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19 juillet 2020 7 19 /07 /juillet /2020 13:53
Rassemblement au Menez Hom 2015

Rassemblement au Menez Hom 2015

Pour le désarmement nucléaire, le jeudi 6 août 2020 au Menez-Hom, 75 ans après les bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki.
 
Le PCF s'associe à l'appel du CIAN et du Mouvement de la Paix pour participer nombreux aux rassemblements le jeudi 6 août, pour dire non aux armes nucléaires, en cette date anniversaire des 75 ans des bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki.
 
Rendez-vous:
 
- à 10h, au départ du Faou de la caravane pour la paix et d'un cortège de voitures de militants pacifistes à partir du quai Quélen
 
- à 11h, port du Fret sur la presqu'île de Crozon
 
- à 12h, à Crozon avec les jeûneurs
 
- à 13h30, pique-nique à Sainte Marie du Menez Hom
 
- à 15h30, Montée au Menez Hom
 
Merci d'être nombreux à vous associer à cet évènement important dans notre combat pour sensibiliser autour du péril mortel de la prolifération et du renforcement de l'armement nucléaire et sur la nécessité de ratifier le traité d'interdiction des armes nucléaires.
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19 juillet 2020 7 19 /07 /juillet /2020 05:33

Le premier impératif est de sécuriser les emplois du transport aérien et de l’industrie aéronautique, de développer massivement la recherche et le partage de ses résultats à l’échelle du globe, d’utiliser les gains de productivité pour réduire le temps de travail et pour développer massivement la formation aux métiers d’aujourd’hui et aux nouveaux métiers de la transition écologique et de la révolution informationnelle.

PCF - Aéronautique / aérien : Pour dépasser la crise, sortir des logiques de rentabilités
PCF - Aéronautique / aérien : Pour dépasser la crise, sortir des logiques de rentabilités
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18 juillet 2020 6 18 /07 /juillet /2020 12:27

Conseil communautaire du 16 juillet 2020: les 3 nouveaux élus communautaires adhérents du Parti communiste à Morlaix Communauté (sur 51) : Ismaël Dupont, Valérie Scattolin, Roger Héré, vice-président au Transport et Mobilités.

Ces 3 élus communautaires représentent aussi 19 élus municipaux communistes et apparentés sur le territoire de Morlaix-Communauté depuis les élections municipales de mars et juin 2020.

Dans l'ensemble du territoire de Morlaix-Communauté, ce seront donc en tout 19 élus communistes et sympathisants qui travailleront pour les intérêts des citoyens: 8 à Plouigneau (6 adhérents et 2 sympathisants, avec notamment Roger Héré et Christophe Boudrot, adjoints, Daniel Duval, adjoint, Mariane Gauthier Destable, Julie Hamon, Patrick Béguivin, Annick Le Guern,) un adjoint à Guimaëc (Jéremy Lainé), un conseiller municipal à Saint-Thégonnec-Loc-Eguiner, le plus jeune élu de la région, Corentin Derrien, 8 élus à Morlaix (5 adhérents, et 3 sympathisants):  Ismaël Dupont, Valérie Scattolin, Fréderic L'aminot, adjoints, Marie-Françoise Madec Jacob, Maéla Burlot, Eugène Davillers Caradec, Elise Kérebel,Patrick Gambache, conseillers délégués; Martine Carn, élue d'opposition à Plougonven 

Parmi ces élus, 15 d'entre eux sont des nouveaux élus!

On avait pas vu ça depuis longtemps.

Photos Jean-Luc Le Calvez

Roger Héré - Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - Photo Jean-Luc Le Calvez

Roger Héré - Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - Photo Jean-Luc Le Calvez

Valérie Scattolin - Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - Photo Jean-Luc Le Calvez

Valérie Scattolin - Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - Photo Jean-Luc Le Calvez

Ismaël Dupont - Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - Photo Jean-Luc Le Calvez

Ismaël Dupont - Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - Photo Jean-Luc Le Calvez

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18 juillet 2020 6 18 /07 /juillet /2020 12:09
Le président de la région Bretagne s'engage auprès des salariés de Hop! Morlaix et des élus du territoire

Le président de la région Bretagne Loïc Chesnais-Girard a rencontré les représentants des salariés de Hop ! Morlaix, vendredi 17 juillet. Il a renouvelé son soutien envers le site qui emploie 276 personnes.

Avec Jean Paul Vermot, Maire de Morlaix et président de la communauté d'agglomération, Valérie Scattolin, adjointe au maire, salariée de Hop!, et responsable syndicale, d'autres salariés de Hop!, et Jean Luc Fichet, Sénateur, il a eu une réunion de travail avec les représentants des salariés de HOP Morlaix.

Les réponses de Air France ne sont pas acceptables.

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18 juillet 2020 6 18 /07 /juillet /2020 11:50
Mathilde Maillard fait partie des nouveaux élus de la Ville de Brest. Elle est adjointe en charge de la politique du bien vieillir et de l’inclusion des personnes en situation de handicap. (©Côté Brest)

Mathilde Maillard fait partie des nouveaux élus de la Ville de Brest. Elle est adjointe en charge de la politique du bien vieillir et de l’inclusion des personnes en situation de handicap. (©Côté Brest)

Brest, nouveaux élus : Mathilde Maillard, médecin, est désormais adjointe au maire

Médecin de 29 ans, Mathilde Maillard, membre du parti communiste, est désormais adjointe sur les questions du handicap et de la vieillesse à Brest. Une mission qui lui sied bien.

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17 juillet 2020 5 17 /07 /juillet /2020 07:24
Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - élection du président Jean-Paul Vermot, des vice-présidents et conseillers délégués - Photos Jean-Luc Le Calvez et Ismaël Dupont
Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - élection du président Jean-Paul Vermot, des vice-présidents et conseillers délégués - Photos Jean-Luc Le Calvez et Ismaël Dupont
Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - élection du président Jean-Paul Vermot, des vice-présidents et conseillers délégués - Photos Jean-Luc Le Calvez et Ismaël Dupont
Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - élection du président Jean-Paul Vermot, des vice-présidents et conseillers délégués - Photos Jean-Luc Le Calvez et Ismaël Dupont
Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - élection du président Jean-Paul Vermot, des vice-présidents et conseillers délégués - Photos Jean-Luc Le Calvez et Ismaël Dupont
Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - élection du président Jean-Paul Vermot, des vice-présidents et conseillers délégués - Photos Jean-Luc Le Calvez et Ismaël Dupont
Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - élection du président Jean-Paul Vermot, des vice-présidents et conseillers délégués - Photos Jean-Luc Le Calvez et Ismaël Dupont
Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - élection du président Jean-Paul Vermot, des vice-présidents et conseillers délégués - Photos Jean-Luc Le Calvez et Ismaël Dupont
Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - élection du président Jean-Paul Vermot, des vice-présidents et conseillers délégués - Photos Jean-Luc Le Calvez et Ismaël Dupont
Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - élection du président Jean-Paul Vermot, des vice-présidents et conseillers délégués - Photos Jean-Luc Le Calvez et Ismaël Dupont
Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - élection du président Jean-Paul Vermot, des vice-présidents et conseillers délégués - Photos Jean-Luc Le Calvez et Ismaël Dupont
Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - élection du président Jean-Paul Vermot, des vice-présidents et conseillers délégués - Photos Jean-Luc Le Calvez et Ismaël Dupont
Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - élection du président Jean-Paul Vermot, des vice-présidents et conseillers délégués - Photos Jean-Luc Le Calvez et Ismaël Dupont
Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - élection du président Jean-Paul Vermot, des vice-présidents et conseillers délégués - Photos Jean-Luc Le Calvez et Ismaël Dupont
Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - élection du président Jean-Paul Vermot, des vice-présidents et conseillers délégués - Photos Jean-Luc Le Calvez et Ismaël Dupont
Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - élection du président Jean-Paul Vermot, des vice-présidents et conseillers délégués - Photos Jean-Luc Le Calvez et Ismaël Dupont
Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - élection du président Jean-Paul Vermot, des vice-présidents et conseillers délégués - Photos Jean-Luc Le Calvez et Ismaël Dupont
Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - élection du président Jean-Paul Vermot, des vice-présidents et conseillers délégués - Photos Jean-Luc Le Calvez et Ismaël Dupont
Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - élection du président Jean-Paul Vermot, des vice-présidents et conseillers délégués - Photos Jean-Luc Le Calvez et Ismaël Dupont
Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - élection du président Jean-Paul Vermot, des vice-présidents et conseillers délégués - Photos Jean-Luc Le Calvez et Ismaël Dupont
Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - élection du président Jean-Paul Vermot, des vice-présidents et conseillers délégués - Photos Jean-Luc Le Calvez et Ismaël Dupont
Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - élection du président Jean-Paul Vermot, des vice-présidents et conseillers délégués - Photos Jean-Luc Le Calvez et Ismaël Dupont
Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - élection du président Jean-Paul Vermot, des vice-présidents et conseillers délégués - Photos Jean-Luc Le Calvez et Ismaël Dupont
Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - élection du président Jean-Paul Vermot, des vice-présidents et conseillers délégués - Photos Jean-Luc Le Calvez et Ismaël Dupont
Conseil communautaire du 16 juillet 2020 - élection du président Jean-Paul Vermot, des vice-présidents et conseillers délégués - Photos Jean-Luc Le Calvez et Ismaël Dupont

 

Jean-Paul Vermot élu président de Morlaix communauté, avec 43 voix exprimés pour sa candidature sur 51 (8 votes blancs). 6 ans de travail nous attendent pour le territoire et ses habitants.

Bravo a notre ami et camarade Roger Héré (PCF), premier adjoint dans la commune de Plouigneau, nouveau vice-président transport et mobilités de Morlaix communauté.

Pleine réussite dans ton mandat Roger!!!

Bravo à Catherine Treanton pour son élection comme vice-présidente au personnel et mutualisations de Morlaix communauté! Bon mandat a notre collègue morlaisienne!

La liste des nouveaux vice-présidents de Morlaix communauté élus pour gérer la collectivité au côté de Jean-Paul Vermot les 6 prochaines années:

- Solange Creignou au développement économique, à l'économie sociale et solidaire et à l'agriculture

- Guy Pennec au cycle de l'eau, à l'assainissement

- François Hamon à la transition écologique, à la collecte et à la gestion des déchets

- Cathy Lucas à la cohésion sociale

- Nathalie Bernard au tourisme et a l'international

- Julien Kerguillec à  la culture et à la langue et à la culture bretonne

- Catherine Treanton au personnel

- Roger Héré aux mobilités et aux transports

- Christophe Michaud aux bâtiments, à l'urbanisme

- François Girotto aux finances

- Alban Le Roux à la démocratie, la relation citoyenne, l'enseignement supérieur.

Bravo à tous les nouveaux élus et bonne réussite collective à cette équipe de gauche qui constituera l'exécutif de Morlaix-Communauté.

Et les nouveaux conseillers délégués de Morlaix communauté sont .... Marc Rousic (port, mer, littoral), Stéphane Lozdowski (habitat et gens du voyage), Brigitte Mel (politique jeunesse), Claude Poder (quartier de la manufacture), Nathalie Barnet (transition énergétique), Sébastien Marie (cycle de l'eau, gemapi, hors gemapi, site natura 2000), David Guyomar (emploi et insertion), Pierre Le Goff (travaux, patrimoine immobilier communautaire), Ghislain Guengant (aéroport, espace aquatique, auberge de jeunesse), Maryse Tocquer (lien intergenerationnel), un grand bravo a eux toutes et tous!

Félicitations aussi aux nouveaux conseillers délégués morlaisiens de Morlaix communauté: Nathalie Barnet (transition énergétique), David Guyomar (emploi et insertion), Ghislain Guengant, le benjamin des conseillers communautaires (aéroport, espace aquatique, auberge de jeunesse)...

 

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17 juillet 2020 5 17 /07 /juillet /2020 06:48
Luchino Visconti - par Andréa Lauro, partie 12 et 13: Ludwig, le crépuscule des dieux, Violence et passion, L'Innocent
Luchino Visconti - par Andréa Lauro, partie 12 et 13: Ludwig, le crépuscule des dieux, Violence et passion, L'Innocent

Luchino Visconti: celui qui ouvrit les portes du Néoréalisme entre beauté et Résistance

A lire aussi, les premières parties de cette étude d'Andréa Lauro sur Luchino Visconti:

Luchino Visconti: celui qui ouvrit les portes du Néoréalisme entre beauté et Résistance, partie 1 - la chronique cinéma d'Andrea Lauro

Luchino Visconti: celui qui ouvrit les portes du Néoréalisme entre beauté et Résistance - partie 2 La guerre et le Néoréalisme : Ossessione

La chronique cinéma d'Andréa Lauro - Luchino Visconti: celui qui ouvrit les portes du Néoréalisme entre beauté et Résistance, Partie 3

La fin du Néoralisme: Bellissima - Luchino Visconti, entre beauté et Résistance, partie 4 - La Chronique cinéma d'Andréa Lauro

Luchino Visconti, Partie 5, Entre réalisme et mélodrame : Senso et Le notti bianche - la chronique cinéma d'Andréa Lauro

Luchino Visconti: celui qui ouvrit les portes du Néoréalisme entre beauté et Résistance - Rocco et ses frères et Le Guépard, partie 6 et 7 - par Andréa Lauro

Luchino Visconti: celui qui ouvrit les portes du Néoréalisme entre beauté et Résistance - par Andréa Lauro, partie 8

Luchino Visconti: celui qui ouvrit les portes du Néoréalisme entre beauté et Résistance - Andréa Lauro - Partie 10 et 11 Les damnés, Mort à Venise

 

 

Luchino Visconti: celui qui ouvrit les portes du Néoréalisme entre beauté et Résistance

Partie 12

Au sommet de l’esthétisme : Ludwig

En dépit des angoisses communes, des fractures mal dissimulées entre public et privé, et de l’affinité élective qui les lie, Visconti n’était pas Thomas Mann. Il aurait pu, cependant, être Gustav von Aschenbach ou, plus généralement, un de ces esthètes qui peuplent la fiction de l’écrivain allemand. Il n’est donc pas surprenant que, mis de côté l’espoir de porter sur le grand écran sa vision de la "Recherche du temps perdi" proustienne, le réalisateur édifie le film suivant autour de la figure de Louis II de Bavière (en allemand Ludwig II), qui aspire toute sa vie à pénétrer les régions sublimes de l’art et y réussit, enfin, à cause des chants mémoriaux que les poètes consacrent à sa mort.

Paul Verlaine a dit de lui : "Vous fûtes un poète, un soldat, le seul Roi / De ce siècle où les rois se font si peu de chose, / Et le martyr de la Raison selon la Foi"; en lui Visconti redécouvre les racines de ce culte du mélodrame et de l’exquis, qui le pousse à épier la vie comme dans les coulisses d’une scène, à danser en elle avec la grâce d’une vedette et à agir comme si au monde il fallait une mise en scène constante. La réalisation de « Ludwig » (1973) reste, peut-être, dans la carrière du réalisateur, le moment de plus haute affinité entre le sujet et le style viscontien, chacun prêt à se refléter dans la richesse iconographique de l’autre.

De ce regard, qui dans le film précédent surveille en longs zooms les vicissitudes d’Aschenbach au Lido de Venise, nous observons chez « Ludwig » la métamorphose. « Morte a Venezia » (Mort à Venise) se ferme sur un champ long, une vue de haut qui écrase l’horizon sur le sable et, dans le contraste des habits blancs et noirs, dessine un tableau qui ne serait pas déplaisant au Monet des plages de Trouville, tandis que deux figures transportent hors du champ le corps sans vie du protagoniste ; « Ludwig » s’ouvre, par contre, sur un mouvement opposé : un aperçu rapide dans un intérieur obscur, assiégé par des fresques, des brocarts, des bijoux et des miroirs, et un zoom tendu à se resserrer sur le tout premier plan du jeune prince, prêt à assumer la charge royale.

L’écart est très clair : Dans « Morte a Venezia » (Mort à Venise) , l’œil du réalisateur caresse les surfaces, il se déplace léger sur les apparences arrêtées sur les images et même quand il essaie d’y pénétrer, en appuyant sur le zoom, c’est comme s'il avait secoué le rideau du Théâtre Olympique de Palladio, avec ces constructions prospectives à simuler des espaces très profonds, de pure invention, dans des environnements de bien plus modeste épaisseur. Nous pourrions alors dire de « Morte a Venezia » que c’est un film pictural, à feuilleter comme un catalogue d’illustrations, à agrandir ou à réduire pour toujours trouver de nouveaux détails. Bien plus grave est la matière qui compose « Ludwig », dans laquelle le clair-obscur semble ouvrir continuellement de nouveaux passages, profondeurs où ils ne s’en sont pas imaginés et où le regard farfouille, presque en enveloppant ces corps illuminés et immédiatement retournés aux ombres. Si dans « Morte a Venezia » se trouvent des surfaces si raréfiées qu’elles apparaissent de rêve, « Ludwig » est, à l’opposé, un film sculptural, à apprécier dans sa plasticité, comme ces statues du Baroque que l’artiste, à force de torsions et de draperies, invite à admirer en marchant autour. Pour les salles de ce film, on se promène comme dans les galeries d’un musée, avec la déférence d’un invité appelé à visiter un palais d’ancienne noblesse, sous le soin patronal de Visconti.

Nous reconnaissons, dans une telle attitude, un nœud crucial du cinéma viscontien, à cet effet, qui peut être rattaché à une maxime du critique Serge Daney : « il y a des cinéastes qui montrent et d’autres qui démontrent ». Bien que Visconti se soit parfois montré enclin à la démonstration - cela vaut pour ses œuvres où la dette idéologique ou l’excès de volupté l’emportent sur l’inspiration et la mise en scène - tout ce que fait Visconti est, en effet, laisser voir, accompagner les entrées et les sorties du spectateur, surveiller ses humeurs, attentif à ce que les passions de ce mélodrame retenu n’en envahissent pas la conscience avec un excès de cris.

Il est, certes, remarquable que la riche vie du souverain de Bavière - mécène des arts, ami de Richard Wagner, exténuée par les passions effrénées, qui peuple l’Allemagne de châteaux de fées jusqu’à épuiser les ressources de l’État, qui humilie le pouvoir royal avec son mépris pour la politique et, enfin, meurt assassiné, peut-être, par ses rivaux - soit par Visconti sciemment destitué d’un authentique suspense.

Bien que lyrique, dans de nombreuses scènes, ou, dans d’autres, ouvertement mélodramatique, le regard du réalisateur n’est jamais empreint de ce romantisme « fin du siècle » qui continuait d’illuminer l’âme du roi bavarois; nous le dirions plutôt, un regard clinique.

Brisé en un certain nombre de segments déconnectés, sinon par continuité d’humeur, et collés les uns aux autres au moyen de courts interludes - où un personnage au premier plan sur fond neutre résume au public les coordonnées historiques de ce que l’on vient raconter - le film se compose par addition ultérieure de blocs narratifs, sans jamais qu’ils se rassemblent dans le récit. Dans chacun se répète un schéma commun : une confrontation inégale entre le souverain et un autre personnage, dont le premier sort vaincu, rendu, destiné à capituler. Dans l’obsession réitérée de ce schéma fatal, nous restons harnachés jusqu’au bout, précipitant, avec le souverain et sa lucide folie, dans le tourbillon d’une dissolution voluptueuse.

Catalogue très personnel des modes de l’esthétisme décadent, « Ludwig » se révèle être une œuvre inépuisable. Nous comptons, de ce film, au moins trois versions : une parlée en allemand, d’un peu plus de deux heures, une anglaise, d’environ trois, et une italienne de plus de quatre heures, méticuleusement reconstruite par les collaborateurs du réalisateur après sa mort. On n’efface pas du compte les scènes supprimées, ni celles perdues, les jamais tournées, les jamais écrites. La forme du film, cette discontinuité marquée qui en définit le ton, nous précipite dans le vertige lucide d’une œuvre qui pourrait durer quelques minutes comme des dizaines d’heures, qu’on pourrait reconstruire chaque fois du début, seulement en démontant et en inversant ses épisodes, en répétant les comparaisons à deux, laissant l’œil errer pendant des minutes entières dans l’abondance impudique des scènes.
 

 Gruppo di famiglia in un interno  (Violence et passion), Visconti

Gruppo di famiglia in un interno (Violence et passion), Visconti

L'innocente, Visconti

L'innocente, Visconti

Partie 13

Vers la décadence finale : Gruppo di famiglia in un interno (Violence et passion) et L'innocente (L'innocent)

Rescapé d’une thrombose, qui le frappe peu après le tournage et lui laisse paralysé un bras et une jambe, Visconti ne peut endiguer les ingérences productives, qui imposent un nouveau montage pour contenir la durée. La colère et la déception pour les coupures s’ajoutent aux angoisses de la maladie et contribuent à éloigner pour quelque temps le réalisateur des scènes, pendant que ce repli en lui-même, cette fermeture au monde dont on voit les traces dans les derniers films devient plus aiguë.

Craignant l’hypothèse d’un abandon de la scène, Visconti cherche à se remettre immédiatement au travail et le choix tombe sur la mise en scène théâtrale de " C'était hier " d’Harold Pinter. Auteur sec, Pinter semble plus étranger au style du réalisateur, qui veut se faire inspirer par un texte dont l’avantage évident est dans l’exiguïté de la cast-liste et du décor : trois personnages, peu d’action, beaucoup de dialogue.

À la trente-cinquième réplique, la récitation est interrompue par l’intervention du dramaturge, scandalisé par l’interprétation obscène que le réalisateur a donnée de son œuvre. Dans ce travail précis sur le temps, la mémoire, la confluence de voix anciennes et nouvelles, des vivants et des morts, Visconti n’a entrevu qu’un récit de cruauté : la scène est un ring, les gestes agressifs, les corps voluptueux, la sexualité une obsession autoritaire, les rapports macérés de haine. La polémique est vite close à cause de quelques accords souterrains entre les parties, mais le réalisateur, au fond, a déjà obtenu ce qu’il voulait : réussir à revenir sur scène.

Résultat de la maladie morale déjà apparue dans " C'était hier " et du besoin de sécher l’action dramatique pour des besoins de santé est le prochain film de Visconti, « Gruppo di famiglia in un interno » (1974), écrit par Enrico Medioli et tissé de références biographiques à partir de trois sources distinctes : le scénariste - collectionneur passionné de ces portraits de familles bourgeoises dédiées au salon et au bavardage, qui se rassemblent sous l’étiquette de Conversation Pieces ; le réalisateur - qui donne à l’ancienne figure du professeur toute son élégance tranquille et l’incapacité de dialoguer avec les nouvelles générations; l’écrivain Mario Praz - dont le volume des proses "Scènes de conversation" est apparu dans les librairies italiennes. Comme cela s’est déjà produit dans le passé - la renommée de Giorgio Morandi, qui inspire au réalisateur une "Locandiera" toute tournée dans les tons du peintre; les volants et les bougies sur les scènes d’Elia Kazan, qui précèdent l’objet récupéré à Campo de Fiori pour la première italienne de "Un tramway nommé Désir"; l’arrivée sur les rotocalques du thème de l’immigration interne, qui l’amène à imaginer « Rocco e i sui fratelli » - Visconti, dévot de la culture, sait intercepter les tendances de la mode culturelle, en les secondant et en transférant, comme d’habitude, sa vision des choses du monde. Le livre de Praz sort en 1971, le film de Visconti voit le jour en 1974. Les affinités sont seulement en surface mais c’est désormais celle-ci qui intéresse le réalisateur : à vouloir soulever les rideaux, déplacer les tableaux, rouler les tapis pour regarder au-delà du voile des apparences, on ne trouverait rien et non par manque d’inspiration, mais par adhésion à la nécessité de se créer un coin privé dans lequel cultiver son propre goût, indifférent à la marche de l’Histoire.

Avec Praz, Visconti partage l’amour pour le bizarre et l’érudition, ainsi que le goût pour une conception théâtrale de la vie. Comme les aristocrates de « Il Gattopardo »; comme, avant eux, la noblesse du « Senso », ces bourgeois cultivés, raffinés, dévoués au culte de la tradition, semblent sublimer dans l’inclinaison muséographique des meubles et dans le recours à une élégance calculée des poses, dans le goût pour l’aménagement, les fonds et la scène : plus que se lever, le matin, ils vont en scène. Au milieu de ces pièces démodées, entre un pendule et un brocart, nous reconnaissons l’artifice d’une vie - celle du protagoniste, le professeur - fixée à se répéter des vieux rituels, indifférente aux brusques mouvements de l’Histoire, aux nouvelles générations en jeans, à l’affirmation d’une jeunesse effrontée, vulgaire et violente, sur laquelle s’appuie l’impitoyable regard de Visconti. Incapable - et même pas intéressé - de construire avec elle un dialogue, le réalisateur en ferme la représentation en quelques gestes répétés et agressifs, dans les allusions rapides d’âme et dans un grotesque sarcasme. D’abord réticent, le professeur ouvre à un groupe de jeunes locataires l’étage supérieur de son habitation, les accueille, s’y dispute, les réprimande, non sans un soupçon de calme mépris, jusqu’au point où un contact humain semble possible. Mais même dans ce Visconti il se révèle schématique; ils trouvent place, dans son catalogue, le jeune vulgaire, mais passionné de Mozart, l’activiste politique, avec un fin œil pictural, la bourgeoise grossière, mais aux amours mélodramatiques; chacun incriminé et ensuite immédiatement racheté par une affinité de surface. Et quand la proximité prolongée semble amener le professeur à découvrir un noyau d’affection pour ces personnes, le retour brusque des égoïsmes réciproques efface d’un coup d’éponge toute hypothèse d’idylle familiale. Au lieu de analyser les rapports, la greffe de thèmes sociaux et l’apparition de raisons politiques au fond des caractères, il nivelle encore plus le parc déjà émergeant de vraies personnalités et jette partout une claire lumière de superficialité. On sort de ce film funèbre avec la ferme conviction que l’humanité a peu d’espoirs; la dégradation de la société semble désormais achevée.

En avril 1975, une chute précipite l’état de santé du réalisateur, contraint au fauteuil roulant. Et si le rêve de composer des films au souffle grandiloquent, comme la biographie de Puccini et une réduction de "La montagne magique" de Mann, devient de plus en plus labile, Visconti, conscient de la précarité de sa situation, s’accroche, pour se remettre, au travail, s’engageant dans une adaptation d'un livre de D'Annunzio. Puisque les droits de "Il piacere" ne sont pas disponibles, le choix tombe sur "L’innocente".

La rencontre avec l’auteur représentant du décadentisme littéraire, est, pour le réalisateur, une sorte de règlement de comptes. Aimé dans sa jeunesse pour cette obsession esthétique qui l’apparente aux voix de la culture de la mode, D’Annunzio a été rejeté par le Visconti mûr pour l’exubérance à faveur de la guerre avec laquelle il a échangé l’élégance de sa prose.

« L’innocente » (1976) est donc l’occasion d’une clarification. Contrairement à ce qui s’est passé avec « Morte a Venezia », où l’intimité avec l’œuvre l’oblige à un difficile équilibre entre expression personnelle et ambitions de fidélité, dans cette nouvelle adaptation Visconti découvre une inhabituelle attitude critique, comme on l’entend déjà dans l’incipit, avec la main du réalisateur à feuilleter les pages du roman, à (re)le lire devant les spectateurs. Dans la juste distance de son regard d’exégète, plus que la simple omission de scènes ou le final frelaté, vaut la réflexion des caractères, des liens qu’ils tissent, des pulsions qui les déplacent. En opérant une décentralisation du point de vue, Visconti libère ces croquis de la captivité de la première personne, du regard caricatural de Tullio, pour restituer des personnages à tout rond, complexes et variés. Ainsi, la belle Giuliana - dont la gracieuse figurine littéraire peine à émerger du bas des pages dannunziane - se rebelle, dans le film, à la souveraineté masculine et, se servant de la même sujétion qui la piège aux marges de l’institution matrimoniale, prépare un plan pour sauver la vie de son fils, menacée par l’orgueil tourmenté de son mari.

Face à l’apologie dannunziène d’un style de vie qui masque avec l’exhibition et le bavardage les trames de l’adultère, Visconti fait des espaces de la Rome umbertine un marché du commérage. Les salles du Palais Colonna, où les personnages se déplace comme sur une avant-scène, se font lieu de ces divertissements musicaux, à l’occasion desquels l’aristocratie peut cultiver son ennui dans l’attente de nouvelles indiscrétions et de médisances, entre une sonate de Mozart et un prélude de Chopin. Et si la prédilection pour l’intérieur est, peut-être, à attribuer à la santé précaire du réalisateur, il est, aussi, indubitable qu’elle donne au film un ton très particulier, abstrait et personnel. Comme d’habitude, Visconti décore les fonds avec fureur de velours, rideaux, étoffes, boucles en bois, bombages, lustres et miroirs, qui ouvrent des espaces illusoires où ils ne pourraient pas être, en dilatant les lignes du film au-delà des marges du cadrage, comme. Curieusement, l’effet principal de ce film d’horror vacui, de cette obsession de l’ameublement n’est pas de précipiter le spectateur dans un contexte d’époque, mais plutôt de l’abstraire, de le conduire dans un espace de l’imagination. Ce n’est pas du tout, celui dessiné par Visconti, un monde réel, mais une invention très libre, qui tient à l’écart de toute hypothèse de naturalisme et ouvre au monde le plus riche des fantasmes personnels.

Alors que « L'innocente » est encore au doublage, Visconti voit son état de santé s’aggraver.

Il meurt au printemps 1976 dans sa maison romaine et le film, présenté hors compétition au Festival de Cannes, reçoit les éloges dus à la dernière œuvre d’un grand maître.

Ainsi s’achève, avec une adaptation par D’Annunzio, une carrière commencée sous l’égide du Néoréalisme et de Verga, pour confirmer cette discontinuité longtemps perçue comme clé du cinéma viscontien ; il existe presque un Visconti bon, à préserver, et un mauvais, à combattre. Que le premier soit le sec et le néoréaliste et le second le fastueux et décadent est, ensuite, un jugement sujet aux modes des temps.

Pour conclure l'on peut dire combien il est insensé de chercher Visconti dans les faubourgs délabrés ou dans les brocarts de l’aristocratie; il va plutôt se trouver dans l’emphase mélodramatique qui, à la barbe de Verga, lance le jeune 'Ntoni à conduire la révolte des pêcheurs; dans la confluence de l’art et de la vie, toutes les deux réglées sur les conventions d’un ancien cérémonial; dans le destin tragique des vaincus, qui peuplent avec emphase lyrique son imagination. Une ligne subtile, mais bien précise, lie donc l’œuvre entière du réalisateur, en traverse les phases, les expérimentations, les humeurs, les doutes, les changements avec l’inexorabilité d’une flèche. À bien y regarder, le néoréalisme de « Ossessione » vibre d’un satanisme tragique, qui est aussi l’autre visage du vitalisme qui décore la surface de « L’innocente ».

Bien que, dans l’après-guerre, au moins deux générations aient trouvé chez Visconti l’exemple d’une nouvelle façon de comprendre l’art et la vie et leurs rapports bizarres; bien que, en outre, des chuts du style Visconti décorent, avec la fatuité de gloutons et de divertissements, les œuvres de beaucoup d’épigones - convaincus, comme un personnage de Molière, que l’élégance rime avec le kitsch - serait impropre de parler d’une école. Plus qu’un maître, Visconti doit être considéré comme le dernier des aristocrates. Il est évident à tous, sauf à lui-même, combien l’aplomb exhibé avec une ostentation étudiée, ce recours exténué aux velours et aux passementeries, soit, au fond, un avancer péniblement, une poursuite des styles d’un institut féodal désormais irrecevable. Pourtant, il y a de quoi être reconnaissant pour l’inanité de cet effort, pour l’obstination avec laquelle il poursuit une entreprise vouée à l’échec. Non contrairement aux malheureux héros qui habitent ses fantasmes, il cherche assidûment à traduire dans la vie les pulsions lyriques qui l’ont tant passionné durant sa jeunesse vécue sur les scènes du Théâtre à la Scala; d’imiter, à travers l’art, l’épopée et les tourments des mélodramatiques bien-aimés; de réaliser, en somme, ce mimétisme, qui, seul, peut satisfaire la mélancolie de ses rêves d’élégance.

Andrea Lauro, 16 juillet 2020

Luchino Visconti - par Andréa Lauro, partie 12 et 13: Ludwig, le crépuscule des dieux, Violence et passion, L'Innocent
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16 juillet 2020 4 16 /07 /juillet /2020 15:06

 

"Emmanuel Macron avait promis à la Nation 'les Jours Heureux', mais rien. Vous ne pensez pas à la prochaine génération mais à la prochaine élection ! On ne ruine pas impunément les espoirs qu’un peuple met dans un 'monde d’après' différent. -

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16 juillet 2020 4 16 /07 /juillet /2020 06:49
Face à la vague de chômage qui se profile, l’état de santé alarmant des agents de Pôle emploi (Nolwenn Weiler, Bastamage, 15 juillet 2020)

Service public

https://www.bastamag.net/pole-emploi-chomage-radiation-coaching-reforme-indemnisation-arret-maladie?fbclid=IwAR1Gwubx-_qg5DBCi5BpcqpqXFNK3x3jtN-k0zasuorbrxx50EbqfHrCths

Face à la vague de chômage qui se profile, l’état de santé alarmant des agents de Pôle emploi

par

 

« Les collègues n’arrivent plus à dormir, ils ont des migraines, tombent malades », témoigne-t-on en interne. Les agents de Pôle emploi retiennent leur souffle : le nombre de chômeurs risque d’exploser dans les mois qui viennent, et la réforme durcissant les conditions d’accès à l’indemnisation est malgré tout maintenue.

Comment faire face à l’afflux de chômeurs qui s’annonce ? Et comment expliquer à un demandeur d’emploi que son indemnité sera réduite de moitié ? Ces questions angoissent nombre d’agents de Pôle emploi, à l’heure où l’on reparle de la réforme du chômage, qui prévoit de durcir les conditions d’accès à l’indemnisation. Malmenés depuis dix ans par des restructurations en cascade, sidérés par les politiques de plus en plus discriminatoires envers les chômeurs, les agents de Pôle emploi ne vont pas bien. Certains sont épuisés, beaucoup veulent quitter leur boulot. Alors que le pire reste à venir : la Banque de France prévoit la destruction de près d’un million d’emplois d’ici 2021, avec un taux de chômage qui dépasserait les 11 % !

« Les collègues n’arrivent plus à dormir, ils ont des migraines, tombent malades »

« Les collègues n’arrivent plus à dormir, ils ont des migraines, tombent malades, viennent au travail la boule au ventre, la situation est vraiment tendue », rapporte Lakhdar Ramdani, agent pôle emploi et délégué syndical CGT. « Ils sont d’autant plus mal que dans le cadre de la réforme, on les a prévenus que des vigiles allaient être recrutés au niveau de l’accueil, pour gérer les situations difficiles », complète sa collègue Catherine Barbier, ancienne déléguée syndicale de Pôle emploi à Saint-Malo. Programmée pour le 1er avril 2020, la réforme qui va entraîner une diminution brutale du revenu des personnes au chômage a été suspendue à cause de la crise sanitaire. Elle devrait finalement entrer en vigueur le 1er septembre. « Ajoutons, précise Chantal Rublon, responsable régionale de la CGT Pôle emploi Bretagne, qu’au regard de l’augmentation du taux de chômage, la montée en charge de l’activité va être exponentielle dans les prochaines semaines. »

 

S’il s’accroît avec les violentes réformes entreprises par les équipes de Emmanuel Macron, et les prévisions de crise économique, le mal être des agents de Pôle emploi n’est pas nouveau. Il rampe dans les couloirs de l’établissement public administratif (EPA) depuis plus de dix ans, quand l’État a décidé de fusionner l’ANPE – qui accompagnait les chômeurs dans leur recherche d’emploi, et les Assedic – qui avaient en charge leur indemnisation. Pour coller au souhait de la « double compétence », chère à la direction, les agents sont alors sommés d’apprendre au pas de course un nouveau métier, qui s’ajoute bien souvent au premier, sans qu’aucun moyen supplémentaire ne leur soit accordé, avec des formations trop sommaires. Le tout dans un contexte de crise (nous sommes un an après 2008), « qui n’avait pas été anticipé et qui a fait peser sur les agents une pression supplémentaire », avait reconnu le directeur de l’agence Jean-Paul Alduy en 2011 [1].

« Une saisie mal faite peut déboucher sur la radiation d’un demandeur d’emploi »

La numérisation grandissante, vendue comme une promesse de gain de temps, aboutit bien souvent à l’extrême inverse car ici, comme ailleurs, ça rame, ça plante, ça bloque, et ça fait perdre un temps précieux à tout le monde. C’est d’autant plus compliqué à gérer que les logiciels changent très souvent, sans que personne ne soit correctement formé pour les utiliser. Il arrive régulièrement que les agents découvrent des applications en même temps que les demandeurs d’emploi qu’ils reçoivent. « Cela ne fait pas très professionnel », regrette Aurélie, agente depuis plus de dix ans et syndiquée à Sud. « C’est très stressant, complète Erwan, qui travaille également depuis dix ans dans une agence bretonne. Une saisie mal faite peut déboucher sur un avertissement pour le demandeur d’emploi, voire sur sa radiation… »

Cette impression d’incompétence est mauvaise pour la santé, et la façon dont la dernière réforme a dû être avalée par les agents n’augure rien de bon. Après une journée de e-learning, les agents vont se retrouver en face de chômeurs qui exigent des réponses précises, alors qu’eux ne peuvent délivrer que des approximations. « Les gens ne se contentent pas de généralités, détaille Aurélie. C’est là notre difficulté. S’ils reprennent une activité avant l’épuisement de leurs droits, est-ce qu’ils ne risquent pas d’avoir encore moins de revenus ? Et s’ils partent en formation, qu’est-ce qui se passe ? Parfois, nous ne pouvons rien leur répondre. » Erwan confie : « Nous avons vraiment peur de nous tromper, et de briser cette relation de confiance que nous avons avec les demandeurs d’emploi, et qui est si importante ».

Pour Gisèle, cette relation s’est « brisée » au fil des années et des attaques de plus en plus violentes contre les chômeurs. « Certains ont peur de nous et disent qu’on peut leur couper les allocations, alors que pas du tout, nous sommes là pour les aider, justement. Enfin, nous étions là pour ça… » « On a changé de logique, remarque Irène, au sein du service public de l’emploi depuis vingt ans. On a le sentiment d’être dans une gare de triage et de ne pas avoir le temps d’accompagner les gens. On gère l’urgence. » « On est passé d’un service public à une gestion chiffrée, résume Renaud Fréchin, avocat dans le Sud-Ouest de plusieurs agents en conflit avec leur direction. La pression est très forte. Les indicateurs sont omniprésents. Tout le travail est organisé autour de ces indicateurs. » Nombre d’annonces émises, taux de réponse aux mails ou de réception à l’accueil : ces indicateurs uniquement chiffrés ne rendent pas compte de la qualité du travail – et de l’accompagnement – et sont source de manipulation.

Vente forcée de coaching et trucage de chiffres

Certains agents se retrouvent ainsi à faire de la « vente forcée » sur telles ou telles prestations de coaching « parce qu’il faut remplir des cases », alors même qu’ils savent très bien que ce n’est pas ce dont les gens ont besoin. Les demandeurs d’emploi deviennent secondaires, effacés par le besoin de performance chiffrée de l’institution, qui n’hésite pas à tricher si besoin. Benoît, qui a travaillé cinq ans dans une agence du Sud-Ouest, rapporte ainsi avoir participé à un vaste système de trucage de chiffres, qui a fini par avoir raison de lui. « Il fallait que l’on ait le plus gros volume d’offres possible, explique-t-il. Le mieux, c’était les offres en "pré-sélection". Celles pour lesquelles nous présentions aux entreprises des candidats pré-sélectionnés. »

Pour gonfler cet indicateur jugé primordial, les agents de Pôle emploi intègrent des personnes recrutées sans leur intervention. Comment ? « Soit on demandait aux entreprises de nous donner les noms des personnes recrutées, soit on rentrait les données qui figuraient sur les déclarations préalables à l’embauche (DPAE). Pendant plusieurs mois, notre direction avait, semble-t-il, accès à ces DPAE sans que l’on sache comment. » À un moment donné, cette transmission des DPAE s’est arrêtée. Les agents ont alors fait des copier/coller des mois précédents pour alimenter les tableaux de statistiques. Ce système généralisé de faux-semblant a peu à peu anéanti Benoît, qui est resté en arrêt maladie pendant plusieurs mois avant d’être licencié pour inaptitude en février 2019.

Benoît se dit « ecœuré » par la réalité du travail à Pôle emploi, si éloigné de ce qui était au centre de ses préoccupations quand il a intégré cette institution, à savoir « l’accompagnement des chômeurs, et en particulier les plus précaires d’entre eux ». Cette souffrance des plus engagés dans leur travail dure depuis des années. En 2012 déjà, à la demande du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), des experts ayant enquêté au sein de plusieurs dizaines d’agences relevaient « des situations de conflits de valeurs particulièrement nuisibles pour la santé », avec des agents qui ne trouvaient plus de sens à leur métier. Ceux-ci évoquaient déjà des « sentiments de honte vis-à-vis du fait de travailler à Pôle Emploi et/ou vis-à-vis du demandeur d’emploi ».

« Je pense à ces femmes seules, mères célibataires, il y en a beaucoup à Pôle emploi »

« J’ai treize demandeurs d’emploi à voir en une demi-journée pour vingt minutes chacun ! Si on en convoque moins de dix, on se fait remonter les bretelles ! », témoignait alors un conseiller. « Les portefeuilles de demandeurs d’emploi sont extrêmement remplis : entre 150 et 300 demandeurs d’emploi pour un agent à temps plein », cite le rapport qui signale un épuisement « alarmant » des personnels, avec « un sentiment d’être débordé, submergé, broyé ». En 2020, les portefeuilles sont encore plus fournis [2]. « Certains collègues badgent après leur arrivée, ils sautent leur déjeuner, ils restent jusqu’à 19h, ils ne prennent pas trop de congés, sinon ils ont trop de boulot quand ils reviennent », rapporte Lakhdar Ramdani. Et les CHSCT ont, depuis, été supprimés. Plus aucun rapport d’expertise ne viendra tirer la sonnette d’alarme pour protéger la santé des 30 000 agents.

Baignant dans ce stress latent, plusieurs salariés évoquent le dossier de France Télécom/Orange, et des salariés qui se sont suicidés. Une plainte déposée en 2014, par le syndicat CFTC et les parents d’une agente ayant mis fin à ses jours, évoque 17 suicides d’origine professionnelle. Aucun décompte n’a eu lieu depuis, notent des journalistes dans un ouvrage consacré à la souffrance au travail à Pôle emploi [3]. Elles citent néanmoins une source syndicale qui parle de dizaines de suicides et tentatives de suicide entre 2012 et 2013 « Je me sens très inquiet pour mes anciens collègues, glisse Benoît. Je sais combien c’est difficile alors même que je suis marié, que j’ai une famille sur laquelle m’appuyer. Mais je pense à toutes ces femmes seules, mères célibataires, il y en a beaucoup à Pôle emploi. »

« Beaucoup de collègues sont malades. Dans certaines agences, le taux d’arrêts est alarmant »

« Nous avons beaucoup de collègues malades. Dans certaines agences, le taux d’arrêts est alarmant », avertit Catherine Barbier. « L’absentéisme constitue un indicateur fort de la qualité de vie au travail, admet la direction interrogée par Basta !, ajoutant être « fortement engagée dans une démarche de prévention » de cet absentéisme. De quelle manière ? Mystère. Aucune précision ne nous a été donnée. « Ils refusent de parler de front de ce sujet, tempête Chantal Rublon. On les comprend. Plus le taux d’absentéisme est élevé, plus l’organisation du travail est remise en cause. » « Chez nous, on ne parle pas de ce qui ne va pas, appuie Gilles Durand, travaillant au service Contentieux, et syndiqué chez Sud. La culture du déni est très forte. »

« 79 % des agents de Pôle emploi déclarent être fiers de travailler au sein de l’établissement et 77 % des agents ont confiance dans l’avenir de Pôle emploi », se réjouit la direction. Citant une enquête réalisée après le confinement, la direction conclut à « l’adhésion des agents aux orientations engagées depuis huit ans par Pôle emploi ». Problème : les agents contactés n’ont aucun souvenir d’avoir répondu à une quelconque enquête sur le sujet. « Le dernier questionnaire que l’on a eu portait sur la façon dont on avait vécu le travail pendant le confinement, pas du tout sur les orientations de Pôle emploi, dont nous ne discutons jamais... »

Flicage et infantilisation

« Les seuls espaces de transgression qui nous restent sont les temps d’entretien, remarque Erwan. Mais là aussi, ils tentent de nous fliquer, de nous déposséder de notre travail, notamment avec les ORT (observation de la relation de travail, ndlr). » Derrière cet acronyme, se cache une scène peu confortable : un responsable hiérarchique, qui décide de vos augmentations éventuelles et de vos dates de vacances, se poste dans votre bureau et assiste à l’entretien mené avec un demandeur d’emploi. Difficile, évidemment, d’être à l’aise. Et impossible d’expliquer aux chômeurs comment être plus malin qu’un système qui cherche à les piéger pour qu’ils soient radiés. « Sur une même année, on peut être amené à être évalué deux ou trois fois par son supérieur hiérarchique, sans qu’il ne maîtrise nécessairement l’activité qu’il est censé observer », précise Erwan.

Cette infantilisation opère dans d’autres « propositions » de management qui, sous couvert de dialogues, sont en fait imposées aux agent.es. « À la place des échanges spontanés qui pouvaient avoir lieu autour de la machine à café, ils organisent des réunions planifiées de convivialité », grince un agent. Comme si la convivialité pouvait se décréter. Il arrive aussi que les salariés soient invités à participer à une grande chasse aux œufs de Pâques avec leurs familles, ou à une galette des rois collective. « Parfois, ce sont les collègues eux-mêmes qui organisent ces temps, dit Erwan. On a une réunion le matin et l’après midi, ils programment un "escape game". C’est évidemment très compliqué de dire non. »

Pour échapper à ces pressions, beaucoup de conseillers se tournent vers le télétravail. « C’est une façon de se protéger, dit Pauline, rencontrée lors d’une journée de formation. Je suis moins sollicitée, je suis plus au calme. » En Bretagne, avant la crise sanitaire du Covid-19, près d’un tiers des conseillers avaient formulé une demande de télétravail. Une partie des 30 000 conseillers passés en télétravail pendant le confinement éprouve une peur panique de revenir en agence.

Certains agents choisissent le temps partiel, pour pouvoir respirer, ou bien ils partent en formation, choisissent de se réorienter, signent des ruptures conventionnelles. « Chacun essaie de sauver sa peau, relève Catherine Barbier. Il faut bien trouver une solution pour le mal-être qu’on ressent au travail à cause de conflits de valeur insupportables. » Dépité, Lakhdar Ramdani conclut : « Les conditions pour rendre réellement service aux demandeurs d’emploi ont disparu. Dès lors, pourquoi rester, se demandent les collègues. » Mais ceux et celles qui restent s’inquiètent : si tout le monde quitte le navire, qui va s’occuper des demandeurs et demandeuses d’emploi ?

Nolwenn Weiler

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16 juillet 2020 4 16 /07 /juillet /2020 06:46
L'agression criminelle de l'Arménie par l'Azerbaïdjan doit cesser immédiatement (PCF, 15 juillet 2020)
L'agression criminelle de l'Arménie par l'Azerbaïdjan doit cesser immédiatement

L'Azerbaïdjan a lancé depuis trois jours une violente agression contre la République d'Arménie, dans le district de Tovuz. Bakou a, dans cette offensive, déployé de l'artillerie, des chars et des avions sans pilote, détruisant des infrastructures civiles et faisant des victimes. Erevan s'est trouvé dans l'obligation de répliquer.

Si les accrochages sont fréquents à la frontière, ces combats sont les plus graves depuis 2016. Cette attaque est à mettre en lien avec la récente déclaration Ilham Aliev de quitter les pourparlers de paix sur le Haut-Karabakh afin de chercher une solution militaire. Cette région peuplée d'Arméniens a proclamé démocratiquement son indépendance en vue de son rattachement à l'Arménie en 1991 alors que l'Azerbaïdjan s'était engagée dans une guerre terrible aboutissant à une catastrophe humanitaire et dans une politique génocidaire conduisant à des pogroms. Cette nouvelle crise trouve aussi son origine dans la politique brutale et expansionniste que mène la Turquie, principal soutien de l'Azerbaïdjan. Lors d'un récent voyage à Bakou, R.T. Erdogan a poussé à une reprise des affrontements.

L'agression de l'Azerbaïdjan doit cesser immédiatement et il est de la responsabilité de la communauté internationale d'assurer la protection des populations arméniennes afin d'éviter une généralisation du conflit qui pourrait embraser le Caucase. Le peuple arménien a fait la démonstration de son attachement à la liberté et à la démocratie au prix de sacrifices immenses. C'est dans cet esprit que le Parti communiste français a reconnu officiellement la République d'Artsakh comme première étape dans la résolution pacifique du conflit.

Parti communiste français,
Paris, le 15 juillet 2020

Vendredi, 17 Juillet, 2020 - L'HUMANITE
Caucase. L’Azerbaïdjan et l’Arménie à canons tirés

Les combats à la frontière nord ont repris hier. À Bakou, le président a menacé de se retirer des négociations.

 

La journée de trêve de mercredi n’aura pas suffi à calmer les esprits. Jeudi, les affrontements ont repris entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, qui se disputent depuis 1991 la région du Haut-Karabagh, à majorité arménienne.

Depuis le 12 juillet, les échanges de tirs meurtriers à la frontière nord, pourtant éloignée du Haut-Karabagh, ont fait au moins seize morts entre dimanche et mardi. Le ministère arménien de la Défense a affirmé avoir empêché, jeudi à l’aube, une « tentative d’infiltration » et a dénoncé une « violation perfide » du cessez-le-feu, suivie d’un pilonnage des villages d’Aygepar et Movses. Une version qui diffère de celle du ministère azerbaïdjanais de la Défense, qui indique pour sa part qu’ « une unité des forces armées arméniennes a de nouveau tenté d’attaquer nos positions dans le district de Tovouz ».

La Russie, les États-Unis et l’Union européenne ont appelé les deux pays à cesser les hostilités, tandis que la Turquie, qui a un accord de coopération militaire avec Bakou, a apporté son soutien à l’Azerbaïdjan. Entre 1988 et 1994, le Haut-Karabagh a été le théâtre d’une guerre qui avait fait 30 000 morts. L. S.

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