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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 06:57

 

Maître de conférences en immunologie à l’université de Bourgogne, Françoise Salvadori a récemment travaillé en partenariat avec l’historien des sciences Laurent-Henri Vignaud sur un fonds d’archives inédites concernant les travaux de Pasteur. En a résulté Antivax. La résistance aux vaccins du xviiie siècle à nos joursi, un livre très riche qui a valu à ses auteurs le pris Villemont de l’Académie des sciences.

Entretien réalisé par Thomas Liechti*

 

Progressistes : Vous avez sorti en 2019, avant qu’on puisse encore envisager la pandémie de covid-19 en France et avant les polémiques actuelles, un livre apportant un regard historique sur les mouvements de résistances aux vaccins et leurs arguments au cours du temps, qu’est-ce qui a motivé l’écriture de ce livre ?

Françoise Salvadori : En 2015, mon collègue et coauteur, l’historien Laurent-Henri Vignaud, et moi-même avions travaillé sur des archives Pasteur non encore explorées, conservées dans sa maison familiale d’Arbois, dans le Jura ; il s’agissait de cahiers de traduction de publications de ses contemporains, souvent en compétition avec lui, et annotés par Pasteur lui-même. Nous avons été assez surpris d’y voir de nombreuses critiques sur sa nouvelle méthode de vaccination, notamment quand il l’a appliquée à la rage humaine… Mme Pasteur découpait aussi dans la presse les articles critiquant son mari, qui était en particulier la cible des ligues antivivisection.

Comme des doutes sur la vaccination commençaient à s’exprimer de plus en plus, en France comme ailleurs, en particulier depuis l’épisode de la grippe H1N1 en 2008-2009, de plus en plus largement relayés par les réseaux sociaux, l’idée nous est venue d’aller à la recherche des origines de ces opinions et d’étudier leur évolution, leurs différentes formes selon les lieux et les époques. Même si des travaux existaient, en particulier sur les oppositions à l’inoculation variolique au xviiie siècle, cette histoire de l’antivaccinisme n’avait pas fait l’objet d’un livre sur un temps long.

Notre étude nous a permis de montrer que quelques grands types d’oppositions actuels se trouvaient déjà dans la période pré-jennérienne. Rappelons l’origine des pratiques vaccinales : le médecin anglais Edward Jenner avait réussi à la fin duxviiie siècle à protéger contre la variole humaine en injectant un extrait de pustule d’une vache atteinte de vaccine, la variole bovine, peu dangereuse pour l’homme. Depuis au moins un siècle avant lui, on pratiquait déjà, en particulier en Asie et au Moyen-Orient, la variolisation : une injection de pus directement prélevé chez un malade de la variole, ce qui induisait une protection mais au prix de nombreuses infections varioliques

Ces oppositions qui ont donc accompagné l’histoire de la vaccination s’appuient parfois sur des arguments religieux (« providentialistes ») s’observant encore dans quelques courants fondamentalistes ou sectaires de toutes les religions, ou bien sur l’idée que « la nature fait bien les choses » et qu’elle est toujours préférable à l’artifice que représenterait le vaccin ; pour les adeptes des médecines « douces » ou parallèles, présentées comme plus naturelles, ce n’est pas tant le microbe qui occasionne la maladie qu’un déséquilibre de l’ordre naturel des « humeurs » ou des flux énergétiques, favorisé par une mauvaise alimentation ou d’autres facteurs constituant un « terrain » dégradé qu’il suffit de restaurer. On entend aussi chez certains opposants des affirmations pseudo-scientifiques ou fondées sur des théories « alternatives » non validées par la communauté scientifique, ou des revendications plus politiques qui dénoncent les bénéfices des industriels du vaccin et/ou la contrainte de l’État dans les régimes d’obligation vaccinale (vécue comme une entrave à la liberté individuelle).

Progressistes : Dans le contexte de l’apparition des vaccins contre la covid-19, on a pu voir une explosion de méfiance sur les réseaux sociaux et l’apparition de sondages montrant une forte défiance de la population face à la vaccination, notamment beaucoup de questionnements et de fantasmes autour des vaccins à ARN messager, ces méfiances sont-elles légitimes ?

Fr. S. : Elles sont légitimes, je dirais plutôt : elles l’étaient… En particulier quand on a annoncé la mise au point aussi rapide de vaccins – moins d’un an après l’apparition de cette nouvelle maladie, alors que les médias affirmaient depuis quelque temps que plusieurs années seraient nécessaires pour mettre au point un nouveau vaccin. Elles l’étaient aussi vis-à-vis des premiers vaccins ayant obtenu l’autorisation, les vaccins à ARN messager (ARNm), car cette technologie semblait nouvelle pour la population, et que l’ARN, assimilé à l’ADN, ouvre à toutes les craintes et fantasmes autour des OGM et d’une éventuelle « prise de contrôle » de nos cellules par ce vaccin… De fait, il faut un peu de pédagogie. D’une part, les vaccins anticovid ont bénéficié d’énormément de subventions et de précommandes de pays riches, qui ont fait eux aussi des calculs de bénéfices/risques et ont préféré financer la recherche-développement en espérant à terme diminuer les pertes de vies humaines et les pertes économiques liées aux confinements ! Ces financements massifs ont accéléré les recherches, et les spécialistes ne partaient pas de rien : la technologie des vaccins ARNm était au point depuis une quinzaine d’années, même si les applications étaient restées assez confidentielles et limitées au domaine de la cancérologie. D’autre part, des réglementations assouplies ont permis le chevauchement des phases d’essais 1, 2 et 3. Et un autre facteur qui a accéléré la récolte des résultats est justement l’intensité de l’épidémie dans certains pays, car en phase 3 on doit dénombrer les cas de covid pour comparer les groupes de volontaires vaccinés avec ceux qui ont reçu le placebo : plus l’incidence de l’infection est élevée, plus vite on aura des résultats comparatifs. C’est ce qui s’est passé, on a vu assez vite que pratiquement tous les cas, et les cas graves, s’observaient dans le groupe placebo !

Zéro risque n’existe pas en médecine, mais ces vaccins à ARNm semblent très sûrs, on peut le dire de façon assez sereine maintenant que nous avons dans le monde autour de 200 millions de sujets vaccinés, avec un recul de deux mois, et seulement quelques accidents allergiques graves, prévisibles le plus souvent, se déclarant très vite après l’inoculation du vaccin, et que l’on sait prendre en charge. Il n’y a aucun risque que l’ARN modifie l’ADN de nos cellules, car il ne peut pénétrer dans le noyau ni a fortiori s’intégrer à l’ADN ! Quand nous sommes infectés par des virus à ARN (grippe, VIH, virus respiratoires banals…), l’ARN de ces virus ne modifie pas notre patrimoine génétique. C’est la même chose ici ! De plus, cet ARN vaccinal a une durée de vie très courte, il est traduit en protéines de spicule (les petites pointes qui forment la couronne externe du virus, à laquelle il doit son nom) par les ribosomes de la cellule, et ces protéines virales vont stimuler des lymphocytes qui produiront des anticorps contre elles, ainsi que des cellules qui vont constituer la base d’une mémoire immunitaire a priori durable.

Progressistes : Ces méfiances sont-elles nouvelles au regard de l’histoire des mouvements de résistance aux vaccins ou juste réadaptées à ces nouveaux vaccins ?

Fr. S. : Par rapport aux différents types d’arguments plutôt constants dans l’histoire, on va trouver ici une prédominance des opinions défendant la nature face à l’artifice du vaccin : on aimerait croire qu’un régime alimentaire, une hygiène de vie, des médicaments « simples et naturels » sont plus efficaces que les vaccins… La nature serait tellement bien faite qu’elle n’aurait pas pu « créer » ce virus, qui serait donc pour certains une fabrication humaine. Des personnalités très présentes sur Internet prétendent qu’un bon régime alimentaire et quelques vitamines nous sortiraient d’affaire ! Mais on entend aussi beaucoup de discours « alterscientifiques » venant de médecins et scientifiques proposant des molécules « magiques », qui ne donnent pourtant pas de résultats probants dans les différents essais menés selon les normes de la médecine fondée par les preuves (evidence-based medicine) ; certains médecins mettant volontiers en avant la liberté de prescription se sont même organisés en associations, telles la Coordination santé libre ou Laissons les médecins prescrire.

À ce scepticisme s’ajoute la dénonciation des profits des laboratoires pharmaceutiques. (Des soupçons d’enrichissement visaient déjà les médecins inoculateurs dans les salons du xviiie siècle, et se sont renforcés après la création de l’Institut Pasteur, que d’aucuns appelèrent « usine rabique » quand Pasteur lui-même était caricaturé en chimiste-financier.) L’industrie des vaccins très concentrée sur quelques gros laboratoires, les Big Pharma, est actuellement pointée pour avoir bénéficié d’aides massives des États (subventions et précommandes), qui en effet vont aussi profiter aux actionnaires, et pour entretenir une certaine opacité sur les tarifs négociés… Des débats sont ouverts sur une éventuelle levée des brevets sur les vaccins anticovid. Ces contestations plus politiques concernent également la distribution des vaccins : la lenteur du démarrage de la campagne est fortement critiquée par cette moitié des Français très favorables à la vaccination, lenteur qui peut en partie s’expliquer par un choix des autorités de santé qui, justement, ont souhaité rassurer avec un démarrage (excessivement ?) prudent. Les débats vont se renforcer dans un proche avenir au sujet d’un éventuel passeport vaccinal qui donnerait des libertés à ceux qui auraient accepté de se faire vacciner, et qui est parfois jugé discriminant à ce titre.

Progressistes : Pensez-vous que les mouvements antivax soient un symptôme d’une crise plus large de la médecine et/ou de la science en général en France ?

Fr. S. : Des éléments de profil type des sceptiques face aux vaccins contre la covid-19 ont été apportés récemment par les sociologues : jeune, plutôt féminin, avec des opinions politiques éloignées du pouvoir en place, à gauche ou à droite, plutôt populiste (mais sans doute à nuancer). Ce vaccin est vu comme un instrument de mainmise d’un État dont on condamne la politique en général, et la politique sanitaire en particulier.

On note depuis que des études nationales et internationales l’ont mesurée, c’est-à-dire depuis une quinzaine d’années, une forte défiance en France, qui nous a classés plusieurs fois comme les champions du monde de la crainte des vaccins. En France un décrochage assez net s’est observé à la suite de l’épidémie de grippe H1N1, en 2008-2009, mais la confiance avait déjà été érodée lors des cafouillages de communication autour de la vaccination contre l’hépatite B : deux ministres successifs – M. Douste-Blazy en 1994 et M. Kouchner en 1998 – avaient appliqué le principe de précaution dans des directions opposées ! Le premier avait fortement recommandé la vaccination en population générale, et partant des campagnes de vaccination scolaire à grande échelle furent organisées. Les cas de sclérose en plaques semblant en augmentation à cette période, on les relia à ce vaccin, poussant le second ministre à arrêter la vaccination des adolescents à l’école, ce qui bien sûr avait accrédité l’idée qu’il y avait bien un risque… Bien qu’aucune étude épidémiologique n’ait montré de lien causal, cette polémique franco-française n’est pas réellement finie ! Mais l’actuelle défiance se manifeste sur un fond particulier, car les Français n’ont pas oublié qu’on leur a tenu des discours mensongers ou partiels/partials sur le sang contaminé par le VIH, sur l’amiante, sur le Mediator… Et la gestion de l’épidémie de covid, la communication contradictoire sur les masques, les tests… ont montré que cette tendance à ne pas dire la vérité aux citoyens est très lourde dans notre pays.

Cette perte de confiance envers les autorités de santé s’explique donc assez bien ; elle peut renforcer une contestation plus globale des autorités politiques ou du parti au pouvoir, elle peut l’induire aussi. Elle semble actuellement s’étendre aux chercheurs et à la communauté scientifique ; c’est un phénomène plus récent selon les études des sociologues. On peut penser que les arènes médiatiques y ont contribué en donnant trop souvent le même écho à tous les « points de vue » – comme dans l’affaire Raoult –, dans qui pourrait passer pour une quête d’objectivité, en oubliant que le temps de la construction et de la validation des connaissances scientifiques n’est pas celui de l’information en continu.

Progressistes : Est-ce qu’on peut parler d’un affaiblissement, voire d’une rupture, du lien de confiance entre la population française et la science d’un point de vue historique ?

Fr. S. : Comme je l’ai dit, la défiance vis-à-vis des scientifiques a tendance à s’amplifier. La crise sanitaire actuelle n’y est sans doute pas pour rien, mais il faudra encore un peu de recul pour l’affirmer et l’étudier plus rigoureusement. Le fait même que cette épidémie nous atteigne si lourdement, alors que les progrès de la médecine nous ont fait oublier beaucoup de maladies et permis d’en soulager tant d’autres, peut faire douter de ces progrès ! Or on observe cette tendance à la rupture entre les citoyens et la science dans tous les pays développés : quand les gens accèdent à un niveau d’études plus élevé et qu’ils ont accès à des informations à foison, ils se sentent d’autant plus légitimes à affirmer leurs opinions ou leurs croyances sur des sujets scientifiques. Pour eux, les énoncés scientifiques sont des opinions comme les autres : chacun a la sienne et elle vaut celle de son voisin, de son enseignant, de son médecin…

Aux États-Unis des études de psychologues ont montré que plus les citoyens étaient éduqués, plus ils défendaient, par exemple, l’origine naturelle du réchauffement climatique s’ils étaient républicains, et son origine anthropique s’ils étaient démocrates ! L’éducation renforce leur niveau de croyance/confiance dans des influenceurs, le plus souvent recrutés dans leur « bulle », par ces biais de confirmation que les algorithmes d’Internet exploitent à merveille. On voit donc que l’enseignement des sciences est nécessaire, mais pas suffisant à l’ère d’Internet… Je ne pense pas que ce relativisme très contemporain soit typiquement français, mais il semble en progression dans notre pays.

Progressistes : On peut avoir l’impression que la confiance dans la médecine est différente selon les sociétés aujourd'hui. Est-ce que la France est un cas particulier des mouvements antivaccins ?

Fr. S. : La confiance dans les vaccins est différente d’un pays à l’autre, et elle semble faible en France, si toutefois les opinions avancées dans les sondages reflètent les véritables agissements de leurs auteurs… Car dire qu’on ne veut pas du vaccin, c’est aussi dire qu’on est contre Macron, ou pour Raoult, ou contre Sanofi, ou pour les médecines naturelles ! En situation, quand la vaccination sera proposée facilement et gratuitement à chacun, et si la maladie continue de tuer et d’empêcher la vie sociale, il est possible que les actes soient différents des opinions. Les sondages récents, qui plus est dans cette période où la pénurie et la distribution équitable sont au centre de la problématique, semblent le montrer.

Je ne pense pas que les Français soient défiants plus que d’autres vis-à-vis de la médecine, ils sont même parmi les plus gros consommateurs au monde de médicaments antibiotiques ou anxiolytiques ! Les sondages montrent qu’ils gardent une bonne confiance envers leurs médecins, ce qui a d’ailleurs été bien noté par les autorités de santé qui souhaitent s’appuyer sur les médecins généralistes pour accélérer la campagne de vaccination… La défiance isolée en France vis-à-vis de ces médicaments très particuliers que sont les vaccins reflète peut-être aussi une réticence à l’encontre d’une pratique du « pari » (on pense qu’on ne sera pas atteint soi-même, et que le coût de l’assurance est trop cher pour le risque ?), et du pari collectif, car l’efficacité de la vaccination ne peut se mesurer que collectivement. Quand il y a du collectif, il est normal que l’État s’en mêle, et là encore le bât blesse…

*THOMAS LIECHTI est

i. Éditions Vendémiaire, Paris 2019.

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6 mars 2021 6 06 /03 /mars /2021 20:11
Une quarantaine d’hommes et de femmes ont rendu hommage à la féministe Nathalie Lemel, à l’occasion du 150e anniversaire de la Commune de Paris et en amont de la Journée des droits des femmes. Photo Le Télégramme Quimper, 6 mars 2021

Une quarantaine d’hommes et de femmes ont rendu hommage à la féministe Nathalie Lemel, à l’occasion du 150e anniversaire de la Commune de Paris et en amont de la Journée des droits des femmes. Photo Le Télégramme Quimper, 6 mars 2021

À Quimper, hommes et femmes rendent hommage à une pionnière du féminisme

Ce samedi, à l’appel du PCF, une quarantaine d’hommes et de femmes se sont rassemblés dans le centre-ville de Quimper, pour rendre hommage à la Communarde bretonne Nathalie Lemel. Un rendez-vous organisé dans le cadre de la Journée des droits des femmes.

« En ces temps où les inégalités de salaires, d’accès aux droits, sont toujours importantes entre les femmes et les hommes, où la précarité touche tant de femmes, où les « invisibles » qui ont permis à notre société de tenir malgré la crise sociale et sanitaire sont souvent des femmes, les combats émancipateurs de Nathalie Lemel sont d’une grande modernité »

 

Ce samedi, à 14 h 30, les propos tenus au micro par la conseillère municipale communiste Yvonne Rainero trouvent un écho favorable dans les rangs. Face à elle, sur le parvis de l’hôtel de ville, une quarantaine de personnes, venues participer à un rassemblement imaginé par le Parti communiste français en amont de la Journée des droits des femmes, prévue le 8 mars.

« Il ne s’agit pas d’une guerre des sexes »

Pour l’occasion, le PCF a donc tenu à rendre hommage à Nathalie Lemel, décédée il y a cent ans dans la plus grande indifférence. Une « pionnière des luttes sociales et féministes », Brestoise de naissance et Quimpéroise de cœur, qui occupa une place majeure dans la Commune de Paris, dont le 150e anniversaire est également célébré cette année.

« Des femmes d’exception », parfois oubliées

À l’ombre de la cathédrale, des femmes, évidemment, ont répondu à l’invitation. Mais beaucoup d’hommes aussi, presque plus nombreux. Et c’est tant mieux, laisse entendre l’élue : « C’est dans cet esprit qu’on a lancé l’appel. Il ne s’agit pas d’une guerre des sexes ». Diane Levesque, militante CGT, acquiesce. Tout en avouant qu’« il est regrettable d’avoir recours à ce genre de rassemblements pour permettre à la femme d’exister ».

« L’armistice a aussi été une amnésie »

Le groupe est rejoint par Matthieu Stervinou, « un vrai passionné de la Commune ». « Car elle est un peu une révolution oubliée : dix ans après la Commune, a été voté l’armistice, qui a aussi été une amnésie », déplore celui qui est par ailleurs adjoint à la maire de Quimper. Et qui souligne également « la place considérable des femmes » durant cette période. Nathalie Lemel donc, Louise Michel, évidemment, mais aussi Elizabeth Dmitrieff, Sofia Kovalevskaïa… Des femmes « d’exception », insistera lors de son discours Yvonne Rainero. Dont certaines ne passeront cependant jamais à la postérité. Abandonnées dans les oubliettes de l’Histoire. Mais pour quelques heures, ce samedi, les participants ont contribué à leur rendre leurs lettres de noblesse.

À noter

Dimanche, place Saint-Corentin, à 14 h 30, plusieurs associations, structures pour femmes, collectifs, groupes politiques, syndicats, appellent à un nouveau rassemblement, dans le cadre de la Journée des droits des femmes. Lundi, un rendez-vous aura lieu sur le parvis de la médiathèque Alain-Gérard, à 12 h, à l’appel de l’union locale CGT.

 

Lire aussi:

La quimpéroise Nathalie Lemel, féministe de la première heure: un hommage lui est rendu à Quimper par le PCF le 6 mars à 14h30 (Le Télégramme, 5 mars 2021)

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6 mars 2021 6 06 /03 /mars /2021 07:06
Le souffle de Martha Desrumaux sur LCP le 8 mars à 20h30 (Télérama)- Journée internationale de lutte pour les droits des femmes
Le souffle de Martha Desrumaux sur LCP le 8 mars à 20h30 (Télérama)- Journée internationale de lutte pour les droits des femmes

Le 8 mars a 20h30 sur LCP, "Le Souffle de Martha", donc voici une critique très positive dans Télérama. Enfin la reconnaissance publique pour cette grande dame et militante communiste qu'était Martha Desrumaux.

 
🔴🔴🔴 DOCUMENTAIRE
Lundi 8 mars 2021 à 20 heures 30 sur LCP
La vie militante de l’ouvrière Martha Desrumaux
Un film de François Perlier
Martha Desrumaux est une enfant du Nord à la destinée romanesque. « Petite bonne », puis ouvrière à neuf ans, elle deviendra, à force de révolte et d'engagement, une pionnière dans les combats pour les droits sociaux dans l’entre-deux guerres. Personnage féminin emblématique du Front Populaire, Jean Renoir la met en scène dans le film La « vie est à nous » en 1936.
Instigatrice de la lutte des mineurs contre l'occupant nazi, elle est déportée en 1942 et participe à la résistance au sein même du camp de Ravensbrück.
Dès 1945, elle est désignée pour être l'une des premières femmes députées de l'Histoire de France, avant de tomber dans un relatif oubli.
...
 

Martha la solidarité populaire au cœur

Martha naquit à Comines (59) en 1897. À 9 ans, elle doit travailler comme bonne à tout faire, son père ayant été écrasé par la pompe à eau des pompiers. Parmi les domestiques règne la précarité, la misère et la peur... Aucune solidarité ! Très vite, elle décide de devenir ouvrière ; le monde ouvrier construit à cette époque des solidarités de classes face à un patronat qui se croit roi absolu. À 13 ans, elle adhère à la CGT, puis aux jeunesses socialistes d’avant 14.

Évacuée à Lyon, elle y vit la fin de la guerre et participe à la solidarité envers les populations de la Volga, victimes de la famine après la guerre 14/18 et la guerre civile.

Engagée dans le PC et la CGTU, elle va animer les luttes ouvrières de l'entre-deux-guerres et particulièrement la grève des dix sous à Halluin de septembre 1928 à avril 1929. Elle parvient à convaincre les mamans à accepter de laisser leurs enfants rejoindre pendant plusieurs mois des familles d'accueil ; les enfants échappent ainsi à la misère liée au refus de toute négociation.

En 1936, Martha est une des figures de proue du mouvement ouvrier et du Front populaire. Dès septembre, elle organise dans les Hauts-de-France et en Champagne, la solidarité avec la République espagnole menacée par le coup d'État de l'extrême droite franquiste... Solidarités multiformes : impulsion des Brigades internationales en choisissant les jeunes susceptibles de partir en Espagne se battre aux côtés de l'armée républicaine, collecte de couvertures, de chaussures, de produits alimentaires et envoi d'ambulances pour aider les Républicains , accueil dans des familles du Nord Pas -de- Calais de plus de 500 enfants espagnols victimes du conflit. Notre ami Gilbert Avril, futur dirigeant du SPF du Nord, se souviendra de l'arrivée de ces enfants dans le bassin minier. Martha est présente à de nombreux meetings organisés par le SPF naissant pour favoriser la solidarité envers l'Espagne. Enceinte, Martha se rendra à plusieurs reprises en Espagne et deviendra l'amie de la Passionaria dirigeante du Frente popular espagnol.

Durant l'Occupation, le SPF aide des familles de mineurs déportés après la grande grève de mai/juin 1941. Plusieurs dirigeants du SPF seront arrêtés et déportés comme l'instituteur Résistant Willy Dubois.

Arrêtée le 26 août 1941, Martha est déportée au camp de Ravensbrück. Ici encore, elle y organise la solidarité. En décembre 1943 elle aide Charlotte Rosenberg et ses trois très jeunes enfants à survivre dans cet enfer. Aujourd’hui encore, Lili Rosenberg Leignel témoigne auprès de la jeunesse de cette solidarité qui lui a permis de survivre. Rescapée de Ravensbrück, redevenue responsable de la CGT, Martha organise avec le SPF la solidarité pour les enfants des mineurs grévistes de 1948 (aide alimentaire, aide vestimentaire, accueil des enfants dans la région parisienne, aide juridique pour les mineurs jugés pour fait de grève). En 1965, elle est présente lors de l'inauguration du premier local du SPF à Lille Wazemmes. Nous la retrouvons à Toulon dans les années 70 entre autres auprès du SPF piloté dont la cheville ouvrière sera Jo Séguy. Grande figure du mouvement ouvrier et de la solidarité, Martha est au centre de la campagne "Ouvrir le monde ouvrier au Panthéon, Martha Desrumaux, pour une ouvrière au Panthéon, campagne à laquelle participe, notre ami, symbole de la Résistance, Julien Lauprêtre.

Laurence Dubois
Présidente des Ami.e.s de Martha Desrumaux
Janvier 2019

 

Martha Desrumaux: syndicaliste et communiste résistante et déportée. Pour que la classe ouvrière rentre au Panthéon!

Une conférence passionnante de l'historien Pierre Outteryck sur Martha Desrumaux, grande dirigeante cégétiste et communiste, actrice de premier ordre de la solidarité avec l'Espagne républicaine, ouvrière, féministe, résistante, déportée - Mardi de l'éducation populaire, Morlaix, 5 février 2019

Vidéo - 5 février 2019: Pierre Outteryck raconte Martha Desrumaux, ouvrière, cégétiste, communiste, résistante, déportée aux Mardis de l'éducation populaire du PCF Morlaix

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6 mars 2021 6 06 /03 /mars /2021 07:02
du 6 au 8 mars, mobilisés pour les droits des femmes dans le Finistère
Le 8 mars est la journée internationale de lutte pour des droits des femmes.
Initialement, cette journée a été créé par la conférence internationale des femmes socialistes en 1910 à Copenhague , notamment par Clara Zetkin et Rosa Luxembourg.
Puis, elle a été officialisée en URSS par Lénine en 1921, notamment en hommage aux ouvrières de saint Pétersbourg qui avaient manifesté le 8 mars 1917 pour réclamer du pain et la fin de la guerre.
En 1977, l'ONU instaure le 8 mars comme "journée internationale des femmes"
 
Nous communistes avons au fil de l'Histoire pris une place importante dans ce mouvement.
Depuis la vague mondiale Me Too et la crise sanitaire qui a enfin rendu visible les "premières de corvées", la vague féministe continue de monter en France et dans le monde.
 
La Fédération du Finistère appelle donc l'ensemble des camarades à rejoindre les mobilisations prévues cette année (liste non exhaustive à ce jour) :
 
BREST 
*A l'appel du Collectif "Brestoises pour les droits des femmes" rejoint par la plupart des organisations brestoises (dont le PCF), manifestation dimanche 7 mars à 11h. départ place Saint Louis pour une déambulation en fanfare.
*Le 8 mars, à l'appel de l'intersyndicale, rendez-vous à partir de midi devant la sous préfecture
*Le 8 mars , à l'appel du Planning Familial, rendez-vous à 15h40 pour des collages féministes
 
QUIMPER
* Rendez-vous dimanche 7 mars à 14h30, Place Corentin
 

Samedi 6 mars à 14h30

devant la mairie de Quimper, place St Corentin

pour rendre hommage à Nathalie Le Mel ouvrière relieuse née à Brest, ayant vécu à Quimper, qui partit ensuite à Paris où elle joua un rôle important dans les luttes ouvrières et féministes, avant de devenir une des principales animatrices de la Commune de Paris à la tête de l'Union des femmes.

Pionnière de l'égalité femmes-hommes, de la solidarité, des luttes ouvrières, membre de l'Internationale, elle fut une héroïne de la Commune de Paris.

Trop peu connue, en dehors des spécialistes de la Commune, beaucoup moins que son amie Louise Michel.

Notre camarade Eugène Kerbaul lui consacra un livre qui a inspiré il y a quelques années la bande dessinée "Des graines sous la neige".

Ci-dessous le communiqué de presse de notre section.

Nous nous associons bien sûr aussi aux autres initiatives prises à QUIMPER autour de la journée du 8 mars :

  • manifestation féministe au départ de la place St Corentin dimanche 7 mars à 14h30
  • rassemblement à l'appel de la CGT lundi 8 mars devant la médiathèque de 12h à 14h
 
A Landerneau:

La cellule PCF de Landerneau se joint à Femmes Solidaires et participera au rassemblement du 6 mars 2021 à 11h 00 place de la mairie, qu’elles organisent pour cette journée internationale pour les droits des femmes. Aujourd’hui à Landerneau comme ailleurs, l’écart salarial reste à ce jour de 25% en moyenne entre les hommes et les femmes. Malgré les belles paroles et numéros verts du gouvernement, au rythme actuel il faudrait 1000 ans pour obtenir l’égalité salariale. Il est important de porter haut notre volonté et nos combats pour l’égalité professionnelle, le droit à disposer de son corps et le juste partage des pouvoirs. L’enjeu de ce 8 mars 2021 est aussi de rendre visible les femmes de Landerneau :caissières, infirmières, aides-soignantes, aides à domicile, agents d’entretien,assistantes maternelles, majoritairement des femmes, et qui sont les premières touchées par le travail partiel imposé, le chômage, les contrats précaires.

Mais aussi pour rendre visible les landernéennes, on ne peut aussi passer sous silence ces landernéennes qui n’apparaissent ni dans les manuels, ni sur les plaques de rue comme Marie Lambert née Perrot à Landerneau en 1913, agent de liaison pendant la résistance dans la région de Landerneau et qui organisa des groupes de «femmes patriotes » malgré une grossesse. Elle fut aussi la première femme députée à représenter le Finistère à l’Assemblée Nationale en 1948.Cette journée est l'occasion de faire un bilan sur la situation des femmes et de faire entendre leurs revendications pour que l'égalité entre les femmes et les hommes soit atteinte.

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6 mars 2021 6 06 /03 /mars /2021 07:01
Droits des femmes: le PCF s'associe au rassemblement du 6 mars à Landerneau (Le Télégramme, 2 mars 2021)

Droits des femmes: le PCF s'associe au rassemblement du 6 mars à Landerneau et rend hommage à Marie Lambert, première députée finisterienne (communiste) à la Libération, future journaliste à l'Humanité (la première à avoir parlé de guerre en Algérie au début du conflit de décolonisation).

 

 
A réécouter le journal du vendredi 5 mars au matin et du midi sur RCF, la radio catholique finistérienne, avec une interview de Gladys Grelaud, notre camarade de Landerneau, féministe et membre de Femmes Solidaires Landerneau.

Journal de 7h du vendredi 5 mars 2021

Présentée par ,

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6 mars 2021 6 06 /03 /mars /2021 07:00
Aux origines du 8 mars - publication de l'Institut d'histoire sociale CGT du Finistère
Aux origines du 8 mars - publication de l'Institut d'histoire sociale CGT du Finistère

Un écrit de L'Institut d'Histoire Sociale de la CGT - Section du Finistère- sur les origines du 8 mars : Journée internationale de lutte pour les droits des femmes

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6 mars 2021 6 06 /03 /mars /2021 06:59
Née à Brest en 1826, morte en 1921 dans un hospice d’Ivry-sur-Seine, Nathalie Lemel a vécu à Quimper entre 1849 et 1861, où elle a tenu une librairie et un atelier de reliure rue Kéréon et rue Saint-François. (DR)  - Le Télégramme, 5 mars 2021

Née à Brest en 1826, morte en 1921 dans un hospice d’Ivry-sur-Seine, Nathalie Lemel a vécu à Quimper entre 1849 et 1861, où elle a tenu une librairie et un atelier de reliure rue Kéréon et rue Saint-François. (DR) - Le Télégramme, 5 mars 2021

Le Télégramme, 5 mars 2021

La Quimpéroise Nathalie Lemel, féministe de la première heure

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, et du 150e anniversaire de la Commune de Paris de 1871, le PCF organise un hommage à Nathalie Lemel, qui vécut à Quimper de 1849 à 1861. Retour sur l’histoire de cette communarde, féministe de la première heure.

À Quimper, Nathalie Lemel a le droit à une petite allée à son nom, dans la zone de Cuzon, même si elle n’est pas passée à la postérité, contrairement à son amie Louise Michel. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes et de la commémoration des 150 ans de la Commune de Paris dont elle fut une image marquante, le PCF a choisi de mettre à l’honneur cette pionnière bretonne des luttes sociales et féministes. « Les combats émancipateurs de Nathalie Lemel sont d’une grande modernité », note la conseillère municipale communiste Yvonne Rainero.

Ils fuient la misère à Quimper pour Paris

Fille de bistrotiers républicains brestois, la demoiselle Duval épouse, à 18 ans, un collègue relieur, Adolphe Lemel. En 1849, la famille quitte Brest pour s’installer à Quimper et ouvre un atelier de reliure et une librairie, rue Kéréon, puis rue Saint-François. Le couple aura trois enfants. « Fuyant la misère, ils déménagent en 1861 pour Paris, où l’Empereur Napoléon III règne dix ans après son coup d’État », écrit Serge Rogers dans un article du Télégramme. « Alors que son mari est au chômage et sombre dans l’alcoolisme, Nathalie Lemel, qui travaille en tant qu’ouvrière relieuse, s’engage dans les luttes sociales. Opposée à la politique du Second Empire, elle se fait rapidement remarquer par son exaltation et son combat pour le droit des femmes et la parité des salaires hommes/femmes », explique l’historien Jacques Arnol lors d’une conférence. En 1865, Nathalie Lemel adhère avec ses camarades à la première Internationale ouvrière. « Elle est même élue déléguée syndicale, ce qui, à l’époque, pour une femme, est une première », note l’historien.

« Des combats d’une grande modernité »

En 1868, elle quitte le domicile conjugal. « Le 11 avril 1871, Nathalie Lemel met en place l’Union des femmes pour la défense de Paris et les soins à donner aux blessés et, avec une centaine de citoyennes, elle nourrit, soigne et dirige la construction et la défense de la barricade de la place Pigalle », poursuit Serge Rogers. Elle est arrêtée le 21 juin 1871 alors que la révolte s’est terminée dans un bain de sang.

« Dès leur séjour quimpérois, Nathalie Lemel a manifesté une personnalité anticonformiste. Cela pourrait lui venir de sa mère, Catherine Hardy, qui semblait avoir, elle aussi, une forte personnalité. Restée veuve, celle-ci se remarie avec un second maître au port marchand de Brest, à près de 65 ans. Et son mari en a 47. Pour une femme, à l’époque, se remarier à 65 ans était très rare. Et encore plus rarissime de se remarier avec un homme de 18 ans son cadet ! C’était faire preuve d’une rare indépendance d’esprit. La première féministe de la famille était vraisemblablement la mère de Nathalie Lemel », estime l’historien Serge Duigou. Et de rappeler que, lors de son procès, en 1872, un gendarme témoigne que Nathalie Lemel était « exaltée, avec des allures d’indépendance qui n’étaient pas goûtées à Quimper », ce qui la faisait passer pour une femme de mœurs légères. « Il faut dire que les voisins immédiats du couple, rue Kéréon, étaient de prospères commerçants soucieux de respectabilité et de paix sociale », indique-t-il.

À l’âge de 46 ans, elle est condamnée à la déportation à vie en Nouvelle-Calédonie. Amnistiée en 1879, Nathalie Lemel regagne la métropole, où elle travaille au journal « L’Intransigeant » en tant que plieuse, tout en continuant de défendre ses convictions. Elle décède à l’âge de 94 ans, dans la plus extrême pauvreté. En 2016, elle est réhabilitée par l’Assemblée nationale avec l’ensemble des victimes de la répression de la Commune de Paris.

Pratique

Le PCF appelle à un rassemblement, ce samedi 6 mars, en hommage à Nathalie Lemel, à 14 h 30, place Saint-Corentin.

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6 mars 2021 6 06 /03 /mars /2021 06:58
Rosa Luxemburg aura sa rue à Brest - Le Télégramme, 5 mars 2021
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6 mars 2021 6 06 /03 /mars /2021 06:53
Il y a 150 ans naissait Rosa Luxemburg, figure spartakiste - par Nicolas Offenstadt, L'Humanité, 5 mars 2021
l y a 150 ans naissait Rosa Luxemburg, figure spartakiste
Vendredi 5 Mars 2021, L'Humanité

Le 5 mars 1871 à Zamosc, alors en Pologne russe, dans la petite bourgeoisie juive, naissait la militante qui allait fonder avec Karl Liebknecht et Clara Zetkin le Parti communiste allemand. La biographie de référence de Gilbert Badia est rééditée à l'occasion des 150 ans de sa naissance. Retour sur la vie et la postérité de « Rosa la Rouge ».

 

« Née polonaise, Rosa Luxemburg est un grand écrivain allemand », note l’historien et germaniste Gilbert Badia en ouverture de son imposante thèse (1975) sur la figure fondatrice du communisme allemand, publiée aux Éditions sociales. Il ajoute : « C’est sans doute aussi le plus remarquable polémiste que l’Allemagne ait connu dans les vingt premières années de ce siècle. » Avec ces quelques mots choisis, Badia suggère déjà toute la richesse et la complexité de la figure de Rosa Luxemburg, née il y a cent cinquante ans, le 5 mars 1871 à Zamosc, alors en Pologne russe, dans la petite bourgeoisie juive.

Rosa Luxemburg se bat contre ce ralliement à l’union sacrée

Militante de la social-démocratie allemande, elle s’affirme comme une grande figure de son aile gauche, se dressant avec vigueur et intransigeance contre le militarisme et ses pratiques, défendant toujours une perspective révolutionnaire. Le vote des crédits de guerre par la social-démocratie, le 4 août 1914, est un événement central dans l’histoire de la gauche allemande. Avec Karl Liebknecht et quelques autres, Rosa Luxemburg se bat contre ce ralliement à l’union sacrée, cette « trahison », et contre l’immense conflit destructeur.

Icon QuoteC’est alors une révolution économique et c’est par là qu’elle devient une révolution socialiste. 

Rosa Luxemburg (fin décembre 1919)

Ces minoritaires, les spartakistes, finissent par sortir de la social-démocratie majoritaire et contribuent à la fondation du Parti communiste allemand. Ils entendent que la révolution allemande de novembre 1918 ne s’en tienne pas au changement de structures politiques, mais bouleverse les fondements même de l’ordre social, en s’appuyant sur et déployant derrière la Révolution russe les conseils d’ouvriers et de soldats. « C’est alors une révolution économique et c’est par là qu’elle devient une révolution socialiste », écrit Rosa Luxemburg fin décembre 1919. En janvier, une insurrection, dont les spartakistes sont un des moteurs, échoue devant la répression. Rosa Luxemburg en périt, assassinée, avec Karl Liebknecht, par des militairescontre-révolutionnaires.

Le germaniste est l’auteur d’une ample production autour de Luxemburg

Le lecteur français qui veut se plonger dans cette histoire ne dispose guère de travaux récents. Les œuvres de Gilbert Badia restent ainsi précieuses. Militant communiste, résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, le germaniste est l’auteur d’une ample production autour de Luxemburg et des spartakistes. Il a non seulement écrit des études toujours utiles, mais aussi traduit et publié de nombreux textes, trop peu disponibles. Pour cet anniversaire, les Éditions Otium rééditent son Spartakisme (lire encadré ci-dessous).

Dans sa Rosa Luxemburg, Badia analyse, avec bienveillance, tour à tour la militante, la journaliste, la polémiste, l’oratrice, l’écrivaine et l’épistolière, dont il souligne la diversité des registres, au-delà des enjeux politiques. Il s’interroge sur des aspects plus personnels et intimes, avec le regard de son époque et de son milieu : « Quand elle arrive à Berlin, elle a non seulement la fraîcheur de la jeunesse, la vivacité de l’intelligence, mais l’éclat de son regard, sa voix, son élégance font qu’elle plaît. »

« Rosa la Rouge », une icône des mouvements étudiants et gauchistes

En ces années 1960 et 1970, Gilbert Badia est pris dans un contexte où « Rosa la Rouge » est une icône des mouvements étudiants et gauchistes. Très lié à la RDA, dont il favorise la connaissance en France, Badia bénéficie de ses ressources documentaires ; il y rencontre les témoins de l’épopée spartakiste. Il cherche à répondre, appuyé sur d’amples recherches, aux interprétations qui lui semblent erronées et qu’il combat politiquement, en particulier, celles des « gauchistes », trotskistes, luxemburgistes ou « libertaires », qui accentuant l’opposition et les divergences avec Lénine, s’appuient sur Rosa Luxemburg pour leur critique du socialisme soviétique. Il ne voit, ainsi, contrairement à un Daniel Guérin dans sa Rosa Luxemburg et la spontanéité révolutionnaire (1971), « nulle identité » entre Trotski et Rosa. Selon Gilbert Badia, il ne faut pas surévaluer la part de la « spontanéité » des masses dans les analyses de Rosa Luxemburg face à l’action du parti révolutionnaire, un point clé dans l’interprétation communiste. L’historien sait aussi se faire critique des lectures qui minimisent les apports de Rosa Luxemburg.

Figure féminine du mouvement ouvrier allemand

Badia s’est encore consacré à une autre figure féminine centrale du mouvement ouvrier allemand, proche de Luxemburg, Clara Zetkin. Il lui consacre, avec de nouvelles sources, une biographie parue en 1993 aux Éditions ouvrières – vite traduite en allemand chez Dietz –, soucieux de valoriser son engagement pour le droit des femmes et l’émancipation des travailleuses, comme il l’explique dans l’avant-propos, et de discuter aussi de son féminisme, trop peu commenté à ses yeux.

Près de Berlin, à Birkenwerder, dans le jardin de ce qui fut la maison de Zetkin, le visiteur peut encore voir une sculpture des deux héroïnes de Badia, Clara et Rosa, ensemble.

 

« Le spartakisme » réédité. Les Spartakistes, ces révolutionnaires de la Grande Guerre, ont joué un rôle crucial dans l’Allemagne nouvelle de 1918, et dans la mémoire des gauches autour de leurs martyrs Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg. Et pourtant, il n’y a aucune synthèse récente en français pour saisir ce qui se joue alors. Le livre de Gilbert Badia, enrichi nombreux documents, publié en 1967, est encore indispensable.

Icon Education Le Spartakisme. Les dernières années de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, de Gilbert Badia. Éditions Otium, réédition.
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6 mars 2021 6 06 /03 /mars /2021 06:46

Cet article est repris du blog "Le travailleur Bigouden", article qui décrit les dangers de la libéralisation de l'énergie.

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PEREQUATION TARIFAIRE

Deux dangers (entre autres) sont à craindre dans la libéralisation du « marché de l’énergie » ou plutôt dans le démantèlement du service public de l’énergie : la multiplication des fournisseurs (qui ne produisent pas d'électricité) et l’abandon de la péréquation tarifaire.

Le principe de péréquation tarifaire signifie que deux consommateurs ayant le même profil de consommation, avec le même fournisseur et la même offre, se verront facturer le même tarif, quelle que soit leur localisation géographique sur le territoire français.

 

Lien : Loctudy : Vigilance pour la fourniture d'électricité...

 

En voici l’illustration.

 

Facture salée pour un Américain ayant laissé la lumière allumée durant une tempête

Un vétéran américain a dû sacrifier ses économies pour payer sa facture d’électricité, après la tempête hivernale au Texas qui a fait flamber les prix du courant.

Les prix de l’électricité ont explosé au Texas, suite à la tempête hivernale qui a frappé la région, rapporte le New York Times.

Scott Willoughby, un Américain de 63 ans, a ainsi reçu une facture de 16.752 dollars (13.800 euros), soit 70 fois plus que ses dépenses habituelles, après les intempéries à Dallas. Un gouffre financier pour ce vétéran qui vit essentiellement des aides sociales, et qui a dû vider son compte épargne pour régler la note.

En effet, la tempête qui s’est abattue sur le Texas et la vague de froid qui a suivi ont fait au moins 58 morts, mais ont également dévasté le réseau électrique et gelé la production de gaz naturel. Entre pannes du réseau et demande croissante, plusieurs Américains se sont retrouvés sans électricité, alors que d’autres ont été forcés de payer le kilowattheure au prix fort.

André Upshaw, un autre habitant de Dallas, s’est vu facturé 6.700 dollars, alors qu’il paie généralement 80 dollars par mois à cette période de l'année. Il fustige cette hausse soudaine des prix.

«C'est un service public, c'est quelque chose dont vous avez besoin pour vivre. Je n'ai pas l'impression d'avoir utilisé 6.700 dollars d'électricité au cours de la dernière décennie. Ce n’est pas un coût que toute personne censée devrait payer pour cinq jours de service électrique intermittent, utilisé au strict minimum», déclare-t-il au New York Times.

 

Marché non réglementé

Cette flambée des tarifs de l’électricité est due aux intempéries mais également au marché de l’énergie texan, non réglementé, qui permet à chaque consommateur de choisir son fournisseur, parmi près de 220 détaillants, explique le média.

Les principaux foyers touchés étaient d’ailleurs des clients de la compagnie Griddy, qui fournit de l'électricité à des prix de gros, ceux-ci pouvant varier rapidement en fonction de l'offre et de la demande.

Prévoyant une hausse de ces prix de gros, la compagnie avait même encouragé ses clients à changer de fournisseur avec l’arrivée des intempéries, mais tous ne s’y sont pas résolus, poursuit le NYT.

 

Responsabilité des autorités ?

Certains s’interrogent également sur le rôle joué par la Commission des services publics du Texas, qui a relevé le plafond des prix jusqu’à la limite maximale de neuf dollars par kilowattheure.

Selon le quotidien, la manœuvre visait à rétablir l’équilibre du marché, en encourageant les utilisateurs à réduire leur consommation d’électricité et les fournisseurs à en distribuer plus.

Mais la situation s’est éternisée. Dans un communiqué, Griddy accuse ainsi la Commission d’avoir continué à forcer sur les prix, alors que 99% des foyers avaient retrouvé l’électricité, et que la production dépassait les standards minimaux.

Face au tollé provoqué par cette hausse des prix, le gouverneur Greg Abbott a finalement tenu une réunion d’urgence avec les législateur samedi 20 février. Une intervention de l’État pour « réduire le fardeau » de ces factures d’énergie a été discutée, rapporte un communiqué.

Source: https://fr.sputniknews.com/amerique-nord/202102211045253818-facture-salee-pour-un-americain-ayant-laisse-la-lumiere-allumee-durant-une-tempete/

 

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