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14 novembre 2017 2 14 /11 /novembre /2017 19:51
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14 novembre 2017 2 14 /11 /novembre /2017 19:30
Lettre de Salah Hamouri à ses comités de soutien depuis sa prison du Neguev

Depuis la prison du Néguev, Salah Hamouri nous adresse ces quelques mots.


"J’ai ressenti une étrange sensation, lorsque, le 23 août, aux alentours de 4h30, si je me souviens bien, j’étais tiré de mon sommeil par des bruits sourds. Quelqu’un s’acharnait sur la porte de mon appartement et appuyait nerveusement sur la sonnette à répétition. Je me suis dit que je connaissais ce type de vandalisme mais dans les toutes premières secondes, je pensais qu’il s’agissait d’un rêve. Je vis dans un bâtiment de six étages, à Jérusalem-Est. Chaque étage est composé de deux appartements. Les soldats et leur commandant ne savaient exactement dans quel appartement je vivais, alors, ils ont frappé brutalement à chaque porte. J’ai alors eu une pensée pour mes voisins, tous réveillés en plein nuit par les soldats, terrorisant chaque famille, je pouvais entendre des enfants pleurer.
 
Les soldats n’ont pas cessé de frapper sur ma porte jusqu’à ce que je finisse par ouvrir, encore engourdit par le sommeil. Le premier soldat que j’ai vu portait une cagoule. Je ne pouvais voir que ses yeux remplis de haine. Il m’a alors hurlé dessus, me demandant ma carte d’identité. Après vérification, les soldats présents ont appelé du renfort, en criant qu’ils avaient trouvé la personne qu’ils cherchaient.  A la seconde où j’ai compris que la force occupante venait bien pour moi, mon cerveau m’a envoyé un ordre clair : « Une nouvelle bataille commence là pour toi, cet ennemi ne doit pas te vaincre une seule seconde ». Ils m’ont forcé à m’asseoir sur une chaise et trois soldats m’entouraient, leurs armes pointées sur moi. Pendant ce temps-là, leurs collègues ont fouillé tout l’appartement, bouleversant les meubles, les livres, les vêtements… Je les sentais fébriles, ils s’énervaient, ils ne trouvaient rien de ce qu’ils cherchaient dans cet appartement. Le commandant a fini par donner l’ordre de repli. Ils m’ont alors ordonné de m’habiller pour partir avec eux. En marchant vers la porte d’entrée de mon appartement, avant d’en sortir pour une durée qui m’était inconnue, je fixais la photo de mon fils accrochée au mur. Dans son regard, j’ai puisé de la force pour affronter les durs moments qui m’attendaient. Je l’imaginais me dire « Papa, sois fort, on sera vite réunis tous les trois ». Je lui promettais alors de rester fort et de ne jamais donner l’occasion à cette occupation de nous confisquer notre humanité et de détruire notre vie comme elle s’acharne à le faire. Ils me bandèrent ensuite les yeux et me conduisaient dans une voiture blindée. La marche vers ce nouveau destin commençait. Une marche pénible vers un monde que je ne connais que trop bien. Un monde dans lequel nous devons rester forts, humains et garder notre sourire en toute circonstance. Une nouvelle fois, je suis conduit dans ce véhicule blindé vers l’endroit le plus sombre et le plus misérable pour un être humain : une prison de l’occupant.
 
En arrivant dans la prison du Neguev, après deux semaines passées dans le centre d’interrogatoire,  tout me semblait tristement familier. Je suis rentré dans la section 24, j’ai vite reconnu les visages que j’avais quittés il y a quelques années. Je n’ai pas su quoi leur dire, j’étais soudainement impressionné de les retrouver ici. Parmi eux, certains sont derrière les barreaux depuis plus de quinze ans. Ils me questionnaient et je ne savais pas quoi leur répondre. « Qu’est ce qui est arrivé, pourquoi es-tu là ? ». Je n’avais pas les réponses à leurs questions. Pas plus que je n’arrivais à leur parler de l’extérieur, eux, qui sont là depuis tant d’années. Que faisons-nous pour eux, pendant qu’ils paient le prix de leur lutte ? En les retrouvant, je me demandais si j’avais assez agi pour parler d’eux à l’extérieur. On a ensuite énormément discuté. Un détenu m’a dit « Ah tu es de retour, on va parler de nous en France alors ! ». J’ai réalisé alors que malgré ma nouvelle privation de liberté, je n’avais aucun doute sur le fait que la mobilisation allait se mettre en place en France, c’est un véritable espoir pour moi et pour eux.  J’ai pensé à toutes les personnes qui avaient déjà lutté pendant ma première incarcération et depuis, toutes celles et ceux que j’ai rencontrés en France et en Palestine. Aucun doute qu’ils seraient tous à nouveau au rendez-vous pour dénoncer l’injustice qui nous frappe.
 
Et des éléments que je reçois par fragments, je sais que vous êtes même plus nombreux que la dernière fois ! Des personnalités que j’apprécie, des élu-e-s, des citoyen-ne-s en nombre plus nombreux encore vous vous êtes mobilisés pour dénoncer  l’injustice, l’arbitraire et pour exiger ma libération.
 
Je vous en remercie très sincèrement. Je veux vous dire aussi que je serai digne du soutien que vous m’accordez. On ne marchande pas la liberté même si on la paie parfois très chère. Ce n’est pas une question d’entêtement mais de dignité et de principe : pour la liberté je ne lâcherai rien. Le peuple palestinien, comme tous les autres, ne veut pas vivre à genoux. Et quelle force cela nous procure que de savoir que, vous aussi, vous n’avez pas l’intention de lâcher. Cela, l’occupant ne le mesure pas. Moi je le ressens au fond de moi. Et c’est pourquoi même quand il pleut je pense au soleil qui vient…"


Salah Hamouri
Novembre 2017, prison du Néguev, section 24

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13 novembre 2017 1 13 /11 /novembre /2017 21:04
photo Jean-Yvon Ollivier

photo Jean-Yvon Ollivier

photo de la stèle Rol-Tanguy en gare de Morlaix en triste état par Jean-Yvon Ollivier

photo de la stèle Rol-Tanguy en gare de Morlaix en triste état par Jean-Yvon Ollivier

photo de la stèle Rol-Tanguy en gare de Morlaix en triste état par Jean-Yvon Ollivier

photo de la stèle Rol-Tanguy en gare de Morlaix en triste état par Jean-Yvon Ollivier

Rol-Tanguy, héros de la résistance, grand militant de la CGT et du PCF, ancien des Brigades Internationales, le grand oublié de la rénovation de la gare de Morlaix.

Place Rol-Tanguy, un fantôme erre sur le parvis désert!

Après plusieurs interpellations de camarades, je me suis enquis auprès de Morlaix-Communauté du devenir de la stèle d'hommage à Rol-Tanguy et de la visibilité même du nom de la place de la Gare qui accueille les voyageurs à leur descente des TGV et des TER.

Il y a t-il un projet de relocalisation pour la stèle érigée à la mémoire de Rol-Tanguy et de rénovation ou de remplacement de cette stèle en mauvais état?

Actuellement, avec les travaux, elle est reléguée à un endroit non satisfaisant alors que la place porte son nom, ce qui est devenu assez difficile à identifier.

En décembre 2014, à mon initiative, toute l'opposition morlaisienne avait présenté un voeu en Conseil Municipal de Morlaix pour réaliser une fresque ou une sculpture d'hommage à Rol Tanguy dans le cadre de la rénovation de la gare.

A l'époque, la proposition n'avait pas été retenue par la majorité municipale de Morlaix dans le cadre d'un portage de projet par Morlaix ou Morlaix-Communauté et d'une demande du 1% culturel.

J'avais aussi fait cette proposition en Commission Transports de Morlaix Communauté.

Finalement, le choix a été fait d'orienter le 1% culturel vers une sculpture de Guillaume Castel côté nord de la gare.

Mais cela n'empêche pas de redonner dans le même temps une visibilité à la dénomination de la place et à Rol-Tanguy, né en gare de Morlaix par accident et qui fut un des plus grands résistants de la seconde guerre mondiale.

Ismaël Dupont

 

Vœu de l'opposition municipale pour le Conseil Municipal du jeudi 13 novembre 2014

Rapporteur: Ismaël Dupont


Le 12 juin 1908, Henri Tanguy naissait en gare de Morlaix à l'issue d'un accouchement précipité.

107 ans plus tard, la ville de Morlaix et la Communauté d'Agglomération, pilotent avec leurs partenaires et l'aide de l'Etat et de plusieurs collectivités la rénovation de la Gare de Morlaix et de ses environs immédiats pour requalifier le quartier, accueillir les nouveaux voyageurs prévus dans le cadre de la LGV et de l'augmentation du trafic TER.

La place Rol-Tanguy, anciennement place de la gare rebaptisée sous le dernier mandat Le Goff, va devenir une esplanade piétonne très passante et active. Un lieu de vie sociale, sans doute plus encore qu'aujourd'hui où elle sert surtout de passage pour les voitures arrivant en gare.

N'est-ce pas le bon moment, en ces années de commémoration de la Libération et du rétablissement de la République, d'honorer particulièrement ce grand résistant breton, en lui dédiant une statue ou un portrait-fresque sur support rigide ou mural, commandé à un artiste sur le parvis qui porte son nom? ...

Henri Rol-Tanguy fut en effet un des dirigeants de la Résistance qui a organisé la Libération de Paris...

Paris libéré par l'insurrection de son peuple. Après 4 ans sous le joug allemand. L'action armée des résistants unis au sein du F.F.I. conjuguée avec le soulèvement de la population parachevée par les blindés de Leclerc chasse l'occupant et peut-être signifie la signature de l'acte de la capitulation auquel participe Rol-Tanguy.
"Nous avons donné le coup de grâce à l'ennemi, mais Paris était déjà aux mains des Parisiens" (Eisenhower, commandant en chef des forces alliées en Europe)?

Le premier détachement Leclerc et celui du Capitaine Dronne étaient composés de républicains espagnols.

Juste retour des choses: comme des milliers d'autres militants français, Henri Tanguy, alors syndicaliste CGT de la métallurgie et communiste, s' est engagé dans les Brigades Internationales pour défendre la république espagnole contre Franco qui était appuyé par les nazis et les fascistes italiens.

Son courage, son combat pour un monde de Liberté, d'Egalité, de Fraternité sont des exemples pour notre époque et il importe que les générations présentes, jusque-là épargnées par les tempêtes de l'histoire, n'oublient pas ce que le rétablissement de la démocratie et la lutte contre le fascisme doivent au dévouement de ces hommes pétris d'idéal et d'altruisme qui ont su dire non à la fatalité de la régression et de la barbarie.

Henri Rol Tanguy a su aussi s'engager dans les batailles de l'après-guerre: la reconstruction et l'application du programme de transformation sociale et économique bâti par le CNR.

Henry Rol-Tanguy fut longtemps président de l'Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance et il eut l'occasion de revenir de nombreuses fois à Morlaix à ce titre.

 

 

Rol-Tanguy, un grand oublié de la rénovation de la gare de Morlaix: jusqu'à quand?
Rol-Tanguy, un grand oublié de la rénovation de la gare de Morlaix: jusqu'à quand?
Rol-Tanguy, un grand oublié de la rénovation de la gare de Morlaix: jusqu'à quand?
Rol-Tanguy, un grand oublié de la rénovation de la gare de Morlaix: jusqu'à quand?
Rol-Tanguy, un grand oublié de la rénovation de la gare de Morlaix: jusqu'à quand?
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13 novembre 2017 1 13 /11 /novembre /2017 20:20
Appel à la mobilisation le 16 novembre à Morlaix pour lutter contre la politique économique et sociale pro-patronale et pro-riches de Macron: communiqué de la section PCF pays de Morlaix
  le 8 novembre 2017
 
 
Communiqué du PCF pays de Morlaix
 
Considérant les effets de la politique libérale menée par le gouvernement qui  vise à abaisser les droits des salariés et à accroître les inégalités au profit d’une minorité : loi travail XXL, instauration d’une sélection à l’entrée de l’enseignement supérieur, limitation du pouvoir d'achat, augmentation de la CSG, atteintes au service public et à la protection sociale,
Les organisations syndicales de salariés, d’étudiants et de lycéens, CGT, FO, Solidaires, UNEF, UNL  et FIDL, ont décidé de faire du jeudi 16 novembre 2017 une journée de mobilisation interprofessionnelle, étudiante et lycéenne, par des grèves et manifestations.
 
La section de Morlaix du Parti Communiste appelle la population à soutenir cette initiative et à participer massivement au rassemblement qui aura lieu à 10 h 30 place de la mairie à Morlaix
Appel à la mobilisation le 16 novembre à Morlaix pour lutter contre la politique économique et sociale pro-patronale et pro-riches de Macron: communiqué de la section PCF pays de Morlaix
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13 novembre 2017 1 13 /11 /novembre /2017 20:14
Tous en grève le 16 Novembre contre le projet Macron / Medef (CGT, Centre hospitalier de Morlaix)

Tous en grève le 16 Novembre contre le projet Macron / Medef 

La CGT a décidé de poursuivre l'action engagée contre les projets gouvernementaux faisant le constat « d'une politique libérale visant à accroître les inégalités au profit d'une minorité».

65 % De la population rejettent ces ordonnances et 57 % approuvent les mobilisations contre ces projets gouvernementaux.

Fort de ce soutien, nous pouvons, tous ensemble, faire reculer l'entreprise du gouvernement, aux ordres du Medef, de déstructuration globale de notre modèle social. Le recul social n'est pas une fatalité !

Organisons-nous !

Les ordonnances Macron regroupent une série de mesures visant à donner plus de «liberté et de visibilité aux entreprises» au détriment des droits des salariés: Plafonnement des indemnités prud'homales en cas de licenciement abusif, ruptures conventionnelles collectives, appréciation au niveau du territoire national des difficultés économiques des groupes qui licencient en France, réduction du délai de recours après un licenciement ou encore fusion des instances représentatives du personnel, contournement des organisations syndicales ...

A cela s'ajoute dans la fonction publique, la persistance du gel du point d’indice, la réapparition du jour de carence, la suppression de 120 000 postes, le sous effectif chronique dans nos hôpitaux, et impose une mobilité au sein des GHT pour mutualiser les moyens comme ils disent, toujours dans le seul but d'économies (la Cuisine du CHPM sera très prochainement concernée, entraînant fermeture et laissant bon nombre de collègues sur le carreau … )

Est-ce ce monde là que l'on veut pour nos enfants ??

- de nombreuses dispositions inacceptables des ordonnances, limitant des droits des salaries - des risques qui pèsent sur les droits des salariés et demandeurs d’emploi en matière d’assurance chômage ou de formation professionnelle ;

- des mesures précarisant toujours un peu plus l’emploi et l’insertion des jeunes sur le marche du travail ; - de la remise en cause des droits à l’avenir des jeunes par l’instauration d’une selection à l’entrée de l’enseignement superieur ;

- de la modération salariale et de l’augmentation de la CSG ;

- des atteintes au service public et à la protection sociale ;

Le Jeudi 16 Novembre à 10h30

Retrouvons nous TOUS devant la Mairie de Morlaix (débrayage de 10h à 12h et journée complète)

Tous en grève le 16 Novembre contre le projet Macron / Medef (CGT, Centre hospitalier de Morlaix)
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13 novembre 2017 1 13 /11 /novembre /2017 06:46
Santé. Le syndrome France Télécom gagne l’hôpital
SYLVIE DUCATTEAU
JEUDI, 9 NOVEMBRE, 2017
L'HUMANITÉ
Les professionnels dénoncent depuis plusieurs années les grandes difficultés à exercer leur métier, en raison de la politique de santé et du management qui en découle. Robert Pratta/Reuters
Les professionnels dénoncent depuis plusieurs années les grandes difficultés à exercer leur métier, en raison de la politique de santé et du management qui en découle. 

Les suicides de personnels hospitaliers s’additionnent dans les services de l’hôpital public. La semaine dernière, un neurochirurgien a mis fin à ses jours au CHU de Grenoble.

France Télécom, devenue Orange, a été la première entreprise du CAC 40 contrainte à s’expliquer devant un tribunal pour harcèlement moral. Entre 2008 et 2009, 35 salariés de l’entreprise s’étaient donné la mort. L’un d’eux avait laissé une lettre : « Je me suicide à cause de mon travail. C’est la seule cause. » Comme en écho, les suicides s’additionnent dans les hôpitaux soumis à des réorganisations express, aux sous-effectifs. Et au désengagement de l’État : 1,7 milliard « d’économies » sont inscrites au PLFSS 2018.

« Le suicide est un acte extrêmement complexe qui ne peut pas se réduire au travail. Je m’y refuse en tout cas. Ce que je peux dire, c’est qu’il y a beaucoup de souffrances autour de moi. Pour se préserver certains deviennent cyniques, d’autres se désengagent, explique le docteur Bruno Caron. Les plus investis font des burn-out. » Ce psychiatre est l’un des initiateurs d’une lettre à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, signée par plus de 800 praticiens hospitaliers de la région Rhône-Alpes. Ils dénoncent la « dégradation du service public hospitalier » et « les grandes difficultés rencontrées par les professionnels de santé, pour exercer leur métier, en raison de la politique de santé depuis plusieurs années et du management qui en découle ». Une cinquantaine de médecins hospitaliers du CHU de Grenoble sont signataires de cette lettre. Là, justement, où, la semaine dernière, un neurochirurgien a mis fin à ses jours dans le bureau jouxtant le bloc opératoire où il travaillait depuis 2013. Son service faisait l’objet d’une réorganisation depuis trois ans. Tout n’allait pas bien. « Des axes de progression ont été identifiés. Un plan d’action sera présenté à la fin du mois de novembre », nous a expliqué, dans un courriel laconique, Hélène Sabbah, la secrétaire générale de l’établissement. Le CHU se refuse par ailleurs à toute déclaration concernant le suicide du médecin, « par respect pour sa famille. Sa mère, en particulier », nous a-t-on précisé. Des difficultés personnelles sont évoquées par ses collègues. L’un d’eux s’interroge toutefois. « Se suicider sur son lieu de travail n’est pas anodin. Le bloc est emblématique de la souffrance de beaucoup d’entre nous (…). Nous avons l’impression que désormais l’argent prime sur tout. »

« La question financière a pris le pas sur l’objectif de santé »

À Toulouse, en 2016, cinq agents du CHU se sont donné la mort en 19 jours. Selon le rapport du cabinet d’experts Addhoc Conseil, mandaté par le CHSCT du CHU de Toulouse, présenté le 25 octobre dernier, trois facteurs ont pu concourir à ces drames. D’abord, l’impact des réorganisations, comme à Grenoble, le CHU de Toulouse avait été soumis à un plan de retour à l’équilibre financier pour éponger un déficit de 30 millions d’euros. « La question financière a pris le pas sur l’objectif de santé », indique le rapport. En second lieu, un nouvel outil de gestion des effectifs, ou plutôt des sous-effectifs, a été mis en place dans tous les services. Or, ce dernier non seulement n’intègre plus les congés maternité, mais confond les motifs d’absence. Ce qui génère des dysfonctionnements. À Grenoble, la direction comptabilise désormais le « temps de perdu », qui fait l’objet d’une fiche spécifique du « benchmark ». Les experts de Toulouse notent que « les services fonctionnent grâce au surinvestissement du personnel ». Et d’ajouter que « l’administration a pris le pas sur le soin et le médical, avec pour seul objectif le retour à l’équilibre financier ». Les experts demandaient un moratoire sur les réorganisations. « La direction leur a opposé un refus catégorique. Or, le développement de l’ambulatoire nous impose de faire en un jour ce que nous faisions en trois », déplore Julien Terrié, membre du CHSCT du CHU toulousain.

Philippe Martinez : « L’hôpital, un lieu où l’humain devrait être la règle d’or »

La souffrance au travail, réalité incontestable dans notre pays, peut avoir des conséquences dramatiques, comme en témoigne l’augmentation du nombre de suicides au travail. On la mesure d’autant mieux quand le métier des salariés consiste précisément à s’occuper de soigner des êtres humains, qu’il s’agisse de l’hôpital public, mais aussi du privé. Avec des moyens restreints ou défectueux, un manque de personnel évident, c’est la logique financière qui sévit dans des lieux où l’humain devrait être la règle d’or. La santé publique n’est pas une dépense mais un investissement. C’est le signe d’une société moderne. L’efficacité, ça ne se mesure pas avec des histogrammes ou des camemberts, surtout en matière de santé publique. Ainsi comment peut-on arbitrairement définir un temps maximum à passer avec des patients sans prendre en compte leur pathologie, leur situation sociale ou familiale ? C’est cette logique qui explique l’augmentation des arrêts de travail de salariés poussés à bout. Pourtant, les critiques contre les fonctionnaires perdurent sur le refrain du « fainéant »… d’où la mise en place d’un jour de carence pour faire la chasse aux malades. Ce sont les salariés qu’il faut écouter pour soigner le travail, leur rendre la liberté de bien travailler avec les moyens et les effectifs nécessaires.

Journaliste
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13 novembre 2017 1 13 /11 /novembre /2017 06:35
Les membres du Comité de défense des usagers de l'hôpital public en pays de Morlaix, lors de leur assemblée générale. (photo Le Télégramme)

Les membres du Comité de défense des usagers de l'hôpital public en pays de Morlaix, lors de leur assemblée générale. (photo Le Télégramme)

Le Comité de défense des usagers de l'hôpital public en pays de Morlaix s'est réuni, en assemblée générale, mardi, au Centre Gallouédec, à Saint-Martin-des-Champs. Les discussions ont porté sur les différentes réformes qui ont mis l'hôpital public « sous le joug des logiques comptables du libéralisme, avec toutes ses conséquences : économies budgétaires, diminution du nombre de soignants et de salariés du secteur hospitalier en général, réduction du nombre de lits, concentration de l'offre de soins, éloignement des usagers des structures de soins ».

Rencontre avec Sandrine Le Feur aujourd'hui


Les adhérents craignent que « la mise en place des groupements hospitaliers de territoire (GHT), qui voit le CHPM de Morlaix dépendre de l'établissement support de Brest, ne conduise à remettre en cause le maillage territorial avec la disparition progressive de certaines spécialités ». Les récentes dispositions de la loi de financement de la sécurité sociale attisent leurs craintes. À Roscoff, la réforme du financement des activités des soins de suite et de réadaptation a mis en cause l'existence du centre de Perharidy. Dans les Ehpad, les personnels sont sollicités comme jamais, les « burn out » fréquents. « À l'hôpital de Morlaix, la diminution de l'offre de soins en service psychiatrique, la fermeture de 55 lits durant l'été et même la sélection des patients au service de consultation de cardiologie pose problème ». C'est le sens des courriers déjà adressés par le comité à Sandrine Le Feur, députée, et l'objet de l'entrevue obtenue avec elle, aujourd'hui, à 15 h.
© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix/hopital-les-reformes-en-debat-13-11-2017-11738470.php#MZCUysWeOcR1fjuB.99

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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 20:21
Jack Ralite en 2009 à Brest - photo Jean-Marc Nayet

Jack Ralite en 2009 à Brest - photo Jean-Marc Nayet

L'Humanité, 12 novembre 2017: 

L'ancien ministre communiste Jack Ralite est décédé à l'âge de 89 ans, a annoncé dimanche Meriem Derkaoui, maire de la ville d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) qu'il a dirigée de 1984 à 2003.

"C'est avec une grande tristesse et une profonde émotion que nous apprenons le décès à l'âge de 89 ans de Jack Ralite ce dimanche 12 novembre. Son état de faiblesse avait conduit à son hospitalisation il y a deux semaines", écrit la maire sur le site internet de la ville. M. Ralite fut notamment l'un des ministres communistes du gouvernement de Pierre Mauroy de 1981 à 1984.

Né le 14 mai 1928 à Chalons-sur-Marne (Marne), Jack Ralite avait adhéré au PCF en 1947. Journaliste à l'Humanité puis à L'Humanité-Dimanche, cet autodidacte passionné de culture est élu pour la première fois au conseil municipal d'Aubervilliers en 1959. Il devient ensuite premier adjoint au maire puis maire en 1984. En novembre 2002, il avait annoncé qu'il abandonnerait son mandat au printemps 2003 pour laisser la place à un maire plus jeune, restant alors conseiller municipal jusqu'en 2008.

Député de Seine-Saint-Denis de 1973 à 1981, Jack Ralite avait démissionné de son mandat parlementaire en juillet 1981 pour entrer dans les gouvernements Mauroy comme ministre de la Santé (1981-1983) puis comme ministre délégué chargé de l'Emploi (1983-1984). Depuis 1995 et jusqu'en 2011, Jack Ralite, conseiller régional d'Ile-de-France de 1986 à 1992, avait été sénateur de Seine-Saint-Denis.

Jack Ralite, spécialiste des questions culturelles au PCF, a été membre du comité central, puis national de 1979 à 2000. Ce passionné de culture, notamment de théâtre, a été administrateur du Théâtre national de la colline (TNC). Il a été également administrateur de l'établissement public de la Cité de la Musique (1996-2006).

Jack Ralite était aussi membre du Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées, du Conseil national de l'innovation pour la réussite scolaire, et du conseil politique de la fondation Agir contre l'exclusion, lancée par l'ancienne ministre socialiste Martine Aubry.

a réagi sur Twitter la sénatrice CRC de Seine-Saint-Denis Eliane Assassi.

"Tristesse et émotion à l'annonce du décès de J.Ralite. (...) Il était passionnément engagé pour la culture, exigeante et populaire. Attaché à la Gauche rassemblée, il défendait la banlieue avec sensibilité", a réagi Stéphane Troussel, président du département de la Seine-Saint-Denis.

A Aubervilliers, dès ce dimanche, "les drapeaux seront mis en berne et un hommage lui sera rendu dans les prochains jours", a précisé Mme Derkaoui.

Anicet Le Pors à Jack Ralite
DIMANCHE, 12 NOVEMBRE, 2017

La tristesse du départ de Jack ne saurait dépasser le sentiment qu’une vie flamboyante vient d’achever sa trace dans notre époque.

La trace de Jack c’est celle d’un homme du peuple qui aura témoigné des plus beaux sentiments. Un ami commun  m’avait dit un jour : « quand il parle des fleurs s’envolent de sa bouche ».

Chacun connaît l’homme de culture, mais ce n’était pas seulement celle d’un érudit des plus grands auteurs, des plus hautes créations de l’esprit, c’était aussi le grand frère des artistes et des femmes et des hommes de la pensée militante en même temps que rationnelle et romanesque.

Nous avons vécu ensemble l’avènement de la gauche au pouvoir au cours des années 1970 et notre entrée au gouvernement en 1981 avec Marcel Rigout et Charles Fiterman. Cette expérience a renforcé une amitié demeurée vivace, jusqu’aux plus simples attentions : l’appel de Jack tous les 1er janvier dans l’après midi pour nous souhaiter une bonne année. Je disais à Jack, il y a peu, que je m’étonnais qu’il ait si peu écrit sur son combat pour la culture et sur les multiples facettes de sa vie.

Il m’avait répondu qu’il en était bien conscient mais que la masse de ses activités ne lui en avait pas laissé le temps. Il disait « Ma vie me brule le temps ». Il avait cependant décidé de s’atteler à ce travail  dont il me disait qui était déjà bien avancé et qu’il pensait pouvoir achever d’ici six mois.

Comme tout au long de sa vie sans doute, le temps lui aura manqué pour accomplir l’immensité de ses projets et de ses rêves. Assurément Ils resteront dans les nôtres.

Le message de Mériem Derkaoui, maire d'Aubervilliers

C’est avec une grande tristesse et une profonde émotion que nous apprenons le décès à l’âge de 89 ans de Jack Ralite ce dimanche 12 novembre.

Son état de faiblesse avait conduit à son hospitalisation il y a deux semaines.

Mes premières pensées vont à ses enfants Sophie, Pascal, Daniel et Denis, à son gendre Pascal Beaudet, à sa famille et ses proches qui l’ont côtoyé tout au long de sa vie.

Ministre de la santé de 1981 à 1983 puis Ministre délégué à l’Emploi de 1983 à 1984,  il fut également député et sénateur de la Seine-Saint-Denis.

Aujourd’hui, Aubervilliers une ville « rude et tendre » comme il aimait la qualifier, perd un grand homme. Il en a été le maire de 1984 à 2003 et il y aura vécu jusqu’à la fin de sa vie.

À jamais, Jack Ralite aura marqué Aubervilliers de son empreinte.

Connu pour avoir promu inlassablement la culture, il a fait de celle-ci un outil d’émancipation humaine qui participe au rayonnement de la banlieue.

L’homme ne manquait ni d’idées ni d’énergie, c’était un infatigable militant politique.  Son autorité morale et son intransigeance quant au respect de l’égalité et de la dignité humaine forçaient le respect et l’admiration. Jack Ralite va manquer à Aubervilliers, au monde de la culture et à la pensée en général.

Dès aujourd'hui, les drapeaux de la mairie sont mis en berne et un hommage lui sera rendu dans les prochains jours.

Mériem Derkaoui

Maire d'Aubervilliers

 

Charles Silvestre, Vice-président des Amis de l’Humanité
Jack et Edmonde : chapeau les artistes ! Jack Ralite était à lui tout seul, et sans forfanterie, un rendez-vous des amis de l’humanité. Pas étonnant que les Amis de l’Humanité, avec un grand A et un grand H,  l’aient retrouvé à tous les tournants d’un parcours des vingt dernières années selon cette forte définition de l’artiste franco-américain Robert Filliou : « l’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art ».
Toujours là. Toujours à l’écoute. Toujours prêt à dire. Parce qu’il faut aussi dire. Dire à chacun et dire à tous. A chacun, ne serait-ce qu’au téléphone, dans l’intimité de l’aube naissante, dire à tous sous un chapiteau en plein vent et sous la trombe d’eau à la fête de l’Humanité.
C’est là que la Résistance connut un retour de flamme. Sur la même scène, dans une totale complicité : une dame qui, à vingt ans, transportait clandestinement, à Marseille, des armes à la barbe de l’occupant ; un monsieur se souvenant de ses quatorze ans où, écolier, avec sa classe, il se dressa contre l’arrestation de son maître. Fiers de s’être insurgés, fiers d’être toujours là ensemble. C’étaient Edmonde Charles-Roux, disparue l’an dernier et Jack Ralite, parti ce dimanche de novembre. Ils n’ont raté, ni leur entrée dans la vie, ni leur sortie. Chapeau les artistes !

 

Pierre Musso, Philosophe.

Quelle immense tristesse, quel triste dimanche de novembre, notre ami Jack, est parti rejoindre ses amis Vitez et Vilar, Ferrat et Aragon et tous les grands aux cieux de la culture et de la création, eux qui l’avaient tant inspiré et qu’il aimait tant citer. Jack ce fut notamment le fondateur et l’animateur des Etats Généraux de la Culture lancés il y a tout juste 30 ans pour dire que « la culture se porte bien pourvu qu’on la sauve ». Triste anniversaire ! Il nous laisse en héritage son  combat inlassable en faveur de « l’élitisme pour tous » inauguré par Diderot et pour que « le peuple n’abandonne jamais son imaginaire au monde des affaires ». La création fut toujours son étoile et reste la nôtre. Salut l’ami !

Photo Ouest-France

Photo Ouest-France

Article du Ouest-France, 27 septembre 2013 à l'occasion d'une venue de Jack Ralite dans le Finistère :

 

https://www.ouest-france.fr/le-combat-de-jack-ralite-pour-la-culture-307697

Jack Ralite a été ministre de la Santé puis de l'Emploi dans les gouvernements Mauroy, de 1981 à 1984. Mais le sénateur communiste est avant tout un spécialiste de la culture. Journaliste à L'Humanité, il fut d'ailleurs responsable de la rubrique culture.

Samedi, matin, au centre d'art Passerelle, ils étaient plus de 300 à être venus l'écouter. À 80 ans, l'homme parle toujours avec fougue de son combat pour la culture. L'argumentaire s'appuie constamment sur les écrivains et surtout les poètes. Il cite Aragon, souvent, Jean Vilar, «  mes pilotis, car pour faire une maison, il faut des pilotis ».

Sur la table devant lui, des chemises bourrées de feuillets. Jack Ralite sait l'importance de l'écrit, des mots justes. Il dénonce « une offensive contre la langue, un crime contre la pensée. Pour avoir l'air moderne, on invente des mots, comme gouvernance pour gouvernement. C'est un trafic de la langue ».

Il parle de l'audience, « une vraie question qu'il ne faut pas éluder ». Il discourt longuement sur les rapports entre le politique et le culturel. « La différence entre un politique et un artiste, c'est que le second n'a pas besoin de majorité ! » Il s'emporte contre le contrôle sur la culture au nom de l'utilité : « Comment peut-on savoir que l'inconnu est utile. On a besoin d'inconnu. »

Il s'indigne d'apprendre que le théâtre de Morlaix aura 40 % de subvention en moins : « On va vers la survie, puis la mort. » Il dénonce la tendance à tout mesurer à l'aune de la finance : « On veut que chaque équipement devienne une entreprise. »

Sa longue vie lui permet de dresser un constat peu rassurant : « La culture populaire en a pris un coup. Et la culture élitaire aussi. »

À propos du travail et de la culture, il constate : « D'un côté, il y a Sarkozy et son stakhanovisme. De l'autre, il n'y a rien. La Gauche a oublié de parler du travail ! »

Le vieux militant émeut son auditoire lorsqu'il évoque l'éveil à la culture. « Il n'y a pas d'autoroute pour aller à la création. Il n'y a que des venelles. »

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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 20:12
Hommage à Jack Ralite, un ministre tourné vers la culture (Fabienne Arvers, Les Inrocks, 31/08/2015)
L’ancien ministre communiste Jack Ralite s’est éteint ce dimanche 12 novembre, à l’âge de 89 ans. Pour lui rendre hommage, nous republions cet article où Karelle Ménine retrace son combat pour une politique culturelle digne de ce nom.

A lire comme à écouter Jack Ralite, on songe aux pages superbes du Marbrier de Carrare de Charles Péguy : tailler dans l’excès de matière qui enveloppe la forme, la sculpter par soustractions successives, être l’artisan au geste humble et sûr… Et ne pas craindre de se répéter, de s’en tenir à la poutre maîtresse d’une pensée architecturée par la mise en tension du poétique et du politique, s’en remettant à leur dénominateur commun, seul à même de les harmoniser : la croyance en l’homme.

Un homme politique partisan de la culture ? C’est l’exception qui confirme la règle : en cinquante ans de vie politique, Jack Ralite n’aura jamais dévié d’un pouce de ses convictions, lesquelles s’enracinent dans une filiation historique où se croisent et finalement se mêlent figures politiques (Robespierre) et artistiques (Louis Aragon, Victor Hugo, René Char, Saint-John Perse, Merce Cunningham, Jean Vilar, Julien Gracq…).

Dans son livre La Pensée, la Poésie et le Politique – Dialogue avec Jack Ralite, Karelle Ménine scinde à parts égales des entretiens réalisés en 2014 et des textes ou des prises de parole publiques s’étalant de 1966 à 2014. Journaliste de profession, homme politique par passion, communiste lucide et rêveur impénitent, Jack Ralite rétorque que “communisme est un mot extraordinaire” lorsque Karelle Ménine constate que c’est aujourd’hui “un mot blessé”.

La culture, indispensable levier pour ériger une communauté humaine

Il poursuit : “Moi, j’écris le mot ‘communisthme’, comme un isthme, parce que c’est exactement ça. Aucune des idées contenues dans le communisme n’a jamais été appliquée, cela reste donc une aventure à mener. Et puis j’ai pris le chemin du communisme depuis mon passage en prison (durant l’Occupation – ndlr), sans en avoir conscience, mais vivant comme témoin et victime de sa signification profonde. C’était alors un sentiment indicible, une connaissance en actes. Parcourant mon histoire personnelle, ce n’est pas parce que d’autres détournent ce mot qu’il faut se laisser détourner, et ce n’est pas parce qu’il y a du désaccord qu’il doit y avoir du désamour. En vérité, j’ai une fidélité inaltérable pour l’ouvrier-menuisier communiste de Vitry-sur-Seine qui, en déportation, a refait le chapelet de l’abbé, arraché par les nazis…”

Successivement maire-adjoint d’Aubervilliers de 1959 à 1984, député de Seine-Saint-Denis de 1973 à 1981, ministre de la Santé (de 1981 à 1983) et de l’Emploi (de 1983 à 1984), maire d’Aubervilliers de 1984 à 2003, sénateur de la Seine-Saint-Denis de 1995 à 2011, Jack Ralite a toujours fait de l’art et de la culture un cheval de bataille, indispensable levier pour ériger une communauté humaine. C’est le seul homme politique que l’on croise aussi souvent dans les rangs du public, spectateur aux visées émancipatrices qui aime à citer Diderot : “Méfiez-vous de celui qui veut mettre de l’ordre. Ordonner, c’est toujours se rendre le maître des autres en les gênant.”

Un acteur inlassable de la défense des artistes

Depuis son compagnonnage avec Jean Vilar au Festival d’Avignon dans les années 60, il est un acteur inlassable de la défense des artistes, fondant en 1987 les Etats généraux de la culture. Je garde en mémoire ce récit qui le résume, paru dans le supplément du Festival d’Avignon 2014 des Inrockuptibles, qui retraçait les événements s’étant déroulés au cours du Festival de1968. Une démonstration saisissante de la façon dont la pensée se traduit en actes quand le politique tient son rôle de soutien irréductible en faveur de la liberté d’expression et des artistes.

“Je voudrais rappeler une chose qu’a faite le PC à Avignon et dont les comptes rendus de l’époque ne parlent pas beaucoup. La droite voulait faire des mauvais coups à cet étonnant homme de théâtre qu’était Julian Beck. Il faut dire qu’il s’y prêtait… Il logeait depuis un mois dans une école et ne parlait pas de politique à ce moment-là. Le soir, comme ils vivaient quasiment nus, vous imaginez ce que les journaux en pensaient. Ça ressemble beaucoup à ce qui se dit aujourd’hui sur le mariage pour tous. Il y a une similitude de pensée. On voyait ces gars d’une droite bien dure, le crâne rasé et, personnellement, j’étais très inquiet. Alors, j’ai fait une réunion à la cellule des cheminots communistes. Eux, le Festival, ils s’en foutaient un peu. Mais peut-être ne s’en foutaient-ils pas autant que leur silence ou leurs sourires nous le laissaient croire."

"Je leur ai dit : ‘Je sais bien que vous n’êtes pas de grands adeptes du Festival. Mais il y a au moins une chose pour laquelle vous êtes, c’est les libertés. Alors, nous, on se bat contre Julian Beck, mais pour pouvoir se battre contre lui, encore faut-il qu’il existe ! Et moi, je serais cheminot communiste, je considérerais qu’il est de notre devoir de faire un service d’ordre pour le protéger autour de l’école où il vit.’ Et ils l’ont fait. Ils étaient quatre ou cinq tous les soirs et c’était capital : des gars qui vont garder un homme pour qu’il soit intègre afin de pouvoir polémiquer avec lui le lendemain !”

Un combat inscrit dans la durée, qui lui permet de conclure sans mâcher ses mots : “Avec les cinquante ans du ministère de la Culture, (on est) passé d’une grande politique publique nourrie du Front populaire et de la Libération, à une communication culturelle, puis une marchandisation culturelle, ensuite une financiarisation culturelle, enfin à une mise sous tutelle des affaires de l’esprit par l’esprit des affaires.” C’était en 2009, dans un article paru dans L’Humanité. Le constat reste valable en 2017.

La Pensée, la Poésie et le Politique – Dialogue avec Jack Ralite (Les Solitaires Intempestifs), 219 pages, 14,50 €

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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 19:36
Forum européen de Marseille: le rendez-vous des gauches européennes organisé par le PCF
Forum européen de Marseille: le rendez-vous des gauches européennes organisé par le PCF

Deuxième dépêche AFP sur le Forum européen de #Marseille 
"Après le forum de Marseille, les gauches européennes se donnent rendez-vous en 2018" Marseille,

FRANCE | AFP | 12/11/2017

Plusieurs partis européens de gauche réunis à Marseille vendredi et
samedi ont conclu à la nécessité de se rassembler de manière
permanente, sur le modèle du Forum de Sao Paulo, et ont décidé de se
retrouver en 2018.
"L'idée est de développer un espace pour le débat, la coopération et
la coordination parmi les diverses forces qui croient en un besoin
urgent de travailler des objectifs communs et de conduire des campagnes
publiques sur des problématiques-clés pour les Européens", selon la
déclaration finale adoptée par le Forum.
"Dans ce sens, nous nous inspirons du Forum de Sao Paulo. Nous nous
engageons dès lors à organiser un deuxième Forum européen des partis
de gauche, écologistes et progressistes, qui se tiendra en 2018".
Les gauches européennes veulent "approfondir le travail réalisé cette
année et atteindre une participation plus large".
Le Forum de Marseille a rassemblé quelque 400 participants - membres de
partis politiques, d'associations ou de syndicats à l'appel du parti de
gauche européen.
Côté français, si des membres du PCF, du Parti de Gauche, d'EELV, du
PS ou du mouvement de Benoît Hamon étaient attendus, le chef de file
de la France Insoumise et député des Bouches-du-Rhône Jean-Luc
Mélenchon n'était pas présent.
Né en 1990, le Forum de Sao Paulo réunit des centaines d'organisations
de gauche, principalement latino-américaines.

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