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4 décembre 2017 1 04 /12 /décembre /2017 06:24
Avec JLM : Macron et le MEDEF peuvent dormir tranquilles

3 Décembre 2017

 

JLMélenchon vient par un tweet de cracher son venin crapuleux, nous savions que sa conception de la gauche se résumait à sa seule personne mais le voila à présent, dans sa folle déshérence anticommuniste, allant un peu plus loin et féliciter Gille Simeoni par un cinglant “Bravo !“

Réjoui donc de la défaite de la seule liste de gauche, JLM peut courageusement expliquer que “macron est sévèrement puni“ dans ce scrutin avant de mettre en garde “les amateurs d’usurpation d’identité“… “insoumise“ s’entend et particulièrement le PCF.

Sinon la trahison, la caractéristique principale de la démarche “mélenchonienne“ c’est bien la division.

Avec JLM : Macron et le MEDEF peuvent dormir tranquilles.

Pour autant, les communistes ne renonceront pas à tout faire pour rassembler les femmes et les hommes qui ont intérêt à résister à ce rouleau compresseur ultralibéral pour ouvrir une perspective de changement à gauche et de progrès social en Corse et dans le pays.

Michel STEFANI

 

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4 décembre 2017 1 04 /12 /décembre /2017 05:03
photo Ismaël Dupont

photo Ismaël Dupont

photo Ismaël Dupont

photo Ismaël Dupont

Une rencontre extraordinaire avec Maha Hassan, accompagnée notamment de Jean-Laurent d'Amnesty International, et d'Anne Cousin, son amie qui écrit un roman en français avec elle, à la MJC ce soir.

Morceaux choisis des paroles fortes de Maha Hassan, cette écrivaine syrienne vivant à Morlaix depuis deux ans qui à tant à dire, raconter, analyser des souffrances de son pays, des pouvoirs de la littérature, de sa vie au confluent des cultures et des drames de l'histoire:

" J'ai commencé par là, venue à la littérature grâce à la politique de mon père, analphabète, mais qui fréquentait beaucoup de camarades communistes instruits, qui m'amenait à ses réunions, ce qui me permettait de lire des brochures clandestines avec des portraits de Lénine, de Marx, que je gardais et étudiais précieusement, mais aussi parfois des petits livres de Tolstoï, Tchékov, Pouchkine... Puis ça a été la rencontre avec les textes de Marx, Sartre, Camus. La politique de mon père, cela a permis aussi que l'on considère qu'il était légitime qu'une femme étudie, lise. C'était une éducation plutôt libérale pour une fille en Syrie. J'étais l'aînée, acceptée dans un milieu d'hommes, plutôt anti-conformiste. L'engagement politique, cela a été un pass pour un autre monde. J'ai commencé par là, l'envie de raconter l'histoire, les histoires des femmes autour de moi, les histoires de mes grand-mères d'origine kurde, arménienne, arabe, analphabètes mais magnifiques conteuses. Dans cette société, écrire ou penser, c'est un crime, un péché. Dans ce contexte, j'ai écrit: je suis née pour conter, pour écrire. J'ai faite mien le titre d'un livre de Gabriel Garcia Marquez: "Vivre pour la raconter." Après, il y a eu de la censure sur mes livres, une interdiction de publier mes romans, c'était insupportable. Il fallait l'autorisation du ministère de l'information et des services secrets pour publier. Je ne savais pas pourquoi on me censurait. La raison fondamentale sans doute: une fille kurde qui veut publier, avec un père communiste, c'est forcément suspect. J'avais tous les péchés. J'aurais voulu continuer ma vie en Syrie, mais c'était l'écriture, la publication, auxquelles je tenais plus que tout. En 2004, avec la répression du début de rébellion kurde, les choses étaient devenues très compliquées et dangereuses pour nous. Je suis né pour écrire, si quelqu'un m'empêche d'écrire ou de publier, c'est une prison pour moi. Je suis la fille de l'exil, des schizophrénies d'une vie partagée entre langue arabe et mémoire kurde, Orient et Occident".

"Avant la guerre, avec mes amis, mes voisins, on ne faisait pas de différence entre kurdes, arabes, sunnites, chiites, musulmans, alaouites, chrétiens. Aujourd'hui, c'est autre chose. Le conflit a généré des fractures communautaires ou les a aggravées. Pourtant, du temps d'Hafez al-Assad, les langues kurde et arméniennes étaient interdites, les spécificités culturelles réprimées, à tel point que les enfants des villages kurdes forcés d'apprendre un arabe écrit classique comme à la télévision parlait davantage l'arabe châtié des médias officiels que comprenaient à peine les arabes parlant le dialecte des campagnes ou des quartiers".

"Pour moi l'écriture, c'est comme la toile de Pénélope, sans cesse on remet le travail sur le métier, on défait et refait ce que l'on a déjà fait, pour se découvrir soi-même, pour découvrir la liberté. C'est un exercice permanent. Cela permet de se libérer de ses peurs, d'apprivoiser ses douleurs, de se faire le porte-parole d'opprimés, les femmes notamment. Cela permet de se regarder soi-même il y a quinze ans, vingt ans, de prendre pitié de soi, d'avoir peur pour soi, rétrospectivement. L'écriture, c'est aussi une maladie: c'est pas facile, on vit avec les fantômes des gens, les douleurs des gens. Je suis finalement satisfaite et fière d'être née dans cette société compliquée qui me permet d'exprimer ce que beaucoup de femmes ont ressenti, n'ont pu écrire. Pour moi, l'écriture est un acte pour mieux se connaître à chaque moment".

"J'ai connu plusieurs exils dans ma vie, plusieurs fois je me suis sentie étrangère: 
Un père venu d'un village vers la grande ville d'Alep. 
Etre kurde dans un pays où cette identité est niée, où parler kurde est interdit, porter en arabe, cette langue si belle et que j'aime, dont j'ai fait mon passeport mais qui n'est pas encore tout à fait la mienne aujourd'hui, la parole et les histoires du peuple kurde. Car l'identité kurde n'est pas l'identité arabe, la mémoire kurde est spécifique, même si je n'ai jamais été pour le nationalisme et la mise en avant communautariste en Syrie. 
Etre une femme libre dans un pays et une société qui les opprime. 
Devoir quitter ma ville, mon pays, mes parents, pour avoir la liberté de m'exprimer et ne pas être inquiétée par la police de Bachar al-Assad en tant que kurde, fille de communiste, intellectuelle, femme libre... 
Vivre en Hollande en se disant française. 
Vivre à Paris à proximité de beaucoup d'amis mais sans m'y sentir si bien, vraiment. 
Je sens que la Bretagne, elle m'accueille. Les bretons sont un peu comme les kurdes, francs, authentiques, accueillants. La Bretagne, c'est trop riche pour moi, on s'y sent bien "

"Eve, c'était la première révoltée contre le texte, contre le désir de Dieu. C'est elle qui a persuadé Adam de goûter du fruit défendu, celui de l'arbre du savoir. Je ne suis pas féministe mais je sens que la femme a un sens profond de la révolte. La littérature que j'écris, c'est celle qui porte la douleur, les malheurs, le désir de liberté et de bonheur de la femme orientale. J'aimerais que ma littérature porte un message de paix et d'amour et même temps qu'elle fasse comprendre la misère des femmes arabes et de Syrie, soumises à la claustration, à la loi patriarcale, à la répression des désirs, à une éducation qui nie parfois leur droit au bonheur et à l'individualité, au viol, aux crimes d'honneur".

" Hafez-al-Assad, dont le portrait sévère, sans sourire, était partout, pour les Syriens, c'était comme un Dieu terrible, on le craignait plus que Dieu, on osait même pas penser du mal de lui. C'était Big Brother. J'avais trente ans quand il est mort. Quand on nous l'a annoncé au travail, je ne pouvais pas y croire, j'avais peur, peur d'exprimer quelque émotion, soulagement, peur qu'on considère que j'étais pour quelque chose dans cette mort, cette calamité nationale, lui qui devait être éternel, indestructible, comme la Syrie elle-même. On n'imagine pas comment la dictature était intériorisée, s'exerçait sur les esprits et les émotions".

"Comment des Margot, des belles filles, peuvent abandonner des droits conquis de haute lutte pour les libertés démocratiques, pour la liberté des femmes, l'avortement, l'égalité juridique, pour aller faire un pseudo djihad en Syrie et arriver là-bas, être traitées comme des moins-que-rien, des créatures du diable, dans le cadre d'une morale du moyen-âge, vivre à l'ombre de mecs incultes et violents, qui ont mené leur vie de petits caïds auparavant en France ou en Europe, avec les nanas, le shit, les boîtes de nuit, et qui voudraient maintenant l'austérité et la religion totalitaire pour tous? Cela me dépasse complètement cela m'abasourdit, c'est un mystère et une grande souffrance. Pourquoi les valeurs de la République Française ne peuvent pas suffire à prémunir contre les séductions du djihadisme et ses "valeurs" du Moyen-Age? Qu'est-ce qu'on a raté dans notre société pour en arriver là? C'est peut-être le problème de la France, autant et plus que le problème de l'Islam". Je pose les questions mais je ne donne pas les réponses".

"Oui je pourrais parler de la Bretagne dans mes romans, de cette beauté, de cette liberté, de cet accueil que je trouve ici, mais pour l'instant, quand la guerre est devant moi, je ne peux pas tourner le dos. Et quand c'est la femme qui fait la guerre, car les kurdes font la guerre à Daesh, il faut que j'essaie de comprendre et faire comprendre ce que ça signifie".

 

 

Propos recueillis lors de la réunion du 2 décembre 2017 par Ismaël Dupont. 

 

Maha Hassan - Shéhérazade à Morlaix. L'écrivaine syrienne se raconte à la MJC le samedi 2 décembre à 18h

 

Festival des Solidarités: une rencontre extraordinaire avec l'écrivaine  Maha Hassan à la MJC de Morlaix ce samedi 2 décembre 2017
Festival des Solidarités: une rencontre extraordinaire avec l'écrivaine  Maha Hassan à la MJC de Morlaix ce samedi 2 décembre 2017
Festival des Solidarités: une rencontre extraordinaire avec l'écrivaine  Maha Hassan à la MJC de Morlaix ce samedi 2 décembre 2017
Festival des Solidarités: une rencontre extraordinaire avec l'écrivaine  Maha Hassan à la MJC de Morlaix ce samedi 2 décembre 2017
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3 décembre 2017 7 03 /12 /décembre /2017 21:02

Article de notre ami Paul Dagorn, professeur d'histoire retraité vivant à Morlaix, sympathisant Front de Gauche, pour la revue syndicale L'émancipation syndicale et pédagogique, octobre 2017 

Quatre Bandes Dessinées, sélectionnées par notre camarade Paul Dagorn éclairent chacune un moment de l'histoire des résistances populaires à Brest, qui vont bien au-delà du cadre régional. 

Roger Faligot

J'ai sympathisé avec lui à l'occasion d'une dédicace. Spécialiste de l'Irlande, à laquelle il a consacré plusieurs ouvrages (dont le premier, La Résistance irlandaisedans la petite collection Maspéro), il s'est plus généralement intéressé aux conflits identitaires dans divers pays et aux efforts faits pour trouver une solution (Les seigneurs de la paix, au Seuil, 2006). Enfin, en 2010, il a publié à La Découverte La rose et l'édelweiss, ces ados qui combattaient contre le nazisme, 1933-1945, une étude qui couvre l'Allemagne et les pays occupés. 

Pour Brest l'insoumise , il a sollicité mon témoignage concernant Fred Ropars, ami de ma famille et membre comme mon père de l'Ecole Émancipée. J'avais évoqué son parcours dans l’Émancipation au moment de son décès. C'est lui qui avait organisé la 2e semaine de l'Ecole Emancipée à Moguériec, petit port de pêche du Léon. Mais pour mon témoignage, cela concernait l'action de Fred dans la Résistance à l'Ecole normale de Quimper. 

Brest l'insoumise à travers quatre BD

J'ai utilisé le titre de R. Faligot pour évoquer quatre moments de la contestation et de la résistance liés à Brest, illustrés par quatre BD: 

- Un homme est mort: le syndicaliste Edouard Mazé lors d'une manifestation en 1950. 

- Nuit noire sur Brest: mobilisation en 1937 contre une tentative des Franquistes de s'emparer d'un sous-marin républicain espagnol.

- La fille au carnet pourpre : parcours d'une jeune lycéenne résistante, Anne Corre, envoyée en déportation et disparue sans lancer de traces lors de l'évacuation d'un camp annexe d'Orianenburg par les nazis lors de l'avance soviéto-américaine. 

- Enfin, publié cette année, Des graines sous la neige, qui retrace la vie de Nathalie Lemel, communarde très liée à Eugène Varlin, et compagne de Louise Michel lors de leur déportation en Nouvelle-Calédonie. 

Un homme est mort - BD de Kris et Etienne Davodeau

Un homme est mort - BD de Kris et Etienne Davodeau

En 1950, "Brest dont il ne reste rien" comme l'a écrit Prévert dans le poème Barbara, connaît une reconstruction difficile après les bombardements. Brest compte plus de 15 000 ouvrier-e-s (un dixième de la population), dont 6 à 7 000 à l'Arsenal, autant dans la construction, le reste essentiellement des dockers. Si les salaires sont corrects pour l'époque car on a besoin d'eux (l'Arsenal construit même des navires marchands), on en exige beaucoup et les deux dernières catégories restent dans la précarité. 

La construction emploie des Maghrébins, mais aussi des ouvriers venus des campagnes léonardes très catholiques que l'évêché incite à adhérer à la CFTC et même à prendre part aux grèves. Avec la scission FO-CGT, celle-ci, courroie de transmission du PCF, voit dans la scission comme une manœuvre des Etats-Unis dans le cadre des débuts de la guerre froide et de la guerre d'Indochine.

Néanmoins, une convergence s'opère même avec des militants de la CNT anarchiste présente à l'Arsenal. La manifestation, suite à l'Appel national du 12 mars 1950, pour la paix en Indochine et contre la misère est interdite par le maire RPF (gaulliste), Alfred Chupin. Cependant deux ou trois centaines d'ouvriers décident de manifester. Ils sont bloqués, mais le lendemain le jeu est calmé par quelques augmentations (dont celle de la future victime Edouard Mazé) malgré un affrontement musclé entre la police et les dockers en position de force, car ils contrôlent l'importation de vin d'Algérie et de charbon. 

Un mois plus tard, la situation reste bloquée et une députée PCF (Marie Lambert) et deux délégués CGT venu-e-s porter plainte, sont arrêté-e-s. Le 16 avril, une manifestation unitaire est prévue. Dans la nuit du 16 au 17, le maire décide l'interdiction, appuyé par le député de droite André Collin, par ailleurs Secrétaire d'Etat à l'Intérieur. Face à une présence policière massive et des heurts violents, la situation s'aggrave et la police reçoit l'ordre de tirer dans la confusion générale, peut-être pour disperser la manifestation. Mais le résultat est là: 24 gendarmes et 9 CRS blessés (un seul devra se rendre à l'hôpital, le long duquel s'est déroulé l'affrontement!), 12 ouvriers hospitalisés et 14 autres blessés légers, mais un homme est mort, Edouard Mazé, qui accompagnait son frère, délégué CGT.

Le traumatisme est grand. Un an plus tard, une manifestation du souvenir a lieu, et en 1951-52, si les grèves et manifestations persistent et même s'intensifient, la police reçoit l'ordre d'éviter les affrontements. 

La BD Un homme est mort, de Kris (scénariste) et Etienne Davodeau, s'articule aussi sur la personnalité de René Vautier, résistant à 15 ans, étudiant à l'IDHEC (Institut des Hautes Etutdes Cinématographiques), qui s'était déjà distingué par son premier film Afrique 1950 , commandé par la Ligue de l'Enseignement, mais que Vautier détourne de son objectif pour en faire un film anti-colinialiste, ce qui le conduit à l'acheminer clandestinement par le Sahara vers la France, où il restera 40 ans sous le boisseau. Natif de Camaret, il profite d'une campagne de pêche pour aller filmer en Irlande des militants de l'IRA, bien qu'il désapprouve leurs actions terroristes.

Rentré à Brest, il se trouve évidemment au cœur des événements. C'est ainsi qu'il filme la manifestation tragique du 17 avril. Après la mort d'Edouard Mazé, il décide de projeter le film dans les quartiers sur un drap à l'arrière d'une camionnette et dans des salles improvisées. Mais il a omis de faire des copies et après 150 projections le film se dégrade et casse. Seuls quelques bouts seront sauvés. En 2006, il s'avère que quelques "rushes" non utilisés par Vautier ont été donnés à un autre cinéaste engagé, Robert Ménégoz, qui les avaient utilisés dans son film Vivent les dockers. Et dans ces quelques images des années 50, le scénariste Kris découvre avec émotion le visage de son grand-père venu apporter avec d'autres camarades une gerbe de fleurs à l'endroit où est tombé Edouard Mazé*.

* A la présentation de la BD, le 14 décembre 2006 à Brest, Etienne Davodeau était absent. Restaient à la tribune Kris, Pierre Cauzien, amputé d'une jambe après sa blessure, et René Vautier, que je connaissais personnellement grâce à France-Algérie. Malheureusement, depuis, Pierre et René sont décédés.  

   

Nuit noire sur Brest - Kris, Bertrand Galic et le dessinateur Damien Cuvillier, sur un événement rapporté par l'historien Patrick Gourlay dans "Nuit franquiste sur Brest' - Futuropolis

Nuit noire sur Brest - Kris, Bertrand Galic et le dessinateur Damien Cuvillier, sur un événement rapporté par l'historien Patrick Gourlay dans "Nuit franquiste sur Brest' - Futuropolis

Nuit noire sur Brest 

Septembre 1937, la guerre d'Espagne s'invite en Bretagne.

En 2016, Kris et son camarade Bertrand Galic s'associent avec le dessinateur Damien Cuvillier pour mettre en images un événement rapporté dans le livre de Patrick Gourlay, historien et enseignant, intitulé Nuit franquiste sur Brest , en remplaçant le mot "franquiste" par "noire', tant il est vrai que l'épisode raconté a tout d'un roman d'espionnage. 

Le 29 août 1937, en pleine guerre civile espagnole, le sous-marin républicain C2 endommagé à Santander par la Légion Condor (de sinistre mémoire à Guernica) décide d'entrer dans le port de Brest pour réparer. Mais le commandant Fernando est plus qu'ambigu. Lors du pronunciamento de Franco, il a été soupçonné de collusion avec le coup d'Etat, avant de retrouver un commandement de manière improbable. D'autre part, la situation des deux Fronts Populaires commence à se dégrader. En Espagne  les Républicains cèdent du terrain, et la volonté hégémonique du PCE a conduit en mai à "une guerre civile dans la guerre civile" à Barcelone entre les communistes d'une part, les anarchistes (CNT-FAI) et le POUM (Parti Ouvrier d'unification marxiste) d'autre part. En France, les Radicaux commencent à envisager de quitter le gouvernement, et les "ligues" d'extrême-droite mènent une action souterraine (PSF de La Rocque, et le PPF de Doriot), sans compter la fameuse cagoule qui compte plusieurs bretons. L'heure n'est plus à soutenir, voire à ménager, les Républicains. 

A Brest, le commandant Ferrando prend contact avec le Consul d'Espagne, Pierre Mocaër, connu pour ses idées conservatrices. En Espagne, un militaire expérimenté, Troncoso, gardien de la frontière basque, met en place un commando franco-espagnol pour s'emparer du sous-marin, commando qui s'installe clandestinement à Brest. 

Mais les militants brestois veillent au grain. Alors que les communistes s'organisent pour surveiller le sous-marin, du côté anarchiste, autour de l'emblématique René Lochu (hôte temporaire de Makhno et futur ami de Léo Ferré), des militants asturiens ont été hébergés à la Maison du Peuple. D'autre part, un récent service secret anarchiste, le SIC, a réussi à infiltrer les franquistes, sous le code X-10. 

De leur côté, les franquistes prennent discrètement contact avec Ferrando, et ils fréquentent un cabaret du centre-ville, l"'Ermitage", où ils font connaissance avec une jolie danseuse italo-espagnole, Mingua, qui devient une sorte de Mata-Hari. Troncoso la charge de corrompre des marins du C2 en échange de la liberté et de deux millions de pesetas. Mingua et Troncoso persuadent Ferrando d'agir dans le camp franquiste. 

L'abordage du sous-marin, organisé le 18 septembre par les comploteurs, est déjoué par un matelot, Augusto Diego. Alerté par des militants communistes et anarchistes, il n'a pas suivi ses camarades, entraînés par Ferrando dans le carré des officiers pour les isoler. Augusto Diego, repéré pour avoir fait tomber un objet, tue l'un des assaillants, ce qui incite les autres à s'enfuir. Ils sont arrêtés près de Bordeaux dans une Chrysler noire que le service secret de la CNT avait déjà repérée. Il s'agit entre autre de Ferrando, d'officiers d'un autre sous-marin, le C4, et d'un complice français, Robert Chaix, qui avait organisé le commando sur Brest. 

Les tribulations du C2 ne sont pas terminées. Remorqué vers St Nazaire, il passe sous le contrôle d'un envoyé de l'ambassade d'Espagne à Paris, Pedro Prado, proche des communistes. Celui-ci manoeuvre pour faire venir un officier de la flotte soviétique, Nicolaï Pavlovitch, qui prend en fait le commandement. Repéré, le C2 prend alors ce qui aurait dû être sa destination finale, Carthagène.

A suivre, les destins de deux femmes courageuses et déterminées. L'un, bref, celui de la résistante Anne Corre, portée disparue en déportation à l'âge de vingt ans, l'autre très long, celui de la communarde Nathalie Lemel, morte en 1921 à 94 ans.  

La fille au carnet pourpre - Roger Faligot, Alain Robet

La fille au carnet pourpre - Roger Faligot, Alain Robet

Anne Corre, la fille au carnet pourpre

Roger Faligot habite la presqu'île de Daoulas, qui sépare les embouchures des deux cours d'eau donnant sur la rade de Brest, l'Aulne et l'Elorn (comme le Bec d'Ambès séparant la Garonne et la Dordogne avant que leurs eaux forment la Gironde). En 1999, il a connaissance du cas d'Anne Corre, une jeune lycéenne résistante disparue en déportation en mai 1945 (à l'extrême fin de la guerre). 

Au moment même où le dernier convoi l'amenait vers l'Allemagne, des bruits couraient sur sa liaison avec un jeune officier allemand. C'est ce qui a conduit Roger Faligot à mener une recherche sur son parcours, recherche qui a abouti dix ans plus tard à en faire une des héroïnes de La rose et l'edelweiss. Histoire enrichie en 2016 par une BD, en collaboration avec le dessinateur Alain Robet: La fille au carnet pourpre , un mystérieux carnet sur lequel nous reviendrons. 

Anne Corre est née en 1925. Son père tenait un garage Citroën à Daoulas (ville qui ferme la presqu'île de Plougastel, côté Brest), sa mère était directrice de l'école publique.

Très jeune, Anne manifeste un caractère enjoué et indépendant qui l'amène à animer des bandes de filles et de garçons. A ses quinze ans, les débuts de l'occupation provoquent chez elle une volonté de faire quelque chose. Dès l'été, elle aide deux soldats français qui fuient l'armée allemande par crainte d'être traités comme des prisonniers. 

Puis, les lycées de Brest étant fermés pour cause de bombardements, ses parents l'envoient au lycée Victor Duruy à Paris pour rejoindre sa cousine Mado. Bientôt, elle est choquée par l'arrestation de ses profs de philo et latin-grec, toutes deux juives. Elle intègre alors, sans trop mesurer le symbole, le groupe de résistance de Geneviève de Gaulle. Ses parents, inquiets, la font revenir dans le Finistère, au lycée de Morlaix, en octobre 1942.

Le 23 juin 43, une petite fille qu'elle promène échappe à sa garde près du dernier étage du viaduc, au moment où la RAF bombarde la dernière arche. La petite fille est tuée, ainsi que neuf enfants d'une école voisine.

L'année suivante, elle est au lycée de filles de Quimper. Elle a dix-huit ans passés, mais depuis longtemps son esprit d'indépendance et son refus des convenances sociales lui donnent beaucoup de charme, ce qui séduit les garçons, comme l'attestent de nombreux témoignages (c'est peut-être pour cela qu'elle a dû quitter le lycée de Morlaix). 

A Quimper, un groupe de jeunes résistant-e-s, le groupe de Paul Collette, a été décimé. Mais un autre groupe, le groupe Marceau, s'attaque aux symboles de la collaboration (René Vautier, alors âgé de 15 ans, également membre de ce groupe, trouvait Anne trop vieille pour lui!). Anne, qui a déjà approché la résistance à Paris, et même avant à Brest (participation à la commémoration interdite du 11 novembre 1940), intègre le réseau. Le groupe attaque la permanence de la LVF (Légion des Volontaires Français) et fait sauter les locaux du PPF (Parti Populaire Français). Le 11 novembre 43, il manque de peu un attentat contre le responsable du STO. Un autre groupe de résistance, dont fait partie un voisin d'Anne à Daoulas, Jean Kernéis, qui avait prévu de détruire le fichier du STO, voit de ce fait son action retardée. Mais il réussit peu après ( 60 000 fiches détruites). 

De son côté, le réseau Marceau se constitue en maquis à la lisière de Quimper, dans un secteur très boisé et peu accessible, la vallée du Stangala. Anne est toujours à Quimper. C'est à cette période qu'on lui prête une aventure avec un lieutenant allemand (sans doute anti-nazi), qui lui aurait permis de séduire un membre breton de la Gestapo, Bernard Massotte, "spécialiste" de la torture.  Quoiqu'il en soit, celui-ci est abattu par Alain Conan, membre du réseau, le 25 avril 44 à 6h du matin, après une nuit passée avec Anne. Une de ses amies du lycée et du réseau, Yvette Menez, croise Anne peu après. Anne lui dit: "je suis perdue, j'ai fait tuer Massotte, il a passé la nuit avec moi".    

Elle lui confie un carnet pourpre (probablement son journal) en lui faisant jurer de ne pas le lire (carnet malheureusement disparu dans une caisse de livres vendus à un bouquiniste). Les polices allemande et vichyste, qui la soupçonnent, enquêtent pour savoir si on l'a vue avec Massotte dans des lieux publics (cafés, restaurants). 

Anne, avec sa copine Jacqueline, rejoint alors le maquis pendant une dizaine de jours, avant de rejoindre Brest en passant par Douarnenez. Malgré les risques, elles sont partantes pour une nouvelle mission. Anne, la jeune fille brune, s'est déguisée et teinte en rousse, et elle se croit non reconnaissable. Mais elle se trompe. Reconnues et dénoncées, les deux jeunes filles sont arrêtées le 24 mai, ce qu'annoncent avec jubilation morbide des SS aux parents d'Anne, dont la mère imagine qu'elle a été entraînée par sa camarade.

Après avoir été incarcérée à Quimper, Anne se retrouve en prison à Rennes et pendant toute cette période elle peut communiquer avec sa famille, qu'elle tente de rassurer. Elle se lie d'amitié avec Simone Jézéquel, dont le parcours ressemble au sien: Simone a été arrêtée à la suite de l'imprudence et de la naïveté de jeunes lycéens de Saint-Brieuc. Le 2 août, un bombardement atteint le mur d'enceinte de la prison et occasionne une tentative d'évasion. Les Allemands décident alors leur transfert vers l'Est. Aucune opération de la Résistance pour les libérer en sabotant la voie n'est envisagée, malgré l'appel d'un cheminot de Nantes. Cependant, certains parviennent à s'enfuir à la faveur d'un ralentissement, et à la gare de triage de Saint-Pierre-les-Corps (près de Tours), 168 prisonniers parviennent à s'échapper, dont Jacqueline. 

Ce n'est pas le cas pour Anne, qui a juste le temps de lui souhaiter "bonne chance" . Le train est parvenu à Belfort, les prisonnier-e-s sont dirigé-e-s vers le camp-usine de Genshagen, où Anne travaille. Avec Lucette et Lucienne, deux détenues avec lesquelles elle a sympathisé, elle parvient à fabriquer pour le 11 novembre des "fleurs de liberté" tricolores à l'aide de fils de fer. 

Mais au printemps 45, devant l'avancée des troupes soviétiques et américaines, les Allemands décident d'évacuer le camp. C'est le début d'une "marche de la mort" au cours de laquelle on perd la trace d'Anne. Certains documents la mentionnent mourante au Revier (infirmerie du camp). Mais Lucette, rescapée, pense l'avoir vue parmi des femmes libérées le 3 mai dans la petite bourgade de Parchim, à la jonction soviéto-anglaise.

Un mois plus tard, sa mère reçoit une lettre d'une amie indiquant qu'une radio l'avait mentionnée dans une liste de rapatriées à Bruxelles. Rien ne suivra. Et comme le dit Roger Faligot: "le mystère de la disparition d'Anne reste entier, mais pas celui de sa participation intrépide à la Résistance, dès les premières heures de l'occupation, à l'âge de 15 ans".            

 

Fonds ANACR (Association Nationale des Amis des Combattants de la Résistance) Anne Corre: la jeune résistante Anne Corre,morte en camp de concentration(Oranienburg) à 20 ans,en 1945 ,ayant grandi entre Daoulas et Plougastel

Fonds ANACR (Association Nationale des Amis des Combattants de la Résistance) Anne Corre: la jeune résistante Anne Corre,morte en camp de concentration(Oranienburg) à 20 ans,en 1945 ,ayant grandi entre Daoulas et Plougastel

Des graines sous la neige: Nathalie Lemel, communarde et visionnaire, Locus Solus -  par le scénariste Robert Michon (également cinéaste) et Laetitia Rouxel (dessinatrice)  

Des graines sous la neige: Nathalie Lemel, communarde et visionnaire, Locus Solus - par le scénariste Robert Michon (également cinéaste) et Laetitia Rouxel (dessinatrice)  

Des graines sous la neige: Nathalie Lemel, communarde et visionnaire

La Commune a produit des personnalités remarquables mais certaines sont restées longtemps méconnues. C'est le cas de la brestoise Nathalie Lemel, dont une biographie par Eugène Kerbaul avait cependant été publiée aux éditions Le temps des Cerises (2003, 3 édition 2014).

Récemment, un couple breton, le scénariste Robert Michon (également cinéaste) et sa compagne Laetitia Rouxel (dessinatrice) a choisi de transcrire cette vie intense sous la forme d'une BD. Claudine Rey, journaliste et présidente d'honneur des Amies et Amis de la Commune, a présenté l'ouvrage sous le titre Un visage sort de l'ombre

Une vie bien remplie et longue (1826-1921). Un décès symbole, le 8 mai, quelques jours seulement avant le 50e anniversaire de la Commune. Sept ans plus tôt, Armand Guerra, un réalisateur libertaire du cinéma naissant, l'avait sollicitée pour le tournage d'un film titré tout simplement La Commune , ce qu'elle n'avait accepté qu'avec réticence. Dans un album aux couleurs sombres, Laëtitia Rouxel a inclu des planches en noir et blanc (avec quelques taches rouges) illustrant ces entretiens sur les différentes de sa vie. 

Nathalie Lemel est née Duval. Son père, Alain, ouvrier tanneur, semble avoir ensuite abandonné ce métier pour aider sa femme, Catherine qui tenait un modeste débit de boissons. Cependant, ils ont une certaine aisance, puisqu'Alain Duval est électeur censitaire. Ils font même des sacrifices pour doter leur fille d'une bonne instruction, chose rare à l'époque. Le débit de boissons est un lieu de passage très fréquenté, notamment par les ouvriers de l'arsenal. 

Nathalie, dont la curiosité est éveillée par l'école et la lecture, s'intéresse aux discussions politiques et aux mouvements sociaux. En 1847, elle se marie avec Adolphe Le Mel (plus tard on écrira Lemel) et en 1849 le couple s'installe à Quimper pour tenir un atelier de reliure et une librairie. 

La situation en France se modifie avec la révolution de 1848, puis le coup d'Etat de Louis Napoléon Bonaparte et l'établissement du Second Empire.  Le couple Lemel, qui a déjà trois enfants, quitte Quimper en 1861 pour s'installer à Paris. Tandis que son mari s'adapte mal, Nathalie reprend comme ouvrière son métier de relieuse, une corporation très revendicative. En 1864, à l'occasion d'une grève, Nathalie rencontre Eugène Varlin et est élue au comité de grève. 

En 1865, l'AIT (l'Internationale) installe son siège parisien. En 1866, Varlin, au premier congrès de l'Internationale à Genève, propose "l'amélioration des conditions de travail des femmes en opposition à la notion de femme au foyer et un enseignement obligatoire, pris en charge par la société, pour tous les enfants". Ce qui le rapproche encore de Nathalie, d'autant plus que son mari lui reproche son engagement politique et social et sombre dans l'alcoolisme. 

A la fin de l'année sont créées une "caisse fédérative de prévoyance" et une société civile d'alimentation "La Ménagère". 

En 1868, alors que le régime s'assouplit (autorisation des réunions publiques) une assemblée générale crée des restaurants coopératifs "La marmite", et c'est Nathalie qui ouvre le premier rue Mazarine. 

En 1870-1871, la guerre désastreuse contre la Prusse et le soulèvement de la Commune modifient complètement les choses. Tout en s'occupant de "la Marmite", en essayant de gérer au mieux la pénurie alimentaire qui s'installe, Nathalie prend la tête de l'Union des Femmes et rencontre Elisabeth Dimitrieff, représentante de l'Internationale. 

La fin de la Commune approche. Le 23 mai, Nathalie tient une barricade Place Blanche avec des femmes. Le 28, alors que la dernière barricade tombe à Belleville, Varlin est sommairement exécuté. 

 

      

Eugène Varlin (1839-1871)

Eugène Varlin (1839-1871)

Nathalie Lemel

Nathalie Lemel

Le 21 juin, Nathalie est arrêtée. Le 10 septembre 1872, elle est condamnée à la déportation à perpétuité. 

En 1873, après la démission de Thiers, son successeur Mac Mahon décide la déportation en Nouvelle Calédonie. Le 9 août, Nathalie retrouve Louise Michel à La Rochelle où elles sont embarquées sur "La Virginie" qui arrive à Nouméa en septembre, après un voyage pénible. Tandis que Louise et Nathalie organisent du mieux possible la vie sur l'île (en obtenant notamment le droit de subir le même sort que les hommes), à Paris se créent deux comités pour l'amnistie, l'un mené par Victor Hugo et Louis Blanc, l'autre plus à gauche intitulé "Initiative pour l'amnistie". En 1879, une amnistie partielle est accordée, Nathalie rentre à Paris.  En 1879, une amnistie partielle est accordée, Nathalie rentre à Paris. En 1880, elle trouve un emploi de plieuse au journal de Henri Rochefort, L'Intransigeant , puis elle sombre dans la misère. En 1888, son mari, qu'elle ne voit plus guère, meurt. En 1889, c'est son fils Charles. En 1905, c'est Louise Michel. En 1915, seule et dans une grande misère, elle entre à l'Hospice des Incurables d'Ivry, où elle décède le 8 mai 1921, quelques jours avant le 50ème anniversaire de la Commune. Le 11 mai, seules trois personnes assisteront à son inhumation dans la fosse commune du cimetière d'Ivry. 

Dans la postface de la BD, sous le titre "Nathalie la discrète" , l'actrice Nathalie Boutefeu, qui joue le rôle de Nathalie Lemel dans le téléfilm de Solveig Anspach, Louise Michel, la rebelle (2008), écrit: 

" Aujourd'hui, Roland Michon et Laëtitia Rouxel se penchent sur la mémoire de Nathalie Lemel, et utilisent pour cela un outil proche du cinéma: la bande dessinée. Cadrage, mouvement, dialogues, couleurs et lumières sont ici au service d'une biographie fidèle. Un travail à la fois riche sur le fond et sur la forme, mais par la magie de l'image accessible au plus grand nombre. Leur documentation est telle qu'à cette lecture, j'ai eu le bonheur de largement compléter ma connaissance du personnage. La Communarde un peu oubliée par l'Histoire est revenue par ce livre peupler mes souvenirs de tournage calédoniens. Et confirme l'admiration que je porte à son combat".   

(...)

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3 décembre 2017 7 03 /12 /décembre /2017 20:27
Lettre d'Elsa Lefort à Patrice Romedenne, le Monsieur Likoud de France 2!

Bonjour Patrice Romedenne,

Hier matin, dans votre revue de presse, vous nous expliquiez avoir été “pris d’une crise de four rire, mais de rire jaune” car “on est entouré par des menteurs, les bluffeurs, les arnaqueurs et les types pas clairs”. A ma grande surprise, je découvris alors la une de l'Humanité consacrée à mon époux, Salah Hamouri, aux côtés d’un ravisseur présumé d’enfant et de Kim Jong Un.

Et de vous interroger sur le cas de mon mari « menteur ou pas menteur ? ». Vous exposez avec un ton cynique qu’il « végète dans une prison israélienne » parce que « accusé d’avoir copiné avec des terroriste ». Vous poursuivez : « L’Humanité a décidé qu’il était innocent et lance donc une campagne de sensibilisation pour le faire libérer. Mais qui ment, Israël ou l’Humanité ? ».

Le point positif de votre chronique, c’est qu’enfin, après 100 jours de prison, notre concitoyen bénéficie de 17 secondes d’exposition médiatique sur France 2 qui jusque là n’a jamais cru bon nous informer sur sa détention. Mais vous non plus vous ne nous informez guère, vous faites plutôt dans la désinformation en semant ainsi le doute sur la bonne foi de mon mari et du journal l'Humanité.

Pour votre gouverne, mon mari n’est pas « accusé d’avoir copiné avec des terroriste » puisqu’il est en détention administrative. Un système carcéral qui permet à Israël d’incarcérer les Palestiniens sans charge ni jugement. Et ça, ce n’est pas uniquement moi, la femme du présumé menteur qui le dit, mais vous pourrez trouver au moins trois déclarations du Ministère des affaires étrangères allant dans ce sens. J’imagine que vous risquez une nouvelle crise de fou rire, quand vous lirez que la France a même demandé à Israël la libération de mon mari.

Enfin, soyons précis, l’Humanité ne lance pas une campagne de sensibilisation et elle n'est pas seule à clamer l'innocence de mon mari. Cela fait 100 jours qu’une campagne existe, elle réunit des milliers de citoyens, élus (plus de 1000 élus dont 56 députés européens), partis politiques, associations et syndicats... Cela fait 100 jours que l’Humanité parle de l’injustice qui touche Salah Hamouri mais si pour vous il est peu probable qu’un Arabe soit innocent et qu’un journal comme l’Humanité soit objectif, vous pourrez aussi trouver sur le web des articles de médias moins marqués politiquement, et même vos collègues de France 3 Ile-de-France ont consacré un reportage à la détention de ce « type pas clair ».

Il s’agirait d’être précis monsieur Romedenne lorsque l’on se permet de remettre ainsi en question l’intégrité d’un homme. C’est un peu léger comme procédé de la part d’un grand reporter. Cet homme est avocat, il défend les droits de l’homme. C’est un mari, un père, un ami. L’insulter ainsi c’est insulter toutes les personnes qui l’aiment, qui le soutiennent et qui sont privées de lui, arbitrairement, depuis maintenant 100 jours.

Il y a peu de temps, vous déclariez « À France 2, les opinions sont plurielles et surtout, elles restent à la maison ». C’est en effet la ligne à suivre lorsqu’on est journaliste sur une chaîne du service public.

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3 décembre 2017 7 03 /12 /décembre /2017 16:16

Une délégation des cheminots CGT a rencontré Mme la Maire de Châteaulin Gaëlle NICOLAS mardi en fin d'après midi, à la mairie de Châteaulin.

 

 Il en ressort pour l'essentiel que: 

 

- la Maire a été contacté par les services commerciaux de la SNCF pour un transfert des activités de guichets vers l'office de tourisme sans lui laisser d'autres choix. Elle n'est pas emballée par cette solution de part l'éloignement de l'office par rapport à la gare et le coût de la prestation est à la charge de la communauté de commune (Un pourcentage sur la vente des billets rentabiliserait la prestation pour moitié). La CGT a fait remarquer que sans un professionnel, le conseil à l'office de tourisme restera effectivement très limité et que les usagers qui n'ont pas ou qui ne veulent pas d'internet devront à terme se rendre en gare de Quimper ou Landerneau pour préparer leur voyage. La CGT a  aussi insisté sur l'accueil, l'information et le service en gare pour la sécurité, les PMR et en cas de perturbations. 
 

Une  inauguration officielle de réouverture de la ligne aura lieu dimanche 10 décembre, en principe au croisement des trains en début d'après midi. Il est possible qu'Elisabeth BORNE, ministre des transports y participe.

Comme pour les 150 ans de la gare de Châteaulin, un rassemblement CGT sera organisé ce 10 décembre à Châteaulin à 14h 

Appel de la CGT Cheminots à la mobilisation des usagers le dimanche 10 décembre à Châteaulin à 14h

                                 Tract aux usagers

 

Mesdames, messieurs,

 

 

La réouverture de la ligne ferroviaire entre Quimper et Brest est pour nous l'occasion de vous faire un point sur la situation du service public ferroviaire en Finistère.

La CGT est porteuse d'une vision de l'aménagement du territoire solidaire et durable ; Ainsi nous portons des propositions d'organisation des transports basées sur la complémentarité entre les différents modes plutôt que sur la concurrence.

La CGT a d'ailleurs soutenu   la régionalisation des transports TER qui depuis sa mise en œuvre en 2002 a permis de relancer durablement cette activité. Ainsi en Bretagne des investissements massifs  ont été réalisés par la Région sur fond propre ou dans le cadre des Contrats de Plans Etat-Région. Cela a permis de moderniser le réseau ferroviaire mais aussi l'acquisition de matériels TER  modernes avec des résultats sensibles tant en matière de fréquentation qu'en terme d'offre ferroviaire en Bretagne.

C'est d'ailleurs dans ce cadre que viennent d'être réalisés les travaux de rénovation de la ligne entre Quimper et Brest. Cela permettra dès le 10 décembre prochain de relier à nouveau Quimper à Brest en 1h14.

La CGT porte depuis de nombreuses années la nécessité pour nos territoires de maintenir des services publics structurants pour nos territoires. Des interpellations d'élus, d'associations d'usagers, de voyageurs tout comme les actions menées par les cheminots ont permis notamment le maintien  de cette ligne ferroviaire indispensable notamment en ce qu'elle constitue une alternative crédible à la route en cohérence avec les objectifs de préservation de l'environnement et de sécurité pour les usagers transportés.  Si sa rénovation est désormais réalisée reste que sa modernisation demeure à l'ordre du jour.

En effet développer l'offre sur cet axe nécessiterait de nouveaux investissements notamment pour permettre de diminuer le temps de parcours mais aussi la mise en place d'une desserte étendue à de nouvelle villes notamment vers l'aquitaine via Nantes.

En outre, pour garantir la sécurité, la sureté et l’information des voyageurs, reste posée la question du maintien de la présence humaine à bord des trains, dans les gares, tout comme aux guichets de vente.

 

Des travaux de modernisation étaient initialement prévus en 2014 sur la ligne Quimper-Landerneau. Ils permettaient de doubler le trafic TER avec la création d'une double voie entre Landerneau et Hanvec et de réduire le temps de parcours Quimper-Brest à 59 min contre 1H14. Malheureusement ces travaux attendus ont été reportés à 2015 avant d'être annulés et reportés sine die.

Alors pourquoi la modernisation de cette ligne est-elle bloquée?

Les décisions politique tant au niveau national qu'européen menacent clairement la présence à long terme du service public ferroviaire et risque d'anéantir les investissements réalisés  par la Région et les autres collectivités locales pour maintenir voir développer des offres de transports alternatives à la route. En effet la baisse drastique des dotations de l'Etat vers les collectivités effectuées ces dernières années et malheureusement confirmées à hauteur de 13 milliards d'euros par l'actuel gouvernement compromet l'avenir pour des milliers de  personnes dans nos territoires.

En outre, l'Etat comme la commission européenne veulent imposer l'ouverture à la concurrence du TER dès 2019, ce qui risque de conduire à l'abandon des lignes jugées non rentables. Cette position idéologique n'a pour but que de créer des marchés privés aux mains d’un petit nombre d’entreprises pour reporter les contributions publiques vers les actionnaires de celles-ci. Les assises de la mobilité qui se tiennent actuellement en France dans la plus grande opacité déboucheront sur une nouvelle loi d'orientation des mobilités intérieures dite LOMI favorisant la mise en concurrence des différents modes de transport en lieu et place de leur nécessaire mise en complémentarité.

Pour la CGT le développement économique de la Région Bretagne et in fine du Finistère passe par un service public capable de répondre aux besoins de transports. Nos territoires bénéficieront d'un réel développement que si un service public efficient et efficace est maintenu en réponse aux besoins des usagers.

 

Ensemble participons au rassemblement avec la CGT  le dimanche 10 décembre 14h00 à la gare de Châteaulin  et exigeons:

 

  • Une vraie modernisation de la ligne Quimper - Landerneau de relier Quimper à Brest en 59 min et de doubler le trafic des trains permettant TER avec un programme d’investissement plus ambitieux ;

 

  • La réhumanisation des gares et des trains ;

 

  • L’ouverture des guichets du premier au dernier train dans chaque gare ;

 

  • Une accessibilité à l’ensemble des trains pour tous les citoyens ;

 

  • Le développement du TER, des Trains d’Equilibre du Territoire (Brest-Quimper-Bordeaux) et du Fret ferroviaire                                            
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3 décembre 2017 7 03 /12 /décembre /2017 15:53
Vente solidaire de pommes de terre et d'oignons bretons dans un quartier populaire de Savigny-sur-Orge (Essonne)
Vente solidaire de pommes de terre et d'oignons bretons dans un quartier populaire de Savigny-sur-Orge (Essonne)
Vente solidaire de pommes de terre et d'oignons bretons dans un quartier populaire de Savigny-sur-Orge (Essonne)
Vente solidaire de pommes de terre et d'oignons bretons dans un quartier populaire de Savigny-sur-Orge (Essonne)
Vente solidaire de pommes de terre et d'oignons bretons dans un quartier populaire de Savigny-sur-Orge (Essonne)

Nos camarades communistes de l'Essonne (91) et leur secrétaire départemental Amadou Deme sont très actifs dans l'organisation des solidarités concrètes avec une population qui connaît une grande précarité. La semaine dernière, ils ont pu s'appuyer sur l'aide d'adhérents du PCF des Côtes d'Armor pour faire venir des produits bretons de bonne qualité à prix rémunérateur pour le producteur mais très en dessous du prix grande surface. Grâce à l'organisation d'une filière de vente solidaire directe.   

Avec la participation des membres du PCF
des Côtes d’Armor (22) :
 Jean-Claude (Hénon)
 Michel (Gomménec’h)
 Michel Fleury (Plémet)
 Patrick Le Béguec (Paimpol)

En direct des exploitations agricoles de :

 Ploeuc sur Lié, pour les pommes de terre

 Roscoff pour les oignons roses


Pour le marché solidaire de Savigny sur Orge
Le vendredi 1er décembre 2017

Les pommes de terre produites par le GAEC*
de la Cour de Bayo Ploeuc sur Lié :
variété : « Lady Christl »
*Groupement
Agricole
d'Exploitation
en Commun,

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3 décembre 2017 7 03 /12 /décembre /2017 13:58
photo Jean-Marc Nayet - manif pour l'hôpital de Morlaix, 2 décembre 2017

photo Jean-Marc Nayet - manif pour l'hôpital de Morlaix, 2 décembre 2017

photo Jean-Marc Nayet - manif pour l'hôpital de Morlaix, 2 décembre 2017

photo Jean-Marc Nayet - manif pour l'hôpital de Morlaix, 2 décembre 2017

photo Jean-Marc Nayet - manif pour l'hôpital de Morlaix, 2 décembre 2017

photo Jean-Marc Nayet - manif pour l'hôpital de Morlaix, 2 décembre 2017

Manif pour la défense de l'hôpital de Morlaix et du service de cardiologie - Morlaix 2 décembre 2017 - photo Jean-Luc Le Calvez

Manif pour la défense de l'hôpital de Morlaix et du service de cardiologie - Morlaix 2 décembre 2017 - photo Jean-Luc Le Calvez

Manif pour la défense de l'hôpital de Morlaix et du service de cardiologie - Morlaix 2 décembre 2017 - photo Jean-Luc Le Calvez

Manif pour la défense de l'hôpital de Morlaix et du service de cardiologie - Morlaix 2 décembre 2017 - photo Jean-Luc Le Calvez

Manif pour la défense de l'hôpital de Morlaix et du service de cardiologie - Morlaix 2 décembre 2017 - photo Jean-Luc Le Calvez

Manif pour la défense de l'hôpital de Morlaix et du service de cardiologie - Morlaix 2 décembre 2017 - photo Jean-Luc Le Calvez

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

Manif pour la défense de l'hôpital de Morlaix et du service de cardiologie - Morlaix 2 décembre 2017 - photo Jean-Luc Le Calvez

Manif pour la défense de l'hôpital de Morlaix et du service de cardiologie - Morlaix 2 décembre 2017 - photo Jean-Luc Le Calvez

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

Manif pour la défense de l'hôpital de Morlaix et du service de cardiologie - Morlaix 2 décembre 2017 - photo Jean-Luc Le Calvez

Manif pour la défense de l'hôpital de Morlaix et du service de cardiologie - Morlaix 2 décembre 2017 - photo Jean-Luc Le Calvez

Manif pour la défense de l'hôpital de Morlaix et du service de cardiologie - Morlaix 2 décembre 2017 - photo Jean-Luc Le Calvez

Manif pour la défense de l'hôpital de Morlaix et du service de cardiologie - Morlaix 2 décembre 2017 - photo Jean-Luc Le Calvez

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

Manif pour la défense de l'hôpital de Morlaix et du service de cardiologie - Morlaix 2 décembre 2017 - photo Jean-Luc Le Calvez

Manif pour la défense de l'hôpital de Morlaix et du service de cardiologie - Morlaix 2 décembre 2017 - photo Jean-Luc Le Calvez

Daniel, secrétaire section du PCF Morlaix, avec Julia, syndiquée FSU  (photo I Dupont)

Daniel, secrétaire section du PCF Morlaix, avec Julia, syndiquée FSU (photo I Dupont)

Daniel, secrétaire section du PCF Morlaix, avec Julia, syndiquée FSU  (photo I Dupont)

Daniel, secrétaire section du PCF Morlaix, avec Julia, syndiquée FSU (photo I Dupont)

photo I Dupont

photo I Dupont

photo I Dupont

photo I Dupont

Manif pour la défense de l'hôpital de Morlaix et du service de cardiologie - Morlaix 2 décembre 2017 - photo Jean-Luc Le Calvez

Manif pour la défense de l'hôpital de Morlaix et du service de cardiologie - Morlaix 2 décembre 2017 - photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Marc Nayet - manif pour l'hôpital de Morlaix, 2 décembre 2017

photo Jean-Marc Nayet - manif pour l'hôpital de Morlaix, 2 décembre 2017

photo Jean-Marc Nayet - manif pour l'hôpital de Morlaix, 2 décembre 2017

photo Jean-Marc Nayet - manif pour l'hôpital de Morlaix, 2 décembre 2017

1000 à 1500 personnes pour défendre l'hôpital de Morlaix, la cardiologie, les conditions d'accueil des patients et de travail des personnels contre les logiques de pure rentabilité et d'austérité. Malgré l'opération de déminage des deux derniers jours par la direction de l'hôpital, la mobilisation citoyenne a été au rendez-vous et c'était insispensable! Le combat continue et doit encore s'amplifier.  
 
Morlaix. Un millier de manifestants pour défendre l’hôpital
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3 décembre 2017 7 03 /12 /décembre /2017 13:31
Manif à Plouhinec pour la défense du lycée professionnel maritime, photo d'Yvonne Trividic-Bouër par Roberte Saint Jalme. Plouhinec, lycée Jean Moulin, le Cap dans la rue.   La Plouhinécoise Yvonne Trividic-Bouër, a évoqué les circonstances dans lesquelles est né cet établissement après la guerre, à l'initiative de son père, Albert Trividic, instituteur communiste et résistant. « Il a dû se battre énormément à l'époque contre l'administration pour convaincre de la nécessité de former les jeunes du Cap »

Manif à Plouhinec pour la défense du lycée professionnel maritime, photo d'Yvonne Trividic-Bouër par Roberte Saint Jalme. Plouhinec, lycée Jean Moulin, le Cap dans la rue. La Plouhinécoise Yvonne Trividic-Bouër, a évoqué les circonstances dans lesquelles est né cet établissement après la guerre, à l'initiative de son père, Albert Trividic, instituteur communiste et résistant. « Il a dû se battre énormément à l'époque contre l'administration pour convaincre de la nécessité de former les jeunes du Cap »

A Plouhinec, il y avait du monde pour défendre l'enseignement professionnel public et le Cap Sizun, qui a déjà perdu nombre de services publics ces dernières années.

La région et le rectorat ont décidé de fermer le lycée Jean Moulin qui propose une formation, rare en France, de charpentier de marine.

Construction et restauration de bateaux en bois, mais aussi équipement de navires modernes, les jeunes qui en sortent n'ont pas de souci pour trouver du travail. Déjà en 2004 le lycée avait été menacé de fermeture, la mobilisation l'avait empêchée.
L'émotion est forte dans le Cap Sizun et au-delà, dans les milieux maritimes. Plus de 1000 manifestants selon Le Télégramme, nous étions sans doute pas loin de 1500, difficile à évaluer quand le cortège va s'étirer de Poulgoazec jusqu'aux quais d'Audierne. 
Citoyens, élus, syndicalistes de la CGT, de la FSU, de FO, de Solidaires, ont répondu à l'appel des personnels et des élèves du lycée. Forte présence de la CGT avec les syndicats de l'enseignement professionnel, des métaux, des marins.
Communistes visibles aussi, des sections du Cap Sizun, de Douarnenez, du pays bigouden, de Quimper.

Voici le communiqué qu'avait rédigé le PCF: 

Ensemble refusons la fermeture du lycée Jean Moulin de Plouhinec

L’annonce brutale faite par le Président du Conseil Régional Bretagne de fermer le Lycée professionnel Jean Moulin de Plouhinec, établissement scolaire public de formation qui comporte, c'est très rare, une filière maritime, dès la prochaine rentrée est inacceptable et profondément irrespectueux pour les élèves actuellement en formation et pour leurs professeurs.

ENSEMBLE agissons avant le 14 décembre date du vote des élus régionaux et menons les actions à la hauteur des enjeux pour notre territoire et pour la formation de nos jeunes.

Nous assistons ces dernières années à une casse systématique des services publics sur notre territoire: l’Hôpital de Douarnenez, les bureaux de poste, les services fiscaux et sociaux  et l’abattoir de Pont Croix…

Les communistes demandent que soit retirée de l’ordre du jour cette question et qu’il y ait une véritable concertation avec les enseignants et élèves, élus, syndicats, pouvoirs publics et monde économique… pour mettre en place des filières supplémentaires permettant la pérennisation du lycée et maintenir un lieu de formation pour nos jeunes.

Les communistes seront présents à la manifestation de soutien du samedi 2 décembre à 14 heures devant le Lycée.


Résistance!, écrivent les jeunes et les personnels sur leurs pancartes.

Mot d'ordre de circonstance puisque le lycée porte le nom de Jean Moulin fondateur du CNR qui fut sous-préfet du Finistère. Et que, comme le rappela Yvonne Trividic-Bouër, ce sont deux anciens résistants et élus communistes, son père Albert Trividic (connu aussi pour avoir avec Pierre-Jakez Hélias parcouru la région en jouant des saynètes en breton) et un patron-pêcheur, qui après la guerre furent à l'origine de la création de cet établissement d'enseignement professionnel.
Ambiance maritime, la manifestation menée par les jeunes élèves dont certains ont pris place sur une barque en remorque, avec force feux de détresse, part du terre-plein du port de Poulgoazec devant l'ancien Abri du Marin, suit les quais d'Audierne pour s'arrêter sur la place, accompagnée par un vieux gréement solidaire qui navigue de quai à quai.
Et maintenant? La parole est aux conseillers régionaux qui vont voter sur la fermeture du lycée le 14 décembre. S'ils n'ont pas suffisamment entendu la colère et la détermination des manifestants, les syndicats seront là pour porter le message!

Compte rendu de la manifestation par Yvonne Rainero, secrétaire de section du PCF Quimper

photos Yvonne Rainero

photos Yvonne Rainero

Plouhinec, lycée Jean Moulin, samedi 2 décembre :  le Cap dans la rue contre la fermeture du lycée professionnel (compte rendu et photos Yvonne Rainero et Roberte Saint Jalme)
Plouhinec, lycée Jean Moulin, samedi 2 décembre :  le Cap dans la rue contre la fermeture du lycée professionnel (compte rendu et photos Yvonne Rainero et Roberte Saint Jalme)
Plouhinec, lycée Jean Moulin, samedi 2 décembre :  le Cap dans la rue contre la fermeture du lycée professionnel (compte rendu et photos Yvonne Rainero et Roberte Saint Jalme)
Plouhinec, lycée Jean Moulin, samedi 2 décembre :  le Cap dans la rue contre la fermeture du lycée professionnel (compte rendu et photos Yvonne Rainero et Roberte Saint Jalme)
Plouhinec, lycée Jean Moulin, samedi 2 décembre :  le Cap dans la rue contre la fermeture du lycée professionnel (compte rendu et photos Yvonne Rainero et Roberte Saint Jalme)
Plouhinec, lycée Jean Moulin, samedi 2 décembre :  le Cap dans la rue contre la fermeture du lycée professionnel (compte rendu et photos Yvonne Rainero et Roberte Saint Jalme)
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3 décembre 2017 7 03 /12 /décembre /2017 11:11
Magazine de l'Union des Jeunesses Républicaines de France à la libération (Archives Pierre Le Rose)

Magazine de l'Union des Jeunesses Républicaines de France à la libération (Archives Pierre Le Rose)

Notre jeunesse, Avril 1945: congrès des Jeunesses Communistes (Archives Pierre Le Rose)

Notre jeunesse, Avril 1945: congrès des Jeunesses Communistes (Archives Pierre Le Rose)

Congrès du PCF à Strasbourg en 1947 - Daniel Trellu, le premier à gauche: à ces côtés, Gabriel Paul, Pierre Le Rose, Marie Lambert (archives Pierre Le Rose)

Congrès du PCF à Strasbourg en 1947 - Daniel Trellu, le premier à gauche: à ces côtés, Gabriel Paul, Pierre Le Rose, Marie Lambert (archives Pierre Le Rose)

Paul Le Gall, Piero Rainero, Daniel Trellu (ancien chef FTP du Finistère) avec Gaston Plissonier (Archives Pierre Le Rose)

Paul Le Gall, Piero Rainero, Daniel Trellu (ancien chef FTP du Finistère) avec Gaston Plissonier (Archives Pierre Le Rose)

Maryse Le Roux nous raconte Daniel Trellu (Quémeneven 1919-1998 Carhaix) , ancien responsable de la Résistance Communiste bretonne et cadre du PCF à la Libération, qu'elle a rencontré à la fin des années 90:

" Sa maison d’écluse au bord du canal de Nantes à Brest avait beaucoup de charme. Il avait fait à côté sous une terrasse un espace barbecue, et il en parlait comme de l’espace de l’amitié, qui semblait avoir pour lui une grande importance.
Il avait dans sa retraite un rôle proche de celui d’un assistant social bénévole, et débrouillait des dossiers pour des gens qui n’y arrivaient pas.
En ce qui concernait le FLB, il connaissait pas mal de ses membres, et leur avait dit qu’il fallait absolument qu’ils se désolidarisent officiellement du mouvement breton d’avant-guerre et de la guerre.
Dans l’entrée de sa maison, il y avait deux images côte à côte et de la même taille : une de Marx, je crois, une autre du Christ.
Il avait avec toi pas mal de points communs : c’était un communiste convaincu, et il était ouvert, tolérant, et lisait des textes sacrés. Parler avec lui ne donnait pas l’impression de parler à un homme enfermé dans un système de pensée. Il était humaniste, chaleureux. Il avait du recul sur ses choix. Il parlait de Marcel Cachin comme de quelqu’un qui avait compté pour lui, en tant que communiste, et en tant que défenseur de la langue et de la culture bretonnes.
La langue bretonne avait beaucoup de valeur à ses yeux, il écrivait des poème en breton, et les traduisait. 
Voilà, c’est tout ce qui me revient... Ce n’est pas grand-chose, mais ce qui dominait quand je l’ai quitté, c’était le sentiment d’avoir rencontré quelqu’un d’une belle humanité, et un esprit libre."

Voici un poème remarquable de Daniel Trellu trouvé dans le tome 3 en français de l'anthologie de Favereau chez Skol Vreizh, sachant que l"original se trouve dans la version bretonne de l'anthologie.
Le poème en breton est peut-être encore supérieur à sa traduction, fût-elle de l'auteur lui-même comme c'est le cas ici. On considérer qu'ici le style poétique de Trellu est assez proche de certains aspects de Char.

OMBRE
J'ai perdu mon ombre
Ma preuve par le soleil
A midi comme un mât
Planté en pleine terre 
Voiles hautes
J'étais une évidence verticale
Confondue avec son double
Pouvais-je retenir les soleils
Quand je croyais ouvrir deux mains
J'ai creusé pour chercher mon ombre
J'ai navigué sur des faux équilibres
Mon tronc s'est vidé
L'écorce est transparente
Faux soleils fausses lueurs
Je tourne autour du vide
Je n'ai plus d'ombre
J'ai perdu le soleil.

Né en 1919 à Quéménéven (29), Daniel Trellu, qui devient instituteur avant guerre, a joué sous le pseudonyme de «Colonel Chevalier», un rôle important dans la Résistance en tant que lientenant-colonel FTP responsable départemental d'un des premiers maquis de Bretagne (Spézet, Laz, Saint-Goazec), puis de responsable de la résistance FTP de Bretagne. 
Il était entré aux Jeunesses Communistes dès 1936, à l'époque de la montée des fascismes, puis il participa à la reconstitution du Parti Communiste clandestin en 1939. 
"D'aucuns se souviennent de quelques faits d'arme de ce résistant intrépide: rapt d'uniformes d'officiers nazis dans un hôtel au bord de l'Aulne, déchargement d'armes au "Cap-Horn" (Quimper)" (témoignage d'André Buanic cité par Francis Favereau). 
Après la guerre, il devient responsable départemental du parti communiste à Brest, puis réintègre l'enseignement en 1952.
Il sera successivement instituteur à Trégunc, puis professeur de français et d'histoire-géographie au lycée technique Chaptal à Quimper. Très lié à Dubcek (depuis 1949 - stages, rencontres), il fut très affecté par les évènements de 1968 en Tchécoslovaquie. 

Daniel Trellu a eu comme élève un certain Daniel Le Braz (Dan ar Braz).

Il a pris sa retraite en 1975 et vient s'installer à Saint-Hernin où il décédera en avril 1998.

 

Daniel Trellu était un homme cultivé, lettré, fervent amateur de Eluard et Aragon, l'auteur de nombreux poèmes.

"Retiré comme un vieux sage au bord du canal de Nantes à Brest à Port-de-Carhaix, à l'écluse de Koz-Castell (entre Saint-Hernin et la capitale du Poher), il défendait la langue bretonne et écrivait des poèmes bilingues" (Francis Favereau, Anthologie de la littérature bretonne au XXe siècle, tome 3, Skol Vreizh). 

 

 

" Concernant les "campagnes rouges" du Centre-Bretagne, Daniel Trellu avait répondu en breton aux questions de Ronan Le Coadic (Skol Vreizh, n°22, 1991):

 

 

 

"Dans ces régions, les ruraux étaient traités comme des bêtes sous le règne des riches et, peu à peu, ils sont parvenus à posséder leur lopin de terre, un champ ou deux ou trois; par la suite, ils ont mis un peu d'argent de côté, mais n'ont pas oublié d'où ils venaient... Certains sont partis travailler loin, à Paris. Des gens costauds pour des travaux pénibles. C'est ainsi que ceux-ci se sont trouvés à la tête des syndicats, et ainsi de suite; puis ils ont connu les communistes et ont adhéré (au PCF). Et c'est ainsi qu'ils ont ramené au pays ce qu'ils avaient appris à Paris... Marcel Cachin disait un jour: "Tiens, ceux-là, maintenant, ils ont vu les saints vivants et les ont vus mourir pour des idées". Cela a été un peu un transfert de foi... Les Bretons, tu le sais bien, aiment à voir des saints; or, cet homme-là, c'était comme un saint dans le pays. Il s'occupait des pauvres. Et ils n'avaient pas d'argent, on ne leur en demandait pas. Il était toujours prêt, de jour comme de nuit, à rendre service, quoique ce soit... allez hop! on va trouver le docteur Jacq, le médecin des pauvres*". (entretien avec Ronan Le Coadic cité par Francis Favereau, Anthologie de la littérature bretonne au XXe siècle, tome 3, Skol Vreizh, p. 463). 

 

 

* Le docteur Jacq, médecin de Huelgoat, puis maire communiste, originaire de Granville, bon bretonnant, médecin des pauvres, fut révoqué en 1939, arrêté en juillet 1941, emprisonné au camp de Châteaubriant et fusillé par les Allemands le 15 décembre 1941, comme ce sera le cas du maire de Concarneau, Pierre Guéguin et de plusieurs autres: on dit qu'ils chantèrent la Marseillaise, mais aussi le Bro Gozh ma Zadou que le docteur Jacq leur avait appris avant de mourir.   

 

 

On laissera le dernier mot à la plume solaire de Daniel Trellu: 

 

"La corneille étourdie

La mouette hardie

Dans le ciel en été

Virevoltant

Ont marié

Leurs couleurs..."  

 

    

 

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3 décembre 2017 7 03 /12 /décembre /2017 10:05
Après 100 jours d'embastillement par Israël et son gouvernement de droite extrême: l'interview exclusif de Salah Hamouri pour l'Humanité (30 novembre 2017 - entretien avec Pierre Barbancey)

📢 L'interview de Salah Hamouri dans l'Humanité.

"Vous êtes les porte-voix de notre résistance en Europe et partout dans le monde. Soyez-en bien sûr, la prison ne sera jamais le lieu où l’occupant pourra enterrer nos rêves et notre espoir ! Chaque jour, nous sommes plus convaincus que la résistance est notre droit et notre devoir et qu’elle nous permettra d’arracher nos droits nationaux, d’obtenir notre liberté et notre indépendance."

 

Salah Hamouri. « Vous êtes notre espoir et les porte-voix de notre résistance »
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR PIERRE BARBANCEY
JEUDI, 30 NOVEMBRE, 2017
L'HUMANITÉ

Salah Hamouri, avocat franco-palestinien, est embastillé par Israël depuis 100 jours, en vertu d’un ordre de détention administrative.L’Humanité a pu lui faire parvenir des questions par l’intermédiaire de ses avocats.

Parvenez-vous à garder le moral ?

Salah Hamouri Cela fait longtemps qu’il ne m’a pas semblé aussi difficile de répondre à cette question. Me retrouver pour la quatrième fois incarcéré et cela après cinq ans et demi de liberté… cinq ans et demi pendant lesquels j’ai bâti ma vie d’adulte, et une famille dont je suis privé depuis janvier 2016 et encore plus aujourd’hui. J’ai entrepris un nouveau cursus universitaire et je suis devenu avocat trois jours avant mon arrestation. J’ai, malgré tout, un bon moral, il existe une grande solidarité entre les détenus. Je reçois de temps en temps, via mes avocats, des nouvelles du monde extérieur.

Ça a été particulièrement difficile pour moi de me trouver face à ces jeunes de 14-15 ans, emprisonnés comme moi, vêtus de l’uniforme marron glauque des prisons israéliennes, les pieds et les mains liés, conduits par les gardiens.

Lors d’un transfert à la prison de Ramleh, j’ai été très touché de voir que les prisonniers sont mis dans six cages qu’aucun être humain ne devrait jamais connaître. Dans une de ces cages, j’ai vite reconnu un prisonnier avec qui j’ai vécu cinq ans, il se nomme Walid Dakka. Il s’est approché de moi. Depuis notre dernière rencontre, ses cheveux ont blanchi, ses rides se sont multipliées, ses cernes traduisent une grande fatigue. Il a crié en me voyant  : « Le Français ! Qu’est-ce que tu fais là, pourquoi ils t’ont remis en prison ? » À ce moment, la carte de la Palestine s’est dessinée dans mon esprit, j’ai pensé à toutes les souffrances que subit mon peuple. Ces arrestations sont des moyens de pression que l’occupation utilise pour nous chasser de notre terre et également pour tenter de détruire nos vies personnelles et sociales. Toutes ces relations que nous bâtissons sont un moyen pour tenir debout face à l’occupant. Le but de cette occupation est clairement de vider la Palestine de ses habitants, et tout particulièrement à Jérusalem-Est.

Comment se passent vos conditions de détention ? Comment êtes-vous traité ?

Salah Hamouri Je suis dans la prison du Néguev, avec 2 400 autres prisonniers. Un grand nombre d’entre eux sont privés de liberté depuis plus de dix ans. Il y a plus de 300 détenus administratifs dans cette prison. Nous avons le droit de faire rentrer des vêtements et des livres 4 fois par an, ce qui n’est pas suffisant. Nous n’avons pas accès à la presse écrite arabe, nous n’avons qu’une chaîne télé d’information, les autres chaînes sont uniquement des divertissements en hébreu. L’administration de la prison met en place une politique « douce » de torture : la torture psychologique afin de briser les Palestiniens et les pousser à quitter la Palestine. Cette torture « douce » est beaucoup plus ravageuse que la torture physique. Nous avons certes assez de nourriture et le droit de sortir dans la cour quotidiennement, mais ce n’est pas de cela dont nous avons besoin. Nous avons besoin que cesse cette torture psychologique qui est utilisée pour tenter de nous briser et de nous convaincre que notre combat est vain. C’est pour cette raison qu’ils nous empêchent de recevoir assez de livres et d’avoir accès à l’information de la région. Le fait de n’avoir qu’une seule visite familiale de 45 minutes par mois est également un moyen de torture, d’autant plus que celle-ci s’effectue derrière une vitre. Nous n’avons pas le droit de prendre nos proches dans nos bras. Les familles de prisonniers souffrent aussi beaucoup de notre emprisonnement, d’abord, par notre absence, mais également parce que la prison est très éloignée dans le désert. Chaque visite est une véritable épreuve pour eux. Certains prisonniers sont même privés de visites.

Quels sont vos contacts avec le consulat de France ?

Salah Hamouri J’ai reçu la visite du consul et du vice-consul de Jérusalem quand j’étais détenu au centre d’interrogatoire Al Moskobieh, à Jérusalem. À chaque audience, un représentant du consulat a été présent et j’ai également reçu la visite du consul général de Tel-Aviv dans la prison du Néguev. Sa première demande de visite avait été refusée quelques jours avant. J’ai appris que les élus français qui souhaitaient me rencontrer ne l’ont pas pu. Lors de ma précédente incarcération, je recevais régulièrement des visites du consul ainsi que d’élus français. C’est scandaleux que la diplomatie française se fasse ainsi mépriser par l’occupant et ne tape pas du poing sur la table afin de permettre à l’un de ses citoyens emprisonnés de recevoir les visites d’élus, de recevoir son courrier et d’être bien évidemment libéré au plus vite.

Comment jugez-vous le silence des plus hautes autorités françaises ?

Salah Hamouri On a bien vu, lors de ma précédente incarcération, que le silence des autorités françaises ne peut être brisé que grâce à votre solidarité. Ce silence, qui pèse aujourd’hui, est sûrement dû au fait qu’une pression de la force occupante et de ses soutiens est mise sur l’État français qui amène notre président à ne pas parler de ma situation. Il faut que la France soit courageuse et qu’elle brise ce silence pour me défendre et se défendre elle-même contre toute subordination. Il est temps que la France soit de retour et soutienne les peuples sous occupation et sous la domination des forces impérialistes. La France doit me considérer comme n’importe quel autre citoyen français et faire respecter fermement mes droits d’autant plus que l’État israélien me prive de mes droits les plus élémentaires avec cette détention administrative. La France ne doit pas se soumettre aux pressions américaines, israéliennes, ni aux amis de Netanyahou. Elle doit prendre une position claire pour défendre les droits des Français partout dans le monde.

Est-ce que la campagne lancée en France est importante pour vous ?

Salah Hamouri Énormément ! Elle me touche mais elle touche également tous mes camarades. Nous vous envoyons nos sincères salutations et tous nos remerciements. Quand j’ai appris que, malgré la toute première décision du tribunal (libération conditionnelle), je n’allais pas être libéré mais placé en détention administrative, j’étais persuadé que le mouvement de solidarité avait déjà commencé en France. Je sais bien que ma libération en 2011 avait été obtenue grâce à la grande et belle mobilisation qui existait en France. Je suis emprisonné depuis 100 jours, je peux constater les effets de la campagne, et mes avocats me témoignent qu’elle a pris plus d’ampleur encore que la précédente ! Cette lutte que vous menez aujourd’hui en France est basée sur le long terme et il faudra ne rien lâcher, même si cela prend du temps, mais vos efforts finiront par payer. Cette résistance que vous menez en France, cette solidarité qui grandit chaque jour ont dépassé les frontières de la France et ont une résonance énorme. Votre solidarité est le seul moyen pour que notre souffrance soit connue dans le monde et qu’il y soit mis un terme.

Avez-vous un appel à lancer ?

Salah Hamouri Vous êtes un espoir pour des milliers de gens dans les Bastille israéliennes. Il est primordial de dénoncer ce que les autorités israéliennes font aux Palestiniens et, en particulier, aux enfants qui sont trop nombreux à connaître les prisons de l’occupant. Il s’agit là d’un véritable projet pour casser l’enfance palestinienne. Vous êtes les porte-voix de notre résistance en Europe et partout dans le monde. Soyez-en bien sûr, la prison ne sera jamais le lieu où l’occupant pourra enterrer nos rêves et notre espoir ! Chaque jour, nous sommes plus convaincus que la résistance est notre droit et notre devoir et qu’elle nous permettra d’arracher nos droits nationaux, d’obtenir notre liberté et notre indépendance. Chaque action que vous menez nous envoie des rayons de soleil qui réchauffent nos cellules sombres dans l’hiver froid du désert.

Grand reporter
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