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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 09:35
Dimanche 5 février 2017: vide grenier à Landivisiau (salle de Kervenanous, 9h- 18h) pour financer la lutte contre le projet de Centrale à Gaz

Foire aux puces et collections

Dimanche 5 février 2017 à Landivisiau

9h- 18h Salle de Kervenanous

Entrée: 1,50€

 

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 09:35
Une de l'Humanité Dimanche: du 2 au 8 février: "Gauche: un avenir en commun?"

Une de l'Humanité Dimanche: du 2 au 8 février: "Gauche: un avenir en commun?"

Dans cette campagne présidentielle bousculant toutes les routines et les prévisions, avec le discrédit de Fillon, que rattrapent des pratiques d'Ancien Régime, l'élection de Hamon à la primaire du PS sur une ligne et des motivations (d'un électorat des primaires débordant largement celui qui serait acquis au PS) de gauche, contre l'appareil du PS et l'orientation politique de Hollande et Valls, avec la menace incarnée par le capitalo-populisme et le césarisme de Macron, porté par les médias et les puissances d'argent au service de la conservation du système, il y a à la fois toujours d'immenses dangers qui guettent, celui notamment d'une victoire du Front National ou d'une droite dure ultra-libérale, mais aussi des nouvelles possibilités qui s'ouvrent pour la gauche qui a refusé l'austérité et le libéralisme autoritaire de Hollande, qui souhaite une VIe République, un renouveau social, démocratique et écologique, qui partage des valeurs de défense des services publics, de laïcité, de refus de la xénophobie et du racisme.    

Face à une Marine Le Pen donnée dans un sondage publié aujourd'hui par Ouest-France à 25% d'intentions de vote au premier tour, à un Macron donné à 22%, à un Fillon qui dégringole à 20%, une brèche peut s'ouvrir devant une alliance sur un contenu programmatique clair et discuté collectivement à gauche et dans tout le pays avec les citoyens et les forces politiques et sociales entre Hamon (donné à 17% dans ce sondage), Jean-Luc Mélenchon (11,5% dans ce sondage) et Yannick Jadot, avec bien sûr d'autres forces de gauche qui pèsent dans le pays et qui ont fait le choix de porter une ambition de rassemblement aux présidentielles comme le PCF de Pierre Laurent.   

Rien n'est encore fait. Un espoir peut se lever à condition de faire bouger les lignes et de penser les Présidentielles, non comme une petite course aux points pour jouer le coup d'après, mais comme une épreuve où les Français peuvent perdre énormément, ou au contraire se mettre en position de reconstruire une vraie majorité de gauche pluraliste avec un projet prenant à bras le corps les défis démocratiques, écologiques, économiques, sociaux à relever, en rupture avec le néo-libéralisme qui sert de boussole politique depuis 35 ans. 

Bien sûr, les programmes et les histoires politiques de Hamon et de Mélenchon ne sont pas superposables, bien sûr il y a concurrence entre leurs projets politiques (remettre le PS au centre du jeu ou le balayer en créant une autre force centrale à gauche inspirée par Podémos), mais il est possible en discutant du contenu d'un éventuel contrat de gouvernement et projet présidentiel et législatif commun de faire apparaître des convergences suffisamment significatives pour tenter le rassemblement plutôt que de courir tête baissée vers un second tour des présidentielles entre l'extrême-droite et la droite (fillonniste ou macronienne, cette dernière étant soutenue sur le fond de la ligne politique par une bonne partie de l'oligarchie, des élus du PS et des soutiens et membres du gouvernement actuel).    

Il est certain en tout cas que ce scénario aurait les faveurs d'une grande partie de l'électorat de gauche et serait en mesure de créer une dynamique plus favorable. 

Ce n'est pas le scénario le plus facile, le plus probable, mais quand on s'intéresse à l'intérêt du pays et de nos concitoyens à très court terme, peut-on le balayer d'un revers de main? 

Ismaël Dupont.     

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 09:30

Le succès de Benoît Hamon à la primaire du Parti socialiste et la demande de Jean-Luc Mélenchon de « choisir entre eux et nous" ont donné du grain à moudre à Maurice Ulrich, journaliste à l'Humanité.

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 09:27

Ah ! il fallait voir leurs bobines, au soir de la primaire, à la télévision. Il fallait voir leur total mépris, leur souveraine condescendance. Qu'est-ce que c'était que ça ? Qu'est-ce que c'était que ce petit Zef égaré dans la cour des Grands ? Nathalie Saint-Cricq, Ruth Elkrief, Franz-Olivier Giesbert, et ainsi de suite, ne retenaient pas leurs sarcasmes. Utopiste, marchand de rêve, frondeur velléitaire, et j'en passe. Tandis que le sortant, lui, lui qui avait dit tout et son contraire, il avait la carrure d'un homme d'État, lui, il parlait de sécurité à chaque coin de rue, lui, il était laïque, lui, il disait « Je » à tout bout de champ, lui, il était fiable, lui. Mais il a été battu, lui. Comme les copains. Remarquez, du côté des politiques en place, à gauche, ce n'était guère mieux. Mélenchon : moi, je suis en campagne depuis plus d'un an, on ne va pas me faire un tête-à-queue dans la dernière ligne droite. Le Guen : il est irréaliste, ce garçon, ça ne pèse rien, ça ne vaut pas un clou.

 Ou le Premier ministre : d'accord, tu as gagné, d'accord, tu as gagné parce que tu défendais une autre ligne que la nôtre, mais pour qu'on te reconnaisse, il faudra endosser l'héritage. Et François Hollande, François Hollande qui connaît les bonnes manières, oublie de raccompagner son visiteur sur le perron de l'Élysée... Hamon, c'est le Petit Chose de la politique, tel le personnage de Daudet qu'étouffait la stature paternelle. Il aurait même des idées, des idées expérimentales. Encore plus expérimentales que « Mon ennemi c'est la finance » ou que « Travailler plus pour gagner plus » ou que la « préférence nationale » ou que... je vous la fais courte. Et vous savez quoi ? À la fin de son discours, il a dit, Hamon : je ne prétends pas détenir la vérité, je pense que le « Nous » est préférable au « Je ». L'Amateur. On vous aura prévenus. Et puis ça bouge, et puis ça tremble. Voilà-t-il pas que le Petit Chose est désormais la personnalité politique préférée des Français. Ouais, mais tout ça, c'est de l'opinion, c'est des sondages, du vent. Mais voilà-t-il pas que le Petit Chose, dans les intentions de vote, pèse deux fois plus que Mélenchon, réveille les communistes, et s'en vient chatouiller Macron - qui est tellement pro, à ce qu'il paraît. Holà ! Moi je vous le dis, la politique, c'est compliqué. Mais les électeurs, c'est pire.

Hervé Hamon 

Benoît Hamon. Le Petit Chose (par Hervé Hamon, Le Télégramme - 5 février 2017)
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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 08:36

Jean-Marie Le Guen : « Sur la loi travail, l’intransigeance n’est pas du côté du gouvernement " (le 4 juillet 2016, contre les manifestants, les députés et les syndicats qui s'opposaient à la loi travail) 

"Les députés n'en peuvent plus des gauchistes" (2014: à propos des frondeurs qui avaient refusé de voter le budget d'austérité)

Mars 2015: "Les communistes ne fêteront pas leur centenaire" (Jean-Marie Le Guen, dans le grand hebdomadaire progressiste "Paris Match")

Jean-Marie Le Guen, grand spécialiste de l'universalisme républicain version Valls, dans un livre néo-libéral et révisionniste appelé "La gauche qui vient", dénonçait l'islamo-gauchisme de Clémentine Autain, reprenant le vocabulaire des néo-conservateurs partisans du choc des civilisations et de l'islamophobie.

"Il ne suffit pas simplement que l'extrême gauche vote avec la droite pour que ça fasse une politique pour le pays"  

(Jean-Marie Le Guen en 2015, quand les députés communistes, Front de Gauche et Frondeurs s'apprêtent à voter la censure du gouvernement Valls).

En 2014, Jean-Marie Le Guen été accusé de sous-évaluer son patrimoine, équivalent à 2,6 millions de biens immobiliers, et qui était évalué à 700 000 euros. Il est vrai que ce garçon est né dans les beaux quartiers de Paris, comme il se doit avec l'oligarchie au pouvoir, ayant fait ses études au lycée Michelet, puis à Louis le Grand. 

Dans les années 1990, Jean-Marie Le Guen a été impliqué dans le scandale d'enrichissement personnel et d'emplois fictifs de la MNEF, avec Jean-Christophe Cambadélis, Strauss-Kahn, Julien Dray, la belle équipe du PS aux fesses propres, dont beaucoup d'anciens lambertistes ayant intégré les Jeunesses Socialistes et l'UNEF dans les années 80 avec un deal gagnant-gagnant d'intégration dans le système bourgeois de prise de pouvoir sur le pays et ses places enviables par le PS.   

En 2010, Jean-Marie Le Guen demandait avec Manuel Valls, d'accord en cela avec Sarkozy, l'augmentation de la TVA. Jean-Marie Le Guen  a soutenu Strauss-Kahn jusqu'au bout, même après la révélation de l'affaire du Carlton, avant les Présidentielles 2012. 

Jean-Marie Le Guen depuis des années, et encore au gouvernement, est des principaux théoriciens et artisans du social-libéralisme.  

***

 

Selon l'hebdomadaire "Marianne", le ministre du Développement Jean-Marie Le Guen aurait des liens "très particuliers" avec le Qatar. 

 

Après des premières allégations sur des liens supposés entre l'actuel ministre Jean-Marie Le Guen et l'Etat du Qatar, voilà une nouvelle affaire révélée par "Marianne" en kiosques, qui ne devrait pas arranger les affaires de l'actuel secrétaire d'État chargé du Développement et de la Francophonie, et proche de François Hollande.

Les révélations de l'hebdomadaire sont sans ambiguïtés : "de 2015 à 2016, le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement a multiplié les rencontres avec l'ambassadeur du Qatar en France". Il s’agirait de "restaurer l'image de la monarchie du Golfe" contre de fortes sommes d'argent.

Marianne raconte que, quelques semaines après sa nomination au secrétariat d’Etat aux relations avec le Parlement, fin 2015, Jean-Marie Le Guen se serait “démené” pour rencontrer le nouvel ambassadeur du Qatar en France. Ce dernier, nommé en 2014, est chargé de rompre avec les habitudes de son prédécesseur, “trop adepte de la diplomatie du portefeuille”.

Jean-Marie Le Guen l'auraient rencontrée le 1er décembre 2015 explique "Marianne", “pour un dîner chez le secrétaire d'Etat. Le jour J, dans l'après-midi, on informe l'ambassadeur que la rencontre aura finalement lieu chez l'un des "conseillers" de Le Guen, un certain Karim Guellaty, franco-tunisien de 43 ans habitué des coulisses politico-diplomatiques (…) le Qatari accompagné de son épouse et d'un proche, se retrouve à la table de Guellaty. Surprise pour l'ambassadeur, Jean-Marie Le Guen n'est pas accompagné de son épouse mais d'Olivier Spithakis, l'ancien directeur général de la Mutuelle des étudiants de France (Mnef) dans les années 90”. Un homme qui, comme le rappelle "Marianne", a déjà été condamné par la justice.

Toujours selon l’enquête, Le Guen aurait présenté ce qu'il a présenté comme "un projet aux Qataris pour restaurer l’image du pays en France"... contre 45 000 euros.

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 08:17
Malgré le discours de discrédit du gouverment et ses manoeuvres pour limiter la participation des salariés, la CGT a gagné les élections professionnelles des TPE, avec 10 points d'avance sur la CFDT

SILENCE ! La CGT a gagné les élections professionnelles des TPE...

Les journalistes, les experts, certains responsables politiques et surtout le patronat s'en frottaient les mains d'avance. Et si la CGT perdait les élections des TPE ?
Et pour cela, nous avons pu tous vérifier le professionnalisme du gouvernement pour que les travailleurs des TPE ne puissent pas utiliser leur droit de vote :
Black out total d'information, report des élections au milieu des fêtes de fin d'année... 
Et franchement, plutôt que d'être gavés pendant des semaines du cirque des débats politiques "primaires" qui plus est où les gagnants ne sont même pas sûrs au final de se présenter, on aurait préféré des débats entre les différents représentants syndicaux aux heures de grande écoute !
Mais non, les travailleurs des TPE ont été véritablement méprisé par les médias et le gouvernement.
Il ne faut pas s'en étonné...
Manque de bol pour tout ce beau monde, la CGT arrive en tête !
25 % des travailleurs des TPE qui ont voté ont choisi de voter pour un syndicat dont les militants ont été insulté de voyous, de preneurs d'otages et même de terroristes pendant la mobilisation contre la Loi Travail.
Alors bravo à tous les militants qui ont mené campagne dans l’indifférence générale des médias et grand bras d'honneur à tous ceux qui se réjouissaient d'un recul de la CGT !

 

Communiqué de la CGT: 

Elections TPE

Les salariés des TPE confirment la CGT comme première organisation, à dix points devant la deuxième !
vendredi 3 février 2017

Les résultats des élections de représentativité dans les Très Petites Entreprises confirment la CGT comme première organisation syndicale au plan national.

Les salariés qui se sont exprimés ont choisi de légitimer le syndicalisme CGT, qui propose, conteste, revendique, lutte et négocie ! La CGT sort confortée de cette élection et remercie les électeurs.

Cette satisfaction des résultats ne peut gommer l’amateurisme dont ont fait preuve le gouvernement et les services du Ministère du Travail tout au long du processus électoral.

Ils portent notamment la responsabilité du faible taux de participation des salariés à l’élection.

Alors que 4,6 millions de salariés étaient concernés par l’élection, aucune communication digne de ce nom dans les médias n’aura été organisée afin d’informer, sensibiliser et favoriser leur expression.

La CGT dénonce le gouvernement et ses services qui auront jalonné d’embuches l’élection des salariés des TPE comme par exemple le report des élections pendant les fêtes de fin d’année.

Le choix de permettre la participation de listes syndicales pourtant dans l’incapacité de représenter les salariés dans les commissions paritaires qui vont se mettre en place démontre que loin de l’affichage, la prise en compte de l’expression des salariés des TPE sur leurs besoins, leurs revendications n’intéressent que peu le gouvernement !

Les salariés ont amené la meilleure des réponses, celle de placer en tête et loin devant la CGT avec un résultat de 25,12% devant la CFDT à 15,44%.

Ces résultats confèrent de grandes responsabilités à la CGT, qui, forte de ce résultat, réaffirme son engagement auprès des salariés des TPE pour, avec eux, exiger des avancées réelles en matière sociale.

La CGT mesure les efforts de déploiement à réaliser pour mieux représenter les salariés des TPE, leur donner plus de place encore dans le syndicalisme CGT, le syndicalisme de tous les salariés.

Montreuil, le 3 février 2017

Réaction de Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, aux résultats des élections TPE qui place la CGT en première position.

Elections dans les TPE : la CGT recule mais reste en tête

L’UNSA réalise une percée spectaculaire à l’issue du scrutin organisé dans les très petites entreprises, marqué par une abstention record, de plus de 92 %.

La CGT reste le syndicat numéro un parmi les salariés des très petites entreprises (TPE), mais sa position s’effrite, tout comme celles de la CFDT et de FO, tandis que l’UNSA réalise une percée spectaculaire. Tel est le verdict des élections dans les TPE, dont les résultats ont été dévoilés, vendredi 3 février, par le ministère du travail.

La centrale de Philippe Martinez engrange 25,12 % des voix, soit 4,4 points de moins par rapport au scrutin de 2012. Arrivent ensuite la CFDT, avec 15,49 % (– 3,77), et FO, créditée de 13,01 % des suffrages (– 2,2). L’UNSA talonne l’organisation dirigée par Jean-Claude Mailly avec 12,49 % des voix, soit un bond de 5,14 points. Une jolie performance que son secrétaire général, Luc Bérille, impute à deux facteurs : la campagne « dynamique » que l’UNSA a conduite et l’aide qu’elle apporte aux salariés des TPE. La CFTC se classe cinquième (7,44 % des suffrages, en progression de près d’un point), devant Solidaires (3,5 %, soit 1,25 point de moins). Six autres organisations se partagent les voix restantes, parmi lesquelles la CNT et les Syndicats antiprécarité (SAP).

« Il n’y a pas vraiment de signification politique à ce vote, estime Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. Ceux qui étaient contre la loi travail ont baissé. Nous qui la soutenions avons baissé aussi. » Un constat partagé par Dominique Andolfatto, professeur desciences politiques à l’université de Bourgogne : « Les trois principales organisations sont en net reflux par rapport à 2012, observe-t-il. Il n’y a pas d’écarts sensibles dans les évolutions entre celles qui ont soutenu entre la loi El Khomri et celles qui l’ont combattue. Le recul le plus important concerne Solidaires, qui perd près de la moitié de son audience en voix de 2012. »

La CGT conserve donc son « leadership », mais celui-ci s’avère « très relatif », ajoute Dominique Andolfatto, puisque le nombre de voix qu’elle a recueilli correspond à « 1,8 % » des effectifs travaillant dans les TPE et pour des particuliers-employeurs. Ce sont l’UNSA, la CFTC et la CFE-CGC qui « maintiennent le mieux leurs positions, probablement grâce à un travail de terrain en direction de “niches” ou de catégories qui leur sont fidèles et les apprécient », juge Dominique Andolfatto.

Douze organisations étaient en lice, contre neuf en 2012, ce qui a contribué à éparpiller l’expression des suffrages.

 

Participation de 7,35 %

Sans surprise, la participation a été extrêmement faible : 7,35 %, soit trois points de moins par rapport à 2012. Le fait que la consultation, initialement prévue à la fin de novembre et au début de décembre 2016, ait été repoussée de plusieurs semaines et qu’elle débute durant la période des congés de Noël, a sans doute nourri cette abstention record. « Cela interroge sur la nature même du scrutin qui est manifestement en décalage avec les salariés concernés, commente Dominique Andolfatto. On a plaqué sur les TPE un modèle électoral dont ils ne veulent pas ou qui ne les intéresse pas. La démocratie sociale imposée par le haut ne fonctionne pas. »

Dès lors, s’interroge-t-il, « peut-on encore parler d’organisations syndicales représentatives », compte tenu du petit nombre de suffrages qu’elles ont récolté ? La question se pose aussi pour les commissions paritaires régionales interprofessionnelles (CPRI), qui seront mises en place l’été prochain et dont les représentants syndicaux sont désignés sur la base de cette élection : « Quelle sera leur légitimité ? Elles étaient censées offrir un enjeu concret à cette élection et stimuler la participation. » Les CPRI ont notamment pour mission d’informer les salariés des TPE et d’intervenir, le cas échéant, dans la résolution de litiges.

Les résultats rendus publics vendredi seront ajoutés à ceux des élections professionnelles dans les entreprises d’au moins onze salariés, qui ont eu lieu entre le début et la fin de 2016. Une fois mis bout à bout, ils permettront de déterminer, à la fin de mars, les syndicats représentatifs au niveau national et interprofessionnel, ainsi que dans plusieurs centaines de branches. La CFDT espère ravir à la CGT la place de numéro un.

Article du Monde,  Par  3 février 2017

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 08:06
Chantal Mouffe, la philosophe politique belge qui inspire Podemos et Jean-Luc Mélenchon ( portrait de Mathieu Dejean et David Doucet dans "Les Inrockuptibles", 25 janvier 2017)
Chantal Mouffe, la philosophe politique belge qui inspire Podemos et Jean-Luc Mélenchon ( portrait de Mathieu Dejean et David Doucet dans "Les Inrockuptibles", 25 janvier 2017)
Chantal Mouffe, la philosophe politique belge qui inspire Podemos et Jean-Luc Mélenchon ( portrait de Mathieu Dejean et David Doucet dans "Les Inrockuptibles", 25 janvier 2017)
Chantal Mouffe, la philosophe politique belge qui inspire Podemos et Jean-Luc Mélenchon ( portrait de Mathieu Dejean et David Doucet dans "Les Inrockuptibles", 25 janvier 2017)
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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 08:00

Dans un essai politique intitulé En quête des classes populaires, le sociologue,avec d’autres chercheurs en sciences sociales, souligne les évolutions d’appartenance au sein des groupes sociaux. Et s’il s’inscrit dans la lutte des classes, il insiste sur la nécessité de tenir compte des nouvelles formes d’autonomisation culturelle.

Pourquoi présentez-vous, avec d’autres sociologues, votre ouvrage,En quête des classes populaires (1), comme « un essai politique » ?

Paul Bouffartigue Nous ne voulions pas faire un nouvel ouvrage savant sur le sujet. On s’engage sur un certain nombre d’idées. La première concerne le passage de la notion de « classe ouvrière » à celle de « classes populaires ». Cela ne va pas de soi et soulève toute une série de questions. « Classes », et non pas milieux, catégories ou couches populaires : nous y tenons. Pour autant, nous ne considérons pas forcément cette notion de classes populaires comme idéale. L’utiliser de manière non critique est insuffisant. Si l’on se contente de définir les classes populaires comme les catégories sociales du bas de l’échelle, avec au-dessus les classes moyennes et encore au-dessus les classes supérieures, on évacue la réflexion en termes de rapport de classe et de lutte de classes. Les classes populaires ne sont pas seulement dominées, elles réagissent et agissent. Et là, nous prenons à rebours une vision académique dominante. C’est en cela que c’est un essai politique. Ce qui nous intéresse, c’est bien la dimension politique et pas seulement sociologique de la déconstruction et de la reconstruction des classes. Dans le même temps, nous n’avons pas trouvé beaucoup mieux que « classes populaires » pour parler de cet espace social. Et surtout, cela permet de ne pas parler que des « classes moyennes », comme le fait le discours politique, médiatique.

C’est aussi vrai de la sociologie ?

Paul Bouffartigue Ici il faut relativiser, compte tenu de l’influence de la sociologie critique. On trouvera peu de sociologues pour soutenir un diagnostic de « moyennisation sociale ». En revanche, c’est loin d’être gagné dans l’espace politique et médiatique, où l’on n’évoque quasiment que les classes moyennes, avec une définition très extensive : presque tout le monde en fait partie… sauf les « exclus ». Nous combattons cette vision.

Où vos travaux se situent-ils par rapport aux autres recherches en sociologie ?

Paul Bouffartigue L’approche des milieux populaires est très marquée par la pensée de Pierre Bourdieu, par rapport à laquelle, inscrits dans la filiation marxiste, nous nous situons en affinité critique. Avec le sociologue Olivier Schwartz, nous considérons, certes, que ce sont des catégories dominées dans une série d’aspects de leur existence, mais qui ont toujours certaines ressources d’autonomie culturelle. Pourtant il faut se demander, avec l’allongement de la scolarisation des enfants des catégories populaires ou encore avec les transformations des conditions d’existence, que reste-t-il de cette autonomie culturelle ? Ainsi, nous allons plus loin, en affirmant qu’au-delà des formes d’autonomie culturelle, il y a des formes de résistance et de réappropriation des conditions de vie qui ont à voir avec la lutte des classes et qui ont des implications politiques. C’est là que nous introduisons avec Denis Merklen la notion de « politicité ». Il s’agit d’essayer de comprendre que, pas davantage que dans les autres classes d’ailleurs, on serait d’abord socialisé avant de rencontrer la politique. Cette notion permet d’appréhender des conduites et des comportements autrement qu’à partir d’un ethnocentrisme de classe amenant, par exemple, à décréter que les gens qui ne votent pas sont extérieurs à la politique. Or il y a des tas de pratiques populaires à dimension politique. Ce sont en particulier des formes de violence voire d’illégalisme qui ont toujours existé dans ces classes, mais que l’on voit réapparaître plus clairement aujourd’hui.

Vous voyez même dans ces pratiques une recherche de collectif ?

Paul Bouffartigue Dans le passage de la notion de classe ouvrière à celle de classes populaires, il y a le passage de l’unité (« la ») à la pluralité (« les »). Et, en même temps, l’effacement d’un acteur politique. Car parler de classe ouvrière c’est parler d’un ensemble d’institutions politiques qui lui assuraient une visibilité et une représentation fortes sur la scène sociale et politique. Dans le cas de la France, en particulier au travers de la CGT et du Parti communiste, entre les années 1930 et 1960. La grande transformation, c’est d’abord l’affaiblissement drastique de ce mouvement ouvrier. Affaiblissement dû à l’offensive néolibérale et à la déstructuration du groupe ouvrier. Mais nous invitons aussi au retour critique sur les fragilités propres au mouvement ouvrier, d’ordres politique et culturel. La critique du travail, du productivisme, du consumérisme et des phénomènes de délégation de pouvoir y a longtemps été refoulée, et les groupes les plus exploités – immigrés, femmes – sous-représentés. Mais comme la lutte des classes est plus que jamais à l’œuvre, il faut essayer de regarder aujourd’hui les classes opprimées avec de nouvelles lunettes afin de repérer quelles sont ses nouvelles manifestations.

Dans le monde du travail, des transformations profondes sont à l’œuvre. Quelles sont-elles et qu’entraînent-elles ?

Paul Bouffartigue Les classes populaires, ce ne sont pas seulement les habitants des banlieues ou des cités populaires. Elles sont présentes aussi dans des centres-villes, dans les petites villes, dans les zones rurales, etc. Les classes populaires, ce sont d’abord les mondes du travail ouvrier et employé, en gros la moitié de la population. Il existe aussi de nombreuses catégories sociales qui en relèvent ou s’en rapprochent. D’ailleurs même à l’époque de l’hégémonie de la classe ouvrière sur les mondes populaires, l’ouvrier d’usine des grandes concentrations industrielles était loin d’épuiser la réalité du monde du travail. Aujourd’hui, les ouvriers sont dispersés dans une multitude de petites entreprises sous-traitantes. D’ailleurs, une grande partie d’ouvriers sont aujourd’hui recensés dans le tertiaire (maintenance, logistique, transports, commerce, etc.).

Mais qui sont alors les ouvriers et les employés d’aujourd’hui ?

Paul Bouffartigue Les frontières entre les cols bleus et les cols blancs ont explosé, dans les contenus du travail mais aussi dans les parcours professionnels. Il y a une convergence dans les conditions matérielles objectives de travail entre production et services. Anciennes et nouvelles formes d’oppressions et de pénibilités se superposent : la précarité s’ajoute à la faiblesse des salaires, la pénibilité physique, l’allongement de la durée du travail, les pressions psychiques, les tensions avec le public, l’appel à la responsabilité, etc. Dans ce contexte, il est souvent bien plus difficile de faire grève. Reste que les formes de contestation et d’action revendicatives sont nombreuses et évoluent : refus des heures supplémentaires, pétitions, délégations auprès de la direction, mais aussi démissions, absentéisme, etc.

Quelle est aujourd’hui la « figure du peuple réel » composant les classes populaires ?

Paul Bouffartigue On peut partir de la manière dont le genre construit ces classes populaires. Les ouvriers sont majoritairement des hommes, et les femmes des employés. Pour relativiser les mouvements de polarisation entre précaires et moins précaires – indéniables par ailleurs –, il suffit de savoir que très souvent un homme ayant un emploi stable vit avec une femme qui est davantage exposée à la précarité. Inversement, les divisions ont une forte dimension spatiale. Au-delà, avec l’affaiblissement des organisations collectives des classes populaires, toutes les logiques de différenciation et de divisions se renforcent, cultivées et entretenues notamment par les formations politiques de droite et d’extrême droite. Olivier Schwartz parle d’une conscience tripolaire de classe. Là où la conscience de classe opposait le « nous », en bas, aux « eux », les puissants, ceux d’en haut, le « nous » ne s’oppose plus seulement à « ceux d’en haut », mais à ceux qui sont encore plus pauvres, moins méritants, vus comme « assistés » et/ou ceux dont la couleur de peau est plus sombre. Pour autant, il ne faut pas survaloriser conflits et tensions, occulter les pratiques de solidarité qui existent au quotidien et sous-estimer l’existence de nouvelles formes d’autonomie culturelle, comme on en trouve dans le rap.

Ces nouvelles formes incluent-elles la dénonciation de l’exploitation et de tous les rapports de domination ?

Paul Bouffartigue Le risque est d’avaliser le passage du couple « classe ouvrière »/« exploitation » à celui de « classes populaires »/« domination », avec la grande influence en sociologie de la pensée de Bourdieu. Mais comment lutter contre la (ou les) domination(s) si on ne voit qu’elle(s) ? Sans parler du concept, qui peut même être très politiquement correct, de discriminations. Le nombre de groupes discriminés est sans limite. Elles peuvent être liées au genre, au faciès, à l’âge, à des handicaps, aux orientations sexuelles, etc. Des luttes éclatées contre les discriminations peuvent entretenir la division des classes populaires. Je ne nie pas la réalité de ces multiples discriminations. Mais sur le plan théorique et politique, il faut réhabiliter la critique de l’exploitation et du capitalisme, qui sont la base de toutes ces divisions. En tenant compte des transformations du capitalisme, telle l’abstraction de l’exploitation liée à la financiarisation. Comment y parvenir à partir de la pluralité des classes populaires et des expériences des oppressions et de l’exploitation ? Cela reste un vaste chantier.

Dans ce chantier, vous identifiez des résistances, quelles sont-elles ?

Paul Bouffartigue Il est important de voir d’abord les résistances existantes, y compris lorsqu’elles nous dérangent, qu’elles prennent des formes violentes. Ensuite, dans les catégories les plus dominées ou opprimées, des luttes parfois spectaculaires se développent : femmes de ménage de l’hôtellerie, travailleurs sans papiers, VTC, jeunes de la restauration rapide, etc. Une fois que l’on a pris au sérieux ce constat, il faut voir comment fédérer et organiser ces luttes. C’est une question qui se pose dans le mouvement syndical. Elle se pose sans doute trop peu du côté des forces politiques qui prétendent représenter ces classes populaires, comme l’a montré Julian Mischi à propos du Parti communiste. La balle est dans le camp des forces qui ambitionnent toujours de changer la société. Pourquoi la place n’est pas suffisamment faite, dans l’ancienne matrice de gauche, à ces nouvelles cultures politiques, de luttes et de résistances ? Ce livre invite à travailler ces questions car nous ne faisons pas le deuil de la représentation politique des classes populaires.

À quelles conditions peut-on arriver à faire émerger des alternatives ?

Paul Bouffartigue C’est la question de la reconstruction d’un projet alternatif et mobilisateur. Il faut donc à la fois promouvoir, bien sûr, la rencontre dans différents espaces entre les acteurs des luttes et la politique, leur laisser une place mais aussi mener le travail sur l’alternative, comme le rappelle Roger Martelli, qui parle de « refaire peuple ». Cela invite au débat avec les théoriciens d’un « populisme de gauche », Ernesto Laclau et Chantal Mouffe. Contre ceux qui tentent de constituer le peuple contre l’étranger, il s’agirait de le constituer – et d’abord par l’alliance des classes populaires et des classes moyennes – contre l’oligarchie financière. Le mouvement altermondialiste, en s’efforçant de relier les enjeux planétaires, environnementaux, de santé publique et les enjeux du travail, de droits économiques et sociaux, a posé les jalons d’un espace de convergence. Ce qui est intéressant dans la notion de peuple, c’est justement sa dimension à géométrie variable. Le peuple, comme les classes, sont des constructions politiques.

(1) En quête des classes populaires, un essai politique, de Sophie Béroud, Paul Bouffartigue, Henri Eckert et Denis Merklen. Éditions la Dispute, 216 pages, 20 euros.
Un sociologue du travail

Du monde ouvrier, autour des aciéries de Fos (Bouches-du-Rhône) des années 1970, des conditions d’existence des ingénieurs jusqu’au travail précaire, Paul Bouffartigue est un sociologue qui n’a jamais déserté le terrain de la lutte des classes. Après des études de sociologie à Caen puis à Aix-en-Provence, il obtient son doctorat en 1982 et est habilité à diriger les recherches depuis 1997. Auteur de nombreuses publications, il est directeur de recherche au CNRS au Laboratoire d’économie et de sociologie du travail (Lest), à Marseille.

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 07:54
Education: quand le patronat veut réécrire les programmes scolaires (L'Humanité, 1er février 2017)
Éducation. Quand le patronat veut réécrire les programmes scolaires
ADRIEN ROUCHALEOU
MERCREDI, 1 FÉVRIER, 2017
L'HUMANITÉ

L’Académie des sciences morales et politiques, proche du patronat, dénonce une « influence marxiste » sur l’enseignement des sciences économiques et sociales et regrette que l’entreprise n’y soit pas présentée avec assez « d’optimisme ».

L’économie doit-elle être la science des patrons ? Malgré la foisonnante diversité des écoles théoriques, certains en sont persuadés et tentent de peser de tout leur considérable poids pour imposer leurs vues. C’est ainsi que s’est tenu lundi, entre les boiseries du somptueux palais de l’Institut de France, un singulier colloque sur « L’enseignement des sciences économiques et sociales » au lycée. Autant le dire tout de suite : des sciences sociales, il ne fut point question.

Le colloque était organisé par l’Académie des sciences morales et politiques (ASMP), présidée par Michel Pébereau, celui qui, inspecteur général des finances, pilota la privatisation de BNP Paribas avant d’en devenir le PDG. Parmi les intervenants : Yann Coatanlem, président du Club Praxis, un think tank ultralibéral ; Jean Peyrelevade, ancien président du Crédit lyonnais, de la banque Stern, de Suez et toujours dirigeant de nombreux groupes comme Bouygues ou KLM ; ou encore Sabine de Beaulieu, présidente de l’association Jeunesse et entreprises... L’Académie ne semble pas se préoccuper de pluralisme.

« Pourquoi ne pas laisser Marx au programme d’histoire ? »

D’ailleurs, elle ne s’en cache pas vraiment. Le but du colloque ce lundi était d’établir un « diagnostic » des programmes de sciences économiques au lycée, avant un deuxième, fin février, qui en proposera une réorientation. Or, ce « diagnostic » ne s’embarrasse pas de subtilités. Yann Coatanlem, par exemple, regrette que les manuels scolaires continuent de parler du « concept dépassé » qu’est selon lui celui de « classe sociale ». Lors du colloque, il s’explique : « Qui parle encore aujourd’hui de classes sociales ? La précarité peut arriver à tous. » Et il s’interroge : « Doit-on parler de Marx ? Pourquoi ne pas le laisser au programme d’histoire ? »

Sabine de Beaulieu estime, pour sa part, que les programmes d’économie devraient « donner une image plus positive de l’entreprise ». Et même si certains se montrent bien moins sévères, à l’image de la présidente du Conseil d’analyse économique, Agnès Bénassy-Quéré, ou du professeur de l’université d’Oxford, Kevin O’Rourke, « impressionné » par la qualité des manuels français, au moment de faire la synthèse des débats, Bernard Salanié, de l’université de Columbia aux États-Unis, souligne le « négativisme implicite » des manuels scolaires « face aux enjeux de la société moderne » et regrette, entre autres, que « les manuels insistent sur les faiblesses des marchés, mais ne parlent que peu de leurs avantages »...

On pourrait se dire, après tout, qu’il ne s’agit-là que de prises de position peu surprenantes de la part de l’Académie, dont la « section économie politique, statistiques et finance » est connue pour être très proche des milieux patronaux (on y trouve, outre Michel Pébereau, Denis Kessler, ancien vice-président du Medef, ou Yvon Gattaz, ancien président du CNPF, et père de son successeur Pierre...). Sauf que l’organisation de ce colloque rappelle un précédent. En 2008, juste après l’élection de Nicolas Sarkozy, la même Académie avait déjà travaillé un rapport sur la même thématique. Rapport qui avait fortement influencé la réforme des programmes menée en 2010 par Luc Chatel.

À l’approche de l’élection présidentielle, l’Académie tenterait-elle de rejouer le même coup ? Il n’y a, en tout cas, aucun doute sur le fait que le patronat mène sur le sujet une véritable campagne. En septembre, le même Michel Pébereau avait déjà lancé les hostilités en se retirant du Conseil national éducation-économie (CNEE), avec toute la composante patronale de l’organisme, pour protester contre un allégement – pourtant plus que nécessaire – des programmes qui avait vu l’enseignement d’un chapitre sur le fonctionnement des marchés en seconde devenir facultatif. Par cette démission, le patronat force le CNEE à repousser de deux mois la parution d’un rapport élaboré avec le Conseil supérieur des programmes sur l’ensemble de l’enseignement des sciences économiques et sociales. Pour le président du CNEE, Pierre Ferracci, « certains ont imaginé que l’avis du CSP et du CNEE ne pourrait pas sortir avant l’élection présidentielle et qu’on ne retiendrait donc que celui de l’ASMP ». Peine perdue, selon Ferracci, le rapport du CSP et du CNEE sera publié au plus tard début avril.

 

Un enseignement  déjà menacé
C’est en 1966 que les  sciences économiques et sociales font leur apparition au lycée. À l’époque, cet enseignement est pensé dans l’interdisciplinarité :
économie, sociologie, histoire, sciences politiques sont mobilisées autour des questions de société. Une conception régulièrement battue en brèche
avec l’essor de l’idéologie néolibérale, qui rêve d’un enseignement de la « science économique » dure.
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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 07:50
Emeutes fascistes des Ligues nationalistes place de la Concorde à Paris, 6 février 1934

Emeutes fascistes des Ligues nationalistes place de la Concorde à Paris, 6 février 1934

6 février 1934 Émeute fasciste, 
réponses antifascistes
VINCENT CHAMBARLHAC
ET THIERRY HOHL,
JEUDI, 6 FÉVRIER, 2014
L'HUMANITÉ

Parlement pourri, politiciens véreux, régime corrompu… Les mots d’ordre claquent à Paris le 6 février 1934. Place de la Concorde convergent les ligues, toutes situées à l’extrême droite, sinon exactement fascistes.

Aux côtés des ligues manifestent des Parisiens issus d’une mouvance plus large où l’apolitisme déguise peu la haine du régime : la Fédération nationale des contribuables, le Comité de salut économique… Une part de militants de l’Arac, association d’anciens combattants proche du Parti communiste, participent à la manifestation, pensant hâter la décomposition d’une République vilipendée car marquée par sa défense de l’ordre social. C’est là un jour de colère trouble. Des mécontents s’agrègent, dont le plus petit dénominateur à l’extrême droite est l’aspiration à une solution autoritaire, comme à Rome ou à Berlin. Au soir d’affrontements violents, le sang coule (15 morts, plus de 1 500 blessés à la fin de la journée). Certains manifestants tentent de prendre d’assaut le Palais-Bourbon. Les forces de police, et le départ des Croix-de-feu, font échouer cette tentative de coup d’État. Au lendemain du 6, le gouvernement tombe.

Un climat a préparé l’émeute. Dès janvier, des manifestations de l’Action française agitent la capitale. Rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur le 
6 février 1934, Laurent Bonnevay, député du Rhône, signale « le chiffre de 2 000 arrestations, les dégâts sur la voie publique, les agents blessés ». La violence sourde, entretenue par l’extrême droite, se nourrit d’une crise de régime. L’affaire Stavisky place la corruption politique en une ; l’éditorial de l’Humanité du 5 janvier 1934 interpelle le président du Conseil : « Votre inflexible rigueur, Monsieur Chautemps, atteindra-t-elle ministres et députés complices de Stavisky ? »

La montée du chômage lamine la crédibilité politique. Mais le 6 février se comprend aussi dans une séquence européenne, celle du fascisme en Italie depuis 1922, de l’Allemagne depuis peu, d’une guerre civile imminente en Autriche… La montée de régimes autoritaires protofascistes renforce ce sentiment. L’hypothèse d’un coup d’État fasciste avorté s’impose aux gauches.

Celles-ci (radicales, socialistes, communistes, dissidences du communisme) sont divisées, antagonistes. Pour le mouvement communiste l’heure est à la dénonciation des socialistes, complices passifs de la montée du fascisme. Pour le PS-SFIO, aucune alliance n’est possible avec le frère ennemi, devenu extérieur au système républicain. La division nourrit les initiatives dispersées de réponses à la menace fasciste.

Les communistes manifestent seuls le 9 février, donnant l’opportunité à Jacques Doriot, alors rival de Maurice Thorez, de s’illustrer dans les combats de rue avec les fascistes. La veille, autour de la CGT « réformiste », s’impose l’idée d’une grève unitaire et d’une manifestation, prise en charge par les partis, le 12 février. L’ensemble serait réponse à la menace. Tous s’y rallient, parfois du bout des lèvres – le PC appelle à descendre dans la rue le 12 février sur ses mots d’ordre. La réplique s’effectuera en défilés distincts.

La surprise vient alors, contre les appareils, d’une unité retrouvée à la base, que symbolise la fusion des cortèges parisiens place de la Nation. À l’Ouest parisien d’extrême droite, répond l’Est, unitaire et antifasciste. Paris n’est pas la France : en province, plus d’une trentaine de défilés anticipent le 12 février, marquant l’élan unitaire. L’antifascisme de masse naît comme une émotion imposant l’unité contre la division des partis, des organisations. Un front s’ébauche patiemment pendant tout le printemps 1934 par la forme souple du comité antifasciste, où tous, dans la diversité des appartenances politiques et syndicales, se rejoignent.

Devant l’émeute, les gauches répondent dans la dispersion puis l’unité, affirment la souveraineté populaire. Le factieux est à droite, à l’extrême droite. Les gauches réaffirment une République ancrée dans la possibilité révolutionnaire. La surprise de l’unité rend pensable une nouvelle déclinaison, plus sociale, du pacte républicain. L’antifascisme de masse, constitué dans la rue s’avère, malgré la variété des représentations du danger fasciste, le liant d’une nouvelle alliance imposée aux gauches.

« Journée réactionnaire », le 6 février est une date aujourd’hui encore mobilisée dans les discours d’extrême droite contemporains. « Journée antifasciste », le 12 février fait histoire, à condition d’en rappeler la mémoire.

historiens, 
université de Bourgogne.

Auteurs de 1934-1936, Un moment antifasciste, éditions la Ville brûle, 2014, 144 pages, 15 euros.

 

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