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16 février 2018 5 16 /02 /février /2018 07:01

 

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16 février 2018 5 16 /02 /février /2018 06:58

 

LES GRANDS ENJEUX POUR NOTRE PLANÈTE, PAR GÉRARD LE PUILL

Tant que les centrales à charbon ou les mines (ici à Garzweiler en Allemagne) seront rentables, les investisseurs seront là. Avec ou sans Axa... 

Nous avons appris récemment que le groupe Axa, spécialisé dans l'assurance, revoyait en hausse son engagement dans la lutte contre le réchauffement climatique. Sur ses 600 milliards d'euros d'actifs en portefeuille, Axa veut investir 12 milliards dans « l'immobilier vert » d'ici à 2020, contre 3 milliards en 2015.

Axa réduira désormais ses investissements dans les entreprises qui tirent au moins 30 % de leurs revenus du charbon. Il va également céder ­ c'est-à-dire vendre à d'autres investisseurs ­ le capital qu'il possède dans les entreprises qui construisent des centrales au charbon et dans celles qui extraient plus de 20 millions de tonnes de houille par an. Au total, 2,4 milliards d'euros pourraient ainsi changer de cible dans la course au profit.

À ce stade, rien ne prouve que les sommes soustraites aux entreprises charbonnières seront recyclées dans des industries moins polluantes. Certes, Axa va aussi sortir ses fonds de l'extraction du pétrole des sables bitumineux et des pipelines qui les transportent. Le groupe recyclera ainsi 700 millions d'euros sans que l'on sache si les nouveaux placements choisis seront aussi verts que les précédents étaient sombres.

L'assureur s'inquiète : un monde aux catastrophes climatiques trop fréquentes ne serait plus assurable...

Raisonnons en prenant pour argent comptant les annonces faites par Axa. Le capitalisme étant fondé sur la recherche du profit, nous savons que l'extraction du charbon continuera partout dans le monde tant que la demande mondiale en fera une activité rentable, même sans les capitaux du groupe Axa. Il en ira de même pour le pétrole extrait des sables bitumineux et pour les pipelines qui servent à le transporter. Tant que le retour sur investissement sera rémunérateur dans l'extraction des énergies fossiles très demandées sur un marché mondialisé, d'autres investisseurs prendront le relais des multinationales soucieuses de verdir leur vitrine.

Ajoutons qu'Henri de Castries, ancien PDG du groupe Axa, percevait une rémunération annuelle de 3,2 millions d'euros, avant de démissionner l'an dernier pour participer à la campagne présidentielle de François Fillon, dont il souhaitait devenir le ministre des Finances. Un homme qui s'offre une rémunération égale à 200 fois le Smic ne nous fera pas croire que l'activité de son groupe est à jamais tournée vers le sauvetage du climat et de la vie sur terre.

Mais peut-être y a-t-il une autre raison pour qu'Axa s'intéresse au climat. L'Américain Jad Ariss, son directeur des affaires publiques, l'avait laissé entendre le 13 décembre 2017 en déclarant au quotidien « les Échos » qu'il devait « veiller à faire ces désinvestissements dans les meilleures conditions possibles. Si vous n'êtes pas parmi les premiers à désinvestir, vous sortez à moins bon compte. Mais nous souhaitons avant tout être leader sur ce sujet et que d'autres s'engagent, car un monde qui se réchaufferait de 4 °C n'est plus assurable ».

C'est vrai, si ce monde n'est plus assurable à cause de l'ampleur des dégâts, les assureurs comme Axa disparaîtront aussi. Jad Ariss est un capitaliste lucide.

glepuill@humanite.fr

 

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16 février 2018 5 16 /02 /février /2018 06:56

 

«Nous avons besoin de repenser un grand projet social pour notre pays, c'est celui-ci que je déploierai devant l'année qui s'ouvre », a déclaré le président de la République à l'occasion de ses vœux télévisés. Que recouvre cette volonté d'initier un projet social et de le présenter comme l'axe politique de la nouvelle majorité ? Après le tir nourri des ordonnances réformant le Code du travail, dont l'application va désormais se jouer dans les entreprises, force est de s'interroger. En quoi consiste la stratégie sociale 2018 du nouveau pouvoir ? « Facile », direz-vous ! Il suffit de mettre en perspective les quatre réformes qui devraient être engagées cette année.

La réforme de l'assurance-chômage devrait élargir la protection aux indépendants et aux démissionnaires de manière à créer « un régime universel » et faire glisser la gouvernance, aujourd'hui paritaire, vers une gestion tripartite avec un pilotage effectif par l'État. Mais sans rien prévoir de plus pour son financement.

La réforme de la formation professionnelle et de l'apprentissage se donne comme priorité le ciblage des dispositifs vers les moins de 25 ans, les chômeurs et les moins qualifiés, aujourd'hui délaissés par le système.

La troisième réforme, celle des emplois aidés, a déjà suscité la colère. Elle entérine la diminution de moitié des crédits et une sélection des employeurs.

système de retraite, orientation postbac, tri des migrants... la sélection est le grand opérateur de la politique budgétaire.

Le quatrième chantier concerne la réforme du système de retraite. L'idée est d'instaurer un régime de retraite unique, « à points ». Ce nouveau dispositif aurait surtout vocation, à l'avenir, à équilibrer mécaniquement les finances du système par une baisse des pensions. Dans le collimateur : les régimes spéciaux, qui ont toujours servi de boucliers face aux remises en cause visant le régime général.

Derrière l'affichage qui est censé donner un sens politique à chacune des réformes, il est aisé de voir que l'objectif global est de réaliser des économies. La critique de l'existant sert ainsi, avant tout, à justifier une diminution des crédits. Mais, en même temps, les réformes qui s'additionnent touchent aux principes mêmes de l'organisation de notre système de protection sociale. Derrière l'égalité, éminemment souhaitable, on promeut un système sélectif qui trie les bénéficiaires. Le gouvernement parle d'universalité de l'assurance-chômage ou du système de retraites, mais consacre l'individualisation des droits et la sélectivité qui l'accompagne. La solidarité s'efface.

À l'instar du dispositif mis en place pour l'orientation postbac ou de celui imaginé pour trier les migrants, la sélection devient le grand opérateur de la politique budgétaire. Il faut, pour réduire le volume des dépenses sociales, par priorité, séparer les vrais « sans-emploi » des « faux chômeurs », réduire le champ de l'assurance-maladie, cibler le public admis en formation et peut-être plafonner les indemnités journalières. Enfin, derrière le souci d'une gestion efficace du secteur social, il est procédé à l'étatisation des institutions qu'avaient pourtant en leur temps rejetée les promoteurs de la Sécurité sociale. En fait de « projet social », la nouvelle majorité entend, étape après étape, changer la nature du système en faisant fi des valeurs auxquelles tiennent une majorité de Français. Il devient plus urgent que jamais, face à ce détricotage, de tracer la voie à de nouvelles propositions permettant de conforter notre système social dans un contexte inédit.

(*) Économiste et syndicaliste

 

 

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16 février 2018 5 16 /02 /février /2018 06:52

 

Depuis le 1er février, lycéens, étudiants et profs sont mobilisés contre les réformes du second cycle et d'entrée à l'université. Les sénateurs examinent, ce 8 février, le projet « Parcoursup » modifiant l'accès aux facs. Julie Le Mazier, docteur en science politique à Paris-I et syndicaliste SUD éducation (1), revient sur les conditions de la riposte aux projets de bouleversements de l'éducation nationale. Entretien.

 

HD. La réforme actuelle de la sélection pour l'entrée à l'université n'est pas la première. Elle succède à une longue histoire de réformes, dont elle s'inspire. Certaines ont été mises en échec grâce aux mobilisations étudiantes. Quelles grandes dates retenir ?

Julie le Mazier. Dès les an-nées 1960, les universités craquent du fait de l'afflux massif d'étudiants. Des projets sont donc formulés pour juguler ce flux, et éviter que les classes populaires s'emparent de l'université. En 1963, le ministre Christian Fouchet instaure certaines mesures sélectives. En 1967, Alain Peyrefitte veut mettre en place une sélection, mais elle est combattue dans la rue et n'est pas adoptée. Même chose avec la réforme de 1986. Un jeune étudiant, Malik Oussekine, est tué par la police. Les manifestations, déjà très importantes, prennent de l'ampleur, le ministre Alain Devaquet est contraint de démissionner. Ce fut un traumatisme pour les gouvernants.

Depuis, les gouvernements successifs s'y sont pris autrement : ils ont créé les conditions pour faire sauter le tabou de la sélection, c'est-à-dire rendre la situation suffisamment inacceptable pour faire passer cette solution comme la seule possible.

Ils ont asphyxié les universités en les rendant « autonomes » en 2007, c'est-à-dire en les laissant gérer leurs locaux et leur masse salariale, sans leur donner les moyens budgétaires de le faire. Puis, en 2008, ils ont délégué à l'algorithme APB (Admission post-bac) le soin de gérer la pénurie. On arrive, alors, à la situation de 2017, ave c 800 000 candidats inscrits sur APB pour 600 000 places. Le système ne pouvait qu'exploser... et la sélection s'imposer comme seul remède envisageable.

La réforme de Frédérique Vidal, Parcoursup, reprend l'esprit de celles de 1967 et celle de 1986. À la différence que le contexte actuel est aggravé par les réformes de 2003 et de 2007.

 

HD. Qu'est-ce qui fait que les mobilisations aboutissent, ou pas ?

J. le M. La dernière mobilisation dela jeunesse scolarisée victorieuse a été celle de 2006 contre le CPE (contrat première embauche, rémunéré en dessous du Smic à destination des moins de 26 ans ­ NDLR). Plu sieu r s fac teu r s peuvent jouer dont le contexte politique. En 2006, c'était une fin de mandat, le gouvernement était assez divisé sur la façon de répondre à la mobilisation. Il y a aussi le fait que le CPE ­ comme la sélection ­ est une mesure simple à expliquer, à la différence de la loi sur la responsabilité des universités (LRU) de 2007. De plus, le CPE touchait plus directement le monde du travail, qu'un étudiant sur deux connaît, le plus souvent, dans le cadre de jobs d'été précaires. Et puis les étudiants de 2006, pour beaucoup, avaient vécu la grève de 2003. Celle-ci avait échoué sur la réforme licence-master-doctorat (LMD) mais elle avait fait reculer le gouvernement sur le projet de loi d'autonomie. C'est un élément important. Plus il y a de mobilisations, plus les étudiants savent se mobiliser, et plus les mobilisations ont des chances d'être victorieuses. Aujourd'hui le contexte est différent, la plupart des jeunes n'ont pas connu de grève. Certains se sont mobilisés en 2016 contre la loi travail mais n'ont pas connu de grève d'ampleur de la jeunesse scolarisée.

« Les gouvernements successifs ont asphyxié l'université pour faire de la sélection la seule solution possible. »

 

HD. Pour quelles raisons la loi LRU a-t-elle été plus difficile à expliquer et à mobiliser ?

J. Le M. Les conséquences concrètes de l'autonomie des universités sur les conditions d'études ne sont pas évidentes. Le travail de mobilisation des syndicats étudiants a été moins facile à faire malgré leurs alertes sur le fait que la LRU ouvrait la voie à la hausse des frais d'inscription, à une mise en compétition des universités et donc, à terme, à une sélection des étudiants. De plus, la mobilisation n'a pas été unitaire.

 

HD. Peut-on dire que le contexte est plus difficile aujourd'hui pour des grandes mobilisations victorieuses ?

J. Le M. Effectivement, la situation est moins favorable. Les difficultés à mobiliser ces dernières années dans la jeunesse scolarisée tiennent aussi aux mêmes raisons que celles qu'on observe dans le monde du travail. De la même façon que les politiques néolibérales brisent les collectifs de travail dans les entreprises, elles brisent les solidarités étudiantes.

On a transformé l'université sur le modèle de l'entreprise marchande. On met chaque formation et chaque élève en compétition avec les autres. On incite étudiants et lycéens à devenir autoentrepreneurs de leur parcours scolaire. Ils doivent en permanence être en quête de la meilleure formation, du meilleur stage. Je suis aussi enseignante dans un lycée, je le vois. Avec la plateforme Parcoursup, les lycéens sont sous pression. Soit ils s'organisent pour se battre, soit ils s'enferment chez eux pour travailler pour avoir les meilleures notes possibles tout en courant pour obtenir des recommandations et autres critères. Pourtant, se mobiliser ne fait pas rater ses études. Mais si, par ailleurs, ils n'ont pas l'habitude de voir les parents s'organiser pour se mettre en grève, alors ils baissent la tête pour travailler le plus possible pour s'en sortir individuellement.

L'autre élément important est le rôle des organisations syndicales. Une mobilisation ne naît pas seulement de la colère, elle naît du travail de fourmi des militants syndicaux pendant des semaines, des mois, voire des années. Si on était en janvier 2006, les jeunes en train de se mobiliser contre le CPE diraient que c'est très difficile de mobiliser la jeunesse, et pourtant, un mois après, ils ont réussi.

Aujourd'hui, nous en sommes exactement dans le moment où cela paraît très difficile. Les militants travaillent depuis plusieurs mois à informer, à alerter, mais sans voir encore de résultats alors que cela peut très bien porter ses fruits. Car ce qui se joue n'est pas seulement une réforme sectorielle, c'est une destruction du droit à l'éducation qui concerne toute la société

 

HD. Êtes-vous optimiste sur le fait que les mobilisations actuelles ­ à la suite de l'appel à mobilisation lancé par les syndicats d'enseignants FSU, CGT, FO, SUD éducation, de lycéens et collégiens Unef, Solidaires, SGL, UNL et de parents d'élèves, FCPE ­ se transforment en réel mouvement ?

J. Le M. Il s'est passé quelque chose de significatif le 1er février, malgré le rendu médiatique et même si la manifestation de rue n'était pas massive. Les assemblées générales (AG) ­ moins visibles par les médias ­ ont réuni plusieurs centaines de personnes dans une vingtaine d'universités. 700 personnes à Tolbiac (Paris), 800 le 30 janvier, puis près de 1 000 le 1er février à Toulouse, au Mirail, 400 à Nanterre... Cela correspond au chiffre qu'on obtient au bout de trois ou quatre AG. C'est plus que les débuts de la grève de 2010 contre la réforme des retraites. Surtout, on sent une volonté de s'organiser et un espoir de gagner. Il y a une mobilisation qui est en train de se construire, une volonté d'autoorganiser la lutte, de la prendre en main et de lui donner l'ampleur qu'il faudra.

 

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR LATIFA MADANI latifa.madani@humadimanche.fr

(1) Auteure d'une thèse sur les AG dans les mouvements étudiants en France (2015). Coauteure d'« Universités sous tension. Retours sur la mobilisation contre la loi pour l'égalité des chances et le CPE », Paris. Syllepse, 2011.

 

LE MALAISE S'ACCROÎT ENTRE LA COMMUNAUTÉ ÉDUCATIVE ET LE MINISTÈRE

Sylvie Plane claque la porte de la vice-présidence du Conseil supérieur des programmes (CSP), après le départ, fin septembre, de son président, Michel Lussault. « Le CSP a été petit à petit complètement dépossédé de ses missions et son indépendance remise en cause », déplore dans une tribune à « Libération » (4 février) la linguiste, professeur à la Sorbonne. Créé en 2013 par la loi de refondation de l'école, le CSP est en principe indépendant du ministère de l'Éducation.

 

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14 février 2018 3 14 /02 /février /2018 15:18
Annick Louët, à gauche, avec son mari Vincent et Félicia Le Guillou, médecin du 2e Bataillon Stalingrad, en 1944

Annick Louët, à gauche, avec son mari Vincent et Félicia Le Guillou, médecin du 2e Bataillon Stalingrad, en 1944

La Quimpéroise Annick Louët vient de décéder à l'âge de 99 ans. Cette ancienne résistante fut agent de liaison du Bataillon Stalingrad et Croix de guerre avec étoile de bronze. Annick Louët naquit en 1919 à Leuhan. Après avoir été garde-malade chez une tante au Havre, elle s'installa à Quimper où elle exerça comme employée de commerce. Son nom est associé à celui du 2e Bataillon Stalingrad, créé en juillet 1944 dans le secteur de Spézet-Saint-Goazec-Leuhan.

Bernard Le Guillou, qui travaille sur cette histoire, donne quelques précisions. Ce bataillon libéra, début août 1944, le Centre-Finistère et participa à la libération du Menez-Hom (1e r septembre) et de la presqu'île de Crozon (19 septembre 1944). Le 2e Bataillon Stalingrad était commandé par Auguste Le Guillou (FTPF) et Marcel Siche (SOE parachuté par Londres).

Annick et son mari Vincent participèrent au 2e Bataillon Stalingrad, elle en tant qu'agent de liaison et lui comme intendant, un poste important car il fallait nourrir 650 hommes et quelques femmes. Agent de liaison était un poste particulièrement exposé car, lors de leurs déplacements (souvent à pied ou à vélo) dans tout le Finistère, ils ne manquaient pas de rencontrer des patrouilles allemandes. Chaque agent avait sa cachette pour les messages. Annick utilisait son abondante chevelure, alors que les Allemands inspectaient le vélo ou les ourlets du manteau. Au cours des mois d'août et septembre vécus à Châteaulin, Annick se lia d'amitié avec Félicia Le Guillou, médecin du 2e Bataillon Stalingrad.

Après la guerre, Annick travailla dans plusieurs commerces à Quimper, dont le célèbre hôtel Pascal, à la gare. Les propriétaires de cette table renommée assurèrent le repas du Général de Gaulle de passage en 1969. Ce fut Annick qui fit le service à la préfecture, ce qui lui valut les félicitations du Président de la République pour son action dans la Résistance.
 

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14 février 2018 3 14 /02 /février /2018 14:44
Contre la réforme du lycée et de l'université, prends la rue! - le PCF et la FIDL étaient présents ce mercredi 14 février au lycée Tristan Corbière pour distribuer un tract unitaire de décryptage des réformes de tri social de Macron (photos Jean-Luc Le Calvez)
Contre la réforme du lycée et de l'université, prends la rue! - le PCF et la FIDL étaient présents ce mercredi 14 février au lycée Tristan Corbière pour distribuer un tract unitaire de décryptage des réformes de tri social de Macron (photos Jean-Luc Le Calvez)
Contre la réforme du lycée et de l'université, prends la rue! - le PCF et la FIDL étaient présents ce mercredi 14 février au lycée Tristan Corbière pour distribuer un tract unitaire de décryptage des réformes de tri social de Macron (photos Jean-Luc Le Calvez)
Contre la réforme du lycée et de l'université, prends la rue! - le PCF et la FIDL étaient présents ce mercredi 14 février au lycée Tristan Corbière pour distribuer un tract unitaire de décryptage des réformes de tri social de Macron (photos Jean-Luc Le Calvez)
Contre la réforme du lycée et de l'université, prends la rue! - le PCF et la FIDL étaient présents ce mercredi 14 février au lycée Tristan Corbière pour distribuer un tract unitaire de décryptage des réformes de tri social de Macron (photos Jean-Luc Le Calvez)
Contre la réforme du lycée et de l'université, prends la rue! - le PCF et la FIDL étaient présents ce mercredi 14 février au lycée Tristan Corbière pour distribuer un tract unitaire de décryptage des réformes de tri social de Macron (photos Jean-Luc Le Calvez)

Réforme de l'Université et du Lycée :

 

oui au droit à l'éducation et à la réussite pour tous, non à la sélection sociale !

 

1,6 million : c'est le nombre d'étudiants inscrits à l'université à la rentrée 2016-2017 : soit +1,9 % par rapport à l'année précédente

 

11 %: la part d'enfants d'ouvriers à l'université. 2,7 %: leur part dans les classes préparatoires et grandes écoles

 

30 % la part d'enfants de cadres supérieurs à l'université. 50 %: leur part dans les classes préparatoires et grandes écoles.


 

 

La nouvelle plateforme d'orientation des bacheliers, ouverte le 15 janvier, et la réforme, après le rapport de la mission Mathiot, engagent des changements minutieusement calculés. Au menu : sélections et inégalités accrues. Un autre modèle ségrégatif d'enseignement se profile.

 

Exit donc l'admission postbac (le trop fameux APB), l'algorithme qui laissait, en juillet dernier, 87 000 bacheliers dans le brouillard. Et qui faisait pleurer dans les chaumières des élèves se retrouvant sans affectation. La faute à pas de chance lors de la grande loterie, carrément injuste certes, mais pourtant marginale. Pas possible de faire pire ? Pas si sûr…

 

Les lycéens auront jusqu'au 13 mars pour formuler 10 voeux non hiérarchisés. Des choix accompagnés d'une « fiche avenir » remplie par l'établissement.

 

Bulletins de notes, avis du conseil sur les choix d'orientation, lettre de motivation devront satisfaire les « attendus » que les universités publieront sur Parcoursup (un document de 48 pages que les lycéens vont éplucher avant de formuler leurs vœux). Côté fac, on se doit d'étudier chaque dossier (lire entretien page 25) et de répondre « oui », « non », « en attente » ou « oui si » sous réserve d'une remise à niveau.  

Car les « filières sous tension » (les plus demandées) peuvent poser leurs conditions. En psychologie, comme dans beaucoup de licences, il faut bien voire parfaitement ­ maîtriser l'anglais. Manque de chance, tout le monde ne peut pas se payer des séjours linguistiques ou des cours privés. Il faut aussi être bon dans les disciplines scientifiques, en français ou en histoire...

 

Pour Frédérique Rolet, secrétaire générale du syndicat Snes-FSU, l'affaire coule de source : il s'agit de dissuader trop d'élèves de vouloir devenir étudiants, « de barrer la route aux élèves qui seront jugés les plus fragiles », plutôt que de donner les places et les moyens nécessaires à l'accueil des 40 000 futurs étudiants supplémentaires encore attendus la rentrée prochaine. Tout est dit.

 

La réforme en gestation du lycée ne fera que renforcer la sombre histoire. Un de ses objectifs essentiels est la suppression de milliers de postes d'enseignants. Déjà, cette année, 2600 postes ont été supprimés à l'éducation nationale alors que les effectifs sont stables dans l'enseignement secondaire public.

En prévision, la fin des séries S, ES et L. L'instauration d'un lycée modulaire dès le deuxième semestre de la seconde avec un système de matières majeures et mineures qui démultiplie des parcours ­ sorte de lycée à la carte.

Le nouveau bac prévoit une épreuve en français en première et quatre épreuves finales en terminale : deux épreuves écrites dans les disciplines majeures inscrites dans des parcours, deux épreuves universelles, une épreuve écrite de philosophie et un grand oral sur la base d'un mini-mémoire interdisciplinaire.

Avec ce nouveau bac, on risque d'ouvrir une foire d'empoigne et une guerre des disciplines, de nombreux postes de professeurs de sciences sont menacés notamment.

Les élèves dont le milieu socioculturel le permettra sauront choisir les parcours les plus valorisants et la hiérarchie des parcours sera d'autant plus forte. »

La loi sur la sélection à l’université participe de la même logique que celle de la réforme du baccalauréat, individualisant les parcours et triant les jeunes dès leur plus  jeune âge. Elle s’insère dans le projet global que mène Macron d’adaptation aux besoins du capital financier.

Les parlementaires communistes ont déposé un recours contre ParcoursSup au conseil d'etat.

En effet, selon le sénateur communiste Pierre Ouzoulias, les réformes de l'accès aux universités et du bac vont conduire à une « sélection sociale » accrue :

« Ce qui va peser demain dans le dossier des candidats, c’est le lieu où vous habitez, le lycée où vous avez fait votre parcours, vos activités sportives et artistiques et les réseaux de papa et maman » met en garde Pierre Ouzoulias.

Avec ce projet, quelques universités mieux loties attireront les « meilleurs » éléments, tandis que les autres seront condamnées à accompagner les plus défavorisés... à moyens constants voire en baisse alors que le nombre d’étudiants ne cesse de grandir. Avec comme conséquences inéluctables,  la dégradation du service public national d’enseignement supérieur et de recherche.

Une raison qui a poussé le groupe communiste du Sénat à déposer un recours contre l’arrêté gouvernemental devant le Conseil d’État.

« L’objectif du bac est de rendre toutes et tous égaux et égales devant le diplôme. Un diplôme anonyme passé de façon nationale et qui donne les mêmes chances à chacun et chacune », renchérit-il. Et d’ajouter : « Avec la réforme telle qu’elle est le bac n’existe plus. Le bac sera simplement un petit examen de confirmation. »

 

L’argent existe et les moyens pour une telle politique existent et doivent être mobilisés.
 
Aujourd'hui, c'est 2 milliards par an qu'il faudrait pour l'enseignement supérieur pour rattraper le retard pris et Macron ne budgétise qu'un milliard pour tout le quinquennat, à rapporter avec les cadeaux aux grosses entreprises, aux très riches, la suppression de l'ISF ! 

 

• 110 000 étudiants nouveaux dans les 5 dernières années et le budget par étudiant a baissé de 10%.

• Il faudrait au minimum un milliard d’euros pour l’augmentation du nombre d’étudiants chaque année.

• Cadeaux faits aux ultra-riches : 3 milliards € de baisse de leur Impôt sur la fortune.

• Crédit Impôt Recherche : 5 milliards €.

• CICE, impôt sur les sociétés… des cadeaux aux entreprises par milliards sans effet sur l’emploi et l’économie

• évasion fiscale : 80 milliards €..

Contre la réforme du lycée et de l'université, prends la rue! - le PCF et la FIDL étaient présents ce mercredi 14 février au lycée Tristan Corbière pour distribuer un tract unitaire de décryptage des réformes de tri social de Macron (photos Jean-Luc Le Calvez)
Contre la réforme du lycée et de l'université, prends la rue! - le PCF et la FIDL étaient présents ce mercredi 14 février au lycée Tristan Corbière pour distribuer un tract unitaire de décryptage des réformes de tri social de Macron (photos Jean-Luc Le Calvez)
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14 février 2018 3 14 /02 /février /2018 14:39
Pierre Laurent au congrès du HDP ce week-end en Turquie: les militants de la démocratie et de l'émancipation des kurdes en Turquie, ceux qui résistent au rouleau compresseur fasciste d'Erdogan, savent qu'ils peuvent compter sur le PCF et Pierre Laurent, qui est venu soutenir à plusieurs reprises Demirtas

Pierre Laurent au congrès du HDP ce week-end en Turquie: les militants de la démocratie et de l'émancipation des kurdes en Turquie, ceux qui résistent au rouleau compresseur fasciste d'Erdogan, savent qu'ils peuvent compter sur le PCF et Pierre Laurent, qui est venu soutenir à plusieurs reprises Demirtas

Salut chaleureux aux 32 000 participants du congrès du Halkların Demokratik Partisi – HDP au côté de Sylvie Jan et Pascal Torre : "Notre solidarité vous est acquise Stop Erdogan"

Le PCF au Congrès du HDP

Pascal Torre - l'Humanité, mercredi 14 février

Le congrès du Parti démocratique des peuples (HDP) s'est tenu le 11 février 2018 à Ankara dans un climat d'extrême tension pour les forces démocratiques. Deux jours avant, 17 personnalités du HDP, dont la co-présidente Serpil Kemalbay, avaient été arrêtées tandis que ses prédécesseurs, Selahattin Demirtas et Figen Yüsekdag, croupissent depuis des mois dans les geôles risquant plusieurs centaines d'années de prison. Ce congrès leur a rendu un vibrant hommage dans une démonstration de mobilisation et d'unité réunissant 32 000 participants.

Les congressistes ont dénoncé l'instauration d'un régime islamo-fasciste résultant d'une synthèse entre l'AKP et l'extrême-droite. Les institutions ont été vidées de leur sens et tous les mécanismes de contrôle supprimés. La répression s'est amplifiée après la tentative avortée de coup d'Etat et le référendum, établissant un régime présidentiel, conduisant au limogeage de leur emploi de 150 000 personnes, et à l'incarcération de 55 000 journalistes, intellectuels, militants kurdes et opposants divers, tous qualifiés de "traîtres" ou de "terroristes". La polarisation qu'Erdogan a imposée provoque une fragmentation, une désintégration et une radicalisation de la société où toute expression du dissensus politique est interdite et dont l'objectif vise à marginaliser toute forme d'opposition démocratique. 

Depuis trois semaines, la Turquie a lancé une offensive contre le canton d'Afrin, dans le nord de la Syrie, avec l'objectif illusoire d'éliminer militairement et politiquement les forces progressistes du FDS qui ont été le fer de lance de la lutte contre Daech. Ankara profite des contradictions des alliés pour empêcher l'unification du Rojava et réinstaller dans la région ses supplétifs islamistes du groupe Tahrir al-Cham (Al Qaïda). La violence de cette agression, exacerbée par une rhétorique nationaliste, destinée à un électorat fanatisé, a des conséquences humaines et politiques dramatiques. 

On dénombre près de 200 victimes et des centaines de blessés. Cette aventure criminelle ouvre par ailleurs un nouveau chapitre de la guerre, dans une Syrie déjà meurtrie, lourd de danger pour le Moyen-Orient et le monde dont témoigne l'escalade de cette fin de semaine. L'horreur a atteint son paroxysme lorsque les djihadistes ont atrocement mutilé la combattante kurde Barine Kobanê exhibant son corps dans un jeu morbide. Ces criminels font parade devant leur forfait et le filment pour en faire une infâme publicité. L'offensive turque est une métastase du cancer de Daesh et de la logique de puissance à l'oeuvre.

La France, l'Union européenne, les Etats-Unis, les membres de la coalition et les Nations Unies portent une lourde responsabilité dans cette situation. Leur silence et leur connivence crucifient nos alliés kurdes, comme l'a rappelé à la tribune du congrès Pierre Laurent, qui conduisait une délégation du PCF, aussi composée de Sylvie Jan et Pascal Torre. Pour lui, la France et l'UE doivent faire preuve de courage pour dénoncer les limogeages, les emprisonnements de démocrates et des militants du HDP, les révocations et les incarcérations des parlementaires et des maires du Parti Démocratique des peuples (HDP). La France et l'UE doivent user de leur influence pour exiger l'arrêt des opérations militaires à Afrin (ou Efrin) et le retrait immédiat de l'armée turque. Des mesures de contrainte doivent désormais s'exercer contre ce régime que l'on doit considérer, sans ambiguïté, comme une dictature. 

Chaleureusement accueilli par Pervin Budan et Sezai Temelli, les nouveaux coprésidents, Pierre Laurent a tenu à rappeler que le HDP est un exemple de courage et de détermination. Il a exprimé, dans ces circonstances difficiles, le soutien total des communistes au HDP et au peuple kurde qui constituent la force motrice d'une paix durable dans la région. 

Pascal Torre, secteur international du PCF      

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14 février 2018 3 14 /02 /février /2018 13:53
Plan hôpital: le pire est à craindre (PCF, 14 février)
Plan hôpital: le pire est à craindre (PCF, 14 février)

Plan Hôpital : le pire est à craindre (PCF)

Devant la colère qui monte dans les Hôpitaux et les EHPAD, le ras-le-bol grandissant que nos parlementaires recueillent dans leur « Tour de France » démarré ce 12 février, Edouard Philippe a dû annoncer le lancement prochain d'une nouvelle réforme "globale, cohérente, méthodique" de l'ensemble du système de santé.
On verra ce que l’on verra. Mais, cette fois-ci, ce sera, paraît-il, la bonne, « le temps des rafistolages est révolu. Il faut mettre de l’ordre » pour l’équipe Macron.
Quand on connaît le goût de ce gouvernement pour l’austérité, la pensée de Mme Buzyn sur les 30% de soins hospitaliers qui ne seraient pas pertinents, les 4 milliards d’euros en moins en 2018 sur le budget de la santé, dont au moins 1,6 pour l’Hôpital … le pire est à craindre quand on nous parle d’un vaste plan de « transformation de l'offre de soins et qu’il ne s’agit pas de dépenser plus mais mieux ». Un plan qui risque d’être aussi funeste que celui de la réforme de l'action publique, « CAP 2022 » annoncée en septembre dernier.

L’enveloppe annoncée de « 100 millions d'euros par an en plus de l'ONDAM, l'objectif national des dépenses de l’assurance maladie » va grossir les entreprises du numérique. C’est une insulte aux personnels de santé maltraités par un manque criant de personnels et de moyens. La réforme du financement à l’activité (T2A) est un leurre, l’arbre cachant la forêt : une offre de soins publique peau de chagrin ! Plus grave encore, le tout ambulatoire est réaffirmé alors que chacun voit bien s’étendre, en zone rurale comme urbaine, la désertification médicale. La seule remise en cause du Numérus clausus ne saurait suffire à répondre aux maux créés, car il faut plus de dix ans pour former un généraliste et quinze pour un spécialiste. Et que dire de l’état de nos universités sélectives et sans moyens suffisants pour accueillir plus d’étudiants médicaux ou paramédicaux.

Lors de leur États généraux du progrès social, le 3 février dernier, les communistes ont invité largement à faire état des 1700 luttes, selon la CGT, qui poussent le Premier ministre à sortir du bois. Ils ont décidé de tout faire pour aider à cette convergence des luttes, mais aussi à donner les bonnes réponses à la crise que rencontrent personnels et malades. Il y a urgence à changer de logiciel, à reprendre l’argent qui depuis des décennies passe de la Sécu dans les poches du Patronat, à la financiarisation de la santé et de la protection sociale.
Il est possible et urgent de restaurer des budgets de fonctionnement des hôpitaux publics, d’effacer la dette inique, de mettre en place un vaste plan d’embauche d’emplois stables et formés, d’engager de véritables négociations avec les formations syndicales sur l’organisation et les conditions de travail .

Parti communiste français

Paris, le 14 février 2018

Plan hôpital: le pire est à craindre (PCF, 14 février)
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14 février 2018 3 14 /02 /février /2018 13:04
Hubert Wulfranc - Sébastien Jumel - Elsa Faucillon

Hubert Wulfranc - Sébastien Jumel - Elsa Faucillon

Lors de la séance des questions au gouvernement le 13 mars dernier, Hubert Wulfranc, député communiste de Seine-Maritime, interpelle la ministre de la santé concernant la situation de l’hôpital public

Il réclame deux mesures d’urgence pour l’hôpital :

 suspendre les plans de réorganisation des hôpitaux, qui portent atteinte aux ressources humaines

 suspendre les regroupements hospitaliers, qui compromettent l’accès aux soins de proximité

Il propose également de flécher des recettes fiscales supplémentaires – le Gouvernement a fait état de telles recettes – en direction des hôpitaux publics.

Le député demande à Agnès Buzyn, si elle est prête à examiner ces mesures d’urgence ?

"Un dialogue n’est constructif et efficace que si le sol ne continue pas de se dérober sous les pieds des interlocuteurs, à savoir vous-même mais aussi et surtout le personnel soignant et les usagers" conclut H. Wulfranc.

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14 février 2018 3 14 /02 /février /2018 08:09
Mobilisation plan étudiants le jeudi 15 février: c'est des moyens dont nos facs ont besoin! (UEC, Mouvement de la Jeunesse Communiste de France): tous concernés, tous mobilisés!

[MOBILISATION PLAN ÉTUDIANTS]

Ça fait 20 ans qu'on aurait pu prévoir l'arrivée d'étudiant.e.s supplémentaires dans les facs. Aujourd'hui, entre supprimer l'ISF et donner de réels moyens aux facs pour réussir, Macron a fait son choix. A toi de faire le tiens !

➡️ Jeudi 15 février, participe aux manifestations prévues dans toute la France contre la sélection !
➡️ Avec les étudiant.e.s communistes, exige 10 milliards de plus dans les facs sur le quinquennat et l'instauration d'un salaire étudiant, pour la réussite de toutes et tous !

#UEC #MJCF #Réussir
#PlanEtudiants #NonALaSelection

Loi sur l'université : Pressé par le calendrier le gouvernement cède à la droite sénatoriale et accepte : 1. que les capacités d'accueil en licence soient déterminées en fonction du taux de réussite (une ânerie monumentale) et du taux d'insertion professionnelle (impossible à définir et à mesurer de façon fiable) ; 2. que le recteur ne puisse pas passer outre aux capacités d'accueil déterminées par les établissements qui pourront ainsi les fixer au plus bas possible sans risque. Bref deux mesures malthusiennes et attentatoires aux droits des bacheliers qui ferment le robinet au moment même où le nombre d'étudiants croît régulièrement. Ca promet bien des lendemains qui déchantent à bien des lycéens !

Parcours sup, députés et sénateurs s'entendent sur un texte commun (Public Sénat, 13 février): 

Ça urge. Adopté fin décembre par l’Assemblée et la semaine dernière par le Sénat, le projet de loi relatif à l’« orientation et à la réussite des étudiants » a fait l’objet d’un accord en commission mixte paritaire (CMP), ce mardi à la Haute assemblée, d'après nos informations. Les sept députés et sept sénateurs ont trouvé un terrain d’entente sur un texte commun. La réforme, présentée fin octobre par le premier ministre, introduit le nouveau système Parcoursup, qui remplace la plateforme APB, largement décriée, pour l’accès à l’université.

Le projet de l’exécutif permet à chaque université de traiter les demandes d’inscription de manière personnalisée et de vérifier sur les candidats répondent aux « attendus » de la filière, c'est-à-dire les compétences exigées. A défaut, les universités pourront les orienter vers une remise à niveau voire les refuser, si les capacités d’accueil sont atteintes. Une forme de sélection qui ne dit pas son nom.

« Compromis » sur la prise en compte de l’insertion professionnelle

Contacté par publicsenat.fr avant le début de la CMP, le sénateur LR Jacques Grosperrin, rapporteur du texte au Sénat, était déjà très confiant sur la bonne issue qui se profilait. Dans la version sénatoriale du texte, les sénateurs ont adopté un amendement du rapporteur qui définit les capacités d'accueil en licence en fonction du taux de réussite et de l'insertion professionnelle. Députés et sénateurs ont trouvé un « compromis » sur ce point. « Il y a la prise en compte de l’insertion professionnelle, des souhaits des étudiants et du projet des établissements dans la détermination des capacités d’accueil » explique Jacques Grosperrin. Les sénateurs laissent en revanche tomber leur amendement autorisant les universités à augmenter les droits d’inscription pour les étudiants étrangers.

Autre point : si les étudiants n’ont pas satisfaction dans leur choix, le texte du gouvernement prévoit que le recteur ait le dernier mot, alors que les sénateurs veulent le laisser au chef d’établissement. « Sur la question du véto du chef d’établissement, on le supprime au profit d’une obligation pour le recteur de respecter la capacité d’accueil, donc à ne pas mettre sous tension les établissements » explique le rapporteur. Les établissements auront la possibilité de proposer aux candidats des formations alternatives plus adaptées.

« La réussite de cette CMP est due à la collaboration et à l’écoute entre le rapporteur de l’Assemblée (le député LRM Gabriel Attal, ndlr) et moi-même. Il y a eu un gros travail ensemble. Je l’en remercie » salue Jacques Grosperrin. La majorité a donc fait en sorte de mettre de l’huile entre les deux assemblées sur ce texte.

« Contraire à la loi »

Cette bonne volonté de l’exécutif vis-à-vis de la majorité sénatoriale LR et UDI s’explique. Afin d’appliquer sa réforme dès la rentrée prochaine, l’exécutif a pris le risque de contorsionner le droit. Pour permettre aux futurs étudiants de commencer à faire leurs vœux pour la rentrée, le gouvernement a déjà pris le décret nécessaire à la mise en place de Parcoursup, avant même que la loi soit adoptée…

Les sénateurs du groupe communiste ont décidé fin janvier de déposer un recours devant le Conseil d’Etat, qui pourrait tout arrêter. Or le Conseil pourrait rendre sa décision la semaine prochaine. D’où l’urgence pour adopter définitivement le texte, histoire d’éviter tout risque juridique.

« Le gouvernement a fait passer son arrêté sur Parcoursup alors que le processus législatif n’est pas achevé. C’est complètement contraire à la loi. On ne peut pas inverser comme ça la hiérarchie des normes. Il y a d’abord la loi, puis le décret. Pas l’inverse » pointe le sénateur PCF Pierre Ouzoulias. Le sénateur des Hauts-de-Seine ajoute :

« Agir en concertation avec le gouvernement, sans mettre tous les étudiants dans la rue »

Le rapporteur du texte au Sénat reconnaît au gouvernement la volonté d’avancer. Mais plus que la décision à venir du Conseil d’Etat, « ce qui nous a mis en position de force, c’est surtout que nos amendements étaient justifiés » estime Jacques Grosperrin. Mais il reconnaît qu’il fallait « pouvoir agir en concertation avec le gouvernement, sans mettre tous les étudiants dans la rue ». Raison pour ne pas tarder, surtout avec un début de mobilisation qui n’a pas vraiment pris. Il ne faut pas laisser le temps qu’elle puisse s’installer.

Autre raison qui explique qu’il « faille aller vite : s’il n’y avait pas d’accord en CMP, ça repoussait d’un mois la loi et ça poserait problème dans le traitement des données » pour les futurs étudiants. Conclusion du rapporteur : « Il faut que la loi soit votée ».

Probable recours de la gauche devant le Conseil constitutionnel

Autre preuve de la célérité qui s’exerce sur ce texte, les lectures des conclusions de la CMP sont prévues dès jeudi au Sénat, si la CMP aboutit. Mais les opposants au texte n’entendent pas lâcher. Selon Pierre Ouzoulias, « il y aura sans doute un recours des trois groupes de gauche de l’Assemblée nationale devant le Conseil constitutionnel ».

 

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