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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 19:17
Jack Ralite en 2009 à Brest- photo Jean-Marc Nayet

Jack Ralite en 2009 à Brest- photo Jean-Marc Nayet

Jack Ralite : un homme libre, un homme sans frontières, qui ne se laissait dicter sa pensée par personne. 

"Chacun est un être singulier, le rêve c'est que ce singulier soit  imbibé du collectif, ce collectif étant lui-même imbibé de tous les  singuliers". 
Jack Ralite 

La disparition de Jack Ralite est un choc, même si nous nous étions préparés à cette issue depuis plusieurs jours. Nous perdons un communiste et un homme politique d'envergure, un des meilleurs défenseurs de la culture, un homme qui a exercé les plus hautes  responsabilités au niveau de l'État, de son parti, le PCF, de sa ville, Aubervilliers. Jack Ralite,  a été un des dirigeants communistes les plus  respectés : bien sûr dans son Parti, auquel il est resté fidèle toute  sa vie,  dans toute la Gauche et chez les écologistes mais aussi à  droite. Dans tous les lieux où il a exercé sa présence, il a fait  partager ses idées. Ce fut le cas au gouvernement Mauroy, à l'assemblée nationale, à la Région Île de France, au Sénat – ou à Aubervilliers dont  il fut le maire, et aussi chez les créateurs, qu'ils soient écrivains, acteurs, metteurs en scène, cinéastes, philosophes, sociologues, ou médecins, chercheurs... 

Jack était un homme libre, un homme sans frontières, qui ne se laissait dicter sa pensée par personne. 

Jack Ralite était considéré comme l'ami des gens de culture et considéré  par eux comme l'un des leurs. Avec « les états généraux de la culture » qu'il a fondés, il a combattu pour l'exception culturelle, les droits d'auteurs, .. . . 

Comme beaucoup, j'ai toujours été frappé par sa culture, son amour des  mots, sa passion pour chercher le nouveau, mettre à jour les absurdités de ce monde. A chaque fois que je le croisais, il conseillait une lecture, une pièce de théâtre. Tel l'abeille il aimait butiner d'une œuvre à une autre, écrivant sur des bouts de papiers une pensée, une citation, une question..  Travailleur infatigable, Jack Ralite lit et relit des passages entiers de Saint-John Perse, de Bernard Noël, de  Julien Gracq, de René Char, de Mahmoud Darwich, de Neruda et d'Aragon,... C'est dans ces moments-là que se passe l'indispensable rencontre entre le politique et le poétique. De cette rencontre avec des œuvres, des  auteurs     naissait sa pensée, pleine de fulgurances, ouvrant des chemins encore en jachère alimentant sans cesse notre propre réflexion sur l'art et la politique, la liberté du créateur, le théâtre, la beauté des choses. 

Il a été de tous les combats pour la liberté de création en France comme dans le monde. 

Encore aujourd'hui, il m'arrive de relire ses interventions au Sénat. Orateur hors pairs, il mettait par sa verve, ses arguments et par toujours quelques citations bien choisies, le public et ses adversaires  politiques dans la poche. Il les subjuguait.  Parce qu'il mettait sa culture, la culture au service des gens, de sa propre pensée. 

Dans un de ses derniers textes paru le 1er mars 2017 dans son journal l’Humanité, il écrivait avec 
Meriem Derkaoui, maire d'Aubervilliers, Lucien Marest ancien responsable du secteur Culture du PCF,  : 

« les œuvres sont intransigeantes et ce qui peut aussi améliorer leur  appropriation par le plus grand nombre, c'est d'abord le recul des inégalités sociales et ­territoriales qui ont tendance à ­exploser en  ces temps où la précarité, le chômage de masse, les bas salaires, le culte de la violence, l'idéologie ­asservissante du divertissement rendent difficile et quelquefois impossible une nouvelle rencontre 
entre le peuple et la culture. » 

  Cela « résume » pour moi, l'action de  Jack Ralite. 

Il aimait sa ville, Aubervilliers. Et les habitant.e.s le lui rendaient  bien. Il voulait le meilleur pour les habitant.e.s . Il a été un des artisans de la décentralisation culturelle. Il est à l'initiative de la  création à Aubervilliers du premier centre dramatique national de la décentralisation ouvert,  le théâtre de la Commune, dirigé par Gabriel Garran. 

Les habitant.e.s, il les considérait comme des « experts du quotidien ». Parce qu'ils étaient des experts , il fallait écouter, entendre leurs détresses, leurs souffrances, mais aussi leurs espoirs, 
leurs revendications. Il les portait avec fidélité dans chaque hémicycle, chaque tribune où il pouvait se faire entendre. Son combat contre les injustices, contre les inégalités nous les faisons nôtres. 

Nous faisons nôtre cette conviction que le système capitaliste a fait son temps, et qu'il y a besoin d'inventer, de créer un nouveau monde qui respecte chaque être vivant. 

Jack était un passeur, un passeur d'idées, un passeur d'actions, un passeur de mots. Nous prenons avec fierté le passage de témoin qu'il nous a transmis. 

Dans sa ville, il a su passer le relais à Pascal Beaudet, et à Meriem Derkaoui qui à leur façon poursuivent son action. 

Aux habitant.e.s d'Aubervilliers, à sa maire et ses élu.e.s, aux  artistes, aux femmes et hommes de culture, aux communistes, à ses proches, à ses ami.e.s, à sa famille, à Denis, Sophie, Pascal et leur 
maman Monique, je présente toutes mes condoléances, et celles du PCF, toute mon amitié, et ma solidarité. 


Pierre Laurent 
secrétaire national du PCF 


Paris, 12 novembre 2017

-- 
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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 18:38
photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

Notre camarade Valère Staraselski, auteur de plusieurs livres sur Aragon,  était présent à Morlaix ce samedi 11 novembre à la librairie Dialogues pour dédicacer son dernier ouvrage sur la Fête de l'Humanité et son roman sur le passé de la Pologne pendant l'occupation nazie, "Le Parlement des cigognes". 

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Résumé de l'éditeur - pour "Le Parlement des Cigognes"

Le Cherche Midi 

Cracovie, au cœur de l'Europe : durant la visite d'une galerie de peintures, de jeunes français rencontrent un vieillard insolite portant nœud papillon en laine et canne à pommeau. Il se tient immobile devant un tableau représentant des cigognes. Qui est cet homme si irradiant d'énergie ?

Au travers d'un récit bouleversant, le vieil homme témoigne de son expérience dans un pays jadis asservi par les nazis. Il livre cette part de vérité sans laquelle il n'est pas de liberté possible. Cette vérité irréparable que l'on porte en soi pour toujours.

Une poignante leçon d'histoire.

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Plusieurs adhérents de la section PCF de Morlaix ont pu échanger avec Valère au cours d'un moment chaleureux. 

La Fédération du Finistère du PCF devrait inviter Valère Staralselski pour une conférence-débat sur Louis Aragon au début de l'année 2018. 

Voici quelques photos prises par Jean-Luc Le Calvez.  

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 18:04
Parti communiste. « Casse des services publics : partout on déshumanise » (Ouest-France, 12 novembre 2017)

http://www.letelegramme.fr/finistere/quimper/parti-communiste-casse-des-services-publics-partout-on-deshumanise-12-11-2017-11737436.php

Dans un communiqué, la fédération du Finistère du Parti communiste français, s'élève « contre la casse des services publics dans le Finistère, [...]notre patrimoine commun, des outils de vie quotidienne et d'aménagement du territoire qui sont en danger ».

Le Parti communiste affirme « tout particulièrement (sa) solidarité avec le mouvement des postiers et facteurs en grève, parfois depuis une semaine, à Carhaix, Briec, Quimperlé. Les annonces sur un déplacement du centre de tri de Brest à Rennes nous inquiètent aussi fortement.

Nous soutenons les revendications des cheminots de la gare de Quimper qui luttent contre la réduction des horaires d'ouverture et la suppression des postes de guichets en gare de Quimper et Châteaulin.

Partout, on déshumanise, gare après gare, l'accueil des usagers du train. La presque totalité des cheminots de la gare de Quimper se sont mis en grève, deux vendredis consécutifs, afin d'empêcher ces mesures et le conflit est toujours en cours.

C'est, plus largement, également tous les fonctionnaires (santé, maisons de retraite, éducation, services sociaux...) qui sont confrontés aux réductions massives de postes (emplois aidés...) et moyens financiers alors que les besoins n'ont jamais été aussi grands ».

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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 15:59
Grève à la Poste, chez les Cheminots, interpellations des personnels de la santé, des finances publiques, multiplication des mouvements de luttes des fonctionnaires pour la défense des services publics dans le Finistère: communiqué du PCF 29

A Brest, le 10 novembre 2017 

 

Communiqué du Parti Communiste Français, Fédération du Finistère:

 

Casse des services publics dans le Finistère, cela ne peut plus durer! 

 

La Fédération du Parti Communiste Français du Finistère apporte son soutien aux travailleurs et à leurs syndicats qui luttent et résistent contre la casse de leurs emplois, leurs conditions de travail et la réduction des services publics à la population. Les usagers sont souvent de la partie aussi pour défendre ces services publics, à travers la création de comité de défense des hôpitaux de proximité, du rail, des services postaux, car c'est notre patrimoine commun, des outils de vie quotidienne et d'aménagement du territoire qui sont mis en danger. 

 

En ce moment, nous  affirmons tout particulièrement notre solidarité avec le mouvement des postiers et facteurs en grève, parfois depuis une semaine, à Carhaix, Briec, Quimperlé.  Les annonces sur un déplacement du centre de tri de Brest à Rennes nous inquiètent aussi fortement.  

 

Nous soutenons les revendications des cheminots de la gare de Quimper qui luttent contre la réduction les horaires d'ouverture et la suppression des postes de guichets en gare de Quimper et Châteaulin. 

 

A Quimper, les horaires d'ouverture aux guichets se réduisent considérablement: 3 guichets sont ouverts en semaine au lieu de cinq actuellement et tous les guichets seraient fermés le dimanche. C'est inacceptable. Partout, on déshumanise gare après gare l'accueil des usagers du train. La presque totalité des cheminots de la gare de Quimper se sont mis en grève 2 vendredi consécutifs afin d'empêcher ces mesure et le conflit est toujours en cours. 

 

De même, nous avons des grosses inquiétudes sur le remplacement des TGV par des TER sur la ligne Rennes-Quimper alors que les trafics doivent augmenter et que les efforts et investissements ont été fait en grande partie par les bretons.

 

Nous affirmons également aussi notre soutien total aux agents des Finances Publiques qui luttent et souffrent face à la réduction de leurs moyens alors que la fraude fiscale n'a jamais été aussi grande, comme le montrent les tristes exemples des Panama et Paradise papers, symptôme du fonctionnement ordinaire d'un capitalisme rapace. Là aussi, les guichets sont de plus en plus fermés, des jours entiers, pour les usagers des centres de Finances Publiques et les Trésoreries locales ferment les unes après les autres, avec une perte sèche par rapport à leurs activités de conseil et de proximité. 

 

C'est plus largement, également tous les fonctionnaires (Santé, Maisons de retraite, Education, Services sociaux...) qui sont confrontés aux réductions massives de postes ( emplois aidés... ) et moyens financiers alors que les besoins n'ont jamais été aussi grands.

 

Le choix du moins-disant social, de la privatisation et d'une société fondée essentiellement sur le marché contre le service public a été clairement fait par Macron, et il le mettra en oeuvre de manière encore plus violente probablement que ses prédécesseurs Messieurs Chirac, Sarkozy et Hollande. 

 

Face à ces régressions tout azimut qui transforment en profondeur notre société en laissant la part belle au business contre les intérêts du peuple, à la compétition, au libre jeu des inégalités, contre les objectifs d'intérêt général portés par les services publics, les communistes sont solidaires et dans l'accompagnement de toutes les luttes, de toutes les tentatives pour inverser le cours des choses, car le service public est un choix de civilisation et l'héritage de conquêtes sociales et démocratiques auxquelles nous avons amplement contribué.  

 

Non, à l'évidence, ce qui est moderne, ce n'est pas le néo-libéralisme, ce n'est pas de tout livrer aux appétits marchands, de tout déréguler, de tout mettre en concurrence, avec à la clef, un abandon de territoires et de populations entières, particulièrement dans notre Pen-ar-Bed, et dans nos zones rurales. 

Grève à la Poste, chez les Cheminots, interpellations des personnels de la santé, des finances publiques, multiplication des mouvements de luttes des fonctionnaires pour la défense des services publics dans le Finistère: communiqué du PCF 29
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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 07:55
Hervé Hamon

Hervé Hamon

J'ai sous les yeux le rapport annuel du Secours catholique sur la pauvreté en France. Autant dire que j'aimerais mieux lire Conrad ou Melville. D'autant que Véronique Fayet, présidente de l'association, n'y va pas de main morte. Première observation : ça dure. D'année en année, notre pays abrite - si j'ose écrire - 9 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté, soit 1.015 euros par mois. La moitié sont actives, c'est-à-dire qu'elles touchent des salaires de misère. Beaucoup de familles monoparentales (un ménage sur trois), mais aussi des couples avec enfants. Et puis des « seniors », surtout des femmes veuves ou séparées. La pauvreté des étrangers pèse lourd. Sans papiers, réfugiés en attente d'un statut. Et même Européens, essentiellement Roms. Or, contrairement à la rumeur, insiste Véronique Fayet, ces derniers ont très peu recours aux aides, moins d'un tiers touchent le RSA alors qu'ils y auraient droit. Seconde observation. Cette pauvreté ne recule pas, et nous nous y habituons, nous en prenons plus ou moins acte. Non seulement une aile de la classe politique, des faiseurs d'opinion, crache sur les salauds de pauvres, dénonce leurs « abus », etc., mais, dit sans ambages Véronique Fayet, nos gouvernants pratiquent « une sorte de politique anti-pauvres » : baisse des allocations logement, suppression brutale de 200.000 contrats aidés, sans aucune concertation, accueil plus que parcimonieux des réfugiés et stigmatisation des exilés climatiques. Pendant ce temps-là, les « paradise papers » révèlent que l'optimisation fiscale n'est pas une déviance mais une méthode. Tous ces yachts planqués à Malte. Tous ces bénéfices nichés sous les cocotiers... En mai 68, on criait déjà « Enragez-vous ! ».
 

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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 07:32
Pierre Laurent

Pierre Laurent

 

Pierre Laurent : « La France est un pays profondément marqué par l’idée révolutionnaire »
Pierre Laurent est Secrétaire national du Parti communiste français (PCF).

Propos recueillis par Louise Gaxie.

Que représente pour vous le mot révolution ?

À mon sens, le mot révolution représente deux choses en ce moment. D’abord, une époque. Nous vivons un temps de révolutions : dans le travail, dans la mondialisation, mais aussi la révolution numérique, la révolution démographique.

Ensuite, une nécessité : celle de révolutionner les rapports sociaux pour rendre à tous le pouvoir de décider ce que l’on peut faire de toutes ces révolutions pour servir un nouveau progrès humain et protéger la planète.

Cette révolution des rapports sociaux est en gestation dans les bouleversements en cours, mais elle ne se déduit pas de ces changements profonds. Une conscience politique de la nécessité de révolutionner les rapports sociaux est indispensable. Elle est à construire.

Quelle(s) expérience(s) révolutionnaire(s) vous paraît (paraissent) particulièrement riche(s) d’enseignements ?

Je reste profondément inspiré par la Révolution française qui est un moment d’accélération et de transformation fondamentale des rapports sociaux. Ce qui me frappe, c’est la longueur du processus. Il ne se réduit pas aux quelques années de la Révolution. Il se déploie du siècle des Lumières à l’avènement de la République, jusqu’à l’adoption de la loi sur la laïcité qui impose définitivement, dans les principes fondamentaux de la République, la devise française : Liberté, Égalité et Fraternité. La Révolution française nous dit une chose importante : la révolution est un processus historique de longue portée et pas seulement un moment d’accélération politique.

Mais il y a bien d’autres exemples à citer. 1848, la Commune, 1917, la longue marche en Chine…, sont des révolutions qui tentent de faire triompher l’appropriation sociale des travailleurs dans le monde capitaliste. Ce sont évidemment des expériences fondamentales. Si elles ont permis des changements majeurs, force est de constater qu’elles n’ont pas fait aboutir ce processus. Elles doivent nous inspirer aujourd’hui, à condition d’être conscients que nous avons à réinventer, dans les conditions du XXIe siècle, le processus nécessaire d’appropriation sociale des pouvoirs. À notre époque, il ne pourra se conduire qu’en intégrant pleinement, à toutes les échelles, le caractère fondamental de la démocratie et la dimension mondiale de ce combat.

Le concept de révolution est-il toujours actuel selon vous ?

Je crois qu’il y a une très grande actualité à l’idée de la révolution. Le XXIe siècle est le siècle qui, le premier, va se confronter, à l’échelle de la planète tout entière, à la question du post-capitalisme. Le système capitaliste s’est mondialisé et a acquis, à la fin du XXe siècle, une hégémonie politique provisoire après la disparition de l’Union soviétique. Mais l’on sent bien qu’il se montre de plus en plus incapable de répondre aux nombreux défis contemporains, qu’il s’agisse de la justice et de l’égalité dans la mondialisation, des enjeux écologiques, de la nécessité d’un usage collaboratif du numérique ou encore d’un travail où les salariés ne sont pas déqualifiés, mais de plus en plus formés grâce au progrès de l’éducation. Quels que soient ces défis, le système capitaliste mondialisé n’est plus capable de porter les promesses d’épanouissement et d’émancipation humaine qu’ils ont en eux. Le monde craque, il souffre. Il est entravé dans ses développements, par les logiques court-termistes de la rentabilité et par l’exacerbation de la concurrence alors qu’il faudrait développer la coopération et le partage. Ce système est profondément dépassé.

La révolution qui consistera à libérer la société de ces entraves est vraiment à l’ordre du jour du XXIe siècle. Cela ne veut pas dire qu’elle adviendra. Nous sommes probablement à une époque où, si ce bouleversement des rapports sociaux ne se produisait pas, nous pourrions au contraire aller vers un monde de plus en plus brutal, violent et inégalitaire, un monde où la domination des puissances multinationales risquerait de devenir extrêmement présente dans nos vies quotidiennes et dans le contrôle de nos libertés. Une révolution nouvelle des rapports sociaux est donc d’une actualité totale.

Comment pourrait-on révolutionner la société aujourd’hui ?

En poussant, dans la société, tous les mouvements d’émancipation qui sont déjà présents. Les évolutions du travail le poussent à devenir de plus en plus collaboratif si l’on veut bénéficier de manière intelligente de toutes les capacités productives nouvelles des travailleurs, de leur niveau de formation, de leur capacité d’intervention. Il faut donc promouvoir les usages collaboratifs et d’appropriation sociale du travail. Il faut faire reculer la confiscation grandissante de la création de richesses par des puissances économiques et politiques de plus en plus fortes. Ces puissances sont de plus en plus anachroniques. Elles conduisent à un monde aberrant : nous n’avons jamais eu autant de richesses pour résoudre les problèmes de l’humanité et, pourtant, les inégalités n’ont jamais été aussi vertigineuses. Nous devons faire reculer l’appropriation privée de plus en plus en spectaculairement confiscatoire des richesses créées par le travail au profit du plus grand nombre. C’est possible dans bien des domaines.

Nous vivons une époque où l’individualité s’affirme avec force. Elle peut prendre le chemin d’une mise en concurrence exacerbée des individus ou celle d’un potentiel très fort d’émancipation humaine, individuelle et collective. C’est très frappant pour moi avec la question des droits des femmes : la conquête d’une égalité pleine et entière des femmes et des hommes est probablement l’un des chemins les plus puissants de la révolution possible des rapports sociaux au XXIesiècle.

Faire la révolution aujourd’hui, c’est donc prendre conscience des immenses possibilités de libération des individus, des populations et pousser en avant tous les potentiels émancipateurs dans la société, dans le travail, dans l’affirmation des femmes et des hommes, dans le recul des processus de confiscation des richesses, dans la démocratie. La révolution du XXIe siècle s’annonce donc comme un processus de long terme qui se développera probablement de manière inégale et diverse à l’échelle de la planète, mais avec des dimensions internationalistes et mondiales de plus en plus fortes. En effet, quelle que soit la poussée révolutionnaire, émancipatrice ou démocratique, elle a besoin du soutien international pour tenir dans la durée. Sinon, les logiques de la mondialisation et la puissance de concentration du capital financier deviendraient des obstacles difficilement surmontables. Il y a également des sujets comme la question écologique, le féminisme ou encore la lutte contre le pouvoir des transnationales qui vont cristalliser une prise de conscience mondiale. C’est la conjugaison de tous ces mouvements et de notre capacité à leur donner du sens dans la durée qui fera ou non un processus révolutionnaire.

Quelle est la question non posée à laquelle vous auriez aimé répondre ?

Pourquoi l’idée de révolution reste-t-elle aussi forte en France ? Je crois que la France est un pays profondément marqué par cette idée, pas seulement à cause de la Révolution française. Sans en avoir suffisamment conscience, notre pays a poussé, à plusieurs moments de son histoire, des transformations de nature révolutionnaire. C’est le cas de la Sécurité sociale. Il s’agit d’un modèle d’appropriation sociale de la richesse créée par le travail profondément révolutionnaire. C’est pour cette raison que cette conception reste l’enjeu d’un affrontement capital/travail qui n’a, en vérité, jamais cessé depuis sa création. Il en va de même avec l’invention des congés payés par le Front populaire. L’idée d’un temps émancipé de l’aliénation du travail est une idée fondamentalement révolutionnaire.

Notre pays n’a donc cessé de travailler des idées révolutionnaires et les racines de cette tradition française sont profondes. Ce mot a d’ailleurs une connotation positive et ce n’est pas un hasard si Macron a appelé son livre Révolution. Sans vision ethnocentriste, je pense que les conditions existent pour que la France puisse jouer un rôle très important dans l’accélération des mouvements révolutionnaires du XXIe siècle.

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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 07:27
Elle s'est éteinte le 12 novembre 1989: Dolorès Ibarruri, "la Pasionaria: une fleur du XXe siècle" (José Fort, L'Humanité spécial guerre d'Espagne, septembre 2006)
Elle s'est éteinte le 12 novembre 1989: Dolorès Ibarruri, "la Pasionaria: une fleur du XXe siècle" (José Fort, L'Humanité spécial guerre d'Espagne, septembre 2006)
Elle s'est éteinte le 12 novembre 1989: Dolorès Ibarruri, "la Pasionaria: une fleur du XXe siècle" (José Fort, L'Humanité spécial guerre d'Espagne, septembre 2006)
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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 07:12
Patrice Bessac, président de l'ANECR

Patrice Bessac, président de l'ANECR

Appel de l’Association Nationale des Élus Communistes et Républicains aux maires de France

« Ne pas accepter la mise sous tutelle de nos communes »

 

Ces quatre dernières années, nos collectivités territoriales ont été soumises à rude épreuve.
Les dotations que l’État nous verse pour compenser les compétences que le législateur nous a transférées ont été diminuées de façon inédite dans l’Histoire de notre pays.
Entre 2015 et 2017, près de 11 milliards d’euros ont été ainsi soustraits arbitrairement et brutalement à l’ensemble de nos collectivités.
Contraints par la loi à l’équilibre de nos budgets et soucieux d’éviter à nos collectivités la mise sous tutelle étatique, nous – élus locaux – avons procédé, en responsabilité et en conscience, à des choix draconiens :
Réorganisation des services publics, reports de projets d’investissements, diminution des périmètres de nos politiques publiques, baisse de subventions, réduction de la masse salariale… nous avons actionné l’ensemble des leviers dont nous disposions comme maires avec le souci de maintenir un service public de qualité pour nos concitoyens.
Nous n’avons pas seulement participé au redressement des comptes publics. Nous en avons été les principaux acteurs.
En trois ans, de 2013 à 2016, la baisse du déficit de l’État est, pour 85 %, le fruit des efforts que les collectivités locales, dont nos communes, ont fourni.
Aujourd’hui, le Président de la République exige des élus locaux qu’ils réalisent dans les cinq années à venir, 13 nouveaux milliards d’euros d’économie.
En moins de 10 ans, ce seraient près de 25 milliards d’euros dont nos services publics locaux se verraient privés.
Ces annonces condamnent nos collectivités locales à une mort par asphyxie budgétaire.
Cette fois, pas de réduction brutale des baisses de dotations mais un tour de bonneteau qui fait reposer la promesse du maintien des dotations de l’Etat sur la capacité de nos collectivités à réduire elles-mêmes leurs dépenses de fonctionnement.
Moins de dépenses de fonctionnement, c’est inévitablement moins de services publics pour nos populations, moins de subventions pour nos associations, moins de culture, de santé, de sport et de vie sur nos territoires.
Nous, maires et élus des territoires de la République, refusons de nous faire hara-kiri et de faire payer à nos concitoyens les choix budgétaires du Gouvernement.
Le Président de la République appelle de ses vœux un « pacte girondin » entre l’État et les collectivités, glosant sur des libertés nouvelles auxquelles aucun d’entre nous ne pourra en réalité prétendre tant la contrainte budgétaire sera insupportable.
Les contrats proposés aux 319 principales collectivités locales de France s’apparente dès lors à une mise sous tutelle.
La seule liberté promise serait celle du contrat ; un contrat passé individuellement entre les collectivités et les préfets, lesquels, nous dit-on, disposeront d’un « pouvoir d’appréciation », porte ouverte sur tous les arbitraires et rupture de l’égalité républicaine entre nos territoires.
Nous – Maires de France – dénonçons un retour en arrière sans précédent sur les lois de décentralisation et une attaque en règle contre les libertés des communes, des départements et des régions qui depuis la loi du 2 mars 1982 avaient vu supprimé le contrôle administratif du représentant de l’État pour le remplacer par un contrôle juridictionnel et un contrôle budgétaire spécifique.
Les collectivités locales ne sont pas des services déconcentrés de l’État.
Conformément à l’article 72 de la Constitution, « elles s’administrent librement et bénéficient de ressources dont elles peuvent disposer librement ».
La situation nouvelle qui se dessine doit nous appeler à une immense vigilance, qui dans les fait, nous conduira à poser une Question prioritaire de constitutionnalité sur le projet présidentiel à l’endroit des collectivités territoriales.
Creusets démocratiques de notre République, nos communes ne peuvent pas être réduites à l’état de variables d’ajustement.
Nous avons été élus par nos concitoyens pour défendre et faire valoir leurs droits et les intérêts de leurs territoires et ceux, bien pensés, de la Nation.
Nous nous y attachons et continuerons à le faire tout au long de nos mandats.
Considérant que les contrats proposés contreviennent aux dispositions de la
Constitution sur la libre administration des collectivités locales,
Considérant qu’ils constituent une rupture dans l’Egalité entre nos territoires,
Considérant qu’ils menacent l’avenir de nos services publics locaux et, partant, de la cohésion de la République française,
En conséquence de quoi, Monsieur le Président de la République, nous ne signerons pas ces contrats en l’état.
Nous affirmons notre opposition résolue à toutes ces dispositions et notre volonté de protéger nos collectivités de la mise sous tutelle étatique et, nous vous demandons, de recevoir notre délégation avant la conférence des territoires qui se tiendra mi-décembre pour rouvrir un dialogue sur des bases plus justes et plus équitables avec nos territoires.

Le 10 novembre 2017

Appel de l'Association Nationales des Elus Communistes et Républicains aux maires de France: "Ne pas accepter la mise sous tutelle de nos communes" (10 novembre 2017)
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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 07:39
Alain et Eric Bocquet invités du PCF le 5 avril à Quimper pour parler de l'évasion fiscale et présenter l'enquête de leur livre "Sans Domicile Fisc" - ici avec Ismaël Dupont, secrétaire départemental, et Yvonne Rainero, secrétaire de la section PCf de Quimper (une réunion un mercredi à 15h qui avait réuni plus de 110 personnes)

Alain et Eric Bocquet invités du PCF le 5 avril à Quimper pour parler de l'évasion fiscale et présenter l'enquête de leur livre "Sans Domicile Fisc" - ici avec Ismaël Dupont, secrétaire départemental, et Yvonne Rainero, secrétaire de la section PCf de Quimper (une réunion un mercredi à 15h qui avait réuni plus de 110 personnes)

Alain et Eric Bocquet

Alain et Eric Bocquet

Samedi 25 Novembre 2017 - 14h Fête de l'Humanité Bretagne Lanester 
Intervention citoyenne contre l'évasion fiscale avec les frères Bocquet, auteurs de 
Sans domicile fisc.
Un débat à ne pas manquer!

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Éric Bocquet : « On est au-delà de l’immoralité »
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR PIERRIC MARISSAL
MARDI, 7 NOVEMBRE, 2017
L'HUMANITE
 

Après les Paradise Papers et la fuite de plusieurs millions de documents, le sénateur PCF Éric Bocquet appelle à « établir une définition commune et internationale des paradis fiscaux ».

Un nouveau chapitre de révélations sur l’évasion fiscale des riches, des puissants et des multinationales s’ouvre avec la fuite de plusieurs millions de documents compilés et analysés depuis un an par le Consortium international des journalistes d’investigation (Icij). Fondé aux Bermudes, le cabinet Appleby, dont proviennent les documents, se veut une institution respectable. Ses pratiques ne sont pas illégales, assure-t-il dans un communiqué offusqué. Et la première salve de publications montre que, outre la reine d’Angleterre, des personnalités au cœur du pouvoir abusent de l’optimisation fiscale. Ainsi, 13 membres de la garde rapprochée de Trump, dont le ministre de l’Économie et le vice-président de la Banque centrale américaine, sont mouillés. Preuve s’il en est que l’évasion fiscale est au cœur du système libéral. Le sénateur PCF du Nord Éric Bocquet, coauteur du livre plus que jamais d’actualité Sans domicile fisc (éditions du Cherche Midi), éclaire ces dernières révélations.

Depuis le début des révélations, on tergiverse beaucoup sur le côté immoral mais légal de l’optimisation fiscale. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Éric Bocquet Il faut dépasser ce débat entre optimisation légale et évasion illégale. J’aime citer l’ancien chancelier de l’échiquier britannique Denis Healey qui disait que la différence entre les deux résidait dans l’épaisseur du mur de la prison. Si l’optimisation était légale, pourquoi tant d’opacité et d’ingénierie pour dissimuler ces pratiques ? Dès lors qu’on opacifie à dessein, qu’on met en difficulté les États et les services publics par les ressources budgétaires qui leur échappent, on est au-delà de l’immoralité, on est dans le scandale, l’indécence. Donc il n’y a pas de question à se poser, ces pratiques doivent être combattues et interdites.

Que sont ces cabinets d’avocats dont il est à nouveau question ?

Éric Bocquet Ce sont des rouages cruciaux dans la chaîne de la responsabilité collective de l’évasion fiscale. Il y a les banques, les multinationales, les milliardaires et au milieu, ces cabinets d’audit et de conseil proposent les schémas d’évasion fiscale à leurs clients. Les Panama Papers ont révélé les documents d’un seul cabinet, Mossack Fonseca, là il s’agit d’un autre, Appleby, mais il y en a des milliers à Singapour, à Londres, à Hong Kong… Dans une île comme Chypre, qui est membre de l’Union européenne, il y a 20 000 avocats fiscalistes.

Pourquoi en France forme-t-on encore ce genre d’avocats fiscalistes dans des universités publiques ?

Éric Bocquet C’est une vraie question. Éric Vernier, qui enseigne la finance à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), alerte sur la nécessité d’introduire de l’éthique dans ces formations. Dans ses propres cours, de plus en plus d’étudiants rêvent de devenir des genres de Jérôme Kerviel et de brasser des millions. La finance leur fait miroiter des gains faciles sans jamais parler d’intérêt général.

Ces scandales à répétition peuvent-ils changer les choses ?

Éric Bocquet On en est à un scandale par an. Il y a eu HSBC, UBS, les Offshore Leaks, les LuxLeaks, les SwissLeaks, les Panama Papers… Aujourd’hui les Paradise Papers, et demain cela continuera. Tant qu’on ne s’attaquera pas en profondeur et dans la durée à ce système qui s’est installé lors de ces trois ou quatre dernières décennies. Il faut saluer le travail de l’investigation, des lanceurs d’alerte, des syndicats, des ONG comme Attac, Oxfam, le CCFD-Terre solidaire… Tous sensibilisent, se battent au quotidien et participent à créer un mouvement de fond qui pourra faire bouger les choses. Mais c’est le politique qui définit des règles. Enfin normalement, car aujourd’hui on voit des multinationales qui fixent leur propre taux d’impôt et vont le négocier avec les pays les plus accueillants… Et si on reproche à une banque française d’avoir des filiales aux Bermudes, elle répondra qu’elle est en conformité avec la réglementation française. Idem pour Monaco, Jersey ou Guernesey, qui sont pourtant aujourd’hui à nouveau mis en cause dans les Paradise Papers. Il faut donc commencer par établir une définition commune et internationale des paradis fiscaux, une liste claire et de la transparence. On l’exige chez les parlementaires, et c’est bien normal, mais on ne la demande ni aux multinationales, ni aux banques, ni à ces cabinets d’avocats. Et il faut arrêter de dire que l’évasion fiscale est un dysfonctionnement de l’économie libérale, elle est au cœur du système. Henry Morgenthau, secrétaire d’État de Roosevelt dans les années 1930 aux États-Unis, disait que l’impôt était le prix à payer pour vivre dans un monde civilisé. Et les multinationales veulent la jungle.

Peut-on espérer une réponse politique ?

Éric Bocquet On est dans un contexte où le politique a capitulé, il y a eu tellement de complicités et de renonciations. La France s’honorerait d’incarner cette résistance, d’avoir un autre rôle. Mais non, Macron repousse les discussions sur la taxe Tobin à l’échelle européenne, fait la flat tax sur les revenus du capital… Ce gouvernement est au service de l’argent et, comme le précédent, il joue le jeu du dumping fiscal mondial. L’impôt sur les sociétés était à 33 %, il est passé à 28 et sera bientôt à 25 %. Anecdote éclairante : lors d’une audition à la commission des Finances du Sénat au mois de mai, les représentants de la finance et la directrice générale du Trésor de Bercy, autrement dit les banques et la République main dans la main, ont tenu le même discours : profitons du Brexit pour attirer les institutions financières. Les banques ont mis deux conditions : pas de taxes et une réforme de fond du Code du travail. Lorsqu’on dit que c’est la finance qui fait la politique des États, il n’y a qu’à voir les réformes récentes pour voir où nous en sommes… Le combat à mener est là. Reconquérir le pouvoir concédé à la finance. On le voit bien avec Emmanuel Macron, mais c’est encore plus vrai avec Donald Trump, dont les ministres, les conseillers, les financeurs sont impliqués dans le scandale. Voilà un président des États-Unis qui peut se vanter de ne pas avoir payé d’impôt fédéral depuis vingt ans sans que cela ne gêne outre mesure et qui, dans sa première administration, a employé 3 personnes de Goldman Sachs, la plus puissante banque d’affaires du monde… On tue la politique à dessein, car on préfère gérer la société sans le peuple, et tant pis pour les taux record d’abstention aux élections. L’oligarchie, ce n’est pas une vue de l’esprit, ça existe.

Éric Bocquet, Sénateur PCF, est coauteur de Sans domicile fisc

Le vertige des chiffres

Dans le sillage du Monde, la presse avance que l’évasion fiscale représente 20 milliards d’euros par an en France, 120 pour l’Europe, 350 dans le monde. Or, « les évaluations réalisées par les deux commissions d’enquête parlementaire, l’une au Sénat et l’autre à l’Assemblée, estiment que l’évasion fiscale en France est comprise entre 60 à 80 milliards d’euros chaque année », explique le sénateur Éric Bocquet. À l’échelle mondiale, l’économiste Gabriel Zucman, dans la Richesse cachée des nations, estime que 8 % de la richesse serait stockée dans les paradis fiscaux, soit 5 000 milliards d’euros.

Journaliste, spécialiste des nouvelles technologies
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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 07:07
Valère Staraselki, spécialiste d'Aragon, présent à Dialogues Morlaix le samedi 11 novembre à 10h30 pour une Rencontre et la présentation de son beau livre sur la Fête de l'Humanité et son histoire
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