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1 décembre 2017 5 01 /12 /décembre /2017 06:10
EHPAD en Bretagne: seulement une place pour quatre seniors (Fréderic Jacq, Le Télégramme - 30 novembre 2017)

Est-il facile de trouver une place en Ehpad en Bretagne ? Selon une étude publiée ce mercredi, cette tâche compliquée paraît toutefois plus aisée qu'ailleurs en France. Avec une population vieillissante, l'avenir pourrait néanmoins s'assombrir, alors que, parallèlement, personnels et direction dénoncent des conditions de prise en charge des seniors qui se dégradent.

 

Le feu couve dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Les difficultés de prise en charge des plus âgés ont été portées à la connaissance d'Emmanuel Macron via une missive de l’Association des directeurs des maisons de retraite (AD-PA). Signée par cinq syndicats, le 19 octobre dernier, elle décrit une situation "explosive et intenable". S'y ajoute une pétition en ligne, lancée par des professionnels de santé, où sont dénoncés "des moyens octroyés (qui) diminuent chaque année". Par ailleurs, des débrayages ont eu lieu à Brest et Carhaix cette année. Autre grogne, celle de la Fédération hospitalière de France (FHF), contre la perte de 65,6 M€ pour les Ehpad publics. Une FHF en pleine guerre des chiffres avec le ministère de la Santé, qui estime au contraire, que le secteur public sera gagnant de 100,2 M€ au bout de sept ans, en mettant bout à bout toutes les réformes engagées.

C'est dans ce contexte explosif que des milliers de familles doivent aujourd'hui trouver une place à des parents âgés, pour qui l'Ehpad semble être la solution de vie idéale. Mais là aussi, les difficultés pointent. C'est ce que confirme une étude publiée par l'organisme Retraite Plus (*), ce mercredi : "Le nombre de places n'a pas évolué aussi rapidement que le vieillissement de la population. Il y a en moyenne, en France, un lit disponible en Ehpad pour six personnes âgées de plus de 80 ans". 

La Bretagne s'en sort mieux : l'étude chiffre l'offre à une place pour quatre Bretons de plus de 80 ans. Les Pays-de-la Loire se classent deuxième (une place pour cinq seniors), tandis que l'Ile-de-France termine bonne dernière (un lit pour neuf seniors).  La raison de cette offre importante en Bretagne ? : "Elle est historique. La Bretagne a rapidement compté de nombreux foyers-logements dont beaucoup ont été convertis en Ehpad", note Sylvie Guignard, vice-présidente des Côtes-d'Armor chargée de l'accompagnement des personnes âgées. 

Jusqu'à deux ans sur liste d'attente

Reste que les listes d'attente demeurent longues en Bretagne : "C'est un parcours du combattant qui peut aller jusqu'à deux ans et la décision finale incombe à la direction d'établissement. Elle évalue le degré de dépendance de la personne et la possibilité d'y répondre", précise Sylvie Guignard. 

La Bretagne subit aussi le revers de la médaille de cette offre plus importante. Ajoutée à des tarifs plus bas qu'ailleurs, grâce à une part plus importante d'Ehpad publics et associatifs, elle donne envie à des habitants des régions limitrophes de s'y installer. "Des Bretons qui ont quitté la région pour travailler ailleurs y reviennent également pour passer leurs vieux jours", ajoute Sylvie Guignard. 

L'ARS bloque le nombre de places

Selon elle, les difficultés à trouver un lit en Ehpad ne devraient guère s'améliorer : "L'Agence régionale de santé, qui décide du nombre de places, a choisi de ne pas en créer jusqu'en 2021 dans les Côtes-d'Armor", pointe la vice-présidente du Département. Les auteurs de l'étude de Retraite Plus s'alarment aussi : "A l'horizon 2040, le nombre de personnes âgées de plus de 80 ans aura augmenté de 94 %. La Bretagne sera alors également touchée par le manque de places en Ehpad si les ouvertures d'établissements ne sont pas assez nombreuses". 

En attendant, dans les Côtes-d'Armor, on cherche des solutions alternatives, comme des aides pour le maintien à domicile ou la construction de résidences-services publiques. "C'est triste à dire mais nous serons obligés de réserver les places en Ehpad aux personnes dont les pathologies sont les plus lourdes et de maintenir les moins dépendantes à leur domicile le plus longtemps possible", s'agace Sylvie Guignard. 

 

* Étude réalisée par Retraite Plus (organisme qui conseille les personnes âgées dans leur recherche de maison de retraite), sur 7.553 Ehpad. Sources : Insee, Omphale 2010, Drees, base de données privée de Retraite Plus.


 


© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/france/ehpad-en-bretagne-seulement-une-place-pour-quatre-seniors-30-11-2017-11761642.php#m0E75GbEFbyFucUo.99


© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/france/ehpad-en-bretagne-seulement-une-place-pour-quatre-seniors-30-11-2017-11761642.php#m0E75GbEFbyFucUo.99

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1 décembre 2017 5 01 /12 /décembre /2017 06:00
La société Hemarina occupe entièrement les locaux de la Pépinière d'entreprises, installée en 2008 (photo Le Télégramme)

La société Hemarina occupe entièrement les locaux de la Pépinière d'entreprises, installée en 2008 (photo Le Télégramme)

La Pépinière d'entreprises de Morlaix communauté, à la Vierge Noire, abrite aujourd'hui exclusivement la société Hemarina, Lundi soir, au conseil communautaire, l'idée de débaptiser les lieux a été évoquée. Quelle solution s'offre aux autres porteurs de projets ? 

« Peut-être faut-il, en effet, débaptiser la Pépinière ? » La réflexion, lancée lundi soir en conseil communautaire par Yves Moisan, est venue après le vote d'une subvention à Hemarina. L'entreprise de biotechnologie marine, qui travaille à créer un substitut sanguin à partir de l'hémoglobine de ver marin, occupe aujourd'hui entièrement les locaux de la Pépinière d'entreprises créée par Morlaix communauté, à la Vierge Noire.

« La Pépinière n'en est plus une »


Une situation qui a provoqué l'interrogation de l'opposition, par la voix d'Ismaël Dupont, mais aussi de Corentin Biette, entrepreneur installé à Plougasnou. « Quand j'ai voulu lancer mon activité, on m'a dit qu'il n'y avait plus de place. Comment fait-on quand on est porteur de projet dans le pays de Morlaix si l'outil créé par la collectivité ne peut pas être utilisé ? » Pour rappel, à son installation en 2008 à la Pépinière, Hemarina était une start-up. « Mais dans son développement, elle a eu besoin de l'ensemble des locaux. Du fait de son activité, cette entreprise doit également répondre à des exigences strictes en matière d'hygiène et de qualité. N'importe qui ne pouvait pas s'installer à côté », explique Yves Moisan avant de reconnaître que « la Pépinière n'en est plus une. Pour clarifier les choses, nous allons faire enlever le logo ».

 

 

Deux nouveaux lieux à Morlaix


Le vice-président à l'économie réfute cependant le fait qu'il n'y ait pas de solution et rappelle l'existence de l'hôtel d'entreprises « Red Eo », à Guerlesquin, tout en étant conscient que c'est « peut-être moins attractif qu'à Morlaix ». « Je considère également que les projets portés par les communes du territoire ou par le privé contribuent à l'accueil des jeunes entrepreneurs ». Très bientôt, l'offre va s'étoffer pour les lanceurs de projet : Morlaix communauté va, en effet, acquérir, avec la société Viseo, une partie des anciens locaux d'Orange, rue du Poulfanc, dans le quartier de la gare. 885 m² seront destinés à l'accueil de jeunes entreprises. Des espaces dédiés seront aussi créés à la Manufacture. Ces lieux seront dotés du très haut débit : « C'est la première exigence des personnes qui souhaitent installer leur activité sur le territoire », rappelle Yves Moisan.

« Un choix assumé »


Autre interrogation soulevée par l'élu de l'opposition : l'argent public versé à Hemarina. Lundi, une subvention de 50.000 € a été votée pour un projet de recherche en partenariat avec l'UBO. « Avec la région Bretagne, nous avons pris un pari sur Hemarina. C'est un choix assumé et nous continuons d'être à leurs côtés », répond Yves Moisan. Lundi soir, Thierry Piriou, président de Morlaix communauté a également répondu sur ce point : « Notre souhait est que Hemarina continue de progresser sur le territoire et que les emplois soient créés sur le territoire ». L'entreprise, dont l'un des essais cliniques sur la conservation des organes a été jugé positif (Le Télégramme du 15 novembre 2017), emploie actuellement une vingtaine de personnes.
 

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1 décembre 2017 5 01 /12 /décembre /2017 05:34


Samedi 2 décembre : Manifestation pour la défense de l’hôpital de Morlaix (10 h  – Manu)

L’hôpital de Morlaix est en danger : mobilisons nous !

Manifestation samedi 2 décembre à 10 h – Ancienne Manufacture des tabacs de Morlaix

 

L’ensemble du service public de santé du Pays de Morlaix est gravement menacé avec les répercussions que l’on imagine sur la qualité de prise en charge des malades, les conséquences sur le personnel et le fonctionnement futur des autres services :

°  Fermeture : unité de soins intensifs de cardiologie

°  Services non assurées : consultations pré-anesthésie ; oncologie dans le cadre des suivis de chimiothérapie ; consultations externes et IRM cardiaque .

 

En réalité c’est l’avenir de l’hôpital qui est en cause.

 

C’est pourquoi l’intersyndicale des personnels de l’hôpital appelle à une grande manifestation citoyenne  le samedi 2 décembre (10 h -  Manufacture de Morlaix).

Au vu des très nombreux appels de soutien (dont celui du PCF) à cette manifestation c’est un grand rassemblement qui s’annonce.
C’EST DE L’AVENIR DE NOTRE REGION QU’IL S’AGIT ! TOUS MOBILISES !

Samedi 2 décembre, manifestation au départ de la Manu pour l'avenir de l'hôpital de Morlaix et la défense du service de cardiologie. Le PCF dans la lutte
Samedi 2 décembre, manifestation au départ de la Manu pour l'avenir de l'hôpital de Morlaix et la défense du service de cardiologie. Le PCF dans la lutte
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1 décembre 2017 5 01 /12 /décembre /2017 05:33
Ismaël Dupont est intervenu à plusieurs reprises: pour une publication de l'ordre du jour des conseils communautaires sur internet, pour un meilleur suivi et pilotage politique de l'Institut Franco-Indien, sur la question d'une éventuelle création d'un budget annexe pour la gestion des déchets, impliquant des centaines de milliers d'euros d'économies ou de prélèvement direct supplémentaire sur les usagers, avec quelle conséquence pour le service public et les personnels, sur l'usage de la pépinière d'entreprise au service quasi exclusif d'Hemarina depuis des années, alors que l'entreprise, qui bénéficie de gros financements publics, n'est pas précisément en phase d'émergence, sur la progression de la pauvreté effarante dans le pays de Morlaix sensible à travers l'augmentation très rapide du nombre de repas servi aux Restos du Coeur, et sur un effort de relocalisation des Restos du Coeur à envisager, sur la politique de contre-révolution de Macron en matière de logement social

Ismaël Dupont est intervenu à plusieurs reprises: pour une publication de l'ordre du jour des conseils communautaires sur internet, pour un meilleur suivi et pilotage politique de l'Institut Franco-Indien, sur la question d'une éventuelle création d'un budget annexe pour la gestion des déchets, impliquant des centaines de milliers d'euros d'économies ou de prélèvement direct supplémentaire sur les usagers, avec quelle conséquence pour le service public et les personnels, sur l'usage de la pépinière d'entreprise au service quasi exclusif d'Hemarina depuis des années, alors que l'entreprise, qui bénéficie de gros financements publics, n'est pas précisément en phase d'émergence, sur la progression de la pauvreté effarante dans le pays de Morlaix sensible à travers l'augmentation très rapide du nombre de repas servi aux Restos du Coeur, et sur un effort de relocalisation des Restos du Coeur à envisager, sur la politique de contre-révolution de Macron en matière de logement social

Serge Le Pinvidic - Maryse Tocquer - Guy Pennec, vice-présidents aux Finances, au Social, à l'Environnement

Serge Le Pinvidic - Maryse Tocquer - Guy Pennec, vice-présidents aux Finances, au Social, à l'Environnement

Guy Pouliquen, Nathalie Bernard, Yvon Cousse, vice-présidents au Personnel, aux Transports, à l'Aménagement

Guy Pouliquen, Nathalie Bernard, Yvon Cousse, vice-présidents au Personnel, aux Transports, à l'Aménagement

Solange Creignou est intervenue sur la question du raccordement à la fibre optique pour le Cloître St Thégonnec

Solange Creignou est intervenue sur la question du raccordement à la fibre optique pour le Cloître St Thégonnec

Yves Moisan, premier vice-président (Economie et Tourisme) et Thierry Piriou, président de Morlaix-Communauté

Yves Moisan, premier vice-président (Economie et Tourisme) et Thierry Piriou, président de Morlaix-Communauté

Marc Madec et Gwenolé Guyomarc'h, vice-président (Aménagement- PLUI) et conseiller délégué (Commerce)

Marc Madec et Gwenolé Guyomarc'h, vice-président (Aménagement- PLUI) et conseiller délégué (Commerce)

Joëlle Huon est intervenue sur le soutien du Conseil Départemental aux collèges

Joëlle Huon est intervenue sur le soutien du Conseil Départemental aux collèges

Guy Pennec est intervenu sur la question de la réduction des déchets: "on brûle 600 000€ qu'on pourrait économiser en faisant mieux le tri au Spernot, le réveil risque d'être brutal!"

Guy Pennec est intervenu sur la question de la réduction des déchets: "on brûle 600 000€ qu'on pourrait économiser en faisant mieux le tri au Spernot, le réveil risque d'être brutal!"

Christian Le Manac'h est intervenu à plusieurs reprises, il a été le seul à s'abstenir sur une motion de soutien aux offices HLM contre la baisse des APL et des Loyers qui pénalise les capacités d'investissement dans la rénovation et la production de nouveaux soutiens sociaux: une manière d'affirmer son soutien à la politique de Macron?

Christian Le Manac'h est intervenu à plusieurs reprises, il a été le seul à s'abstenir sur une motion de soutien aux offices HLM contre la baisse des APL et des Loyers qui pénalise les capacités d'investissement dans la rénovation et la production de nouveaux soutiens sociaux: une manière d'affirmer son soutien à la politique de Macron?

Christian Léon est intervenue pour que la pépinière d'entreprise, qui ne remplit plus son rôle, soit baptisée purement et simplement Hemarina

Christian Léon est intervenue pour que la pépinière d'entreprise, qui ne remplit plus son rôle, soit baptisée purement et simplement Hemarina

Jean-Paul Vermot a fait une forte intervention sur les répercussions dramatiques de la politique d'Emmanuel Macron sur le logement social

Jean-Paul Vermot a fait une forte intervention sur les répercussions dramatiques de la politique d'Emmanuel Macron sur le logement social

conseil communautaire - 27 novembre 2017 (photo Pierre-Yvon Boisnard)

conseil communautaire - 27 novembre 2017 (photo Pierre-Yvon Boisnard)

A Morlaix, 43 282 repas servis par les Restaurants du Coeur durant la campagne d'hiver 2015-2016, 34 617 repas pendant l'été 2016, 25 293 en 2015, une augmentation effarante de la précarité, de la pauvreté, que constatent aussi les bénévoles du Secours Populaire et d'autres associations caritatives et solidaires, conséquence des politiques inégalitaires menées depuis des années et encore renforcées par ce nouveau président des riches qu'est Macron. Je suis intervenu en Conseil d'Agglo ce soir pour dénoncer cette augmentation incroyable et continue depuis des années de la pauvreté et ses causes, le néo-libéralisme, et pour demander à ce qu'à Morlaix-Communauté, on engage très rapidement une réflexion pour trouver un local mieux placé pour les restos du coeur, une route très passante rendant le lieu très accidentogène pour les personnes qui viennent chercher des aliments, notamment à pied, un local qui pourrait être partagé avec d'autres assos, comme les Utopistes qui sont toujours en attente d'un lieu pouvant servir au tri des vêtements et à être ouvert au public.

 

Vœu adopté à l’unanimité moins une abstention par les élus communautaires :

Morlaix Communauté a dans les priorités de son projet de territoire les politiques de solidarité.

Au premier rang desquels se trouve la politique de l’habitat avec le développement d’une offre de logement pour tous.

Or plusieurs annonces du Gouvernement mettent à mal cette nécessaire politique de solidarité.

Le projet de Loi de Finances prévoit la baisse des APL pour tous les locataires y compris ceux du parc HLM. Cette baisse devra être compensée par les bailleurs sociaux par des baisses égales de loyer. Le modèle français du logement social est pourtant aujourd’hui un modèle productif et qui nous est envié : plus de 100 000 logements sont sortis de terre en 2016. Il l’est en Bretagne et en Finistère, et notamment dans nos villes moyennes, comme à Morlaix, qui y a toujours accordé une attention particulière. Avec ces mesures, les bailleurs sociaux vont au devant de difficultés majeures et les collectivités territoriales également. Il n’est pas concevable que des opérations comme Pors ar Bayec ou les Jardins du Launay soient remises en cause ! Et que dire de l’effort de production dans le neuf ?

Pour la Bretagne, selon une étude de l’Union Sociale pour l’Habitat, ces mesures représentent :

- moins 2 100 logements dans le neuf

- moins 4 100 logements réhabilités- une perte de 5 700 emplois

C’est donc l’inverse de l’effet attendu par le Gouvernement ! En Finistère, les bailleurs investissent 170 millions d’euros chaque année dans l’économie de la construction.

Pour Morlaix Communauté avec le PLH c’est 10 millions d’ € par an ce qui représente 66 emplois préservés dans le secteur du bâtiment au profit du logement social. Alors même que les effets de la crise de 2008 s’atténuent, les collectivités locales sont mobilisées pour éviter un choc de l’offre à l’inverse !

Enfin, dans bien des cas, les emprunts des bailleurs sont garantis par les communes. Alors même que les finances de celles-ci sont sous tension, un incident d’un bailleur pourrait s’avérer catastrophique pour nos communes.

Le Conseil de Communauté du 27 novembre 2017 demande au Gouvernement de revenir sur l’ensemble des mesures législatives qui mettent à mal la politique du logement, essentiel à la cohésion sociale de nos territoires.

Ouest-France, 29 novembre 2017

Ouest-France, 29 novembre 2017

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30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 08:44

ON FAIT PLUS D'ARGENT AVEC L'ARGENT SANS PASSER FORCÉMENT PAR L'EMPLOI, MAIS EN PRÉLEVANT SA DÎME SUR LES RICHESSES QU'IL CRÉE.

 

 

Ça ruisselle dur ! Mais de quel côté ? La théorie du ruissellement, chère à Emmanuel Macron et au Medef, affirme que, si l'on donne plus aux riches en réduisant massivement leurs impôts, en leur permettant d'accroître leurs prélèvements sur la richesse créée, ce pactole va au final « abreuver » le bon peuple et permettre d'améliorer la croissance et le niveau de vie des plus modestes. Qu'en est-il en vérité ? Qui donc parvient vraiment à boire à cette source coulant depuis les sommets jupitériens ?

Si, selon les classements annuels effectués par la revue Challenges, la fortune des 500 personnes les plus riches de France a été multipliée par sept depuis 1996, passant de 80 milliards d'euros à 571 milliards, si la fortune cumulée des 10 Français les plus riches a été multipliée par 12, le produit intérieur brut (PIB) français, lui, n'a augmenté que de 77 %, passant de 1 259 milliards d'euros en 1996 à 2 229 milliards en 2016. De son côté, le taux de chômage n'a guère diminué ­ il reste « scotché » autour de 10 % de la population active ­ et le taux de pauvreté s'est accru.

Un récent document de l'Insee indique que, en 2015, les 5 % des Français « les mieux dotés en patrimoine disposent à eux seuls de 33 % » du patrimoine total des ménages « et le 1 % en rassemble 16 % ». Les inégalités ne se réduisent pas vraiment, il faut croire qu'il y a de sacrées fuites dans les tuyaux du ruissellement.

Où part donc cet énorme pactole accumulé par les grandes fortunes et les grands groupes, s'il ne va pas à la création de richesses réelles, à l'emploi, au niveau de vie de la population ? Signe des temps, l'encours des placements des entreprises et des sociétés financières en produits dérivés, actifs hyperspéculatifs, l'un des facteurs déclenchant de la crise financière de 2008, est passé de 36,3 milliards d'euros en 1995 à 644,2 milliards en 2015, soit une hausse de 1 675 %.

En ce qui concerne les ménages, les droits sur les assurances-vie, qui étaient de 333,3 milliards d'euros en 1995, se sont élevés à 1 665,2 milliards en 2015, progressant de 400 %. Et la proportion de smicards ayant placé là leurs économies est des plus réduite !

Telle est la réalité : la forte hausse de la part des profits dans la richesse créée s'est accompagnée d'une financiarisation des conditions de leur réalisation et de leur utilisation : on fait plus d'argent avec l'argent sans passer forcément par l'emploi, mais en prélevant sa dîme sur les richesses qu'il crée.

Le président des riches est en vérité celui de la finance.

 

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30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 08:38

DESTRUCTION RAPIDE ET CATASTROPHIQUE DE L'ENVIRONNEMENT

Peut-on sauver la planète sans s'en prendre au mode de production capitaliste?

 

RAPPEL DES FAITS Signé par plus de 15 000 scientifiques de 184 pays, l'« avertissement à l'humanité » publié dans BioScience enjoint aux décideurs et politiques d'agir pour la planète.

METTRE LES EXPÉRIENCES DISPERSÉES EN RÉSEAU

 

Catherine Larrère Philosophe 

La réponse, à l'évidence, est non. Si la Terre est aujourd'hui dans un état de plus en plus lamentable, c'est dû à une surutilisation qui trouve son origine dans un mode de production fondé sur la grande industrie, l'exploitation du travail d'autrui, la propriété privée et la finance. La solution ne se trouve pas dans les façons de faire qui ont mené à la situation dans laquelle nous nous trouvons. Ceux qui prétendent que l'on peut faire confiance à l'innovation technologique et au marché pour s'adapter à la dynamique du réel ne pensent qu'à leurs profits à court terme, et ne se soucient nullement de la planète, pas plus que des humains et des non-humains qui y vivent et ont le droit de continuer à le faire dignement. Mais que faut-il changer ? La réponse est beaucoup plus difficile. On peut en effet penser que ce n'est pas seulement au capitalisme qu'il faut s'en prendre mais tout aussi bien au socialisme ­ ou à l'idée que l'on s'en fait. La crise que nous affrontons demande que nous modifiions radicalement nos rapports à la nature, et pas seulement les rapports sociaux de production : capitalisme et socialisme partagent une même foi non questionnée dans le progrès technique et dans un productivisme qui repose cependant sur un assujettissement de la nature et de la vie intrinsèquement capitaliste. Il s'agit bien de passer d'un système à un autre, mais si l'on ne parle pas de révolution, mais de transition écologique, c'est parce que celle-ci se fait non par rupture brutale avec le système existant, mais à l'intérieur de celui-ci. Il s'agit d'en réorienter l'économie, de rompre avec une vision court-termiste de l'économie, de repenser les notions d'investissement et de dette en y intégrant la préoccupation de la nature et la solidarité entre les générations.

Cela n'est pas facile à faire. Mais cela ne peut pas, non plus, suffire. Les conflits qui traversent la transition écologique ne se marquent pas tant par l'affrontement entre deux camps, deux projets de société antagoniques, que par l'oscillation entre un minimum (une transition faible, énergétique) sur lequel tout le monde ­ ou presque ­ s'accorde et un maximum, un changement radical des formes de vie, qui engage tous les secteurs de l'existence, et pas seulement l'articulation du technique et de l'économique, et qui transforme aussi bien les rapports sociaux (une société plus égalitaire, plus soucieuse de coopération que de compétition, attentive au commun, à ce qui réunit) que les rapports à la nature et à la façon de l'habiter. Pour engager le minimum, on a déjà besoin d'agir à tous les niveaux : conférences internationales, politiques publiques, mobilisation à l'échelle des territoires. Mais seules les initiatives citoyennes locales permettront de basculer vers le maximum ­ et ce maximum est nécessaire. Mouvements de lutte contre les inégalités environnementales, nouvelles formes d'économie solidaire, mise en place de circuits locaux liant production et consommation, façons de produire qui sont aussi des façons d'expérimenter d'autres modes de vie, comme la permaculture, mobilisations autour de la question animale ou de l'alimentation : la transition écologique s'engage dans un foisonnement d'expériences. Il est déjà possible de vivre autrement, et de façon plus écologique, à l'intérieur du capitalisme. Il faut aider ces expériences dispersées à se mettre en réseau et à subvertir le capitalisme.

L'ÉCOLOGIE EST AU COEUR DE LA LUTTE DES CLASSES

 

Luc Foulquier Ingénieur-chercheur en écotoxicologie, commission écologie du PCF  

 

L'appel de scientifiques sur la dégradation de l'état de la planète est un atout pour prendre conscience des responsabilités du système capitaliste. Face aux risques, il y a besoin de faire avancer l'idée de progrès, refuser la démagogie et l'obscurantisme. L'académicien Yves Bréchet montre que ceux qui connaissent un sujet ont du mal à se faire entendre. La liberté de chercher et la défense de la démarche scientifique sont au service de tous.

Le PCF relaie cet appel. Il a toujours été du côté de celles et ceux qui considèrent que la politique doit s'appuyer sur l'état des connaissances scientifiques (naturelles et sociales). Les textes d'Engels, de Marx ou de Lénine montrent que cette démarche remonte loin.

Sous l'impulsion de scientifiques, dont Jean-Pierre Kahane, le PCF avait édité la revue Avancées scientifiques et techniques dans les années 1970, et aujourd'hui la revue Progressistes. La démarche scientifique implique de comprendre et de se confronter au réel. Les scientifiques ne sont pas des apprentis sorciers.

Il faut agir sans ignorer ce qui est vrai et vérifié par l'expérience : le réchauffement climatique, lié à l'utilisation des énergies carbonées, est un fait avéré. Répondre aux besoins des êtres humains en protégeant l'environnement est une nécessité. L'équation énergies « renouvelables » + sobriété + économie d'énergie + arrêt du nucléaire civil n'est pas la solution pour le moyen terme. Voilà pourquoi Macron, Hulot et Merkel sont « coincés ». N'oublions pas que l'Union européenne est la 3e émettrice de CO2 !

En France, la situation est bien meilleure qu'en Allemagne, il ne faut pas, au nom d'intérêts économiques et d'options idéologiques, détruire cet avantage.

On ne peut parler de sciences sans voir les liens avec l'état des forces productives et les rapports sociaux.

Je ne pense pas que la démographie dans les pays en développement (voir le cas de la Chine) ou le comportement des individus soient les sources de la crise dans laquelle nous vivons. Il ne s'agit pas de « gérer les catastrophes ». « Le droit à l'environnement » ne résout pas la question des droits de l'homme. Les défenseurs du capitalisme savent cela. Mais leur moteur est le profit. Aménager l'existant, même avec de « bons sentiments », sans toucher à la structure de l'économie et du pouvoir ne nous sortira pas d'un système qui, comme le démontre Marx, ne peut qu'exploiter l'homme et la nature.

Macron multiplie les déclarations démagogiques. Où sont les mesures concrètes ? Il n'est qu'à voir le plan d'investissement 2018-2022 où l'écologie serait la priorité ! Dans la loi sur les hydrocarbures, il y a plus de « mais » que de « certitudes » ; on s'attaque aux HLM et aux normes environnementales au lieu de financer l'isolation thermique ; on supprime des lignes de chemin de fer, on ne développe pas le fret ferroviaire et on fait la pub pour les cars ; on promeut les voitures électriques, sans évoquer la production électrique, alors que des coupures techniques sont possibles. Le tissu industriel français de l'énergie, dont EDF, est cassé et privatisé.

Il y a autre chose à faire. Développons la recherche et les services publics. Le marché des quotas de carbone est une arnaque, « l'écofiscalité » veut faire payer à tous les dégâts du système, le Ceta libéralise les exportations de pétrole canadien, l'obsolescence programmée bloque le développement de l'économie circulaire, les pauvres sont les victimes principales des pollutions... Et Nicolas Hulot qui lançait des appels contre l'évasion fiscale et l'impunité des banques : quelle hypocrisie !

Comme le social, l'écologie est au coeur de la lutte des classes. C'est le capitalisme, l'apprenti sorcier, comme le démontrent les guerres pour la domination des ressources. Ce système organise les concurrences et utilise les peurs qu'il engendre pour pousser vers le populisme qui le sert. Les défis écologiques sont liés à la gestion des biens communs.

Les scientifiques nous aident à comprendre le monde, mais il revient aux citoyen.ne.s de le transformer.

REFOULER LA ZONE DE DOMINATION DU CAPITALISME

 

Jean Gadrey Économiste 

 

On ne voit pas comment la logique de la « valeur pour l'actionnaire », au cœur du capitalisme actuel, pourrait être compatible avec des politiques de préservation d'un environnement vivable, qui doivent être centrées sur la « valeur » (non économique) des biens communs naturels (dont le climat, la biodiversité, l'eau...) et sociaux, dont la protection sociale, l'égalité des sexes, la solidarité internationale, nationale et locale, etc. Cela dit, si l'on attend l'extinction du capitalisme pour agir, il est probable que les civilisations humaines se seront effondrées avant...

Le capitalisme s'est historiquement développé sur la base de la privatisation de biens naturels « communs » (en propriété commune), au centre comme dans la périphérie colonisée. Cette privatisation a conduit à une surexploitation des humains.

Les dirigeants politiques liés au capitalisme ont également privatisé la monnaie et le crédit, qui devraient être eux aussi des biens communs. Moyennant quoi la finance libéralisée a créé tous les outils d'une spéculation permanente sur tout, d'un endettement privé monstrueux, rendant impossibles les investissements de la transition. On ne s'en sortira pas sans confier les pouvoirs financiers à des pôles publics ou coopératifs.

En résumé, on peut rejoindre Edgar Morin à propos du capitalisme : « On ne va pas le remplacer par un coup de baguette magique mais on peut refouler sa zone de domination absolue. »

Le premier refoulement est la « définanciarisation » de l'économie et de la société, en liaison avec la mise à mal du pouvoir totalitaire des grands actionnaires sur l'économie. C'est la mesure la plus urgente, et c'est la plus crédible parce que des forces diverses y poussent déjà. Imaginons à quel point le contrôle socialisé du crédit et la fin des paradis fiscaux pourraient contribuer à réorienter l'investissement vers les urgences de la transition à long terme.

Il faudra d'autres mesures de refoulement, dont la fin des accords dits de libre-échange, qui sont en réalité des accords d'échange inégal et de domination impériale des grands intérêts privés.

On peut envisager à terme une économie plurielle incluant un segment capitaliste non dominant, régulé selon des normes sociales et écologiques, à côté d'autres piliers, publics, coopératif, associatif, indépendant et libéral, avec des tissus locaux de PME, d'artisans, de paysans associés, le tout financé en fonction du long terme et de l'intérêt général par des banques socialisées.

« Il sera bientôt trop tard », écrivent 15 000 scientifiques qui ne sont pas des catastrophistes mais des observateurs d'une trajectoire qui peut nous conduire au désastre. Il faut donc lancer vite la transition écologique et sociale, dans le système tel qu'il est, et c'est en chemin que l'on verra comment faire avec, ou comment défaire, le capitalisme. D'ici là, des gens très différents auront des occasions de coopérer pour « refouler la zone de domination absolue du capitalisme » sur la société, la nature et la finance, en créant ensemble des espaces démocratiques de gestion collective des biens communs vitaux.

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30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 08:36

La COP23 se tient à Bonn en Allemagne du 6 au 17 novembre. Elle se déroule sous la présidence des îles Fidji, qui n'ont pas les moyens d'en assurer la logistique sur leur territoire. Sans préjuger de ce qu'il en sortira, il apparaît déjà que les émissions de gaz à effet de serre (GES) responsables du réchauffement climatique n'ont cessé d'augmenter depuis la tenue de la COP21 à Paris, en décembre 2015. Certes, un texte fut alors adopté. Il engageait les pays signataires à réduire leurs émissions de GES au point de les diviser par trois d'ici à 2050 afin de contenir le réchauffement climatique sous la barre de + 2 °C d'ici à 2100 par rapport à ce qu'était la température moyenne au milieu du XIXe siècle.

Toutefois, rien de sérieux n'a été entrepris depuis cette date, ni en France ni ailleurs, pour tenter d'atteindre cet objectif commun. L'atteindre nécessite les efforts de tous, à commencer par les pays développés et émergents, qui sont les plus gros émetteurs de CO2. Le climatologue Jean Jouzel disait récemment qu'il faudrait « atteindre le pic d'émissions de gaz à effet de serre en 2020, puis, entre 2020 et 2050, les diviser par trois à l'échelle planétaire ». Il disait aussi que « si rien n'est fait, au rythme actuel, nous sommes nombreux à penser que nous ne disposons plus que de vingt à vingt-cinq ans pour atteindre un point de non-retour ».

Nous cheminons déjà vers ce point de non-retour. Selon les chiffres publiés le 30 octobre par l'Organisation météorologique mondiale (OMM), la concentration de CO2 atteignait 403,3 parties par million (PPM) en 2016, contre 400 PPM en 2015. On peut penser que 2017 se traduira par un nouveau record dans la mesure où, en plus de périodes de canicule, les incendies, les longues périodes de sécheresse, les cyclones dévastateurs qui se sont succédé cette année ont réduit le puits de carbone que constitue la végétation tandis que la réparation des dégâts provoqués alourdira le bilan carbone du fait des reconstructions dans de nombreux pays au-delà de 2017. Voilà qui nous conduit encore plus vers le point de non-retour.

À partir des informations que nous livrent les carottages prélevés dans les glaces qui ont emprisonné des bulles d'air depuis des millions d'années, il faut remonter entre 3 et 5 millions d'années pour trouver sur Terre une teneur en CO2 comparable à celle de ce début de XXIe siècle. Selon l'OMM, cela induisait « une température plus élevée de 2 °C à 3 °C par rapport à aujourd'hui et le niveau de la mer plus élevé de 10 à 20 mètres ». C'est ce qui nous attend dans moins d'un siècle au train où vont les choses.

Depuis 1970, la courbe des émissions mondiales de GES est en hausse constante de 5 % par décennie et devrait se poursuivre ainsi jusqu'en 2030. Mais il faudrait qu'elle diminue davantage entre 2030 et 2050 pour contenir le réchauffement dans une progression de 2 °C par rapport à la période préindustrielle. Alors que paraît en France le film « Carbone », la taxe du même nom brandie comme une recette magique ne suffira pas pour freiner le réchauffement.

glepuill@humanite.fr

 

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30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 08:34
Vote des ordonnances de destruction du droit du travail: Sébastien Jumel, député PCF, fustige une entreprise de casse globale, cohérente et totale
Vote des ordonnances : Sébastien Jumel fustige une "entreprise de casse globale, cohérente et totale"

mercredi 29 novembre 2017

Par 463 voix contre 74 et 40 abstentions, l’Assemblée nationale a très largement ratifié le 28 novembre, les ordonnances réformant le Code du travail.

Les groupes de la Gauche démocrate et républicaine, de la Nouvelle Gauche et de La France insoumise ont voté CONTRE. (voir le scrutin).

Sébastien Jumel, député de la Seine-Maritime a expliqué le vote contre des députés communistes :

Monsieur le président, madame la ministre, madame la présidente de commission, monsieur le rapporteur, chers collègues, dans une intervention dont l’épaisseur politique a fait date au cours de ce débat éclair, Pierre Dharréville a légitimement rappelé devant l’Assemblée nationale, au nom des députés communistes : « Il a fallu dix-sept ans de travail législatif pour édifier le code du travail. Un siècle plus tard, il vous a fallu dix-sept semaines pour en faire une passoire ! » En effet, sur le fondement d’une justification libérale vieille comme le monde, assumée, décomplexée, qui consiste à prétendre libérer, délivrer, simplifier, vous avez fait le choix du passage en force par ordonnances. Il s’agissait, pour le Président de la République, de se délecter des pouvoirs exorbitants que lui confère la Constitution pour conduire à marche forcée cette remise en cause radicale de la philosophie du droit du travail : une loi qui protège, un principe de faveur, l’égalité républicaine en somme.

Votre projet politique, qui a volontairement entretenu le flou, le temps d’une campagne électorale, est désormais limpide : « ubériser » la société, « ubériser » le travail. Non rassasiés par une loi de finances au bonheur des riches, non contents de disperser la République façon puzzle en asphyxiant les territoires, dont les communes sont l’émanation, vous faites le choix, en renonçant à la primauté de la loi qui protège, d’établir le principe de la variabilité des droits selon l’endroit où l’on travaille. Alors que, depuis quinze ans, la casse industrielle s’est enkystée sur nos territoires, alors que vous enchaînez les renoncements à défendre en toute souveraineté nos fleurons industriels, comme on enchaîne des strikes au bowling, en rétrécissant le périmètre d’appréciation des motifs économiques du licenciement, vous légitimez, vous légalisez même le permis de licenciement boursier, au détriment des sites français, des savoir-faire des salariés et des familles.

Dans le même esprit, votre mépris arrogant envers les principes fondamentaux du droit vous conduit, avec la « barémisation » et le plafonnement des indemnités en cas de licenciement abusif, à substituer à l’appréciation souveraine du juge prud’homal la tarification du préjudice, ce qui contrevient à l’article 64 de la Constitution, consacrant l’indépendance du juge dans sa liberté à réparer le préjudice. Non seulement cette tarification est injuste mais elle sera en baisse, ce qui signifie en clair qu’un salarié licencié sans cause réelle et sérieuse verra ses indemnités diminuer de moitié.

Dans votre boîte à outils estampillée MEDEF (Protestations sur les bancs du groupe REM), le référendum d’entreprise est conçu comme un prétexte pour contourner les organisations syndicales, dont notre Constitution reconnaît pourtant le rôle majeur. La fusion des instances représentatives, la réduction de leurs prérogatives – je pense notamment au droit d’alerte, si utile et efficace face aux fonds d’investissement prédateurs – et l’affaiblissement des moyens de défendre l’hygiène, la sécurité et la santé au travail, en plein drame de l’amiante, en plein scandale sur le harcèlement sexuel, en pleine explosion des risques psychosociaux, sont autant de preuves de vos renoncements à la loi qui protège.

Enfin – je risque de ne pas être exhaustif, tant votre entreprise de casse est globale, cohérente et totale –, votre choix de la « flexiprécarité » généralisée à l’anglaise, avec 25 % de salariés pauvres, vous conduit à faire primer le contrat d’entreprise sur le contrat de travail et à permettre à un accord collectif de s’asseoir sur les clauses substantielles de ce dernier – le salaire, le lieu et le temps de travail –, avec pour conséquence des vies broyées.

Le point final de cette réforme n’est pas posé. D’abord, l’histoire de notre modèle social démontre qu’il ne faut jamais sous-estimer la capacité des salariés à innover et à faire preuve d’intelligence pour résister et pour obtenir, selon la formule d’Ambroise Croizat, de nouveaux « conquis sociaux ». Ensuite, prenez cela comme une promesse : ce qu’une loi a fait, une autre peut le défaire ! (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et FI.)

Mme Danièle Obono. Yes !

M. Sébastien Jumel. C’est dans cette temporalité que nous inscrivons notre opposition résolue et déterminée. Madame la ministre, vous nous avez dit, cet après-midi, avoir rencontré de nombreux chefs d’entreprise, et c’est bien ; plus de 500 DRH, avez-vous dit, et c’est très bien. Vous auriez dû inscrire dans votre agenda des rencontres avec les salariés ; peut-être auriez-vous pu alors prendre en compte leur situation dans ce mauvais projet de loi de ratification d’ordonnances. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et FI ainsi que sur plusieurs bancs du groupe NG.)

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29 novembre 2017 3 29 /11 /novembre /2017 07:05
Ombre (1976) - Un beau poème de Daniel Trellu

Voici un poème remarquable de Daniel Trellu trouvé dans le tome 3 en français de l'anthologie de Favereau chez Skol Vreizh, sachant que l"original se trouve dans la version bretonne de l'anthologie.

Le poème en breton est peut-être encore supérieur à sa traduction, fût-elle de l'auteur lui-même comme c'est le cas ici. On considérer qu'ici le style poétique de Trellu est assez proche de certains aspects de Char. Ce poème nous a été transmis par Michel Kerninon et Kristian Keginer. 

 

OMBRE

J'ai perdu mon ombre

Ma preuve par le soleil

A midi comme un mât

Planté en pleine terre 

Voiles hautes

J'étais une évidence verticale

Confondue avec son double

Pouvais-je retenir les soleils

Quand je croyais ouvrir deux mains

J'ai creusé pour chercher mon ombre

J'ai navigué sur des faux équilibres

Mon tronc s'est vidé

L'écorce est transparente

Faux soleils fausses lueurs

Je tourne autour du vide

Je n'ai plus d'ombre

J'ai perdu le soleil. 

Né en 1919 à Quéménéven (29), Daniel Trellu, qui devient instituteur avant guerre, a joué sous le pseudonyme de «Colonel Chevalier», un rôle important dans la Résistance en tant que responsable départemental d'un des premiers maquis de Bretagne (Spézet, Laz, Saint-Goazec), puis de responsable de la résistance FTP de Bretagne.  

Après la guerre, il devient responsable départemental du parti communiste à Brest, puis réintègre l'enseignement en 1952.

Il sera successivement instituteur à Trégunc, puis professeur de français et d'histoire-géographie au lycée technique Chaptal à Quimper.

Il aura d'ailleurs comme élève un certain Daniel Le Braz (Dan ar Braz). Il prend sa retraite en 1975 et vient s'installer à Saint-Hernin où il décédera en avril 1998.

Daniel Trellu était un homme cultivé, lettré, l'auteur de nombreux poèmes. 

 

1er numéro du journal des Jeunesses Républicaines de France - Debout les jeunes! Union de la jeunesse républicaine: une organisation communiste de jeunesse de masse à la Libération (archives Pierre Le Rose)

1er numéro du journal des Jeunesses Républicaines de France - Debout les jeunes! Union de la jeunesse républicaine: une organisation communiste de jeunesse de masse à la Libération (archives Pierre Le Rose)

Paul Le Gall, Piero Rainero, Daniel Trellu (ancien chef FTP du Finistère), Pierre Le Rose, Gaston Plissonnier (archives Pierre Le Rose)

Paul Le Gall, Piero Rainero, Daniel Trellu (ancien chef FTP du Finistère), Pierre Le Rose, Gaston Plissonnier (archives Pierre Le Rose)

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29 novembre 2017 3 29 /11 /novembre /2017 06:30
Venezuela. Le président Maduro menace de ne plus vendre de pétrole aux Etats-Unis en représailles contre une persécution financière (Ouest-France, 29 novembre 2017)

Le président vénézuélien Nicolás Maduro, qui fait face à une crise politique, accuse les États-Unis de mener "une persécution financière" contre son pays et les menace de ne plus leur vendre de pétrole.

Le président vénézuélien Nicolás Maduro s’est déclaré prêt mardi à cesser de vendre du pétrole aux États-Unis, en pleine tension avec ce pays auquel le Venezuela livre quelque 750 000 barils par jour.

« Le jour où ils ne veulent plus qu’on leur vende notre pétrole, on prend notre truc et […] on vend tout notre pétrole en Asie, pas de problème », a affirmé M. Maduro lors la prise de fonction du général Manuel Quevedo à la tête du groupe pétrolier public PDVSA.

Une dette estimée à 150 milliards de dollars

Caracas accuse Washington de mener une « persécution financière » contre le Venezuela, auquel le président américain Donald Trump a imposé des sanctions économiques fin août. Washington a notamment interdit à ses banques et à ses citoyens d’acheter de nouvelles obligations ou de négocier des accords avec le gouvernement vénézuélien au moment où le pays et PDVSA ont été déclarés en défaut partiel de paiement par des agences de notation.

M. Maduro est en pleine renégociation de la dette extérieure du pays, estimée à environ 150 milliards de dollars, dont 30 % seraient dus à PDVSA. « Monsieur le président Donald Trump : vous décidez, mon ami. Si vous voulez que nous continuions à vendre du pétrole, nous vendons. Si un jour vous vous laissez chauffer les oreilles par les fous extrémistes de droite, le Venezuela prend ses bateaux et envoie son pétrole dans le monde et on le vend de la même manière », a insisté le dirigeant vénézuélien sous les acclamations de centaines de salariés du groupe public présents lors de la cérémonie.

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