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5 octobre 2021 2 05 /10 /octobre /2021 19:05
Photo CGT, 5 octobre 2021

Photo CGT, 5 octobre 2021

Photo CGT 5 octobre 2021

Photo CGT 5 octobre 2021

Photo CGT 5 octobre 2021

Photo CGT 5 octobre 2021

(Photo Pierre-Yvon Boisnard, 5 octobre 2021)

(Photo Pierre-Yvon Boisnard, 5 octobre 2021)

(Photo Pierre-Yvon Boisnard, 5 octobre 2021)

(Photo Pierre-Yvon Boisnard, 5 octobre 2021)

(Photo Pierre-Yvon Boisnard, 5 octobre 2021)

(Photo Pierre-Yvon Boisnard, 5 octobre 2021)

Roger et Florence Héré de la CGT et du PCF (Photo Pierre-Yvon Boisnard, 5 octobre 2021)

Roger et Florence Héré de la CGT et du PCF (Photo Pierre-Yvon Boisnard, 5 octobre 2021)

(Photo Pierre-Yvon Boisnard, 5 octobre 2021)

(Photo Pierre-Yvon Boisnard, 5 octobre 2021)

(Photo Pierre-Yvon Boisnard, 5 octobre 2021)

(Photo Pierre-Yvon Boisnard, 5 octobre 2021)

(Photo Pierre-Yvon Boisnard, 5 octobre 2021)

(Photo Pierre-Yvon Boisnard, 5 octobre 2021)

Discours d'Yvan Le Gall pour la CGT à la manifestation intersyndicale du 5 octobre au côté notamment de Sébastien Menès de Sud (Photo Pierre-Yvon Boisnard, 5 octobre 2021)

Discours d'Yvan Le Gall pour la CGT à la manifestation intersyndicale du 5 octobre au côté notamment de Sébastien Menès de Sud (Photo Pierre-Yvon Boisnard, 5 octobre 2021)

Discours de Sébastien Menès pour Sud Solidaires (Photo Pierre-Yvon Boisnard, 5 octobre 2021)

Discours de Sébastien Menès pour Sud Solidaires (Photo Pierre-Yvon Boisnard, 5 octobre 2021)

Photo d'Yvan Le Gall (I Dupont)

Photo d'Yvan Le Gall (I Dupont)

Photo I Dupont

Photo I Dupont

Photo I Dupont

Photo I Dupont

(Photo Pierre-Yvon Boisnard, 5 octobre 2021)

(Photo Pierre-Yvon Boisnard, 5 octobre 2021)

(Photo Pierre-Yvon Boisnard, 5 octobre 2021)

(Photo Pierre-Yvon Boisnard, 5 octobre 2021)

photo I Dupont

photo I Dupont

photo I Dupont

photo I Dupont

(Photo Pierre-Yvon Boisnard, 5 octobre 2021)

(Photo Pierre-Yvon Boisnard, 5 octobre 2021)

Photo CGT - 5 octobre 2021

Photo CGT - 5 octobre 2021

Les camarades du PCF au premier plan (Photo Pierre-Yvon Boisnard, 5 octobre 2021)

Les camarades du PCF au premier plan (Photo Pierre-Yvon Boisnard, 5 octobre 2021)

Photos de la manif intersyndicale du 5 octobre 2021 à Morlaix: 300 manifestants ont défilé pour l'augmentation des salaires, les retraites, l'emploi et les conditions de travail
(Photo Pierre-Yvon Boisnard, 5 octobre 2021)

(Photo Pierre-Yvon Boisnard, 5 octobre 2021)

Manif à Morlaix ce matin pour les salaires, les retraites, l'emploi et les conditions de travail à l'appel de l'intersyndicale. Un défilé jusqu'au Poulliet en revenant par l'allée du Poan Ben et les Jacobins.

Environ 300 manifestants, des travailleurs et des retraités, des citoyens, des militants de la CGT, de la FSU, de Sud, de FO et des militants communistes bien sûr!

Et 500 manifestants à Quimper, 1000 à Saint-Brieuc, 1500 à Brest, 2500 à Rennes, 800 à Lorient, 270 à Lannion, 150 à Guingamp, 250 à Vannes, 150 à Pontivy, en tout + de 7000 en Bretagne administrative.

***

 

 

Ouest-France, 5 octobre 2021 - Gaëlle Collin

« On demande de quoi vivre » : à Morlaix, 260 personnes mobilisées ce mardi 5 octobre

​L’intersyndicale avait appelé à la manifestation, ce mardi 5 octobre 2021. À Morlaix (Finistère), 260 personnes se sont mobilisées, et ont déambulé dans le centre-ville. Les revendications étaient larges : la défense du pouvoir d’achat, la revalorisation des salaires et des retraites.

« Dans le pays de Morlaix (Finistère) et Landivisiau, les services de santé sont à la peine. HOP ! dont l’avenir est incertain, Bosch où la situation est compliquée », détaillaient les représentants de l’intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaires, FIDL, MNL, Unef et UNL, pour expliquer leur appel à manifester. Ce mardi 5 octobre 2021, ils étaient 260 à défiler dans les rues du centre-ville pour défendre leur pouvoir d’achat, l’emploi et les retraites.

Dans le cortège, des salariés de l’hôpital et de HOP !, des enseignants, des retraités, des agents du médico-social, ainsi que quelques représentants de partis politiques. Les revendications étaient multiples, allant de la revalorisation salariale à celle des retraites, en passant par l’opposition à la réforme de l’assurance-chômage, entrée en vigueur vendredi 1er octobre 2021.

« Nos conditions de travail sont dégradées »

Parmi les mobilisés, des travailleurs du médico-social. « On nous dit qu’on est soignants, lorsqu’on est soumis à l’obligation vaccinale contre le Covid. Mais on n’est plus considérés comme tel lorsqu’on exige des revalorisations salariales », soulignent, ironiquement, des salariés des Genêts d’or. Ils n’ont pas eu le droit, contrairement à leurs confrères de la fonction publique hospitalière, à la prime de 183 € mensuelle prévue par le Ségur de la santé.

« On demande de quoi vivre, poursuivent-ils. Notre point d’indice est gelé depuis dix ans, sauf que le coût de la vie a augmenté. Être payé 1 300 € pour être aide-soignant, ce n’est pas possible ! Nos conditions de travail sont dégradées et résultat, on a des difficultés de recrutement. Nos métiers ne sont plus attractifs. »

Communiqué de la section du pays de Morlaix du PCF

3 octobre 2021

La section du Pays de Morlaix du PCF appelle à  participer massivement à la manifestation syndicale du 5 octobre à 11 h place des otages à Morlaix

Augmentez les salaires et les retraites !
C’est le slogan qui marquera la manifestation du 5 octobre pour les emplois, les salaires et les conditions de travail et d’études.
Et les raisons de manifester ne manquent pas quand on sait que le SMIC vient d’augmenter de 2% seulement quand la rémunération des grands patrons progresse de 30% et que celle des grands actionnaires est de l’ordre de 40%.
Les familles populaires ont déjà bien du mal à boucler les fins de mois mais elles subissent aujourd’hui des hausses insupportables : denrées alimentaires, tarifs de l’énergie avec une nouvelle augmentation de 12,6 % du prix du gaz au 1er octobre (soit une augmentation de 57 % depuis le début de l’année), augmentation du prix de l’électricité et envolée du prix des carburants à la pompe.
Le député communiste Sébastien Jumel vient de proposer d’appliquer un taux réduit de TVA sur le gaz comme sur tous les produits de première nécessité. Une telle mesure permettrait effectivement de soulager dans l’urgence des millions de familles.

A cela se rajoute l'ignominie de la réforme de l'assurance chômage ! Le Président de la République et son Premier ministre ont donc décidé d'imposer la mise en œuvre de la contre-réforme de l'assurance-chômage en ce 1er octobre, malgré l'unanimité qu'elle rassemble contre elle.

Selon les chiffres de l'Unedic, avec l'entrée en vigueur de celle-ci, 1,15 millions de personnes vont ainsi voir aujourd'hui leurs droits baisser drastiquement, en moyenne de 17 % et jusqu'à 40 % pour les 400.000 les plus précaires, dont de nombreux jeunes. 50% des allocataires touchent moins de 860 euros par mois : Comment oser dire que l'on gagne plus au chômage qu'en travaillant !
Cette décision est une ignominie à l'égard des salariés concernés, jugés coupables d'un chômage dont seuls sont responsables les gouvernements successifs et le MEDEF

5 bonnes raisons de manifester

EMPLOIS

- Pour exiger la suspension des plans de suppressions d'emploi
- Pour le conditionnement des aides publiques au maintien et à la création d'emplois stables
- Pour exiger la création des emplois nécessaires pour répondre aux besoins dans les hôpitaux, les Ehpad... et dans l'ensemble de la fonction publique

AUGMENTATION DES SALAIRES
- Pour donner les moyens à toutes et tous de vivre dignement de leur travail et relancer l'économie via la consommation des ménages

DEVELOPPEMENT DE L'INDUSTRIE

- Pour conditionner les aides publiques aux entreprises à des critères sociaux et environnementaux et en assurer leurs contrôles par les représentants des personnels
- Pour maintenir et relocaliser les activités stratégiques sur le territoire
- Pour relancer la recherche et l'innovation à hauteur de 3 % du PlB

SERVICES PUBLICS

- Pour gagner des moyens pour les services publics de l'éducation, la santé, les transports, l'eau, de l'énergie... afin qu'ils répondent aux besoins de la population et aux défis de
demain

CONDITIONS DE TRAVAIL

- Pour une baisse du temps de travail hebdomadaire
- Pour le droit à la déconnexion et à l'encadrement du télétravail
- Pour l'ouverture des droits à la retraite à 60 ans à taux plein
- Pour la reconnaissance de la pénibilité

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5 octobre 2021 2 05 /10 /octobre /2021 09:22

 

Le chef de l’État « nous mène dans le mur », affirme Guillaume Duval. Dans « l’Impasse », le journaliste spécialiste des questions économiques étrille le système de pensée macroniste, un paradigme élitiste, ultralibéral et déficient. ENTRETIEN.

Ingénieur de formation, Guillaume Duval a longtemps travaillé pour des multinationales, avant d’embrasser la carrière de journaliste et rejoindre le mensuel « Alternatives économiques », dont il fut rédacteur en chef. Cet ex-membre du Conseil économique, social et environnemental (Cese) cherche, dans son nouvel ouvrage, à nous désintoxiquer de l’imaginaire libéral.

 

Dans votre ouvrage, vous avancez que le « péché originel » de Macron, c’est d’appartenir à « l’aristocratie d’État ». En quoi cela explique ses choix politiques ?

GUILLAUME DUVAL En France, l’État-nation s’est construit d’en haut par la mise en place d’un appareil d’État. Historiquement, celui-ci n’est pas au service de la population, mais au service du prince. Cela se traduit par le développement d’une sorte d’aristocratie diplômée : les énarques qui sont à la tête des grands corps de l’État, mais sont aussi souvent parachutés à la tête de grandes entreprises privées. Le propre de ces élites, c’est de penser qu’elles savent mieux que le peuple ce qui est bon pour lui.

Comme François Hollande, Emmanuel Macron est le produit de cette aristocratie, mais il marque une étape supplémentaire: c’est « l’énarchie », à la fois de droite et de gauche, qui se débarrasse des partis de gouvernement pour exercer le pouvoir directement. De cela découle sa manière de diriger, en faisant fi des corps intermédiaires : on retourne à une logique purement bonapartiste, verticale, descendante et autoritaire, parfois antidémocratique. Il se prend pour un Bonaparte qui serait un général d’armée civil.

Prenez la polémique sur les chèques d’allocation rentrée. Emmanuel Macron et l’aristocratie républicaine qu’il incarne se caractérisent par un mépris des classes populaires. Il y a l’idée que les pauvres ne savent pas se comporter avec l’argent qu’on leur donne, tandis que l’élite qui sort des mêmes écoles qu’eux est forcément rationnelle et vertueuse.

 

Le président a misé sur la baisse des dépenses publiques. En quoi est-ce une erreur ?

GUILLAUME DUVAL Dans le monde, les vrais ultralibéraux sont souvent des hauts fonctionnaires qui ne comprennent pas l’économie de marché et son fonctionnement. Ce sont eux qui ont donné, un peu partout, la priorité à la baisse des dépenses publiques, dans le sillon du consensus de Washington, de Reagan, Thatcher... Emmanuel Macron et l’inspection des finances par laquelle il est passé sont sur cette ligne-là depuis quarante ans. Le problème, c’est que cela repose sur une analyse qui est fausse. Nos sociétés ont au contraire de plus en plus besoin de biens publics pour pouvoir fonctionner. Vouloir abaisser l’emploi public, c’est se tirer une balle dans le pied. On dépense, par exemple, deux fois moins que la plupart de nos voisins pour le fonctionnement de la justice. Il n’y a vraiment pas de quoi être fier tant c’est contre-productif.

On peut certes accorder à Macron d’avoir su laisser filer les dépenses pendant la crise, même si le « quoi qu’il en coûte » est resté très inégalitaire, avec beaucoup pour les entreprises et très peu pour les très pauvres. De toute façon, ce n’était visiblement que passager. Il entend désormais reprendre sans délai la baisse des dépenses relatives à l’assurance-chômage ou aux retraites. Il ne comprend pas que la dégradation des services publics est négative, y compris pour l’économie privée : si l’école marche mal, si le système de santé ou judiciaire est défaillant, c’est mauvais pour les affaires.

J’ajoute que la dépense publique est un des outils qui permet à la France de corriger des inégalités territoriales fortes, chose dont ne se soucie guère le président, puisqu’il est élu par des couches urbaines et privilégiées.

 

La fin du « quoi qu’il en coûte » est justifiée, selon Macron, par la nécessité de rembourser la dette…

GUILLAUME DUVAL Je n’ai jamais été vraiment partisan de laisser filer la dette publique. Ceux qui laissent filer la dette publique sont des gens de droite qui préfèrent emprunter aux riches plutôt que de leur faire payer des impôts. En réalité, il est tout à fait possible de diminuer les déficits en taxant davantage les plus fortunés, d’autant plus que ceux-ci se sont enrichis pendant la crise.

 

Autre erreur de Macron, selon vous, l’obsession du « travailler plus ». On le voit avec le discours sur les retraites ou encore la remise en cause des 35 heures.

GUILLAUME DUVAL La France compte 6,4 millions d’inscrits au chômage. Dans un contexte pareil, dire que la priorité est d’allonger le temps de travail de ceux qui ont déjà un emploi, notamment à temps plein, c’est une aberration. Cela ne peut se faire qu’aux dépens du chômage. Encore une fois, cette idée provient d’une analyse qui est fausse : on travaillerait moins en France que dans les autres pays développés. Ce n’est pas vrai. Nous travaillons en moyenne 34,8 heures par semaine. Au Danemark (32,9), en Allemagne (34,6), ou aux Pays-Bas (30,1), c’est moins. C’est dû notamment au fait que les femmes, dans ces pays, et singulièrement en Allemagne, travaillent souvent en temps partiel ou très partiel. C’est donc l’effet d’une répartition encore plus inégalitaire que chez nous du temps de travail entre les hommes et les femmes. Chez nous, ce genre de compromis social est inacceptable et inaccepté, ce qui est très bien comme ça.

Donc la solution reste la réduction du temps de travail des salariés à temps plein, ce qu’on avait fait avec les 35 heures et qui avait bien fonctionné, contrairement à l’idée reçue. Il y a une mauvaise perception des 35 heures, car cela revient à dire aux salariés de se serrer un peu la ceinture pour laisser de la place aux chômeurs. Vous faites 3 millions d’heureux et 30 millions de mécontents qui ne voient pas les effets positifs d’une telle réforme.

 

Il faut donc passer aux 32 heures, comme le proposent le PCF ou Jean-Luc Mélenchon ?

GUILLAUME DUVAL Les 35 heures ayant laissé un souvenir assez négatif malgré leur succès, il faut peut-être envisager d’autres options. Par exemple, instaurer six mois de congé sabbatique rémunéré tous les cinq ans, ou un an de congé sabbatique tous les dix ans. Cela correspond à une baisse de 10 % du temps de travail et pourrait répondre davantage à la demande sociale, comme celle de pouvoir partir en vacances longues avant la retraite…

Lire aussi : Temps de travail : et si c'était l'occasion de passer aux 32 heures ?

 

Imaginons que Macron achève son mandat en 2022 en perdant les élections. Comment résumeriez-vous la France qu’il laisserait ?

GUILLAUME DUVAL C’est une France qui n’aura pas été renforcée sur le plan économique, avec un système de santé fragile, une université dans un état déplorable, une école profondément inégalitaire. Elle n’a pas beaucoup avancé sur la question environnementale, car celle-ci nécessite de lutter contre les inégalités. Au contraire, la société est davantage éclatée, socialement et territorialement. Elle est aussi plus violente, plus défiante à l’égard des institutions, alors que, parallèlement, se développe l’autoritarisme d’État. En résumé, c’est une France mûre pour basculer vers l’alliance de la droite radicalisée et de l’extrême droite, si les gauches et les écologistes échouent à se réunir d’urgence et à offrir une alternative.

 


Icon Education « L’Impasse. Comment Macron nous mène dans le mur », de Guillaume Duval. Éditions les Liens qui libèrent, 160 pages, 14,50 euros.

 

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5 octobre 2021 2 05 /10 /octobre /2021 06:00
Dupuis, 23,50€ - à vendre dans toutes les bonnes librairies!

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Il y a quelques semaines est sorti le premier tome d'une série de bande dessinée sur la vie extraordinaire de Madeleine Riffaud, résistante, communiste, journaliste, militante anticolonialiste, sur un scénario de Jean-David Morvan et Madeleine Riffaud, et avec des dessins somptueux de Dominique Bertail. 

Ce premier volet de "Madeleine, Résistante", "La Rose dégoupillée", avec des dessins à dominante de couleur bleue, noire, et blanche, des cases de BD qui peuvent atteindre la planche et la page sur du très grand format qui donnent à rêver le paysage et le temps passé, est consacré à l'enfance et à l'adolescence de Madeleine.

Née en 1924, elle grandit avec un père instituteur dans un village de la Somme marqué par la première guerre mondiale, jouant surtout avec les garçons dont elle aime partager les aventures.

Sous le Front Populaire, elle découvre les joies des vacances dans le futur village martyr d'Oradour-sur-Glane. Pendant l'exode, son grand-père adoré la recueille, elle est envoyée chez une amie pacifiste de ses parents, trop complaisante avec les Allemands, à Amiens. A la mort de son grand-père, Madeleine contracte la tuberculose, et c'est dans son sanatorium de Saint-Hilaire-du-Touvet non loin de Chalon-sur-Saône, qu'elle découvre la proximité de la mort et de la souffrance, l'amour, et qu'elle rencontre des résistants. Elle s'éprend d'un ami de ses parents, d'origine normande, résistant, et gagne Paris avec lui où elle passe son examen de sage-femme pour se donner une couverture et ne va pas tarder elle-même, à l'automne 42, à rentrer dans un réseau de résistance, sous le nom d'homme de Rainer, référence au poète allemand Rainer Maria Rilke, dont la BD rappelle qu'il "est décédé d'une leucémie après s'être piqué avec une épine de rose", la fleur préférée de Madeleine.   

L'épilogue de cette BD pleine de souffle et de poésie raconte de manière drôle et émouvante la rencontre du scénariste Jean-David Morvan et de Madeleine Riffaud, et comment la résistante et militante communiste, journaliste et essayiste, presque centenaire, a subjugué l'auteur de BD par son humour, sa vivacité et son intelligence, alliés à la force de caractère.  

Début 1944, elle entre en même temps au Parti communiste et dans la lutte armée. Elle apprend le massacre d’Oradour-sur-Glane, village de sa jeunesse. « Je pensais à cela quand je pédalais dans Paris, aux brûlés vifs que je connaissais. Éluard parlait des “armes de la douleur”. C’était exactement cela.

Madeleine Riffaud sera responsable des étudiants résistants FTP du quartier latin en 1944. Le 23 juillet 1944, elle abat en plein jour de deux balles dans la tête un officier de l'armée d'occupation sur le pont de Solferino. Prenant la fuite à vélo, elle est rattrapée et renversée par la voiture du chef de la milice de Versailles, puis envoyée au siège de la Gestapo rue des Saussaies où elle est torturée par des allemands et des français collaborateurs, puis condamnée à mort. Elle saute du train qui l'envoie en déportation à partir de la prison de Fresnes et reprend le combat dans la compagnie Saint-Just, attaquant notamment un train rempli de troupes allemandes arrivant aux Buttes Chaumont (gare Ménilmontant). Madeleine a 20 ans lors de la Libération de Paris et reçoit le brevet de lieutenant FFI le 23 août 1944.

A la Libération, elle devient l'amie d'Eluard et de Picasso, qui fait un portrait d'elle pour illustrer son premier recueil de poésie. Elle devient grand reporter à L'Humanité et amie avec le révolutionnaire communiste vietnamien Ho Chi Minh.

Un article de l'Humanité en 2012, "Madeleine Riffaud, des toits de Paris aux rizières du Vietnam", raconte magnifiquement la suite des aventures de Madeleine:

"Car, à partir de 1964, Madeleine Riffaud devient Chi Tam, la 8e sœur. Elle est l’une des rares occidentales à être acceptée dans les maquis viêt-cong, et devient une combattante à part entière de la résistance vietnamienne. « Ce que j’ai vu au Sud-Vietnam » affiche la une de l’Humanité en novembre 1970, dont le reportage révèle au monde l’horreur de la répression. « Con Son, Tan Hiep, Thu Duc, Chi Hoa… Il nous faut retenir ces noms car, jadis, pour les résistants victimes des nazis, l’enfer a duré cinq ans. Or au Sud-Vietnam, le même enfer dure depuis quinze ans », écrit-elle en 1972, au cœur d’un papier qui dénonce les atrocités commises par l’administration américaine. « Voilà la démocratie de Nixon, conclut-elle. Voilà la paix que les vaincus, en s’en allant, voudraient accorder à des hommes, des femmes estropiés à vie par les tortures sans fin… » Et elle sait de quoi elle parle : « Le drame est d’être passée de la Résistance aux guerres coloniales. J’ai été correspondante de guerre pour dire mon horreur des conflits. » « On disait des Viêt-cong : ce sont des hommes sans visage. » Ces combattants de l’ombre retrouvent le sourire devant l’objectif de Madeleine Riffaud, qui s’attache à leur redonner une identité. Dans ces déluges de violences qu’elle décrit, la poésie n’est jamais loin, derrière une description des rizières vietnamiennes ou des images de typhons, autant de métaphores de la mort, omniprésente. La couverture de la guerre d’Algérie la ramène rue des Saussaies, où la police française torture les militants du FLN, là même où elle a connu l’enfer. Le 7 mars 1961, l’Humanité sort avec une page blanche, marquée en son centre de ce seul mot : « Censuré ». À l’origine de la saisie, un article de Madeleine Riffaud sur les tortures pratiquées à Paris, qui déclenche la fureur du préfet de police, Maurice Papon, qui porte plainte en diffamation et demande des dommages et intérêts. Elle réchappe de peu à un attentat de l’OAS et passe plusieurs mois à l’hôpital.

En 1973, Madeleine Riffaud emprunte une nouvelle identité et repousse toujours plus loin les limites de l’investigation. Elle devient Marthe, se fait embaucher dans un hôpital parisien comme aide-soignante. Elle récure les sols, prodigue les soins aux patients, veille la nuit des mourants anonymes. De cette expérience, elle en tire un récit lucide et tendre sur l’univers hospitalier, les Linges de la nuit, sur ce qui se joue sous les draps blancs, quand l’imminence de la mort rebat les cartes des rapports humains. Car comme le disait d’elle Jean Marcenac, « Madeleine Riffaud est un poète qui a pris résolument le parti de s’exprimer par le journal… Elle a toute seule créé ce qu’il faut bien nommer un genre et, finalement, elle a parfaitement réussi».

Ismaël Dupont, 5 octobre 2021

A voir aussi:

Les 7 vies de Madeleine Riffaud - Bande annonce du documentaire biographique réalisé par Jorge Amat sur la résistante communiste et grand reporter de l'Humanité Madeleine Riffaud.

Madeleine Riffaud, Résistante - La Rose dégoupillée - une BD somptueuse de Dominique Bertail et Jean-David Morvan
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4 octobre 2021 1 04 /10 /octobre /2021 09:13

 

 

Blocage des prix, baisse de la TVA, nationalisation… Face à l’envolée des prix du gaz de 12,6 % prévue ce vendredi, nombre de propositions se sont invitées dans le débat. Le premier ministre s’est contenté d’annoncer jeudi un « lissage » des tarifs sur les mois à venir.

C’est la goutte de trop. Une goutte qui ne pèse pas moins de 12,6 % sur les factures de gaz à partir de ce vendredi. Un nouveau record qui porte le total de la hausse des tarifs réglementés, depuis janvier, à 57 % ! Sans compter le prix de l’essence qui se rapproche des 2 euros le litre, et le coût des produits agricoles et alimentaires en augmentation de 8,2 % cet été. Mais ce n’est pas tout. La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a déclaré, avant l’intervention de Jean Castex ce jeudi, que la prochaine élévation des prix de l’électricité serait « aux alentours des 12 % ».

Face à cette situation intenable pour des millions de Français, le premier ministre a annoncé jeudi soir au journal télévisé de 20 heures que le gouvernement a décidé de « bloquer » les augmentations à venir… sauf celle prévue pour le gaz ce vendredi. L’explication est laborieuse : « Les experts prévoient à nouveau 30 % d’augmentation du prix » d’ici la fin de l’année, a commencé l’hôte de Matignon. Et de poursuivre : « Les mêmes experts expliquent que l’on va avoir à partir du printemps une forte baisse des prix du gaz. » Conclusion de l’exécutif : les Français paieront bien la facture mais étalée sur l’ensemble de l’année. « Nous répercuterons la hausse d’aujourd’hui sur une moindre baisse après », résume Jean Castex.

Début d’un casse-tête pour la Macronie

Une façon de donner le change, juste avant l’échéance, alors que la pression monte depuis des jours sur un exécutif hanté par le spectre des gilets jaunes et soucieux des élections à venir. « Je demande une chose au président de la République, il peut le mettre en œuvre tout de suite : bloquer les prix de l’électricité et du gaz », a lancé le candidat à la présidentielle Fabien Roussel, dès le 23 septembre. Mais le député du Nord a dénoncé une « charlatanerie » à propos de l’annonce du premier ministre. Les autres forces de gauche ne sont pas en reste. Mardi, à l’occasion des questions au gouvernement, les interpellations se sont multipliées. « Alors que 8 millions de Français font déjà la queue à l’aide alimentaire, combien d’autres devront arbitrer cet hiver entre le loyer, le chauffage, les repas afin de payer les factures ? » a interrogé le député FI Loïc Prud’homme. Seulement quelques minutes après la réponse de la ministre Emmanuelle Wargon, se réfugiant derrière « la crise mondiale », la socialiste Christine Pirès Beaune enchaîne : « La colère gronde, le feu couve et il est de votre responsabilité, Monsieur le premier ministre, de l’éteindre avant qu’il ne se propage. » Le lendemain, l’offensive ne se relâche pas au Sénat : « Consentez-vous à mettre à contribution, par exemple, Engie, qui annonce avoir engrangé un bénéfice de 2,3 milliards sur les six premiers mois de l’année et envisage d’accroître encore son résultat ? » lance la sénatrice communiste Céline Brulin. Une pression encore accrue par les associations de consommateurs et les syndicats. « Nous sommes vent debout contre ces augmentations, d’autant qu’elles étaient prévisibles », rappelle notamment Arnaud Faucon, de l’Indecosa-CGT.

De quoi, dès mardi, pousser le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, à assurer que l’exécutif, outre l’augmentation de 100 euros du chèque énergie, « réfléchit évidemment à d’autres mesures ». Le début du casse-tête pour une Macronie où chacun tente de pousser ses pions. L’hypothèse d’une baisse de taxe à peine évoquée…, « ce n’est pas la solution mise sur la table », réplique Bruno Le Maire. Et le ministre de l’Économie d’ajouter : « On n’a pas de marge de manœuvre. La seule, c’est le chèque énergie. » Une solution qui agrée au secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, plaidant pour « l’augmenter encore » et « l’élargir ». Mais qui est loin de faire l’unanimité. Le premier ministre a choisi le ni-ni : ni chèque énergie supplémentaire, ni baisse de la TVA pour le moment. « Si je ramène la TVA de 20  % à 5 %, cela permettra une hausse de 15 % au lieu de 30 » comme prévu, a-t-il justifié. Mais si le cours ne baissait pas en avril, alors il actionnerait cet « outil ». Concernant l’électricité, en revanche, l’objectif est bien de limiter « la hausse de l’électricité à 4 % » via une réduction du montant des taxes.

Les solutions ne manquent pas

Face à l’urgence, beaucoup défendent pourtant l’usage du levier fiscal dès aujourd’hui. « À très court terme, dans le projet de loi de finances 2022, le gouvernement peut reconnaître l’énergie comme un produit de première nécessité en lui appliquant un taux de TVA à 5,5 % », assure Fabrice Coudour, de la CGT mines-énergie. « Une TVA à 0 % pour les produits de première nécessité et une TVA plus forte pour les produits de grand luxe », avance même Adrien Quatennens (FI), tout en proposant une « loi d’urgence sociale » pour « le blocage des prix sur les produits de première nécessité ».

Surtout, pour en finir avec ces envolées dictées par la loi du marché, les solutions ne manquent pas. Alors que Bruno Le Maire promet de discuter, lors de la réunion des ministres européens des Finances, lundi prochain, des règles du marché unique de l’électricité, Fabien Roussel plaide pour une renationalisation d’EDF et Engie : « Si nous retrouvons la maîtrise de cette production, nous fixerons le tarif et nous refuserons d’aller nous mettre à table à Bruxelles avec ceux qui veulent à tout prix libéraliser notre électricité. » En attendant, les mesures avancées par Jean Castex jeudi soir pourraient ne pas suffire.

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4 octobre 2021 1 04 /10 /octobre /2021 09:07

 

Il s’appelait Esteban Mosquera. Vingt-six ans. Symbole des luttes sociales en Colombie. La brutale répression des manifestations étudiantes de 2018 par l’Escadron mobile anti-émeutes (Esmad) lui avait coûté un œil. Durant la longue mobilisation du « paro nacional », du 28 avril à fin juillet 2021 (70 morts), il demeura un acteur de premier rang de la contestation [1]. Le 23 août, Mosquera a été assassiné par des paramilitaires à Popayán.

La mort de Mosquera passerait presque inaperçue. Bien d’autres ont subi le même sort. Johan Bonilla Bermúdez, 26 ans, l’un des leaders des manifestants de la« Primera Línea » (la première ligne) à Cali en 2021.Jesús Gutiérrez, lui aussi meneur des contestataires et pilier du Conseil d’action communal d’El Plateado, à Argelia (Cauca), disparu le 21 août, retrouvé mort le 25. Carlos Londoño Bautista, professeur à Fuente de Oro, membre de l’Association des éducateurs du Meta. María Dorfenis López Cordón, du Syndicat des travailleurs indépendants agricoles, également dans le département du Meta. Blanca Rosa Monroy, ex-guérillera des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), signataire des Accords de paix de 2016, assassinée le 2 septembre à Pereira. Un an auparavant, exécuté le 20 octobre 2020, Gustavo Herrera, directeur de la campagne présidentielle du candidat d’opposition Gustavo Petro dans le département du Cauca...

D’après l’Institut d’études pour le développement et la paix (Indepaz), cent douze dirigeants communautaires et sociaux ont été assassinés entre le 1er janvier et le 24 août 2021 ; plus de 1 200, auxquels s’ajoutent 285 ex-guérilleros des FARC, depuis la signature des supposés « accords de paix » de 2016. Rien de très nouveau ni de particulièrement original dans ce constat. Depuis des lustres, ainsi devrait débuter tout article digne de ce nom consacré à la Colombie.

Pour se maintenir au pouvoir, le gouvernement du président Iván Duque mène une guerre ouverte contre le mouvement populaire. Les explosions sociales de 2018 et 2021 ont érodé sa domination. Portée par le désespoir ou la révolte, surgie des quartiers populaires et des universités, une génération de jeunes rebelles a pris la rue au cri de « Uribe, paraco, el pueblo está berraco ! » (« Uribe, paramilitaire, le peuple est furibond ! »). Dans la perspective des élections législatives (13 mars) et surtout présidentielle (29 mai) de 2022, l’ « uribisme » (du nom de l’ancien président Álvaro Uribe, précédemment cité) a le dos au mur. Regroupée au sein d’un Pacte historique, une vaste coalition politique et électorale monte en puissance. Elle rassemble entre autres des partis de gauche – Pôle démocratique alternatif (PDA), Union patriotique (UP), Parti communiste (PCC), Force citoyenne (FC) – des formations de toutes natures – Alliance démocratique afro-colombienne (ADA), Mouvement alternatif indigène et social (MAIS) –, des organisations sociales – Marche patriotique (MP), Mouvement pour la constituante populaire (MPCP) – et la Colombie humaine (CH) du probable futur candidat, le sénateur (plus centriste que de gauche) Gustavo Petro.

Pointant du doigt « un plan criminel qui implique des dirigeants du Centre démocratique [parti d’Uribe et Duque], des agents du renseignement militaire, des campagnes des réseaux sociaux, ainsi que des journalistes et des médias pro-Uribe », le sénateur du PDA Iván Cepeda a dénoncé le 1er septembre l’existence d’une « campagne sale » destinée à freiner l’avancée des secteurs de la gauche et du Pacte historique. Quelques jours auparavant, le 26 août, à des milliers de kilomètres de Bogotá, le député français Adrien Quatennens avait pour sa part présenté aux « insoumis » réunis à Valence pour la première journée de leurs « Amfis 2021 » l’un des participants à un débat sur l’Amérique latine : « Je tiens à saluer la présence du colombien Carlos Caicedo, gouverneur du département du Magdalena, qui est avec nous aujourd’hui en France parce que, en Colombie, il a reçu des menaces de mort de la part de narcotrafiquants proches du gouvernement. »

Une nouvelle peu commune, même pour la Colombie. Un gouverneur obligé de s’exiler. Encore que… Leader du mouvement Force citoyenne, partie prenante du Pacte historique, Caicedo est le seul gouverneur de gauche parmi les trente-deux que compte son pays [2] ! De la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon à Bruxelles et l’Union européenne, qu’il gagnerait ensuite, le « proscrit » parcourait le vieux continent en compagnie de sa compagne et de leur bambin d’un an pour exposer son cas, en recherche de protection.

Bordé au nord par la chaude mer des Caraïbes, le département du Magadalena a pour capitale Santa Marta (près de 500 000 habitants), l’une des agglomérations les plus anciennes de la Colombie. Meurtres, enlèvements, torture, extorsions, déplacements forcés : pendant trois décennies et jusqu’à 2006, la région que domine l’imposante Sierra Nevada de Santa Marta (5 575 mètres d’altitude) a été le fief du Bloc de résistance Tayrona, commandé par le redoutable narco-paramilitaire Hernán Giraldo – alias « El Señor de la Sierra », « El Patrón » ou « Taladro » (« Perçeuse », en référence aux innombrables viols de mineures qu’il a commis) [3]. Après 2006 et la pseudo démobilisation des paramilitaires organisée par le gouvernement de leur proche ami Álvaro Uribe, plus d’une dizaine de structures criminelles plus ou moins liées à Giraldo et impliquées dans le trafic de drogue ont poursuivi leurs exactions.

Depuis février 2021, Santa Marta subit un flux de pamphlets menaçants attribués aux Autodéfenses conquérantes de la Sierra Nevada (ACSN). Succédant depuis deux ans à un autre groupe paramilitaire – los Pachenca – ces ACSN disputent le territoire au Clan du Golfe, également connu sous le nom d’Autodéfenses gaitanistes de Colombie (AGC) [4]. Lequel Clan, pour sa part, couvre les murs des secteurs populaires d’inquiétants graffitis.

C’est dans ce contexte que, fin avril, le corps sans vie du leader populaire Francisco Giacometto, cofondateurs de l’Union patriotique (UP) [5] à Santa Marta, a été retrouvé à son domicile, avec des signes apparents de torture et plusieurs coups de couteau au cou. Face à un tel climat de violence et de démence meurtrière, le gouverneur Carlos Caicedo est monté au créneau en déposant plusieurs plaintes et en demandant l’intervention des organes de sécurité de l’Etat contre ces groupes armés organisés (GAO) afin d’empêcher leurs activités criminelles, dont les cultures illicites qui détruisent la biodiversité de la Sierra Nevada.

 

« Je regrette et condamne l’assassinat du fondateur et militant de l’UP Francisco Giacometto Gomez. Je demande au Parquet général et à la police de Santa Marta d’agir avec célérité pour identifier les responsables »

 

La réponse n’a pas tardé. Le 14 août, Caicedo était prévenu par une « source hautement fiable » que les AGC et l’extrême droite préparaient une opération pour l’assassiner. Immédiatement transmise au commandant de la Deuxième brigade de l’armée et aux chefs de la police du Magdalena, l’information a été confirmée par ces derniers après qu’ils se fussent réunis avec la source en question. Au terme d’une rencontre, le 17, entre ces officiers, les autorités judiciaires locales et Caicedo, il fut décidé que, dans l’urgence et compte tenu du danger, la meilleure solution était un départ du pays.

Rencontré en France quelques jours plus tard, Caicedo, entre deux communications par téléphone portable avec sa terre natale, résumait ainsi une trajectoire qui n’a pas commencé avec ce voyage forcé : « A travers ses clans politiques et narco-paramilitaires, l’uribisme a tenté à plusieurs reprises de me liquider moralement et judiciairement ; ils m’ont injustement détenu ; ils ont fait toutes sortes de montages et de campagnes diffamatoires ; aucun n’a fonctionné. Maintenant, ils prévoient de m’assassiner. »

Depuis des lustres, Caicedo et ses équipes livrent dans le Magdalena une âpre lutte contre les partis, les clans traditionnels de la côte et les puissantes ramifications de l’ « uribisme ». A ce titre, son histoire constitue un vivant symbole de ce qu’est la vie politique en Colombie.

Originaire d’Aracataca, petite ville assoupie au pied de la Sierra Nevada dont s’est inspiré Gabriel García Márquez pour le Macondo de ses Cent ans de solitude, Caicedo a très jeune milité « à gauche ». Dirigeant étudiant, candidat de l’Union patriotique lors de la convocation de l’Assemblée nationale constituante de 1991, il fut trois ans plus tard, porte-parole du Courant de rénovation socialiste (CRS) lors de négociations de paix entre ce secteur dissident de l’Armée de libération nationale (ELN) et le gouvernement de César Gaviria. Comme il se doit dans ce pays des « accords violés », soixante-quatre membres de la CRS seront assassinés après la signature des accords.

Un temps conseiller pour le développement social dans le cabinet du gouverneur du Magdalena Jorge Caballero, Caidedo va surtout se faire remarquer par sa gestion de l’Université du Magdalena, dont il devient recteur, par concours, en 1997. Lorsqu’il en prend le contrôle, l’établissement est en faillite. Il redresse la situation, instaure l’attribution de bourses, fait passer le nombre d’étudiants de 2000 à 9000, transforme l’institution en l’une des meilleures du pays. Ce succès lui vaut d’être élu président de l’Association colombienne des Universités (ASCUN). Mais là commencent pour lui les vraies difficultés.

En 2004, au terme d’un scrutin dont il est le seul candidat – les autres s’étant gentiment désistés après qu’ait été déclaré « objectif militaire » quiconque se présenterait contre lui – un certain Trino Luna Correa est élu gouverneur. Le genre d’homme qui, lorsqu’il convoite quelque chose, tend la main pour se l’approprier. L’UniMagdalena dispose désormais de ressources. Trino Luna convoque Caicedo, réclame l’attribution de contrats pour telle ou telle entreprise, quelques postes rémunérateurs pour ses amis.

Moins docile qu’on pouvait l’espérer, le recteur blinde le budget de l’université pour le protéger de l’ingérence des mafias politiques. Trois dirigeants universitaires sont assassinés. On accuse de ce crime… Caicedo (toujours poursuivi à ce jour pour ces faits bien que, en 2007, Hernán Giraldo ait reconnu que lui et un autre chef paramilitaire, « Jorge 40 », ont été les auteurs des meurtres).

Autre front : en pleine confrontation avec le gouverneur, Caicedo est poursuivi pour une sombre affaire de « conciliation » avec des enseignants à qui étaient dues des indemnités de licenciement. En prime, Trino Luna l’accuse d’être membre du PC4, bras politique des FARC, et d’avoir participé à un enlèvement de sa mère. Ce qui est absurde. En retour, le recteur dénonce les liens du gouverneur avec le paramilitarisme. Ce qui est avéré. Frère du « paraco » Juan Carlos Luna Correa, alias « El Cóndor », Trino Luna sera condamné en 2007 dans le cadre du scandale dit de la « parapolitique » [6].

Entretemps, la « justice » locale s’est occupée du « cas Caicedo ». En octobre 2007, un juge du Tribunal du Magdalena le condamne à huit ans de prison pour l’affaire de la « conciliation ». Il fait appel. La procédure traîne, enterrée pendant dix-huit mois. Il faudra qu’au terme de multiples recours le cas soit délocalisé auprès du Tribunal supérieur de Bogotá pour que, en 2011, après quatre ans et huit mois d’incarcération, puis de détention à domicile, Caicedo soit enfin acquitté et libéré.

L’épreuve a été particulièrement éprouvante. Pour payer ses avocats, l’ex-recteur a dû vendre sa maison. « Quelqu’un comme moi n’est pas préparé à une situation de cette nature, confie-t-il avec le recul. Cela dégrade tout ce qui a été construit au fil des ans, le nom, la réputation, le modeste patrimoine, une position dans la société, la reconnaissance dans le milieu universitaire… Heureusement, nous nous en sommes sortis progressivement. »

Blanchi par la justice, rendu à la vie publique, Caicedo ne renonce en rien à ses idéaux. Il se lance dans la vie politique en annonçant sa candidature à la mairie de Santa Marta. Il a fondé Force citoyenne. Il n’a ni appuis politiques ni argent pour « acheter des votes ». On le traite de fou. Il obtient deux fois plus de voix que son opposant, soutenu par la caste des barons électoraux – les Díaz-Granados et les Cotes (connus sous le sobriquet de « capos du Magdalena »). Elu pour la période 2012-2015, Caicedo prône le changement, entreprend de moderniser la ville, comme il l’a fait avec son Université. Il met l’accent sur le « social ». Il affronte les mafias locales et en dénonce la corruption. Met en cause les noms d’ « intouchables », dont l’ex-juge de la Cour constitutionnelle Jorge Pretelt (condamné en décembre 2019 à six ans de prison pour « concussion »).

Son rejet des règles imposées par la violence, sa réticence à obéir aux ordres des satrapes propulsent la réputation de Caicedo au-delà des limites de Santa Marta. A ses ennemis locaux, se joint la crème de ce que la Colombie compte de pire : Álvaro Uribe en personne, Germán Vargas Lleras (vice-président de 2014 à 2017), les clans de la côte atlantique (Gnecco Cerchar, Araujo, Char [7]…). Procureur général de la Nation de 2016 à 2019, Néstor Humberto Martinez ré-ouvre le cas des trois assassinats de l’UniMgdalena – les témoins instrumentalisés pour accuser Caicedo admettront ultérieurement avoir été payés par le clan Cotes. En un mot : Caicedo subit une campagne de déstabilisation pire que celle qu’a connue Gustavo Petro lorsqu’il était maire de Bogotá [8].

Cette suite d’événements aisément déchiffrables rend Caicedo populaire au sein de la masse des Colombiens de la côte qui, comme la majorité de leurs compatriotes, comptent et recomptent en permanence chaque peso pour survivre, se loger et manger. Le 27 octobre 2019, déjouant une nouvelle fois tous les pronostics, il bat le candidat de la droite et de l’extrême droite Luis Miguel Cotes et est élu gouverneur du Magdalena avec 58 % des voix. Force citoyenne devient la première formation politique du Département.

Refusant la défaite, son adversaire ne décolère pas.Le père du vaincu,Álvaro Cotes, encore moins : « Caicedo est un meurtrier et un voleur ; il a gagné ce département avec l’aide des FARC (...) Ce type doit être remis à sa place, nous ne pouvons pas permettre qu’il soit gouverneur [9] »

En annonçant son plan de développement 2020-2023 intitulé « le Magdalena renaît », Caicedo n’en promet pas moins « une révolution de l’équité ». Dans ce Département classé au rang de quatrième plus pauvre du pays, il s’agit en substance de réduire la mortalité maternelle et périnatale, la malnutrition, le nombre de grossesses chez les adolescentes, d’améliorer la qualité des services de santé, de renforcer le réseau hospitalier public… Le Covid-19 s’abattant sur la Colombie, Caicedo lance une stratégie de soins primaires universelle appelée « Docteur dans votre maison ».

Ex-gouverneure, Rosa Cotes a immédiatement déclenché les hostilités pour étouffer son successeur et son projet. Arguant de « déficiences juridiques, administratives, sociales et financières » accumulées au cours des années précédentes, la Surintendance nationale de la santé enchaîne en prenant le contrôle de l’Hôpital universitaire Julio Méndez Barreneche, l’établissement de référence pour la région. « Ils n’ont même pas prévenu le gouverneur, s’insurge Caicedo. C’est un acte arbitraire de politique politicienne que de remettre cet hôpital à la classe politique du Magdalena. » Mais il n’a encore rien vu… D’autant qu’il passe son temps à « aggraver son cas »… Le 17 juillet 2020 n’a-t-il pas demandé l’assistance de Cuba et de ses médecins pour lutter contre le Covid-19 et inverser la courbe de la pandémie [10] ? Ministre de la santé, Fernando Ruiz opposera alors une fin de non recevoir : faire venir des médecins d’autres pays ne peut être envisagé « que dans des circonstances extrêmes », car leur inclusion « n’est pas sans risque »… La notion de risque n’étant bien entendu pas la même pour tout le monde : la Colombie comptera 126 000 morts au 15 septembre 2021 [11].

Le 11 octobre 2020, vingt-neuf des trente maires du Magdalena se réunissent dans la municipalité de Ciénaga – là où, en décembre 1928, a eu lieu « le massacre des bananeraies » (l’assassinat de plusieurs centaines de travailleurs grévistes de la United Fruit Company par les forces armées [12]). Seule manque Virna Jhonson, membre de Force citoyenne, qui a succédé à Caicedo à la mairie de Santa Marta. En revanche, un certain nombre de sénateurs, tous de droite, ont fait le déplacement : Honorio Henriquez (Centre démocratique), Eduardo Pulgar et Hernando Guido (Parti de la U), Fabián Castillo et Carlos Mario Farelo (Cambio Radical), Kelyn González (Parti libéral) [13]. En maître de cérémonie, opère Luis Tete Samper, maire de Ciénaga, féroce détracteur de Caicedo. Le Département national de la planification (DNP) et son directeur Luis Alberto Rodríguez ainsi que certains ministères, dont celui de la Défense, se tiennent discrètement en arrière-plan.

Sous le slogan « Pour le développement du Magdalena », les comploteurs annoncent leur intention de créer une « association de municipalités » et « d’unir leurs forces pour gérer les ressources avec le gouvernement de la République et le Fonds de redevances, pour la mise en œuvre de projets favorisant le progrès dans leurs régions et le Département ». En d’autres termes : il s’agit pour eux de se faire attribuer directement par le gouvernement, via le DNP, les ressources légalement destinées au Département – 320 milliards de pesos (environ 71 millions d’euros) [14] – divisées en quotas municipaux. Un détournement de fonds (et de la loi !) sans précédent qui remet en cause le régime politique et administratif entre nation, département et municipalités [15]« Cette stratégie a pour objectif d’isoler l’action institutionnelle du gouverneur, d’empêcher que les propositions faites lors de sa campagne et contenues dans son plan de développement « le Magdalena renaît » soient réalisées et d’empêcher que son gouvernement prospère en tant qu’alternative réelle et efficace de changement », analyse Caicedo en dénonçant ce « Pacte de Ciénaga ». « En réalité, ajoute-t-il, cette association malveillante ne cherche pas à promouvoir les projets à fort impact social ou économique dont la région a besoin, mais plutôt à piller les ressources des redevances afin que ses promoteurs et sponsors puissent financer leurs prochaines campagnes électorales. »

Malgré les obstacles semés en travers de sa route par cette camarilla infernale, le plan « le Magdalena renaît » recevra en mars 2021 les félicitations du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

A peine avait-il été élu gouverneur que Caicedo s’en prenait aux narco-paramilitaires qui terrorisent la région. Un gouvernement parallèle allant jusqu’à établir des péages dans les zones touristiques de Santa Marta. Le 21 mai 2020, dans le quotidien national El Tiempo, il n’hésite pas à mettre les points sur les « i » : « Ce groupe criminel [l’ACSN] reçoit des informations directes de la police et de l’armée, ce qui a facilité le développement de ses activités illicites et son renforcement. » Dans le même temps, il organise des conseils de sécurité pour tenter d’empêcher les AGC de s’emparer définitivement de la Sierra Nevada pour la couvrir de cultures illicites.

Les barbares liturgies de la mise à mort se mettent en branle. Caicedo doit quitter précipitamment la Colombie. Ce qui ne l’empêche pas de communiquer : « Je tiens le président et Uribe pour responsables si l’AGC attente à ma vie, lance-t-il sur Twitter le 26 août ; d’une part pour avoir créé un climat de mépris à l’égard de mon gouvernement et du peuple du Magdalena, en faveur de l’impunité des groupes paramilitaires, et de l’autre pour avoir attisé l’extrême droite contre nous et la gauche colombienne. » Publiquement, il met en cause le chef de l’Etat et ses ministres pour ne pas avoir activé un appareil de sécurité lui permettant de gouverner – « un clin d’œil silencieux que les paramilitaires et la narco-politique savent comprendre ».

A Bogotá, le général Jorge Luis Vargas, chef de la Police nationale, et le ministre de l’Intérieur Daniel Palacio affirment sèchement ne pas comprendre la « fuite inattendue » du gouverneur hors de Colombie dans la mesure où il dispose « d’un des meilleurs schémas de sécurité du pays ». Ce à quoi, depuis l’Europe, Caicedo rétorque ironiquement : « [Ils] ont dit dans les médias que je dispose d’un dispositif de protection permanent de trente-trois hommes avec des armes lourdes et légères… J’aimerais qu’on me les présente car je ne les connais pas. Ils doivent confondre avec un ministre ou un ancien président ! » Affirmation immédiatement confirmée par la maire de Santa Marta, Virna Johnson, et le secrétaire à l’Intérieur du Magdalena, Adolfo Bula : « Le gouverneur Caicedo ne dispose que de cinq membres de la police pour sa protection [16]. »

Il arrive que l’ubuesque s’ajoute au tragique – plus qu’ailleurs en Colombie. C’est par un communiqué quasiment « officiel » que le groupe hors-la-loi des Autodéfenses gaitanistes de Colombie a, tout en le critiquant vertement, très rapidement démenti être derrière les menaces contre Caicedo. Ce qui a amené celui-ci à réagir : « C’est un pamphlet qui se réfère à moi de la même manière que le gouvernement national et les clans politiques du Magdalena. Qu’un groupe paramilitaire s’exprime avant le gouvernement devrait nous faire honte à tous. » D’autre part, pendant son séjour en Europe, le gouverneur rebelle a dû expliquer qu’il effectuait ce séjour quelque peu forcé en utilisant… des « jours de congés » : « Je n’ai la permission de quitter la Colombie que jusqu’au 6 septembre et je ne peux pas rester au-delà. Si je n’avais pas utilisé ce reliquat de jours de vacances, j’aurais dû, pour sortir, attendre une autorisation administrative [de l’Assemblée départementale ou de la présidence de la République] au risque que le plan de me tuer soit exécuté. »

« Vacances justifiées ou abandon de poste ? » Déjà la machine à broyer médiatique entre en campagne sur cette « absence injustifiée » d’un gouverneur qui se distingue par son caractère « autoritaire et populiste ». Seulement, son cas commence à bénéficier d’un retentissement international. Depuis la France, Caicedo obtient du ministère de l’Intérieur colombien une autorisation de sortie du pays en « mission officielle » jusqu’à la date fatidique du 6 septembre (décret 1007 du 26 août). Reste, pour le gouverneur, une décision difficile à prendre : rentrer en Colombie, malgré les risques, ou renoncer à sa fonction et demeurer à l’étranger ? « Non, décide-t-il, évoquant cette dernière hypothèse, c’est exactement ce qu’ils voudraient. »

Fort des soutiens obtenus auprès de l’Union européenne, de la Cour interaméricaine des droits de l’Homme (CIDH), de la représentation de l’ONU en Colombie, Caicedo est rentré le 7 dans son pays en lançant un appel au président Duque pour qu’il s’engage à affronter « les groupes illégaux qui effraient le Magdalena ». Car, qu’il s’agisse des AGC ou non, une structure criminelle a bel et bien menacé de l’éliminer.

Quel espace pour la gauche, ou même simplement la démocratie, en Colombie ? Lors de la flambée sociale qui a commencé le 28 avril de cette année, des civils ont ouvertement aidé les forces de l’ordre à réprimer mortellement. « Nous assistons à une paramilitarisation sans précédent du conflit social, a pu constater la chercheuse de l’Université nationale de Colombie Camila Esguerra, quand des images de collusion entre les forces armées de l’Etat et les civils armés sont enregistrées et diffusées en direct [17]. » Sous le coup d’une motion de censure pour répondre du nombre des victimes, le ministre de la Défense Diego Molano a été confortablement absous. « Ce qu’a fait le Sénat de la République, c’est cautionner l’assassinat de jeunes gens et le terrorisme d’Etat, a réagi à cette occasion Gustavo Petro. Les majorités de ce Congrès ont signé pour le massacre de leur propre peuple, et elles le font par corruption. »

Ce même ministre de la Défense vient d’annoncer la création d’un Front de sécurité citoyenne (FSC). Il existe certes de tels « fronts » organisés depuis 1997 pour lutter contre la délinquance dans les quartiers (fin 2020, on en comptait 980 à Bogotá). Mais Molano hausse sérieusement la barre en annonçant que ce FSC nouvelle mouture agira en étroite collaboration avec la Force publique et… les entreprises de sécurité privées. De sinistre mémoire, ainsi sont peu ou prou nées en 1994 les Coopératives de sécurité rurale (Convivir), particulièrement développées par un certain Álvaro Uribe lorsqu’il était (1995-1997) gouverneur du Département d’Antioquia. Organisés et coordonnés par les militaires, ces coopératives, après avoir servi de réseaux de soutien, se fondront rapidement au sein du complexe paramilitaire des Autodéfenses unies de Colombie (AUC).

Cerise sur le gâteau, à la demande de Claudia López, du Parti vert, première femme à occuper la mairie de Bogotá, 360 militaires patrouillent depuis le 15 septembre dans les rues de la capitale – 2 500 pouvant être appelés en renfort prochainement. Cette image de soldats en armes patrouillant dans les quartiers populaires et arrêtant les gens fait hurler la gauche et les démocrates tant sont présentes dans les consciences les innombrables violations des droits humains perpétrées par l’armée.

A quelques mois de l’élection présidentielle de 2022, la situation demanderait à être sérieusement prise en compte. D’autant que même la Commission des droits de l’homme de l’ONU vient d’interpeller le pouvoir. Toutefois, ce dernier a d’autres priorités. En visite en Espagne, où il a été cordialement reçu par le roi Felipe VI, le président Duque a une fois de plus exprimé son fort rejet des… négociations en cours à Mexico entre le gouvernement vénézuélien et son opposition radicale : « Toute solution qui perpétue la dictature ne fera qu’apporter plus de crises migratoires, plus de crises sociales et quelque chose qui a également été terrifiant, à savoir que le régime dictatorial du Venezuela protège sur son territoire des groupes terroristes qui ont fait beaucoup de dégâts dans des pays comme le nôtre et font partie de réseaux terroristes internationaux [18]. » D’où son insistance pour que soient amplifiées les mesures coercitives infligées à la population du pays voisin et pour que Madrid « maintienne la pression » sur Nicolás Maduro.

Pour sa part, la vice-présidente et ministre des Affaires étrangères Marta Lucía Ramírez a fermement demandé le 8 août au gouvernement haïtien de « fournir des garanties » aux dix-huit mercenaires colombiens, ex-militaires arrêtés pour leur participation à l’assassinat du président Jovenel Moïse et, des « irrégularités » entachant leur détention et l’assistance qui leur est due, « de se conformer aux traités internationaux relatifs aux droits humains [19] ».

Illustration : Carlos Caicedo, gouverneur du Magdalena.

 


[1Lire « Guerre totale contre le mouvement social » – https://www.medelu.org/Guerre-totale-contre-le-mouvement-social

[2La Colombie est divisée en 31 départements et un district (Bogotá). Les gouverneurs des départements sont élus au suffrage universel direct.

[3Démobilisé le 3 février 2006 avec 1 167 de ses hommes, Giraldo a été extradé en mai 2008 vers les Etats-Unis pour y répondre de crimes liés à l’exportation de drogues illicites vers ce pays. Après y avoir purgé douze années de prison, il est rentré en Colombie où il demeure incarcéré (pour viols commis entre sa démobilisation et son extradition).

[4Les AGC ont pour origine des membres du Bloc Elmer Cárdenas des Autodéfenses unies de Colombie (AUC), qui ont refusé de se soumettre au processus de démobilisation convenu entre le gouvernement d’Álvaro Uribe et les paramilitaires entre 2003 et 2006 (loi Justice et Paix de 2005). Les AGC ont également été connues sous le nom de « Los Urabeños et « Clan Úsuga ».

[5Parti politique fondé en 1985, dans le cadre d’un accord avec le président Belisario Betancur, par diverses forces de gauche, dont des guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) démobilisés. Sous les coups des militaires et des paramilitaires, plus de 4 000 de ses membres et militants ont été tués ou ont disparu, dont les candidats à la présidence Jaime Pardo Leal et Bernardo Jaramillo, cinq membres du Congrès en exercice, 11 députés, 109 conseillers municipaux et huit maires élus.

[6Preuves rendues publiques démontrant qu’une fraction notable de la classe politique se trouvait sous l’influence des paramilitaires.

[7Lire « La Colombie aux temps du choléra », 24 mars 2020 – https://www.medelu.org/La-Colombie-aux-temps-du-cholera

[8A la tête de la mairie de la capitale depuis le 1er janvier 2012, Petro est destitué le 9 décembre 2013 par le procureur général Alejandro Ordoñez, inféodé au pouvoir, pour cause de « violation des principes constitutionnels de la concurrence » : en 2012, Petro a dépossédé du ramassage des ordures des entreprises privées se comportant en « mafia » pour le transférer à une entreprise publique. Après moult péripéties, il ne sera rétabli dans sa fonction que le 23 avril 2014 par le Tribunal supérieur de Bogotá.

[9https://noticierouniversal.com/colombia/familia-cotes-no-acepta-victoria-de-caicedo-en-magdalena/

[10La même démarche fut tentée par le maire de Medellin Daniel Quintero.

[11Johns Hopkins University Center for Systems Science and Engineering (JHU CSSE).

[12Lire Hernando Calvo Ospina, « En 1928, le massacre des bananeraies en Colombie », Le Monde diplomatique (« Les blogs du Diplo »)Paris, 16 décembre 2010.

[13Eduardo Pulgar est poursuivi par la Cour suprême de justice pour corruption d’un juge et Honorio Henriquez représente les intérêts des « terratenientes » – grands propriétaires – du Magdalena.

[14https://www.semana.com/nacion/articulo/la-oposicion-advierte-que-le-quieren-quitar-recursos-al-gobernador-caicedo/202044/

[15La Loi des redevances gère différents fonds, dont le Fonds de développement régional – réparti entre les départements en fonction de leur population et de leur pauvreté relative – et le Fonds de compensation régionale, dont 60 % sont distribués aux Départements, 30 % dans les communes les plus pauvres, et 10% dans d’autres communes.

[16https://www.elheraldo.co/magdalena/al-gobernador-caicedo-no-lo-protegen-33-policias-alcaldesa-de-santa-marta-845943

[17https://www.elsaltodiario.com/colombia/colombia-retorno-terror-paramilitar

[18https://www.elmundo.es/internacional/2021/09/15/614247b5fc6c83df188b45de.html

[19https://www.cancilleria.gov.co/newsroom/news/colombia-exige-garantias-colombianos-detenidos-haiti

 

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4 octobre 2021 1 04 /10 /octobre /2021 05:50

 

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4 octobre 2021 1 04 /10 /octobre /2021 05:49
Feyadin - Le combat de Georges Abdallah - le 6 octobre aux Studios à Brest à 20h, suivi d'un débat avec les réalisateurs du collectif Vacarmes

Le 6 octobre au cinéma les Studios, à BREST, projection du film sur George Ibrahim Abdallah, suivie d'un débat avec l'un des réalisateurs. A 20 h!

Fedayin, le combat de Georges Abdallah, une production du collectif Vacarme(s) film, retrace le parcours d’un infatigable communiste arabe et combattant pour la Palestine. Des camps de réfugié·e·s palestinien·ne·s qui ont forgé sa conscience, à la mobilisation internationale pour sa libération, nous allons à la découverte de celui qui est devenu l’un des plus anciens prisonniers politiques d’Europe.

Arrêté en France en 1984, Georges Abdallah est accusé de complicité d'assassinat de deux agents secrets, US et israélien. Il est libérable depuis 1999, mais l’État français, sous pression des États-Unis et d'Israël, refuse de le libérer malgré 8 demandes de libération et la requête de l’État libanais en 2012.

En dépit l’acharnement politique et judiciaire dont il est victime, des campagnes de presse calomnieuses, Georges Abdallah n’a jamais douté de la justesse de son combat

AFPS, groupe local de Brest

La mobilisation pour exiger la libération de notre camarade Georges Abdallah se poursuit, notamment pour que nous soyons toujours plus nombreux à la manifestation de Lannemezan du 23 octobre - alors que Georges Abdallah entrera, le jour suivant, dans sa 38e année de détention.
 
C'est en ce sens que la Campagne Unitaire pour la Libération de Georges Abdallah a été à l'initiative d'un mois international d'actions - du 24 septembre au 23 octobre - appelant à multiplier les initiatives partout où nous sommes - sur le plan national et international - pour rendre visible l'étendue du soutien à notre camarade et ne pas laisser libre une seul espace politique sans que le combat et la libération de notre camarade ne soient à l'ordre du jour.
 
Un texte d'appel appelant à s'engager durant ce mois a été rédigé et est d'ores et déjà signé par de nombreux collectifs et organisations. Merci à ces premiers signataires. Vous trouvez en pièce jointe le texte signé.
 
L'appel est naturellement toujours ouvert aux nouvelles signatures. Merci de nous faire savoir si vous êtes signataires par retour de mail : campagne.unitaire.gabdallah@gmail.com
 

APPEL AU MOIS INTERNATIONAL D’ACTIONS POUR LA LIBERATION DE GEORGES ABDALLAH

du 24 septembre au 23 octobre 2021

Le 19 septembre 2020 dernier, la Campagne Unitaire pour la Libération de Georges Abdallah appelait à un mois international d’actions pour la libération de notre camarade. Guidés par la ferme conviction que ce combat devait se mener sur le terrain politique puisque le refus par l’Etat français de libérer Georges Abdallah relève bien d’une décision politique, nombreux avaient été alors les organisations et collectifs à soutenir cet appel et à s’engager concrètement sur le terrain des luttes, partout en France et à l’international, afin d’amplifier la mobilisation et contribuer à faire connaître la situation et le combat de Georges Abdallah.

Cet appel reposait sur une ligne politique et une ligne de défense de notre camarade claires : l’identité politique que Georges Abdallah énonce lui-même dans ses déclarations. Une ligne rappelant que :

1. Georges Abdallah est un résistant arabe, communiste libanais, symbole aujourd’hui du combat contre l’impérialisme, le sionisme, le capitalisme et les Etats réactionnaires arabes.

2. Georges Abdallah est un combattant de la cause palestinienne qui s’est battu contre la guerre d’invasion du Liban par les sionistes et continue à se battre pour la libération de toute la Palestine.

3. Georges Abdallah est un prisonnier politique de l’Etat français depuis désormais plus de 37 ans et ce sous les applaudissements des Etats-Unis et de l’entité sioniste.

4. Nous nous reconnaissons pleinement dans le combat de Georges Abdallah. Nous nous reconnaissons dans son engagement révolutionnaire internationaliste sans faille durant ses trois décennies d’incarcération pour la fin du colonialisme à travers le monde, sous toutes ses formes, pour la fin du capitalisme et de l’exploitation et en soutien à la lutte des peuples contre toutes les oppressions.

5. Nous nous reconnaissons dans sa farouche détermination et sa conscience indéfectible à mener le combat pour sa libération non sur le terrain des « arguties judiciaires » d’une justice de classe mais bien au niveau des instances politiques – lieu véritable où l’on décide de la place et du poids du rituel judiciaire du moment où il est question des prisonniers politiques.

6. Nous partageons sa ligne de conduite quant au soutien à lui apporter pour sa libération : « C’est sur le terrain de la lutte que l’on peut et que l’on doit apporter le soutien le plus significatif à nos camarades embastillés ». Et en l’occurrence dans son cas, comme il le dit lui-même très clairement, « il ne suffit pas que l’État du Liban “exige” ou plutôt “demande” ma libération, il faut encore que le rapport de force réellement existant puisse faire comprendre aux représentants de l’impérialisme français que mon incarcération commence à peser plus lourd que les possibles menaces inhérentes à ma libération. C’est seulement dans ce cas que l’ordre de mon expulsion vers le Liban ne trouvera plus alors d’opposition. C’est pourquoi, cher·e·s Ami·e·s et Camarades, la solidarité la plus appropriée que l’on peut apporter à tout protagoniste révolutionnaire incarcéré, est celle que l’on développe toujours plus sur le terrain de la lutte contre le système d’exploitation et de domination ». (Lannemezan, le 19 octobre 2019).

Cette ligne de défense de notre camarade, sur cette base politique qui est la sienne, était la nôtre les années passées et le demeure toujours aujourd’hui.

Elle est plus que jamais d’actualité à l’heure où l’Etat français continue à maintenir Georges Abdallah en prison sans que soit signé par le Ministre de l’Intérieur l’avis d’extradition conditionnant sa libération. Elle est aussi plus que jamais d’actualité à l’heure où Georges Abdallah continue à faire face à ses geôliers, à ne rien céder, à résister et où la mobilisation pour sa libération se renforce toujours plus, jour après jour : partout en France, les initiatives pour exiger sa libération sont menées auprès des élus, au cœur des villes et devant les instances de l’Etat lors de campagnes d’affichage, de rassemblements et de tables tenues, lors de meetings, de repas et fêtes solidaires, par des appels à signatures et des courriers envoyés au plus haut représentant de l’Etat, lors des fêtes de partis politiques, et naturellement au sein des cortèges de toutes les luttes sociales et politiques. Georges Abdallah, au quotidien, est de nos luttes et pas un acte militant n’est mené sans que nous réaffirmions que nous sommes de son combat. Cet engagement en région et sur le plan national est désormais aussi large sur le plan international où Georges Abdallah compte des soutiens sur presque tous les continents (en Amérique latine - au Brésil, au Mexique, en Argentine, au Chili, aux Etats-Unis, au Maghreb et en Orient arabes - en particulier en Palestine et au Liban, en Inde, en Europe).

Temps est venu désormais de faire en sorte que Georges Abdallah ne soit pas seulement, comme le disait Leïla Khaled « un symbole pour les révolutionnaires à travers le monde » mais bien un symbole de la résistance unanimement reconnu dont tout un chacun exige la libération au nom du droit juste et légitime à se révolter et à résister. Temps est venu de faire reconnaître Georges Abdallah comme symbole unanimement reconnu de la résistance à l’heure où partout dans le monde, les contradictions certes s’aiguisent mais aussi les résistances des peuples, qui entrent désormais en confrontation directe avec le pouvoir et revendiquent par la révolte ce qui leur est dû ; à l’heure où la résistance du peuple palestinien, dans sa lutte de libération nationale, mène assaut sur assaut contre l’occupant sioniste portant ses coups jusqu’au cœur même des colonies les plus sécurisées ou de ses prisons de haute sécurité ; à l’heure où il est grand temps de réclamer des comptes et de faire en sorte que la peur change de camp !

Alors qu’au Liban vient de se constituer un nouveau gouvernement avec à sa tête comme Premier ministre M. Najib Mikati qui, en son temps, en 2012, avait revendiqué la libération de Georges Abdallah et réclamé son retour au pays en tant que citoyen libanais, temps est donc venu de durcir le rapport de force en amplifiant toujours plus la mobilisation pour la libération de notre camarade.

C’est en ce sens et pour toutes ces raisons - en restant fidèles aux principes d’action et à la ligne politique rappelés ici - que nous appelons aujourd’hui à un nouveau mois d’actions, du 24 septembre au 23 octobre 2021, pour que nous tous, les soutiens à notre camarade, nous ne laissions pas un espace politique libre sur le plan local, régional, national et international sans que soit mise à l’ordre du jour l’exigence de sa libération.

A Albertville, Amiens, Annecy, Aubagne, Aubervilliers, Besançon, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Gennevilliers, Grenay, Grenoble, Lannemezan, Lille, Lyon, Marseille, Montauban, Montpellier, Morlaix, Nanterre, Nîmes, Paris, Pau, Saint-Denis, Saint-Etienne, Tarbes, Thionville, Toulouse, Troyes ; dans les Alpes-Maritimes, en Corse, dans le Finistère, le Gers, en Gironde, en Haute-Marne, dans les Hautes-Pyrénées, l’Hérault, l’Ile de France, le Lot-et-Garonne, dans le Nord et le Pas-de-Calais, au Pays de Cornouailles, en Poitou-Charentes, au Puy-de-Dôme, en région Rhône-Alpes, en Seine-Maritime et dans le Tarn-et-Garonne. ; en Algérie, en Allemagne, en Angleterre, en Argentine, en Belgique, au Brésil, au Canada, en Espagne, en Grèce, en Inde, en Italie, au Kurdistan, au Liban, au Luxembourg, au Maroc, en Palestine occupée, au Pérou, en Pologne, en Roumanie, en Tunisie, en Turquie - partout en France et dans le monde où le combat de Georges Abdallah est relayé et l’exigence de sa libération portée, partout où nous sommes tous - soutiens solidaires actifs à notre camarade - , multiplions les actions de mobilisation et intensifions la pression sur les représentants et les lieux du pouvoir de l’Etat français pour qu’enfin soit signé par le ministre de l’Intérieur actuel l’avis d’expulsion conditionnant la libération de notre camarade et que soit gagné ce combat de mise à mort de cette perpétuité réelle inique.

Nous tous, - anarchistes, autonomes, antifascistes, anti-impérialistes, antisionistes, communistes, démocrates, écologistes, internationalistes, libertaires, marxistes-léninistes, marxistes-léninistes-maoïstes, républicains insoumis, révolutionnaires, trotskystes ; engagés dans des partis, syndicats, fronts, campagnes, associations, collectifs, comités, mouvements et réseaux multiples ; engagés aux côtés de notre camarade dans les luttes politiques pour la Palestine, en soutien à l’Intifada et contre la Normalisation ; pour la défense des luttes des peuples et de leurs résistances ; pour la défense des prisonniers politiques et des prisonniers révolutionnaires ; contre l’enfermement carcéral ; contre les violences policières ; pour la défense des immigrations et des quartiers populaires ; contre le racisme ; pour la défense des travailleurs, de leurs acquis et de leurs droits ; pour celle des gilets jaunes ; pour le combat de l’émancipation des femmes ; contre la torture et la peine de mort - mobilisons-nous une fois de plus, tous ensemble là où nous sommes, dans cette diversité qui est la nôtre, du 24 septembre 2021 au 23 octobre 2021 pour qu’à cette date, la onzième manifestation à Lannemezan soit la dernière et que nous puissions enfin être à ses côtés pour continuer la lutte.

Une, deux, trois, mille initiatives pour la libération de Georges Abdallah !

Il est de nos luttes, nous sommes de son combat !

Palestine vivra, Palestine vaincra !

La victoire ou la victoire !

Paris, le 19 septembre 2021 

campagne.unitaire.gabdallah@gmail.com


 

Premiers signataires : Campagne unitaire pour la libération de Georges Abdallah – Collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah (CLGIA) – ANC (Association Nationale des Communistes) - Le Parti des travailleurs de Turquie (DIP) – Le Collectif Rouge Internationaliste pour la défense des prisonniers révolutionnaires (Le CRI Rouge) - Les Amis de la Palestine contre l’impérialisme et le sionisme (Turquie) - Comité d’actions et de soutien aux luttes du peuple marocain – Comité de défense populaire de Tunisie – Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie – Secours Rouge International – Secours Rouge de Belgique – Secours Rouge arabe – L’Appel belge pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah – Union syndicale solidaire – Collectif 65 pour la libération de Georges Abdallah – Réseau de solidarité des prisonniers palestiniens (Samidoun) – UL CGT Paris 18e – Collectif Palestine vaincra – L’Association Couserans-Palestine - Dimitri Konstantakopoulos, journaliste et écrivain, ancien membre du Secrétariat du Comité Central de SYRIZA (Grèce) – Comité international de soutien à la guerre populaire en Inde (Italie) - Proletari comunisti (Italie) - Soccorso rosso proletario (Italie) – Aline Pailler – L’AFPS 63 – Solidaire 31 – Ligue de la Jeunesse Révolutionnaire – A2C (Autonomie de classe) -


 

Feyadin - Le combat de Georges Abdallah - le 6 octobre aux Studios à Brest à 20h, suivi d'un débat avec les réalisateurs du collectif Vacarmes
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3 octobre 2021 7 03 /10 /octobre /2021 17:18
Quand Giacometti sculptait Rol Tanguy (Maurice Ullrich, L'Humanité, 1er octobre 2021)

Lire aussi:

Giacometti, forçat de l'art - à propos de la biographie de Catherine Grenier - Sabine Gignoux, dans La Croix, 16 février 2018

 

Giacometti et Rol Tanguy

Au moment de la Libération, l’artiste crée, à l’initiative de Louis Aragon, une série de portraits d’Henri Tanguy (1908-2002), dit Colonel Rol-Tanguy, militant communiste et héros de la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale : chef des Forces Françaises de l’Intérieur de la région Île-de-France en 1943, il mène la Libération de Paris avant l'arrivée des blindés du général Leclerc. 

 Sa sensibilité de gauche antifasciste, ses liens avec les différentes mouvances du surréalisme et avec l’Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires seront ainsi rappelés par la série de six dessins politiques exécutés vers 1932 par le sculpteur, qui déclare alors dans une lettre à Breton : « Je ne conçois pas la poésie et l’art sans sujet. J’ai fait pour ma part des dessins pour La Lutte, dessins à sujet immédiat et je pense continuer, je ferai dans ce sens tout ce que je peux qui puisse servir dans la lutte de classes ». 

D’après Alberto Giacometti lui-même, les séances de pose avec Rol-Tanguy furent un moment fort dans les rencontres faites après son retour à Paris après la guerre : « Il n’a rien à faire avec le type du militaire, l’allure des jeunes généraux de Napoléon, il est très vif et intelligent, nous parlons de livres de guerre, etc. » 

(Fondation Giacometti)

 

Un document exceptionnel: Entretiens sur l'art actuel: Marie-Thérèse Maugis avec Alberto Giacometti

 

LES LETTRES françaises (n°1041, du 6 août au 19 août 1964)

Fondées en 1942 par Jacques Decour (fusillé par les nazis)

Directeur: Aragon

 
ALBERTO GIACOMETTI: "Moi, je suis à contre courant..."

Marie-Thérèse Maugis: Giacometti, pensez-vous que ce que représente sûrement une époque est son art?

Alberto Giacometti: Bien sûr. Que reste t-il de la préhistoire sinon des œuvres d'art? Que reste t-il de l'Egypte sinon des œuvres d'art? Dès que les peuples possèdent une écriture, il reste aussi une écriture... Si on parle de la Grèce, il y a la philosophie, la poésie et l'art. L'art est toujours l'expression de son époque.

Marie-Thérèse Maugis: Mais la connaissance que l'on a actuellement de l'art n'est-elle pas particulièrement développée?

Alberto Giacometti: Bien sûr aussi. A travers la photo et les voyages, on connaît tout l'art depuis toujours. Les impressionnistes, Cézanne, avaient une connaissance de l'art qui commençait avec la Renaissance. Pour eux, le reste, c'était l'archéologie. Pour les Vénitiens, pour les Flamands, l'art byzantin était à peine de l'art. Aujourd'hui, on possède une vision différente: on connait l'art nègre, l'art océanien, l'art préhistorique, etc... On sait qu'il subsiste des œuvres d'art de toute civilisation. On sait faire la différence entre une sculpture grecque et un chariot grec... Si une sculpture de n'importe quelle civilisation disparaît momentanément, elle peut resurgir et influencer l'art actuel. C'est ce qui s'est passé pour l'art archaïque il y a vingt ans. Ce n'est pas le même processus pour les objets: la voiture moderne abolit le char traîné par un cheval. Or, une oeuvre d'art, elle, n'est jamais dépassée. Dans ce domaine, on ne peut pas parler de progrès... Dire quel art aujourd'hui est l'expression de notre époque est bien difficile... Il y a des peintres qui reproduisent le Moulin-Rouge ou la place Saint-Marc, d'autres qui font des paysages de Bretagne ou des bouquets de roses, il y a des abstraits, des constructivistes, des tachistes, des sous-impressionnistes, des post-impressionnistes, tout cela a l'air contraire, à vrai dire tous sont l'expression de notre époque...

Marie-Thérèse Maugis: Pensez-vous que la multiplicité des expressions dites artistiques entraîne un intérêt plus grand pour ces activités?

Alberto Giacometti: Actuellement, ça va très mal. Les arts aujourd'hui deviennent de plus en plus informels. Il y a le pop'art en outre. Il y a aussi tous ceux qui exposent à la Palette, ceux qu'on appelle peinards et qui de nouveau plaisent à une certaine bourgeoisie rétrograde. Il y a l'art officiel aussi qui est l'art d'avant-garde. Mais depuis les cubistes, une très petite partie de la civilisation s'intéresse à l'art. Le reste s'intéresse aux cartes postales. Pour l'énorme majorité des gens l'art est bel et bien la télévision, le cinéma, une poupée, les affiches, les objets publicitaires, tout ce qui justement n'est pas considéré comme de l'art... J'ai fait partie du jury de la Biennale des Jeunes et je ne sais pas si vous vous souvenez qu'il y avait un Italien qui avait fait un tableau tout rouge. Bon. Deux ouvriers qui découpaient des planches là étaient stupéfaits. C'était une rigolade pour eux de voir des gens sérieux considérer ce tableau rouge et le juger... Lorsque Schoëffer fait des objets lumineux qui tournent, c'est bien dépassé, un juxe box en donne autant et davantage, c'est lumineux, c'est amusant, ça bouge. C'est je crois ce qui explique l'intérêt pour le pop'art. Le pop'art est plus intéressant pour le public que des taches sur une toile. Il met en valeur les affiches, les photos. Mais vous croyez que Rauschenberg peut continuer à coller des Kennedy sur une toile? Vous avez remarqué que le pop'art rejoint tout à coup le réalisme soviétique. A part le sujet, il n'y a qu'un pas d'écart. Vous allez voir les russes évoluer aussi... Il y a deux ans, un mouvement s'est amorcé avec la poésie. Vous allez voir faire des photos-montage d'ici peu...

Marie-Thérèse Maugis: Croyez-vous que ce bouillonnement d'activité artistique ou para-artistique soit une spécialité de notre temps?

Alberto Giacometti: L'art a toujours avancé à grande vitesse. Dans la sculpture égyptienne qui semble immobile pendant trois ou quatre millénaires, il est possible de distinguer des époques malgré la rigidité apparente des formes, on note un renouvellement extraordinaire de 50 ans en 50 ans. A l'inverse, on fait aujourd'hui comme s'il y avait un gouffre énorme entre les tableaux dévalorisés de La Palette, et les cubistes et l'art moderne. Ils sont beaucoup plus proches qu'on le croit... Par exemple, la vision des couleurs reste impressionniste. Les peintres n'ont pas fait un pas au-delà. Ils accordent tous une suprématie énorme à la couleur et donc mettent en couleurs.. Quant à moi, je regarde rigoureusement avec le même intérêt le tableau le plus pompier accroché dans un restaurant qu'une toile de ceux qu'on appelle les grands peintres d'aujourd'hui!

Marie-Thérèse Maugis: Vous pensez qu'ils appartiennent au même domaine de l'art?

Alberto Giacometti: Bien sûr qu'on doit limiter les domaines... Un vase, aussi beau qu'il soit, n'est pas une sculpture: c'est un objet. C'est un autre domaine. Ce vase ne se réfère qu'à lui-même. Mais quand on amène une peinture à ne présenter qu'elle-même, tôt ou tard elle disparaît. Lorsque Duchamp exposait une chaise, pour lui l'art était fini... (...)

Marie-Thérèse Maugis: Mais vous, Giacometti, qui peignez et sculptez des visages, des êtres vivants dont l'image vous poursuit, avez-vous le sentiment de représenter notre époque?

Alberto Giacometti: Pour moi, le problème est différent. J'ai commencé très jeune à faire des dessins et des sculptures parce que mon père était peintre. Je ne saurai jamais si je serais devenu ce que je suis, si j'aurais fait ce que je fais, si mon père n'avait pas été peintre. On en revient au problème du milieu, de la classe. Mais je n'ai jamais voulu faire de la peinture une profession.

Jusque dans ma jeunesse l'art c'était forcément la présentation du monde extérieur ou de quelque chose en tout cas. Il y a deux filons dans l'art. Soit tâcher de rendre le monde extérieur tel qu'on le voit, soit raconter des histoires... Et cela depuis toujours. Et ces deux filons sont aussi valables l'un que l'autre. Chez Rembrandt, un portrait qui est une image la plus fidèle, la plus ressemblante est tout aussi valable que les illustrations pour l'Ancien Testament. Rousseau qui faisait des forêts tropicales avec des singes est aussi valable que Matisse qui faisait le portrait de sa fille. Ces deux courants sont toujours valables. Ceux qui poussent leurs recherches uniquement d'un côté sont rares. Chardin, lui, à travers ses natures mortes, ne poursuit que la représentation la plus proche possible de la réalité. Delacroix ou Géricault sont déjà doubles. L'un peut peindre le "Radeau de la Meduse" ou faire le portrait d'une folle. Ces deux directions se continuent jusqu'à Picasso qui peut exécuter le portrait d'une personne précise ou représenter des scènes qui s'approchent de la mythologie. Je le répète: une direction vaut l'autre. Les impressionnistes, dans l'ensemble, restent uniquement orientés sur la vision du monde extérieur.

Marie-Thérèse Maugis: Mais vous, dans quel courant vous situez-vous?

Alberto Giacometti: Jusqu'en 1925, malgré mon intérêt pour l'art moderne, ce qui m'intéressait, c'était la vision du monde extérieur, strictement, au plus proche possible. En 1925, je me suis rendu compte qu'il m'était impossible de reproduire une tête. Influencé par l'art moderne, j'ai subi une évolution. J'ai été successivement exotique, surréaliste, abstrait... En 1935, ayant tout oublié, j'ai éprouvé de nouveau le besoin de faire des études d'après nature: je suis revenu à des travaux d'essai. Le problème pour moi est de savoir pourquoi il m'est impossible de faire ce que je veux faire. J'essaie tous les soirs de faire une tête et je n'y arrive pas. Tous les soirs, je tente de savoir ce que je vois et pourquoi je n'arrive pas à le représenter.

Une fois de plus, dans une certaine société, on ne me laisserait pas ces loisirs-là. Je ne travaille pas pour communiquer quelque chose aux autres, mais pour savoir si je pourrai un jour faire de la sculpture ou de la peinture. Ce que je fais est probablement périmé d'avance. Je ne suis pas sûr qu'il y ait un avenir dans la sculpture de cette façon là. Mais si je copie un modèle comme je le fais, même si je suis à côté, et étant donné que j'ai la possibilité de le faire, c'est pour la curiosité de savoir ce que je vois à travers une tête. Je suis obligé de faire la sculpture ou la peinture pour savoir ce que je vois. Je ne pense pas être ainsi l'expression de notre époque. Je ne peux même pas le dire...

Marie-Thérèse Maugis: Ces visages que vous copiez sans fin ne sont pas anonymes. Ils ne peuvent que vous donner, à travers eux-mêmes, une connaissance du monde actuel...

Alberto Giacometti: Sans doute, mais un visage vaut n'importe quel autre visage. Ceux que je peins sont choisis au hasard des rencontres. N'importe quel visage est bon. Et moi immobile devant un visage immobile, cherchant à savoir ce que je vois, cela pourrait se passer à n'importe quelle époque non? Entre votre tête devant ce mur et celles de la Préhistoire, il n'y a probablement aucune différence. La relation entre ce qui caractérise une époque et une autre est plutôt précaire. Moi je suis tout à fait à contre-courant. Je suis un des seuls qui ne s'essaye qu'à copier. Et ce que je copie est ce petit résidu qui me reste conscient à travers la vue. Copier est la chose la plus bébête du monde, copier un verre par exemple: il n'y a rien de plus difficile. D'ailleurs c'est impossible. Cézanne a dit à peu près, copier la nature c'est impossible on ne peut que l'interpréter. Cela ne l'a pas empêché de la copier jusqu'à sa mort... Comme je sais que je n'arriverai jamais à copier la tête comme je la vois, ça a l'air d'une aberration d'insister, ça l'est probablement d'ailleurs. C'est même une absurdité totale ce que j'essaye de faire. Ainsi il m'est impossible d'imaginer ce que serait un tableau fini et c'est en quoi je suis à contre-courant des autres peintres de l'art moderne qui finissent toujours leurs tableaux, et même dans une journée. Je sais que je peux travailler toute ma vie un tableau sans le terminer jamais. Et en admettant que je vive 300 ou 400 ans, je n'arriverai jamais à l'achever.

(...).

Avez-vous déjà vu des tableaux parfaits? Moi je n'en ai jamais vu. C'est une des caractéristiques de l'art d'ailleurs. Une hélice d'avion, pour fonctionner doit être parfaite, un verre à vin pour être utilisable ne doit pas être ébréché. Par contre, une oeuvre d'art n'est toujours qu'une vision partielle du monde extérieur, toujours précaire aussi. En peinture, en sculpture, ou en poésie, il ne peut y avoir de perfection. C'est cela qui fait leur intérêt, leur virulence, ou leur violence. Je vous l'ai dit mais les mauvais tableaux d'un peintre m'intéressent autant que les bons. Il n'y a pas pour moi de différence. De toute manière, on exagère l'importance que l'on donne à l'Art avec un grand "A". La majorité des vivants s'en passe royalement.

(...).

Mais oui, l'art n'est plus une nécessité. Les peintures vont directement de l'atelier au musée. C'est bien précaire comme parcours non? Et le petit cheval blanc publicitaire du whisky Withe est plus une nécessité que les œuvres d'art des grands artistes. Moi-même je ne me considère pas plus utile à la société que le petit bricoleur passionné dans son coin. Je ne donne pas une telle importance à ma peinture. Tout m'intéresse mais on ne fait bien les choses qu'en se limitant à l'extrême. Que ce que je fais serve ou non, c'est le dernier de mes soucis. C'est là aussi que j'ai une position opposée à celle des peintres actuels qui estiment avoir un rôle dans la société. Je suis aussi contre le chômage aux artistes: on ne fait de l'art qu'à ses risques et périls et je sais aussi que la société se passe largement de ce que je fais".

Alberto Giacometti: Les Lettres françaises, août 1964

Alberto Giacometti: Les Lettres françaises, août 1964

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3 octobre 2021 7 03 /10 /octobre /2021 16:59

L'UDB a proposé récemment lors de son congrès un statut ou un "permis de résident" en Bretagne, une idée bien étrange que le parti régionaliste a valorisé dans la presse régionale.

Cette proposition bien dans l'air du temps, justifiée aux yeux de ses promoteurs par la pression immobilière, notamment dans les villes bretonnes et sur les côtes, me semble être, dans sa dimension symbolique, un glissement particulièrement dangereux, et au fond une forme de décalque de la xénophobie française ambiante sur un chauvinisme breton qui existe lui aussi.

Les permis d'habiter et de circuler, les entraves à la libre circulation, nous ramènent aux assignations à résidence du monde ouvrier et populaire dans l'Ancien Régime et jusqu'au 19e siècle (livret ouvrier).

La Bretagne est depuis toujours une terre d'accueil, d'ouverture, de métissage. C'est ce qui fait sa richesse.

Les Bretons ont eux aussi beaucoup émigré, voyagé, et continuent à le faire. Avant bien souvent de "rentrer au pays" à un moment ou à un autre.

La Bretagne est jusqu'à preuve du contraire une partie de la nation française. Nous la chérissons particulièrement parce que c'est notre région, avec une identité propre et forte, des éléments culturels bien à elle, comme beaucoup d'autres régions de France, mais elle n'a pas besoin de recréer des frontières...

Franchement, il existe d'autres manières de permettre l'accès au logement des bretons aux revenus moyens ou modestes que le tri des acquéreurs en fonction de leur lieu de naissance ou de résidence principale... Il nous faut reconnaître et défendre le droit universel au logement par delà les invocations, soutenir le logement social, l'accès à la location, la construction de qualité et la rénovation énergétique.

Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère 

3 octobre 2021

 
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3 octobre 2021 7 03 /10 /octobre /2021 16:55
La section du Pays de Morlaix du PCF appelle à  participer massivement à la manifestation syndicale du mardi 5 octobre à 11 h place des otages à Morlaix - Communiqué

Communiqué de la section du pays de Morlaix du PCF

3 octobre 2021

La section du Pays de Morlaix du PCF appelle à  participer massivement à la manifestation syndicale du 5 octobre à 11 h place des otages à Morlaix

Augmentez les salaires et les retraites !
C’est le slogan qui marquera la manifestation du 5 octobre pour les emplois, les salaires et les conditions de travail et d’études.
Et les raisons de manifester ne manquent pas quand on sait que le SMIC vient d’augmenter de 2% seulement quand la rémunération des grands patrons progresse de 30% et que celle des grands actionnaires est de l’ordre de 40%.
Les familles populaires ont déjà bien du mal à boucler les fins de mois mais elles subissent aujourd’hui des hausses insupportables : denrées alimentaires, tarifs de l’énergie avec une nouvelle augmentation de 12,6 % du prix du gaz au 1er octobre (soit une augmentation de 57 % depuis le début de l’année), augmentation du prix de l’électricité et envolée du prix des carburants à la pompe.
Le député communiste Sébastien Jumel vient de proposer d’appliquer un taux réduit de TVA sur le gaz comme sur tous les produits de première nécessité. Une telle mesure permettrait effectivement de soulager dans l’urgence des millions de familles.

A cela se rajoute l'ignominie de la réforme de l'assurance chômage ! Le Président de la République et son Premier ministre ont donc décidé d'imposer la mise en œuvre de la contre-réforme de l'assurance-chômage en ce 1er octobre, malgré l'unanimité qu'elle rassemble contre elle.

Selon les chiffres de l'Unedic, avec l'entrée en vigueur de celle-ci, 1,15 millions de personnes vont ainsi voir aujourd'hui leurs droits baisser drastiquement, en moyenne de 17 % et jusqu'à 40 % pour les 400.000 les plus précaires, dont de nombreux jeunes. 50% des allocataires touchent moins de 860 euros par mois : Comment oser dire que l'on gagne plus au chômage qu'en travaillant !
Cette décision est une ignominie à l'égard des salariés concernés, jugés coupables d'un chômage dont seuls sont responsables les gouvernements successifs et le MEDEF

5 bonnes raisons de manifester

EMPLOIS

- Pour exiger la suspension des plans de suppressions d'emploi
- Pour le conditionnement des aides publiques au maintien et à la création d'emplois stables
- Pour exiger la création des emplois nécessaires pour répondre aux besoins dans les hôpitaux, les Ehpad... et dans l'ensemble de la fonction publique

AUGMENTATION DES SALAIRES
- Pour donner les moyens à toutes et tous de vivre dignement de leur travail et relancer l'économie via la consommation des ménages

DEVELOPPEMENT DE L'INDUSTRIE

- Pour conditionner les aides publiques aux entreprises à des critères sociaux et environnementaux et en assurer leurs contrôles par les représentants des personnels
- Pour maintenir et relocaliser les activités stratégiques sur le territoire
- Pour relancer la recherche et l'innovation à hauteur de 3 % du PlB

SERVICES PUBLICS

- Pour gagner des moyens pour les services publics de l'éducation, la santé, les transports, l'eau, de l'énergie... afin qu'ils répondent aux besoins de la population et aux défis de
demain

CONDITIONS DE TRAVAIL

- Pour une baisse du temps de travail hebdomadaire
- Pour le droit à la déconnexion et à l'encadrement du télétravail
- Pour l'ouverture des droits à la retraite à 60 ans à taux plein
- Pour la reconnaissance de la pénibilité

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  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
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