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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 21:33
Mise à sac de l'Hôpital par les logiques libérales de baisse de moyens, et de gestion privatisée privilégiant la rentabilité: la CGT joue collectif dans la riposte (Le Télégramme, 24 février 2017)
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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 20:27
jeune fille au Yemen

jeune fille au Yemen

par Tom Miles - Challenges, 16 février 2017

GENEVE (Reuters) - Plus de 20 millions de personnes risquent de mourir de faim au cours des six prochains mois dans quatre famines distinctes, prévient l'économiste en chef du Programme alimentaire mondial (Pam) des Nations unies, Arif Husain.

Les combats au Yémen, dans le nord-est du Nigeria et au Soudan du Sud ont dévasté plusieurs régions et fait monter les prix. Dans l'est de l'Afrique, c'est la sécheresse qui a ruiné l'agriculture traditionnelle.

"Cela fait près de quinze ans que je travaille au Programme alimentaire mondial et c'est la première fois que nous parlons littéralement de famine dans quatre régions différentes du monde en même temps", a dit Arif Husain lors d'un entretien à Reuters.

"C'est presque bouleversant de réaliser qu'au XXIe siècle, des gens continuent de connaître des famines d'une telle ampleur. On parle d'environ 20 millions de personnes, et tout cela dans les six prochains mois, ou dès maintenant. Au Yémen, c'est maintenant, au Nigeria, c'est maintenant, au Soudan du Sud, c'est maintenant."

"En Somalie, quand je vois que les indicateurs montrent des prix alimentaires extrêmement élevés ainsi que des prix du bétail et des revenus agricoles qui chutent, les choses vont très vite."

Ces famines constituent une source supplémentaire de tension pour le système mondial d'aide humanitaire, déjà confronté à une hausse historique des flux migratoires, mobilisé par les opérations en cours en Syrie, en Irak et en Afghanistan et sollicité par des situations tendues dans plusieurs pays comme l'Ukraine, la Libye et le Zimbabwe, a-t-il expliqué.

"Et puis il y a des endroits comme la RDC (République démocratique du Congo), la RCA (République centrafricaine), le Burundi, le Mali, le Niger, où l'insécurité alimentaire est chronique (...) Il n'y a tout simplement pas assez de ressources pour y arriver."

"AUCUNE SOLUTION EN VUE"

Si l'aide humanitaire internationale atteint des niveaux sans précédent, la demande augmente plus vite encore, ce qui creuse l'écart entre les besoins et les moyens, explique-t-il.

"Dans le nord-est du Nigeria, nous nourrissons plus d'un million de personnes alors qu'il y quelques mois, nous n'avions même pas un bureau là-bas".

Il reste un mince espoir que la sécheresse en Somalie ne soit pas aussi grave que ne le craignent certains mais dans la capitale, Mogadiscio, les prix alimentaires ont déjà augmenté d'un quart depuis début janvier et les prévisions pour la saison des pluies, soit de mars à mai, ne sont guère optimistes.

En 2011, la famine avait fait environ 260.000 morts en Somalie, alors que la saison des récoltes avait été bonne, ce qui n'a pas été le cas pour les deux dernières.

Au Soudan du Sud, les prix des produits alimentaires ont doublé, voire quadruplé en un an.

Au Yémen, de nombreuses familles ont déjà dû se séparer de leurs avoirs en or, en argent ou en armes.

"J'étais au Yémen il y a deux semaines", dit Arif Husain, "Il y a de la nourriture sur les marchés mais les gens ne sont pas payés, notamment dans les villes, qui représentent environ un tiers de la population".

"Une fois qu'ils ont perdu leurs seules ressources, il leur est presque impossible de remonter la pente et cela ne fait que perpétuer la pauvreté."

Le Yémen est pour l'instant considéré comme une situation d'"urgence" mais pourrait être déclaré en famine d'ici trois mois, a-t-il précisé.

Au Nigeria, dans l'Etat de Borno, où des millions de personnes ont trouvé refuge après avoir fui Boko Haram, l'absence de commerces, de marchés et de possibilités de se déplacer rend les réfugiés dépendants de l'aide humanitaire.

"Ils survivent dans des camps, par 50°C, dans des huttes au toit de tôle, avec un point d'eau, des cuisines communes et un repas par jour", explique Arif Husain.

"Et il n'y a aucune solution en vue."

 

(Marc Angrand pour le service français, édité par Gilles Trequesser)

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 20:13

Le programme d'Emmanuel Macron commence à prendre forme. Et, sur le front de l'emploi, l'influence du modèle ultralibéral britannique crève l'écran.

Certes, Macron promet dans son entretien aux Échos du 24 février une « assurance-chômage universelle » . Ouverte aux démissionnaires de leur poste, aux indépendants ou aux entrepreneurs, le candidat à la présidentielle se garde bien d'en chiffrer le coût et la hauteur d'indemnisation.

« Le contrôle de la recherche d'emploi doit être plus ferme »

Mais la contrepartie risque de faire des dégâts dans les rangs des millions de chômeurs aujourd'hui recensés en France : les « prestations » qui seront versées au demandeur d'emploi seront « strictement conditionnées » à ses « efforts de recherche, avec un contrôle drastique», explique le fondateur du mouvement En Marche. Le candidat précise encore qu'après avoir suivi une formation - qu'il veut « vraiment qualifiante» - le demandeur d'emploi devra « accepter les offres qui lui sont proposées». « Nous sortons réellement d'un système assurantiel où chacun se dit « J'ai cotisé, j'ai droit à être indemnisé », résume-t-il.

Un modèle qui, même s'il nécessite encore de nombreuses précisions, rappelle le système anglais et de ses « Job centre», où le chômeur n'a d'autre choix que d'accepter ce qu'on lui propose, quel que soit le niveau de salaire, de qualification ou la situation géographique du poste, au risque de perdre immédiatement ses indemnités.

Interrogé sur le plateau de France Info, l'architecte du programme économique d'Emmanuel Macron, l'économiste Jean Pisani-Ferry, a commenté la nature du dispositif envisagé, sans entrer beaucoup plus dans le détail.

« Le contrôle de la recherche d'emploi doit être plus ferme (…), drastique», confirme l'ancien commissaire général de France Stratégie, organisme de réflexion placé auprès du Premier ministre. Après la sortie de son favori du 24 février expliquant qu'un chômeur pourrait décliner une offre d'emploi mais « ne pourra pas refuser la deuxième», Jean Pisani-Ferry refuse de préciser si le demandeur d'emploi perdrait ses indemnités après avoir refusé une, deux ou trois propositions.

L'économiste ne s'étend pas non plus sur l'adéquation prévue entre le profil professionnel du chômeur, sa situation personnelle et le type d'emploi proposé. En revanche, il n'est pas avare de bons conseils : « Rechercher un emploi, ça veut dire répondre à des annonces, envoyer des CV, aller à des salons, …» Et puis l'important, « c'est l'esprit : ouvrir davantage l'accès à l'assurance chômage (…) et en même temps être plus exigeant vis-à-vis des demandeurs d'emploi».

9 millions de chômeurs à caser

Selon les derniers chiffres publiés par le ministère du Travail ce 24 février, le nombre de chômeurs de catégorie A (sans aucune activité) en France s'établissait à 3,47 millions de personnes à la fin du mois de janvier, soit seulement 800 de plus que le mois précédent. Les catégories B et C, représentant les demandeurs d'emploi exerçant une activité partielle, comptent 5,49 millions de personnes.

Au total, quasiment 9 millions de personnes sont touchées par le chômage en France. Des chômeurs qui pourraient se voir priés d'accepter n'importe quel emploi, à n'importe quelles conditions.

Par Xavier Frison (Marianne.net)

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 18:40
Fresque à Béthléem

Fresque à Béthléem

Un appel de 154 parlementaires pour la reconnaissance de la Palestine

lundi 27 février 2017

"Monsieur le président, montrez-vous à la hauteur de l’enjeu et ne manquez pas ce rendez-vous avec l’Histoire, en reconnaissant dès à présent l’Etat de Palestine."

154 députés et sénateurs français demandent à François Hollande la reconnaissance de l’Etat de Palestine, dans un courrier rendu public par le JDD du 26 février dernier.

Extraits :"La France doit marquer sa volonté de sortir de l’impasse sur ce conflit [entre Israël et Palestine] en réaffirmant solennellement, au nom du droit inaliénable à l’autodétermination, que le peuple palestinien est fondé à se doter d’un État. Il en va du respect du droit international comme de la sécurité d’Israël.« Il est temps que les négociations se déroulent sur un pied d’égalité, d’État à État. » Vous l’avez dit vous-même, Monsieur le Président, ’seules les négociations bilatérales peuvent aboutir’. Il est donc temps que ces négociations se déroulent sur un pied d’égalité, d’État à État. La France ne peut prôner dans ses expressions officielles la solution à deux États et n’en reconnaître qu’un seul. Nos actes doivent désormais suivre nos mots.

Monsieur le Président, montrez-vous à la hauteur de l’enjeu et ne manquez pas ce rendez-vous avec l’Histoire, en reconnaissant dès à présent l’État de Palestine."

 La liste des signatairesest également publiée en intégralité sur le site du JDD

 

* Les signataires : 
Patrick Abate (sénateur CRC de la Moselle)
Laurence Abeille (députée NI du Val-de-Marne)
Leïla Aichi (sénatrice ECOLO de Paris)
Brigitte Allain (députée NI de Dordogne)
Pouria Amirshahi (député NI des Français établis hors de France)
Michèle André (sénatrice SOC du Puy-de-Dôme, Présidente de la Commission des finances, ancienne ministre)
Maurice Antiste (sénateur SOC de la Martinique)
Aline Archimbaud (sénatrice ECOLO de la Seine-Saint-Denis)
François Asensi (député GDR de la Seine-Saint-Denis, Front de Gauche Président du groupe)
Eliane Assassi (sénatrice CRC de la Seine-Saint-Denis, Présidente du groupe)
Danielle Auroi (députée NI du Puy-de-Dôme, Présidente de la Commission des Affaires européennes)
Alexis Bachelay (député SER des Hauts-de-Seine)
Gérard Bapt (député SER de la Haute-Garonne)
Delphine Bataille (sénatrice SOC du Nord)
Marie-France Beaufils (sénatrice CRC d’Indre-et-Loire)
Esther Benbassa (sénatrice ECOLO du Val-de-Marne)
Jacques Bigot (sénateur SOC du Bas-Rhin)
Michel Billout (sénateur CRC de la Seine-et-Marne)
Marie-Christine Blandin (sénatrice ECOLO du Nord)
Maryvonne Blondin (sénatrice SOC du Finistère)
Alain Bocquet (député GDR du Nord, PCF -Front de Gauche)
Eric Bocquet (sénateur CRC du Nord)
Michèle Bonneton (députée NI de l’Isère)
Jean-Pierre Bosino (sénateur CRC de l’Oise)
Yannick Botrel (sénateur SOC des Côtes-d’Armor)
Corinne Bouchoux (sénatrice ECOLO du Maine-et-Loire)
Michel Boutant (sénateur SOC de la Charente)
Kheira Bouziane-Laroussi (députée SER de la Côte-d’Or)
Marie-George Buffet (députée GDR de la Seine-Saint-Denis,PCF-Front de Gauche, ancienne ministre)
Jean-Pierre Caffet (sénateur SOC de Paris, Vice-président du Sénat)
Jean-Jacques Candelier (député GDR du Nord, PCF-Front de Gauche)
Michel Canevet (sénateur UDI-UC du Finistère)
Jean-Louis Carrère (sénateur SOC des Landes)
Françoise Cartron (sénatrice SOC de la Gironde, Vice-présidente du Sénat)
Patrice Carvalho (député GDR de l’Oise, PCF-Front de Gauche)
Christophe Cavard (député SER du Gard)
Bernard Cazeau (sénateur SOC de Dordogne)
Gabby Charroux (député GDR des Bouches-du-Rhône)
André Chassaigne (député GDR du Puy-de-Dôme, PCF-Front de Gauche)
Guy-Michel Chauveau (député SER de la Sarthe)
Pascal Cherki (député SER de Paris)
Jacques Chiron (sénateur SOC de l’Isère)
Laurence Cohen (sénatrice CRC du Val-de-Marne, PCF-Front de Gauche)
Yvon Collin (sénateur RDSE du Tarn-et-Garonne)
Pierre-Yves Collombat (sénateur RDSE du Var)
Hélène Conway-Mouret (sénatrice SOC des Français établis hors de France, ancienne ministre)
Sergio Coronado (député NI des Français établis hors de France)
Roland Courteau (sénateur SOC de l’Aude)
Cécile Cukierman (sénatrice CRC de la Loire, PCF-Front de Gaucge)
Yves Daniel (député SER de la Loire-Atlantique)

Ronan Dantec (sénateur ECOLO de la Loire-Atlantique)

 

 

Marc Daunis (sénateur SOC des Alpes-Maritimes)
Annie David (sénatrice CRC de l’Isère)

Florence Delaunay (députée SER des Landes)
Guy Delcourt (député SER du Pas-de-Clais)

Michel Delebarre (sénateur SOC du Nord, ancien ministre)
Michelle Demessine (sénatrice CRC du Nord, ancienne ministre)
Françoise Descamps-Crosnier (députée SER des Yvelines)
Jean Desessard (sénateur ECOLO de Paris, Président du groupe)
Félix Desplan (sénateur SOC de la Guadeloupe)
Evelyne Didier (sénatrice CRC de la Meurthe-et-Moselle)
Marc Dolez (député GDR du Nord, PCF-Front de Gauche)
Françoise Dubois (députée SOC de la Sarthe)
Cécile Duflot (députée NI de Paris, ancienne ministre)
William Dumas (député SER du Gard)
Laurence Dumont (députée SER du Calvados, Vice-présidente de l’Assemblée nationale)
Jérôme Durain (sénateur SOC de la Saône-et-Loire)
Alain Duran (sénateur SOC de l’Ariège)
Josette Durrieu (sénatrice SOC des Hautes-Pyrénées)
Vincent Eblé (sénateur SOC de la Seine-et-Marne)
Anne Émery-Dumas (sénatrice SOC de la Nièvre)
Frédérique Espagnac (sénatrice SOC des Pyrénées-Atlantiques)
Christian Favier (sénateur CRC du Val-de-Marne)
Corinne Féret (sénatrice SOC du Calvados)
Hervé Féron (député SER de la Meurthe-et-Moselle)
Jean-Jacques Filleul (sénateur SOC d’Indre-et-Loire)
Thierry Foucaud (sénateur CRC de Seine-Maritime, Vice-président du Sénat)
Jacqueline Fraysse (députée GDR des Hauts-de-Seine, Front de Gauche)
Samia Ghali (sénatrice SOC des Bouches-du-Rhône)
Jean-Patrick Gille (député SER d’Indre-et-Loire)
Dominique Gillot (sénatrice SOC du Val-d’Oise, ancienne ministre)
Joël Giraud (député RRDP des Hautes-Alpes)
Jean-Pierre Godefroy (sénateur SOC de la Manche)
Brigitte Gonthier-Maurin (sénatrice CRC des Hauts-de-Seine)
Sylvie Goy-Chavent (sénatrice UDI-UC de l’Ain)
Chantal Guittet (députée SER du Finistère)
Mathieu Hanotin (député SER de la Seine-Saint-Denis)
Claude Haut (sénateur SOC du Vaucluse)
Odette Herviaux (sénatrice SOC du Morbihan)
Gélita Hoarau (sénatrice CRC de La Réunion)
Gilda Hobert (députée RRDP du Rhône)
Robert Hue (sénateur RDSE du Val-d’Oise)
Michel Issindou (député SER de l’Isère, Président du groupe d’études à vocation internationale France-Palestine)
Gisèle Jourda (sénatrice SOC de l’Aude)

Philippe Kaltenbach (sénateur SOC des Hauts-de-Seine)
Antoine Karam (sénateur SOC de la Guyane)
Bariza Khiari (sénatrice SOC de Paris)
Georges Labazée (sénateur SOC des Pyrénées-Atlantiques)
Joël Labbé (sénateur ECOLO du Morbihan)
Françoise Laborde (sénatrice RDSE de Haute-Garonne)
Serge Larcher (sénateur SOC de la Martinique)
Jean-Luc Laurent (député SER-A du Val-de-Marne)
Pierre Laurent (sénateur CRC de Paris, PCF-Front de Gauche)
Dominique Lefebvre (député SER du Val-d’Oise)
Michel Le Scouarnec (sénateur CRC du Morbihan)


Claudine Lepage (sénatrice SOC des Français établis hors de France)
Marie-Noëlle Lienemann (sénatrice SOC de Paris, ancienne ministre)
Jeanny Lorgeoux (sénateur SOC du Loir-et-Cher)
Jean-Jacques Lozach (sénateur SOC de la Creuse)
Roger Madec (sénateur SOC de Paris)
Philippe Madrelle (sénateur SOC de la Gironde)
Noël Mamère (député NI de la Gironde)
François Marc (sénateur SOC du Finistère)
Didier Marie (sénateur SOC de la Seine-Maritime)
Rachel Mazuir (sénateur SOC de l’Ain)
Michel Ménard (député SER de la Loire-Atlantique)
Michelle Meunier (sénatrice SOC de la Loire-Atlantique)
 

Jacques Mézard (sénateur RDSE du Cantal, Président du groupe)
Danielle Michel (sénatrice SOC des Landes)
Thani Mohamed Soilihi (sénateur SOC de Mayotte)
Alain Néri (sénateur SOC du Puy-de-Dôme)
François Patriat (sénateur SOC de la Côte-d’Or, ancien ministre)
Marie-Françoise Perol-Dumont (sénatrice SOC de la Haute-Vienne)
Hervé Poher (sénateur ECOLO-R du Pas-de-Calais)
Patrice Prat (député NI du Gard)
Christophe Premat (député SER des Français établis hors de France)
Christine Prunaud (sénatrice CRC des Côtes-d’Armor, PCF-Front de Gauche)
Monique Rabin (députée SER de la Loire-Atlantique)
Daniel Raoul (sénateur SOC du Maine-et-Loire)
Daniel Reiner (sénateur SOC de la Meurthe-et-Moselle)
Jean-Luc Reitzer (député LR du Haut-Rhin)
Stéphanie Riocreux (sénatrice SOC d’Indre-et-Loire)
Evelyne Rivollier (sénatrice CRC de la Loire, PCF-Front de Gauche)
Sylvie Robert (sénatrice SOC d’Ille-et-Villaine)
François Rochebloine (député UDI de la Loire)
Barbara Romagnan (députée SER du Doubs)
Yves Rome (sénateur SOC de l’Oise)
Gwendal Rouillard (député SER du Morbihan)
Jean-Louis Roumégas (député NI de l’Hérault)
Nicolas Sansu (député GDR du Cher, PCF-Front de Gauche)
Eva Sas (députée NI de l'Essonne)
Henri Tandonnet (sénateur UDI-UC de Lot-et-Garonne)
Catherine Tasca (sénatrice SOC des Yvelines, ancienne ministre)
Thomas Thévenoud (député NI de la Saône-et-Loire, ancien ministre)
Nelly Tocqueville (sénatrice SOC de Seine-Maritime)
Jean-Louis Tourenne (sénateur SOC d’Ille-et-Villaine)
René Vandierendonck (sénateur SOC du Nord)
Bernard Vera (sénateur CRC de l’Essonne)
Jean-Pierre Vial (sénateur LR de la Savoie)
Maurice Vincent (sénateur SOC de la Loire)
Michel Voisin (député LR de l’Ain)
Dominique Watrin (sénateur CRC du Pas-de-Calais)
Evelyne Yonnet (sénatrice SOC de la Seine-Saint-Denis)
Richard Yung (sénateur SOC des Français établis hors de France).

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 15:27
Législatives 2017: Photos et compte rendu du débat santé-protection sociale du PCF le 23 février à Châteaulin
En début de réunion, le candidat de rassemblement présenté par le PCF aux législatives dans la 6e circonscription, Maxime Paul, a présenté les grands enjeux des campagnes présidentielle et législative 2017 et souligner l'importance pour le territoire d'apporter des propositions et une force de résistance et d'intervention sur les questions de santé

En début de réunion, le candidat de rassemblement présenté par le PCF aux législatives dans la 6e circonscription, Maxime Paul, a présenté les grands enjeux des campagnes présidentielle et législative 2017 et souligner l'importance pour le territoire d'apporter des propositions et une force de résistance et d'intervention sur les questions de santé

Législatives 2017: Photos et compte rendu du débat santé-protection sociale du PCF le 23 février à Châteaulin
Législatives 2017: Photos et compte rendu du débat santé-protection sociale du PCF le 23 février à Châteaulin
Fabien Cohen, Marceline Séverac, Yvonne Rainero, Xavier Compain, et Yves Jardin

Fabien Cohen, Marceline Séverac, Yvonne Rainero, Xavier Compain, et Yves Jardin

Législatives 2017: Photos et compte rendu du débat santé-protection sociale du PCF le 23 février à Châteaulin
Législatives 2017: Photos et compte rendu du débat santé-protection sociale du PCF le 23 février à Châteaulin
Législatives 2017: Photos et compte rendu du débat santé-protection sociale du PCF le 23 février à Châteaulin
Législatives 2017: Photos et compte rendu du débat santé-protection sociale du PCF le 23 février à Châteaulin
Législatives 2017: Photos et compte rendu du débat santé-protection sociale du PCF le 23 février à Châteaulin
Législatives 2017: Photos et compte rendu du débat santé-protection sociale du PCF le 23 février à Châteaulin
Législatives 2017: Photos et compte rendu du débat santé-protection sociale du PCF le 23 février à Châteaulin
Législatives 2017: Photos et compte rendu du débat santé-protection sociale du PCF le 23 février à Châteaulin
Législatives 2017: Photos et compte rendu du débat santé-protection sociale du PCF le 23 février à Châteaulin
Législatives 2017: Photos et compte rendu du débat santé-protection sociale du PCF le 23 février à Châteaulin
Législatives 2017: Photos et compte rendu du débat santé-protection sociale du PCF le 23 février à Châteaulin
Législatives 2017: Photos et compte rendu du débat santé-protection sociale du PCF le 23 février à Châteaulin
Législatives 2017: Photos et compte rendu du débat santé-protection sociale du PCF le 23 février à Châteaulin
Législatives 2017: Photos et compte rendu du débat santé-protection sociale du PCF le 23 février à Châteaulin
Législatives 2017: Photos et compte rendu du débat santé-protection sociale du PCF le 23 février à Châteaulin
Législatives 2017: Photos et compte rendu du débat santé-protection sociale du PCF le 23 février à Châteaulin
Législatives 2017: Photos et compte rendu du débat santé-protection sociale du PCF le 23 février à Châteaulin
Législatives 2017: Photos et compte rendu du débat santé-protection sociale du PCF le 23 février à Châteaulin
Législatives 2017: Photos et compte rendu du débat santé-protection sociale du PCF le 23 février à Châteaulin
Législatives 2017: Photos et compte rendu du débat santé-protection sociale du PCF le 23 février à Châteaulin

Une cinquantaine de personnes était présente dans l'assistance le jeudi 23 février au débat du PCF sur la santé et la protection sociale, avec le docteur Fabien Cohen, animateur de la commission Santé du PCF, Marceline Séverac, infirmière à l'hôpital de Douarnenez et secrétaire du syndicat CGT des personnels hospitaliers du Finistère, Pierrick Raoul, délégué CGT à l'hôpital de Carhaix, Xavier Compain, porte-parole régional du PCF, Maxime Paul, candidat aux législatives, Yves Jardin, animateur du Comité de défense de l'hôpital de Douarnenez, Yvonne Rainero, responsable de la commission santé-Protection Sociale du PCF Finistère. 

Des personnels de santé, des animateurs des comités de défense des hôpitaux de Morlaix et Concarneau, le dirigeant des mutuelles de Bretagne, étaient également dans la salle, et les interventions comme les débats ont été extrêmement enrichissants. 

 

***

La santé en débat à Châteaulin

Jeudi 23 février à l'invitation de Maxime Paul, candidat « pour rassembler à gauche, pour l'Humain d'abord » dans la 6ème circonscription du Finistère, et en présence d'Ismaël Dupont, secrétaire de la fédération du Finistère du PCF, et de Xavier Compain, secrétaire régional, se tenait à Châteaulin une réunion-débat sur la santé.

Hôpital public, Sécu, accès aux soins, démographie médicale, maillage du territoire, médicaments, perte d'autonomie...

Sujets qui touchent à la vie de chacun-e, à l'intime, à l'humain, et que les graves menaces que font peser les 3 cavaliers de l'Apocalypse, Le Pen, Fillon et Macron, sur notre Sécu et notre système de santé, déjà bien malmenés lors des derniers quinquennats, ont projeté au cœur du débat de 2017.

Le film « La Sociale » de Gilles Perret, qui fait salle comble à chaque projection, a aussi contribué, cette fois de façon positive, à mettre ces questions sous les feux de l'actualité.

Résister, rassembler, construire.

Démarche partagée par tous les participants : Fabien Cohen, co-animateur de la commission nationale santé-protection sociale du PCF; les « grands témoins » : Yves Jardin, pour les usagers de l'hôpital de Douarnenez et la coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, Marceline Séverac, secrétaire générale du syndicat CGT santé et action sociale du Finistère, Pierrick Raoul, syndicaliste CGT de l'hôpital de Carhaix ; ainsi que les personnes présentes dans la salle qui sont intervenues dans le débat.

Un seul regret pour tous : avoir dû se plier aux contraintes de temps alors qu'il y avait encore tant à dire !

Maxime Paul ouvrit le débat.

Yves Jardin fit l'historique des suppressions de services qui ont touché l'hôpital de proximité de Douarnenez et pointa les risques à venir pour les urgences et le SMUR.

A Douarnenez, nous avons vécu la conséquence d'une politique malthusienne, d'une politique d'austérité et d'économie: la maternité a fermé en 99, soi-disant parce qu'on ne pratiquait que moins de 300 accouchements. Ensuite, cela a été les maternités de Paimpol et de Quimperlé qui ont fermé, où l'on pratiquait aux alentours de 600 accouchements par an. Récemment, on a fermé une maternité qui pratiquait plus de 900 accouchements par an. On a aussi fermé à Douarnenez le service de réanimation 24h/24h. Et tout récemment le service d'ophtalmologie. Yves Jardin dénonça aussi la filière gériatrique mise en place sous le patronage de l'ARS avec un partenariat public-privé associant 2 hôpitaux publics (Douarnenez et l'EPSM de Quimper), un hôpital relevant du privé non lucratif (l'Hôtel-Dieu de Pont L'Abbé) et 2 établissements de soins de suite et de réadaptation à Tréboul (Douarnenez) et Bénodet qui appartiennent au groupe privé très lucratif Orpea-Clinea, côté en Bourse et dont l'actionnaire principal est un fonds de pension canadien. Yves Jardin montra aussi que ce sont des vraies logiques de privatisation et de marchandisation qui sont à l'oeuvre dans la santé: à l'hôpital, on applique aussi des normes de gestion privée, comme la tarification à l'activité: pour chaque acte, une valeur marchande. Cela ne se fait pas d'un seul coup comme en Espagne ou en Grèce, mais petit bout par petit bout. Le bulldozer de la marchandisation avance quand même. Or, on sait que les services hospitaliers comme les maternités sont aussi des supports de la médecine libérale. On crée des déserts médicaux en supprimant des activités hospitalières de proximité au nom de la rationalisation, du regroupement des moyens. Parallèlement, le numerus clausus empêche une présence territoriale égale des médecins. Il n'y a aucune réponse sérieuse pour répondre au problème de la désertification médicale. 

Marceline Séverac présenta la situation de l'hôpital public dans le département après la mise en place des 2 GHT, les fermetures programmées de services et de lits, déjà en route, au nom de la suppression des « doublons », et souligna la souffrance des personnels et celle des patients, parlant de « non-assistance à personnes en danger », et le ressenti qu'elle en avait elle-même quand elle passait dans les services : « Je n'ai jamais vu en 30 ans des collègues aussi malheureux ». Pour Marceline Séverac, face à l'ampleur des attaques contre le service public hospitalier, leur caractère méthodique et planifié, on ne peut plus raisonner en termes de défense d'établissement mais en termes de défense d'un modèle social, d'une logique de santé publique. Les GHT sont des instances anti-démocratiques. L'objectif à terme c'est de passer à un CHU par région, 4 GHT au niveau de la Bretagne. Les rapports médicaux aujourd'hui parlent de parts de marché, de zones d'activité, comme des prospectives financières d'entreprises. La question, c'est comment organiser les usagers avec les personnels pour résister efficacement?  

Elle mit l'accent sur les luttes à venir, avec la mobilisation nationale du 7 mars, et sur la nécessité aujourd'hui de ne pas rester chacun dans son coin à défendre « son » hôpital mais de faire converger tous ces mouvements pour l'hôpital public, pour la santé. Hélène Derrien parle de la théorie de la grenouille: pour privatiser et libéraliser progressivement l'hôpital, il faut chauffer à petit feu le chaudron. Comme une grenouille qu'on ébouillante progressivement, on trouve d'abord l'élévation de la température assez confortable et relativement insensible, mais ça finit par nous tuer! 

Pierrick Raoul rappela la lutte à l'hôpital de Carhaix pour le maintien de sa maternité, puis la fusion avec le CHRU de Brest, qui n'a pas écarté les menaces qui pèsent sur la maternité de Carhaix au sein du nouveau GHT Bretagne occidentale. Il porta aussi à partir de lettres un témoignage très fort sur la situation dans les EHPAD. Il mit en avant l'évolution des directions à l'hôpital où les directeurs n'ont plus vraiment la notion du service public mais pratiquent le même management que dans l'entreprise privée, avec des cadres qui sont aussi là pour mettre en oeuvre la bonne parole libérale. Des techniques sont mises en place pour éviter que les personnels communiquent, s'organisent, protestent.

Fabien Cohen développa l'analyse et les propositions des communistes, pour une protection sociale et un système de santé du 21ème siècle, rappelant que lorsque nous avions lancé à la fête de l'Huma 2015 notre campagne pour le 100 % Sécu, beaucoup nous présentaient comme des gens déconnectés des réalités. Aujourd'hui notre revendication fait école. Mais attention aux falsifications !

Le Crime de la Sécurité Sociale version Croizat, c'est d'avoir installé le communisme dans le système social et économique français, via la gestion par les travailleurs de caisse de solidarité représentant plus financièrement que le budget de l’État et prélevés sur les richesses créées dans l'entreprise et le travail, limitant ainsi les profits de l'employeur au nom du droit à la sécurité et au bien-être de tous.

La Sécu, c'est aujourd'hui 200 milliards qui échappent à la finance (comparativement, les mutuelles ne représentent que 34 milliards), qui sont prelevés sur les richesses produites par les travailleurs, dans les entreprises, qui ne vont pas aux patrons. C'est beaucoup trop ! C'est trop énorme ! La Sécu doit donc n'être qu'un problème, un trou, un déficit !

Le trou ou le déficit annuel de la Sécu, 6 milliards d'€, créé par les exonérations de cotisations sociales sur les bas salaires (40 milliards), la fraude sociale (40 milliards), la soumission aux lobbies de l'industrie pharmaceutique ou de la médecine libérale, par le poids du chômage de masse (1 % de chômage en moins, 1 milliard de plus qui rentre dans les caisses de la Sécu), un trou que l’État a creusé lui-même donc, est le prétexte tout trouvé pour détruire petit à petit cette institution révolutionnaire que le mouvement ouvrier et la Résistance ont produites et que la Patronat n'a jamais, jamais digéré.

Depuis 1947, le Patronat veut récupérer les cotisations sociales que nous lui avons confisqué pour financer la protection sociale universelle (santé, retraites, allocations familiales).

Jusqu'à présent, pour faire accepter la remise en cause de la Sécurité Sociale, casser la démocratie sociale dans la gestion des caisses de sécurité sociale, livrer la protection sociale aux Patrons, aux Mutuelles, aux Assurances, et aux profits financiers, baisser le prélèvement social sur les profits des patrons, on a employé des techniques discrètes et utilisé un plan progressif mais mis en œuvre avec beaucoup de constance et de précision par la droite comme par les socialistes.

En 67, en imposant la Parité dans la gestion des caisses de Sécurité Sociale, Pompidou et la droite permettent aux Patrons de pouvoir dominer leur gestion avec l'appui des syndicats d'accompagnement.

On a cassé l'unicité de la Sécu, séparée en 4 branches séparées, on a séparé le régime obligatoire et le régime complémentaire, et favorisé le glissement vers les complémentaires, réduit considérablement les remboursements Sécu ce qui a fait grimpé le prix et l'importance des mutuelles et assurances sociales.

La CMU et aujourd'hui le Tiers Payant Généralisé (« on ne voit plus ce qui vient de la carte verte, ce qui vient de la carte bleue ») ont servi de couverture pour dissimuler la part de moins en moins importante prise par les remboursements Sécurité Sociale sur les soins et les médicaments, la part de plus en plus importante prises par les particuliers.

On a étatisé la Sécu en la mettant sous le contrôle de l'Etat (ONDAM) et des critères de gestion à l'économie et à la rentabilité. Beaucoup voudrait faire dépendre le financement de la Sécu de la fiscalité surtout, de la CSG, et non plus des cotisations sociales : c'est le cas notamment de Jean-Luc Mélenchon, et c'est un débat que nous avons avec lui. 

Aujourd'hui, sous un gouvernement dit de gauche, il y a une augmentation significative de français qui doivent renoncer aux soins. Un domaine aussi important que la prise en charge du vieillissement de fait pas l'objet d'une réponse solidaire à la hauteur, dans le cadre de la sécurité sociale.

Pourtant, la Sécu, les Français y sont attachés, sans percevoir forcément la logique politique et l'aspect de révolution sociale qui ont présidé à sa création.

C'est la Sécu qui fait chuter Fillon, qui voulait la détruire par ordonnance, au moins autant que le Pénélope Gate.

Le mot d'ordre du PCF depuis des années, « Remboursement à 100 % par la Sécurité Sociale », est de plus en plus repris : cela passe notamment par la taxation des revenus financiers. C'est possible en luttant contre la fraude sociale, l'évasion fiscale et la fraude fiscale, en mettant fin aux exénorations de cotisations sociales, en mettant une politique de réindustrialisation au service de l'emploi. Les frais de gestion des mutuelles sont beaucoup plus lourds que les frais de gestion de la Sécu (25 % de frais ou de charges d'exploitation pour les mutuelles contre 6 % pour la Sécu). En même temps, aujourd'hui, face à nous, dans ces élections Présidentielles - on a des candidats de la privatisation du système de santé et de protection sociale : Fillon, Macron, Le Pen sans doute. Ce pourquoi les enjeux de l'élection présidentielle sont décisifs pour l'avenir de notre modèle de société. 

Le 100 % Sécu ce n'est pas le tiers payant à la mode Touraine, ni le remboursement par les complémentaires privées à la mode Macron ou Fillon. Il s'agit bien du remboursement à 100 % de tous les soins prescrits par la Sécurité sociale, avec comme 1ère étape le remboursement à 80 % pour tous et à 100 % pour les jeunes de moins de 25 ans et les étudiants.

Cela suppose que l'on s'en donne les moyens financiers.

 

Fabien Cohen insista beaucoup sur la globalité et la cohérence de nos propositions, le 100 % Sécu ne peut se concevoir sans une profonde réforme du système de santé. Il ne s'agit pas par exemple avec le 100 % Sécu de financer les super-profits des multinationales du médicament, comme cela se passe avec le nouveau médicament contre l'hépatite C, ni d'alimenter les dividendes boursiers et les fonds de pension... C'est une toute autre logique de la santé qu'il faut mettre en œuvre dans tous les domaines, hôpital, médicaments...en partant des besoins des populations et en démocratisant profondément le fonctionnement. Aujourd'hui, Marisol Touraine et le gouvernement emboîtent le pas des politiques de droite: 10 milliards retirés à la santé, dont 3,5 milliards retirés à l'hôpital public! Quand on parle rationalisation à l'hôpital, on sait ce que ça veut dire: réduction de moyens, de postes, suppressions d'activités. Leur objectif est de rendre perméable le secteur public à la privatisation.

  1. le 100 % Sécu permettra une gestion plus économe, plus simple, plus efficace, plus transparente, et dégagera des moyens pour l'hôpital public, pour la prise en charge de la perte d'autonomie. Aujourd'hui, la Sécu engraisse à bon compte les multinationales de l'industrie pharmaceutique: 8 milliards d'euros de dividendes pour les actionnaires de SANOFI. On n'utilise pas un dispositif constitutionnel qu'on pourrait faire valoir: la "licence office" qui permet de fabriquer des médicaments bon marché dans des situations d'urgence de santé, comme pour les médicaments pour l'hépatite C. Laurence Cohen au Sénat en a fait la proposition au gouvernement. Il faut un pôle public du médicament, de la recherche et du développement, comme de la distribution. Il faut sortir le médicament des logiques financières de profit rapide. On a des pharmacies d'hôpitaux, ce peut être une base pour développer des médicaments utiles, nécessaires et peu chers. Des tas de pseudo-médicaments ne devraient plus faire l'objet de remboursements, les autres devraient être remboursés à 100%. Il y a 34 milliards qu'on peut récupérer avec un meilleur contrôle sur le médicament, sa production, sa commercialisation, son remboursement. Sur l'hôpital, il est clair que la logique des libéraux au pouvoir est de revenir à des soins planchers pour les catégories modestes, et des soins de qualité et complets pour les privilégiés. On vide et démantèle les hôpitaux publics locaux pour fournir des débouchés au secteur privé financier.

Toutes ces interventions furent rythmées par les questions ou témoignages venus de la salle.

Citoyen-ne-s, militant-e-s engagés, professsionnel-le-s de la santé.

Bien des sujets furent abordés : le financement de la recherche médicale publique ; la pénurie, parfois organisée par les fabricants, de certains médicaments, y compris pour les maladies chroniques ; les déremboursements de médicaments ; le travail difficile des personnels, vécu côté patients : un malade évoqua les séances de chimiothérapie à l'hôpital de Quimper où les infirmières trop peu nombreuses sont parfois obligées de « sauter » le repas ; les difficultés d'accès aux soins au-delà du soin lui-même : un bénévole expliqua que certains habitants de la presqu'île de Crozon avaient recours au Secours populaire pour payer leurs déplacements jusqu'aux hôpitaux de Brest et Quimper ; une orthophoniste pointa l'inhumanité, et l'absurdité économique, d'un système qui préfère mettre des patients sous sonde plutôt que de traiter les troubles de la déglutition par une rééducation ; une des animatrices du comité de défense de l'hôpital de Concarneau, ancienne salariée de la santé, évoqua la question des urgences de jour fragilisées, les urgences de nuit n'existant plus, et revint sur la crise de l'hôpital public et la dégradation considérable des conditions de travail de ses personnels ; la situation de l'hôpital de Morlaix fut aussi évoquée, et les suppressions de lits en psychiatrie ; le lien entre le maintien dans les territoires de médecins généralistes et la proximité de services hospitaliers.

Il fut question aussi de l'histoire de la Sécu et d'Ambroize Croizat, ministre communiste et dirigeant cégétiste, qui la mit en œuvre et à qui le film « La Sociale » rend un bel hommage.

On s'interrogea encore sur ce que recouvre le 100 % Sécu, sur son financement.

Fabien Cohen souligna qu'il y a aujourd'hui 3 candidats, Le Pen, Fillon, Macron, qui vont vers le 0 % Sécu, 3 autres (Yannick Jadot ne s'était pas encore retiré) qui sont plutôt du côté du 100 % Sécu, même s'il y a des ambiguïtés sur le contenu, des débats à mener sur le financement, clairement avec Hamon, mais y compris avec Mélenchon. Débats qu'il faut mener avec les citoyens pour construire un pacte de changement, pour une nouvelle majorité de gauche, à quoi appellent les communistes.

À son tour, Xavier Compain, rappela que les objectifs de lutte que se sont donnés les communistes en Bretagne, notamment pour une agriculture respectueuse de l'environnement et de la santé, rémunératrice pour les producteurs, et permettant à tous d'accéder à une nourriture saine et de qualité, vont dans le sens des attentes et des besoins des consommateurs, des salariés, des agriculteurs, et sont partie prenante du débat de Châteaulin ; l'après-midi, en prélude à la réunion , Maxime et Xavier avaient d'ailleurs rendu visite à un agriculteur bio à Loperhet.

Puis Xavier Compain retraça la démarche des communistes en Bretagne dans les échéances présidentielle et législatives.

Maxime Paul rappela la prochaine venue de Gérard Le Puill.

Un appel fut lancé à venir rencontrer Alain et Éric Bocquet le jeudi 5 avril après-midi à Quimper sur le thème de l'évasion fiscale.

C'est encore une façon de prolonger le débat santé.

Car l'argent qui fuit dans les paradis fiscaux (égal au montant de la dette publique...) ne va pas aux services publics et aux investissements utiles. Lutter contre l'évasion fiscale c'est aussi aider au financement de l'hôpital public et de la santé !

L'on se quitta en appelant à la mobilisation des usagers et des personnels de santé pour la journée d'action du mardi 7 mars, et à la manifestation qui aura lieu ce jour-là à 11h, place de la Liberté à Brest.

Yvonne Rainero, responsable santé de la fédération du Finistère du PCF et membre de sa commission nationale

Compte rendu complété par Ismaël Dupont

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 13:40

L’HUMANITE

Vendredi 24 Février 2017

ALEXANDRA CHAIGNON

 

On a cru pouvoir mettre en place une agriculture à moindre coût. Il n'en est rien. Rechercher à tout prix à produire des aliments tout-venant conforte un modèle à bout de souffle qui pollue, met en danger les paysans et réduit la biodiversité.

L'agriculture intensive permet de faire baisser les prix, entend-on souvent. Eh bien, c'est faux. En plus de s'accaparer les terres, de comprimer les prix et donc les revenus des paysans, ce mode de production sature l'environnement de nitrates et de pesticides, détruit l'emploi et les campagnes pour le plus grand bénéfice des fonds d'investissement et des industries agroalimentaires. Décryptage de tous ces coûts cachés.

1 - POLLUTION DE L'EAU, DES SOLS... UN COÛT ENVIRONNEMENTAL ÉLEVÉ

Qui dit production intensive dit pollution de l'eau et des sols. Les engrais azotés contribuent ainsi à 22 % des émissions d'ammoniac, les déjections animales et leur épandage à 75 %, rappelle l'Ademe. L'agriculture produit aussi 20 % des émissions de gaz à effet de serre. Selon le Commissariat général au développement durable (CGDD), les « externalités environnementales » (pollution de l'eau, de l'air, des sols ainsi que les gaz à effet de serre et les atteintes multiples à la biodiversité) représentent plusieurs milliards d'euros. La dépollution des eaux coûterait entre 220 millions et 510 millions d'euros. Sans compter les millions d'euros liés au ramassage des algues vertes ni les autres ravages sur la biodiversité. Le CGDD évoque par ailleurs « le coût des contentieux communautaires » liés aux directives sur la qualité de l'eau. « Le contentieux entre la France et l'Europe sur la pollution aux nitrates a été levé il y a quelques semaines, mais la France a juste modifié son texte du plan nitrate. Elle doit encore faire ses preuves. Et cela peut coûter très cher », prévient Cyrielle Denhartigh, spécialiste agriculture et changements climatiques au sein du Réseau Action Climat.

 

2 - UNE CATASTROPHE ÉCOLOGIQUE ET SANITAIRE AVÉRÉE

Les substances phytosanitaires (herbicides, insecticides, fongicides) ont également un impact sur notre santé. En 2013, une étude de l'Inserm a mis en évidence une quinzaine de pathologies (cancers, maladies neurologiques ou troubles de la reproduction) qui ont un lien présumé avec les pesticides. Mais ces derniers ne se limitent pas aux champs : en mangeant des aliments traités, les consommateurs se retrouvent exposés aux produits phytosanitaires... Autres risques sanitaires, pas forcément chiffrables : la concentration d'animaux dans les grandes exploitations entraîne une surconsommation médicamenteuse (antibiotique et anti-infectieux), qu'on retrouvera dans la viande et les déjections. « En matière de santé, les conséquences commencent à être chiffrées », précise Jean-Claude Bévillard, chargé des questions agricoles au sein de France Nature Environnement (FNE). Les engrais et les excréments des animaux forment un cocktail explosif, l'ammoniac, qui, associé à l'air déjà pollué de l'industrie, crée des particules fines particulièrement dangereuses pour la

santé : 48 000 décès prématurés sont imputables chaque année à l'exposition aux particules fines en France !

 

3 - L'INDUSTRIALISATION AU MÉPRIS DE L'EMPLOI

« Chaque fois qu'une ferme grossit, on perd de l'emploi. 20 fermes de 50 vaches, c'est plus de 40 emplois. Une ferme de 1 000 vaches, c'est quatre fois moins et une qualité de travail dégradée », lâche Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, qui parle de « casse sociale ». « L'agrandissement des élevages est sous-tendu par une mécanisation et une robotisation à l'extrême qui a une conséquence sur l'emploi », insiste-t-il. « Si on prend l'exemple du lait, l'horizon actuel, c'est un emploi pour un million de litres de lait dans les fermes-usines, contre un emploi pour 250 000 litres en production classique », illustre le syndicaliste. « Le montage des holdings, dans le cas des fermes-usines, vient aussi court-circuiter les cotisations MSA, garantes de la solidarité entre paysans », précise Michel Limes, porte-parole de la Confédération paysanne de Corrèze. Et de souligner le risque, dans ce type d'exploitation XXL, que l'agriculture ne devienne un sous-produit d'activités plus lucratives, comme la production d'énergie.

 

4 - DES CONSOMMATEURS IMPACTÉS PAR UNE PSEUDO-RENTABILITÉ

Produire toujours plus à grande échelle pour produire à moindre coût et proposer une alimentation bon marché. Tel est le credo du modèle intensif, qui s'appuie sur les intrants, la mécanisation et les aides publiques. « Ce discours est encore très ancré », estime Jean-Claude Bévillard. Sauf que, les objectifs résidant dans l'augmentation des volumes de production pour se positionner sur un marché mondial spéculatif, les cours peuvent varier du simple au double. Ainsi, le froid de ce début d'année en Espagne a détruit une large part des cultures de fruits et légumes. Résultat : l'ensemble des produits alimentaires en provenance d'Espagne ont vu leur prix augmenter. Et ce sont les consommateurs qui en font les frais. « Entre le prix payé au paysan et le prix dans les rayons, il y a une marge considérable », insiste JeanClaude Bévillard. « Le contribuable est en devoir d'exiger des comptes, car il paye deux, voire trois fois : en tant que subventionneur, pour réparer les dégâts et quand il achète son produit », estime Laurent Pinatel. D'où la crainte que l'accord de libre-échange Tafta entre l'Europe et les ÉtatsUnis ne renforce cette logique du « produire toujours plus » ainsi que l'emprise des multinationales.

 

_________________________________________________________

 

2,5 MILLIONS C'EST LE NOMBRE DE PERSONNES SOUFFRANT DE DIABÈTE EN FRANCE.

20 % C'EST LA PROPORTION DES ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE PROVENANT DU SECTEUR AGRICOLE, PRINCIPAL ÉMETTEUR DE MÉTHANE (ÉLEVAGE) ET DE PROTOXYDE D'AZOTE (ENGRAIS).

2 MILLIONS D'EUROS C'EST LE COÛT DU RAMASSAGE DES ALGUES VERTES DOPÉES PAR LES NITRATES.

ENTRE 260 ET 660 MILLIONS D'EUROS C'EST LE SURCOÛT ENGENDRÉ CHAQUE ANNÉE PAR LA POLLUTION DE L'EAU PAR LES PESTICIDES.

33 MILLIONS C'EST LE NOMBRE DE PERSONNES QUI, EN FRANCE, POURRAIENT ÊTRE EN SURPOIDS EN 2030 SELON LES DONNÉES PRÉVISIONNELLES.

10 FOIS PLUS C’EST CE QU’ÉMET COMME GAZ À EFFET DE SERRE UNE TOMATE PRODUITE HORS SAISON SOUS SERRE CHAUFFÉE, PAR RAPPORT À UNE TOMATE PRODUITE EN SAISON SOUS SERRE NON CHAUFFÉE.

95 % C’EST LA PROPORTION D’ÉMISSIONS D’AMMONIAC D’ORIGINE AGRICOLE, DONT 80 % PROVIENNENT DE L’ÉLEVAGE.

 

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 13:34

L’INSEE publie un document de 220 pages sur l’évolution de la situation du logement en France.

Tandis que l’emploi se précarise, l’accession à la propriété s’est ralentie depuis une quinzaine d’années et le loyer des locataires absorbe une part croissante des leurs revenus mensuels.

L’institut national de la statistique et des recherches économiques (INSEE) publie un document sur les conditions de logement en France. Elle nous éclaire sur la manière dont les Français ont accédé au loge­ment entre 1984 et 2013 inclus. Mais elle n’a pas étudié des sujets pourtant essentiels en ce début de XXIe siècle marqué par le réchauffement climatique en France. Alors que la distance moyenne entre le lieu de résidence et le lieu de travail des actifs ne cesse d’augmenter, l’INSEE ne traite pas ce sujet dans son étude et omet de s’interroger sur les rai­sons de la déprise immobilière dans cantons ruraux, les petites villes et certaines villes moyennes.

En dépit de ce travail inachevé ou incomplet pour qui nous prive d’une vue complète de la situation du logement en France, cette étude nous montre que l’on a beaucoup construit depuis trente ans, sans faire disparaître les zones de tensions dans lesquelles l’accès au logement est difficile et cher, que ce soit en location ou en accession à la propriété.

En 2013, on comptait 28 millions de résidences principales en France métropolitaine. Le nombre de logements a augmenté de 80% depuis 1968 alors que la population n’a augmenté que de 30%. Mais on comptait une moyenne de 2,3 personnes par logement en 2013 contre 3 personnes en 1968. Entre 1984 et 2013, la surface moyenne par per­sonne a augmenté de 9 m2. La place prise par les maisons individuelles a favorisé ce processus. Mais nous assistons aussi à un vieillissement de la population avec une réduction de la taille des ménages, cette dernière étant aussi favorisée par les divorces et autres séparations.

Les propriétaires occupants constituaient 58% des ménages français en 2013 contre 48% en 1973. Cela ne veut pas dire qu’il devient plus facile d’accéder à la propriété. C’est même le contraire bien souvent. Entre 1984 et 1988, l’évolution de la courbe des ménages propriétaires et celle de la courbe des ménages accédant à la propriété en cours d’année est en hausse de manière presque parallèle. Entre 1989 et 1996 la courbe des nouveaux accédants baisse alors que celle de la totalité des propriétaires augmente. La courbe des nouveaux accédants pro­gresse à nouveau de 1997 à 2001, puis régresse régulièrement depuis cette date bien que le nombre total de propriétaires continue d’augmenter.

L’explication de cette divergence des courbes est imputable à l’évolution du prix des logements et probablement à la précarisation de l’emploi, cette dernière donnée étant occultée par l’INSEE. Mais, entre 1996 et 2016, l’Institut nous dit que « le prix des logements anciens a été multiplié par 2,5. Pour un accédant récent à la propriété, le prix d’achat représentait 3,3 années de revenu à la fin du siècle dernier, il correspond à 4,7 années en 2013. L’allon­gement de la durée des emprunts et la baisse des taux d’intérêt n’ont qu’en partie compensé la hausse des prix. Il a fallu maintenir un taux d’apport personnel élevé. L’aide des parents, la nécessité d’avoir deux apporteurs de ressources et un emploi stable sont devenus des conditions plus prégnan­tes », nous dit l’INSEE.

Ajoutons que peu de ménages ont la chance d’avoir « deux apporteurs » dont le salaire du second s’élèverait par exemple à 6.900€ par mois, comme ce fut le cas pour Penelope Fillon entre 2002 et 2007 quand elle « travaillait » dans la Sarthe pour le député Marc Joulaud tout en habitant à Paris avec le ministre du Travail François Fillon. C’est peut-être en raison de la dure réalité vécue par le plus grand nombre que la France de propriétaires que voulait Nicolas Sarkozy en 2007, puis en 2012, puis enfin lors de la campagne de la primaire de la droite en 2016 n’a même pas été entendue par les électeurs de droite en novembre dernier.

Si devenir propriétaire est plus difficile qu’avant, les choses vont aussi de mal en pis pour les locataires. Toujours entre 1996 et 2016 « les prix à la consommation ont augmenté de 31%, le revenu disponible brut par ménage de 40% et les loyers de 46%», selon l’INSEE. Dans le même temps « la catégorie des locataires s’est paupérisée relativement au reste de la population, car elle s’est progressivement vidée des ménages les plus aisés, qui ont pu accéder à la propriété. Les dépenses des locataires (loyers, charges, chauffage, taxe d’habitation) ont évolué plus rapidement que leurs revenus depuis 2001. Le taux d’effort, c’est-à-dire la part du revenu consacrée aux dépenses de logement des locataires, a fortement augmenté. Il est de 28,4% en 2013 dans le secteur libre et de 24,1% dans le secteur social », peut-on lire dans le document rendu public par l’INSEE.

Ainsi, pour ne prendre qu’un exemple, les disposi­tifs de défiscalisation offerts depuis 1995 aux investisseurs privés qui ont acheté des logements neufs pour les louer ont favorisé la mise en place d’une double peine pour les locataires. Ils paient leur loyer de plus en plus cher et l’Aide personnalisée au logement (APL), si elle rend 95% d’entre eux solvables vaille que vaille, n’est finalement qu’un transfert qui termine son parcours sur le compte en banque du bailleur.

Voilà de quoi interpeller les candidats à l’élection présidentielle comme les candidats à la députation cette année n

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 07:15
Législatives 2017: Jacques Rannou, candidat du PCF dans la 8ème circonscription du Finistère (Concarneau - Quimperlé - Rosporden)

Les communistes de la 8éme circonscription du Finistère, réunis en assemblée générale ont confirmé leur décision de proposer la candidature Jacques Rannou aux élections législatives prochaines ;

Maire délégué de Kernével, élu communautaire, militant syndical, et membre du PCF, Jacques Rannou est un homme de conviction, d'engagement et de rassemblement.

Jacques Rannou a apporté son parrainage d'élu à la candidature de Jean Luc Mélenchon.

Notre circonscription a besoin d'un député de gauche. Une gauche fidèle à ses valeurs. Une gauche aux cotés des travailleurs. Une gauche aux cotés des ceux qui souffrent.

Les renoncements, les lois de régression sociale du quinquennat Hollande n'ont fait qu’aggraver la situation du pays et du plus grand nombre. Hollande Valls et leurs soutiens nationaux et locaux ont ouvert la voix au retour d'une droite ultra réactionnaire.

Pourtant nous sommes une majorité à vouloir le progrès social, écologique, démocratique. C'est la seule manière de sortir le pays de l’ornière dans laquelle les politiques d'austérité l'ont plongé.

Le Parti communiste français reste totalement disponible pour approfondir le dialogue avec les organisations de la gauche de transformation sociale, les citoyens engagés, le mouvement syndical et associatif.

 

Législatives 2017: Jacques Rannou, candidat du PCF dans la 8ème circonscription du Finistère (Concarneau - Quimperlé - Rosporden)
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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 20:07
Qui le Croizat? Du travail et de la lutte des classes dissimulés en France - Discours d'Ismaël Dupont au banquet républicain du PCF Pays Bigouden le 25 février au Guilvinec
Un banquet très chaleureux au manoir de Ker-Goz au Guilvinec, avec 60-70 personnes, des chansons, des interventions politiques, dont cette première intervention d'hommage au combat et à l'oeuvre d'Ambroise Croizat et une intervention sur les enjeux de 2017 du secrétaire départemental du PCF, Ismaël Dupont. 

 

« Qui le Croizat ? Du travail et de la lutte des classes dissimulées en France ».

Discours d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère, au Château de Ker-Goz au Guilvinec pour le Banquet du Parti Communiste de la 7e Circonscription du Finistère et du Pays Bigouden. Samedi 25 février

A - Qui le Croizat ?

« Ambroise Croizat, ça n'me dis rien... », dirait monsieur tout l'monde.

Et pour cause !

Quand la Sécu n'est qu'un trou ou une charge, l'homme qui la créa doit tomber dans l'oubli du poids des années mortes et des choses désuètes.

Qu'importe que la Sécu ait permis une augmentation incroyable de l'espérance de vie, du bien-être, de l'égalité réelle devant les accidents de la vie, la mise en place d'un système de santé parmi les plus performants du monde !

Le Crime de la Sécurité Sociale version Croizat, c'est d'avoir installé le communisme dans le système social et économique français, via la gestion par les travailleurs de caisse de solidarité représentant plus financièrement que le budget de l’État et prélevés sur les richesses créées dans l'entreprise et le travail, limitant ainsi les profits de l'employeur au nom du droit à la sécurité et au bien-être de tous.

La Sécu, c'est aujourd'hui 200 milliards qui échappent à la finance (comparativement, les mutuelles ne représentent que 34 milliards), qui sont prelevés sur les richesses produites par les travailleurs, dans les entreprises, qui ne vont pas aux patrons. C'est beaucoup trop ! C'est trop énorme ! La Sécu doit donc n'être qu'un problème, un trou, un déficit !

Le trou ou le déficit annuel de la Sécu, 6 milliards d'€, créé par les exonérations de cotisations sociales sur les bas salaires (40 milliards), la fraude sociale (40 milliards), la soumission aux lobbies de l'industrie pharmaceutique ou de la médecine libérale, par le poids du chômage de masse (1 % de chômage en moins, 1 milliard de plus qui rentre dans les caisses de la Sécu), un trou que l’État a creusé lui-même donc, est le prétexte tout trouvé pour détruire petit à petit cette institution révolutionnaire que le mouvement ouvrier et la Résistance ont produites et que la Patronat n'a jamais, jamais digéré.

Depuis 1947, le Patronat veut récupérer les cotisations sociales que nous lui avons confisqué pour financer la protection sociale universelle (santé, retraites, allocations familiales).

Jusqu'à présent, pour faire accepter la remise en cause de la Sécurité Sociale, casser la démocratie sociale dans la gestion des caisses de sécurité sociale, livrer la protection sociale aux Patrons, aux Mutuelles, aux Assurances, et aux profits financiers, baisser le prélèvement social sur les profits des patrons, on a employé des techniques discrètes et utilisé un plan progressif mais mis en œuvre avec beaucoup de constance et de précision par la droite comme par les socialistes.

En 67, en imposant la Parité dans la gestion des caisses de Sécurité Sociale, Pompidou et la droite permettent aux Patrons de pouvoir dominer leur gestion avec l'appui des syndicats d'accompagnement.

On a cassé l'unicité de la Sécu, séparée en 4 branches séparées, on a séparé le régime obligatoire et le régime complémentaire, et favorisé le glissement vers les complémentaires, réduit considérablement les remboursements Sécu ce qui a fait grimpé le prix et l'importance des mutuelles et assurances sociales.

Merci Rocard !

La CMU et aujourd'hui le Tiers Payant Généralisé (« on ne voit plus ce qui vient de la carte verte, ce qui vient de la carte bleue ») ont servi de couverture pour dissimuler la part de moins en moins importante prise par les remboursements Sécurité Sociale sur les soins et les médicaments, la part de plus en plus importante prises par les particuliers.

On a étatisé la Sécu en la mettant sous le contrôle de l'Etat (ONDAM) et des critères de gestion à l'économie et à la rentabilité. Beaucoup voudrait faire dépendre le financement de la Sécu de la fiscalité surtout, de la CSG, et non plus des cotisations sociales : c'est le cas notamment de Jean-Luc Mélenchon.

Aujourd'hui, sous un gouvernement dit de gauche, il y a une augmentation significative de français qui doivent renoncer aux soins. Un domaine aussi important que la prise en charge du vieillissement de fait pas l'objet d'une réponse solidaire à la hauteur, dans le cadre de la sécurité sociale.

Pourtant, la Sécu, les Français y sont attachés, sans percevoir forcément la logique politique et l'aspect de révolution sociale qui ont présidé à sa création.

C'est la Sécu qui fait chuter Fillon, qui voulait la détruire par ordonnance, au moins autant que le Pénélope Gate.

Le mot d'ordre du PCF depuis des années, « Remboursement à 100 % par la Sécurité Sociale », est de plus en plus repris : cela passe notamment par la taxation des revenus financiers. C'est possible en luttant contre la fraude sociale, l'évasion fiscale et la fraude fiscale, en mettant fin aux exénorations de cotisations sociales, en mettant une politique de réindustrialisation au service de l'emploi. Les frais de gestion des mutuelles sont beaucoup plus lourds que les frais de gestion de la Sécu (25 % de frais ou de charges d'exploitation pour les mutuelles contre 6 % pour la Sécu). En même temps, aujourd'hui, face à nous, dans ces élections Présidentielles - on a des candidats de la privatisation du système de santé et de protection sociale : Fillon, Macron, Le Pen sans doute. Ce pourquoi les enjeux de l'élection présidentielle sont décisifs pour l'avenir de notre modèle de société.


 

B- Qui le Croizat ?

Qui, avant l'extraordinaire succès du film La Sociale, et peu avant celui-ci Des Jours heureux, fruit de collaborations entre le réalisateur de documentaires militants Gilles Perret et l'historien Michel Etiévent, deux savoyards comme Croizat, qui connaissait en dehors des militants communistes et cégétistes, des lecteurs de l'Humanité, Ambroise Croizat?...

Il y a 6 ou 7 ans, François Ruffin lui consacrait un numéro spécial de Fakir remarquant qu'Ambroise Croizat était sans doute le seul petit bonhomme inconnu du XXe Siècle qui, lors de ses funérailles, avait pu dans son cercueil être entouré de près d'un million de personnes à Paris, sans avoir droit à une mention dans le dictionnaire français des noms propres, le Robert, ou dans la plupart des articles ou cours consacrés à la naissance de la Sécurité Sociale, contrairement à Pierre Laroque. L'enterrement d'Ambroise Croizat, c'était à Paris, le 17 février 1951, son cortège funéraire rassemblait des centaines de milliers de personnes venus lui rendre hommage. En plein début de la guerre froide, il allait bientôt falloir couvrir d'un manteau de silence ce communiste trop productif, et par là même les origines de la Sécurité Sociale.

Ambroise Croizat était mort cinq jours plus tôt d'un cancer du poumon et d'épuisement, un an après avoir pleuré la mort de son fils ouvrier électricien à Lyon, tué dans un accident du travail.

Quel média, quel éditorialiste, quel intellectuel médiatique abordait l'œuvre révolutionnaire et néanmoins si proche de nous de ce député communiste ouvrier, fils du peuple, que la République capitularde, puis Vichy, firent croupir dans leurs prisons abjectes, à Paris puis en Algérie, avant qu'il ne soit libéré en 1943 et ne contribue à mettre en place les bases de la démocratie sociale à la française au sortir de la guerre, après avoir été un des contributeurs du programme du CNR: « Les jours heureux » ?

Le devoir de mémoire, on s'y astreint volontiers quand il s'agit de remuer les plaies avec une certaine complaisance voyeuriste ou sensationnaliste, de confronter l'homme et la nation à leurs limites, à leurs souffrances passées, à leurs puissances de destruction et de division, mais surtout, se disent les gardiens de la mémoire, petits ou grands bourgeois serviteurs du système qui se conçoivent aussi souvent comme des gardiens du troupeau, n'allons pas montrer, en faisant revivre des figures héroïques et populaires de la conquête sociale, que la volonté du peuple a su être souveraine, que le progrès social rapide et réel, facteur d'émancipation immédiate des travailleurs, ont pu être d'actualité.

 

On efface les traces ...

Les traces de la fierté et de la combativité ouvrière, de la République sociale et de la contribution décisive qu'y ont apporté les luttes des travailleurs et des communistes admirablement dévoués, intelligents et rassembleurs, formés par l'expérience de l'injustice sociale, les combats ouvriers, les jours lyriques du Front Populaire, la répression sans pitié d'une droite revancharde et collaboratrice, la Résistance et l'espérance d'un monde meilleur.

Ambroise Croizat est né en 1901 dans la vallée de la Tarentaise, en Savoie.

Son père, originaire de Chambéry, était ferblantier dans la métallurgie et « travaillait douze heures par jour, face à l'éclat des fours, sept jours sur sept (la loi sur l'attribution du congé hebdomadaire ne date que du 13 juillet 1906), le visage et les mains brûlés par les ébarbures de métal en fusion ». Il travaille d'abord à Notre-Dame de Briançon et la famille vit dans une maisonnette de deux pièces bien exigües pour une famille de cinq, mais c'était le lot commun du peuple à l'époque. En 1906, son père, ayant récemment adhéré au Parti Ouvrier Français et à la CGT est un des meneurs d'une grande grève organisée après un accident de travail ayant causé la mort de huit ouvriers. Il est licencié et doit embaucher à Ugine, dans une autre usine, dont il sera à nouveau chassé pour activités syndicales.

Ambroise Croizat commence à travailler à treize ans comme apprenti ajusteur-outilleur dans une usine de Lyon.

A 19 ans, au sortir de la guerre, il adhère à la Jeunesse socialiste qui rejoint la IIIème Internationale et prend vite des responsabilités dans le Syndicat CGTU des Métaux.

Dans les années 1920, Ambroise Croizat milite contre le militarisme, pour une paix plus juste avec l'Allemagne, contre le colonialisme et la guerre du Rif au Maroc, quand Pétain et Franco s'associent pour éliminer les insurgés dans les montagnes du Nord du Maroc.

En 1926, il devient permanent du PCF à Paris, puis secrétaire général de la Fédération CGTU des métaux, pour laquelle il organise des grèves partout en France pour les salaires, la réduction du temps de travail, contre le chômage.

En 1934, le PCF et la CGTU lancent une stratégie de Front Populaire face à la montée de la menace fasciste et la tentative de coup d'état du 6 février 1934. Les mots d'ordre de la gauche unifiés sont « Pain, Paix, Liberté ». L'unité de la CGT sera finalement réalisée le 1er mars 1936, deux mois avant l'arrivée du Front Populaire au pouvoir.

Aux élections législatives du 28 avril 1936, Croizat devance le candidat socialiste sortant de 900 voix environ dans la circonscription de Plaisance, 14e arrondissement de Paris puis il est élu député avec trois mille voix d'avance sur le candidat de droite.

 

« Devant la porte de l'usine,

Le travailleur soudain s'arrête.

Le beau temps l'a tiré par la veste,

Et comme il se retourne

Et regarde le soleil,

Tout rouge, tout rond,

Souriant sous un ciel de plomb,

Il cligne de l'œil

Familièrement:

Dis-donc camarade soleil,

Tu ne trouves pas

Que c'est plutôt con

De donner une journée pareille

A un patron? »

 

Qui le Croizat? Du travail et de la lutte des classes dissimulés en France - Discours d'Ismaël Dupont au banquet républicain du PCF Pays Bigouden le 25 février au Guilvinec

A l'image de ces Paroles de Jacques Prévert, l'été 1936 est lumineux, avec les grandes grèves festives dans les usines de Breguet-Le Havre, Courbevoie, Saint-Ouen, Levallois.

Partout, on prend possession des ateliers. On y entretient l'outil, on y découvre les loisirs et la culture. Le 7 juin s'ouvrent les discussions qui aboutiront aux Accords de Matignon qui donneront à la classe ouvrière les congés payés, les 40 heures, les conventions collectives, le libre exercice du droit syndical.. Dans les entreprises, les salaires augmentent de 15 à 40%, doublent parfois. Les effets syndicaux sont multipliés par dix !

Depuis mai 1936, Croizat siège à la « Commission spéciale » du gouvernement qui a été chargée d'élaborer les réformes et veille à leur application sur le terrain. En 1937, il inaugure des maisons de repas, des parcs de loisirs, des colonies de vacances pour la classe ouvrière.

Mais dès février 1937, le gouvernement, sous la pression du patronat, décide d'une pause dans les réformes.

La guerre civile en Espagne, et le refus de Blum et du gouvernement, sous la pression anglaise notamment, de venir en aide à la République assiégée par les fascistes, éloigne les communistes de leurs alliés socialistes et radicaux.

En novembre 1938, le gouvernement Daladier publie une série de décrets-lois qui instaurent la baisse des salaires, déjà fortement grignotés par l'inflation (50% en 2 ans), des impôts nouveaux et surtout la fin de la semaine des 40 heures, qualifiée pour l'occasion de « loi de paresse et de trahison nationale ». Daladier le capitulard s'écrie déjà tel un Fillon ou un Macron, reprenant le discours haineux des privilégiés vis à vis de la classe populaire: « Cette loi est responsable de tous les maux de l'économie. On ne peut avoir une classe ouvrière à deux dimanches et un patronat qui s'étrangle pour faire vivre le pays ».

Le 1er décembre 1938, 36 000 ouvriers sont licenciés dans l'aéronautique et les arsenaux, 8000 dans la chime et l'automobile.

Plus de la moitié sont des responsables syndicaux CGT. Dans son modeste appartement du 79, rue Daguerre où il vit depuis 1936, Croizat rédige son édito:

« Le 30 novembre, le patronat a opéré le savant triage qu'il attendait. Il tient sa revanche sociale sur 1936. Des femmes ont faim, des enfants ont froid. L'homme n'est plus au travail. Partout, les consignes ont été données par les patrons revanchards. Des listes noires circulent. Les sous-traitants des grandes entreprises ont été sommés de ne pas embaucher des ouvriers licenciés sous peine de voir leurs commandes supprimées. La haine est partout. Ils ont défendu leurs outils parce qu'ils croyaient en la grandeur de la France, en ses traditions de dignité, en cet espoir que mai 1936 avait fait éclore. Plus que jamais, nos solidarités vont vers eux. C'est eux, la France. Cette France bafouée par ceux qui ne rêvaient que de revanche ».

Tu ne crois pas si bien dire Ambroise. Après l'interdiction de la presse communiste, la dissolution du PCF, la déchéance des élus communistes faisant suite au climat d'anti-communisme exacerbé et de revanche sociale ayant pris pour prétexte mais non pour point d'origine le pacte germano-soviétique de l'été 39, tu es arrêté le7 octobre 1939 sur les marches de l'Assemblée Nationale, puis enfermé à la Prison de la Santé avec d'autres députés communistes, dont le père de Guy Môquet, Prosper, bientôt fusillé à Chateaubriand.

L'extrême-droite réclame purement et simplement la loi martiale pour les communistes. En Janvier 1940, Croizat fait parti des 36 députés communistes condamnés à 5 ans de prison au terme d'un simulacre de procès, sous l'impulsion des anciens collègues de l'Assemblée Nationale, dont certains appartenaient à la majorité du Front Populaire.

En octobre 1941, Croizat est au côté de Prosper Môquet quand le député communiste apprend l'assassinat de son fils Guy, arrêté le 13 octobre 1940 alors qu'il distribuait des tracts, le plus jeune des otages cégétistes ou communistes fusillés à Châteaubriant.

En avril 1941, Croizat et ses camarades communistes sont envoyés en prison en Algérie, où ils vivent dans des conditions de détention très dures.

Le débarquement allié à Alger a lieu le 8 novembre 1942 mais les députés communistes ne sont libérés que le 5 février 1943, après trois ans d'enfermement.

Les communistes dérangent, inquiètent. Les Américains craignent qu'une fois libérés, ils ne deviennent vite les principaux animateurs de la politique anti-vichyste et soulèvent entre autre le problème du droit à la Liberté des pays du Maghreb. Et de fait, une fois libéré, Ambroise Croizat contribue à réorganiser le mouvement communiste et le syndicat au Maghreb, à tel point qu'en janvier 1944, la CGT affiche 120 000 adhérents en Afrique du Nord.

Dès août 1943, dans un discours devant un public d'ouvriers, il parle de cette France nouvelle qui naîtra de la Libération:

« Redonner à la Nation sa grandeur et aux travailleurs la place qu'ils méritent par leur effort et leur sang versé sera notre tâche. Les larmes et la mort n'auront pas été vaines. Elles accoucheront d'une France nouvelle, celles des nationalisations et de la Sécurité Sociale ».

En septembre 1943, Ambroise Croizat rejoint au titre de la CGT l'Assemblée Consultative instaurée autour du Conseil National de la Résistance créé par De Gaulle à Alger le 3 juin 1943. Il préside la commission du Travail. C'est là que va prendre vie le programme du Conseil National de la Résistance.

Le programme du Conseil National de la résistance, constitué en mai 43, est arrêté le 15 mars 1944.

Il paraît en zone sud sous le nom simple et magnifique « Les jours heureux » et décline au futur liberté, démocratie économique, solidarité, avec pour fondement L'humain et l'intérêt général d'abord.

L'invention sociale est en marche: « Instaurer une véritable démocratie économique et sociale impliquant l'éviction des féodalités économiques et financières de la direction de l'économie... Retour à la Nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d'énergie, des richesses du sol-sol, des compagnies d'assurance et des grandes banques... Droit d'accès dans le cadre de l'entreprise aux fonctions de direction et d'administration pour les ouvriers et participation des travailleurs à la direction de l'économie... Droit au travail... Liberté de pensée et d'expression ».

Le chantier s'ouvre à la Libération avec une classe ouvrière grandie par engagement dans la résistance, une CGT à cinq millions d'adhérents, un parti communiste à 27% des voix... Le « Parti des Fusillés », premier parti de France, a acquis le prestige et l'autorité d'un parti national, d'autant que les groupes FTP ont accepté de rendre les armes pour que s'installent les commissaires de la République et l'autorité des lois plutôt que celles des maquis.

En Octobre 1945, 5 millions de voix se portent aux législatives sur les communistes, qui obtiennent 151 députés à l'Assemblée Nationale.

Le 13 novembre 1945, De Gaulle, chef du gouvernement provisoire, fait appel à cinq communistes. Aucun grand ministère régalien mais Charles Tillon au ministère de l'armement, François Billoux à l'Economie Nationale, Marcel Paul à la Production Industrielle, tandis que Maurice Thorez se voit confier un ministère d'état et qu'Ambroise Croizat hérite du travail et de la Sécurité Sociale.

L'ordonnance qui crée la Sécurité Sociale paraît le 4 octobre 1945.

La protection sociale, qui relevait jusque là des « Assurances sociales » (loi du 5 avril 1928), ne protégeait contre la maladie qu'une faible partie des salariés et de leurs ayant droit. A peine un tiers de la population française... Le système était anarchique, avec une multitude de caisses patronales, confessionnelles, syndicales, mutuelles, concurrentes entre elles et n'offrant pour la plupart qu'une protection aléatoire.

Pour les retraites (loi de 1910), la couverture est dérisoire ou inexistante. Pas plus d'un million de Français en bénéficient, alors que 5 millions d'entre eux pourraient y prétendre et n'ont pour seuls recours que la charité et leurs économies.

"Désormais, analyse Michel Etiévent, la sécurité sociale devient un droit fondamental, universel, obligatoire et solidaire et non un mécanisme d'assurance couvrant un risque. Dans l'esprit d'Ambroize Croizat, la Sécurité Sociale devait couvrir tous les travailleurs, salariés ou non (loi du 22 mars 1946). Les non-salariés (petits commerçants, professions libérales et artisans notamment) refusèrent par la voix de leurs responsables, qui n'acceptaient pas de se laisser assimiler à de "vulgaires prolétaires". Beaucoup le regretteront.

Le nouveau système va "digniser" l'ensemble autour de quatre mots clefs:

- L'unicité: une institution unique, obligatoire, couvrira désormais l'ensemble des domaines de la protection sociale, des "risques sociaux", dit-on à l'époque (maladie, vieillesse, décès, invalidité ainsi que les accidents du travail, gérés jusque-là par les assurances privées). "L'ambition, déclarait Croizat à l'Assemblée, le 20 mars 1946, est d'assurer le bien-être de tous, de la naissance à la mort. De faire enfin de la vie autre chose qu'une charge ou qu'un calvaire".

- L'universalité: la couverture est étendue à tous les citoyens, avec la volonté de généraliser à court terme le nouveau système. Et ceci malgré l'opposition de certaines professions qui refuseront de s'y intégrer....

- La solidarité: c'est la pierre angulaire du système. Solidarité inter-générations, solidarité actifs-inactifs, malades bien-portants. Le tout financé par les richesses créées dans l'entreprise. En ce qui concerne le financement de l'institution, les propos de Croizat sont d'une modernité brûlante: "Outre le fait que cela grèverait fortement les contribuables, disait-il, faire appel au budget de l'Etat serait subordonner l'efficacité de la politique sociale à des considérations purement financières qui paralyseraient les efforts accomplis".

- Démocratie enfin, et c'est là "l'exception française" car seule une gestion par les intéressés eux-mêmes peut garantir que la santé restera un droit fondamental pour tous. Là encore, les mots du ministre sont novateurs: "Pour la première fois, l'appareil nouveau met la gestion de l'intérêt des travailleurs dans les mains des travailleurs eux-mêmes. Ceci est d'autant plus important car l'assurance (et particulièrement pour les accidents du travail) relevait jusqu'à ce jour de compagnies commerciales et, pour les allocations familiales, d'une gestion purement patronale".

L'ordonnance n'avait fait qu'énoncer les principes. Il restait à bâtir l'édifice. Ce sera l'oeuvre principale de Croizat. Deux ans d'un chantier immense, rendu possible par l'élan de solidarité et le nouveau rapport de forces politiques qui suit la Libération. Tout est à faire, substituer à l'immense fatras des 1093 Caisses diverses et organismes privés un système cohérent, décentralisé, bâti autour de 138 Caisses primaires d'assurance-maladie et 113 caisses d'allocations familiales, essentiellement gérées - au début tout du moins- par les travailleurs..."..

En mai 1946, grâce aux efforts d'Ambroise Croizat, une loi accorde une pension de retraite à tous les salariés âgés de plus de 65 ans. Quand Croizat quittera le gouvernement en mai 1947, le montant des retraites sera majoré de 130 à plus de 200%. 4 millions de français bénéficient de la retraite.

Le travail de Croizat au ministère du travail ne s'arrête pas là. Le 25 février 1946, il fait voter la loi sur la majoration des heures supplémentaires. Il fit de même pour l'augmentation des primes et le travail de nuit et du dimanche. C'est également Croizat qui fixe la durée des congés payés à un mois pour les jeunes de moins de 18 ans et à 3 semaines pour la classe d'âge entre 18 et 21 ans. Il est également à l'origine d'un vrai service public de l'emploi, de la refonte d'une grande partie du Code du Travail, de la revalorisation des rentes des mutilés du Travail et des vieux mineurs, de la création d'un Conseil national du Travail chargé d'examiner les projets relatifs à la législation sociale, mais également d'innover en la matière. Il engage un vaste chantier dans le domaine de la formation professionnelle pour libérer l'enseignement technique de la tutelle patronale ou confessionnelle. Grâce à ses efforts et à ceux de Maurice Thorez, de nouveaux statuts de la fonction publique sont adoptées. "On y trouve des avancées extraordinaires comme la reconnaissance intégrale du droit syndical, la participation des syndicats à la gestion du personnel, la démocratisation du recrutement, l'égalité des sexes pour l'accès à la promotion dans les services publics". On développe la prévention des accidents et des maladies du travail en créant la médecine du travail, les ancêtres des comités hygiène et sécurité. On attribue pour la première fois un rôle économique et décisionnel aux comités d'entreprise. En avri 1946, Croizat propose d'instituer l'égalité de salaire entre homme et femme: "Si l'égalité politique est une victoire partielle, l'égalité économique est une victoire complète" dit-il alors.

Quand l'éviction des ministres communistes a lieu en mai 47, au motif que les ministres et députés communistes sont trop ouvertement solidaires des ouvriers grévistes de chez Renault, la droite et les socialistes de compromission avec le patronat ont déjà redressé un peu la tête, freiné les nationalisations, remis en cause le statut des mineurs, des gaziers et électriciens, des cheminots, lancé la guerre d'Indochine, mais l'essentiel de l’œuvre de la Sécurité Sociale demeure.

Ismaël Dupont et André Le Roux, co-secrétaire de section dans le Pays Bigouden, au Guilvinec le 25 octobre pour le Repas Républicain des communistes dédié à Ambroise Croizat

Ismaël Dupont et André Le Roux, co-secrétaire de section dans le Pays Bigouden, au Guilvinec le 25 octobre pour le Repas Républicain des communistes dédié à Ambroise Croizat

Qui le Croizat? Du travail et de la lutte des classes dissimulés en France - Discours d'Ismaël Dupont au banquet républicain du PCF Pays Bigouden le 25 février au Guilvinec
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Qui le Croizat? Du travail et de la lutte des classes dissimulés en France - Discours d'Ismaël Dupont au banquet républicain du PCF Pays Bigouden le 25 février au Guilvinec
Qui le Croizat? Du travail et de la lutte des classes dissimulés en France - Discours d'Ismaël Dupont au banquet républicain du PCF Pays Bigouden le 25 février au Guilvinec
Qui le Croizat? Du travail et de la lutte des classes dissimulés en France - Discours d'Ismaël Dupont au banquet républicain du PCF Pays Bigouden le 25 février au Guilvinec
Un château avec son pigeonnier pour le banquet des communistes du Pays Bigouden et du cap Sizun... Rien n'est trop beau pour la classe ouvrière, paroles que n'aurait pas renier Croizat...

Un château avec son pigeonnier pour le banquet des communistes du Pays Bigouden et du cap Sizun... Rien n'est trop beau pour la classe ouvrière, paroles que n'aurait pas renier Croizat...

Qui le Croizat? Du travail et de la lutte des classes dissimulés en France - Discours d'Ismaël Dupont au banquet républicain du PCF Pays Bigouden le 25 février au Guilvinec
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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 19:43
  François Ruffin, patron du journal “Fakir”, a reçu le césar du meilleur documentaire pour son film “Merci Patron !”, qui a fait plus de plus de 500 00 entrées en 2016. Arborant un t-shirt à l'effigie de Vincent Bolloré (à la place de son habituel t-shirt Bernard Arnault), il s'est lancé dans un discours forcément très engagé.

« Mon film, il parle d'une usine qui part en Pologne et qui laisse derrière un paquet de misère et un paquet de détresse. Et au moment où je vous parle, c'est une usine d'Amiens, qui s'appelle Whirlpool, qui fabrique des sèche-linges, qui subit la même histoire puisque maintenant ça part là aussi en Pologne. Il y a quinze ans, j'étais déjà à Amiens, c'était le lave-linge qui partait en Slovaquie, j'ai connu Continental qui est parti en Roumanie, Goodyear parti en Pologne… Ça fait maintenant trente ans que ça dure dans l'ameublement, dans le textile, dans la chimie, dans la métallurgie, ainsi de suite. Pourquoi ça dure depuis trente ans ? Parce que ce sont des ouvriers qui sont touchés, et donc on n'en a rien à foutre. Si c'étaient des acteurs qui étaient mis en concurrence de la même manière avec des acteurs roumains, ça poserait problème immédiatement. Si c'étaient des journalistes, quand on touche à l'avance fiscale des journalistes, ça fait des débats, y'a des tribunes dans les journaux. Mais imaginons que ce soient les députés, qu'on dise les députés ne sont pas assez compétitifs. Un député français coûte 7610 euros par mois, un député polonais coûte 2000 euros par mois. Et encore, je suis modéré, parce qu'au Bangladesh, un député c'est 164 euros. Mais imaginons qu'on dise : demain, il faut délocaliser l'hémicycle à Varsovie. Immédiatement, y'aurait des débats à l'Assemblée nationale, y'aurait un projet de loi. Ça fait quarante ans que ça dure pour les ouvriers, et y'a pas de projet de loi. Donc dans ce pays, y'a peut-être des sans-dents, y'a surtout des dirigeants sans cran. Donc François Hollande, maintenant, il a l'occasion de montrer sur le dernier fil que son adversaire, c'est la finance, qu'il peut faire des réquisitions, qu'il peut interdire les produits Whirlpool sur le territoire français. Qu'il puisse sortir de l'impuissance et se bouger le cul. » 

François Ruffin sera coupé par la musique au moment de remercier la famille Klur, les héros de son film, et Marie-Hélène Bourlard, la déléguée CGT.

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