partout et pour tous quand l’éducation nationale manque d’enseignants et de personnels.

Pour garantir le droit à l’éducation pour tous, il faut transformer l’école. Le PCF a mis en débat 25 propositions pour une école de l’égalité (http://reseau-ecole.pcf.fr/93750).

Pour donner des moyens à l’école, l’État doit prendre ses responsabilités : rompre avec l’austérité, augmenter le budget de l’éducation, garantir la gratuité de tout ce qui est nécessaire à la scolarité. L’argent nécessaire, on ne le trouvera pas dans la poche de ces « étrangers » accusés par Mme Le Pen. Pour le trouver, il faut s’attaquer à l’évasion fiscale, il faut prendre le pouvoir sur la finance, il faut créer un service public bancaire. Il faut avoir le courage de s’attaquer à la minorité qui accapare les richesses du pays. 

Cette minorité, c’est justement celle que sert Madame Le Pen. Et c’est pour les protéger de notre colère qu’elle choisit de s’attaquer aux « étrangers » : des travailleurs, comme nous, des enfants, comme les nôtres.

 

L’histoire du PCF est pleine de notre combat contre ces discours de haine et de peur. Nous agissons au quotidien pour que les idées de Marine Le Pen n’arrivent jamais au pouvoir. 

 

PCF

Marine Le Pen veut mettre fin à la scolarisation des enfants en situation irrégulière: absurde, irréalisable et scandaleux (PCF)
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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 07:17
Salim Lamrani, enseignant et universitaire français, maître de conférence à l'Université de la Réunion, spécialiste des Antilles et de l'Amérique Latine dans ses relations avec les Etats-Unis

Salim Lamrani, enseignant et universitaire français, maître de conférence à l'Université de la Réunion, spécialiste des Antilles et de l'Amérique Latine dans ses relations avec les Etats-Unis

Entretien avec Salim Lamrani

 

« Cuba est le seul pays qui est intervenu en Afrique pour défendre le droit des peuples à l’autodétermination, à la dignité et à la liberté »

 

http://www.mondialisation.ca/cuba-est-le-seul-pays-qui-est-intervenu-en-afrique-pour-defendre-le-droit-des-peuples-a-lautodetermination-a-la-dignite-et-a-la-liberte/5561075

 

Voice of America

http://www.voaafrique.com/a/3619259.html [vidéo]

 

Voice of America, qui a débuté ses émissions en 1942, est un service multimédias international financé par le gouvernement des Etats-Unis à travers le Broadcasting Board of Governors. La VOA diffuse environ 1 500 heures de nouvelles, d’informations, de programmes culturels et éducationnels chaque semaine, à l’intention de quelque 125 millions d’auditeurs, de téléspectateurs et de lecteurs. Lors de cet entretien avec l’universitaire Salim Lamrani, VOA évoque le rôle de Cuba en Afrique, le pouvoir de Fidel Castro, la relation avec les Etats-Unis et la question des droits de l’homme.

 

            Voice of America : Salim Lamrani, pourquoi une telle implication de Cuba en Afrique ? Les Cubains cherchaient-il ou cherchent-t-il à exploiter les ressources naturelles dont regorgent le continent ?

 

            Salim Lamrani : Je crois qu’il faut rappeler les trois facettes qui caractérisent le personnage de Fidel Castro. C’est d’abord l’architecte de la souveraineté nationale qui a réussi à faire de Cuba une nation indépendante. C’est ensuite un réformateur social qui a mis au centre de son projet de société l’être humain en universalisant l’accès à la santé, à l’éducation, à la culture, au sport, aux loisirs. C’est enfin – et c’est là sa troisième caractéristique – un internationaliste qui a toujours tendu une main fraternelle aux peuples du Sud et notamment aux peuples qui luttaient pour leur émancipation. C’est ce qui explique l’intervention de Cuba en Afrique.

            Cuba a joué un rôle déterminant dans la libération de l’Afrique australe. Il convient de rappeler ce que disait Nelson Mandela lors de son voyage à Cuba : « Quel autre pays pourrait prétendre à plus d’altruisme que celui que Cuba a appliqué dans ses relations avec l’Afrique ? ». Je crois que cette citation de Nelson Mandela répond en quelque sorte à votre question.

            Contrairement aux autres nations qui sont intervenues en Afrique pour piller les richesses de ce continent, le seul pays qui est intervenu pour défendre le droit des Africains à l’autodétermination, à la dignité et à la liberté, c’est la nation cubaine, c’est le peuple cubain et c’est Fidel Castro.

            Je crois que c’est ce qui explique la popularité de ce personnage non seulement en Afrique, mais également en Amérique latine et en Asie. Fidel Castro est perçu comme étant l’archétype du combattant contre l’oppression. Il est perçu comme étant le vecteur d’un message universel d’émancipation.

 

            VOA : Oui, mais c’est quand même un personnage controversé, Salim Lamrani, - je m’excuse de vous interrompre – parce qu’en Occident nombreux se disent indignés par la pluie d’éloges après la mort de Fidel Castro. Pour eux, il était l’un des derniers dictateurs communistes de la planète qui s’était agrippé au pouvoir pendant près de cinquante ans, un homme qui a fait régner la terreur sur son île et qui est accusé d’avoir soumis les 11 millions de Cuba à la pauvreté collective.

 

            SL : Aucun dirigeant au monde ne peut rester 30 ans à la tête d’un pays – puisque Fidel Castro a été Président de la République de 1976 à 2006 – dans un contexte d’hostilité, de guerre larvée avec les Etats-Unis sans un soutien majoritaire du peuple.

            La diplomatie étasunienne installée à Cuba a été très lucide à ce sujet. Je fais référence à un mémorandum de 2009 rédigé par Jonathan Farrar, qui était chef de la Section d’intérêts des Etats-Unis à La Havane, dans lequel il dit que « ce serait une erreur de sous-estimer le soutien dont dispose le gouvernement particulièrement auprès des communautés populaires et des étudiants ». Je crois qu’il faut rappeler cette réalité.

            Pour ce qui est de la pauvreté – vous avez parlé de la pauvreté – je regrette mais les institutions internationales contredisent votre point de vue. Selon l’UNICEF, le seul pays d’Amérique latine et du Tiers-monde à avoir éliminé la malnutrition infantile, c’est Cuba. 

 

            VOA : Nous nous souvenons de cette poignée de mains historique entre les présidents Barack Obama et Raúl Castro en décembre 2013. C’était à Soweto lors de la cérémonie d’hommage à Nelson Mandela, le signe qu’une page était en train de se tourner. Effectivement, un an plus tard, le rapprochement était annoncé. La mort de Fidel Castro va-t-elle rapprocher davantage Cuba et les Etats-Unis, d’après-vous ?

 

            SL : Tout dépend, en définitive, des Etats-Unis parce qu’il faut rappeler que le conflit entre Washington et La Havane est asymétrique. Il y a, d’une part, une puissance, les Etats-Unis, qui impose des sanctions à Cuba. L’agression et l’hostilité sont unilatérales. Ce sont les Etats-Unis qui occupent de manière illégale et illégitime une partie du territoire souverain de Cuba (Guantanamo). Ce sont les Etats-Unis qui exigent un changement de régime.

            Je crois que le Président Barack Obama a fait un constat très lucide lorsqu’il a accepté de dialoguer avec La Havane. Il s’est rendu compte que la politique d’hostilité était anachronique car elle remonte à la Guerre froide. Elle est cruelle parce que les sanctions économiques affectent les catégories les plus vulnérables de la population. En outre, elle est inefficace puisqu’au lieu d’isoler Cuba sur la scène internationale, elle a isolé les Etats-Unis. Même les alliés les plus fidèles des Etats-Unis exigent une levée des sanctions économiques, qui constituent le principal obstacle au développement du pays.

            Je crois qu’il faudra poser la question au prochain président des Etats-Unis. Souhaite-t-il entretenir des relations cordiales et pacifiques avec Cuba ou souhaite-t-il revenir à une politique de confrontation et d’hostilité ?

 

            VOA : Il y a eu cette mise en garde de Donald Trump. Il a menacé de mettre fin au rapprochement historique avec Cuba si La Havane ne donnait pas plus de contreparties en matière de droits de l’homme et d’ouverture économique. Qu’en est-il de l’ouverture économique de Cuba ?

 

            SL : Un petit mot rapidement sur la question des droits de l’homme. Je crois que le Président Donald Trump qui exige des changements au niveau de la situation des droits de l’homme à Cuba serait inspiré de lire le dernier rapport d’Amnesty International sur Cuba et de le comparer avec celui sur les Etats-Unis. En comparant les deux rapports, on se rend compte que le plus mauvais élève n’est pas celui que l’on croit. Donald Trump et les Etats-Unis ne disposent pas de la légitimité nécessaire pour disserter sur la question des droits de l’homme.

            Pour ce qui est du modèle économique, il faut rappeler que Cuba est une nation souveraine. Il revient donc aux Cubains de décider de leur système politique, de leur modèle social et de leur modèle économique. Ce n’est pas à Donald Trump ni aux Etats-Unis d’imposer un modèle et de parler d’économie de marché. Selon le Droit international, depuis le Congrès de Westphalie de 1648, il y a une égalité souveraine entre les Etats. Il y a un principe qui s’appelle la non-ingérence dans les affaires internes. Je crois donc que le système économique ne doit pas être imposé par une puissance étrangère.

 

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son nouvel ouvrage s’intitule Fidel Castro, héros des déshérités, Paris, Editions Estrella, 2016. Préface d’Ignacio Ramonet.

 

 

Page Facebook : https://www.facebook.com/SalimLamraniOfficiel

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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 07:01

JULIA HAMLAOUI

L’HUMANITE

Vendredi 9 décembre 2016

 

 

 

Pierre Laurent appelle à « porter le plus haut possible le score de Jean-Luc Mélenchon et de nos candidats aux législatives » pour une politique de progrès social, « seule voie pour redresser le pays ».

 

 

 

 

 

 

 

 

MANUEL VALLS, DÉSORMAIS CANDIDAT À LA PRIMAIRE DU PS, ESTIME, APRÈS AVOIR DIVISÉ LA GAUCHE, QU’IL FAUT LA RASSEMBLER. LE COMBAT FACE À LA DROITE ET À L’EXTRÊME DROITE PEUT-IL JUSTIFIER CETTE UNION ?

PIERRE LAURENT Manuel Valls prend les Fran-çais pour des imbéciles. Son discours de candidature d'Évry est point par point le contraire de la politique qu'il a menée comme premier ministre. En vérité, il n'a pas changé. Il tente seulement, comme Macron, de reprendre le flambeau après le renoncement de François Hollande. Mais qui peut oublier que c'est la politique qu'ils ont conduite ensemble qui l'empêche de se représenter. Ce désaveu terrible jette les forces socialistes dans un grand désarroi et une division maximale. Valls et Macron ont été les deux inspirateurs du quinquennat, imposant par le 49-3 la loi Macron pour l'un, la loi El Khomri pour l'autre. Leur candidature est une impasse. La seule manière de faire face à la droite et à l'extrême droite, c'est de rassembler les Français sur un nouveau projet de gauche, de progrès social, de redressement national et de transformation de l'Europe. C'est ce projet que nous entendons porter dans la présidentielle.

 

LE PCF RÉUNIT SAMEDI, À LA BELLEVILLOISE À PARIS, DES PERSONNALITÉS DU MONDE SOCIAL, ASSOCIATIF, DES INTELLECTUELS, POUR CRÉER UNE « FABRIQUE D’IDÉES ET DE PROJETS ». LE PCF A DÉCIDÉ D'APPELER À VOTER POUR JEAN-LUC MÉLENCHON TOUT EN MENANT UNE CAMPAGNE AUTONOME. EN QUOI CONSISTERA-T-ELLE ?

PIERRE LAURENT Autonome, ça signifie offensive et libre. Le PCF va mettre au service de cette campagne tout ce qu'il a de meilleur : ses idées et son projet, sa proximité avec les citoyens dans de très nombreux territoires et l'expérience de ses élus, sa capacité à rassembler des forces citoyennes, sociales et politiques très larges à gauche. Notre fil conducteur, c'est de montrer aux Français que, contrairement à ce qu'on leur raconte tous les jours, une politique de progrès social est non seulement possible, mais qu'elle est la seule voie pour redresser le pays. C'est au débat de projets que nous appelons. Prenons l'exemple des frères Bocquet, comme on les appelle. Ces deux parlementaires communistes, avec leur livre Sans domicile fisc, parcourent la France pour démontrer qu'on peut récupérer 80 milliards d'euros qui échappent chaque année à l'impôt à cause de l'évasion fiscale. C'est l'équivalent du déficit budgétaire annuel de la France, ou de ce qu'il faut pour augmenter le Smic à 1 700 euros et remettre à niveau l'ensemble des grilles de salaires. Cet argent existe mais il est confisqué par les multinationales. C'est sur ces solutions que nous rassemblerons pour porter le plus haut possible le score de Jean-Luc Mélenchon et de nos candidats aux législatives.

 

AVEZ-VOUS RENCONTRÉ JEAN-LUC MÉLENCHON ? PEUT-IL Y AVOIR UN TRAVAIL COMMUN ?

PIERRE LAURENT Le travail commun avec toutes les forces disponibles sera au cœur de notre campagne parce que nous voulons construire le rassemblement le plus fort possible. J'ai parlé avec Jean-Luc Mélenchon mardi et nous sommes convenus d'une rencontre dans les jours à venir. Il a publié son programme, l'Avenir en commun, et nous avons publié nos propositions dans la France en commun. Ces efforts doivent s'additionner pour provoquer un grand débat populaire sur les solutions à même de sortir le pays de la crise.

 

FACE À FRANÇOIS FILLON ET À MARINE LE PEN, QUEL MESSAGE ENTENDEZ-VOUS ENVOYER ?

PIERRE LAURENT Chacun vient de prendre conscience que le programme de François Fillon serait un véritable massacre social, et signerait probablement la fin de la Sécurité sociale avec la généralisation des assurances privées inégalitaires. François Fillon veut imposer une société très brutale de la façon la plus autoritaire qui soit, en gouvernant par ordonnances. Mais il n'est pas le seul danger. Marine Le Pen veut se présenter comme la candidate qui protégerait les Français contre l'ultralibéralisme de François Fillon. C'est une imposture quand on sait qu'elle porte au pinacle le multimilliardaire Donald Trump. En réalité, son programme est du même acabit. Derrière le verbiage antisystème, c'est toujours la dénonciation du pauvre, du chômeur, de l'assisté, de l'immigré, mais jamais du vrai responsable de la crise, le pouvoir financier. Seul notre programme s'attaque aux vrais profiteurs du système capitaliste.

 

CRISE DE FOI SUR L'IVG « LA LOI SUR LE DÉLIT D'ENTRAVE À L'IVG EST CLAIREMENT LIBERTICIDE. » BRUNO RETAILLEAU, PROCHE DE FRANÇOIS FILLON. LA PRIMAIRE PS « CE N'EST PAS OPEN BAR » SÉBASTIEN NADOT (MOUVEMENT DES PROGRESSISTES), BASTIEN FAUDOT (MRC), ET PIERRE LARROUTUROU NE POURRONT PAS SE PRÉSENTER À LA PRIMAIRE DE LA BELLE ALLIANCE POPULAIRE. « LEUR DÉSIR EST UN PEU TARDIF », A ARGUMENTÉ CAMBADÉLIS, ESTIMANT QUE LA PRIMAIRE EST « UN PEU VICTIME DE SON SUCCÈS ». QUELLES PROPOSITIONS CONCRÈTES LE PCF COMPTE-T-IL PORTER DANS LA CAMPAGNE ?

PIERRE LAURENT Des propositions dont nous montrerons à chaque fois pourquoi elles sont réalisables. Créer un million d'emplois dans les filières industrielles et écologiques d'avenir, c'est possible en réorientant les profits du CAC 40 et le CICE. Rien que le CICE représente chaque année le financement de 400 000 à 500 000 emplois. Les banques, qui continuent de soutenir les marchés financiers, le système des paradis fiscaux, les stratégies des multinationales, détournent elles aussi des masses considérables d'argent du financement de l'emploi. Nous proposons aussi de réduire le temps de travail, en utilisant de manière positive les possibilités ouvertes par la révolution numérique. Pour lutter contre les inégalités, la grande pauvreté et l'exclusion, nous proposons d'abaisser la TVA pour les produits de première nécessité en doublant le rendement de l'ISF. Nous proposons de faire de l'égalité salariale femmehomme une grande cause nationale. Nous voulons une nouvelle sécurité d'emploi et de formation qui éradiquerait la précarité et le chômage pour le plus grand nombre. C'est en ouvrant un débat populaire sur ces propositions que nous serons capables de rouvrir l'espoir que le quinquennat de François Hollande a réduit à néant pour des millions de Français.

 

« LA PRÉSIDENTIALISATION DU RÉGIME A POUR OBJECTIF DE VIDER LA DÉMOCRATIE DE SA SUBSTANCE. » COMMENT ENTENDEZ-VOUS POURSUIVRE VOTRE DÉMARCHE DE RASSEMBLEMENT ?

PIERRE LAURENT C'est l'avenir de la France qui se joue, donc nous ne fixons aucune limite. Face au pouvoir du 1 %, les 99 % de la société sont concernés. Ce rassemblement engage tous ceux qui à gauche ou parmi les écologistes ont compris au fil du quinquennat l'impasse dans laquelle nous a plongé le trio Hollande-Valls-Macron. Tous les syndicalistes et militants de Nuit debout mobilisés contre la loi travail, tous les usagers et les salariés des services publics qui sentent leurs emplois et leurs missions menacés, tous les ouvriers qui comprennent à quel point le sacrifice de leur savoir-faire affaiblit la France sont concernés. Nous mènerons la même campagne au plus près du terrain pour les élections présidentielle et législatives. C'est pourquoi nous appelons à tenir dans chaque circonscription des débats publics et à les prolonger par des fabriques citoyennes ou des ateliers législatifs. Je réunis une nouvelle fois samedi à la Bellevilloise des personnalités engagées dans des secteurs très divers de la société et nous comptons installer avec elles un espace permanent de travail pour construire en quelque sorte une fabrique d'idées et de projets.

 

VOUS AVEZ DÉNONCÉ L'ÉPARPILLEMENT DES CANDIDATURES À GAUCHE À PLUSIEURS REPRISES. EST-CE TOUJOURS D'ACTUALITÉ ?

PIERRE LAURENT C'est plus que jamais d'actualité. Nous appelons à voter Jean-Luc Mélenchon en ayant conscience que demeure le danger de voir la droite et l'extrême droite seules représentées au second tour. Nous voulons donc élargir considérablement le rassemblement déjà engagé. Les écologistes, dont la candidature a peu de chance de peser fortement, doivent réfléchir à cette situation. Notre appel s'adresse évidemment aux militants et aux millions d'électeurs socialistes qui regardent consternés le spectacle offert par la primaire de leur parti.

 

CELA SIGNIFIE-T-IL QUE VOTRE PARTI POURRAIT SOUTENIR UNE AUTRE CANDIDATURE SELON L'ÉVOLUTION DU PAYSAGE POLITIQUE ?

PIERRE LAURENT La question n'est pas de changer de candidat mais que les projets et les forces qui peuvent converger le fassent au plus vite. Le paysage n'est pas figé. Nous ne serons pas indifférents à l'évolution de la primaire socialiste, dont personne ne peut dire aujourd'hui quelle en sera l'issue.

 

DES CANDIDATS DU PCF ET DE LA FRANCE INSOUMISE RISQUENT-ILS DE S'AFFRONTER AUX LÉGISLATIVES ?

PIERRE LAURENT Je ne le souhaite pas. La bataille législative est centrale. Le Parti communiste y prendra toutes ses responsabilités car les menaces sont grandes sur la représentation de millions d'électeurs de gauche. Arrêtons les fanfaronnades. Présenter 577 candidatures capables de rassembler, ça ne se décrète pas à Paris. C'est une bataille difficile. C'est pourquoi le Parti communiste, qui a la force, l'expérience et la présence territoriale pour le faire, doit, le plus vite possible, travailler avec esprit de rassemblement et d'ouverture dans chaque circonscription à présenter ou soutenir une candidature dès le début de l'année. Dans les circonscriptions où la France insoumise souhaite présenter des candidats, et soyons sérieux ce ne sera pas dans les 577, nous devons discuter pour éviter la dispersion. D'autant que, dans beaucoup de circonscriptions, la droite et le Front national menacent de faire une OPA sur l'élection. La règle est maintenant claire. Après le vote des communistes et les décisions d'autres forces issues du Front de gauche comme Ensemble !, ces candidatures, si elles sont communes, ne seront pas inscrites dans le seul cadre de la France insoumise. Ne perdons donc pas de temps avec des faux débats.

 

ALORS QUE LES PROJECTEURS SERONT BRAQUÉS SUR LA PRÉSIDENTIELLE, VOUS VOULEZ TRAITER À ÉGALITÉ LES LÉGISLATIVES. N'EST-CE PAS PEINE PERDUE ?

PIERRE LAURENT C'est au contraire essentiel. C'est le régime de notre démocratie qui est en jeu. La présidentialisation du régime a pour objectif de vider la démocratie de sa substance. Il y a un danger majeur. Regardez comment Fillon veut gouverner par ordonnances. Le Parlement est un lieu essentiel de la souveraineté démocratique. Nous ne pouvons pas espérer contrecarrer le projet des forces du capital uniquement par la bataille présidentielle. Avec les luttes sociales, les deux échéances forment pour nous un tout pour changer les rapports de forces. Il est nécessaire d'y porter de manière cohérente les mêmes axes de propositions. C'est pourquoi j'appelle nos candidats aux élections législatives à entrer en campagne dès le mois de janvier pour faire de l'indispensable révolution démocratique une question centrale.

 

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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 06:59

En finir avec l'évasion fiscale ! Interview Alain et Eric Bocquet, parlementaires communistes et auteurs du livre "Sans domicile fisc" et de Pierre Laurent​

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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 06:51

Dans une société où les savoirs et la création jouent un rôle de plus en plus important, un effort sans précédent d’éducation est une des conditions majeures pour sortir de la crise, pour donner aux salariés une véritable maîtrise de leur travail, pour permettre à tous les citoyens de construire ensemble les choix qui engagent le pays et le monde. Faire de la place nouvelle des savoirs et de la création un outil d’émancipation individuelle et collective devient une priorité pour le développement même de toute la société.

Tout le monde aujourd’hui se réclame d’une « école de la réussite de tous » et l’expression est dévoyée : il s’agit trop souvent d’une réussite individuelle, en fonction des « talents » de chacun... Bref une réussite qui reproduit les inégalités sociales. Nous affirmons que tous les élèves sont capables d’apprendre et de progresser. Des enfants pas faits pour l’école ? Ce n’est pas vrai, c’est l’école qui n’est pas faite pour tous les enfants ! Nous voulons transformer l’école pour construire l’école de l’égalité.

Comment lutter contre les inégalités à l’école ? Nous ne nous résignons pas à adapter l’enseignement aux capacités, aux talents ou aux goûts des élèves. Un tel choix conduit inévitablement à une école moins émancipatrice – qui ne permet pas aux élèves de sortir de leur culture familiale, de prendre du recul, de se construire dans le partage des différences – et plus inégalitaire : les différences de culture familiale sont naturalisées, essentialisées, figées par ce type d’enseignement. C’est pourquoi nous défendons une ambition de haut niveau pour tous les élèves.

Le choix de l’adaptation, prôné par les logiques libérales, a des conséquences en termes de contenus et de pratiques : les contenus, les pédagogies et les parcours sont individualisés, de manière à répondre au mieux aux capacités et aux aspirations de chaque élève. Il s’agit de s’adapter aux différences, mais pas de lutter contre les inégalités et de construire du commun par le partage. Ce choix de l’individualisation est critiquable, parce qu’il ignore le rôle du collectif dans l’apprentissage : on apprend mieux en classe que tout seul. Nous affirmons au contraire la nécessité de construire du commun : des qualifications communes (et pas des « livrets individuels de compétences ») pour que les travailleurs de demain ne soient pas isolés sur le marché du travail ; une culture commune pour permettre le débat démocratique.

L’école libérale, fondée sur l’adaptation et l’individualisation est une école de plus en plus territorialisée. Le besoin d’autonomie des enseignants (pour développer des expériences pédagogiques, innover dans leurs pratiques) est instrumentalisé pour imposer l’autonomie financière, la différenciation des programmes et des horaires, la mise en concurrence des établissements, l’adaptation aux réalités locales en lieu et place de l’ambition pour tous. La concurrence et la marchandisation conduisent dans les faits à une uniformisation des pratiques. Nous défendons le cadre national du service public et le statut de fonctionnaire, seules garanties d’une véritable liberté pédagogique des enseignants.

 

Notre projet s’articule autour de deux objectifs : l’égalité et l’émancipation. La lutte contre les inégalités va donc de pair avec une ambition de haut niveau.

 

Défendre l’école publique, c’est la transformer ; et cela passe par une articulation étroite entre moyens et contenus (la pédagogie sans les moyens ou les postes sans transformation des contenus, ça ne marche pas !).

Cela passe par plus et mieux d’école : allongement de la scolarité obligatoire et du temps scolaire pour permettre à plus d’enfants de s’approprier des savoirs plus complexes.

Cela passe aussi par une transformation des contenus et des pratiques. Nous voulons refonder l’école en prenant pour référence l’enfant qui n’a que l’école pour réussir à l’école. Pour cela, nous voulons rendre aux enseignants la maîtrise de leur métier (notamment avec une relance de la formation initiale et continue).

L’école doit se faire à l’école : zéro délégation aux familles, aux collectivités locales, aux marchés privés, aux médecins... Tout ce qui est nécessaire à la réussite scolaire doit être enseigné à l’école, c’est à l’école de traiter la difficulté scolaire. C’est à cette condition que l’on pourra en finir avec la culpabilisation des familles et associer réellement les parents, en particulier les parents des milieux populaires, au travail de l’école, pour la réussite de tous les enfants. C’est à cette condition encore que les actions concertées avec les associations, les collectivités locales, pourront constituer de véritables partenariats.

Tout cela nécessite la reconstruction d’un service public national : fin de la mise en concurrence des établissements, dé-précarisation des personnels, horaires et programmes nationaux...

Il y a besoin de retrouver une politique éducative nationale, avec des objectifs débattus démocratiquement qui redonnent du sens à l’école, et des mesures cohérentes, échelonnées dans le temps.

 

25 propositions pour l’école de l’égalité

 

Mesures d’urgence

1.      Plus un seul enfant de 3 ans privé d’école ! Nous intégrerons l’école maternelle à la scolarité obligatoire.

2.      Droit à l’école dès 2 ans pour les familles qui le souhaitent : les tout-petits doivent être comptés dans les effectifs des écoles.

3.      Allonger la scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans.

4.      Garantir la gratuité de l’éducation et de tout ce qui est nécessaire aux études (transport, matériel...) : revalorisation des bourses et mise en place d’un fonds national pour la gratuité.

5.      Sortir de l’impasse des rythmes scolaires : rétablir la demi-journée d’école supprimée par la droite en 2005 (sans allonger le temps de travail des enseignants, ce qui implique de dissocier le service des enseignants de l’emploi du temps des élèves et d’avoir plus de maîtres que de classes).

6.      Revenir sur la réforme du collège : réouverture d’une concertation pour la démocratisation de la réussite au collège ; mesures d’accompagnement des nouveaux programmes.

7.      Revenir sur la réforme du bac pro : réintroduction de parcours en 4 ans (création de CAP pour toutes les filières).

8.      Élaboration d’une carte scolaire contraignante et démocratiquement construite, sectorisation de l’enseignement privé.

9.      Pour répondre à la crise de recrutement : création d’un pré-recrutement des enseignants sous statut de la fonction publique, revalorisation salariale des personnels de l’éducation.

10.  Une même ambition pour tous les enfants: nous voulons en finir avec la distinction entre le « socle » et les programmes. Ce sont les programmes qui définiront les contenus et les objectifs de l’enseignement pour tous.

11.  Augmentation du budget de l’éducation : le budget de l’EN doit être porté dans un premier temps à 7% du PIB et l’État doit redevenir majoritaire dans la Dépense nationale d’éducation. Nous mettrons fin à l’obligation faite aux collectivités locales de financer l’enseignement privé.

 

Favoriser le débat démocratique

12.  Création d’un observatoire national des programmes pour les faire évoluer en fonction des retours des acteurs de l’éducation, des jeunes et de la collectivité.

13.  Création d’un observatoire national des inégalités sociales de réussite scolaire, avec pour mission de définir des mesures prioritaires et d’allouer des moyens ciblés pour corriger les inégalités.

14.  Bilans des réformes libérales : réforme Chatel du lycée, réforme du collège...

15.  Pour favoriser la vie démocratique des établissements : instaurer la coopération comme principe de gestion ; abrogation du décret Chatel sur l’organisation des académies, nouveaux droits pour les lycéens.

16.  Création d’un statut de parent délégué inscrit dans le code du travail, de temps et de lieux permettant aux membres de la communauté éducative de se rencontrer dans de bonnes conditions.

 

Une politique ancrée dans la durée

17.  Plan pluriannuel de recrutement et de déprécarisation dans l’éducation nationale (enseignants et personnels), revalorisation salariale des métiers de l’éducation ;

18.  Réduction des effectifs : pas plus de 25 élèves par classe, 20 en Très Petite Section de maternelle et en éducation prioritaire ;

19.  Pour sortir de l’impasse des rythmes scolaires : création d’un service public national déconcentré du loisir éducatif avec une filière animation ;

20.  Pour rendre aux enseignants la maîtrise de leur métier : relance de la formation initiale et continue des enseignants dans un cadre national ;

21.  Pour sortir de l’impasse de la réforme du collège : relance du collège unique ;

22.  Enseignement des cultures technique et professionnelle à tous les élèves dès la primaire ; revalorisation des filières professionnelle et technologique au lycée ;

23.  Homogénéiser l’offre de formation en collège et au lycée avec une carte nationale des formations publiques ; intégration progressive de l’enseignement privé sous contrat au service public d’éducation nationale.

24.  Garantir qu’une formation commune soit reconnue par une qualification égale, notamment par le renforcement du cadre national des formations et des diplômes nationaux ; reconnaissance de toutes les années d’étude dans les conventions collectives.

25.  Construction d’un service public national de la formation continue dans le cadre d’une nouvelle sécurité d’emploi et de formation permettant à chacun d’alterner des périodes de travail dans un emploi choisi et des périodes de formation choisie et qualifiante sans perte de revenu et sans passer par le chômage.

 

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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 10:43

Déclaration d’Ensemble! et du PCF 

Face à la droite et à l’extrême droite, en campagne avec Jean-Luc Mélenchon

Ensemble! et le PCF se sont rencontrés le mardi 6 décembre. Les deux délégations ont noté leurs convergences sur l’analyse de la situation actuelle. Celle-ci est marquée par la persistance d’un Front national à un très haut niveau d’intention de vote. En promouvant des orientations xénophobes et un régime autoritaire, ce dernier fait peser des graves dangers sur les libertés démocratiques, alors même que se développent des courants similaires dans de nombreux pays. François Fillon, qui vient de gagner la primaire suite à une mobilisation massive de l’électorat de la droite traditionnelle, est porteur d’un projet de destruction des droits sociaux adossé à une vision réactionnaire de la société. Le retrait de François Hollande est le signe de l’échec d’un quinquennat calamiteux marqué par une politique néolibérale et sécuritaire.

Dans cette situation, Ensemble! et le PCF ont décidé de soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle. Cette candidature est aujourd’hui porteuse d’une alternative aux politiques libérales menées durant les deux derniers quinquennats, et seul un projet de transformation sociale et écologique de la société peut faire rempart au Front national et à la droite. Il s'agit maintenant de l'inscrire dans une perspective majoritaire, chaque force versant au débat toutes ses propositions.

Ensemble! et le PCF appellent à entrer sans tarder en campagne pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon, en agissant pour créer les conditions du rassemblement le plus large des forces, mouvements, organisations, forces sociales ou politiques. Ensemble! et le PCF estiment nécessaire d'initier des lieux communs de travail et de coopération entre les forces, mouvements, organisations, forces sociales ou politiques participant de cette dynamique. Il s’agit de favoriser les expressions communes qui permettent de mettre en valeur la richesse de la diversité et le pluralisme des courants qui se sont engagés dans la campagne électorale au côté de Jean-Luc Mélenchon. Pour les législatives, nous voulons également chercher à construire des candidatures de rassemblement des forces alternatives à l'austérité afin de pouvoir élire le plus grand nombre de député-es possible.

Face à la droite et à l’extrême droite, il faut se rassembler pour une société plus juste et plus solidaire. Faisons campagne avec Jean-Luc Mélenchon.

 

 

Déclaration du PCF et d'Ensemble! : face à la droite et l'extrême-droite, ensemble en campagne avec Jean-Luc Mélenchon!
Déclaration du PCF et d'Ensemble! : face à la droite et l'extrême-droite, ensemble en campagne avec Jean-Luc Mélenchon!
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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 10:23
 
GÉRARD LE PUILL
MARDI, 6 DÉCEMBRE, 2016
HUMANITE.FR

 

 

 

Alors que Manuel Valls s’est déclaré hier candidat à l’Elysée avec la volonté de contenir l’influence de son ancien ministre de l’Economie dans l’électorat socialiste, le livre que vient de publier ce dernier est d’une médiocrité affligeante. Pompeusement intitulé « Révolution », le livre d’Emmanuel Macron se décline en 16 chapitres dans le but de nous apprendre à mieux connaître le candidat et ses quelques idées. Cela donne notamment : « Ce que je suis », « Ce que je crois », « Ce que nous sommes » et plus loin « Réconcilier les France », puis « Vouloir la France ».

Emmanuel Macron évoque son parcours, y compris très brièvement comme banquier chez Rothschild. Et ça donne ceci : « J’y ai fréquenté des hommes de décision, ce qui apprend toujours. J’y ai bien gagné ma vie, sans avoir fait une fortune qui me dispenserait de travailler», semble-t-il regretter. Il évoque discrètement le moment où il devint « rapporteur général adjoint de la Commission pour la libération de la croissance française que présidait Jacques Attali ». Il omet de préciser que c’était en 2007 à la demande du nouveau président de la République Nicolas Sarkozy. Ce dernier voulait, avec ce rapport ultralibéral, une caution de « gauche » pour une Loi de modernisation économique(LME) votée par les parlementaires de droite, laquelle lui avait été demandée par Michel-Edouard Leclerc pour que la grande distribution puisse davantage piller ses fournisseurs. Depuis, on fait payer la note aux paysans jusqu’à les ruiner. C’est particulièrement durant chaque automne, au moment où les fournisseurs tentent vainement de négocier avec les distributeurs les prix qui leurs permettront d’être référencé dans les linéaires des grandes surfaces durant un an. De l’avis général, c’est encore pire en cet automne 2016 que les années précédentes. 

Emmanuel Macron se garde d’évoquer cet aspect principal de sa mission de rapporteur final de cette Commission dont il évoque seulement le fonctionnement en ces termes: « Durant six mois, j’ai eu la chance de pouvoir travailler à ses côtés (de Jacques Attali, ndlr) au milieu d’une commission de quarante membres dont nombre d’entre eux devinrent des amis. Cette Commission fut pour moi l’occasion à la fois, de rencontrer des femmes et des hommes hors du commun - intellectuels , fonctionnaires et entrepreneurs qui font la France -, d’apprendre d’eux, mais aussi de m’ouvrir à des sujets multiples que je n’ai ensuite jamais quitté», écrit–il en page 24.

Beaucoup plus loin , en pages 88 et 89 il ose ces mots : « Comment les agriculteurs peuvent-ils innover , investir dans la transformation de leurs outils de production, si on ne les protège pas des distributeurs, si on ne s’assure pas qu’il y a une juste concurrence qui permet d’éviter que certaines grandes surfaces ne se mettent d’accord pour réduire leur marge (….) L’Etat doit garantir du long terme, de la stabilité, par les contrats de filière pour protéger l’indispensable innovation » , écrit Emmanuel Macron en oubliant que le rapport de la Commission Attali dont il fut le rapporteur final a servi de canevas à la droite pour mettre en place ce que le même Macron dénonce dans son livre.

D’une façon plus générale, le livre d’Emmanuel Macron ne porte aucune réflexion prospective structurée et multiplie les contradictions. Il fait sienne la concentration des activités économiques autour de Paris comme des grandes métropoles régionales, constate que les populations de « la France périphérique subissent de plein fouet les fermetures d’usines, le retrait des services publics » et ose écrire néanmoins que « grâce au dynamisme des métropoles, aucun territoire n’est condamné». Toujours selon Macron, c’est seulement parce qu’elle a été mal expliquée que la Loi Travail « a suscité autant d’indignation ».

Cop 21 oblige, il lui fallait un petit chapitre de treize pages intitulé « Produire en France et sauver la planète ». Selon l’auteur, la bataille est déjà presque gagnée tant « la nouvelle écologie que nous devons mettre en place n’est pas contradictoire avec la nouvelle économie que nous souhaitons promouvoir ». La preuve , « tout le monde connaît l’aventure de Sola Impulse, cet avion qui a réalisé le tour du monde grâce à une énergie exclusivement solaire (…) En outre, la mer est et sera, de plus en plus, un des lieux de notre transformation énergétique (…) Par ailleurs, la place financière de Paris est en train de se doter d’une stratégie et de règles du jeu susceptibles de la transformer en leader international de la finance verte ». Si la finance devient verte, même la multiplication du trafic routier ne polluera plus. D’ailleurs, au mépris de la réalité quotidienne faite d’embouteillages autour de nos grandes villes Emmanuel Macron écrit encore : « A la différence de la plupart des villes américaines ou asiatiques, les cités européennes sont denses, elles ne sont pas construites autour de l’automobile et de l’étalement urbain » !

Sauf qu’il suffit, comme en ce moment, de quelques jours de beau temps sans vent pour voir les émissions de CO2 monter en flèche, ce qui montre que Macron est bien le grand visionnaire que la France attend depuis trop longtemps.

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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 10:20

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR ADRIEN ROUCHALEOU

MERCREDI, 7 DÉCEMBRE, 2016

HUMANITE.FR

 

Ce mercredi 7 décembre, l'arrachement d'un caténaire a provoqué l'arrêt total de la circulation des trains en Gare du Nord à Paris. Pour Didier Le Reste, ancien secrétaire général de la CGT Cheminots, ce type de situation s'explique par les mauvais choix de gestion de la SNCF et le désengagement de l'Etat et pourrait bien se reproduire de plus en plus fréquemment.

 

Un nouvel incident a coupé totalement la circulation des trains de la Gare du Nord à Paris. Ce n'est pas la première fois. Cette coupure vous a-t-elle surpris ?

Didier Le Reste. Ce nouvel incident n'est pas étonnant. Depuis des années, les cheminots et leurs syndicats dénoncent le sous-investissement en matière d'infrastructure. Quand on tire sur la corde, elle finit fatalement par casser. C'est ce que l'on appelle la politique du risque calculé : on n'investit pas massivement en connaissant le risque et en se disant que si un jour un incident important arrive, on le gérera.

La SNCF a fait le choix d'allonger les temps de parcours des brigades de surveillance. Quand une brigade devait surveille 100 ou 200km de voies, elle doit maintenant en surveiller 600 ou 700. Du coup les installations sont inspectées moins fréquemment. Sans compter que les travaux se font désormais de nuit, avec une visibilité diminuée.

S'il y a moins d'entretien, moins de visite de surveillance, moins d'investissement de régénération du réseau et des installations, au bout d'un moment, cela se paye cash, avec de gros incidents et des conséquences importantes.

 

A qui revient la responsabilité de cette dégradation du service de la SNCF ?

Didier Le Reste. Je pense qu'il y a une coresponsabilité entre la gestion interne de l'entreprise qui procède par réduction des coûts et l’État qui se désengage du financement du ferroviaire. Il faut avoir en tête que l’État français ne finance qu'à hauteur de 32% le ferroviaire. C'est 55% en Allemagne et 90% en Suède.

Le système ferroviaire français est endetté à hauteur de 52 milliards d'euros. SNCF Réseau (anciennement Réseaux ferrés de France- RFF) qui a la propriété des installations (voies, caténaires,...) a à elle seule une dette de 40 milliards d'euros, et paye 1 milliard 700 millions d'euros de frais financiers de la dette chaque année. Un chiffre comparable à ce qui manque pour faire fonctionner correctement le réseau ferré national.

L’État s'était engagé en 2014, a désendetter progressivement le secteur ferroviaire. Mais il y a quelques semaines, il est revenu sur son engagement.

La SNCF aussi de son côté fait de mauvais choix de gestion. C'est elle qui a fait le choix de l'allongement des temps de parcours de surveillance des installations. C'est vrai aussi pour le matériel roulant. Avant, chaque train connaissait une révision générale tous les 5000 km. Maintenant, c'est tous les 10 000 km. Cette politique des économies, de la réduction du coût nous amène à la situation que l'on connaît aujourd’hui Gare du Nord. Comme l'avait dit l'ancien ministre des transports Frédéric Cuvillier « ça nous a rattrapé ».

Dans les années 2000, on a dépensé deux fois plus dans les lignes à grande vitesse que dans le réseau classique. Elles ne représentent pourtant qu'un peu plus de 2000km sur les 30 000 km que compte le réseau français. Résultat, pour rattraper ce retard, on en est réduit a fermer totalement des lignes plusieurs jours d'affilé pour effectuer les travaux.

 

Au delà du désagrément pour les usagers, cette dégradation du réseau présente t-elle aussi un risque de sécurité ?

Didier Le Reste. Le réseau est encore sûr mais vieillissant. C'est d'ailleurs pour ça que sur l'ensemble du réseau, il y a 5000 km de voies sur lesquels les trains ralentissent leur vitesse, parce que les voies ne sont plus aux normes. En 2009 il y avait eu un rapport de la filiale ingénierie de la SNCF qui démontrait ce qu'ils avaient appelé la « criticité » du secteur de Brétigny-sur-Orge. Mais faute des bonnes réponses en termes de maintenance, il s'est passé ce qu'il s'est passé en 2013. La sécurité est avec la ponctualité l'un des fondamentaux de la SNCF. Dès l'instant qu'on réduit les investissements pour des économies de bout de chandelle, que ce soit pour les infrastructures ou le matériel roulant, un jour ou l'autre, on le paie cash. Un train ne peut pas éviter un rail cassé.

 

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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 10:04

L'HUMANITE

Jeudi 8 décembre 2016

Débats et contreverses

 

DÉREMBOURSEMENT DES « PETITS SOINS », FRANCHISE UNIVERSELLE...

 

 

ALERTE SÉCU!

André Grimaldi Professeur émérite au CHU de la Pitié Salpêtrière 

 

 

Depuis sa victoire électorale à la primaire de la droite, François Fillon et son équipe cherchent à rassurer l'opinion en minimisant leurs propositions sur le financement des soins. À les entendre, ils veulent seulement sauver la Sécurité sociale menacée par son « trou ». Pourtant le programme de François Fillon est clair. D'abord, il veut « redéfinir les rôles respectifs de l'assurance publique et de l'assurance privée, en focalisant l'assurance maladie notamment sur les affections graves ou de longue durée et l'assurance complémentaire sur le reste ».

Les « soins courants » seraient donc pris en charge par les assurances privées complémentaires (AC) regroupant mutuelles, instituts de prévoyance et compagnies d'assurances. Les soins courants représentent au minimum 20 milliards, sur les 190 du budget de la Sécu. Le montant des cotisations aux AC sera en conséquence au minimum doublé. Il souhaite ensuite « introduire une franchise médicale universelle en fonction des revenus dans les limites d'un seuil et d'un plafond, le reste à payer étant pris en charge par les assurances complémentaires ». Cette franchise universelle s'appliquerait donc y compris aux patients bénéficiant aujourd'hui d'une prise en charge à 100 % au titre des affections de longue durée (ALD).

Et comme ces mesures, préconisées par son ami Henri de Castries, ancien PDG d'Axa, vont inévitablement accroître les inégalités, l'ancien gaulliste social ajoute : « Les moins favorisés ne pouvant accéder à l'assurance privée bénéficieront d'un régime spécial de couverture accrue. » Enfin, pour couronner le tout, François Fillon entend « basculer progressivement les cotisations maladie dites patronales vers un mix CSG - TVA ». Ainsi, les personnes qui gagnent plus de 1 500 euros par mois et qui n'ont pas de maladies graves ou chroniques paieront désormais deux fois pour la santé : une première fois la Sécurité sociale au titre de la solidarité avec les pauvres et avec les personnes atteintes de maladies graves ou chroniques, alors qu'elles mêmes ne toucheront plus rien de la Sécu, et une deuxième fois leur « mutuelle » de plus en plus chère, pour elles et leur famille.

La solidarité ne résistera pas à cette remise en cause du principe de la Sécurité sociale où chacun paie en fonction de ses revenus et reçoit en fonction de ses besoins médicalement reconnus. Une frange de plus en plus importante de la population estimera qu'elle « en a assez de payer pour les autres » et demandera la fin du monopole de la Sécu. La proposition de François Fillon est d'autant moins défendable que les AC sont moins justes (vous payez plus si vous êtes vieux ou si vous avez une famille à charge, vous ne payez pas en fonction de vos revenus), moins égalitaires (le niveau de votre couverture médicale dépend du montant de votre cotisation) et moins efficientes avec en moyenne des frais de gestion de 20 % pour les mutuelles et de 25 à 30 % pour les compagnies d'assurances qui versent des dividendes à leurs actionnaires (contre 6 % pour la Sécu). Certaines mutuelles essaient de résister mais elles sont soumises au Code des assurances privées européen garantissant la libre concurrence. Si les AC sont réunies depuis 2004 dans l'Union nationale des organismes complémentaires de l'assurance maladie (Unocam), c'est pour pouvoir à terme « réguler » le système de soins en organisant des « réseaux de soins » concurrentiels. Les médecins y perdront une part de leur indépendance professionnelle au profit des assureurs et les patients une part de leur liberté. Le résultat de cette politique est connu : augmentation des inégalités sociales de santé, moins de dépenses publiques, explosion de la dépense privée !

 

CESSONS LES CARICATURES

Philippe JUVIN – Chef des urgences de l’hôpital Pompidou, porte parole du parti « les républicains »

 

 

Il est frappant de constater la rapidité avec laquelle le projet Fillon pour la santé et la Sécurité sociale a été caricaturé. Ce n'est pas nouveau: à chaque élection, le PS accuse la droite de vouloir « démanteler la Sécu » (campagne de 2017), « la privatiser » (2007) ou encore « faire de l'hôpital une entreprise » (2014). François Fillon a connu les mêmes procès d'intention quand il a réformé les retraites. Et pourtant, il avait alors bel et bien sauvé la Sécurité sociale. Il est savoureux que ce soit justement Marisol Touraine qui accuse François Fillon de vouloir « privatiser » la Sécu. Car elle l'a elle-même privatisée de façon rampante, en transférant les remboursements de l'assurance maladie vers les assurances privées et mutuelles. Elle accuse François Fillon de vouloir baisser les remboursements ? Avec elle, même les affections de longue durée (ALD), en théorie remboursées à 100 %, coûtent désormais cher aux patients dont 10 % payent plusieurs dizaines de milliers d'euros par an... Autre exemple : non seulement Marisol Touraine ment en prétendant que nous dérembourserons les soins dentaires (nous pensons au contraire que la Sécurité sociale pourrait financer à 100 % un suivi obligatoire et les soins conservateurs associés), mais elle est bien culottée car elle nous accuse de ce qu'elle a elle même fait: avec elle, les soins dentaires ne sont plus remboursés qu'à 33 % par la Sécu ! Bravo.

Onze millions de Français souffrent d'une maladie chronique (14 millions en 2025) et notre organisation est encore très centrée sur l'hôpital. Or, si celui-ci est efficace pour prendre en charge des épisodes aigus, il l'est moins pour suivre ces malades. Si un diabétique présente une complication aiguë, il doit être traité à l'hôpital. Mais la surveillance régulière de ses examens, de ses prescriptions et de son régime peut être réalisée plus facilement en ville par des professionnels proches et disponibles. De plus, trop d'informations se perdent entre ville et hôpital : qui n'a pas dû refaire une prise de sang ou une radio, tout simplement parce qu'elle avait été perdue ? Que d'argent gâché ! Quelle perte de chance face à la maladie...

Avec François Fillon, nous coordonnerons et adapterons notre système à l'enjeu des maladies chroniques. L'hôpital restera le lieu du traitement des épisodes aigus, et des diagnostics et des traitements complexes. Mais la majorité de ces malades seront mieux soignés en ville, dans des parcours de soins coordonnés et adaptés aux situations locales. Passer de la ville à l'hôpital ou d'un professionnel à un autre sera facile. Les protocoles thérapeutiques seront communs. Tous les éléments du dossier médical seront conservés dans un système informatique local, partagés entre tous. Un coordonnateur, qui pourra être le généraliste, s'assurera du bon suivi des soins et guidera les patients. Le patient lui-même sera impliqué dans son traitement, en contact avec les professionnels de santé via les objets connectés. À l'étranger, de tels parcours de soins ont donné des résultats remarquables. Dans le North West London, dans une population de 500 000 habitants, les hospitalisations des personnes âgées ont été réduites de 12 %, 90 % des patients considérant que les soins étaient meilleurs. En un an, 15 millions de livres ont été économisés.

Nous simplifierons la charge administrative des libéraux, et nous abolirons le tiers payant généralisé. Nous redonnerons la priorité à la lutte contre les déserts médicaux en intégrant l'exercice de ville durant les études. Nous relancerons les plans comme ceux contre les démences, la dépendance ou les cancers. Nous créerons les conditions pour que la France accueille une industrie de santé pourvoyeuse de chances pour nos patients et d'emplois. Nous ferons une grande politique de prévention en utilisant la révolution des données numériques et des objets connectés. Notre système de santé meurt. Les professionnels de santé sont démotivés. Les patients ne sont pas traités de façon optimale et la santé leur coûte de plus en plus cher. Même l'espérance de vie recule. François Fillon ne se résout pas à cette situation catastrophique. Son projet est simple : que tous les Français, face à la maladie, aient la même chance d'être traités, guéris et mieux remboursés, et puissent bénéficier des traitements modernes. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Notre projet est de sauver la Sécu. Le reste n'est que caricature.

 

UN PROJET HYPERLIBÉRAL

Catherine MILLS – Economiste, Commission économique du PCF, spécialiste de la protection sociale.

 

L'objectif de François Fillon est de réduire les dépenses publiques de santé, ainsi que les prélèvements sociaux. Il propose d'augmenter la dépense privée en transférant la prise en charge des soins courants aux assurances complémentaires (assurances privées ou mutuelles). Il affiche une rupture assumée avec les principes de solidarité et la redistribution qui fondent la Sécurité sociale. Son programme aurait des conséquences catastrophiques. Il prétend vouloir définir un panier de soins de base et séparer « maladie grave » et « bobologie ». Mais la majorité des maladies graves correspondent à des petits symptômes ou à des facteurs de risque non traités à temps. Transférer une responsabilité accrue aux assurances complémentaires serait beaucoup plus coûteux et reviendrait à exclure une grande partie de la population. La mise en concurrence et la privatisation de la Sécu entraîneraient une hausse considérable des frais de gestion : en moyenne, 6 % pour la Sécurité sociale, contre 15 à 20 % pour les complémentaires. François Fillon avance qu'une aide au paiement des complémentaires serait mise en place pour les plus défavorisés, en réalité, cela existe déjà avec la CMU-C. Cela n'empêchera pas un nombre croissant d'assurés de s'en trouver privés.

Déjà, la couverture complémentaire obligatoire d'entreprise mise en place par Hollande a abouti de fait à de moindres remboursements. Fillon cherche à accélérer la casse du modèle social français. Par capitulation devant le capital financier, il préfère s'inspirer du modèle américain injuste, coûteux et inefficace. Cela tend à élargir le marché des assurances privées, conformément aux voeux des conseillers de François Fillon tels qu'Henri de Castries, ancien dirigeant du groupe Axa. Or, le modèle américain aboutit à des primes très élevées, une croissance des dépenses privées non maîtrisée (17 % du PIB, la plus élevée au monde), des inégalités considérables et des résultats moyens parmi les plus mauvais du monde, avec hélas l'échec relatif du plan Obamacare.

Il faut combattre cette logique libérale qui achèverait la mise à mort du modèle social français ainsi que des services publics. Projet contre projet, nous lui opposons notre objectif : 100 % Sécu. Nous défendons le modèle social français et nous avançons des réformes de progrès et d'efficacité des dépenses. Nous proposons une réforme dynamique du financement de la Sécurité sociale afin de répondre aux besoins sociaux actuels et à venir (santé, vieillissement, petite enfance) et d'ouvrir la voie d'une sortie de la crise systémique. Nous défendons les cotisations sociales liées à l'entreprise, lieu où les salariés créent les richesses, contre la montée de la fiscalisation, et nous voulons nous attaquer à l'explosion des prélèvements financiers du capital. Ainsi proposons-nous la mise à contribution des 313,7 milliards d'euros des revenus financiers des entreprises et des banques, cela pourrait dégager immédiatement 84 milliards d'euros de ressources nouvelles pour la Sécurité sociale (41 milliards pour la maladie au même taux que la cotisation patronale sur les salaires : 13,1 %).

Nous voulons nous attaquer au coût du capital et non audit coût du travail. Ainsi, nous proposons de développer et de réformer les cotisations sociales, notamment patronales, par une modulation des taux de cotisations des employeurs en fonction de leurs politiques salariales et d'emploi. Plus l'entreprise réalise des économies sur l'emploi et les salaires et développe ses revenus financiers, plus elle serait soumise à des taux de cotisations patronales élevés. À l'inverse, plus l'entreprise développe l'emploi et les salaires, moins relativement ses taux de cotisations sociales seraient élevés. L'enjeu est d'enclencher un nouveau type de croissance en relation avec la sécurisation et le développement de l'emploi et de la formation.

 

Dernier ouvrage paru (avec Frédéric Rauch) : Main basse sur le modèle social français. Éditions le Temps des cerises, 2015.

 

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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 09:36
Vannes: un chef d'entreprise reconnu coupable d'avoir licencié sa salariée enceinte (Ouest-France, 8 décembre 2016)

Ouest-France, 8 décembre

Jeudi 8 décembre, le tribunal correctionnel de Vannes a reconnu coupable un chef d’entreprise vannetais de harcèlement moral et discrimination face à l’état de grossesse de sa salariée. Il a été condamné à quatre mois de prison avec sursis, et 3 500 € d’amende.

À l’audience du 20 octobre 2016 (Ouest-france du 21 octobre 2016), l’entrepreneur de 48 ans avait nié les faits reprochés. La victime, une femme âgée 40 ans, avait été engagée le 3 août 2010 comme chargée de communication, en contrat à durée indéterminée.

À la veille de la fin de sa période d’essai, elle sollicitait un rendez-vous avec son employeur dans le but de connaître son avenir dans la société. Au départ, l’employeur élogieux lui indiquait que son contrat était poursuivi. C’est à l’annonce de sa grossesse, que l’attitude du gérant s’était modifiée. Le lendemain, la salariée apprenait la rupture de son contrat.

A contrario, l’employeur indiquait que l’employée avait « demandé de mettre fin à son contrat pour se consacrer à cet enfant » et lui proposait de transformer son CDI en CDD.

C’est à son retour de congé parental en août 2011, que la jeune maman s’était vue rétrogradée sur le plan professionnel, contenue dans des tâches subalternes et se retrouvait « écartée et isolée » des autres salariés qui ne lui adressaient plus la parole et avait quitté la société un an plus tard.

"trop de femmes condamnées à s’arrêter"

Une peine de six mois avec sursis, et l’interdiction d’exercer sa profession de gérant et 6 000 € d’amendes ont été requises par le procureur de la république, insistant sur le fait que « trop de femmes compétentes et investies sont condamnées à s’arrêter de travailler pour pouvoir fonder une famille ».

En défense, Me Peignard refuse les reproches faits à son client soupçonnant « une salariée manipulatrice et intelligente souhaitant gagner de l’argent ».

 

Le chef d’entreprise a été condamné à quatre mois de prison avec sursis, et 3 500 € d’amende.

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