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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 07:03
Réponse des candidats communistes du Finistère à la Fédération Générale des Retraités de la Fonction Publique

 

Réponse des candidats communistes du Finistère à la Fédération Générale des Retraités de la Fonction Publique

 

Nous partageons vos préoccupations concernant la retraite et les retraité-e-s, le statut de la Fonction Publique, l’accès aux soins, la prise en charge de la perte d’autonomie.

Le fait que l’on puisse vivre aujourd’hui plus longtemps est un formidable progrès.

Sans oublier que de fortes inégalités subsistent, 6 ans d’écart d’espérance de vie selon que l’on est cadre ou ouvrier, et que l’espérance de vie en bonne santé ne progresse pas.

L’allongement de la durée de la vie est une chance pour la société et et non une charge à supporter.

Les retraités participent à la vie sociale, économique, à la solidarité entre les générations, ils sont très engagés dans le milieu associatif, notamment dans le domaine caritatif.

Nous pensons qu’il est possible, nécessaire de gagner en qualité de vie à tous les âges.

C’est un choix de civilisation, le choix de l’humain.

 

Nous sommes loin de ces objectifs, la situation des retraités s’est dégradée avec les différentes réformes, les prélèvements ont augmenté, le découplage des retraites par rapport aux salaires a eu un effet très négatif. Les retraités les plus modestes, surtout des femmes, ont été particulièrement touchés. Certains d'entre eux sont obligés aujourd'hui de joindre un travail d'appoint à leur petite pension.

Près de 38% des retraités perçoivent le minimum contributif de 629 €.

Les retraités ne sont pas des privilégiés !

 

Les projets annoncés par le président font peser la menace de nouvelles et graves détériorations : amputation des dépenses publiques de 60 milliards d’euros ; augmentation de la CSG qui toucherait 60 % des retraité-e-s ( le seuil à partir duquel on devient un « retraité aisé » selon M. Macron est en dessous de 1200 € par mois pour une personne seule !) ; mise en place d’un système de retraites par points à cotisations définies mais sans garantie de prestations, système qui a fait chuter le montant des retraites de 10 % en 4 ans en Suède.

Toucher une retraite de misère ou travailler toujours plus longtemps, c'est dans ce piège que M. Macron veut enfermer les salarié-e-s.

Et cela au nom d’une prétendue égalité qui pénalise en réalité lourdement les femmes et tous ceux qui n’ont pas eu une carrière complète en raison du chômage, de la maladie, du handicap...C’est la négation du système solidaire de retraites par répartition.

Nos propositions sont diamétralement opposées à ces orientations.

 

La retraite des fonctionnaires et des autres

Le statut de la Fonction Publique dû au ministre communiste Maurice Thorez en 1946, étendu par un autre ministre communiste Anicet Le Pors en 1983, est un socle progressiste qui doit être préservé et servir de point d'appui pour de nouvelles conquêtes sociales pour tous et dans tous les domaines.

Au contraire de ceux qui veulent aligner par le bas, nous visons une convergence vers le haut des acquis sociaux.

 

En matière de retraites nous proposons :

  • l’abrogation des réformes engagées depuis 1993

  • le droit à une retraite à taux plein à 60 ans en incluant depuis l’âge de 18 ans les périodes d’études, de chômage, de maladie, d’invalidité...

  • une retraite par répartition à prestations définies, indexée sur les salaires

  • aucune pension inférieure au SMIC, que nous proposons de porter à 1800 € brut

Tout cela s’appuie sur une relance de la croissance et de l’emploi stable et qualifié, sur l’égalité salariale femmes-hommes, la suppression des exonérations patronales, une cotisation sur les revenus financiers au même niveau que les salaires.

Nous proposons d’aller vers la suppression de la CSG .

 

La santé et le vieillissement

Fracture sociale, désertification médicale, dépassements d’honoraires, restes à charge, hôpital public malade de l’austérité, mainmise des intérêts privés, notre santé est en danger, et les retraités sont particulièrement concernés.

Nous nous prononçons pour l’abrogation des lois Bachelot et Touraine, l’arrêt des fermetures de lits et services hospitaliers, la suppression du numérus clausus, un pôle public du médicament, le remboursement à 100 % par la Sécu de tous les soins prescrits, pour une cotisation sur les revenus financiers.

Quant à la perte d’autonomie, la loi d’adaptation de la société au vieillissement n’a pas répondu aux attentes en raison du manque de moyens financiers d’une part, de l’absence du volet initialement prévu sur les établissements d’autre part.

Elle doit être prise en charge à 100% dans le cadre de la Sécurité sociale.

Nous proposons la création d’un nouveau service public de l’aide à la personne, l’ouverture de structures d’accueil, le recrutement et la formation de personnels qualifiés.

Ces propositions s'inscrivent dans des choix économiques et politiques en rupture avec les politiques d'austérité. Alors que l'évasion fiscale approche les 80 milliards d'euros par an, que les dividendes versés aux actionnaires en 2016 par les entreprises du CAC 40 s'élèvent à 54 milliards d'euros, l'argent existe pour relancer l'emploi et le pouvoir d'achat, engager la transition écologique, développer les services publics, la protection sociale.

 

Démocratie sociale

Notre conception de la démocratie n’est ni celle de l’usage répété du 49/3 pour faire passer des projets impopulaires, ni celle du gouvernement par ordonnances.

La gouvernance du pays a tout à gagner dans une véritable démocratie sociale.

Nous nous prononçons pour un dialogue réel et constructif avec les syndicats, les associations, pour la mise en place de vraies structures démocratiques de concertation, pour un élargissement des droits des citoyens, des salariés.

Nous voulons par exemple rétablir l’élection au suffrage universel des représentants des assurés sociaux dans les caisses de Sécurité sociale. Nous proposons aussi que les syndicats et associations d’usagers soient associés aux côtés de l’État et des collectivités à l’élaboration des politiques publiques de l’autonomie et au suivi de leur mise en œuvre.

 

Réponse rédigée par Yvonne Rainero - au nom de l'ensemble des candidats communistes aux élections législatives du Finistère: 

Ismaël Dupont et Muriel Grimardias(4ème circonscription), Yvonne Rainero et Jean-Claude Perrot (1ère circonscription), Jean Paul Cam et Yasmine Tanguy (3ème circonscription), Eric Guellec et Anne-Catherine Cleuziou (2ème circonscription), Pierre-Yves Liziar et Claude Bournot-Gallou (5èmecirconscription), Maxime Paul et Catherine Flageul (6ème circonscription), Martine Le Nozerh (suppléante communiste de Roland Jaouen, FI dans la 7e circonscription), Jacques Rannou et Christine Belleguic (8e circonscription)

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 06:58
Tribune d'Ismaël Dupont - candidat PCF-Front de Gauche aux élections législatives dans la 4ème circonscription du Finistère - Ouest-France Morlaix, 1er juin 2017
Tribune d'Ismaël Dupont - candidat PCF-Front de Gauche aux élections législatives dans la 4ème circonscription du Finistère - Ouest-France Morlaix, 1er juin 2017
Tribune d'Ismaël Dupont pour Ouest-France 
 
qui a donné quartier libre aux candidats pour s'exprimer (en 1200 signes, espaces compris).  
 
 
Les jeux ne sont pas faits. Il ne s'agit pas de donner une majorité à Macron mais d'élire des députés qui prendront en compte vos besoins et votre vie.
Comme député de proximité, à l'écoute de mes concitoyens, luttant avec eux, je me donnerai pour tâche la dignité pour tous et la construction d'un avenir acceptable pour nos jeunes.
Je résisterai à la politique de régression sociale de Macron, un président au service des puissances d'argent.
Pour vous défendre, vous aurez besoin d'un élu sérieux et combatif, qui ne lâche rien contre leurs politiques inégalitaires.
Comme porte-parole du Front de gauche, comme élu à Morlaix-Communauté et à Morlaix, je suis présent depuis huit ans dans toutes les luttes du territoire pour les salariés, les services publics, l'écologie, les droits humains.
Je porte les valeurs de la gauche de progrès.
Mes priorités sont : des services publics de santé de qualité sur le territoire. Lutter énergiquement contre la casse de l'hôpital public.
Je souhaite aussi m'engager pour les personnes âgées et leur droit à l'autonomie, proposer des solutions solidaires pour nos aînés, dans le cadre de nouveaux services à construire et d'un plan d'investissement ambitieux.  
 
Tribune publiée le 1er juin dans Ouest-France
Tribune d'Ismaël Dupont - candidat PCF-Front de Gauche aux élections législatives dans la 4ème circonscription du Finistère - Ouest-France Morlaix, 1er juin 2017
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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 06:47

Le Parti Communiste présente de nombreux jeunes candidats partout en France et en Bretagne, des militants engagés dans la société,  ayant l'humain au coeur et une volonté profonde de transformer la société pour combattre les inégalités et aux injustices. 

Christelle Schweizer, candidate communiste à Lamballe, est emblématique de cette nouvelle génération de militants et de candidats communistes, au même titre que Solenn Halou (Saint Malo), Benoit Montadone (Fougères), etc. 

Sur ces élections législatives 2017, avec l'entrée en scène de centaines de nouveaux candidats relativement jeunes (la vingtaine, la trentaine ou la quarantaine), le Parti Communiste a fait la preuve qu'il pouvait être une force politique sur laquelle on pouvait compter pour l'avenir et le présent.   

Christelle Schweitzer, 38 ans, directrice d'école de musique, candidate communiste à Lamballe (Le Télégramme)
Législatives. La communiste Christelle Schweitzer en lice

Législatives. La communiste Christelle Schweitzer en lice

Ouest-France

Christelle Schweitzer, la directrice de l’école de musique de Lamballe se déclare candidate aux législatives dans la circonscription Lamballe-Loudéac. À 38 ans, elle se présente pour la première fois.

Elle est la quatrième candidate de la circonscription Lamballe-Loudéac à être sur la ligne de départ. À 38 ans, Christelle Schweitzer, directrice de l’école de musique de Lamballe, se lance dans la course à l’élection législative « sous l’étiquette de la gauche rassemblée et plurielle, et plus exactement du Front de gauche et du Parti communiste français (PCF) ».

Secrétaire de la section lamballais du PC, depuis trois ans, la professeur de flûte de formation, originaire de la région lyonnaise, estime qu’il est « important de faire entendre d’autres voix solidaires » alors que « la France, en 2016, est le seul pays à voir ses dividendes augmenter, tout comme les salaires des grands patrons ». « Nous allons militer pour un nouveau modèle social basé sur l’égalité et la répartition des richesses, prône la fille d’ouvriers, jamais élue. L’humain doit primer. »

Donner de l’espoir aux jeunes

Lors de la campagne, « nous ouvrirons des débats progressistes primordiaux », défend la communiste encartée depuis ses études. « Je fais partie de la génération marquée par le traumatisme de 2002. » Sa candidature, elle l’a mûrie « depuis le conflit de la Cooperl il y a un an ». Trois thèmes cimentent son programme : « L’éducation et la jeunesse, les services publics et l’écologie. »

Pour la mère de deux fillettes plaidant pour le droit des femmes, « la jeunesse est un sujet à mettre sur la table. Il faut lui donner de l’espoir. Dans les écoles, des classes ferment, les études sont plus chères… Nous, nous ne parlons pas de 500 000 fonctionnaires en moins, mais de 500 000 en plus ! En écologie, il faut développer une espèce de cercle vertueux qui parle des producteurs, des éleveurs et des paysans, en passant par tous les intermédiaires de la chaîne ».

Christelle Schweitzer, 38 ans, directrice d'école de musique, candidate communiste à Lamballe (Le Télégramme)
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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 06:38
Jacques Rannou, maire délégué communiste de Kernevel, soutien à Jean-Luc Mélenchon a qui il a donné son parrainage, candidat PCF-Front de Gauche aux élections législatives

Jacques Rannou, maire délégué communiste de Kernevel, soutien à Jean-Luc Mélenchon a qui il a donné son parrainage, candidat PCF-Front de Gauche aux élections législatives

Catherine Gentric.

Le candidat du Parti communiste aux législatives de la 8e circonscription est un fervent défenseur des services publics et des salariés. Mais surtout un véritable candidat de territoire.

À Kernével, s'il est un homme ancré dans les terres du pays, c'est bien le candidat du Parti communiste français. Jacques Rannou, « Kernevellois de souche », comme il dit. Un amoureux éternel de son village, ou plutôt de sa commune, dont les frontières furent un jour aspirées par celle de Rosporden la voisine. « Né ici », il n'a, dans l'âme, jamais quitté ses terres, ni même sa mairie. Ou presque. Maire délégué de Kernével entre 1998 et 2008, réengagé dans la fonction en 2016, il connaît la mairie, et le territoire, comme le fond de sa poche. Son père, jadis, était secrétaire de mairie. La famille habitait à l'étage.

Alors, à 59 ans, cet ancien cheminot engagé, délégué syndical et représentant du personnel, sait dire les choses pour les autres.

Un manque d'unité avec France insoumise

Membre du Front de Gauche, encarté au PCF, soutien de Jean-Luc Mélenchon à la Présidentielle et parrain de sa candidature en tant que maire adjoint de Kernével, il aurait souhaité, avec ses « collègues militants », éviter le maximum d'émiettement et « qu'il y ait au premier tour une réunification des forces de gauche, pour être sûr d'être au deuxième tour et de remporter l'élection... Je regrette que cela n'ait pu se faire », dit-il.

Dans cette logique, il aura bataillé pour avoir des candidatures d'unité pour le scrutin des législatives, multipliant les rencontres avec le collectif Citoyens debout, émanation locale de France insoumise.

« C'était notre choix avéré, sans arrière-pensée, dit-il. Il y a 577 circonscriptions, huit dans le Finistère. Unis, nous avions une capacité à nous faire entendre. Au PCF, nous avions une légitimité. Y compris moi. Mais on ne revendiquait pas forcément de manière hégémonique toutes les places. »

Hélas, les candidatures communes au final n'aboutiront pas. «Avec France insoumise, c'était plutôt, «c'est nous qui commandons », avec obligation de signer une charte. C'est un fonctionnement un peu hiérarchisé avec le national qui décide de ce que l'on va faire localement », explique-t-il.

 

Pas question pour lui donc d'être « un citoyen debout-assis-donne la patte », dit-il. Nous connaissons bien les dossiers. Nous voulons bien partager. Et, sur la 8e, il y a des choses à porter. Le côté maritime certes, mais aussi pour l'arrière-pays que l'on oublie trop, avec beaucoup de zones rurales et de petits commerces ».

Forcément, Jacques Rannou fait de la préservation des services public son cheval de bataille : «Beaucoup de communes du territoire sont confrontées à cette problématique : disparition des écoles, des bureaux de poste, des commerces. Il faut refondre la politique, partir des préoccupations premières des citoyens, ne pas être hors-sol. En tant que député, il faut être les deux pieds dans la réalité de notre territoire. », assène-t-il.

Et de citer, entre autres, l'arrivée du TGV à grande vitesse qui va chambouler tous les horaires des TER (Trains express régionaux) « qui ne correspondront plus aux attentes des scolaires et des salariés. Il y aura des réveils douloureux à la rentrée pour les gens de Quimperlé et Rosporden », avertit-il.

L'élu kernévellois, député, se promet aussi logiquement de revisiter cette fameuse loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République) : « Au parlement on l'abrogerait. Elle fait l'impasse notamment sur les communes à la périphérie des métropoles qui sont renvoyées à des communes dortoirs. Cela rejoint le problème de la ruralité... »

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 06:20

Objet : Réponse à l'USR CGT                                                        

Brest, le 3/6/2017

Bonjour M Phelep

 

Je vous remercie de m’avoir fait parvenir votre lettre ouverte.

Voici quelques éléments de réponse que je suis prêt à compléter.

 

Je suis prêt à prendre quelques heures pour vous préciser notre programme si vous le souhaitez.

 

Recevez monsieur le secrétaire l’expression de mes sentiments syndicalistes

 

Fraternellement

 

Pour l'ensemble des candidats communistes du Finistère: Yvonne Rainero et Jean-Claude Perrot (1ère circonscription), Eric Guellec et Anne-Catherine Cleuziou (2ème circonscription),  Jean-Paul Cam et Yasmine Tanguy (3ème circonscription), Ismaël Dupont et Muriel Grimardias (4e circonscription), Pierre-Yves Liziar et Claude Bournot-Gallou (5ème circonscription), Maxime Paul et Catherine Flageul (6ème circonscription), Martine Le Nozerh (suppléante d'un candidat France Insoumise, Rolland Jaouen, 7e circonscription), Jacques Rannou et Christine Belleguic (8ème circonscription).

 

Jean-Paul Cam, candidat communiste sur la 3e circonscription du Finistère

 

 

Les mauvais coups ne nous ont pas épargné ces dernières années. 1993, 2003, 2010 et 2014, quatre années, quatre réformes des retraites. Nous les avons toutes combattues ensemble. Outre le recul de l’âge de la retraite qui a eu comme conséquence la baisse des pensions des salariés les plus précarisés, en particulier les femmes, s’est ajouté le gel des pensions, ainsi que la mise en œuvre de mesures fiscales régressives (hausse de la CSG, TVA, Contribution additionnelle de solidarité pour l'autonomie, suppression de la demi-part pour les personnes seules  ayant élevé un enfant...).

 

Aujourd’hui, cette politique de casse, avec l’élection l’Emmanuel Macron, s’il parvient à obtenir une majorité absolue ou relative avec la droite va s'aggraver. Le président de la République, lors de sa rencontre les syndicats mardi dernier a confirmé son intention de réformer le système de retraites. Et n’hésitera pas à museler la représentativité nationale pour imposer ses réformes. Nous le savons le slogan d’« un euro cotisé (qui) donne in fine les mêmes droits à pension » se traduira par des pensions réduites pour coûter moins cher au système, ce qui est le propre des retraites par points. Selon lequel chacun choisirait le moment de prendre sa retraite en fonction des sommes qu’il a cotisées. Un système à la carte, indexé sur les capacités contributives de chacun. La conséquence, c’est la rupture du système solidaire, dans lequel ce sont les cotisations des actifs qui s’ajustent pour garantir le niveau des pensions. Adieu les corrections comme le « minimum contributif », bienvenue à la pénalisation des plus pauvres, des moins qualifiés, des carrières incomplètes et… des femmes (qui cumulent souvent ces critères). En bref, bonjour le « chacun-pour-soi ».

 

Comme vous le savez, le projet d’Emmanuel Macron recèle un autre danger : celui du basculement d’un système où le montant de la retraite et son mode de calcul sont connus à l’avance des cotisants, vers un autre où la valeur du « point », et donc la pension, changent en fonction de la conjoncture, comme en Italie ou en Suède. C’est ce qu’on appelle un système à  comptes notionnels, où ce ne sont plus les cotisations qu’on ajuste à la hausse ou à la baisse, mais les pensions elles-mêmes.

 

C’est un véritable enjeu de civilisation qui s’ouvre devant nous. A l’image de la proposition de loi déposée en 2010 par le groupe communiste. La revalorisation des pensions est une urgence absolue. C’est le sens de la proposition d’un taux de remplacement de 75 % minimum du salaire et en aucun cas inférieur au Smic revalorisé pour une carrière complète de travail. Un vaste plan de rattrapage des retraites est également nécessaire pour que les femmes qui ont subi les inégalités salariales et professionnelles retrouvent rapidement le même niveau de retraite que les hommes. Nous défendrons et garantirons, comme nous l’avons toujours proposé, le droit à la retraite à 60 ans à taux plein. Les pensions sont bloquées depuis quatre ans, à part le 0,1 % du 1er octobre. Nous demandons une revalorisation par un rattrapage de 300 € et que l'évolution des pensions soit indexée sur celle des salaires et non des prix. Le niveau des retraites baisse de 1 % par an en moyenne depuis 20 ans. Des écarts très importants de pensions existent entre les hommes et les femmes : 1200€ en moyenne pour les premiers, 800€ pour les secondes. Pour financer ces mesures, nous devons mettre à contribution les revenus du capital. Les revenus financiers des entreprises et des institutions financières s’élèvent à plus de 300 milliards d’euros par an. Ils échappent largement aux prélèvements sociaux. C’est pourquoi nous sommes pour une extension des prélèvements sociaux à tous les revenus financiers au même niveau que les cotisations sur les salaires. Nous mettrons en place une modulation du niveau des cotisations sociales patronales, en fonction du développement de l’emploi, de la qualification et des salaires. Enfin, la réponse aux situations de perte d’autonomie que vivent des millions de personnes dans notre pays est un enjeu de société important. Pour y répondre, un service public de l’autonomie pour les personnes âgées conçu et organisé à partir des services publics et sociaux existants sera créé.

 

Sur la taxe d’habitation nous partageons votre point de vue. Cette mesure va à terme  étouffer les services publics. Les premières victimes seront les retraités. Il faut donner aux collectivités locales les moyens d’une politique sociale, cela passe par un fonds national de péréquation. Il faut une nouvelle révision foncière et que les mécanismes qui bloquent les plafonnements de la taxe d’habitation soient abrogés.

 

Sur l’autonomie vieillissement nous refusons la création d’un cinquième risque

La création d’une véritable coordination des politiques publiques de l’autonomie des personnes devra être mise en place avec un contrôle démocratique : état, collectivités territoriales, organisations syndicales, associations des usagers. L’enjeu consistera à travailler, à partir de l’existant, à l’amélioration du niveau de la prise en charge, tant pécuniaire que de la qualité de la prise en charge.

Nous proposons au niveau départemental un pôle public de « l’autonomie», s’appuyant sur le développement des services publics existants avec tous les aspects d’aides (repas, toilettes, mobilisations, etc.) mais aussi équipements et aménagements des logements, transports. Le pôle public doit permettre une synergie entre les services publics ainsi développés en les coordonnant avec les nouveaux services publics du handicap et celui des personnes âgées à créer pour favoriser la promotion des activités sociales des personnes âgées et des personnes en situation de handicap. Cette coordination départementale doit permettre une simplification des démarches pour les personnes et les aidants et une meilleure efficacité du service rendu.

Nous proposons une structuration nationale des pôles publics départementaux dans une forme à définir (agence, établissement public, service ministériel) afin de garantir une maîtrise, une cohérence et une égalité sur le territoire national. Nous voulons assurer à cette échelle une indépendance totale et des critères indiscutables aux procédures de détermination du niveau de perte d’autonomie. Ce sera aussi engager une vaste politique de formation, de professionnalisation et de création en nombre d’emplois qualifiés des services d’aide à la personne,

Dans votre courrier, vous portez le développement des services publics de qualité et de proximité au cœur de vos revendications. Les services publics, notre bien commun, méritent mieux que le traitement qui leur est actuellement infligé. Dans un moment de crise profonde où se développent précarité, insécurité, inégalité mais aussi dans un moment de révolte où monte l’exigence d’une culture de partage, de justice et de solidarité, nous mettons la question des services publics au cœur des débats comme une réponse incontournable structurante d’une nouvelle société plus humaine et solidaire. Partout dans nos territoires les luttes se multiplient contre les politiques d’austérité pour empêcher la fermeture du bureau de poste du quartier, des services de l’hôpital voisin, de la classe de l’école communale ou d’une ligne ferroviaire. Nous devons tous ensemble mettre un coup d’arrêt à la diabolisation de la « dépense publique », pour nourrir ces luttes de nos propositions et obtenir des avancées concrètes, pour les faire converger et construire un front d’idées et d’actions pour le service public du XXIe siècle.

 

Voilà ce que je voulais apporter comme réponse aux demandes que vous avez exprimées. Vous pouvez compter sur nous dans les prochaines années comme vous avez pu toujours compter sur les députés communistes /Front de Gauche pour porter des propositions utiles aux retraités et utiles à notre protection sociale solidaires.

 

Jean-Paul Cam, pour les candidats présentés par le parti communiste du Finistère, membre du Front de Gauche

 

 

Législatives - Retraités: Réponse des candidats communistes du Finistère à l'Union Confédérale des Retraités CGT
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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 05:48
Agriculture: Réponse des candidats aux législatives du PCF dans le Finistère au questionnaire de la Confédération Paysanne

Objet : Réponse à la Confédération Paysanne sur ses questions posées aux candidats aux législatives. 

Brest, le 3/6/2017

Monsieur Vincent Pennober,

Nous sommes candidats aux élections législatives sur le département du Finistère pour le Parti Communiste Français.

Vous nous interpellez sur nos propositions pour le secteur agricole dans le cadre de ces élections.

Soyez assuré que nous avons conscience des difficultés et de la crise que subissent nos campagnes. Nous nous rejoignons d’ailleurs sur l’analyse des facteurs qui ont conduit à autant de détresse chez les paysans, à la disparition de nombre d’exploitations agricoles.

On a cru pouvoir mettre en place une agriculture à moindre coût. Il n'en est rien. Rechercher à tout prix à produire des aliments tout-venant conforte un modèle à bout de souffle qui pollue, met en danger les paysans et réduit la biodiversité. C’est tout l’impasse d’une politique agricole ultra-libérale.

Notre analyse est simple. Alors que les profits des groupes de la grande distribution flirtent avec les sommets, la paysannerie française est en grande difficulté. Les agriculteurs sont à bout de souffle, mal rémunérés ; le consommateur, lui, paye également le prix fort. Incidemment, la vitalité des territoires et notamment des ruralités s’en retrouve impacté. Nous sommes donc dans un modèle perdant-perdant.

Pourtant, un nouveau modèle agricole est possible pour sortir de la crise. Nos propositions visent à répondre à la rémunération du travail paysan, à l’accès à tous à une alimentation de qualité ainsi qu’à l’urgence de réponses liées à la crise.

Permettez-nous de développer quelques priorités.

Nous mettrons en œuvre un plan de transition écologique de l’agriculture en vue de faire de l’agriculture française un modèle d’agriculture écologique, sans OGM, autonome en intrants et ressources non renouvelables, non contaminants et contribuant à la lutte contre le changement climatique.

Pour lutter contre la concentration des exploitations nous ferons jouer un droit de préemption systématique des terres libérées en faveur de l’installation d’agriculteurs ou de l’agrandissement de petites exploitations.

Nous agirons pour une nouvelle organisation de l’agriculture dans le cadre des Nations unies, afin de soutenir le développement de marchés régionaux, de réguler les marchés mondiaux, de mettre en œuvre un plan agricole et alimentaire mondial, de promouvoir la relocalisation et la transition écologique de l’agriculture et de combattre les processus d’accaparement de terres.

Nous serons à l'initiative de la construction d’une alliance stratégique avec les pays engagés dans la défense de la souveraineté alimentaire et de l’agriculture paysanne.

Nous impulserons une coopération au développement qui priorise les accords avec les États mettant en œuvre des politiques de souveraineté alimentaire et de soutien à l’agriculture paysanne.

Nous agirons pour l'adoption d’une politique agricole commune cohérente avec l’objectif de souveraineté alimentaire, centrant la production sur les besoins du marché intérieur et la protection de ce dernier, garantissant aux agriculteurs des prix rémunérateurs, encadrant les pratiques de la grande distribution au moyen des prix minimums aux producteurs et de coefficients multiplicateurs maximums et de conférence annuelles sur les prix arbitrées par l'Etat.

La France opposera son veto à la conclusion du cycle de Doha de l’OMC, à la signature des accords de libre-échange (notamment les APE) négociés par l’Union européenne, à toutes les pressions du FMI, de la Banque mondiale et aux conditions posées à l’aide au développement exercées sur les pays du Sud.

Nous mettrons en œuvre un plan national de transition écologique de l'agriculture visant le zéro pesticide. 

Nous engagerons le soutien au développement des filières alternatives labellisées, vivrières, courtes de proximité, biologiques, reposant sur une juste rémunération du travail et permettant au plus grand nombre de bénéficier d'une alimentation de qualité.

Nous défendrons la création d'organismes publics régionaux de certification bio et agriculture raisonnée. 

Nous engagerons la révision du mandat des Sociétés d’aménagement foncier et rural (SAFER) et de leur gouvernance afin d'y rendre les pouvoirs publics majoritaires et pour stopper puis inverser le processus de concentration de l’agriculture.

Nous soutiendrons l’installation de jeunes agriculteurs et la consolidation des petites exploitations, y compris par le biais de réserves foncières, notamment à proximité des villes.

Voilà, Monsieur, rapidement esquissée, une approche de ce que nous ferons si nous sommes élu-e-s députés.

En espérant avoir répondu à votre attente, nous vous remercions de votre sollicitation et vous prions de croire en notre attention ainsi que nos sentiments les meilleurs.

Nous restons à votre disposition pour échanger de manière plus approfondie si vous le souhaitez.

 

Les candidats présentés dans le Parti Communiste et le Front de Gauche dans le Finistère: 

Ismaël Dupont et Muriel Grimardias(4ème circonscription), Yvonne Rainero et Jean-Claude Perrot (1ère circonscription), Jean Paul Cam et Yasmine Tanguy (3ème circonscription), Eric Guellec et Anne-Catherine Cleuziou (2ème circonscription), Pierre-Yves Liziar et Claude Bournot-Gallou (5ème circonscription), Maxime Paul et Catherine Flageul (6ème circonscription), Martine Le Nozerh (suppléante communiste de Roland Jaouen, France Insoumise, dans la 7e circonscription), Jacques Rannou et Christine Belleguic (8e circonscription)

Ismaël Dupont, Xavier Compain, Muriel Grimardias en visite d'une ferme en transition bio au Kermeur à Plougonven dans le cadre d'une journée agriculture de notre campagne législatives

Ismaël Dupont, Xavier Compain, Muriel Grimardias en visite d'une ferme en transition bio au Kermeur à Plougonven dans le cadre d'une journée agriculture de notre campagne législatives

Résister et construire, se faire entendre et respecter. Un député vraiment à gauche pour les pays de Concarneau et Quimperlé. Jacques Rannou cheminot, Maire délégué de Kernével et Christine Belleguic, infirmière. Conseillère municipale de Névez. Soutenus par le PCF-Front de Gauche et République et Socialisme.

Résister et construire, se faire entendre et respecter. Un député vraiment à gauche pour les pays de Concarneau et Quimperlé. Jacques Rannou cheminot, Maire délégué de Kernével et Christine Belleguic, infirmière. Conseillère municipale de Névez. Soutenus par le PCF-Front de Gauche et République et Socialisme.

Eric Guellec et Anne-Catherine Cleuziou (candidats PCF à Brest Centre), Yasmine Tanguy (Brest Rural), Maxime Paul (6e circonscription), Claudie Bournot-Gallou (5e Circo), Pierre-Yves Liziar (5e circo), Catherine Flageul (6e circo), Jean-Paul Cam (1e circo)

Eric Guellec et Anne-Catherine Cleuziou (candidats PCF à Brest Centre), Yasmine Tanguy (Brest Rural), Maxime Paul (6e circonscription), Claudie Bournot-Gallou (5e Circo), Pierre-Yves Liziar (5e circo), Catherine Flageul (6e circo), Jean-Paul Cam (1e circo)

Yvonne Rainero et Jean-Claude Perrot (candidats du PCF dans la 1ère circonscription de Quimper)

Yvonne Rainero et Jean-Claude Perrot (candidats du PCF dans la 1ère circonscription de Quimper)

Agriculture: Réponse des candidats aux législatives du PCF dans le Finistère au questionnaire de la Confédération Paysanne
Agriculture: Réponse des candidats aux législatives du PCF dans le Finistère au questionnaire de la Confédération Paysanne
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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 05:27
Signons le pacte April pour le logiciel libre (Yann Le Pollotec, responsable "révolution numérique" du PCF)
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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 20:27
Brasparts, 6 juin: présence à la manifestation pacifiste et anti-impérialiste contre les manoeuvres militaires de l'OTAN en Bretagne de Xavier Compain, porte-parole du PCF Bretagne, et de Maxime Paul, candidat PCF-Front de Gauche de rassemblement sur la 6ème circonscription

Secrétaire du comité régional du PCF, Xavier Compain était ce mardi à cette initiative lancée par le Mouvement de la paix et mon ami Roland Nivet. Avec les militants et candidat-e-s communistes nous partagerons notre ambition d' une Bretagne exemplaire pour la paix, travaillant avec les personnels civiles et militaires une transition de sortie de l' armement nucléaire.

Mardi 6 juin de 12H à 17H

Chapelle du Mont Saint Michel de Brasparts (29)

Parc Naturel des Armoricains.

 

Oui à la Paix ! Stoppons les guerres !

 

A l’appel du Mouvement de la Paix    culturedelapaix.org  et d’artistes militants pacifistes.

 

En effet, c’est le mardi 6 que débutent des manœuvres militaires aéronavales des armées de l’Otan en Bretagne. Le rejet de l’Otan nous concerne tous. Les manœuvres ont un coût considérable financièrement mais aussi écologiquement. Elles ne peuvent que nous rappeler les engagements militaires de la France  aux quatre coins du monde.

 

Un happening artistique : Des pinceaux contre la guerre !

Nous invitons les plasticiens à venir exprimer individuellement et collectivement leur rejet de la guerre et les maloeuvres de l’Otan en Bretagne. Non à la Java des Rafales !

Bien entendu, cet appel concerne également d’autres formes artistiques : musique, danse, théâtre…

 

Un rassemblement pacifique :

 

La France doit sortir de l’Otan, L’Otan n’est pas la bienvenue en Bretagne

 

Ret eo da Vro-Chall kuitaat an Otan !

Ret eo d’an Otan kuitaat Breizh !

 

Le succès des manifestations de Bruxelles à l’occasion du sommet de l’OTAN mais aussi le succès de l’initiative de Carhaix le Dimanche 28 Mai 2017 dans le Finistère montrent  les exigences des peuples de voir mises en œuvre partout des politiques de paix et de prévention des conflits au lieu de la militarisation des relations internationales et de la préparation de nouvelles guerres qu’appellent les manœuvres de l’Otan.

Ces manœuvres de l’OTAN qui doivent commencer le mardi 6 juin en Bretagne  sous le nom de Tiger Meet vont mettre en œuvre, 800 pilotes et techniciens, des militaires de 12 pays, 1200 à 1500 heures de vol à 40 000 euros l’heure de vol.

Ces manœuvres  auront comme centre névralgique la base aéronavale de Landivisiau qui accueille les avions rafales, porteurs potentiels de l’arme nucléaire , et ne peuvent qu’intégrer la base de sous-marins nucléaires de l’ile Longue située à quelques kms de Landivisiau et de la base de Lanvéoc où sera regroupée le une partie essentielle de la logistique.

Cette base aéronavale prépare par ailleurs les mêmes  avions Rafale dans leurs  missions d’accompagnement du Porte avion Charles De Gaulle pour des opérations et des guerres extérieures.

Sous l’intitulé « des pinceaux  pour la paix !» la contribution des artistes, des  plasticiens est la bienvenue, de même que les musiciens et les citoyens pour un moment de rencontres au cœur de ce parc d’Armorique qui respire la paix et la beauté du vivant et appelle à la fraternité et à la paix.

 

Pour tout renseignement complémentaire : Le Mouvement de la Paix : roland.nivet@mvtpaix.org

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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 20:03
Ordonnances Macron pour créer à un droit du travail particulier à chaque entreprise: résistons à ce grand bond en arrière social et démocratique en élisant un maximum de députés PCF et Front de Gauche et en nous mobilisant dès l'été, dans la rue, les entreprises! - par Ismaël Dupont
photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

 

Le gouvernement vient de dévoiler les contenus du projet de loi d'habilitation des ordonnances qui sera présenté le 28 juin au conseil des ministres . 

Monsieur Macron a de la suite dans les idées, il est un dangereux  récidiviste :  il a  imposé hier, en dégainant le 49-3,  une loi, portant son nom, qui  imposait  le travail du dimanche…. Il  veut aujourd'hui remettre sur la table toutes les dispositions initialement envisagées par la loi de sa complice El Khomri  que les salariés ont pu faire  retirer par leur mobilisation lors du précédent quinquennat .

Et bien, que Monsieur Macron  se le tienne pour dit : s'il a de la suite dans les idées, nous aussi !

Le combat contre son projet  nous l'avons mené dans la rue en 2016 avec les salariés, avec nos députés PCF et Front de Gauche à l'Assemblée Nationale ;  nous le menons aujourd'hui aux élections législatives qui doivent contribuer à résister à ces projets de régression sociale; nous le mènerons demain, dans l'Hémicycle avec nos députés et dans tout le pays!

Nous le mènerons de façon spectaculaire, visible et durable, pour gagner un débat aujourd'hui urgent et nécessaire: notre pays , les travailleurs, les salariés n'ont pas besoin de droits qui se réduisent comme peau de chagrin, au gré des désirs de rentabilité des actionnaires et du MEDEF, mais d'un code du travail du XXIeme siècle , qui étende au contraire leurs droits, leur pouvoir d'intervention dans les entreprises , qui leur assure un nouveau droit à la mobilité et à la sécurité professionnelle.

Ce que nous voulons, c'est  un débat démocratique , citoyen, à l'échelle de toute la société , avec tous les salariés et leurs représentants, pas un débat assassiné  à coups d'ordonnances en période estivale !

C'est cela pour nous la modernité et le renouvellement  en politique ! 

Et nous ne nous laisserons pas abuser par les mots : la simplification ce n'est pas   mettre fin aux conventions collectives nationales, pour favoriser une négociation truquée par entreprise, avec des droits adaptables et sans arrêt remis en cause pour que la concurrence libre et non faussée entre entreprises se fasse sans arrêt sur le dos de salariés toujours plus taillables et corvéables à merci !

Ce n'est pas  plafonner, donc tirer vers le bas, les indemnités prud’homales pour permettre aux chefs d'entreprises de licencier plus facilement !

La  démocratie et le dialogue social, ce n'est pas  instaurer, le pistolet sur la tempe, des référendum d'entreprises, où les salariés ne pourront répondre qu'aux questions que les chefs d'entreprises et leurs actionnaires auront décidé de leur poser !

Simplifier , démocratiser c'est au contraire instaurer un service public de l'emploi profondément transformé avec pour missions l'appui aux salariés, leur sécurisation et leur formation.

Simplifier , démocratiser, c'est au contraire donner aux salariés de véritables pouvoirs de contre propositions face aux plans de licenciements , moyens financiers à l'appui, pour baisser le coût du capital , pas du travail.

C'est le sens du projet de loi que les parlementaires communistes ont déposé à l'assemblée nationale pour une « sécurité de l'emploi et de la formation ».

Ce projet porte la nécessité de repenser le travail, le temps de travail, le sécurisation de l'emploi tout au long de la vie :  c'est indispensable aujourd'hui pour pouvoir évoluer, s’adapter, élever ses connaissances et qualifications pour le plus grand bien du développement des entreprises et du pays, et dans une totale sécurité.

A travers la question du code du travail, c'est un véritable enjeu de société, pour nous comme pour les générations à venir qui est posé !

  Le  nouveau président de la République a annoncé son intention de régler le problème en ayant recours  aux ordonnances ! 

Les ordonnances, c'est ce qui autorise à dessaisir le Parlement de l'écriture précise de la loi au profit du seul gouvernement.

Rien de plus anti-démocratique. Et Il veut le faire pendant l'été.

Bonjour le coup de force !

Les élections législatives doivent donc  être l'acte premier de la mobilisation pour s'opposer à ce coup de force , et imposer un large débat public, projet contre projet . 

Le Président n'a pas en effet le pouvoir à lui seul de déclencher les ordonnances.

Le Parlement doit voter une loi d'habilitation des ordonnances.

Si le Président Macron et son premier ministre issu des républicains font de l'existence d'une majorité absolue, soumise et obéissante,  à l'assemblée un enjeu décisif pour eux, nous  savons  pourquoi maintenant !

D'où l'importance des élections législatives ; car si nous élisons  assez de députés qui le refuse, il n'y aura pas de recours aux ordonnances.

C'est pour cette raison que nous menons cette semaine d'action à la veille d'un scrutin qui sur ce sujet, comme sur beaucoup d'autres, sera décisif pour l'avenir du pays et des salariés .

C'est pour cette raison que nous voulons mettre cette question au cœur de notre campagne des élections législatives.

Les candidates et candidats que nous présentons ou soutenons ont été des acteurs et actrices résolus dans les mobilisations contre la loi El Khomri . Ils portent partout dans leur campagne l'exigence de nouveaux droits pour les salariés , et celle de faire reculer la main mise de la finance et des actionnaires sur les choix économiques et des entreprises . Ils seront présents dans chacune de leur circonscription dans les jours qui viennent pour donner de la résonance à cette semaine d'action.

Les salariés peuvent compter sur elles et eux pour refuser demain, à l'assemblée , le recours aux ordonnances.

Voter pour elles et eux ce dimanche 11 juin , c'est dire non à la casse du Code du Travail.

Et vous pouvez compter sur elles et eux, tout au long de la mandature pour défendre et faire progresser vos droits .

Les faits parlent d'eux mêmes :

Entre 2014 et 2016, Les députés communistes FDG ont déposé plus de 2 400 amendements à la loi Macron, puis El Khomri

Nuits et jours, pied-à-pied, ils n'ont rien lâché !  Ils ont travaillé avec les syndicats, avec « Nuit Debout », et tous les parlementaires opposés à cette loi : ils ont été nos porte-voix ….

Ils continueront à l'être au sein de l'Hémicycle !

En appui sur les députés communistes et Front de Gauche , nous poursuivrons ce combat tout au long de l'été, à la rentrée de septembre, à  la Fête de l'Humanité qui résonnera de cette mobilisation et de cette exigence, et dans les semaines qui suivront !

Mr Macron veut  passer en force pour casser le droit du travail, il  nous trouvera face à lui, il  trouvera sur sa  route  des députés qui exigeront l'abrogation de la loi El Khomri ; qui   engageront  un grand dialogue politique et citoyen pour de nouveaux droits au travail, pour construire  une grande loi de démocratisation sociale, qui mettra en son cœur de nouveaux droits sociaux et de droits d'intervention dans la gestion des entreprises !

Voilà ce qui manque tant  dans notre République !

Voilà l'enjeu des élections législatives des 11 et 18 juin !

 

Ismaël Dupont, candidat PCF-Front de Gauche aux élections législatives: "L'humain au coeur"

Ordonnances Macron pour créer à un droit du travail particulier à chaque entreprise: résistons à ce grand bond en arrière social et démocratique en élisant un maximum de députés PCF et Front de Gauche et en nous mobilisant dès l'été, dans la rue, les entreprises! - par Ismaël Dupont
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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 19:54
Hommage à Jorge Semprun, disparu le 7 juin 2011

Jorge Semprun, disparu le 7 juin 2011 (lu sur l'excellente page facebook de Robert Clément)


Jorge Semprun était l’un des intellectuels emblématiques de son temps. Sa vie, ses convictions, son engagement ont rayonné en France, en Espagne et en Europe.
Jorge Semprun meurt le 7 juin 2011. En un éclair, l’histoire du siècle dernier a resurgi. La machine à remonter le temps s’accélère tant la figure de cet homme au parcours incroyable – exilé à douze ans, résistant à dix-sept ans, déporté à Buchenwald, militant et dirigeant communiste clandestin dans l’Espagne franquiste, écrivain prolixe, ministre de la Culture sous le gouvernement de Gonzalez – restera à jamais scellée aux tourmentes dramatiques du XXe siècle.
Buchenwald, matricule 44904. 
Tout commence avec la guerre d’Espagne. En 1936, le coup d’État franquiste contraint sa famille à l’exil. Jorge Semprun s’installe à Paris où il s’inscrit au lycée Henri-IV. En 1942, il entre en résistance contre l’occupant nazi au sein de la MOI (Main-d’œuvre immigrée). Arrêté, torturé, il est déporté le 29 janvier 1944 à Buchenwald. Il sera le matricule 44904 et portera, agrafé à son pyjama, le triangle rouge des prisonniers communistes. Ce n’est qu’en 1992, lorsqu’il retourne pour la première fois sur les lieux, qu’il comprend qu’il ne doit sa survie qu’à la supercherie d’un prisonnier allemand qui écrira « stukateur » sur sa fiche en lieu et place de « student ». Maçon plutôt qu’étudiant. Le 11 avril 1945, après « ces deux ans d’éternité glaciale, d’intolérable mort » (dans l’Écriture ou la vie), il revient à la vie, survivant parmi les autres survivants. Retour à Paris. Il se lance dans l’écriture, fréquente assidûment les milieux intellectuels de Saint-Germain, mais rien ne vient. « Il me faudrait plusieurs vies pour raconter toute cette mort », écrit-il. La mort le hante. Il veut vivre. Alors il lâche tout, ses amitiés, son confort, ses angoisses, ses tentatives d’écriture, et il retourne en Espagne où il devient clandestin. Il aura plusieurs identités, plusieurs adresses, et un seul objectif : coordonner la résistance anti - franquiste de l’intérieur quand la plupart de ses camarades sont morts, prisonniers ou en exil. En 1952, Federico Sanchez, pseudonyme qui a donné le titre d’un de ses ouvrages, devient permanent du PCE. Élu au comité central en 1954, il se voit confier des missions auprès de Dolorès Ibarruri, alors exilée à Moscou, puis aux côtés de Santiago Carrillo, en France. Lorsque ce dernier est élu secrétaire général du PCE en 1962, il s’empresse d’ôter toutes ses responsabilités à Semprun jusqu’à l’exclure, en 1964. La rupture est violente, totale. Semprun dénonce les dérives staliniennes de la direction en exil. La sanction sera sans appel.
Semprun revient à l’écriture. Vingt ans ont passé depuis ce 11 avril 1945 où il franchissait la grille de Buchenwald. En 1963, paraît le Grand voyage, où il évoque le compartiment à bestiaux qui le conduit avec plus de cent compagnons au camp. En 1969, il publie la Deuxième Mort de Ramon Mercader, qui obtiendra le prix Femina. Dès lors, il ne cessera d’écrire. Parmi ses très nombreux ouvrages, citons Autobiographie de Federico Sanchez (1977), Quel Beau Dimanche ! (1980) et, bien sûr, l’Écriture ou la vie (1994). Écriture mémorielle et documentaire dont on suit le cheminement, les allers-retours dans le temps, dans l’histoire pour retrouver des sensations, des images, des odeurs, des couleurs. Une œuvre majeure qui fait écho à celle de son alter ego Primo Lévi. Un livre rendu possible par son retour à Buchenwald en 1992, quarante-sept ans après sa libération. Il n’a jamais cessé d’y retourner. En avril 2010, il avait l’intuition qu’il ne reverrait probablement plus cette colline de l’Ettersberg qui dominait le camp. « Comment dire le souvenir de l’odeur de la chair brûlée ? Comment en parler ? Comparer ? L’obscénité de la comparaison ? J’ai à vif dans ma tête l’odeur la plus importante d’un camp de concentration. Et je ne peux pas l’expliquer. Et cette odeur s’évaporera avec moi comme elle s’est déjà évaporée avec d’autres », confie-t-il cette année-là.
Un combattant inlassable de la liberté
À sa mort, tous les amoureux de la liberté se sentent orphelins. On se souviendra de sa belle silhouette, de son sourire ravageur, de son regard perçant et chaleureux, et de cet accent unique qui faisait résonner un français au phrasé élégant et érudit. Sa droiture, sa noblesse, son combat pour l’humanité et la liberté sont indissociables de l’homme. Européen convaincu, il pensait que l’Europe se construirait sur les ruines de Buchenwald. Pour que l’horreur ne se répète pas. Lui qui aimait le cinéma (il a écrit plusieurs scénarios pour Costa-Gavras, Yves Boisset, Joseph Losey ou encore Alain Resnais) avait témoigné, dans le documentaire de José Luis Penafuerte, les Chemins de la mémoire. On le voit aux côtés de Marcos Ana, poète, grande figure de la résistance communiste au franquisme. Dos à la caméra, ils observent les pelleteuses détruisant l’emblématique prison madrilène de Carabanchel. Des gravats jetés rageusement sur la mémoire et l’histoire de ce pays. Dans ce Madrid qu’il aimait tant, dans ces villes d’Europe qu’il a arpentées, Athènes, Lisbonne, Istanbul, des jeunes gens ont, en 2011, redressé la tête.

Jorge Semprun

Jorge Semprun

Jorge Semprun: une personnalité d'exception et un grand écrivain dans le tumulte du XXe siècle

 

Et cet hommage, que j'avais rédigé il y a quelques mois, le 8 décembre 2016:

"Jorge Semprun, une personnalité d'exception et un grand écrivain dans le tumulte du XXe siècle" (Ismaël Dupont) 

" Mémorialistes et chroniqueurs n'ont pas coutume d'entremêler tendresses, confidences et débâcles du corps à l'évocation de leurs hauts faits. Les romanciers, eux, c'est leur travail, depuis Fabrice à Waterloo. Semprun croise les rubriques et donne une dimension romanesque à l'évènement réel. Il privatise l'Histoire tout en historicisant sa vie. La mémoire, on le sait, est un drôle de réfrigérateur: elle fait fondre les grandes lignes et conserve les détails au frais... Avec sa mosaïque en pointillé, Semprun annexe l'histoire à la mémoire".

Quelques lignes très justes de Regis Debray en avant-propos d'Exercices de survie, le dernier livre, publié à titre posthume, de Jorge Semprun, énorme romancier, grand intellectuel, dont le vécu aura épousé les tragédies, les espoirs et les désillusions du siècle: la guerre d'Espagne, la Résistance, Buchenwald et l'univers concentrationnaire nazi, le Communisme et son action clandestine en Espagne, le retour à la démocratie après le franquisme en Espagne.

Il faut lire et relire Jorge Semprun, le Marcel Proust de la mémoire douloureuse du XXe siècle et de Buchenwald, mêlant l'auto-fiction à l'exercice de remémoration et l'esthétique de l'existence à la méditation sur l'histoire. Un travail fascinant et obsessionnel sur les dédales de la mémoire et de l'oubli, la permanence et la beauté de l'instant, l'écriture et la vie, l'écriture ou la vie, la quasi impossibilité de traduire ce que fut l'expérience concentrationnaire, et qui fait qu'on s'arrête toujours au seuil.

Appartenant à une grande famille madrilène, petit fils par sa mère d'un chef de gouvernement, Antonio Maura, et neveu d'un ministre républicain modéré, fils d'un gouverneur civil de province devenu diplomate pendant la guerre d'Espagne et représentant de la République Espagnole à La Haye, Jorge Semprun arrive à Paris en 1939, à quinze ans. Son père est chrétien, proche des animateurs de la revue « Esprit ». Jorge Semprun est un élève ultra-brillant, qui maîtrise déjà très bien le français.

« Je l'avais connue en 1939 (Claude-Edmonde Magny, professeur de philosophie de dix ans son aînée qu'il retrouve pendant l'occupation et après la libération des camps), à l'occasion d'un congrès d'Esprit.Avant l'été, mais après la défaite de la République espagnole. C'était à Jouy-en-Josas, si je me souviens bien. Mon père avait été correspondant général du mouvement personnaliste de Mounier en Espagne. Il assistait à ce congrès, je l'avais accompagné. J'avais quinze ans, j'étais interne à Henri IV depuis la chute de Madrid aux mains des troupes de Franco ». (L'écriture ou la vie).

Semprun obtient le deuxième prix au Concours Général de Philosophie. Il fera une grande classe préparatoire à Paris en Lettres supérieures puis intégrera la Sorbonne pour y faire des études de philosophie où il se passionne pour Heidegger, Lévinas, Saint Augustin, Marx, Lukas, Wittgenstein, mais lit surtout beaucoup de littérature (Faulkner, Malraux, Giraudoux, Sartre) et de poésie (il fera des causeries sur Rimbaud organisées par l'appareil clandestin du camp à Buchenwald, récite à haute voix des centaines de poèmes) . Il fréquente la « meilleure société » parisienne, la jeune bourgeoisie intellectuelle bohème, enchaînant les surprise-parties dans les quartiers de l'ouest parisien, mais sa maturité intellectuelle, son exigence morale et politique, le conduisent aussi à s'engager.

Il aide par exemple un résistant juif des FTP-MOI à se cacher en 1943 chez une amie organisant une fête chez elle après que celui-ci, de son pseudonyme Koba, surnom de Staline, ait tué dans sa chambre d'hôtel un officier allemand (avec la prostituée qui couchait avec lui).

Auparavant, le 11 novembre 1940, Semprun participe à la manifestation patriotique à Paris des lycéens et étudiants, véritable défi à l'occupant, organisée notamment par l'Union des Étudiants communistes et les Jeunesses communistes. Il adhère au Parti Communiste Espagnol en 1941 et côtoie une agent communiste du Komintern, autrichienne des FTP-MOI, qui le forme politiquement et parle avec lui de Heine, Bertold Brecht. Mais ses contacts avec l'organisation communiste de résistance se rompent et il s'engage finalement dans la résistance, au groupe « Jean-Marie Action », dépendant du réseau Buckmaster mis en place par les services secrets britanniques. Ce réseau dirigé par Henri Frager, un homme de droite nationaliste, opère en Bourgogne en réceptionnant les parachutages d'armes et en les répartissant en Côte-d'Or et dans l'Yonne mais en ayant consigne de ne pas livrer d'arme à la résistance communiste. Dans le cadre de ses opérations, il se force à tuer dans un bois de Semur-en-Auxois avec son compagnon de résistance Julien, un beau et romantique soldat allemand, qui descendu de sa moto pour pisser auprès de la rivière, chantait "La Paloma". Un des récits inouïs et si tristes de ces temps atroces.

Semprun est arrêté par la Gestapo à Joigny en septembre 1943, dénoncé par un traître de la hiérarchie du groupe de résistance, et il est torturé pendant plusieurs semaines à la prison d'Auxerre. Il raconte cette expérience fondatrice de la torture dans son dernier livre, labyrinthique comme ses précédents, inachevé et posthume, « Exercices de survie », publié en 2012, alors que Semprun meurt en 2011 à l'âge de 88 ans.

Il est envoyé en déportation à Buchenwald depuis le camp de transit de Compiègne : quatre jours et trois nuits de voyage dans un wagon de marchandise cadenassé sans air et sans eau, avec cent vingt déportés à l'intérieur, expérience qu'il racontera, avec la libération du camp de Buchenwald, dans le « Grand Voyage » (1963), son premier écrit publié, son premier récit, à dimension philosophique, éthique et esthétique, sur l'expérience concentrationnaire. Il y raconte avec maestria presque les mêmes scènes, celles de sa vie, que dans « L'écriture ou la vie », que dans « L'écriture ou la vie » (1994) ou dans « Exercices de style » (2011), mais avec dans ces derniers cas des interprétations, des éclairages, des interpositions fictionnelles nouvelles.

A Buchenwald, quelques jours après la Libération du camp le 11 avril 1945, Jorge Semprun fait visiter le camp à des volontaires françaises candides de la « Mission France »:

« Les deux automobiles se sont arrêtées devant nous et il est descendu ces filles invraisemblables. C'était le 13 avril, le surlendemain de la fin des camps. Le bois de hêtres bruissait dans le souffle du printemps. Les Américains nous avaient désarmés, c'était la première chose dont ils s'étaient occupés, il faut dire. Ces quelques centaines de squelettes en armes, des Russes et des Allemands, des Espagnols et des Français, des Tchèques et des Polonais, sur les routes autour de Weimar, on aurait dit qu'ils en avaient une sainte frousse. Mais nous occupions quand même les casernes S.S., les dépôts de la division « Totenkopf » dont il fallait faire l'inventaire. Devant chacun des bâtiments il y avait un piquet de garde, sans armes. J'étais devant le bâtiment des officiers S.S. et les copains fumaient et chantaient. Nous n'avions plus d'armes, mais nous vivions encore sur la lancée de cette allégresse de l'avant-veille, quand nous marchions vers Weimar, en tiraillant sur les groupes de S.S. isolés dans le bois. J'étais devant le bâtiment des officiers S.S. et ces deux automobiles se sont arrêtées devant nous et il en est descendu ces filles invraisemblables. Elles avaient un uniforme bleu, bien coupé, avec un écusson qui disait « Mission France ». Elles avaient des cheveux, du rouge à lèvres, des bas de soie, des lèvres vivantes sous le rouge à lèvres, des visages vivants sous les cheveux, sous leurs vrais cheveux. Elles riaient, elles jacassaient, c'était une vraie partie de campagne. Les copains se sont tout à coup souvenus qu'ils étaient des hommes et ils se sont mis à tourner autour de ces filles. Elles minaudaient, elles jacassaient, elles étaient mûres pour une bonne paire de claques. Mais elles voulaient visiter le camp, ces petites, on leur avait dit que c'était horrible, absolument épouvantable. Elles voulaient connaître cette horreur. J'ai abusé de mon autorité pour laisser les copains sur place, devant le bâtiment des officiers S.S. et j'ai conduit les toutes belles vers l'entrée du camp.

La grande salle d'appel était déserte, sous le soleil du printemps, et je me suis arrêté, le cœur battant. Je ne l'avais jamais encore vue vide, il faut dire, je ne l'avais jamais vue réellement. Ce qu'on appelle voir, je ne l'avais pas encore vue vraiment. D'une des baraques, d'en face jaillissait doucement, dans le lointain, un air de musique lente joué sur un accordéon. Il y avait cet air d'accordéon, infiniment fragile, il y avait les grands arbres, au-delà des barbelés, il y avait le vent dans les hêtres, et le soleil d'avril au-dessus du vent et des hêtres. Je voyais le paysage qui avait été le décor de ma vie, deux ans durant, et je le voyais pour la première fois. Je le voyais de l'extérieur, comme si ce paysage qui avait été ma vie, jusqu'avant-hier, se trouvait de l'autre côté du miroir, à présent. Il n'y avait que cet air d'accordéon pour relier ma vie d'autrefois, ma vie de deux ans jusqu'avant-hier, à ma vie d'aujourd'hui. Cet air d'accordéon joué par un Russe dans cette baraque d'en face, car seul un Russe peut tirer d'un accordéon cette musique fragile et puissante, ce frémissement des bouleaux dans le vent et des blés sur la plaine sans fin. Cet air d'accordéon, c'était le lien à ma vie de ces deux dernières années, c'était comme un adieu à cette vie, comme un adieu à tous les copains qui étaient morts au cours de cette vie-là. Je me suis arrêté sur la grande place d'appel déserte et il y avait le vent dans les hêtres et le soleil d'avril au-dessus du vent et des hêtres. Il y avait aussi, à droite, le bâtiment trapu du crématoire. A gauche, il y avait le manège, où on exécutait les officiers, les commissaires et les communistes de l'Armée Rouge. Hier, 1é avril, j'avais visité le manège. C'était un manège comme n'importe quel manège, les officiers S.S. y venaient faire du cheval. Ces dames des officiers S.S. y venaient faire du cheval. Mais il y avait dans le bâtiment une salle de douche spéciale. On y introduisait l'officier soviétique, on lui donnait un morceau de savon et une serviette éponge, et l'officier soviétique attendait que l'eau jaillisse de la douche. Mais l'eau ne jaillissait pas. A travers une meurtrière dissimulée dans un coin, un S.S. envoyait une balle dans la tête de l'officier soviétique. Le S.S. était dans une pièce voisine, il vivait posément la tête de l'officier soviétique et il lui envoyait une balle dans la tête. On enlevait le cadavre, on ramassait le savon et la serviette éponge et on faisait couler l'eau de la douche, pour effacer les traces de sang. Quand vous aurez compris ce simulacre de la douche et du morceau de savon, vous comprendrez la mentalité S.S.

Mais ça n'a aucun intérêt de comprendre les S.S., il suffit de les exterminer.

J'étais debout sur la grande place d'appel déserte, c'était le mois d'avril, et je n'avais plus du tout envie que ces filles aux bas de soie bien tirés, aux jupes bleues bien plaqués sur des croupes appétissantes, viennent visiter mon camp... » (Le grand voyage, 1963)

Semprun finira par montrer l'empilement des cadavres sur la place derrière les baraques. On les entreposait là depuis que les fours crématoires s'étaient arrêtés de fonctionner, quelques jours avant que la majorité des bourreaux nazis ne quittent le camp devant la pression de l'avance alliée. Semprun raconte les survivants qui meurent d'avoir trop mangé avec leur organisme affaibli une fois le camp libéré par les Alliés. Il donne la main ainsi à un ancien de la guerre d'Espagne et du plateau des Glières, Morales, qui meurt "d'une dysentrie foudroyante provoquée par une nourriture redevenue trop riche" après avoir survécu à Auschwitz et à des mois de camp de concentration.

Les fours crématoires, dont certains firent des jeux de mot douteux, par où partirent en fumée beaucoup d'amis de Semprun, dans le professeur Maurice Halbwachs, à qui Semprun avant l'instant de basculement dans la mort récita les vers de Baudelaire :

« O mort, vieux capitaine, il est temps, levons l'ancre »

 

« Étrange odeur », a écrit Léon Blum.

Déporté en avril 1943, avec Georges Mandel, Blum a vécu deux ans à Buchenwald. Mais il était enfermé en dehors de l'enceinte proprement dite du camp : au-delà de la barrière de barberés électrifiés, dans une villa du quartier des officiers S.S. Il n'en sortait jamais, personne n'y pénétrait que les soldats de garde. (…) C'est la rigueur de cette clôture qui explique son ignorance. Léon Blum ne savait même pas où il se trouvait, dans quelle région de l4allemagne il avait été déporté. Il a vécu deux ans dans une villa du quartier des casernes S.S. de Buchenwald en ignorant tout de l'existence du camp de concentration, si proche pourtant. « Le premier indice que nous en avons surpris, a t-il écrit au retour, est l'étrange odeur qui nous parvenait souvent le soir, par les fenêtres ouvertes, et qui nous obsédait la nuit tout entière quand le vent continuait à souffler dans la même direction : c'était l'odeur des fours crématoires. (…). Étrange odeur, en vérité, obsédante. »

- « Le crématoire s'est arrêté hier, leur dis-je. Plus jamais de fumée dans le paysage. Les oiseaux vont peut-être revenir !

Ils font la grimace, vaguement écœurés.

Mais ils ne peuvent pas vraiment comprendre. Ils ont saisi le sens des mots, probablement. Fumée : on sait ce que c'est, on croit savoir. Dans toutes les mémoires d'homme, il y a des cheminées qui fument. Rurales à l'occasion, domestiques, fumées des lieux-lares.

Cette fumée-ci, pourtant, ils ne savent pas. Et ils ne sauront jamais vraiment. Ni ceux-ci, ce jour-là. Ni tous les autres, depuis. Ils ne peuvent pas imaginer, quelles que soient leurs bonnes intentions.

Fumée toujours présente, en panaches, ou volutes, sur la cheminée trapue du crématoire de Buchenwald, aux abords de la baraque administrative du service du travail, l'Arbeitsstatistik, où j'avais travaillé cette dernière année.

Il me suffisait d'un peu pencher la tête, sans quitter mon poste de travail au fichier central, de regarder par l'une des fenêtres donnant sur la forêt. Le crématoire était là, massif, entouré d'une haute palissade, couronné de fumée.

Ou bien de flammes, la nuit.

Lorsque les escadrilles alliées s'avançaient vers le cœur de l'Allemagne pour des bombardements nocturnes, le commandement S.S demandait qu'on éteignît le four crématoire. Les flammes, en effet, dépassant de la cheminée, étaient un point de repère idéal pour les pilotes anglo-américains.

Krematorium, ausmachen ! Criait alors une voix brève, impatientée, dans le circuit des haut-parleurs.

« Crématoire, éteignez ! »

Nous dormions, la voix sourde de l'officier S.S. de service à la tour de contrôle nous réveillait. Ou plutôt elle faisait d'abord partie de notre sommeil, elle résonnait dans nos rêves, avant de nous réveiller. A Buchenwald, lors des courtes nuits où nos corps et nos âmes s'acharnaient à reprendre vie – obscurément, avec une espérance tenace et charnelle que démentait la raison, sitôt le jour revenu – ces deux mots, Krematorium, ausmachen ! qui éclataient longuement dans nos rêves, les remplissant d'échos, nous ramenaient aussitôt à la réalité de la mort. Nous arrachaient au rêve de la vie.

(…)

« S'en aller par la cheminée, partir en fumée » étaient des locutions habituelles dans le sabir de Buchenwald. Dans le sabir de tous les camps, les témoignages n'en manquent pas. On les employait sur tous les modes, tous les tons, y compris celui du sarcasme. Surtout, même entre nous, du moins. Les S.S et les contremaîtres civils, les Meister , les employaient toujours sur le ton de la menace ou de la prédiction funeste

Jorge Semprun, L'écriture ou la vie (1994)

  1. c'était aussi non loin des bourreaux Weimar, ses bois et ses douces collines, la maison de Goethe à deux pas de l'enfer et du mal radical, un lieu de sociabilité inouï dans les latrines où s'organisait la résistance du camp, les trafics, où l'on fumait à l'aise, un bordel et un groupe de jazz clandestin, le cinéma où les Allemands organisaient quelques projections à destination des déportés à base de films romantiques, une bibliothèque tenue par un communiste allemand sourcilleux sur le retour des livres, même après la libération du camp, où l'on trouve les livres de philosophie idéaliste allemande de Schelling et de Fichte. Ce sont les hauts-parleurs du camp d'où sort une chanson de Charles Trenet.

« Il s'appelait donc Widerman, le jeune déporté français tellement doué, qui bouleversait ses camarades en leur chantant les succès de Charles Trenet.

Ménilmontant, mais oui, madame…

Un dimanche parmi les derniers dimanches de cet hiver-là, le dernier hiver, le plus rude hiver de toutes ces années-là, nous avons entendu la voix du jeune Français sur le circuit des haut-parleurs du camp. Sans doute, l'un des Lagerältester, des doyens de Buchenwald – poste le plus élevé dans la hiérarchie de l'administration interne des déportés – ou quelque vétéran communiste allemand, peut-être le kapo de l'Arbeit, Willi Seifert – il en était bien capable ! - avait dû convaincre l'officier SS, le Rapportführer ,de laisser chanter Widerman, puisque tel était son nom.

Ce serait bon pour le moral des français, avait-il dû lui dire, d'entendre chanter dans leur langue, ça les changerait des sempiternelles chansonnettes allemandes de Zarh Leander ! Or ce qui était bon pour le moral était bon pour la productivité des déportés. (…) C'est probablement avec des arguments ou arguties de cette sorte, aussi spécieux, que le Lagerältester – peut-être Hans Eiden – avait réussi à persuader le Rapportführer de laisser Widerman chanter Ménilmontant sur le circuit des haut-parleurs. En tout cas, un dimanche, vers midi, alors que les déportés, par milliers, au garde-à-vous, se tenaient sur la place d'appel, soudain, l'un des derniers dimanches de ce terrible hiver, la voix du jeune Widerman avait éclaté : Ménilmontant, moi oui madame…

Une sorte de frémissement à peine perceptible, de halètement, de lourd sanglot de bonheur, a parcouru la foule des déportés. La plupart ne comprenaient pas la langue, certes : le sens exact des paroles leur échappait probablement. Mais c'était une chanson française : au rythme vif, entraînant, ça suffisait.

Aussi, soudain, pour ces milliers d'Européens, de toute origine – des russes, des polonais, des Tchèques, des Hongrois, des Espagnols, des Néérlandais, tous les Européens étaient là, en somme, il ne manquait que les Anglais, bien sûr, pour cause de liberté insulaire -, pour ces milliers de déportés, dans leur immense majorité combattant des maquis et des mouvements de résistance, la chanson de Trenet a soudain symbolisé la liberté : son passé de joie et de combats, son proche avenir victorieux ». (Jorge Semprun, Exercices de survie, 2012)

Plus qu'aucun autre, Semprun fait ressortir les éléments de sur-réalité ou d'irréalité d'un camp nazi. Peut-être à l'excès, comme quand il déclame des dizaines de poèmes à haute voix sur la place du camp ou à ses abords avec le lieutenant américain Rosenfeld, qui l'interroge sur le fonctionnement des S.S et l'administration du camp, car Semprun était affecté, grâce aux réseaux internationaux de la résistance communiste du camp, au bureau des entrées et sorties, ce qui lui permettait d'affecter par des inversions d'identité à des "bonnes places" des camarades prenant l'identité de prisonniers venant de mourir.

Semprun raconte aussi dans "L'écriture ou la vie" son difficile retour à la vie, à l'amour, sa volonté d'écrire et de faire oeuvre de ce vécu inouï et terrible, puis sa volonté d'oublier qui l'amènera à mettre presque quinze ans avant de commencer à raconter, la part de doute, de réinvention, de recomposition mémorielle dans la restitution de ce qui fut.

Ses récits pleins de paradoxe, où la beauté côtoie l'horreur, et la poésie la brutalité, sont composés par des détours, des retours successifs, des sauts temporels, des cercles concentriques autour de l'événement, entre l'association d'idées, le libre jeu de la mémoire et l'art du conteur qui suggère en omettant et dissimule en disant.

De 1945 à 1953, Semprun devient traducteur pour l'Unesco.

A partir de 1953, il coordonne les activités clandestines de résistance au régime de Franco au nom du Comité Central du Parti Communiste Espagnol en exil puis il entre au Comité Central et au bureau politique. De 1957 à 1962, il anime le travail clandestin du Parti Communiste dans l'Espagne de Franco sous le pseudonyme de Frederico Sanchez. En 1963, il publie "Le grand voyage". L'année suivante, il est écarté de la direction puis exclu du Parti Communiste par Santiago Carrillo en raison de divergences sur la ligne du parti. Il se consacre alors tout entier à son travail d'écrivain et de scénariste et en 1969, il reçoit le prix Fémina pour "La deuxième mort de Ramon Mercader" (l'assassin de Trotski), un livre d'espionnage à miroirs et à tiroirs où Semprun évoque aussi de manière détournée son rapport au communisme et son expérience de la vie clandestine. Dans "Exercices de survie", Semprun revient sur cette expérience de dirigeant clandestin du Parti Communiste espagnol avec un certain scepticisme, un jugement contrasté sur la portée effective des combats communistes et leur avenir. Son éloignement du communisme n'est pas non plus un reniement des idéaux humains, démocratiques du communisme et de la qualité de l'engagement des militants européens. Semprun restera attaché à un idéal démocratique de gauche jusqu'au terme de sa vie même s'il percevra le communisme comme un échec global et sans doute définitif. Après s'être rapproché du PSOE et de Felipe Gonzalez, il devient ministre de la culture du gouvernement espagnol de 1988 à 1991.

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