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8 novembre 2017 3 08 /11 /novembre /2017 06:55
Heureux comme Thierry Mariani à Damas...

Thierry Mariani, ancien proche de Chirac et de Sarkozy, auteur des dispositions de loi anti-migrants du temps de Sarkozy (tests ADN pour le regroupement familial, autorisation de statistiques raciales et ethniques qui furent annulées par le Conseil Constitutionnel, interdiction de l'hébergement d'urgence des migrants en situation irrégulière) a rencontré Bachar-el-Assad à 5 reprises entre 2015 et 2017. 

Ce week-end, ce député de cette partie des Républicains qui parle et agit comme l'extrême-droite  franchit un nouveau palier dans l'abjection en vantant sur Twitter la sécurité et la propreté dans Damas, la capitale syrienne, dont les rues sont "finalement bien plus propres que nos rues de Paris en fin de journée", ce salaud intégral continuant sa petite balade contée en vantant le "charme des souks", "le sourire des commerçants", de Damas.

Cela ressemble fort à la propagande du régime de Bachar-el Assad qui présente des touristes ou des bourgeois proches du régime en train de faire du ski nautique face aux côtes de Tartous et de Lattaquié, comme si ce pays n'était pas plongé dans l'enfer d'une guerre qui dure depuis 6 ans et a fait 400 000 morts au moins. 

La manière dont l'extrême-droite et la droite-extrême font du pouvoir fasciste et auteur de nombreux crimes contre l'humanité de Bachar el-Assad une icone de la lutte anti-islamiste et d'un pouvoir fort, "stabilisateur", sans scrupules face aux "terroristes", en dit long sur le danger que représenterait leur accession au pouvoir...  

Que ces gens-là puissent être élus, avec la violence de leur cynisme et leur immoralité, dépasse l'entendement...  

   Lire aussi: 

Syrie: l'enfer, jusqu'à quand?

Macron: "Bachar-al-Assad n'est plus notre ennemi, sa destitution n'est pas un préalable à tout": Macron reprend les principaux arguments des soutiens au régime sanguinaire et cynique d'Assad (Médiapart, Léna Bredoux - 26 juin 2017)

Comment Bachar al-Assad a gazé son peuple: les plans secrets et les preuves (Médiapart- 1er juin, René Backmann)

"La question syrienne" de Yassin Al-Haj Saleh - La révolution des gens ordinaires face au pouvoir fasciste et mafieux du clan Assad

Majd al-Dik: A l'est de Damas au bout du monde. Le témoignage bouleversant d'un révolutionnaire syrien sur les massacres et les exactions commis par le régime de Bachar-al-Assad dans la Ghouta

Samar Yazbek entr'ouvre les "Portes de la terre du néant" en Syrie

 

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8 novembre 2017 3 08 /11 /novembre /2017 06:51
Humanitaire. Édouard, marin-pêcheur au secours des migrants

Septembre 2016. Édouard Courcelle effectue sa première mission humanitaire. À bord de l’Aquarius, le marin-pêcheur de Pleubian sauve des migrants en détresse en Méditerranée. Cette expérience bouleversante va changer sa vie. Il a décidé d’y retourner.

« En tant que marin, tu espères que si tu tombes à l’eau, quelqu’un te tendra la main ». Édouard Courcelle, 35 ans, est marin-pêcheur à Pleubian, dans les Côtes-d'Armor. Il pêche des coquilles Saint-Jacques et des homards. Mais, le 4 septembre 2016, il embarque, pour six semaines, sur l’Aquarius, bateau affrété par SOS Méditerranée et Médecins sans frontières. Pour tendre la main aux migrants. Pour leur sauver la vie.

« Comment en est-on arrivé là ? »

« En 2015, j’avais été choqué par les images de ces bateaux de migrants qui s’étaient retournés. Je me demandais ce qu’on pouvait faire ». Alors, avec ses compétences marines, acquises après une formation au lycée maritime de Paimpol (22), le Costarmoricain, originaire de Dijon (Côte-d’Or), veut aider. Au large des côtes libyennes, c’est le choc. « Une expérience bouleversante, qui marque ». Des migrants entassés sur des bateaux de fortune. Des enfants, des femmes enceintes et des bébés à l’agonie. Des corps flottants à la surface de l’eau. Depuis ses débuts au large de la Libye, en mars 2016, l’Aquarius a sauvé pas moins de 23.800 personnes, dont 15.500 depuis le début de cette année, parmi lesquelles 35 % de mineurs. « Comment en est-on arrivé là ? », s’interroge Édouard. « C’est l’enfer sur Terre. C’est fou ! ».

 

« Quand ils nous voient arriver, ils ne savent pas si nous sommes leurs amis ou ennemis », raconte le marin. « Ils sont en stress. Ils n’ont pas mangé, pas bu depuis longtemps. Leurs embarcations prennent souvent l’eau. Une grosse partie de notre challenge, c’est d’éviter la panique. Quand ils cèdent à la panique, leur bateau se retourne et c’est le carnage. Alors, on établit le contact avec un petit bateau pour leur expliquer qu’on est des sauveteurs mais que cela va prendre du temps. On leur donne des gilets de sauvetage. Puis, on commence par évacuer les personnes les plus vulnérables ». Les secouristes et humanitaires prennent en charge les personnes en grande détresse. « Ils viennent d’un peu partout en Afrique et arrivent en Libye avec des réseaux de trafiquants. Ils passent par des camps de rétention, où ils sont exploités, maltraités et violés. Puis, ils sont souvent poussés et contraints de monter à bord de ces embarcations. Ils n’ont pas le choix ».

J’ai l’impression d’être à ma place là-bas, d’être dans le vrai

Un an après cette expérience, les souvenirs sont intacts. « J’ai fait beaucoup de témoignages pour SOS Méditerranée. Cela m’a permis de structurer ma pensée. Mais quand j’arrive au point crucial de mon discours, à chaque fois, j’ai une émotion forte. Je suis au bord des larmes. J’ai la voix qui se ferme. L’émotion est toujours là ». À Pleubian, Édouard a repris son activité de pêcheur mais s’interroge. « J’aurais pu y retourner tout de suite. Mais cette expérience m’a changé d’une manière que je ne maîtrisais pas ». Il préfère prendre le temps de la réflexion. « J’étais révolté. Je voulais bousculer le système. On a tendance à politiser l’approche humanitaire. Mais, ce n’est pas bon, on doit juste être proche des gens. Les sauver, c’est notre devoir. Il faut faire les choses du mieux que l’on peut avec nos moyens ».

Une nouvelle mission de neuf semaines

Pour Édouard, « la réalité n’est pas toute rose mais le repli sur soi est le problème plus que la solution. Ce qu’il faut c’est tisser des liens ». Véritablement transformé, le marin a décidé d’arrêter la pêche à la fin de l’année pour se consacrer à l’humanitaire. « C’est un peu un aller sans retour de mettre les pieds dans ce monde. Tu ouvres les yeux sur une réalité que tu ne voyais qu’à la télé. Et, une fois que cela t’a touché, tu ne peux plus profiter du confort que tu as sans y penser. Tu n’oublies pas ». Le 11 janvier, il embarquera pour une nouvelle mission de neuf semaines de sauvetage en mer à bord de l’Aquarius. « J’ai l’impression d’être à ma place là-bas, d’être dans le vrai. C’est une réflexion profonde. Des vies humaines sont en jeu ».

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7 novembre 2017 2 07 /11 /novembre /2017 20:19
Le sénateur communiste Eric Bocquet, auteur avec Alain Bocquet de "Sans domicile Fisc"

Le sénateur communiste Eric Bocquet, auteur avec Alain Bocquet de "Sans domicile Fisc"

Le paradis fiscal pour les 0.01% de l’humanité c’est l’enfer fiscal pour tous les autres, soit 99.99% des humains

mardi 7 novembre 2017 - LES 3520 MENAGES LES PLUS RICHES DE FRANCE PLANQUENT 140 MILLIARDS d'EUROS DANS LES PARADIS FISCAUX. 

 

Billet d’Eric Bocquet, sénateur du Nord

L’enfer, c’est pour les autres...



Mission Solidarité, insertion, égalité des chance - Par Eric Bocquet / 7 novembre 2017 

Je me permets de modifier légèrement cette citation extraite du « Huis clos » de Jean-Paul Sartre, « L’enfer, c’est les autres » pour donner un titre au billet de la semaine. L’actualité aurait dû naturellement m’amener à évoquer ce nouveau scandale de l’évasion fiscale révélé cette semaine dans le cadre des « Paradise papers ». Nous ferons le choix d’aborder l’autre face de ce monde déséquilibré où la finance débridée entraîne des dégâts humains et sociaux considérables.

Le paradis fiscal pour les 0.01% de l’humanité c’est l’enfer fiscal pour tous les autres, soit 99.99% des humains.

Dans le cadre de la mission que je suis chaque année, pour la commission des finances du Sénat en tant que rapporteur spécial (Solidarité, insertion, égalité des chances), j’ai été amené à auditionner ceux que l’on appelle les acteurs de la solidarité. C’est le programme 304 de cette mission qui porte sur la question de l’aide alimentaire, il s’agit d’un budget de 51.9 millions d’euros, à noter que cette hausse de 17.6% correspond à la contribution complémentaire de 10.6 millions d’euros permettant de financer les moindres remboursements de la part européenne du FEAD (Fonds européen d’aide aux plus démunis), liés à des irrégularités constatées par la Commission européenne dans la gestion des campagnes 2014 et 2015.

Or, cette contribution, l’aide relative à l’aide alimentaire, diminue de 2.8 millions d’euros entre 2017 et 2018. Nous avons ainsi rencontré des responsables des Banques alimentaires au nombre de 79 en France, distribuant 110 000 tonnes de denrées et 212 millions de repas sur l’année, ce sont 6000 bénévoles et 496 salariés dont 50% en contrats aidés. Pour les Restau du Cœur on dénombre 135 millions de repas servis… et si tout ce réseau n’existait pas ? On peut se poser la question. Ces associations subissent de plein fouet les mesures du budget 2018, réduction des contrats aidés, 700 000 euros de moins par suppression de la réserve parlementaire. On comprend un peu mieux que le « S » de ISF signifiait SOLIDARITE.

Oui, ce monde-là c’est l’autre pôle de la société, et parfois, effectivement, c’est l’enfer !

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7 novembre 2017 2 07 /11 /novembre /2017 20:17
Eliane Assassi - présidente du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste au Sénat

Eliane Assassi - présidente du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste au Sénat

Paradise papers : L’État doit reprendre d’urgence la main sur la finance

mardi 7 novembre 2017

Communiqué du groupe Communiste, Républicain, Citoyen et écologiste du Sénat :

Encore 350 milliards d’euros soustraits à l’impôt ! Cette nouvelle affaire des Paradise papers est une fois de plus la confirmation qu’il s’agit bien de l’organisation même du système dont la machine finance est au cœur !

Elle surgit au moment même où la France est sommée de rembourser à des grands groupes dix milliards d’euros, par suite de la censure par le Conseil constitutionnel de la taxe de 3% sur les dividendes. Cinq milliards seront imputés au budget 2018, sous la forme d’un déficit, c’est-à-dire à la charge des Français, auxquels on réclame ainsi de nouveaux sacrifices ! Y-a-t-il une quelconque urgence à rembourser ces milliards à des entreprises qui seront peut-être citées demain dans ces Paradise papers, et qui, pour certaines, perçoivent le CICE ?

Ceux qui font le choix délibéré d’échapper à l’impôt (et qui seront débarrassés de l’ISF) sont efficacement aidés par des experts, des cabinets spécialisés, des avocats fiscalistes parfaitement rôdés au montage de systèmes extrêmement sophistiqués à la lisière de la légalité pour soustraire leurs riches clients à leurs obligations fiscales. Il faut stopper cette course folle à l’évasion.

Mais il manque cruellement d’une vraie et solide décision des Etats européens, et notamment de la France, d’appliquer en premier lieu les décisions prises au niveau de l’Union européenne et qui mériteraient d’être renforcées (transparence fiscale pour les multinationales et fin de leur impunité, taxation des grands groupes pour empêcher la délocalisation artificielle des bénéfices…).

L’Etat français, les Etats européens doivent d’urgence reprendre la main sur la finance et exercer véritablement ce pour quoi ils ont été élus par les populations qu’ils représentent, dans l’intérêt général.

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7 novembre 2017 2 07 /11 /novembre /2017 19:55
Annulation de la taxe sur les dividendes: la facture ne doit pas peser sur les Français (communiqué des députés communistes)

Communiqué des députés communistes

Annulation de la taxe sur les dividendes : la facture ne doit pas peser sur les Français

Suite à la censure par le Conseil constitutionnel de la taxe de 3% sur les dividendes, la France est sommée de rembourser à des grands groupes dix milliards d'euros, intérêts compris. Le gouvernement propose pour pouvoir payer de modifier le budget et de créer une surtaxe exceptionnelle à l'impôt sur les sociétés, afin de récupérer 5 milliards d’euros. Les 5 milliards restant seront imputés au budget 2018, sous la forme d'un déficit. Autrement dit, ils seront à la charge des Français, auxquels on réclame ainsi de nouveaux sacrifices !

Cet après-midi, Fabien Roussel est intervenu dans l’hémicycle pour dénoncer ce dispositif de remboursement adressé à des entreprises qui seront peut-être citées demain dans les Paradise Papers.

Nous proposons de pérenniser la surtaxe à l'impôt sur les sociétés, pour éviter aux Français de subir une charge injuste, et réclamons un moratoire sur les intérêts. Nous demandons par ailleurs au gouvernement de surseoir à la suppression de l'ISF et à la mise en place du prélèvement forfaitaire unique sur le capital. Une solution toute trouvée pour récupérer dès 2017 les 5 milliards d’euros manquant.

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7 novembre 2017 2 07 /11 /novembre /2017 06:07
Goncourt: le rennais Eric Vuillard lauréat (Le Télégramme, 7 novembre 2017) ... pour un livre qui rappelle comment les capitalistes allemands ont porté l'ascension au pouvoir de Hitler

14 juillet, d'Eric Vuillard: ou comment naissent les révolutions...

Le Chiffon Rouge consacrait il y a un an un article au précédent livre d'Eric Vuillard sur la prise de la Bastille et le peuple dans la Révolution française. Nous ne pouvons que féliciter l'académie Goncourt pour son choix.  Eric Vuillard, philosophe de formation, est un excellent auteur qui fait entrer le peuple et la littérature dans l'histoire et documente ses livres par des recherches poussées très loin. Cette fois-ci, comme pour Pierre Lemaître d'"En revoir là haut", l'académie Goncourt a touché très juste!

 

Article du Télégramme, en dernière page ce 7 novembre: 

 

Ce lundi, le prix Goncourt, la plus prestigieuse récompense littéraire du monde francophone, a été attribué à Éric Vuillard. L'auteur, qui vit à Rennes, a été distingué pour «L'ordre du jour», un récit saisissant sur l'arrivée au pouvoir d'Hitler.

« On est toujours surpris, fatalement. Ça me fait extrêmement plaisir », a réagi Éric Vuillard, hier, au milieu du brouhaha du restaurant Drouant, non loin de l'Opéra de Paris, où est proclamé le Goncourt. « L'ordre du jour » s'est imposé au troisième tour de scrutin, par six voix contre quatre à « Bakhita » (Albin Michel) de Véronique Olmi. Les deux autres auteurs en lice étaient Alice Zeniter, Costarmoricaine d'adoption, pour « L'art de perdre » (Flammarion) et Yannick Haenel, Rennais lui aussi, pour « Tiens ferme ta couronne » (Gallimard). Des quatre finalistes, Éric Vuillard était le seul auteur dont le livre n'est pas sorti lors de la rentrée d'automne mais au printemps. Il était donc loin d'être favori.

 

Dans les coulisses de l'Histoire

 

« L'ordre du jour » est un récit saisissant sur l'arrivée au pouvoir d'Hitler, l'Anschluss et le soutien sans faille des industriels allemands à la machine de guerre nazie. L'écrivain se glisse ainsi dans les coulisses de l'Histoire pour donner à ses lecteurs une autre grille de lecture d'événements a priori archiconnus. « Pour comprendre certaines choses, nous avons besoin du récit », explique Éric Vuillard.

 

L'écrivain, né à Lyon, n'en est pas à son coup d'essai. Avant « L'ordre du jour », il a publié « 14 juillet » (Actes Sud) où il décortiquait cette journée particulière de la Révolution française en donnant la voix aux sans-voix mais aussi « Conquistadors » (Léo Scheer) sur la chute de l'empire Inca, « Congo » (Actes Sud) sur la conquête coloniale ou encore « Tristesse de la terre » (Actes Sud), récit déchirant sur l'agonie des Indiens d'Amérique du nord. À chaque fois, Vuillard se saisit d'un événement connu et le dissèque en insistant sur des détails atroces ou grotesques mais significatifs.

La fin du récit sonne comme une mise en garde pour le temps présent. « On ne tombe jamais deux fois dans le même abîme. Mais on tombe toujours de la même manière, dans un mélange de ridicule et d'effroi ».

Le président de l'académie Goncourt, Bernard Pivot, a reconnu avoir été impressionné par ce texte d'une écriture à la fois simple et sidérante. « Le livre est une leçon de littérature par son écriture et une leçon de morale politique », a-t-il reconnu. « "L'ordre du jour" montre qu'un groupe d'hommes, pas très nombreux, peut arriver, par l'intimidation, en comptant sur la veulerie des autres, le bluff et la brutalité, à circonvenir un pays et à déclencher plus tard une catastrophe mondiale », a résumé Bernard Pivot.

Vannetais avant d'être Rennais

 

Hier, en Bretagne, l'annonce du Goncourt a ravi nombre de ses lecteurs. « C'est mon chouchou », exulte Joss Edgard-Rosa, de la librairie L'Archipel des mots, à Vannes où Éric Vuillard vient dédicacer chacun de ses livres. Avant de s'installer à Rennes, l'écrivain, âgé de 49 ans, a, en effet, longtemps habité au centre-ville de la cité des Vénètes. La libraire décrit un homme « agréable et pas du tout grande gueule ». Patrick Mahé, président du salon du livre de Vannes - auquel Éric Vuillard avait participé en juin dernier -, lui reconnaît de grandes qualités littéraires : « Dans "L'ordre du jour", il démonte une mécanique sur l'arrivée au pouvoir d'Hitler. Il y a eu énormément de livres sur le sujet, mais c'est la première fois que l'on voit quelque chose comme ça. À la manière d'un orfèvre, il décortique un système ».

Après la reconnaissance des lecteurs, voici donc la celle de la profession avec le prestigieux Goncourt. Un joli coup de pouce à l'écrivain car même si le prix n'est doté que d'un chèque de 10 €, l'enjeu est autrement plus important. Un roman primé s'écoule, selon les cas, de 200.000 à 500.000 exemplaires.

 

Interview d'Eric Vuillard dans l'Humanité: "Ce qu'on appelle fiction participe à la structure de notre savoir"

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR MURIEL STEINMETZ
VENDREDI, 5 MAI, 2017
L'HUMANITÉ
 

Son dernier livre traite d’un épisode de l’installation des nazis au pouvoir et de l’Anschluss qui s’ensuivit. Il tient que toute narration est un montage et, à partir d’exemples illustres, il analyse sous tous les angles la différence entre la description du monde et la pensée de l’auteur.

À l’occasion de la publication de l’Ordre du jour, le romancier nous parle ici, au fil d’une passionnante conversation d’atelier, de sa conception de la littérature et des rapports qu’elle entretient avec l’histoire.

Ce dernier roman, l’Ordre du jour, comme 14 Juillet, qui traitait en détail de figures du peuple en ce jour entre tous fondateur, et comme Congo, dont le sujet était la conférence de Berlin en 1885 où fut décidé le découpage de l’Afrique au profit des puissances coloniales, s’attache à suivre pas à pas quelques-unes des journées capitales allant du 20 février 1933, quand les capitaines d’industrie allemands passèrent à la caisse en faveur des nazis, à mars 1938. Pourquoi avoir privilégié ces dates ?

Éric Vuillard Dès que l’on raconte un épisode de l’histoire, le temps n’est plus une unité de mesure et toute narration est un montage. Il n’y a pas de récit linéaire. L’Ordre du jour raconte un épisode de l’installation des nazis au pouvoir, puis l’Anschluss, un de leurs premiers succès. ­Domine une impression pénible de petites combines et de mauvais coups. Cela permet de défaire le mythe : non seulement les événements ne sont pas inexorables, mais les plus grands crimes peuvent résulter des manœuvres les plus grossières. Ainsi, le livre parle de la guerre, mais sans la raconter. Il s’appuie sur ce que le lecteur sait pour chercher autre chose. Si l’on raconte l’avant-guerre, puis que l’on s’engouffre dans un récit détaillé du conflit et de ses horreurs, une fois parvenu à la fin, on a perdu de vue les manœuvres de couloir. En revanche, lorsqu’on passe des minables combines qui émaillèrent l’établissement des nazis au pouvoir, aux juifs qui après guerre demandèrent réparation, cela met côte à côte les causes et le résultat, ce qui n’est pas indifférent.

L’ensemble de vos livres témoignent d’une étourdissante connaissance historique. Comment peut s’insinuer, dans ce considérable corpus de documents dûment digérés, la part qui revient à la fiction proprement dite ?

Éric Vuillard Dans mes livres, je n’invente rien, je m’en tiens aux faits. Bien sûr, j’incarne les protagonistes, je leur prête des pensées, parfois des sentiments. Mais rien qui mène au-delà des faits. C’est là ma part de fiction, au sens restreint du terme. Je sais que Ribbentrop était intarissable durant son déjeuner d’adieu à Downing Street, afin de prolonger le repas et de retarder le moment où Chamberlain réagirait à l’invasion de l’Autriche. J’imagine alors une conversation mondaine et je le fais parler longuement de Bill Tilden, un célèbre joueur de tennis. En revanche, lorsque je rapporte que Ribbentrop était le locataire de Chamberlain, c’est un fait, et qui donne à réfléchir. Mais, en un sens plus vif, ce qu’on appelle fiction participe à la structure même de notre savoir. La connaissance n’est pas le traitement de données brutes et la fiction s’insinue déjà dans la lecture elle-même. En lisant, mon esprit est sans cesse aimanté par tel ou tel détail, un mot, une phrase, une description, une idée. Cette mosaïque est le fond réel de notre pensée. Dès le départ, dès que l’on trie les documents, comme l’écrivait Döblin : « Les grandes manœuvres commencent. » C’est que la connaissance ne consiste pas à déchiffrer des données, mais à produire un discours. L’un des versants de cette opération est le montage. On ordonne des événements, on établit des correspondances entre les faits, et tout cela compose une intrigue. C’est là, je crois, que la fiction s’enracine.

Notre rapport à la vérité se fonde sur un matériau hétérogène, notre pensée s’appuie pas à pas sur une phrase qui nous a marqués, une image, la conclusion d’un livre… C’est le lien entre tout ça qui est l’élément dynamique de la connaissance, et on l’apparente à la fiction. Pour le dire autrement, davantage que le fait d’incarner un épisode de l’histoire, c’est surtout la structure de mes livres qui relève de la fiction : lorsque je place côte à côte les suicides survenus à Vienne juste avant l’Anschluss et la conférence de Munich, je livre à la fois des faits et un discours. La fiction est ce qui fait tenir les deux ensemble.

Est-ce que Michelet, par exemple, peut être un modèle dont vous vous réclamez, dans la mesure où chez lui le style, joint à un parti pris historique fort, en a fait, pour ainsi dire, un grand écrivain d’histoire.

Éric Vuillard Même si l’heure des grandes synthèses est morte, j’ai beaucoup de plaisir à lire Michelet. Son écriture est puissante, une conception le guide, il l’affirme avec force ; et puis il y a son côté délirant, le Michelet de Barthes. Celui qui avait des migraines historiques !

Plus largement, peut-on vous demander quelques noms d’écrivains qui vous paraissent avoir déjà illustré le type de littérature qui est le vôtre ? Le Tolstoï de Guerre et Paix, pourquoi pas, quant à la méthode historique…

Éric Vuillard Lorsque, à propos de la réalisation du Dictateur, Chaplin déclare : « L’histoire est plus grande que le petit vagabond », il nous signale un point critique pour toute création. Avec la montée du fascisme, le personnage de Charlot ne suffisait plus. Il ne permettait pas de mettre en scène une réponse aux horreurs que le fascisme annonçait. Pour les mêmes raisons, j’aime la Vie de Galilée, de Brecht. La pièce a été écrite au gré des circonstances. Brecht y travailla longtemps, la reprit, à mesure que la science moderne le mit au défi de penser autrement. Les bombes atomiques américaines tombées sur le Japon furent à l’origine d’un changement de point de vue. Son œuvre est prise dans une conjoncture ; sa pensée est inscrite dans le temps. Cette attitude de Brecht me touche. C’est aussi ce qu’a fait Tolstoï avec Guerre et Paix. Dans sa première version, les dialogues des aristocrates sont souvent en français, et les descriptions sont ponctuées de longues digressions métaphysiques. Dans une version plus tardive, Tolstoï traduit les dialogues en russe et sabre la métaphysique. Cela tient à son évolution politique. Le livre doit pouvoir être lu par le grand nombre, il ne saurait être le privilège de quelques-uns. Sans quoi les conditions de lecture du livre reproduiraient les conditions sociales qu’il dénonce. Mais il y a parfois mieux que la tradition romanesque. L’Établi, de Robert Linhart, est un récit de première grandeur. Il y raconte son séjour en usine. Sa description du travail arrache au lecteur les dernières illusions qu’il avait sur le salariat. Et puis il y a deux tendances inverses. D’un côté, il y a le naturalisme, le réalisme, l’enquête préludant à l’écriture. De l’autre, il y a James Agee, la prose toute saturée de sa présence. Il faudrait parvenir à ne jamais évacuer le sujet, à ne jamais faire croire au lecteur qu’il est seul, que l’auteur n’est pas là. Mais il faudrait aussi retrouver le monde par l’autre bout, par la réalité extérieure, en investiguant. Car ce qui nous entoure ne peut être seulement imaginé, et nous ne pouvons jamais être soustraits du monde.

De fait, dans l’Ordre du jour, vous dressez le constat argumenté de la prise de pouvoir effective du nazisme grâce à l’accord bienveillant du grand capital allemand… N’est-ce pas là une interprétation marxiste ?

Éric Vuillard Mes livres expriment une défiance marquée à l’égard de ce qu’on appelait jadis le capital. Il existe une permanence du monde des affaires, une stabilité de ses intérêts. Certaines personnes morales sont désormais plus anciennes que des États, et parfois plus puissantes. Que les grands industriels allemands aient participé à l’installation des nazis au pouvoir me semble relever des faits. Ce sont les eaux glacées du calcul égoïste dont parle Marx.

Est-ce qu’au fond de votre projet ne se trouve pas un désir d’éduquer par le roman, en une période où ce genre, dûment affadi dans les petites aventures de chacun, évite volontiers d’agiter ce qu’on nommait jadis les grands problèmes ?

Éric Vuillard Il existe une tension interne, coextensive à l’histoire du roman, entre une description fidèle du monde et la pensée de l’auteur. D’une certaine manière, avec Madame Bovary, Flaubert a cru résoudre le problème : il se tient au plus près de quelques existences, au cœur d’un monde social finement décrit ; la cruauté incorporée à sa description faisant office de thèse sur la valeur de l’humanité, elle se donne pour un effet de réel, une libre conclusion du lecteur sur le monde. Le point de vue de l’auteur étant informulé, il se confond avec l’atmosphère du roman, il ne fait plus qu’un avec le style. Ainsi, la distance de Flaubert est la dimension essentielle de son message. Dans la vie de tous les jours, l’idéologie fonctionne exactement de la même manière. Elle est partout, et on ne la voit jamais.

Il existe une autre conception, une façon de ne pas dissoudre le problème, de ne pas l’effacer. Zola est en réalité plus féroce que Flaubert, c’est même ce qui agace. Avec Nana, par exemple, il souhaite raconter l’histoire de « toute une société se ruant sur le cul » ; l’affrontement est direct et il n’épargne pas les responsables, à travers le vieux Muffat de Beuville. La fille de Gervaise élève seule son fils Louis, né d’un père inconnu. Elle fait des passes pour arrondir ses fins de mois, puis devient cocotte, et confie son fils en garde. Quelques centaines de pages plus tard, elle meurt à vingt et un ans de la petite vérole. Je crois qu’en un temps où les chances de vivre comme on le souhaite sont très inégalement distribuées, il est important de trouver dans l’écriture de quoi traiter ce que vous nommez justement « les grands problèmes ». Pour la question de l’éducation, j’hésite. En tout cas, je ne m’insurge pas à l’idée d’une littérature didactique. Un trait assez symptomatique de notre temps est que l’art y répugnerait unanimement, cela doit retenir notre attention et nous rendre méfiant. On réclame des écrivains qu’ils se produisent, qu’ils participent à des ateliers, à des rencontres. En revanche, leurs textes ne devraient surtout pas être didactiques. La contradiction est curieuse et mérite d’être relevée. Et puis en dernière instance, c’est moi que j’éduque.

Combien de temps dans votre vie peuvent prendre l’élaboration puis la composition de vos romans ?

Éric Vuillard Le plus important est l’élaboration au long cours ; comme tout le monde, je lis des livres sur les sujets que je veux mieux comprendre. Ce n’est pas de la documentation, seulement de la lecture. Une fois que le désir d’écrire est là, il faut effectuer des recherches plus précises. Je les mène souvent de front avec l’écriture, pour ne pas perdre mon élan. Parfois, cela peut interrompre le travail ; il me faut aller en bibliothèque, aux ­archives… Cela peut prendre des ­semaines. Il arrive aussi que je cale, que le livre m’échappe. Il n’y a pas de règle, certains livres viennent très vite, j’ai écrit Congo en quelques jours. Mais d’autres fois je m’ensable, et je reprends le texte plus tard, quand les choses se dénouent. C’est d’ailleurs ce que l’écriture a de plus étonnant, les livres se répondent. On perd le fil, on oublie ses brouillons, le temps passe, et voici qu’un autre texte apporte la solution du premier.

Pour parler d’aujourd’hui, quelle journée vous semble-t-elle décisive dans les moments politiques que nous traversons et qui ne sont pas encore visiblement de l’ordre historique mais du quotidien angoissant ?

Éric Vuillard Il me semble que ce n’est pas tant une journée qu’un ensemble de dispositions contradictoires. D’un côté, les ralliements autour de l’un des candidats, censé être sorti de nulle part, sont tellement unanimes que cela a quelque chose de troublant. De l’autre, l’extrême droite incarnant la protection des salariés, il y a de quoi être étonné. Nous devons faire face à deux fables.

Le jour où le Capital a casqué

Ce livre, dans une forme originale qui n’exclut ni l’esprit didactique, ni l’incursion d’un « je » perplexe, s’ouvre donc sur la réunion secrète au Reichstag, le 20 février 1933 – en présence d’Hitler et de Goering –, quand 24 grands noms de l’industrie allemande (Bayer, Agfa, Krupp, IG Farben, Opel, Siemens, Allianz, Telefunken, etc.) passent à la caisse pour aider le parti nazi à faire campagne. « Ils sont, dit l’auteur, nos voitures, nos machines à laver, nos produits d’entretien, nos radios-réveils, l’assurance de notre monde. » C’est ensuite une foule de péripéties sur l’invasion de l’Autriche. Il est aussi question du procès de Nuremberg. Le tout fourmille de faits vrais, d’anecdotes parlantes, de portraits à l’eau-forte. Éric Vuillard explore sans peur ce que la grande histoire cache sous le tapis, avec une verve féroce, en rappelant que « les plus grandes catastrophes s’avancent souvent à petits pas ». M. S.

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5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 18:46
Reds dingue de la Révolution Russe: Arte programme le film de Warren Beatty sur John Reed demain lundi 6 novembre à 20h50
Warren Beatty et Diane Keaton

Warren Beatty et Diane Keaton


Demain soir lundi, ARTE sera dans le rouge avec la programmation à 20h50 du film REDS d’un Warren BEATTY au mieux de sa forme, avec pour vedettes Warren Beatty et Diane Keaton. 

Une fresque historique inspiré de la vie du journaliste militant communiste et écrivain John REED, qui fit la chronique de la révolution russe de 1917 et fut l'auteur du récit 10 jours qui ébranlèrent le monde ! (TEN DAYS THAT SHOOK THE WORLD) 

 

Un film habité, probablement le plus réussi de et avec Warren BEATTY qui reçut l'Oscar du Meilleur Réalisateur pour le film. 

 

https://www.arte.tv/fr/videos/037648-000-A/reds/

 

John « Jack » Silas Reed, né à Portland le 22 octobre 1887 et mort à Moscou le 19 octobre 1920

John « Jack » Silas Reed, né à Portland le 22 octobre 1887 et mort à Moscou le 19 octobre 1920

Note sur "Dix jours qui ébranlèrent le monde". Site Internet de France Culture

Récit d'histoire des débuts de la Révolution d'Octobre, le livre de John Reed est aussi l'œuvre d'un journaliste engagé, présent à Pétrograd dès la fin de l'été 1917. La dimension du reportage offre un cadre favorable à l'adaptateur, qui cherche à transposer dans la fiction les événements et les situations décrits. Mais il ne s'agit pas de n'importe quel reportage : la force particulière de John Reed est de nous entraîner au cœur d'événements qui ont compté comme les plus importants du siècle, qui ont été la référence et l'horizon des peuples en lutte pour leur libération. Ce n'est pas son seul statut d'acteur-témoin qui rend son livre inoubliable: John Reed écrit en poète. La plus lapidaire de ses phrases possède un tel pouvoir d'évocation que l'imagination de l'adaptateur se projette immédiatement dans l'espace radiophonique. Le plaisir, la complicité entrent en jeu, résonnant avec l'humour et l'ironie de John Reed, rejoignant sa compréhension des événements, loin des mensonges qui ont été déversés sur la Révolution d'Octobre et les bolchéviks.

Plus encore que dans ses propres poèmes, dont l'adaptation a tenu à donner un aperçu, John Reed fait œuvre de poète en restant à l'écoute des aspirations humaines fondamentales, comme ses camarades russes surent l'être pour les revendications des ouvriers et des paysans russes: "la paix, la terre, le contrôle ouvrier, la liberté". Cette écoute, il l'a manifestée dès le plus jeune âge, en suivant et défendant l'action des grévistes de Paterson, des paysans mexicains, des syndicalistes de l'IWW. La construction du scénario de l'adaptation permet de rendre compte de cette dimension et de cette histoire personnelle: rentré de Russie au printemps 1918, John Reed voit ses documents confisqués par la police de New-York. Réussira-t-il à écrire son livre ? Sa compagne Louise Bryant, qui écrit elle-même un ouvrage sur la Révolution, "Six mois rouges en Russie", lui fournira les documents nécessaires, jusqu'au moment où il pourra récupérer sa malle et ses affiches. Au cours des dix épisodes, le récit de Reed s'articule sur cette inquiétude, ainsi que sur les engagements du couple et de leurs amis américains Bill Chatov et Albert Rhys Williams. Entre Pétrograd et New-york, en compagnie des Américains impliqués dans la révolution russe, des syndicalistes comme Eugene Debs, engagés contre l'entrée en guerre des États-Unis, c'est ainsi la dimension internationale de la Révolution qui est donnée à entendre. À cela s'ajoutent les rencontres avec de célèbres femmes militantes, comme la bolchévique Alexandra Kolontaï et la Socialiste-Révolutionnaire de Gauche Maria Spiridonova, dont Louise Bryant a dressé d'émouvants portraits dans "Six red mounths in Russia".

Michel Sidoroff

Né à Portland (Oregon) en 1887, John Reed, rejeton de la bourgeoisie américaine, découvre les idées socialistes au cours de ses études à Harvard. Diplômé en 1910, il se tourne alors vers le journalisme et s’engage en faveur des mouvements ouvriers. Après avoir suivi Pancho Villa durant la révolution mexicaine, il se rend plusieurs fois en Europe et découvre la Russie en 1915. Farouchement opposé à la Première Guerre Mondiale et au régime tsariste, il arrive à Petrograd avec son épouse Louise Bryant en septembre 1917 et assiste avec enthousiasme à la révolution d’Octobre, événement qu’il raconte dans son ouvrage le plus célèbre : Dix jours qui ébranlèrent le monde. Après avoir contribué à la naissance du Communist Labor Party aux Etats-Unis, il retourne en Russie fin 1919 pour participer aux activités de l’Internationale communiste. Victime du typhus en 1920 à l’âge de 32 ans, il est enterré sur la place Rouge de Moscou, dans la nécropole du mur du Kremlin, aux côtés des révolutionnaires de 1917 dont il avait décrit le combat.

Reds dingue de la Révolution Russe: Arte programme le film de Warren Beatty sur John Reed demain lundi 6 novembre à 20h50
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5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 11:22
La Palestine à l'honneur du festival des solidarités internationales dans le pays de Morlaix: expo à Ti-an-Oll sur Gaza, et conférence débat le 23 novembre avec Corinne et Laurent Merer, Ciné-débat le 30 novembre autour du film "Derrière les fronts"

"Dans le Pays de Morlaix, le Festival des Solidarités est porté par le collectif La Maison du Monde qui rassemble les acteurs locaux de la solidarité́ internationale, de la mobilité́ internationale et de l’échange interculturel. Il est animé́ par le Réseau d’Échanges et de Services aux Associations du pays de Morlaix (RESAM) et propose à̀ cette occasion des manifestations qui permettent de dé- passer nos idées reçues, d’échanger et de s’interroger sur ce que nous pouvons faire pour rendre ce monde plus solidaire." Vous trouverez le programme complet à té- lécharger sur le site du Résam et sur celui de l’Afps du Pays de Morlaix. Ces initiatives sont aussi possibles grâce aux nombreux partenariats entre les Associations de Solidarité (AFPS, LDH, ACAT, CCFD, Amnesty International, Morlaix Solidarité Migrants...) et des partenaires locaux tels que La Salamandre, le Centre Ti An Oll ou la MJC de Morlaix...

LA PALESTINE en cette année de tristes commémorations pour son peuple sera bien présente lors du Festival. Pas moins de trois soirées seront consacrées à la situation à Gaza et dans toute la Palestine occupée.

Une exposition qui retrace l'histoire des victimes de l'attaque israélienne sur la bande de Gaza en juillet 2014, tuant 2200 Palestiniens dont plus de 500 enfants. Nous vous proposons de nous retrouver le Vendredi 17 novembre de 18 h à 20 h au Centre Ti An Noll pour le vernissage de et une rencontre avec Vivian Petit qui vient de sortir son livre "Retours sur une saison à Gaza". Une soirée durant laquelle nous tenterons une liaison vidéo avec Ziad Medoukh, directeur du département de français de l’université Al-Aqsa de Gaza et où nous pourrons entendre le témoignage d’Alain Guillo, un enseignant de la région qui a séjourné aussi à Gaza… À noter que l’expo sera visible du 17 au 24 novembre Il s’agit d’une co-organisation ACAT, AFPS, CCFD-Terre Solidaire, Ti an Oll.

 

2) Dans le même cadre nos ami-es de l’ACAT nous proposent une rencontre débat avec Corinne et Laurent MERER qui viennent témoigner de leur séjour de 3 mois en Palestine et qui, eux aussi viennent de sortir un livre : « S’ils se taisent, les pierres crieront… ». Ce sont des militants pour la paix que nous avions croisés à Jérusalem lors de notre voyage. Pendant leur séjour, ils participent à des piquets d’observation face à l’armée israélienne et n’hésitent pas à s’interposer quand les choses se passent mal devant les checkpoints par exemple… Ils seront présents le 23 novembre à 20h à Ti an Oll.

 

3) Enfin l'AFPS organise en partenariat avec La Salamandre un désormais habituel ciné-débat.

Cette année, c’est le JEUDI 30 NOVEMBRE que ça se passe. Avec la projection du film d’Alexandra Dols « Derrière les fronts, résistances & résiliences en Palestine ». La projection sera suivie d’un débat avec la réalisatrice. Le film sort en salle le 8 novembre et donne largement la parole au Dr Samah Jabr. Pour en voir la bande annonce suivre ce lien

https://www.youtube.com/watch?v=WJo5-QYDDbA&feature=youtu.be

Et pour aller sur le site dédié au film : http://derrierelesfrontslefilm.fr Ces trois soirées seront pour nous l’occasion de faire connaître la situation de Salah Hamouri et de présenter au public nos documents de la campagne nationale de l’Afps « Justice pour la Palestine ».

Informations du groupe AFPS pays de Morlaix

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5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 11:13
Ambroise Croizat et Pierre Darhéville: deux générations de députés communistes, un but: l'émancipation des travailleurs, l'égalité d'accès aux droits fondandementaux, la fin de l'exploitation capitaliste!
Ambroise Croizat et Pierre Darhéville: deux générations de députés communistes, un but: l'émancipation des travailleurs, l'égalité d'accès aux droits fondandementaux, la fin de l'exploitation capitaliste!

Ambroise Croizat et Pierre Darhéville: deux générations de députés communistes, un but: l'émancipation des travailleurs, l'égalité d'accès aux droits fondandementaux, la fin de l'exploitation capitaliste!

Pierre Darhéville à l'Assemblée Nationale: 

"Permettez-moi de citer un homme dont la parole fut rare, le ministre par qui elle est advenue : un métallo communiste nommé Ambroise Croizat.

Pointant du doigt « l’incertitude du lendemain qui pèse sur tous ceux qui vivent de leur travail », il affiche la volonté de garantir « qu’en toutes circonstances ils jouiront de revenus suffisants pour assurer leur subsistance familiale », car « c’est ainsi seulement […] qu’on permettra à tous les hommes et à toutes les femmes de développer pleinement leurs possibilités, leur personnalité ».
La Sécurité sociale n’était pas une évidence, elle a dû s’imposer. Dès le premier jour, du reste, d’aucuns s’affairèrent pour la remettre en cause. Il y a une raison fondamentale à cela, Ambroise Croizat le disait : nous avions la particularité de confier « à la masse des intéressés la gestion de leur propre institution, de manière que la sécurité sociale soit le fait non d’une tutelle paternaliste ou étatiste, mais de l’effort conscient des bénéficiaires eux-mêmes ».

C’est bien là tout le sens de la cotisation salariale, qui est le salaire pour la vie. Elle est le maillon essentiel de cet adage : de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins....."

Lire aussi: 

Qui le Croizat? Du travail et de la lutte des classes dissimulés en France - Discours d'Ismaël Dupont au banquet républicain du PCF Pays Bigouden le 25 février au Guilvinec

A l'origine du système des Retraites, de la Sécurité Sociale: "Ambroise Croizat ou l'invention sociale" par Michel Etiévent

Ambroise Croizat, batisseur de la Sécu

Les grands discours: Ambroise Croizat et la Sécurité Sociale, une "création continue" pour le progrès social

 

Budget de la Sécurité sociale: Pierre Darhéville, député communiste, défend l'oeuvre d'Ambroise Croizat à l'Assemblée Nationale
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4 novembre 2017 6 04 /11 /novembre /2017 09:05
Renaud Faroux, journaliste et historien de l'art, a fait le déplacement de Paris pour venir sensibiliser une soixantaine d'adhérents du Parti communiste français du Finistère à l'oeuvre et l'engagement politique de Picasso. (photo Le Télégramme)

Renaud Faroux, journaliste et historien de l'art, a fait le déplacement de Paris pour venir sensibiliser une soixantaine d'adhérents du Parti communiste français du Finistère à l'oeuvre et l'engagement politique de Picasso. (photo Le Télégramme)

Soixante adhérents du Parti communiste français du Finistère ont visité, mercredi matin, l'exposition Picasso, alors encore en place au Fonds Leclerc. Une visite suivie d'une conférence, animée par Renaud Faroux, journaliste et critique d'art parisien.

« Ces visites et conférences sur Picasso s'inscrivent dans une logique d'éducation populaire et de formation militante que nous voulons développer au sein du PCF. D'autres formations sont d'ailleurs prévues dans les mois à venir, sur, par exemple, l'enjeu du pluralisme dans les médias, au mois de février », signale Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF, à l'occasion de la viste de l'exposition Picasso au Fonds Hélène et Édouard Leclerc pour la culture. Renaud Faroux, en plus de présenter les oeuvres majeures de Picasso et de les replacer dans leur contexte artistique, a sensibilisé son auditoire à l'engagement politique de l'artiste.

Visible dans ses oeuvres


« L'engagement communiste de Picasso prend sa source dans la guerre civile d'Espagne. Il prendra d'ailleurs sa carte au PCF en 1945. Cet engagement est visible dans certaines de ses oeuvres, comme Guernica. Antifasciste, il s'insurge contre Franco. Il déclarera d'ailleurs que, tant que Franco sera vivant, son tableau Guernica ne sera jamais conservé en Espagne », a expliqué Renaud Faroux. Cette conférence a permis aux adhérents du PCF de faire la lumière tant sur l'artiste que sur l'homme engagé.

Le Télégramme, 4 novembre 2017 

 

Lire aussi: 

 

Picasso et la presse communiste (numéro spécial de L'Humanité - La Révolution Picasso, mars 2013)

Conférence de Renaud Faroux sur l'oeuvre de Picasso pour les adhérents du PCF - 1er novembre 2017, Landerneau

Expo Picasso à Landerneau: un grand moment d'éducation populaire avec le critique d'art Renaud Faroux pour les adhérents communistes à la clôture de l'exposition le 1er novembre 2017

L'engagement communiste de Pablo Picasso

 

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