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22 février 2023 3 22 /02 /février /2023 10:46
En Bretagne, les « tsunamis de violences » de l'extrême droite - L'Humanité, 21 février 2023
En Bretagne, les « tsunamis de violences » de l'extrême droite

L’extrême droite multiplie les attaques contre les protagonistes de projets solidaires avec les personnes exilées. Dans l’Ouest, journalistes, élus, responsables associatifs sont les cibles de graves menaces émanant de la fachosphère, qui agit pour l’instant en toute impunité.

Publié le Mardi 21 février 2023

La Bretagne est balayée depuis quelques mois par de forts coups de vents bruns. Mi-janvier 2023, la municipalité de Callac (Côtes-d’Armor) annonce, après un « tsunami de violences », selon les termes de Laure-Line Inderbitzin, maire adjointe PCF, l’abandon de son projet Horizon, portant sur l’accueil et l’insertion de personnes migrantes.

L’extrême droite s’est mobilisée contre cette initiative, n’hésitant pas à user de menaces en tous genres pour faire plier les porteurs de cette action humaniste et solidaire que devait financer le fonds de dotation Merci. Galvanisés par ce qu’ils considèrent comme une « victoire », les acolytes d’Éric Zemmour et compagnie continuent de faire souffler leur vent haineux.

« On va te crever pourriture et tes Négros que tu aimes tant ! » adressé au rédacteur en chef de l'hebdomadaire local

Ce 20 février, les locaux de l’hebdomadaire le Poher, situé à Carhaix, ont ainsi été évacués à la suite d’une alerte à la bombe. Rien n’indique, pour l’heure, que l’extrême droite en soit à l’origine. Mais le 31 janvier, en revanche, la rédaction a reçu un mail à l’attention de son rédacteur en chef, Erwan Chartier, pour lequel le doute n’est guère possible. On y lit : « On va te crever pourriture (un terme également utilisé dans l’alerte à la bombe – NDLR) et tes Négros que tu aimes tant ! »

L’intéressé a porté plainte pour menace de mort. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’il subit les foudres de l’extrême droite. Quelques semaines plus tôt, il a été mentionné de façon injurieuse dans un article de Bernard Germain, candidat Reconquête aux dernières législatives, paru sur le site Résistance républicaine, et intitulé « À Callac, l’avenir de l’homme, ce n’est pas la femme, c’est l’Africain ».

Le texte est présenté comme une réaction à une enquête du Poher sur les tensions autour du projet Horizon. Le journaliste y est qualifié d’ « ignare », de « minable petit collabo » et d’ « immigrationniste islamophile ».

« Le mail de menace de mort m’est parvenu le lendemain du jour où Bernard Germain a reçu son assignation en justice à la suite de la plainte déposée après la parution de cet article », confie Erwan Chartier. Par la suite, l’hebdomadaire est une nouvelle fois victime de menaces, le 8 février, par téléphone. « Une voix masculine demande à mon propos : “À quelle heure je peux passer lui mettre une balle dans la tête ?”, promettant le même sort à la salariée qui a répondu », raconte le rédacteur en chef.

« Leurs méthodes font vraiment peur »

Bernard Germain se défend, quant à lui, de tout lien avec ces pratiques d’intimidation. « Je mène, au grand jour, un combat loyal et condamne ces méthodes », assure-t-il à l’Humanité. Il sera néanmoins jugé le 3 mars. Et son procès fait l’objet d’une forte communication dans les réseaux nationalistes et identitaires.

Parallèlement à cette mobilisation, la mouvance brune a trouvé un autre cheval de bataille. Bernard Germain, Pierre Cassen, de Riposte laïque, Christine Tasin, de Résistance républicaine, ou encore Catherine Blein, exclue du RN à la suite de son soutien aux auteurs de l’attentat contre les mosquées de Christchurch (Nouvelle-Zélande), en 2019, et d’autres font bloc au sein du Collectif de préservation de l’école de la Pierre-Attelée, à Saint-Brévin-les-Pins, en Loire-Atlantique.

Objectif : mener la fronde contre le projet d’implantation d’un centre d’accueil pour demandeurs d’asile (Cada), à proximité des écoles maternelle et primaire de cette commune du littoral atlantique. Et leur stratégie semble être la même qu’à Callac.

« Leurs méthodes font vraiment peur, alerte Perrine Jacotin, militante de la section locale du PCF. Ils parlent de viols sur les enfants. Ils multiplient les menaces sur leurs sites Internet. Ils s’en prennent aux élus, à la présidente de l’association des parents d’élèves (APE), à la directrice de l’école… »

Cette dernière, en poste depuis la rentrée 2022, a d’ailleurs dû porter plainte après la publication d’une photographie d’elle, estampillée du qualificatif « collabo » sur le site de Riposte laïque. « La photo a été dérobée sur l’intranet de l’école, explique Sabrina Mallard, responsable de l’APE. Pour ma part, j’ai été amenée à déposer un renseignement judiciaire pour usurpation d’identité. Une fausse lettre signée par l’APE a été adressée à l’inspection d’académie pour s’opposer au Cada. En réalité, en tant qu’association, nous avons décidé de ne pas nous prononcer sur ce projet. »

Le maire traité de  « collabo » sur la toile xénophobe

Les membres du collectif d’extrême droite n’hésitent pas à se procurer les adresses électroniques des représentants des parents d’élèves, de la directrice de l’école et d’élus municipaux pour leur adresser des menaces. Bernard Germain n’y voit pas de problème. « Ces mails ne posent aucun souci, argumente le prédicateur xénophobe. Ils s’adressent à des gens irresponsables, des collabos qui soutiennent un projet immigrationniste pouvant avoir des conséquences terribles. » Il fait ainsi allusion à de supposées violences perpétrées contre des enfants par des exilés, auxquelles les élèves de la Pierre-Attelée pourraient être exposés.

« Nous accueillons régulièrement des personnes exilées, depuis 2017, explique Yannick Morez, l’édile (DVD) de Saint-Brévin. Nous n’avons jamais rencontré de problème. Et lorsque l’association Aurore, en charge de leur accueil, nous a indiqué qu’elle souhaitait pouvoir aussi recevoir des femmes et des enfants, nous avons jugé bon d’accompagner le projet de la sous-préfecture d’ouvrir un Cada dans la commune. »

Ce positionnement lui vaut, lui aussi, d’être pointé sur la Toile xénophobe comme « collabo », sans compter les menaces de mort. « J’ai lu des commentaires sur leurs sites du genre : “arrêt du projet ou bien la mort” ou encore “ce ne sera pas une tarte à la crème mais une tarte de plomb”, confie l’élu. Mais on ne se laissera pas intimider. De toute façon, c’est un projet de l’État et il a été adopté à l’unanimité du conseil municipal. »

Le projet est aussi soutenu par la population. Le Collectif des Brévinois attentifs et solidaires appelle à une manifestation en soutien au Cada, le 25 février, et entend exprimer sa solidarité, dans la matinée, avant que l’extrême droite vienne déverser sa haine lors d’un rassemblement prévu dans l’après-midi.

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22 février 2023 3 22 /02 /février /2023 09:45
L'extrême-droite ne fera pas sa loi: Rassemblement de soutien au journal Le Poher le samedi 25 février à 11h30 à Carhaix

Communiqué du PCF Finistère - 22 février 2023

La fédération du PCF du Finistère et de la section du PCF Carhaix-Huelgoat appellent à manifester très nombreux samedi 25 février devant la rédaction du Poher à Carhaix à 11h30 à l'appel de plusieurs syndicats et du SNJ, pour dénoncer et demander que l’État prenne au sérieux les menaces et tentatives de déstabilisation graves subies par les journalistes et employés du journal Le Poher et une journaliste de France 3 de la part de militants d'extrême-droite.
Nous considérons qu’après les intimidations à son encontre lors de la manifestation de Callac, l’extrême droite montre son vrai visage.
 
Ce sont les mêmes personnes, très actives sur les réseaux sociaux et très certainement aussi dans des réseaux actifs plus obscurs de la fachosphère bretonne, qui ont été à la manoeuvre avec les méthodes les plus répugnantes et les arguments les plus délirants pour empêcher le projet d'accueil des réfugiés à Callac, en intimidant notamment des élus et des habitants.
 
Il est intolérable, en démocratie, que de telles menaces soient proférées. S’en prendre à la liberté de la presse, c’est un pas vers la dictature. Les communistes finistériens sont attentifs à la banalisation qui est faite de l’extrême droite et de ces groupuscules fascisants.

Nous demandons que l’État, la justice et la police, prennent la mesure du danger de l'extrême-droite radicale pour la démocratie, les valeurs de la République et nos vies, et mènent sérieusement et avec des moyens l'enquête pour trouver et condamner les auteurs des menaces de mort contre les journalistes du Poher.

Nous voulons aussi par là-même exprimer notre soutien à l'ensemble des journalistes de la presse régionale et nationale dans leur travail pour produire une information honnête, indépendante, basée sur l'objectivité et les faits.

Les communistes seront toujours du côté de ceux qui défendent les valeurs démocratiques et pratiquent la liberté d'informer contre l’obscurantisme haineux, d'où qu'il vienne.

 

"Le SNJ toujours en soutien du Poher et de tous les journalistes menacés par l’extrême-droite. Le SNJ appelle la profession à participer au rassemblement pour la liberté d’informer face aux menaces de l’extrême-droite, ce samedi 25 février à 11h30, devant la rédaction du journal Le Poher, à Carhaix" : https://www.snj.fr/.../le-snj-toujours-en-soutien-du...

Le SNJ toujours en soutien du Poher et de tous les journalistes menacés par l’extrême-droite

 

Le SNJ apporte à nouveau son soutien à la rédaction du Poher, qui a reçu une menace à la bombe. Le SNJ, qui a également co-signé un texte, appelle la profession à rassemblement, ce samedi 25 février, à 11h30, à Carhaix. 

 

 


 

 

Le 8 février, le Syndicat national des journalistes, première organisation de la profession, apportait son soutien au journal Le Poher, et à toute son équipe suite à des menaces de mort reçues le 31 janvier.

 

Lundi 20 février, c’est une menace d’alerte à la bombe qu’a reçue la rédaction. Comme le 31 janvier, il ne fait aucun doute que cette nouvelle intimidation provient de l'extrême-droite. En parallèle, une journaliste de France 3 était aussi victime d’intimidations pour avoir fait son métier en évoquant le harcèlement numérique dont le Poher fait également l’objet sur des sites d’extrême-droite. 

 

Aujourd'hui, la ville de Callac et plus largement des élus du Centre-Bretagne, des militants associatifs et des journalistes sont victimes de ce phénomène violent. 

 

Après les menaces verbales, des intimidations qui contraignent la rédaction à cesser le travail pour laisser intervenir les forces de l’ordre, cette atteinte à la liberté d’informer et d’être informé, garantie par notre Constitution, est intolérable. 

 

Le SNJ, au-delà des faits insupportables qui doivent être traités par les services d’enquête et la justice, souhaite une prise de position ferme de la sphère politique. Ces attaques multiples, insidieuses, contre tout journaliste qui rapporte des informations sur les mouvances d’extrême-droite, leurs agissements et leurs manœuvres n’ont que trop duré. 

 

Nous appelons à une opposition unanime contre les discours appelant à la haine et des moyens appropriés pour que chaque acteur, dans ses fonctions, puisse mettre fin aux impunités du harcèlement orchestré en ligne. Il est grand temps que le législateur donne enfin les moyens et s'oppose fermement aux discours qui attaquent la liberté d’informer et d’être informé.

 

Le SNJ renouvelle son soutien aux journalistes du Poher et de France 3 ainsi que toutes celles et ceux qui subissent, depuis de longs mois, les attaques ad hominem des mouvances d’extrême-droite dont les principaux animateurs sont parfaitement identifiés. Le SNJ se tiendra à leurs côtés, dans toute procédure intentée, pour défendre cet aspect essentiel de notre profession.

 

Le SNJ appelle la profession à participer au rassemblement pour la liberté d’informer face aux menaces de l’extrême-droite, ce samedi 25 février à 11h30, devant la rédaction du journal Le Poher, à Carhaix. 

 
 

 

Paris le 21 Février 2023

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22 février 2023 3 22 /02 /février /2023 08:18
Communist'Art: Tristan Tzara (1893-1963) - le poète dadasophe au service de la Révolution
Breton - Eluard - Tzara - Perret (1932) - Israël Museum

Breton - Eluard - Tzara - Perret (1932) - Israël Museum

Hans ARP, Tristan Tzara, Hans Richter en face de l'Hôtel Elite, Zurich

Hans ARP, Tristan Tzara, Hans Richter en face de l'Hôtel Elite, Zurich

Tristan Tzara - La première aventure céleste de M. Antitpyrine. Avec des bois gravés et coloriés par Marcel Janco, Zurich, 28 juillet 1916 (Album de l'exposition Dada du Centre Pompidou, 2005)

Tristan Tzara - La première aventure céleste de M. Antitpyrine. Avec des bois gravés et coloriés par Marcel Janco, Zurich, 28 juillet 1916 (Album de l'exposition Dada du Centre Pompidou, 2005)

Tristan Tzara (1893-1963)- le poète dadasophe au service de la Révolution
 
Pour faire un poème dadaïste
Pour faire un poème dadaïste
Prenez un journal.
Prenez des ciseaux.
Choisissez dans ce journal un article ayant la longueur que vous comptez donner à votre poème.
Découpez l’article.
Découpez ensuite avec soin chacun des mots qui forment cet article et mettez-les dans un sac.
Agitez doucement.
Sortez ensuite chaque coupure l’une après l’autre.
Copiez les consciencieusement dans l’ordre où elles ont quitté le sac.
Le poème vous ressemblera.
Et vous voilà un écrivain infiniment original et d’une sensibilité charmante, encore qu’incomprise du vulgaire.
 
***
Aragon à propos de Tristan Tzara, arrivé à Paris le 18 janvier 1920:
"Nous fûmes quelques-uns qui l'attendîmes (...) comme s'il eût été cet adolescent sauvage au temps de la Commune sur la capitale dévastée, et duquel aujourd'hui encore ceux qui le connurent gardent un blême effroi"  (cité par Jean Ristat - Aragon."Commencez par le lire". Découvertes Gallimard, 2011)
 
***
Tzara, 1947:
 
"On sait quelle importance j'ai accordée au surréalisme, qui a fait de la poésie une activité liée aux manifestations de la vie, une manière de vivre. Il a su rendre consciente la transformation de la révolte du poète en un sentiment révolutionnaire. Il a essayé, à la suite de Baudelaire, de Rimbaud, de concilier le rêve et l'action. Mais je dois dire qu'agiter des gris-gris de sorcier, comme les surréalistes le font aujourd'hui, ne me semble pas constituer la méthode la plus efficace pour effectuer ce changement radical de la société actuelle dont ils avaient fait dépendre l'intégration de leurs activités dans le comportement humain. Les mythes ne se créent pas à partir du cabinet de travail, mais dans l'ardeur de l'action et l'exaltation du combat.
 
La poésie est action. Elle ne se laisse pas cadenasser dans des systèmes clos. Si la poésie ne doit pas servir l'homme, si elle ne doit pas l'aider à se libérer des contraintes intérieures, d'ordre moral, et extérieures, d'ordre social, elle n'est plus qu'objet de jouissance, simplement amusement".
 
Conférence de Tristan Tzara à la Sorbonne, 17 avril 1947 - cité par Pierre Seghers, la Résistance et ses poètes

 
 
***
 
Tristan Tzara - pseudonyme de Samuel Rosenstock - est un poète et essayiste d'origine roumaine.
 
Né dans une famille juive relativement modeste, il devient élève d'un lycée français à Bucarest.
 
Il y fonda en 1912 une revue littéraire de tendance symboliste, avec ses amis Ion Vinea et Marcel Janco.
Ses études secondaires achevées, il s’inscrivit à l’Université de Bucarest pour y suivre simultanément des cours de philosophie et de mathématiques.
Mais ses occupations littéraires et artistiques, puis l’entrée en guerre imminente de la Roumanie aux côtés des Alliés incitèrent ses parents à l’envoyer à Zurich, à l’automne de 1915. Censé y poursuivre des études de philosophie.
 
Il ne tarda pas à fonder le Mouvement Dada, au café Terrasse (le 8 février 1916), qui s’annonçait comme une volonté de maintenir un idéal humain en dépit du conflit mondial. Avec ardeur, Tristan Tzara se préoccupa de nouer des contacts entre les artistes de tous les pays belligérants, à qui il proposa d’accueillir leurs tableaux et leurs poèmes dans les expositions et la revue Dada qu’il animait. Au début, Dada se présentait comme le melting-pot de l’expressionnisme germanique, du futurisme italien, du cubisme français, tout en s’intéressant à des formes d’expression négligées jusqu’alors, telles que l’art nègre. Tzara créa Dada, à Zurich en 1916 avec Marcel Janco, Hugo Ball, Emmy Hennings, Richard Huelsenbeck, Otto et Adya von Rees, Sophie Taeuber, Hans Richter et Christian Schad.
 
Au nom du doute universel et de la spontanéité, il proclama la nécessité de tout détruire et balayer, pour reconstruire sur des valeurs fiables, essentiellement humaines, comme la bonté et la joie de vivre.
 
Dada est l'enfant illégitime d'une sale guerre, une protestation contre l'ordre bourgeois et ses normes dans l'art. "Nous étions hors de nous devant les souffrances et l'avilissement de l'humanité", écrivait Marcel Janco, le compatriote roumain de Tzara.
 
Le Manifeste Dada de 1918 écrit par Tristan Tzara marqua une violente rupture avec toutes les tendances modernistes.
 
Dans le Manifeste Dada de 1918, Tzara écrit:
 
"Revenants ivres d'énergie, nous enfonçons le triton dans la chair insoucieuse. Nous sommes ruissellements de malédictions et abondance, tropique de végétations vertigineuses, gomme et pluie est notre sueur; nous saignons et brûlons la soif, notre sang est vigueur (...). Je vous dis: il n'y a pas de commencement et nous ne tremblons pas, nous ne sommes pas sentimentaux. Nous déchirons, vent furieux, le linge des nuages et des prières et préparons le grand spectacle du désastre, l'incendie et la décomposition".
 
Dada est, dit Tristan Tzara en 1923 (interview à Georges Hugnet), "la matérialisation de son dégoût. Avant Dada, tous les écrivains modernes tenaient à une discipline, à une règle, à une unité. Après Dada, l'indifférence active, la spontanéité, la relativité entrèrent dans la vie"...
 
En 1947 encore, dans "Le Surréalisme et l'après-guerre", Tzara, devenu entre temps communiste, dit de Dada qu'il "naquit d'une révolte qui était commune à toutes les adolescences, qui exigeait une adhésion complète de l'individu aux nécessités profondes de la nature, sans égards pour l'histoire, la logique ou la morale ambiance. Honneur, Patrie, Morale, Famille, Art, Religion, Liberté, Fraternité, que sais-je, autant de notions répondant à des nécessités humaines, dont il ne subsistait que de squelettiques conventions, car elles étaient vidées de tout contenu initial".
 
Quand Tzara importe Dada à Paris en 1920, accueilli par le peintre Picabia, puis par le groupe Littérature qui se tient dans son sillage, Dada est devenu déjà un mouvement artistique international, avec des ramifications à Berlin, une proximité là-bas avec le mouvement spartakiste, et d'avant-garde, à la dimension internationale, regroupant des artistes aussi importants que  les peintres et plasticiens Francis Picabia, Marcel Duchamp, Jean Arp, Man Ray, Max Ernst, George Grosz, Rudolf Schlichter, Raoul Hausmann, Sophie Taeuber Arp, et également les poètes Soupault, Aragon, Breton, Eluard, etc.
 
A Paris, Dada produit une sorte "d'ivresse collective", et de poétique du scandale et de la révolte par l'humour, entendant faire table rase des valeurs consacrées, notamment celles des beaux arts et du bon goût.
 
"Nous proclamions notre dégoût, nous faisions de la spontanéité notre règle de vie, nous ne voulions pas qu'il subsistât une distinction entre la vie et la poésie, notre poésie était une manière d'exister", écrit Tzara en 1947 (Le surréalisme et l'après-guerre).
 
Dada se joue des séparations de genre et de registres de goût, traîne l'Art dans la rue, la raison dans le rêve, la folie et le chaos, ramène la société et ses principes désordonnés et absurdes.
 
Tzara est un des poètes les plus importants de ce mouvement qu’il a fondé avec Jean Arp et Hugo Ball, un mouvement d’avant-garde totalement révolutionnaire dans le sens où il cherchait à rompre avec tous les paramètres établis au cours de l’histoire littéraire et artistique. Le dadaïsme était la pierre angulaire de l'apparition plutard de plusieurs mouvements tels que le surréalisme et, dans une certaine mesure, la Pop Art des années 60.
Tzara écrit ses premiers textes de Dada (notamment 'La Première Aventure Céleste de Monsieur Antipyrine' durant la même année). D'autres recueils paraissent plus tard tels que "Vingt-Cinq Poèmes" paru en 1918 et "Sept Manifestes de Dada" en 1924.
 
Tzara participe au développement des méthodes d'écriture automatique, notamment le collage.
 
À Paris, il organise, avec ses camarades de mouvement, des spectacles de rue pleins d’absurde et de fracas pour épater le bourgeois.
 
Dans les années 1929-1935, Tzara rejoint le mouvement surréaliste, dont plusieurs poètes sont très proches du Parti communiste.
 
Son œuvre poétique n’ayant cessé d’aller dans le même sens, c’est tout naturellement que le surréalisme accueillit Tristan Tzara en 1929 et publia des fragments de son épopée lyrique L’Homme approximatif.
 
Jusqu’en 1935, il participa activement à ce qu’il nommait la période idéologique du mouvement. Bien qu’il se défendît du « freudo-marxisme », son Essai sur la situation de la poésie (1931), son recueil Grains et issues (1935) tentèrent, chacun à leur manière, de concilier la psychanalyse et le marxisme dans l’approche des phénomènes poétiques.
 
Parallèlement, il adhéra, dès sa création, à l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR), émanation du Parti communiste, à laquelle adhérèrent les surréalistes, et à la Maison de la Culture, fondée par Aragon. Un article dans l’Humanité (27 février) atteste de son soutien au début de l’année 1933, année de l’exclusion du PCF d’André Breton, de René Crevel et de Paul Éluard (après une première adhésion en 1927, et une exclusion en 1933, Eluard, qui restera compagnon de route pendant le Front Populaire et pendant la Résistance, écrivant pour les Lettres françaises clandestines, redevient adhérent du PCF en 1944, et ce jusqu'à sa mort en 1952).
 
Tristan Tzara va fortement s’engager aux côtés des républicains espagnols. Dès le début de la guerre d’Espagne, il fut délégué de l’Association pour la défense de la culture auprès des intellectuels espagnols, dont il assura le secrétariat.
 
En 1937, quand il intervient sur Madrid assiégée au Palais de la Mutualité (dans le cadre de la Maison de la culture), l’Humanité (12 janvier) le présente comme un de ses correspondants à Madrid avec Georges Soria.
 
Il y dénonce les franquistes et récuse “les prétendues atrocités des républicains” (L’Humanité, 16 janvier 1937).
 
Son discours au congrès sur “L’individu et la conscience de l’écrivain” affirme alors sa foi en l’homme et sa conscience révolutionnaire. Il fit ensuite partie des organisateurs du second congrès international des écrivains à Valence et Madrid assiégée.
 
Une photographie le montre sur la tribune honorant la mémoire de Garcia Lorca "assassiné par les rebelles” (Ce soir, 20 juillet 1937).
 
Son discours sur « L’Individu et la conscience de l’écrivain » affirmait sa foi en la dignité humaine dans la conscience révolutionnaire. Il publie aussi dans Regards (« Les beautés de l’Espagne ») la même année, un article dénonçant la non intervention des démocraties française et britannique. Et c’est bien sûr dans Ce soir (2 août) qu’il rend ensuite hommage à Gerda Taro.
 
 
En 1939, au moment de l’effondrement de la République, il organise des collectes pour sauver « les intellectuels espagnols » (Ce soir, 13 février).
 
Durant l’Occupation, Tristan Tzara fut contraint de vivre dans la clandestinité à Souillac (Lot), où il fit circuler quelques poèmes, en contrebande.
 
A Toulouse et à Cahors, Tzara publie deux poèmes-tracts en 1944: "Une route seul soleil", "ça va".
 
ça va
 
trotte trotte petit cheval
la maison s'écroule
les coups de la voix se brisent contre l'enclume
la fumée vous happe
hommes ou vous qui avez cru l'être
pauvres petits morceaux de bois égarés
les mots hachés
enlevez-les tuez-les à même l'arbre
les enfants
eux au moins ont le sang menu
sur les routes des lèvres s'enfuient des regards
qui ne peuvent plus porter les corps dans leur pitié
si mince berceuse qu'à jamais se déchire le lien
mais qu'importe torture
yeux crevés de nacre
mâchoires de serpe
nuit envenimée par des postes
cachettes de braise
tout autour la solitude un seul cristal chacun pour soi
trotte trotte petit cheval
 
la meute sauvage a pénétré dans le sang
il gicle des tempes les silex sous le fer
la mort ne vient pas il faut courir longtemps après elle
un coup de poing le mot dans la gorge fêlée
tempes démentelées
et la tension dans l'ombre des muscles de l'attente
là-bas tout est flamme et ceux qui s'enfuient - des lapins
pauvres flammes hagardes
vont tomber dans la flamme battante
et alors que ne parlez vous roses magnétiques
des vents de la faim et de la soif ces doux jardins de l'homme
     enfantin
d'autrefois d'amour trouble de froid
le mot noyé dans la gorge un râle antique
tout cela là-bas
et le pollen des cendres aux neiges titubantes
trotte trotte petit cheval
 
défaites la lèpre des repas
délivrez les scorpions lunaires
ouvrez les écluses de boue
et les trappes de l'indignité
défoncez les barrages
que le flot de cadavres liquides submerge nos murs
et de toute la puanteur de ce nouvel enfantement
que l'homme se gorge jusqu'aux repaires de sa mémoire d'amour
jusqu'au crachat des visages
écrasez-les tuez-les à même l'arbre
jusqu'aux maudites tendresses des mères ici-bas
et à la confiance végétale des enfants qu'importe
des piques et des cadenas
des mouches vous dis-je des mouches de colle
et des visages d'enfants parmi les chairs
et de bruissantes corolles d'alphabets égrenés
comme un commencement du monde déjà putréfié défiguré
avant d'avoir goûté au cœur fruité du vent
le lait floral des fins envols
une seule larme immobile
trotte trotte petit cheval
 
rien au bout des doutes
rien dans les poches de l'eau
où vas-tu chargé de paysages morts
à ne pas voir ni sentir le temps aux coutures
je ne sais plus sable
trotte trotte petit cheval
 
Tristan Tzara, Souillac, 2 juin 1943
 
Tzara collabora après la Libération aux nombreux journaux issus de la Résistance, en particulier aux Lettres françaises, en sa qualité de membre du Comité national des écrivains, dont il fut l’animateur dans la clandestinité pour la zone sud-ouest, présidant, de 1944 à 1946, le Centre des intellectuels à Toulouse. Il contribua à la constitution du Centre d’études occitanes. Son article « Poésie latente, poésie manifeste » réfuta la notion sartrienne de « littérature engagée » car, pour lui, c’est le poète qui est plongé dans la vie, jusqu’au cou.
 
Simultanément, lors de sa conférence à la Sorbonne « Le surréalisme et l’après-guerre » (17 mars 1947), il reprocha aux surréalistes d’avoir déserté le combat pendant la guerre et de n’avoir été d’aucun recours pour l’individu en cette période (Les Lettres françaises, 28 mars 1947).
 
Tzara règle ainsi définitivement ses comptes avec les surréalistes, et en particulier avec André Breton. Cette soirée, houleuse, s’inscrit dans le contexte de la renaissance des « scandales littéraires » et dans la polémique autour d’’Arthur Koestler, soutenu par Breton dans Le Figaro Littéraire (fin 1946, Koestler a publié son Yogi et le commissaire).
 
Naturalisé français en avril de la même année, Tristan Tzara adhère alors au Parti communiste, dont il avait déjà la confiance depuis longtemps.
 
De grands recueils (La Face intérieure, De Mémoire d’homme) attestent la puissance de son verbe poétique qu’il n’aliéna jamais à une cause particulière.
 
C’est cette fois surtout aux Lettres françaises qu’il va trouver sa place, y donnant régulièrement des articles, et accédant à une véritable reconnaissance littéraire auprès des communistes.
 
Sa poésie y est qualifiée d’une « richesses exceptionnelles » (8 août 1947 pour la publication de Morceaux choisis), et on vante « son extraordinaire faculté de renouvellement » et son « génie verbal » (22 avril 1948). C’est avant tout dans l’hebdomadaire dirigé par Aragon que l’ancien dadaïste justifie son adhésion au PCF, et donc son rejet du surréalisme au profit d’une écriture engagée dans l’action.
 
On le retrouve aussi très présent au sein du Mouvement de la paix au début des années 1950, défendant aux Assises de Paris le poète turc Nazim Hikmet (Lettres françaises, 27 avril 1950). En lien avec le Conseil national des écrivains, il participe également aux « Batailles du livre ». Sans défendre stricto sensu le « réalisme socialiste », il promeut des artistes du Parti comme Picasso (Lettres françaises, 10 août 1950), et vante aussi l’art d’un James Ensor (8 décembre 1950).
 
Après la guerre, il aborda d'autres thèmes et problèmes existentiels plus actuels dans ses nouveaux livres 'Terre sur Terre' en 1946 et De Mémoire et La Face Intérieure en 1953 et 'Parler Seul' en 1655.
 
Tristan Tzara meurt le 24 décembre 1963 à son domicile à Paris et a été enterré au cimetière Montparnasse.
 
Source:
Livret de l'exposition Dada au centre Georges Pompidou
Article du Maitron sur Tristan Tzara - par Henri Béhar
La Résistance et ses poètes, Pierre Seghers
Valère Staraselski - Aragon La liaison délibérée (L'Harmattan)
Jean Ristat - Aragon."Commencez par le lire". Découvertes Gallimard, 2011
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22 février 2023 3 22 /02 /février /2023 06:00
Communist'Art: Nâzim Hikmet (1901-1963)
Nostalgie - Nâzim HIKMET
 
Cela fait cent ans
que je n’ai pas vu ton visage
que je n’ai pas passé mon bras
autour de ta taille
que je ne vois plus mon visage dans tes yeux
cela fait cent ans que je ne pose plus de question
à la lumière de ton esprit
que je n’ai pas touché à la chaleur de ton ventre.
Cela fait cent ans
qu’une femme m’attend
dans une ville.
Nous étions penchés sur la même branche,
sur la même branche
nous en sommes tombés, nous nous sommes quittés
entre nous tout un siècle
dans le temps et dans l’espace.
Cela fait cent ans que dans la pénombre
je cours derrière toi.
Tu es mon ivresse
De toi je n’ai point dessoûlé
Je ne puis dessoûler
Je ne veux point dessoûler
Ma tête lourde
Mes genoux écorchés
Mes vêtements crottés
Je vais vers ta lumière qui brille et qui s’éteint
en titubant, tombant, me relevant
 
Nâzim HIKMET
Nâzim Hikmet (1901, Salonique -1963, Moscou)
 
Poète turc, né à Salonique (aujourd'hui en Grèce), dans une vieille famille de dignitaires ottomans, Nâzim Hikmet a longtemps été exilé à l'étranger pour avoir été militant du Parti communiste de Turquie. Il est l'une des plus importantes figures de la littérature turque du xxe siècle, et l'un des premiers poètes turcs à utiliser des vers libres.
Révolté par l'occupation d'Istanbul par les puissances alliées après la première guerre mondiale, exalté par la lutte des paysans turcs pour l'indépendance et enthousiasmé par la révolution d'Octobre, il multiplie les allers-retours avec la Russie.
En 1922, il est à Moscou, où il s’inscrit à l’université des Peuples d’Orient pour étudier le marxisme. Il y rencontre les futuristes, se lie d’amitié avec Maïakovski, qui aura une grande influence sur ses poèmes inspirés de l’industrialisation et de la construction du socialisme en URSS, monte la garde devant le catafalque de Lénine. De retour en Turquie, il milite dans les rangs du Parti communiste turc clandestin, séjourne de nouveau à Moscou (1925-1928) et profite d’une amnistie pour rentrer au pays, où il publiera, jusqu’en 1932, cinq recueils de poèmes qui connaîtront un grand succès. Arrêté pour « complot contre l’État », il sera emprisonné à Bursa, d’abord jusqu’en 1935, puis de 1938 à 1950 pour avoir « incité la marine à l’insurrection ». Cette condamnation, prononcée au terme d’un long procès monté de toutes pièces, lui permettra de renouer avec la littérature populaire d’Anatolie au travers des détenus paysans qu’il rencontrera en prison.
En 1950, il entame une grève de la faim soutenue par un comité d’organisation international pour sa libération et, une fois la liberté recouvrée, quitte clandestinement la Turquie, laissant derrière lui son fils nouveau-né et son épouse. Il s’installe à Moscou et écrit des pièces de théâtre ainsi que des poèmes nostalgiques imprégnés de l’angoisse de la mort. Il parcourt le monde, faisant de nombreux séjours dans des villes européennes, asiatiques, africaines mais aussi à La Havane, pour défendre la cause de la paix : « Au cours de ma trente-sixième année, j’ai parcouru en six mois quatre mètres carrés de béton / Dans ma cinquante-neuvième année, j’ai volé de Prague à La Havane en dix-huit heures. » Dans sa soixante et unième année, il meurt d’une crise cardiaque, laissant un poème testament : « Enterrez-moi en Anatolie, dans un cimetière de village / Et si possible, un platane au-dessus de moi suffit. »
Après une longue période d’interdiction, ses livres sont de nouveau publiés en Turquie, mais la démarche qui a été faite par sa famille pour rapatrier sa dépouille n’a toujours pas abouti. Par contre, le gouvernement turc, après l’avoir persécuté tout au long de sa vie, le réhabilita en lui rendant à titre posthume la nationalité dont il avait été déchu en 1950.
Nazim Hikmet fut avant tout un grand novateur de la poésie turque contemporaine. Il s’exprima en vers libre, en faisant table rase des formes fixes traditionnelles. Sous l’influence du futurisme russe et de son avatar, le constructivisme, il chanta la nouvelle société, mais aussi le combat des hommes épris de justice sociale et de liberté. Il évolua plus tard vers une synthèse moderne de la tradition épique en composant "l’Épopée du cheikh Bedreddine" et "Paysages humains". Dans le premier ouvrage, il utilisa à merveille les sonorités de la poésie ottomane pour décrire une révolte paysanne du XVe siècle à caractère religieux et à visée communautaire, prônant l’abolition de la propriété privée et des discriminations religieuses.
 
Je suis communiste - Nâzim Hikmet
 
Je suis communiste.
 
Parce que je ne vois pas une meilleure économie au monde que le communisme.
 
Je suis communiste.
Parce que je souffre de voir les gens souffrir.
 
Je suis communiste.
Parce que je crois en l’utopie d’une société juste.
 
Je suis communiste.
Parce que chacun doit avoir ce dont il a besoin et donner ce qu’il peut.
 
Je suis communiste.
Parce que je pense que le bonheur est la solidarité humaine.
 
Je suis communiste.
Parce que je pense que toutes les personnes ont droit au logement, à la santé, à l’éducation, à l’emploi décent, à la retraite.
 
Je suis communiste.
Parce que je ne crois en aucun Dieu.
 
Je suis communiste.
Parce que personne n’a encore trouvé une meilleure idée.
 
Je suis communiste.
Parce que je crois aux êtres humains.
 
Je suis communiste.
Parce que j’espère qu’un jour toute l’humanité sera communiste.
 
Je suis communiste.
Parce que bon nombre des meilleures personnes dans le monde ont été et sont communistes.
 
Je suis communiste.
Parce que je déteste l’hypocrisie et que j’aime la vérité.
 
Je suis communiste.
Parce qu’il n’y a pas de distinction entre moi et les autres.
 
Je suis communiste.
Parce que je suis contre le marché libre.
 
Je suis communiste.
Parce que je veux me battre toute ma vie pour le bien de l’humanité.
 
Je suis communiste.
Parce que le peuple uni ne sera jamais vaincu.
 
Je suis communiste.
Parce que vous pouvez faire des erreurs, mais pas au point d’être un capitaliste.
 
Je suis communiste.
Parce que j’aime la vie et je me bats à tes côtés.
 
Je suis communiste.
Parce que très peu de gens sont communistes.
 
Je suis communiste.
Parce que certains disent être communiste et ne le sont pas.
 
Je suis communiste.
Parce que l’exploitation de l’homme par l’homme existe parce qu’il n’y a pas de communisme.
 
Je suis communiste.
Parce que mon esprit et mon cœur sont communistes.
 
Je suis communiste.
Parce que je suis important tous les jours.
 
Je suis communiste.
Parce que la coopération entre les peuples est la seule voie vers la paix entre les hommes.
 
Je suis communiste.
Parce que la responsabilité de tant de misère de l’humanité est celle de tous ceux qui ne sont pas communistes.
 
Je suis communiste.
Parce que je ne veux pas le pouvoir personnel, mais le pouvoir du peuple.
 
Je suis communiste.
Parce que personne n’a réussi à me convaincre que ce n’est pas le cas.
 
Nazim Hikmet
 
Source: article de 2013 de Nedim Gursel dans L'Humanité: https://www.humanite.fr/.../nazim-hikmet-je-n-ai-pas-ete...
 
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21 février 2023 2 21 /02 /février /2023 06:30

 

 

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21 février 2023 2 21 /02 /février /2023 06:26

 

 

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21 février 2023 2 21 /02 /février /2023 06:24

 

Le gouvernement dit que son projet permettra d’« améliorer la prise en compte de la pénibilité » au travail. Ces déclarations sont en contradiction avec la politique menée depuis 2017 puisque les dispositifs existants ont été affaiblis par l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron.

En effet, la loi Touraine de 2014 avait allongé progressivement la durée de cotisation à quarante-trois annuités. Mais elle avait aussi créé le Compte personnel de prévention de la pénibilité (C3P). Ce dispositif non rétroactif permettait aux salariés exposés à des conditions de travail éprouvantes d’accumuler des points pour financer des formations, un temps partiel sans baisse de salaire ou un départ à la retraite jusqu’à deux ans plus tôt. À l’origine, le C3P prenait en compte dix facteurs de risques :

- Les « contraintes physiques marquées » : manutention manuelle de charges, postures pénibles, vibrations mécaniques ;

- L’« environnement physique agressif » : agents chimiques dangereux, travail en milieu hyperbare, températures extrêmes, bruit ;

- Les « rythmes de travail » : de nuit, en équipes successives alternantes, répétitif.

Ces facteurs sont qualifiés selon des seuils réglementaires de temps et d’intensité. Par exemple, un salarié pouvait faire reconnaître le bruit comme facteur de pénibilité si son niveau d’exposition quotidienne (huit heures) atteint 81 décibels en moyenne six cents heures par an.

Ces facteurs de risque ont été réduits par Macron en 2017. Emmanuel Macron avait déclaré devant le patronat, lors de la campagne présidentielle, en mars 2017, « je n’aime pas le terme de pénibilité, donc je le supprimerai ». ès son accession au pouvoir, le C3P a été remplacé par le Compte professionnel de prévention (C2P). Le gouvernement ne s’est pas contenté de supprimer le mot « pénibilité », il a aussi réformé son financement et retiré quatre facteurs de risques : le port de charges lourdes, les postures pénibles, les vibrations mécaniques et les risques chimiques. y a donc moins de bénéficiaires depuis la réforme de la pénibilité de 2017, particulièrement moins d’ouvriers.

Dans la majorité des cas (61 %), les demandeurs utilisaient leurs points pour partir plus tôt en retraite : une possibilité ouverte seulement aux salariés âgés d’au moins 55 ans et pouvant avancer le départ de deux ans au maximum. C’était pour eux le principal intérêt de cette possibilité.

Plutôt que de réintégrer les quatre facteurs de risques supprimés au C2P, le gouvernement a choisi d’insérer trois « risques ergonomiques » (port de charges lourdes, postures pénibles, vibrations mécaniques) au sein d’un nouveau Fonds d’investissement dans la prévention de l’usure professionnelle doté d’un milliard d’euros pour 5 ans et le déplafonnement des points du C2P. Ceci n’ouvre aucun droit à une retraite anticipée. Jusqu’ici, un salarié ne pouvait cumuler plus de cent points au cours de sa carrière (soit vingt-cinq ans d’exposition à un facteur ou douze ans et demi pour plusieurs facteurs). La réforme prévoit de supprimer cette limite. C’est une mesure à double tranchant, car peut envoyer le message que la durée d’exposition n’est pas grave puisqu’on va gagner des points. Mais on ne cumule pas sans conséquence sur la santé.Dans cet esprit, le gouvernement veut aussi renforcer le suivi médical des salariés exposés aux facteurs de risques ergonomiques en créant une visite obligatoire de fin de carrière, à 61 ans, de favoriser un départ anticipé dès 62 ans à taux plein pour ceux qui ne sont pas en mesure de continuer de travailler.

Actuellement, le dispositif de retraite anticipée pour incapacité permanente d’au moins 10 % à la suite d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle donne droit, sous certaines conditions, à une retraite à taux plein à 60 ans. Ce départ anticipé sera donc repoussé de deux ans avec la réforme des retraites.

On s’éloigne de la définition légale de la pénibilité qui mentionne des risques professionnels « susceptibles de laisser des traces durables, identifiables et irréversibles sur sa santé », et non des incapacités déjà avérées. 

En conclusion, on passe d’un droit reconnu à une appréciation conjoncturelle. Les médecins du travail déclarent que ce n’est pas à eux de prendre ces décisions de mise en retraite. Ils seront d’ailleurs bien dans l’impossibilité de traiter ces dossiers compte tenu de la pénurie de professionnels dans le domaine de la médecine du travail.

 

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18 février 2023 6 18 /02 /février /2023 19:07
Rassemblement de solidarité avec le peuple ukrainien et pour la Paix le 5 mars 2022 à Brest place de la liberté (photo Eug)

Rassemblement de solidarité avec le peuple ukrainien et pour la Paix le 5 mars 2022 à Brest place de la liberté (photo Eug)

Appel  à rassemblement en solidarité avec le peuple ukrainien et pour la paix

Samedi 25 février à 14h30 place de la Liberté, Brest

En Ukraine et partout dans le monde, il n’y a d’autres solutions que la Paix !


 
Depuis le 24 février 2022, date du début de l'agression de la Russie contre l'Ukraine, ce conflit a déjà fait des dizaines de milliers de morts et de blessés, des destructions terribles, l'exode de millions d'ukrainiens. En Ukraine et partout dans le monde, il n’y a d’autres solutions que la Paix !

Les conséquences sociales, économiques et écologiques de cette guerre et des autres guerres en cours risquent de devenir de plus en plus terribles pour l'ensemble des populations des pays concernés et pour l’ensemble de la planète.

Il est urgent d'arrêter ces massacres et de stopper en Ukraine une escalade militaire susceptible de conduire à une extension mondiale de la guerre pouvant dégénérer en apocalypse nucléaire.

La seule issue possible c'est l’arrêt des combats et la construction d'une solution diplomatique et négociée dans le cadre des institutions internationales et dans le respect de la Charte des Nations unies.

 Les négociations en pleine guerre ont permis de trouver un accord pour l'exportation des céréales. Ce chemin diplomatique doit prévaloir pour que cessent les combats. Les logiques de guerre n'aboutissent qu'à des échecs.

Notre appel  à la paix ne se limite pas à l'Ukraine. Pour tous les conflits dans le monde, nous appelons les gouvernements à refuser la logique de la confrontation et de la guerre, à s'opposer au péril nucléaire en signant le Traité d' Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN)

 La paix, la coopération et l’amitié entre les peuples sont nécessaires pour faire face aux défis actuels, arrêter la course aux armements et mobiliser les ressources du monde entier pour la justice, la solidarité et la transition écologique.

En ce week-end mondial d'action contre la guerre venons en grand nombre témoigner notre solidarité avec les populations ukrainiennes et exiger un cessez le feu immédiat préalable à une résolution négociée du conflit.

Premiers signataires:

Collectif finistérien pour l'interdiction des armes nucléaires (Mouvement de la Paix, Université Européenne de la Paix, Agir pour un Environnement et un Développement Durable, Association France Palestine Solidarité, Anciens Appelés en Algérie et leurs Ami(e)s Contre la Guerre, CGT, FSU, Solidaires, Europe Écologie Les Verts, Ensemble !, La France Insoumise, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti Communiste Français, Union Démocratique Bretonne) et Iroise-Ukraine, Amnesty International, Ligue des droits de l'Homme, Confédération Nationale du Travail, Union Pirate,  Brest Nouvelle Citoyenneté, Génération.s, Parti Socialiste, Radicaux de Gauche, Union Communiste Libertaire, La Liste Citoyenne , Mouvement des Jeunes Communistes de France.

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17 février 2023 5 17 /02 /février /2023 09:58
Chili. Enfin la vérité sur la mort du poète Pablo Neruda ? - L'Humanité, Lina Sankari, 15 février 2023
Chili. Enfin la vérité sur la mort du poète Pablo Neruda ?

Le troisième panel d’experts doit rendre ses conclusions ce 15 février sur les circonstances du décès du poète. Sa famille confirme la présence d’un bacille meurtrier, accréditant la thèse de l’empoisonnement par les sbires de Pinochet.

Mercredi 15 février 2023, L'Humanité
 

À propos de son Chant général, Pablo Neruda avait l’habitude de dire qu’il n’y a pas « de matériel antipoétique lorsqu’il s’agit de nos réalités ». « Les faits les plus obscurs de nos peuples doivent être brandis en pleine lumière », ajoutait-il lors de la sortie de ce qui se révéla l’un de ses plus grands gestes lyriques.

Cinquante ans après son décès, la lumière pourrait bientôt surgir de sa dépouille. Celle qui permettrait d’éclairer les circonstances de sa mort, le 23 septembre 1973, douze jours après le coup d’État au Chili contre Salvador Allende. Ce 13 février, la famille du poète a révélé une partie des résultats de l’étude menée par le troisième panel de scientifiques du centre d’ADN ancien de l’université McMaster (Canada) et du département de médecine légale de l’université de Copenhague (Danemark), dont les conclusions devraient être rendues aujourd’hui. Des traces de la bactérie Clostridium botulinum ont été retrouvées dans ses os, favorisant la thèse de l’empoisonnement par les sbires du général Augusto Pinochet. « Il ne fait aucun doute que Neruda a été tué ! » tranche le neveu du prix Nobel, Rodolfo Reves.

Un bateau militaire devant la demeure de Neruda

Officiellement, le certificat rédigé par la junte mentionne un décès des suites d’un cancer de la prostate. Les experts qui, mis sous pression, ont déjà repoussé plusieurs fois la publication de leur rapport, sont pourtant formels : le bacille en cause, généralement présent dans le sol, n’a pas pénétré le cercueil mais était déjà présent dans le corps du poète avant qu’il ne rende son dernier souffle. « La balle mortelle de Neruda a été retrouvée, celle qu’il avait dans son corps. Qui a tiré ? Cela se saura bientôt », appuie Rodolfo Reves.

Après une longue bataille judiciaire, la dépouille de Pablo Neruda avait été exhumée en 2013. Son chauffeur et garde du corps, Manuel Araya, a toujours eu l’intime conviction de l’assassinat de celui qui fut également diplomate. « Nous, nous craignions pour sa vie car on le savait en danger. L’ambassadeur du Mexique voulait le faire sortir du pays », livrait-il à l’Humanité en 2013.

Dix jours avant son décès, un bateau militaire se poste devant la demeure de Neruda à Isla Negra, avant d’accoster et de demander combien de personnes sont employées par l’écrivain. Il reviendra à plusieurs reprises. « Pablo Neruda était un symbole à abattre. Il fut sénateur, candidat à la présidence, prix Nobel, communiste. Il était connu, reconnu et apprécié du peuple », témoigne Manuel Araya.

Des bactéries utilisées par le biochimiste de la police secrète de Pinochet

Le 22 septembre 1973, le garde du corps se rend avec Matilde, l’épouse de Neruda, dans leur demeure pour rassembler quelques affaires. L’après-midi même, on les informe qu’une injection a été pratiquée à la clinique Santa Maria à Santiago où le poète est hospitalisé. « Lorsque nous revenons à la clinique, Neruda est rouge, il me dit que tout son corps le brûle », confie-t-il. En quittant le centre médical, deux véhicules attendent Manuel Araya, qui échoue au commissariat. La suite des événements ne laisse d’interroger. Sergio Draper, le médecin qui a pratiqué l’injection, assure que Neruda est mort dans ses bras. Une version qu’il dément lors de son témoignage : il explique subitement ne pas avoir été présent à la clinique au moment du décès.

 
Lire aussi dans Le Chiffon Rouge:

Pablo Neruda - La Chanson désespérée ou la romance de Santiago du Chili (1924)

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17 février 2023 5 17 /02 /février /2023 09:53
Réforme des retraites - "La seule issue raisonnable, c'est le retrait!" - Interview du député communiste Pierre Dharréville par L'Humanité (Julia Hamlaoui, vendredi 17 février 2023)
Pierre Dharréville : « La seule issue raisonnable, c’est le retrait »

À l’issue d’un débat à l’Assemblée nationale, tronqué par la Macronie, le député communiste Pierre Dharréville invite la majorité à réfléchir aux conséquences d’un passage en force d’une réforme massivement rejetée.

Publié le
Vendredi 17 février 2023

L’ambiance à l’Assemblée nationale a fait couler beaucoup d’encre. Quel regard portez-vous sur les échanges des deux dernières semaines ?

Le gouvernement veut imposer son projet au pays. Et il a choisi le passage en force avec une procédure budgétaire qui lui donne la possibilité de couper court au travail parlementaire, quitte à légiférer par ordonnances. De notre côté, nous avons souhaité à la fois éclairer la réalité du projet, derrière sa publicité mensongère, et manifester notre opposition frontale.

Icon QuoteL’exécutif et la majorité utilisent tous les incidents possibles pour renvoyer à d’autres la responsabilité qui est la leur.

C’est le sens des amendements que nous avons déposés : contester, démasquer, proposer. Nous ne voulons pas que ce texte acquière de la légitimité à l’Assemblée. Pour autant, nous ne pouvons nous satisfaire de la tournure des discussions.

L’exécutif et la majorité utilisent tous les incidents possibles pour renvoyer à d’autres la responsabilité qui est la leur : celle d’un débat qui n’est pas serein parce que, dans le pays, une grande colère s’exprime. Ils tentent de se dédouaner et de renverser l’opinion, de démobiliser celles et ceux qui manifestent. C’est assez limpide et voué à l’échec. Nous avons retiré nos amendements, le 16 février au matin, pour faire cette démonstration.

« Le gouvernement n’a cessé de faire des concessions », prétend Bruno Le Maire. Presque au terme de l’examen, avez-vous relevé des modifications significatives ?

En réalité, la majorité n’accepte pas de ne pas tout décider toute seule et veut mener son projet à terme « quoi qu’il en coûte ». La semaine dernière, elle a quitté l’Hémicycle parce qu’elle allait être battue. Nous essayons de leur faire entendre raison : la seule issue raisonnable, c’est le retrait.

Icon QuoteLe gouvernement a une obsession, une promesse faite à Bruxelles : il veut deux ans de plus de travail, deux ans de moins de droit à la retraite pour tout le monde et une accélération de la réforme Touraine, qui augmente la durée de cotisation.

Le gouvernement a une obsession, une promesse faite à Bruxelles : il veut deux ans de plus de travail, deux ans de moins de droit à la retraite pour tout le monde et une accélération de la réforme Touraine, qui augmente la durée de cotisation. Le reste, ce sont des décorations inutiles, de l’habillage pour tenter de faire avaler le cœur du projet. C’est le cas, par exemple, de l’index des seniors, une disposition complètement inefficace. Les minces « concessions » s’adressent aux « Républicains », dont ils essaient d’obtenir le vote favorable.

Emploi des seniors, pénibilité, petites pensions… Ce sont des sujets importants, mais le prix qu’ils exigent pour de maigres améliorations, souvent hypothétiques à l’instar des soi-disant 1 200 euros minimum, est inacceptable. Il ne peut pas y avoir une discussion sur des contreparties quand le refus porte sur le cœur de la réforme. La retraite est un formidable geste de solidarité, de partage, de civilisation. Nous voulons l’améliorer.

L’examen se termine ce 17 février. Quelles propositions entendez-vous défendre ?

Nous avons défendu des propositions de financement alternatif face à un gouvernement qui prend prétexte d’un déficit qu’il a largement contribué à fabriquer. C’est un peu les Dalton qui crient « Au voleur ! ». Il faut arrêter d’assécher les finances de la Sécurité sociale et en finir avec les exonérations massives de cotisations sociales et le contournement du salaire.

Icon QuoteDepuis le premier centime, la finance juge que nos retraites lui coûtent trop cher.

Alors qu’il prétend qu’il n’y a pas d’alternatives, nous avons toute une batterie de propositions, et même une proposition de loi que nous avons présentée la semaine dernière dans l’Hémicycle. Assurer un vrai droit à la retraite par la répartition solidaire, c’est une question de classe : qui finance les retraites ? Depuis le premier centime, la finance juge que nos retraites lui coûtent trop cher. Certains membres de la majorité se font les chantres du système par répartition, mais en réalité leur projet consiste à le réduire à peau de chagrin pour faire de la place à la capitalisation qu’ils ont encouragée dès la loi Pacte, le premier étage de leur fusée.

Comment réagissez-vous à la motion de censure déposée par le Rassemblement national ?

C’est une gesticulation inutile pour essayer d’exister dans le débat et faire de la récupération. Elle est complètement à contretemps et vouée à l’échec. La question du dépôt d’une motion se posera pour nous, mais l’heure est à batailler contre ce projet.

Si les macronistes et LR s’entendent lors d’une commission mixte paritaire après l’examen du texte au Sénat, celui-ci ne sera pas réexaminé à l’Assemblée. Avez-vous encore des cartes en main ?

L’Assemblée aura à voter si tel est le cas. Ensuite, nous réfléchissons à des initiatives parlementaires qui permettraient de continuer à contester ce projet et à un recours devant le Conseil constitutionnel. Celui-ci est fondé, puisqu’il ne s’agit pas en réalité d’un budget rectificatif : il y a une tromperie manifeste et une instrumentalisation de dispositions constitutionnelles.

Icon QuoteLe mouvement puissant qui se développe montre l’aspiration très forte au progrès social et le rejet des politiques néolibérales.

Mais ce que nous souhaitons, c’est que ce projet soit retiré avant. Le mouvement puissant qui se développe montre l’aspiration très forte au progrès social et le rejet des politiques néolibérales. Au-delà même des retraites, les effets d’un passage en force et la crise politique qu’il alimenterait devraient inquiéter.

Réforme des retraites - "La seule issue raisonnable, c'est le retrait!" - Interview du député communiste Pierre Dharréville par L'Humanité (Julia Hamlaoui, vendredi 17 février 2023)
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