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30 juillet 2020 4 30 /07 /juillet /2020 05:28

 

Les députés ont débattu jeudi de l’orientation des finances publiques pour 2021, à nouveau dictée par les dogmes libéraux.

À en croire le débat sur l’orientation des finances publiques, qui s’est tenu jeudi à l’Assemblée nationale, le gouvernement n’a retenu aucune leçon de la crise sanitaire. Pour 2021, Bercy prévoit d’augmenter les crédits alloués aux différents ministères de 7,17 milliards d’euros (au profit notamment de l’éducation nationale et des armées), tandis que leurs effectifs seront « stabilisés » (avec des augmentations pour la justice, la police et la santé).

 

Une méthode dénoncée par la gauche de l’Hémicycle

Un plan de financement en somme assez classique, fidèle à la politique mise en place depuis 2017, et qui ne prend pas le virage attendu « du renforcement de l’État, capable de reprendre la main sur son économie, et de répondre aux besoins du pays, en rapport avec les urgences sociales et écologiques », déplore le député et secrétaire national du PCF, Fabien Roussel.

Le ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, Bruno Le Maire, a toutefois indiqué que ces crédits ne tiendront pas compte du plan de relance, isolé dans une mission budgétaire spécifique. Reste que, pour le ministre, le « seul et unique objectif économique » est de « retrouver dès 2022 un niveau de richesse national pour la France équivalent à celui de 2019 » : les prévisions de Bercy envisagent une récession d’environ 11 % en 2020, et une croissance de 8 % sur l’année 2021. « Ce n’est certainement pas en engageant des dépenses publiques tous azimuts, sans aucune considération pour le modèle économique, que nous y arriverons. C’est en faisant le choix résolu de l’amélioration de l’offre française, en développant l’innovation, l’investissement », a soutenu Bruno Le Maire. Une méthode aussitôt dénoncée par la gauche de l’Hémicycle. Fabien Roussel déplore ainsi qu’une nouvelle fois, le gouvernement a choisi « une politique de l’offre, en continuant d’alléger les impôts du capital, des plus riches, soutenant la logique de la concurrence libre, quoi qu’il en coûte aux êtres humains et à la nature ».

De nombreux oublis ont été relevés, comme les aides directes aux ménages les plus précaires, refusées par la majorité, ou des mesures concernant la jeunesse, alors que 700 000 personnes arrivent sur le marché du travail « sans aucun filet pour ceux qui ne trouveront pas d’emplois et qui ne pourront toucher ni le RSA ni le chômage », alerte la présidente du groupe PS, Valérie Rabault. Les députés n’ont pas eu le droit à la primeur du plan présenté au même moment par Jean Castex à Besançon. La députée socialiste s’inquiète en outre de l’absence des conclusions du Ségur. Un autre oubli majeur qui ne manquera pas d’être scruté, dès le 24 août, lorsque le plan de relance sera présenté en Conseil des ministres.

 

Florent Le Du

 

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29 juillet 2020 3 29 /07 /juillet /2020 05:25

 

Les 6,5 milliards pour l’emploi des jeunes iront en grande partie vers des baisses de cotisations.

« L e gouvernement avait décidé de mettre le paquet », s’est targué ce jeudi le premier ministre en dessinant les contours de son plan de relance pour la jeunesse. En tout, 6,5 milliards d’euros sur deux ans ont été mis sur la table. De quoi éviter une « rentrée compliquée », espère Jean Castex. Les entreprises qui embaucheront un jeune de moins de 25 ans en CDI ou CDD d’au moins trois mois seront exemptées de cotisations sociales à hauteur de 4 000 euros pendant un an. Le tout dans la limite de deux Smic, contre 1,6 précédemment annoncé, à l’appel du Medef. Pour le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, interrogé par Franceinfo, ces « cadeaux » aux patrons ne permettront pas d’éviter la casse sociale. « Nous proposions que ces aides soient conditionnées à des embauches en CDI. Avec de telles mesures, on enferme les jeunes dans la précarité », a-t-il affirmé.

Pas d’accès au RSA pour les moins de 25 ans

En plus de ces exonérations, fustigées par les syndicats, qui craignent des effets d’aubaine, l’enveloppe prévoit notamment la création de 100 000 places en service civique, de 200 000 places en formation et l’octroi de primes pour l’embauche d’apprentis, entrées en vigueur le 1er juillet. Elle marque également le retour des contrats aidés, drastiquement réduits au début du quinquennat. 300 000 « parcours d’insertion » devraient voir le jour. Les grandes revendications des organisations de jeunesse, dont l’accès pour tous les jeunes de moins de 25 ans au RSA, restent quant à elles lettre morte.

Marie Toulgoat

 

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29 juillet 2020 3 29 /07 /juillet /2020 05:23

 

La politique agricole commune a globalement sauvé son budget lors du dernier Conseil européen. Mais pour encourager quel système agricole et alimentaire ? Entretien avec Mathieu Courgeau, paysan et président de Pour une autre PAC.


 La politique agricole commune, c’est la manne financière qui structure l’avenir de l’agriculture paysanne, qui maintient la biodiversité et rémunère les producteurs ou l’agrobusiness, qui pousse à l’agrandissement et à gagner des parts de marché à l’export. Dans le budget européen, l’enveloppe est globalement maintenue à 386 milliards d’euros (contre 382) pour les sept prochaines années. Mais pour le collectif Pour une autre PAC, qui réunit 43 syndicats, associations environnementales et de consommateurs, il faut changer les règles.

 

Pour Emmanuel Macron, « l’accord conclu permet de protéger les revenus des agriculteurs pour les sept prochaines années », qu’en pensez-vous ?

Mathieu Courgeau C’est un mensonge ! La PAC ne « protège » pas le revenu des paysans. Au mieux, elle compense les effets délétères du modèle productiviste et libéral qu’elle a elle-même contribué à faire émerger. Globalement, le budget de la politique agricole commune défini le 21 juillet est un peu inférieur à la programmation précédente (portant sur la période 2014-2020 - NDLR). Or, cette dernière n’a pas sauvé le revenu agricole : le bilan, c’est un agriculteur sur cinq qui vit sous le seuil de pauvreté. Ces subventions ne viennent que compenser des prix très bas. Pour assurer les revenus paysans, il faut réguler les marchés agricoles et partager la valeur ajoutée. Et là-dessus, rien n’avance. On continue à signer des accords de libre-échange et la loi Egalim, adoptée en 2018 et qui était censée mieux répartir les marges, est un échec total.


Que contient cet accord pour l’avenir de l’agriculture européenne ?

Mathieu Courgeau Rappelons que la PAC, c’est un tiers du budget européen. Ce sont des masses financières importantes qui peuvent orienter le système agricole et alimentaire. Beaucoup sera encore à négocier. Mais quelques mauvais signaux sont déjà envoyés. Outre le budget consacré à la PAC, dans le plan de relance, 15 milliards d’euros devaient être fléchés vers la transition agroécologique, l’accompagnement des producteurs. Or, ce volet a été diminué de moitié, seuls 7,5 milliards d’euros lui seront consacrés, ce n’est clairement pas assez. Autre mauvaise nouvelle : la proposition initiale était de rendre obligatoire le plafonnement des aides à 100 000 euros par actif mais, après l’accord « historique », il est devenu facultatif. C’est incompréhensible et complètement injuste. Les plus grosses fermes vont pouvoir continuer à toucher le pactole… Et cela signifie moins d’argent pour le reste. Aucune mesure ne va dans le sens de la création d’emplois dans les territoires, de la transition, des circuits courts ou de la souveraineté alimentaire.

 

Que demandez-vous ?

Mathieu Courgeau Il faut arrêter les aides à l’hectare. Ce paiement aveugle encourage une rente où plus on a de surfaces, plus on a d’aides. Il pousse à l’agrandissement. Qui dit grande surface implique simplification des méthodes de travail, et donc pesticides, engrais… Les subventions doivent aller vers l’intérêt général : encourager l’emploi sur les fermes, la transition, le bien-être animal. Aujourd’hui, beaucoup de paysans sont engagés dans la préservation de prairies naturelles, de haies, de mares, etc. Ce sont autant de services rendus pour l’environnement qui devraient être rémunérés.

 

L’un des enjeux est aussi d’associer les citoyens à ces discussions…

Mathieu Courgeau Pour la première fois, un débat public a eu lieu sur le sujet. Il devait se dérouler en région. Confinement oblige, seule une consultation en ligne a été maintenue. Un rapport de la Commission nationale du débat public a été remis mi-juin au ministre de l’Agriculture. Et ce qui nous semble intéressant, c’est que les citoyens, dans leur contribution, eux, font le lien : ils veulent des produits sains dans des territoires dynamiques… mais avec des producteurs qui puissent vivre correctement de leur métier. La convention citoyenne sur le climat a aussi insisté sur ces aspects. Notre crainte, c’est que le ministre de l’Agriculture n’entende pas tout cela.

Entretien réalisé par Pia de Quatrebarbes

 

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28 juillet 2020 2 28 /07 /juillet /2020 05:42

 

Le gouvernement a annoncé un moratoire sur les surfaces commerciales, mais l’e-commerce pourrait en être exclu. Partout en France, des collectifs se mobilisent.

À Dambach-la Ville, dans le Bas-Rhin, c’est encore des champs de maïs. Mais pour combien de temps ? Le géant du commerce en ligne Amazon veut en bétonner 18 hectares pour faire sortir de terre 150 000 m² d’entrepôt. Ça se passe aussi à Fournès, près du pont du Gard, ou encore à Colombier-Saugnieu, à côté de l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry. Partout, des collectifs de citoyens se mobilisent contre des projets, qu’ils soient du géant de l’e-commerce Amazon ou de son concurrent chinois, Alibaba.

Pour ces opposants, une brèche s’est enfin ouverte, avec le moratoire sur les zones commerciales. C’est l’une des propositions de la convention citoyenne pour le climat. Emmanuel Macron l’a reprise explicitement devant les 150 citoyens, le 29 juin, tout comme le Premier ministre, Jean Castex, en recevant une délégation de ce qui est devenu l’association Les 150, le 20 juillet. Sa mise en œuvre devrait être discutée lors du conseil de défense écologique, prévu la semaine prochaine.

1,4 million de m2 bétonnés

Quelques jours plus tôt, la nouvelle ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, s’était dite favorable à un gel de six mois des projets d’entrepôts d’e-commerce, le temps qu’une mission parlementaire évalue les impacts sur l’emploi et l’environnement de la mesure.

« La bataille ne fait que commencer », prévient Alma Dufour, chargée de campagne surproduction aux Amis de la Terre. Car le gouvernement ne semble pas vouloir intégrer l’e-commerce dans ce moratoire. L’artifice tient au statut des lieux. « Ils sont définis comme des entrepôts logistiques, et non comme des zones commerciales », continue Alma Dufour. Le gouvernement pourra ainsi se targuer d’avoir respecté à la lettre le moratoire de la convention citoyenne…

Sauf qu’entrepôts ou zones commerciales, les effets sont les mêmes : les terres agricoles disparaissent à vitesse grand V. Les Amis de la Terre ont recensé 13 projets, qui, au total, bétonneraient 1,4 million de m². « Et ce ne sont que pour les projets connus. C’est très opaque. Amazon se masque parfois derrière des sociétés écran. Ils font signer aux élus des clauses de confidentialité. Les habitants ne découvrent qu’après le véritable porteur. Alors que l’on a peu de temps pour attaquer les permis de construire », ajoute la chargée de campagne.

A la charge des collectivités

À Dambach-la Ville, les collectifs ne veulent plus attendre un énième rapport d’une mission parlementaire. « On a tous les arguments. Nous ne sommes pas des doux rêveurs qui refusons des emplois en pleine crise économique », défend d’emblée Yeliz Gencer, membre du « Chaudron des Alternatives », qui se bat avec 60 autres collectifs contre le projet. Ici, comme ailleurs, Amazon a promis 1 000 emplois. « Sauf que la dernière étude sur le sujet faisait état de 2,2  emplois supprimés pour 1 créé », appuie-t-elle.

L’arrivée de l’entrepôt signerait aussi celle de « 1 000 ​​​​​​​ poids lourds quotidiens et 4 500  utilitaires », a calculé le collectif. Et les infrastructures pour supporter un tel trafic seront à la charge des collectivités. Quant aux émissions de particules fines qui en découleront, là aussi, il faudra compter avec. Pour les ONG, le gel doit être immédiat. Et pas en 2021, quand le projet de loi issu de la convention citoyenne sera discuté. « Ça sera trop tard, c’est en ce moment que des dizaines de projets sortent de terre », défend encore Alma Dufour. Pour elle, la vraie hésitation du gouvernement vient de « la puissance d’Amazon et d’Alibaba et les répercussions possibles dans les relations avec les États Unis et la Chine ».

Pia de Quatrebarbe

 

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28 juillet 2020 2 28 /07 /juillet /2020 05:38

Après avoir attaqué la caserne Moncada, le 26 juillet 1953, Fidel Castro reste vingt et un mois dans les geôles cubaines. Il en sort auréolé d’un prestige de libérateur, et annonce un exil au Mexique, pour mieux préparer le renversement de la dictature de Batista, une lutte à mort. Avant de quitter Cuba (ou le Mexique ?), il aurait déclaré : « D’une expédition comme celle-ci, on en revient avec la tête du tyran, ou on en meurt. »

Par josé Fort, journaliste à L’Humanité

 

C’était un 26 juillet en 1976, à Santa Clara ou à Cienfuegos, ma mémoire fait défaut. A la tribune de presse (je venais d’être nommé correspondant du journal « l’Humanité à La Havane) sous un soleil de plomb, nous attendions l’arrivée de Fidel Castro. Un discours important était annoncé à l’occasion de la fête nationale. Dans la tribune officielle, plusieurs généraux soviétiques plus coutumiers à d’autres climats étaient évacués, victimes d’insolation. Avec mon copain et confrère du journal communiste italien « l’Unita », Georgio Oldrini, nous avions été prévenus : « chapeaux et bouteilles d’eau obligatoires ». Nous avons survécu.

C’est ce 26 juillet que j’ai découvert la réalité de la lutte du peuple cubain, le combat entre David et Goliath.

26 juillet 2020. Aujourd’hui, le peuple cubain reste debout.

 

Après tant d’années d’agressions, des années de dénigrement, après des années de résistance de ce pays d’un peu plus de onze millions d’habitants face à la première puissance économique et militaire mondiale, à Cuba on dispose de peu de richesses irrigant la société de consommation mais on étudie et on se soigne gratuitement, on vit dans une société joyeuse, en sécurité et solidaire. Les douloureuses restrictions résultats du blocus yankee ne pourront, hier comme aujourd’hui, détruire la révolution cubaine.

Voici un pays du Tiers monde où l’espérance de vie s’élève à 78 ans, où tous les enfants vont gratuitement à l’école, les étudiants à l’université. Un petit pays par la taille capable de produire des universitaires de talent, des médecins et des chercheurs parmi les meilleurs au monde, des sportifs raflant les médailles d’or, des artistes, des créateurs.

Un pays qui a dû affronter le terrorisme, un blocus toujours en vigueur et même renforcé depuis l’arrivée de Trump visant à étrangler son économie. Un pays qui chaque jour doit subir des calomnies à la pelle

Pour salir la révolution cubaine, la propagande yankee servilement relayée en Europe évoque les libertés et les droits de l’homme.

A Cuba, la torture n’a jamais été utilisée. On tranchait les mains des poètes à Santiago du Chili, pas à la Havane. Ce n’est pas à Cuba qu’on réprime actuellement les minorités mais au Chili et en Bolivie. Les prisonniers étaient largués en mer depuis des hélicoptères en Argentine, pas à Cuba. Les opposants au gouvernement ne sont pas actuellement assassinés dans les rues de La Havane mais au Honduras, au Brésil, en Bolivie, satellites des Etats-Unis. Ce n’est pas à Cuba mais au Brésil que le nouveau président fasciste organise la chasse aux démocrates dans les universités, annonce la déforestation d’une partie de l’Amazonie, menace les populations indiennes et qualifie de « terroristes » les paysans sans terre en lutte contre les grands propriétaires. Quant aux prisonniers soit disant « politiques », liés pour la plupart aux officines liées à la CIA, ils se comptent en quelques dizaines à Cuba alors que les victimes de la justice raciste yankee croupissent souvent depuis des dizaines d’années dans les prisons nord-américaines.

Cuba, malgré les énormes difficultés économiques, a toujours été solidaire avec les victimes des dictatures, avec les démocrates du continent. Il faut remercier Fidel Castro et ses camarades d’avoir accueilli les réfugiés fuyant les dictatures du Chili et d’Argentine, de Haïti et de Bolivie, d’avoir ouvert les écoles, les centres de santé aux enfants des parias de toute l’Amérique latine et, plus tard, aux enfants contaminés de Tchernobyl. Il faut leur savoir gré d’avoir envoyé dans toute l’Amérique latine les chirurgiens de l’Opération Milagro rendant la vue à des populations entières. Il faut les féliciter d’avoir formé gratuitement des milliers de médecins, d’avoir combattu en Afrique l’épidémie Ebola et en cette période de pandémie d’avoir répondu à l’appel de plus de 30 pays infectés par le virus 19. Les médecins et personnels soignants cubains méritent le Prix Nobel de la Paix.

Dans la mémoire de millions d’hommes et de femmes d’Amérique latine et du Tiers monde, Cuba restera un exemple des temps modernes. Quant à Fidel Castro, il figure au panthéon des héros du XXe siècle comme son ami et camarade Nelson Mandela qui vouait au leader cubain une amitié « indéfectible ».

A Cuba, les changements intervenus ces dernières années dans les domaines économique et politique, avec la transmission progressive des pouvoirs aux jeunes générations, se prolongent sereinement.

La révolution cubaine évolue à son rythme, prenant en compte les mutations dans la société, les impératifs économiques et le contexte international, le panorama mondial ne lui étant pas particulièrement favorable en ce moment. Raison de plus pour exiger la fin du criminel blocus yankee, raison de plus pour réaffirmer notre solidarité avec « le premier territoire libre des Amériques »

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Depuis l’avènement de la Révolution en 1959, Cuba a fait de la solidarité avec les peuples en lutte pour leur émancipation un pilier de sa politique étrangère. Dès les premiers instants, en dépit de l’hostilité des Etats-Unis, Fidel Castro a converti Cuba en une terre d’asile pour tous les groupes révolutionnaires et mouvements de libération nationale d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie.

« LES PLUS BELLES CAUSES DE L’HUMANITÉ »

La contribution de Cuba à la libération de l’Afrique et à la lutte contre l’Apartheid

Par Salim Lamrani, Université de La Réunion

Depuis l’avènement de la Révolution en 1959, Cuba a fait de la solidarité avec les peuples en lutte pour leur émancipation un pilier de sa politique étrangère. Dès les premiers instants, en dépit de l’hostilité des États-Unis et des innombrables difficultés internes liées au processus de transformation sociale, Fidel Castro a converti Cuba en une terre d’asile pour tous les groupes révolutionnaires et mouvements de libération nationale d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie. Cuba a joué un rôle majeur dans les différents processus de libération nationale en Afrique, en offrant aide et ressources.

En l’espace de trente ans, près d’un demi-million de Cubains, femmes et hommes, ont participé aux guerres anticoloniales en Afrique, faisant de la petite île de la Caraïbe l’égale des grandes puissances. Quelles raisons ont motivé La Havane, assiégée par Washington, pour soutenir un engagement d’une telle ampleur à plus de 10 000 kilomètres de son territoire national ? Comment l’action cubaine a-t-elle changé le destin des pays de l’Afrique australe et contribué de manière décisive à la chute du régime raciste de Pretoria ? Pourquoi Nelson Mandela a-t-il réservé sa première visite hors d’Afrique à la Cuba de Fidel Castro ?

Cuba a d’abord soutenu l’Algérie dans sa lutte anticoloniale contre la France et a contribué à préserver son indépendance conquise en 1962. Par la suite, La Havane a répondu favorablement à la demande d’aide faite par le mouvement Lumumbiste du Congo belge, tout en contribuant, entre autres, aux épopées indépendantistes de la Guinée Bissau, du Cap Vert et en défendant la souveraineté de l’Ethiopie. Enfin, Cuba a apporté un concours décisif pour préserver l’indépendance de l’Angola suite à l’agression du régime suprématiste de Pretoria, sonnant ainsi le glas de l’Apartheid et ouvrant la voie à l’indépendance des nations de l’Afrique australe.

1. Soutien à l’indépendance de l’Algérie

Le premier pays africain à bénéficier de l’internationalisme cubain fut l’Algérie. Les Cubains avaient suivi un grand intérêt la lutte des indépendantistes du Front de Libération nationale (FLN) contre le colonialisme français. Dès 1961, le gouvernement de Fidel Castro établit les premiers contacts avec la direction du FLN, principale force politique algérienne dans le combat contre l’oppression coloniale[1]. Ainsi, le 27 juin 1961, Cuba fut le seul pays de l’Hémisphère occidental à reconnaître le gouvernement algérien en exil[2].

La Havane ne se contenta pas d’exprimer son soutien politique à la lutte pour la liberté. Dès janvier 1962, Cuba décida de fournir une aide matérielle et militaire aux révolutionnaires algériens qui menaient une lutte depuis 1954. Les autorités cubaines expédièrent une cargaison de 1 500 armes par bateau à destination du camp du FLN à Oujda, près de la frontière algérienne. Le navire « Bahía de Nipe » rentra à Cuba avec 78 maquisards algériens blessés et 20 enfants réfugiés, pour la plupart orphelins de guerre[3].

Ainsi, malgré un contexte géopolitique extrêmement complexe, face à l’hostilité croissante des Etats-Unis qui avaient imposé des sanctions économiques, organisé l’invasion de la Baie des Cochons et qui multipliaient les attentats terroristes à travers l’île, Fidel Castro n’hésita pas à mettre en danger la relation de Cuba avec la France du Général de Gaulle, au nom du principe de solidarité internationaliste avec les peuples en lutte pour leur émancipation.

L’Algérie n’oublia pas cette expression de solidarité de la part de La Havane. En octobre 1962, après avoir réalisé une visite officielle aux Etats-Unis, Ahmed Ben Bella choisit de se rendre directement à La Havane depuis Washington, malgré les avertissements de Kennedy[4]. Fidel Castro exprima sa gratitude le 16 octobre 1962 en présence du Premier ministre algérien :

« Venir à Cuba quand le riche et puissant empire yankee redouble d’hostilité et de haine à notre égard […], venir à Cuba quand les impérialistes yankees menacent également d’attaquer notre pays […], est, Monsieur le Premier ministre, un acte de courage et de résolution […] et un geste d’amitié que nous n’oublierons jamais. C’est également un acte qui honore la nation algérienne aux yeux des peuples du monde[5]. »

L’Algérie eut rapidement besoin du concours de Cuba. En septembre 1963, le Maroc du roi Hassan II décida de profiter de la faiblesse du nouvel Etat indépendant depuis le 5 juillet 1962 pour lancer une conquête territoriale, s’emparant de la zone frontalière algérienne riche en ressources naturelles. Affaiblie par huit années de guerre qui avaient ravagé le pays, l’Algérie ne disposait pas d’une structure de défense organisée ni des armes nécessaires pour protéger son intégrité territoriale. Ahmed Ben Bella sollicita alors l’aide urgente de Cuba pour faire face à cette agression armée et préserver l’indépendance du pays. En octobre 1962, le gouvernement de La Havane dépêcha une division blindée et près de 700 combattants dirigés par le commandant Efijenio Ameijeras, disposant des armements soviétiques les plus modernes[6].

Face à ce déploiement de forces, le Maroc fut contraint de signer un cessez-le feu le 30 octobre 1963 et d’abandonner les territoires occupés quelques semaines plus tard, sans même que les troupes cubaines aient eu à combattre. A la fin de sa première mission internationaliste, Cuba offrit l’intégralité des armements à l’Algérie et forma l’armée locale à son utilisation[7]. Cuba paya le prix de sa solidarité active avec l’Algérie. En effet, Rabat décida de rompre ses relations diplomatiques avec La Havane, lesquelles ne seraient rétablies qu’en 2017[8].

L’aide cubaine à l’Algérie n’a pas été uniquement politique, matérielle et militaire. Elle a également été d’ordre médical. En effet, le pays était confronté à une grave crise sanitaire suite au départ de la plupart des médecins français, avec seulement 200 médecins pour 4 millions d’habitants[9]. Ainsi, l’Algérie avait obtenu en mai 1963 le soutien d’une brigade médicale de 55 professionnels de la santé. Cuba se trouvait pourtant face à une situation nationale extrêmement sévère. En effet, en plus de la grave crise sanitaire qui frappait l’ensemble de la population cubaine en 1959 dans une île qui ne comptait que 6 000 médecins pour 6 millions d’habitants, près de la moitié du personnel cubain avait choisi d’émigrer vers les Etats-Unis dans les premiers mois de l’année 1959, attirés par de meilleures opportunités professionnelles. En dépit des difficultés sérieuses auxquelles faisait face Cuba et de l’exode du personnel de santé, La Havane offrit son aide médicale à l’Algérie[10].

Le Front de Libération nationale rappelle que « dès les premières heures de son indépendance, l'Algérie trouvera en Cuba un appui de taille dans ses efforts de reconstruction nationale, notamment dans le domaine de la santé[11]. » A ce jour, plusieurs dizaines de médecins cubains et autre personnel de santé travaillent dans les différentes régions de l’Algérie[12].

Pour toutes ces raisons, Abdelaziz Bouteflika, Président de la République algérienne, décréta huit jours de deuil national suite au décès de Fidel Castro le 25 novembre 2016. Dans son message de condoléances au peuple cubain, il exprima la gratitude de l’Algérie pour le soutien indéfectible de La Havane :

« C'est aussi une grande perte pour le peuple algérien qui entretient une relation particulière avec El Commandante, faite de respect, d'admiration et d'affection mutuels. Une relation qui trouve aussi sa singularité dans le partage de quelques pages de l'histoire de la glorieuse lutte de Libération nationale et dans lesquelles El Lider Maximo avait joué un rôle de premier plan aux côtés du peuple algérien. Ce compagnonnage de lutte trouvera son prolongement après l'accession de l'Algérie à l'indépendance et se manifesta par une solidarité et un soutien à la reconstruction de notre pays ruiné par une guerre coloniale dévastatrice. […] Je salue en lui un authentique défenseur des valeurs de paix, de respect de la souveraineté nationale et de son combat intransigeant en faveur du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes[13]. »

La mission internationaliste cubaine en Algérie serait la première d’une longue série qui verrait La Havane apporter son concours au Congo, à la Guinée Bissau et au Cap-Vert et à l’Ethiopie.

1. Aide à la lutte armée au Congo et en Guinée Bissau et défense de la souveraineté de l’Ethiopie

Congo

En 1961, les Etats-Unis commanditèrent l’assassinat de Patrice Lumumba, leader indépendantiste du Congo belge. Lauwrence Devlin, Chef du Bureau de la CIA dans le pays, reconnut la responsabilité de Washington : « Je devais procéder à une élimination physique, c’est-à-dire assassiner Lumumba. J’ai immédiatement demandé qui avait donné ces instructions et la réponse a été qu’elles venaient du Président Eisenhower[14] ». Avec la complicité de la Belgique et des troupes des Nations unies, le Premier Ministre congolais fut assassiné par Mobutu, lequel instaura une dictature qui durerait jusqu’en 1997, avec le soutien des Etats-Unis[15].

Les forces lumumbistes déclenchèrent alors un mouvement insurrectionnel à travers le pays sous le leadership de Laurent-Désiré Kabila, chef de la rébellion congolaise. Kabila sollicita alors l’aide de Cuba pour lutter contre le régime de Mobutu soutenu par les nations occidentales. En avril 1965, Che Guevara, à la tête d’une colonne de 120 combattants cubains, arriva au Congo pour soutenir la guérilla. Sa présence dura huit mois et six internationalistes cubains tombèrent au combat[16].

Mais le combat était inégal entre une rébellion affaiblie et un régime disposant du soutien militaire des Etats-Unis et des mercenaires blancs payés par Washington. Cléophas Kamitatu, alors Ministre de l’Intérieur de Mobutu, fut chargé de mater les insurgés : « Nous avons organisé une opération de récupération du pays en utilisant l’armée [et] les mercenaires […] payés par les Etats-Unis[17] ».

Face à l’offensive de l’armée de Mobutu, la Tanzanie, qui soutenait la guérilla, demanda le départ de Guevara et de ses hommes, lesquels durent s’exécuter en novembre 1965. L’expérience congolaise fut un « échec » selon le Che, en raison des luttes internes, du manque de discipline au sein des insurgés et de la décision unilatérale de la Tanzanie de cesser d’approvisionner les rebelles.[18]

Dans une lettre, Guevara exprima son incompréhension et sa colère :

« Cuba a offert une aide sujette à l’approbation de la Tanzanie. Vous avez accepté et l’aide est devenue effective. Elle était sans conditions ni limites dans le temps. Nous comprenons les difficultés de la Tanzanie aujourd’hui, mais nous ne partageons pas votre point de vue. Cuba ne recule pas face à ses engagements et ne peut pas accepter une fuite honteuse en abandonnant son frère dans le malheur à la merci des mercenaires[19] ».

Guinée-Bissau et Cap-Vert

La même année, en 1965, Amilcar Cabral, leader révolutionnaire du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée Bissau et du Cap-Vert (PAIGCV), reçut une aide militaire de Cuba pour ses guérilleros dans leur lutte contre le colonialisme portugais. Dès 1966, suite à la Conférence tricontinentale qui eut lieu à Cuba et qui réunit les mouvements révolutionnaires du Tiers-monde, La Havane dépêcha plusieurs dizaines d’instructeurs, de techniciens et de médecins auprès de la guérilla du PAIGCV, afin de former et de soigner les combattants guinéens. La guerre d’usure lancée par Cabral contre l’occupation portugaise déclencha la Révolution des Œillets en avril 1974 contre la dictature de Salazar, orchestrée par d’anciens capitaines ayant servi en Guinée Bissau. Elle sonna le glas de la présence coloniale du Portugal en Afrique, contribuant ainsi à l’indépendance de la Guinée Bissau en 1974, ouvrant la voie à la libération du Mozambique et de l’Angola[20].

Pedro Pires, Président du Cap-Vert de 2001 à 2011, a exprimé l’hommage de son peuple pour les Cubains :

« Durant notre lutte de Libération nationale, nous avons bénéficié de la solidarité indéfectible de Cuba. Personne ne peut rester indifférent face à la contribution cubaine, et particulièrement de Fidel Castro, pour la libération de l’Afrique. Je me suis moi-même formé à Cuba et j’ai fait ma formation militaire là-bas. Les Africains ont une dette morale et une dette d’honneur vis-à-vis de Cuba, de Fidel et de ses combattants internationalistes[21] ».

Pour sa part, Maneca Santos, membre du Comité central du PAIGC, souligna l’apport décisif de Cuba « durant la lutte de libération nationale ». La Havane a joué un rôle prépondérant « dans les luttes dans les anciennes colonies portugaises, particulièrement en Guinée Bissau et au Cap-Vert[22]. »

De son côté, Iva Cabral, fille d’Amilcar Cabral, exprima le sentiment de son peuple vis-à-vis de Cuba:

« Fidel Castro a soutenu nos luttes de libération nationale sans aucune restriction. Il a joué un rôle fondamental dans l’indépendance de l’Angola et dans la Chute de l’Apartheid en Afrique du Sud. Il On ne peut pas parler de l’Histoire du XXe siècle sans parler de Fidel Castro. […] C’est une figure incontournable de l’Histoire mondiale du XXe siècle et particulièrement du Tiers-Monde. Comme Africaine, j’ai du respect et une admiration profonde pour Fidel Castro[23]. »

Ethiopie

En juin 1977, la Somalie, soutenue par les Etats-Unis, lança une guerre de conquête territoriale contre l’Ethiopie, dans le but de s’emparer de la région de l’Ogaden de près de 300 000 kilomètres carrés, soit un tiers du pays. L’armée somalienne réalisa une percée de près de 1 000 kilomètres à l’intérieur du territoire éthiopien, atteignant les villes de Hara et Dire Dawa. En décembre 1977, le gouvernement éthiopien de Mengistu Haile Marian sollicita l’aide de Cuba pour repousser l’invasion. La Havane lança alors l’Opération Protesta de Baraguá en janvier 1978, dépêchant ses troupes dans le pays. Après d’âpres combats, les Ethiopiens et les soldats internationalistes cubains repoussèrent l’armée somalienne hors des frontières en mars 1978[24]. Mulatu Teshome, Président de la République d’Ethiopie, souligna la contribution de Cuba « dans notre lutte pour défendre notre intégrité territoriale » ainsi que « son soutien durant les temps difficiles[25] ».

L’Angola, l’Afrique australe et « la plus belle cause de l’Humanité »

La Révolution des œillets et la chute de la dictature de Salazar mirent fin à la présence coloniale portugaise en Afrique. Après la Guinée-Bissau et le Cap-Vert en 1974, le Mozambique et l’Angola obtinrent leur indépendance en 1975. En Angola, plusieurs organisations s’affrontèrent pour prendre le pouvoir : le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) d’Agostino Neto, soutenu par Cuba et l’Union soviétique ; le Front national de libération de l’Angola (FNLA) d’Holden Roberto et l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA) de Jonas Savimbi, tous deux soutenus par les Etats-Unis, l’Afrique du Sud et le Zaïre de Mobutu[26].

En janvier 1975, le Portugal mit en place un gouvernement provisoire où étaient représentés l’ancienne puissance coloniale et les trois principaux mouvements indépendantistes. Durant cette période de transition d’un an, l’armée portugaise devait se charger de maintenir l’ordre jusqu’à la proclamation de l’indépendance de l’Angola prévue le 11 novembre 1975[27].

Conscients de la popularité du MPLA à travers le pays, les Etats-Unis décidèrent de neutraliser le principal mouvement indépendantiste angolais d’orientation marxiste afin de l’empêcher d’accéder au pouvoir. En plus des instructeurs et des armes fournis au FNLA et à l’UNITA, Washington put compter sur la collaboration de l’Afrique du Sud de l’Apartheid. En mars 1975, suivant les instructions du secrétaire d’Etat Henry Kissinger, Mobutu dépêcha ses troupes en Angola et lança une attaque depuis le Nord avec le FNLA. De son côté, Pretoria soutenait une offensive depuis le Sud avec l’UNITA. Le but était de s’emparer de Luanda avant le 11 novembre[28].

Face à cette agression internationale et la complicité passive des forces portugaises censées garantir l’ordre, le MPLA offrit une résistance farouche à la coalition dirigée par les Etats-Unis et sollicita en urgence l’aide de Cuba. Dès le mois de septembre, le MPLA reprit le contrôle de 12 des 16 provinces du pays y compris l’ensemble de l’espace côtier. En octobre 1975, 500 instructeurs cubains arrivèrent en Angola avec des armes en quantité suffisante pour former 40 unités de bataillon et de batterie. Quatre centres d’instruction furent ouverts à travers le pays afin d’entraîner les troupes[29].

Le 14 octobre 1975, l’Afrique du Sud, première puissance militaire du continent grâce au soutien des pays occidentaux, décida d’envahir l’Angola avec ses troupes régulières. Le 4 novembre 1975, répondant à l’appel du MPLA, Fidel Castro lança l’Opération Carlota, du nom d’une esclave noire cubaine qui avait mené une révolte contre l’oppression coloniale au XIXe siècle. Assumant le risque d’affaiblir sa propre sécurité nationale, La Havane dépêcha ses troupes les plus aguerries et son armement le plus moderne pour préserver l’intégrité territoriale de l’Angola, et empêcher le régime raciste de Pretoria d’installer à la tête du pays un gouvernement fantoche. En l’espace de quelques semaines, 35 000 internationalistes cubains arrivèrent en Angola pour apporter leur concours militaire à la nation agressée par le régime raciste de Pretoria et le Zaïre, sur ordre de Washington[30].

Le 10 novembre 1975, l’armée sud-africaine atteignit Kifangondo, à 20 kilomètres de Luanda et lança une attaque d’envergure afin de s’emparer la capitale. Les Forces armées populaires de libération de l’Angola (FAPLA), soutenues par les instructeurs cubains, offrirent une résistance farouche qui permit de préserver la ville [31]. L’attaque contre l’enclave de Cabinda, riche en ressources minérales, fut également repoussée par les internationalistes cubains et les Angolais[32]. Le 11 novembre 1975, depuis Luanda, Agostino Neto put proclamer l’indépendance de l’Angola, et exprima sa gratitude à Fidel Castro, saluant « la solidarité extraordinaire du peuple cubain[33]. »

Pour la première fois de leur histoire, les forces de l’Apartheid furent contraintes à battre en retraite face aux troupes noires cubaines et de quitter le territoire souverain de l’Angola le 27 mars 1976. Le régime suprématiste de l’Apartheid venait de subir sa première déroute, ébréchant ainsi le mythe de l’invincibilité de l’armée blanche de Pretoria[34].

L’intervention de Cuba fut une décision de Fidel Castro. Elle se fit contre la volonté de l’Union soviétique qui était favorable à un processus de détente avec les Etats-Unis. Karen N. Broutens, Directeur du département des Affaires étrangères du Politburo soviétique, reconnut que Moscou fut mis devant le fait accompli : « L’envoi de troupes cubaines en Afrique nous a pris complètement au dépourvu. Nous n’étions au courant de rien. […] Ça nous a fait un choc. Nous étions mécontents parce que les Cubains agissaient sans nous avoir consultés[35] ». L’intervention militaire de La Havane illustra l’indépendance totale de la politique étrangère du gouvernement cubain vis-à-vis de l’allié soviétique.

Fidel Castro expliqua les raisons de l’engagement de Cuba en Afrique :

« Certains impérialistes se demandent pourquoi nous aidons les Angolais. Ils se demandent quels sont nos intérêts là-bas. Ils ont l’habitude de penser que lorsqu’un pays agit, c’est parce qu’il convoite du pétrole, du cuivre ou des diamants ou toutes autres ressources naturelles. Nous ne recherchons aucun intérêt matériel et il est logique que les impérialistes ne comprennent pas cela. […]. Nous sommes en train d’accomplir un devoir internationaliste élémentaire quand nous apportons notre concours au peuple d’Angola […] Nous appliquons simplement une politique basée sur des principes. […]. Nous n’allons pas rester les bras croisés quand nous voyons qu’un peuple africain, un peuple frère, est brutalement attaqué par l’Afrique du Sud[36] ».

Washington envisagea même de lancer une attaque aérienne contre Cuba, en guise de représailles. « Si nous décidons d’utiliser la force militaire, nous devons obtenir une victoire. Il ne peut pas y avoir de demi-mesures », déclara Henry Kissinger au Général George Brow de l’Etat-major le 24 mars 1976. Lors de sa rencontre avec le Président Gérald Ford, Kissinger se fit plus précis : « Je crois que nous allons devoir écraser Castro. Mais nous ne pourrons probablement pas agir avant les élections [présidentielles de 1976] ». « Je suis d’accord », répondit le Président Ford. Kissinger souhaitait à tout prix protéger le régime d’Apartheid : « Si les Cubains détruisent la Rhodésie, la Namibie sera la prochaine sur la liste et ensuite il y aura l’Afrique du Sud. S’ils réalisent un mouvement vers la Namibie ou la Rhodésie, je serais d’avis de les pulvériser ». Secrètement élaboré par le Groupe d’actions spéciales de Washington, le plan prévoyait des bombardements stratégiques, de miner les ports et une mise en quarantaine de Cuba[37]. Néanmoins, Kissinger ne put contenir son admiration envers Fidel Castro. Selon lui, « il était le révolutionnaire le plus authentique de l’époque[38] ».

Après la défaite infligée par les Cubains et les Angolais, l’Afrique du Sud et les Etats-Unis augmentèrent leur aide à l’UNITA de Jonas Savimbi, plongeant le pays dans une guerre civile qui durerait jusqu’en 2002. De son côté, Luanda et La Havane apportèrent leur soutien aux révolutionnaires de l’Organisation du peuple du Sud-Ouest africain (SWAPO) de Namibie, alors protectorat sud-africain, et aux militants de l’African National Congress (ANC) de Nelson Mandela qui menaient une lutte contre l’Apartheid, en leur offrant une base arrière en Angola. En 1978, l’aviation sud-africaine lança un raid aérien meurtrier contre le camp de réfugiés de la SWAPO à Cassinga, tuant près de 700 personnes dont plus de 150 femmes et près de 300 enfants[39].

Une décennie plus tard, en 1987, les FAPLA, suivant les recommandations des conseillers militaires soviétiques, lancèrent une offensive contre l’UNITA. Les Cubains avaient exhorté Luanda de ne pas mener d’attaque car Pretoria contrôlait les airs dans le Sud de l’Angola. Il fallait d’abord neutraliser l’aviation sud-africaine. La Havane ne fut pas écoutée et l’Afrique du Sud intervint massivement, notamment par des bombardements aériens et une offensive de véhicules blindés, obligeant les forces angolaises à se replier vers le village de Cuito Cuanavale, zone stratégique du Sud-Est du pays[40].

Face à cette situation critique, l’Angola sollicita une nouvelle fois l’aide urgente de Cuba, qui disposait depuis 1975 en permanence de 20 000 soldats dans le pays. Fidel Castro décida alors de porter ce nombre à 55 000 combattants internationalistes qui arrivèrent dans le pays en quelques semaines, et déploya ses meilleurs pilotes ainsi que sa défense anti-aérienne la plus sophistiquée[41]. « Il n’y eut aucune coopération avec l’Union soviétique, bien au contraire », soulignera Fidel Castro, au sujet de l’opposition de Moscou à une nouvelle intervention militaire cubaine en Angola[42]. Le Président cubain se chargea personnellement de diriger les opérations depuis La Havane. Assiégeant la zone, l’armée sud-africaine tenta à plusieurs reprises de s’emparer de Cuito Cuanavale, mais fut repoussée par les troupes cubaines et angolaises. Fort de leur nouvelle suprématie aérienne, La Havane lança une contre-offensive en mars 1988 avec 40 000 soldats cubains et 30 000 combattants angolais, sans oublier le soutien des révolutionnaires namibiens. La puissance de feu était impressionnante : plus de 1 000 armes antiaériennes et tous les avions disponibles permirent à Cuba de dominer le ciel et obligèrent les troupes sud-africaines à se retirer au-delà de la frontière. Cuito Cuanavale avait infligé un « coup politique, militaire et moral fatal à l’armée de l’Apartheid[43]. »

Suite à la débâcle de Cuito Cuanavale, face à la présence militaire dissuasive de Cuba et la menace de la poursuite de la contre-offensive au-delà de la frontière angolaise, en territoire namibien, les Etats-Unis et l’Afrique du Sud furent contraints d’ouvrir des négociations avec Cuba et l’Angola. Lors des pourparlers tenus au Caire en juin 1988, Chester Crocker, secrétaire d’Etat adjoint chargé de l’Afrique, chercha à savoir si Cuba avait l’intention de passer la frontière namibienne. La réponse de Jorge Risquet, représentant de Cuba en Angola, fut sans ambages :

« Je ne peux pas vous fournir de réponse. Je ne peux pas vous donner un calmant, ni à vous ni aux Sud-Africains. Si je vous disais que nos troupes vont s’arrêter à la frontière, je serais en train de vous un calmant. Si je vous disais qu’elles vont entrer en Namibie, je serais en train de vous menacer. Je ne veux ni vous menacer ni vous donner un calmant. La seule chose que je puis vous dire, c’est que seuls des accords sur l’indépendance de la Namibie peuvent donner les garanties nécessaires[44] ».

Les revendications cubaines étaient les suivantes : l’Afrique du Sud devait mettre un terme à son soutien à l’UNITA et permettre des élections libres en Namibie, sous l’égide des Nations unies. Pretoria capitula et accepta les conditions de La Havane, signant un accord de paix en décembre 1988[45].L’Afrique du Sud mit fin à son occupation militaire de la Namibie et des élections eurent lieu. Pour sa part, Cuba s’engagea à quitter l’Angola, une fois sa sécurité assurée. Deux ans plus tard, la Namibie obtint son indépendance et la SWAPO remporta les élections[46].

La victoire de Cuito Cuanavale fut décisive pour la sauvegarde de l’indépendance de l’Angola. José Eduardo Dos Santos, Président du pays de 1979 à 2017, a souligné « la solidarité que Cuba a offerte à la lutte des peuples colonisées, particulièrement au peuple angolais, et la contribution inoubliable de ce pays à la défense et à la préservation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Angola, dans sa résistance à l’agression du régime raciste sud-africain[47]. »

Cuito Cuanavale eut également un impact décisif pour la libération de la Namibie alors sous le joug du régime de Pretoria. Lors de la visite historique de Fidel Castro en Namibie en 1998, Sam Nujoma, Président de la nation, l’accueillit à l’aéroport en prononçant cette phrase historique : « Bienvenue en République de Namibie, le pays que vous avez contribué à libérer[48] ». Hage Geingob, actuel Président de Namibie, membre historique de la SWAPO, rendit hommage à Cuba pour son engagement en faveur de la liberté en Afrique australe :

« Fidel est une référence pour un grand nombre d’entre nous, particulièrement en Afrique australe. […] Il a été mon mentor. L’indépendance de la Namibie est due à la bataille de Cuito Cuanavale où les Sud-Africains ont subi une déroute. […] En Namibie, Cuba est aimée. Lorsque nos enfants ont été attaqués à Cassinga, Cuba est venu à leur secours. Trois mille d’entre eux ont été accueillis à Cuba et aujourd’hui, ils sont de retour. Cela représente beaucoup pour nous. Cuba n’est pas venue pour nous forcer la main ou prendre nos ressources. […] Alors que l’Angleterre, la France et les Etats-Unis étaient du côté de l’Apartheid qui nous opprimait et nous tuait, Fidel Castro est venu nous libérer[49] ».

La défaite infligée par les Cubains à l’armée de Pretoria sonna le glas du régime raciste de l’Apartheid, lequel fut contraint de légaliser l’ANC et de libérer Nelson Mandela en février 1990, après 27 ans de prison, et d’abolir l’Apartheid en juin 1991. Mandela, le héros de la lutte contre l’oppression raciale, réserva d’ailleurs son premier voyage hors d’Afrique à Cuba. Le gouvernement de Fidel Castro avait, en effet, soutenu l’ANC dès les premiers instants[50]. Dans un discours prononcé à Cuba en 1991, Nelson Mandela rendit hommage au peuple de l’île et exprima sa gratitude pour sa contribution à la liberté de l’Afrique australe :

Dès l’origine, la Révolution cubaine a été une source d’inspiration pour tous les peuples épris de liberté. Le peuple cubain occupe une place spéciale dans le cœur des peuples de l’Afrique. Les internationalistes cubains ont effectué une contribution à l’indépendance, à la liberté et à la justice en Afrique qui n’a pas d’équivalent par les principes et le désintéressement qui la caractérisent. […] Nous sommes particulièrement émus par l’affirmation du lien historique avec le continent africain et ses peuples. Son engagement immuable à l’éradication systématique du racisme n’a pas de parallèle. Nous sommes […] conscients de la grande dette que nous avons à l’égard du peuple de Cuba. Quel autre pays pourrait prétendre à plus d’altruisme que celui que Cuba a appliqué dans ses relations avec l’Afrique ? […].L’écrasante déroute de l’armée raciste à Cuito Cuanavale a constitué une victoire pour toute l’Afrique ! Cette défaite indiscutable de l’armée raciste à Cuito Cuanavale a donné la possibilité à l’Angola de profiter de la paix et de consolider sa propre souveraineté ! La déroute de l’armée raciste a permis au peuple combattant de Namibie de conquérir enfin son indépendance ! La défaite décisive des forces agressives de l’Apartheid a détruit le mythe de l’invincibilité de l’oppresseur blanc ! La déroute de l’armée de l’Apartheid a servi d’inspiration au peuple combattant d’Afrique du Sud ! Sans la défaite infligée à Cuito Cuanavale, nos organisations n’auraient pas été légalisées ! La défaite de l’armée raciste à Cuito Cuanavale explique qu’aujourd’hui je puisse me trouver parmi vous [à Cuba] ! Cuito Cuanavale est un évènement marquant dans l’histoire de la lutte pour la libération de l’Afrique australe ! Cuito Cuanavale marque un virage dans la lutte pour libérer le continent et notre pays du fléau de l’Apartheid ![51]

Thabo Mbeki, Président de l’Afrique du Sud de 1999 à 2008, rendit hommage à la contribution cubaine à la liberté de son peuple :

« Fidel a été une grande inspiration pour nous tous. Il s’est pleinement engagé dans notre lutte. Certains de nos meilleurs cadres militaires ont été formés à Cuba […]. Nous sommes très liés aux Cubains par cette lutte. Nous n’oublierons jamais les Cubains tombés en Angola, qui se sont battus contre les forces de l’Apartheid. […] La défaite des Sud-Africains en Angola a directement ouvert la voie à l’indépendance de la Namibie et à notre propre libération en Afrique du Sud[52]. »

De la même manière, Jacob Zuma, Président de l’Afrique du Sud de 2009 à 2018, a rappelé que Cuba avait entraîné les guérilleros de l’ANC, leur transmettant les valeurs de la Révolution cubaine : « Nos cadres qui ont vécu longtemps à Cuba ont été ceux qui ont compris à quel point patriotisme et internationalisme étaient liés ». De nombreux docteurs, ingénieurs, diplomates et autres, ont été formés à Cuba. « Pour nous, Castro, n’était pas seulement un ami. C’était notre leader, notre mentor et notre internationaliste révolutionnaire[53] ».

En 1991, les derniers internationalistes cubains quittèrent l’Angola. Au total, depuis leur première mission en Algérie en 1963, 380 000 combattants et 70 000 collaborateurs civils, soit un total de 450 000 Cubains, apportèrent leur concours à la libération de l’Afrique[54]. En Afrique du Sud, dans la Parc de la Liberté de Pretoria, sont gravés les noms des 2 107 Cubains tombés au combat pour l’émancipation des peuples de l’Afrique australe[55].

Thenjiwe Mtintso, militante anti-apartheid torturée et emprisonnée sous le régime de Pretoria dans les années 1970 et ambassadrice d’Afrique du Sud à Cuba de 2007 à 2010, a rendu hommage à Cuba :

« Aujourd’hui, l’Afrique du Sud a de nombreux nouveaux amis. Hier, ces amis parlaient de nos dirigeants et de nos combattants comme des terroristes, et ils nous harcelaient depuis leurs pays tout en appuyant l’Afrique du Sud de l’Apartheid. Aujourd’hui, ces mêmes amis veulent que nous accusions et isolions Cuba. Notre réponse est très simple : c’est le sang des héros cubains et non pas celui de ces amis-là qui irrigue profondément la terre africaine et revivifie l’arbre de la liberté dans notre Patrie[56] ».

A ces hommages multiples, Fidel Castro répondit en rappelant la maxime de José Martí, héros national cubain, « la Patrie, c’est l’Humanité » :

« Que faisions-nous si ce n’était payer notre dette à l’égard de l’humanité, notre dette vis-à-vis de l’Afrique, notre dette vis-à-vis de ceux qui ont lutté pour notre dignité, qui ont lutté pour notre indépendance dans de nombreux champs de bataille ? C’est tout ce que nous avons fait. Nous ne méritons aucune reconnaissance particulière. Nous ne méritons aucune gratitude particulière. Nous avons simplement accompli notre devoir[57]. ».

Conclusion

De l’Algérie à l’Afrique du Sud, en passant par le Congo, la Guinée Bissau, le Cap-Vert, l’Ethiopie, l’Angola et la Namibie, la contribution cubaine à la libération du continent n’a pas d’équivalent dans l’Histoire des luttes anticoloniales. « C’est la première fois qu’un pays est venu d’un autre continent non pas pour emporter quelque chose, mais pour aider les Africains à obtenir leur liberté ». Tels furent les propos rédigés par Nelson Mandela depuis sa prison à Robben Island[58]. Alors que les Etats-Unis, et la plupart des puissances occidentales, apportèrent un soutien sans failles au régime ségrégationniste de l’Apartheid, alors que Washington a inclus Nelson Mandela dans la liste des membres d’organisations terroristes jusqu’en 2008, y compris lorsque ce dernier était Prix Nobel de la Paix en 1993 et Président de la République d’Afrique du Sud 1994 à 1999, La Havane, pour sa part s’est pleinement engagé dans la lutte contre l’oppression raciale du régime de Pretoria, car il s’agissait là, selon les mots de Fidel Castro, de « la plus belle cause de l’Humanité ».

Pour comprendre le prestige de la Révolution cubaine en Amérique latine, en Afrique et en Asie, loin de l’image souvent caricaturale véhiculée en Occident, il est nécessaire de rappeler le rôle fondamental qu’a joué une petite île assiégée par les Etats-Unis dans la lutte mondiale pour l’émancipation humaine. Souvent méconnu, cet apport majeur de Cuba à la dignité des exploités est gravé dans la mémoire des peuples du Sud qui ont souffert de l’asservissement colonial et racial.

L’internationalisme révolutionnaire, c’est-à-dire la solidarité active et concrète avec les peuples en lutte pour leur liberté, a été un pilier fondamental de la Révolution cubaine depuis 1959. Alors que les puissances occidentales ont colonisé le berceau de l’Humanité, humiliant les peuples et pillant les ressources naturelles, Cuba, de son côté, est intervenu pour briser les chaînes de l’oppression, et n’a emporté d’Afrique que les corps des siens tombés au combat au nom du droit inaliénable des peuples à disposer d’eux-mêmes.

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Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son dernier ouvrage s’intitule Fidel Castro, héros des déshérités, Paris, Editions Estrella, 2016. Préface d’Ignacio Ramonet.

Contact : lamranisalim@yahoo.fr ; Salim.Lamrani@univ-reunion.fr

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[1] Jorge Risquet Valdés, « Las profundas raíces del internacionalismo de los cubanos », Revista Tricontinental, 6 novembre 2018.

[2] Alger Républicain, « Les révolutionnaires cubains étaient en Algérie pendant la guerre de Libération », 6 mai 2015.

[3] Fidel Castro Ruz, « Discurso pronunciado por Fidel Castro Ruz, Presidente de los Consejos de Estado y de Ministros de la República de Cuba, en la cena oficial ofrecida por el Presidente de la República Argelina Democrática y Popular », República de Cuba, 6 mai 2001. http://www.cuba.cu/gobierno/discursos/2001/esp/c060501e.html (site consulté le 14 avril 2018).

[4]John F. Kennedy Presidencial Library and Museum, “Ben Bella Visit”, 15 octobre 1962. https://www.jfklibrary.org/Asset-Viewer/Archives/JFKWHF-WHS26.aspx (site consulté le 3 avril 2018).

[5] Piero Gleijeses, « La primera experiencia cubana en África: Argelia (1961-1965), Temas, n°16-17, octubre 1998, p. 63.

[6] Ibid.

[7] Gabriel Molina, « Para Argelia cualquier ayuda que necesite », Granma, 22 octobre 2015.

[8] Ministère de la Culture et de la Communication, « Rétablissement des relations diplomatiques entre le Royaume du Maroc et la République de Cuba », Royaume du Maroc, 21 avril 2017. http://www.maroc.ma/fr/actualites/retablissement-des-relations-diplomatiques-entre-le-royaume-du-maroc-et-la-republique-de (site consulté le 2 avril 2018).

[9] Fidel Castro Ruz, « Discurso pronunciado por Fidel Castro Ruz, Presidente de los Consejos de Estado y de Ministros de la República de Cuba, en la cena oficial ofrecida por el Presidente de la República Argelina Democrática y Popular », op. cit.

[10] Gabriel Molina, « Para Argelia cualquier ayuda que necesite », op. cit.

[11] El Moujahid, « Décès de Fidel Castro, le président Abdelaziz Bouteflika : ‘Une perte’ pour le peuple algérien », 27 novembre 2016. http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/102165 (site consulté le 1er avril 2018).

[12] Ernesto J. Gómez Figueredo, « Cuba y Argelia firman acuerdo para continuar cooperación bilateral », Granma, 30 janvier 2018.

[13] El Moujahid, « Décès de Fidel Castro, le président Abdelaziz Bouteflika : ‘Une perte’ pour le peuple algérien », 27 novembre 2016. http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/102165 (site consulté le 1er avril 2018).

[14] Jihan Al Tahri, « Cuba, une odyssée africaine », Temps Noir/ Arte, 2007.

[15] Scott Chain, « Laurence R. Devlin, 86, C.I.A Officer Who Balked on a Congo Plot, Is Dead », The New York Times, 11 décembre 2008, p. B10.

[16] Che Guevara, Pasajes de la guerra revolucionaria: Congo, Barcelone, Editorial Mondadori, 1999.

[17] Jihan Al, « Cuba, une odyssée africaine », op. cit.

[18] Che Guevara, Pasajes de la guerra revolucionaria: Congo, op. cit.

[19] Ramón Pérez Cabrera, La historia cubana en Africa 1963-1991, p. 115.

[20] Jorge Risquet Valdés, « Las profundas raíces del internacionalismo de los cubanos », op. cit.

[21] Alvaro Lidgero Andrade, « Pedro Pires: ‘Africa tem uma dívida moral e de honra para com Fidel Castro’”, Voice of America, 27 novembre 2016. https://www.voaportugues.com/a/pedro-pirs-africa-divida-moral-fidel-castro/3613197.html (site consulté le 1er avril 2018).

[22] Maneca Santos, « ‘A historia o absolverá’, afirma Maneca Santos sobre Fidel Castro », Voice of America, 28 novembre 2016. https://www.voaportugues.com/a/a-historia-o-absolvera-manecas-santos-fidel-castro/3614138.html (site consulté le 26 avril 2018).

[23] Alvaro Lidgero Andrade, « Iva Cabral : ‘Como africana tenho respeito e admiraçao por Fidel Castro’ », Voice of America, 27 novembre 2016. https://www.voaportugues.com/a/iva-cabral-fidel-castro-admiracao-e-respeito/3613601.html (site consulté le 1er abril 2018).

[24] Fidel Castro Ruz, « Discurso pronunciado por Fidel Castro Ruz, Presidente de la República de Cuba, en el acto de conmemoración del centenario de la Protesta de Baraguá, Municipio ‘Julio Antonio Mella’, Santiago de Cuba », República de Cuba, 15 mars 1978. http://www.cuba.cu/gobierno/discursos/1978/esp/f150378e.html (site consulté le 29 avril 2018) ; Vilma Thomas Ramírez, « Cuba en Etiopía : Aniversario 40 de una hazaña internacionalista », Cubadebate, 18 mars 2018.

[25] Ethipian News Agency, « President Mulatu, PM Hailmariam Express Condolences Over Death of Castro », 26 novembre 2016. http://www.ena.gov.et/en/index.php/politics/item/2340-president-mulatu-pm-hailemariam-express-condolences-over-death-of-castro (site consulté le 1er avril 2018).

[26] Jorge Risquet Valdés, « Las profundas raíces del internacionalismo de los cubanos », op. cit.

[27] Jorge Risquet Valdés, « Las profundas raíces del internacionalismo de los cubanos », op. cit.

[28] Jorge Risquet Valdés, « Las profundas raíces del internacionalismo de los cubanos », op. cit.

[29] Jorge Risquet Valdés, « Las profundas raíces del internacionalismo de los cubanos », op. cit.

[30] Fidel Castro Ruz, « Discurso pronunciado por Fidel Castro Ruz, Presidente de la República de Cuba, en el acto de masa efectuado en Mandela Park, Kingston, Jamaica, el día 30 de julio de 1998 », República de Cuba, 30 juillet 1998. http://www.cuba.cu/gobierno/discursos/1998/esp/f300798e.html (site consulté le 1er abril 2018).

[31] Jorge Risquet Valdés, « Las profundas raíces del internacionalismo de los cubanos », op. cit.

[32] Fidel Castro Ruz, “Discurso pronunciado por el Comandante en Jefe Fidel Castro Ruz, Primer Secretario del Comité Central del Partido Comunista de Cuba y Primer Ministro del Gobierno Revolucionario, en la Clausura del Primer Congreso del Partido Comunista de Cuba, Celebrado en el Teatro ‘Carlos Marx’”, République de Cuba, 22 décembre 1975. http://www.cuba.cu/gobierno/discursos/1975/esp/f221275e.html (site consulté le 28 mars 2018).

[33] Jihan El Tahri, « Cuba, une odysée africaine », op. cit.

[34] Piero Gleijeses, Misiones en conflicto: La Habana, Washington y Africa 1959-1976, La Havane, Editorial de Ciencias Sociales, 2002, p.

[35] Jihan El Tahri, « Cuba, une odysée africaine », op. cit.

[36] Fidel Castro Ruz, “Discurso pronunciado por el Comandante en Jefe Fidel Castro Ruz, Primer Secretario del Comité Central del Partido Comunista de Cuba y Primer Ministro del Gobierno Revolucionario, en la Clausura del Primer Congreso del Partido Comunista de Cuba, Celebrado en el Teatro ‘Carlos Marx’”, République de Cuba, 22 décembre 1975. http://www.cuba.cu/gobierno/discursos/1975/esp/f221275e.html (site consulté le 28 mars 2018).

[37] The National Security Archive, « Kissinger Considered Attack on Cuba Following Angola Incursion”, 1er octobre 2014, George Washington University. http://www2.gwu.edu/~nsarchiv/NSAEBB/NSAEBB487/ (site consulté le 21 février 2015).

[38] Henry Kissinger, Years of Renewal, New York, 1999, p.785 in Piero Gleijeses, “Carta a Obama”, Cubadebate, 3 février 2014.

[39] Piero Gleijeses, « A test of Wills: Jimmy Carter, South Africa, and the Independence of Namibia”, Diplomatic History, noviembre 2010, p. 853-91.

[40] Piero Gleijeses, Visiones de libertad: La Habana, Washington, Pretoria y la lucha por el sur de Africa (1976-1991, La Havane, Editorial de Ciencias Sociales, 2015, Tome II, p. 209-220.

[41] Fidel Castro Ruz, « Discurso pronunciado por Fidel Castro Ruz, Presidente de la República de Cuba, en el acto de masa efectuado en Mandela Park, Kingston, Jamaica, el día 30 de julio de 1998 », República de Cuba, 30 juillet 1998. http://www.cuba.cu/gobierno/discursos/1998/esp/f300798e.html (site consulté le 1er abril 2018).

[42] Democracy Now, « The Untold Story of Cuba’s Support for African Independence Movements Under Fidel Castro », 28 novembre 2016. https://www.youtube.com/watch?v=U1iUe3NmMh8 (site consulté le 31 mars 2018).

[43] Fidel Castro Ruz, « Discurso pronunciado por Fidel Castro Ruz, Presidente de la República de Cuba, en el acto de masa efectuado en Mandela Park, Kingston, Jamaica, el día 30 de julio de 1998 », op. cit.

[44] Piero Gleijeses, « El adiós a un hermano », Cubadebate, 29 septembre 2015.

[45] Piero Gleijeses, Visiones de libertad: La Habana, Washington, Pretoria y la lucha por el sur de África (1976-1991, La Havane, Editorial de Ciencias Sociales, 2015, Tome II, p. 311-368.

[46] Ibid., 395-403.

[47] Francisco Marques, « Presidente de Angola ‘profundamente consternado’ pela morte de Fidel Castro », Euronews, 26 novembre 2016. http://pt.euronews.com/2016/11/26/presidente-de-angola-reage-a-morte-de-fidel-castro (site consulté le 1er avril 2018).

[48] Sam Nujoma, « Fidel Castro y Nelson Mandela », Youtube, 13 octobre 2010. https://www.youtube.com/watch?v=iksYRLDo3w8 (site consulté le 30 mars 2018).

[49] BBC, « Fidel Castro ‘Came to Free Us’, Says Namibia President », 4 décembre 2016. http://www.bbc.com/news/av/world-africa-38190601/fidel-castro-came-to-free-us-says-namibia-president (site consulté le 29 mars 2018).

[50] Nelson Mandela Foundation, « Deepest Condolences to the People and Government of Cuba on the Passing of Fidel Castro », 26 novembre 2016. https://www.nelsonmandela.org/news/entry/deepest-condolences-to-the-people-and-government-of-cuba-on-the-passing-of (site consulté le 1er avril 2018).

[51] Salim Lamrani, Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais, Paris, Editions Estrella, 2009, prologue.

[52] Thabo Mbeki, « Interview : Mbeki Says Fidel Castro Was Committed to SA’s Liberation », SABC Digital News, 26 novembre 2016. https://www.youtube.com/watch?v=Vzgx8M-_AcA (site consulté le 30 mars 2018).

[53] Jacob Zuma, « Interview : Pres. Zuma Speaks Fondly about the late Fidel Castro », SABC Digital News, 26 novembre 2016. https://www.youtube.com/watch?v=OUcmi2RwZpQ (site consulté le 30 mars 2018).

[54] Jorge Risquet Valdés, « Las profundas raíces del internacionalismo de los cubanos », op. cit.

[55] Freedom Park, « The Cuban 5 Visit Freedom Park », 29 juin 2015. http://www.freedompark.co.za/stay-informed/news-and-media-releases/142-the-cuban-5-visit-freedom-park (site consulté le 30 mars 2018).

[56] Piero Gleijeses, « Cuito Cuanavale : batalla que terminó con el Apartheid », Cubadebate, 23 mars 2013.

[57] Fidel Castro Ruz, « Discurso pronunciado por Fidel Castro Ruz, Presidente de la República de Cuba, en el acto de masa efectuado en Mandela Park, Kingston, Jamaica, el día 30 de julio de 1998 », op. cit.

[58] Max Bearak, « Fidel Castro, African Hero », The Washington Post, 28 novembre 2016.

https://www.humanite.fr/la-plus-belle-cause-de-lhumanite-661874

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28 juillet 2020 2 28 /07 /juillet /2020 05:37

Depuis maintenant plus de trois mois et menacé de sanctions plus lourdes, l’inspecteur du travail de la Marne Anthony Smith passait mardi 21 juillet en commission disciplinaire.

Sa hiérarchie lui reproche d’avoir déposé un référé contre l’association d’aide à domicile Aradopa, afin d’exiger notamment que celle-ci fournisse des masques FFP2 et du gel hydro-alcoolique à ses salariés, en pleine crise du Covid-19.

Un comité de soutien rassemblant syndicalistes, inspecteurs du travail et personnalités politiques s’est réuni en amont de cette commission, dans l’objectif de défendre la cause d’Anthony Smith, mais aussi plus largement l’indépendance et les pouvoirs des inspecteurs du travail.

A l'issue de cette commission disciplinaire, le ministère du Travail a proposé deux sanctions à l'encontre d'Anthony Smith: une exclusion de trois mois, ou bien une mutation d'office. Il revient désormais à la nouvelle ministre du Travail Elisabeth Borne de trancher.

En réaction à ces éventuelles sanctions, le comité de soutien d'Anthony Smith a appelé à poursuivre la mobilisation, pour obtenir l'abandon total des poursuites à l'encontre de l'inspecteur du travail.

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27 juillet 2020 1 27 /07 /juillet /2020 12:22

Et si le covid-19 avait raison d’AirBnB ? La ville de Paris souhaite saisir cette opportunité historique afin de réguler la location touristique des logements parisiens via les plateformes de location.

En effet, la désertion des touristes étrangers dans la capitale laisse penser à Ian Brossat, en charge du logement à la mairie de Paris, que le contexte est favorable pour que le logement traditionnel retrouve sa place dans la capitale. Entretien.

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27 juillet 2020 1 27 /07 /juillet /2020 07:15
PCF - De l'argent , pour l'emploi, les salaires et les services publics, pas pour la capital !
PCF - De l'argent , pour l'emploi, les salaires et les services publics, pas pour la capital !
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PCF - De l'argent , pour l'emploi, les salaires et les services publics, pas pour la capital !
PCF - De l'argent , pour l'emploi, les salaires et les services publics, pas pour la capital !
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27 juillet 2020 1 27 /07 /juillet /2020 07:09
CGT - Ségur de la santé : grosses entourloupes à la clé !
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27 juillet 2020 1 27 /07 /juillet /2020 07:05
CONCLUSIONS MINIMALISTES DU SÉGUR DE LA SANTÉ ! RETOUR A L’ANORMAL ? (Coordination Nationale des Comités de défense des Hôpitaux et des maternités de proximité)
CONCLUSIONS MINIMALISTES DU SÉGUR DE LA SANTÉ ! RETOUR A L’ANORMAL ? (Coordination Nationale des Comités de défense des Hôpitaux et des maternités de proximité)
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