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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 16:08
TOUS BOLIVARIENS ! (CHRONIQUES LATINES – JEAN ORTIZ)

Jean Ortiz

Samedi, 29 Juillet, 2017 - 10:32

 

 

Tous bolivariens !

Dans quelques heures le Venezuela peut être plongé dans un bain de sang par ceux qui, nationalement et internationalement, ne supportent pas que les pauvres refusent de le rester, et qui voudraient faire main basse sur les énormes réserves en hydrocarbures du pays.

L’enjeu géopolitique dépasse Caracas.

Les secteurs majoritaires et d’extrême droite de l’opposition connue comme « Table d’union démocratique » (MUD en espagnol) tentent de bloquer le pays pour empêcher les élections à l’Assemblée constituante et en appeler à l’intervention de Washington. Le président TRUMP et la CIA ont prévenu : s’il y a vote, « l’empire » prendra des sanctions immédiates contre le droit à l’auto-détermination d’un peuple.

 

Ce qui se joue au Venezuela aujourd’hui, quelles que soient les erreurs qu’ait pu commettre le président Maduro, a et aura des répercussions continentales et internationales lourdes. Washington (soutenu en sous-main par l’Union européenne) s’apprête à violer la souveraineté du Venezuela. Ils tentent de provoquer une rupture dans l’armée. Pour les États-Unis, le Venezuela bolivarien constitue « une menace pour la (sa) sécurité ». La formule est de ce « bon » président Obama.

 

Le Venezuela redevient le cœur de la stratégie impérialiste. Il doit plus que jamais faire battre le cœur de tous les démocrates. Le Haut commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’homme vient d’appeler à « garantir la paix » afin que le vote de l’Assemblée constituante, le 30 juillet, se déroule en toute normalité. Les médias vénézuéliens, qui appartiennent très majoritairement à l’oligarchie, et leurs clones français, soufflent sur le feu au lieu de calmer le jeu, hurlent à « la dictature » parce que le gouvernement Maduro a interdit les manifestations pour que le vote ait lieu en toute tranquillité, et éviter que le sang coule davantage.

 L’opposition, nous serions tenté d’écrire la « subversion », refuse de participer à la consultation. Elle a préalablement et illégalement organisé, un vote parallèle et bidon où elle aurait obtenu plus de 7 millions de suffrages. Aucune vérification, aucun comptage sérieux n’ont pu avoir lieu. Listes électorales « maison » et bulletins de vote ont été monopolisés, puis brûlés.

Les principaux chefs de l’opposition veulent aujourd’hui, après trois mois et demi d’insurrections localisées, surtout dans les quartiers riches, en découdre, quel qu’en soit le prix. Les opposants sont devenus des émeutiers. Depuis l’élection, avec une courte majorité, du président Maduro, en 2013, l’opposition se refuse à reconnaître la légitimité du président. Cette attitude putschiste rappelle et dépasse le « golpe » contre Chavez de 2002. Et pourtant ...

 L’élection d’une Constituante, l’élargissement de la démocratie, la consultation de l’ensemble de la population, dans un processus de fond, constituent bien l’un des derniers atouts, sans doute, pour le vivre ensemble, dans un pays aujourd’hui déchiré, au bord du gouffre. La révolution veut modifier la Constitution de 1999, y ajouter les acquis sociaux reconnus par les institutions internationales. Malgré l’effondrement économique, la révolution est parvenue à maintenir les grandes « Missions » sociales. Peu en parlent. La pénurie sur des produits ciblés, sur des médicaments, certes cruelle, organisée essentiellement par le patronat, est sur-médiatisée. Et pourtant les chiffres, eux, parlent... L’indice de développement humain du Venezuela était en 2015 de 0.767, 71e rang sur un ensemble de 188 pays. De 1990 à 2015, l’espérance de vie à la naissance a augmenté de 4,6 années. La santé et l’éducation (gratuites) restent des priorités, malgré la profonde crise économique et politique.

Le Venezuela ne doit pas être le Chili. L’expérience a prouvé que tout blocus affecte surtout les populations civiles et se retourne finalement contre ses promoteurs. Cuba a plus que prouvé et éprouvé les voies de la résistance pratique, concrète, au quotidien.

Les niveaux atteints par la désinformation ne sauraient nous détourner de notre devoir d’internationalisme. L’internationalisme, disait le Che, c’est la solidarité de classe des exploités.

 

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28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 05:34

L’HUMANITE

Jeudi 27 juillet 2017-07-27

Sébastien CREPEL

 

 

Muriel Pénicaud a réalisé en 2013 une plus-value de 1,13 million d'euros sur ses stock-options en tant que dirigeante de Danone, profitant de la flambée en Bourse qui a suivi l'annonce de 900 suppressions d'emplois du groupe en Europe.

80 C'EST, EN ANNÉES DE SMIC NET, L'ÉQUIVALENT DE LA PLUS-VALUE TOUCHÉE PAR MURIEL PÉNICAUD SUR LA REVENTE DE SES STOCK-OPTIONS.

PATRIMOINE ET INTÉRÊTS INCONNUS PAS LA PEINE DE TAPER LE NOM DE LA MINISTRE DU TRAVAIL SUR LE SITE DE LA HAUTE AUTORITÉ POUR LA TRANSPARENCE DE LA VIE PUBLIQUE (HATVP). SUR LA FICHE DE MURIEL PÉNICAUD, LA HATVP INDIQUE « PUBLICATION À VENIR », TANT POUR SA SITUATION PATRIMONIALE QUE POUR SA DÉCLARATION D'INTÉRÊTS...

7,5 C'EST, EN MILLIONS D'EUROS, LA VALEUR DES 212 000 STOCK-OPTIONS TOUCHÉES PAR LE PDG DE DANONE FRANCK RIBOUD, EN 2013.

 

LA MINISTRE DU TRAVAIL S'EST ENRICHIE CHEZ DANONE GRÂCE À UN PLAN SOCIAL BOURSIER.

 

Plus d’un million d’euros de plus-values boursières par un simple jeu d’écritures : c’est la somme gagnée en une journée par Muriel Pénicaud comme directrice générale des ressources humaines (DGRH) chez Danone, le 30 avril 2013. Et cela alors que le groupe s’apprêtait à supprimer 900 emplois de cadres, dont 230 en France. L’information fait tache sur le CV de la ministre du Travail, au moment où celle-ci défend mordicus au Sénat l’idée que faciliter les licenciements sera in fi ne bénéfi que à l’emploi et donc aux salariés.

Selon les comptes officiels de Danone pour l’année 2013 que l’Humanité a consultés, Muriel Pénicaud a en eff et perçu un gros paquet de stock-options pour ses états de service au comité exécutif du groupe alimentaire. Enregistrée par l’Autorité des marchés financiers à la date du 30 avril 2013, la transaction porte sur un lot de 55 120 actions acquises à une valeur de 34,85 euros l’unité, bien en dessous du cours de l’action ce jour-là, et revendues aussitôt pour l’essentiel (52 220 actions) à 58,41 euros l’unité, au cours du marché. Soit 1 920 932 euros à l’achat, et 3 049 966,54 euros à la revente. Bilan de l’opération : une plus-value immédiate de 1 129 034,54 euros, non comptées les 2 900 stock-options restant alors en sa possession.

La cagnotte boursière de 1,13 million d'euros de Muriel Pénicaud n'est pas tombée du ciel. Pour réaliser un tel bénéfice de près de 60 % sur sa mise de départ, la ministre a profité de la remontée de l'action qui a suivi l'annonce d'un plan de restructuration du groupe, faisant grimper le cours dans les semaines qui ont précédé la transaction. Dans le cadre d'« économies de fonctionnement » de 200 millions d'euros décidées en 2012, la direction de Danone a, en effet, annoncé, le 19 février 2013, la « suppression d'environ 900 postes managériaux et administratifs répartis dans 26 pays européens ».

 

LE TITRE DANONE S'ENVOLE À 55-60 EUROS EN AVRIL-MAI

Un choix immédiatement salué par les marchés financiers par un bond du titre, comme l'a relevé toute la presse à l'époque. « La Bourse achète ce discours : l'action prenait presque 5 % mardi matin (19 février 2013 ­ NDLR) en début de séance », soulignait ainsi le Figaro. « À court terme, des destructions d'emplois peuvent remonter le cours de l'action et vont donc bénéficier au capital, contre la production et la valeur ajoutée », confirme l'économiste spécialiste des entreprises qui siège au Conseil économique, social et environnemental (Cese), Frédéric Boccara, membre des Économistes atterrés et de la direction du PCF.

À partir de cette date, le cours de l'action marque en effet une césure nette : d'une cotation située au-dessous de 52 euros l'action avant l'annonce du plan de desdestruction d’emplois, le titre Danone s’envole à 55-60 euros en avril-mai, accélérant plus vite que la moyenne du CAC 40, pour ne plus redescendre avant octobre 2013. Tout bon pour Muriel Pénicaud, qui fait valoir ses stock-options pile à l’expiration du délai de garde de quatre ans exigé par Danone pour en bénéficier.

Quand il procède à cette restructuration, le groupe est pourtant loin d'être au bord de la faillite. Danone vient au contraire de battre le record de son chiffre d'affaires, passant pour la première fois en 2012 le cap des 20 milliards d'euros dans le monde, en hausse de 8 % en un an. Et les perspectives pour 2013 sont bonnes, avec une nouvelle progression escomptée d'au moins 5 %. Mais, pour le PDG du leader mondial des produits laitiers et numéro deux des eaux en bouteilles, Franck Riboud, la marge avant impôts de Danone, déjà très élevée à 14,18 %, soit près de 3 milliards d'euros, est encore insuffisante. L'Europe montre des signes de fléchissement, avec une baisse des ventes de 3 % et une marge de « seulement » 15,66 %, supérieure aux autres continents, mais en recul par rapport à 2011 (17,37 %). Cela, le PDG de Danone, qui vient de proposer un dividende en hausse de 4,3 % à ses actionnaires, ne le supporte pas : « C'est une équation qui n'est pas pérenne, et une situation que nous allons surmonter », grâce à « une adaptation de nos organisations» visant à «redonner de la compétitivité et de l’efficacité en Europe », déclare-t-il. L’idée d’un plan de suppression d’emplois est lancée, à la grande joie de la Bourse… et du porte-monnaie de la future ministre du Travail.

D'autant que celle-ci n'a pas seulement fait une affaire à la revente. Le prix d'achat de ses actions s'est aussi avéré ultrarentable : à 34,85 euros l'unité, elle en a fait l'acquisition au cours proche du plancher de ces dix dernières années. Le mécanisme des stock-options est ainsi fait que le prix d'acquisition est fixé lors de l'attribution des actions plusieurs années avant que son bénéficiaire ne les achète réellement : on parle d'« option d'achat ». Quand vient le moment pour le haut dirigeant de « lever l'option », c'est-à-dire de débourser l'argent pour les acquérir, il le fait au prix fixé à l'avance. Pour Muriel Pénicaud, cela s'est très bien agencé: ses stock-options, et le prix qui leur était attaché, lui ont en effet été attribuées le 23 avril 2009, juste après l’effondrement des valeurs boursières du CAC 40 à la suite du krach de 2008-2009. Entre le 8 janvier 2008 et le 19mars 2009, l’action Danone a perdu ainsi près de la moitié de sa valeur, passant de 63,71 euros à 33,67 euros. À quelques mois près, la ministre, qui siégeait au comité exécutif du groupe en tant que DGRH depuis mars 2008, aurait peut-être dû mettre ses stock-options à la poubelle!

À quelques mois près, la ministre, qui siégeait au comité exécutif du groupe en tant que DGRH depuis mars 2008, aurait peut-être dû mettre ses stock-options à la poubelle!

C'est en effet l'autre avantage de ce mode de rémunération prisé des PDG, à l'instar de ceux de Danone ou de Renault : comme il s'agit d'une «option d'achat», le dirigeant ne court aucun risque, puisqu'il peut tout simplement renoncer à acheter s'il constate que l'action a perdu de sa valeur. Ici, rien de tel: si la terrible crise économique a fait des perdants, elle a aussi fait des gagnants et Muriel Pénicaud en fait partie. La chance lui a souri d'ailleurs jusqu'au bout, puisqu'elle est l'une des dernières dirigeantes de Danone à avoir bénéficié de stock-options avant que l'entreprise ne renonce à ce type de rémunération en 2010, au profit d'attributions d'actions liées à la performance.

Contacté à plusieurs reprises par l'Humanité, le cabinet de la ministre du Travail n'a pas souhaité donner suite à nos demandes de réactions de sa part. Quant à Danone, l'entreprise s'est contentée de confirmer nos informations sur les stock-options dont a bénéficié son ex-DGRH, sans dévoiler d'autres éléments de rémunération.

« MURIEL PÉNICAUD N'A RIEN À VOIR AVEC LE MONDE DU TRAVAIL »

Reste que cela écorne sérieusement le portrait de la ministre, dépeinte dans la presse comme une DRH attentive à la démocratie sociale et au facteur humain. « C'est quelqu'un qui se prétend salarié mais qui se situe objectivement du côté des intérêts du capital, et qui s'est trouvé à ce titre directement intéressé aux destructions d'emplois, estime l'économiste Frédéric Boccara. Elle a peut-être une fibre sociale quand elle va à confesse, mais elle n'a rien à voir avec le monde du travail, celui des salariés, mais aussi celui des artisans et même des petits patrons. » Lors de sa nomination, la fédération CGT de l'agroalimentaire avait d'ailleurs dénoncé les « bons et loyaux services » de l'ex-DGRH qui a « estampillé » le plan social de 2013 déguisé en « départs volontaires », selon le syndicat, une « véritable Bérézina pour les salariés ».

Dans l'Hémicycle, la ministre des fauxsemblants Muriel Pénicaud, qui a cumulé les rémunérations de Danone avec celles perçues au conseil d'administration d'Orange (58 000 euros de jetons de présence perçus en 2013 pour l'exercice 2012) et a occupé les fonctions de directrice générale adjointe de Dassault-systèmes et d'administratrice de la SNCF, ne s'est d'ailleurs pas appliquée à elle-même la recommandation d'un rapport qu'elle a cosigné en 2010, et qui préconisait de prendre en compte la «performance sociale» dans la rémunération variable des dirigeants d'entreprise, plutôt que la seule « performance économique ». En l'occurrence, concernant les stock-options, l'indexation sur le seul cours de la Bourse.

 

DES FERMETURES D'USINES TRÈS PROFITABLES AUX ACTIONNAIRES

Après le plan de restructuration de 2013, le groupe a annoncé en juin 2014 la fermeture pour la mi-2015 de ses usines de Casale Cremasco en Italie, de Hagenow en Allemagne et de Budapest en Hongrie, entraînant la suppression de 325 postes. La faute à une « baisse significative des ventes » en Europe qui a entraîné des « situations de surcapacité locale » de production, a expliqué la direction. En revanche, dans le même temps, la profitabilité de la branche Europe de Danone s'est spectaculairement redressée, passée de 14,42 % de taux de marge avant impôt en 2013 à 17,26 % en 2015, tirant vers le haut toute l a rentabilité du groupe au niveau mondial. Les dividendes servis aux actionnaires ont suivi le même chemin, passant de 1,45 euro par action pour l'exercice 2013 à 1,60 euro en 2015 (+ 10,3 %).

 

UN AMENDEMENT PROPOSE D'INTERDIRE TOUTE SUPPRESSION D'EMPLOI

Mais le plus embarrassant est sans doute la réponse faite le 12 juillet en présence de la ministre par le rapporteur de la loi travail bis, le député macroniste Laurent Pietraszewski, à un amendement de Sébastien Jumel (PCF). Ce dernier proposait d'interdire « toute suppression d'emploi (...) lorsque l'entreprise a distribué des dividendes ou des stock-options ou des actions gratuites ». Soit exactement ce qui s'est passé chez Danone en 2013. « Nous sommes tous au clair là-dessus, lui a répondu le rapporteur en motivant le refus de l'amendement. Nul ne souhaite en effet qu'une entreprise qui réalise un bénéfice ou distribue des dividendes à ses actionnaires puisse en même temps licencier en toute impunité des salariés pour des raisons d'opportunité financière. » Et la ministre d'ajouter dans l'Hémicycle : « Même avis »...

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28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 05:33

PIERRIC MARISSAL

MARDI, 18 JUILLET, 2017

L'HUMANITÉ

 

La flexisécurité « à la danoise » est au cœur de la communication gouvernementale pour faire passer la loi Pénicaud. En pratique, les mesures se révèlent largement déséquilibrées au profit de la précarisation du travail, qui n’a jamais fait ses preuves en matière d’emploi.

La stratégie gouvernementale pour faire passer la nouvelle loi travail bégaie. Jeudi encore, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, promettait une augmentation des indemnités de licenciement pour mieux faire passer la pilule du plafonnement des indemnités prud’homales. La méthode s’inspire de la fl exisécurité scandinave, présentée comme modèle depuis les années 1990, dont les principes les plus sociaux ont mal survécu à la crise. Elle allie une grande facilité de licenciement – la libération du travail selon Macron –, une bonne indemnisation des demandeurs d’emploi et une politique active en matière de marché du travail. « Davantage de droits pour les salariés avec des indemnités légales revues à la hausse et davantage de sécurité juridique pour les entreprises grâce à un barème de dommages et intérêts : la réforme proposée par le gouvernement s’eff orce d’être à la fois juste et équilibrée », assurait Muriel Pénicaud. 

En France, invoquer le modèle scandinave pour faire passer des réformes douloureuses est une méthode éprouvée, qui va quasiment toujours dans le sens de la flexibilité, oubliant le volet sécurité, ou le désamorçant avec force exemptions. « Cela a commencé dans les années 1980-1990, avec la mise en place du temps partiel qui a concerné beaucoup de femmes non qualifiées, explique Anne Eydoux, économiste atterrée et chercheuse au Cnam et au Laboratoire interdisciplinaire de sociologie économique. Il y a eu les contrats aidés, le développement des CDD et l’intérim, et la rupture conventionnelle, dont le recours a beaucoup augmenté. » Pour l’économiste, la nouvelle loi travail s’inscrit dans cette continuité et promeut une flexibilité multiforme. Car, s’il s’agit de grandement faciliter les licenciements, il ne faut pas oublier les attaques contre le contrat de travail, avec le CDI de projet et la possibilité de déroger au droit via les négociations d’entreprise.

Côté sécurité, le président avance le droit aux indemnités de chômage pour les indépendants et les démissionnaires, comme une ­hypothétique réforme de la formation professionnelle. « On va vers davantage de flexibilité tout de suite et on nous promet peut-être de la sécurité pour plus tard, ­décrypte Anne Eydoux. L’ouverture de ­l’assurance-chômage aux démissionnaires n’est pas une mauvaise chose, mais on n’a aucune idée de la manière dont on entend la financer. »D’autant plus que, au nom du pouvoir d’achat, une réforme de l’assurance-chômage est prévue, dans laquelle le gouvernement a annoncé une baisse des cotisations salariales, qui permettait pourtant de calculer le montant de l’indemnité de chômage de la personne. Ce qui s’annonce d’autant plus délicat à définir pour les employeurs et les indépendants. « Le peu que l’on a appris sur cette mesure pose des problèmes de logique d’ensemble, de budget, de gouvernance, de cohérence. Et de calendrier. Derrière ce qui est présenté comme un gain de sécurité, pourraient se cacher le démantèlement de l’assurance-chômage et sa transformation en minima sociaux », poursuit l’économiste.

Une remise en cause des acquis comme le compte pénibilité

Dissocier les volets flexibilité et sécurité permet aussi la remise en cause des acquis. Le compte pénibilité est un bon exemple. Présenté comme une contrepartie « sécurité » de la réforme des retraites de 2013, le gouvernement entend aujourd’hui le vider de sa substance, car il serait trop complexe pour les patrons…

Affaiblir le droit du travail pour promouvoir la négociation est également une inspiration du modèle nordique. Mais qui, en allant dans le sens de la flexibilité et de la décentralisation, prend à contre-pied ce qui fut construit en France en matière de dialogue social, où les régulations légales sont très importantes puisque même les obligations de négocier sont inscrites dans le droit. « En Allemagne ou au Danemark, le modèle de cogestion donne un pouvoir bien plus grand aux syndicats, explique Anne Eydoux. Le problème est que, si on défait le Code du travail en France pour le rendre comparable à celui des pays du Nord et si on décentralise le pouvoir de négociation au niveau des entreprises comme cela est prévu, les autres régulations et filets de sécurité seront bien trop faibles. Quitte à promouvoir la négociation en entreprise, autant construire une vraie cogestion et renforcer le pouvoir des syndicats dans les décisions stratégiques. Mais, là encore, on réforme à l’envers. » Ce modèle de flexibilité du travail n’a jamais démontré son efficacité sur l’emploi. L’évolution des positions de l’OCDE sur la question est édifiante. Dans les années 1990, l’organisation a promu de manière très vigoureuse des réformes du marché du travail, toujours jugé « trop rigide », défendant le fait que la flexibilité réglerait le problème du chômage. Mais l’OCDE a fini par concéder que l’emploi ­dépendait bien plus de l’état de la demande intérieure ou de la balance commerciale que de la flexibilité du marché du travail. Dès 2003, l’OCDE a conclu qu’il n’y avait pas de lien évident entre flexibilité et emploi. Ce qui a été confirmé à nouveau en 2015. L’Espagne et le Portugal, pays qui se sont engagés fortement dans cette voie avec le développement de nombreux contrats de travail atypiques, ont au contraire vécu un effondrement de l’emploi avec la crise.

L’écart entre inclus et exclus du marché du travail va se creuser

« La flexibilité augmente les vitesses d’ajustement de l’emploi et a permis aux entreprises de se débarrasser vite et facilement des intérimaires et des CDD, explique Anne Eydoux. Les salariés temporaires et précaires sont les premières variables d’ajustement à la moindre crise. » L’économiste insiste sur le fait que la flexibilité fragilise encore davantage les personnes aux avant-postes de la précarité, à savoir les femmes, les immigrés et les jeunes. « L’un des arguments forts des défenseurs de la flexibilité est de dire que cela va gommer le fossé entre ‘‘insider’’ et ‘‘outsider’’ (inclus et exclus du marché du travail – NDLR), précise-t-elle, alors qu’en réalité, cela le creuse. Dans les années 1980, lors de la réforme du temps partiel, le gouvernement avait assuré que cette mesure allait enrichir la croissance, en amenant les femmes à l’emploi. Sauf que le taux d’emploi des femmes a à peine augmenté, par contre le nombre de femmes en temps partiel a, lui, doublé en quinze ans. »

France et Danemark, deux politiques opposées de financement de la protection sociale

Le modèle social danois a un coût. C’est le pays développé à la fiscalité la plus élevée. L’impôt sur le revenu (de 41 à 60 % du salaire brut des Danois, prélevé à la source) représente 25 % du PIB, contre 2,8 % en France. Les modes de financement de la protection sociale sont aussi diamétralement opposés : ce que la France finance par des cotisations sociales (63 % des recettes de la protection sociale), le Danemark le finance par des impôts dans les mêmes proportions (62,4 %). Le Danemark consacre près de 2 % de son PIB à sa politique de l’emploi, contre 0,55 % dans les pays de l’OCDE.

 

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28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 05:30

 

La nationalisation de STX est une bonne nouvelle pour que cette filière industrielle stratégique ne soit plus à la merci des intérêts financiers. L’État peut enfin se donner les moyens de construire la navale du XXIème
siècle dont le pays a besoin .

Une question reste pleine et entière, elle doit concentrer tous les efforts, celle du projet industriel qui sortira le chantier de la mono production de paquebot.

Nous pouvons construire à Saint-Nazaire tous les navires civils pour répondre aux besoins humains: Ferries, tankers, chimiquiers,cabliers...

La navale française a de l'avenir, à condition que l'on écoute enfin les salariés, les élus locaux, les organisations syndicales.

 

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28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 05:26

L'État va exercer son droit de préemption pour prendre le contrôle de STX France, qui exploite les chantiers navals de Saint-Nazaire. Une décision « temporaire » qui ne change pas fondamentalement la politique libérale du gouvernement. 

Le gouvernement français a décidé ce jeudi 27 juillet d’exercer son droit de préemption sur les deux tiers du capital de la société STX France, qui exploite les chantiers navals de Saint-Nazaire, et qu’il ne détient pas encore. Samedi, l’État dépensera 79,5 millions d’euros pour détenir 100 % de ce groupe. Une nationalisation « temporaire », a indiqué le ministre de l’économie et des finances Bruno Le Maire, qui a précisé que « les chantiers navals de Saint-Nazaire n’ont pas vocation à rester sous le contrôle de l’État ».

L’option privilégiée par Bruno Le Maire reste officiellement la poursuite des négociations avec le repreneur désigné en janvier par le tribunal de commerce de Séoul (STX est un groupe sud-coréen), le groupe italien public Fincantieri. Le gouvernement français a proposé un partage à égalité du capital entre Français et Italiens, ce que Rome refuse, pour l’instant. « Nous continuerons de négocier sur cette base », a affirmé le ministre français. « Je me rendrai à cette fin à Rome la semaine prochaine pour discuter avec Pier Carlo Padoan, ministre de l’économie et des finances, et Carlo Calenda, le ministre du développement économique », a-t-il ajouté.

Et si ces négociations n’aboutissent pas ? Un nouveau tour de table est-il envisageable ? En mars, Le Monde évoquait déjà cette option avec la possibilité d’un tour de table impliquant deux des principaux croisiéristes mondiaux – et donc clients de STX France –, l’italien MSC et l’américano-norvégien Royal Caribbean, ainsi que les salariés, la direction et le groupe de défense public français DCNS. Pour le moment, l’option n’est pas évoquée officiellement, mais en cas d’impasse dans les discussions entre Rome et Paris, elle pourrait revenir sur la table…

Cette décision française est la conséquence de l’impossibilité de Paris et Rome de trouver un terrain d’entente sur l’avenir de l’entreprise qui devait tomber, à la fin de l’exercice du droit de préemption le 28 juillet, dans l’escarcelle du groupe italien public Fincantieri. Ce dernier avait en effet été désigné repreneur des activités françaises du groupe sud-coréen en difficulté STX par un tribunal de commerce de Séoul en janvier.

D’emblée, cette décision avait inquiété le gouvernement français, les syndicats et les élus locaux. La crainte était que Fincantieri, à la différence de STX, ne se comporte comme un prédateur en transférant commandes, savoir-faire et sous-traitance en Italie, voire en Chine où Fincantieri vient de nouer des partenariats. L’industrie des chantiers navals est très cyclique. En cas de retournement de cycle, les autorités françaises et les syndicats craignaient que, dans le groupe Fincantieri, le site français ne soit traité comme un site de seconde zone. Or le site assure directement ou indirectement l’existence de 7 000 emplois dans la région.

Le gouvernement de Bernard Cazeneuve a donc tenté de négocier avec Fincatieri et est parvenu à un accord le 7 avril pour limiter le pouvoir des Italiens : Fincantieri prendrait 48 % des chantiers navals de Saint-Nazaire, mais les Italiens s’assureraient d’une courte majorité grâce à l’entrée au capital de la fondation de la Caisse d’épargne de Trieste (CRT) à hauteur de 7 %. Cette fondation est présentée comme une structure « neutre » et « philanthropique », mais beaucoup y ont vu le « faux nez » de Fincantieri dont elle est actionnaire et, comme elle, triestine.

Et de fait, lors de son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron a balayé cet accord et rouvert les négociations à la mi-juin, chargeant Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances, de trouver un accord avec Rome sur la base d’un partage égal à 50 % entre Français et Italiens. Mais le gouvernement transalpin n’en a jamais voulu entendre parler et a toujours réclamé la majorité du capital et le contrôle du conseil d’administration. La nationalisation des chantiers navals est la reconnaissance de l’échec d’un compromis entre Rome et Paris sur le sujet. Même si Bruno Le Maire affirme vouloir poursuivre les négociations.

Cette décision dessine indiscutablement un nouveau trait de la vision économique d’Emmanuel Macron. Alors qu’il s’oriente sur le plan économique vers une vision centrée sur les équilibres budgétaires et la compétitivité externe, il engage donc son mandat non pas sur une privatisation, mais bien sur une nationalisation. Cet apparent paradoxe s’explique d’abord par l’enjeu économique et politique de l’affaire.

Les chantiers navals de Saint-Nazaire représentent un enjeu crucial pour l’industrie française et pour le solde commercial du pays. C’est un groupe qui fonctionne bien, qui fait vivre un bassin d’emploi et qui dispose d’une avance technologique. La situation est telle qu’il n’est pas possible de prendre le risque d’un « siphonnage » de cette entreprise qui se porte bien et d’une perte de substance d’une industrie où la France dispose effectivement d’un savoir-faire reconnu. Il y a là un enjeu d’intérêt national qui vaut sans doute l’oubli de certains principes.

Autre enjeu de poids, l’élément stratégique de ces chantiers navals, les seuls à pouvoir construire de grandes coques pour les navires militaires. Dans un contexte de forte concurrence des industries de la défense, notamment avec les Italiens qui viennent de remporter un succès au Qatar, et alors que les tensions avec les militaires sont encore fortes, l’Élysée ne pouvait laisser Fincantieri, donc l’État italien, contrôler un équipement très sensible pour l’industrie de l’armement.

 

Cet oubli de certains principes était d’autant plus nécessaire que les Chantiers de Saint-Nazaire ont un poids symbolique considérable pour le président de la République. C’est là qu’il s’est rendu pour son premier déplacement en province et il y a fait un hommage appuyé à l’accord d’entreprise de 2014 dans le cadre duquel les salariés ont renoncé à plusieurs avantages. Les chantiers navals sont alors devenus le symbole de l’efficacité de ces accords d’entreprises et, partant, de la nouvelle loi travail et des « réformes ». Prendre le risque de voir péricliter cette société, mais aussi de mécontenter des syndicats locaux acquis au président, était prendre le risque de voir disparaître un « modèle » des « Macronomics », de la vision économique d’Emmanuel Macron. Alors que les premiers nuages se pressent à l’horizon, l’option n’était pas possible. Et là encore, l’enjeu valait certainement une nationalisation temporaire.

Un accroc au libéralisme ?

Sans doute est-il intéressant de noter que le « libéral » Macron ne s’interdit donc pas d’avoir recours à l’arme de la nationalisation pour contrer un rachat étranger. Mais il faut évidemment immédiatement en préciser l’usage : il ne s’agit pas de placer une entreprise sous la gestion publique, mais bien plutôt de pouvoir choisir l’actionnariat d’un groupe que l’on juge vital. C’est une gestion autoritaire et protectionniste de l’économie, mais cette gestion, il convient de ne pas l’oublier, est marginale : elle s’effectue sur un groupe rentable, repris en vertu d’une décision de justice coréenne. Cette action n’induit donc pas a priori de « distorsion du marché », autrement dit d’allocation d’actifs non justifiée visant à sauvegarder un groupe destiné à la faillite. Si le scénario du Monde se confirme, les deux grands clients, Royal Caribbean et MSC, qui entreront au capital ne le feront pas sous la pression de l’État, mais de leur propre volonté. Ils le voulaient auparavant et c’est le refus de Fincantieri qui les a bloqués.

Bref, l’État joue là un rôle actif, mais il ne s’agit en aucun cas d’« étatisation » de l’économie. Tout simplement, STX France ne devient pas Fincantieri, contrôlé directement et durablement par le ministère italien de l’économie ! Cette nationalisation temporaire n’ouvre, par ailleurs, nullement la voie à une nouvelle forme de politique industrielle de l’État français. Une telle nationalisation temporaire dans un secteur stratégique n’ouvre pas la voie à d’autres. Pendant la campagne électorale, Emmanuel Macron avait ainsi déclaré aux ouvriers de l’usine Whirlpool d’Amiens : « Je ne viens pas vous dire que je vais nationaliser l’usine. » Le futur président refusait d’envisager que l’État s’implique dans un secteur non stratégique et avec la nécessité d’une stratégie économique. La nationalisation ne peut être employée, dans l’esprit de l’exécutif, que comme une forme de « portage » vers un ou plusieurs actionnaires souhaités. Et cela dans un secteur sensible. « Nous avons un seul objectif : défendre les intérêts stratégiques de la France », a indiqué Bruno Le Maire. Et, du reste, le locataire de Bercy s'est bien gardé d'utiliser le terme de « nationalisation ».

 

Reste que la mesure peut être considérée effectivement comme protectionniste. Certes, ce type de mesure est courant partout. L’Allemagne, toujours prompte à défendre le libre-échange, vient, par exemple, d’adopter une loi ciblée pour se protéger des investissements chinois. Emmanuel Macron lui-même, en 2014, lorsqu’il était ministre de l’économie, n’avait pas hésité à bloquer le rachat de Dailymotion par un groupe de Hong Kong, favorisant une reprise par Orange. Ici, le cas est cependant caractéristique : on a tout fait pour empêcher un investisseur italien de prendre le contrôle de STX France. Au moment où le gouvernement cherche à attirer les capitaux étrangers, l’affaire peut être gênante et faire mauvais effet.

Mais elle demeure circonstanciée : le secteur concerné est très particulier et, on l’a vu, sensible, compte tenu de l’enjeu de défense des chantiers, alors que le repreneur est un groupe d’État étranger. Surtout, l’État entend empêcher la formation d’un monopole européen et c’est, en théorie, pour cette raison qu’il a le soutien de MSC et de Royal Caribbean, deux groupes étrangers, comme l’avait indiqué au Monde, le président de MSC, Gianluigi Aponte. Par ailleurs, on peut aussi voir dans l’issue de cette affaire le fruit d’un duel italo-italien entre MSC et Fincantieri, ce qui rend l’aspect purement protectionniste moins évident. Si Fincantieri avait accepté l’entrée dans le capital des deux clients étrangers de STX France, la nationalisation n’aurait pas eu lieu.

Que l’on ne s’y trompe donc pas : Emmanuel Macron reste profondément libéral en économie, mais libéral comme peut l’être un président français sous la VRépublique, disposant de « domaines réservés » et d’une certaine conception de l’intérêt de l’État… Mais on se tromperait fort en voyant ici une « inflexion » de la politique économique du gouvernement : rien dans ce processus ne remet en cause les grandes lignes de la politique du gouvernement qui ont été rappelées par Bruno Le Maire : « libérer l’économie française et la transformer en profondeur ».

Le ministre de l’économie et des finances a, du reste, précisé que des cessions d’actifs auront lieu pour financer un « fonds pour l’innovation de rupture ». Il y a donc fort à parier que cette nationalisation temporaire soit suivie d’une série de privatisations, définitives celles-là, pour remplir les caisses de l’État. Le chiffre de 10 milliards d’euros est évoqué, ainsi que la cession de quelques joyaux comme les Aéroports de Paris. Mercredi 26 juillet, BFM Business affirmait ainsi que le gouvernement préparait activement cette privatisation. Et sans doute faut-il voir dans cette démarche la réalité de la politique économique du gouvernement bien davantage que dans la nationalisation « technique » de Saint-Nazaire.

 

Cette décision est pourtant une brèche ouverte entre Paris et Rome. Le gouvernement démocrate de Paolo Gentiloni avait applaudi à l’élection d’Emmanuel Macron. Le ministre de l’économie et des finances transalpin, Pier Carlo Padoan, avait, dès après le premier tour de l’élection présidentielle, estimé qu’une « victoire » du fondateur d’En Marche! « aiderait l’Europe ». Il avait, par la suite, soutenu les projets de réformes de la zone euro du président français. Mais l’affaire STX a singulièrement rafraîchi les relations entre Rome et Paris. Pier Carlo Padoan a ainsi exprimé ouvertement ses « regrets » quant à la position du gouvernement français, tandis que Carlo Calenda, le ministre du développement industriel que l’on compare parfois de l’autre côté des Alpes à Emmanuel Macron, n’a pas caché sa déception générale concernant l’hôte de l’Élysée, précisément en raison de cette affaire STX France. « Ce n’est pas lui qui résoudra nos problèmes », a-t-il déclaré.

Cette affaire est particulièrement mal ressentie en Italie, où beaucoup d’entreprises françaises ont racheté des concurrents italiens, en raison de la méfiance qui règne vis-à-vis de Fincantieri. « Nous sommes des Italiens, des Européens, et il n’y a pas de raison que nous soyons moins bien traités que des Coréens », s’est révolté Giuseppe Bono, l’administrateur délégué de Fincantieri. À cela s’ajoutent les soupçons fréquemment cités en Italie autour de la présence en tant que secrétaire général de l’Élysée d’Alexis Kohler, ancien directeur financier de MSC, qui aurait pu agir sur l’affaire.

Cette arrogance du chef de l’État français est mal ressentie dans un pays où l’euroscepticisme monte et où le gouvernement peine à faire valoir, à quelques mois des élections politiques de février 2018, sa position proche de celle d’Emmanuel Macron sur l’avenir de la zone euro. Nul doute que cette affaire STX France comme les initiatives unilatérales de Paris sur la Libye rendront plus délicates les relations franco-italiennes. Or cette relation est cruciale pour Emmanuel Macron pour imposer ses réformes face à Angela Merkel. Le risque serait donc que pour sauver Saint-Nazaire, le président de la République affaiblisse sa position en Europe.

 

 

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27 juillet 2017 4 27 /07 /juillet /2017 06:08

L’HUMANITE

Vendredi 21 Juillet 2017

AURÉLIEN SOUCHEYRE ET OLFA AYED

 

LE GOUVERNEMENT FAIT PASSER LES COUPES DANS LES BUDGETS DE 2017 PAR DÉCRETS, PLUTÔT QU'EN FAISANT VOTER UNE LOI DE FINANCES RECTIFICATIVE.

Pour Gérald Darmanin, une seule règle, « la réduction de la dépense publique ». François Guillot/AFP

L'Assemblée nationale a débattu, jeudi, des orientations budgétaires du gouvernement, qui préparent « l'enrichissement des plus riches et l'appauvrissement des plus pauvres », selon les députés communistes et insoumis.

Le gouvernement a daigné s'expliquer jeudi devant l'Assemblée sur les orientations budgétaires à venir. Il y était attendu, après une longue cacophonie et des annonces contredisant le discours de politique générale du premier ministre, Édouard Philippe. Sans surprise, l'exécutif a défendu une sacrée cure d'austérité, avec une ponction de 4,5 milliards d'euros en 2017, pour passer sous la barre des 3 % de déficit public en 2017. Dans l'immédiat, le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, a confirmé une baisse de 268 millions d'euros pour Bercy, de 282 pour les Affaires étrangères, de 260 aux Transports, de 526 à l'Intérieur, de 160 pour la Justice, de 331 à la Recherche, de 75 pour l'Éducation nationale à quelques mois de la rentrée scolaire, de 50 pour la Culture et de 850 à la Défense, ce qui a conduit mercredi à la démission fracassante du chef d'état-major des armées, Pierre de Villiers.

PAS AVARE DE CADEAUX AU PRIVÉ

Entre autres réjouissances, la purge de 18 milliards d'euros prévue pour 2018 figurait bien dans le rapport transmis, sans oublier la hausse de la CSG, la suppression de 80 % de la taxe d'habitation, et la baisse de 13 milliards du budget des collectivités territoriales sur cinq ans. « Trop de dépense publique, donc trop d'impôt. Trop de déficit, donc trop de dette. Tout est lié à la réduction de la dépense publique», a argumenté Gérald Darmanin, qui prône une « révolution copernicienne », à savoir « faire mieux avec moins », en cassant l'idée selon laquelle « plus de dépense publique, c'est plus de service ». Amen. Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a dans la foulée, lui aussi, joué du pipeau en estimant que le « record » de dépense publique en France n'empêche pas d'avoir un chômage record, avant de recycler le vieil argumentaire de la droite sur « l'assistanat » : « Trop de Français disent : "Mais dans le fond, si je restais chez moi à vivre de la redistribution, je vivrais mieux." Il n'y a pas d'avenir pour une nation dans la dévalorisation du travail. »

Pas avare de cadeaux au privé, en revanche, le ministre a aussi défendu la cession de 10 milliards d'euros d'actifs de l'État afin de «financer l'innovation», avant d'annoncer pêle-mêle la pérennisation du Cice en exonérations de cotisations patronales en 2019, et la suppression dès 2018 des cotisations maladies et chômage. L'impôt de solidarité sur la fortune, qui « décourage », sera lui remplacé par un impôt moindre sur l'immobilier. Mais, c'est promis, «la baisse des impôts permettra à tous les Français de bénéficier des efforts réalisés ». Au milieu des présents faits aux plus fortunés, au milieu de l'attaque faite aux plus démunis avec la hausse de la CSG, Gérald Darmanin a ensuite osé affirmer qu'« augmenter l'allocation handicapé et le minimum vieillesse de 100 euros par mois, ce n'est pas une politique pour les riches ». Ou comment offrir quelques miettes pour masquer un banquet... Face aux critiques des députés « les Républicains », il a dans une saillie révélatrice rétorqué qu'ils oubliaient bien vite le programme de François Fillon.

« DE L'INJUSTICE FISCALE »

Devant ces sommets d'ultralibéralisme, le député PCF Fabien Roussel a répondu sans vertige. « C'est de l'injustice fiscale caractérisée », a-t-il lancé, dénonçant « des cadeaux pour les plus aisés, des dépenses publiques au régime sec et une soumission aveugle au diktat européen de la dette ». Opposé à « l'insupportable financiarisation de l'économie, toujours plus coupée de la vie et des besoins réels », il a brisé le mythe selon lequel le pays vit au dessus de ses moyens, en rappelant que le PIB progresse sans cesse, et que « les 500 plus grandes fortunes ont augmenté ces vingt dernières années 4 fois plus vite que le PIB ! Entre 1996 et 2016, leur fortune est passée de 80 milliards d'euros à 570 milliards ! Elles représentent maintenant 26 % de notre PIB, contre 6 % auparavant. Et vous vous voulez supprimer l'ISF ? ».

Éric Coquerel, ciblant pour la France insoumise « l'arnaque » d'une hausse du salaire net alors que le gouvernement va «prendre dans la poche des salariés leur salaire socialisé», a conclu en estimant qu'en réalité « la noblesse d'argent devient une nouvelle noblesse de sang », et que le gouvernement affaiblit l'État et l'impôt « uniquement pour enrichir les plus riches ».

 

LA SÉCURITÉ SOCIALE AU RÉGIME SEC

Les administrations de sécurité sociale, déjà sévèrement fragilisées par François Hollande, devront désormais « participer à l'effort d'économies dans une proportion proche de celle de leur niveau dans les dépenses publiques, de l'ordre de 40 %, et devront s'inscrire dans une trajectoire de retour à l'équilibre à horizon 2020 », indique le rapport préparatoire au débat d'orientation budgétaire transmis aux députés.

 

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27 juillet 2017 4 27 /07 /juillet /2017 06:06

Patrick LE HYARIC

11 Juillet 2017

 

Après les agents des services publics, les ouvriers ! A pas de loup, mais de loup vorace, le gouvernement Macron /Philippe tente de mettre à genoux l’ensemble du monde du travail. Avec le remplacement du compte pénibilité sur réclamations patronales par un vague compte dit de « prévention », le gouvernement adresse une gifle aux travailleurs les plus exposés et exploités.

La manutention de charges lourdes, les postures pénibles, les vibrations mécaniques et les risques chimiques ne sont désormais plus dans les salons gouvernementaux considérés comme des travaux pénibles. Ils deviennent par simple circulaire, exclus du champ d’application de la loi, au moment où ils veulent déchiqueter le droit du travail. Révoltant pour toutes celles et ceux qui sous la canicule font les routes ou réparent les rails, construisent des bâtiments ou déchargent des camions ! Les mêmes qui touchent de petits salaires et partent le moins en vacances. Certes, la précédente loi avait été qualifiée « d’usine à gaz » mais au lieu d’en corriger les défauts, le pouvoir en profite pour occulter toutes les souffrances au travail. Il nie aussi le travail en souffrance. Car, telle est bien la question : il y a urgence à lancer un vrai débat sur…le travail, son sens, son utilité, sa pénibilité dans un monde où l’on prône la « flexibilité » et la concurrence de tous contre tous.

Du même coup, le gouvernement s’attaque à la Sécurité sociale en faisant peser sur elle, et non plus sur des cotisations spécifiques employeurs, le financement de sa contre-réforme.

Au service du syndicat du grand patronat qui hurle de joie, le gouvernement s’affiche chaque jour plus doux avec les puissants et plus féroce avec les faibles.

Les droits des ouvriers et employés soumis aux tâches les plus rudes, à l’espérance de vie la plus courte à cause des maladies professionnelles, doivent être défendus sans attendre. C’est un enjeu d’intérêt général qui concerne la santé des travailleurs comme l’économie du pays. Les coûts générés par la pénibilité et les effets du stress au travail représentent près de 3% des richesses produites. Replaçons le travail au centre de nos actions !

 

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27 juillet 2017 4 27 /07 /juillet /2017 06:02

Les anciens partis étant partis en vrille, fatalement court-circuités à force d'être traversés de courants contradictoires, le nouveau parti s'affirme, sans que l'on sache ce qui peut bien unifier ses adhérents. Les journaux publient des portraits, de belles histoires de jeunes gens et de jeunes femmes dynamiques qui ont un jour décidé d'être du parti. Quand on leur demande ce qui les motive ils invoquent le désir de « faire bouger les choses », ils répètent le mot réforme, sans plus de précision. Ils veulent faire, ils vont faire. Ce verbe étant le maître mot de la langue française, ils sont la France, et même, la République en marche.

 

Ce parti se trouve dans une position inédite : il a conquis le pouvoir avant d'exister.

 

Quand on songe aux nombreuses formations qui ont occupé le champ politique sans jamais parvenir au pouvoir, on peut avoir le sentiment de vivre une véritable révolution. Etre d'emblée tout et rien à la fois n'est pas donné à tout le monde. Nous étions tant habitués à ceux qui promettaient tout pour n'arriver à rien ! Nous voici sous un parti qui détient tout et dont nous ne savons rien. Il y a bien une présidente, par intérim, Catherine Barbaroux, chargée de structurer le machin. Le parti s'est même réuni, ce n'était pas un congrès, seulement une sorte d'assemblée rythmée par des applaudissements, plus que par des prises de parole. Il s'agissait d'approuver par claquements des mains la ligne présentée par Edouard Philippe, devenu Premier ministre, parce qu'il n'était pas membre d' En marche et incarnait l'ouverture. Donc Edouard Philippe animait la réunion du parti, alors même que le sien préparait à son encontre une procédure d'exclusion. Belle manière de dire aux adhérents de La République en marche qu'ils ne sont finalement rien. Ils ne versent pas de cotisations et peuvent donc s'en remettre à un homme qui les a payées ailleurs. Pour une innovation, c'est une innovation. L'adhésion étant gratuite, le marcheur de base serait mal fondé de se plaindre. A ce prix-là, on prend la politique comme elle vient, du haut de la tribune, et on applaudit.

 

Emmanuel Macron vient de fonder le parti idéal

 

Un financement public colossal, fondé sur le nombre de voix aux législatives augmenté de la prime versée pour chacun des 309 députés. Autrement dit, une pompe à fric. Nul besoin de cotisants, ces gens la ramènent à tout propos et se croient propriétaires du parti. Ces gens seraient bien capables de discuter les orientations politiques, et même de critiquer le président de la République ! Les partis classiques étaient fondés sur des projets, des principes, voire des idéologies qui existaient avant les plus prestigieux des leaders. Le socialisme précédait François Mitterrand et même Jean Jaurès. La vie de La République en marche commence avec Emmanuel Macron. Le parti ne connaît donc qu'une seule pensée, celle du président. Le simple adhèrent ne peut prétendre penser. Il a le droit de se réunir sous le portrait du président et d'applaudir les orateurs.

 

Le député, lui, a des devoirs

 

Etant élu dans la foulée de l'élection du président Macron, il se doit donc de voter les textes législatifs proposés par le gouvernement. De quoi se plaindrait-il ? Il touche plus de 7 000 euros mensuels pour voter selon les indications fournies par le président de son groupe. Il peut, en certaines circonstances, exprimer des doutes, peut-être des désaccords, mais au moment du vote la discipline prévaut. Cela ressemble furieusement au centralisme démocratique jadis en vigueur au Parti communiste. Un oxymore, le centralisme démocratique. L'humour des pays de l'Est en définissait parfaitement le mécanisme : on vide un seau d'eau par la fenêtre, c'est le centralisme, pour le rendre démocratique, il suffit de faire remonter l'eau. Les députés La République en marche se contenteront de faire remonter leurs voix afin d'assurer l'adoption de toutes les propositions du gouvernement. Pour compléter ce dispositif, En marche annonce le lancement d'un organe central. contrepoint à la pollution critique des médias.

 

La République en marche est un parti unique... en son genre !

 

 

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27 juillet 2017 4 27 /07 /juillet /2017 06:00

 

Vendredi 21 juillet, 7 Palestiniens et colons israéliens sont morts à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. Ce sont sept décès qui auraient pu être évités si Benjamin Netanyahu et son gouvernement ne s'obstinaient pas à multiplier les humiliations, violences et provocations pour déclencher à une guerre des religions qu'ils appellent de leurs vœux.

L'installation de portiques électroniques à l'Esplanade des Mosquées, l'interdiction aux [jeunes] hommes de moins de 50 ans d'accéder sur le site, sa fermeture vendredi dernier et le projet de construction d'une nouvelle colonie de 1100 habitations entre Ramallah et Jérusalem-Est constituent la réponse en actes de Netanyahu au vote, le 5 mai dernier, de la résolution de l'UNESCO sur le statut de Jérusalem. Netanyahu et les colons israéliens ne connaissent pas d'autres politiques que celle de la guerre permanente ; c'est une folie collective qui mène l'ensemble de la région dans une voie sans issue.

L'Autorité palestinienne a suspendu sine die ses contacts avec l'Exécutif israélien mais ce dernier agit dans un cadre global qui vise à contraindre l'UE et ses pays membres, le monde entier, à se soumettre à sa politique.

En visite à Budapest, chez son ami Viktor Orban, chantre de l'extrême droite hongroise, le premier ministre israélien exhortait les présidents slovaque, polonais tchèque et hongrois à fermer leurs frontières aux migrants venus des pays arabes et d'Afrique, allant jusqu'à argumenter la nécessité d'un soutien de l'Union européenne à Israël en termes explicitement racistes et xénophobes : « Ne sabotez pas le seul pays occidental qui défend les valeurs européennes et les intérêts européens et qui empêche une nouvelle immigration de masse en Europe. »

Netanyahu et l'extrême droite coloniale israélienne s'inscrivent dans le schéma du prétendu « choc des civilisations » que toutes les extrêmes droites – de Trump à Erdogan –  en passant par les groupes djihadistes comme l'organisation Daesh s'acharnent à instaurer. Il est urgent de les stopper net. Pacifistes et militants de la solidarité internationale des peuples unissons nos forces !

Il est du devoir de la France, de l'UE et ses pays membres, des chefs d'Etat et gouvernements démocratiques de parler d'une même voix pour mettre un terme immédiat aux violences et contraindre le gouvernement israélien à respecter les résolutions de l'ONU et le droit international.

Le Parti communiste français demande instamment au ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et au président Macron, qui a publiquement affiché son affection personnelle pour le premier ministre israélien, de prendre leurs responsabilités – la France étant membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU – en rappelant au gouvernement israélien son obligation de respecter le droit international et les droits humains universels, et en agissant pour que dans les délais les plus brefs le dialogue politique prenne le pas sur la violence et la guerre.

 

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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 08:07

 

Le gouvernement a annoncé la semaine dernière vouloir baisser le montant des aides au logement (APL, ALF et ALS) de 5 euros mensuels.

Si Cette décision se mettait en place, elle impacterait 6,5 millions de ménages dont 800 000 étudiants et aurait des conséquences néfastes sur leur pouvoir d’achat. Une fois de plus, le gouvernement s’attaque aux plus démunis pour abonder les caisses de l’Etat de 140 millions d’€.Et ceci au même moment où il annonce une baisse de l’impôt sur la fortune pour les plus riches de 4 milliard d’euros.

Le gouvernement par la voix de Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics a précisé que le logement fait partie des politiques publiques qui doivent gagner en efficacité budgétaire par rapport au niveau de dépenses publiques.

Le logement fait partie des sujets qui selon le 1er ministre doivent être réformés en priorité en 2018. Une loi doit être préparée en ce sens à l’automne. « Faire moins pour faire mieux » est le crédo mis en avant !

Alors que le nombre de mal logés ne cesse de croître, que le niveau des expulsions sans solution de relogement n’a jamais été aussi élevé, que le logement est le 1er poste de dépense des ménages, le gouvernement entend une nouvelle fois rogner sur les droits des citoyens.

Il y a urgence à réorienter les choix budgétaires et trouver des financements nouveaux pour le logement social tout en contribuant à l’aide, à l’accession, à la propriété.

Il y a nécessité de réorienter l’aide à la personne vers l’aide à la pierre ce qui permettrait de baisser le niveau des loyers et ainsi améliorer le pouvoir d’achat des citoyens.

Le décret en Conseil d’Etat consacrant la baisse du montant des aides au logement ne doit pas voir le jour !

Une raison de plus pour se mobiliser fortement le 12 septembre 2017.

 

 

 

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