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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 15:55
Deux réfugiés du CAO de Pleyber-Christ menacés d'expulsion: signez la pétition pour empêcher leur expulsion... Rassemblement de soutien lundi 23 janvier à 18h devant le kiosque place des Otages à Morlaix

Ils ont été victimes de violences dans leur pays, l'Erythrée et l'Afghanistan, et sur le chemin de l'exil pour vivre en paix et en sécurité. Avec le règlement inique Dublin II, et malgré les promesses qui leur ont été faites quand ils sont montés dans un bus pour un CAO de province à Calais et à Paris, ils sont aujourd'hui menacés de renvoi en Italie et en Bulgarie, pays dangereux pour les migrants, alors qu'ils commencent à s'intégrer et à faire des projets dans un environnement porteur en Bretagne.

 

C'est inacceptable.

 

La France prendre sa part de ses obligations de solidarité et d'asile avec les réfugiés.

 

Elle ne doit pas les trimbaler et les jeter en les considérant sans humanité.

 

C'est pourquoi cette pétition a été lancée. 

 

Bénévoles du CAO de Pleyber-Christ : Arrêt du renvoi de 2 jeunes migrants « dublinés » du CAO de Pleyber Christ

 

Déjà plus de 3000 personnes ont signé la pétition! Il y a encore besoin de se mobiliser pour empêcher ces expulsions dans le cadre du directive DUBLIN II complètement inhumaine et incohérente du point de vue de la solidarité européenne et internationale.  

 

https://www.change.org/p/b%C3% A9n%C3%A9voles-du-cao-de- pleyber-christ-arr%C3%AAt-du- renvoi-de-2-jeunes-migrants- dublin%C3%A9s-du-cao-de- pleyber-christ?recruiter= 664660883&utm_source=share_ petition&utm_medium=email&utm_ campaign=share_email_ responsive

 

Biniam et Abdullah ont vraiment besoin de notre soutien à tous! 

 

Le lundi 23 janvier à 18h, un rendez-vous est donné à tous les soutiens de Biniam et Abdullah et les personnes qui se sentent concernées par le droit d'asile pour empêcher leur expulsion. 

 

Une restitution du rendez-vous en préfecture par les représentants des associations et collectifs présents sera faite et une soupe sera servie. 

 

Il s'agira aussi de demander pour tous les réfugiés une remise en route d'urgence  des visas humanitaires, une vraie politique d'asile respectueuse des droits de l'homme et de nos devoirs de solidarité, la fin du règlement Dublin II, le respect des engagements du ministère de l'intérieur vis-à-vis des migrants de Calais et de Paris qui ont accepté de monter dans un bus pour se rendre dans des CAO de province.  

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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 15:14
Voeux de la fédé PCF du Finistère: Anne-Catherine, Anne-Marie Alayse, Xavier Compain et Ismaël Dupont au local de la rue Berger à Brest, devant une cinquantaine de personnes

Voeux de la fédé PCF du Finistère: Anne-Catherine, Anne-Marie Alayse, Xavier Compain et Ismaël Dupont au local de la rue Berger à Brest, devant une cinquantaine de personnes

Tout d'abord, au nom du Conseil Départemental du PCF Finistère, merci à tous d'avoir bravé le froid et répondu présent, adhérents, élus du PCF, représentants syndicaux, associatifs, représentants des forces de gauche du département. Nous avons le plaisir d'accueillir ce matin Xavier Compain, nouveau secrétaire régional et porte-parole du PCF Bretagne, candidat du Front de Gauche aux Régionales, membre de la direction nationale du Parti Communiste et animateur du pôle Agriculture-Pêche-Forêt. Nous avons voulu cette année, marquée par les campagnes présidentielle et législatives, par les périls liés au retour au pouvoir d'une droite radicale, ultra-libérale, et aux volontés de conquête d'une extrême-droite en embuscade, faire des voeux avec un fort contenu politique.

 

"La Commune contre Versailles: mobilisés contre la monarchie présidentielle! "

Il y a exactement 224 ans, le 21 janvier 1793 était décapité le roi Louis XVI, redevenu Louis Capet, après un procès d'un mois à la Convention.

Le « règne des préjugés serviles », comme le disait Marat dans son compte rendu de la première comparution du roi devant la Convention, allait-il prendre fin définitivement ?

Etait-il venu le temps de la souveraineté du peuple ? De la fin du despotisme et de l'assujettissement ?

L'histoire a bien montré que les choses n'étaient pas aussi simples, les différentes périodes de notre Ve République, et tout dernièrement les cinq ans du quinquennat Hollande ont fait une nouvelle fois la démonstration que nos institutions et nos pratiques politiques relevaient encore d'une forme de monarchie présidentielle.

Ce n'est pas ces temps de campagne électorale et les fièvres narcissiques et idolâtres de la Présidentielle qui vont nous apporter de démenti. Où l'on voit des candidats auto-proclamés, persuadés de leur prédestination, habités par le sentiment de leur importance, je pense notamment à Macron, s'auto-produire en super-héros devant des milliers de fans qui vibrent au spectacle de la Providence revenue sur terre, et des médias qui, plutôt que de décortiquer les programmes et de les confronter, nous font assister au lever, au coucher, aux parties de chasse et de frivolités des prétendants à la royauté entourés chacun de leur nuée de courtisans anxieux attendant d'une éventuelle victoire des avantages divers.

C'est Versailles !

C'est toujours Versailles ... et la Commune qu'on assassine ! La Commune qui avait pris le dessus en 1792-1793, celle qu'on écrasa en 1871. 

Et pourtant, les Présidents semblent, à tout observateur sérieux, ne jamais avoir eu si peu de pouvoir de changer le cours des choses.

Faute à la réduction du pouvoir politique et économique de la France, qui n'est plus cette puissance internationale dont on redoute l'arrogance, à la mondialisation libérale, aux contraintes institutionnelles et monétaires de l'Europe, et surtout à ces nouvelles féodalités bien plus puissantes que les anciennes que constituent les Pouvoirs capitalistes : banques, sociétés d'assurance, milliardaires actionnaires de centaines de société, de médias, comme Bernard ARNAUD, qui gagne 1 million d'euros par heure, ce qu'un salarié moyen mettra 50 ans à accumuler !

C'est cette perte de sens et de pouvoir du "Président-roi" qui fait que fonction présidentielle et ministérielle n'est plus sacrée.

On gifle le premier ministre. On se moque du Président. On lui crache à la figure en pensée tous les matins.

C'est à cause de l'inefficacité tragique du pouvoir politique face à l'aggravation des problèmes qui minent notre société : désindustrialisation, chômage de masse, précarité, croissance des inégalités et de la pauvreté, souffrances au travail.

Pour nous évidemment, cette inefficacité politique face au chômage, aux inégalités, à la dégradation des conditions de vie et de travail, n'est pas fatale, elle procède de choix politiques conscients et de longue durée visant à renforcer considérablement les Pouvoirs Capitalistes, et ce n'est pas une élection qui à elle seule peut changer le cours des choses, mais la prise de conscience des peuples, leur décision de ne plus subir, de ne plus accepter, et de s'organiser pour mettre en mouvement leur puissance transformatrice.

Mais le besoin de réponses urgentes à ces problèmes qui se métastasent dans notre société, créant de la brutalité, de la haine de soi et des autres, se retrouve aussi dans les espoirs immodérés, irrationnels, que l'on place dans l’avènement au pouvoir suprême d'une personnalité.

Eugène Pottier nous a pourtant prévenu dans les Paroles de l'Internationale, la Commune contre Versailles, disais-je :

« Il n'est pas de sauveurs suprêmes - Ni Dieu ni César ni Tribun - Producteurs sauvons-nous nous-mêmes ».

L'inversion du calendrier électoral par Lionel Jospin, le passage au Quinquennat, et le renoncement à toute forme de proportionnelle à l'élection législative, ont encore accentué le problème d'une toute puissance du Président dans la vie politique française, avec un gouvernement qui ne procède pas d'une majorité parlementaire, mais de son élection personnelle. 

Aujourd'hui, nous nous trouvons face à des majorités parlementaires qui mangent dans la main du Président, qui subissent son agenda, le plus souvent non dévoilé pendant l'élection, issu de calculs et d'influences. On préside, on gouverne sans contrat, sans légitimité démocratique.

Les députés, comme les 10 députés du PCF et du Front de Gauche, proposent des lois de progrès social, on ne leur accorde pas la moindre attention. Le cœur de la majorité vote comme un seul homme, lié par une solidarité mécanique et d'intérêts, les dispositifs gouvernementaux les plus aberrants voulus au sommet de l’État.

Le 28 janvier, je serai, avec d'autres candidats aux Législatives du Parti Communiste, présent au rassemblement devant l'Assemblée Nationale, pour dire notre volonté et notre besoin d'en finir avec cette monarchie présidentielle, celle qui consiste à utiliser le 49-3 pour faire passer une loi de dérégulation du travail et de précarisation des travailleurs rejetée par 2/3 des Français et qui n'auraient pas trouvé de majorité de gauche au Parlement, celle qui permet de s'asseoir sur ses promesses de campagne en soumettant les besoins sociaux du pays aux règles du traité budgétaire européen austéritaire et libéral négocié par Merkel et Sarkozy, dépossédant ainsi le peuple du pouvoir de choix économique et budgétaire sans la moindre consultation populaire, celle qui redessine les collectivités et les régions françaises sans veiller à ce que les citoyens aient leur mot à dire, celle qui envoie les syndicalistes et les salariés en lutte pour leurs emplois en justice, celle qui matraque et violente les jeunes engagés dans les combats sociaux et environnementaux, et protège les délinquants en col blanc, comme dernièrement Christine Lagarde, les évadés fiscaux, les corrompus du monde politique et économique, celle qui préserve et approfondit des inégalités sociales pour servir les intérêts d'une petite élite qui s'auto-congratule, s'auto-alimente, s'auto-distribue les places à responsabilité d'un bord et de l'autre de manière à ce que les intérêts de la finance et de l'oligarchie soient bien préservés malgré les alternances.

Oui, la Révolution reste au programme...

Peut-être pas de l'histoire enseignée à l'éducation nationale, ou alors sous une forme momifiée, déchargée de sa dimension subversive. Mais au programme de notre temps !

Une révolution pour que le peuple cesse d'être méprisé, pour qu'il cesse d'abdiquer sa souveraineté et soit rétabli dans ses droits !

Une révolution démocratique qui permette de refonder notre démocratie politique et sociale, qui rende possible un nouveau « printemps pour notre république » pour reprendre le titre d'un essai stimulant et brillant de notre camarade marseillais Pierre Darhéville, candidat aux législatives lui aussi avec Gaby Charroux.

Aujourd'hui, il y a urgence à dépersonnaliser nos institutions, à déprofessionnaliser la politique, à détechnocratiser la prise de décision. Il faut mettre fin au cumul des mandats dans le temps et en nombre comme à certain privilèges et rentes de situation des grands élus.

Mais surtout, si on veut réconcilier les citoyens avec la politique, il faut reconstruire une perspective de mieux vivre social par l'action collective, au lieu de la guerre de tous contre tous, de l'individualisme, du salut des plus débrouillards et de la compétition économique qui font aujourd'hui force de loi.

La Révolution sociale - et internationale - dans le régime de la propriété, de l'échange, de la production, des rapports internationaux, est toujours et plus que jamais au programme quand les 8 personnes les plus riches de la planète possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, quand 10 % de la population mondiale vit avec moins de 2 dollars par jour, quand les 14 membres du cabinet Trump, soi-disant "le candidat anti-système de la revanche des classes populaires contre les démocrates", possède autant de richesse qu'un tiers des Américains et que les 60 Etats les plus pauvres de la Planète.

Certes, les expériences de révolution communiste ou socialiste au XXe siècle n'ont pas été des succès éblouissants, certes elles ont posé la question en leur fond du Pouvoir oppressif, certes le projet révolutionnaire est à réinventer, à reconstruire, tenant compte de l'affaiblissement sociologique du monde ouvrier, des défis écologiques, de la démocratie et du droit des individus et des minorités à disposer d'eux-mêmes, mais il serait mortifère de prétendre que notre société capitaliste, inégalitaire, oligarchique, est le dernier mot de l'espoir humain, de renoncer aux exigences de l'intérêt général et de la raison qui commandent de penser une alternative à ce système qui assure la toute-puissance aux possédants, nourrit l'exploitation, l'intolérance, la peur et la haine de l'autre.

On fête aussi cette année les 100 ans de la Révolution d'Octobre, qui, dans la longue nuit de la première guerre mondiale, dans l'agonie des rêves internationalistes et de paix du mouvement ouvrier et socialiste, a permis le renouveau d'une appropriation populaire de la lutte politique et de l'espoir d'un monde débarrassé de l'exploitation.

Les Partis Communistes, avec toutes les limites des modèles proposées qui n'en étaient pas et notamment de la sujétion à la dictature soviétique, ont servi dans l'histoire de notre pays et du monde de puissants moteurs aux combats démocratiques, féministes, anti-colonialistes, et aux conquêtes sociales.

Ils ont permis la constitution du peuple et des prolétaires en sujets politiques que l'on respecte et que l'on craint.

Ils ont fait de l'engagement politique autre chose qu'une lutte de pouvoir : un dévouement désintéressé et total, guidé par la soif de justice sociale, l'optimisme, et la foi, le goût de l'héroïsme ,

Un outil pour forger des solidarités concrètes, pour nourrir la fraternité et faire émerger la liberté dans la lutte, pour construire de l'égalité là où les dominations s'entretenaient avec plus ou moins d'apparences dissimulatrices.

On l'a redécouvert dernièrement avec le film de Gilles Perret "La Sociale" sur Ambroise Croizat et la naissance de la Sécurité Sociale, la France serait tout autre sans le Parti Communiste, son engagement dans le Front Populaire, la Résistance, la construction d'une République sociale à la libération, les mouvements populaires contre la guerre, la colonisation, pour le progrès social, sans l'horizon que l'utopie communiste a donné aux combats pour la dignité des travailleurs et des laissés pour compte.

Le Parti Communiste reste aujourd'hui essentiel pour placer la question du rassemblement populaire sur des contenus progressistes et émancipateurs au cœur de la Gauche.

Il reste indispensable à gauche pour allier refus des stratégies du pire et de l'accommodement devant les victoires de la droite et de l'extrême-droite, la préoccupation constante pour les améliorations concrètes de la condition des gens, mêmes modestes et partielles, dans les collectivités et le pays, avec le maintien d'une perspective révolutionnaire de remise en cause de la propriété capitaliste et de remplacement de ce système capitaliste basé sur la lutte des classes, l'écrasement des classes subalternes, l'exploitation, l'individualisme forcené, qui produit des monstres comme la guerre, l'impérialisme et le fascisme.

Aujourd'hui, le Parti Communiste compte 120 000 adhérents, dont 56 000 adhérents à jour de cotisation. Dans le Finistère, dans notre vingtaine de sections, 600 adhérents à jour de cotisation, autour de 800 en comptant ceux qui ne le sont pas, et une trentaine d'élus.

Ce n'est pas rien. 

C'est une force pour mobiliser la population sur des objectifs de récupération de ses droits, et d'abord de ses droits à l'écoute et à la parole, et sur des objectifs de progrès sociaux, démocratiques, économiques et écologiques.

Évidemment, cela ne suffit pas, et nous n'avons pas la prétention, quant à nous, de pouvoir peser sur le rapport de force tous seuls, ni de volonté hégémonique à gauche. Nous savons que même dans ces temps troublés et mouvants, on ne se projette pas en avant en faisant table rase complète du passé. 

Aujourd'hui, nous savons que toute la gauche, à cause des victoires sociales, culturelles et idéologiques du capitalisme, du fait de 35 ans de politique néo-libérale, d'un manque de consistance du projet social-démocrate dans l'Europe et la mondialisation actuelle et d'un déclin et d'une crise du communisme qui remonte à 10-15 ans plus tôt, est en crise comme réalité institutionnelle, organisationnelle, et comme repère symbolique.

Tant le mot, l'étiquette et les idées ont été galvaudés, tout particulièrement ces dernières années.

Pour autant, pour nous, la gauche est encore une idée qui nous parle, qui renvoie à un socle de valeurs, à des référents historiques fondamentaux, à des clivages que l'on aurait tort de jeter aux oubliettes de l'histoire.  

Trois candidats qui ont le vent en poupe aux élections présidentielles, Macron, Le Pen et Mélenchon, se réclament publiquement de la volonté de dépasser le clivage droite-gauche, pour opposer citoyens, population laborieuse, et Élites, règne des Partis ou Système.

On prend ainsi exemple sur le fascisme des années 30 pour Marine Le Pen, sur le mouvement « 5 étoiles » italien ou sur Podémos, pour Macron et Mélenchon.

Il y a des effets d'opportunité et d'efficacité à attendre certainement du discrédit dans une partie de l'opinion des partis traditionnels, mais il y a aussi des dangers à nourrir l'idée que le clivage droite/gauche et les partis seraient obsolètes et de l'hypocrisie à le faire quand on en en train d'en reformer, avec des pratiques très centralisatrices basées plus sur le pouvoir personnel que sur la démocratie militante.   

Dans un contexte d'attaques inégalées contre le monde du travail en 2016, par un gouvernement dit de gauche, l'année des 80 ans du Front Populaire pourtant, le Parti Communiste a multiplié les initiatives depuis un an pour que 2017 puisse être une année où une alternative de gauche à l'austérité devienne une réalité.

En organisant « les lundis de la gauche », dès les premières semaines de 2016 pour faire converger la gauche qui ne partage pas le bilan de François Hollande, en déployant une grande consultation « Que demande le peuple ? » qui a permis de prendre le pouls du pays auprès de 400 000 personnes, en travaillant avec de nombreuses initiatives comme l'appel des 100, au niveau national, le PCF a tout mis en œuvre pour que la gauche anti-austérité soit au deuxième tour de la présidentielle.

Et pour qu'un rassemblement de la gauche des contenus de progrès déjoue le scénario mortifère d'un second tour Droite-Extrême-droite.

A l'heure de leur choix pour les Présidentielles, après des mois de débats de haute tenue et fraternel, malgré les avis tranchés, les doutes, tant la situation nous apparaissait minée, dangereuse et insatisfaisante, les adhérents communistes ont fait le choix souverain, avec une participation très forte à leur consultation interne, d'appeler à voter pour Jean-Luc Mélenchon mais aussi de poursuivre les efforts de rassemblement pour que cette candidature soit présente au deuxième tour et soit en capacité de remporter l'élection présidentielle.

Dans le Finistère, nous avons lancé un appel au rassemblement pour les élections législatives dès juillet sur la base de la constitution possible d'un socle programmatique commun dans la foulée de mois de mobilisations contre la loi travail, sur les enjeux environnements, les droits des migrants. Dans ce cadre, nous avons organisé 6 ou 7 rencontres bilatérales dans ce sens, qui n'ont malheureusement pas abouti jusqu'à présent à une volonté des autres - notamment d'EELV, du NPA, du Parti de Gauche et de France Insoumise- de faire du commun. 

Nous estimons qu'il est nécessaire et possible d'avoir des députés qui rejoignent les bancs du groupe du Front de Gauche, à condition de partir en campagne très vite et de proposer un large rassemblement.

Nous avons lancé notre campagne en faveur du vote pour Jean-Luc Mélenchon avec cet objectif : élargir le rassemblement le plus loin possible, pour battre la droite, le Front national, éviter le drame d'un second tour Fillon-Le Pen et qualifier une véritable politique de gauche au second tour.

Les bas salaires, la pauvreté qui ne cesse de grandir, le chômage, la précarité toujours plus présente, les services publics qui dépérissent, nos industries malades, des actionnaires qui exigent toujours plus de dividendes au détriment de l’emploi : la France est malade de ces politiques d’austérité qui n’ont de cesse de l'affaiblir.

Le temps du renoncement doit cesser, il est temps d’écrire une nouvelle page de l'histoire sociale, d'un nouvel âge de la Sécurité sociale, d'une nouvelle industrialisation de notre pays en un mot redonner l’espoir en un avenir meilleur.

Pour cela, il faut aussi que chacun prenne conscience de ses responsabilités et que l'on parvienne à rassembler la gauche d'alternative et de progrès.

Je le dis comme je le pense, le choix de Mélenchon et de France Insoumise pour l'instant de refuser d'envisager des rassemblements aux législatives avec le PCF, leurs ex-partenaires du Front de Gauche, sur des bases autres qu'un ralliement et une soumission, est incompréhensible objectivement, irresponsable et irrespectueux.

Présenter des candidats France Insoumise contre les députés du Front de Gauche et du PCF, c'est faire le choix de la division à gauche, de l'affaiblissement du PCF pour créer une nouvelle structure suivant l'agenda et les désideratas exclusifs de Mélenchon.

Nous ne laisserons pas accomplir ce projet mortifère pour la gauche et le pays.

Le PCF connaîtra son centenaire, dans les temps difficiles qui nous attendent probablement, il saura montrer qu'il reste une force qui attire la jeunesse qui rêve d'une autre société et veut s'organiser collectivement, une force militante de résistance et de mobilisation populaire sur laquelle la population et tout particulièrement les défenseurs de la démocratie, des idées républicaines, anti-racistes, de la Paix, de la justice sociale et de la paix, peuvent compter.

 

Pour finir, je voudrais lire, pour rendre hommage à ces hommes de devoir à qui nous devons je crois une fidélité indéfectible aux rêves et espoirs qui leur ont permis de rester debout, la dernière lettre d'Albert Rannou.

Lettre retrouvée sous forme manuscrite tout récemment, parce qu'elle m'a été confiée par un sympathisant communiste de Pleyber-Christ, d'Albert Rannou le 17 septembre 1943, résistant communiste brestois, maçon de l'arsenal originaire de St Thégonnec, ancien des Brigades Internationales, fusillé au Mont Valérien avec André Berger et Henri Moreau, Joseph Ropars et Albert Abalain.

 

Fais à la Prison de Fresnes le 17 septembre 1943

Cher Papa et chère Maman

Il est 11 heures moins le quart, on vient de nous prévenir qu'on va être fusillés à 16 heures. Je vais donc donner ma vie à la France, pour ma patrie que j'ai toujours aimée et pour laquelle j'ai combattu. Je meurs content car mon sacrifice (j'en ai la certitude) n'aura pas été vain. J'ai lutté durant ma courte existence pour le bonheur des travailleurs et pour que la paix règne en ce monde.

(censuré)

Mes chers parents, vous savez que je vous ai toujours aimés et que vous me le rendez bien ainsi qu'Yfic. Ça me fait une peine immense de vous quitter à jamais. Je ne sais comment vous exprimer toute ma gratitude pour ce que vous avez fait pour moi. Vous m'avez choyé depuis mon enfance jusqu'à ma dernière heure. Si quelquefois je vous ai fait de la peine, vous m'avez pardonné. Je n'oublie pas non plus ma belle-sœur. Grand-mère et toute la famille auxquels vous voudrez bien envoyer mes amitiés dernières. Je pense à vous tous en ce moment qui est plus pénible pour vous que pour moi. Je viens de voir l’aumônier, j'ai refusé la communion. Donc aucun service religieux à mon intention. Mes amitiés aussi à tous les voisins et camarades, qu'ils sachent que j'ai fait mon devoir de Français et de communiste.

Papa, Maman, ma dernière pensée sera pour vous et pour mon frère. Je vous embrasse tous dans un même élan.

Soyez courageux.

Adieu tous.

Votre fils Albert.

Vive la France, Vive le parti communiste

Paix- Liberté- Justice

 

Suite à cela, Xavier Compain, porte-parole régional du PCF, a pris la parole pendant 20 minutes sur des thématiques complémentaires rattachées aux campagnes du PCF national et Bretagne: " La Bretagne en commun pour le désarmement nucléaire, la relocalisation agricole , la revalorisation des salaires , l'égalité des soins , la république et ses services publics dans tout les territoires , la solidarité internationale. "

 

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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 15:00
Samedi 21 janvier 2017: Voeux de la fédération du Parti Communiste du Finistère (photos Jean-Luc Le Calvez et Philippe Hernot)
Samedi 21 janvier 2017: Voeux de la fédération du Parti Communiste du Finistère (photos Jean-Luc Le Calvez et Philippe Hernot)
Samedi 21 janvier 2017: Voeux de la fédération du Parti Communiste du Finistère (photos Jean-Luc Le Calvez et Philippe Hernot)
Samedi 21 janvier 2017: Voeux de la fédération du Parti Communiste du Finistère (photos Jean-Luc Le Calvez et Philippe Hernot)
Samedi 21 janvier 2017: Voeux de la fédération du Parti Communiste du Finistère (photos Jean-Luc Le Calvez et Philippe Hernot)
Samedi 21 janvier 2017: Voeux de la fédération du Parti Communiste du Finistère (photos Jean-Luc Le Calvez et Philippe Hernot)
Samedi 21 janvier 2017: Voeux de la fédération du Parti Communiste du Finistère (photos Jean-Luc Le Calvez et Philippe Hernot)
Jacques Rannou, maire PCF de Kernevel, conseiller communautaire, et Ismaël Dupont

Jacques Rannou, maire PCF de Kernevel, conseiller communautaire, et Ismaël Dupont

Samedi 21 janvier 2017: Voeux de la fédération du Parti Communiste du Finistère (photos Jean-Luc Le Calvez et Philippe Hernot)
au premier plan: Claude Bellec, élu délégué au logement à Brest, et Xavier Compain, porte-parole régional du PCF et nouvel adjoint à Plouha

au premier plan: Claude Bellec, élu délégué au logement à Brest, et Xavier Compain, porte-parole régional du PCF et nouvel adjoint à Plouha

Ismaël Dupont et Xavier Compain

Ismaël Dupont et Xavier Compain

Samedi 21 janvier 2017: Voeux de la fédération du Parti Communiste du Finistère (photos Jean-Luc Le Calvez et Philippe Hernot)
Samedi 21 janvier 2017: Voeux de la fédération du Parti Communiste du Finistère (photos Jean-Luc Le Calvez et Philippe Hernot)
Samedi 21 janvier 2017: Voeux de la fédération du Parti Communiste du Finistère (photos Jean-Luc Le Calvez et Philippe Hernot)
Samedi 21 janvier 2017: Voeux de la fédération du Parti Communiste du Finistère (photos Jean-Luc Le Calvez et Philippe Hernot)
Samedi 21 janvier 2017: Voeux de la fédération du Parti Communiste du Finistère (photos Jean-Luc Le Calvez et Philippe Hernot)
Samedi 21 janvier 2017: Voeux de la fédération du Parti Communiste du Finistère (photos Jean-Luc Le Calvez et Philippe Hernot)
au premier plan, parmi les élus communistes de Brest (Jacqueline Héré, Claude Bellec, Erci Guellec) et du Relecq Kerhuon (Pierre-Yves Liziar, Isabelle Mazelin), Marc Coatenea, secrétaire départemental du PS, avait répondu à l'invitation du PCF pour la présentation des voeux de la FD, comme un représentant de BNC, et plusieurs responsables syndicaux: tous les partis de gauche (EELV, Ensemble, PG, France Insoumise, NPA, UDB, PS, étaient invités...)

au premier plan, parmi les élus communistes de Brest (Jacqueline Héré, Claude Bellec, Erci Guellec) et du Relecq Kerhuon (Pierre-Yves Liziar, Isabelle Mazelin), Marc Coatenea, secrétaire départemental du PS, avait répondu à l'invitation du PCF pour la présentation des voeux de la FD, comme un représentant de BNC, et plusieurs responsables syndicaux: tous les partis de gauche (EELV, Ensemble, PG, France Insoumise, NPA, UDB, PS, étaient invités...)

Anne-Catherine Cleuziou, Anne-Marie Alayse, Xavier Compain et Ismaël Dupont

Anne-Catherine Cleuziou, Anne-Marie Alayse, Xavier Compain et Ismaël Dupont

photo Philippe Hernot: Xavier Compain et Ismaël Dupont

photo Philippe Hernot: Xavier Compain et Ismaël Dupont

photo Philippe Hernot

photo Philippe Hernot

photo Philippe Hernot

photo Philippe Hernot

photo Philippe Hernot

photo Philippe Hernot

Samedi 21 janvier 2017: Voeux de la fédération du Parti Communiste du Finistère (photos Jean-Luc Le Calvez et Philippe Hernot)
Samedi 21 janvier 2017: Voeux de la fédération du Parti Communiste du Finistère (photos Jean-Luc Le Calvez et Philippe Hernot)
Deux militants responsables de la CGT: Eric Pelennec,représentant de la CGT des territoriaux de Brest, et Roger Héré, ancien responsable de l'UL de Morlaix

Deux militants responsables de la CGT: Eric Pelennec,représentant de la CGT des territoriaux de Brest, et Roger Héré, ancien responsable de l'UL de Morlaix

Jean-Paul Cam, secrétaire de section de Brest, et Anne-Marie Alayse, membre du CD

Jean-Paul Cam, secrétaire de section de Brest, et Anne-Marie Alayse, membre du CD

Michel Le Goff, tête de liste communiste aux dernières régionales, élu à Bannalec, et élu représentant syndical CGT national chez Bigard, Philippe Hernot et sa femme, Maxime Paul, candidat communiste dans la 6ème circonscription aux législatives de juin prochain

Michel Le Goff, tête de liste communiste aux dernières régionales, élu à Bannalec, et élu représentant syndical CGT national chez Bigard, Philippe Hernot et sa femme, Maxime Paul, candidat communiste dans la 6ème circonscription aux législatives de juin prochain

Anne-Catherine et Dominique Gontier, responsable à l'organisation dans la Fédération, membre du comité régional du PCF

Anne-Catherine et Dominique Gontier, responsable à l'organisation dans la Fédération, membre du comité régional du PCF

Catherine Flageul et Isabelle Mazelin

Catherine Flageul et Isabelle Mazelin

Eric Guellec à gauche

Eric Guellec à gauche

Anne-Marie Alayse et Erwan Rivoalan, membre de l'exécutif départemental du PCF, syndicaliste CGT dans les bibliothèques de Brest

Anne-Marie Alayse et Erwan Rivoalan, membre de l'exécutif départemental du PCF, syndicaliste CGT dans les bibliothèques de Brest

Serge Puil

Serge Puil

Samedi 21 janvier 2017: Voeux de la fédération du Parti Communiste du Finistère (photos Jean-Luc Le Calvez et Philippe Hernot)
Samedi 21 janvier 2017: Voeux de la fédération du Parti Communiste du Finistère (photos Jean-Luc Le Calvez et Philippe Hernot)
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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 12:08
La griffe du chien de Don Winslow: un polar politique sur les faux-semblants de la guerre américaine contre la drogue et les guerillas communistes en Amérique Centrale

Si vous avez quelques longues soirées d'hiver à occuper, courez chez votre libraire pour acheter ce très grand polar de Don Winslow qui parcourt 30 ans la guerre américaine contre la drogue en Amérique Centrale et ses faux-semblants.

Cette plongée très documentée, ultra-réaliste, et de grande ambition au coeur de la lutte de l'Etat américain contre les cartels mexicains est un chef d'oeuvre. Le livre de Don Winslow, où le cynisme froid de ces grands capitalistes que sont les organisateurs du trafic de guerre, intégrés dans les oligarchies latino-américaines, le dispute à l'extrême-violence, montre notamment comment le pouvoir américain et la CIA, du temps de Reagan et Bush notamment, à participer à l'organisation du commerce de la drogue pour financer la lutte armée des milices d'extrême-droite au service des trafiquants de drogue et des gros propriétaires terriens, contre les groupes de guérillas communistes au Nicaragua, au Chiapas, au Salvador, envoyant comme instructeurs des membres de la mafia américaine et des anciens du Vietnam reconvertis en Mercenaires, véritables tueurs n'hésitant pas à assassiner des travailleurs, paysans, syndicalistes, prêtres un peu trop rouges, comment en retour les groupes rebelles marxistes ont été obligés eux aussi d'utiliser le contrôle d'une partie du commerce de la drogue pour s'armer, les grossistes mexicains jouant alors double jeu.

Ce livre présente le Mexique en narco-Etat contrôlé par les Etats-Unis et les cartels de la drogue, où les pires criminels sont les plus grands financeurs des campagnes électorales.

Ce roman montre bien en quoi le capitalisme financier et la spéculation a en grande partie des origines criminelles et comment la violence endémique et perpétuelle en Amérique Latine, mais aussi au Proche et Moyen-Orient, procède de stratégies de prédation capitaliste et impérialiste.   

A inscrire au livre noir du Capitalisme et de la lutte anti-communiste américaine. 

On ne s'ennuie pas en lisant ce livre haletant aux personnages de roman noir bien plantés, mais on peut, en se collant à la noirceur du monde, en nourrir quelques cauchemars.

Un extrait significatif de la toile de fond politique du livre:

"Les zapatistes du Chiapas sont plus actifs que jamais, les rapports signalent que leurs rangs ont récemment grossi du fait de l'afflux de réfugiés au Guatemala voisin. Le potentiel existe donc pour une insurrection communiste qui risque de s'étendre à toute la région.

Un nouveau groupe d'insurgés de gauche, l'EPR, le Ejercito Popular Revolucionario, l'Armée Populaire de la révolution, a fait son apparition en juin dernier, lors d'un service funéraire à la mémoire des paysans de Guerrero tués par les milices d'extrême-droite. Il y a quelques semaines, l'EPR a lancé des attaques simultanées contre des postes de police à Guerrero, Tabasco, Puebla et même Mexico, tuant seize policiers et en blessant vingt-trois autres. Le Viêt-Cong a démarré plus petit que ça, songe Hobbs. A ses collègues des renseignements mexicains, il a offert son aide contre l'EPR, mais les mexicains, encore et toujours sensibles aux interférences néo-impérialistes des Yanquis, ont décliné.

Stupidement, car il suffit d'un coup d'oeil rapide sur la carte pour constater que l'insurrection communiste se propage vers le nord à partir du Chiapas, alimentée par le désastre économique après la crise du peso et les délocalisations causées par la mise en oeuvre de l'ALENA.

Le Mexique vacille au bord d'une révolution, et tout le monde le sait, sauf les Autruches des affaires étrangères... Non les Mexicains ne peuvent accepter l'aide militaire américaine que sous couvert de la guerre contre la drogue... Le syndrome du Vietnam empêche le Congrès d'allouer le moindre sou au financement de guerres déguisées contre les communistes, mais les députés accepteront sans rechigner d'ouvrir leurs coffres pour faire la guerre à la drogue...".

(p. 650-651, La Griffe du Chien - Don Winslow, Points).       

 

Don Winslow en 2015: James Ellroy, le maître du roman noir (LA Confidential, le Dalhia Noir, Brown's Requiem, Le Grand Nulle part, White Jazz) dit de ce livre qu'il s'agit du "plus grand roman sur la drogue jamais écrit. Une vision grandiose de l'Enfer et de toutes les folies qui le bordent..."

Don Winslow en 2015: James Ellroy, le maître du roman noir (LA Confidential, le Dalhia Noir, Brown's Requiem, Le Grand Nulle part, White Jazz) dit de ce livre qu'il s'agit du "plus grand roman sur la drogue jamais écrit. Une vision grandiose de l'Enfer et de toutes les folies qui le bordent..."

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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 11:49
Des centaines de milliers de personnes participaient samedi aux Etats-Unis aux "Marches des femmes" organisées pour la défense des droits civiques et contre le président Donald Trump investi la veille (Ouest-France)

Des centaines de milliers de personnes participaient samedi aux Etats-Unis aux "Marches des femmes" organisées pour la défense des droits civiques et contre le président Donald Trump investi la veille (Ouest-France)

 

Plusieurs centaines de milliers de personnes, dont une écrasante majorité de femmes, se sont rassemblées ce samedi Washington pour manifester contre le nouveau président américain Donald Trump, investi hier pour un mandat de quatre ans. Le métro a été plus fréquenté aujourd'hui que la veille, jour de l'investiture...

Ce chiffre délivré par l'autorité de transport WMATA est à méditer : à Washington, où avait lieu le plus grand rassemblement, 275.000 voyageurs avaient pris le métro en fin de matinée; soit 50% de plus que pour l'investiture de M. Trump la veille à la même heure...

Des centaines de milliers de personnes participaient samedi aux Etats-Unis aux "Marches des femmes" organisées pour la défense des droits civiques et contre le président Donald Trump investi la veille, selon plusieurs sources. A Washington, les organisateurs ont dû relevé leur estimation de participation de 200.000 à 500.000 personnes, selon le maire adjoint, Kevin Donahue.

Partout dans le pays

Ces anti-Trump, en grande majorité des femmes, défilaient pour dénoncer le programme et le discours sexiste dont Donald Trump est à leurs yeux coutumiers. Les organisatrices cette Marche des femmes sur le National Mall de la capitale fédérale annoncent environ 300 « marches sœurs »dans d’autres villes des États-Unis dont New York, Boston, Los Angeles et Seattle, ainsi qu’au-delà des frontières américaines.

« Je veux protéger nos droits et attirer l’attention sur le fait que quand les gens manifestent ensemble, ils sont forts », témoigne Trisha Norman, 72 ans, venue de Caroline du Nord, en route vers la manifestation.

Bonnets roses à oreilles de chat

Le métro de la capitale était plein samedi matin de femmes portant des bonnets roses à oreilles de chat (« pussy hats »), devenus le symbole de l’opposition à Donald Trump. Une initiative baptisée « Pussyhat Project » fédère des adeptes du tricot qui ont confectionné ces couvre-chefs pour les manifestantes.

Le terme « pussy » désigne en anglais l’animal domestique, ou le sexe féminin. C’est ce mot que Donald Trump avait utilisé dans une vidéo qui avait fait scandale en octobre, où il se vantait de pouvoir se payer les femmes qu’il voulait et de les « attraper par la chatte ».

Des centaines de milliers de personnes participaient samedi aux Etats-Unis aux "Marches des femmes" organisées pour la défense des droits civiques et contre le président Donald Trump investi la veille, selon plusieurs sources. A Washington, les organisateurs ont dû relevé leur estimation de participation de 200.000 à 500.000 personnes, selon le maire adjoint, Kevin Donahue. 
Ouest-France, 22 janvier 2017

Ouest-France, 22 janvier 2017

Ouest-France, 22 janvier 2017

Ouest-France, 22 janvier 2017

« Women's March on Paris » : le PCF appellait à la mobilisation samedi 21 janvier

 

Face à l’exigence d’égalité qui se fait de plus en plus entendre aux quatre coins de la planète, un ressac réactionnaire violent traverse le monde, de la Pologne à l'Espagne en passant par la Russie et l'Irlande. Partout, les forces les plus conservatrices œuvrent à briser les femmes, à les enfermer à la maison, à les livrer à tous les abus.

L'élection de Donald Trump, à la présidentielle aux USA, leur permet d’avoir un porte-parole international, à la tête de la première puissance mondiale. Ce milliardaire qui nomme des idéologues anti-IVG dans son gouvernement, qui n'est jamais avare d'un geste ou d'un mot dégradant pour les femmes, se vante même de commettre des agressions sexuelles.

Un président de la république, de quelque pays que ce soit, n’a pas tous les droits, il n’est pas au-dessus des lois et des règlements internationaux.

En insultant les femmes américaines, ce sont toutes les femmes qui sont insultées.

Dès à présent, il faut donc manifester la solidarité des femmes du monde entier aux états-uniennes, il faut s'organiser, accentuer la lutte, lever le voile sur le désastre que ce dirigeant promet à la société.

 

C'est l'objet de la « Women's March on Paris » (Marche des femmes à Paris), ce samedi 21 janvier, qui partira à 14h du Trocadéro pour aller jusqu'au Champ de Mars.

Les militantes et militants communistes, au premier rang desquel-le-s Pierre Laurent, secrétaire National du PCF, marcheront aux côtés des associations, des mouvements féministes, des syndicalistes, de toutes celles et de tous ceux qui veulent bâtir un monde de paix, de respect humain, de solidarité, d’égalité et de liberté.

 

 

Laurence Cohen, Co-responsable nationale du PCF aux Droits des femmes et au Féminisme

 

Lire aussi: 

 

Il a bien trumpé son monde: le candidat "anti-système" réunit autour de lui un cabinet de milliardaires qui pèse autant d'argent que la fortune d'un tiers des américains ou des 60 Etats les moins riches du monde

Pierre Laurent et Camille Lainé (secrétaire national des Jeunesses Communistes) au rassemblement des femmes contre Trump à Paris

Pierre Laurent et Camille Lainé (secrétaire national des Jeunesses Communistes) au rassemblement des femmes contre Trump à Paris

Face au capitalo-fascisme de Trump, le monde entier se mobilise (article Ouest-France et communiqué de soutien du PCF à la marche des femmes contre Trump à Paris)
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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 11:43

Il faut le dire clairement. Le Front national ment lorsqu’il prétend inscrire son projet dans la République.

Depuis quelques semaines, les déclarations répétées de ses dirigeants affirmant vouloir exclure  les enfants étrangers de l’école publique en sont la preuve.

Ainsi dans les médias comme dans ses meetings, Marine Le Pen a confirmé ses propos de début décembre 2016. Elle entend faire payer la scolarité durant un « délai de carence » aux enfants de parents étrangers résidents réguliers en France et interdire purement et simplement l’accès à l’école publique aux enfants de parents en situation irrégulière, réfugiés et demandeurs d’asile dans l’attente de l’examen de leur statut par exemple.

Une telle politique bafouerait les fondements mêmes de notre République. C’est la négation de la France dans ce qu’elle a de plus profond.

Une telle politique contredirait notre constitution déjà, qui dans son préambule affirme : « La nation garantit l’égal accès de l’enfant, de l’adulte, à l’instruction, à la formation professionnelle, à la culture. L’organisation de l’enseignement public, gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’État ».

Elle contredirait le droit qui découle de notre constitution, le droit de l’éducation précisé dans le code de l’éducation qui rappelle «  que tous les enfants mineurs présents sur le territoire ont le droit d’être scolarisés », que « l’instruction est obligatoire entre 6 et 16 ans » et que depuis 1881, l’enseignement élémentaire public  est gratuit, gratuité étendue en 1933 à l’enseignement secondaire public.

Une telle mesure mettrait aussi à mal tous les engagements internationaux et européens de la France à mettre en œuvre les textes fondamentaux des droits humains et de la citoyenneté démocratique, notamment la déclaration universelle de 1948 et la convention internationale des droits de l’enfant de 1989.

Une telle politique renverrait  la France au ban des nations démocratiques.

Le Front national entend s’affranchir de la République et de ses valeurs. Après l’école, la solidarité, l’accès aux soins et l’assistance aux plus démunis, demain sans doute l’accès aux bibliothèques et aux institutions publiques, sa volonté d’exclure est sans limites. Son ambition nationaliste porte en germes le séparatisme social, les affrontements, la xénophobie et la guerre.

La Ligue de l’enseignement s’est fondée il y 150 ans pour que l’école soit celle de tous les enfants de la République, une école laïque sans aucune distinction et condition d’origine et de statut, dans l’égalité, la liberté et la fraternité. Elle s’opposera de toutes ses forces militantes à un tel projet nauséabond et antirépublicain.

Tribune de la ligue de l'enseignement: enfants étrangers à l'école, le Front National contre la gratuité (20 janvier 2017)
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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 10:39

"En 2015 nous avons réalisé le chiffre historique de 17 milliards d'euros d'exportations. Pour 2016 le bilan n'est pas encore consolidé (...) mais nous avons atteint un nouveau sommet avec plus de 20 milliards d'euros de prises de commandes", a déclaré le ministre, lors de ses vœux aux armées. Ces exportations - mesurées en prises de commandes - avaient donc déjà atteint quelque 17 milliards d'euros l'année précédente, grâce aux premiers contrats de vente du chasseur Rafale à l'étranger, soit plus du double de l'année précédente.

Au terme de longues négociations, l'Inde a conclu en septembre l'achat de 36 avions de combat Rafale, fabriqué par le groupe Dassault. Après des débuts difficiles à l'exportation, le Rafale avait trouvé pour la première fois preneur en 2015 au Qatar et en Egypte. Chaque pays avait acquis 24 appareils.

Autre succès : le choix par l'Australie du constructeur français DCNS pour renouveler sa flotte de sous-marins, un contrat géant de près de 40 milliards de dollars US pour la construction de 12 submersibles.

"Notre équipe, votre équipe a créé des dizaines de milliers d'emplois en France et continue en même temps à garantir l'autonomie stratégique et indépendance de notre pays", s'est félicité Jean-Yves Le Drian. La "qualité des matériels français" et leur emploi par l'armée française sur les théâtres d'opérations extérieurs jouent un rôle clef dans ces succès à l'exportation, estime le ministère.

La France est engagée avec ses chasseurs Rafale et Mirage dans les opérations aériennes de la coalition internationale contre le groupe État islamique en Irak et Syrie. Elle conduit aussi une opération antiterroriste, l'opération Barkhane, dans cinq pays du Sahel.

Manuel Valls en Bretagne soutenu par Jean-Yves Le Drian
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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 09:35
Le but de Mélenchon et de France Insoumise est-il de rayer de la carte le groupe communiste et Front de Gauche à l'Assemblée Nationale pour faire place nette à un nouveau mouvement "dégagiste" ne revendiquant plus le clivage droite/gauche entièrement dévoué à Mélenchon? En tout cas, plus le temps passe, plus on la sentiment que Jean-Luc Mélenchon et sa garde rapprochée ont un plan de recomposition de la gauche qui passe notamment par la destruction de l'influence du Parti Communiste, et qui s'est appuyé aussi bien sûr sur la dislocation voulue du Front de Gauche.  

 

La France Insoumise a investi des candidats contre d'autres communistes sortants

Nicolas Maury

Une seconde liste de candidatures de la France Insoumise est tombée. De nouvelles circonscriptions sont concernées par la présence d'un binôme ou d'un candidat simple. Dans cette liste, la France insoumise a investi des candidats contre des députés communistes sortants et dans des circonscriptions où le PCF est en mesure de gagner

Après André Chassaigne dans la 5ème circonscription du Puy-de-Dôme et Nicolas Sansu dans la 2nde circonscription du Cher, la France insoumise vient de valider des candidature contre des députés communistes sortants : 

13ème circonscription des Bouches du Rhône 

Frédéric Grimaud (Ensemble! - Martigues) et Stella Apeddu (Parti de gauche - Saint Mitre les Remparts) ont été investi contre le député communiste sortant Gaby Charroux qui sera en duo avec Pierre Dharréville (titulaire). 

En 2012, Stella Apeddu était candidate dans la 15ème circonscription (Châteaurenard, Lambesc, Saint-Rémy-de-Provence ...). Frédéric Grimaud est conseiller municipal à Martigues dans la liste du Député-Maire PCF Gaby Charroux, il est très investi dans les questions de solidarité et à RESF. 

16ème circonscription du Nord 

Marina Dabonneville (Parti de gauche - titulaire) et Raphael Brice ont été investi dans la circonscription du député communiste Jean-Jacques Candelier (qui souhaite ne pas se représenter). Ici la France insoumise se place dans l'ambition de faire perdre le Parti communiste français dans cette circonscription historiquement communiste. 

Des candidatures de la France Insoumise aussi dans des circonscriptions gagnables pour le PCF 

La France insoumise a aussi désigné des candidatures dans des circonscriptions gagnables par le PCF (parce que perdue en 2012 dut fait de la vague PS) : 

- Dans la 14ème circonscription du Rhône (Vénissieux, Saint Priest ...), la France insoumise a investi des candidats. Benjamin Nivard et Najat Barthe seront en concurrence avec la communiste Michèle Picard, qui mène la bataille de la reconquête dans cette circonscription historiquement rouge (André Gerin étant le dernier député communiste). 

- Dans la 8ème circonscription de Seine Maritime (Le Havre, Gonfreville-l'Orcher ...), la France insoumise a nommé François Panchout et Johanna Castillo dans cette circonscription historiquement rouge où le PCF peut faire élire un député. Le communiste Jean-Paul Lecoq avait perdu cette circonscription en 2012 pour 83 voix. 

- Dans la 10ème circonscription du Val-de-Marne (Le Kremlin-Bicêtre, Gentilly Est, de Vitry-sur-Seine Nord, Ivry-sur-Seine), la France insoumise entend diviser et bloquer la reconquête de cette circonscription perdue par le PCF en 2012. La France insoumise a propulsé (pardon parachuté) Mathilde Panot (Parti de gauche de l'Essonne) et Mourad Taghzout (Parti de gauche) face à Pascal Savoldelli (PCF). 

De nouveaux parachutages de cadres du Parti de gauche 

Après Alexis Corbière dans la 7ème circonscription de Seine-Saint-Denis et Andréa Kotarac dans la 7ème circonscription du Rhône, c'est au tour d'Eric Coquerel (coordinateur du PG ) d'atterrir en Seine Saint Denis, dans la 1ère circonscription. 

Rappelons que ce parachutiste professionnel, habitant à Paris, c'est retrouvé en 2012 dans la deuxième circonscription de la Corrèze, et aux élections européennes de 2014 en France, il est deuxième de la liste du Front de gauche dans la circonscription Sud-Est. En 2015 il rentre à Paris pour les élections régionales (où il est élu Conseiller régional sur la liste d'union conduite par Claude Bartolone du PS). 

La 6ème République, tant vantée par Jean Luc Mélenchon, ressemble pas mal à la 5ème.
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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 09:11
Il y a dix ans mourrait Henri Grouès, l'abbé Pierre: une vie au service des pauvres depuis son appel du 1er février 1954  (hommage de Robert Clément)

Henri Gouès, dit l’Abbé Pierre, est mort il ya 10 ans, le 22 janvier 2007
Il y a eu, en France, 454 personnes sans domicile fixe qui sont mortes dans la rue en 2016. C'est un scandale...

À Paris, le 22 janvier 2007, il y a dix ans, Henri Grouès est mort à 94 ans.

Il était plus connu sous un autre nom, l’abbé Pierre. Personnalité préférée des Français pendant une vingtaine d’années à la fin du siècle dernier, il représentait toute la complexité française, à la fois anticléricale et portant aux nues un homme d’église, à la fois grincheuse et généreuse.

Ce n’est pas un hasard si l’abbé Pierre avait été rejoint par une personnalité très différente de lui mais qui avait compris que l’urgent était d’aider les plus pauvres, ceux qui n’avaient plus de domicile, plus assez de quoi vivre, de quoi se loger, de quoi se nourrir : Coluche, créateur des Restos du cœur, lui-même auteur d’un appel radiophonique, le 26 septembre 1985.

Avec le recul du temps, l’abbé Pierre, là où il est, peut franchement être heureux de ne pas avoir été inutile durant sa longue existence. Ses combats contre la pauvreté ont été repris par d’autres, moins connus, plus anonymes, mais tout aussi efficaces.

Certes, on pourra dire que ces combats de charité, issus d’initiatives collectives mais privées, sont nécessaires en raison d’une véritable carence des pouvoirs publics. La vague de froid qui s’est "abattue" sur la France la semaine qui vient de passer, pas si exceptionnelle si l’on songe qu’en hiver, c’est "normal" qu’il fasse froid, a montré l’extrême précarité de milliers de personnes qui passent les nuits glaciales hors d’une chambre, hors d’un endroit chauffé.

On peut encore mourir de froid en France en 2017 et ce fait est insupportable.

Certains ont même la mauvaise foi d’accuser l’arrivée des réfugiés (pas si massive que cela en France), pour lesquels on trouve miraculeusement des centres d’accueil, au détriment des "pauvres" bien français. La préférence nationale en matière de lutte contre la pauvreté est d’ailleurs une fumisterie totale : il faut sauver toute personne en danger, quelle qu’elle soit, et personne ne s’aviserait à demander la carte d’identité à une personne tombée à l’eau et qui risquerait de se noyer. En hiver 1954, quand l’abbé Pierre avait tant bousculé les consciences après son appel radiophonique, il n’y avait pas autant d’immigration, pas de réfugiés, et pourtant, il y avait la pauvreté dans les villes.

Résistant dans le Vercors, député MRP de Nancy à 33 ans, de 1945 à 1951, l’abbé Pierre était avant tout un engagé dans l’humanité et dans l’humilité, pour ne pas dire un enragé de la vie. Sa principale initiative fut la création en novembre 1949 à Neuilly-Plaisance du Mouvement Emmaüs, du nom d’un village palestinien proche de Jérusalem.

Aujourd’hui, une quarantaine de pays accueillent des communautés Emmaüs. Grâce à l’abbé Pierre, ces communautés lui survivent.

 

Refusant honneurs et responsabilités hiérarchiques au sein de l’Église catholique l’Abbé Pierre a toujours préservé sa liberté de parole.
L’ appel de l’Abbé Pierre du 1erfévrier 1954 n’a hélas toujours pas vieilli : « Mes amis, au secours ! Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à trois heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier, on l’avait expulsée… Chaque nuit, ils sont plus de deux mille recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d’un presque nu. Devant l’horreur, les cités d’urgence, ce n’est même plus assez urgent ! (…) Il faut que ce soir même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s’accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait couverture, paille, soupe (…) [avec] ces simples mots : "Toi qui souffres, qui que tu sois, entre, dors, mange, reprends espoir, ici, on t’aime !" ».

Il y a dix ans mourrait Henri Grouès, l'abbé Pierre: une vie au service des pauvres depuis son appel du 1er février 1954  (hommage de Robert Clément)
Il y a dix ans mourrait Henri Grouès, l'abbé Pierre: une vie au service des pauvres depuis son appel du 1er février 1954  (hommage de Robert Clément)
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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 08:53
Antonio Gramsci par le philosophe André Tosel: une caractérisation de l'intérêt de cette pensée marxiste chercheuse et ouverte pour notre temps

Antonio Gramsci, né le 22 janvier 1891

Un sarde qui fut sans doute le plus grand intellectuel marxiste et communiste du XXIe siècle, du moins dans le registre de la pensée politique. 


La pensée de Gramsci conserve une actualité considérable parce qu’elle est un laboratoire, qui n’est pas fermé. Elle est un potentiel dont il faut extraire de manière critique les trésors, sans en attendre le prêt-à-penser qui permettait de résoudre les problèmes de notre époque, ce temps de détresse pour les «subalternes» du monde.

 

Lu sur la page Facebook de notre camarade parisien Robert Clément

 

« Un laboratoire inépuisable en temps de détresse »

Par André Tosel, philosophe, Professeur émérite à l’université de Nice Sophia-Antipolis.

« La pensée de Gramsci conserve une actualité considérable parce qu’elle est un laboratoire,

qui n’est pas fermé. Elle est un potentiel dont il faut extraire de manière critique les trésors, sans en attendre le prêt-à-penser qui permettait de résoudre les problèmes de notre époque, ce temps de détresse pour les «subalternes» du monde.
Gramsci a consacré sa vie à définir les conditions et les perspectives d’une hégémonie des masses subalternes des cités et des campagnes des nations de l’Europe orientale et occidentale, dans une période marquée par le reflux révolutionnaire et la victoire des fascismes en Europe, mais aussi par une incertitude et un scepticisme relatifs à l’entreprise révolutionnaire dans l’URSS stalinienne. Une seule question le préoccupe, celle de la sortie des masses de la subalternité économique, sociale, politique, culturelle. La compréhension de la subalternité permet de préciser les conditions requises pour libérer la capacité de subalternes à être créateurs de civilisation. Des questions lourdes surgissent et sont encore les nôtres. Les multitudes actuelles divisées, fragmentées, humiliées seront-elles capables de faire la preuve de leur capacité à inventer une économie centrée sur la satisfaction des besoins et délivrée de la valorisation capitaliste ? Réussiront-elles à créer une politique permettant de traduire la spontanéité populaire et où la centralisation du pouvoir dans l’État et les partis dirigeants soit orientée sur la réduction de l’écart entre dirigeants et dirigés ? Parviendront-elles à une culture fondée sur une conception du monde traduisant en son langage les avancées de la pensée, et produisant une rectification critique du sens commun des masses subalternes ? Ne plus poser ces questions qui sont celles de l’hégémonie revient à avaliser la victoire actuelle du capitalisme néolibéral.

Dans les pays capitalistes les plus développés, la défaite actuelle semble renvoyer l’hégémonie des subalternes à une utopie inconstructible, mais dans des pays émergents, notamment en Amérique du Sud, l’esquisse d’un procès de réalisation contraire se profile et Gramsci a été et demeure une référence.
Gramsci a su poser ces questions en sortant d’une perspective stratégique dominée par la logique binaire de la confrontation « pure » du travail et du capital. D’une part, il comprend que l’hégémonie capitaliste dans le cadre national-populaire repose sur la production d’un bloc historique intégrant une pluralité de classes sociales, politiques, culturelles auxquelles il faut réserver une place et dont il faut obtenir le consensus permanent à partir de la reproduction du mécanisme d’accumulation économique – l’hégémonie naît de l’entreprise. D’autre part, les luttes nationales-populaires doivent être nécessairement articulées dans un cadre international.
Gramsci donne une leçon de méthode majeure. Il montre qu’à chaque niveau spécifique se pose la question de la traductibilité des luttes économiques limitées en luttes politiques et idéologiques, et celle de la catharsis, de la purification et transmutation de l’élément économico-corporatif en élément éthico-politique. Le moyen de ces opérations est constitué par la production d’une « réforme intellectuelle et morale » qui transforme le sens commun des subalternes pour en faire des acteurs et qui sert de base à des institutions de liberté en ancrant l’État et la politique dans la vie de la société civile. Gramsci a su inclure dans cette réforme la question des intellectuels. Il a compris la division entre intellectuels de la classe dominante, fonctionnaires de ses activités spécifiques (économie, politique, droit), et ceux de la classe dominée candidate à l’hégémonie. Gramsci a su ainsi imiter et corriger l’utopie issue de Marx et reprise par le bolchevisme, celle de la thématique de la fin de l’État, des classes, de la religion, du marché en général, du droit.
Ce réalisme politique libérateur est aujourd’hui limité sous trois points de vue : tout d’abord fait problème la conception du parti un et englobant, « le prince moderne », supposé représenter et orienter les transformations de la société en sa totalité. Ensuite la thèse féconde selon laquelle l’hégémonie naît de l’usine est certes liée à la reconnaissance des transformations du travail mais elle défend un industrialisme fordiste disciplinaire remplacé par les contraintes subtiles du management qui capture les demandes d’autonomie individuelle et de subjectivation. Enfin, cet industrialisme n’est pas en mesure de faire face à la question écologique majeure. Il nous appartient de travailler à une théorie critique spécifique des formes, des modes de subjectivité sociale et des contradictions du capitalisme de l’époque de la mondialisation ».

 

lire aussi: 

 

Il faut sauver Antonio Gramsci de ses ennemis (Robert Maggiori, Libération, mercredi 3 août 2016)

Antonio Gramsci par le philosophe André Tosel: une caractérisation de l'intérêt de cette pensée marxiste chercheuse et ouverte pour notre temps
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