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4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 09:06

 

Programmée au printemps, décalée à l’automne, cette exposition installée en novembre 2020 n’a pas pu être accessible au public en raison du deuxième confinement et des mesures sanitaires en vigueur en décembre 2020.

Pour lui donner toute la visibilité qu’elle mérite, la Fondation Gabriel Péri avec les deux commissaires de l’exposition, Guillaume Roubaud-Quashie et Corentin Lahu, a décidé d’en proposer une balade filmée. Un film réalisé par Nicolas Bertrand (les Nouveaux Messagers) sur une idée de Louise Gaxie. Ecrit par Guillaume Roubaud-Quashie et Corentin Lahu. Avec par ordre d'apparition, Louise Gaxie, Alain Obadia, Guillaume Roubaud-Quashie, Corentin Lahu, Fabien Roussel et C215.

Un immense merci au secteur Archives du PCF, aux archives départementales de la Seine-Saint-Denis, à Mémoires d'Humanité, aux Archives municipales d’Aubervilliers, à Ciné-Archives, à C215 et au Parti communiste français.

Vous pouvez consulter les sources de cette exposition en suivant ce lien :

https://gabrielperi.fr/centenaire/cre...

Merci également à BendOver pour son concours musical et aux Productions Alléluia–Gerard Meys pour leur autorisation d’utiliser « Ma France » de Jean Ferrat pour le générique.

Pour commander le catalogue de l’exposition: https://editionshelvetius.com/boutiqu...

Pour en apprendre davantage sur l'histoire centenaire du PCF: https://gabrielperi.fr/centenaire-pcf/​

En partenariat avec le secteur archives du PCF, les archives départementales de la Seine-Saint-Denis, Mémoires d'Humanité, Ciné-Archives et l'Espace Niemeyer.

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4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 07:45
Quimper: pour la journée des droits des femmes un hommage à Nathalie Le Mel

Sur le site internet d'Ouest-France  :

https://www.ouest-france.fr/bretagne/quimper-29000/quimper-pour-la-journee-des-droits-des-femmes-un-hommage-a-nathalie-le-mel-7174147

en fait 1915, c'est l'année où elle est entrée à l'hospice d'Ivry, elle y est décédée en mai 1921, pou le 50ème anniversaire de la Commune.

Dans une réunion publique en 1886 où il était question du sort des femmes, elle avait déclaré :"Les femmes ne veulent pas être protégées, elles sauront bien se défendre elles-mêmes"

Un esprit en avance sur son temps!

Quimper. Pour la Journée des droits des femmes, un hommage à Nathalie Le Mel
Nathalie Le
            Mel.
 

À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes et du 150e anniversaire de la Commune de Paris, la section PCF du pays de Quimper organise un hommage à Nathalie Le Mel, samedi 6 mars, à 14 h 30, devant la mairie quimpéroise.

Nathalie Le Mel est « une pionnière bretonne des luttes sociales et féministes, rappelle Yvonne Rainero, du Parti communiste. Fille d’un ouvrier corroyeur de Brest où elle est née en 1826, vécut à Quimper de 1849 à 1861, elle y tint une librairie et un atelier de reliure rue Kéréon puis rue Saint-François avant de partir pour Paris, où elle exerça son métier de relieuse, élevant seule ses trois enfants après la séparation d’avec son mari. En 1864, elle s’investit dans les luttes des ouvriers relieurs parisiens, revendiquant l’égalité salariale entre les femmes et les hommes. »

«  En avril 1871, Nathalie Le Mel, avec Elizabeth Dmitrieff, crée l’Union des femmes pour la défense de Paris dont elles prennent la tête et signent les proclamations, poursuit Yvonne Rainero. Lors de la semaine sanglante elle se bat sur les barricades contre les troupes versaillaises. Elle sera arrêtée, jugée, déportée en Nouvelle-Calédonie avec son amie Louise Michel, elle n’en reviendra qu’en 1879 lors de l’amnistie, ayant toujours refusé toute mesure de grâce, et finira sa vie dans la misère à l’hospice d’Ivry en 1915. »

Samedi 6 mars, à 14 h 30 devant la mairie de Quimper.

Quimper. Pour la Journée des droits des femmes, un hommage à Nathalie Le Mel
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4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 07:42
Covid-19. Bataille à l’OMC sur les brevets des vaccins - Thomas Lemahieu, L'Humanité, 3 mars 2021
Vaccins anti-Covid. À l’OMC, l’Europe brille par son silence
Mercredi 3 Mars 2021- L'Humanité

Bruxelles refuse toujours de transiger sur les brevets des vaccins. L’étape paraît pourtant un passage obligé pour augmenter la production.

 

Loin des regards, dans les salons – virtuels, pour cause de pandémie – de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), à Genève (Suisse), l’Union européenne n’a, comme les États-Unis, plus que son silence à opposer à l’appel urgent d’une grande partie de la planète. D’après nos informations, les représentants de Bruxelles et de Washington n’ont, au moins au premier jour, lundi, d’une réunion du conseil général de l’institution multilatérale, pas demandé la parole pour s’exprimer sur la proposition de l’Afrique du Sud et de l’Inde. Endossée par 57 autres États et soutenue par près des deux tiers des pays du monde, elle vise à mettre en place une exemption temporaire sur certains droits de propriété intellectuelle pour les médicaments, les vaccins et les technologies contre le Covid-19. Un silence qui, au-delà du mépris, vaut obstruction radicale à toute avancée vers l’objectif affiché de faire de ces instruments indispensables des « biens communs universels ».

« Relever le défi de l’augmentation des capacités de production »

Ce front des pays les plus riches, profitant de la règle du consensus en vigueur à l’OMC, refuse de s’engager dans la rédaction d’un texte sur le sujet avec la majorité des pays en voie de développement, emmenés par l’Inde et l’Afrique du Sud. Pour le fissurer, de plus en plus de voix cherchent à lever la contradiction européenne entre les grands discours généreux des dirigeants comme Ursula von der Leyen, Angela Merkel ou Emmanuel Macron, et les actes manquants, notamment, à l’OMC.

 

Mardi, c’est l’eurodéputé social-­démocrate allemand (SPD) Bernd Lange qui a appelé l’Union européenne à « se ranger derrière Ngozi Okonjo-Iweala », la nouvelle directrice générale de l’OMC, « pour relever le défi de l’augmentation des capacités de production ». « L’Union européenne doit sérieusement réexaminer l’image qu’elle renvoie, insiste celui qui préside la commission du commerce international au Parlement européen . Nous sommes parmi les quelques-uns qui s’opposent au mécanisme d’exemption à l’OMC et qui mettent en place, dans le même temps, des restrictions pour les exportations. Même si, seules, les dérogations aux droits de propriété intellectuelle ne sont pas la solution, nous sommes en train de perdre notre stature morale et nous perdons également du temps contre la pandémie… »

« Des découvertes faites et payées par le secteur public »

À l’occasion d’une visioconférence sur les vaccins comme biens communs universels, organisée mardi et mercredi par le groupe de la gauche au Parlement européen (GUE-NGL), Sangeeta Shashikant, de l’ONG Third World Network, démonte les arguments mis en avant par l’UE pour refuser le mécanisme proposé à l’OMC. « On nous parle de l’argent donné au fonds de solidarité qui doit apporter les vaccins dans les pays les moins avancés, le Covax, mais l’argent ne sert à rien si la production ne suit pas. On nous parle de licences volontaires entre les multinationales, mais ce sont des contrats secrets et restreints. On nous parle de rémunérer les inventions avec des brevets, mais l’essentiel des découvertes ont été faites et payées par le secteur public. »

Dans le même cadre, Emmanuel Maurel voit une « sujétion du public au privé », un « maintien envers et contre tout d’une idéologie mercantile » dans « le veto de l’UE à l’OMC ». « Il faut sortir des cadres existants et obliger les entreprises à partager les technologies, invite l’eurodéputé français (GRS-LFI). Si on ne le fait pas, ça ne marchera pas. »

L’Union européenne aura un passeport vaccinal

La Commission européenne a prévu de présenter, le 17 mars, un projet de « passeport vert », un document numérique qui attestera d’une vaccination ou d’un un test négatif au Covid. Le but est de permettre, dès cet été, de se déplacer au sein de l’Union européenne, alors que plusieurs pays ont restreint les possibilités de franchir les frontières. L’annonce a été faite, lundi, par la présidente de l’exécutif européen, Ursula von der Leyen, dont la lenteur à commander des vaccins reste critiquée.

Covid-19. Bataille à l’OMC sur les brevets des vaccins
Mardi 2 Mars 2021- L'Humanité

L’Afrique du Sud et ses alliés espèrent avancer sur leur proposition d’exemption de droits de propriété intellectuelle. Mais le blocage des pays du Nord demeure. Explications.

 

Les grandes puissances capitalistes sont encore plus têtues que les faits. Sans production de vaccins à la hauteur de la pandémie, avec la multiplication des variants du nouveau coronavirus, le monde court à la catastrophe, mais à ce stade, il n’est toujours pas question, pour les États-Unis, l’Union européenne, le Royaume-Uni, le Japon, l’Australie, la Suisse et quelques autres qui ont, d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), mis la main sur 80 % des doses administrées sur la planète, de toucher aux sacro-saints monopoles de leurs multinationales pharmaceutiques. Selon cette même source, plus de 210 États et territoires, avec une population globale de 2,5 milliards de personnes, n’ont toujours pas reçu la moindre dose d’un quelconque vaccin. Face à la pénurie provoquée par les ruptures sur les chaînes de production, les plus riches se livrent à une guerre entre eux, à travers, par exemple, les mécanismes de contrôle des exportations, comme on a pu voir entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, mais aussi avec le reste du monde.

 

Ne pas froisser Big  Pharma

Les faits sont là, mais pas encore le rapport de forces nécessaire pour changer les choses… « Si ce n’est pas maintenant, alors quand ? » s’impatiente Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS. Défendues par de plus en plus d’organisations sur la planète, les propositions prennent la poussière sur la table, mais après les avoir écartées d’un revers de main au printemps dernier, les grandes puissances capitalistes font le dos rond pour ne pas froisser Big Pharma. À l’OMS, la plateforme d’échange volontaire des technologies anti-Covid (C-TAP) n’a strictement rien reçu des conglomérats industriels occidentaux. Hier et aujourd’hui, à l’occasion d’une réunion formelle de son conseil général, c’est à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) que le combat se déplace.

Éternel refrain

Formulée depuis l’automne par l’Afrique du Sud et l’Inde, endossée depuis par près d’une centaine de pays, la proposition d’une exemption sur certains droits de propriété intellectuelle pour les traitements et vaccins anti-Covid est toujours débattue, mais elle risque de ne pas être soumise au vote des États membres. Les États les plus riches qui ont largement, voire complètement, financé avec des fonds publics la recherche, le développement, les essais cliniques, la fabrication et la logistique des vaccins brevetés pour leur seul profit par quelques géants du secteur, s’y opposent, reprenant systématiquement le refrain composé par Big Pharma : « Supprimer les brevets ou imposer une suspension ne produirait pas une seule dose de plus, c’est avant tout une question de savoir-faire », explique Thomas Cueni, le président de la Fédération internationale de l’industrie pharmaceutique (Ifpma).

 

Seul vrai-faux écart par rapport au business habituel que les mêmes proposent désormais pour esquiver la pression citoyenne mondiale : les pays du Nord prétendent aider les producteurs à s’allier, sous un régime de licences volontaires – et non pas « obligatoires » ou « d’office » qui permettraient de ne pas laisser les monopoles décider seuls –, avec d’autres fabricants, à l’instar de Sanofi qui est mobilisé pour fabriquer les vaccins Pfizer et Johnson & Johnson. Pour la France, Emmanuel Macron voudrait y ajouter une promesse européenne de livrer 13 millions de doses d’ici au mois de juin en Afrique, soit de quoi vacciner 6,5 millions de personnes.

« Les peuples sont littéralement en train de mourir... »

Pour les partisans d’un régime dérogatoire à l’OMC, ces manœuvres ressemblent à des pansements sur des jambes de bois. Représentant de l’Afrique du Sud auprès des institutions multilatérales à Genève, Mustaqeem De Gama accuse : « Les peuples sont littéralement en train de mourir parce que nous ne parvenons pas à un accord sur les droits de propriété intellectuelle. » Alors qu’une entreprise de son pays, Biovac, négocie depuis des mois, mais sans conclure, un accord de production de vaccins avec un fabricant occidental, le diplomate récuse vertement : « Les licences volontaires sont absolument insuffisantes dans une telle pandémie. » Les Danois de Bavarian Nordic mettent à disposition des capacités de production de 200 millions de doses, sans succès auprès des autres géants pharmaceutiques. Le Canada, qui n’a pas accès à la production faite aux États-Unis, s’approvisionne dans les usines européennes et ne réussit pas à nouer des accords avec les multinationales pour produire sur son sol. Par leur intransigeance, les pays les plus riches, Union européenne en tête, enfoncent le monde dans leur impasse.

Piratage sans vergogne

Faute d’obtenir les vaccins qu’elle a commandés à AstraZeneca, l’Union européenne (UE) envisage-t-elle sérieusement de chaparder des doses produites en Inde pour les pays du Sud ? Apparemment, oui. D’après Reuters, Bruxelles est en train d’effectuer un audit de la production chez le plus gros fabricant au monde, le Serum Institute of India, qui travaille pour la multinationale anglo-suédoise. Une étape indispensable avant de recevoir l’aval de l’Agence européenne des médicaments pour des exportations vers l’UE. De quoi pallier, selon les stratèges sans vergogne, les ruptures dans les chaînes industrielles sur notre continent.

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4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 07:40
Régionales en Bretagne. Les communistes votent pour leur alliance - Ouest-France, 3 mars 2021

Régionales en Bretagne. Les communistes votent pour leur alliance - Ouest-France, 3 mars 2021

Régionales en Bretagne. Les communistes votent pour leur alliance

Ouest-France, 3 mars 2021

Jusqu’au 6 mars, les adhérents du Parti communiste français (PCF) sont invités à s’exprimer sur le projet politique du parti pour les élections régionales en Bretagne. Les délégués régionaux poussent en faveur d’une alliance avec Loïg Chesnais-Girard, l’actuel président PS du conseil régional de Bretagne.

 

Quel camp choisira le Parti communiste français (PCF) pour les élections régionales de Bretagne ? Les adhérents du parti sont appelés à voter jusqu’au 6 mars. Trois possibilités : rallier le président socialiste sortant, Loïg Chesnais-Girard, qui fait face à une division au sein de sa majorité ; se greffer au projet politique de la France Insoumise, qui s’est vu refuser un espoir d’alliance par les écologistes ; oser une candidature nouvelle et tenter de rassembler d’autres mouvements de la gauche.

Les 41 délégués régionaux du PCF, qui ont voté le 20 février dernier, penchent en faveur d’une alliance avec Loïg Chesnais-Girard. « C’est le vote des adhérentes et des adhérents qui décidera définitivement du choix des communistes », prévient le PCF dans un communiqué.

- Le Télégramme, 4 mars 2021

Régionales : les fédérations bretonnes communistes favorables à une alliance avec le PS

Du 4 au 6 mars prochains, les communistes bretons devront se déterminer sur leur choix en vue des élections régionales, les 13 et 20 juin. En attendant, les quatre fédérations bretonnes du PCF se sont exprimées en faveur d’une alliance avec le PS.

Lors de la Conférence régionale du PCF Bretagne, qui s’est tenue en visioconférence le samedi 20 février, les 41 délégués avaient le choix entre trois propositions. La première d’entre elles portait sur « la construction d’une liste commune avec le Parti socialiste menée par Loïg Chesnais-Girard, ouverte à d’autres formations politiques de gauche ». Seconde proposition : « Travailler à la constitution d’une liste avec la France Insoumise, ouverte à d’autres formations politiques de gauche ». Troisième choix : « Présenter une liste de rassemblement conduite par un-e communiste ». C’est donc sur la première proposition que s’est portée majoritairement la Conférence régionale. Maintenant, c’est au tour des adhérents de voter du 4 au 6 mars

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4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 07:07

Michel Etiévent est écrivain, historien, journaliste.
Auteur d’une quarantaine d’ouvrages (documentaires, essais, contes…).

 

A deux pas du 8 mars (et pas seulement) moi je n'oublie pas ce qu'on souffert les femmes qui DEPUIS TOUS TEMPS nous ont donné la force de vivre et la dignité....Ma mère, mes sœurs et tant d'autres anonymes en étaient...

Au cœur des bagnes-usines de femmes…

On sait beaucoup de choses sur les migrations masculines au temps des grandes errances montagnardes. De Blaise Cendrars à Stendhal, frotteurs de parquets, écaillers, cochers de fiacres écument la littérature. Peu de documents en revanche sur le travail féminin en usine lors de la guerre de 1914 ou sur l’émigration des femmes qui affectait à la fin du 19ème siècle de nombreux villages. Outre bonnes à tout faire, domestiques en tous genre, gardiennes ou nourrices qui partaient vers Paris depuis les hautes vallées des Alpes, l’impasse est souvent faite sur ces jeunes filles enrôlées très tôt dans les bagnes-usines de la soie lyonnaise.

A peine âgées de douze ans, les voilà parties vers ces pôles soyeux qui enrégimentent des colonies de petites mains prêtes à tout pour gagner quelques sous. Elles viennent de partout. De nombreux bourgs de Haute Savoie, Thonon, Evian particulièrement. Le site industriel est une véritable caserne avec longs ateliers, réfectoires, dortoirs. On estime à plus de trois mille le nombre de ces jeunes filles embauchées au bobinage dans ces « usines-pensionnats » à Bourgoin, Vizille, Valence, Voiron. Jules Godard, chroniqueur attentif de l’époque décrit ainsi leur quotidien : « Avant d’entrer en usines, les filles doivent présenter un certificat de bonne conduite. A l’atelier, elles respirent 13 à 14 heures par jour l’atmosphère confinée des hangars et sont surveillées comme des soldats par des contremaîtresses. Au réfectoire et au dortoir, elles sont soumises à la plus grande sévérité de ceux qui en ont la garde. Quant à la nourriture, elle se limite à une soupe par jour et aux provisions que les ouvrières ramènent de chez elles ».

Beaucoup d’orphelines ou de jeunes handicapées corvéables à merci couleront des vies entières dans ces fabriques. D’autres ne retournent en leurs feux familiaux qu’une fois l’an. Le règlement intérieur s’apparente à celui des « Maisons de correction » qui se développent à la même période. Ainsi chez Giraud à Beaurepaire : « Les internes qui ne sortent qu’escortées par les sœurs de Saint Vincent de Paul, doivent suivre avec rigueur le catéchisme et se confesser régulièrement. Toute désobéissance est sanctionnée par une lourde amende ». Les archives établissent le salaire de la journée à 1,70 F (le kilo de pommes de terre coûte à l’époque 2,50F). Ces pensionnats ne fermeront leurs portes que très tard, au cœur du 20ème siècle. En 1925, dans le Nord Isère, on compte encore 25 « dortoirs » enregistrant chacun 20 filles en pension.

Malgré de nombreuses plaintes portant sur les conditions de vie et de travail, on enregistra peu de mouvement de protestation mise à part la grève de Voiron de 1906 qui mobilisa plus de 500 femmes. La justice acquiesçait régulièrement aux méthodes patronales de ces usines. Ainsi le procureur de la République de Lyon déclarait-il lors d’un jugement en 1892 : « Ces pratiques et la surveillance qui les accompagnent sont des obstacles efficaces au dévergondage des filles et n’ont rien de plus excessif que celles usitées dans les maisons de redressement de l’Etat… »

Michel Etiévent

 

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4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 06:47
https://conference2022.pcf.fr - Un atout pour le débat des communistes sur nos choix pour les échéances de 2022 !
Un atout pour le débat des communistes sur nos choix pour les échéances de 2022 !

Le rythme des contributions publiées sur le site réservé à la conférence nationale s’accélère avec déjà plus de 70 contributions individuelles ou collectives, témoignant ainsi de l’intérêt des adhérent·e·s à participer au débat et à se saisir des enjeux des échéances présidentielle et législatives de 2022. La qualité de ces premières contributions, la richesse des enjeux abordés, constituent un véritable atout pour le débat des communistes.

 

Quelles caractéristiques de la situation politique ?

La domination, et simultanément la profondeur de la crise, du capitalisme qui a atteint les limites historiques de son efficacité, tant pour l’être humain que pour la planète, est largement partagée comme l’idée que cette crise est catalysée par la pandémie mondiale du Covid-19 produisant des épreuves très éprouvantes pour les peuples, conduisant contradictoirement à la perte de repères et à la prise de conscience de la nocivité de ce système, de sa responsabilité dans les immenses régressions en cours, l’explosion de la pauvreté et des inégalités, la casse des services publics, en particulier celui de la santé.

Aucun Président, aucun gouvernement de notre pays ne se sont autant mis au service de la domination du capital que l’exécutif actuel. Des contributions pointent ainsi l’urgence de mettre en lumière le scandale de l’enrichissement d’une minorité d’ultra-riches et d’actionnaires qui tirent profit de la pandémie et de s’attaquer au pouvoir du capital. Car la colère à l’encontre de l’exécutif ne remet pas en cause automatiquement cette domination. À cela s’ajoute une crise démocratique majeure, une rupture de confiance envers les institutions et la représentation politique.

Alors que nous vivons un affaiblissement du mouvement social, nombreux sont les camarades qui insistent sur les potentiels des mouvements récents : mouvement des gilets jaunes, contre la réforme des retraites, pour la défense des services publics, notamment de la santé et de l’école, la défense des libertés, les luttes contre les PSE, mouvements féministes, mobilisations pour le climat, mobilisation de jeunes et étudiant·e·s contre la précarité...

Si des divergences s’affirment sur l’appréciation des contenus portés par les différentes forces de gauche et le niveau de convergence de leurs projets respectifs avec le nôtre, le fait que le PCF est une force centrale à gauche, qui parle à toutes et tous, est largement partagé.

De nombreux camarades pointent le danger des glissements réactionnaire et autoritaire actuels. Pour certains la situation politique est plus instable que jamais et il ne faut pas conditionner nos choix au risque d’un duo Macron-Le Pen au second tour, duo rejeté par une majorité de Français. D’autres considèrent à l’inverse que nous ne pouvons pas nous déterminer sans prendre en compte le fait qu’un tel duo au second tour est le scénario le plus probable, malgré ce rejet, l’une comme l’autre dispose d’un socle électoral solide.

Quels objectifs pour les échéances de 2022 ?

L’enjeu de faire reculer l’abstention et de remobiliser les catégories populaires et le monde du travail est partagé.

L’ambition également de porter un message d’espoir aux échéances de 2022. De quelle nature ?

Un message qui batte en brèche l’idée que veulent imposer les puissants de l’impossibilité d’une alternative au capitalisme, s’opposant à la soumission des peuples et à des aménagements qui ne visent qu’à maintenir l’exploitation et la domination.

Un message qui contribue à nourrir les luttes d’une visée d’avenir, porte l’ambition d’une sortie du capitalisme et dessine un post-capitalisme, le communisme que nous voulons, en faisant progresser un projet en rupture avec les logiques capitalistes, marqué par des transformations radicales.

Et un message qui affirme le besoin d’une alternative à Emmanuel Macron pour notre pays, l’Europe et le monde, le refus des solutions de droite et d’extrême droite, le besoin qu’une gauche combative l’emporte à la présidentielle et aux législatives avec un PCF renforcé et la nécessité d’une nouvelle majorité politique de gauche.

Comment mettre en œuvre ces objectifs ? L’heure des choix !

Sur la démarche stratégique, il y a convergence sur plusieurs idées fortes : l’importance du projet et la nécessité de ne pas se rallier ou s’allier autour du plus petit dénominateur commun ; l’exigence d’une démarche collective qui n’alimente pas l’idée d’hommes ou de femmes providentiel·le·s mais s’ancre dans les exigences populaires et les luttes ; faire que les candidatures présentées par le PCF soient irriguées par les mouvements sociaux et citoyens.

Le débat montre cependant différentes appréciations du rôle que doit jouer le PCF dans la bataille politique et idéologique et de sa capacité à peser dans le débat public, des grands axes du projet qu’il doit porter, ou encore du sens de la nouvelle majorité politique à construire.

Aussi des divergences s’affirment naturellement sur le choix à faire pour l’élection présidentielle. Des camarades affirment l’atout que constituerait une candidature communiste à l’élection présidentielle pour porter les objectifs précités et une démarche qui renforce l’influence du PCF et la possibilité d’une victoire de la gauche, quand d’autres pensent qu’elle serait un obstacle à rassembler tout ou partie de ses forces sur un programme de rupture, seule condition possible à leur avis d’une victoire. Dans l’un ou l’autre choix, la difficulté de faire progresser la gauche est pointée, soit dans la concurrence des candidatures qui serait rejetée par les électeurs de gauche, soit dans l’absence de candidature communiste et donc de point d’appui dans le débat public sur le projet d’une alliance qui ne serait pas en capacité de mobiliser.

Sur la question gouvernementale, un camarade porte l’idée d’un gouvernement de transition pour aller vers une 6e République, issue d’une réflexion commune d’acteurs politiques et sociaux, composé de personnalités de toutes les forces auxquelles ils ou elles adhèrent, fondé sur le respect de chaque partie prenante, pour sauver et réinventer le modèle de société qu’ont porté des femmes et des hommes ayant œuvré à de grandes conquêtes tel Ambroise Croizat.

Concernant les législatives, les camarades pointent l’importance de lier cette échéance à notre choix, pour la présidentielle, car les législatives sont une échéance également décisive pour la politique du pays, l’identification et la perception de l’utilité de notre parti à l’échelle nationale. Le besoin aussi de faire grandir l’idée que l’élaboration des lois doit se faire avec l’implication populaire. L’idée enfin que nous pourrions engager dès maintenant le travail sur un contrat de majorité de gauche, en initiant les constructions politiques nécessaires dans chaque circonscription législative et travailler à ce que les rassemblements qui en résultent soient mis en avant dans la campagne présidentielle.

Le débat est en cours et d’autres avis se font jour. Concernant les échéances de 2022, la résolution votée au Conseil national du 30 janvier appelle « les communistes à s’emparer des enjeux de ce rendez-vous politique, qui sera décisif pour notre parti ».

À nous, collectivement, de poursuivre le débat et d’élargir le nombre de communistes parti-prenant de celui-ci. La décision - le positionnement final de la conférence nationale puis de tous les communistes - doit reposer sur un effort de démocratie interne inégalé. 

Marie-Jeanne Gobert, membre du CEN

 

Les contributions à la conférence nationale des 10 et 11 avril 2021 peuvent être déposées dans l'Espace contributions du site de la conférence nationale : https://conference2022.pcf.fr ou adressées par courriel à conference2022@pcf.fr

Toutes les contributions seront transmises à la Commission du texte et seront publiées sous la responsabilité de la Commission de transparence des débats.

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4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 06:35
Enseignement et recherche. Pourquoi faut-il s’inquiéter de la polémique sur l’islamo-gauchisme ? - Débats de l'Humanité: Fabienne Halaoui, Nicolas Offenstadt, Sandra Laugier, Lionel Ruffel
Enseignement et recherche. Pourquoi faut-il s’inquiéter de la polémique sur l’islamo-gauchisme  ?
Mercredi 3 Mars 2021

 Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur, veut lancer une enquête dans les universités pour distinguer « ce qui relève du militantisme et de l’opinion » . 

 

Cela vise à disqualifier la gauche et à normaliser l’extrême droite

Fabienne Haloui Conseillère municipale et communautaire (Orange, Vaucluse), membre du conseil national du PCF

Dans le Dauphiné libéré du 25 février, Julien Aubert, député vauclusien LR, déclare, lui aussi, vouloir enquêter sur l’endoctrinement islamo-gauchiste en milieu universitaire tout en pointant les théories intersectionnelles qu’il assimile «  à un danger totalitaire, voire fasciste ».

Ce discours emprunté à l’extrême droite et relayé jusqu’au sein du gouvernement accrédite une proximité idéologique entre la gauche et l’islamisme en présentant l’intersectionnalité comme une théorie racialiste. Ces amalgames sont insupportables. C’est une insulte pour la femme de gauche et la communiste que je suis. Je combats toutes les formes de racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie. Je combats aussi l’idéologie islamiste sans complaisance aucune. Utiliser des termes sociologiques dont la majorité de l’opinion ne connaît pas le sens relève de procédés manipulatoires. L’intersectionnalité est une grille d’analyse pour démontrer que Myriam, femme noire homosexuelle et ouvrière, multiplie les chances d’être discriminée face à Maurice, homme blanc, hétérosexuel et chef d’entreprise. Démontrer que Myriam est à l’intersection de 4 discriminations, c’est seulement faire apparaître la nécessité de faire converger les luttes pour faire reculer les discriminations et conquérir l’égalité réelle. Alors, cessons d’accuser de racisme celles et ceux qui le subissent, accusons plutôt la République qui ne tient plus ses promesses d’égalité pour tous ses enfants.

Le séparatisme prôné par l’extrême droite qu’elle soit occidentaliste ou islamiste prend en tenailles des citoyens français de culture ou de religion musulmane. À leur sujet, Marine Le Pen déclare : « On n’est plus chez nous et ça se voit. » Avec l’extrême droite, c’est la construction de l’éternel immigré : si tu es « issu·e de », d’autres sont de « souche », ta couleur de peau, ton patronyme, ton origine vraie ou supposée, ta religion ne font pas de toi un Français : c’est le déni de francité. Avec l’extrémisme islamiste, c’est aussi la construction du eux et du nous, dans l’autre sens, c’est la hiérarchie victimaire des damnés de la terre : « Vous ne serez jamais français, ils ne veulent pas de vous, vous comptez moins que les juifs… » L’extrémisme islamiste joue la laïcité contre l’islam, il instrumentalise les interventions militaires occidentales qui ont dévasté des pays musulmans comme la Libye ou l’Irak mais aussi la Palestine occupée, les musulmans persécutés en Chine, en Birmanie, en Inde… L’islamo-gauchisme est un mot épouvantail brandi pour faire diversion pour disqualifier la gauche et normaliser les discours d’extrême droite. Il est urgent de dire stop à cette surenchère, il est urgent de « désislamiser » le débat, de résister à l’offensive réactionnaire. Le sursaut ne peut venir que des forces de gauche, des progressistes et des démocrates pour conjurer les ténèbres qui menacent. Nous devons trouver les ressources afin de promouvoir un ordre social de liberté, d’égalité, de préservation de la planète, de justice et de paix pour faire reculer durablement tous les extrémismes. Il y a urgence !

Des concepts de combat qui rendent tout débat impossible

Nicolas Offenstadt Historien, université de Paris-I, IHMC

La ministre des Universités a jeté le soupçon sur tout un ensemble de recherches, en souhaitant une enquête sur « l’islamo-gauchisme » à l’université, qui la « gangrène », évoquant également ses inquiétudes quant au domaine des études postcoloniales. D’autres commentateurs ont rajouté comme champs problématiques l’« intersectionnalité » et le « genre », voire même l’écriture inclusive. Ce qui est particulièrement dommageable dans ces discussions, c’est que l’on confond différents registres, rendant tout débat sérieux impossible. La confusion est encore plus grande lorsque l’on assimile des événements qui se déroulent dans les murs universitaires – et à ce titre qui peuvent être organisés par différents groupes et associations – à ce qui relève de l’enseignement et de la recherche. Un débat associatif n’est en rien lié à un cursus universitaire, ni n’est comparable à un cours d’amphi. On le voit, la quête/enquête apparente de clarté était en fait un mélange des genres bien compris. Il fallait ces amalgames et surenchères pour que l’épouvantail soit suffisamment visible.

Les études postcoloniales sont un champ de recherches extrêmement actif dans le monde, avec différentes orientations – par exemple mesurer la place de la matrice coloniale dans le monde contemporain –, dont certaines peuvent paraître plus ou moins convaincantes, mais c’est le propre de la recherche que d’ouvrir des voies nouvelles et qu’elles soient aussi discutées, voire invalidées. Il y a ensuite des outils d’analyse, dont le « genre » – le sexe dans sa dimension sociale pour aller vite – qui a permis de grands progrès sur de multiples terrains de recherche. Il y a des pratiques militantes réfléchies comme l’écriture inclusive qui entend promouvoir l’égalité entre les sexes dans le langage, et qui, bien sûr, ouvre à des discussions. Il y a enfin un terme polémique, « islamo-gauchisme », sur un tout autre terrain, qui joue du flou de sa composition : s’agit-il d’abord d’islam, ici compris comme religion des dominés ? D’islamisme, voire de terreur islamiste ? Le mot cherche à cumuler deux stigmatisations, le radicalisme religieux et ses violences et une position politique considérée comme incontrôlable. Voilà donc qu’un concept de combat – « Kampfbegriff » – dirait l’histoire des concepts, selon Reinhart Koselleck. C’est-à-dire qu’il a pour but de mener une lutte ou de faire advenir ce dont il parle. S’il s’agit de dénoncer des complaisances ou des alliances, à gauche, réelles ou supposées, avec l’islam radical, voire avec la terreur islamiste, cela ne fait pas une doctrine, ni un ensemble consistant, bien identifié. Comme l’écrit l’Académie française, le suffixe « isme » « entre dans la composition de mots désignant des courants de pensée philosophiques ou politiques. (…) L’abus de ce suffixe pour former des néologismes peu clairs témoigne le plus souvent de paresse dans la recherche de l’expression juste ». Surtout, le terme ne correspond à rien dans la recherche universitaire. Ce n’est pas un champ thématique, ce n’est pas une approche de sciences sociales (on se demanderait bien ici ce qu’elle pourrait être), et les engagements militants qu’il supposerait ne peuvent relever que de propos tout à fait marginaux dans les cursus universitaires. La « gangrène » est ici une pure et folle invention. Que des polémistes forgent des concepts de combat, c’est le propre même de leur action, mais que des responsables politiques, en particulier en charge de l’enseignement, les construisent en problème public sans aucun travail de clarification et au mépris des logiques de fonctionnement du monde universitaire est une véritable forfaiture.

Une convergence du champ politique et intellectuel

Sandra Laugier Professeure de philosophie à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne, membre de l’Institut universitaire de France

Nous assistons à la radicalisation d’un phénomène que j’ai, pour ma part, connu de longue date : la volonté politique de déconsidérer, voire de criminaliser des recherches – qui sont parfaitement légitimes dans tous les pays démocratiques. Cette rhétorique réactionnaire s’est exercée contre les études de genre, par exemple, depuis une dizaine d’années, les accusant d’être « militantes ». Il en est de même des recherches sur l’intersectionnalité, qui ont été développées, dans les années 1980, à partir de l’œuvre d’une juriste respectée, Kimberlé Crenshaw. L’intersectionnalité est un concept nécessaire et un outil de pensée qui a fait voir des formes extrêmes de discrimination et de vulnérabilité ; celles subies par les femmes noires aux États-Unis, apparues récemment au grand jour avec le Covid. Toutes ces recherches, d’une grande richesse, attirent les nouvelles générations d’étudiant·e·s, ce qui probablement fait réagir quelques académiques qui se sentent menacés. Mais le fantasme d’une « invasion » est grotesque. Les recherches sur le genre, la race, le décolonial… sont très minoritaires et c’est toujours un combat pour arriver à obtenir des postes ou des financements sur ces thèmes. Il suffit de regarder le très faible nombre de programmes d’enseignement, de centres de recherche, ou de postes d’enseignants-chercheurs ou chercheurs affichés « genre ». Alors, pourquoi tant de haine ? Genre, race, intersectionnalité, décolonial… sont des concepts critiques, des outils qui servent à voir et analyser les inégalités présentes dans les sociétés. Ce qui en fait des concepts perturbants pour toute pensée conservatrice. De fait, ces recherches et idées ont toujours été honnies par l’extrême droite. Mais, aujourd’hui, c’est le gouvernement macronien qui drague l’extrême droite et radicalise son discours, dans sa quête des votes de la droite. Une radicalisation qui s’apparente à la façon dont Trump s’en prenait aux « antifas » pour satisfaire ses troupes.

La rhétorique d’une faction du monde intellectuel et académique, qui a une place bien installée dans les médias, et l’oreille du pouvoir macroniste, comme on l’a vu lors de la production des lois sécurité globale, croise le champ politique. Parce qu’elle ne domine pas dans les universités, ni dans les organismes de recherche, elle va se sentir des ailes avec les attaques violentes du pouvoir contre leurs collègues, et donc en rajouter. C’est cette convergence qui est nouvelle et inquiétante. Certains intellectuels qui ont une image de gauche, mais ont opéré un virage à droite, se crispent sur des idées prétendument « républicaines » ou une « laïcité » qui les conduit à rejoindre et conforter, parfois « involontairement », la réaction.

Ceux qui dénoncent l’islamo-gauchisme dans certaines universités, le caractère non scientifique de telles recherches… sont souvent soit des retraités, soit des personnes dans des positions protégées où ils ou elles n’enseignent pas ou très peu, et n’ont quasi pas de jeunes chercheurs avec eux… Bref, ils ont en réalité un rayonnement très faible dans la vie intellectuelle réelle et dans la recherche avancée. Même s’ils ont un fort capital social, par leur position dans les médias ou leur proximité du pouvoir. Leur seule chance d’exister dans un monde universitaire largement internationalisé est donc de déconsidérer leurs collègues, voire de tenter de les priver de ressources, par exemple en prenant le contrôle des outils d’évaluation (d’où leur récente obsession du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur. Qui sait ce que le ressentiment va leur faire encore inventer ?

le séparatisme est à l’œuvre

Lionel Ruffel Professeur de littérature à l’université Paris-VIII Saint-Denis

 
Sept sur dix, nous y sommes enfin. Sept Français sur dix estiment qu’il y a un problème d’islamo-gauchisme en France. Il aura donc fallu une petite dizaine d’années pour convertir en sondage (était-ce l’objectif principal ?) un processus initié par une petite bande de publicistes et d’agitateurs, relayé par des ministres et quelques notables du demi-monde intellectuel.

Une semaine après que Frédérique Vidal a appuyé sur la détente, on aimerait pouvoir en rire tant on connaît ça par cœur, depuis la propagande de l’entre-deux-guerres jusqu’au chef-d’œuvre Trump. On aimerait penser que la ficelle est un peu grosse, lorsque cette même ministre a fait passer en force, en pleine pandémie et sans le début d’un soupçon de considération pour ce que les universités et les étudiants vivent depuis un an (une survie précaire), la réforme structurelle la plus dévastatrice de l’ère contemporaine, contre laquelle à peu près tout le monde dans l’université française s’est prononcé. Et d’ailleurs n’est-ce pas cet « à peu près tout le monde » qui était visé et qu’il s’agissait de « fracturer » ? Un rêve séparatiste en quelque sorte. On aimerait penser que la ficelle est un peu grosse, et donc grossièrement ridicule. Mais, cette fois-ci, on n’y arrive plus car on sent bien que des digues ont sauté depuis que Jean-Michel Blanquer a allumé la première mèche de cette mandature (mais rendons à Manuel Valls l’initiative politique de la « question »), laissant à sa collègue, dans une répartition des genres somme toute classique, le soin de faire le sale boulot. Des digues ont sauté dans l’ordre du symbolique et, en la matière, le symbolique compte. La ministre Vidal a transgressé toutes les lois qu’elle est censée incarner.

En commençant par la loi de représentation : elle occupe un ministère, ce qui suppose qu’elle représente un corps social d’administrés qu’elle fracture pourtant en direct à la télévision en sacrifiant une partie de ses représentés. Elle transgresse la loi administrative qu’elle doit rigoureusement appliquer en troublant volontairement l’ordre des composantes de son administration. Le CNRS devient ainsi à ses yeux non plus un organisme de recherche, mais une police politique des savoirs.

Elle transgresse la raison même de son ministère, gardien et laboratoire des connaissances et des savoirs, en disant sur la science littéralement n’importe quoi et, ce faisant, participe à un effondrement du sens.

Cette transgression de la loi par celles et ceux qui sont supposé·e·s en faire respecter l’ordre symbolique est dévastatrice. Les pulsions qu’elle libère sont incontrôlables. On peut appeler cela fascisation. Mais, au fond, ce rêve séparatiste, dévoilé comme en un lapsus, n’est peut-être qu’une image écran posée sur un séparatisme plus profond, déjà à l’œuvre, et dont il convient, par tous les moyens, de taire la réalité : la « balkanisation » de l’université française. Mener à terme cette reconfiguration « balkanisée » de « l’université républicaine » qui sépare riches et pauvres est la mission que la ministre Vidal a endossée, comme avant elle tous les ministres depuis au moins 2007.

Depuis hier sur Twitter, les (surtout) jeunes enseignants-chercheurs ne se soucient déjà plus de la question islamo-gauchiste, mais se révoltent contre le niveau dramatiquement bas des postes de titulaire mis au concours cette année. Le cœur de notre combat est là, même si nous ne devons rien lâcher sur la « question ».

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3 mars 2021 3 03 /03 /mars /2021 17:44
La section du Pays de Brest  du Parti Communiste Français soutient le secteur de la culture, et l’appel unitaire à la mobilisation lancé par les syndicats et organisations du spectacle pour ce jeudi 4 mars à 11 h place de la Liberté à Brest.
 

« Tout ce qui dégrade la culture raccourcit les chemins qui mènent à la servitude ». Albert Camus.


Parce qu’il est essentiel d’agir pour le monde de la Culture et pour celles et ceux qui la font vivre, les communistes  soutiennent le monde du spectacle et de la culture en grand danger  en cette période.
Le monde de la culture (gage majeur de démocratie ) ne semble toujours pas devenir une priorité. Face aux verdicts successifs qui consistent à ne toujours pas ouvrir les cinémas, les théâtres, les musées, etc., et qui poussent un peu plus le spectacle vivant et le monde de la culture dans le néant, nous devons plus que jamais les soutenir.
Il est impératif, dès aujourd’hui, de sauver le monde de la culture, les entreprises, artistes et techniciens du spectacle, et ce, coûte que coûte. « Quoiqu’il en coûte », pour reprendre les mots du Président Macron.Le gouvernement,se doit d'entendre les  revendications et  examiner les  propositions concrètes des organisations professionnelles .
Cela doit passer par une réouverture des lieux de spectacle la plus rapide possible, mais également d’une politique forte de l’État et des collectivités pour soutenir le secteur culturel par un déblocage de fonds et une politique volontariste de commande publique : permettons aux artistes, techniciens, compagnies, groupes, ensembles musicaux (…) de reprendre le chemin des salles de spectacles et des studios, quand bien même ces lieux pourraient demeurer fermés au public en cette période.

Préparons les œuvres de demain, et sécurisons les emplois et les droits collectifs des professionnels de la Culture.

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3 mars 2021 3 03 /03 /mars /2021 06:54

 

Malgré la crise actuelle, l’exécutif s’obstine à sceller sa réforme visant à faire des économies sur le dos des sans-emploi et des travailleurs précaires. Les syndicats, unanimes contre ce texte, exprimeront une dernière fois leur désaccord à la ministre du Travail, ce mardi.

Trois reports du fait de la crise économique et un coup d’arrêt de la part du Conseil d’État n’auront pas convaincu le gouvernement d’abandonner son projet de réforme de l’assurance-chômage, décriée de toutes parts depuis sa présentation en 2018. Bien décidée à boucler le dossier rapidement, la ministre du Travail reçoit, ce mardi, les organisations syndicales pour un dernier round de consultation avant l’entrée en vigueur des premières mesures.

À l’ordre du jour, la présentation du décret, qui devrait être pris dans la foulée, en mars. Si les représentants syndicaux sont invités à exprimer leur avis pendant un tour de parole virtuel, aucun n’est dupe. « Cette concertation n’en a que le nom, le projet n’a pas bougé depuis octobre dernier ! » assène Denis Gravouil, négociateur de la CGT. « Ça fait des mois qu’on le répète : ce projet n’est pas le bon. Il faut remettre tout à plat et développer une réforme qui augmente les droits des demandeurs d’emploi et couvre plus de chômeurs », ajoute Michel Beaugas, secrétaire confédéral de FO.

Jusqu’au-boutisme

Alors que le gouvernement a dû retarder l’application de certaines mesures et en suspendre d’autres face à la vigueur de la crise sanitaire, le projet de réforme continue de faire l’unanimité contre lui. Il y a une semaine, les cinq centrales syndicales (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO) se sont ainsi fendues d’un communiqué commun, fustigeant le jusqu’au-boutisme du gouvernement. « Nos organisations demeurent en profond désaccord avec le principe fondateur de cette réforme selon lequel la baisse des allocations-chômage inciterait à un retour plus rapide à l’emploi. Cette loi est d’abord l’occasion de faire d’importantes économies budgétaires aux seuls dépens des demandeurs d’emploi », notent-elles. Selon une étude de l’Unédic de novembre 2020, les mesures gouvernementales « à leur rythme de croisière » économiseraient au régime 1,5 milliard d’euros.

Une pernicieuse refonte du calcul du salaire journalier de référence

Une indécence pour les cinq organisations syndicales, alors que la pandémie a lourdement aggravé la précarité de la population. « Le gouvernement va baisser les droits des personnes les plus précaires, qui enchaînent des contrats courts, après leur avoir accordé pour certaines une prime exceptionnelle de 900 euros. C’est un non-sens », dénonce Marylise Léon, secrétaire générale adjointe de la CFDT.

 

 

 

Car, si le ministère du Travail compte conditionner la moitié des mesures envisagées par la réforme (le durcissement des conditions d’éligibilité et la dégressivité des indemnités des cadres) à une baisse future du chômage, la plus pernicieuse des dispositions devrait bel et bien voir le jour pas plus tard que cet été. Il s’agit de la refonte du calcul du salaire journalier de référence, qui sert de base à la définition du montant des allocations. Au lieu de prendre en compte uniquement les jours travaillés, cette nouvelle équation s’étendra sur l’ensemble des jours de la période, y compris ceux non travaillés.

 

Une « rupture d’égalité », selon le Conseil d’état

Ces détails sont techniques. Mais les effets d’une telle mesure sont limpides : selon l’Unédic, environ un nouvel allocataire sur trois verrait le montant de son indemnité baisser de 24 % en moyenne. Et même si la décision du Conseil d’État de novembre 2020, qui jugeait la mesure porteuse d’une « rupture d’égalité », a en partie forcé le gouvernement à faire marche arrière en instaurant un taux d’indemnisation plancher, certains demandeurs d’emploi devront se passer de plus de 300 euros d’indemnités mensuelles (voir infographie). Avec en première ligne, les plus précaires. « À salaire égal et temps de travail égal, c’est le salarié qui aura eu la période d’emploi la plus discontinue qui sera le plus défavorisé », détaille Denis Gravouil.

 

Les syndicats peinent à avaler la pilule

Pour compenser cette mesure hautement discréditée, le gouvernement a bien assuré mettre en œuvre, dès cet été, un système de bonus-malus pour les employeurs recourant trop régulièrement à des contrats précaires. Mais, là encore, les syndicats peinent à avaler la pilule. « Nous pensons que ce bonus-malus n’éradiquera pas les contrats courts. Son but devrait être d’équilibrer le coût de ces contrats en mettant à contribution les employeurs, mais ce n’est pas fait de manière équitable », tempère Jean-François Foucard, secrétaire national de la CFE-CGC. « Tous les secteurs ne seront pas concernés », abonde son homologue à la CFDT, Marylise Léon.

Toutes ces objections n’entament pas l’entrain sans faille du gouvernement pour sa réforme. Qu’importe le marasme économique, l’agenda politique doit être tenu. « Le président avait annoncé deux réformes pour la fin de son mandat. Pour celle des retraites, tout le monde sait que la période électorale préprésidentielle ne s’y prête pas, d’autant plus que nous avions mobilisé des milliers de personnes dans la rue. Donc, on se concentre sur la réforme de l’assurance-chômage », analyse Michel Beaugas, de FO.

Si la rencontre de ce mardi au ministère du Travail est la dernière avant l’entrée en vigueur des premières dispositions de la réforme, les organisations n’ont pas l’intention de se contenter de cette saignée des droits des chômeurs. « On ne va pas s’arrêter là, on se retournera vers le Conseil d’État s’il le faut. Car, pour nous, il y a toujours rupture d’égalité », assure Denis Gravouil, de la CGT.

 

Fin de partie pour la prolongation des droits ?

La ministre du Travail l’a annoncé comme une main tendue aux chômeurs, mais les syndicats refusent de se laisser berner. Élisabeth Borne a indiqué, ce dimanche, que les chômeurs en fin de droits verront leur indemnisation à nouveau prolongée jusqu’à la fin du mois de mars, pour faire face à la crise du Covid. Une telle disposition avait déjà été prise pendant le premier confinement, et les indemnités des demandeurs d’emploi ont été prolongées deux fois depuis novembre 2020. Mais, alors que la ministre boucle dans le même temps la réforme de l’assurance-chômage, la manœuvre interroge. « Et après ? » demande Denis Gravouil, chargé des questions d’emploi pour la CGT. Pour le syndicaliste, tout laisserait à penser que ces chômeurs ne pourront plus compter sur le soutien du gouvernement à la fin du mois.

 

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3 mars 2021 3 03 /03 /mars /2021 06:47

 

Gérard Araud, ancien ambassadeur aux États-Unis, et Étienne de Poncins, qui représente la France en Ukraine, s’en prennent à la révolution de 1871 sur Twitter, au plus grand mépris de l'histoire. Cent-cinquante ans après, l'esprit versaillais est toujours là...

La Commune de Paris reste une période méconnue. Même les plus hauts diplomates en ont une vision, disons, erronnée. Pour les 150 ans de cette révolution, voilà que l’ancien ambassadeur de la France aux États-Unis, Gérard Araud, la qualifie d’« insurrection armée contre une Assemblée qui vient juste d’être élue au suffrage universel, qui incendie par esprit de destruction les monuments de la ville, le tout sous l’œil de l’ennemi qui sable le champagne ».

 

Un tweet que notre ambassadeur en Ukraine, Étienne de Poncins, commente ainsi : « La Commune est aussi une préfiguration du totalitarisme communiste soviétique par la terreur et les massacres accomplis. Sur le plan politique, c’était une référence permanente de Lénine pour 1917. »

Seule la dernière phrase tombe juste. Pour le reste, il conviendrait de traiter cette période avec plus de rigueur et moins de mépris.

  • Un : la Commune s’est insurgée le 18 mars 1871 car Thiers tentait de s’emparer des 227 canons de la garde nationale.
  • Deux : l’Assemblée élue en février l’a été lors de législatives réclamées par l’Empire allemand, dont l’armée occupait plus de 40 départements français et retenait près de 400 000 prisonniers. Le Journal officiel ne publie d’ailleurs ni le nombre d’inscrits, ni celui de votants. Et les monarchistes remportent l’élection non pas car les citoyens adhèrent à leur régime, mais parce qu’ils apparaissent comme les garants de la paix (en échange de 5 milliards de francs-or, et de la session de l’Alsace-Moselle).
  • Trois : Paris se révolte, et la Commune adopte en 72 jours toute une série de mesures progressistes.
  • Quatre : Thiers la fait massacrer, après avoir demandé à Bismarck la libération de soldats uniquement dans ce but. L’ennemi peut sabler le champagne !
  • Cinq : les versaillais font bombarder la capitale et liquider plus de 17 000 personnes. Dans le chaos, des communards, sans l’aval de leur gouvernement, exécutent une centaine d’otages et brûlent des monuments. C’était une faute. Mais que dire des versaillais…

 

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