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3 mars 2021 3 03 /03 /mars /2021 06:24

 

Les tractations du secteur eau-propreté entre Veolia, Suez et Engie ont soulevé l’indignation. La direction du groupe Engie a une stratégie de cession par morceaux, phase ultime de la financiarisation des services publics historiques. L’ensemble du secteur public, notamment EDF, est touché par le même phénomène compromettant la transition énergétique.

*Éric Buttazzoni est syndicaliste CGT du secteur de l’énergie et ancien salarié d’Engie.

Aujourd’hui, la transition énergétique est plus que jamais à l’ordre du jour, mais l’évolution du secteur qui nous occupe ne va pas dans le bon sens. N’y a-t-il pas mieux à faire que de ne voir en ces groupes que des sources de revenus financiers ? N’y a-t-il pas au contraire besoin de les mobiliser au mieux dans une nouvelle politique publique ?

 

EDF, GDF ET SUEZ, RAPPELS HISTORIQUES

Jusqu’à 2004, EDF et GDF étaient des établissements publics assurant l’ensemble des activités liées l’une à l’électricité, l’autre au gaz. Dans les premières années du siècle, les deux groupes ont connu à la fois l’arrivée de la concurrence avec l’ouverture des marches via les directives européennes et la transformation en sociétés par actions avec ouverture du capital, voire pour GDF la privatisation. Suez de son côté était un groupe à la fois d’énergie (Electrabel au Benelux), de services à l’énergie (Cofely, Ineo, Axima, Endel...), d’eau (la Lyonnaise) et de propreté (SITA).

Après le rachat de GDF par Suez, en 2008, le nouveau groupe GDF Suez, devenu depuis Engie, avait ainsi cinq grandes activités : la production d’électricité, les activités gazières, les services à l’énergie (chaufferies, système de chaud et de froid dans les bâtiments, réseaux électriques et vidéo...), l’eau et la propreté. Ces deux dernières activités étaient liées dans un sous-groupe, Suez Environnement, qui a obtenu de prendre le nom de Suez en 2015. C’est la participation d’Engie dans ce sous-groupe qui a été vendue à Veolia en octobre 2020.

 

UNE TRANSFORMATION EN SOCIÉTÉS ANONYMES : LE PRÉALABLE NÉCESSAIRE À LA FINANCIARISATION

Jusque dans les années 1990, EDF et GDF étaient gérés sur le principe de la facturation au prix de revient, prix qui comprenait les besoins de renouvellement des installations et de leur développement. Le résultat devait être nul : ni perte car cela aurait été de la mauvaise gestion, ni gain car cela aurait signifié que les usagers avaient trop payé.

Dans les années 1990, les formules déterminant les tarifs ont été revues afin que le bénéfice devienne positif, créant ainsi une rentabilité financière permettant leur entrée en Bourse (qui a eu lieu en 2005). Cette évolution, ce sont les usagers qui en ont payé le prix, directement via le tarif, mais aussi via la dégradation du service public.

Officiellement, cette entrée en Bourse était nécessaire pour apporter des fonds aux entreprises. C’est totalement faux, puisque celles-ci avaient toujours autofinancé leur développement, y compris dans la phase de reconstruction de l’après-guerre, y compris dans les périodes de changement technologique (passage au gaz naturel pour GDF, programme nucléaire pour EDF). La réalité était plus prosaïque : l’État est considéré, lors du passage en sociétés par actions, comme actionnaire à 100 %, alors qu’il n’a pas financé EDF ni GDF, contrairement aux usagers qui en ont financé l’intégralité. Ce tour de passe-passe permet à l’État d’empocher les dividendes et de vendre, au moins partiellement, « ses » sociétés.

 

LES VACHES À LAIT DES ACTIONNAIRES

À partir de 2005, EDF et GDF commencent à verser des dividendes, principalement à l’État. Concernant GDF, la question des dividendes change d’échelle à partir de son rachat par Suez. Le groupe va verser en dividendes des sommes de l’ordre de 100 % de son bénéfice. Mais quand pour différentes raisons ce bénéfice va baisser dans les années 2010, il va en maintenir un niveau très élevé et sans commune mesure avec le résultat. Sur les dix premières années de GDF Suez, le groupe aura versé 41 milliards de dividendes pour 16 milliards de résultats.

Cette rémunération existe aussi côté EDF, même si elle est moins importante par rapport au résultat (entre 50 et 65 % du résultat selon les années). Pour la verser, les maisons mères (EDF SA et Engie SA) doivent pressurer leurs filiales afin de faire remonter un maximum de résultat. Ainsi, toute la chaîne industrielle est vidée, année après année, au détriment de l’emploi, des investissements, des conditions de travail et de la qualité du service public.

 

POUR GAGNER PLUS, DÉMANTELER

Mais, cela ne suffit apparemment pas, et l’État voudrait récupérer plus d’argent plus vite. Pour cela, une seule solution : vendre la poule aux œufs d’or. La justification est toute trouvée : l’idéologie libérale du gouvernement actuel – et des précédents – considère que les services publics ne sont pas du ressort de l’État. Ainsi, de proche en proche, on en arrive à la vente par morceaux.

Pèse sur EDF un projet nommé « Hercule », encore en discussion, dont la finalité est de couper EDF en deux. De façon simplifiée : le nucléaire resterait dans une société contrôlée par l’État, le reste (distribution, commercialisation, énergies renouvelables, services à l’énergie) serait placé dans une société dont le capital serait à vendre. Cela permettrait à l’État de continuer à toucher ses dividendes, de récupérer des fonds ou, en tout cas, de ne pas avoir à participer au financement d’EDF.

Quant à Engie, la logique libérale est simple : il y a un énergéticien de trop en France (comprendre Engie) et l’État veut se désengager. La solution – soufflée parles banquiers d’affaires – consisterait à vendre par morceaux pour tirer le meilleur prix. Aujourd’hui, l’eau et la propreté (Suez) sont vendues au concurrent Veolia, demain (2021) la plus grande partie des services à l’énergie subirait le même sort, tout cela avec des risques importants pour l’emploi. Ensuite, on peut penser que ce qui restera – une partie de l’ex-GDF et les énergies renouvelables – pourrait être aussi la proie d’offres d’achat : Total est intéressé parla commercialisation du gaz et les énergies renouvelables; les fonds de pension sont intéressés par les infrastructures gazières.

 

 

ET LE SERVICE PUBLIC ? ET LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE ?

La particularité de toutes ces activités, c’est qu’elles sont complémentaires et constituent des éléments importants de la transition écologique : production d’électricité et de gaz décarbonés, efficacité énergétique autour des usages (services à l’énergie), utilisation de l’eau et son lien avec l’énergie (récupération de chaleur, biogaz issu des stations d’épuration, utilisation de l’eau dans la production d’hydrogène et, plus généralement, toute la gestion des ressources en eau...), propreté et récupérations (tri, énergie par incinération...), toutes ces techniques sont liées. Aujourd’hui, il n’y a plus aucun doute sur la nécessité d’accélérer cette transition. Le gouvernement actuel en a fait un élément clé de son plan de « relance ».

N’est-ce pas justement l’occasion de mobiliser les outils que l’État a sous la main, notamment EDF, dont il détient la majorité du capital, et Engie, dont il détient un tiers des droits de vote ? Ce serait l’inverse de la gestion financière de court terme que valide, voire impulse, le gouvernement. L’État peut le faire, c’est le « programme » qu’il faut changer.

Pour faire travailler au mieux ces entreprises, il s’agit maintenant de bâtir une politique publique de la transition écologique et un grand service public pour la mettre en œuvre, comme ont été créées à la Libération EDF et GDF pour reconstruire les grandes infrastructures énergétiques.

 

CONSTRUIRE UN SERVICE PUBLIC DE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE

Ainsi, comme l’écrit la Fédération CGT des Mines et de l’Énergie dans sa lettre aux élus : «Le projet de Programme progressiste de l’énergie, porté par la FNME-CGT, examine l’ensemble des volets de l’approvisionnement, la production jusqu’à la commercialisation de l’énergie, ainsi que la création d’un service public de l’efficacité et de la performance énergétique pour obtenir le contrôle d’un secteur crucial pour nos économies et la vie au quotidien de la population. En main publique et en contrôle public, nous pourrons réussir le monde d’après la crise sanitaire en bâtissant une énergie pour toutes et tous dans le sens des emplois et de l’industrie conformément aux enjeux environnementaux de demain. »

Et la coordination CGT d’Engie propose les axes suivants pour un autre projet que celui du gouvernement et de la direction du groupe : il s’agit de « conserver l’intégralité des activités et reprendre le contrôle de Suez pour jouer au maximum les complémentarités, de relancer l’investissement dans de nouveaux projets industriels, de stopper la distribution de dividendes dans une période où l’urgence climatique demande un engagement important et rapide et juger les projets au regard des enjeux de service public et non sur le critère d’une rentabilité à deux chiffres.

Pour cela, il convient de maintenir, voire remonter la part de l’État dans le capital pour privilégier une gestion de long terme avec des enjeux sociaux et sociétaux, de lancer la négociation urgente d’un nouveau contrat de service public avec débat public autour des objectifs à assigner à Engie (idem pour les autres énergéticiens) et des moyens à mettre en œuvre ».

Avec Engie, y compris Suez, et EDF, le pays dispose actuellement de deux points d’appui solides pour accélérer la transition énergétique. Encore faut-il les conserver, les développer et les orienter dans la bonne direction.

 

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2 mars 2021 2 02 /03 /mars /2021 08:30
https://conference2022.pcf.fr  - Débats autour du choix sur les présidentielles, 39e Congrès - Appel aux contributions des adhérents : Lettres de Pierre Laurent, de Christian Picquet et d'Eliane Assassi

Le débat sur les enjeux des élections présidentielle et législatives de 2022 est lancé dans notre parti. Il va connaître un premier aboutissement important lors de la conférence nationale des 10 et 11 avril, puis lors du vote de l'ensemble des adhérent·e·s du 7 au 9 mai 2021.

Un Conseil national du Parti se tiendra le 13 mars, qui adoptera un projet de résolution préparatoire à cette conférence nationale. La commission désignée pour préparer ce projet de résolution est actuellement au travail.

Avec cette lettre du Conseil national, j'attire ton attention sur l'importance de ce débat, des décisions qui en découleront et qui nous engageront pour toute l'année qui vient. Je le fais pour trois raisons.

La première tient au caractère démocratique de nos décisions. Elles valent par l'engagement du maximum de nos adhérent·e·s. Or, la période est difficile pour la vie sociale et pour notre vie démocratique. Nous sommes en plus engagés au même moment dans de nombreuses batailles liées à la crise sanitaire et à ses conséquences, ainsi que dans la préparation de deux autres échéances électorales, régionales et départementales, prévues au mois de juin 2021.

Les sollicitations sont ainsi multiples. Il faut donc veiller, individuellement et collectivement, à garder du temps pour réfléchir à ces choix essentiels pour 2022 et s'y impliquer autant que possible.  Je t'invite pour cela à lire l'appel à contribution lancé par Christian Picquet et Eliane Assassi et à prendre connaissance du dispositif de contribution et d'information mis à la disposition de chaque communiste:

La seconde raison tient évidemment à l'importance des échéances politiques de 2022 pour le pays, et donc pour notre parti. Aurons-nous à subir un second quinquennat d'Emmanuel Macron ou ces échéances, présidentielle et législatives, peuvent-elles permettre de redonner espoir à notre peuple ? Une alternative de gauche, sociale et écologique est -elle possible ou les forces de l'argent, de la droite et de l'extrême-droite sont-elles une nouvelle fois capables de l'éviter en construisant, comme on le voit en ce moment en Italie, une alliance plus autoritaire et anti-sociale encore ?

Notre parti, les idées originales qui fondent notre projet, notre capacité de rassemblement ont un rôle à jouer pour dénouer favorablement cette situation qui est peut-être lourde de dangers pour l'avenir du pays. Comment jouer ce rôle ? Comment être utile ? Les conditions existent-elles pour présenter cette fois une candidature communiste comme l'a envisagé notre dernier congrès ?  Comment contourner la difficulté que nous pose l'élection présidentielle depuis plusieurs décennies, que l'on ait ou non fait le choix de présenter un candidat ? Et si nous faisons le choix d'une candidature communiste, quel sens donner à cette candidature ? Quels contenus mettre en avant qui mobilisent, sollicitent l'intervention sociale et citoyenne, le désir de politique, aujourd'hui si dangereusement méprisé ? Quelle initiative politique prendre, capable de renouer avec une dynamique qui sorte la gauche et les forces populaires des divisions actuelles pour rendre possible une nouvelle majorité politique ? Comment mener de front les deux élections, présidentielle et législatives, en s'assurant d'une représentation communiste renforcée à l'Assemblée nationale ?  Autant de questions cruciales qui mérite le débat du maximum de communistes et d'ami·e·s qui partout dans le pays travaillent à nos côtés.

La troisième raison tient au nécessaire climat de notre débat. Il doit viser l'exigence commune car les questions que nous avons à affronter ne vont pas de soi. Tout doit être mis sur la table, sans tabou, sans faux-fuyant. Nous n'avons pas le droit aux raccourcis ni à la facilité et, encore moins, aux anathèmes ou l’étiquetage des communistes. Nous devons instruire ce débat collectif dans le respect des uns et des autres, des différents points de vue, car il y en aura et c'est normal face à la situation que nous connaissons. C'est ainsi que nous nous donnerons les meilleures chances de travailler rassemblés  dans l'année qui vient.

Je ne doute pas de l'inventivité des communistes, de leurs directions locales et départementales, pour permettre au débat de se déployer à la hauteur des enjeux inédits d'une période historique et internationale décidément pas comme les autres.

Nous avons besoin de toutes et tous.

A vos  réflexions, à vos plumes, à vos contributions, à votre intelligence individuelle et collective !


Pierre Laurent
Président du Conseil national du PCF


 

Un grand débat s'ouvre au PCF

À l’issue de sa réunion du 12 décembre, le Conseil national avait élu une commission de 20 membres, chargée de lui soumettre des projets de documents à proposer aux communistes, d’abord à l’occasion de la conférence nationale des 10 et 11 avril, portant sur les choix à opérer pour 2022, puis du 39e Congrès, convoqué du 5 au 7 novembre prochains.

 

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Préparation de la conférence nationale du PCF des 10 et 11 avril 2021:

Pour avoir toutes les infos et accéder aux contributions du débat, allez visiter le site : https://conference2022.pcf.fr
 
Proposez vos contributions individuelles ou collectives: conference2022@pcf.fr.
L’appel à contributions : Grand moment démocratique

Un débat de très grande importance est lancé au Parti communiste français

La pandémie en cours révèle et aggrave la crise du capitalisme globalisé et financiarisé. Les crises sanitaire, écologique, climatique, économique, sociale, démocratique se font écho. L’humanité s’en retrouve confrontée à un véritable défi de civilisation.

Toutes les questions qui se trouvent soulevées dans ce contexte exceptionnel vont être au cœur de l’élection présidentielle et des élections législatives du printemps 2022. Elles appellent des réponses et des solutions d’un très haut niveau, pour répondre aux aspirations de notre peuple et rouvrir un chemin d’espoir à la France.

Il revient aux communistes d’instruire les enjeux de ce moment politique crucial. D’apprécier avec précision l’état du pays à l’issue d’un quinquennat de démolition sociale, la violence des réponses capitalistes à la crise et les attentes du pays comme du mouvement social, les dangers qui se précisent du côté de la droite et de l’extrême droite, la situation de la gauche. De contribuer, à partir de leurs expériences riches et multiples, à l’affirmation de notre projet pour la France, à l’élaboration des propositions de rupture à même de rassembler une majorité politique et populaire, à la définition de la stratégie à même de reconquérir le monde du travail et la jeunesse sans lesquels aucun changement véritable ne saurait voir le jour. De permettre ainsi au Parti d’être utile à notre peuple, de peser sur les débats politiques de 2022, de décider ou non de la présentation d’une candidature communiste à la présidentielle comme le 38e Congrès en avait donné le mandat, de prendre les dispositions pour conduire efficacement la bataille des législatives tout aussi déterminante pour l’avenir.

La conférence nationale des 10 et 11 avril prochains réunira 1 000 délégué·e·s (dont 11 de notre fédération du Finistère), dans les conditions fixées par nos statuts et dans le cadre d’un procédé de visioconférence, organisé à partir de toutes nos fédérations. C’est dire qu’il s’agira d’un acte démocratique exceptionnel, au moment où le pays subit les restrictions d’états d’urgence à répétition.

Dans les deux mois qui nous séparent de ce rendez-vous particulièrement important, les communistes vont avoir à exercer leur souveraineté. C’est-à-dire à réfléchir, écrire, exprimer leurs opinions, réunir leurs sections et conseils départementaux, faire remonter les procès-verbaux détaillés de leurs débats et les propositions qui en émaneront.

Le dernier conseil national, pour permettre l’organisation de ce vaste échange à tous les niveaux du Parti, et pour le nourrir des contributions individuelles et collectives, a décidé d’ouvrir un site Internet dédié, auquel il est possible d’accéder en se connectant sur le site  https://conference2022.pcf.fr    Les contributions peuvent également être envoyées par courriel à l’adresse : conference2022@pcf.fr.

La commission du texte, quant à elle, est déjà au travail. À partir des premiers échanges, elle présentera un projet de texte au conseil national du 13 mars. Il appartiendra alors à toutes les organisations du Parti d’y contribuer, en vue de la conférence nationale qui aura à adopter le document d’orientation définitif ainsi que le bulletin de vote sur lequel chaque communiste aura à se prononcer les 7, 8 et 9 mai.

Et c’est toujours avec le souci de permettre à chacune et chacun d’avoir toutes les cartes en main, que le conseil national a également décidé de créer les conditions d’une candidature communiste à la présidentielle si les communistes en décident ainsi, en lançant dès à présent un appel à candidature.

Ensemble, dans le respect de toutes les opinions, et fidèles à la tradition solidaire qui nous caractérise depuis toujours, faisons de ce moment un exemple de démocratie ambitieuse. µ

Éliane Assassi et Christian Picquet

co-présidents de la Commission nationale du texte"

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2 mars 2021 2 02 /03 /mars /2021 08:03
Appel franco-allemand contre l’utilisation d’armes explosives en zones peuplées (L'Humanité, 1er Mars 2021)
Armes explosives. Pierre Laurent : « La majorité des victimes demeurent des civils »
Lundi 1 Mars 2021 - L'Humanité

À l’ONU, les négociations contre les bombardements en zones peuplées reprennent le 3 mars. Pierre Laurent (PCF), le député Matthias Höhn (Die Linke) et Handicap International ont pris l’initiative d’un appel. Entretien.

 

Pierre Laurent Vice-président du Sénat

Les tractations diplomatiques sur l’élaboration d’un accord international contre les armes explosives (EWIPA) vont reprendre sous l’égide de l’Organisation des Nations unies à partir de mercredi. Plusieurs gouvernements dont la France s’y opposent.

Quel est le but de l’initiative franco-­allemande sur les armes explosives ?

Pierre Laurent Nous lançons, avec 150 parlementaires des deux pays, un appel contre l’utilisation d’armes explosives à large rayon d’impact dans les zones peuplées. Car l’ambassadeur permanent de l’Irlande auprès des Nations unies, Michael Gaffey, porte le texte et mène les discussions avec la participation de 80 États. L’objectif est d’adopter une importante déclaration politique limitant leurs usages. Mais plusieurs gouvernements, dont la France, se mobilisent pour limiter la portée de ce texte. Pourtant, ces armes provoquent des dégâts considérables et durables sur les civils qui sont niés par les pays qui les vendent et qui les utilisent. Les gouvernements s’abritent derrière l’argument qu’ils respectent les conditions d’utilisation en limitant les objectifs aux cibles militaires.

De quel type d’armes s’agit-il ?

Pierre Laurent Tous les modèles d’armement qui permettent de projeter en zones peuplées : avions, artillerie, drones. L’objet de cette campagne est de contester la thèse des utilisateurs qui mettent en avant leur précision et l’impact limité à la seule cible militaire. En vérité, la destruction qu’elles provoquent dans les zones d’habitations touchent les civils et les infrastructures qui leur permettent de vivre. Les habitants qui ont survécu aux bombardements quittent les lieux pour survivre car les infrastructures (réseaux d’eau et d’électricité, écoles, hôpitaux, ponts…) sont détruites. L’ONG néerlandaise PAX a démontré qu’en 2019 92 % des morts dans les lieux de conflits où ses armes explosives avaient été employées sont des civils. Cette enquête invalide le récit officiel qui consiste à mettre en avant leur précision.

Qu’attendez-vous de la déclaration ?

Pierre Laurent L’Irlande, qui mène la négociation avec l’appui du secrétaire général de l’ONU, veut obtenir une déclaration reconnaissant l’impact de ces armes et en limiter l’usage. D’autres pays, dont la France, qui tente de mobiliser ceux de l’Otan, veulent la rendre inopérante. Un nombre considérable d’enquêtes documentées ont été menées par des ONG regroupées au sein d’un réseau planétaire contre les armes explosives (PAX, Airwars, Handicap International…), et démontrent qu’en Syrie, en Irak, au Yémen, la majorité des victimes demeurent des civils parce que ces armes sont utilisées dans des zones urbaines. Il s’agit donc d’empêcher leur utilisation et d’obliger les États qui s’en servent à reconnaître leurs dégâts. Les pays qui les emploient refusent d’admettre les ravages sur les civils, donc ne leur portent pas assistance. Il faut changer les règles de leur maniement pour les rendre si contraignantes que leur ­recours devienne impossible.

Pourquoi une initiative commune avec Die Linke ?

Pierre Laurent Face à l’opposition du gouvernement français, Michael Gaffey, en charge des négociations, a appelé la société civile et les parlementaires à faire entendre leur voix dans les pays concernés. Nous avons donc pris l’initiative, avec Matthias Höhn, de Die Linke, en lien avec les associations, qu’une mobilisation franco-allemande pourrait favoriser une déclaration ambitieuse. En France, avec Jean-Paul Lecoq (PCF) à l’Assemblée, André Vallini au Sénat (PS), Hubert Julien-Laferrière (Génération.s), nous avons interpellé les parlementaires français afin qu’ils soutiennent notre démarche.

Appel franco-allemand contre l’utilisation d’armes explosives en zones peuplées
Lundi 1 Mars 2021
 

Les armes explosives en zones peuplées (Ewipa) blessent et tuent des dizaines de milliers de civils chaque année dans le monde – qu’elles soient utilisées par des acteurs étatiques ou non étatiques. Les souffrances humaines et les dommages aux infrastructures essentielles et à l’environnement persistent des décennies après la fin des combats.

Nous reconnaissons l’implication de nos gouvernements dans les négociations internationales en cours sur une déclaration politique contre l’utilisation d’Ewipa. En raison de la pandémie de Covid-19, les consultations ont été ajournées. Cependant, les souffrances des civils touchés par les armes explosives se poursuivent.

En tant que députés et sénateurs des parlements français et allemand, nous pensons qu’il est impératif que la communauté internationale élabore de nouvelles normes solides qui protègent les civils et leurs infrastructures. La déclaration politique ne doit pas relativiser les effets humanitaires évidents et bien documentés de l’utilisation d’Ewipa. Elle devrait reconnaître, en particulier, que l’utilisation d’armes explosives à large rayon d’impact en zones peuplées cause systématiquement des victimes civiles et doit donc être évitée à l’avenir, comme le demandent le secrétaire général des Nations unies et le Comité international de la Croix-Rouge. Une déclaration doit également contenir des dispositions strictes sur l’assistance aux victimes.

Nous exhortons nos gouvernements à prôner courageusement une telle déclaration politique contre l’utilisation d’armes explosives en zones peuplées et à inclure les initiatives de la société civile dans les négociations.

Parmis les 210 signataires

◆ Au Parlement

Pierre Laurent (PCF)

André Vallini (PS)

Hubert Julien-Laferrière (Génération.s)

Éliane Assassi (PCF)

Clémentine Autain (FI)

Delphine Batho (Génération Écologie)

Esther Benbassa (EELV)

Marie-George Buffet (PCF)

André Chassaigne (PCF)

Jennifer De Temmerman (Libertés et Territoires)

Elsa Faucillon (PCF)

Olivier Faure (PS)

Fabien Gay (PCF)

Guillaume Gontard (EELV)

Fabien Gouttefarde (LaREM)

Brahim Hammouche (Modem)

Michel Larive (FI)

Serge Letchimy (PS)

Marie-Noëlle Lienemann (GRS)

Matthieu Orphelin (non inscrit)

Nathalie Porte (LR)

Fabien Roussel (PCF)

Sophie Taillé-Polian (Génération.s)

Boris Vallaud (PS)

◆ Au Bundestag

Matthias Höhn (Die Linke)

Katja Keul (L’Alliance 90 / Les Verts)

Karl-Heinz Brunner (SPD)

Aydan Özoğuz (SPD)

Doris Achelwilm (Die Linke)

Bela Bach (SPD)

Lisa Badum (L’Alliance 90/Les Verts)

Simone Barrientos (Die Linke)

Daniela De Ridder (SPD)

Diether Dehm (Die Linke)

Yasmin Fahimi (SPD)

Stefan Gelbhaar (L’Alliance 90/Les Verts)

Gregor Gysi (Die Linke)

Heike Hänsel (Die Linke)

Barbara Hendricks (SPD)

Uwe Kekeritz (L’Alliance 90/Les Verts)

Amira Mohamed Ali (Die Linke)

Martin Patzelt (CDU/CSU)

Margit Stumpp (L’Alliance 90/Les Verts)

Kathrin Vogler (Die Linke)

Gülistan Yüksel (SPD)

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2 mars 2021 2 02 /03 /mars /2021 07:58
Une rue Rosa Luxemburg à Brest pour le 150e anniversaire de la naissance de la grande militante révolutionnaire
Il y a 150 ans, le 5 mars 1871, naissait Rosa Luxemburg, révolutionnaire, militante communiste et théoricienne marxiste allemande.
La section du pays de Brest du PCF se félicite que la municipalité brestoise vienne de lui rendre un juste hommage en nommant une rue sur proposition des communistes .
 
En 1910 à Copenhague elle sera au coté de son amie Clara Zetkin, rédactrice en chef de la revue féministe L’Egalité ,qui menait une campagne internationale, pour que la journée du 8 mars soit retenue comme "Journée internationale de la femme", pour commémorer la lutte des femmes en particulier pour le droit de vote et de meilleures conditions de travail, lors d’une conférence des femmes socialistes.
Profondément internationaliste, et farouchement opposée à la Première guerre mondiale qui vient d'éclater, elle fonde notamment avec Karl Liebknecht et Clara Zetkin le "Gruppe Internationale", qui deviendra par la suite la Ligue Spartakiste, et ensemble ils appellent les socialistes du SPD à ne pas voter les crédits de guerre à l'Allemagne. Cependant les sociaux-démocrates comme la plupart de leurs homologues européens voteront ces crédits de guerre.
Rosa Luxemburg sera emprisonnée pour ses prises de positions contre la guerre.
En janvier 1917, alors qu'elle est encore en prison, elle est exclue du SPD ainsi que tous les socialistes opposés à la guerre.
En 1918 éclate la Révolution allemande, des conseils de soldats puis des conseils ouvriers se forment. En octobre la constitution est modifiée et l'Allemagne devient un régime parlementaire. Rosa Luxemburg est libérée le 10 novembre 1918.
Alors au pouvoir, les socialistes du SPD optent pour une stratégie réformiste. Les Spartakistes menaient par Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht s'y opposent fermement revendiquant le pouvoir au Conseils ouvriers et souhaitent que se forme une République des conseils.
En janvier 1919, les spartakistes avec d'autres révolutionnaires organisent un congrès qui aboutit à la formation du Parti communiste d'Allemagne (KPD).
Le 5 et 6 janvier, les ouvriers berlinois s'insurgent suite à la décision du ministre-président Paul Hirsch (SPD), le 4 janvier, de congédier le préfet de police de Berlin Emil Eichhorn proche des révolutionnaires.
L'insurrection est écrasée dans le sang par les corps-francs, militaires envoyés par le ministre social-démocrate Gustav Noske pour réprimer durement les ouvriers insurgés.
Arrêtée le 15 janvier 1919 pour avoir organisé l'insurrection, Rosa Luxemburg sera assassinée d'une balle dans la tête dans la voiture qui était censée l'amener en prison.

Pour accompagner l'hommage qui est rendu à Rosa Luxemburg par la ville de Brest, retrouvons la saine et réjouissante colère de Rosa Luxemburg écrivant de prison le 28 décembre 1916 cette lettre au vitriol à une dirigeante socialiste et femme de dirigeant, ralliés tous deux à l'Union Sacrée: Mathilde Wurm.  Cette lettre a fait l'objet d'une interprétation théâtrale au Quartz par Anouk Grimberg dans son magnifique spectacle sur les lettres de prison de Rosa Luxemburg, où l'on voit toute la profondeur, l'intelligence et la spiritualité vraie de la militante communiste.   

 

La lettre de Noël de Rosa Luxemburg

 

" Ma chère Tilde!

Je tiens à répondre sur le champ à ta lettre de Noël, avant que ne retombe la colère qu'elle a fait naître en moi. Oui ta lettre m'a mise en rage, parce que si courte soit-elle, chaque ligne montre à quel point tu es retombée sous l'emprise de ton milieu. Ce ton geignard, et ces jérémiades à propos des "déceptions" que vous auriez subies, imputables aux autres soi-disant, alors qu'il vous suffirait de vous regarder dans une glace pour voir la réplique la plus parfaite de ce que l'humanité a de pitoyable!

Voilà maintenant que tu dis "nous" pour parler de ce tas de grenouilles nauséabondes, alors qu'autrefois, quand tu étais avec moi, "nous" désignait ceux de mon bord. Alors attends voir, je vais t'en donner moi, du "vous"!

Vous avez "trop peu d'élan" à mon goût, dis-tu mélancoliquement. "Trop peu" ne serait pas si mal! Vous n'avez pas d'élan du tout, vous rampez. Ce n'est pas une différence de degré, mais de nature. Au fond, "vous" êtes d'une autre espèce zoologique que moi, et vos personnes chagrines, moroses, lâches et tièdes ne m'ont jamais été aussi étrangères, je ne les ai jamais autant détestées qu'aujourd'hui. Çà vous dirait bien d'"avoir un peu d'élan", écris-tu, seulement après, on se retrouve au trou, "et là on ne sert plus à grand chose". Ah! quelle misère que vos âmes d'épiciers! Vous seriez prêts à la rigueur à montrer un peu d'"héroïsme", mais seulement "contre monnaie sonnante", et tant pis si on ne vous donne que trois pauvres sous moisis, pourvu que vous voyiez toujours le "bénéfice" sur le comptoir. 

Ils n'ont pas été dits pour vous les mots tout simples de cet homme honnête et droit: "Je suis là, je ne puis faire autrement, que Dieu me vienne en aide"*. C'est une aubaine qu'à ce jour, l'histoire du monde n'ait pas été faite par vos semblables, sinon, nous n'aurions pas eu la Réforme, et nous en serions sans doute encore à l'Ancien Régime.

Pour ce qui est de moi, qui n'ait jamais été tendre, je suis devenue ces derniers temps comme de l'acier poli, et plus jamais je ne ferai la moindre concession, ni en politique ni dans mes relations personnelles. Il suffit que je me rappelle la galerie de tes héros pour que ça me flanque un cafard noir: le gentil Haase, Dittmann, avec sa jolie barbe et ses jolis discours au Reichstag, Kautsky, le pâtre vacillant, suivi fidèlement, comme de bien entendu, par ton Emmanuel, - pour le meilleur et pour le pire, Arthur le magnifique - ah, je n'en finirai!

Je te le jure: j'aimerais mieux rester enfermée - et je ne dis pas ici, où je suis à tous les points de vue comme au paradis, mais même dans le salle trou de l'Alexanderplatz, où dans ma cellule de 11 m3, sans lumière le matin ni le soir, coincée entre le WC (sans W!) et le lit de fer, je déclamais mon Mörike, plutôt que de "lutter" - si l'on peut dire - aux côtés de vos héros, ou simplement d'avoir affaire à eux... Je te le dis, dès que je pourrai mettre le nez dehors, je prendrai en chasse et harcèlerai votre bande de grenouilles, à son de trompe, à coup de fouet, et je lâcherai sur elle mes chiens - j'allais dire comme Penthésilée, mais pardieu, vous n'êtes pas des Achille.

Ça te suffit, comme vœux de nouvel an?

Et puis... Fais donc en sorte de rester un être humainC'est ça l'essentiel: être humain. Et ça, ça veut dire être solide, clair et calme, oui, calme, envers et contre tout, car gémir est l'affaire des faibles. Être humain, c'est s'il le faut, mettre gaiement sa vie toute entière "sur la grande balance du destin" tout en se réjouissant de chaque belle journée et de chaque beau nuage. Je ne sais pas, hélas, donner de recettes, je ne sais pas dire comment on fait pour être humain, je sais seulement comment on l'est, et tu le savais toi aussi, chaque fois que nous nous promenions quelques heures dans la campagne de Südende, et que les rougeoiements du soir se posaient sur les blés. Le monde est si beau malgré toutes les horreurs, et il serait plus beau encore s'il n'y avait pas des pleutres et des lâches. Allez va! Je te fais un baiser, car tu es, malgré tout, un brave petit gars. Bonne année!

R. "

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2 mars 2021 2 02 /03 /mars /2021 06:20

 

Après la crise sanitaire, la pénurie de masques et de respirateurs, faut-il encore démontrer qu’un pays nécessite une industrie solide, à même de satisfaire les besoins de sa population ? Mais la distance est grande du besoin à la réalité...

*Alain Audier est secrétaire CGT du CSE de Arcelor-Mittal Méditerranée. Jean-Claude Cheinet est ancien maire adjoint de Martigues, ancien président du CYPRES.

Les activités industrielles sont implantées pour trouver preneurs à leurs produits, et donc répondre, directement ou non, aux besoins des populations. Mais la propriété privée des moyens de production a introduit un biais : produire plus pour maximiser les profits et réduire les coûts de production en pesant sur les salaires et les conditions de travail, en restreignant les investissements et en « externalisant » le traitement des effluents et sous-produits par des rejets dans la nature ou en les laissant à la charge des collectivités.

La grande industrie a atteint, voire dépassé, les limites de ce modèle. Risques d’accidents, pollutions et maladies en sont la matérialisation.

Depuis les débuts de l’industrialisation, les ouvriers et salariés ont veillé à leurs conditions de travail... Les luttes ouvrières ne sortaient de l’usine que temporairement. Or les salariés de l’usine sidérurgique Arcelor-Mittal de Fos-sur-Mer ont à la fois imposé un redémarrage du haut-fourneau arrêté depuis plusieurs mois et créé un comité de surveillance de l’activité industrielle du golfe de Fos et son impact environnemental (CSAIGFIE) ouvert à la population et aux élus. Une nouveauté importante qui dépasse les champs traditionnels d’intervention des syndicats.

 

LES LUTTES DANS LES USINES

Depuis les débuts de l’industrialisation, les ouvriers et salariés ont veillé à leurs conditions de travail (heures travaillées, salaires, mais aussi risques et santé au travail). Des lois sont venues consacrer des avancées ; pour les gagner, les salariés ont pesé par leur maîtrise de la production (grèves) de l’usine dans un face-à-face avec le patron. Les luttes ouvrières ne sortaient de l’usine que temporairement et souvent pour défendre une usine menacée de fermeture. Luttes importantes, mais dont l’objectif épargne pour l’essentiel la domination de la bourgeoisie.

Celle-ci garde la conduite générale des installations, édicte les décisions d’investissements et l’orientation générale de la production ; sur le plan global elle conserve son rôle dirigeant, maîtresse de l’avenir du pays.

 

À QUI LE « RÔLE DIRIGEANT » ?

La crise sanitaire et la cacophonie des masques montrent la faillite de ce modèle liant mondialisation et désindustrialisation. En revanche, la démocratie se construisant (à notre stade de civilisation) dans un cadre national, c’est l’État national qui doit jouer un rôle moteur; il ne le peut qu’en affrontant les logiques ultralibérales. Rien de spontané. Alors, comment l’y amener ? C’est tout un champ qui s’ouvre où classe ouvrière et salariés prennent la relève des bourgeoisies : en avançant des objectifs qui prennent en compte l’intérêt élargi des salariés et globalement des populations,ils conquièrent ce rôle dirigeant. En sortant de l’usine pour avancer des objectifs plus généraux, les organisations de salariés prennent alors en charge l’environnement, le cadre de vie, l’aménagement du territoire au même titre que les luttes sociales traditionnelles... et elles peuvent unir autour d’elles.

 

UNE ÉCOLOGIE DÉPASSÉE CAR « À L’ENVERS »

Depuis la Révolution française, la propriété privée est sacrée. Ainsi, l’industriel peut faire ce que bon lui semble dans son usine – et protéger ses « secrets de fabrication » –, mais il ne doit pas porter atteinte à la jouissance de propriété de ses voisins. C’est donc à l’État de jouer les arbitres, aussi les installations industrielles sont déclarées et sont soit autorisées, soit soumises à enquêtes et contrôles des autorités préfectorales par le biais des DREAL.

Traditionnellement, les organisations de salariés, qui sont en première ligne, ont donc réclamé la transparence sur les produits et les rapports sur les accidents, mis en avant les risques, demandé leur prévention par des contrôles accrus, des amendes grossies (ces revendications dépend de l’État et des industriels eux-mêmes... donc les accidents ont continué... Lubrizol récemment). L’efficacité de ces revendications dépend de l’État et des industriels eux-mêmes... donc les accidents ont continué.

La ministre de la Transition écologique promet plus de contrôles en nombre ; ce faisant, elle baptise carpe le lapin : car à moyens constants en personnels, si le nombre des contrôles augmente, chacun sera superficiel et fera appel à l’« autocontrôle », par les industriels eux-mêmes donc,qui sont ainsi juges et parties.

 

DES AVANCÉES...

Pourtant en 1971, dans un contexte politique particulier, une avancée considérable a eu lieu sur la zone Fos-étang de Berre. Pour surveiller les pollutions, réduire les risques et alerter les populations ont été créées plusieurs structures placées sous l’autorité du préfet mais réunissant tous les acteurs : État, industriels, élus locaux, salariés et associations de riverains ; ainsi, SPPPI, Airfobep (Atmo Sud) puis CYPRES ont vu le jour. Approche innovante où l’État était en mesure d’imposer des limites aux industriels. Les rejets polluants locaux ont été rapidement réduits de 90 % dans l’eau et de 60 % dans l’air. Ces structures ont ensuite été imitées partout en France.

Après l’explosion d’AZF Toulouse, la ville de Martigues a créé une commission extramunicipale vite reconnue comme CLIS expérimentale (commission locale d’information et de surveillance) par l’État, mais ouverte à la presse et aux associations de riverains intéressées, aux syndicats et au public. Ces diverses avancées vers plus de transparence ont permis une réduction des pollutions et rétabli la confiance de la population.

 

... ET DES REMISES EN CAUSE

La loi de 2003 consacre certes les CLIS (appelées commissions de suivi de site [CSS]), mais elles sont placées sous la présidence du préfet qui désigne les associations, leur avis n’est que consultatif pour les mesures d’urbanisme (PPRT), leur droit de déclencher des études complémentaires est bridé par l’absence de budget pour les mener ; enfin, les industriels imposent ce qui est « économiquement acceptable », et ont donc un vrai droit de veto. Pour couronner y a eu un vrai détricotage des avancées antérieures et retour de la méfiance des populations. Pour parachever cette régression, le Medef (UPE 13) tente de prendre la place des institutions en déshérence : s’appuyant sur les illusions de modernité des technologies numériques, il a créé un site dédié aux informations sur les risques industriels, qu’il alimente de sorte qu’il maîtrise complètement une communication « descendante » et sans contestation.

 

 

REMETTRE LES CHOSES SUR LEURS PIEDS

Dans ce contexte, le syndicat CGT des sidérurgistes d’Arcelor-Mittal de Fos-sur-Mer a lancé au début de 2020 un comité de surveillance de l’activité industrielle du golfe de Fos et son impact environnemental. Au-delà d’une appellation à rallonge, il y a une vraie innovation : c’est d’initiative syndicale que sont réunis les divers acteurs de ces questions en une structure associative ouverte et d’emblée accueillie avec faveur par les collectivités locales. Véritable percée théorique, les objectifs du comité de surveillance joignent d’un même élan modernisation et pérennisation de l’outil de production, préoccupation sociale pour l’emploi et aussi préservation d’un cadre de vie de qualité pour et avec les populations riveraines.

C’est d’initiative syndicale que sont réunis les divers acteurs en une structure associative ouverte. Les objectifs du comité de surveillance joignent d’un même élan modernisation et pérennisation de l’outil de production, préoccupation sociale pour l’emploi et aussi préservation d’un cadre de vie de qualité pour et avec les populations riveraines.

Les actions en commun qui ne manqueront pas d’être construites sont de nature à éviter l’opposition entre salariés et riverains telle que vue à Toulouse après l’explosion d’AZF ; car salariés et riverains ont les mêmes intérêts pour imposer les conditions d’une activité industrielle propre et pourvoyeuse d’emplois.

Mais une relation de confiance se construit dans la durée, en amont, bien avant incidents ou accident. Le premier pas est dans la lutte pour la transparence sur les produits traités et ceux rejetés, la sûreté des installations que les salariés connaissent mieux que personne. On est immédiatement dans la nécessité de la démocratie pour les mesures à prendre en se heurtant de front à la monarchie patronale qui sauvegarde son pouvoir dans le secret de la prise de décisions. La bourgeoisie oppose les « secrets de fabrication », mais salariés et délégués des riverains sont parfaitement à même de respecter les secrets professionnels. Du reste, leur fonction doit être en conséquence revalorisée au sens où il faut lui donner l’importance qu’elle mérite, et pour cela rien de mieux que l’élection (c’est déjà le cas pour les salariés) des délégués des riverains sur des listes présentées par les associations.

Cette construction progressive de la confiance dans l’industrie la rendra acceptable, voire désirable, et favorisera les luttes pour la réindustrialisation de la France. Mais rien ne tombe du ciel, tout se conquiert. Et la démarche nouvelle qui prend forme à Fos-sur-Mer est un chemin pour rassembler plus largement, être offensifs sur de nouveaux critères de gestion... et gagner.

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1 mars 2021 1 01 /03 /mars /2021 10:48
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1 mars 2021 1 01 /03 /mars /2021 09:42
Les communistes bretons votent sur leur projet et leur positionnement pour les Régionales du 4 au 6 mars 2021

Communiqué du PCF Bretagne : élections Régionales juin 2021

Du 4 au 6 mars prochains, les communistes des quatre fédérations bretonnes auront à voter en vue des élections régionales de juin 2021.

Le vote portera sur deux sujets : la demande d’approbation du programme que porteront les communistes avec leurs futurs partenaires et le choix de l’éventuel rassemblement des communistes décliné en trois propositions :

Choix 1

Travailler à la construction d’une liste commune avec le Parti Socialiste menée par Loïg Chesnais-Girard, ouverte à d’autres formations politiques de gauche, au mouvement social.

Elle participera au rassemblement au second tour des forces de gauche et écologistes pour battre la droite et l'extrême droite.

Choix 2

Travailler à la constitution d’une liste avec la France Insoumise, ouverte à d’autres formations politiques de gauche, au mouvement social.

Choix 3

Présenter une liste de rassemblement conduite par un-e communiste, ouverte au mouvement social. Elle participera au rassemblement de l'ensemble des forces de gauche et écologistes au second tour pour battre la droite et l'extrême droite.

Choix 4: Abstention

Lors de la Conférence régionale du PCF Bretagne qui s’est tenue en visio-conférence le samedi 20 février, réunissant 41 délégué.e.s, c’est sur le choix 1 que s’est porté majoritairement la conférence régionale.

Maintenant, à partir des débats dans les sections, c’est autour des adhérents de voter car comme à chaque élection, c’est le vote de celles-ci et de ceux-ci qui décidera définitivement du choix des communistes.

 

Lire aussi:

BRETAGNE – ÉLECTIONS RÉGIONALES 2021 En Bretagne, l’Humain et la Planète d’abord ! -Programme régional des communistes bretons soumis au vote des adhérents

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1 mars 2021 1 01 /03 /mars /2021 09:00
L'Italie: un laboratoire? - par Patrick Le Hyaric (L'Humanité Dimanche, 25 février 2021)

L’éditorial de L’Humanité Dimanche du 25 février 2021 – par Patrick Le Hyaric.

L’Italie vient de basculer vers un scénario inédit : un gouvernement dit « d’union nationale » dirigé par Mario Draghi pour utiliser les 209 milliards d’euros du plan de relance européen. Voici donc, à la manœuvre, l’apôtre des marchés financiers, lequel fit ses classes sous les lambris dorés de la banque états-unienne Goldmann Sachs alors que celle-ci s’illustrait en inondant les marchés de créances toxiques qui allaient déclencher la crise de 2008. Il a également maquillé les comptes d’Etats européens. Et le voilà installé à la tête de la troisième puissance européenne à la demande des industriels et des banquiers avec l’ardent soutien de Mme Merkel et de M. Macron.

A la présidence de la Banque centrale européenne, il épongeait l’écroulement financier qu’il avait contribué à créer pour offrir des débouchés au capital en manque d’investissements lucratifs tout en exigeant des peuples privatisations et sacrifices sociaux, non sans avoir dépecé la Grèce au nom de la « stabilité monétaire ». Nous avons ici le prototype de ceux qui sont présentés comme les représentants d’une « élite apolitique » par ceux qui veulent cacher qu’il s’agit d’un valet du capital.

La grande nouveauté du scénario italien tient à un renversement des données d’un débat initié depuis plus d’une décennie, dans lequel, à la faveur de l’affaiblissement des partis communistes, les structurations politiques ont été déportées des enjeux des antagonismes de classe vers l’invention de catégories nouvelles : d’un côté les « européistes », représentants des « élites », de l’autre des « populistes » de droite ou de gauche censés être les opposants des premiers. Sous couvert de « gouvernement technique », l’alliance scellée sous l’égide de l’ancien président de la BCE réunit le Parti démocrate, la droite de Forza Italia, les populistes du Mouvement cinq étoiles et l’extrême droite de la Ligue du Nord. Autrement dit les représentants « des élites » et « les populistes » de toutes tendances font gouvernement ensemble.

On aura noté les cris unanimes des forces se réclamant du consensus libéral pour célébrer cette « entente » au nom d’un intérêt supérieur que l‘on voudrait faire passer pour l’intérêt général. Mais l’intérêt supérieur, ici, n’est autre que celui du grand capital européen qui compte bien faire du cas italien un cas d’école pour tous les pays européens. Car l’union nationale est la condition pour faire accepter aux peuples des « réformes » imposées par la Commission européenne. Cette « réconciliation nationale » s’opère ainsi sous les auspices du marché capitaliste et d’un nouveau degré de « financiarisation » de l’économie. Mais surtout sur le dos des travailleurs qui sont une fois de plus appelés à servir de monnaie d’échange contre les lignes de crédit de la Banque centrale européenne. Par ricochet, la voie est ainsi ouverte aux néofascistes du parti Fratelli d’Italia pour incarner l’opposition à ce consensus bruxellois droitier, mais sur des bases précisément et ouvertement… fascistes.

Le discours d’investiture de Mario Draghi en dit long sur la nature de ce consensus : une dose de xénophobie pour complaire à la Ligue du nord, une autre d’écologie pour satisfaire le Mouvement cinq étoiles, une autre encore de baisse de la fiscalité sur le capital pour neutraliser la droite berlusconienne, et enfin une ode à l’Union européenne pour s’accorder les faveurs du Parti démocrate. Le tout agrémenté d’un serment de fidélité à l’Alliance atlantique.

Les représentants des classes dominantes considèrent à juste titre qu’elles ne disposent plus de majorité populaire pour progresser vers l’étape nouvelle que réclame le système capitaliste pour son déploiement. Ils travaillent à l’alliance des anciens partis sociaux-démocrates et des forces baptisées populistes de droite ou de gauche pour tenter de s’assurer la majorité sociale et politique qui leur échappe, pour ainsi éviter toute forme de contestation trop radicale. Les mouvements sociaux discontinuent et celui des Gilets jaunes avec le soutien massif qu’ils ont reçu, comme la sourde protestation qui se répand sur les enjeux de santé fait cogiter en haut lieu et bien au-delà de la France. Ceci au prix d’une inquiétante redéfinition du champ politique qui se déporte toujours plus vers la droite et tend à gommer toute expression anticapitaliste. L’ingestion par le pouvoir macroniste et la droite des thèses de l’extrême droite en France, spectaculaire ces derniers jours, laisse augurer une nouvelle recomposition politique si ceux qui ont intérêt à un changement de politique et de société ne se lèvent pas. Entre des pans entiers d’électorat socialiste conquis en 2017 et neutralisés depuis, et M. Darmanin qui braconne sans vergogne sur les terres idéologiques de l’extrême droite, l’arc macroniste n’est en effet pas si éloigné de celui de M. Draghi. Avec, une fois encore, les réformes structurelles contre les retraites, la propriété publique et la Sécurité sociale pour viatique.

On observera dans l’actualité italienne la grande faiblesse de la force communiste. Celle se réclamant du populisme de gauche, qui, en refusant de s’organiser sur une base solide de classe et recourant à des raccourcis souvent outranciers, se trouvent finalement ballotée par le vent politique. Jusqu’à se fondre dans un gouvernement au service des puissances financières.

Ceci nous oblige à réagir. Les forces libérales, instruites par le succès de Trump et des extrêmes droites européennes, sont en train de pactiser avec ces dernières pour défricher le terrain d’une offensive redoublée contre les droits sociaux et démocratiques. Avec pour notable conséquence un glissement considérable du débat public vers l’extrême droite. La séquence xénophobe orchestrée par le pouvoir la semaine dernière — entre le rapprochement Darmanin/Le Pen, la loi séparatisme, la polémique sur Trappes puis sur un prétendu « islamo-gauchisme » l’illustre parfaitement.

Cette opération d’envergure a pour principale fonction de rendre invisible le durcissement de la lutte de classes, les désastres sociaux, la corruption de l’industrie pharmaceutique, la misère galopante et les mauvais coups en préparation contre le monde du travail, la jeunesse et les familles populaires sous prétexte des dettes contractées par l’Etat pour faire face aux conséquences de la pandémie.

Sans l’organisation d’une résistance contre la dé-civilisation capitaliste, sans force ni visée communiste rassembleuse sur un projet de civilisation nouvelle, la stratégie adoptée par les forces capitalistes risque d’entraîner notre continent vers de très sombres lendemains. Travailler à l’union populaire pour des changements de politique et de société relève d’une urgente nécessité.

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1 mars 2021 1 01 /03 /mars /2021 06:16

 

Avec une actualité marquée par les tractations plus ou moins obscures entre groupes financiers se disputant la domination du secteur eau et assainissement, des élus locaux responsables de structures publiques reviennent sur leurs atouts.

*Jean-Marc Lespade est maire de Tarnos. Christophe Lime est vice-président de Grand Besançon Métropole. Laurent Lucaud est vice-président de Grand Poitiers. Yannick Nadesan est maire adjoint de Rennes.

À la faveur de deux crises majeures, la France a (re)découvert en l’espace d’un an l’incroyable résilience de ses territoires grâce aux services publics nationaux et aussi de proximité, ainsi que leurs forces de liens sociaux à travers la solidarité nationale et locale. La population a pris conscience de la mise à mal des services publics qu’ont entraînée les nombreuses réformes opérées depuis des années où les objectifs financiers ont prévalu dans leur gestion au quotidien. Dans le même temps, elle a mesuré la fragilité d’une dépendance économique trop importante à des structures et à des approvisionnements mondialisés, y compris pour des produits essentiels à la vie. Les soubresauts de 2020 ne sont pas pour autant des phénomènes conjoncturels. Depuis plusieurs années, les crises se suivent, qu’elles soient d’origine sociale, économique, cyber, climatique ou sanitaire,plaçant les élus face à la responsabilité de réfléchir autrement et de trouver des solutions pour faire face à ces contextes mouvants.

 

SPÉCIFICITÉS LOCALES ET GESTION LOCALE

Plus que jamais et de manière cruciale sont posées les questions d’une gestion plus locale de biens communs, qu’il s’agisse de l’eau, de l’assainissement, des déchets... ; et pour d’autres, comme l’énergie, l’alimentation, l’agriculture... d’ancrages plus locaux avec une cohérence nationale, voire européenne. Ce sont là des thèmes et dynamiques auxquels les acteurs publics de l’eau peuvent pleinement contribuer, chacun à leur façon, en tenant compte des spécificités et richesses locales tout en cherchant à s’adapter aux enjeux globaux qu’impose le changement climatique. Car, on ne le dit jamais assez, l’eau ne consiste pas qu’en une industrie de réseaux. Tous les peuples ne sont-ils pas installés aux abords de fleuves, rivières et autres cours d’eau pour vivre et se développer ? L’eau est l’un des facteurs majeurs du développement des sociétés humaines.

Les acteurs publics de l’eau sont au carrefour de nombreuses politiques publiques et à l’origine de multiples solutions locales;assurant un service public de proximité, inscrits dans le long terme pour le bénéfice des citoyens, ils ne sont pas que des exploitants d’un service public,ils sont aussi de véritables garants de ces dynamiques de vie.

 

LES COLLECTIVITÉS FACE AUX FINANCIERS DE L’EAU

Dans un contexte de dérèglement climatique, de fragilisation de la biodiversité et de pandémie, l’eau est plus que jamais un bien commun précieux, qu’il convient de préserver. Les dernières semaines ont été marquées par l’affaire Veolia-Suez et ses enjeux de stratégie financière, de développement commercial à l’international, sans aucun regard sur les enjeux sociaux ou environnementaux. Cette affaire met en lumière un changement d’époque déjà opéré avec l’entreprise Saur (troisième du secteur en France) depuis son rachat fin 2018 par un fonds d’investissement : nous passons de la marchandisation à la financiarisation du secteur de l’eau, Veolia comptant céder ses activités eau à un fonds d’investissement qui n’a pas d’historique dans le secteur. Il y a un enjeu fort à sortir des secteurs aussi stratégiques que l’eau ou l’assainissement des griffes d’opérateurs financiers. Les contrats privés sont souvent conclus surplus de dix ans avec, demain,des changements d’interlocuteurs, mettant encore plus à mal ce type de gestion. L’enjeu est donc d’autant plus important qu’il s’agit d’engager nos collectivités sur plusieurs mandats, avec le changement climatique en cours qui oblige à une implication dans les choix stratégiques et dans le pilotage quotidien toujours plus important des élus.

 

UNE RÉPONSE LOCALE, CITOYENNE ET PUBLIQUE

La réponse optimale réside dans les opérateurs publics de l’eau, engagés au service de l’intérêt général et d’une gestion durable et au plus proche des territoires de ce bien commun nécessaire à la vie. Assurant l’approvisionnement en eau potable de plus de 40 % de la population, et plus de 60 % du traitement des eaux usées, ils démontrent chaque jour leur capacité à assurer la continuité de services essentiels aux citoyens de notre pays, y compris en cas de crise sanitaire avec confinement.

Et pour garantir un accès durable, pérenne et équilibré à l’eau, nombreux sont les défis que relèvent les collectivités et leurs opérateurs publics : gestion durable de la ressource, gestion patrimoniale et performance de l’exploitation, qualité du service public et participation citoyenne, accès à l’eau et à l’hygiène pour les plus démunis. Une attention toute particulière doit être portée aux personnels actuels et futurs de nos services, ils sont une richesse pour la mise en œuvre des processus, mais aussi pour la recherche d’amélioration permanente du service : un personnel conscient de ses droits, mais aussi de ses devoirs liés à la notion de service public.

 

Les collectivités et leurs opérateurs publics locaux doivent voir leur périmètre défini d’une façon démocratique, en s’appuyant sur l’histoire et les caractéristiques locales pour une meilleure efficacité, tout particulièrement environnementale,au cœur des territoires. Ils doivent favoriser la dynamisation économique locale, tant par les emplois directs qu’ils génèrent que par leur intégration dans le tissu des PME-PMI et d’entreprises de proximité. N’ayant rien à vendre, ils agissent au cœur d’un maillage partenariat étroit qui leur permet de s’adapter aux enjeux locaux tout en étant présents sur le terrain de l’innovation et l’excellence. Porteurs d’une vision de long terme où chaque euro de la facture d’eau est immédiatement et intégralement réinvesti dans la qualité du service et la gestion patrimoniale, ils sont l’avenir de la gestion de l’eau.

Les coopérations public-publics ont indispensables : coopérations entre recherche publique, tout particulièrement les universités et les collectivités ; coopération aussi entre nos structures publiques définies localement et les communes, car l’échelon communal a montré ses limites dans la technicité de nos métiers mais pas dans le lien avec nos populations; coopération entre nos structures pour assurer un avenir durable à la gestion des ressources.

Un grand service national public de l’eau et d’assainissement déconcentré et s’appuyant sur les élus locaux serait un complément nécessaire et reste un objectif. Évidemment, cet objectif ne saurait retarder nos prises de responsabilités pour avancer localement. Car la gestion publique est source de solutions durables pour nos territoires. C’est avec la consolidation et la conquête de nouvelles gestions publiques directes et locales que nous ferons reculer l’emprise des intérêts privés et contribuerons à la mise en place d’une solidarité des gestions publiques à l’échelle nationale.

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28 février 2021 7 28 /02 /février /2021 17:45

Samedi 6 mars à 14h30

devant la mairie de Quimper, place St Corentin

pour rendre hommage à Nathalie Le Mel ouvrière relieuse née à Brest, ayant vécu à Quimper, qui partit ensuite à Paris où elle joua un rôle important dans les luttes ouvrières et féministes, avant de devenir une des principales animatrices de la Commune de Paris à la tête de l'Union des femmes.

Pionnière de l'égalité femmes-hommes, de la solidarité, des luttes ouvrières, membre de l'Internationale, elle fut une héroïne de la Commune de Paris.

Trop peu connue, en dehors des spécialistes de la Commune, beaucoup moins que son amie Louise Michel.

Notre camarade Eugène Kerbaul lui consacra un livre qui a inspiré il y a quelques années la bande dessinée "Des graines sous la neige".

Ci-dessous le communiqué de presse de notre section.

Nous nous associons bien sûr aussi aux autres initiatives prises à QUIMPER autour de la journée du 8 mars :

  • manifestation féministe au départ de la place St Corentin dimanche 7 mars à 14h30
  • rassemblement à l'appel de la CGT lundi 8 mars devant la médiathèque de 12h à 14h

Yvonne Rainero

Rassemblement pour rendre hommage à Nathalie Le Mel - Samedi 6 mars à 14h30  devant la mairie de Quimper, place St Corentin

Hommage à Nathalie Le Mel samedi 6 mars à 14h30 devant la mairie de Quimper

À l’occasion de la journée internationale pour les droits des femmes du 8 mars et de la commémoration en ce mois de mars des 150 ans de la Commune de Paris dont elle fut une figure marquante, les communistes du pays de Quimper ont choisi de mettre à l’honneur une pionnière bretonne des luttes sociales et féministes, Nathalie Le Mel, et appellent à lui rendre hommage le samedi 6 mars à 14h30 devant la mairie de Quimper place Saint-Corentin.

Nathalie Le Mel, fille d’un ouvrier corroyeur de Brest où elle est née en 1826, vécut à Quimper de 1849 à 1861, elle y tint une librairie et un atelier de reliure rue Kéréon puis rue Saint-François avant de partir pour Paris où elle exerça son métier de relieuse, élevant seule ses 3 enfants après la séparation d’avec son mari.

En 1864, elle s’investit dans les luttes des ouvriers relieurs parisiens, revendiquant l’égalité salariale entre les femmes et les hommes.

Avec son ami Eugène Varlin, elle rejoint l’Internationale qui venait de se créer.

Ensemble ils créent un restaurant ouvrier« La Marmite » et une coopérative d’alimentation, sorte de restaurant du cœur/épicerie solidaire.

Dès les première heures de la Commune en mars 1871, Nathalie Le Mel est sur tous les fronts : clubs de femmes, réquisition des ateliers abandonnés par les patrons, égalité salariale, laïcisation des écoles et des hôpitaux...

C’est la Commune de Paris qui a proclamé l’enseignement laïque, gratuit et obligatoire pour les filles comme pour les garçons, et l’égalité des salaires entre institutrices et instituteurs.

En avril 1871, Nathalie Le Mel, avec Elizabeth Dmitrieff, crée l’Union des femmes pour la défense de Paris dont elles prennent la tête et signent les proclamations.

Lors de la semaine sanglante elle se bat sur les barricades contre les troupes versaillaises.

Elle sera arrêtée, jugée, déportée en Nouvelle-Calédonie avec son amie Louise Michel, elle n’en reviendra qu’en 1879 lors de l’amnistie, ayant toujours refusé toute mesure de grâce, et finira sa vie dans la misère à l’hospice d’Ivry en 1915.

En ces temps où les inégalités de salaires, d’accès aux droits, sont toujours importantes entre les femmes et les hommes, où la précarité touche majoritairement des femmes, où les « invisibles », qui ont permis à notre société de tenir malgré la crise sociale et sanitaire, sont le plus souvent des femmes, caissières, aides-soignantes, aides à domicile, personnel d’entretien..., où le besoin de solidarité, de partage est fort, les combats émancipateurs de Nathalie Le Mel sont d’une grande modernité.

L’hommage que nous lui rendrons samedi et auquel nous appelons toutes et tous à participer, rejoint les combats d’aujourd’hui contre les inégalités et les discriminations, contre les violences faites aux femmes, pour la dignité et l’émancipation humaine.

Section PCF du pays de Quimper, le 28 février 2021

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