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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 17:47
Décès de Louis Cortot, président de l'ANACR: une grande perte pour la mémoire de la Résistance (Pierre Laurent)

Décès de Louis Cortot : une grande perte pour la mémoire de la Résistance (Pierre Laurent)

Officier de la Légion d'Honneur et fait Compagnon de la Libération, président de l’ANACR (Association nationale des anciens combattants de la Résistance), Louis Cortot vient de nous quitter et c'est une grande peine pour les communistes français. Entré en résistance à l'âge de 15 ans, Louis Cortot prend contact avec l’Organisation spéciale (OS) du Parti communiste et manifeste son désir de participer à l'action directe ; il commence par récupérer des armes, couper des lignes téléphoniques et distribuer des tracts. C’est dans l’usine dans laquelle il travaille qu’il confectionne les bombes qu’il va utiliser lors de ses missions. A 18 ans, il est un des responsables des FTP de la région parisienne, jouant tout au long de ses années de Résistance un rôle reconnu et essentiel. Le 11 novembre 1944, quelques mois après la Libération, il est décoré de la croix de la Libération par le général de Gaulle à l'Arc de Triomphe.

Militant politique, syndical, il fait toute sa carrière professionnelle dans la branche aéronautique chez Dassault. A la retraite, il continue à s'investir dans les combats de la mémoire de la Résistance. Chaque année, il contribue activement, avec les associations de résistants de toute la France, à l'organisation du concours national de la Résistance et de la déportation, auquel ont encore participé l’an dernier plusieurs dizaines de milliers d' élèves. Toujours présent, malgré son âge, dans toutes les grandes manifestations de commémoration, il s'est battu sans relâche pour que vive la mémoire de la Résistance, et qu'elle ne disparaisse pas des manuels scolaires. Ce passeur de la mémoire enrageait face aux positions du Président Sarkozy, et je me souviens en particulier de ses justes prises de positions contre l'abandon de l'histoire dans les programmes des terminales S.

Avec Louis Cortot, nous perdons un témoin majeur de ces années décisives de l'histoire de notre pays, un militant resté toujours fidèle à ses idéaux de jeunesse. Au nom des communistes, et en mon nom, je présente toutes nos condoléances, à la famille, aux proches, à ses compagnons, aux membres de l'ANACR.

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 16:13
Austérité. « 100000 emplois manquent à l'hôpital public »
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR PIERRE-HENRI LAB
VENDREDI, 3 MARS, 2017
HUMANITÉ DIMANCHE
Photo Francine Bajande.
Photo Francine Bajande.

Le 7 mars, les fédérations CGT, FO et Solidaires appellent les agents des trois fonctions publiques (État, hôpitaux, territoriaux) à participer à une journée d'action pour l'emploi et les salaires. La secrétaire générale de la CGT-Santé, Mireille Stivala, revient sur la crise que traverse l'hôpital public et les revendications des personnels.

HD. Un tract de l'intersyndicale CGT, FO et Solidaires a été édité à destination des patients dans le cadre de la mobilisation du 7 mars. Quel message leur adressez-vous ?
Mireille Stivala. La population doitêtre informée sur la situation de l'hôpital et du secteur de l'action sociale et sur les conséquences de la loi de modernisation de notre système de santé et de la mise en oeuvre des groupements hospitaliers de territoire (GHT). Depuis des années, les hôpitaux sont confrontés aux politiques d'austérité. Les personnels prennent beaucoup sur eux pour maintenir la qualité du service. Mais, aujourd'hui, nous constatons un épuisement professionnel important. L'urgence est de permettre aux salariés de récupérer physiquement et moralement. Les conditions de travail sont à ce point dégradées qu'il devient impossible aux professionnels d'exercer leurs missions en respectant le cadre déontologique de leur métier. Ils sont devenus des producteurs de soins à qui le temps n'est plus donné d'accompagner humainement les patients : les faire attendre sur un brancard des heures durant, la difficulté à leur trouver un lit... tout cela est contraire à l'étique des personnels hospitaliers. À tout moment peut se produire un incident que, jusqu'à présent, le dévouement des personnels a permis d'éviter. Nous sommes au bout d'un système. L'hôpital ne peut pas fonctionner de cette façon éternellement. Des moyens supplémentaires doivent lui être attribués. Il faut en finir avec la tarification à l'acte. La prise en charge des patients ne se résume pas à un soin technique. La dimension humaine et relationnelle doit être prise en compte. Toutes les études le démontrent, mieux un patient est encadré, plus il est entouré, plus le taux de mortalité est réduit et le risque de maladie nosocomiale faible.
 
HD. Quelles sont vos revendications ?
M. S. Priorité doit être donnée àl'emploi. Il faut lutter contre le recours à l'emploi précaire, qui est de plus en plus important. Selon les établissements, 20 à 60 % des salariés peuvent être concernés. Cela impacte le bon fonctionnement des services ou des établissements car les salariés précaires, surtout quand les contrats sont au jour le jour comme dans l'intérim, ne sont pas forcément au fait de celui-ci et de leurs besoins. Enfin, il est nécessaire d'embaucher massivement pour améliorer les conditions de travail des agents et rendre les 35 heures effectives. Aujourd'hui, elles n'existent que sur le papier. Les RTT et les heures supplémentaires non prises viennent gonfler sans cesse les comptes épargne-temps.
 
HD. Combien d'emplois faut-il créer, selon vous ?
M. S. Il faut déjà cesser d'en détruire. Il faut remettre en cause la limitation de la progression de l'Objectif national des dépenses d'assurance-maladie (Ondam), qui fut historiquement bas en 2016, à 1,75 %, et en 2017 en légère hausse, mais nettement insuffisant (2,1 %). Sa mise en oeuvre entraînerait la suppression d'au moins 22 000 postes. Rien que pour maintenir le niveau actuel de prise en charge, il faudrait que l'Ondam progresse au minimum de 4 %. Si on additionne les pertes d'emplois liées aux politiques d'austérité et les postes qu'il aurait fallu créer pour permettre une mise en oeuvre correcte des 35 heures, on peut estimer que ce sont 100 000 emplois qui manquent à l'hôpital public.
 
HD. Après le 7 mars, envisagez-vous de nouvelles mobilisations ?
M. S. Après les journées d'action du 25 juin et du 8 novembre 2016, le 7 mars 2017 s'inscrit dans la poursuite de la mobilisation nationale. Des conflits, dont certains sont très longs, ont lieu dans de nombreux établissements. Face à cela, le gouvernement ne nous propose que de participer à des groupes de travail pour établir un constat. L 'heure n'est plus au constat. Celui-ci est connu. L'heure est à prendre des mesures. Si elles ne sont pas prises, alors nous poursuivrons la mobilisation.
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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 11:26
Handicap: il manque 1599 places en Finistère (Le Télégramme, 1er mars 2017)

Handicap. Trois affiches pour rappeler qu'il manque 1.599 places en Finistère

 

Le Télégramme / 1er mars 2017

 

Photo Le Télégramme : Isabelle Besnard, présidente de l'association de parents d'enfants inadaptés intellectuels (APEI) des Genêts d'Or, Régis Guéméné, Jean-Pierre Le Mat et Roland Painchaud, ont présenté les affiches, hier à Brest.

Sur les affiches des candidats à la présidentielle et aux législatives, vont fleurir d'autres affiches, celles imaginées par l'association de parents d'enfants inadaptés intellectuels (APEI) des Genêts d'Or, pour dire leur colère face au manque de places pour leurs enfants et jeunes adultes dans le Finistère.

 

Toujours en IME à 27 ans

 

« Wanted foyer médicalisé, handicapés bannis de la République », annonce l'une des affiches, illustrée par la photo souriante d'une jeune fille de 21 ans... toujours en IME (Institut médico-éducatif). « Certains IME réservés normalement aux enfants de six à 20 ans, abritent toujours des adultes de 27 ans ! À cet âge-là, ils ont besoin d'autre chose ! Nous avons 1.599 personnes en attente de solution dans le Finistère ou en place inadéquate. En Bretagne, cela représente 3.586 personnes. C'est pour cela que nous avons fait ces trois affiches avec l'aide de nos Esat », dit Isabelle Besnard, présidente de l'APEI des Genêts d'Or. Acompagnée des membres du bureau, elle a voulu exprimer à nouveau leur colère, après ce dernier rendez-vous amer avec le préfet, le 25 novembre, resté sans réponse.

« Quand on interpelle les politiques tout le monde est très sensibilisé mais personne ne réagit, les situations sont dramatiques mais on nous dit qu'il n'y a pas les finances».

 

« Exclus de la société »

 

Et pour les plus jeunes, le minimum d'attente pour entrer en IME est de deux ans. Certains, en Esat (Établissement et service d'aide par le travail), attendent une place en maison d'accueil spécialisée (MAS), destinée aux handicaps les plus lourds qui ne peuvent travailler. D'autres sont toujours chez leurs parents vieillissants et peuvent se retrouver brutalement seuls en cas d'hospitalisation de ceux-ci. Des familles sont en faillite, faute de pouvoir travailler parce qu'il faut s'occuper nuit et jour de leur enfant. « On exclut les familles et les jeunes de la société. Nous ne sommes même pas dans les programmes de campagne des différents candidats ! », ajoute Roland Painchaud, vice-président de l'APEI. Tous iront au-devant des candidats aux législatives, lors des débats.

 

Les chiffres

 

Il manque 30 places pour la petite enfance, 322 en IME et IMPRO (dont 141 de plus de 20 ans), 184 places en service d'éducation spéciale et de soins à domicile. Au travail, il manque en Esat 155 places et en entreprise adaptée 50 places. En foyers de vie ou service d'accompagnement à la vie sociale, le total est de 618 places et de 240 places en foyer avec médicalisation.

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 09:26
Brest: hôpital, Mouvement de grève du personnel mardi 7 mars (Le Télégramme, 4 mars 2017)

Brest. Hôpital. Mouvement de grève du personnel de santé mardi

 

Le Télégramme / 4 mars 2017

 

Photo Le Télégramme : le violet du syndicat Sud (Patricia Fischer, Pascale Robardet) se mêle au rouge de la CGT (Jean-Marc Ducrocq, Thomas Bourhis et Bahar Bourhis) pour un rassemblement commun, mardi.

 

Les syndicats CGT et Sud appellent les travailleurs de la santé à se mobiliser, mardi, dans tout le département. À Brest, le rendez-vous est donné place de la Liberté, à 11h.

La CGT et Sud s'allient et appellent à la mobilisation tous les travailleurs de l'action sociale et de la santé du département mardi. Pour le personnel hospitalier de Brest, un premier rassemblement se tiendra, à 9 h, dans le hall de la Cavale blanche, avant de rejoindre le mouvement du service public, place de la Liberté, à 11 h.

Plus d'adaptation et de dialogue

Les syndicats demandent avant tout « une adaptation des charges de travail aux moyens dont disposent les hôpitaux et une meilleure écoute de la part de la direction. » Manque de moyens et de personnel, hausse de la charge de travail... Le milieu hospitalier fait face à de multiples difficultés au quotidien. « On sait bien que le problème est national. Les budgets et les objectifs sont votés au niveau de l'État. Nous demandons à nos directions davantage d'écoute et de prévention des situations difficiles », explique Thomas Bourhis, secrétaire général CGT du CHRU.

Des critères objectifs

Jusqu'ici, les syndicats disposaient d'assez peu d'éléments concrets sur les conditions de travail et la santé des agents. C'est pourquoi ils ont demandé à ce qu'un cabinet d'analyse externe évalue la situation. Mis en place fin 2014, le dispositif recoupe des entretiens, des observations de terrain et des questionnaires. Un tiers des employés du CHRU a accepté de répondre. Le rapport met en évidence « un problème d'organisation des services et un manque de soutien de la direction. » Sur les répondants, 80 % se disent en souffrance au travail.

« C'est une cocotte-minute »

Au CHRU, la situation semble difficile, notamment suite au plan social de « retour à l'équilibre ». Près de 140 postes avaient été supprimés. Fatigue, stress, plannings lourds, surcharge de travail... Les représentants syndicaux soulignent d'autres points de tension. « Nous sommes pointés du doigt au niveau national pour l'augmentation des violences verbales et physiques envers le personnel, dénonce Pascale Robardet, secrétaire du syndicat Sud Santé sociaux. L'absentéisme a augmenté de 9,4 % en un an et les démissions également. C'est une cocotte-minute, prête à exploser. » Les syndicats rappellent que « la santé psychique et physique des employés relève de la responsabilité de leur employeur. »

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 09:15
Alain et Eric Bocquet, deux parlementaires communistes qui vont au fond des choses et déconstruisent le système mafieux de la finance, en tournée en Bretagne les 4 et 5 avril 2017

Alain et Eric Bocquet, deux parlementaires communistes qui vont au fond des choses et déconstruisent le système mafieux de la finance, en tournée en Bretagne les 4 et 5 avril 2017

"Sans domicile fisc": les Frères Bocquet à Quimper le mercredi 5 avril à 15h aux Halles Saint François pour parler de leur étude sur l'évasion et la fraude fiscale. De l'argent pour les services publics et les solidarités, il y en a!
"Sans domicile fisc": les Frères Bocquet à Quimper le mercredi 5 avril à 15h aux Halles Saint François pour parler de leur étude sur l'évasion et la fraude fiscale. De l'argent pour les services publics et les solidarités, il y en a!
Eric Bocquet

Eric Bocquet

Mardi 7 mars, à partir de 19h, le sénateur du Nord, Eric Bocquet, invité de l'Humanité en direct sur Facebook

 

L'Humanité / samedi 4 mars 2017 / Laurence Mauriaucourt

Photo : Éric Bocquet, sénateur du Nord, co-auteur du livre "Sans domicile fisc" / Archives Humanité

 

 

Mardi 7 mars à partir de 19h, Éric Bocquet sera l’invité de l’Humanité, en direct de Lille. Le sénateur du Nord débattra avec vous via des questions recueillies sur notre page Facebook. #humanite2017

Sous le hashtag #Humanite2017, vous êtes invités à participer à un débat interactif avec le sénateur communiste du Nord, Éric Bocquet. Co-auteur, avec son frère le député, Alain Bocquet, du livre « Sans domicile fisc », ce traqueur de fraudeurs fiscaux répondra en direct aux questions posées préalablement via les commentaires postés par les internautes sur la page Facebook de l’Humanité.

Quelques données pour engager le débat 

 Seuls 1,1 à 1,6% des flux financiers mondiaux ont un lien direct avec la production et l’échange de biens et de services », le reste n’est que marchés financiers. Un chiffre effarant révélé par le livre des frères Bocquet. Et puis, cet autre constat : l’évasion fiscale génère chaque année un manque de recettes de 60 à 80 milliards d’euros pour le budget de la République française, dont le montant total des recettes est de 300 milliards. Une perte à comparer avec la trentaine de milliards d’euros de recettes de l’impôt sur les sociétés, ou encore les 73 milliards du déficit budgétaire annuel.

Il y a la fraude, mais il existe également mille et un tours de passe-passe pour payer moins d’impôts. Les techniques d’optimisation fiscale, de nombreux géants de l’industrie française les connaissent et les appliquent au vu et au su de tous. Mais, les citoyens accepteront-ils encore longtemps que les entreprises comme Total, Saint-Gobain, Danone, Suez Environnement, Schneider et autres s’exonèrent en ne payant pas d’impôts en France ?

Dans le même temps, l’on découvrait la semaine dernière que la France est bien lepremier pays d’Europe en termes de sommes distribuées aux actionnaires.

Mais au fait, quelle est la première source de recettes pour l’État français ? C’est la TVA. Cet impôt qui s’applique au même taux à tous les consommateurs sans critères de revenus. Cette taxe génère 140 milliards d’euros de recettes par an. Mais, là aussi, il y a de la triche. La fraude à  la TVA génère un manque à gagner annuel d’environ 30 milliards !

Évasion, optimisation fiscale et fraude font perdre chaque année entre 60 et 100 milliards d’euros au budget de la France. Et même plus de 1 000 milliards en Europe. 

« Conséquences de la lutte molle de nos gouvernements, l’école, la culture, l’hôpital, la justice, les équipements publics, les collectivités perdent des moyens pour répondre aux besoins des citoyens », expliquent les frères Bocquet dans leur livre. Conséquence : cette austérité qui mine l’État gangrène la démocratie et ouvre la porte aux extrémismes ». Comment agir ? C’est l’enjeu du débat interactif proposé par l’Humanité avec Éric Bocquet mardi 7 mars à partir de 19h sur la page Facebook de l’Humanité. Vous pouvez d’ores et déjà y proposer des remarques et y proposer vos questions. 

pour suivre le débat

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 09:03
Maisons de retraite: rassemblement intersyndical des personnels et usagers dimanche 5 mars à Brest, place de la liberté

Face au manque de moyens humains dans les EHPAD (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), le personnel des maisons de retraites participera à un rassemblement dimanche place de la liberté à Brest, à l'appel de la fédération santé et action sociale CGT, de SUD et de FO. 

 

Lire aussi:  Hennebont. Ils alertent sur la situation dans les Ehpad
http://www.ouest-france.fr/bretagne/hennebont-56700/hennebont-ils-alertent-sur-la-situation-dans-les-ehpad-4833343

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 08:59
Les délégués du personnel ont fait « le constat de la dégradation des conditions de travail et du manque de temps à consacrer aux personnes âgées ».

Les délégués du personnel ont fait « le constat de la dégradation des conditions de travail et du manque de temps à consacrer aux personnes âgées ».

« On en arrive à chronométrer la toilette ou les actes qu'on fait sur les résidents », dénonce Gilles Kerloch, délégué de l'union départementale CGT santé et action sociale en charge de la commission Maisons de retraites qui tenait, hier matin, au CHIC de Quimper, sa réunion annuelle. « On essaye de prendre en charge le plus humainement possible les personnes âgées mais, au niveau de la direction, on a de plus en plus affaire à des gestionnaires », poursuit le syndicaliste. « Le manque de moyens dénoncé depuis plusieurs années n'est pas sans conséquence sur les conditions de vie des personnes âgées et de travail des salariés ». Ils font le constat que les personnes âgées accueillies dans leurs établissements « sont de plus en plus dépendantes avec des troubles du comportement. Or certaines structures ne sont pas adaptées à leurs pathologies ». Par ailleurs, « pour faire des économies, il y a de plus en plus de glissement de postes et le recours à des temps partiels imposés pour permettre de mieux gérer les plannings ».

« Manque de temps à consacrer aux résidents »

 

« On parle de burn-out dans les hôpitaux, mais dans les Ehpad, le personnel est aussi en souffrance, ainsi que les familles à qui on ne peut accorder plus de temps et qui nous voient courir tout le temps », indique le délégué qui insiste sur le fait que ce manque de temps à consacrer aux résidents aggrave leur dépendance. « L'idéal serait de laisser vivre la personne à son rythme, de l'aider à faire les choses alors que c'est nous qui lui imposons notre rythme ». Autant de raisons pour le personnel des maisons de retraites de participer à la journée nationale de mobilisation de mardi, à l'appel de la fédération santé et action sociale CGT, de SUD et de FO qui donnera lieu à un rassemblement, place de la liberté, à Brest.

 

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 08:20
8 mars: en grève pour l'égalité! (Osez le féminisme)

En France, les femmes sont toujours payées 26% de moins que les hommes. Comme si elles arrêtaient chaque jour d’être payées à 15h40. Le 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, nous les appelons donc à arrêter de travailler à 15h40. Pour la première fois, associations féministes, syndicats, ONG et organisations de jeunesse appellent ensemble à la mobilisation le 8 mars, par la grève, des rassemblements et des actions sur les réseaux sociaux, pour exiger que 2017 soit enfin l’année de l’égalité.

L’objectif : faire entendre les exigences de celles qui représentent 52% de la population, à la veille de l’élection présidentielle et alors que les réactionnaires, en France, aux Etats Unis, en Russie, en Pologne ou encore en Turquie, s’attaquent aux droits et aux libertés des femmes. En 2017 nous voulons l’égalité au travail comme dans la vie, et nous portons 20 exigences précises démontrant que les femmes ne se contenteront pas de grands discours ou de promesses creuses.

Le 8 mars à 15h40, femmes et hommes sont appelées à se mettre en grève, se rassembler, agir sur leur lieu de travail ou de vie. Le site 8mars15h40.fr donne les outils à toutes et tous pour agir et recense les lieux de mobilisation. La vidéo d’appel à l’action lancée a déjà été vue 275 000 fois en quelques jours.

Il permettra aussi le 8 mars d’afficher la mobilisation en direct.

La mobilisation en France fait suite à celle des Islandaises qui se sont mises en grève le 25 octobre dernier pour dénoncer les inégalités salariales et au mouvement #7nov16h34. Elle s’inscrit dans l’appel à la grève internationale #WomensStrike, soutenu par la Confédération SYndicale INternationale et relayé dans 35 pays et notamment aux Etats Unis, en Amérique Latine, en Pologne, en Italie ou en Irlande.

Le 8 mars, ce n’est pas la journée de LA femme, où nous offrir des fleurs ou des cosmétiques, c’est la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Le 8 mars 15h40, toutes et tous dans l’action, toutes et tous en grève !

15h40, pourquoi ?

15h40, c’est l’heure à laquelle les femmes arrêtent d’être payées chaque jour, sur la base d’une journée standard (9h – 12h30/13h30 – 17h).

Les femmes sont toujours payées 26% de moins que les hommes :

  • Parce qu’elles sont 30% à travailler à temps partiel
  • Parce qu’elles sont concentrées dans des métiers dévalorisés socialement et financièrement
  • Parce qu’elles n’ont pas de déroulé de carrière
  • Parce qu’elles touchent moins de primes, d’heures supplémentaires

Un appel de syndicats, associations féministes, ONG et organisations de jeunesse :

Syndicats : CGT, FSU, Solidaires

Associations féministes : Alliance des Femmes pour la Démocratie, Association Nationale des Études Féministes, Collectif Libertaire Anti-Sexiste, Collectif 52, Collectif Georgette Sand, Collectif National pour les Droits des Femmes, Collectif Tenon, Coordination des Associations pour le Droit à l’Avortement et la Contraception, Fédération Nationale des Femmes Africaines de France et d’Europe, Femen, Femmes Solidaires, Féministes plurielles, Femmes Egalité, Femmes ici et ailleurs, Femmes Migrantes Debout, La Brigade antisexiste, Les effronté-e-s, Les Glorieuses, Ligue des Femmes Internationale pour la démocratie, Maison des femmes Thérèse Clerc, Marche Mondiale des Femmes, Nuits Féministes, Osez Le Féminisme, Paye ta Shnek, Les Chiennes de Garde, Le Mouvement des Femmes Kurdes en Europe, Le Planning Familial, Une Femme Un Toit, Réseau Féministe Rupture, SKB.

Organisations de jeunesse et ONG : ATTAC France, LDH, Peuples Solidaires-Action Aid, MJCF,  MNCP, UNEF, UNL

Retrouvez en cliquant ici le dossier de presse avec l’appel du 8 mars et les 20 exigences

 
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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 20:52
Irlande du Nord : les unionistes devancent les nationalistes d’un seul siège (Le Monde, 4 mars 2017)

Le parti nationaliste Sinn Fein, qui milite pour la réunification de l’Irlande et combat le Brexit, a connu une forte poussée lors des élections pour l’assemblée régionale d’Irlande du Nord dont les résultats ont été connus au petit matin du samedi 4 mars. Son principal adversaire, le Parti unioniste démocrate (DUP, pro-britannique), reste d’un cheveu le premier parti de la province incluse dans leRoyaume-Uni, mais le clivage accentué entre les deux formations va rendreencore plus difficile qu’auparavant la formation d’un gouvernement de coalition.

Les accords de paix de 1998 prévoient un partage du pouvoir régional entre les partis arrivés en tête aux élections, le premier désignant un premier ministre et le second un vice-premier ministre. Alors que l’Irlande du Nord a voté à 56 % contre le Brexit, l’élection a été marquée par la crainte d’un retour à la frontière entre les deux Irlandes, menace potentielle pour la paix et la prospérité économique. Plaçant à quasi-égalité un parti « protestant » et un « catholique », le scrutin met à l’épreuve les règles de partage du pouvoir dans une province conçue en 1920 par Londres pour assurer une majorité aux protestants.Le DUP a remporté 28,06 % des voix et 28 des 90 sièges de l’assemblée régionale de Stormont alors que le Sinn Fein a rallié 27,91 % des voix et gagné 27 sièges lors du vote de jeudi.

Record de participation

Au cours des précédentes élections, en mai 2016, le DUP avait remporté 38 sièges contre 28 au Sinn Fein, dans une assemblée qui comportait alors 108 sièges. Vendredi soir, le président du Sinn Fein, Gerry Adams, a estimé que le vote marquait la confiance dans les positions anti-Brexit de son parti. « C’est un vote pour l’unité de l’Irlande, un vote pour notre rassemblement en tant que peuple(…). Nous n’avons pas besoin des Anglais pour nous gouverner », a déclaré M. Adams, dont la formation réclame un statut particulier, maintenant l’Irlande du Nord dans l’Union européenne après le Brexit. De son côté, Arlene Foster, première ministre sortante et leader du DUP, a appelé le Sinn Fein à « respecter le mandat qui [lui] a été donné ». Elle a accusé le parti rival d’avoir provoqué ces nouvelles élections pour faire avancer la cause républicaine.

Le scrutin a été marqué par un record de participation (64,8 %), taux le plus élevé depuis le référendum sur les accords de paix. Il avait été provoqué par la démission, en janvier, de Martin McGuinness, le vice-premier ministre, ancien commandant de l’IRA, âgé de 66 ans, atteint d’une maladie grave. Le Sinn Fein voulait faire tomber le gouvernement de Mme Foster, accusée d’avoir mis en place un coûteux programme de subventions pour développer les énergies renouvelables. Des hangars vides ont été chauffés au bois juste pour toucher des primes mirobolantes. Dans la foulée, le Sinn Fein avait choisi Michelle O’Neill, 40 ans, pour remplacer M. McGuinness. Cette fille d’un ex-combattant de l’IRA représente un passage de génération pour l’ancienne branche politique de l’ex-armée républicaine clandestine.

Pour le parti nationaliste, il n’est pas question de gouverner désormais avec MmeFoster et les négociations en vue de la formation d’un nouvel exécutif s’annoncent difficiles. Si elles restent infructueuses au bout de trois semaines, Londres pourraitreprendre l’administration directe de la province, marquant un échec du processus de paix.

 

lire aussi:

En Irlande du Nord, le Sinn Féin se présente en pôle position (L'Humanité, 1er mars 2017)

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 20:24
Tugba Hezer : « Empêcher de donner le pouvoir à une seule personne »
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR PIERRE BARBANCEY
MARDI, 28 FÉVRIER, 2017
L'HUMANITÉ
Tugba Hezer lors d’un rassemblement contre la répression en Turquie, à bruxelles, le 5 novembre 2016. Photo : Dursun Aydemir / Anadolu Agency/AFP forum
Tugba Hezer lors d’un rassemblement contre la répression en Turquie, à bruxelles, le 5 novembre 2016. Photo : Dursun Aydemir / Anadolu Agency/AFP forum

Turquie. Tugba Hezer n’a pas 30 ans. Députée du HDP, elle est la plus jeune parlementaire turque. Elle ne peut pas rentrer dans son pays. Nominativement citée et menacée par le président turc, Recep Erdogan, elle poursuit néanmoins son combat en Europe. Elle a accordé une interview exclusive à l’Humanité.

Pourquoi avez-vous été contrainte de quitter la Turquie alors que vous êtes une membre du Parlement, donc élue du peuple ?

Tugba Hezer J’avais été chargée par mon parti, le HDP (Parti démocratique des peuples), de mener des rencontres en Europe. Et il y a eu un coup mené par le pouvoir et visant notre parti le 4 novembre dernier, avec la levée de nos immunités parlementaires. Après cette date, de nombreux députés et élus ont été privés de liberté. Puis les coprésidents du HDP, Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag, ont également été arrêtés et incarcérés. En ce qui me concerne, il y a un mandat d’arrêt par défaut. Cela signifie qu’en cas d’arrestation, je suis immédiatement incarcérée. Mais je suis tout de même chargée de mener les activités pour mon parti, ici, en Europe.

Quelles sont les raisons politiques qui amènent le pouvoir turc et Erdogan à s’attaquer au HDP de cette manière ?

Tugba Hezer En réalité, les attaques contre notre parti ont commencé à la veille des élections du 7 juin 2015. À cette époque, nous avions dénoncé l’attitude de Recep Tayyip Erdogan qui, alors qu’il était président de la République, tenait des meetings au nom de son parti, l’AKP (Parti de la justice et du développement), au lieu d’être neutre. Avec 13 % des suffrages, nous avons réussi à passer la barre des 10 %, condition pour pouvoir entrer au Parlement. D’où une attaque féroce contre le HDP. On parle beaucoup de la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016, mais en réalité Erdogan a entamé son coup d’État civil au lendemain des élections du 7 juin 2015, en menant des attaques non seulement contre nous mais également contre tous les autres opposants. Parce qu’en réalité, il a refusé de reconnaître le résultat des élections de juin 2015 et de former un gouvernement de coalition, ce qui lui a permis de convoquer de nouvelles élections le 1er novembre 2015.

Dans le même temps, il s’est aperçu que les résultats ne seraient pas sensiblement différents et donc qu’il ne pourrait pas être le président ultrapuissant qu’il voulait devenir en modifiant la Constitution directement au Parlement car son parti, l’AKP, ne posséderait pas la majorité des deux tiers requise. Il avait déjà gelé les pourparlers de paix avec les Kurdes mais, en renversant littéralement la table des négociations, il a mené des attaques sans merci contre le HDP et a fait instaurer, dans les villes où nous étions le plus plébiscités, des couvre-feux, et a envoyé la gendarmerie et l’armée mener des attaques contre la population civile. Si on regarde ce qui s’est passé depuis deux ans, on s’aperçoit qu’il y a eu des décisions politiques qui ont enfoncé le pays. Et quoi qu’il arrive maintenant, la population va en payer le prix pendant de très longues années.

Que cherche Erdogan ?

Tugba Hezer On voit comment, d’une façon pratique, Erdogan mène une politique dictatoriale et fasciste sur toute la Turquie. Parce que ce qu’il veut est une Turquie non séculaire, qui ne respecte pas le droit des minorités, qui n’a aucun respect pour l’opposition. Il veut une Turquie qui se trouverait en permanence sous état d’urgence, sous couvre-feu, pour mener à bien sa politique. Erdogan essaie d’imposer une mentalité unique sous sa direction. C’est pour cela que son adversaire principal est le HDP, qui représente son antithèse : multiculturalisme, reconnaissance des minorités, liberté d’expression, résolution de la question kurde… D’où les attaques contre les villes qui ont voté pour nous et contre nos députés, nos maires. On parle de plus de 3 000 membres du HDP et plus de 80 maires et co-maires (mais le chiffre augmente chaque jour) qui sont détenus et leurs villes placées sous tutelle. Il faut aussi dire que 13 députés sont en prison, dont les deux coprésidents du HDP. Il y a une semaine, Figen Yüksekdag a été privée de son mandat de députée et cela de façon tout à fait illégale, même au regard de la loi turque. À la suite d’un dossier ouvert contre elle en 2012, elle a été condamnée à dix mois de prison, condamnation ratifiée au mois de septembre dernier par la Cour de cassation et portée devant le Parlement en novembre.

Or, la déchéance ne peut être prononcée que si l’élu est condamné à plus d’un an de prison pour des infractions bien précises et si cette condamnation est ratifiée. Figer Yüksekdag a été condamnée à moins d’un an de prison et pour une affaire qui n’entre pas dans la liste des motifs de déchéance inscrits dans la loi. Le même jour, le 21 février, où la déchéance de Figen Yüksekdag a été prononcée, Selahattin Demirtas a été condamné à cinq mois de prison. Le même jour encore, Idris Baluken, député qui avait été libéré le 31 janvier, a été à nouveau incarcéré à la suite de l’intervention du procureur de la République. Une semaine auparavant, Ferhat Encü, député de la ville de Sirnak, avait été libéré et réincarcéré deux jours plus tard. C’est l’œuvre d’une justice qui n’est plus indépendante et obéit aux directives d’Erdogan. Tout cela est aussi organisé pour empêcher notre parti de mener la campagne dans le cadre du référendum prévu le 16 avril et, pour Erdogan, de gagner les votes des ultranationalistes.

On assiste à un rapprochement entre l’AKP et le MHP (Parti d’action nationaliste, extrême droite), quelle est la signification de ce rapprochement ?

Tugba Hezer Auparavant, le MHP se déclarait contre le système présidentiel. Puis, son président, Devlet Bahceli, a infléchi la position en disant qu’actuellement il existait un système présidentiel qui n’avait pas de réalité juridique et qu’il fallait y remédier. Puis, 18 articles constitutionnels ont été rédigés dans le plus grand secret et approuvés en dix jours entre l’AKP et le MHP, articles qui renforcent le pouvoir présidentiel, notamment le rattachement de l’armée à la présidence, et qui seront présentés lors du référendum. Pour être certain que ces articles soient approuvés par les élus de son groupe, le président du MHP a même menacé ses propres parlementaires de les remplacer ! De la même façon, l’AKP a fait pression sur ses députés en exigeant qu’ils montrent leur vote, en affirmant que ceux qui voteraient contre seraient accusés d’être des partisans de Fethullah Gülen. Même dans ce camp les pressions ont donc été très fortes. Dans ces conditions, comment imposer à la population une telle modification de la Constitution ?

On parle beaucoup de la présidentialisation du régime à l’occasion du référendum mais on parle moins d’autres articles qui concernent les droits sociaux. Qu’en est-il exactement ?

Tugba Hezer Ces deux dernières années, et plus encore après le coup d’État manqué du 15 juillet dernier, des décrets ont été approuvés, avec application immédiate, qui ont en réalité géré le pays. Ils ont présenté ces décisions comme nécessaires pour nettoyer le pays de tous les putschistes. En réalité, ces décrets ont été utilisés parce que Erdogan veut s’attaquer aux acquis sociaux. Par ce biais, les associations de femmes ont été interdites. Des centaines de milliers de fonctionnaires ont été renvoyés de leur travail, jetés à la rue sans le moindre revenu. En dehors des pro-Erdogan, plus personne, aucune organisation, n’a le droit d’organiser le moindre rassemblement, le moindre meeting, ni même de faire la moindre déclaration. Les grèves ont été interdites. Ces décrets ont été utilisés pour détruire nos droits démocratiques, contre la liberté d’expression, contre toute forme d’opposition. Tous les acquis sociaux ont été remis en cause. On voit bien le danger que représente le projet d’Erdogan de cette présidentialisation à outrance du système politique, qui lui donnerait tous pouvoirs en ce sens qu’il pourrait ainsi émettre des décrets qui iraient à l’encontre de tous ceux qui ne pensent pas comme lui.

Comment se positionne le HDP et avec qui peut-il agir aujourd’hui ?

Tugba Hezer Le pays vit sous l’état d’urgence, ce qui permet une attaque sans précédent contre notre parti et contre nos élus, contre les médias. Nous n’avons plus de presse dans laquelle nous pouvons nous exprimer. Tout est pratiquement entre les mains de l’AKP. Depuis toujours nous avons dit non à la politique d’Erdogan. Dès qu’Erdogan a annoncé son intention de renforcer le système présidentiel à son profit, nous avons lutté contre et nous avons été violemment réprimés. Dans le cadre de la campagne du référendum, nous allons utiliser tous les moyens qui nous restent pour dire encore plus fort non à ce système, non à cette nouvelle constitution qui ne représente les intérêts du peuple ni pour aujourd’hui ni pour demain.

Il y a plusieurs sensibilités qui disent non. En tant que HDP, notre but est de rassembler le maximum de gens pour dire non à ce changement constitutionnel, mais pas seulement. Il s’agit aussi de dire non à ce statu quo existant avant la mise en place de ce système présidentiel. Il nous faut donc convaincre le maximum de personnes et leur montrer les dangers de ce changement de constitution.

Comment pouvez-vous agir dans les conditions actuelles ?

Tugba Hezer Nous ne sommes pas seuls à prôner le non. Le CHP (kémaliste, social-démocrate – NDLR) appelle ainsi à voter contre ce projet de nouvelle constitution. Certains éléments du MHP aussi. Pour des raisons qui ne sont évidemment pas les mêmes. Mais notre objectif, à l’issue du référendum du 16 avril, est avant tout de jeter dans les poubelles de l’histoire ce système qui donnerait le pouvoir à une seule personne. Nous sommes, nous, pour que soient représentées toutes les communautés composant la Turquie. Il est intéressant de constater que, parmi ceux qui appellent à voter non, un certain nombre considèrent le système comme nous le faisions il y a quelques années. À l’époque les mêmes s’accommodaient de ce qui se passait ou étaient silencieux, mais aujourd’hui ils s’expriment et disent non.

Est-ce qu’en Europe vous rencontrez un écho à la campagne de sensibilisation que vous menez sur la situation en Turquie ?

Tugba Hezer Nous avons initié des rencontres partout en Europe, avec le président du Parlement européen, avec certains groupes de ce Parlement dont la Gauche unitaire européenne/Verts nordiques (GUE). Lors de ces rencontres, nous avons souligné le fait qu’on ne pouvait pas parler de démocratie en Turquie, que celle-ci n’existait tout simplement pas. Nous dénonçons le fait que la Turquie, sous prétexte de lutte contre le terrorisme, perpètre des massacres contre les Kurdes. Le village de Korukoy (Xerabe Bava), près de la ville de Nusaybin (frontalière avec la Syrie – NDLR), est soumis au couvre-feu, les maisons sont détruites, le bétail abattu et/ou laissé sans nourriture. C’est la barbarie. Alors qu’Erdogan est très proche des groupes islamistes.

La Turquie est candidate à l’entrée dans l’Union européenne (UE). Elle est membre de l’ONU. Elle est dans le Conseil de l’Europe. Elle doit donc respecter certains textes, certains traités. Malheureusement, jusqu’à maintenant, il n’y a pas eu de position nette prise contre la politique menée par Erdogan. D’un côté, ce dernier utilise les migrants comme un instrument de chantage envers l’Europe et, malheureusement, il y parvient. L’UE considère comme plus important l’arrivée des réfugiés que les atteintes aux droits de l’homme, que les attaques contre la liberté d’expression. Pis, Erdogan essaie d’utiliser ces réfugiés dans le cadre du référendum en leur accordant la nationalité turque. L’UE doit prendre clairement position vis-à-vis du système actuel. C’est ce que nous demandons.

L’AKP lance la campagne référendaire

Le premier ministre turc, Binali Yildirim, a participé à un meeting, samedi, dans la capitale Ankara, pour lancer, devant des dizaines de milliers de personnes, la campagne référendaire du Parti de la justice et du développement (AKP). Le 16 avril, un projet de révision constitutionnelle sera soumis aux électeurs. Il vise essentiellement à concentrer les pouvoirs dans les mains du président. Le Parti démocratique des peuples (HDP, gauche) et le Parti républicain du peuple (CHP, kémaliste) se prononcent contre la modification de la loi fondamentale.

grand reporter
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