Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 05:45

 

Alors que plus de 700.000 jeunes vont arriver sur le marché du travail et que notre pays compte plus de 600.000 nouveaux bacheliers, le plan gouvernemental annoncé ne leur offre d’autre perspective que la précarité avec la promesse de contrats de trois mois faiblement rémunérés. En outre, les exonérations de cotisations sociales associées affaibliront davantage la sécurité sociale au moment où il faudrait la renforcer et l’étendre. Concernant la formation, le gouvernement prend prétexte de la crise pour la livrer au privé.

 

 

Contrairement aux déclarations du Président de la République, « le jour d’après » est bel et bien un retour aux politiques d’avant, à l’idée qu’un jeune devrait « coûter moins cher ». C’est d’une toute autre ambition dont notre pays et la jeunesse ont besoin pour répondre aux défis posés par la crise sanitaire et économique !

La France doit se fixer l’objectif de création d’emplois de qualité pour une reconquête industrielle, le développement des services publics et la transition écologique. La crise a révélé le besoin de centaines de milliers d’emplois et de formations, notamment dans la santé et dans l’éducation, dans des filières essentielles à la transition écologique comme la rénovation thermique de l’habitat, et dans les collectivités territoriales.

Pour l’emploi public, le PCF propose un plan massif de pré-embauches immédiates des jeunes, dans le cadre statutaire, pour renforcer l’ensemble des services publics. Ces embauches doivent être accompagnées d’un plan de formation rémunérée. Pour l’emploi privé, nous proposons la création de contrats longs, d’au moins deux ans, en CDI, comprenant un temps important de formation qualifiante, inclus dans le temps de travail, et rémunéré au même taux. Pour le permettre, l’État doit prendre en charge une partie du coût de la formation et les banques publiques doivent reprendre les crédits des entreprises qui s’engagent à de telles embauches à un taux proche de zéro.

C’est aussi avec l’ambition de créer des emplois de qualité pour les jeunes que le PCF demande l’abandon de la réforme gouvernementale des retraites au profit d’une retraite à 60 ans et à taux plein pour chacun et chacune afin de favoriser l’embauche et la formation d’un jeune.

 

Aussi, le PCF lance ce jour une pétition nationale pour l’emploi, les salaires et les services publics, comprenant un volet jeunes portant la double exigence d’un plan d’embauches à la hauteur des besoins et la création d'un revenu minimum, à un niveau décent, pour les 18-25 ans.

 

Partager cet article

Repost0
24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 05:41
Chômage: de fausses assurances (L'Humanité, Stéphane Guérard, jeudi 23 juillet 2020)
Jeudi, 23 Juillet, 2020 - L'Humanité

Chômage. De fausses assurances

La suspension de la réforme de l’assurance-chômage ne sera pas totale, malgré les dires de Castex.

Les syndicats avaient quitté la « conférence du dialogue social » de vendredi dernier avec une belle promesse en poche : celle de la suspension de la régressive réforme de l’assurance-chômage. Certes, ce n’est que jusqu’au 1er janvier 2021 et ça ne vaut pas annulation, ce que revendiquent toutes les organisations de travailleurs. Mais la suspension devait s’accompagner du retour aux règles mieux-disantes socialement en vigueur avant cette réforme. Yves Veyrier avait même pris soin d’obtenir confirmation de ce retour à meilleure fortune auprès de Jean Castex. Cinq jours plus tard, c’est une tout autre musique que joue le projet de décret.

La suspension de la réforme ne sera pas entière. D’une part, elle ne concernera pas celles et ceux ayant perdu leur emploi entre le 1er novembre (date d’entrée en vigueur de la réforme) et le 1er août (date de sa suspension), ce qui aurait contraint Pôle emploi à recalculer leurs droits. D’autre part, ce décret crée de nouveaux seuils, certes moins défavorables que ceux de la réforme, mais moins avantageux que ceux d’avant. Il faudra ainsi avoir travaillé 4 mois sur les 24 derniers mois pour avoir accès aux droits. C’est mieux que les six mois sur les 24 derniers mois de la réforme, mais moins bien que les 4 mois sur 28 d’avant. Même constat pour le mécanisme de rechargement des droits. Avant la réforme, un mois de travail suffisait. Après la réforme : 6 mois. Cette fois, il en faudra quatre. « C’est une façon de poursuivre les économies sur le dos des chômeurs. Cela va produire des milliers de perdants », déplore Denis Gravouil, de la CGT. S. G.

Partager cet article

Repost0
24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 05:41

 

Le chef de l’État assure que le contribuable français n’aura pas à débourser un sou pour rembourser le prêt européen.

Sur TF1, mardi soir, le président français a salué les résultats du Conseil européen qui s’est tenu de vendredi à mardi à Bruxelles. Il s’agit, selon Emmanuel Macron, du « moment le plus important depuis la création de l’euro » et le résultat du sommet, la « réponse à la plus grande crise de l’UE depuis sa formation ». Mardi, les Vingt-Sept se sont mis d’accord sur la création d’un fonds de relance de 750 milliards, capable de financer des subventions aux États membres pour un montant de 312,5 milliards d’euros, des politiques européennes à hauteur de 78,5 milliards d’euros et des prêts aux États à hauteur de 360 milliards d’euros. La manne de ce dispositif sera levée par emprunt de l’Union européenne sur les marchés financiers - ce qui est inédit.

« Ce n’est pas le contribuable français qui » paiera pour le remboursement, a tenu à rassurer Emmanuel Macron, qui met en avant que sera « levé un impôt sur les grandes entreprises et acteurs internationaux qui ne jouent pas le jeu de notre politique », à savoir les géants du numérique. Le propos peut surprendre de la part d’un chef d’État qui, au sein des frontières de l’Hexagone, mène campagne contre tout impôt sur les entreprises… Il oublie que si les fameuses « nouvelles ressources propres » de l’UE annoncées au sommet ne voient pas le jour du fait de la pression des États frugaux emmenés par les Pays-Bas, qui ont tenté de faire capoter le plan de relance, ce seront bien les États membres qui mettront la main à la poche.

Emmanuel Macron a fait valoir que la France bénéficiera de ce fonds avec 40 milliards d’euros de subventions européennes, ce qui représenterait « 40 % de notre plan de relance », tourné vers l’emploi des jeunes, les petites et moyennes entreprises, la rénovation énergétique et « le financement de l’industrie comme l’hydrogène ou la batterie électrique ».

Il n’était pas le seul, mercredi, à assurer le service après-vente du plan de relance européen. Enrico Letta, ancien chef du gouvernement de centre gauche de l’Italie, le pays qui sera le principal bénéficiaire du fonds, voyait dans ce plan de relance une « défaite des populistes » et une victoire des fédéralistes, dont il est, qui souhaitent plus de pouvoir à l’Union européenne. Il faisait mine de ne pas voir à quelles conditions seront délivrés les fonds européens ; il faut dire qu’au pouvoir entre 2013 et 2014, il s’est appliqué à mettre en œuvre les diktats de Bruxelles. D’ores et déjà, de l’autre côté des Alpes, une réforme des pensions datant du début de l’année 2019, qui permettait de partir en retraite plus tôt, est au dire de tous les observateurs dans le viseur.

Gaël De Santis

 

Partager cet article

Repost0
24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 05:35

Entretien du 18/07/2020 avec Frédéric Boccara, membre des Economistes atterrés et du PCF.

Pour RT France, il était invité à commenter le report des échéances liées aux réformes des retraites et de l’assurance chômage. Il dénonce une mesure temporaire qui ne va pas dans l’intérêt des nouveaux arrivants sur le marché du travail.

Partager cet article

Repost0
23 juillet 2020 4 23 /07 /juillet /2020 10:13
Jacqueline Héré, Mathilde Maillard, Jean-Michel Le Lorc'h, Eric Guellec, Anne-Catherine Cleuziou, Sandra Le Roux, Taran Marec - 7 élus communistes à Brest

Jacqueline Héré, Mathilde Maillard, Jean-Michel Le Lorc'h, Eric Guellec, Anne-Catherine Cleuziou, Sandra Le Roux, Taran Marec - 7 élus communistes à Brest

Intervention du groupe des élu.e.s communistes

Par Eric Guellec, responsable du groupe des élus communistes brestois

Conseil Municipal du 17 juillet 2020 

Permettez-moi, car nous n’avons pas eu l’occasion de le faire lors du précédent conseil, de vous féliciter au nom des communistes brestois et brestoises, Monsieur le Maire, pour votre élection.

Mesdames, Messieurs,

Chers Collègues, nous avons vécu ces deux tours de scrutin dans un contexte particulier. La crise sanitaire de Covid-19 que nous traversons a bouleversé nos vies et le fonctionnement de nos sociétés. Et risque de les bouleverser durablement. Le second tour des élections municipales a dû être reporté. Il a ensuite fallu faire campagne différemment. Innover dans la manière de diffuser les propositions, de convaincre, d’échanger avec la population. C’est ce que notre liste s’est attachée à faire avec dignité, le regard tourné vers l'avenir, vers le progrès social et écologique, quand d’autres choisissaient d’utiliser des moyens parfois détestables sur la forme, en se donnant des objectifs sur le fond que nous ne partageons pas. A l’issue de ces deux tours de scrutin, c’est une majorité de gauche et écologiste, renouvelée et élargie dans ses composantes, qui l’a emporté et va avoir la responsabilité de la gestion de notre belle cité durant les six prochaines années. A ce titre, nous assurons les Brestois et les Brestoises que cette victoire, nous la mettrons au service de toutes et tous, sans exclusive.

Agir dans le sens de l’intérêt général, répondre aux besoins de la population, dans la perspective d’une société plus juste, plus humaine, plus fraternelle. C’est ce qui nous anime depuis toujours et c’est ainsi que nous allons continuer à conduire l’action publique ces six prochaines années. Nous nous appuyons sur un long travail déjà mené pour Brest sur un projet municipal que nous avons construit avec la population. Un projet qui prend à bras le corps les défis qui nous sont posés pour aujourd’hui, bien sûr, mais également pour demain. Durant cette nouvelle mandature, notre équipe aura à cœur de mettre en œuvre, de traduire en actes, le projet que nous avons porté pendant la campagne. C’est là notre conception de l’action publique, tenir ses engagements. Les 7 élus communistes membres de la majorité s’y attelleront avec rigueur et exigence, profondément attachés à l’esprit d’équipe. Esprit d'équipe qui, s'il ne garantit pas la réussite, en est la condition sine qua non dans la durée. Ces élections municipales 2020 se sont donc déroulées dans un contexte totalement inédit. Et les signaux envoyés sont clairs.

- Ces élections ont montré que face aux difficultés de leur vie quotidienne, beaucoup de nos concitoyens ont sanctionné sévèrement la politique d’Emmanuel Macron. C’est un échec lourd pour toutes celles et ceux qui espéraient conquérir une multitude de villes avec l’étiquette de la république en marche. C’est un premier coup d’arrêt électoral pour le Président des riches.

- Ces élections ont également montré, mes chers collègues, que l’abstention s'est révélée très forte partout en France, notamment dans les quartiers populaires. Et l’explication d’un tel niveau d’abstention dépasse la question conjoncturelle de la crise sanitaire que nous traversons. Elle est aussi le signe d’un sentiment de rupture éprouvé sur l'ensemble du territoire national par une partie de la population. Ce message de nos concitoyens, il nous faut l’entendre, le prendre en compte et y répondre, même si, bien évidemment, les solutions ne sont pas que locales, loin s'en faut. 

- Enfin, ces élections municipales 2020 ont montré que là où les forces de gauche et écologistes se sont unies et ont donc travaillé ensemble à un projet, social, écologique et démocratique, un projet en phase avec les besoins des populations, elles ont bien souvent emporté la victoire ! C’est le cas ici à Brest, mais aussi à Quimper, à Rennes, à Nantes, etc. Dans une période où la crise sanitaire a accentué les situations de précarité chez beaucoup, les services publics doivent être le pivot de la sortie de crise, buts et moyens d'un mode efficace de développement écologique et social. Investir dans le service public local, dans le bien public, est plus que jamais notre priorité. Ce mandat sera l’occasion pour notre majorité de continuer à développer des politiques sociales toujours plus ambitieuses dans toute la ville, dans tous les quartiers :

- Il nous faudra ainsi poursuivre le travail mené notamment par notre camarade Claude Bellec, élue communiste sortante que nous saluons et remercions pour son engagement depuis 2008, dans le domaine du renforcement des solidarités. 

- L’évolution de la tarification sociale de l’eau et le développement d’un réseau d’épiceries solidaires accessibles au plus grand nombre constitueront de nouvelles étapes importantes de nos politiques sociales, pour un Brest toujours plus solidaire.

- Par ailleurs, la crise sanitaire met en lumière, de façon aveuglante, les enjeux de santé et les grandes difficultés que connaît l’hôpital public depuis de nombreuses années. Les fortes inquiétudes qui pèsent sur notre service public hospitalier, dont le CHU représente le pilier ici à Brest, nous conduisent à exiger que tout soit mis en œuvre pour que notre centre hospitalier dispose des moyens adaptés aux enjeux de santé et d’accès aux soins. La priorité doit être donnée à l’humain au-delà des logiques purement budgétaires et comptables. Au niveau de la ville, nous serons vigilants à ce que le travail concernant la création d’une mutuelle santé communale soit rapidement enclenché et à ce que de nouvelles solutions d’accès aux soins puissent voir le jour. 

- Enfin, l’enjeu des solidarités ne saurait se penser sans une ambition toujours réaffirmée pour la vie associative brestoise et la promotion de l’éducation populaire dans les quartiers. Le soutien à la vie associative est le terreau de la solidarité et de la cohésion sociale. Renforcer les dynamiques collectives dans les quartiers, pour la construction de nouvelles solidarités, pour l’émancipation de chacune et chacun. Soyez assuré, et j’en terminerai là mon propos, que les communistes apporteront toute leur énergie au seul service qui vaille, le service à la population. Avec pour objectif, le seul objectif qui vaille, la construction d'une société meilleure. Monsieur le Maire, je vous remercie.

Partager cet article

Repost0
23 juillet 2020 4 23 /07 /juillet /2020 07:27

 

Des trois grandes revendications des personnels soignants, seule celle des salaires trouve un début de satisfaction dans les conclusions du processus de concertation dévoilées ce mardi. La déception prévaut chez leurs représentants.

En une année et demie de mouvement social, parti des services d’urgences pour embraser l’ensemble des hôpitaux publics, les revendications portées par les personnels soignants avaient eu le temps de s’affiner. La mobilisation générale de tous les personnels soignants face à l’épidémie de Covid-19 a fini de définir ces demandes, si bien que celles-ci tiennent sur l’équivalent d’une « antisèche » très pédagogique. Premièrement : 300 euros d’augmentation mensuelle pour tous les paramédicaux et revalorisation et rééchelonnement des salaires des médecins hospitaliers (début de carrière à 4 500 euros, fin à pas moins de 10 000 euros), afin que les émoluments rattrapent la moyenne des rémunérations des soignants pratiqués dans les autres pays de l’OCDE. Deuxièmement : 100 000 recrutements à l’hôpital et 200 000 dans les Ehpad et les établissements du médico-social. Troisièmement : fin des fermetures de service et réouverture des capacités d’accueil qui ont été amputées de 100 000 lits en dix ans. Le message était simple. Au vu des conclusions du Ségur de la santé rendues ce mardi par Olivier Véran, il n’a été que très partiellement entendu. « Il y a certes eu la crise sanitaire du Covid, mais il faut souligner que, sans la lutte, nous n’aurions rien eu. Néanmoins, ce sont des annonces a minima », résume Michèle Leflon, présidente de la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité. Mireille Stivala, de la CGT santé, reste elle aussi sur sa faim : « Globalement, ces annonces sont décevantes, le gouvernement reste au milieu du gué et ne renonce pas à sa politique austéritaire. Nous serons très vigilants sur la manière dont ces annonces seront traduites dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale. »

1. Le Ségur, machine à noyer les revendications

Le processus même de ce grand raout, mené en un mois et demi express, ne promettait pas le meilleur. Avec des participants en grand nombre (200) – sans les collectifs Inter-Urgences et Inter-Blocs, fers de lance des mobilisations sociales, pas invités – pour noyer dans la masse des paramédicaux sous-représentés par rapport aux organisations de médecins dont certaines, les plus récalcitrantes, ont été éjectées des derniers arbitrages. Avec quatre « piliers » de discussion permettant de délayer les sujets. Et un téléscopage de calendriers avec le changement de premier ministre, dont la préoccupation première est de faire des appels du pied aux élus des territoires, non aux soignants.

Durant les cinq premières semaines, les participants n’ont eu pour seul interlocuteur que Nicole Notat, animatrice en chef avec son pedigree crispant. Le ministre de la Santé n’a dévoilé ses cartes que dans l’emballement final, avec de faibles marges de manœuvre budgétaire et un mantra bien ancré et rappelé hier : « Les constats ne sont pas nouveaux. La loi relative à Ma santé 2022 n’est pas caduque. Nous accélérons dans tous les domaines de transformation. » Le changement, ce n’est pas pour maintenant.

2. Des augmentations de salaires au minimum

Les revalorisations demandées par les paramédicaux nécessitaient 9 milliards d’euros annuels. Celles des médecins hospitaliers étaient estimées autour de 7 milliards. Au bout des négociations, le gouvernement a consenti 8,2 milliards au global. Soit 7,6 milliards pour les premiers, incluant une augmentation de 183 euros net mensuelle, une revalorisation des métiers et 15 000 recrutements. Et 450 millions pour les seconds, bonifiés de 200 millions pour les indemnisations des étudiants internes et externes. Si une majorité des organisations syndicales (FO, CFDT et Unsa pour les paramédicaux ; INPH, Snam-HP et CMH pour les médecins) s’est résolue à signer l’accord, ce fut selon le vieil adage : « Ce qui est pris n’est plus à prendre. » « Le “quoi qu’il en coûte”, on ne le voit pas, déplore le docteur Jean-François Cibien, vice-président d’Action praticien hôpital (non signataire). On aurait pu remettre les salaires des infirmières au niveau médian des salaires français ou de celui des infirmières des autres pays européens. La France ne le fait pas, contrairement à d’autres pays. Et comment va-t-on rendre l’hôpital public attractif alors que les jeunes médecins y commencent, après huit années d’étude, à 3 500 euros par mois, et que le privé leur offre 10 000 à 15 000 euros ? »

3. L’esbroufe de l’augmentation des effectifs

De 5 % à 10 % d’étudiants infirmiers en plus à la rentrée 2021, doublement des places de formation pour les aides-soignants et 15 000 embauches chez les paramédicaux. La coupe présentée par Olivier Véran n’est pas pleine, selon Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf). « La montagne accouche d’une souris. Pour les Ehpad, le ministre renvoie à la loi sur l’autonomie attendue depuis deux ans. On espère toujours les 200 000 créations de postes demandées. Quant aux 15 000 postes créés, il n’y en a en réalité que 7 500, puisqu’on y compte les 7 500 postes déjà budgétés et non pourvus. » Pas sûr que les revalorisations salariales consenties par le gouvernement rendent plus attractives ces fonctions dans les hôpitaux publics. D’autant que la pénibilité de ces métiers, avec bonification des retraites, n’a jamais été prise en compte dans ce Ségur.

4. Des moyens accrus sans changer la donne

En dix ans, 11,7 milliards d’euros d’économies ont été imposés aux hôpitaux. En vingt ans, 100 000 lits et 95 services d’urgences ont été fermés. En guise de changement, Olivier Véran annonce la création de 4 000 lits, qu’​​​​​​​« (il) appelle “à la demande”, en fonction des besoins saisonniers ». « Ces 4 000 lits ne compensent même pas le nombre de lits fermés sous Macron », pondère Christophe Prudhomme.

Le ministre de la Santé assure pourtant que la donne va changer concernant les moyens. Dix-neuf milliards vont être investis pour la « transformation du quotidien ». Soit 13 milliards de reprise de dettes annoncés il y a un an, auxquels s’ajoutent 6 milliards d’investissements pour rénover et moderniser les bâtiments comme les pratiques dans les hôpitaux et le médico-social. « On nous annonce aussi l’assouplissement de la T2A (tarification à l’acte) et une mécanique nouvelle de l’Ondam (objectif national des dépenses de l’assurance-maladie), relève Christophe Prudhomme. Mais l’Ondam demeure, soit ce système d’enveloppe financière fermée qui a fait que le système de santé n’a pas les moyens de faire face aux besoins, engendrant des déficits et des dettes. » « Tant qu’on n’aura pas fait sauter cet Ondam, les choses ne changeront pas. Tant qu’on ne prendra pas en compte les coûts évités par une bonne prise en charge, on tournera en rond », abonde le docteur Cibien.

5. De vrais-faux changements de gouvernance

La loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) de 2009 a donné les pleins pouvoirs aux directeurs d’établissement. Olivier Véran se fait fort de rééquilibrer le rapport de forces soignants-gestionnaires aux profits des premiers, en leur conférant plus de place dans les instances consultatives et décisionnaires. Pour cela, il reprend les préconisations du rapport Claris sur la gouvernance de l’hôpital. « Ce rapport a une grande faiblesse. Ses auteurs se fondent sur les retours d’expérience des directions actuelles des établissements. Or, tous ces gens ont dit que ça marchait très bien comme cela », soulignait récemment Laurent Heyer, président du conseil national professionnel Anesthésie-Réanimation.

De même, Olivier Véran se fait fort de rendre du pouvoir aux « élus des territoires », en les associant à la définition des objectifs de santé locaux, en lien avec des agences régionales de santé, sommées de muscler leurs échelons départementaux pour coller au plus près des besoins. Preuve de cette ouverture, les Copermo, ce vilain acronyme désignant les instances technocratiques qui ont instruit les fermetures d’hôpitaux téléguidés de Bercy, sont remplacés par des conseils nationaux et locaux de l’investissement de santé, dans lesquels se retrouveront ces mêmes élus. Et les expérimentations « territoriales » sont les bienvenues. « Sur la question de la proximité du soin, la ministre de la Cohésion des territoires sous-entend que les collectivités pourraient contribuer à financer l’accès aux soins. C’est inquiétant en termes d’égalité dans l’accès aux soins entre les territoires », relève Michèle Leflon, de la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité.

 

 

Partager cet article

Repost0
23 juillet 2020 4 23 /07 /juillet /2020 07:01
Après Parcoursup, des milliers de bacheliers en errance (L'Humanité, Camille Bauer, 21 juillet 2020)
Mardi, 21 Juillet, 2020

Après Parcoursup : ces dizaines de milliers de bacheliers en errance

C’est une hausse sans précédent. Au 17 juillet, date de clôture de la principale phase de Parcoursup, plus de 90 000 jeunes étaient encore en attente d’affectation dans l’enseignement supérieur, soit 34 000 de plus que l’année dernière. Entre la hausse démographique et le taux de réussite exceptionnel au bac cette année, les universités font face à une hausse sans précédent des demandes d’inscription. Et ne peuvent y répondre.

 

Au 17 juillet, date de clôture de la principale phase de Parcoursup, plus de 90 000 jeunes étaient encore en attente d’affectation dans l’enseignement supérieur, soit 34 000 de plus que l’année dernière. La ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, communique, elle, sur les plus de 88 % de bacheliers inscrits et en décompte seulement 9 500 en attente de place. « Le ministère n’assume pas les chiffres. Au lieu de regarder la situation en face pour trouver des solutions, il ne compte que les élèves qui ont fait des recours auprès des commissions rectorales pour parvenir à trouver une place », s’agace Mélanie Luce, présidente de l’Unef. Or, leur nombre est d’autant plus bas que ces recours sont des « procédures administrativement complexes, estime Anne Roger, cosecrétaire générale du Snesup-FSU, principal syndicat du supérieur. En outre, le 20 juillet, il n’y a plus personne dans les rectorats pour orienter les étudiants ».

Aucun budget supplémentaire

Les chiffres vertigineux tiennent du structurel et du conjoncturel. À la hausse démographique des bacheliers - 20 000 cette année -, se sont ajoutés 48 000 bacheliers de plus que d’habitude, en raison du taux de réussite exceptionnel au bac postconfinement. Cette hausse va être d’autant plus complexe à gérer qu’elle va s’accompagner de règles sanitaires qui devront limité le taux d’occupation des salles. « En TD, on est déjà assis par terre, à 40 dans des classes de 30 places. Je ne vois pas comment on va faire pour appliquer les mesures sanitaires dans ces conditions », souligne Mélanie Luce. « Il faudrait louer des locaux, embaucher pour dédoubler les cours. Nous n’y sommes pas », soupire Anne Roger.

Face à cette situation inédite, le ministère n’a pas pris de mesure. Aucun budget supplémentaire n’a été demandé pour trouver des locaux ou augmenter le nombre d’enseignants et de personnels administratifs. Pour l’instant, la seule réponse consiste à accroître la pression sur les universités pour qu’elles ouvrent plus de places. « Celles qui le font doivent pousser les murs et recruter du personnel précaire, pas toujours à la hauteur », s’alarme Anne Roger. Même avant cet afflux, l’université était à la peine pour accueillir les étudiants dans des conditions minimales. Selon le Snesup-FSU, 525 millions d’euros seraient nécessaires pour une simple remise à niveau. Il en faudrait 158 de plus pour faire face à l’afflux de la rentrée à venir. La Conférence des présidents d’université est sur la même longueur d’onde. Le 8 juillet, elle a alerté « sur l’extrême urgence de la situation et la nécessité impérieuse d’un effort de tous ». Elle aussi demande entre 150 et 300 millions d’euros pour la rentrée 2020.

Une sélection accrue

« Il y aura une solution pour chacun », continue pourtant de claironner Frédérique Vidal. « Elle raisonne de manière arithmétique. La question n’est pas de trouver n’importe quelle place, mais de répondre aux projets de vie des étudiants. Ça n’a pas de sens d’orienter en espagnol un gamin qui voulait faire des maths », insiste Anne Roger. C’est pourtant ce qui se passe, car le manque de places se traduit par une sélection accrue, notamment dans les filières les plus demandées : droit, Staps ou formations infirmières, pour lesquelles aucune nouvelle place n’a été créée. Le problème est encore plus fort pour les titulaires de bacs techniques et professionnels. D’un côté, ils se heurtent à un manque de place en BTS et en IUT, de l’autre, en raison de la sélection, ils n’ont aucune chance de voir leurs dossiers acceptés en filières générales. « Alors que la ministre annonce que 95 % des bacheliers généraux ont trouvé une place, on est en train d’éjecter ceux qui viennent des lycées pros et technologiques », explique Mélanie Luce.

« Ce manque de réaction est incompréhensible, sauf à penser qu’on veut favoriser un changement de modèle et rompre avec l’idéal d’une université qui donne une chance à chacun », analyse Anne Roger. Face à la crise, la ministre n’a eu de cesse de chanter les louanges de l’enseignement à distance, qu’elle présente comme une « révolution pédagogique ». « Si on généralise le distanciel, surtout avec les premières années qui n’ont déjà pas eu cours pendant quatre mois, ça va être catastrophique, s’alarme Anne Roger. C’est un moyen d’accroître encore la sélection déjà mise en place. »

Camille Bauer
Pas d’annonce pour l’université

Le président Macron a promis 200 000 formations qualifiantes dans ses annonces pour la jeunesse le 14 Juillet. Mais, pour l’instant, pas un centime n’a été débloqué pour l’université. C’est l’apprentissage et surtout le service civique, avec 100 000 places supplémentaires, qui ont le vent en poupe. Une façon d’accueillir une partie des étudiants restés sur le carreau pour pas cher.

Partager cet article

Repost0
22 juillet 2020 3 22 /07 /juillet /2020 07:07
La fête de l'Huma aura lieu autrement - Patrick Le Hyaric, 20 juillet 2020
Lundi, 20 Juillet, 2020

La Fête de l’Humanité aura lieu autrement

Les risques sanitaires, financiers et judiciaires nous obligent à renoncer à tenir une Fête, même réduite, au parc de La Courneuve. Nous allons travailler à un événement d’une autre nature pour ce même week-end des 11, 12 et 13 septembre. 
Par Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité.

Depuis des semaines, nous travaillons en lien étroit avec les services de l’État et les autorités sanitaires pour chercher les conditions d’une tenue de la Fête de l’Humanité 2020.

La poursuite de l’épidémie et le moment avancé de l’été nous contraignent, la mort dans l’âme, de constater l’impossibilité d’organiser la Fête au parc Georges-Valbon de La Courneuve.

Depuis la moitié du mois de juin, nous avons répondu aux demandes des autorités étatiques et sanitaires pour l’organisation d’une Fête réduite en surface et en nombre de participants, avec un protocole sanitaire très strict. Mais l’interdiction de tenir des concerts, le port du masque obligatoire, les signes de reprise de l’épidémie créent beaucoup d’incertitudes sur la valeur, en septembre, d’une autorisation donnée aujourd’hui, d’autant que la Fête se situe au cœur d’une zone urbaine dense.

Des initiatives culturelles, de grands débats, des actes de solidarité internationale

Même notre demande de tenir un rassemblement de 20 000 personnes se heurte à l’actuelle norme des 5 000 participants dans un même espace. Avec les risques sanitaires bien réels, nous devons aussi prendre en compte notre situation financière. Pour tenir une Fête dans ce format réduit, deux millions d’euros seraient nécessaires, augmentés de 100 000 euros de dépenses liées à la mise en œuvre du protocole sanitaire. De premières évaluations nous font craindre un important déficit pour une telle initiative. Ce serait insoutenable alors que l’Humanité est toujours sous la contrainte d’un plan de « redressement-continuation » et que nous avons déjà engagé près de 500 000 euros de dépenses de préparation de la Fête. Les risques sanitaires, les risques financiers et judiciaires nous obligent à renoncer à tenir une Fête, même réduite, sur le terrain du parc de La Courneuve.

Dans ces conditions, nous proposons de tenir la Fête de l’Humanité dans un format nouveau les 11-12-13 septembre avec des initiatives culturelles, de grands débats, des actes de solidarité internationale, des prises de parole d’acteurs des mouvements sociaux, citoyens et culturels, en divers lieux de la région parisienne et au-delà, relayés sur une plateforme numérique dédiée. Nous souhaitons combiner notre nouveau projet de Fête avec une initiative de solidarité marquante pour les enfants en partenariat avec le Secours populaire français.

Afin de couvrir les frais déjà engagés et en soutien à l’Humanité, nous lançons un bon de soutien au prix de 25 euros, dont 5 euros seront reversés au Secours populaire (vous pouvez le télécharger ici). Nous éditerons également un hors-série qui valorisera les valeurs et combats portés par la Fête de l’Humanité au fil de son histoire.

Préparons ensemble cette « Fête autrement »

Nous mesurons et partageons la déception de milliers de militants, de travailleurs, de jeunes, de citoyens, de femmes et hommes qui aiment à s’y retrouver dans une ambiance fraternelle et combative. Nous allons travailler à mettre à leur disposition un événement d’une autre nature qui puisse les rassembler, marquer l’actualité et être utile pour faire face à une situation sanitaire, sociale, culturelle, économique et politique qui s’annonce particulièrement difficile pour la jeunesse, le monde du travail et de la création. En ce sens nous recherchons le maximum de partenariats avec des acteurs sociaux, citoyens, culturels. Nous donnerons dans les jours à venir les éléments d’une architecture et un programme de la Fête de l’Humanité.

Nous vous proposons donc de préparer ensemble dans ces conditions si particulières « Une Fête autrement » utile à toutes celles et tous ceux qui souhaitent que se réalise l’Humanité. Comme le proclame en forme de profession de foi le visuel que nous offre l’agence Jésus et Gabriel, notre Humanité est plus forte que tout.

Partager cet article

Repost0
22 juillet 2020 3 22 /07 /juillet /2020 06:55

 

Alors que le Parlement européen tablait sur un plan à 2.000 milliards d’euros pour répondre à la gravité de la situation et aux urgences sociales et écologiques, le plan adopté ce lundi s’élèvera à seulement 750 Mds d’euros. En outre, plutôt que de mobiliser la BCE, il va soumettre plus encore les Etats aux exigences des marchés financiers et donc à des politiques d’austérité mortifères.

L’octroi des aides, sous forme de prêts et de subventions, sera ainsi conditionné à des « reformes structurelles » dans chaque pays, synonymes de baisses des dépenses publiques utiles. De plus, le remboursement des prêts est envisagé par la levée d’un impôt européen, renforçant le fédéralisme européen au détriment de la souveraineté des Etats.

 

Le plan de relance est donc sous-dimensionné et sur-conditionné. Il porte un caractère anti-démocratique en renforçant le poids de la commission européenne notamment en matière fiscale. Il permet en plus à plusieurs pays de pouvoir baisser leur contribution au budget européen qui risque de rester à 1027 Mds d’euros alors que l’objectif était de le porter à 1300 Mds.

 

Le PCF propose des mesures concrètes pour changer de logique en Europe :

  • La réorientation des efforts de création monétaire de la BCE, non pas pour aider encore davantage les plus aisés et les grands groupes, mais pour financer les services publics et la transition écologique, protéger les activités et les petites et moyennes entreprises et maintenir les revenus des travailleurs grâce à la constitution d’un fonds européen d’urgence économique, sociale et écologique. La BCE doit être mise sous contrôle démocratique.
  • L’abolition définitive du pacte de stabilité et de croissance et du pacte budgétaire ;
  • L’annulation de la dette publique des Etats ; aucune aide européenne ne peut être conditionnée ni à un contrôle budgétaire, ni à un endettement accru des états.
  • La lutte contre l’évasion fiscale et les paradis fiscaux dans l’UE et en dehors de l’UE. A elle seule, elle représenterait une somme bien supérieure au fonds de relance discuté aujourd’hui. Une conférence européenne de la dette et de l’évasion fiscale, en associant les forces sociales et citoyennes, est aujourd’hui nécessaire. Les leçons de rigueur budgétaire données par les Pays-Bas sont totalement déplacées venant d’un pays qui pratique l’optimisation fiscale pour des multinationales.

 

Plus structurellement, alors que les traités européens ont démontré leur caducité, ces propositions doivent ouvrir le chemin vers un pacte social et démocratique pour des peuples et des nations libres, souveraines et associées, auquel aspirent les citoyens européens.

 

Partager cet article

Repost0
22 juillet 2020 3 22 /07 /juillet /2020 06:27
Le jour où Enzo de Gregorio adhère au PCF - 21 juillet 2020, Morlaix (photo Ismaël Dupont)

Le jour où Enzo de Gregorio adhère au PCF - 21 juillet 2020, Morlaix (photo Ismaël Dupont)

🔔Info🔔
 
Un nouvel adhérent de choc pour le PCF Morlaix et Finistère:
Enzo De Gregorio 17 ans. Bienvenue au parti communiste, le parti de la fraternité humaine et de la lutte pour l'égalité des droits!
" Il y a quelques semaines, je quittais mon engagement lycéen non sans une pointe d’émotion. Mais j’avais déjà en tête mon futur engagement.
C’est maintenant chose faite, dans un parti centenaire, qui ce bat au quotidien pour les français et les jeunes.
Je suis fier et heureux de rejoindre ce jour la grande famille du PCF."
Enzo de Gregorio, 21 juillet 2020 

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011