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6 mars 2021 6 06 /03 /mars /2021 06:26

La ministre de l’Enseignement supérieur veut lancer une enquête sur l’islamo-gauchisme dans les universités pour distinguer « ce qui relève de la recherche et ce qui relève du militantisme et de l’opinion ». 

 

Derrière la polémique, un projet antirépublicain

 

PIERRE OUZOULIAS, SÉNATEUR COMMUNISTE DES HAUTS-DE-SEINE, CHERCHEUR AU CNRS

Dans la longue histoire de l’enseignement supérieur français, le gouvernement actuel restera, sans doute, celui qui est allé le plus loin dans la réformation néolibérale de l’université. En instaurant la sélection, il a permis aux établissements de choisir leurs étudiants sur des critères que la suppression du baccalauréat rend de plus en plus liés au statut social de leur lycée d’origine. Par l’importance donnée à leur évaluation selon un classement élaboré en Chine, à Shanghai, en fonction des normes des universités anglo-saxonnes, il a poursuivi la politique de constitution d’un marché des savoirs mise en œuvre par Valérie Pécresse, François Fillon étant premier ministre, et continuée par Geneviève Fioraso, pendant le gouvernement Valls. Après quinze années d’une réforme ininterrompue, l’université est de moins en moins un service public et de plus en plus un ensemble dont tous les éléments sont en concurrence les uns, les autres : étudiants, établissements, formations, diplômes, productions scientifiques, etc.

L’actuelle ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a été l’ouvrière fidèle et zélée de ce projet présidentiel pour l’université. Alors, pourquoi donc, ce programme mis en œuvre en moins de quatre ans, lui lancer maintenant l’anathème en expliquant qu’elle est « gangrenée par l’islamo-gauchisme » ? Certes, l’ouverture de cette polémique par la ministre répond à la stratégie présidentielle de condamner l’extrémisme de ses opposants en utilisant les thèmes de la droite contre la gauche et réciproquement, pour mieux instituer le président-candidat comme le seul choix possible des « personnes raisonnables ». Néanmoins, les mots de cette campagne, savamment préparée et orchestrée, ont été choisis avec soin et dévoilent un autre dessein gouvernemental. La charge a été lancée contre les sciences humaines et, au premier chef, contre la sociologie, dans un champ bien délimité : celui de l’université. Le CNRS en a été écarté puisqu’il lui a été demandé de réaliser « l’enquête ». Par ailleurs, on aurait pu penser que les formations de sociologie dispensées par l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences-Po) auraient partagé l’opprobre qui a frappé son président, mais il n’en fut rien !

En désignant à la vindicte populaire les sciences humaines à l’université, le gouvernement nourrit contre elles une démagogie ancienne qui considère que l’argent public ne doit pas alimenter des disciplines subversives par nature et que l’université doit avant tout transmettre des savoirs directement mobilisables par l’étudiant dans sa future vie professionnelle. La critique politique cache une ambition économique, celle d’une transformation utilitariste de l’université. La directrice générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle le déclarait d’ailleurs, sans fard, le 28 janvier 2021 : il faut « former moins de spécialistes aux têtes d’épingle mais des jeunes plus adaptables ». Mais que les élites se rassurent, leurs progénitures continueront de suivre des enseignements de sociologie pour devenir les « experts qui se destinent à des carrières d’expertise dans les grandes organisations publiques, privées et les ONG », selon la réclame de Sciences-Po.

La polémique apparemment impromptue cache finalement une pensée politique libérale en rupture totale avec l’idéal républicain d’un enseignement au service de toute la nation.

 

On assiste à la panique des majoritaires

 

MARIE-ANNE PAVEAU, PROFESSEURE EN SCIENCES DU LANGAGE, UNIVERSITÉ SORBONNE-PARIS NORMANDIE

Trois semaines après les déclarations de Frédérique Vidal à propos d’une enquête sur « l’islamo-gauchisme » à l’université, ce gros concept typique du discours pamphlétaire semble heureusement sortir du débat par la porte de derrière. Il aura cependant accompli sa mission : installer un conflit, polariser les débats et pénétrer l’opinion publique.

Ce mot parapluie abrite une collection hétéroclite d’éléments, souvent déclinée sous forme de listes. On a pu lire ou entendre, par exemple, « théorie du genre, décolonialisme, racialisme, intersectionnalité » ou « les théories indigénistes et décoloniales, les études de genre, l’écriture inclusive ». Ces énumérations désordonnées montrent que les universitaires brocardant ces notions ne les connaissent pas, associant pêle-mêle options théoriques, perspectives méthodologiques ou objets de recherche parfois déconnectés les uns des autres. Leurs discours présentent d’ailleurs des confusions fréquentes (entre études postcoloniales et décoloniales, par exemple), qui montrent leur ignorance de ces propositions scientifiques : on ne les a jamais entendu parler de colonialité, d’orientalisme, de décentrement, de savoirs situés ou de perspective partielle, le débat se concentrant sur la race, le genre, l’intersectionnalité. Cette incompétence a un sens : quand une professionnelle du savoir ne sait pas de quoi elle parle, cela veut dire qu’il est question d’autre chose.

Et il n’est guère question de savoir, en effet, dans cette flambée d’attaques non étayées, ni sourcées, ni documentées ; ces disqualifications parfois honteuses (certaines sorties contre les doctorantes et leurs sujets de thèse sont indignes de fonctionnaires d’État dont l’éthique est régie par le Code de l’éducation) sont d’une autre nature. Le profil de ces universitaires polémistes a été souvent décrit : enseignantes installées, parfois retraitées, protégées dans leurs institutions, en un mot, majoritaires, au sens qualitatif du terme, c’est-à-dire détenant les postes, tenant les appareils de norme et de pouvoir, ayant un accès facile aux médias. Mais alors, d’où vient cette inquiétude éruptive, ce sentiment d’être menacée par des ennemis en - isme qui viendraient envahir l’université ?

De la panique. Ce qu’on a vu se déployer ces dernières semaines, c’est la panique des majoritaires devant l’entrée des minoritaires dans les sciences humaines et sociales, minoritaires comme chercheuses (notamment héritières de la colonisation et de la traite), mais aussi comme objets de recherche (les catégories de personnes discriminées). Nous vivons actuellement une transformation sociologique et épistémologique de l’université française : de jeunes (et de moins jeunes) chercheuses, dotées d’un capital intellectuel international peu présent chez les majoritaires (travaux latino-américains, indiens, africains, anglais et états-uniens), nous proposent une pensée renouvelée. Elles font sortir la science occidentale de la perspective des dominantes ; elles posent sur le monde un regard autre, à partir d’un point de vue décentré ; elles nous apprennent à penser autrement, à penser ailleurs, à penser mieux. Devant ces ouvertures interprétées comme des gouffres, les majoritaires entrent en panique. Pendant ce temps, les minoritaires lisent, travaillent, pensent, publient. Le savoir est de leur côté. Et il le restera.

(Ce texte est écrit au féminin générique.)

 

Un « maccarthysme à la française »

 

BÉLIGH NABLI, UNIVERSITAIRE, ESSAYISTE, COFONDATEUR DE CHRONIK, DIRECTEUR DE RECHERCHE À L’IRIS

La cristallisation du débat public autour d’un mot est révélatrice de la longue dérive de notre vie démocratique et des maux qui l’affectent en profondeur. Elle atteste l’hystérisation d’un débat public imprégné des mécanismes implacables du discours de la post-vérité et des polémiques aussi violentes que stériles. Celles-ci sont animées par des arguments d’autorité, scientifiquement infondés et autres calculs cyniques motivés par des visées électoralistes. À l’ère du buzz, trop de responsables politiques, de droite et de gauche, se sont définitivement détournés du savoir, des sciences sociales, pour se complaire dans des postures où disqualifier l’autre, c’est exister en soi et pour soi.

Les déclarations de la ministre Frédérique Vidal sur le « spectre islamo-gauchiste » ne sont pas isolées et s’inscrivent plus précisément dans un mouvement de fond, celui d’une défiance exprimée jusqu’au sommet de l’État à l’endroit des libertés académiques. Ainsi, le président Macron avait déjà fustigé les universitaires « coupables » à ses yeux d’avoir « encouragé l’ethnicisation de la question sociale en pensant que c’était un bon filon ». Des propos qui entrent en résonance avec ceux tenus par l’un de ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy, qui s’interrogeait avec mépris devant des représentants du CNRS sur l’utilité de la recherche scientifique (« des chercheurs qui trouvent, c’est mieux »). Que dire de M. Valls, alors premier ministre, dont les déclarations à la suite des attaques terroristes qui frappaient Paris en 2015 sont entrées dans les annales de la V e République : « Expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser. » Plus récemment, des parlementaires ont souhaité soumettre les chercheurs à l’obligation de respecter des « valeurs de la République » aussi sacralisées qu’indéterminées, et lancer une mission d’information sur « les dérives idéologiques dans les milieux universitaires » (1). La volonté affichée de mener une forme de « maccarthysme à la française » rejoint ici le procès arbitraire en « islamo-gauchisme », ce en violation du principe fondamental d’autonomie du champ scientifique à l’égard du politique.

Enfin, ces prises de position revêtent une dimension idéologique. Elles expriment un même « rappel à l’ordre » (2) de nature identitaire, qui « gangrène » nombre de nos élites politico-médiatiques. Foncièrement conservateur et réactionnaire, ce rappel à l’ordre traduit une sorte d’ethnocentrisme nombriliste qui rejette spontanément des théories et notions (qui vont de l’intersectionnalité au genre en passant par les études postcoloniales) jugées comme indûment « importées » et donc illégitimes, voire dangereuses. Ces idées sont en effet perçues comme autant de menaces existentielles pour les tenants d’un « universalisme républicain » aveugles aux discriminations multidimensionnelles et systémiques qui fracturent notre société.

Les prochaines échéances électorales n’échapperont pas à l’exploitation de nos doutes et interrogations sur notre identité individuelle et collective. Dès lors, qui osera valoriser une identification à une communauté une et plurielle, une « grande nation inclusive » (3), un Nous.

(1) Selon une demande expresse adressée au président de l’Assemblée nationale, par les députés LR, Julien Aubert et Damien Abad.

(2) Pour paraphraser D. Lindenberg, auteur du  Rappel à l’ordre. Enquête sur les nouveaux réactionnaires, Paris, Le Seuil, 2002.

(3) Selon l’expression de Th. Tuot, « a grande nation : pour une société inclusive », Rapport au premier ministre, Paris, la Documentation française, 2013.

 

Une enquête à charge et une police de la pensée

 

Stéphane Dufoix, Professeur de sociologie (université Paris-Nanterre), Membre de l’Institut universitaire de France

Une enquête. Pas un rapport, pas une réflexion, pas un audit. Non, une enquête, pour, selon les propres mots de Madame la ministre, « distinguer ce qui relève de la recherche académique de ce qui relève du militantisme ». Quelle est la limite entre ces termes et la revendication d’une « police de la pensée » ?

Se retrouvent pointés du doigt, sans aucune preuve, sans aucune analyse sérieuse de leurs travaux, des universitaires que l’on ne décrit que par les risques qu’ils représenteraient : porteurs d’« idées radicales », « islamo-gauchistes », « postcoloniaux », « décoloniaux ». Alors même qu’ils sont reconnus comme « minoritaires », ils auraient pris d’assaut les universités pour les « gangrener » et pour « diviser ». Le vocabulaire est guerrier, tendu vers le filtrage du bon grain et de l’ivraie, chez les universitaires comme dans les associations étudiantes.

Frédérique Vidal appelle  à un « bilan de l’ensemble des recherches qui se déroulent dans notre pays, notamment de celles qui portent sur le postcolonialisme ». Mais quelles sont les recherches en question ? Qui les définit ? S’agira-t-il aussi de faire le bilan de celles qui critiquent les pensées en question sans savoir de quoi elles parlent ? Au sens strict, ces dernières ne font pourtant rien d’autre que de véhiculer une haine envers des idées et des textes dont elles ne jugent que l’apparence et non les idées. Il y a quelques mois la même ministre déclarait : « L’université n’est pas un lieu d’encouragement ou d’expression du fanatisme », ajoutant qu’elle constituait « le cœur battant de notre liberté ».

Que ces phrases paraissent loin ! Elles semblaient alors démentir les propos du premier ministre qui avaient déjà mis en branle la communauté universitaire. Que s’est-il passé entre-temps ? La précarisation croissante des étudiants dont il faut détourner l’attention ; le débat Darmanin-Le Pen du 11 février, où la « dureté » du ministre de l’Intérieur s’opposait à la « mollesse » de la présidente du Rassemblement national ; et enfin le vote, le 16 janvier, de la loi « pour conforter le respect des principes républicains ». Comment ne pas y voir l’alliance de la dureté et de la lutte contre le séparatisme ?

Je n’ai jamais appelé publiquement à la censure de quelqu’un dont je ne partage pas les idées intellectuelles, quel que soit son bord. Je ne souscris pas aux excommunications ou aux mises au ban académiques, d’où qu’elles viennent. Pourtant, les positions soutenues par la ministre de l’Enseignement supérieur sont très proches de celles – symboliquement violentes et souvent insultantes – de l’Observatoire du décolonialisme, créé le 13 janvier 2021. Sur le site de l’Observatoire, se succèdent les commentaires haineux qualifiant ce qu’ils nomment « décolonial » comme étant une « ineptie », une « idéologie délétère », une « régression », un « fondamentalisme », un « obscurantisme », etc., voire appelant à « démettre de leur fonction tous (sic) les professeurs d’université qui soutiendraient ces thèses sectaires ». Est-ce là vraiment « la neutralité, le républicanisme, la défense du pluralisme et le goût de la discussion sur des bases rationnelles » que prétend défendre ledit Observatoire ?

L’arrivée plus ou moins rapide en France de nouvelles idées, de nouvelles théories, de nouveaux concepts (genre, intersectionnalité, postcolonial, décolonial, pluriversel), ne peut pas s’apprécier par l’anathème universaliste et républicain, mais par le débat argumenté. Celui-ci doit être porté par la lecture des textes en question, par leur accès en français et par le retour à des formes « saines » de ce que Madame la ministre elle-même définit comme le « fameux débat contradictoire entre pairs (…) loin de toute caricature ». Une enquête à clore et un débat à enfin promouvoir ? Espérons-le.

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5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 20:15
Lutte contre les violences sexuelles. Mettre fin à la barbarie du patriarcat - Texte collectif, L'Humanité, 5 mars 2021
Lutte contre les violences sexuelles. Mettre fin à la barbarie du patriarcat - Texte collectif, L'Humanité, 5 mars 2021
Lutte contre les violences sexuelles. Mettre fin à la barbarie du patriarcat
Vendredi 5 Mars 2021- L'Humanité

Texte collectif

 

Nous, femmes, militant-e-s, féministes, adhérent-e-s du Parti communiste français, dénonçons l’utilisation du principe pénal de présomption d’innocence pour museler les victimes qui dénoncent leurs agresseurs. Dernièrement, des personnes que l’on n’entend pas d’ordinaire sur le sujet des violences sexuelles ou le respect, dans d’autres contextes, de la présomption d’innocence, interviennent tout à coup. Alors qu’elles restent silencieuses face à la normalisation des violences sexuelles, elles montent au créneau avec passion pour défendre la présomption d’innocence d’un violeur présumé. À travers leurs propos, transparaît finalement une présomption de culpabilité et de mensonge pour la victime. Un individu est présumé innocent tant qu’il n’a pas été déclaré coupable par la justice. Cela est un principe du monde pénal. Cependant, au vu de la gravité des accusations de viol et des délais d’une procédure judiciaire, il paraît sage dans la société civile d’appliquer aussi un principe de précaution. La présomption d’innocence n’exclut pas la méfiance. Ce n’est pas un totem d’immunité. D’autant que les fausses accusations de viol sont rares : entre 2 % à 8 % des plaintes.

Lorsqu’on lutte contre les violences sexuelles, on accorde une présomption de sincérité aux victimes qui s’expriment. Ainsi, on ne les traîne pas dans la boue, on ne joue pas la fausse compassion pour sous-entendre dans le même temps que « la victime a trop tardé à parler, la victime était pourtant une intime des accusés, il ou elle n’avait pas porté plainte et, décidément, que c’est louche ». Nous observons trop fréquemment ces techniques de mise en doute de la parole des victimes ; si elles relèvent parfois d’une méconnaissance de ce que vit une victime de violences sexuelles, elles restent un outil puissant du patriarcat.

Oui, l’accusation peut se faire plusieurs années après les faits reprochés : la mémoire traumatique peut rester illisible tant que la victime n’est pas en capacité de gérer ces souvenirs. C’est un mécanisme de protection dont la victime n’est pas responsable et qui n’invalide pas sa parole. Oui, la victime peut partager la vie de son agresseur : l’emprise exercée par ce dernier ou les mécanismes tels que la sidération et la dissociation empêchent la fuite. La majorité des viols est commise par un proche de la victime. Souvent par son compagnon. Oui, prendre la décision de porter plainte est difficile. D’ailleurs, on estime que seules 10 % des victimes portent plainte, et 1 % obtiennent justice. Pour porter plainte, il faut avoir de l’argent et suffisamment d’optimisme ou de détermination. Et être prêt-e à affronter ce qui l’attend : la vie intime des victimes est passée au crible et exposée, seconde humiliation après la violence. Chaque année, au moins 94 000 femmes et 150 000 enfants sont victimes de viol ou de tentative. Un grand nombre de ces victimes restent murées dans le silence. Contrairement à ce que certains sous-entendent, parler n’est pas un acte facile. Parler, c’est admettre que ça n’arrive pas qu’aux autres. C’est s’exposer, perdre le contrôle, voir des médias et de nombreuses personnes pas toujours bien intentionnées s’accaparer son histoire. C’est aussi être à la merci de la misogynie ou de l’homophobie, on devient « la folle » ou « l’hystérique ». Parler, c’est encore plus difficile peut-être quand on est militant.e et que l’on craint d’affaiblir ou d’exposer médiatiquement l’organisation dans laquelle on a choisi de militer.

Alors que certain-e-s se cachent derrière les injonctions à la plainte et la nécessaire enquête judiciaire, il est de notre devoir de démasquer le caractère profondément idéologique du traitement pénal des violences sexuelles et sexistes. C’est bien la maltraitance institutionnelle des victimes qui permet aujourd’hui la persistance de la violence et de la domination masculines. Cette violence structure nos existences collectives. Beaucoup n’ont pas intérêt à ce que cette parole émerge. Les agresseurs, les violeurs, les harceleurs et tous ceux qui profitent d’une situation de domination n’ont aucun intérêt à ce que la société prenne enfin la mesure de la situation.

Pour les victimes, les moyens ne sont pas là : accès difficile aux soins psychologiques – étape pourtant vitale pour apaiser la mémoire traumatique et ses séquelles –, du fait de consultations libérales très chères et non remboursées et des centres médico-psychologiques débordés. La justice est un monument effrayant qui a trop peu à offrir aux victimes en termes de réparation et qui les maltraite trop souvent. Une société qui sacrifie les plus vulnérables est une société perdue.

La présomption d’innocence est inscrite dans la loi, elle est reconnue et a peu de risques de disparaître. Mais les victimes, elles, sont très mal protégées. Plutôt que de dénigrer le moyen qu’ont trouvé des victimes de réagir aux violences sexuelles, cherchons à comprendre : pourquoi les réseaux sociaux remplacent-ils les commissariats ?

Agissons. Protégeons les victimes de leurs agresseurs et des conséquences psychotraumatiques du viol. Mettons fin à la prédation au sein de nos organisations politiques. Ne rien faire, c’est prendre le parti de ceux qui violent, agressent, harcèlent, frappent, parfois tuent. Jamais plus nos organisations ne doivent abriter des agresseurs. Jamais plus une victime ne doit quitter notre organisation face à un silence trop pesant, ou nous quitter à jamais.

Alors que la parole se libère, il est de notre responsabilité collective de faire advenir le changement. Alors, que faire face à la violence masculine ? Cette question, d’apparence si insoluble, se résume pourtant en quelques mots transparents de clarté : comment faisons-nous pour que les hommes arrêtent de violer ?

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5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 09:50

La Fondation Gabriel-Péri, nommée en souvenir de Gabriel Péri (1902-1941), a été créée à l’initiative du Parti communiste français (PCF). Depuis le 22 juillet 2004, elle est reconnue d’utilité publique.

Elle a pour but de participer à la compréhension, la diffusion et l’appropriation du patrimoine intellectuel et pratique accumulé en France et dans le monde par les luttes sociales et politiques, et par le mouvement des idées.

Lieu de rencontres, d’échanges et de confrontations, elle concourt au pluralisme du débat public en mettant à la disposition de tous des outils de décryptage et de réflexion utiles au combat pour l’émancipation humaine.

Prenant part à la conservation, la numérisation et l’exploitation des archives du mouvement ouvrier et communiste, elle contribue à la recherche et à la connaissance de cette histoire.

Ce travail d’éclairage critique du passé et d’analyse des problématiques actuelles vise à mieux appréhender la complexité, les contradictions et les mutations de notre époque afin de défricher l’avenir.

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Michel Rogalski : Économiste, CNRS, Directeur de la revue Recherches Internationales Les chroniques de recherches internationales, janvier 2021

On sait combien le siècle dernier fut lourd d’affrontements, de guerres, de crises et de bouleversements mondiaux et comment il nourrit, en finissant, l’espoir que le prochain serait meilleur. Déjà bien entamé, l’actuel accumule rapidement tous les ingrédients de menaces et de périls dont l’identification se précise sans que les problèmes du siècle dernier n’aient pour autant disparu. On retiendra pour mémoire, au risque d’être incomplet, la misère et les inégalités grandissantes, la puissance des multinationales et de la finance mondialisée, le pouvoir incontrôlable des Gafas et le poids opaque des réseaux asociaux qu’ils stimulent, la montée des flux migratoires à la fois inévitable et impossible, la prolifération des réseaux maffieux notamment articulés à ceux de la drogue et bien sûr la quête d’hégémonie mondiale par certains pays qui la pensent naturelle et la mette au cœur de leur stratégie avec tous les moyens de leur puissance et n’hésitent pas à brandir le moyen de l’arme nucléaire. À ces périls, trame de fond à laquelle on pourrait s’accoutumer, s’ajoutent aujourd’hui des menaces qui se laissent entrevoir et qui accompagneront le XXIème siècle.

Le retour des extrémismes religieux

André Malraux nous avait mis en garde sur le retour du religieux. Sans être entendu, tellement nous étions persuadés que l’entrée dans l’ère des Lumières, de la raison, de la science et du progrès, ne pouvait conduire qu’à un monde débarrassé de ces croyances. Tous s’accordaient sur la disparition de la présence divine dans la gestion des affaires du monde. On croyait acquis de façon définitive que les lois divines n’auraient plus cours sur terre dès lors que les hommes avaient pris leur destin en main et pensaient pouvoir décider eux-mêmes des lois qui régiraient leurs relations. On a cru à une grande bifurcation de l’humanité. Le monde qui se dessine semble en être très différent. De partout, des signes montent qui attestent non seulement du retour du religieux, mais de ce qu’il peut véhiculer de pire. C’est sous la forme d’idéologie théologico-politique, moyenâgeuse, rétrograde et parfois barbare que la renaissance conquérante s’opère.

L’ensemble du continent américain est sous l’influence montante des sectes évangéliques et de toutes les formes de crédulités sectaires. Ces forces jouent déjà des rôles majeurs dans maints pays d’Amérique latine et ont contribué aux virages politiques des dernières années. Elles s’inscrivent toutes dans la mouvance des droites extrêmes et disposent d’importants moyens financiers. Aux États-Unis, ces Églises comptent plus de 90 millions d’adeptes et prennent appui sur près de 200 élus au Congrès. Mais aujourd’hui la religion la plus « opiacée » est la religion musulmane dont la fraction sunnite se déchire autour de l’interprétation des textes sacrés et a donné naissance à des courants se réclamant du salafisme ou des Frères musulmans. Certains se sont lancés dans le djihadisme avec succès puisqu’ils ont défait une première fois les Soviétiques en Afghanistan, puis une seconde fois une coalition occidentale emmenée par l’OTAN. Aujourd’hui les Talibans y sont ainsi aux portes du pouvoir. Battus – mais à quel prix – en Algérie et en Syrie, ils se répandent en Afrique, du Maghreb au Mozambique, et ambitionnent d’étendre leur influence en s’appuyant sur de fortes diasporas installées dans le monde occidental. Là, ils travaillent les communautés musulmanes en essayant de leur faire croire qu’elles ne pourraient pas y pratiquer pleinement leur culte et les invitent à défier les principes de la République contraire aux lois divines. Les puissances publiques sont tétanisées ne sachant comment agir. Elles sont confrontées à trois poupées russes encastrées les unes dans les autres. La première, la masse de la communauté musulmane souvent installée de longue date et ayant adhéré aux principes de la laïcité sans réticences majeures, à l’exception de sa fraction la plus jeune sensible aux discours islamistes. La seconde, encastrée dans la première, minoritaire et travaillée par les mouvances salafistes ou des Frères musulmans s’oppose clairement aux lois républicaines qu’elle teste en permanence afin d’en dévoiler le caractère impie. Enfin la troisième ayant basculé dans un djihadisme violent souvent articulé à des réseaux internationaux. Chacune de ces poupées relève d’une approche différenciée. La troisième relève d’une neutralisation et concerne des services spécialisés dans la guerre de l’ombre. La seconde relève d’un conflit interne à la religion musulmane qui rend toute tentative d’ingérence en situation d’extériorité contre-productive, car elle n’aurait d’autre effet que de désigner les « bons » croyants suspects de pactiser avec les mécréants. Avec la première, la communauté musulmane, tout doit être mis en œuvre pour que cesse les politiques discriminatoires qui n’ont d’autre effet que de nourrir des aspirations sécessionnistes alimentées par le sentiment d’appartenance à une oumma mondialisée dont les règles s’imposeraient à toutes lois nationales. Cette « double allégeance » ne peut être contrariée que par une meilleure intégration. En faire l’impasse, comme multiplier les interventions armées en terre musulmane ne peut que conduire à l’échec. Car l’enjeu c’est la première poupée russe qu’il convient de ne pas égratigner en réduisant les deux autres.

 
Climat : la lettre qui change tout !

La seconde grande menace qui accompagnera tout le siècle à venir concerne la perspective du changement climatique. Depuis le Sommet de Rio en 1992 la question figure dans les priorités de l’agenda international. Elle remet en cause des intérêts essentiels de la vie économique. Tout est à revoir. La façon de produire, de consommer, de se loger, de se transporter, de s’alimenter, etc. Bref, il s’agit d’inventer une société décarbonée et promouvoir des modes de production et des styles de vies plus respectueux de l’environnement. On comprend l’ampleur des réticences et les efforts consacrés par certains à mettre des freins à toute évolution dans cette direction. Ceux qui s’estiment lésés par de tels changements ne restent pas inactifs. Ils sont nombreux et occupent des places de pouvoir. Ils n’ont pas hésité à rallier à eux quelques quarterons de scientifiques et de lobbies qui ont contribué à diffuser un climato-scepticisme. Mais depuis une quarantaine d’années, le débat d’idées les a fait reculer, les obligeant tout d’abord à sortir du déni sur la réalité du réchauffement, puis à admettre le caractère indiscutable du rôle du facteur humain, même si quelques discussions peuvent encore porter sur la part de la contribution anthropique. La communauté internationale dans la foulée du Protocole de Kyoto signé en 1997, mais seulement ratifié en 2003, s’est engagée dans de vastes sommets étatiques mondiaux annuels dont les plus marquants furent ceux de Copenhague (2009) et de Paris (2015), généralement envahis par les associations environnementales. L’objectif étant de définir l’ampleur des efforts à consentir et surtout leur rythme. Un consensus est ainsi apparu autour de l’idée qu’il s’agissait d’une menace globale pour la poursuite de l’activité humaine sur la planète et donc sur l’urgence d’agir. À plusieurs reprises, des préconisations ont été formulées pour insister sur l’urgence des actions nécessaires et sur le coût potentiel engendré par tout retard à leur mise en œuvre. Le débat porte également sur les formes de régime de coordination internationale efficace, les critères et les instruments d’analyse économique utilisables pour permettre l’implication équitable des différents États et l’acceptation par les opinions publiques des coûts associés aux mesures nécessaires.

À l’approche des grands sommets qui ponctuent ces luttes, les milieux associatifs et partis politiques s’emploient à accompagner l’événement à coups de déclarations et prises de position reflétant un arc-en-ciel de postures. Dans la société civile un mot d’ordre semble s’être imposé, fier de sa radicalité : « Changeons le système, pas le climat ».

Que beaucoup pensent qu’il est nécessaire de pointer les responsabilités et notamment les logiques d’un système économique qu’il convient de renverser relève du bon sens. À condition de garder en tête la spécificité du climat en tant que bien commun ayant vocation à concerner toute la population. Sans prendre le risque donc d’écarter inutilement des combats nécessaires tous ceux qui ne brandiraient pas un passeport antisystème. À condition également de ne pas oublier que la problématique climat est marquée par son caractère d’urgence qui impose un agenda beaucoup plus immédiat que celui du changement de système. Confondre les temporalités exposerait au risque de minimiser l’urgence du risque, voire de le considérer comme négligeable dans les actions à entreprendre.

Lorsqu’il s’agissait de défendre la paix – autre bien commun – il n’était pas demandé aux foules qui descendaient dans la rue de s’approprier une analyse des complexes militaro-industriels et de leurs relations avec le système économique. Chacun venait sur la base de ses motivations : éthique pour le monde religieux, sociale pour les syndicats, etc… Le mot d’ordre : « Changeons le système par le climat » constitue une invite plus ouverte et plus responsable. Comme quoi, une simple lettre peut tout changer. Cela mérite un débat sur la façon d’approcher les luttes sur les biens communs.

L’ampleur des efforts à faire pour changer de trajectoire est immense. Des moyens considérables devront être mobilisés. Comment imaginer que tous ceux qui sont victimes, ici et maintenant, des pires maux qui frappent la planète accepteront facilement que soient « détournés » ces moyens au bénéfice de générations futures, alors que la question qu’ils affrontent est celle de leur survie au quotidien. Vouloir les associer au sauvetage du climat sans satisfaire dès à présent leurs besoins pressants les plus essentiels ne saurait conduire qu’à l’impasse. Et le mouvement des « Gilets jaunes » nous a signifié que la conflictualité entre la fin du mois et la fin du monde n’était pas que l’apanage du tiers-monde.

 

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5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 08:06
Rassemblement pour la culture et le spectacle vivant à Brest - 4 mars
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Rassemblement pour la culture et le spectacle vivant à Brest - 4 mars
Rassemblement pour la culture et le spectacle vivant à Brest - 4 mars
Rassemblement pour la culture et le spectacle vivant à Brest - 4 mars
Rassemblement pour la culture et le spectacle vivant à Brest - 4 mars
Ce 4 mars au matin, un très chouette rassemblement pour défendre la culture et le spectacle vivant !
Les communistes et jeunes communistes étaient présent ce matin à Brest au côté du monde du spectacle vivant.
La culture, l’enfant malade de la France est pourtant indispensable à l’émancipation de chacun.e d’entre nous.
Dites non essentielle par nos dirigeants. Pourtant, que serait notre pays et notre vie sans elle.
Aujourd’hui et demain, soutenons la culture dans toute sa diversité!
Photos et compte rendu: Enzo de Gregorio et Eugénie Cazaux
 
La section du Pays de Brest  du Parti Communiste Français soutient le secteur de la culture, et participait à l’appel unitaire à la mobilisation lancé par les syndicats et organisations du spectacle pour ce jeudi 4 mars à 11 h place de la Liberté à Brest.
 

« Tout ce qui dégrade la culture raccourcit les chemins qui mènent à la servitude ». Albert Camus.


Parce qu’il est essentiel d’agir pour le monde de la Culture et pour celles et ceux qui la font vivre, les communistes  soutiennent le monde du spectacle et de la culture en grand danger  en cette période.
Le monde de la culture (gage majeur de démocratie ) ne semble toujours pas devenir une priorité. Face aux verdicts successifs qui consistent à ne toujours pas ouvrir les cinémas, les théâtres, les musées, etc., et qui poussent un peu plus le spectacle vivant et le monde de la culture dans le néant, nous devons plus que jamais les soutenir.
Il est impératif, dès aujourd’hui, de sauver le monde de la culture, les entreprises, artistes et techniciens du spectacle, et ce, coûte que coûte. « Quoiqu’il en coûte », pour reprendre les mots du Président Macron.Le gouvernement,se doit d'entendre les  revendications et  examiner les  propositions concrètes des organisations professionnelles .
Cela doit passer par une réouverture des lieux de spectacle la plus rapide possible, mais également d’une politique forte de l’État et des collectivités pour soutenir le secteur culturel par un déblocage de fonds et une politique volontariste de commande publique : permettons aux artistes, techniciens, compagnies, groupes, ensembles musicaux (…) de reprendre le chemin des salles de spectacles et des studios, quand bien même ces lieux pourraient demeurer fermés au public en cette période.

Préparons les œuvres de demain, et sécurisons les emplois et les droits collectifs des professionnels de la Culture.

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5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 08:01
On en a marre, on veut la réouverture de la culture - rassemblement de Brest le 4 mars avec 300 personnes pour la réouverture des lieux culturels (Ouest-France, Fréderique Guiziou, 5 mars 2021)
La section du Pays de Brest  du Parti Communiste Français soutient le secteur de la culture, et participait à l’appel unitaire à la mobilisation lancé par les syndicats et organisations du spectacle pour ce jeudi 4 mars à 11 h place de la Liberté à Brest.
 

« Tout ce qui dégrade la culture raccourcit les chemins qui mènent à la servitude ». Albert Camus.


Parce qu’il est essentiel d’agir pour le monde de la Culture et pour celles et ceux qui la font vivre, les communistes  soutiennent le monde du spectacle et de la culture en grand danger  en cette période.
Le monde de la culture (gage majeur de démocratie ) ne semble toujours pas devenir une priorité. Face aux verdicts successifs qui consistent à ne toujours pas ouvrir les cinémas, les théâtres, les musées, etc., et qui poussent un peu plus le spectacle vivant et le monde de la culture dans le néant, nous devons plus que jamais les soutenir.
Il est impératif, dès aujourd’hui, de sauver le monde de la culture, les entreprises, artistes et techniciens du spectacle, et ce, coûte que coûte. « Quoiqu’il en coûte », pour reprendre les mots du Président Macron.Le gouvernement,se doit d'entendre les  revendications et  examiner les  propositions concrètes des organisations professionnelles .
Cela doit passer par une réouverture des lieux de spectacle la plus rapide possible, mais également d’une politique forte de l’État et des collectivités pour soutenir le secteur culturel par un déblocage de fonds et une politique volontariste de commande publique : permettons aux artistes, techniciens, compagnies, groupes, ensembles musicaux (…) de reprendre le chemin des salles de spectacles et des studios, quand bien même ces lieux pourraient demeurer fermés au public en cette période.

Préparons les œuvres de demain, et sécurisons les emplois et les droits collectifs des professionnels de la Culture.

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5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 07:48
Un Essai de Roger Martelli: "Commune 1871. La révolution impromptue" (entretien avec Aurélien Soucheyre, L'Humanité,

Commune 1871. La révolution impromptue

Roger Martelli

Aux éditions Arcanes 17, 107 pages, 18€

Il y a cent cinquante ans, Paris s’engageait dans une expérience inédite de gouvernement populaire, visant à réaliser concrètement les valeurs révolutionnaires et républicaines d’égalité, de liberté et de fraternité. Cette expérience de la Commune de Paris a servi de moteur symbolique pour tout le mouvement ouvrier et pour l’ensemble de la gauche politique.

Rédigé par un des co-présidents de l’association des Amies et amis de la Commune, ce livre fait le point de ce que l’on sait de cette Commune et de ce qui permet de la comprendre dans sa richesse et sa complexité. Conscient de la diversité des regards possibles sur l’événement, il suggère que la pluralité nécessaire des mémoires ne devrait plus obscurcir ce qui peut unir les héritiers actuels de la Commune de Paris. C’est à cette condition, pense-t-il, que la chanson aura raison en redisant que « la Commune n’est pas morte »

Roger Martelli est historien. il est directeur de la rédaction du magazine Regards

18.00€
Essai. La Commune républicaine et révolutionnaire
Jeudi 4 Mars 2021

L’historien Roger Martelli publie un essai dédié à la révolution de 1871, ses causes, son déroulement, ses inventions et son héritage jusqu’à nos jours.

 
Commune 1871. La révolution impromptue
Roger Martelli
Arcane 17, 107 pages, 18 euros

Roger Martelli a été élève au lycée Thiers, à Marseille. En mai 1968, il fait partie des étudiants qui le rebaptisent un temps « lycée de la Commune de Paris ». Ce n’est donc pas d’hier que l’historien s’intéresse à cette période passionnante. « Jamais sans doute événement aussi court – soixante-treize jours – n’a laissé tant de traces dans les représentations collectives », écrit-il dans son dernier ouvrage. Avec cet essai baptisé Commune 1871. La révolution impromptue, celui qui est aussi coprésident de l’association des Amies et Amis de la Commune de Paris dresse un regard à la fois scientifique et ­citoyen sur la révolution de 1871.

« Jamais sans doute événement aussi court – soixante-treize jours – n’a laissé tant de traces dans les représentations collectives. Roger Martelli

Il se livre bien sûr à un résumé précis des faits, dans toute leur complexité, permettant de comprendre toujours plus comment est née la Commune, comment elle a gouverné, ce qu’elle a réalisé, comment elle a été massacrée et pourquoi son souvenir est aussi fort au moment de commémorer son 150 e anniversaire.

D’où vient que le souffle de la Commune est toujours dans notre dos ?

En 1980, les étudiants coréens de Gwangju se constituent en commune, tout comme les mexicains d’Oaxaca en 2006 et les universitaires d’Oakland en 2011. Les Kurdes installent aussi une commune du Rojava en 2014. En France, son nom refleurit lors de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, pendant Nuit debout puis lors du mouvement des gilets jaunes. D’où vient que le souffle de la Commune est toujours dans notre dos ? Roger Martelli nous raconte qui sont les communards : en 1870, 45 % des Parisiens sont des ouvriers, pour beaucoup pauvres, et hostiles à un Napoléon III qui vient de tomber. Paris est aussi la ville des révolutions : 1789, 1830, 1848. Éreintés par le siège de l’armée prussienne, les habitants de la capitale sont scandalisés par le risque croissant de voir la III e République sombrer, après la victoire des monarchistes lors d’élections commandées par l’Empire allemand pour traiter du prix de la défaite.

« Jamais révolution n’avait plus surpris les révolutionnaires. Benoît Malon, communard

La Commune débouche sur le gouvernement le plus ouvrier de l’histoire du pays

Paris se soulève quand Thiers tente de lui prendre ses canons. « Jamais révolution n’avait plus surpris les révolutionnaires », écrit le communard Benoît Malon, tant le scénario des années 1870-1871 paraît inimaginable d’un rebondissement à l’autre. Paris est pourtant en ébullition depuis des mois, traversée par une très forte politisation et les prémices du mouvement ouvrier. À l’analyse ­sociologique de la ville, Roger Martelli ajoute la vitalité du débat démocratique, dans les quartiers, dans les clubs, la presse, entre hommes et femmes et au sein même de la garde nationale. La Commune débouche sur le gouvernement le plus ouvrier de l’histoire du pays, quand l’assemblée de Versailles est la plus aristocratique jamais connue en France…

La lutte des classes devient guerre civile

Les tentatives de médiation échouent. La lutte des classes devient guerre civile. Sur les 42 millions de francs dépensés par la Commune, 33 millions sont attribués à la délégation à la guerre. Ce qui ne l’empêche pas de procéder aussi à des « basculements sociaux et parfois même civilisationnels », note Roger Martelli, en ouvrant la porte à l’égalité hommes-femmes, à l’encadrement des salaires, à l’école gratuite et laïque… Le martyre de la Commune a achevé de la propulser dans les mémoires. D’horribles procès lui sont pourtant faits, alors que c’est elle qui a été noyée dans le sang. Mais l’essai de Roger Martelli démontre une fois de plus que « l’horizon de la Commune n’est rien d’autre que celui de la République ». Sociale et non conservatrice.

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5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 07:00
Alexandra Kollontaï et d’Inès Armand sont loin d’être les seules à avoir été partie prenante des mouvements révolutionnaires russes.

Alexandra Kollontaï et d’Inès Armand sont loin d’être les seules à avoir été partie prenante des mouvements révolutionnaires russes.

Par

L’histoire a retenu les noms de figures exceptionnelles telles que celles d’Alexandra Kollontaï ou d’Inès Armand mais elles sont loin d’être les seules à avoir été partie prenante des mouvements révolutionnaires russes.
 

Une longue histoire de l’engagement des femmes dès 1850
À partir des années 1850 un certain nombre de femmes rejoignent les rangs des populistes russes. Leurs revendications portent sur l’accès aux études universitaires mais elles seront également nombreuses à s’engager dans le milieu rural pour y mener des campagnes d’alphabétisation. C’est en 1859 que Natalia Korsini, la première étudiante russe, fait son apparition à l’université de Saint-Pétersbourg. Son militantisme la mènera également à la Commune de Paris. Par la suite, des centaines de jeunes femmes firent leurs entrées dans d’autres grandes universités. Parmi elles, certaines deviendront des membres d’organisations radicales, et/ou terroristes comme Terre et liberté (Zemlia i volia).

En 1870, les populistes russes (narodniki) mettent en place une organisation anarchiste et terroriste, Volonté du peuple (Narodnaia volia). Leur but est de faire plier le régime d’Alexandre II pour laisser place à une assemblée nationale constituante démocratique. Parmi les narodniki se recrutent des femmes issues des plus hautes classes de la société. Elles y exercent un rôle dirigeant, comme Vera Zassoulitch, connue pour avoir tiré en 1878 sur un chef de la police. Elle est ensuite devenue l’une des cadres des mencheviks.

« L’émergence du prolétariat urbain a créé une rupture avec le cadre patriarcal de la société rurale et permet une première émancipation des femmes avec l’accès à l’alphabétisation. »

Après la scission de Zemlia i volia en 1879, Vera Figner devient membre du comité exécutif de Narodnaïa volia. Vera Figner et Sofia Perovskaïa ont participé à la planification du premier attentat raté contre le tsar Alexandre II en 1880. Vera Figner fera vingt ans de prison. C’est Sofia Perovskaïa qui prendra les dispositions pour tuer le tsar Alexandre II le 1er mars 1881. Elle sera la première femme pendue en Russie pour attentat politique. Entre 1880 et 1890, sur quarante-trois révolutionnaires condamnés aux travaux forcés et à la prison à vie, on compte vingt et une femmes.
En 1890, l’industrialisation engendre un prolétariat venu des campagnes. Pour les femmes qui travaillent à l’usine, les conditions y sont insoutenables. Le salaire est en moyenne inférieur de 50 % à celui des hommes. La journée de travail varie entre 14 heures et 16 heures. Les femmes enceintes quittent le travail lors des premières contractions et doivent le reprendre dès le lendemain, sous peine d’une amende ou d’un licenciement. Les fausses couches sont nombreuses. Les mauvaises conditions d’allaitement entraînent la mort d’un tiers des nourrissons avant l’âge d’un an. L’émergence du prolétariat urbain a créé une rupture avec le cadre patriarcal de la société rurale et permet une première émancipation des femmes avec l’accès à l’alphabétisation. Ouvrières et ouvriers commencent à se mobiliser, notamment dans les usines de textile.

« Le retour généralisé du patriarcat sous Staline, marque la fin d’un processus original d’émancipation. »

En 1903, le tsar accepte la création d’une Assemblée des travailleurs de Saint-Pétersbourg, réservée aux hommes, russes et orthodoxes. Son but est de mettre les ouvriers à distance des révolutionnaires afin que son règne ne soit pas mis en danger. C’est l’association du pope Gapone. Toutefois, malgré l’interdiction faite aux femmes d’y occuper des responsabilités, Vera Karelina, bolchevik, réussit dès 1904 à se hisser au rang de dirigeante de l’assemblée. Elle est connue pour tenir tête à Gapone qui voit en elle « une femme au pouvoir spirituel capable de se tenir à la tête du prolétariat féminin ». Vera Karelina parvient, en effet, à organiser une section qui, en décembre 1904, compte près de deux mille femmes.
C’est à partir du licenciement de quatre ouvriers adhérents à l’association et travaillant pour l’usine de munitions Poutilov qu’une grève est déclenchée. Celle-ci débouchera sur la grève générale d’octobre 1905. Alexandra Kollontaï écrit : « Pendant les années révolutionnaires de 1905 et 1906, l’ouvrière était partout. […] En 1905, il n’y eut aucun endroit où on n’entendait pas la voix d’une femme qui parlait de sa vie et qui revendiquait de nouveaux droits. »

« En 1908, l’Union des femmes parvint à organiser un congrès rassemblant 1 000 déléguées, appartenant à toutes les tendances de l’opposition, de la bourgeoisie libérale, jusqu’aux bolcheviks. »

Pour la première fois, des meetings sur les droits des femmes se tiennent à Moscou, Saint-Pétersbourg, Minsk, Yalta, Saratov, Vilnius, Odessa…
Selon Kollantaï, les paysannes également se mobilisent : « Au cours des derniers mois de 1904 et tout au long de l’année 1905, il y eut de continuelles “émeutes de femmes” dans les campagnes. Pour la première fois, les paysannes laissèrent leurs maisons, leur passivité et leur ignorance derrière elles, et se précipitèrent vers les villes pour arpenter les couloirs des institutions gouvernementales […]. »
Cette montée en puissance des femmes se traduit par la création en février 1905 d’un premier mouvement féministe russe, l’Union des femmes pour l’égalité des droits. En 1908, l’Union des femmes parvient à organiser un congrès rassemblant mille déléguées appartenant à toutes les tendances de l’opposition, de la bourgeoisie libérale jusqu’aux bolcheviks.
Sur proposition de Konkordia Samoïlova et d’Inès Armand (française, adhérente au parti bolchevique) sont publiés dans la Pravda en 1912 des articles sur la question des femmes. Le journal reçoit tant de lettres qu’il ne peut toutes les publier. Cela incite Konkordia Samoïlova à demander la création d’un journal destiné aux femmes salariées.
Inès Armand propose la publication du journal Rabotnitsa (La Travailleuse) qui est adopté et lancé à l’occasion de la journée internationale des femmes de 1914.

« Les femmes ont joué un rôle décisif dans la fraternisation avec les soldats pour les inciter à tourner leurs armes vers l’ennemi commun. »

En 1914, on compte plus d’un million de travailleuses et de travailleurs en grève pour des revendications politiques. Le mouvement socialiste international s’écroule avec le déclenchement de la guerre. Les femmes représentent alors un quart de la main-d’œuvre industrielle et environ 40 % en 1917. Au début de janvier 1917, les réserves de vivres sont insuffisantes. Les organisations ouvri­è­res sont en partie démantelées, terriblement affaiblies par les départs au front et par l’arrestation de leurs cadres. Aucun tract n’est distribué pour la journée internationale des femmes du 23 février (8 mars dans le calendrier grégorien).
Seules les ouvrières du comité interarrondissement du POSDR de Saint-Pétersbourg, fort d’environ trois mille membres, distribuent au nord de la ville un tract qui décrit aux « camarades ouvrières » la situation insupportable dans laquelle les plongent le gouvernement tsariste et la guerre au profit des capitalistes. Le 22 février, le comité du parti bolchevique du quartier ouvrier de Vyborg déconseille toute grève pour le lendemain.
Le 23, en dépit de toutes les directives, les ouvrières du textile quittent le travail dans plusieurs fabriques et envoient des déléguées aux métallurgistes pour leur demander de soutenir leur grève. Contre toute attente, une grève de masse éclate. Un soviet est mis en place à Petrograd. La chute du tsarisme devient un état de fait à partir du moment où l’armée rejoint la révolution.
Les femmes ont joué un rôle décisif dans la fraternisation avec les soldats pour les inciter à tourner leurs armes contre l’ennemi commun.

Une avancée considérable des droits des femmes entre 1917 et 1930
Entre 1917 et 1920, avec l’arrivée des bolcheviks au pouvoir, les femmes russes obtiennent le droit au divorce, à l’avortement, le suffrage universel. Le code civil est réformé, avec la suppression de l’autorité du chef de famille et la possibilité pour un couple marié d’adopter le nom de l’époux ou celui de l’épouse. Les femmes obtiennent de nouveaux droits sociaux (congé maternité, pause de trente minutes pour allaiter, congés menstruels, égalité salariale et professionnelle, etc.). Les codes civil et pénal sont totalement réécrits, l’adultère comme l’homosexualité ne sont plus considérés comme des délits. Disparaît également l’interdiction faite aux homosexuels d’occuper des emplois publics. Gueorgui Tchitcherine, assumant publiquement son homosexualité, devient commissaire du peuple aux Affaires étrangères de 1918 à 1930. Concernant les personnes transgenres, notons qu’en 1926 il devient possible de faire changer librement la mention du sexe sur les passeports, et de servir dans l’armée. Les bolcheviks font reconnaître le travail ménager dans la nouvelle Constitution soviétique en menant une politique de socialisation du travail domestique. Alexandra Kollontaï et Inès Armand promeuvent une libération des relations amoureuses, refusant toute forme de possession du corps des femmes. Alexandra Kollontaï deviendra commissaire du peuple à la Protection sociale dans le premier gouvernement bolchevique. Elle sera la première femme ministre au monde.
L’avancée considérable des droits des femmes avec l’arrivée des bolcheviks au pouvoir en 1917 s’explique donc par une longue histoire de l’engagement des femmes dans les mouvements révolutionnaires. Les figures de révolutionnaires connues – Alexandra Kollontaï ou Inès Armand – ont certes à nos yeux un caractère exceptionnel mais elles sont loin d’être les seules à avoir alimenté les mouvements révolutionnaires. Si, à la fin du XIXe siècle, ces femmes se recrutent d’abord dans les classes dominantes, le développement du prolétariat russe produira à son tour des figures d’ouvrières révolutionnaires.
Toutefois si, à partir de 1917, les avancées en termes d’évolution du droit des femmes sont remarquables, il convient de ne pas tomber dans une vision idyllique de la situation. La guerre civile sera un obstacle majeur à la mise en place des droits réels des femmes. De plus, à partir de 1933, l’homosexualité est de nouveau réprimée en Union soviétique et, dès 1936, l’avortement de nouveau interdit. Le retour généralisé du patriarcat sous Staline marque ainsi la fin d’un processus original d’émancipation.

Cynthia Pedrosa est masterante en sociologie.

Cause commune n° 4 - mars/avril 2018

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5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 06:27

 

La Ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Frédérique Vidal, avait jeté l'opprobre sur la communauté universitaire, disant que celle-ci était gangrenée par des « islamo-gauchistes », sans avancer aucun argument ni aucun nom, englobant massivement la communauté derrière ces insultes mensongères.  Quoi que l’on pense de certains travaux, on ne peut accepter qu'une ministre du gouvernement d'Emmanuel Macron cherche par le procédé honteux de l'amalgame à détourner l'attention de l'opinion du démantèlement en cours de la recherche et de l'université publiques, pourtant cruciales dans la période difficile que vit aujourd'hui la France. En quelques heures seulement plus de 20.000 chercheurs et enseignants ont signé une pétition demandant sa démission :

https://www.wesign.it/fr/science/nous-universitaires-et-chercheurs-demandons-avec-force-la-demission-de-frederique-vidal

 

 

 

Et voilà que quelques jours plus tard, un site recensait les noms de ces signataires, les traitant de « gauchistes complices de l'islam radical », en renvoyant pour les premiers de la liste vers leur page web institutionnelle, permettant d'aller les trouver sur leur lieu de travail.

Quel est le but de ce fichage ? Intimider des universitaires, qui depuis leur résistance à Napoléon III, ont obtenu la liberté de parole, et qui ont dû se battre pour la conserver, durant l'affaire Dreyfus, sous l'Occupation et le régime de Vichy ?

 

Les propos de la ministre, savamment flous dans l'injure, sont ici repris en portant la calomnie sur des personnes nominalement désignées. Elle en porte la responsabilité. En voulant détourner l'attention de la Loi de Programmation de la Recherche, qui va affaiblir les capacités de productions de connaissance de notre pays alors que la crise COVID montre que nous en avons tant besoin, elle alimente les fantasmes de tous les extrémistes.

Le comportement de Madame Vidal fait écho à la dérive autoritaire d'un pouvoir qui, ces derniers mois, a multiplié les lois et mesures portant sérieusement atteinte aux libertés publiques. Tout cela devient intolérable. 

Derrière les chercheurs et enseignants en première ligne, toutes les forces démocratiques et républicaines, le PCF propose aux associations, syndicats et partis de gauche et de progrès, de faire front pour défendre l'université publique française.

 

Parti communiste français,

 

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4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 10:22

Après les JC sur le marché de Morlaix samedi 1er mars, les camarades de la section PCF du Pays de Morlaix distribueront "A cœur ouvert" n°6, le journal santé du PCF Bretagne, en début d'après-midi ce jeudi 4 mars à l'hôpital de Morlaix. L'urgence est à la mobilisation pour notre système de santé qui malgré le professionnalisme et le dévouement des personnels se détraque de partout faute de moyens et de vision de long terme et d'intérêt général de l’État et des gouvernements successifs. 

 

 

 

 

 

 

 

 

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4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 09:06

 

Programmée au printemps, décalée à l’automne, cette exposition installée en novembre 2020 n’a pas pu être accessible au public en raison du deuxième confinement et des mesures sanitaires en vigueur en décembre 2020.

Pour lui donner toute la visibilité qu’elle mérite, la Fondation Gabriel Péri avec les deux commissaires de l’exposition, Guillaume Roubaud-Quashie et Corentin Lahu, a décidé d’en proposer une balade filmée. Un film réalisé par Nicolas Bertrand (les Nouveaux Messagers) sur une idée de Louise Gaxie. Ecrit par Guillaume Roubaud-Quashie et Corentin Lahu. Avec par ordre d'apparition, Louise Gaxie, Alain Obadia, Guillaume Roubaud-Quashie, Corentin Lahu, Fabien Roussel et C215.

Un immense merci au secteur Archives du PCF, aux archives départementales de la Seine-Saint-Denis, à Mémoires d'Humanité, aux Archives municipales d’Aubervilliers, à Ciné-Archives, à C215 et au Parti communiste français.

Vous pouvez consulter les sources de cette exposition en suivant ce lien :

https://gabrielperi.fr/centenaire/cre...

Merci également à BendOver pour son concours musical et aux Productions Alléluia–Gerard Meys pour leur autorisation d’utiliser « Ma France » de Jean Ferrat pour le générique.

Pour commander le catalogue de l’exposition: https://editionshelvetius.com/boutiqu...

Pour en apprendre davantage sur l'histoire centenaire du PCF: https://gabrielperi.fr/centenaire-pcf/​

En partenariat avec le secteur archives du PCF, les archives départementales de la Seine-Saint-Denis, Mémoires d'Humanité, Ciné-Archives et l'Espace Niemeyer.

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