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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 08:12
Sortie du livre sur 37 ans de combat syndical dans le milieu de l'audiovisuel de Jean-François Téaldi, ancien rédacteur en chef de France 3 Côtes d'Azur et dirigeant national du PCF
Sortie du livre sur 37 ans de combat syndical dans le milieu de l'audiovisuel de Jean-François Téaldi, ancien rédacteur en chef de France 3 Côtes d'Azur et dirigeant national du PCF

Sortie du livre de l'ami Jean François Tealdi, ancien rédacteur en chef de France 3 Côte d'Azur,

syndicaliste de longue date, toujours engagé...

En vente à la Fnac :

 

 

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 08:05
L'Arabie Saoudite dans les sables du Proche-Orient: entre guerre du Yemen et guerre de succession - par Alain Gresh  (Orient XXI, 5 janvier 2016)

Deux ans après son accession au trône, le roi Salman est confronté à de nombreux défis. L’intervention au Yémen s’enlise et l’Arabie saoudite subit des revers en Syrie, en Irak et au Liban. Et tandis que les réformes économiques engagées suscitent de nombreuses critiques, les questions sur sa succession restent sans réponse.

Si un point fait consensus parmi les diplomates en poste à Riyad, c’est que la direction saoudienne analyse la situation régionale à travers la grille de « la menace iranienne ». « Ils voient la main de Téhéran partout et prennent au premier degré les déclarations que l’on peut lire dans la presse iranienne, fanfaronnant que l’Iran contrôle désormais quatre capitales arabes — Bagdad, Sanaa, Beyrouth et Damas », explique l’un d’eux sous couvert d’anonymat. « Ils sont obsédés par l’Iran, renchérit un autre. Ils finissent par oublier que c’est leur voisin, que quelle que soit l’appréciation qu’on porte sur sa politique, ce pays ne va pas disparaître brusquement. » Tous voient dans cette obsession la raison première de l’intervention saoudienne au Yémen.

« Nous n’avions pas le choix, c’était une obligation. » Cette affirmation d’un diplomate saoudien est partagée par la plupart des responsables rencontrés à Riyad. « Le Yémen, poursuit-il, est pour nous un problème intérieur : nous avons besoin d’un régime ami et stable à nos frontières. C’est une question de sécurité nationale. » Et de rappeler que le Yémen est aussi peuplé que l’Arabie saoudite.

UNE OPÉRATION « TEMPÊTE » TOUT SAUF « DÉCISIVE »

Succédant au roi Abdallah ben Abdelaziz Al-Saoud, Salman venait de monter sur le trône le 23 janvier 2015 et, renonçant à une politique étrangère prudente, voire conservatrice, il voulait montrer que le royaume était prêt à défendre ses intérêts vitaux. Avec d’autant plus de détermination que les États-Unis ne semblaient plus un allié fiable, comme en témoignaient leur rapprochement avec Téhéran sur le dossier du nucléaire ou leur passivité en Syrie. En mars 2015 donc, Riyad, à la tête d’une coalition d’une dizaine de pays, est intervenue militairement, avec pour objectif de rétablir à Sanaa le gouvernement « légitime » chassé par les rebelles houthistes et leurs alliés, accusés d’être manipulés par Téhéran.

Pourtant l’opération « Tempête décisive » a été tout sauf décisive. Elle a mis en lumière les limites de la puissance militaire (et politique) saoudienne. Malgré le déploiement de dizaines de milliers de soldats à sa frontière, l’Arabie saoudite a dû évacuer une bande de territoire de 200 kilomètres de long sur 20 à 30 de large ; 7 000 personnes ont été contraintes de quitter leurs villages de peur des incursions des houthistes et ceux-ci continuent à tirer contre les villes du sud saoudien comme Jizan des missiles, certes peu efficaces, mais qui créent une insécurité permanente, entraînant parfois la fermeture des écoles ou des institutions de l’État. Si les autorités ne reconnaissent qu’une cinquantaine de soldats tués, ils seraient en réalité plus de 800, la plupart de ces morts étant « camouflées » sous la rubrique « accidents ». Enfin, les très graves « bavures » de l’aviation saoudienne — comme le bombardement en plein cœur de Sanaa d’une cérémonie funéraire le 9 octobre 2016, avec ses 140 morts — ont provoqué une forte émotion internationale et amené les États-Unis à suspendre la livraison par la société Raytheon de 16 000 munitions de précision à l’Arabie saoudite. Après avoir, durant des mois, nié leur utilisation, Riyad a annoncé officiellement le 19 décembre son renoncement à l’usage de bombes à fragmentation britanniques.

L’euphorie nationaliste qui avait soudé une partie importante de la population saoudienne s’est dissipée au fur et à mesure que l’on s’engageait dans une guerre sans fin, avec de nombreuses victimes civiles. « Nous sommes en train de détruire un pays très pauvre, regrette un jeune universitaire. Et cela nous affecte, même si nous n’avons aucune sympathie pour l’Iran. » Et il ajoute : « Nous commençons aussi à faire le lien entre les politiques d’austérité qui nous sont imposées et le coût de cette guerre. » Celui-ci est estimé selon les sources à 2, 3 voire 7 milliards de dollars par mois, alors même que l’effondrement des prix du pétrole a asséché les ressources de l’État.

Essayant de nuancer ce bilan, un officiel saoudien explique :« Nous nous sommes emparés de 80 % des missiles que contrôlaient les houthistes, et nous avons empêché que le sud du Yémen et l’ensemble du pays ne tombent entre leurs mains. »C’est une maigre consolation, très éloignée des objectifs fixés, notamment la reconquête de Sanaa. Riyad cherche donc à se dégager de ce bourbier. Or sortir de la guerre est, comme toujours, plus difficile que d’y entrer. Non seulement l’Arabie doit tenir compte de ses ennemis — fin novembre, la presse saoudienne mettait en exergue des déclarations du chef d’état-major iranien évoquant la création de bases navales en Syrie et au Yémen —, mais ses alliés développent souvent leur propre stratégie. Ainsi, les Émirats arabes unis, très actifs au Yémen avec des centaines de soldats sur le terrain se méfient d’Al-Islah, la branche yéménite des Frères musulmans, pourtant alliée au président « légitime » Abd Rabbo Mansour Hadi soutenu par les Saoudiens. Et ce dernier refuse d’être sacrifié dans le cadre d’un accord qui se négocie avec la médiation du secrétaire d’État américain John Kerry et dans lequel Riyad semble mettre tous ses espoirs pour se sortir de ce que ses adversaires appellent, de manière très exagérée, un « Vietnam saoudien ».

INSTABILITÉ ET DIVISIONS RÉGIONALES

L’intervention au Yémen n’était, pour le nouveau roi Salman, que la première étape du retour de son pays sur la scène régionale. Pour la première fois depuis 1973 et l’embargo imposé aux exportations de pétrole durant la guerre israélo-arabe d’octobre 1973, il se dégageait de la tutelle américaine. Il tentait de freiner la normalisation entre l’Iran et le reste du monde. L’exécution par Riyad du leader saoudien chiite Nimr Baqer Al-Nimr le 2 janvier 2016, suivie de l’attaque en représailles contre l’ambassade saoudienne à Téhéran ont débouché sur la rupture des relations diplomatiques avec l’Iran. Plusieurs pays du Golfe ont suivi l’Arabie. « Désormais, explique un diplomate occidental,la machine est bien huilée : chaque incident entre le royaume et l’Iran débouche sur une condamnation de Téhéran par le Conseil de coopération des États du Golfe (CCG), puis par la Ligue arabe et enfin par l’Organisation de la coopération islamique (OCI). »Mais il suffit de jeter un coup d’œil sur la situation régionale pour mesurer les limites de cette offensive saoudienne.

En Syrie, la conquête d’Alep en décembre 2016 par l’armée syrienne, avec l’aide de l’aviation russe, des conseillers iraniens et des milices chiites libanaises et irakiennes conforte le pouvoir de Bachar Al-Assad que Riyad cherche à renverser. En Irak, les tentatives de renouer avec le gouvernement formé en août 2014 par Haïdar Al-Abadi ont tourné court. Le nouvel ambassadeur saoudien Thamer Al-Sabhan, nommé en décembre 2015 après une rupture qui remontait à la guerre du Golfe (1990-1991), a multiplié les dénonciations du rôle des milices chiites (hashd chaabi) en Irak, coupables d’aggraver les tensions avec les sunnites, ce qui a amené Bagdad à demander le 28 août 2016 le départ de l’ambassadeur. « Mais, se rassure un diplomate saoudien, les relations avec l’Irak demeurent, même si nous voulons que le gouvernement soit plus inclusif. Daesh est né de la politique de non-inclusion, de l’ostracisme à l’égard des sunnites. Le départ de Nouri Al-Maliki — l’ancien premier ministre ayant mené une politique confessionnelle favorable aux chiites — était nécessaire, toutefois son influence demeure. »

Au Liban, après avoir gelé le don de 3 milliards de dollars pour l’achat d’armes (françaises) pour punir Beyrouth de ne pas avoir signé une déclaration de la Ligue arabe dénonçant le Hezbollah comme organisation « terroriste », après avoir coupé les vivres à leur allié Saad Hariri, dont il faut reconnaître qu’il ne fut pas un investissement très profitable pour Riyad, les Saoudiens se sont retirés de la scène. Lorsque le général Michel Aoun, allié du Hezbollah, a été élu président le 31 octobre 2016, on a vu débarquer à Beyrouth successivement le ministre iranien des affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et l’envoyé spécial de Bachar Al-Assad, Mansour Azzam, pour le féliciter, alors que l’ambassadeur saoudien avait déserté Beyrouth depuis deux mois. Il a fallu attendre le 21 novembre pour que le prince Khaled Al-Fayçal Al-Saoud, gouverneur de La Mecque, rencontre enfin le président Aoun.

TENSIONS PERSISTANTES AVEC L’ÉGYPTE

Sur le fronton du ministère saoudien des affaires étrangères, on peut lire ce verset du Coran :

Ô vous les humains ! Nous vous avons créés d’un homme et d’une femme et Nous avons fait de vous des peuples et des tribus pour que vous appreniez à vous connaître.

Une exhortation que les diplomates saoudiens ont bien du mal à traduire dans la réalité, même avec les pays sunnites. Il faut dire, à leur décharge, que jamais la situation régionale n’a été aussi instable, marquée par le retrait des États-Unis, par la puissance de groupes armés non étatiques et par des alliances fluctuantes où l’ennemi d’hier devient l’allié d’aujourd’hui. Au bord de l’affrontement il y a trois ans, le Qatar et l’Arabie saoudite se sont rapprochés ; parallèlement les relations entre Riyad et Le Caire n’ont pas cessé de se dégrader ces derniers mois. Les Émirats arabes unis ont échoué dans leurs tentatives de médiation entre les deux pays. Le séjour en Éthiopie au mois de décembre d’un conseiller du roi Salman — suivi par celle du ministère des affaires étrangères du Qatar —, sa visite au barrage Renaissance sur le haut Nil, peuvent être considérés comme un message : l’Égypte considère en effet que cette construction porte atteinte à son approvisionnement en eau. Et pour couronner le tout, le CCGa condamné les déclarations égyptiennes accusant le Qatar de complicité dans l’attentat contre l’église copte du Caire du 11 décembre 2016. Comme le regrette le commentateur saoudien Khalid Al-Dakhil, « cette crise survient après trois ans d’échanges, de visites, d’aide. Cela signifie donc qu’il n’y avait pas de vrai accord sur les questions régionales. Pourtant une menace sur l’un des deux pays est une menace sur l’autre. L’effondrement de l’Égypte serait une menace majeure pour l’Arabie et réciproquement. »

La tentative de créer une grande coalition des pays musulmans sunnites contre le terrorisme, annoncée le 15 décembre 2015 dans la hâte — certains pays n’étaient même pas prévenus —, n’a pas été au-delà des effets d’annonce. Même le projet de transformer leCCG en une union plus solide et efficace se heurte non seulement au refus tranché d’Oman, mais aussi aux réticences des autres membres qui craignent l’hégémonie saoudienne. Le sommet duCCG qui s’est tenu au mois de décembre à Bahreïn en présence du roi Salman n’a abouti, de ce point de vue, à aucun résultat concret. Et s’il est encore trop tôt pour évaluer la signification du ralliement d’Oman à la coalition antiterroriste fin décembre dernier, il ne semble pas que cela marque un changement radical de la politique extérieure du sultanat.

Dans son face à face avec Téhéran, le roi Salman ne peut se targuer que d’un succès majeur : son rapprochement avec Ankara, engagé en 2015 et dont a témoigné la visite du président Recep Tayyip Erdogan en Arabie saoudite fin décembre 2015. La Turquie est un allié puissant, disposant de capacités économiques importantes et d’une armée qui peut peser dans les rapports de force face à l’Iran. Cependant, ces derniers mois, elle s’est rapprochée de la Russie avec laquelle elle avait frôlé la guerre en 2015 !

DIVISIONS DANS LA FAMILLE ROYALE

Ce bilan pour le moins contrasté a ravivé le débat au sein de la famille royale, comme en témoigne un étrange incident qui a fait beaucoup jaser à Riyad. Le quotidien saoudien Al-Watan a publié sur son site le 2 juin 2016 des propos attribués au prince héritier et ministre de l’intérieur, Mohammed Ben Nayef (connu sous ses initiales MBN) en marge d’une réunion des pays du Golfe à Jeddah. Ils ont été retirés quelques heures plus tard, sous prétexte que le site avait été piraté et que le journal n’avait jamais relayé de telles déclarations ! Personne n’a cru, bien sûr, à ces démentis.

Que disait le prince MBN ? Bien que nous ayons répondu à l’appel du pouvoir légitime au Yémen, expliquait-il en substance, l’opération Tempête décisive « s’est prolongée et a échappé à nos calculs, notamment en raison du refus des pays membres de la coalition d’accomplir leurs tâches », l’Égypte étant indirectement visée pour n’avoir pas envoyé des troupes au sol. « En Syrie,poursuivait-il, nous voulions un renversement du régime avec l’aide de la Turquie et des États-Unis », ce qui ne s’est pas produit. Il concluait : « nous devons revoir nos politiques et nos calculs » et sur ces deux dossiers faire « des concessions véritables et douloureuses » si nous ne voulons pas que le monde arabe sombre dans des conflits sans fin.

Dans un pays où les arrestations de « présumés terroristes » sont quotidiennes — le 30 octobre, on annonçait le démantèlement de cellules terroristes qui préparaient des attentats contre des officiels et des stades de football —, où désormais des primes sont offertes pour dénonciation de « terroristes », le prince héritier et ministre de l’intérieur est avant tout préoccupé par le combat contre les groupes transnationaux, du type Al-Qaida ou l’organisation de l’État islamique (OEI). Il privilégie un règlement politique des conflits régionaux, de peur que leur extension ne favorise de tels groupes.

Mais ce débat sur la stratégie cache aussi une lutte pour le pouvoir. L’arrivée du roi Salman sur le trône s’est traduite par l’ascension fulgurante de son fils âgé alors d’à peine 30 ans, Mohammed Ben Salman (MBS), nommé d’abord ministre de la défense puis propulsé vice-prince héritier, soit numéro 3 dans la ligne de succession. « L’ambition de Salman, notait ironiquement un responsable égyptien interrogé au Caire, est de créer une Arabie salmanienne pour remplacer l’Arabie saoudite » et donc de se débarrasser du prince héritier. Celui-ci a été marginalisé, la guerre du Yémen comme les importantes réformes économiques étant confiées à MBS, principal promoteur d’un ambitieux plan de développement nommé « Vision 2030 », lancé en avril 2016 et censé réformer l’économie selon des préceptes que n’aurait pas reniés Margaret Thatcher.

Or, ce plan adopté pour faire face à la chute des revenus pétroliers a provoqué d’importantes augmentations de prix — notamment de l’eau et de l’électricité —, la diminution du pouvoir d’achat des couches moyennes (par la réduction sans précédent des salaires et des primes des fonctionnaires, les premiers touchés étant les universitaires et les militaires, qui ont perdu jusqu’à 50 % de leurs revenus). L’économie a connu en 2016 sa première récession depuis 2009 et le déficit budgétaire a dépassé les 85 milliards de dollars. Il devrait être réduit à 53 milliards en 2017 selon le nouveau budget. La centralisation du pouvoir dans les mains du roi et de son fils rend aussi le processus de décision plus opaque, plus incertain, au grand dam des hommes d’affaires, déjà déstabilisés par les retards de paiement de l’État. Sans parler de l’instabilité gouvernementale marquée par la fusion de diverses administrations et une valse des ministres (quatre ministres de l’éducation en deux ans).

« MBN, le prince héritier, explique un diplomate européen, a eu l’intelligence de se tenir à l’écart à la fois de la guerre au Yémen et des réformes économiques, dont les résultats se font attendre. Il commence à recueillir les fruits de sa patience et il a fait son retour sur la scène politique et médiatique. » D’autant qu’il avait fait connaître ses réticences à l’égard de cette politique à travers des relais d’information denses qui irriguent la société saoudienne, mélange de relations familiales et tribales, mais aussi d’un usage intensif de Twitter — le royaume compte un taux de pénétration de 35 à 40 %, l’un des plus élevés du monde — et de WhatsApp (plus sécurisé), plus de 90 % de la population accédant à Internet à travers le téléphone mobile1. À Riyad, tous ceux qui s’y intéressent connaissent ces jeux de pouvoir, alors que, bien évidemment, rien ne transpire dans les médias.

Pour l’instant, le roi, malgré son âge avancé (plus de 80 ans), tient solidement les rênes du pouvoir. A-t-il toutefois encore les moyens d’imposer son fils comme successeur ? Beaucoup dépendra des suites de la réforme économique, des évolutions régionales, mais aussi de la nouvelle administration qui se mettra en place aux États-Unis le 21 janvier. Tout le monde attend à Riyad, avec un mélange de crainte et d’espoir, la prise de fonction de Donald Trump. Personne, dans les cercles du pouvoir, ne regrettera le président Barack Obama, accusé d’avoir abandonné à son sort Hosni Moubarak, d’avoir trop cédé aux Iraniens, d’avoir failli en Syrie. Et oubliant ses déclarations islamophobes et son penchant pour Israël, on veut espérer que Trump — avec les hommes qu’il a nommés pour conduire la politique des États-Unis — se placera résolument dans le camp hostile à la République islamique, le spectre qui hante la monarchie saoudienne.

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 08:02
Nurit Peled-Elhanan

Nurit Peled-Elhanan

Israël et sionisme: lumière sur une idéologie et sa propagande
Retours sur un échange passionnant avec Nurit Peled-Elhanan, enseignante-chercheuse israélienne, dont les travaux nous éclairent considérablement sur l'idéologie sioniste et sa propagande, ainsi que sur la politique raciste et dévastatrice d'Israël.

Peut-être connaissez-vous Nurit Peled-Elhanan? Il est bien dommage qu'elle ne soit pas davantage connue et reconnue en France.

Ses travaux sont traduits en de nombreuses langues, mais pas en français. Son livren'est disponible que sur Internet et acheminé via la Grande-Bretagne, on ne le trouve pas en France dans les sites classiques de distribution.

 

Je me suis entretenue avec elle hier matin par Skype, n'ayant malheureusement pas eu l'occasion de la rencontrer à Jérusalem durant mon récent séjour. Nurit est en effet israélienne et vit à Jérusalem Ouest. Elle est professeure de sciences du langage à l’université hébraïque de Jérusalem, et est également chercheuse et militante. 

Je ne vais pas vous parler ici de son passé, de son histoire ou de ses activités militantes, car ce n'est pas là-dessus que nous nous sommes entretenues. Par ailleurs, ce sont des éléments que vous pouvez trouver sur Internet.

Non, je souhaite plutôt vous parler de ses travaux, qui sont aussi passionnants qu'édifiants.
En effet, Nurit Peled-Elhanan a étudié en profondeur les manuels scolaires israéliens, et plus précisément les discours racistes dans la représentation des Arabes/Palestiniens dans lesdits livrets. Actuellement, Nurit travaille sur Israël en tant que « colon-colonisateur » et plus spéficiquement sur son système d’oppression sociale, culturelle, politique et religieuse des minorités (juifs arabes, éthiopiens, yéménites, etc).

Elle a décortiqué pendant des années les manuels scolaires, visité et fréquenté les écoles, parlé aux élèves, aux instituteurs, aux directeurs d’établissements, etc. Et son étude fait froid dans le dos !

Elle m'en a résumé quelques aspects fondamentaux, avant que je puisse la lire complètement.

Elle explique par exemple comment Israël pratique « l’éducation à l’holocauste ». « On apprend aux enfants israéliens que les Juifs sont sous la menace constante d’un holocauste imminent et que donc pour l’éviter, il faut imposer un holocauste aux autres. » Le but est d’en faire des soldats, des machines à tuer sans réfléchir et sans contester. Car le service militaire est obligatoire en Israël à partir de 18 ans, il est de 3 ans pour les garçons et 2 ans pour les filles. Et les hommes restent mobilisables jusqu'à 55 ans. « Tout cela est très agressif » ajoute Nurit. « C’est de l’endoctrinement et de l’empoisonnement mental qui commence dès 3 ans et se poursuit jusqu’à 18 ans. »

Depuis la publication de son livre, elle est bannie de toutes les conférences qui évoquent le sujet. Classique… Elle enseigne néanmoins toujours à l’Université hébraïque, où elle tente d’éveiller les consciences. Elle participe également à des conférences et séminaires sur les sciences du langage, l'écriture et le racisme dans l'éducation.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Nurit ne mâche pas ses mots, et qu’elle sait de quoi elle parle. Née en Israël, de parents israéliens déjà très critiques envers le sionisme et le gouvernement israélien, elle dévoile des réalités dont on ignore souvent tout en Europe !

« Je crois qu’Israël est le seul pays au monde qui fait venir les gens pour ensuite les discriminer ». Effectivement, dans sa politique démographique et sa logique d'occupation de la terre, Israël fait venir des juifs des quatre coins du monde, leur faisant miroiter toutes sortes de choses, les attirant avec de belles promesses. Au final, pour les minorités non-blanches, c’est la discrimination et l’oppression qui les attendent. « C’est un génocide culturel en cours depuis les années 50 » s’exclame Nurit.

Les éthiopiens, les marocains, les yéménites… Tous ceux qui ne sont pas blancs, pas européens, sont discriminés, agressés, sommés de changer de culture et de pratiques religieuses.

« Je crois que le pays le plus antisémite au monde, c’est Israël ! Parce que les Juifs sont persécutés pour leur façon de pratiquer le judaïsme. On ne peut pas pratiquer son judaïsme librement comme dans le reste du monde. Les Ethiopiens par exemple, quand ils arrivent on exige d’eux qu’ils se reconvertissent! Alors qu’ils sont juifs depuis des générations, on leur fait comprendre qu’ils ne sont pas juifs. Ils sont même parfois re-circoncis ! C’est horrible ce qu’ils subissent »

Nurit explique que le sionisme est une idéologie occidentale, blanche, laïque, qui se sert de la religion à des fins politiques.

Je commence à mieux comprendre pourquoi Israël est tant soutenu par les puissances occidentales. Car au bout du compte, il reproduit le même schéma de domination des minorités, le même schéma de colonisation et d’oppression sociale, culturelle et politique que ses « alliés ».  Le sionisme n'est rien d'autre qu'une idéologie blanche de domination, et la dernière "démocratie" coloniale du monde, à l'aube de 2017. Combien de gens pensent encore que l'Etat d'Israël a été créé en réponse à l'holocauste? Combien de gens sont persuadés que le sionisme date de 1945? Alors qu'il s'est développé bien avant la shoah et que les négocations pour la création d'un Etat juif avaient déjà débutées bien avant la guerre.

Quand on commence à changer de prisme, à s'extraire des discours dominants et des langues de bois, à écouter celles et ceux qui sont experts sur la question, à s'intéresser aux recherches et expériences des rares israélien-ne-s qui remettent tout cela en question, les masques tombent et la réalité devient beaucoup plus claire. Ce qu'on appelle aujourd'hui et depuis quelques années - à tort selon moi -  "le conflit israélo-palestinien" est en réalité tout sauf un conflit!

C'est une colonisation en bonne et due forme d'un pays par un groupe de gens venus d'Europe qui depuis presque 70 ans pillent les terres, tuent celles et ceux qui se placent en travers de leur route, refusent toute négociation de "paix" ou compromis, méprisent les lois et les droits humains les plus basiques, et ont construit leur État sur le sang, les ruines et sur une idéologie raciste. Non ce n'est pas un conflit et ça ne l'a jamais été.

D'ailleurs, peut-on parler de conflit ou de guerre quant l'une des deux parties a, à l'origine, été attaquée par surprise sans comprendre ni connaître les réelles motivations des attaquants? Les Palestiniens se sont retrouvés du jour au lendemain, au printemps 1948, au coeur d'une tempête qu'ils n'avaient pas vue venir, et qui ravageait tout sur son passage.

Concernant les Palestiniens justement, Nurit explique qu'ils n'existent pas dans la conscience collective israélienne. C'est à dire qu'ils n’existent pas en tant qu'êtres humains, en tant que peuple, en tant que culture. Ils ne sont mentionnés dans les manuels scolaires que sous forme de problèmes, problèmes qu’il faut éliminer d’une manière ou d’une autre. A aucun moment ils ne sont considérés comme des êtres humains.

La Nakba (1948) est présentée dans les manuels comme "une guerre" et les massacres qui en ont découlé sont considérés comme légitimes. Il fallait "gagner" cette terre, puis relier Tel Aviv à Jérusalem, en faisant le ménage au passage...

Dans le cadre de son étude, Nurit constate que la rhétorique dans les manuels scolaires est de pire en pire depuis les années 70. « Ils sont devenus des manifestes politiques et religieux, les faits ont disparu, ne reste que l’idéologie. »

Parallèlement à cela, Nurit pointe une jeunesse israélienne de plus en plus raciste.Bien sûr! Avec un gouvernement formé par des gens ouvertement racistes, cela ne peut que renforcer les discours et actes racistes sur le terrain. « On donne pratiquement aux gens un permis de tuer, même les enfants palestiniens. »

Lorsque je l'interroge sur la récente et assez inédite - de par la position des Etats-Unis - résolution de l'ONU, Nurit se montre très réservée. Elle considère que tant que les Etats-Unis donneront des milliards à Israël, rien de concret ne changera sur le terrain. D'ailleurs Israël n'existe et ne perdure que grâce aux financements extérieurs. Car concrètement, il est en train de sombrer. Nurit m'explique que l'économie s'écroule, le taux de chômage est très élevé, le taux de pauvreté ne cesse d'augmenter (1 enfant sur 3 a faim en Israël, même lorsque ses parents travaillent), le système de santé, le système politique... Tout part en vrille.

En fin de conversation, et puisque nous abordons la question des problèmes économiques d'Israël, je lui demande son opinion sur les gens qui font leur « aliyah » (migrer en « terre d’Israel ») et qui après quelques temps regrettent. Nurit me répond dans un soupir: « c’est bien fait pour eux, ils le méritent. Les français qui viennent ici par exemple, ils sont extrêmement racistes, ils viennent pour « tuer de l’arabe » parce qu’ils sont dans l’idée que les arabes les tuent (en France), ils ont choisi de ne pas voir la vérité sur Israël, et maintenant ça leur tombe dessus. Ils n’ont plus qu’à assumer... »

Non, Nurit Peled-Elhanan ne mâche pas ses mots, et elle sait de quoi elle parle.Ses travaux et ses analyses sont extraordinairement éclairants sur une idéologie dont on a encore du mal, en 2016, à remettre en question et à voir telle qu'elle est vraiment. Une machine de guerre qui broient les êtres humains aussi sûrement qu'elle écrase la paix.

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 07:56
"Chez nous" - FN. Déchaînement haineux contre le film de Lucas Belvaux sur les techniques opportunistes de conquête du pouvoir du Bloc Patriotique
FN. Déchaînement haineux contre le film de Lucas Belvaux
MARDI, 3 JANVIER, 2017
L'HUMANITÉ

Les principaux dirigeants du FN ont réagi à la diffusion de la bande-annonce du prochain film du cinéaste belge Lucas Belvaux.

C’est toujours au travers de ce type de polémique que le Front national montre son vrai visage. Ses principaux dirigeants ont en effet réagi à la diffusion de la bande-annonce du prochain film du cinéaste belge Lucas Belvaux. Chez nous, qui sortira en salles le 22 février, évoque le parcours d’une infirmière à domicile dans une petite ville du Nord, qui est approchée par des dirigeants d’un parti d’extrême droite, le Bloc patriotique. Celui-ci est dirigé par une femme, interprétée par Catherine Jacob. Alors que Florian Philippot a jugé « scandaleux » qu’un film sur l’extrême droite puisse sortir à deux mois de la présidentielle, Gilbert Collard n’a pas hésité à qualifier les producteurs du film d’« émules de Goebbels », quand Steeve Briois, le maire d’Hénin-Beaumont, remportait la palme de la grossièreté et de la misogynie en qualifiant la comédienne Catherine Jacob de « pot à tabac »… « Ce qui m’amuse dans (leur) réaction, c’est qu’ils me taxent de caricature, alors que mes personnages sont moins caricaturaux qu’eux. La brutalité de leurs discours m’a surpris », a réagi hier Lucas Belvaux.

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 07:52
Un million de pauvres en plus depuis dix ans en France: Arrêtez d'instrumentaliser la pauvreté: réglons-là!  (Pierre Duquesne, L'Humanité)
Arrêtez d’instrumentaliser la pauvreté, réglons-la !
JEUDI, 5 JANVIER, 2017
L'HUMANITÉ

Un million de pauvres en plus depuis dix ans. Face à ce constat dramatique, le milieu associatif a décidé d’entrer de plain-pied dans la campagne. 
 

«Les associations en ont assez d’être sages », a prévenu Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé-Pierre et porte-parole du Collectif des associations unies (CAU). Ce dernier, qui regroupe 14 000 structures qui luttent, sur le terrain, contre le mal-logement et le sans-abrisme, ne cache plus sa colère contre la montée inexorable de la pauvreté en France.

Avec le collectif Alerte, fédérant de son côté 38 grandes associations de lutte contre l’exclusion (Secours catholique, Aurore, Croix-Rouge française, Banques alimentaires…), ces associations ont décidé d’entrer de plain-pied dans la campagne de 2017. Quitte à organiser, s’il le faut, « des mobilisations citoyennes devant les QG ». Un site Internet va être lancé dans les prochains jours pour « dénoncer les contrevérités » et « l’instrumentalisation de la misère humaine à des fins politiciennes », explique Florent Gueguen, à la tête de la Fnars, fédérant 840 associations gérant des centres d’hébergement et de réinsertion.

Une « autre campagne », donc, avec un objectif : éviter que les 8,8 millions de personnes vivant avec moins de 60 % du revenu médian, soit un revenu inférieur à 1 063 euros, ne soient « exclues du débat politique, exclues des propositions et des priorités des principaux candidats à l’élection ». Lire la suite

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 07:24

Une très bonne nouvelle venue du Palais de justice de Nice. Pierre-Alain Mannoni a été relaxé. La Présidente a souhaité lire publiquement les motivations du jugement du tribunal correctionnel de Nice.

La magistrate a rappelé que "l'aide au séjour d'un étranger pour lui assurer des conditions dignes et décentes ou visant à préserver son intégrité physique n'est pas pénalement punissable'."

 

N’en déplaise à Monsieur Ciotti, député LR et président du Conseil Départemental des Alpes-Maritimes, qui cherche régulièrement à condamner la solidarité à la place de la justice. Non, monsieur, nous vivons dans un état de droit. Et dans un état de droit, c’est la non -assistance à une personne en danger qui est punissable.

La mobilisation pour soutenir tous les citoyens appelés à comparaître doit continuer à grandir, des procès sont prévus jusqu’au 24 avril et aucun des citoyens ne doit être condamné.

Il est très difficile de comprendre l’incroyable arsenal de la police, des gendarmes, de l’armée, des chasseurs alpins et même de la légion étrangère déployé pour soi-disant rendre une frontière hermétique. L’intimidation policière n’empêchera pas la solidarité de grandir.

Aujourd’hui, c’est une belle victoire de la solidarité, de la fraternité, du droit sur la haine de certains responsables politiques de droite et d’extrême-droite.

 

Cécile Dumas, Secrétaire départementale du PCF 06

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 07:00
Quand "l'Emission politique" de France 2 vous dégoûte de la politique - par Gérard Le Puill, L'Humanité - vendredi 6 janvier
Quand l’émission politique vous dégoûte de la politique
VENDREDI, 6 JANVIER, 2017
HUMANITE.FR

Manuel Valls était hier soir l’invité de « l’Emission politique » de France 2. Il fallait s’intéresser à la manière dont fonctionne cette émission en fonction de la personnalité de ses invités. Car le contenu des échanges entre l’ancien Premier ministre de François Hollande, les journalistes de la chaîne publique, les trois citoyens invités à questionner le candidat de la primaire, sans oublier  « l’invité surprise » en la personne de Thierry Solère, député Les Républicains des Hauts-de-Seine, en disait long sur la conception même de ce type d’émission.

L’émission fut d’abord une mise en exergue des déclarations contradictoires d’un Manuel Valls en fonction du public auquel il s’adresse et le moment où il s’adresse à ce public, entre l’homme qui voulait changer le nom du Parti socialiste pour faire alliance avec tout ou partie de la droite et celui qui redevient socialiste devant le passage par le vote des militants et sympathisants de ce parti pour pouvoir être désigné candidat à l’élection présidentielle. Réentendre aussi ses arguments sur l’utilisation du 49-3 pour faire passer deux textes de loi comme Premier ministre ne manquait pas de saveur quand le candidat Valls dit vouloir en finir avec cet article… sauf pour les débats  budgétaires.

Face aux candidats de la droite lors de la même émission, François Langlet, journaliste économique de France 2, optait volontiers pour une posture de journaliste de gauche en posant des questions susceptibles de le mettre  en difficulté. Face à un Manuel Valls se disant socialiste, François Langlet retrouvait hier soir ses idées bien à droite sur l’économie. Ce qui conduira Valls à dire que « la gauche a trop cédé au libéralisme et aux forces de l’argent par le passé ». Langlet dira tout de même que chaque création d’emploi via le « Pacte de responsabilité » a coûté 260 000€ au budget de l’Etat avec Manuel Valls à Matignon.

L'Émission politique, une machine à dégoûter les gens de la politique

Virent ensuite les confrontations avec trois personnes, suite à la visite d’un foyer de jeunes travailleurs que la précarité de l’emploi empêche d’accéder à un logement. France 2 avait choisi une jeune musulmane, instruite et chef d’entreprise pour défendre le port du voile au nom du libre choix des femmes. Avec un argumentaire qui consistait à suggérer au téléspectateur que le port de ce tissus plus ou moins voyant était en toutes circonstances un choix  individuel sans aucune pression d’aucune sorte. Ni dans certaines de nos banlieues, ni en Arabie saoudite ou en Iran serait-on tenté de conclure en écoutant cette personne, encouragée par Karim Rissouli de la rédaction de France 2. Puis ce fut Cédric Herrou, ce paysan de la vallée de la Roya pour qui cacher des migrants est un « devoir de citoyen » comme il l’a expliqué dans  de mercredi. Il est poursuivi pour cela alors qu’une déclaration de l’ancien ministre de l’Intérieur Manuel Valls en début de quinquennat nous indiquait que ce type de poursuite n’avait pas lieu d’être. Le dialogue fut difficile et confus en duplex hier soir et peu de téléspectateur y auront vu plus clair au terme de cette émission.

Venait ensuite Olivier Mathiot, PDG de Price Minister. Il s’agit d’une entreprise commerciale de vente en ligne qui a été créée voilà quelques années par le cousin d’Olivier Mathiot qui n’est autre que Pierre Kosciusko Morizet. Lequel l’a ensuite vendue à des capitalistes japonais en y plaçant son cousin à sa tête. Un cousin qui est déjà millionnaire en vivant du travail des autres et qui s’est fait remarquer en étant à la tête des « pigeons », ces jeunes patrons qui ne créent aucune richesse, exploitent des auto-entrepreneurs comme le font les proxénètes avec les gens qui sont sous leur coupe. Les « pigeons » autoproclamés refusent aussi de payer des impôts considérant que leurs boites à fric doivent grandir vite pour ne pas se faire manger par les concurrentes du même type. Bref c’est un pur produit du parasitisme économique que David Pujadas et Léa Salamé avaient invité pour tenter ne faire croire aux téléspectateurs que ces nouveaux parasites d’aujourd’hui seront les créateurs de richesse de demain.

Voilà qui ouvrait un boulevard à Thierry Solère en fin d’émission pour défendre de projet thatchérien de François Fillon. Il pouvait même se permettre de dire que dans un pays qui compte 9 millions de pauvres et 1 million de chômeurs de plus qu’il y a cinq ans, le candidat de la droite ferait forcément mieux que l’ancien premier ministre de François Hollande. D’une certaine manière, « L’Emission politique » d’hier soir a fonctionné comme une machine à dégoûter les gens de la politique.

Journaliste et auteur
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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 07:00
30 ans de baisse d'impôts sur les sociétés (François Ruffin, Fakir - 4 janvier 2016)

L'image de la semaine (pour bien commencer 2017, tiens) : 
Depuis 1971, sous la droite, la France de Valéry Giscard d’Estaing, même celle de Georges Pompidou, ses patrons, ses entreprises, ses actionnaires, avaient parfaitement supporté un impôt sur les bénéfices de 50 %. Et voilà que, sous la gauche, la France de François Mitterrand ne tolère plus ce même taux ? Voilà qu’il convient de le raboter sans cesse – à 45 % (1985), à 42 % (en 1986), jusqu’à 33,3 % donc ? L’explication tient en trois mots : « marché unique européen ».
Cette logique sévit depuis 1986, depuis la signature de l’Acte unique européen. Nous n’en sommes toujours pas sortis.
Michel Sapin, ministre de l’Economie, explique ainsi, en 2016 : « A 28 %, la France aura alors un taux équivalent au taux moyen européen. »
Au nom de l’Europe, c’est toujours moins !

(L'article complet en ligne ici : http://fakirpresse.info/au-pied-du-sapin)

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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 13:11

Chronique d’Eric Bocquet parue dans Liberté hebdo

Quelle bonne année ! Les riches toujours plus riches

vendredi 6 janvier 2017[]

Les tenants du libéralisme s’échinent à nous expliquer que leur système économique est le meilleur qui soit, le seul en tout cas qui puisse répondre efficacement aux grands besoins de notre société... l’histoire et les bilans nous autorisent à en douter. Cette fin d’année n’a pas été avare en informations fort intéressantes qu’il serait dommage de ne pas évoquer pour ce premier billet de l’année 2017 qui sera riche... pour certains. On peut aussi penser aux étrennes du journal !

Ainsi nous apprenions à la veille de Noël que le Père Noël avait déposé dans les petits souliers (Berluti ou Vuitton) des 500 personnes les plus riches du monde un joli cadeau de 237 milliards de dollars. Nos amis Warren Buffett et Bill Gates restent en tête de ce palmarès. Ceci a été possible notamment du fait du rebond des marchés actions aux États-Unis, l’indice de Wall Street, la bourse de New York réalisant un bond de 14 % en une année.

Ce club très fermé détenait au 27 décembre le coquet total de 4400 milliards de dollars. Warren Buffett, qui n’a bien sûr rien à voir avec notre camarade Marie-George, a gagné 11,8 milliards supplémentaires, portant ainsi sa fortune totale à 74,1 milliards. Mais M. Buffett n’est au fond qu’un Poulidor de la fortune, car son concurrent et néanmoins ami Bill Gates, dispose d’une fortune totale de 91,5 milliards de dollars. Et les Français dans tout ça ?

L’honneur est sauvé par M. Bernard Arnault, en 5e position. Il encaisse 7 milliards de plus en 2016 et affiche un bilan de 38,9 milliards de dollars. Petite forme le Bernard !

On voudrait de temps en temps se désintoxiquer de ces chiffres astronomiques, mais la réalité nous rattrape systématiquement.

Le site du « Monde.fr » nous apprend que l’administration de Donald Trump, désormais constituée, est aussi riche que le tiers des Américains les plus pauvres, les 17 premiers membres nommés disposent de 9,5 milliards de $ soit autant que les 43 millions de foyers américains les plus pauvres, ce qui nous amène à un total théorique de 109 millions d’habitants. Parmi ceux-ci, mais là, il y aurait lieu de vérifier cette donnée, une majorité d’abstentionnistes, mais aussi de très nombreux électeurs de Trump, le Président des exclus et laissés pour compte...

Et pendant ce temps-là au 1er janvier en France les salariés rémunérés au SMIC ont vu leur salaire grimper au niveau miraculeux de 1153 euros net, à raison de 9,76 euros de l’heure ! Pas de coup de pouce donc a jugé le gouvernement de « gauche », pas de coup de chapeau non plus à eux. Fin de quinquennat dans une triste continuité, dans la stricte ligne du traité Sarkozy/Merkel.

Le 29 décembre le site d’informations Médiapart titrait : « Le SMIC en berne, le CAC 40 est à la fête ». Bonne année les amis, nous avons du pain sur la planche, le beurre il faudra aller le conquérir.
Meilleurs vœux à chacune et chacun...

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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 10:39
 

La lutte des salariés des la clinique de Tarbes entre dans son 60ème jour de grève.

L'article paru sur Médiapart de ce jour est très complet et avec un bon angle : la gestion financière de la santé et le refus de discuter de la direction malgré l'intervention de l'ARS, du préfet de région, du Ministère de la santé et de'un médiateur. Refus de toutes les propositions.
Voir article en PJ. (Médiapart avait déjà publié l'appel de personnalités sur son site).
 
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