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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 19:34

Un rassemblement important ce soir à Brest pour rappeler les dangers mortels de l'extrême-droite et du parti de Marine Le Pen, avec de belles prises de parole d'Irène Frachon (excellente comme d'habitude!), de Yannick Hervé, du président de l'UBO et de la représentante de Kevre Breizh. Des dizaines d'élus et militants communistes de Brest, Le Relecq, Morlaix, Douarnenez étaient présents parmi les 1500 personnes rassemblées, dont moi-même, au côté de Jacqueline Héré, d'Eric Guellec, de Jacqueline Héré, de Claude Bellec, de Maxime Paul, de Jean-Paul Cam, d'Anne-Catherine Cleuziou, de Claudie Bournot.

 

Ismaël Dupont

 

Voici le texte et les premiers signataires de cet appel qui se voulait large et très rassembleur et qui dans lequel se sont reconnus des personnes aux idées politiques différentes: 

 

http://www.letelegramme.fr/…/brest-un-rassemblement-citoyen…
Brest. Un rassemblement citoyen contre le FN ce jeudi soir

Personnalités
 
Citoyens soutenant cet appel
Franck Bellion Président CCI 29 Jakez Bernard Fondateur de Produit en Bretagne Yannick Bigouin Délégué régional du mouvement associatif de Bretagne Charles Braine Directeur de Bretagne vivante Franck Cammas Navigateur Jean-Paul Chapalain Président CCI Morlaix Jean-Pierre Denis Président Crédit mutuel de Bretagne Gilles
Falc’hun
Président directeur général Sill Irène Frachon Pneumologue Matthieu Gallou Président Université Bretagne Occidentale Jean-François Garrec Président CCI Bretagne Bruno Grougi Footballeur professionnel Jacques Guérin Directeur Quai Ouest Musiques Christian Guyader Président Guyader Gastronomie Jacques Jaouen
Président Chambre d’agriculture de Bretagne
Roland Jourdain Navigateur, dirigeant de Kairos Denis Juhel Directeur SAS Mer Forte Kriss Scénariste et écrivain Denez
L’Hostis

Président d’honneur France N
ature Environnement Laurent Lannuzel Quimper Cathy Lucas Finistère Pierre Moal Morlaix René Moullec Directeur EPAL, président BIJ Brest Pascal Olivard Président Université Bretagne Loire Jean-Paul Ollivier Journaliste et écrivain Pascal Piriou Président du groupe Piriou Alan Stivell Artiste Claire Thomas Morlaix
Elus finistériens
Gaëlle Abily Adjointe au maire de Brest Bernadette Abiven Conseillère départementale, 1ere adjointe au maire de Brest Patricia Adam Députée Robert André
Maire de l’Hopital Camfrout
Patrick Appéré Adjoint au maire de Brest Claude Bellec Conseillère municipale de Brest Pierrot Belleguic Maire de Kergloff Xavier Berthou Maire de Plounévézel Jean-Luc Bleunven Député

Maryvonne Blondin Sénatrice Frédérique Bonnard Le
Floc’h
Conseillère départementale, conseillère municipale à Brest Anne Borry
Maire d’Arzano
Gwenegan Bui Conseiller régional Daniel Caillarec Adjoint au maire Motreff, Président du Pays COB Michel Canevet Sénateur Florence Cann Conseillère départementale Dominique Cap Maire de Plougastel-Daoulas Jean-Louis Caradec Maire de Peumerit Nathalie Chaline Adjointe au maire de Brest Stéphane Cotty Adjoint au maire de Plounévézel Eva Cox Conseillère municipale de Bannalec Solange Creignou Vice-Présidente du Conseil départemental François Cuillandre Président de Brest Métropole Laetitia Dolliou Conseillère municipale à Plougastel Daoulas Ismaël Dupont Conseiller municipal de Morlaix, secrétaire départemental du Parti communiste du Finistère Yvette Duval Ancienne conseillère générale Richard Ferrand Député Jean-Luc Fichet Président de Morlaix Communauté Laurence Fortin Conseillère régionale maire de La Roche Maurice Armel Gourvil Maire de Bohars Géraldine Guet Conseillère municipale de Quimperlé Eric Guellec Vice-président de Brest Métropole Chantal Guittet Députée Cédric Guyader Conseiller municipal de Carhaix-Plouguer Jean-Paul Guyomar Conseiller municipal de Clohars-Carnoët Tom Héliès Conseiller municipal du Relecq-Kerhuon Jacqueline Héré Adjointe au Maire de Brest Joëlle Huon Vice-Présidente du Conseil départemental 29 Fabrice Jacob Maire de Guipavas Jean-Paul Jaffrès Conseiller municipal de Gouesnou Maryvonne Jaffrezou Adjointe au maire de Nevez Edith Jean Adjointe au maire de Riec sur Belon Pierre Karleskind Vice-président de la Région Bretagne Marc Labbey Vice-Président Conseil départemental Jacques Lannou Conseiller municipal de Poullan-sur-Mer Roger Lars Maire de Landevennec Antony Le Bras Conseiller municipal de Concarneau Brigitte Le Cam Conseillère municipale de Quimper Jean-Yves Le Grand Maire de Saint-Nic Annick Le Loch Députée

Jean-Michel
Le Lorc’h
Conseiller municipal de Brest Robert Le Mao Adjoint au maire de Saint-Ivy Louis Le Pensec Ancien ministre Olivier Le Bras Conseiller régional, adjoint au maire de St-Thégonnec-Loc-Eguiner Jean-Claude Le Tyran Maire de Daoulas Marylise Lebranchu Députée Georges Lostanlen Conseiller départemental Lena Louarn Vice-présidente de la Région Bretagne Pierre Maille Ancien président du Conseil Général du Finistère François Marc Sénateur Pierre Marchand
Adjoint au maire de l’Hôpital
-Camfrout Liliane Massé Adjointe au maire de Riec-sur-Belon Isabelle Mazelin Adjointe au maire du Relecq-Kerhuon Sébastien Miossec Président Quimperlé Communauté Yves Moisan Maire de Plouezoch Isabelle Montanari Adjointe au maire de Brest Jean-Paul Morvan Maire de Loperhet Yohann Nedelec Maire du Relecq-Kerhuon Pierre Ogor Maire de Guilers Denis Palluel Maire d

Ouessant Philippe Paul Sénateur du Finistère Guy Pennec Maire de Plourin-lès-Morlaix Françoise Péron Vice-Présidente du Conseil départemental Laurent Péron Adjoint au maire du Relecq-Kerhuon Stéphane Péron Conseiller départemental Jean-Hubert Pétillon Maire de Briec Ronan Pichon Vice-président de Brest Métropole André Prigent Ancien maire Plougonven Michaël Quernez Vice-Président Conseil départemental 29 Franck Respriget Conseiller départemental Johan Richard Adjoint Le Relecq-Kerhuon Bernard Rioual Maire de Plouzané Christian Rivière Maire de Pleuven Stéphane Roudaut Maire de Gouesnou Forough Salami Conseillère régionale de Bretagne Nathalie Sarrabezolles Présidente Conseil départemental 29 Renaud Sarrabezolles Adjoint au maire du Relecq-Kerhuon Nadine Servant Maire honoraire de Camaret Christian Troadec Conseiller départemental maire de Carhaix Jean-Jacques Urvoas Ministre de la Justice Jean-Paul Vermot Conseiller départemental 29 Nicole Ziegler Vice-Présidente du Conseil départemental
Une pétition circule également sur le site Change.org

 

Brest / Le Télégramme

 

A Brest, Quimper ainsi qu'à Saint-Brieuc, environ 2.000 Bretons ont manifesté ce jeudi pour faire barrage au Front national (FN). 

Près de 1.500 personnes à Brest.  Près de 1.500 personnes se sont rassemblées ce jeudi en fin de journée, place de la Liberté, à Brest, pour dire non au Front national. Lancé il y a trois jours sur les réseaux sociaux, cet appel à un large rassemblement citoyen était appuyé par divers mouvements associatifs et syndicaux ainsi que des personnalités politiques de droite et de gauche, mais aussi des gens de la société civile. 

A l'image d'Irène Frachon, la pneumologue brestoise, qui a pris la parole. "Il n'y a aucune neutralité à avoir dimanche. On doit tous mettre le bulletin Macron dans l'urne, pour écraser le FN. Et puis lundi, il sera temps de se retrouver pour continuer à échanger, à s'engueuler, et à vivre dans une nation libre ", a-t-elle exhorté.

 

Environ 550 personnes à Quimper. Environ 550 personnes, jeunes et moins jeunes, ont participé, ce jeudi soir, place Saint-Corentin à Quimper, au rassemblement organisé par la Ligue des droits de l'homme pour "faire barrage à l'extrême droite". "Votez avec vos doutes, avec vos insatisfactions, vos inquiétudes, vos convictions. Mais votez avec la démocratie au coeur, avec la liberté en tête et la fraternité au corps", les a exhortés Dominique Brunel, le président de la LDH Quimper. 

 

"Dites oui à la liberté, à la liberté d'expression, à la liberté de conscience (...) à la liberté de la création artistique et culturelle (...) à une égalité qui se veut ancrer dans le quotidien, à l'accès au socle des droits pour tous en toute dignité (...) Dites oui à la fraternité, qui implique le respect de tous les êtres humains, la tolérance, la solidarité et l'ouverture à l'autre", a-t-il notamment déclaré. "Chacune et chacun tient entre ses mains un fragment de notre combat, un morceau d'avenir. Pour faire barrage à l'extrême droite, votons !", a conclu Dominique Brunel, sous des applaudissements nourris.

 

Une centaine de manifestants à Saint-Brieuc. "Ils sont sexistes, ils sont fascistes, à bas, à bas le Front National" . Pas de prise de parole mais des slogans qui retentissent dans les rues du centre-ville de Saint-Brieuc. A l'appel du Collectif de vigilance antifasciste 22, près d'une centaine de personnes se sont rassemblées à partir de 18 h, place Allende, pour dénoncer la présence du Front national au second tour de la présidentielle.

L'occasion également pour eux de marquer leur désaccord avec Emmanuel Macron. " En cas de victoire du candidat d’En Marche et de ses promesses ultralibérales, il nous faudra aussi prendre la rue dès les premières mesures annoncées, et la garder pour exiger la justice sociale, c’est la seule alternative !" annonce le collectif sur son site internet. Dimanche soir, en cas de victoire de Marine Le Pen, le collectif de vigilance antifasciste prévoit un rassemblement à partir de 21 h , place du général De Gaulle.


© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/bretagne/presidentielle-la-bretagne-fait-barrage-au-front-national-04-05-2017-11500001.php#1wYpoG0UOrH2wiHG.99

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 19:25
Quand les droites extrêmes sont déjà au pouvoir
 PAR AMÉLIE POINSSOT

En Pologne et en Hongrie, des droites ultraconservatrices sont aux manettes. Deux pays au cœur de l’Europe, et deux gouvernements qui ont imposé le repli national et une législation ultraconservatrice. Nul besoin d’aller très loin pour se rendre compte de ce que ferait le Front national une fois au pouvoir… et de ce qu’il pourrait mettre en place pour y rester.

 

Il a récolté 51 % des voix. Face à 51 % d’abstention. En mai 2015, Andrzej Duda, candidat du PiS (Droit et Justice), est élu président de la Pologne. Cinq mois plus tard, le parti décroche la majorité absolue au Parlement avec 37 % des voix (49 % d’abstention) et un gouvernement est formé sous la direction de Beata Szydło. Quelques années plus tôt, en Hongrie, le Fidesz (Union civique hongroise) remportait les élections législatives avec 52 % des voix. Face à 45 % d’abstention. Il formait un exécutif sous la houlette de Viktor Orbán, lequel sera reconduit à la suite des élections de 2014 dont il sort également victorieux (44 % des voix, 40 % d’abstention).

Pologne, Hongrie : deux pays au cœur de l’Europe ; deux gouvernements qui vont, dans chaque segment de leur société, imposer le repli national et une législation ultraconservatrice ; deux majorités qui vont se donner tous les moyens pour rester au pouvoir. Tableau clinique d'une dérive où l'on retrouve plusieurs éléments du programme du Front national.

Avril 2011. Le nouveau pouvoir hongrois commence par un retour à l'ordre moral.L'Assemblée nationale hongroise, dominée aux deux tiers par les députés du Fidesz élus un an plus tôt, peut modifier la Constitution. Elle adopte un texte qui introduit des références aux racines chrétiennes, à « l’histoire millénaire » du pays, au mariage entre un homme et une femme, et à la protection de la vie dès son commencement (ce qui ouvre la voie à l’interdiction de l’avortement, finalement pas adoptée).

Automne 2016. Le gouvernement polonais propose un projet de loi d’interdiction totale de l’avortement (l’IVG n’est autorisée en Pologne qu’en cas de viol, d’inceste, de mise en danger de la santé de la mère ou de malformation du fœtus). L’exécutif recule finalement sous la pression de la rue, mais la préparation d’un nouveau projet de restriction d’accès à l’interruption volontaire de grossesse est en cours.

 

Manifestation pro-européenne d'opposition à Viktor Orban, le 1er mai 2017, à Budapest © ReutersManifestation pro-européenne d'opposition à Viktor Orban, le 1er mai 2017, à Budapest © Reuters

 

Deux ans après avoir fait voter la nouvelle constitution, Viktor Orbán s'en prend aux institutions judiciaires. Il fait adopter un amendement qui retire à la Cour constitutionnelle une grande partie de ses pouvoirs, l'empêche de statuer sur le fond et lui interdit de se référer à sa jurisprudence antérieure. Quelques mois plus tard, une nouvelle modification instaure la détention provisoire illimitée. Parallèlement, Viktor Orbán réforme le système électoral hongrois et redessine les circonscriptions du pays à l’avantage de son parti, ce qui l’aidera à remporter les élections de 2014 (sans toutefois reconquérir la majorité des deux tiers qui lui a permis pendant le premier mandat de modifier la Constitution et de faire adopter des lois en se passant de débat au Parlement).

Décembre 2015. La première mesure mise en place par le gouvernement Szydło (dirigé en sous-main par Jarosław Kaczyński, le président du PiS) est la modification des statuts du Tribunal constitutionnel, dont il vise à paralyser l’action. Il y nomme cinq personnes, puis impose une majorité qualifiée des deux tiers et un quorum de treize membres (sur quinze juges) pour toute décision prise par ce qui est l'équivalent polonais du Conseil constitutionnel. Cette réforme provoque une première série de manifestations massives dans tout le pays, mais le gouvernement ne bouge pas d’un pouce.

À plusieurs reprises sous les deux mandats Orbán, des offensives visent à prendre le contrôle des médias publics et à éteindre les médias indépendants. Le Fidesz développe un empire médiatique privé, qui passe largement sous silence les manifestations d’opposition. Dès les premiers mois de son arrivée au pouvoir, il réunit l’ensemble des médias publics au sein d'une superstructure (la MTVA) et des dizaines de journalistes sont licenciés. Un organe de contrôle est en outre créé pour surveiller les médias publics et privés, un « conseil des médias » dont les membres, qui appartiennent tous au Fidesz, sont nommés directement par le gouvernement. Ce conseil dispose d’un droit d’inspection, peut infliger des amendes (jusqu’à 700 000 euros pour les télévisions et 89 000 euros pour les sites internet) lorsque les productions « ne sont pas équilibrées politiquement » ou « portent atteinte à la dignité humaine », et peut forcer les journalistes à révéler leurs sources sur des questions liées à la sécurité nationale. La presse d’opposition fait les frais de cette politique. En octobre dernier, le titre et le site internet du principal journal de gauche hongrois, Népszabadság, sont suspendus.

En Pologne, l’exécutif Szydło fait également adopter dès les premiers mois une loi pour prendre le contrôle des médias publics : la nomination comme la révocation de leurs directions deviennent une compétence du ministre du trésor. Très vite, l’audiovisuel public polonais se voit imposer une ligne éditoriale progouvernementale. Les journaux de la télévision TVP se transforment ainsi en bulletins de propagande et plus de trois cents journalistes sont licenciés de la chaîne. Le gouvernement ne cesse d’attaquer verbalement la presse d’opposition. La revue de gauche Krytyka Polityczna se voit retirer ses subventions. En décembre dernier, à l’occasion du vote du budget, le PiS limite l’accès des médias au Parlement et soumet un projet visant explicitement à restreindre le nombre de journalistes accrédités à la Diète. Devant la mobilisation, le gouvernement est finalement obligé de reculer.

Face à l’arrivée en Europe des réfugiés fuyant la guerre, la Hongrie se voit imposer une xénophobie d’État. Viktor Orbán fait fermer les frontières de son pays puis refuse de participer au programme de « relocalisation » péniblement mis sur pied par les Européens afin de répartir l’accueil de ces exilés et soulager l’Italie et la Grèce, plus exposées que les autres États membres. Le premier ministre hongrois dépose même un recours auprès de la Cour de justice de l'Union européenne et, un an plus tard, il organise un référendum pour monter son peuple contre la solidarité européenne.« Voulez-vous que l’Union européenne soit en mesure de décider l’installation de citoyens non hongrois sans l’aval du Parlement ? » demande-t-il aux citoyens hongrois (le référendum n’obtient toutefois pas un niveau de participation suffisant). La Hongrie, qui devait accueillir 1 294 demandeurs d’asile, n’accueille au bout du compte aucun réfugié dans le cadre du programme, qui prévoyait la répartition de 160 000 réfugiés sur le continent européen.

Absence d'opposition forte et structurée

Parvenu au pouvoir au moment du pic de l’arrivée des réfugiés, le gouvernement PiS refuse également de coopérer à ce programme de « relocalisation ». Aucun demandeur d’asile n’est accueilli sur le sol polonais (comme le montre cette carte, régulièrement mise à jour par l’IOM). Le discours politique au sommet de l’État devient un discours de repli national, ouvertement raciste. Pendant la campagne électorale de l’automne 2015, Jarosław Kaczyński, le cerveau du PiS, va jusqu'à accuser les réfugiés de répandre des maladies. « Il y a d’ores et déjà des signes de lémergence de maladies très dangereuses que lon navait pas rencontrées en Europe depuis longtemps, déclare-t-il. Choléra sur les îles grecques, dysenterie à Vienne, divers types de parasites et bactéries qui ne sont pas dangereuses pour les organismes de ces gens mais qui pourraient être dangereuses ici. »

Derrière un discours d’apparence protectrice tourné vers ses électeurs, ViktorOrbán poursuit une politique ultralibérale tout en favorisant les intérêts de son clan. En 2012, son gouvernement met en place des impôts sectoriels visant les banques et les télécommunications. Conséquences : les frais bancaires et les forfaits de téléphonie et d’internet en Hongrie sont parmi les plus élevés de l’Union européenne. L’impôt sur le revenu, lui, reste non progressif, à un taux fixe de 15 %, tandis que l’impôt sur les entreprises est abaissé, en janvier dernier, de 19 à 9 %. Des proches du premier ministre s’enrichissent considérablement pendant qu’il est au pouvoir : en 2015, selon le magazine économique Forbes Hongrie, les avoirs de la famille Orbán s’élèvent à 6,9 milliards de forints (soit plus de 22 milliards d’euros). Les affaires de corruption et de détournements de fonds se multiplient. Selon l'Office européen de lutte anti-fraude, la Hongrie compte parmi les trois États membres de l’UE où les fonds détournés sont les plus importants.

Le PiS cherche également à se faire passer pour un parti aux préoccupations sociales et c’est ainsi qu’il a conquis une grande partie des voix des laissés-pour-compte du virage ultralibéral pris par la Pologne dans les années 1990. Mais son discours protecteur ne se traduit dans les faits que par deux mesures : la mise en place, dès ses premières semaines au pouvoir, d’une allocation mensuelle de 500 zlotys (environ 115 euros) par enfant à partir de la deuxième naissance ; et l’abaissement de l’âge de départ à la retraite de 67 à 65 ans pour les hommes et à 60 ans pour les femmes. Ces mesures ne s’accompagnent pas de réformes de fond pour modifier le système ultralibéral sur lequel repose l’économie polonaise. Rien n’est prévu par exemple pour lutter contre le recours des employeurs aux « contrats poubelles » qui leur permettent de ne pas avoir à payer de cotisations sociales à des salariés forcés de devenir des auto-entrepreneurs ; rien n’est prévu non plus pour développer les logements sociaux (quasi inexistants en Pologne), accompagner les chômeurs, ou encore introduire davantage de progressivité dans l’impôt sur le revenu. L’allocation familiale, que le PiS brandit comme gage de sa politique visant les plus démunis, est par ailleurs une mesure dénuée de justice sociale puisqu’elle est distribuée indépendamment des ressources des ménages et aboutit à d’importantes inégalités : un foyer aisé doté de trois enfants touche 1000 zlotys par mois tandis qu’une famille monoparentale sans revenu avec un enfant ne perçoit aucune aide. Cette allocation n’a pas non plus pour but de favoriser l’emploi des femmes : ni aides à la garde d’enfants ni construction de crèches ne sont programmées pour l’instant.

Depuis son arrivée au pouvoir, le Fidesz revisite le passé du pays pour écrire un nouveau récit national. Il met en avant la nostalgie de la « Grande Hongrie » d’avant la Première Guerre mondiale, multiplie les gestes en direction des Hongrois au-delà des frontières, et cultive une vision du pays victime de l’Histoire, malmené par les grandes puissances. Les écoles publiques sont désormais pilotées depuis Budapest, au détriment des municipalités, le choix des manuels scolaires plus réduit. Et les universités et ONG étrangères sont dans le collimateur des autorités. Début avril, le président hongrois Janos Ader annonce une loi qui prive de licence les instituts d’enseignement étrangers ne disposant pas de campus dans leur pays d’origine. Cette disposition vise en réalité l’université d’Europe centrale à Budapest, financée par le milliardaire américain d’origine hongroise George Soros et fondée peu après la chute du communisme. L’annonce de cette mesure a suscité le plus gros mouvement de protestation depuis l’arrivée d’Orbán au pouvoir. La loi a été promulguée le lendemain.

En Pologne, le PiS fait une croix sur tout le travail de mémoire entrepris sur la Shoah depuis les années 1990. Il remet en cause les travaux d’historiens sur l’attitude des Polonais pendant la guerre, comme celui du chercheur très réputé Jan Gross, et ambitionne de modifier les programmes scolaires. En août dernier, il dépose un projet de loi visant à protéger la « réputation » et la« dignité » de la nation polonaise. Ce texte fait encourir une peine allant jusqu’à trois ans de prison et une amende à quiconque déclarerait publiquement que des Polonais – ou l’État polonais – seraient responsables de crimes commis par les nazis ou auraient collaboré avec eux. Le président Andrzej Duda avait annoncé la couleur dès l’arrivée du PiS au pouvoir, esquissant les grandes lignes de ce qu’il appelait déjà une « stratégie de politique historique polonaise » : dans un discours aux représentants des musées et institutions culturelles du pays, il avait demandé de « galvaniser le nationalisme polonais et de renoncer aux narratifs qui déshonoraient la Pologne ».

En Hongrie comme en Pologne, le Fidesz et le PiS sont issus de la droite conservatrice. Ils ont pris leur essor sur la critique de la transition postcommuniste. Ils ont chacun, à leur droite, des formations plus extrémistes qu’eux (Jobbik pour le Fidesz, Mouvement Korwin et KNP pour le PiS). À l’inverse d’un Front national engagé depuis des années dans une entreprise de dédiabolisation pour accéder au pouvoir, ces partis au départ plutôt mainstream se sont radicalisés précisément dans l’exercice du pouvoir.

Cette expérience du pouvoir ne les a pas affaiblis. Au contraire. Ces droites ultraconservatrices bénéficient de l’absence d’une opposition forte et structurée. En Hongrie, le Fidesz a été reconduit en 2014 après avoir mis en place, au cours de son premier mandat, un cadre institutionnel très favorable à sa réélection. En Pologne, si le PiS a dû affronter des protestations massives dans la rue, il n’a reculé qu’une fois sur un projet de réforme (l’interdiction totale de l’IVG) et compte toujours un noyau dur de fidèles électeurs. Et, pour la première fois dans l’histoire polonaise d’après 1989, il dispose d’une majorité absolue au Parlement comme au Sénat.

L’étouffement des médias et la mise sous cloche des libertés fondamentales ne sont pas que des reculs symboliques. L’exploitation des plus démunis est beaucoup plus facile en l’absence de contre-pouvoirs. En Pologne, depuis l’année dernière, une affaire concernant des handicapés exclus de soins médicaux est ignorée par les autorités judiciaires. Les victimes exigent que l’avis du Tribunal constitutionnel soit respecté et qu’elles soient indemnisées comme prévu. Elles attendent toujours.

L’accès au pouvoir suprême a donné une large caisse de résonance aux idées du Fidesz et du PiS. À l'échelle nationale comme à l'échelle européenne, ces deux partis contribuent à la droitisation de l'électorat et à la propagation d'une parole officielle xénophobe. À l'instar de l'échec du programme de relocalisation des réfugiés, les dégâts causés par leur politique sont lourds et durables. Malgré ses nombreux avertissements et procédures lancés contre Budapest et Varsovie, l'Union européenne ne parvient pas à freiner ces dérives autoritaires. L’impact d’une droite extrême au pouvoir ne se limite pas à la durée d’un mandat.

 

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 10:58
Jean-Jacques Candelier (député PCF-Front de Gauche) propose à l'Assemblée la mise en place d'une "immunité ouvrière"

Jean-Jacques Candelier propose la mise en place d’une « immunité ouvrière »

jeudi 4 mai 2017

Dans une proposition de résolution (n° 4620), le député Jean-Jacques Candelier propose de créer une commission d’enquête de trente membres visant à réfléchir aux conditions de la mise en place d’une « immunité ouvrière ».

Le 4 avril 2017, un candidat à l’élection présidentielle faisait le « buzz » en indiquant que, contrairement aux parlementaires disposant d’une immunité, les ouvriers ne pouvaient se soustraire à la justice.

Jean-Jacques Candelier l’a pris au mot.

Pour le député communiste, "derrière ce slogan de « l’immunité ouvrière » qui a provoqué l’hilarité en plateau, se cache pourtant une réalité concrète, celle d’une justice qui fonctionne de plus en plus à deux vitesses

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 12:35

FETE DU PCF PAYS DE MORLAIX

LUNDI 1ER MAI 2017

 

Cher-e-s Ami-e-s,

Cher-e-s Camarades,

Merci de m’avoir invitée à la fête du PCF, ici à Morlaix. C’est une belle façon de fêter le 1er Mai. J’espère que les défilés qui ont lieu cet AM seront massifs afin de démontrer que le peuple de gauche est toujours et encore debout !

Car nous vivons une situation politique inédite, particulièrement inquiétante, à quelques jours du 2nd tour de la présidentielle.

Malgré le très bon score de 19,58% de notre candidat Jean Luc Mélenchon, il n’a pu franchir la barre du 1er tour.

Le choix est donc assez amer pour toutes les femmes et tous les hommes profondément de gauche.

Amer, car aucun des candidats en lice n’est porteur de ce pourquoi elles et ils se battent, nous nous battons : une politique sociale qui réponde aux besoins humains si nombreux et si vitaux.

D’un côté, il y a Marine Le Pen, l’héritière de Saint Cloud, qui veut se donner des allures populaires, à l’écoute des plus fragiles alors que ses choix économiques et sociaux sont aux antipodes des intérêts des populations des zones urbaines comme rurales.

De l’autre, il y a Emmanuel Macron, l’héritier de François Hollande, dont on a pu mesurer la politique quand il était ministre avec des lois qui n’ont fait qu’aggraver les conditions de travail des salarié-e-s, que ce soit par la généralisation du travail du dimanche ou par la réforme des prudhommes.

Sans compter qu’il est le candidat soutenu par les milieux d’affaires, les institutions européennes ! Il est porteur de cette politique néolibérale qui, d’abandons en renoncements fait le lit au Front National.

         Pourtant, on ne peut pas mettre de signe d’égalité entre ces 2 candidats.

Le FN n’est pas un parti comme les autres, malgré les campagnes qui sont menées depuis des années pour le banaliser, le dédiaboliser. Ce Front national présidé désormais par Steeve Briois, maire d’Hénin-Baumont qui applique, à la vie municipale, les idées et le programme du FN. Il suffit d’écouter les témoignages de journalistes et d’un certain nombre d’associations de sa ville qui démontrent en quoi sa politique est discriminatoire, liberticide, hostile à la culture et contraire au bien-être des habitant-e-s notamment des quartiers populaires. Mais ce qui est vrai à Hénin-Baumont est vrai dans toutes les villes dirigées par des maires Front National. Ce sont des faits, ni des fantasmes ni des calomnies.

Malgré un énorme travail de communication et de séduction, il est essentiel, durant ces quelques jours qui nous séparent du second tour, de montrer que Marine Le Pen, à l’image de son parti, défend une politique raciste et xénophobe. Elle cherche à diviser les gens entre eux en les montant les uns contre les autres : ceux qui ont un travail et ceux qui n’en ont pas, ceux qui sont nés ici et ceux qui sont nés ailleurs…

Ses mesures économiques et sociales sont aux antipodes des intérêts des populations et pour les faire passer, il y aurait fatalement un durcissement de l’autoritarisme et de la répression d’Etat, la remise en cause de nos libertés fondamentales, parce que c’est dans l’ADN du FN. Regardez déjà ce que cette ascension au second tour a provoqué : Audrey Pulvar, journaliste, a été suspendue d’antenne (CNews Bolloré) pour avoir signé une pétition anti- FN. Et ce n’est qu’un exemple.

Dans ce contexte comment ne pas être inquiet face aux appels à l’abstention qui circulent sur les réseaux sociaux ? Comment ne pas regretter la position de Jean Luc Mélenchon ? En cette période de grand trouble, il ne faut laisser aucune place à l’ambiguïté. C’est le sens de la déclaration du PCF et de son secrétaire national Pierre Laurent. Le 7 mai, il s’agit de faire barrage au FN avec le seul outil à notre disposition, le bulletin de vote Emmanuel Macron. Qui peut croire que c’est une adhésion à sa politique ?

Mais puisque beaucoup continuent de s’interroger sur le choix qu’elles et ils feront le 7 mai prochain, continuons à réfléchir ensemble. D’abord, franchement, qui ne s’est pas posé la question de l’abstention, ne serait-ce qu’au soir du 1er tour ? Qui n’en a pas ras le bol de voter contre ses idées, piégés que nous sommes par les Institutions de la 5ème République ?

Sans vouloir culpabiliser quiconque, en continuant à échanger, à dialoguer, car il ne faut laisser personne seule face à ses doutes et ses colères, réfléchissons et appelons les indécis à réfléchir à l’utilisation que pourrait faire Marine Le Pen des pouvoirs, définis par notre Constitution, qui sont ceux d’un Président de la République Française. N’oublions pas qu’il est non seulement chef de l’État mais également chef des Armées, et ce, sans partage.

Or, nous ne pouvons ignorer que nous sommes dans une période d’instabilités multiples, où le monde s’enfonce dans des guerres civiles et des escalades armées entre les nations, avec Donald Trump, président des Etats Unis, Erdogan, président de la Turquie ou encore Poutine, président de la Russie. Allons-nous prendre le risque de laisser Marine Le Pen participer, voir aggraver cette escalade guerrière ?

         J’entends dire ici et là : « de toutes façons, elle ne passera pas donc pas besoin de ma voix pour faire barrage à l’extrême droite. » Mais comment en être certains ? Aux Etats Unis, tous les sondages donnaient Hilary Clinton gagnante et la réalité a été différente. Qui pensait, au lendemain des primaires de la droite que Fillon ne passerait pas le cap du 1er tour ? Le risque de voir Marine Le Pen existe, il est hélas bien réel. Chaque jour, nous en avons la preuve : c’est l’appel au désistement en sa faveur de Dupont- Aignan, c’est le positionnement d’une partie de l’électorat Fillon, notamment de « Sens Commun » (vous savez les partisanes et partisans de la Manif pour tous ?) A ce propos, comment ne pas s’interroger sur le positionnement du Pape François qui, sous prétexte de méconnaissance de la situation interne de la France, préfère ne pas se prononcer. Il méconnait les incidences d’un parti d’extrême droite ? Etrange, non ?

Le risque existe donc bel et bien car c’est mathématique, l’abstention fait monter Marine Le Pen, son électorat étant le plus mobilisé. Quant au vote blanc, il a le même effet puisqu’il n’est pas comptabilisé !

Chacune et chacun doit exercer son devoir de citoyenne et de citoyen et faire barrage au FN, ne pas croire que les autres feront le boulot permettant aux abstentionnistes de ne pas « se salir les mains ». Comme vous le savez, j’ai voté Jean Luc Mélenchon au premier tour, quant à Emmanuel Macron, je l’ai combattu dans l’hémicycle au Sénat avec l’ensemble de mon groupe, le groupe CRC, et notamment Michel Le Scouarnec, sénateur du Morbihan et Christine Prunaud, sénatrice des Côtes d’Armor, 2 parlementaires que vous connaissez sans doute davantage. Macron je l’ai aussi combattu dans la rue avec vous, mais je ferai barrage à Marine Le Pen le 7 mai prochain en prenant le seul bulletin à ma disposition, le bulletin Macron. 

         Et puis, allons-nous, par l’abstention, laisser gâcher le score que nous avons réalisé ensemble avec notre candidat Jean Luc Mélenchon ?

D’autant que prendre le risque de l’élection de Marine Le Pen, conduirait à ce que la France ne soit pas apaisée, loin s’en faut, mais plutôt résignée, ce qui rendrait les mobilisations très périlleuses. Et qui a vu, dans l’histoire, que l’extrême droite, une fois au pouvoir, respecte l’Etat de droit ? Comment être certaines et certains que de nouvelles élections présidentielles seraient organisées dans 5 ans ? Je vous rappelle que l’article 16 de la constitution permet de donner les pleins pouvoirs au Président de la République en période de crise…

L’enjeu est donc non seulement de battre l’extrême droite mais de créer les conditions pour que son score soit le plus bas possible, afin de limiter le nombre de députés du FN à l’Assemblée Nationale. C’est très important. Au Sénat, il y a 2 sénateurs frontistes : David Rachline et Stéphane Ravier. Peu présents dans les débats, leurs interventions n’en sont pas moins très défavorables aux intérêts des salarié-e-s. Ainsi, pour la loi travail, ils avaient concocté des amendements dans la veine libérable. Ils voulaient, par exemple, abroger le compte pénibilité, allonger le temps de travail ou encore supprimer les protections contre le harcèlement sexuel ! Ils les ont retirés quand ils ont été démasqués par un article de Public Sénat. Cela risquait de nuire à l’entreprise de Marine Le Pen de donner une autre image du FN !

La réalité est que Marine Le Pen est dans l’imposture totale. Elle ment et malheureusement, la plupart des médias sont complaisants à son égard et ne la mettent pas face à ses mensonges. Comment ose-t-elle promettre le retour de la retraire à 60 ans en supprimant les cotisations qui la financent ? Elle prétend sortir de l’Europe sans sortir de l’euro, tout en en sortant. Le programme du FN est un leurre électoral, un monument de tromperies. Le dire et le redire est une œuvre de salut public !

Qu’elles ou ils soient élu-e-s municipaux, parlementaires, les élu-e-es du FN sont des élu-e-es porteurs de régressions sociales, économiques et politiques.

Des députés frontistes en nombre, ce serait, qui plus est, la confiscation du débat démocratique et une force qui se présenterait comme la seule force d’opposition mais pour aller vers le pire !

Marine Le Pen est aussi dans l’imposture totale quand elle se prétend féministe. En fait, elle a analysé qu’auparavant les femmes étaient celles qui votaient le moins en faveur du FN, alors, elle a relooké son image de femme, mère de famille qui défend les femmes des quartiers populaires. Quelques rappels : elle dit défendre l’avortement et serait en désaccord avec sa nièce, Marion Maréchal Le Pen, mais elle ose parler d’avortement de confort ! Elle prétend défendre la cause des femmes mais elle vote tout le contraire au Parlement européen montrant une belle constance dans ses choix. En 2010, elle a ainsi voté, avec son père, Jean Marie Le Pen, contre l’extension du congé maternité à 20 semaines en Europe et contre l’idée de garantir une rémunération minimum pour les femmes pendant leurs congés maternité. En 2014, les eurodéputés FN ont voté contre la proposition du Parlement de mettre en place un règlement européen de prévention et de lutte contre les violences à l’égard des femmes. Les mêmes, en novembre 2016, se sont opposés à l’adhésion de l’UE à la convention d’Istanbul sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes. Un texte pourtant considéré unanimement comme une avancée majeure sur le sujet.

Et puisque je parle du mandat de députée européenne de Marine Le Pen, pourquoi les médias ne révèlent-ils pas l’ampleur de la fraude des emplois fictifs du FN qui a été réévaluée à 5 millions d’euros par le parlement Européen ? Pourquoi ne pas dire qu’une procédure de levée de l’immunité de Marine Le Pen a été lancée, gelée en cas de victoire à la présidentielle ? l’Humanité est l’un des rares journaux à s’en faire l’écho !

On me dit, oui mais si c’est Macron le 7 mai, ce sera Le Pen dans 5 ans. Mais Cher-e-s Ami-e-s, Cher-e-s Camarades, rien n’est écrit d’avance. Tout dépendra du rapport de forces que nous aurons réussi à créer à ce moment-là ! Beaucoup de choses peuvent advenir en 5 ans !

Parce que plus hauts seront les résultats de Marine Le Pen, plus la voix du peuple sera bâillonnée, il faut la battre, le 7 mai, et dès le lendemain, être mobilisés contre la politique de Macron afin de le battre lui, ses candidates et candidats aux législatives. 

         Le battre en amplifiant le résultat de Jean Luc Mélenchon ce qui nous permettra de faire élire des dizaines de député-e-s communistes- Front de gauche, d’Ensemble, de la France Insoumise.

         Voilà l’urgence à laquelle nous devons faire face, ensuite viendra le temps de l’analyse. La responsabilité de François Hollande est immense dans la situation politique que nous vivons. Il a voulu de cette recomposition de la sociale démocratie et par voie de conséquence de la gauche, il espérait pouvoir en être le capitaine. Sa côte d’impopularité l’en a empêché et c’est Emmanuel Macron qui a pris la main. Tout le paysage politique est bouleversé car il y a également recomposition à droite. Les 2 partis qui gouvernaient en alternance depuis des années ont été littéralement laminés. Il faudra tirer toutes les conséquences de cette situation nouvelle, inédite.

         Mais en attendant, il faut bien mesurer que la séquence des législatives va, en fonction de nos choix, de notre capacité de construire de larges rassemblements, permettre d’envoyer à l’Assemblée nationale un grand nombre de femmes et d’hommes engagé-e-s. Un nombre tel de député-e-s pour défendre le monde du travail et les exclus qu’il puisse peser de façon décisive sur les choix futurs de cette assemblée qui sera inexorablement en quête de majorité.

Même si Jean Luc Mélenchon n’a pas franchi la barre du second tour, le score réalisé, auquel les communistes ont fortement participé, a ré-ouvert le champ des possibles à gauche. On a tendance à l’oublier avec l’ascension de l’extrême droite. Ce premier tour de la présidentielle a dit la force de cette gauche de conviction, de combat, cette gauche citoyenne, crédible pour plus de  7 millions de gens et à Morlaix comme dans l’ensemble du Finistère, il est arrivé second derrière Macron. Il faut se servir de cet élan pour continuer à porter le changement que nous voulons, ce changement si nécessaire pour les populations et pour l’avenir de la planète.

La réalité de notre vie quotidienne démontre la faillite des recettes néolibérales, il y a besoin plus que jamais de débarrasser la société du système capitaliste qui exploite les individus et du patriarcat, ce système de domination des hommes sur les femmes.

Les propositions que nous avons portées durant la campagne de la présidentielle sont toujours à l’ordre du jour. Alors que la pauvreté s’étend, que le chômage se fait de plus en plus menaçant, il faut réduire le temps de travail, augmenter les salaires et arrêter de faire des cadeaux au grand patronat sans aucune contrepartie. Il faut l’abrogation de toutes les lois contre lesquelles nous nous sommes mobilisés : les lois El Khomri, Macron, Rebsamen mais aussi la loi Touraine de démantèlement et d’austérité à l’hôpital public. Le droit à la santé pour toute et tous partout sur l’ensemble du territoire passe par le remboursement à 100% des soins. Ce que la France a su faire au lendemain de la guerre alors qu’elle était exsangue, peut se faire aujourd’hui. L’argent existe à condition d’avoir la volonté politique de l’orienter vers la satisfaction des besoins humains.

Vous allez me dire, elle parle bien mais ces choix sont inatteignables avec Macron président. Raison pour laquelle il faudra se battre dès le lendemain de son élection dans la rue et dans les hémicycles. Nous aurons donc besoin d’un groupe solide à l’Assemblée nationale. Des député-e-s qui ne renoncent pas, des député-e-s en lien avec vous qui s’attacheront à faire vivre un grand projet d’égalité. Et ici à Morlaix, ce sont Ismaël Dupont et Muriel Grimardias qui sont les mieux à même de défendre vos intérêts. Vous les connaissez bien, ils sont sur le terrain, ce sont des résistants, des combattants de la justice sociale et du progrès humain.

Cher-e-s Ami-e-s, Cher-e-s camarades, ces élections législatives sont inédites et décisives. Elles sont une opportunité historique que nous ne pouvons pas laisser passer. Nous devons et pouvons, après avoir battu Marine Le Pen, par transformer l’essai remarquable de dimanche dernier. Nous avons les moyens de porter à l’Assemblée nationale une force nouvelle formée de ce que la gauche compte de meilleur.

L’heure est une fois de plus à la lutte pour barrer la route au pire le 7 mai prochain, dans l’intérêt des femmes et des hommes qui vivent et travaillent en France mais également à la lutte pour changer les choses. C’est la meilleure antidote au FN et à tous les défenseurs de la loi du Fric.

         Ce sont les peuples qui font l’histoire même si le chemin est parfois sinueux, alors je suis certaine que nous trouverons en nous les ressorts nous permettant de relever les défis auxquels nous sommes confrontés.

Je fais mienne cette déclaration de Dolores Ibarruri, secrétaire générale puis présidente du PCE (1942 à 1989) : « Contre les fascistes nous nous allierons jusqu’avec le diable et ensuite nous combattrons le diable, NO PASARAN ! »

Nous avons la chance de vivre dans une société multiculturelle, refusons qu’avec Marine Le Pen elle devienne multi-conflictuelle.

Refusons la haine le 7 mai en faisant barrage à Marine Le Pen et lors des législatives en votant pour Ismaël Dupont et Muriel Grimardias.

« Parce qu’un jour viendra, couleur d’orange, d’épaules nues, où les gens s’aimeront », comme l’a joliment écrit le poète Louis Aragon.

 

Fête du PCF Pays de Morlaix le 1er mai 2017 - discours de Laurence Cohen
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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 07:30
Jacques Guivarch a en sa possession un lourd héritage à remettre à la descendance d'Albert Rannou : ses dernières correspondances avant son exécution le 17 septembre 1943. © Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/finistere/pleyber-christ/resistance-les-derniers-ecrits-d-un-guimilien

Jacques Guivarch a en sa possession un lourd héritage à remettre à la descendance d'Albert Rannou : ses dernières correspondances avant son exécution le 17 septembre 1943. © Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/finistere/pleyber-christ/resistance-les-derniers-ecrits-d-un-guimilien

Jacques Guivarc'h nous avait confié les copies des lettres manuscrites d'Albert Rannou et Paul Monot, fusillés au Mont Valérien, à Alain David et à moi au mois de janvier dernier. Nous les avions publiées intégralement sur le "Chiffon Rouge" et raconté ce que nous savions du contexte de la résistance brestoise, de la vie de ces héros communistes bretons morts pour la France, la liberté, et leurs idéaux du Front Populaire. Un livre est en préparation, qui sera édité chez Skol Vreizh dans quelques mois, avec Dominique Derrien et moi-même à la baguette, sur ces résistants communistes brestois fusillés en septembre 1943. 

Ismaël Dupont. 

 Le Télégramme, Pleyber-Christ, 3 mai 2017 

C'est tout à fait par hasard que Jacques Guivarch a trouvé, dans le tiroir d'une armoire ayant appartenu à son père Jean, une douzaine de lettres, adressées par un jeune résistant guimilien, Albert Rannou, à sa famille jusqu'à son exécution à Fresnes pendant la Seconde Guerre mondiale. L'ancien marbrier morlaisien souhaite maintenant les remettre à la famille Rannou.

La correspondance confiée à un ami sûr


Albert Rannou, maçon et résistant communiste, avait été arrêté en mars 1943 et enfermé à la prison de Rennes avant de rejoindre, en août, Fresnes (Seine-et-Oise). Jusqu'à son exécution le 17 septembre 1943, il écrivait régulièrement à sa famille qui, sans doute par peur d'une fouille et pour les préserver, avait confié ces lettres à une connaissance sûre, Jean Guivarch, qui habitait rue de Brest, à Morlaix, en face de la gendarmerie (il allait lui-même être emprisonné un an). Ce dernier n'en avait jamais parlé à son fils Jacques, né cette même année 1943, qui les a découvertes bien plus tard.

Une dernière lettre avant son exécution en 1943


Jacques Guivarch a lu et relu cette correspondance et, à chaque fois, il en a été bouleversé. Le jeune résistant s'inquiétait moins pour lui que pour ses parents, il évoquait sa vie en détention toujours en positivant.

 « Il est possible d'être heureux même en prison », écrivait-il dans une de ses lettres. Il demandait aussi des nouvelles de la famille et des relations. Mais, en juillet 1943, son ton avait changé car il assistait alors à des tortures perpétrées par la police française. C'est la lettre écrite à ses parents, cinq heures avant son exécution, qui a surtout bouleversé Jacques Guivarch : « Je meurs content car mon sacrifice, j'en ai la certitude, n'aura pas été vain, j'ai lutté durant ma courte existence pour le bonheur des travailleurs et pour que la paix règne en ce monde ».

Retrouver la descendance pour lui remettre cet héritage


Ce n'est que quelques années après sa découverte que Jacques Guivarch a retrouvé la trace du frère d'Albert Rannou, âgé de plus de 80 ans, à Nantes. Il lui a remis les lettres originales en conservant des copies. Cette fois, Jacques Guivarch souhaite rencontrer la descendance d'Albert Rannou et lui transmettre ces écrits.

Un hommage aux résistants morts pour la France lundi


Lundi, sera célébré le 72e anniversaire de la victoire de la Guerre 39-45. Ce sera l'occasion de se souvenir de l'héroïsme des jeunes résistants comme Albert Rannou, entrés dans le maquis pour lutter contre l'envahisseur. Ils ont été nombreux à avoir été assassinés ou déportés dans l'anonymat.
 

 Le Télégramme

 

A lire aussi sur "Le Chiffon Rouge": 

Résistance et répression des communistes brestois de 1939 à 1943 (à partir des souvenirs et des enquêtes d'Eugène Kerbaul, résistant communiste)

Albert Rannou: Lettres de prison d'un résistant communiste brestois né à Guimiliau fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien

Dernière lettre de Paul Monot, résistant brestois fusillé au Mont-Valérien le 17 septembre 1943 avec Albert Rannou et 17 autres résistants brestois dont André Berger et Henri Moreau

Dernière lettre à sa femme de Jules Lesven, dirigeant de la résistance communiste brestoise, ouvrier et syndicaliste à l'Arsenal, fusillé le 1er juin 1943,

Lettre de Joseph Ropars, résistant communiste brestois, écrite à sa mère et à sa soeur le jour de son exécution le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien

Lettre à ses parents de la prison de Rennes du résistant communiste brestois Albert Abalain, fusillé au Mont-Valérien le 17 septembre 1943 (fonds d'archives ANACR 29)

Communistes de Bretagne (1921-1945)      

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 07:12
"Liberté, j'écris ton nom" - Le poème de Paul Eluard mis en image par Fernand Léger: d'une triste actualité!

"Liberté, j'écris ton nom" - Le poème de Paul Eluard mis en image par Fernand Léger: d'une triste actualité!

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale.

Elle assure l’égalité devant la loi de tou.te.s les citoyen.ne.s sans distinction d’origine ou de religion.

Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.

La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales. Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.

Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les un.e.s envers les autres dans un esprit de fraternité. Dans les articles premiers de la Constitution et de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, les Françaises et les Français ont posé les bases de la société qu’ils aspirent à construire.

Face au Front national et à ses alliés, face à leur projet de fracturation, nous sommes résolu.e.s à nous dresser, ensemble.

Nous sommes rassemblé.e.s pour dire que nous sommes, sans nuance, sans faille, attaché.e.s à construire un monde de paix pour nos enfants et pour nous-mêmes.

Nous sommes rassemblé.e.s, nous sommes uni.e.s, pour faire front à une menace pour nos valeurs, pour notre avenir en France et dans le monde.

Nous sommes rassemblé.e.s, nous sommes uni.e.s pour dire non au Front national, mais surtout pour dire oui : Oui à la liberté, à la liberté d’expression, à la liberté de conscience, à la liberté de penser, oui à la liberté de circulation, oui à la liberté d’association.

Oui à l’égalité, à l’égalité républicaine, à l’égalité morale, civique, sociale et politique. Oui à la fraternité, qui implique tolérance et respect mutuel des différences, contribuant ainsi à la paix, oui à la fraternité qui, comme le précisait Albert Jacquard, a pour résultat de diminuer les inégalités tout en préservant ce qui est précieux dans la différence.

Oui à ces valeurs républicaines, menacées en cas de victoire de l’extrême-droite. Résolument, contre le Front national et l’extrémisme, contre la xénophobie, le nationalisme, le racisme, contre le repli et l’exclusion de la différence, nous choisissons Marianne.

Nous appelons à un large rassemblement citoyen pour le dire haut et fort :

JEUDI 4 MAI à 18H30 PLACE DE LA LIBERTE A BREST 

 

Place de la Liberté à Brest: manifestation de rassemblement républicain pour réaffirmer nos valeurs de Liberté, d'Egalité, de Fraternité, après les attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Casher en janvier 2015 (photo Côté Brest)

Place de la Liberté à Brest: manifestation de rassemblement républicain pour réaffirmer nos valeurs de Liberté, d'Egalité, de Fraternité, après les attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Casher en janvier 2015 (photo Côté Brest)

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 06:25
Le Front national a traité avec des banques mafieuses russes (Médiapart, 2 mai 2017): de l'argent sale pour des idées sales!
Le Front national a traité avec des banques mafieuses russes
 PAR AGATHE DUPARC

Toutes les banques russes auxquelles le Front national a fait appel, tant en 2014 qu'en 2016, ont disparu. Elles étaient dirigées par des escrocs ou des blanchisseurs d'argent. De l'argent sale russe a-t-il financé les campagnes du Front national ?

 

De l'argent sale russe a-t-il financé les campagnes du Front national ? Et pourquoi toutes les banques auxquelles s'est adressé le parti de Marine Le Pen ont-elles des profils douteux, voire carrément mafieux ? Ces questions lancinantes pourraient à terme intéresser la justice française. Qu’il s’agisse des 9,4 millions d’euros versés par la First Czech-Russian Bank (FCRB) en 2014, ou des 3 millions qui auraient dû l’être par la Strategy Bank, puis la NKB Bank en 2016 : le tableau est accablant et permet de s'interroger sur la propension du Front national à fermer les yeux sur la provenance de l’argent russe. Les trois banques ont fait faillite en 2016 dans une étrange répétition.

Liquidée avec un passif de 31,8 milliards de roubles (497 millions d’euros), la First Czech-Russian Bank (FCRB), la première banque du FN, est aujourd'hui visée par une procédure pour détournements de fonds à vaste échelle. Le 20 janvier 2017, son ancien vice-directeur Dmitri Merkoulov a été arrêté à Moscou et mis en examen pour avoir organisé la vente illégale d’actifs de la banque pour un montant total de deux milliards de roubles (31,5 millions d’euros). Cela juste avant que la FCRB ne soit mise sous tutelle, le 21 mars 2016, par la banque centrale russe.

Or c'est justement durant cette période que s’est produit un événement étrange. Comme nous l'avons déjà raconté, le 18 mars 2016, l'emprunt de 9,4 millions d'euros contracté par le FN auprès de la FCRB, a été racheté par Conti, une obscure société moscovite de location de voitures, sans que l’argent ne soit versé dans les caisses. C'est une pratique bien connue en Russie : elle consiste à vider de sa substance une banque avant qu’elle ne disparaisse, via des sociétés bidons, permettant à certains titulaires d'emprunts de ne jamais rembourser leurs dettes. À travers ce schéma, les soutiens de Marine Le Pen en Russie ont-ils trouvé la formule qui permettrait au Front national de bénéficier de dons sous couvert de prêts ?

Détail particulièrement troublant, c'est la veille du rachat de la créance du FN par Conti, le 17 mars 2016, que Jean-Luc Schaffhauser et Vilis Dambins – un intermédiaire letton et proche du sénateur et conseiller de Poutine Alexandre Babakov – se sont rencontrés à Genève. Lors de ce rendez-vous secret que nous révélons aujourd'hui, il s'agissait de trouver des banques capables de prendre la relève de la FCRB dont les jours étaient alors comptés. Les deux hommes ont-ils évoqué le tour de passe-passe autour des 9,4 millions d'euros ? 

Interrogé par Mediapart, l’eurodéputé dit ne plus se souvenir de la date exacte de son voyage à Genève. Il livre sa version, affirmant que le Front national a été victime d’une malversation. « Des banquiers crapuleux se sont permis de vendre ce prêt (qui avait été accordé par la FCRB) et le FN n’était pas au courant », assure-t-il. « Quand les dirigeants de la société qui avait récupéré notre créance nous ont dit “C’est à nous que vous allez maintenant payer”, j’ai dit : Ça pue la combine ! Il faut s’adresser à la banque centrale pour savoir ce que nous devons faire ! Je connais bien la Russie. On n’apprend pas à un vieux singe à faire la grimace ! », poursuit-il.

Selon lui, le FN s'est alors adressé à Elvira Nabuillina, la présidente de la Banque centrale russe. Cette dernière aurait conseillé de ne surtout rien payer, jugeant que « la cession du prêt était frauduleuse ». Depuis, l’Agence d’assurance des dépôts bancaires russes (ASV), l’organisme étatique qui est chargé de la liquidation de la FCRB, dit avoir repris les choses en main pour faire annuler cette cession. Elle s’est adressée à la Cour d’arbitrage de Moscou, et une audience doit se tenir le 1er août 2017. En attendant, comme nous l'avons appris, le paiement des intérêts du prêt est suspendu. Jean-Luc Schaffhauser affirme cependant que le FN continue à verser l'argent des intérêts sur « un compte séquestre ».

Plus ahurissant encore, l'eurodéputé affirme que les mystérieux « nouveaux propriétaires » de la créance « se sont présentés comme agissant sur ordre du pouvoir politique ». « J’ai chargé un de mes collaborateurs qui parle russe d’enquêter, et j’ai découvert que c’était cousu de fil blanc et qu'il n'en était rien », raconte-t-il. Qui sont ceux qui voulaient soi-disant compromettre le FN ? « Les autorités politiques, à la fois au niveau français et international, ont empêché Marine Le Pen d’avoir un autre prêt en Russie », répond-il, énigmatique. « J’ai mon idée, mais je ne vous le dirai pas. Vous devez comprendre qu’il s’agit de choses extrêmement sérieuses. Si je me mettais à table, je me mettrais en danger. J’ai une famille et j’ai le droit à l’existence », ajoute-t-il.

À partir de cet épisode, l'intermédiaire français dit avoir mis en garde Marine Le Pen sur le fait que « des gens dangereux et manipulés cherchent à nuire au FN en nous mettant sur la piste de banques pourries qui font faillite ». « Elle m'a répondu : “On n'est sûr de rien, donc on poursuit” », ajoute-t-il. Mais quand on lui fait remarquer que c'est Vilis Dambins, le proche d'Alexandre Babakov, qui l'a mis sur la piste des « banques pourriesqui font faillite », il botte en touche en expliquant qu'il croit en « l'honnêteté » de l'intermédiaire letton. 

En effet, le Front national a poursuivi sans sourciller sa chasse aux millions. D’abord auprès de la Strategy Bank (placé au 241e rang dans le classement des banques russes), puis de la NKB (527e rang), dont la réputation était plus que trouble. Depuis plusieurs mois, Mediapart sollicite Marine Le Pen et le trésorier du Front national, Wallerand de Saint-Just, pour obtenir des réponses et éclaircissements. Ils n'ont jamais accepté de nous répondre.

L'énigmatique Dmitri Roubinov

Fondée dans les années 1990 par d’anciens proches de Boris Eltsine – dont Yakov Ourinson, l’ancien ministre de l’économie –, la Strategy Bank a eu des ennuis répétés avec la justice. En septembre 2014, elle a été épinglée comme faisant partie des 19 banques russes ayant participé au « schéma moldave », un gigantesque détournement de fonds qui a permis le transfert frauduleux de la Russie vers la Moldavie de 700 milliards de roubles (alors 14 milliards d’euros).

Elle s’en était sortie avec une simple procédure civile et une amende. Elle comptait alors au sein du conseil d’administration le général Valentin Andreev, une légende des services secrets russes, ex-chef du groupe spécial d’assaut Alpha rattaché au FSB. À partir de cette date, les actionnaires historiques ont vu leur part fondre, au profit d’une certaine Irina Roubinov qui, en 2016, contrôlait 73,3 % du capital pour le compte de son mari Dmitri Roubinov – le vrai propriétaire de Strategy Bank comme nous l'avons découvert.

À l’été 2016, c’est Dmitri Roubinov qui a supervisé un projet de prêt de 3 millions d’euros avec le Front national. Le bureau politique du FN avait alors voté à l'unanimité pour obtenir cet argent. Mais en octobre 2016,  Strategy Bank était mise en faillite, laissant apparaître un « trou » de 5,3 milliards de roubles (86 millions d’euros). La demande de prêt a alors été transmise à la NKB Bank (NCB en anglais) que le même Roubinov avait rachetée en février 2016, dans des conditions particulièrement opaques.

La NKB Bank comptait alors dix actionnaires détenant chacun 10 % du capital. D’illustres inconnus. Les recherches menées sur ces personnes aboutissent à des résultats folkloriques : l’une d’entre elles avait une entreprise de commerce de fruits et légumes, l’autre était un petit comptable. On trouvait aussi un bijoutier, et un vendeur de métaux précieux. « Roubinov n’apparaissait officiellement pas comme actionnaire de la NKB, mais il avait placé ses hommes de paille », confie un ancien cadre de la NKB Bank qui a accepté de parler sous couvert d’anonymat. « La NKB a été acquise par Roubinov quand il est devenu évident que la Strategy Bank allait faire faillite. C’est l’argent qui a été sorti de la Strategy qui a servi à acheter NKB », détaille-t-il. « Mais quelque chose d’inattendu s’est produit et ils ont décidé de la mettre aussi en faillite », ajoute-t-il, affirmant ne pas en savoir plus.  

Le 29 décembre 2016, la NBK s'est vu priver de sa licence bancaire. Elle avait un passif de 510 millions de roubles (8,3 millions d’euros) et dans le communiqué officiel de la Banque centrale russe (voir ici en anglais), on peut lire que « NKB ne se conforme pas aux exigences en matière de lutte contre le blanchiment de l’argent du crime et le financement du terrorisme », et fait peser une « réelle menace pour les intérêts des créanciers et des déposants ». Le projet de prêt avec le Front national a ainsi encore une fois capoté, comme l'a confirmé lui-même Dmitri Roubinov. « Le crédit de trois millions n’a pas été versé sur les comptes de ce parti (le Front national) », répond-il manifestement interloqué, refusant d’en dire plus avant de raccrocher. Depuis, son numéro sonne dans le vide. La mise en faillite a été prononcée le 17 avril dernier.

Qui est donc Dmitri Roubinov, ancien actionnaire majoritaire de Strategy Bank et propriétaire de la NKB ? Son parcours aurait dû interpeller à plus d’un titre le Front national. L’homme a commencé sa carrière de banquier comme fonctionnaire. Au milieu des années 2000, il était l’un des responsables de l’antenne moscovite de la banque centrale de Russie et participait même à des conférences sur « la lutte contre le blanchiment d’argent ». Mais parallèlement, il était déjà dans le business.

 

En 2011, il a été mêlé à une escroquerie immobilière de grande ampleur, fortement soupçonné d’avoir détourné, avec sa femme Irina, des dizaines de millions de dollars qui se seraient évaporés dans des paradis fiscaux. En 2006, des centaines de personnes avaient acheté sur plan des villas qui devaient être construites aux alentours de Moscou, dans la région de Istrinskii, au sein d’un complexe baptisé « Barcelona ». C'est la société des époux Roubinov qui devait réaliser la construction. Mais cinq ans après, rien n’était encore sorti de terre.

S’estimant grugés, les acheteurs en question avaient envoyé une lettre à Dmitri Medvedev – le président russe de l’époque – et un reportage télévisé avait été diffusé. Ils avaient organisé une action devant le siège de la banque centrale à Moscou, brandissant des pancartes où apparaissait en toutes lettres le nom de Dmitri Roubinov – « Un fonctionnaire de la banque centrale a volé les déposants ? Qui est derrière D.G Roubinov ? » lit-on sur l'une d'entre elles – et réclamant que justice soit faite. Des clichés que l’on peut encore trouver sur Internet.

L’affaire a finalement été enterrée et Dmitri Roubinov n’a jamais été inquiété. Il a quitté la banque centrale et a pu poursuivre incognito ses activités au sein de la Strategy Bank puis de la NKB Bank. Jusqu’à ce que les deux établissements qui devaient créditer le Front national ne disparaissent à leur tour, emportant avec eux leurs secrets.

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 06:00

 

Le secrétaire national du Parti communiste français a appelé mardi dans un communiqué à un « accord large et national ».

 

 

Pierre Laurent, en juin 2015, à Toulouse.
Pierre Laurent, en juin 2015, à Toulouse

 

Le secrétaire national du Parti communiste français (PCF), Pierre Laurent, a appelé dans un communiqué, mardi 2 mai, à un « accord large et national » et « une bannière commune », notamment entre le PCF et La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, en vue des prochaines élections législatives.

 

Juste avant une nouvelle réunion entre les deux organisations mardi en fin d’après-midi, M. Laurent a déploré que « les premières propositions discutées vendredi entre nos forces politiques envisagent un accord limité à un petit nombre de circonscriptions ».

« Ce n’est pas à la hauteur de la situation. Cela ne dessine aucune ambition véritable. Il faut un accord large et national qui permette de gagner », a-t-il poursuivi.

Vendredi, le PCF avait proposé des retraits réciproques dans 30 circonscriptions au total, 15 réservées aux communistes, 15 à La France insoumise.

« Il est crucial que (…) La France insoumise, le Parti communiste, Ensemble, les militants du Front de gauche, et toutes celles et ceux qui voudront se joindre pour cet objectif, unissent leurs énergies et présentent dans chaque circonscription une candidature capable de porter le plus loin possible le résultat et, dans des centaines d’entre elles, de se qualifier au second tour et de l’emporter. »

Proposition d’un label commun

Le sénateur de Paris a également proposé la création d’un label commun, « La Force du peuple ».

« Ensemble, nous pouvons nous donner l’objectif de porter La Force du peuple à l’Assemblée nationale. C’est sous cette bannière commune, qui respecte tout à la fois la place singulière tenue par notre candidat à la présidentielle et chacune de nos forces, que je propose de rassembler tous nos candidats. »

Les déclarations de candidature doivent être déposées entre lundi 15 et vendredi 19 mai. Les discussions entre les deux formations concernant les législatives s’étaient interrompues plusieurs semaines avant le premier tour de la présidentielle, faute de trouver un terrain d’entente.

Le PCF refuse notamment de signer comme le réclame la formation mélenchoniste une « charte » dans laquelle il s’engagerait à présenter ses candidats sous le logo La France insoumise, à une discipline de vote, et à dépendre de l’association de financement de La France insoumise. De son côté, La France insoumise estime qu’il existe « une difficulté : les députés PCF qui n’ont pas accordé leur parrainage à Jean-Luc Mélenchon » à l’élection présidentielle.


 

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 05:23
Le 7 mai, le 11 juin, être à la hauteur de nos responsabilités (appel de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, le 2 mai 2017)

Le 7 mai, le 11 juin, être à la hauteur de nos responsabilités

Appel de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF Paris, le 2 mai 

 

Dans cinq jours aura lieu le second tour de l’élection présidentielle. Tout doit être fait d’ici là  pour barrer la route de l’Elysée à Marine Le Pen. Pour stopper sa progression, en voix et en pourcentages, en votant contre elle le 7 mai pour mettre son résultat le plus bas possible. 

L'abstention ou le vote blanc ne suffisent pas  pour atteindre cet objectif. Au-delà, le combat contre la banalisation des idées et du bulletin de vote Front national  doit s’amplifier sans relâche. L’accession de l’extrême droite française aux immenses pouvoirs que confère la Vème République au Président de la République serait un trop grave danger pour nos libertés et la démocratie, pour les droits sociaux de tous et pour l’égalité, pour la paix.

Viendront alors, cinq semaines plus tard, les 11 et 18 juin, les élections législatives. Elles seront décisives. 

Fort du résultat de Jean-Luc Mélenchon le 23 avril, nous avons le devoir d'ouvrir de nouvelles perspectives de victoire aux sept millions d’électeurs qui ont voté ainsi, et  à toutes celles et ceux qui, à gauche, peuvent se reconnaître dans une telle perspective. Nous ne voulons ni d’une Assemblée nationale aux mains de l’extrême droite et de la droite, ni d’une Assemblée nationale aux ordres d’Emmanuel Macron. Nous voulons une majorité pour changer. Utiliser le bulletin de vote Emmanuel Macron pour battre Marine Le Pen, ce n’est pas  soutenir son programme. Bien au contraire, nous savons qu'il faudra faire reculer les dogmes libéraux et le pouvoir de la finance pour ouvrir une perspective de transformation sociale, démocratique, écologique à notre pays. 

La future majorité de l’Assemblée nationale n’est acquise pour personne. Ce sont les élections législatives qui en décideront.

Les 11 et 18 juin, il faut poursuivre et amplifier dans chaque circonscription législative l’élan qui s’est levé le 23 avril avec le vote Mélenchon, pour porter plus loin nos combats, leur donner plus de force avec une représentation politique nationale et élire une majorité qui ne se soumettra pas  au futur Président de la République. Avec les communistes, je n’ai cessé de dire depuis un an que les élections législatives auraient autant d’importance que l’élection présidentielle. Nous le vérifions aujourd'hui. Je me réjouis que Jean-Luc Mélenchon ait annoncé dimanche  qu’il entend s’engager à fond dans cette nouvelle bataille « avec la France insoumise et ses alliés » pour remporter une grande victoire législative.

Pour être à la hauteur de cette ambition, il est crucial que les forces qui ont permis le résultat du 23 avril, la France  insoumise, le Parti communiste, Ensemble, les militants du Front de gauche, et toutes celles qui voudront se joindre à elles pour cet objectif, unissent leurs énergies et présentent dans chaque circonscription une candidature capable de porter le plus loin possible le résultat et, dans des centaines d’entre-elles, de se qualifier au second tour et de l’emporter. 

Les premières propositions discutées vendredi entre nos forces politiques envisagent un accord limité à un petit nombre de circonscriptions. Ce n'est pas à la hauteur de la situation. Cela ne dessine aucune ambition véritable. Il faut un accord large et national qui permette de gagner.

Ensemble, nous pouvons nous donner l’objectif de porter « la force du peuple à l’Assemblée nationale ».  C’est sous cette bannière commune, qui respecte tout à la fois la place singulière tenue par notre candidat à la présidentielle et chacune de nos forces, que je propose de rassembler tous nos candidats. Elle peut rassembler toutes les forces dont nous avons besoin pour gagner,  qu'elles soient ou non dans la France insoumise. C’est le sens des nouvelles propositions unitaires et ambitieuses que nous porterons dès ce soir  dans les prochaines discussions avec la France insoumise et Ensemble. Les communistes les porteront auprès de leurs partenaires dans tous les départements de France. Si chacun accepte ce principe respectueux de tous, une dynamique pour gagner est possible. Je le souhaite. Le temps presse.

J'appelle toutes celles et tous ceux qui souhaitent cette dynamique de rassemblement à relayer cet appel et à le faire vivre partout dans le pays. Ensemble, nous pouvons réussir.

Le 7 mai, le 11 juin, être à la hauteur de nos responsabilités (appel de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, le 2 mai 2017)
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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 05:06
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Présidentielle : une majorité de militants de La France insoumise ne voteront pas Macron

 

Second tour: au sein de La France insoumise, le blanc et l’abstention dominent
 PAR CHRISTOPHE GUEUGNEAU

240 000 militants, sur environ 450 000, se sont prononcés lors de la consultation organisée par La France insoumise sur le second tour de l’élection. 36,12 % souhaitent voter blanc ou nul, 34,83 % voter pour Emmanuel Macron et 29,05 % comptent s’abstenir. Un statu quo assez fidèle au refus de se prononcer clairement de Jean-Luc Mélenchon. 

La division étalée au grand jour, pour mieux « rester groupés », selon les mots de Jean-Luc Mélenchon. La France insoumise a donné mardi le résultat de la consultation de ses soutiens organisée ces dernier jours, sur ce qu’il s’agirait de faire pour le second tour. En fait de consultation, comme nous l’avions expliqué, il s’agit plutôt d’un sondage – dès lors que la direction de La France insoumise ne compte pas en tirer le moindre enseignement en termes de consigne de vote. 243 128 Insoumis, sur les 450 000 environ qui auraient pu y participer, ont « dit leur choix ». 36,12 % d’entre eux ont annoncé leur intention de voter blanc ou nul le 7 mai, 34,83 % de voter pour Emmanuel Macron, et 29,05 % veulent s’abstenir. Cela porte à deux tiers le nombre de personnes qui ne comptent pas participer au vote « barrage » contre la candidate du Front national, Marine Le Pen. Avec le slogan « pas une voix pour le FN », La France insoumise avait par ailleurs décidé de ne pas laisser un choix « je vote Marine Le Pen »lors de cette consultation. À noter : l’abstention réalise lors de ce sondage un bon score, dans un parti qui avait mis le vote obligatoire dans son programme.

Le mouvement est en tout cas profondément divisé sur la question du second tour, du moins pour ceux qui ont participé. Cela semble valider la stratégie de Jean-Luc Mélenchon. Ni au soir du second tour, ni vendredi lors de sa prise de parole par l’intermédiaire d’une vidéo postée sur YouTube, le candidat défait au soir du premier tour n’avait souhaité donner de consigne de vote. Il n’avait pas plus donné son propre choix, tout en indiquant ce qu’il ne ferait pas : s’abstenir ou voter Marine le Pen.

Dans cette vidéo, Jean-Luc Mélenchon reprochait tout d’abord au candidat d’En Marche! de demander aux Insoumis non pas « un vote antifasciste, un vote anti-extrême droite »mais « un vote d’adhésion ». « Non, nous n’adhérons pas à ce projet. Ça ne va pas m’empêcher, moi en tant que personne, de faire ce que j’ai à faire. J’irai voter, d’abord parce que dans mon programme le vote est obligatoire. Quant à savoir ce que je vais faire, il n’y a pas besoin d’être grand clerc, mais pourquoi je ne le dis pas ? Pour que vous puissiez rester regroupés », poursuivait Jean-Luc Mélenchon en s'adressant à ses troupes. « Si je dis ce que je fais, je vous divise », insistait-il.

Un cadre de la campagne nous expliquait récemment cette absence de consigne par la« peur de perdre les électeurs arrachés au FN et à l’abstention, ou à l’inverse les politisés de gauche traditionnelle ». « Il n’y aura aucune indulgence de notre part à l’égard de l’extrême droite », précisait-il. Mais il veut croire que cette stratégie ne nuit pas pour l’instant au mouvement. À l’appui de ses dires : le fait que plus de 60 000 personnes se sont inscrites pour soutenir le mouvement depuis le 23 avril au soir. En outre, explique-t-il, depuis huit jours, « des gens qui ne s’étaient pas manifestés pendant la campagne rejoignent maintenant les groupes d’appui »

Surtout, La France insoumise estime que ces polémiques de l’entre-deux-tours seront bien vite oubliées, si tant est, bien entendu, qu’Emmanuel Macron soit bien élu dimanche prochain.

L’hypothèse inverse n’est de fait jamais envisagée chez les cadres du mouvement. Le troisième tour, celui des législatives, est en ligne de mire. « Le second tour de la présidentielle ne va régler aucune des questions. Le vrai choix va se faire aux législatives », explique Manuel Bompard, directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle, et lui-même candidat dans une circonscription à Toulouse. 

Coordinateur du Parti de gauche, Éric Coquerel juge qu’il y a « trois issues possibles aux législatives : l’issue “on continue comme avant” avec Macron majoritaire, l’issue identitaire, raciste et xénophobe avec Le Pen, et l’issue qu’on représente ». Mais pour lui, « les gens vont avoir un réflexe national à voter pour La France insoumise ». C’est cette volonté de « nationaliser » les législatives qui pourrait donner des arguments à une candidature de Jean-Luc Mélenchon dans une circonscription. Les villes de Lille, Marseille ou Toulouse, dans lesquelles La France insoumise a fait de gros scores au premier tour de la présidentielle, sont évoquées.

Reste à fixer une autre pierre d’achoppement : le lien entre La France insoumise et ses alliés potentiels, à savoir Ensemble et le PCF. À cette heure, aucun accord n’a encore été trouvé nationalement avec les communistes. Une nouvelle réunion devait avoir lieu mardi soir. Quelques heures auparavant, dans une tribune publiée sur Mediapart, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, proposait de créer une « bannière commune », « la force du peuple à l'Assemblée nationale », qui pourrait« rassembler toutes les forces dont nous avons besoin pour gagner, qu'elles soient ou non dans La France insoumise ».

Il n’est pas sûr du tout qu’il soit entendu. D’abord parce que La France insoumise a été pensée justement comme un mouvement qui puisse faire bannière – d’ailleurs les candidats estampillés La France insoumise pour les législatives s’engagent à signer une charte, mais peuvent rester dans leur propre parti. Ensuite, et surtout, car le PCF n’est pas précisément en position de force. « La logique voudrait que tout le monde se range sur le programme qui a fait 7 millions de voix », renvoie sèchement un cadre de La France insoumise.

 

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