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16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 06:47

"– Va : toi qui n’es pas bue, ô fosse de Conlie ! 
De nos jeunes sangs appauvris, 
Qu’en voyant regermer tes blés gras, on oublie 
Nos os qui végétaient pourris" (...)

La Pastorale de Conlie, de Tristan Corbière.

 

Suite à la défaite de Napoléon en septembre 1870, un gouvernement républicain tente de contenir et repousser la progression de l'armée prussienne. Gambetta, ministre de l'intérieur et de la guerre, ordonne "la résistance à outrance". Il pense repousser l'ennemi en levant une armée de volontaires. 
En octobre 1870, rapporte l'historien Joël Cornette, Gambetta accorde la formation d'une "armée de Bretagne" autonome, afin de renforcer l'action des armées de Loire et du Nord. Pour empêcher l'entrée des troupes ennemies en Bretagne, Emile de Kératry, promu "chef militaire provisoire" de cette armée de défense composée de volontaires, choisit le plateau de Conlie, au nord-ouest du Mans, pour installer ses troupes. Plus de 70 000 hommes sont ainsi rassemblés. Mais ils se voient condamnés à l'inactivité pendant près de trois mois, dans la boue et les pluies froides de l'automne puis de l'hiver, quasiment abandonnés à leur sort dans les conditions d'hygiène détestables d'un camp "inondé défoncé au point que certaines tentes ont été envahies par l'eau" (Kératry)". 
Le lieu prend vite le nom de "Kerfank", la ville de la boue. 
Les soldats désoeuvrés et torturés par les intempéries et les maladies (dont la variole) ont à peine à manger: une ration de 25 cl de bouillon de boeuf par jour. 
"Dans son numéro du 20 janvier, "L'Océan" fait paraître en première page la lettre indignée qu'Armand Fresneau, "ancien représentant d'Ille-et-Vilaine", vient d'écrire au général Chanzy:

"Savez-vous que, couchés ou plutôt ensevelis dans la neige, la boue, et sans autre vêtement qu'une blouse de serge brûlée, sans une chemise de rechange, nos mobilisés recevaient deux petites bottes de paille pour huit hommes, et que cette paille, bientôt réduite en fumier, servait sans être renouvelée pendant plusieurs semaines? 
Savez-vous que ces tortures se sont prolongées plus d'un mois dans ce camp de 50 000 à 60 000 hommes; et que le quart des compagnies nombreuses qui les ont subies a péri ou gît dans un grabat? 
Savez-vous lorsque, par malheur, un bataillon changeait de campement, il restait quelquefois vingt-quatre, et même quarante-huit heures sans manger?..."

Des journaux rennais parlent de 20% de soldats qui seraient restés dans la boue de Conlie.
En réalité, il y eut beaucoup moins de morts liés aux maladies, au froid, à la malnutrition, mais tout de même plus d'une centaine. 2000 des 60 000 soldats qui sont passés à Conlie ont dû être envoyés à l'infirmerie.

Les archives font état de 143 morts parmi les 60 000 hommes passés au camp de Conlie. À peu près autant à Sillé-le-Guillaume où les soldats sont envoyés en soin. "On est bien loin du génocide", écrit l'historien Yves Jézéquel, un "génocide" dénoncé plus tard par les nationalistes bretons, après Camille Le Mercier d'Erm. "Cependant, ajoute Jézéquel dans un article en ligne pour la BCD Bretagne avec le Conseil régional de Bretagne, l’état pitoyable des mobiles lors de leur retour à Rennes a soulevé l’indignation et une commission d’enquête parlementaire fera un rapport sur le camp, l’année suivante. La première des responsabilités incombe à Napoléon III qui a engagé la France dans une guerre alors qu’il reconnaît lui-même son état d’impréparation. Gambetta et Freycinet sont plus hantés par la crainte d’une nouvelle Chouannerie que soucieux de sauver la France. « Déplorable de gaspillage » avait écrit Gambetta en décembre 1870 au vu de rapports sur le camp. « Vous êtes un charlatan ! » lui lancera Jules Grévy, un de ses collègues du gouvernement. Keratry, plus velléitaire que compétent, donnant sa démission puis la reprenant à diverses reprises, s’est révélé ambitieux mais indécis et peu réaliste. L’incapacité à prendre des décisions cohérentes résulte surtout de l’impéritie d’un gouvernement provisoire, noyé – à l’instar des Bretons dans la boue de Conlie – dans des problèmes qui le dépassent, quand les responsables se laissent guider par leurs préjugés, leurs passions ou leurs ambitions".

Certains considéreront donc que Gambetta et les officiers de la République naissantes auraient traîné volontairement pour engager les Bretons dans les combats, voulant les éloigner de Paris et se méfiant de leur tempérament de "chouans" dans un contexte où l'on aurait craint une contre-révolution et le retour des impériaux.

La plupart des historiens qui s'intéressent à la question aujourd'hui mettent plutôt en avant la désorganisation de l'armée républicaine et des erreurs de commandement dans un contexte chaotique.

En tout cas, le résultat est là, la vie du soldat n'a guère de prix.

La désorganisation touche aussi le domaine purement militaire: les soldats ont des armes abîmées et obsolètes issues de l'écoulement des stocks de la guerre de sécession américaine, terminée en 1865.

Furieux d’être placé sous le commandement de Benjamin Jaurès, capitaine de vaisseau promu général, Keratry démissionne le 27 novembre. « Si j’avais su que je n’aurais pas d’armes je n’aurais pas levé d’armée » regrette-t-il alors. Marivault, nommé le 7 décembre, fait un rapport accablant : « 43 000 hommes dont la moitié à peine est armée de fusils de 11 modèles différents ». Dans une dépêche du 17 il annonce la démission du médecin Cuche impuissant à soigner les malades dans l’eau et conclut : « On meurt silencieusement mais la mesure est comble ». Il propose de replier une partie des mobilisés vers Rennes, puisque l’on n’a rien à leur offrir, ni entraînement, ni armes. Gambetta préfère les garder à Conlie. Des mobilisés crient d’ar gêr « à la maison ! », ce que Marivault, ignorant le breton, prend pour « à la guerre » ! Il prépare l’évacuation, contre les ordres de Gambetta.

Et c'est avec des effectifs décimés et des soldats éreintés, que les Bretons vont finalement être engagés dans la bataille du Mans le 11 janvier 1871, avec des armes presque inutilisables, et vite contraints au repli vers Laval face aux prussiens.

Tristan Corbière témoigne de sa colère et de sa sensibilité humaine face au sort pathétique des soldats bretons de Conlie dans ce très beau poème en forme de conversation désabusée:

 

La Pastorale de Conlie 
par un mobilisé du Morbihan

Moral jeunes troupes excellent. Off.

 

Qui nous avait levés dans le Mois-noir – Novembre – 
Et parqués comme des troupeaux 
Pour laisser dans la boue, au Mois-plus-noir – Décembre – 
Des peaux de mouton et nos peaux !

 

Qui nous a lâchés là : vides, sans espérance, 
Sans un levain de désespoir ! 
Nous entre-regardant, comme cherchant la France… 
Comiques, fesant peur à voir !

 

– Soldats tant qu’on voudra !… soldat est donc un être 
Fait pour perdre le goût du pain ?… 
Nous allions mendier ; on nous envoyait paître : 
Et… nous paissions à la fin ! 


– S’il vous plaît : Quelque chose à mettre dans nos bouches ?… 
– Héros et bêtes à moitié ! – 
… Ou quelque chose là : du cœur ou des cartouches : 
– On nous a laissé la pitié !

 

L’aumône : on nous la fit – Qu’elle leur soit rendue 
À ces bienheureux uhlans soûls ! 
Qui venaient nous jeter une balle perdue… 
Et pour rire !… comme des sous.

 

On eût dit un radeau de naufragés. – Misère – 
Nous crevions devant l’horizon. 
Nos yeux troubles restaient tendus vers une terre… 
Un cri nous montait : Trahison !

 

– Trahison… c’est la guerre ! On trouve à qui l’on crie !… 
– Nous : pas besoin… – Pourquoi trahis ?… 
J’en ai vu parmi nous, sur la Terre-Patrie, 
Se mourir du mal-du-pays.

 

– Oh, qu’elle s’en allait morne, la douce vie !… 
Soupir qui sentait le remord 
De ne pouvoir serrer sur sa lèvre une hostie, 
Entre ses dents la mâle-mort !… 

– Un grand enfant nous vint, aidé par deux gendarmes, 

– Celui-là ne comprenait pas – 
Tout barbouillé de vin, de sueur et de larmes, 
Avec un biniou sous son bras.

 

Il s’assit dans la neige en disant : Ça m’amuse 
De jouer mes airs ; laissez-moi. – 
Et, le surlendemain, avec sa cornemuse, 
Nous l’avons enterré – Pourquoi !…

 

Pourquoi ? dites-leur donc ! Vous du Quatre-Septembre ! 
À ces vingt mille croupissants !…

Citoyens-décréteurs de victoires en chambre, 
Tyrans forains impuissants !

 

– La parole est à vous – la parole est légère !… 
La Honte est fille… elle passa – 
Ceux dont les pieds verdis sortent à fleur-de-terre 
Se taisent… – Trop vert pour vous, ça !

 

– Ha ! Bordeaux, n’est-ce pas, c’est une riche ville… 
Encore en France, n’est-ce pas ?… 
Elle avait chaud partout votre garde mobile, 
Sous les balcons marquant le pas ? 

 

La résurrection de nos boutons de guêtres 
Est loin pour vous faire songer ; 
Et, vos noms, je les vois collés partout, ô Maîtres !… 
– La honte ne sait plus ronger. –

 

– Nos chefs… ils fesaient bien de se trouver malades ! 
Armés en faux-turcs-espagnols 
On en vit quelques-uns essayer des parades 
Avec la troupe des Guignols.

 

Le moral : excellent – Ces rois avaient des reines, 
Parmi leurs sacs-de-nuit de cour… 
À la botte vernie il faut robes à traînes ; 
La vaillance est sœur de l’amour.

 

– Assez ! – Plus n’en fallait de fanfare guerrière 
À nous, brutes garde-moutons, 
Nous : ceux-là qui restaient simples, à leur manière, 
Soldats, catholiques, Bretons…

 

À ceux-là qui tombaient bayant à la bataille, 
Ramas de vermine sans nom, 
Espérant le premier qui vint crier : Canaille ! 
Au canon, la chair à canon !… 


– Allons donc : l’abattoir ! – Bestiaux galeux qu’on rosse, 
On nous fournit aux Prussiens ; 
Et, nous voyant rouler-plat sous les coups de crosse, 
Des Français aboyaient – Bons chiens !

 

Hallali ! ramenés ! – Les perdus… Dieu les compte, – 
Abreuvés de banals dédains ; 
Poussés, traînant au pied la savate et la honte, 
Cracher sur nos foyers éteints !

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 

– Va : toi qui n’es pas bue, ô fosse de Conlie ! 
De nos jeunes sangs appauvris, 
Qu’en voyant regermer tes blés gras, on oublie 
Nos os qui végétaient pourris,

 

La chair plaquée après nos blouses en guenilles 
– Fumier tout seul rassemblé… 
– Ne mangez pas ce pain, mères et jeunes filles ! 
L’ergot de mort est dans le blé

Tristan Corbière, 1870

 

Voir aussi cette illustration de Jean Moulin, alias Romanin, de "La Pastorale de Conlie" qui ne peut qu'évoquer les charniers des camps de la mort nazis même si cette eau-forte présente au Musée des beaux-arts de Quimper a été réalisée une dizaine d'années plus tôt.

 

 

Carte postale souvenir de l'armée bretonne levée par la République - camp de Conlie

Carte postale souvenir de l'armée bretonne levée par la République - camp de Conlie

La Pastorale de Conlie », Jean Moulin. Eau-forte pour illustrer « Armor » de Tristan Corbière. (Musée des beaux-arts de Quimper)

La Pastorale de Conlie », Jean Moulin. Eau-forte pour illustrer « Armor » de Tristan Corbière. (Musée des beaux-arts de Quimper)

Tristan Corbière

Tristan Corbière

Lire Tristan Corbière (juillet 1845-mars 1875), le Rimbaud breton à la destinée pathétique, est une expérience unique, parfois difficile car certains poèmes font une grande place à la langue populaire et argotique oubliée de l'époque, ou sont au contraire savants et précieux, mais une expérience magique souvent, quand on tombe sur les pépites au milieu du pot-pourri, car Tristan a une vraie modernité dans son goût du paradoxe et de l'auto-portrait, dans l'observation et le sens du concret, le refus du lyrisme facile, et un sens de la formule remarquable. 
Fils d'Edouard Corbière, notable morlaisien, écrivain d'aventure maritime à succès, patron de la compagnie de navigation Morlaix-Le Havre, Tristan a grandi entre les manoirs de son père à Morlaix et Roscoff. Atteint de rhumatisme articulaire ou de tuberculose, sa maladie le marque physiquement à l'adolescence et lui empoisonne l'existence. 
Adepte de l'auto-dérision, de l'humour noir, de l'intrusion du trivial, du parler populaire, dans la poésie, c'est un peu le Gainsbourg tragique et malheureux de l'époque. 
Le poète d'un recueil "Les Amours Jaunes" éclectique et sombre, entre auto-portrait désabusé, satire sociale, célébration de la mer, des coutumes et parlers de la Bretagne bretonnante, eut des amours malheureux, mais une capacité de transcender la tristesse en rire et grotesque. 
Il s'abîma à Paris et n'y connut pas la gloire littéraire courtisée, écrivant et dessinant des caricatures pour une presse satirique de droite anti-communarde. 
Apollinaire et les surréalistes firent justice à son talent et sa poésie chercheuse et novatrice, et Jean Moulin, sous-préfet de Châteaulin, fut fasciné par cette figure tragique et ses poèmes, particulièrement ceux sur les Bretons du peuple, pleins de tendresse, lui qui réalisa des gravures magnifiques inspirées par la poésie de Tristan Corbière au milieu des années 30.

Allez, pour se faire plaisir, quelques vers de Triste-en-Corps-Bière le facétieux poète maudit, triste, drôle, nihiliste à la manière d'un fou du roi de Shakespeare, marin et dessinateur, polisseur de mots ,de formules et d'images à la trajectoire si éphémère:

"Épitaphe

Il se tua d'ardeur ou mourut de paresse. 
S'il vit, c'est par oubli; voici ce qu'il laisse: 
-Son seul regret fut de n'être pas sa maîtresse.-

Il ne naquit par aucun bout
Fut toujours poussé vent-de-bout, 
Et fut un arlequin-ragoût, 
Mélange adultère de tout.

Du je-ne-sais-quoi. - Mais ne sachant où; 
De l'or, - mais avec pas le sou; 
Des nerfs - sans nerf. Vigueur sans force; 
De l'élan, - avec une entorse;
De l'âme, - et pas de violon; 
De l'amour, - mais pire étalon. 
- Trop de noms pour avoir un nom. -

Coureur d'idéal, - sans idée; 
Rime riche, - et jamais rimée; 
Sans avoir été, - revenu; 
Se retrouvant partout perdu.

Poète, en dépit de ses vers; 
Artiste sans art, - et à l'envers
Philosophe, - à tort et à travers.

Un drôle sérieux, - pas drôle. 
Acteur, il ne sut pas son rôle; 
Peintre: il jouait de la musette; 
Et musicien: de la palette.

Une tête! - mais pas de tête; 
Trop fou pour savoir être bête; 
Prenant pour un trait le mot très. 
- Ses vers faux furent ses seuls vrais.

Oiseau rare - et de pacotille; 
Très mâle... et quelquefois très fille; 
Capable de tout, - bon à rien; 
Gâchant bien le mal, mal le bien. 
Prodigue comme était l'enfant
Du Testament, - sans testament. 
Brave, et souvent par peur du plat, 
Mettant ses deux pieds dans le plat.

Coloriste enragé, - mais blême; 
Incompris... - et surtout de lui-même; 
Il pleura, chanta juste faux; 
- Et fut un défaut sans défauts.

Ne fut quelqu'un, ni quelque chose
Son naturel était la pose.
Pas poseur, - posant pour l'unique; 
Trop naïf, étant trop cynique; 
Ne croyant à rien, croyant tout. 
- Son goût était dans le dégoût.

Trop cru, - parce qu'il fut trop cuit, 
Ressemblant à rien moins qu'à lui, 
Il s'amusa de son ennui, 
Jusqu'à s'en réveiller la nuit. 
Flâneur au large, - à la dérive, 
Epave qui jamais n'arrive...

Trop Soi pour se pouvoir souffrir, 
L'esprit à sec et à la tête ivre, 
Fini, mais ne sachant finir, 
Il mourut en s'attendant vivre
Et vécut, s'attendant mourir.

Ci-gît, - cœur sans cœur, mal planté, 
Trop réussi, - comme raté".

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16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 04:10
Œufs contaminés : la sécurité alimentaire doit être une priorité.
PATRICK LE HYARIC
SAMEDI, 12 AOÛT, 2017
HUMANITE
 

Par Patrick Le Hyaric : "Ce  scandale des œufs contaminés amène à reposer la question des perturbateurs endocriniens et celle de  l’actuelle position de la Commission européenne sur ce sujet. Le principe de précaution doit être appliqué strictement. L’opinion des scientifiques doit être prise en compte.   Priorité doit être donné à la santé ! "

Après les scandales de la vache folle, des lasagnes à la viande de cheval, c’est le tour d’un nouveau scandale alimentaire et sanitaire. Des millions d’œufs ont été contaminés avec du Fipronil, un produit insecticide interdit dans la chaine alimentaire. Cet antiparasitaire est strictement interdit dans l’Union européenne. Pourtant il a été proposé et vendu au grand jour dans une foire agricole de Venray en Belgique, puis présenté comme un produit miracle dans plusieurs pays du nord de l’Europe. Des dizaines de super marchés, des entreprises spécialisées dans les produits transformés à base d’œufs sont concernés.   Il a été classé par l’Organisation mondiale de la santé comme « moyennement dangereux pour l’homme ». Il est déclaré « dangereux pour les reins, le foie et la thyroïde » par l’agence néerlandaise pour la sécurité alimentaire, la NVWA, qui ajoute que : « c’est également un perturbateur endocrinien ». La chose est donc plus sérieuse qu’on essaie de nous le dire !  De surcroit, il semble que dans certains ministères de l’agriculture de pays européens, on ait tenté de cacher le problème et sa gravité, selon plusieurs sources, depuis plus d’un an. 
 
Déjà une douzaine de  pays européens déclarent avoir été victimes de cette contamination de la chaine alimentaire. 
Il y a bien au sein de l’Union européenne une question  de confiance et de transparence entre gouvernements mus par la sacro-sainte loi de la concurrence de tous contre tous. Les coordinations entre mécanismes de contrôle et de sécurité ne semblent en tout cas pas efficaces. 
 La solidarité  entre les pays au nom de l’intérêt général et humain doit enfin prendre le pas sur les appétits de  profits et l’austérité faisant  fi de la santé. 
L’agence néerlandaise NVWA de sécurité sanitaire,  placée sous la tutelle du ministère de l’économie et non de la santé,  a vu ses effectifs baisser de moitié depuis 2003. Autant dire que le contrôle de la sécurité alimentaire est considérée comme secondaire au regard des dogmes européens  des critères de déficits public.
 
Ce  scandale des œufs contaminés amène à reposer la question des perturbateurs endocriniens et celle de  l’actuelle position de la Commission européenne sur ce sujet. Le principe de précaution doit être appliqué strictement. L’opinion des scientifiques doit être prise en compte.   Priorité doit être donné à la santé ! 
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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 08:18

 

D'ABORD débrider la croissance et relancer l'emploi ; le reste, on verra après : voilà le refrain qu'on entend partout. Aux Etats-Unis, Trump s'attaque à coups de décrets au Clean Power Act, le dispositif mis en place par Obama pour réduire les émissions de CO.., et renonce à fermer les centrales à charbon. De quoi, prétend Trump, donner du boulot à 100 000 mineurs.

 

En Russie, Poutine profite d'un forum international sur l'Arctique (en partie sous juridiction russe) pour annoncer qu'il considère cette région comme disposant d'« un potentiel économique colossal », avec son gaz et son pétrole, ses minerais, son trafic maritime naissant, et qu'en conséquence il compte bien l'exploiter à mort.

 

En France, le Medef pond un livre blanc anti-écolo dans lequel il avance 40 propositions pour « simplifier » - en clair, raboter - le droit de l'environnement. Par exemple, dès qu'un projet aurait reçu l'approbation des autorités publiques, plus personne n'aurait le droit de le mettre en cause devant les tribunaux. Le barrage de Sivens et l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes auraient ainsi été inattaquables dès leur déclaration d'utilité publique... Bref, les spécialistes de la courte vue s'en donnent à cœur joie.

 

Pendant ce temps-là, en Nouvelle-Zélande, les députés viennent d'accorder au fleuve Te Awa Tupua le statut d'« entité vivante ». Tout comme un humain, il sera doté d'une personnalité juridique, dont les intérêts pourront être défendus devant les tribunaux par des personnes qui le représenteront, parleront et agiront en son nom. Ils sont fous, ces Maoris ?

Peut-être. Mais il y en a d'autres : l'Inde vient de reconnaître le Gange et l'un de ses affluents, la Yamuna, deux fleuves affreusement pollués, comme personnes morales. Déjà en 2008 l'Equateur avait inscrit dans sa Constitution les droits de Pachamama, la terre mère. La Bolivie avait suivi. L'an dernier, les Kanaks des îles Loyauté ont fait en sorte que des éléments de la nature, et bientôt certains animaux totémiques comme le requin, la tortue, certaines plantes ou sites sacrés, puissent eux aussi jouir de ce statut (« Libération», 29/3).

Reconnaître des droits à la nature pour mieux la protéger sera-t-il efficace ? Les juristes en débattent. Le 29 mars, le Parlement européen a évoqué la possibilité de lancer une initiative citoyenne sur ce sujet. « Le climat s'est emballé, la biodiversité s'est effondrée, la pollution est omniprésente, et les conditions mêmes de la vie sur Terre commencent à être menacées. Nous ne pouvons plus rester spectateurs »,note la juriste Valérie Cabanes (« Le Monde », 31/3).

 

Quoi ? La priorité ne serait plus la croissance à tout prix ? Il faudrait que l'homme ne soit plus entièrement « maître et possesseur de la nature » ? Et reconnaisse que celle-ci a le droit de se défendre contre ses attaques, ses prédations, ses nuisances ? Et se demande à quoi sert d'avoir du boulot si c'est pour construire un monde invivable ? On entend d'ici le rire de Trump, Poutine, Gattaz &Co.

 

Jean-Luc Porquet (Le Canard Enchaîné)

 

 

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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 08:14

A l’occasion de la commémoration du 72ème anniversaire des bombardements de Hiroshima et Nagasaki, le Parti communiste français tient à rappeler son engagement pour l’élimination des armes nucléaires, deux ans après la participation du PCF et de Pierre Laurent aux cérémonies du 70ème anniversaire au Japon.

Depuis, l’action conjointe d'associations, d'institutions internationales et de certains États a permis l'adoption par 122 pays d'un Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires sous l'égide de l'ONU le 7 juillet dernier.
 En fournissant l’instrument juridique permettant d’aller vers la fin des armes nucléaires, ce traité représente une avancée considérable sur le chemin de leur élimination.

Les puissances dotées de l’arme nucléaire, signataires du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, se sont jusqu’à présent tenues à l’écart des négociations. En revanche, elles ne sont pas en mesure d’empêcher la poursuite du processus ainsi enclenché ; elles ne pourront pas indéfiniment ignorer l’aspiration des peuples au désarmement et à la paix.

La France peut s'investir sur la scène internationale en impulsant une nouvelle politique étrangère et de sécurité au service de la paix, du désarmement et du développement durable. Pour commencer, la France doit renoncer à la prétendue « modernisation » de son arsenal nucléaire et se retirer des structures militaires de l’OTAN, organisation issue de la guerre froide qui entretient les tensions en Europe.

Le PCF en appelle aux français pour que notre pays rompe avec la logique du surarmement et de la guerre puis rejoigne le camp de la paix.

A l'appel du Mouvement de la paix, les communistes participeront nombreux aux marches de la paix organisées partout en France le 23 septembre prochain, à l’occasion de la Journée Internationale de la Paix.

 

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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 08:13

Dix millions d’œufs contenant des traces d’un insecticide toxique, le Fipronil, ont été disséminés sur les étals européens. Retour sur l’éclosion d’une affaire où le manque de transparence des gouvernements impliqués inquiète.

Martin V.d.B et Mathijs I. avaient cru trouver la poule aux œufs d'or, ils ont finalement provoqué le scandale des œufs contaminés. Comme le raconte Marc Metdepenningen sur Le Soir, site d’information de Belgique francophone, les deux chefs d’entreprise néerlandais de la société Chickfriend avaient séduit leurs premiers clients lors des « Journées agricoles de Venray », une foire consacrée aux techniques de l’élevage intensif. Ils proposaient aux éleveurs avicoles un produit révolutionnaire, débarrassant les poules de leurs poux rouges pendant huit mois, quand les meilleurs insecticides leur promettaient au maximum trois mois de tranquillité. Avec en plus, une odeur de menthol et d’eucalyptus qui couvrait les effluves de l’insecticide traditionnellement utilisé. 

Potion magique

Car les poux rouges sont les ennemis jurés des éleveurs et de leurs poules. L'invasion des parasites qui se nourrissent du sang des poules perturbe la ponte, et peuvent même mener les volailles jusqu’à une mort par épuisement. Les petites bêtes, très colonisatrices, se reproduisent en une semaine. Leur élimination, et l'utilisation fréquente d'un insecticide, est indispensable à la vie du cheptel. La nouvelle de l’apparition de ce produit se répand donc chez les éleveurs de volaille de la région, et Chickfriend conquiert une grande partie du marché néerlandais (180 élevages), ainsi que cinquante élevages belges. Les deux entrepreneurs refusent de révéler la recette de leur potion magique aux éleveurs qui la leur demandent.

Le pot aux roses est découvert outre-Quiévrain le 2 juin, à l’occasion d’un contrôle de routine de l’agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) dans un pondoir : le produit miraculeux, appelé DEGA16, est en fait un insecticide traditionnel allongé au Fipronil. Cette molécule, apprend-on dans un article du Monde, est un insecticide synthétisé par Rhône-Poulenc, et commercialisé depuis 1993 sous la marque Régent. Mais en 2003, le produit est soumis à un moratoire européen, mis en cause pour sa toxicité pour les abeilles.

 

10 millions d’œufs 

D’où vient ce poison ? L’enquête des inspecteurs de l'Afsca les mène sur la piste de Poultry Vision, une société basée à Weelde, en Belgique toujours, qui fournissait à Chickfriend le produit miraculeux. Poultry Vision se ravitaillait auprès de la Societatea Nationala Institutul Pasteur, située en Roumanie. Si l’on ne sait pas encore si Chickfriend était consciente de la dangerosité du DEGA16, les factures retrouvées à la Poultry Vision attestent du fait que la société agissait en connaissance de cause, explique De Telegraaf. Les 3 000 litres d’insecticides, acquis pour 108 000 euros, y apparaissent sous le nom de « Fypro-rein ».

Le 19 juin, l’Afsca belge avertit son homologue néerlandais. Les Pays-Bas bloquent leur production avicole le 22 juillet, après l’identification de quatre élevages suspects. Entretemps, le 20 juillet, les autorités belges informent les États membres et la Commission européenne au travers du réseau d’alerte européen (RASFF). Trop tard. Dix millions d’œufs potentiellement contaminés sont disséminés majoritairement entre les Pays-Bas, la Suisse, la Belgique, l’Allemagne ou encore la Suède. Les Échos indiquent que la grande surface Aldi a retiré tous ses œufs de la vente en Allemagne, quand Lidl, Rewe et Penny ont choisi de ne détruire que les œufs néerlandais. Les deux principaux supermarchés de Suisse les ont imités, tout comme quatre chaînes en Belgique.

 

Affaire européenne

En France, seulement cinq établissements d'ovoproduits ont reçu des œufs contaminés. Un seul éleveur du Pas-de-Calais a utilisé le fameux insecticide dans ses poulaillers, et les œufs qui en sont issus ont été interceptés avant leur mise sur le marché. « L'Union européenne estime qu'il n'y a aucun risque pour le consommateur s'il ingère moins de 0,009 mg/kg au cours d'un repas ou d'une journée. Pour une personne pesant 60 kg, cela représente 0,54 mg, soit environ huit des œufs présentant la plus forte concentration de Fipronil », indique Le Courrier Picard dans un article détaillé sur les effets de la molécule. Ainsi, seule l’ingestion d’œufs par des enfants pourrait leur faire dépasser le seuil réglementaire, sans que cela soit automatiquement synonyme d’empoisonnement.

Cette affaire d’œufs contaminés est néanmoins prise très au sérieux par les dirigeants européens. Les députés écologistes belges, et notamment Georges Gilkinet, se sont retournés contre leur nouveau ministre de l’agriculture Denis Ducarme, lui reprochant de n’avoir pas tiré la sonnette d’alarme dès juin, plutôt que d’attendre jusqu’à fin juillet. Les responsables belges se sont d’abord défendus en expliquant qu’ils préservaient ainsi le secret de l’instruction. Mais surtout, le ministre de l’agriculture belge a produit dans la matinée du 8 août un rapport de l’Afsca indiquant que les Pays-Bas avaient connaissance depuis novembre 2016 de traces de Fipronil dans les œufs de certaines de leurs exploitations, explique Le Parisien. « Quand un pays comme les Pays-Bas, un des plus gros exportateurs d’œufs au monde, ne transmet pas ce genre d’information, ça pose vraiment problème », a déclaré Denis Ducarme lors d’une audition publique extraordinaire devant des députés belges à Bruxelles. Christian Schmidt, le ministre de l'agriculture allemand, furieux, a déclaré dans un entretien avec le quotidien Bild : « Au regard de ce que l'on sait, quelqu'un a clairement procédé avec une énergie criminelle pour frelater [des œufs] avec un produit interdit. (...) J'attends des autorités compétentes qu'elles élucident [ce dossier] rapidement et minutieusement. En particulier la Belgique et les Pays-Bas en ont ici l'obligation. »

 

« Quid des pizzas et de la mayonnaise ? »

Le député Jean-Marc Nollet, peu convaincu par les explications de son ministre de l'agriculture, a répliqué en produisant la facture de « Fypro-rein » datant de mai 2016. « Potentiellement depuis le mois de mai 2016, le Fipronil est présent dans nos exploitations agricoles. Dire comme le ministre Ducarme le fait qu'il n'y a plus de problème parce que les exploitations ont été fermées, c'est faux. C'est vrai pour juillet 2017 mais pas pour avant », dénonce le parlementaire selon la RTBF, avant d’interroger : « L'entreprise en question, qui a été livrée, est actuellement bloquée mais elle a effectué nombre d'opérations dans des exploitations agricoles depuis mai 2016. Pour l'instant, on ne discute que de la partie visible de l'iceberg. Quid des produits dérivés, les pizzas, la mayonnaise ?»

La faible toxicité du Fipronil est une chance au vu de l’étendue de la catastrophe que cela aurait pu être avec un produit plus nocif. Mais cette affaire met en lumière la lenteur des autorités sanitaires à déceler les anomalies dans la production, le manque de transparence des gouvernements impliqués quand il s’agit de rendre public un scandale sanitaire susceptible de mettre en difficulté leurs entreprises, quand bien même la santé de leurs populations pourrait être en jeu. Ce qui n’est pas très rassurant.

Quant aux deux chefs d'entreprise, ils auraient peut-être dû réviser « La poule aux œufs d'or », de Jean de La Fontaine, dans le texte : 

L’avarice perd tout en voulant tout gagner,
Je ne veux, pour le témoigner,
Que celui dont la Poule, à ce que dit la Fable,
Pondait tous les jours un œuf d’or.
Il crut que dans son corps, elle avait un trésor.
Il la tua, l’ouvrit, et la trouva semblable
A celles dont les œufs ne lui rapportaient rien.
S’étant lui-même ôté le plus beau de son bien.
Belle leçon pour les gens chiches :
Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus,
Qui du soir au matin sont pauvres devenus
Pour vouloir trop tôt être riches ?

 

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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 10:41

 

Comme Helga, 80 ans, 11 % des retraités allemands sont contraints de travailler pour arrondir leurs fins de mois. C'est la conséquence des réformes Schröder du début des années 2000 qui ont accru les inégalités entre les personnes âgées.
Comme Helga, 80 ans, 11 % des retraités allemands sont contraints de travailler pour arrondir leurs fins de mois. C'est la conséquence des réformes Schröder du début des années 2000 qui ont accru les inégalités entre les personnes âgées.

Outre-Rhin, les relations entre les femmes et le monde professionnel sont marquées par la complexité. Les Allemandes sont souvent écartelées entre l'envie de maternité et la volonté de s'épanouir professionnellement. Concilier les deux, dans un contexte de précarisation du marché du travail et de retraites au rabais, relève du défi. 

De notre correspondant en Allemagne.

 

 Clac-Clac... La balayette cogne mollement sur les deux côtés des marches de l'escalier brun. 13 h : bientôt l'heure de la pause pour Helga au 4e étage de cet immeuble du centre de Berlin. Chaque mercredi, elle gravit, le souffle court, les cages d'escalier de quatre immeubles. Rituel laborieux qui la fait se lever à 6 h 30 et traverser la ville en métro.

950 euros de retraite après 44 ans de travail


En guise d'explication, ce petit bout de femme, parlant français avec une pointe d'accent, affirme qu'elle en « a besoin ». D'abord, « parce qu'elle a toujours travaillé » ; ensuite, parce qu'elle manque d'argent, joignant le geste à la parole en frottant son pouce sur son index. Helga a 80 ans. Elle a travaillé 44 ans de sa vie. Sa pension de retraite s'élève, si on peut dire, à 950 euros. Trop peu pour vivre ses vieux jours paisiblement, mais 150 euros de trop pour pouvoir prétendre au complément du minimum vieillesse pour les retraités. En digne héritière de sa mère, une de ces « Trümmerfrauen » (« femmes des ruines ») qui ont rebâti le Berlin bombardé après-guerre, celle qui n'a jamais connu son père a cumulé les boulots d'usine entre deux grossesses. Tissage, conserverie de poisson, façonnage du métal : l'essentiel était de « gagner sa croûte », dit celle qui a « mis ses deux hommes à la porte ». Aujourd'hui, seule, elle dépense presque la moitié de sa pension dans le loyer de son deux-pièces-et-demie situé dans la périphérie de Berlin-Ouest. Pour s'autoriser des extras, comme inviter sa fille au sauna afin de gommer les courbatures du ménage ou offrir des cours de français à l'un de ses huit petits-enfants, elle a donc « besoin » de la corvée du mercredi.

Le nombre de retraités actifs a doublé en dix ans


Dans un Berlin où la gentrification renchérit la vie, beaucoup de gens sont à la peine pour finir leur existence dans la dignité. La situation d'Helga est loin d'être une exception. Selon l'Institut fédéral de la statistique allemand, le nombre de retraités contraints de travailler a doublé en dix ans, soit 11 % des plus de 65 ans. Les réformes Schröder du début des années 2000 étaient motivées par l'ambition de sauver le système par répartition, menacé par le vieillissement de la population. Au menu : baisse des taux de cotisation et allongement progressif de la durée du travail. Cette réforme du chancelier social-démocrate a finalement eu pour effet pervers d'accroître les inégalités entre les personnes âgées. Avec des femmes en première ligne des injustices. Dans son livre, l'universitaire Kristina Vaillant évoque des « travailleuses piégées ». « Le retraité allemand standard est défini par la loi : il a travaillé 45 ans à plein temps, avec un salaire brut moyen de 3.000 euros. Quand il remplit tous ces critères, il perçoit une pension complète. Sinon, il y a des décotes automatiques qui touchent souvent les femmes, car la moitié de celles qui travaillent le font à mi-temps. S'est ajoutée la libéralisation du marché du travail, avec les minijobs, à 10 euros de l'heure ou moins, sans cotisations retraite. Dans ce secteur, il y a deux fois plus de femmes que d'hommes. » Résultat : les femmes perçoivent moitié moins de retraite que les hommes. Sel
on u
ne étude de l'institut Bertelsmann parue fin juin, dans la génération des baby-boomeuses parvenant à la retraite en 2030, la moitié percevra moins de 950 euros par mois, tous revenus complémentaires compris.

« Mère-corbeau »


Même si le travail au féminin est mieux accepté, une dimension culturelle imprègne la conception de la femme au travail : « Une mère ne prenant que deux mois de congés maternité est encore jugée comme une "mère-corbeau" qui abandonne son petit », constate Jutta Allmendinger, la directrice du Centre de recherches sociales (WZB). En théorie, les mères peuvent s'arrêter de travailler pendant un an après la naissance du bébé, en étant rémunérées jusqu'à 70 % de leur salaire. Mais certaines n'hésitent pas à « sacrifier » toute leur carrière professionnelle pour éduquer leurs enfants. Selon Barbara Vinken, auteure du « Mythe de la mère allemande », « la grande majorité des mères croient dans leur mission de rendre le monde meilleur en se consacrant à 100 % à leurs enfants. Les parents allemands estiment qu'"abandonner " un enfant d'un an à une crèche à plein temps est nocif pour son développement ». À 31 ans, Stella, rencontrée dans un café dédié aux enfants, a tiré une croix sur un emploi d'ingénieur pour devenir mère à plein temps d'Emma : « C'est mon métier maintenant, c'est normal ! ». Dans une société qui donne souvent le rôle de soutien de famille au père, beaucoup de villes restent à la traîne pour proposer des structures d'accueil des enfants car le concept d'école maternelle n'existe pas. Il manque 350.000 places de crèches, alors que 500.000 femmes souhaiteraient exercer un métier à temps complet, estime une étude du Parti social-démocrate. Entre impératifs économiques, préjugés culturels et désir d'accomplissement, la femme allemande doit louvoyer pour chercher le juste équilibre. 
 

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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 07:02
Sous Trump, l’Amérique raciste défile et défie à visage découvert
LAURENCE MAURIAUCOURT
DIMANCHE, 13 AOÛT, 2017
L'HUMANITE
Des drapeaux nazis, ouvertement brandis samedi en Virginie : une image qui a fait le tour du monde via les réseaux sociaux.

Des violences entre des partisans de l'extrême droite américaine et des contre-manifestants ont causé la mort d'une, voire trois personnes et fait une vingtaine de blessés samedi à Charlottesville en Virginie. La réaction du président Donald Trump qui a renvoyé les deux camps dos à dos, a suscité de vives réactions, dont celle de l’ex-président Obama. Retour sur les faits.

L’information a ajouté l'indignation samedi : une femme de 32 ans a été tuée lorsqu'une voiture a foncé, volontairement selon des témoins, dans une foule de contre-manifestants venus s'opposer à un rassemblement unitaire de la droite radicale américaine: néo-nazis, suprémacistes blancs, Ku Klux Klan (KKK) jusqu'à la droite alternative ou Alt Right, dont une partie au moins avait soutenu Donald Trump à l'élection présidentielle.

Ce sont même trois morts qui sont dénombrés. "Nous avons des gens qui sont venus ici pour provoquer la confusion, le chaos et le trouble, lesquels ont provoqué trois décès", a en effet déclaré Maurice Jones, directeur municipal de Charlottesville, au cours d'une conférence de presse.

Des affrontements entre manifestants des deux camps s'étaient multipliés avant le rassemblement de Charlottesville, finalement annulé mais trop tard par les autorités de cette petite ville historique de l'est des Etats-Unis.

Donald Trump refuse de condamner explicitement les mouvements d’extrême droite

Le président américain Donald Trump a certes condamné les violences de Charlottesville, mais sans se prononcer sur la responsabilité de l'un ou l'autre des camps en présence. "Nous condamnons dans les termes les plus forts possibles cette énorme démonstration de haine, de sectarisme et de violence venant de diverses parties", a-t-il déclaré depuis son golf de Bedminster (New Jersey), où il passe ses vacances.

En semblant renvoyer dos à dos les deux camps, le président américain a provoqué l'indignation chez les Démocrates mais aussi un malaise chez les Républicains, son propre parti. "La haine et la division doivent cesser, et elles doivent cesser immédiatement", a lancé le président. Interpellé par des journalistes, il a refusé de condamner spécifiquement les mouvements d'extrême droite.

La démocrate Hillary Clinton, battue par Donald  Trump à l'élection présidentielle de 2016, l'a critiqué, sans le nommer. "Chaque minute où nous permettons à cela de se poursuivre par un encouragement tacite ou par inaction est une honte et un danger pour nos valeurs", a-t-elle tweeté.

Le sénateur républicain de Floride, Marco Rubio, est lui aussi intervenu sur Twitter. "Très important pour la nation d'entendre le président décrire les événements de Charlottesville pour ce qu'ils sont, une attaque terroriste menée par des suprémacistes blancs".

Barak Obama cite Mandela

L'ex-président Barack Obama est sorti de sa réserve en citant Nelson Mandela: "Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de ses origines, ou de sa religion".

Dans la soirée, le ministre de la Justice Jeff Sessions a dénoncé pour sa part "l'intolérance raciale et la haine". Les violences de Charlottesville "trahissent nos valeurs fondamentales et ne peuvent être tolérées", a-t-il dit.

Le FBI, la police fédérale, a d’abord annoncé l'ouverture d'une enquête sur les circonstances dans lesquelles la voiture a foncé sur la foule, tuant la jeune femme et blessant 19 autres personnes. Le conducteur du véhicule a été placé en garde à vue et la police traite les faits comme un "homicide criminel", a déclaré le chef de la police de Charlottesville, Al Thomas. Selon la chaîne de télévision CNN, le suspect, James Alex Fields Jr, 20 ans, originaire de l'Ohio, a été inculpé de meurtre, de blessures et de délit de fuite. Trois autres personnes ont été arrêtées et inculpées.

Témoignages

La vidéo montrant une voiture de couleur sombre percutant un autre véhicule par l'arrière, qui lui-même rentre dans une troisième voiture devant lui, a fait le tour du monde. La voiture responsable de la collision repart alors vivement en marche arrière au milieu des manifestants paniqués.

"On marchait dans la rue quand une voiture, une berline noire ou grise, nous a foncé dessus, elle a percuté tout le monde. Puis elle a reculé et nous a encore heurtés", a déclaré un témoin à l'AFP.

"Une fille au sol a été mutilée. C'était volontaire, ils ont fait exprès de faire marche arrière", a raconté un autre homme qui avait assisté à la scène.

L'annonce de ce rassemblement de mouvements d'extrême droite, qui voulaient dénoncer le projet de démontage de la statue d'un général sudiste et favorable à l'esclavage de la guerre de Sécession, suscitait les plus grandes inquiétudes.

Il se présentait comme l'un des plus importants de cette mouvance politique depuis au moins une décennie avec des centaines de participants, selon les organisations antiracistes.

Dès le début de la journée, de nombreux manifestants arboraient des armes semi-automatiques, comme le permet la loi en Virginie. Et devant de premières échauffourées très violentes, les autorités locales décrétaient l'état d'urgence et l'interdiction du rassemblement.

Drapeaux confédérés et salut nazi

De nombreux partisans de l'extrême droite brandissaient des drapeaux confédérés, que beaucoup d'Américains savent être un symbole de racisme, et certains faisaient le salut nazi.

Les militants anti-racistes agitaient des drapeaux du mouvement Black Lives Matter (BLM), qui proteste régulièrement contre les décès de Noirs victimes d'usage excessif de la force par la police. Ils scandaient des slogans comme "Nous disons non à la peur raciste" ou "Pas de nazis, pas de KKK, pas de fascistes aux USA".

Nazis, go home !

La police a fait usage de gaz lacrymogènes, alors qu'un des contre-manifestants, battu à coups de bâton et de barres en métal, était abandonné baignant dans son sang.

En fin d'après-midi, le centre de Charlottesville était pratiquement désert à part une forte présence des forces de sécurité.

Dans la soirée, le gouverneur de Virginie a attaqué les groupes d'extrême droite. "J'ai un message pour tous les suprémacistes blancs et les nazis qui sont venus aujourd'hui à Charlottesville. Notre message est simple et clair. Rentrez chez vous. Vous n'êtes pas les bienvenus dans cette belle communauté", a-t-il dit.

Si les autorités locales ont finalement fait état d’un bilan de trois morts et 35 blessés, c’est qu’elles y incluent le décès de deux policiers morts dans la chute de leur hélicoptère près de Charlottesville sans qu'un lien explicite avec les affrontements ne soit formellement établi.

Le gouverneur de Virginie Terry McAuliffe en était venu à déclarer l'état d'urgence en raison de la violence des affrontements qui opposaient des centaines de manifestants et de contre-manifestants avant même le début du rassemblement d'extrême droite. Intitulé "Unite the Right Rally", il réunissait des groupes de la droite radicale et identitaire, dont le Ku Klux Klan et des néonazis.

Ces groupes entendaient dénoncer le projet de Charlottesville de déboulonner dans un jardin municipal la statue du Général Lee, un gradé sudiste fervent pro-esclavagiste.

Des centaines de manifestants et de contre-manifestants étaient arrivés dans la matinée à Charlottesville, une ville de l'est de Etats-Unis. Des échauffourées entre les deux camps ont rapidement éclaté, malgré le déploiement de la police anti-émeutes et de la garde nationale.

Des événements prévisibles... 

Le 8 juillet dernier, quelques dizaines de membres encapuchonnés du Ku Klux Klan s'étaient déjà rassemblés dans cette ville décrite comme paisible. Les militants antiracistes se trouvant là furent bien plus nombreux. L’extrême-droite nationaliste, sans aucun doute décomplexée et boostée depuis que Donald Trump s’est installé à la Maison Blanche est apparue davantage rassemblée ce samedi 12 août.

Dans ce contexte, l’on mesure d’autant plus la pertinence du discours prononcé par Angela Davis, lors d’une manifestation féministe et antiraciste, dans les premiers jours après l’élection de Donald Trump.     

Lire aussi: 

Charlottesville : Trump critiqué pour ne pas avoir assez dénoncé les suprémacistes blancs
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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 05:43

Rassemblement à Trébeurden le dimanche 13 août 2017 des opposants à l'extraction de sable en Baie de Lannion.
 

Cette petite vidéo que j'ai réalisé ce matin est dédiée à Emmanuel Macron qui passe ses vacances en ce moment à Marseille, bien loin de Trébeurden.

 

Pierre – Yvon BOISNARD

 

 

 

 

 

 

«Pilleurs de sable»: La ruée vers l’or jaune

 

Quand il n’est pas, de façon « légale », ramassé à la pelle, quand il n’est pas aspiré dans la mer au moyen de bateaux-dragueurs, le sable est pillé. Depuis quelques années, les fabricants de béton, les cimentiers, les entreprises de l’industrie agro-alimentaire, les fabricants de verre se ruent vers le sable. Les pays émergeants, la chine construisent partout, les demandes explosent. Les carrières ont pour la plupart été fermées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TREBEURDEN 22 : NON A L EXTRACTION DU SABLE

 

Une vidéo plus ancienne.

 

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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 05:40

 

L'ouverture des États généraux de l'alimentation a eu lieu en grandes pompes, avec une volonté de grand battage médiatique. Pour diversion ? Les dernières décisions gouvernementales ne laissent en effet entrevoir aucune volonté de répondre à la nécessaire augmentation du pouvoir d'achat des citoyens. Elles ne s'attaquent pas plus aux chantiers urgents de la rémunération du travail paysan et des salarié-e-s.

Marchés, investissements, compétitivité semblent seuls préoccuper le Ministre de l'agriculture, alors que les producteurs manifestent et revendiquent massivement, depuis des années, pour une juste rémunération de leurs produits. La nouvelle répartition des aides européennes annoncée par le ministère, déjà en contradiction avec l'objectif affiché par les États généraux, ne fait même qu’accroître la mise en danger des exploitations familiales et paysannes.

De son côté le Président de la République annonce tout haut ce que les pouvoirs précèdents n'ont pas osé « Le monde agricole doit se transformer, le monde de la distribution doit l'accompagner »

Le PCF considère, lui, que l'encadrement des marges de la grande distribution est un des premiers leviers majeurs et prioritaires d'une nouvelle ambition pour un véritable modèle agricole repensé.

Produire une alimentation saine, accessible à tous pour rompre ainsi la fracture alimentaire, tout en vivant dignement de son travail, engager la transition écologique de l'agriculture, et promouvoir un aménagement équilibré des territoires, nous pensons que c'est possible et urgent !

Moins cher pour les consommateurs, plus rémunérateur pour les producteurs, le circuit court à prix juste, 
la population est invitée à en discuter... et à en bénéficier lors de la grande vente solidaire de fruits et légumes organisée, comme chaque année, par les communistes et par les agriculteurs de MODEF (Confédération syndicale agricole des exploitants familiaux).

Cette année rendez-vous est donné, à toutes et tous, à partir de 8h,

Jeudi 17 août, place de la Bastille à Paris, et dans beaucoup de villes d'Ile-de-France, chacune ayant souvent plusieurs points de vente

 

Mais aussi les 1er et 2 septembre dans le Territoire de Belfort, dans le Jura, les 22, 23 et 24 septembre en Isère…(programme complet sur demande )

Au total une centaine de points de vente solidaire, d'août à septembre, seront ainsi organisés en France, des initiatives de solidarité concrète du PCF et l'occasion pour le monde agricole, les salariés, les citoyens, consommateurs de se rencontrer pour échanger des idées, des projets et construire le nouveau modèle agricole et alimentaire responsable et solidaire dont nous avons besoin.

 

 

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13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 09:35
Fête de l'Humanité 2017: Pour être bénévole sur le stand de la fédération PCF Finistère, inscrivez-vous!
Fête de l'Humanité 2017: Pour être bénévole sur le stand de la fédération PCF Finistère, inscrivez-vous!

Cette année encore, la plus grande fête politique, sociale et musicale de France - la fête de l'Humanité, qui accueille chaque année entre 500 000 et 600 000 visiteurs sur 3 jours - va être un moment exceptionnel sur le plan humain, politique et festif, le grand rendez-vous de la rentrée pour construire et amplifier la résistance populaire aux politiques capitalistes et libérales de Macron et de ses appuis du Medef, et tracer des perspectives pour une alternative à gauche. 

Fête du journal L'Humanité, indispensable à sa survie et son rayonnement, fête des militants communistes élargie à toute la gauche, la fête de l'Humanité, qui tient sa 82e édition cette année au parc départemental de la Courneuve les vendredi 15, samedi 16, et dimanche 17 septembre, est en même temps une énorme fête populaire et internationale, où l'on mange bien, où l'on boit bien, où l'on s'amuse, où la jeunesse est très présente, où tous les métissages sont les bienvenus. 

Le stand du Finistère accueillera cette année encore plus d'un millier de visiteurs, fonctionnant grâce à 70 bénévoles environ, dans la joie et la bonne humeur. 

Si vous avez envie d'en être, inscrivez-vous en remplissant la fiche d'inscription jointe, que vous soyez adhérent ou pas du PCF. Nous avons besoin de monde sur plusieurs postes de travail. Et nous sommes surtout heureux de travailler avec une grande diversité de personnalités et de générations dans un esprit de solidarité et de partage. 

La vignette de la fête de l'Humanité est disponible avant le jeudi 14 septembre sous forme de bon de soutien (donnant droit à l'entrée pour les 3 jours) disponible auprès des militants communistes de votre section. Ce bon de soutien coûte 25€ contre 35€ à l'entrée, en FNAC ou en magasin. 

Des militants communistes finistériens le vendent tout en faisant la promotion de la fête de l'Humanité dans tous les festivals du département: ces dernières semaines, aux Vieilles Charrues à Carhaix, au Festival du Bout du Monde à Crozon, aux Jeudis du Port à Brest,à la Fête du Bruit à Landerneau, au Festival de Cornouaille à Quimper. 

Alors n'hésitez pas à nous contacter pour être bénévole sur le stand PCF Finistère de la fête de l'Humanité, vous pourrez profiter des spectacles, des autres stands et de l'ambiance tout en travaillant sur des plages de 4 heures au stand, et en étant hébergés en tente à l'arrière du stand.   

Pour l'instant, une cinquantaine de bénévoles sont déjà inscrits pour travailler sur le stand du Finistère. 

fête de l'Humanité 2016 sur le stand du Finistère

fête de l'Humanité 2016 sur le stand du Finistère

Fête de l'Humanité 2017: Pour être bénévole sur le stand de la fédération PCF Finistère, inscrivez-vous!
Fête de l'Humanité 2017: Pour être bénévole sur le stand de la fédération PCF Finistère, inscrivez-vous!
Fête de l'Humanité 2017: Pour être bénévole sur le stand de la fédération PCF Finistère, inscrivez-vous!
Fête de l'Humanité 2017: Pour être bénévole sur le stand de la fédération PCF Finistère, inscrivez-vous!
http://fete.humanite.fr/
3 jours de concerts, de débats, la plus belle des fêtes populaires ! 
Vous retrouverez sur la Grande Scène : 
▬ Vendredi ▬ 
♪ Jahneration 
♪ Flavia Coelho 
♪ Gojira 
♪ L'âge d'or du rap français 
♪ Feder 

▬ Samedi ▬ 
♪ Gavin James
♪ Un air deux familles 
♪ Dub Inc 
♪ S-Crew 
♪ Trust 
♪ Iggy Pop 

▬ Dimanche ▬
♪ Les soeurs Berthollet 
♪ Renaud 

 

Fête de l'Humanité 2017: Pour être bénévole sur le stand de la fédération PCF Finistère, inscrivez-vous!
Fête de l'Humanité 2017: Pour être bénévole sur le stand de la fédération PCF Finistère, inscrivez-vous!
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