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27 février 2021 6 27 /02 /février /2021 08:12
Conseil Municipal de Morlaix du 25 février 2021 - Débat d'orientation budgétaire, avenant Action coeur de ville - Compte rendu dans le Télégramme, Gwendal Hameury, 26 février
Conseil Municipal de Morlaix du 25 février 2021 - Débat d'orientation budgétaire, avenant Action coeur de ville - Compte rendu dans le Télégramme, Gwendal Hameury, 26 février
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27 février 2021 6 27 /02 /février /2021 06:26

 

L'épisode numéro 2 du Vlog de Fabien Roussel à Paris, 19eme, et dans le quartier de la Noue à Montreuil.

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27 février 2021 6 27 /02 /février /2021 06:17

 

Les tractations du secteur eau-propreté entre Veolia, Suez et Engie ont soulevé l’indignation. La direction du groupe Engie a une stratégie de cession par morceaux, phase ultime de la financiarisation des services publics historiques. L’ensemble du secteur public, notamment EDF, est touché par le même phénomène compromettant la transition énergétique.

*Éric Buttazzoni est syndicaliste CGT du secteur de l’énergie et ancien salarié d’Engie.

Aujourd’hui, la transition énergétique est plus que jamais à l’ordre du jour, mais l’évolution du secteur qui nous occupe ne va pas dans le bon sens. N’y a-t-il pas mieux à faire que de ne voir en ces groupes que des sources de revenus financiers ? N’y a-t-il pas au contraire besoin de les mobiliser au mieux dans une nouvelle politique publique ?

EDF, GDF ET SUEZ, RAPPELS HISTORIQUES

Jusqu’à 2004, EDF et GDF étaient des établissements publics assurant l’ensemble des activités liées l’une à l’électricité, l’autre au gaz. Dans les premières années du siècle, les deux groupes ont connu à la fois l’arrivée de la concurrence avec l’ouverture des marches via les directives européennes et la transformation en sociétés par actions avec ouverture du capital, voire pour GDF la privatisation. Suez de son côté était un groupe à la fois d’énergie (Electrabel au Benelux), de services à l’énergie (Cofely, Ineo, Axima, Endel...), d’eau (la Lyonnaise) et de propreté (SITA).

Après le rachat de GDF par Suez, en 2008, le nouveau groupe GDF Suez, devenu depuis Engie, avait ainsi cinq grandes activités : la production d’électricité, les activités gazières, les services à l’énergie (chaufferies, système de chaud et de froid dans les bâtiments, réseaux électriques et vidéo...), l’eau et la propreté. Ces deux dernières activités étaient liées dans un sous-groupe, Suez Environnement, qui a obtenu de prendre le nom de Suez en 2015. C’est la participation d’Engie dans ce sous-groupe qui a été vendue à Veolia en octobre 2020.

UNE TRANSFORMATION EN SOCIÉTÉS ANONYMES : LE PRÉALABLE NÉCESSAIRE À LA FINANCIARISATION

Jusque dans les années 1990, EDF et GDF étaient gérés sur le principe de la facturation au prix de revient, prix qui comprenait les besoins de renouvellement des installations et de leur développement. Le résultat devait être nul : ni perte car cela aurait été de la mauvaise gestion, ni gain car cela aurait signifié que les usagers avaient trop payé.

Dans les années 1990, les formules déterminant les tarifs ont été revues afin que le bénéfice devienne positif, créant ainsi une rentabilité financière permettant leur entrée en Bourse (qui a eu lieu en 2005). Cette évolution, ce sont les usagers qui en ont payé le prix, directement via le tarif, mais aussi via la dégradation du service public.

Officiellement, cette entrée en Bourse était nécessaire pour apporter des fonds aux entreprises. C’est totalement faux, puisque celles-ci avaient toujours autofinancé leur développement, y compris dans la phase de reconstruction de l’après-guerre, y compris dans les périodes de changement technologique (passage au gaz naturel pour GDF, programme nucléaire pour EDF). La réalité était plus prosaïque : l’État est considéré, lors du passage en sociétés par actions, comme actionnaire à 100 %, alors qu’il n’a pas financé EDF ni GDF, contrairement aux usagers qui en ont financé l’intégralité. Ce tour de passe-passe permet à l’État d’empocher les dividendes et de vendre, au moins partiellement, « ses » sociétés.

LES VACHES À LAIT DES ACTIONNAIRES

À partir de 2005, EDF et GDF commencent à verser des dividendes, principalement à l’État. Concernant GDF, la question des dividendes change d’échelle à partir de son rachat par Suez. Le groupe va verser en dividendes des sommes de l’ordre de 100 % de son bénéfice. Mais quand pour différentes raisons ce bénéfice va baisser dans les années 2010, il va en maintenir un niveau très élevé et sans commune mesure avec le résultat. Sur les dix premières années de GDF Suez, le groupe aura versé 41 milliards de dividendes pour 16 milliards de résultats.

Cette rémunération existe aussi côté EDF, même si elle est moins importante par rapport au résultat (entre 50 et 65 % du résultat selon les années). Pour la verser, les maisons mères (EDF SA et Engie SA) doivent pressurer leurs filiales afin de faire remonter un maximum de résultat. Ainsi, toute la chaîne industrielle est vidée, année après année, au détriment de l’emploi, des investissements, des conditions de travail et de la qualité du service public.

POUR GAGNER PLUS, DÉMANTELER

Mais, cela ne suffit apparemment pas, et l’État voudrait récupérer plus d’argent plus vite. Pour cela, une seule solution : vendre la poule aux œufs d’or. La justification est toute trouvée : l’idéologie libérale du gouvernement actuel – et des précédents – considère que les services publics ne sont pas du ressort de l’État. Ainsi, de proche en proche, on en arrive à la vente par morceaux.

Pèse sur EDF un projet nommé « Hercule », encore en discussion, dont la finalité est de couper EDF en deux. De façon simplifiée : le nucléaire resterait dans une société contrôlée par l’État, le reste (distribution, commercialisation, énergies renouvelables, services à l’énergie) serait placé dans une société dont le capital serait à vendre. Cela permettrait à l’État de continuer à toucher ses dividendes, de récupérer des fonds ou, en tout cas, de ne pas avoir à participer au financement d’EDF.

Quant à Engie, la logique libérale est simple : il y a un énergéticien de trop en France (comprendre Engie) et l’État veut se désengager. La solution – soufflée parles banquiers d’affaires – consisterait à vendre par morceaux pour tirer le meilleur prix. Aujourd’hui, l’eau et la propreté (Suez) sont vendues au concurrent Veolia, demain (2021) la plus grande partie des services à l’énergie subirait le même sort, tout cela avec des risques importants pour l’emploi. Ensuite, on peut penser que ce qui restera – une partie de l’ex-GDF et les énergies renouvelables – pourrait être aussi la proie d’offres d’achat : Total est intéressé parla commercialisation du gaz et les énergies renouvelables; les fonds de pension sont intéressés par les infrastructures gazières.

ET LE SERVICE PUBLIC ? ET LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE ?

La particularité de toutes ces activités, c’est qu’elles sont complémentaires et constituent des éléments importants de la transition écologique : production d’électricité et de gaz décarbonés, efficacité énergétique autour des usages (services à l’énergie), utilisation de l’eau et son lien avec l’énergie (récupération de chaleur, biogaz issu des stations d’épuration, utilisation de l’eau dans la production d’hydrogène et, plus généralement, toute la gestion des ressources en eau...), propreté et récupérations (tri, énergie par incinération...), toutes ces techniques sont liées. Aujourd’hui, il n’y a plus aucun doute sur la nécessité d’accélérer cette transition. Le gouvernement actuel en a fait un élément clé de son plan de « relance ».

N’est-ce pas justement l’occasion de mobiliser les outils que l’État a sous la main, notamment EDF, dont il détient la majorité du capital, et Engie, dont il détient un tiers des droits de vote ? Ce serait l’inverse de la gestion financière de court terme que valide, voire impulse, le gouvernement. L’État peut le faire, c’est le « programme » qu’il faut changer.

Pour faire travailler au mieux ces entreprises, il s’agit maintenant de bâtir une politique publique de la transition écologique et un grand service public pour la mettre en œuvre, comme ont été créées à la Libération EDF et GDF pour reconstruire les grandes infrastructures énergétiques.

CONSTRUIRE UN SERVICE PUBLIC DE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE

Ainsi, comme l’écrit la Fédération CGT des Mines et de l’Énergie dans sa lettre aux élus : «Le projet de Programme progressiste de l’énergie, porté par la FNME-CGT, examine l’ensemble des volets de l’approvisionnement, la production jusqu’à la commercialisation de l’énergie, ainsi que la création d’un service public de l’efficacité et de la performance énergétique pour obtenir le contrôle d’un secteur crucial pour nos économies et la vie au quotidien de la population. En main publique et en contrôle public, nous pourrons réussir le monde d’après la crise sanitaire en bâtissant une énergie pour toutes et tous dans le sens des emplois et de l’industrie conformément aux enjeux environnementaux de demain. »

Et la coordination CGT d’Engie propose les axes suivants pour un autre projet que celui du gouvernement et de la direction du groupe : il s’agit de « conserver l’intégralité des activités et reprendre le contrôle de Suez pour jouer au maximum les complémentarités, de relancer l’investissement dans de nouveaux projets industriels, de stopper la distribution de dividendes dans une période où l’urgence climatique demande un engagement important et rapide et juger les projets au regard des enjeux de service public et non sur le critère d’une rentabilité à deux chiffres.

Pour cela, il convient de maintenir, voire remonter la part de l’État dans le capital pour privilégier une gestion de long terme avec des enjeux sociaux et sociétaux, de lancer la négociation urgente d’un nouveau contrat de service public avec débat public autour des objectifs à assigner à Engie (idem pour les autres énergéticiens) et des moyens à mettre en œuvre ».

Avec Engie, y compris Suez, et EDF, le pays dispose actuellement de deux points d’appui solides pour accélérer la transition énergétique. Encore faut-il les conserver, les développer et les orienter dans la bonne direction.

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27 février 2021 6 27 /02 /février /2021 06:14

 

1937/1938 : Alors que l’Espagne du Front populaire est victime de la non-intervention, lâchée par Paris et Londres, les communistes mettent sur pied une compagnie maritime pour nourrir et armer les Républicains

 

 

Avant de poursuivre notre récit sur la livraison d’armes par France-Navigation à la République espagnole, il faut évoquer une séquence particulièrement dramatique de l’histoire de la compagnie : l’évacuation de réfugiés de Bilbao. En juin 1937, la capitale du pays basque tombe aux mains des fascistes. Pour fuir, les réfugiés, femmes, enfants, malades, n’ont que la mer. France-Navigation dispose de bateaux (notamment le Ploubazlanec) qui pourraient évacuer une partie de cette population mais ils risquent de subir les attaques des franquistes. Solution ? il faudrait le soutien de la marine de guerre française.

Aussi, une nuit de juin 1937, une délégation du Comité international pour l’aide à l’Espagne se rend chez le premier ministre Léon Blum pour demander l’aide des militaires. Blum et son gouvernement, on le sait, ont opté pour « la non-intervention ». Telle est l’orientation officielle mais celle-ci, on va le voir, se heurte, au sein même de l’administration, à des réticences, des résistances. La délégation est composée du physicien Paul Langevin, d’Émile Dutilleul, trésorier du PCF, et de Giulio Ceretti, alias Pierre Allard. « À 22 heures, on tirait la sonnette Quai Bourbon au domicile du Président du Conseil. » Léon Blum les reçoit en compagnie de Max Dormoy, ministre de l’Intérieur du Front populaire. Blum écoute Langevin qui se fait l’avocat, avec beaucoup de force, d’une intervention de nature humanitaire à Bilbao. À la suite de Langevin, Ceretti intervient, il explique en détail le plan de sauvetage. Le ministre de l’Intérieur déclare alors : « Comme par le passé, le gouvernement n’ordonnerait pas d’enquête sur ces mouvements clandestins de bateaux ». Ce qui est déjà un signe. Ceretti apprécie mais il rappelle que ce qui est demandé, c’est une aide militaire de la France pour accompagner les bateaux de France-Navigation jusqu’au port basque.

Blum hésite. Dans ses Mémoires, Ceretti décrit le premier ministre marchant de long en large dans le salon. Paul Langevin insiste : « Il s’agit de sauver des enfants, Monsieur le Président. » Blum demeure encore tout un temps indécis, puis il assure qu’il va parler au ministre de la Marine et demande à la délégation d’aller tout de suite voir ce dernier. C’est le radical César Campinchi qui reçoit la même nuit le trio dans son ministère. Blum vient de lui téléphoner. Ceretti raconte : « Il ne posa aucune question mais il appela son chef de cabinet et l’ordre fut donné à tous les bâtiments se trouvant au large de Bordeaux d’appareiller et de se diriger rapidement sur Bilbao pour prendre sous protection de la France les bateaux de tout genre chargés de réfugiés basques. (…) Pour une fois, un ministre prenait ses responsabilités.»

Sur cette opération, la marine (l’amiral Tavera notamment) joue le jeu ; elle fait prévenir les bâtiments de guerre espagnols qu’elle attaquerait tout navire qui intercepterait les bateaux en provenance de Bilbao et transportant des enfants, des femmes, des malades.

« Nous avions gagné, écrit Ceretti. La caravane flottante, escortée par la marine militaire française, put rejoindre les ports les plus rapprochés de la côte atlantique. »

Cette séquence montre que si la volonté avait été là, dès 1936, une autre politique que la « non-intervention » aurait été possible, efficace. Elle indique aussi que la position communiste d’aide à la République espagnole est alors largement partagée à gauche (les meetings de l’époque, communistes mais aussi socialistes, résonnent du mot d’ordre « Des canons, des avions pour l’Espagne ! ») ; cette position a l’oreille de toute une partie de l’opinion, elle trouve un écho dans certains milieux dirigeants de l’État. Comme le dit le ministre de l’Intérieur, l’État n’ordonna pas d’enquête sur « ces mouvements clandestins de bateaux ». On peut ajouter que l’aide discrète d’une partie de l’administration française, même de la haute administration, on pense notamment aux douanes, aux transports, sera importante pour permettre d’acheminer à travers tout le territoire, sans trop de complications, de l’armement militaire vers l’Espagne. 

Gérard Streiff

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26 février 2021 5 26 /02 /février /2021 07:49
Ouest-France Morlaix- 26 février, 2021

Ouest-France Morlaix- 26 février, 2021

Ouest-France

Morlaix. La Ville investit de nouveau près de dix millions d’euros pour 2021

Au menu de ce long conseil municipal de ce jeudi 25 février 2021, le rapport d’orientation budgétaire. Il a été l’occasion pour l’équipe municipale de le présenter pour la première fois depuis son élection et aussi, pour l’opposition, de monter au créneau.

Quelle est la situation financière de Morlaix ?

Quelques chiffres à retenir : entre 2014 et 2020, l’épargne nette de la commune a baissé de près d’un million d’euros. Aux mêmes dates, la dette est passée de 11,9 millions d’euros à 15,2 millions. Le délai de désendettement est plutôt faible par rapport aux communes de même strate, soit 6,5 ans. « En 2008, ce délai était de plus de douze ans. Nous avons divisé la dette par deux : il faudra s’en souvenir, car on risque de gâcher notre effort », tient à rappeler Agnès Le Brun, désormais dans l’opposition.

Les Morlaisiens vont-ils payer plus d’impôts ?

Faiblement. « Notre engagement, c’était de ne pas augmenter les impôts locaux. Nous tolérons une hausse de 0,2 %, incompressible. Il faut se rappeler que pour les cinq prochaines années, nous allons payer 115 000 € annuellement pour amortir la crise du Covid. » La plus grande hausse porte sur les constructions nouvelles et les agrandissements dans le foncier, à hauteur de 0,5 %.

Pourquoi les dépenses en fonctionnement ont-elles augmenté depuis 2020 ?

Ce budget est de 23 millions d’euros. Soit 40 000 € de plus que l’année précédente. « Il faut prendre en compte la création d’un nouveau service, La Virgule, qui coûte 63 500 €, rappelle Jean-Paul Vermot, maire. Ce budget est sérieux et équilibré. »

Quelle est la plus grande dépense de la collectivité ?

Le personnel communal coûte plus de la moitié du budget de la mairie, soit 12,7 millions d’euros. Dont 2,3 millions d’euros réservés aux services techniques pour la propreté ou encore les voiries et un million pour la culture, réhabilitation du musée des Jacobins compris.

Quels sont les investissements de 2021 ?

Le montant porte sur un peu moins de dix millions d’euros. C’est quasiment la même chose que pour 2020, année record. « C’est la poursuite ou l’aboutissement de projets d’investissements déjà engagés », justifie Ismaël Dupont, adjoint aux finances. Notamment ceux de l’ancienne majorité : les travaux du musée des Jacobins (2,878 millions) ; le complexe sportif de Coatshero (1,3 million d’euros) ; le skatepark (163 872 €) ; la plateforme culturelle de La Virgule (290 000 €) et la voie d’accès au port (368 780 €).

Y a-t-il des projets investis qui viennent de la nouvelle équipe ?

Oui. Un million d’euros est consacré à la restructuration urbaine. 200 000 € pour la première phase de la requalification de la route de Paris ; 400 000 € pour l’îlot du Dossen ; 400 000 € pour du portage immobilier.

65 000 € sont consacrés au futur centre de santé communal, situé en centre-ville. Les médecins qui y travailleront seront des salariés de la Ville. Les écoles et les complexes sportifs auront respectivement le droit à 400 000 € et 162 000 € en 2021.

Quel est le plan des futurs investissements pendant tout le mandat ?

La majorité espère tenir un rythme d’investissements d’environ 6,5 millions d’euros par an, jusqu’en 2026. Mais uniquement si le budget de fonctionnement tient ses promesses et est contenu. Grâce « à la mutualisation des équipements et du personnel », poursuit Ismaël Dupont.

C’est là que l’opposition tire la sonnette d’alarme. « Concernant la masse salariale du budget de fonctionnement, il faut faire attention à ne pas aller au-delà. Mais je vois qu’il y a beaucoup de recrutements de prévus, notamment avec vos futurs projets comme le centre communal de santé », glisse Agnès Le Brun. « Le but est d’autofinancer le salaire des médecins », répond le maire.

Quel sera l’état de la dette en 2022 ?

Il va augmenter : les calculs prévoient 16,9 millions d’euros, avec un délai de remboursement de 7,2 ans.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/morlaix-la-ville-investit-de-nouveau-pres-de-dix-millions-d-euros-pour-2021-7167798

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26 février 2021 5 26 /02 /février /2021 06:08

1937/1938 : Alors que l’Espagne du Front populaire est victime de la non-intervention, lâchée par Paris et Londres, les communistes mettent sur pied une compagnie maritime pour nourrir et armer les Républicains.

 

 

Trouver des bateaux, des capitaines avertis, des équipages motivés, cela ne s’improvise pas ; et puis cela coûte cher. En temps ordinaire, il faudrait prendre conseil, s’adresser aux autorités portuaires, jusqu’à Londres ou Amsterdam, pourquoi pas, suivre un protocole très précis, et surtout, pour pouvoir sortir des cargos, payer des assurances d’un montant pharamineux à la fameuse société britannique « Lloyd’s ».

Mais les temps ne sont pas ordinaires, il faut faire très vite, avec assez peu de moyens. Ceretti explique dans son livre (À l’ombre des deux T) comment l’aventure commence. « France-Navigation », qui aura son siège respectivement carrefour Richelieu-Drouot, rue Lamennais dans le 8e arrondissement parisien et 1 boulevard Haussmann, recrute des capitaines à la retraite, des commandants de sous-marins en chômage, « de véritables loups de mer ». Les marins viennent de différents ports, certains arrivent de Tunisie. La compagnie débute avec un, deux navires, qui prennent la mer sans être assurés. L’avantage, c’est qu’en évitant de payer des primes exorbitantes, elle fait de grosses économies qui lui permettent « d’acheter un bateau tous les trois voyages ». Pour déjouer les contrôles des douanes d’ici, des militaires franquistes là-bas, des espions de tout poil qui pullulent ces années-là, les navires de « France-Navigation » n’hésitent pas à user de méthodes de pirate, de la piraterie pour la bonne cause. Les bateaux de la compagnie sont capables durant leur trajet de changer d’identité et de se transformer du tout au tout. « Toutes les ruses étaient bonnes », dit Ceretti : par exemple, si un navire à une seule cheminée se savait signalé aux franquistes, il arrivait dans les eaux territoriales espagnoles avec deux cheminées, un autre nom, une immatriculation différente et peint d’une autre couleur… « Une fois il nous arriva même de changer de bateau en pleine mer et, en raison du danger de plus en plus menaçant, les transbordements furent désormais fréquents. »

Dans les cahiers de Georges Gosnat (cf. numéro précédent), qui est alors sans conteste le plus jeune dirigeant de compagnies maritimes au monde, on voit comment ce commerce avec l’Espagne se développe. Madrid a besoin de tout, et les échanges croissent à grande vitesse, la taille de la compagnie aussi puisqu’elle a, de fait, le monopole du ravitaillement.

On peut lire des brèves comme « 2/10/37, Bonifacio part ce soir 18h30, pièces détachées, tracteurs », ou « 12/4/38, Smith veut voir Pierre entre 5 et 6h » : on peut parier que Smith est un pseudo (pour un patronyme qui aurait peut-être un accent d’Europe centrale ?) et Pierre, c’est Pierre Allard, ou Giulio Ceretti, on l’a vu.

Si les méthodes de « France-Navigation » ne sont pas toujours très orthodoxes, la compagnie prend soin de se présenter sur le marché comme une société « normale ». Elle a le fonctionnement d’une société capitaliste, c’est une entreprise comme une autre.

On lit avec émotion, dans les cahiers en question, entre deux infos sur les transports des bateaux, les recommandations de Gosnat, écrites à la hâte, sur la marche à suivre : France-Navigation est une société par actions ; l’identité des actionnaires est régulièrement mentionnée : « Penser à la répartition des actions, à l’entrée de nouveaux administrateurs », est-il écrit. Il faut un conseil d’administration, des réunions régulières, des jetons de présence, une périodicité des réunions de direction (elles se tiennent le premier et troisième vendredi du mois…). Une bonne tenue de livres de compte est importante. On peut même lire cet avis : « Bien timbrer les délibérations des Assemblées générales ». C’est dire si on est méticuleux.

« France-Navigation » est donc juridiquement irréprochable. Dans ces années d’extrême tension, d’anticommunisme virulent, où la presse d’extrême droite (Action française, Gringoire) est à l’affut, cet aspect est tout à fait important et va expliquer - en partie - pourquoi cette société, on y reviendra, guettée de toutes parts, convoitée, jalousée, saura traverser (osons la métaphore) les pires tempêtes.

Bref, une compagnie rouge aux allures marchandes. On retrouve cette ambivalence dans certains papiers à en-tête de « France-Navigation ». Officiellement, son logo est un drapeau rouge bordé de bleu avec l’inscription Compagnie France Navigation. Mais un autre logo a aussi existé ; il ressemble un peu à la lettre grecque « phi » (oublions vite toute référence à l’actualité…), plus exactement il s’agissait d’un I majuscule traversant un O où les initiés pouvaient lire Internationale Ouvrière.

Gérad Streiff

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26 février 2021 5 26 /02 /février /2021 06:05

 

À peine terminées, les inondations qui ont causé de nombreux dégâts dans plusieurs régions du pays semblent oubliées par les grands médias audiovisuels. De son côté, le gouvernement s’est contenté de faire jouer « l’état de catastrophe naturelle » pour les départements les plus touchés, sans chercher à tirer les leçons de ce qui vient de se passer. Pourtant, le réchauffement climatique nous montre déjà que stocker de l’eau en hiver, afin d’en disposer en été, sera vital dans les prochaines décennies.

Par Gérard le Puill

 

La première semaine du mois de février 2021 a été marquée par des inondations qui ont provoqué d’importants dégâts dans plusieurs régions de notre pays. La seconde semaine nous a fait subir une vague de froid et des chutes de neige que beaucoup d’enfants, nés au début de ce XXIe siècle, découvraient pour la première fois de leur vie. La troisième semaine nous offre déjà un temps ensoleillé et parfois très chaud pour la saison. Il doit s’amplifier au cours de la quatrième semaine. Du coup, la végétation prend de l’avance et les fleurs jaunes des jonquilles s’ouvrent déjà dans les parcs en Ile-de-France et ailleurs. Mais gare aux conséquences économiques si des gelées tardives viennent perturber la formation des grappes dans les vignes et la floraison des arbres fruitiers dans plusieurs régions du pays.

En attendant, le niveau de la Charente ne baisse que très lentement et des sinistrés ont encore les pieds dans l’eau. Mais l’actualité liée à la pandémie du coronavirus, avec la multiplication de ses « variants », a vite fait oublier les dégâts des eaux, sauf pour ceux et celles qui en furent les victimes. Il y a pourtant des leçons à tirer de ces crues hivernales de plus en plus fréquentes, tout comme des sécheresses estivales de plus en plus nombreuses en ce début de XXIe siècle. En mars 2015, quelques mois avant la conférence de Paris sur le climat, la revue « Pour La Science » et l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) publiaient une dizaine de textes sur la nécessité d’améliorer la résilience du pays face au réchauffement climatique.

Quand le Doubs cesse de couler en été

L’une de ces études était centrée sur la préservation de la richesse des milieux aquatiques face au réchauffement climatique. On pouvait y lire que dans notre pays « la baisse des débits des cours d’eau sera de l’ordre de 20 à 25 % d’ici la fin du siècle, ce qui devrait s’accompagner d’un allongement des périodes d’étiage. Les évènements de pluviométrie extrême devraient multiplier les crues ou les périodes de hautes eaux. En réduisant les quantités d’eau circulant dans les hydrosystèmes, le changement climatique conduirait aussi à diminuer la connexion hydrologique entre les différentes parties d’un fleuve (amont, aval, estuaire et affluents). L’habitat aquatique en serait d’autant plus fracturé ».

Dis autrement, il y aura dans les prochaines décennies, de plus en plus de portions de ruisseaux et de rivières à sec durant la belle saison en France. C’est déjà le cas pour une rivière comme le Doubs. Sachant cela, on peut aussi considérer que construire des barrages de taille modeste, très en amont sur les affluents des fleuves qui débordent de plus en plus souvent en cas de fortes pluies, pourrait permettre de limiter les crues et contribuerait aussi à maintenir un débit suffisant dans une multitude de cours d’eau durant à la belle saison afin de préserver la faune aquatique. Mais, en France, chaque projet de barrage voit se lever des oppositions provenant souvent d’organisations de réclamant de l’écologie, sans jamais prendre à compte les avantages d’une retenue d’eau à mettre en balance avec ses inconvénients.

Entre deux maux, il faut choisir le moindre

La revue déjà citée publiait en mars 2015 un autre texte intitulé : « Anticiper une diminution de la ressource en eau », accompagné du sous-titre suivant : « La ressource en eau subira de plein fouet le changement climatique. Il sera indispensable de réduire les consommations et de mettre en place une gestion raisonnée de cette ressource fragile et limitée ». En conclusion de cet article on pouvait lire ceci :

« Le bassin-versant une région où toutes les eaux convergent vers e même exutoire est l’unité territoriale la mieux adaptée à cette réflexion collective (pour la gestion de l’eau, N.D.L.R.). Dans ce cadre, il s’agit de privilégier l’usage des sols qui présentent les meilleures capacités d’adaptation et de résilience. Cette approche conduira au développement d’outils de gestion capables d’intégrer les considérations agronomiques et hydrologiques à différentes échelles. La ressource en eau étant source de conflits, ces adaptations devront intégrer la notion d’équité entre les acteurs concernés. La gestion par bassin-versant devra s’attacher à une gestion solidaire entre bassins voisins, sans oublier que les aménagements ont d’impacts locaux, mais aussi à grande échelle sur les écosystèmes fluviaux, côtiers et marins ».

Si le langage est un peu technocratique, il dit néanmoins qu’on ne peut pas avoir tous les avantages en même temps. Mais entre deux maux, il faut choisir le moindre, surtout quand on a besoin d’eau pour produire de la nourriture, tout comme au robinet dans sa maison et son appartement. En 2019 et 2020 les Français ont connu des restrictions d’eau en été dans presque toutes les régions de France métropolitaine. Ce ne fut pas le cas en Ile-de-France qui concentre pourtant la plus grande densité de population.

Le rôle des grands lacs en amont de Paris

Car durant ces deux étés, les débits de la Seine et de la Marne ont été soutenus à plus de 60 % par l’eau stockée en hiver dans les lacs d’Orient et du Der Chantecop en Champagne, dans le lac de Pannecière dans le Morvan. Du coup, l’eau de la Seine pouvait être captée par les unités de traitement pour nous fournir une eau potable au robinet. Ce sont aussi ces lacs qui permettent de limiter les crues hivernales en Ile-de-France. Sans eux, les inondations dans l’agglomération parisienne seraient bien plus importantes que celles qui ont frappé de nombreux départements de la Région Nouvelle Aquitaine au début de mois de février.

En France presque tous les cours d’eau prennent leur source à l’intérieur du pays. De même, presque tous les bassins-versants font cheminer l’eau vers la mer dans un pays qui compte près de 3 500 kilomètres de côtes. La France peut donc réguler les cours d’eau et réduire les risques d’inondation sans porter préjudice aux pays frontaliers. Elle peut aussi produire davantage d’électricité sans émettre ce CO2 dans l’hydraulique en alternance avec l’éolien et le solaire.

Quand on aspire à devenir un écologiste conséquent, on doit aussi être en capacité de comprendre cela. Mais c’est encore loin d’être le cas en ce début de XXIe siècle à en juger par les nombreuses prises de position contre la régulation du débit des grands fleuves.

 

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26 février 2021 5 26 /02 /février /2021 06:00

 

Quatorze organisations de jeunesse appellent les jeunes à se mobiliser sur une date commune le 16 mars prochain. 

Lettre du secrétaire général du MJCF.

 

 

Depuis près d’un an maintenant, la situation des jeunes s’est considérablement dégradée. L’arrivée de la pandémie et de la crise économique est en train de broyer les rêves et les aspirations de toute une génération. Les jeunes n’ont jamais eu aussi peu de perspectives quant à leur avenir. Isolement, sélection, mis en concurrence les uns entre les autres,    intérim, chômage, décrochage… La précarité est devenue notre quotidien. Précarité de nos revenus, de l’emploi ou encore de nos formations.

La précarité de nos situations et le manque de visibilité plongent de plus en plus de jeunes dans une détresse psychologique qui prend des formes diverses. Depuis des semaines, les témoignages de détresse abondent sur les réseaux sociaux.    Notre génération n’en peut plus d’être laissée pour compte.

La jeunesse ne doit pas être le problème mais bien la solution pour la société. Notre génération veut se former, se réaliser, être utile à la société. Mais au final, c’est notre dignité à toutes et tous qui est gâchée et sacrifiée sur l’autel du profit par les capitalistes.   

Mais aujourd’hui, nous disons qu’il y en a assez. Assez du chômage et de la précarité. Assez de la casse de nos formations et de la sélection. Assez des politiques libérales. Aujourd’hui, nous allons faire relever la tête à toute une génération. Le gouvernement ne fait rien pour nous ? Imposons-lui nos revendications.

La jeunesse regorge de forces créatives, d’innovation et d’ingéniosité qui ne demandent qu’à s’exprimer. Nous sommes l’avenir du pays, il faut désormais que le gouvernement le comprenne. C’est pour cette raison que le Conseil national du MJCF, rejoint par une inter-organisation large, appelle à une journée de mobilisation de l’ensemble de la jeunesse le lundi 16 mars.

Alors que la situation des jeunes est enfin mise en avant par les médias et les dirigeants, il est temps de transformer cette prise de conscience et cette colère de la jeunesse en une force politique.

L’enjeu est grand : redonner l’espoir à toute une génération. L’espoir que l’engagement politique peut changer les choses, l’espoir d’un avenir meilleur permettant à chaque jeune de se développer librement et de trouver sa place dans la société.

D’ici le 16 mars, construisons la mobilisation. Persuadons un à un les jeunes de l’importance de se mobiliser et de s’engager avec nous. Allons chercher nos amis, nos camarades de classes et de promotion, nos collègues de travail, les membres de notre famille et nos voisins.    Créons ensemble les conditions de la réussite de cette date !

L’avenir nous appartient camarades !    

Léon Deffontaines

secrétaire général du MJCF

 

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25 février 2021 4 25 /02 /février /2021 07:27
Lorientais d’adoption, l’écrivain et poète Joseph Ponthus est décédé dans la nuit de mardi à mercredi, à l’âge de 42 ans. (Photo d’archives/Sophie Prévost)

Lorientais d’adoption, l’écrivain et poète Joseph Ponthus est décédé dans la nuit de mardi à mercredi, à l’âge de 42 ans. (Photo d’archives/Sophie Prévost)

L’écrivain lorientais Joseph Ponthus est décédé à 42 ans

 (Le Télégramme, 24 février 2021)

Son livre « À la ligne », tiré de son expérience d’ouvrier dans les usines agroalimentaires du pays de Lorient, avait été récompensé par plusieurs prix. Ce mercredi,  l’auteur Joseph Ponthus est décédé à l’âge de 42 ans.

Lorientais d’adoption, l’écrivain et poète Joseph Ponthus est décédé dans la nuit de ce mercredi 24 février, à l’âge de 42 ans, « à l’issue d’un combat acharné contre le cancer », a annoncé Les éditions de la Table ronde. L’auteur s’était révélé au grand public avec son roman « À la ligne - Feuillets d’usine », paru le 3 janvier 2019.Ce livre coup de poing, sans ponctuation, plonge dans la dureté clinique des usines agroalimentaires, où il a travaillé.

Succès littéraire, son ouvrage avait obtenu plusieurs prix, dont celui du grand prix RTL.

Poèmes enragés sur la condition ouvrière

Originaire de Reims, où il effectue une hypokhâgne puis une khâgne, Joseph Ponthus s’était installé à Lorient pour y suivre sa compagne il y a quelques années. C’est là qu’il découvre la dureté de l’univers de l’agroalimentaire, d’abord dans une usine de transformation de poissons et crevettes puis dans un abattoir. Publiés sur les réseaux sociaux, ses textes qui racontent ses journées de dur labeur comme autant de poèmes enragés sur la condition ouvrière, trouvent leur petite communauté. Éreintante, la cadence (une vache morte à la minute) fait chanter les mots. « Ce n’était pas prévu d’écrire un livre, au départ c’était juste des textes qui racontaient mes journées », disait-il. « Je n’étais pas là pour dénoncer, mais pour sublimer ».

Une adaptation musicale

Son œuvre a été adapté musicalement par Michel Cloup duo. La salle de concert lorientaise Hydrophone avait d’ailleurs servi de résidence aux artistes, avant d’accueillir un concert en octobre dernier.

L’écrivain lorientais Joseph Ponthus, l'auteur de A la ligne, est décédé à 42 ans

Joseph Pontus devait venir à la fête de l'Humanité Bretagne en 2020 (elle a été malheureusement annulée à cause du Covid). Il avait donné un très bel entretien à l'Humanité en 2019 que nous republions ici. Écrivain engagé, poète ancré dans la réalité sociale et l'aliénation, il avait des valeurs qui le rapprochaient des communistes et il avait soutenu la liste "Lorient en commun" avec notamment Delphine Alexandre (PCF) à Lorient. C'est une grande tristesse de le voir partir si jeune, une grande perte aussi pour la littérature.

Delphine Alexandre, sur la disparition de Joseph Pontus:

"Voici le texte que nous n'aurions pas souhaité écrire, rédigé avec beaucoup d'émotion, gorge nouée. C'est l'hommage de l'équipe de Lorient en Commun à Joseph Ponthus. Ce grand homme à la marinière, pipe à la bouche, ponctuait ses phrases d'une citation d'un philosophe ou d'un extrait de roman. Son rire sonore et communicatif émaillait son discours, souvent. Et nous nous quittions avec une accolade massive et fraternelle.

Hommage à Joseph Ponthus - Par l'équipe de Lorient en Commun
Joseph Ponthus n'est plus. Le crabe a eu raison de ce grand gaillard, écrivain magnifique à l'intelligence subtile autant que puissante. Une vie fauchée en plein vol. Un homme arraché à la vie, qu'il aimait tant, à son épouse Krystel tendrement chérie, à sa maman, à tous ceux qui l'aimaient et nous étions si nombreux... L'homme aux multiples prix littéraires était de cette rare espèce des écrivains révolutionnaires.
« A la ligne-Feuillets d'usines », l'oeuvre qui l'a révélé, relatait son quotidien d'intérimaire dans une conserverie de poissons puis dans un abattoir. Sans point ni virgule, ce texte psalmodie la « monotonie lancinante » des travailleurs aliénés par leurs tâches itératives. Joseph interrogeait ce monde : Jusqu'où peut-on supporter cette objectalisation, quand l'individu n'est réduit qu'à son corps et son corps à sa puissance de travail ? Jusqu'où peut-on supporter cette aliénation, ces actions abrutissantes et insensées ? Joseph a saisi corps à corps cette société de production, étreint le processus de déshumanisation. Ce chant prolétarien est un cri enragé sur ce que subissent les hommes et les bêtes.
A Lorient, il s'est engagé à nos côtés, sans concession. Il écrivait: "Je veux bien être un compagnon de route ; mais à la moindre compromission contre vos idéaux, contre le peuple, contre l’écologie, contre le communisme, contre les engagements de votre si noble et juste campagne, je sortirai, comme aux bons vieux temps, la rasade de mots comme autant de rafales d’AK-47.» Un regard juste et exigeant, des débats, des échanges, autour d'un verre de bière, alors que notre érudit alimentait le débat d'un vers d'Apollinaire ou d'une répartie de Dumas... Cette disparition aussi injuste que soudaine va laisser un vide immense à Lorient, sa ville d'adoption. Nos pensées chaleureuses vont vers son épouse, ses proches et ses collègues de labeur qu'il a placé dans la lumière. Joseph Ponthus n'est plus mais son œuvre et sa pensée perdureront. Point".
 
"Très triste ce soir, un camarade, un écrivain s'en est allé.
« J’écris comme je travaille / A la chaîne / A la ligne »
"Tous les jours, j'écrivais en rentrant, enfin, presque parce que certains jours je n'avais plus de force que pour la douche et la balade avec le chien"
«On entend qu'il n'y a plus de classe ouvrière. C'est plutôt qu'il n'y a plus de conscience de classe ouvrière. Le capitalisme a triomphé. Il a segmenté les hommes et le constat s'applique jusqu'à l'intitulé de leur poste. On ne dit plus ouvrier, mais opérateur de production; on ne dit plus chaîne, mais ligne… Cette euphémisation des termes dit quelque chose.»
.....
«Il y a eu de superbes ouvrages sur le monde ouvrier. Mais le sociologue ou le journaliste avaient toujours le choix d'arrêter quand ils avaient obtenu leur matière. Pas moi…»
"Pour son premier roman « À la ligne » (Éditions La Table Ronde), raconte dans un style formidable et surprenant, son expérience d’ouvrier à la chaîne."
Philippe Bouvier"

 

« Un chant d’amour à la classe ouvrière »
Jeudi 24 Janvier 2019 - Interview de Joseph Pontus par L'Humanité
« À la ligne », fascinant premier roman en forme de long poème en prose, Joseph Ponthus, ex-éducateur en banlieue, vient d'obtenir le prix Eugène Dabit du roman populiste. Nous vous reproposons l'interview réalisé par Michaël Mélinard à l'occasion de la parution de cet ouvrage.

Barbe hirsute, stature filiforme qui flirte avec le double mètre, Joseph Ponthus arbore sur son avant-bras droit la figure tatouée de Pontus de Tyard, son illustre ancêtre poète. D’emblée, il ne cache pas son plaisir d’apparaître dans les pages de « l’Humanité Dimanche », avec l’envie de remettre Marx sur le devant de la scène.

Dans quelle mesure l’exergue « aux prolétaires de tous les pays, aux illettrés et aux sans-dents » s’inscrit-elle dans une perspective marxiste, antimacronienne et anti-hollandaise ?

Il faut toujours savoir d’où l’on parle. Je parle en tant qu’intellectuel, avec des convictions politiques, qui a eu la chance de faire des études. J’ai été baigné par la sainte trilogie marxiste, structuraliste et analytique. C’est peut-être une survivance du passé, mais Marx, Foucault et Lacan m’aident à penser le monde. Je me suis pris une baffe en arrivant à l’usine. Tu as beau avoir lu Marx, mais, la première fois que tu rentres dans la machine, tu te prends le capital dans la gueule. Ce lieu est d’une telle violence symbolique qu’il donne l’impression d’être encore au XIXe siècle. À l’abattoir, les syndicats se battent pour des pauses pipi à discrétion.

Le capitalisme fait en sorte qu’on dise qu’il n’y a plus de classe ouvrière. C’est complètement faux. Mais il n’y a plus de conscience de classe ouvrière. À l’abattoir, aux crevettes ou aux poissons panés, les ouvriers se définissent par rapport à leur poste. Ils disent : « ceux des abats », « ceux des crevettes », « ceux de la vache », « ceux du cochon », « ceux du chargement ». Ils ne s’intègrent pas du tout en tant qu’ouvriers d’une usine, encore moins comme classe ouvrière qui peut instituer un rapport de forces face au patronat et lutter contre la classe qui les exploite.

De fait, le capital a gagné avec l’euphémisation des termes. Tu n’es plus ouvrier mais « opérateur de production ». Il n’y a plus de chefs mais des « conducteurs de ligne ». Le préambule anti-hollandais et antimacronien, dans « À la ligne », est évidemment par rapport à la gauche – enfin la gauche – qui, dans un mépris de classe absolu, a totalement abandonné la classe ouvrière. J’ai toujours là (il montre sa gorge – NDLR) le passage sur les « illettrés » quand « l’autre » est venu dans un abattoir breton. On sait de quel côté ils sont. Malheureusement, le parti n’est plus le ciment pour les classes ouvrières. Encore plus en Bretagne – pas connue pour être un lieu conquis par les cocos, même pendant les années glorieuses – où il n’y a pas de cités ouvrières en tant que telles parce que l’habitat est très dispersé.

Ce livre est un chant d’amour à la classe ouvrière, pour la noblesse de ses travailleurs taiseux. Ils sont complètement occultés du débat politique et niés en tant que classe.

Vous parlez de chant d’amour, comment avez-vous travaillé la rythmique de ce texte ?

L’usine a imposé la forme plus que je ne l’ai choisie. Il s’agissait vraiment de rendre par écrit le rythme des pensées sur une ligne de production où tout va vite, trop vite. Les pensées ne s’arrêtent pas pour pouvoir s’échapper de la pénibilité du travail. On ne peut pas utiliser des subordonnées relatives de trois lignes ou des blocs de paragraphe pour retranscrire fidèlement ce rythme. L’idée du titre et ce parallèle entre la ligne de production et la ligne d’écriture est venue assez rapidement. J’ai vraiment écrit après chaque journée parce que j’étais tellement fatigué que, le lendemain, j’avais tout oublié.

Ce livre est-il un roman, un récit ?

C’est un roman. Tout a été retravaillé pour qu’il y ait un début et une fin cohérente, des personnages récurrents, des épisodes. J’aime raconter des histoires. Je suis un grand lecteur de Dumas, l’une de mes idoles absolues. Même quand je le relis, il arrive à m’agripper, à faire en sorte que je ne puisse pas m’arrêter. Même si tout est vrai, je ne raconte pas les trois quarts des trucs les plus horribles que j’ai pu vivre ou voir. Je ne voulais absolument pas sombrer dans le pathos. Malgré tout, j’ai eu du plaisir à travailler dans cet endroit parce que je n’aurais jamais découvert ailleurs cette solidarité, cette endurance et cette noblesse.

Que vous permet l’écriture ?

On aurait toutes les raisons de croire que de se retrouver comme deux bras et rien d’autre après avoir fait des études est du déclassement absolu. Il fallait en faire quelque chose d’un peu joli, avec un peu de sens, de la mise à distance, de l’analyse pour sortir par le haut de cet absurde et de cette horreur. Sinon, cela veut dire que le capital a gagné. Il faut réhabiliter la question sociale. Je n’ai pas pu aller à la manif avec les collègues titulaires grévistes mais j’ai pu en faire un bouquin. C’est pas mal non plus. C’est ma petite pierre à l’édifice.

Et l’emploi du « je » ?

Le « je » permet de ne pas mettre de distance entre le fond et la forme, d’être à ma place. Je ne vais pas parler au nom de mes collègues ou inventer un héros fictionnel. On a aboli cette frontière entre fiction et roman depuis longtemps. Déjà dans les années 1970, deux romans, « l’Établi », de Robert Linhart, et « l’Excès-l’Usine », de Leslie Kaplan (en fait 1981 et 1982 – NDLR), retraçaient leur expérience ouvrière. C’est du pur roman, ce n’est que du témoignage et il n’y a que du « je ».

Les commerciaux, avec leurs requêtes, ne facilitent pas la vie des ouvriers. Elles viennent rappeller que la question de classe n’a pas disparu...

Dans toutes les usines où j’ai bossé, le statut de chef est marqué par la couleur rouge. Deux barrettes rouges sur la tenue blanche, une charlotte ou un casque rouge. Quand des gens sont promus chefs après des années de travail ouvrier, la question qui revient est : « A-t-il gardé sa mentalité d’ouvrier ? » Le capital a vraiment gagné à l’abattoir, où il y a des affiches rouges placardées à des endroits stratégiques de l’usine. Il est écrit : « Passage interdit pendant l’exploitation. Risque de chutes de carcasses. » Personne ne se révolte. Je n’ai pas réussi à en piquer une pour la garder en souvenir. Il y a vraiment le petit peuple et les chefs. L’exploitation ne se cache même plus.

Quel était le projet de départ ?

L’intérim n’était qu’un passage dont je voulais garder une trace parce que c’est absurde et extraordinaire. J’écrivais juste pour consigner ce qu’il en était. Les entretiens d’embauche dans mon secteur n’ont pas été concluants. Il fallait continuer à bosser. Si mon contrat n’avait pas été raccourci, j’aurais repris en février. S’il y a des camarades lecteurs de l’« HD » qui ont des boulots à me proposer en Bretagne, je suis preneur. En ayant bossé deux ans et demi à l’usine, je peux m’adapter à n’importe quelle tâche.

Dans quelle mesure votre personnage est un « rouge » de cœur devenu un « jaune » de raison ?

L’intérimaire est encore plus la lie de la classe ouvrière que l’ouvrier titulaire. Tu peux être jeté à n’importe quel moment. Ce statut fait que je ne peux pas faire autrement. Il témoigne aussi d’une certaine forme de précarité de la France en 2019. L’intérim est un peu comme un bizutage. Au départ, on te propose des contrats d’une journée, puis deux jours. Les missions sont un peu plus longues si tu fais tes preuves, fermes ta gueule ou endures des trucs un peu costauds. J’ai ensuite fait des missions d’un mois. Au bout d’un an, on m’a proposé l’abattoir, unanimement considéré comme la Rolls des usines de la région parce que tu peux avoir un statut d’intérimaire permanent. Le contrat est tacitement reconduit toutes les semaines. J’ai fait un an et demi d’abattoir. Je devais m’arrêter le 28 décembre et recommencer en février. Par délicatesse, j’ai envoyé un exemplaire au big boss de l’abattoir. Quinze jours plus tard, j’ai appris que mon contrat n’était pas renouvelé. Je suis officiellement à nouveau chômeur. L’industrie agroalimentaire n’est pas trop fan de littérature contemporaine. Le livre n’est pas une charge contre le patronat en tant que tel. C’est plus un chant d’amour pour la classe ouvrière et mon épouse. Il n’y a aucun dénigrement. Mais je ne suis pas un jaune de raison. Je rêverais d’être avec les collègues à la manif. Je préférerais faire plein d’heures sup pour que la grève tienne. C’est le paradoxe quand tu es obligé de gagner ta croûte par tous les moyens possibles.

 

 

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25 février 2021 4 25 /02 /février /2021 07:20
Manel Djadoun, Secrétaire à l'organisation de l'UEC et étudiante en Master 2 de recherche en sociologie politique à Nanterre (photo Clarté, journal de l'Union des Etudiants Communistes)

Manel Djadoun, Secrétaire à l'organisation de l'UEC et étudiante en Master 2 de recherche en sociologie politique à Nanterre (photo Clarté, journal de l'Union des Etudiants Communistes)

Derrière le terme "Islamo-gauchisme", l'offensive réactionnaire

Par Manel Djadoun, Secrétaire à l'organisation de l'UEC et étudiante en Master 2 de recherche en sociologie politique à Nanterre.

Depuis une semaine, notre pays est secoué par une vague de débats sur la présence d’un soi-disant « islamo-gauchisme » à l’université. Sur CNews, la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, avait ainsi annoncé vouloir demander au CNRS de réaliser une enquête sur l’ensemble des courants de recherche afin de « distinguer ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme et de l’opinion ». Dans le même registre, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, défendait l’idée selon laquelle il existerait « une matrice intellectuelle venue des universités américaines et des thèses intersectionnelles » qui « converge avec les intérêts des islamistes ». Ces déclarations constituent une atteinte extrêmement grave à l’autonomie universitaire, aux libertés académiques, bref à la démocratie. En faisant porter la responsabilité de l’islamisme sur les chercheurs de notre pays, le gouvernement cherche en réalité à discréditer des pans entiers de la recherche qu’il considère comme dangereux : postcolonialisme, gender studies, intersectionnalité, recherches sur la « race ». Si les débats vifs et contradictoires autours de ces travaux sont essentiels au progrès des connaissances- d’ailleurs l’ensemble de ces concepts font l’objet de discussions et critiques dans le champs académique- les instrumentalisations politiques qui en sont faites sont contraires à la démarche scientifique et au progrès des savoirs. Nous pourrions aussi simplement rire devant la déliquescence intellectuelle du gouvernement et l’utilisation ridicule du terme « d’islamo-gauchisme ». Mais nous aurions sans nul doute tort car ce n’est surement pas un hasard si les forces réactionnaires du pays en font un usage aussi virulent. D’abord ce terme recèle une véritable force sémantique. Il permet à lui seul de rapprocher les universitaires travaillant sur les questions de race, de terrorisme ou d’islam avec les milieux de gauche et les idéologies extrémistes. L’ensemble des intellectuels engagés, des syndicalistes, des personnalités mobilisées contre le racisme se voient ainsi associé·e·s , sans preuve aucune, à l’idéologie terroriste. Même si le terme émerge sous une certaine forme dans les textes de Chris Harman, dirigeant trotskiste du Parti travailliste anglais, l’histoire du terme en France est éminemment liée aux réseaux d’extrême droite qui vont largement le populariser après la guerre d’Irak pour s’opposer à la gauche.

Petit détour historique

Le terme d’islamogauchisme nous amène aussi presque inéluctablement à faire le rapprochement avec celui de « judéo-bolchévisme » puisqu’ils possèdent la même structure sémantique mais aussi parce que cela nous permet, dans une certaine mesure, de comprendre les dynamiques racistes à l’œuvre dans nos sociétés occidentales. Le judéo-bolchévisme est un terme qui se développe au XXe siècle, en Russie notamment. A cette époque, il permettait d’accuser les partis communistes d’être contrôlés par les Juif·ves . L’émergence de ce concept reposait tout de même sur une certaine forme de réalité : Les Juif-ves russes s’étaient largement engagé·e·s au sein du parti bolchévique puisque que, comme tous les prolétaires, de toutes confessions et de toutes origines, ils subissaient en Europe et aux Etats-Unis l’exploitation capitaliste mais aussi un racisme violent et légalisé comme en Russie. Pour faire plier le mouvement révolutionnaire, les tsaristes et les contre-révolutionnaires mèneront une offensive idéologique contre le parti bolchévique en faisant largement usage du terme « judéo-bolchevique » et en cherchant à unir stratégiquement les antisémites et les anticommunistes. C’est donc par l’antisémitisme que l’on devenait anticommuniste. Ce n’est qu’un peu plus tard que le terme arrive dans les mouvements d’extrême-droite européens, notamment le nazisme : à nouveau les antisémites et les anticommunistes formaient une alliance qui conduira aux conséquences tragiques que nous connaissons.

Mais pourquoi donc attaquer l’université pour lutter contre le terrorisme ?

Dans les pays où s’opère une résurgence des mouvements réactionnaires il n’est pas rare que les sciences sociales fassent l’objet d’attaques particulièrement violentes. L’arrivée de Jair Bolsonaro au pouvoir à la tête du Brésil en est l’illustration parfaite puisqu’il s’en est pris, dès son arrivée, aux universités de sciences sociales car elles sont de hauts lieux de contestation du pouvoir. La tendance autoritaire du gouvernement français répond à des logiques quelques peu similaires : celles qui visent à contrôler les espaces où s’organisent les mouvements contestataires, l’université en premier lieu.  Dès lors, parler d’islamo-gauchisme à l’université c’est d’abord prendre appui sur le racisme, en tant que système de domination et d’exploitation, pour ranger largement des franges de la population du côté de la réaction dans le but d’affaiblir le mouvement révolutionnaire – antiraciste, féministe, syndical et ouvrier.  En ce sens, les réactionnaires ne visent pas simplement les musulman·e·s engagés mais aussi les non-musulman·e·s  engagé·e·s à gauche qui deviennent complices d’une manière ou d’une autre des islamistes.

Ensuite cela permet d’attaquer directement les savoirs critiques, c’est-à-dire les savoirs qui remettent en cause l’ordre social et son fonctionnement. En posant les chercheurs et chercheuses engagé·e·s à gauche comme les traitres à la nation et aux sciences « véritables », le gouvernement cherche à disqualifier toute une frange de scientifiques opposé·e·s à ses politiques et à ses projets de société. Cela permet aussi de faire la promotion de politiciens, éditorialistes, publicistes, intellectuels réactionnaires comme Zemmour, Finkielkraut pour leur donner de la crédibilité… Enfin cela permet de mener une offensive brutale contre l’université, son autonomie et son indépendance en orientant notamment les sources de financement.

Conclusion

Défendre l’idée d’une présence de l’ « islamo-gauchisme » permet en réalité de créer une alliance objective entre les racistes (islamophobes notamment), les anti-intellectuels (notamment ceux opposés aux sciences sociales) et ceux qui s’opposent à la gauche, partagent les mêmes idées réactionnaires pour faire plier les mouvements antiraciste, féministe, écologiste et syndical qui mettent à mal le gouvernement actuel. Nous n’avons nul autre choix que celui de s’opposer pied à pied à toutes celles et ceux qui font la promotion de « l’islamogauchisme » et qui précipitent notre pays dans la division et la régression. Pour combattre toutes les formes d’obscurantismes, nos universités doivent être des lieux de progrès des savoirs et des connaissances mais aussi de liberté, d’indépendance et d’affranchissement. À rebours de leur projet destructeur pour l’université, nous voulons bâtir une université émancipatrice ouverte à tous·tes, notamment aux classes populaires parmi lesquelles se trouvent les musulman·e·s de notre pays.

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