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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 06:01
Le Télégramme, 25 mars 2017

Le Télégramme, 25 mars 2017

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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 05:59
Hôpital de Morlaix: trois jours de mobilisation pour alerter médecins et élus (Le Télégramme, samedi 25 mars 2017)
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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 21:08
Marche de soutien à Perharidy le samedi 25 mars: communiqué du comité de défense du centre hospitalier du pays de Morlaix

Comité de défense de l'hôpital public en Pays de Morlaix

Communiqué

Le Comité de défense de l'hôpital public en Pays de Morlaix soutient pleinement l'initiative des personnels du centre de Perharidy de Roscoff, qui dénoncent les conséquences de la réforme du financement des activités des soins de suite et de réadaptation qui font craindre la disparition du centre de Perharidy, malgré des spécificités largement reconnues.

Aussi le comité de défense de l’hôpital public en Pays de Morlaix appelle les usagers et la population à participer massivement à la marche de soutien dont le départ aura lieu samedi à 10 h 30 à la gare SNCF de Roscoff.

Le 23 mars 2017

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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 21:00

Ildys. La marche citoyenne s'organise

 

 Publié le 21 mars 2017 

 


 

L'intersyndicale a appelé la population à se mobiliser pour la marche apolitique de soutien, samedi, à 10 h 30. 

 

« Les conséquences de la réforme du financement des activités de Soins de suite et de réadaptation (SSR) font craindre fortement la disparition du centre de Perharidy (600 salariés) », communiquait, le 28 février, la fondation Ildys. Cette fondation, établissement du secteur privé à but non lucratif, est le premier opérateur de Bretagne en SSR, cette place étant encore plus prégnante en SSR pédiatriques. Les simulations provisoires de la réforme reçues le 20 décembre 2016 par la fondation font apparaître que les sites de Roscoff (centre de Perharidy et maison Saint-Luc) pouvaient perdre jusqu'à 33 % de leur dotation budgétaire, soit 7,5 millions d'euros sur cinq ans, induisant 1,5 million d'économies nouvelles à trouver chaque année pendant cinq ans. De nouvelles simulations transmises le 21 février n'amélioraient pas en profondeur la situation, la réforme étant maintenue pour une mise en oeuvre partielle le 1e r mars 2017. 

 

Mobilisation et avancées insuffisantes 

 

Cette réforme a mobilisé aussitôt contre son application l'ensemble des acteurs, le conseil d'administration de la fondation, l'intersyndicale, les élus et les professionnels de santé. Il s'en est suivi des rencontres multiples pour expliquer les spécificités du centre de Perharidy, ainsi que diverses interventions. Une rencontre initiée vendredi sur le site entre l'ensemble des acteurs annonçait qu'après une première information indiquant une baisse de dotation de 1,5 million pour 2017 s'en est suivie une seconde en date du 15 mars faisant part d'une perte de 37.200 € pour le même exercice. La réforme y est décrite comme « le modèle ni abouti, ni mature, ne captant pas les richesses des spécificités du centre en soins de suite et de réadaptation ». Le conseil d'administration demandait la reconnaissance de l'hyperspécialisation et de la multispécialité, ainsi que des financements pérennes des activités. 

 

Appel à une participation massive samedi 

 

L'étape suivante est une invitation à la population à se mobiliser par une participation à une marche apolitique de soutien, samedi, à 10 h 30, au départ du parking de la gare SNCF. Cette marche, fait unique, fera le tour de la ville de Roscoff et des prises de paroles se feront quai d'Auxerre. Au vu du nombre des signatures figurant sur les pétitions de soutien (plus de 18.000), l'intersyndicale prédit une participation massive. 

 

© Le Télégramme 

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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 20:52

Elections présidentielles

Déclaration de la CGT
vendredi 24 mars 2017

La CGT vote pour le progrès social

A l’approche des élections présidentielles, la CGT souhaite continuer de porter des exigences économiques, sociales et environnementales durant cette campagne. C’est plus que jamais l’enjeu de la période et l’exigence des salariés, des retraités, des privés d’emploi et de la jeunesse. Cette campagne électorale s’éloigne trop régulièrement de ces attentes et des vrais problèmes, minée par des affaires ou des débats bien loin du quotidien et de la réalité du monde du travail.

Nous nous félicitons que les luttes de centaines de milliers de salariés, permettent qu’aujourd’hui, les questions du travail, de la précarité, de la protection sociale, de l’égalité femmes-hommes, des salaires, de l’industrie, des services publics, et de paix trouvent une place dans le débat public. Elles doivent s’imposer dans cette campagne politique.

Depuis plusieurs mois, la CGT porte des propositions alternatives économiques et sociales en adéquation avec les exigences, les possibilités de notre époque et les aspirations des travailleurs, retraités, privés d’emplois. 
Elle porte au cœur de sa démarche, la question du travail. Derrière ce mot, nous parlons de son organisation, du paiement des qualifications et de l’expérience, de la formation initiale et continue, des souffrances qu’il peut générer sur la santé.

Il est insupportable que certains perdent leur vie au travail, pendant que d’autres la perdent parce qu’ils n’en n’ont pas.

C’est pourquoi, nous revendiquons notamment une augmentation des salaires et des pensions avec, comme référence, le SMIC à 1800 euros, une réduction du temps de travail avec, comme référence, une durée de 32 heures hebdomadaire, un nouveau statut du travail et une sécurité sociale professionnelle, une protection sociale de haut niveau, des moyens supplémentaires pour les services publics, comme par exemple la santé, la culture et l’éducation, et la construction d’une véritable Europe sociale.

Nous nous félicitons que, pour une part, ces propositions soient reprises par certains candidats.

Dans un pays où les 40 plus grandes entreprises viennent de dégager 75 milliards d’euros de bénéfices et de verser à leurs actionnaires près de 500 milliards en 10 ans, les moyens existent.

Nous alertons le monde du travail contre ceux, à l’extrême droite, dont le FN est l’un des porte-drapeaux, qui prônent la division des travailleurs du fait de leur origine, leur statut ou leur situation sociale. Diviser pour mieux régner, c’est un vieux dicton toujours d’actualité aux yeux de certains. C’est aussi une façon de ménager et de servir les véritables responsables de la crise qui continuent de s’enrichir de façon insolente. Alors qu’au contraire les salariés ont besoin d’être unis.

Ceux qui veulent faire porter au syndicalisme la responsabilité des problèmes de notre pays, jouent à un jeu dangereux. Restreindre le rôle et la place du syndicalisme en imposant de nouvelles règles de démocratie sociale, en favorisant la création de pseudo syndicats ou d’associations pour accompagner les décisions patronales ou gouvernementales, ce n’est pas un signe de modernité et cela dessert l’intérêt des salariés.

Il faut d’abord renforcer le rôle et la place des syndicats en faisant respecter une liberté essentielle, le droit de se syndiquer, de militer et de revendiquer sans peur des représailles.

La liberté syndicale fait partie des droits fondamentaux.

Voter est un droit dont beaucoup de citoyens dans le monde, sont privés. C’est la marque de la démocratie, les travailleurs doivent s’en saisir. Les exigences et les choix du peuple doivent être respectés avant, pendant et après les élections. Les salariés doivent être entendus lorsqu’ils se mobilisent, lorsqu’ils revendiquent et qu’ils proposent des alternatives.

Nous refusons d’avoir le choix entre le pire et le moins pire. Nous voulons le meilleur.

Montreuil, le 24 mars 2017

Elections présidentielles: déclaration de la CGT, 24 mars 2017
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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 20:37
Mélenchon-Hamon. L'appel d'acteurs bretons pour une candidature unique (Jean-Luc Le Padellec, Le Télégramme - 23 mars 2017)

Vous trouverez l'appel intégral en PJ ou sur le lien de la pétition qui vient d'être créée:

 

https://www.change.org/p/pour-gagner-une-candidature-unique-de-la-gauche 

 

Mélenchon-Hamon. L'appel d'acteurs bretons pour une candidature unique

Publié le 23 mars 2017

 

 Photos EPA / Collage réalisé avec PicMonkey

"Pour gagner, une candidature unique de la Gauche !" C'est l'intitulé du courrier que viennent d'adresser vingt acteurs bretons associatifs, syndicaux, de la jeunesse, de la culture, de l'économie sociale, aux deux candidats à la présidentielle Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon.

"Faîtes preuve de réalisme ! Faîtes preuve de courage ! Faîtes preuve de grandeur ! " A un mois du premier tour de la présidentielle, et alors que la perspective d'une victoire de Hamon ou Mélenchon paraît hautement compromise, des acteurs bretons de la vie civile exhortent les deux candidats qui se disputent l'électorat de gauche à s'entendre sur une candidature unique. 

Dans leur esprit, "il n’est ici nullement question de délégitimer l’une ou l’autre de vos candidatures. La question n’est plus là. Nous ne demandons ni retrait unilatéral, ni soutien de l’un à l’autre", écrivent-ils. 

Electro-choc 

A eux de s'entendre, donc, "afin de créer l’électro-choc et le sursaut pour le peuple de Gauche. Face aux périls que court à son tour la France, après les USA et nombre de pays européens, il ne peut être question de se fixer comme objectif d’avoir eu raison le premier. Il ne peut être question de se fixer comme but, fût-ce au nom de l’Histoire, la disparition de l’autre ou la pole position pour une improbable reconstruction dans l’après 2017." 

Les deux candidats sont placés en face de leurs responsabilités, pour conduire à la victoire de la Gauche de transformation sociale et écologique. 

L'un président, l'autre 1er ministre 

Pour y parvenir, ils invitent les deux duettistes à former un ticket, en se partageant les rôles : "l'un président, l'autre premier ministre, ou l'un Président et l'autre, futur Initiateur de la Constituante de la VIe République". 

 

A défaut, ils préviennent : "vous avez, hélas, également entre les mains les données pour que chacun de vos noms soit associé à la pire défaite des progressistes et des républicains depuis les années 30 en Europe, pour que chacun de vos noms, malgré les grandes qualités et les valeurs fondamentales que vous représentez, soit synonyme, dans les manuels d’Histoire, d’inconséquence et d’irresponsabilité face à cette Histoire (...). Sachez que pour les acteurs investis au quotidien dans la culture, dans les associations, dans les syndicats, dans l’économie sociale ou dans les organisations de jeunesse, ce serait impardonnable". 

Les 20 signataires sont : Thierry Abaléa, militant associatif, Véronique Blanchet, militante de l’éducation, Flavie Boukhenoufa, responsable associative jeunesse éducation populaire, Louisa Bouraya, responsable associative en quartier populaire, François Caharel, militant associatif en milieu rural, Michel Carré, acteur de la transition écologique et sociétale, Olivier Cuzon, élu syndical, Yannick Hervé, responsable associatif, Anne-Claire Le Vaillant, militante féministe et des nouvelles ruralités, David Levaufre, acteur de l’innovation et de l’insertion, Tangi Louarn, militant des droits culturels et linguistiques, Céline Mandon, militante associative, Annick Monot, engagée dans l’accompagnement des personnes, Monique Prévost, militante féministe, Fransez Poisson, responsable associatif jeunesse, Patrick Quelaudren, militant éducation populaire,Colette Rodet, actrice de l’économie sociale et solidaire, Rodolphe Rohart, acteur culturel, Aline Tassin, responsable associative droits humains, Josyane Wirkel, responsable associative, élue syndicale. 


© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/presidentielle-2017/melenchon-hamon-l-appel-d-acteurs-bretons-pour-une-candidature-unique-23-03-2017-11446579.php#SpHLhSDAkyrbVkaQ.99

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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 20:26
Le Luxembourg est le paradis fiscal préféré de proches de Macron
 PAR MATHIEU MAGNAUDEIX ET ANTTON ROUGET

Le programme d’Emmanuel Macron est assez taiseux en matière de lutte contre les paradis fiscaux. Est-ce parce qu’il connaît trop bien la « grammaire des affaires » ? Plusieurs de ses proches – membres de la campagne, conseillers ou soutiens – ont eu, en qualité de dirigeant d’entreprise ou pour leur propre compte, des activités transitant par le Luxembourg, paradis fiscal au cœur de l’Europe.

 

Emmanuel Macron a bâti toute sa candidature à la présidentielle sur un principe : ne pas faire de promesses qu'il sait ne pas pouvoir tenir. L'ancien secrétaire général adjoint de l'Élysée, chargé du programme économique de François Hollande en 2012, sait trop combien la promesse du Bourget, non tenue, de domestiquer la « finance » a plombé le quinquennat qui s'achève. Sur ce sujet précis, le programme libéral de l'ancien banquier d'affaires, présenté le 2 mars, alterne entre laisser-faire et modestes intentions régulatrices.

La question de la lutte contre les paradis fiscaux, par exemple, n'occupe que quelques petites lignes dans son programme. L'ancien ministre de l'économie promet d'« alourdir les sanctions » contre la fraude fiscale. Il souhaite faire de la lutte contre l’« optimisation fiscale » des « grands groupes de l’Internet » comme Amazon ou Google, une « priorité » de sa politique européenne.

En réponse à une question posée par Mediapart lors de la conférence de presse organisée pour la présentation de son projet, le fondateur d’En Marche ! a ajouté qu'il n'accepterait « aucun accord commercial qui ne s’accompagne d’un accord d’harmonisation fiscale et de lutte » contre la finance offshore et a indiqué qu'il pousserait « tous les pays membres de l’Europe et a fortiori de la zone euro à éradiquer les traités bilatéraux avec des paradis fiscaux ». Des propositions déjà énoncées en décembre dans Révolution, son livre-programme.

Macron, qui se targue de connaître mieux que les autres la « grammaire des affaires », porte son « pragmatisme » en bandoulière. Il est d'ailleurs bien placé pour savoir que la vie des affaires s'accommode et profite chaque jour de l'existence de règles juridiques et fiscales différentes selon les États. Comme l'attestent plusieurs documents consultés par Mediapart, cinq de ses proches – membres de la campagne, conseillers ou soutiens – ont eu, en qualité de dirigeant d'entreprise ou pour leur propre compte, des activités transitant par le Luxembourg, qui reste malgré la levée du secret bancaire un paradis fiscal au cœur même de l'Union européenne.

Le banquier Christian Dargnat, chargé de la collecte des fonds de la campagne, mais aussi une déléguée nationale d'En Marche !, Françoise Holder, sont concernés. De même que le financier Bernard Mourad et le lobbyiste Mathieu Laine, amis et conseillers d'Emmanuel Macron. Ou le fondateur du site de rencontres Meetic, Marc Simoncini, soutien de la première heure d'Emmanuel Macron, prêt à l'aider « financièrement et médiatiquement » tout en dirigeant une holding dans le Grand-Duché.

Ces activités, si elles sont déclarées au fisc français (ce qui est le cas selon En Marche !), n’ont rien d’illégal. Depuis que le secret bancaire a été levé, le 1er janvier 2015, le Grand-Duché n’est d’ailleurs plus le grand coffre secret permettant l’évasion des riches fortunes. Il reste cependant un point de passage incontournable pour l’optimisation fiscale des entreprises et des entrepreneurs. En 2014, l’affaire LuxLeaks, fruit des révélations du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) sur les « tax rulings » (rescrits fiscaux) pour le compte de 343 multinationales, a démontré le dumping fiscal exercé par le Luxembourg au détriment de ses partenaires européens.

Chargé de la collecte des fonds – plus de 8 millions d'euros déjà recueillis auprès de donateurs anonymes –, mais aussi de la négociation du prêt de plusieurs millions d'euros qu'Emmanuel Macron est en train de contracter en vue du premier tour, Christian Dargnat est un personnage clé de la campagne. Président (bénévole) de l'association de financement d’En Marche !, il a administré pendant six ans un fonds d’investissement au Luxembourg dans le cadre de ses responsabilités à la BNP. Le 25 septembre 2015, Dargnat, alors directeur général de la branche « gestion d’actifs » de la BNP (« BNP Asset management »), a été renouvelé pour un an dans sa fonction d’administrateur de ce fonds d’investissement, « InstiCash », une des plus grosses sicav françaises. Il a démissionné de cette fonction en novembre 2015, avant de rejoindre son champion.

 

« Il ne s’agit pas d’optimisation fiscale mais de flexibilité juridique : le droit luxembourgeois est plus souple, argumente En Marche !. Christian Dargnat était administrateur au titre de ses fonctions, il ne touchait pas de jetons de présence et n’a pas investi un euro dans cette sicav. »

À l’instar de ses concurrents, la BNP ne s’est jamais cachée d’avoir pris la direction du Grand-Duché, par lequel transite de fait une grande partie de l’assurance vie européenne : le Luxembourg offre un réel savoir-faire et une souplesse juridique certaine en termes de conception de fonds d’investissement. Mais il a aussi le mérite de ne quasiment pas taxer les actifs financiers. Comme les révélations Lux Leaks l'ont démontré, le Luxembourg est, grâce aux « tax rulings », un paradis fiscal pour certaines entreprises qui obtiennent du gouvernement des réductions des taux d’imposition sur les revenus de prestations de service de leurs sociétés de gestion de fonds. Ce fut notamment le cas, d'après les documents publiés par l’ICIJ, de la BNP Paribas en 2009 et 2010. Époque pendant laquelle Christian Dargnat occupait déjà des responsabilités au sein de la banque.

Ami d'Emmanuel Macron, Bernard Mourad, ancien numéro deux du groupe Altice dirigé par Patrick Drahi, se retrouve dans une situation assez similaire. Cet ancien de la banque Morgan Stanley se présente comme« conseiller spécial auprès d'Emmanuel Macron » – même si curieusement, En Marche ! assure qu'il n'a pas de rôle officiel dans la campagne.

Bernard Mourad était chargé de l’opération de rachat de SFR par Drahi en 2014. Parmi la myriade de sociétés de télécommunications, câblo-opérateurs et médias du groupe, la holding luxembourgeoise Altice Media Group est chargée des investissements dans la presse. En décembre 2015, lors de l’entrée de la holding de Bruno Ledoux (coactionnaire du quotidien Libération) dans le capital d’Altice Media Group, Bernard Mourad a pris une part dans cette société.

« Il était cadre dirigeant et on lui a proposé de devenir actionnaire du groupe, or les holdings d’Altice sont au Luxembourg, comme c’est souvent le cas dans le cas de LBO[« achat par effet de levier », un type de montage financier très prisé par Patrick Drahi – ndlr], explique En Marche !. Tous ses dividendes ont été intégralement fiscalisés en France. » Bernard Mourad a-t-il cédé cette participation depuis ? Oui, répond l’équipe du candidat, même si les documents luxembourgeois consultés par Mediapart n'ont pas encore été actualisés.

Optimisation

D’autres membres de l’entourage d’Emmanuel Macron ont utilisé la légendaire souplesse juridique luxembourgeoise dans le cadre de la gestion de leurs affaires. C’est notamment le cas de Françoise Holder, déléguée nationale du parti En Marche !, ancienne responsable nationale du Medef et nommée coprésidente du « Conseil de la simplification » lorsque Emmanuel Macron était ministre de l’économie.

Cofondatrice du groupe de boulangeries Paul, elle a participé avec son mari, Francis Holder, au développement de H’Corp, une société anonyme de droit luxembourgeois. Cette holding est une des actionnaires du roi du macaron Ladurée, racheté par le groupe Holder en 1992, et dirigé par son fils David – qui n’est plus résident fiscal français. 

Pour augmenter le capital de H’Corp, Françoise Holder y a investi l’équivalent de 6,3 millions d’euros en 2010, au moyen d'un apport en nature consistant en l’usufruit de 57 444 actions de la SAS Holder qu’elle dirige en France. Des actions quasi instantanément rétrocédées à son fils. Quel est le but de la manœuvre ? Cette question reste sans réponse. « Françoise Holder n’a aucune part dans H’Corp qui appartient à un de ses enfants, s’est contenté d’expliquer En Marche !, malgré nos relances (lire en Boîte noire). Elle ou son ancien mari ne sont impliqués dans aucun schéma d’optimisation fiscale et ne détiennent aucun compte à l’étranger. »

Autre proche d’Emmanuel Macron – il affirme échanger« quotidiennement » avec lui –, Mathieu Laine a lui aussi pris la direction du Luxembourg. Cet économiste et essayiste très libéral, ancien conseiller d’Alain Madelin,prônait il y a quelques mois encore une alliance entre François Fillon et Emmanuel Macron. Propriétaire des cabinets de conseil Altermind et Altermind UK à Paris et Londres, il a fondé en 2013 la holding « Altermind Group » dans le Grand-Duché. Dotée d’un capital de 2,78 millions d’euros, cette dernière a vocation, dit-il, à« faciliter l’internationalisation » de ses activités « dans un environnement juridique et fiscal stable et incitatif  ».

Ce montage permet-il de drainer vers le Luxembourg une partie de ses revenus tirés de ses activités dans l’Hexagone ? « Altermind France paie évidemment tous les impôts liés à son activité en France », répond l’économiste. Résident fiscal au Royaume-Uni depuis 2013, il juge que « la structure de [ses] sociétés n’implique aucune optimisation fiscale particulière au regard de la fiscalité française ».

Il est aussi question de millions d’euros avec Marc Simoncini. Le patron du site de rencontres Meetic, tête de proue de la French Tech tant vantée par Emmanuel Macron, est un fervent supporter de l’ancien ministre, qu’il a promis de soutenir « au maximum», « financièrement et médiatiquement ».

Simoncini dirige dans le Grand-Duché la société « Oxley Properties » depuis 2010. En avril 2011, son mandat d’administrateur a été renouvelé pour six ans. Cette coquille, rapatriée des îles Vierges britanniques vers le Luxembourg, est en réalité la maison mère du célèbre opérateur français de poker en ligne Winamax, que Simoncini a racheté en 2010 avec Alexandre Roos et Christophe Schaming, deux des fondateurs de la messagerie Caramail chère aux internautes de la fin des années 1990. Joueur de poker réputé, le chanteur Patrick Bruel a lui aussi investi dans la holding, comme l’avait révélé L’Express en 2012. « En soi, cette localisation n’est pas illégale, mais ses bénéficiaires peuvent ainsi échapper à l’impôt français », écrivait alors l’hebdomadaire, estimant que « ce montage a déjà permis à Bruel et à ses associés de placer jusqu’à 1,14 million deuros au Luxembourg ».

 

Interrogé à l’époque par l’AFP, le président de Winamax, Alexandre Roos, avait assuré :« Nous payons tous nos impôts [sur le revenu et ISF] en France, où nous vivons. »Avec 400 000 joueurs et 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, la plate-forme de poker en ligne est aujourd’hui le leader incontesté du marché français. Soucieux de se diversifier, Winamax a également investi le marché des paris sportifs en juin 2014.« Winamax a été créée à l’époque où le poker en ligne n’était pas encore légal en France », explique En Marche ! pour justifier l’activité de la holding luxembourgeoise. Mais force est de constater qu’« Oxley Properties » existe toujours…

Pour toutes ces activités, l’équipe d’En Marche ! rappelle leur caractère légal et déclaré. Elle réfute le terme d’« optimisation fiscale », préférant parler du Luxembourg comme d’une place financière où règnent sécurité juridique et stabilité fiscale. L’argument paraît recevable pour les fonds type sicav – la situation de Christian Dargnat –, mais il l’est moins dans le cas de holdings personnelles : si le Grand-Duché n’est plus la boîte noire qu’il fut, il reste fiscalement avantageux d’y localiser des montages financiers. « Le maintien d’une certaine compétitivité, loyale, entre les États dans le domaine fiscal est indispensable », justifiait d’ailleurs Pierre Gramegna, le ministre des finances luxembourgeois, au moment des LuxLeaks. Cette tradition, Emmanuel Macron ne semble guère pressé de la bousculer.

 

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23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 19:41
Macron et Hollande

Macron et Hollande

Étroitement associé à la politique économique du président François Hollande, le candidat du mouvement En marche ! se présente pourtant comme un homme « hors système », loin des partis et des coteries. Cautionnée par la presse, la métamorphose de M. Emmanuel Macron en évangéliste politique masque mal la trajectoire banale d’un technocrate dont l’entregent lui a permis de brûler les étapes.

 
Michel Herreria. — « L’Os de la parole », 2009

Ce 17 mars 2015, l’agenda de M. Emmanuel Macron s’annonce chargé. À 7 h 45, la revue Politique internationale attend le ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique pour un petit déjeuner-débat. Au menu : exposé face à un aréopage de patrons, de diplomates et de responsables politiques. Une heure plus tard, direction Bercy. Le ministre participe à l’ouverture d’une conférence sur les dispositifs publics de soutien à l’exportation, où se mêlent hauts fonctionnaires et dirigeants du privé, avant de s’entretenir avec les sénateurs socialistes au sujet de la loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques.

Vers 13 h 15, il retrouve les convives du Cercle Turgot pour un déjeuner-débat. Le président en exercice de ce think tank, M. François Pérol, patron du groupe Banque populaire – Caisse d’épargne (BPCE), l’accueille : « Bienvenue, Emmanuel. Tu arrives juste du Sénat. Y a-t-il trop d’articles à ton projet de loi ? Comme on disait en d’autres temps, trop de notes s’agissant de la musique de Mozart ? » Pareil hommage tient en partie de l’autocélébration, tant la carrière de M. Macron ressemble à celle de M. Pérol : fils de médecin, énarque, passé par l’inspection des finances, par la banque Rothschild et par les services de l’Élysée. Le ministre a vite fait d’emballer financiers, journalistes et autres cadres, qui l’intronisent membre d’honneur de leur cercle. Après les questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, M. Macron s’attarde pour un long entretien avec M. Pierre Gattaz, président du Mouvement des entreprises de France (Medef). Puis, Saint-Patrick oblige, il reçoit M. Richard Bruton, son homologue irlandais.

Une succession d’apparitions brèves dans les sphères du pouvoir, avec la volonté de faire forte impression à défaut de laisser une empreinte profonde : ce 17 mars 2015 résume à bien des égards la trajectoire du candidat à l’élection présidentielle française.

Il se rêvait normalien, il atterrit à Sciences Po. Là, l’historien François Dosse le présente en 1999 au philosophe Paul Ricœur, qui cherche une petite main pour achever le manuscrit de La Mémoire, l’Histoire, l’Oubli (1). Cette collaboration ouvre à l’étudiant les portes d’Esprit, revue intellectuelle française proche de la « deuxième gauche » qui soutint par exemple le plan de réforme de la Sécurité sociale du premier ministre Alain Juppé en 1995. Il y théorise sa conception de l’exercice du pouvoir : « Le discours comme l’action politique ne peuvent plus s’inscrire dans un programme qu’on proposerait au vote et qu’on appliquerait durant les cinq années du mandat (2).  » Au politique, il faudrait, selon lui, un horizon plutôt qu’un catalogue de mesures. C’est auprès de piliers de la « deuxième gauche » qu’il trouve l’idéologie donnant sens à son engagement.

Sous le fouet de la sainte concurrence

Énarque stagiaire dans l’Oise à l’automne 2002, M. Macron se lie d’amitié avec Henry Hermand. Enrichi dans l’immobilier commercial, l’homme d’affaires (décédé en 2016) a été l’une des figures tutélaires et nourricières d’une gauche chrétienne et « anti » : anticommuniste, anticolonialiste et antijacobine (3). Puis, en 2007, le chef de l’inspection des finances, M. Jean-Pierre Jouyet, débauché par M. Nicolas Sarkozy pour le secrétariat d’État chargé des affaires européennes, présente ce jeune homme prometteur à M. Jacques Attali.


L’ancien conseiller de François Mitterrand, qui préside la commission pour la libération de la croissance, le nomme rapporteur général adjoint. On discerne en sourdine dans le document final cette volonté de dépasser des clivages ordinaires que le candidat vocifère désormais sur toutes les estrades. « Ceci n’est ni un rapport, ni une étude, mais un mode d’emploi pour des réformes urgentes et fondatrices. Il n’est ni partisan ni bipartisan : il est non partisan. » Les « non-partisans » de la commission pourfendent « la rente (…) triomphante : dans les fortunes foncières, dans la collusion des privilégiés, dans le recrutement des élites » (4) et défendent un projet de société fondé sur la concurrence et la déréglementation.

Ces esprits inspirés ne se contentent pas de recommander la réorientation massive de l’épargne des Français vers les marchés d’actions six mois avant l’effondrement financier de 2008. La mise en concurrence généralisée revient à opposer entre elles des fractions des classes populaires : fonctionnaires et salariés du privé, artisans taxis contre chauffeurs Uber. Une telle vision du monde sied bien à un fringant inspecteur des finances qui, outre le comité de rédaction d’Esprit, qu’il intègre, fréquente des cénacles sociaux-libéraux et partisans de la construction européenne telle qu’elle se fait, comme En temps réel ou les Gracques. Le premier se présente comme un « lieu de rencontre entre acteurs publics et privés soucieux de confronter leurs expériences et analyses, (…) dédié à la construction de puissantes bases intellectuelles d’un agenda réformiste ». Le second proclame que le marché « est le moyen de remettre en cause les situations acquises, les privilèges et les rentes ».

La rente sociale de M. Macron, elle, reste à l’abri des grands vents de la « modernité ». En 2008, M. Xavier Fontanet, alors président d’Essilor, M. Serge Weinberg, ancien conseiller de M. Laurent Fabius, président du fonds Weinberg Capital Partners, M. Jean-Michel Darrois, avocat d’affaires, et M. Alain Minc — le seul à ne pas avoir été membre de la commission Attali — le recommandent auprès de la banque Rothschild. Son ascension y sera fulgurante, grâce à un marché conclu en 2012 pour le compte de Nestlé, dont le président, M. Peter Brabeck-Letmathe, avait participé à ladite commission.


M. Attali a présenté M. Macron à M. François Hollande en 2010, lorsque celui-ci ne dirigeait plus le Parti socialiste (PS) et que M. Dominique Strauss-Kahn ou Mme Martine Aubry semblaient assurés de jouer les premiers rôles aux primaires de 2011. Le jeune trentenaire coordonne pour le futur président le travail d’économistes comme Philippe Aghion (encore un membre de la commission Attali). Après la victoire de 2012, M. Attali et M. Jouyet — revenu de son aventure sarkozyste et à nouveau intime de M. Hollande — appuient sa candidature au poste de secrétaire général adjoint de l’Élysée, chargé des questions économiques.

En 2014, c’est encore M. Jouyet qui, en sa qualité de secrétaire général de l’Élysée, annonce la nomination de son protégé au ministère de l’économie. « C’est quand même exaltant, à cet âge-là, d’avoir en charge l’économie, les entreprises, l’industrie, tout ça, lui explique-t-il au téléphone juste après l’annonce du remaniement. Tu te rends compte, le numérique, tout ce que j’aurais aimé faire ! Je pensais, quand même, à l’inspection des finances, être le maître, maintenant, c’est toi qui vas être le maître (5).  » Le nom du jeune prodige sera vite associé à une loi qui promeut le bus plutôt que le train, à l’ouverture dominicale des commerces et au travail de nuit. Il assouplit les règles des licenciements collectifs et hâte la privatisation de la gestion d’aéroports régionaux.


À ce stade d’une trajectoire de météore, on distingue déjà l’épure d’un style : être introduit dans une institution de pouvoir par un influent pygmalion, n’y passer que le temps nécessaire à la constitution d’un dense réseau de relations, puis recommencer à un poste d’un prestige supérieur. M. Macron ne restera pas plus longtemps à Bercy qu’à l’inspection des finances, chez Rothschild ou au secrétariat de la présidence : moins de trois ans. Quand il lance à 38 ans, en avril 2016, son mouvement En marche !, il mobilise les contacts accumulés à chaque étape de sa carrière.

À Sciences Po, où il enseigna à sa sortie de l’École nationale d’administration (ENA), M. Macron se lie d’amitié avec M. Laurent Bigorgne. C’est à l’adresse privée de ce dernier qu’il domiciliera En marche ! Fin 2010, M. Bigorgne devient directeur général de l’Institut Montaigne. Du très libéral institut, le candidat débauchera Mme Françoise Holder, codirectrice du groupe du même nom (boulangeries Paul et pâtisseries Ladurée), et recourra un temps aux services de l’agence de communication, Little Wing. Il ne boude pas pour autant les think tanks de l’autre bord politique : il est proche de M. Thierry Pech, ancien cadre de la Confédération française démocratique du travail (CFDT) et directeur général de la fondation Terra Nova, proche du Parti socialiste.

D’anciens membres de la commission Attali se mettent aussi « en marche ». L’essayiste Erik Orsenna était au premier rang pour le lancement du mouvement à la Mutualité (La Tribune, 31 août 2016). La rapporteuse de la commission, Mme Josseline de Clausade, passée du Conseil d’État à la direction du groupe Casino, M. Jean Kaspar, ancien secrétaire général de la CFDT désormais consultant en stratégies sociales, M. Darrois ainsi que M. Stéphane Boujnah, président d’Euronext, la société qui gère les Bourses d’Amsterdam, Bruxelles, Lisbonne et Paris, ont fait le déplacement pour le premier grand meeting de campagne, le 10 décembre 2016, à la porte de Versailles. C’est d’ailleurs M. Boujnah, ancien « DSK boy », vice-président d’En temps réel, qui aurait présenté à M. Macron l’homme qui désormais lève des fonds pour sa campagne présidentielle : M. Christian Dargnat. Cet ancien patron de la gestion d’actifs de BNP Paribas et du Crédit agricole a également présidé le comité « Monnaies et système monétaire international » du Medef de 2010 à 2013. Le patron du cabinet de conseil Accenture, M. Pierre Nanterme, autre ancien de la commission Attali et de la direction du Medef — sous la présidence de Mme Laurence Parisot —, a déclaré avoir versé 7 500 euros (le plafond autorisé) à En marche ! (Les Échos, 27 janvier 2017).

Côté syndical, outre M. Kaspar, la connexion macronienne se nomme Pierre Ferracci. L’homme a transformé le cabinet d’expertise Secafi, proche de la Confédération générale du travail (CGT), en un groupe spécialisé dans le conseil aux syndicats, aux représentants du personnel et aux directions d’entreprise, le groupe Alpha. Son fils Marc et sa belle-fille Sophie occupent une place importante dans la garde rapprochée du candidat. Témoin de mariage du couple Macron, le premier est professeur d’économie, chercheur associé à la chaire « Sécurisation des parcours professionnels » que cofinancent à Sciences Po le groupe Alpha, la société de travail intérimaire Randstad, Pôle emploi et le ministère du travail. Avocate d’affaires, la seconde fut cheffe de cabinet du ministre à Bercy avant d’intégrer son équipe de campagne.

D’autres anciens membres du cabinet ministériel ont rallié En marche ! Son directeur (6), M. Alexis Kohler, qui a rejoint la direction financière du deuxième armateur mondial, MSC, continue de conseiller M. Macron, quand son adjoint, M. Julien Denormandie, se consacre à temps plein à la campagne. Tous deux sont passés par le cabinet de M. Pierre Moscovici, aujourd’hui commissaire européen.

Le conseiller chargé de la communication et des affaires stratégiques de M. Macron à Bercy, M. Ismaël Emelien, fait appel à des entreprises spécialisées dans la collecte et l’analyse de données de masse afin de caler l’« offre » politique sur les desiderata des électeurs (Le Monde, 19 décembre 2016). Le porte-parole d’En marche !, M. Benjamin Griveaux, ne faisait pas partie de son cabinet ministériel, mais il cumule les propriétés de ses jeunes membres : surdiplômé — École des hautes études commerciales (HEC) de Paris, Sciences Po —, formé au sein de la droite du PS (auprès de MM. Strauss-Kahn et Moscovici), passé par un cabinet ministériel (celui de Mme Marisol Touraine). En outre, il a exercé des mandats électoraux (à Chalon-sur-Saône et dans le département de Saône-et-Loire), tout comme le secrétaire général d’En marche !, le député et conseiller régional du Finistère Richard Ferrand, ancien directeur général des Mutuelles de Bretagne.

Héritier de la noblesse d’État

Ainsi l’homme qui se présente comme neuf, sans passé et sans attache incarne-t-il, tant personnellement que par son entourage, l’héritage cumulé de la noblesse d’État (Bercy), de l’expertise et de la haute finance : le noyau du « système », en somme, que sanctionne son appartenance au club Le Siècle.

Trente ans après que M. Hollande, M. Jouyet et quelques autres caciques socialistes ont proclamé que « la gauche bouge (7)  », la vieille garde et les Jeunes-Turcs de M. Macron rejouent l’éternelle histoire du modernisme : un homme situé au-dessus des partis qui agrège les bonnes volontés, les compétences techniques et les méthodes dernier cri pour piloter le pays. Dès lors, l’essentiel n’est pas d’avoir un programme. C’est de rassembler, de la droite de la gauche (par exemple M. Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon, connu pour sa sollicitude envers la hiérarchie catholique) à la gauche de la droite (comme la députée européenne Sylvie Goulard, auteure de l’inénarrable L’Europe pour les nuls).


C’est surtout de pouvoir compter sur l’appui d’individus influents, tel M. Jean Pisani-Ferry, ancien commissaire général à la stratégie et à la prospective, et sur les nombreux experts qu’il draine dans son sillage. Cet ancien conseiller de M. Strauss-Kahn et de M. Jouyet sait pourtant l’inconvénient d’un tel positionnement. Peu après le « Brexit », il constatait : « Nous sommes les experts, ceux que 52 % des Britanniques détestent » (Le Figaro, 4 juillet 2016). Il faudra à M. Macron beaucoup de charisme pour maintenir l’illusion qu’il appartient à l’autre camp. Lui suffira-t-il de croiser le mythe pompidolien du banquier lettré sachant conduire les affaires avec le fantasme giscardien du jeune homme progressiste ?


François Denord & Paul Lagneau-Ymonet

Sociologues. Auteurs de l’ouvrage Le Concert des puissants, Raisons d’agir, Paris, 2016.

[Source : Le Monde Diplomatique]


(1) Marc Endeweld, L’Ambigu Monsieur Macron, Flammarion, Paris, 2015.

(2) Emmanuel Macron, « Les labyrinthes du politique. Que peut-on attendre pour 2012 et après ? », Esprit, Paris, mars-avril 2011.

(3) Vincent Duclert, « La deuxième gauche », dans Jean-Jacques Becker et Gilles Candar (sous la dir. de), Histoire des gauches en France, vol. 2, XXe siècle : à l’épreuve de l’histoire, La Découverte, Paris, 2004.

(4) Commission pour la libération de la croissance française présidée par Jacques Attali, 300 décisions pour changer la France, XO Éditions – La Documentation française, Paris, 2008.

(5) Yves Jeuland, À l’Élysée, un temps de président, documentaire diffusé sur France 3 le 28 septembre 2015.

(6) Les rôles de directeur et de chef de cabinet ne se confondent pas, le second assumant plutôt des fonctions d’organisation.


(7) Jean-François Trans (pseudonyme collectif), La gauche bouge, Jean-Claude Lattès, Paris, 1985.

 
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23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 16:45
Rassemblement de la gauche: urgence!

Rassemblement de la gauche: urgence!

« Pour gagner, une candidature unique de la Gauche ! »

Adresse aux candidats de Gauche à l’élection présidentielle,

 par la Force des Acteurs Rassemblés - FAR -  de Bretagne 

 

Chers Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon,

Messieurs les candidats de Gauche à l’élection présidentielle,

 

Citoyens de Gauche, acteur.trice.s associatifs, syndicaux, de la jeunesse, de la culture, de l’économie sociale, nous vous avons reçus en Bretagne il y a maintenant 3 semaines.

Nous vous demandons de nous recevoir pour un échange sur une question essentielle à un mois de l’élection présidentielle.

 

En effet, nous avons participé au succès de vos 2 meetings bretons à 24h d’intervalle en début de mois.

Nous avons, parfois depuis, contribué à vos campagnes et notamment au succès des temps forts des 18 et 19 mars qu’ont constitué la marche pour la 6e République et le meeting de Paris-Bercy. Nous, électeurs de Gauche, nous citoyens engagés dans la société civile nous  mobilisons en nombre avec beaucoup d’autres pour vos candidatures.

Pour autant, nous devons rester lucides. De nombreux acteurs de la société civile, amis, collègues, proches…profondément de Gauche s’apprêtent à rester chez eux le 23 avril ou à voter par sécurité, à voter « moins pire » pour empêcher un choix final entre l’extrême-droite et la Droite dure.

Victimes d’une pression médiatique ou simplement conscients que, malgré vos efforts respectifs, aucun d’entre vous ne sera présent au 2nd tour, ils s’apprêtent, pour faire barrage à l’extrême-droite, à voter pour un candidat du système, pour un candidat de l’Argent.

Chacun d’entre vous, chacun.e d’entre nous est aujourd’hui persuadé que l’élection du candidat du Cac 40, du candidat du libéralisme effréné, le candidat de la dérégulation, de la concurrence libre et non faussée, du nucléaire civil et militaire, et de la poursuite de la « construction européenne » qui fait monter la colère des peuples mais nourrit les populismes, cette élection fera demain, plus encore, le lit de l’extrême-droite et ouvrira au FN les portes de l’Elysée en 2022.

 

Vos 2 candidatures sont légitimes. Elles sont différentes. Elles sont, chacune, le fruit de parcours collectifs, de stratégies gagnantes. Il n’est ici nullement question de délégitimer l’une ou l’autre de vos candidatures. La question n’est plus là. Nous ne demandons ni retrait unilatéral, ni soutien de l’un à l’autre.

Vous avez le droit, légitime, total et absolu de maintenir vos 2 candidatures.

 

Dans la pré-campagne puis la campagne, très atypiques où les affaires à Droite et à l’extrême-Droite décrédibilisent le politique et focalisent l’intérêt des media au détriment des programmes, vous avez cependant la responsabilité de créer l’électro-choc et le sursaut pour le peuple de Gauche.

Face aux périls que court à son tour la France, après les Usa et nombre de pays européens, il ne peut être question de se fixer comme objectif d’avoir eu raison le premier. Il ne peut être question de se fixer comme but, fût-ce au nom de l’Histoire,  la disparition de l’autre ou la pole position pour une improbable reconstruction dans l’après 2017.

Vous le savez, vous avez entre les mains les ingrédients d’une nouvelle victoire collective –après le non de Gauche de 2005 au Traité constitutionnel européen-. Il y a urgence à créer immédiatement un projet majoritaire porté à l’élection présidentielle du 23 avril, ensemble, par un futur Président et son 1er Ministre ou par un Président et le futur Initiateur de la Constituante de la VIe République…

 

Vous avez, hélas, également entre les mains les données pour que chacun de vos noms soit associé à la pire défaite des progressistes et des républicains depuis les années 30 en Europe, pour que chacun de vos noms, malgré les grandes qualités et les valeurs fondamentales que vous représentez, soit synonyme, dans les manuels d’Histoire, d’inconséquence et d’irresponsabilité face à cette Histoire.

Bien entendu chacun pourra se regarder dans le miroir et rejeter la responsabilité sur l’autre …alors que les obstacles à l’unité se lèvent d’eux-mêmes chaque jour.

Sachez que pour les acteur.trice.s investi.e.s au quotidien dans la culture, dans les associations, dans les syndicats, dans l’économie sociale ou dans les organisations de jeunesse, ce serait impardonnable.

Ce serait impardonnable par nous tous, par nos enfants qui demain ne comprendront pas plus votre choix que nous n’avons compris celui des Gauches divisées de l’Allemagne confrontée à la montée du nazisme.

Ils le comprendront d’autant moins que cette fois, ainsi que l’a montré le premier débat télévisé de la campagne, vos projets sont compatibles au sein d’un programme majoritaire pour la VI République, pour l’abrogation de la loi Travail, pour des politiques économiques et sociales anti-austéritaires, pour le rejet du Ceta et du Tafta, pour les transitions écologiques, …


Cher Benoît Hamon, cher Jean-Luc Mélenchon,

Nous savons que dans vos entourages, on vous poussera à poursuivre cette division suicidaire au nom du « réalisme» des comptes de campagne, au nom des « résultats prometteurs de la mobilisation qui prend », au nom de l’incompatibilité avec les « traîtres » de l’autre équipe.

Alors que chacun d’entre vous combat pour la fin de la monarchie présidentielle et pour la désindividualisation du pouvoir, vos 2 seules personnes détiennent ce pouvoir de faire basculer l’Histoire.

Faîtes preuve de réalisme !

 Faîtes preuve de courage !

 Faîtes preuve de grandeur !

En Bretagne, en Haut à Gauche, nous sommes prêts à nous engager, sans réserve, à entraîner nos amis, nos camarades, nos adhérents qui oeuvrent au quotidien pour le lien social, pour la justice sociale, pour la solidarité,…dans cette Bretagne, 1èrerégion de France du vivre ensemble, 1ère région du Faire ensemble.

Nul doute que les autres régions nous rejoindront pour faire gagner la Gauche de transformation sociale et écologique.

Les 20 premiers signataires, le 23 mars 2017 :

(10f, 10h)

 

Thierry Abaléa, militant associatif

 

Véronique Blanchet, militante de l’éducation

 

Flavie Boukhenoufa, responsable associative jeunesse éducation populaire

 

Louisa Bouraya, responsable associative en quartier populaire

 

François Caharel, militant associatif  en milieu rural

 

Michel Carré, acteur de la transition écologique et sociétale

 

Olivier Cuzon, élu syndical

 

Yannick Hervé, responsable associatif

 

Anne-Claire Le Vaillant, militante féministe et des nouvelles ruralités

 

David Levaufre, acteur de l’innovation et de l’insertion

 

Tangi Louarn, militant des droits culturels et linguistiques

 

Céline Mandon, militante associative

 

Annick Monot, engagée dans l’accompagnement des personnes

 

Monique Prévost, militante féministe

 

Fransez Poisson, responsable associatif jeunesse

 

Patrick Quelaudren, militant éducation populaire

 

Colette Rodet, actrice de l’économie sociale et solidaire

 

Rodolphe Rohart, acteur culturel

 

Aline Tassin, responsable associative droits humains

 

Josyane Wirkel, responsable associative, élue syndicale

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23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 16:20

Hamon-Mélenchon: une victoire, pas deux défaites! Ne laissons pas MACRON, FILLON OU LE PEN gagner! 

Frédéric Boccara

Face au blitzkrieg des droites,
Union – action – plate-forme commune

Chacune des trois droites (F. Fillon, M. Le Pen, E. Macron) programme un blitzkrieg pour recomposer notre pays en phase avec le nouvel ordre que cherche  le capital financier et qu’il n’arrive toujours pas à trouver. Référendum dans la foulée pour l’une, ordonnances en quelques mois pour les deux autres (avec plus de flou chez Macron). Dans tous les cas : profiter d’une tétanisation post-élection pour assommer le mouvement populaire et engager une révolution conservatrice.

Tous les trois cherchent, de façon différente, à répondre aux défis nouveaux révolution informationnelle et numérique, nouvelle phase de la mondialisation (Trump, Chine, Brexit, migrations, militarisation), crise écologique au service du capital financier. F. Fillon s’appuie sur une base sociale traditionnelle, ultra-conservatrice sur les « valeurs » qu’il utilise pour rassurer certains sur le « sociétal », il programme un choc de compétitivité anti-social au service des profits et un enrôlement renforcé dans la guerre économique avec une intégration politique et économique accrue autour de la zone euro au sein d’un pôle eurasien, et avec une militarisation accentuée. M. Le Pen utilise le prétendu « coût de l’immigré » pour masquer le coût du capital, détourner la colère populaire face à l’insuffisance des services publics, aux délocalisations et au chômage, et faire l’Union sacrée nationale derrière le patronat pour une guerre économique renforcée. E. Macron conjugue un appui sur le grand capital et sur les couches moyennes supérieures (cadres supérieurs et aspirants patrons) par un discours chatoyant sur l’entreprise et sur la modernité technologique et sociétale (lui pourtant si ambivalent sur les étrangers vivant en France), pour effectuer lui aussi un choc de compétitivité anti-social, mais dans une fuite en avant fédéraliste vers une intégration européenne atlantiste et un condominium européen de quelques gouvernements au service des grandes multinationales financières.

Face à cela, les enjeux d’une gauche de contenus sont aigus, fondamentaux, pour relever les défis objectifs que le capital financier prétend relever. Mais comment s’attaquer à ces enjeux si, à la présidentielle, la gauche est éliminée dès le premier tour ?

M. Valls battu, cela change la donne. Une plateforme politique est encore possible. On peut partir d’un certain nombre d’objectifs sociaux et écologiques qui sont communs : le rejet de la loi El Khomri, un revenu pour chacun, une émancipation du travail, une nouvelle culture écologique pour une nouvelle production et une nouvelle consommation, le développement des services publics et sortir de l’austérité jusqu’au niveau européen, l’antiracisme et le refus du rejet de l’Autre. L’accord affirmerait que l’enjeu consiste en la conquête de nouveaux pouvoirs sur des moyens financiers au service de ces objectifs, qui doivent être eux-mêmes suffisamment ambitieux. C’est le triptyque fondamental objectifs sociaux et écologiques/moyens sur l’argent/pouvoirs nouveaux qu’a toujours rencontré la gauche ; soit lors de ses échecs (le « Mur de l’argent » durant le cartel des gauches, les « 200 familles » de la Banque de France lors du Front populaire, la « dictature de la finance » depuis 1982-83) ; soit lorsqu’elle a réussi en les affrontant victorieusement (notamment à la Libération).

Ce type d’accord serait une base donnant sens à une unité pour la présidentielle, avec une pluralité de candidatures aux législatives et une conception de l’union pluraliste, reposant sur l’autonomie d’action créatrice de ses composantes et la primauté à l’intervention populaire.

Cette unité est possible dans un débat à gauche, avec des propositions précises. Le débat de la Bellevilloise du 28 février l’a montré. Intitulé La finance est (toujours) notre ennemi, il a rassemblé les 5 formations de gauche pour cette présidentielle (Verts, PS, France insoumise, Ensemble, PCF) ... Parallèlement, un appel à l’unité a été signé en quelques jours par plus de 5 000 personnes. Intitulé Rassemblement à gauche : urgence, il est initié par des citoyens aux engagements différents (syndicalistes, intellectuels, artistes, responsables du PS, responsables du PCF, nationaux et fédéraux, élus...). Il propose 8 points précis avec des éléments de convergence et de débat : Emploi, travail, salaires ; Protection sociale ; Services publics ; Écologie ; Argent ; Europe ; Démocratie ; Egalité et Justice.

Rien n’est donc joué. Il est encore possible de conjurer la catastrophe. Nous refusons la « politique du pire ». C’est la ligne constante des communistes français depuis 1934, qu’ils ont réaffirmée à 94 % pour cette présidentielle en continuant « d’agir jusqu’au bout pour parvenir à une candidature commune et empêcher la victoire de la droite et de l’extrême droite ». Car s’unir, ce serait lancer une dynamique nouvelle, qui peut mener loin.

Il est indispensable de porter des contenus précis dans les deux campagnes : présidentielle et législatives. C’est le moyen de tenir la gauche debout, avec des idées communistes debout et renouvelées, un parti communiste debout en cette année 2017. C’est le moyen de contrer les idées de renonciation, de collaboration avec le grand capital financier ou de rejet de l’Autre. Et ceci, en prenant au sérieux les défis de nouveauté portés par les révolutions informationnelle, écologique, monétaire, démographique et militaire.

C’est le moyen d’unir le plus largement ceux qui souffrent, jusqu’aux élections législatives où peut se manifester une union d’un type nouveau à gauche pour appuyer des candidats présentés par le PCF dans une démarche ouverte, pour battre aussi bien l’extrême droite et la droite que la gauche de renonciation ou que le gauchisme. Ce dernier tend à stériliser la radicalité, à l’enfermer et à conforter ainsi la division, donc la pôle position de Macron, en refusant au nom du « tout ou rien » tout type d’alliance à gauche.

Pourtant, la radicalité est plus nécessaire que jamais. Car ce qui est à l’ordre du jour, ce n’est pas de mettre des digues ou des barrières au capitalisme hyper-financiarisé actuel, mais bien d’engager concrètement le dépassement du capitalisme et du néolibéralisme, pour aller vers une civilisation de partages pour chacun.e, commune à toute l’humanité. Bref, une radicalité en prise sur le réel et non de simple posture. Farfelu ? Loin de là. La social-démocratie est profondément en crise parce que l’ordre du jour est de dépasser le capitalisme. Les gens le sentent bien. C’est pourquoi il serait fou de parier sur une recomposition sociale-démocrate de la gauche, vers une sorte de parti socialiste d’avant 1914, même avec un courant communiste ou marxiste. La recomposition de la gauche se fera sur des idées, et avec une grande dose de communisme autogestionnaire, pour chacun.e. Elle demande un PCF épanoui, autonome, ressourcé dans les luttes du monde du travail et de la société. Un PCF moderne, qui n’a pas peur d’être lui-même. Ce ne sera pas facile, mais nous n’avons pas le choix.

En économie politique, dépasser le capitalisme, c’est relever le défi d’une nouvelle efficacité et se libérer, pour cela, de la domination du capital financier. C’est ce que partagent différents amis d’Économie & Politique à l’étranger que nous avons pu rencontrer ces derniers mois dans leur pays ou en France : Chinois, Russes, Italiens, Brésiliens, équatoriens ou Cubains.

Cette approche peut permettre de construire des majorités autour d’idées, de propositions radicales et réalistes à la fois. La dernière en date s’est formée au Conseil économique social et environnemental autour de l’avis adopté pour « Le financement des PME/TPE au service de l’emploi et de l’efficacité », avis que j’ai présenté. Seul le MEDEF l’a rejeté, avec son satellite CGPME, tandis que la CFDT s’abstenait et que tous les autres groupes l’ont appuyé par un vote positif, toutes les autres confédérations syndicales mais aussi les artisans ou les professions libérales.

Alors portons l’unité et les contenus indissociables, avec un Parti communiste debout et des idées communistes dans la présidentielle et les législatives, pour ouvrir une nouvelle voie, desserrer l’étau, et surtout être utiles à tous et à notre monde. Nous vivons des « temps déraisonnables » où l’on prend « les loups pour des chiens », mais « quand les blés sont sous la grêle / fou qui fait le délicat / fou qui songe à ses querelles au coeur du commun combat ».

Fréderic Boccara

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