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4 mars 2018 7 04 /03 /mars /2018 10:45

 

Ce mercredi 28 février est la date de clôture de la négociation entamée entre les centrales d’achat des grandes enseignes de la distribution et leurs fournisseurs. Hier , au cours d’une rencontre avec les journalistes sur le Salon de l’agriculture, les dirigeants de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) de la FNSEA avaient envie de croire que ces relations s’étaient un peu améliorées , en dépit d’une série d’incertitudes. Reste à savoir si le prix du lait va enfin remonter en 2018.

Selon Thierry Roquefeuil , président de la FNPL, plusieurs entreprises qui transforment le lait en produits laitiers élaborés auraient obtenu des grandes surfaces des hausses comprises entre 3 et 4% sur plusieurs produits pour la période qui va de mars 2018 à février 2019 par rapport aux douze mois précédents. En revanche, on ne sait guère quels seront les volumes d’achats du groupe Carrefour dont le nouveau PDG entame une restructuration prévoyant la fermeture de nombreux magasins.

Pour cette raison et pour quelques autres, les trois principaux dirigeants de la FNPL que sont Thierry Roquefeuil , André Bonnard et Marie-Thérèse Bonneau, restent prudents s’agissant la part de la revalorisation du prix des certains yaourts et fromages qui pourrait servir à mieux payer le lait aux paysans. Pour le moment, le prix payé aux producteurs tourne autour de 315 à 320€ pour 1.000 litres de lait livrés à la laiterie collectrice alors que ce prix était proche de 350€ en 2013 et 2014, les deux années qui ont précédé la sortie des quotas de production par pays dans l’Union Européenne. Cette fin de la maîtrise de l’offre est intervenue en avril 2015 et la surproduction provoquait déjà la chute des cours à cette date.

«Inverser cette construction des prix qui doit partir des coûts de production »

En 2015 et 2016, le prix du lait payé aux producteurs fut souvent sous la barre de 300€ les 1.000 litres, tombant même à 270, voire 250€ des mois durant pour certaines entreprises, dont Lactalis de sinistre réputation. Les laiteries vont-elles dès le printemps de cette année répercuter sur le prix du lait à la ferme une partie de l’augmentation de prix qu’elles ont obtenu des grandes surfaces ? La loi que prépare le gouvernement d’ici l’été permettra-t-elle de parvenir à ce résultat ? Lors de son discours de Rungis le 11 octobre 2017, à la mi-temps des Etats généraux de l’alimentation, Emmanuel Macron avait déclaré : « Nous modifierons la loi pour inverser cette construction des prix qui doit pouvoir partir des coûts de production ». On notera à ce propos que toute l’ambigüité du propos se niche dans le « qui doit pouvoir ».On n’oubliera pas que, dix ans plus tôt, le même Emmanuel Macron , rédacteur final du rapport de la commission Attali, écrivait que la revente à perte était « un prix de connivence » entre les distributeurs et leurs fournisseurs. Ce qui suggérait que ces derniers aimaient perdre de l’argent pour augmenter les quantités vendues.

Phil Hogan, le commissaire européen en charge de l’agriculture a déclaré le 29 janvier dernier que la croissance de la production laitière en 2017, qui succède à une baisse en 2016 dans l’Union européenne, «n’est tout simplement pas tenable dans le marché actuel ». Il a indiqué que la production laitière avait progressé de 9,1% en Irlande, de 4,9% en Pologne, de 3,9% au Royaume Uni. Pour le seul mois de novembre 2017 cette hausse de la production était de 6% par rapport à novembre 2016 tandis que 380.000 tonnes de poudre de lait écrémé résultant de la surproduction de 2015 et 2016 sont toujours stockées, ce qui poussera les transformateurs à faire baisser le prix du lait en 2018.

Il faut ici savoir que quand l’Europe produit trop de lait par rapport aux débouchés en produits frais, le surplus est écrémé. La crème est alors transformée en beurre et le lait écrémé est souvent transformé en poudre maigre. Ce fut le cas en 2015 et 2016. Si le beurre a finalement trouvé des marchés rémunérateurs en Asie, ce ne fut jamais le cas de la poudre. D’où ce stock de 380 000 tonnes mis à l’intervention publique. Ajoutons que pour des raisons budgétaires, la Commission européenne n’envisage pas de renouveler ce genre d’opération en 2018. Voilà pourquoi, faute d’une régulation de l’offre, modifier la loi seulement en France « pour inverser cette construction des prix qui doit pouvoir partir des coûts de production », ne sera pas facile à mettre en œuvre si les Pays Bas, l’Irlande, l’Allemagne et la Pologne proposent demain des produits laitiers à prix bradés aux distributeurs français.

Les risques induits sur le prix de la viande bovine

Dans le cadre de la négociation d’un accord de libre échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, la Commission européenne fait état d’exportations possibles de produits laitiers européens vers ces pays d’Amérique du sud. Elle affirme que 350 produits européens de ce type, bénéficiant d’une indication géographique protégée (IGP), font partie de la négociation. Si accord il y a, ces exportations de produits laitiers en Amérique du sud ne porteront que sur des petits volumes, lesquels ne seront pas suffisants pour éviter la nouvelle crise laitière qui se prépare en Europe.

En cas de nouvelle crise de surproduction laitière dès le printemps de cette année 2018 en Europe, les éleveurs seront conduit à vendre davantage de vaches de réforme pour la boucherie afin de réduire leur production litière et de palier au manque de trésorerie résultant de la baisse du prix du lait. Cette augmentation de l’offre en viande bovine fera chuter les cours, surtout si un accord avec le Mercosur devait se traduire par l’importation annuelle de 99.000 tonnes supplémentaires de viande bovine sud américaine en Europe.

 

 

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2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 16:41

 

Les chaînes d’information en continu ont mis en scène, douze heures durant, les rencontres parfois houleuses entre le président de la République et les paysans de différentes filières agricoles. Les échanges ont montré un chef de l’Etat dont l’arrogance dissimulait mal la profonde méconnaissance de l’agriculture en général et des raisons de la crise agricole en particulier. Décryptage de quelques propos présidentiels entendus ce 24 février 2018.

Dans un Salon dont l’une des principales attractions est présente chaque année dans le Hall I avec une bonne dizaine de races bovines élevées pour leur viande, beaucoup d’éleveurs entendaient dire au chef de l’Etat leur opposition au projet d’accord de libre échange qui se négocie actuellement entre la Commission européenne et les pays du Mercosur. « Rien n’est fait et nous avons mis les lignes rouges » leur répétait Emmanuel Macron, ajoutant que la France n’acceptera pas l’importation de « viandes aux hormones » provenant du Brésil ou d’Argentine.

La négociation ne porte pas sur l’importation de viandes aux hormones. Néanmoins, les conditions d’élevage et les règles sanitaires sont bien moins strictes en Amérique du sud qu’en Europe. La consommation de farines animales est autorisée dans ces pays, alors qu’elle est interdite en Europe depuis le scandale de la vache folle parti de Grande Bretagne voilà une trentaine d’années. 

Jusqu’à la fin de l’automne 2017, l’offre européenne d’importation de viande bovine sud américaine portait sur des pièces de haut de gamme à tarif douanier réduit à raison de 70.000 tonnes par an. Il se dit partout que le nouveau mandat donné depuis par les pays membres de l’Union européenne à la Commission porte sur 99.000 tonnes par an. Il se dit aussi que la commissaire européenne en charge du Commerce souhaite aller jusqu’à faire une offre de 130.000 tonnes pour faciliter la négociation. En parlant de lignes rouges sans donner de chiffre, Emmanuel Macron n’a cessé de mentir par omission lors de sa visite au salon. 

Négocier les prix en faveur de nos paysans en important pus qu’avant ?

Evoquant la future loi de contractualisation qui doit être votée d’ici l’été, suite aux Etats généraux de l’alimentation, le président de la République a déclaré à plusieurs reprises que cette loi « va permettre de construire les prix en fonction des coûts de production». C’est pourquoi il demande aux producteurs de s’organiser afin de concentrer cette offre, ce qui leur permettra, selon lui, de gagner le bras de fer avec les abattoirs Bigard et leurs clients que sont les grandes enseignes de la distribution . Mais, dans une Europe sans tarifs douaniers entre les pays membres, les distributeurs peuvent importer sans limite de la viande bovine irlandaise, allemande, polonaise ou autre, à quoi s’ajouterait celle provenant d ‘Amérique du sud en cas de conclusion prochaine d’un accord de libre échange. Même quand ils seront très bien organisés pour concentrer l’offre de viande bovine charolaise ou limousine, les éleveurs risqueront alors de ne pas trouver de clients la plupart du temps, du fait de la concurrence étrangère et surtout de la manière dont elle est utilisée pour faire chuter les cours. Sauf peut-être dans quelques créneaux de qualité dont le bio. Ce qui sera vrai pour la viande bovine, le sera aussi pour beaucoup d’autres produits animaux et végétaux.

« On est mauvais » en viande bovine a dit Macron aux éleveurs

 « Quant on va au restaurant, 70% de la viande bovine qu’on mange n’est pas faite en France, on est mauvais », a déclaré le chef de l’Etat à l’adresse des producteurs. Hélas, ce commentaire simpliste n’a rien à voir avec la réalité. A la différence des viandes qu’il achète en magasin, le consommateur connaît rarement l’origine de la viande qu’il consomme chez la plupart des restaurateurs. Il ne connait presque jamais celle qu’il mange en restauration d’entreprise, dans les établissements scolaires et autres. Quand il s’agit de viande bovine, c’est souvent de la vache laitière de réforme importée d’un pays membre de l’Union européenne. Pourquoi ? Parce qu’importer plus que de besoin permet de tirer les prix vers le bas à travers les cotations au cadran sur le marché intérieur en y réduisant la demande au regard de l’offre d’animaux proposés à la vente. Ajouter un nouveau contingent de viande sud américaine réduira encore les débouchés de la viande produite en France et fera chuter les cours en dépit du vote de la loi promise par Macron.

Ce que nous enseigne la volaille saumurée du Brésil

S’agissant de la volaille, très consommée en restauration d’entreprise, la possibilité a été donnée dès 1998 à des pays comme le Brésil et la Thaïlande d’exporter en Europe des viandes « saumurées » avec des tarifs douaniers très réduits par rapport à ceux de la viande fraîche. Ces viandes légèrement « salées » sont devenues depuis des protéines bon marché qui entrent notamment dans des plats préparés comme la paëlla ou le couscous et autres dans la restauration d’entreprises comme dans les plats congelés que l’on peut acheter en grande surface. C’est à cause de ces concurrences déloyales qu’on est « mauvais », aujourd’hui. Mais c’est de la faute des décideurs politique qui ont précédé Emmanuel Macron aux affaires en France et en Europe, pas des éleveurs.

Dans une note de conjoncture d’octobre 2002 du bulletin « Agreste » , édité par le ministère français de l’agriculture , on pouvait ceci : « Ainsi ,l’addition des saumures à des produits à base de filet de poulet permet de les déclarer à leur entrée dans l’UE sous un code douanier dont les droits ad valorem sont réduits par rapport aux droits fixes appliqués à la viande fraîche. Saisissant cette opportunité, le Brésil qui n’exportait aucune viande saumurée dans l’UE en 1997 en est rapidement devenu le premier fournisseur, écoulant en 2001 sur le marché européen 143.000 tonnes de viande de volaille saumurée. La Thaïlande a fait de même à un moindre degré ». Voilà comment on est devenu « mauvais », là aussi, pour reprendre l’expression méprisante du président Macron.   

Dorloter un agneau, puis le mettre dans la gueule du loup

Outre la poule et le chevreau, nous avons vu Emmanuel Macron bercer longuement dans ses bras un agneau tout noir, comme s’il s’agissait de son enfant. Plus tôt dans la journée, des élus locaux et des éleveurs de brebis des départements de la Lozère et de l’Aveyron avaient tenu à lui remettre une tribune et une motion signée de nombreux élus , dont 44 parlementaires et 264 maires. Ces hommes et ces femmes de terrain voulaient lui expliquer que le plan loup adopté en début de semaine par Nicolas Hulot et le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert et visant à faire coloniser tous les territoires dédiés à l’élevage par le prédateur, rend déjà la vie des éleveurs impossible dans de nombreux départements.

Avant de renvoyer ses interlocuteurs vers les préfets, sous prétexte que ces problèmes ne se règlent pas à l’Elysée, Emmanuel Macron leur a dit que « le plan loup a été défini, territoire par territoire, et on met le loup suffisamment loin de l’agropastoralisme dans des endroits où il ne le menace pas ». Ce n’est pas ce qui est écrit dans les 96 pages du document adopté par les deux ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture. Parce qu’ils sont sans défense, les moutons comptent pour 94% des victimes du loup chaque année et leur nombre a été 9.000 en 2015 et près de 12.000 en 2016. 

Quelques 22, 5 millions d’euros ont été dépensés en 2016 pour renforcer les protections dont 78,5% pour le gardiennage, 10% pour les parcs et autant pour les chiens de protection. Sans empêcher les attaques et les dégâts d’augmenter par rapport aux années précédentes. Il faut ici imaginer le stress et de la souffrance des humains et plus encore des animaux d’élevage que l’on massacre. Il faut aussi savoir que les éleveurs ont cofinancé à hauteur de 20% ce plan de protection en y mettant 4,5 millions d’euros de leur poche. Alors que la France importe un agneau sur deux pour sa consommation de viande ovine, cette dépense introduit une distorsion de concurrence au détriment des éleveurs français rapport à l’Irlande, le Royaume Uni et la Nouvelle Zélande. Sans être membre de l’Union européenne, la Nouvelle Zélande exporte 235.000 de viande ovine par an en Europe dont 13% en France à droits nuls.

Enfin, 27 mois après la Cop21 et 3 mois après la tenue du « One Planet Simmit », d’Emmanuel Macron pour mettre la finance au service du climat, ce plan loup ne peut que faire reculer le pastoralisme et l’élevage à l’herbe. Or les prairies captent du carbone et les herbivores qui broutent cette herbe entretiennent la biodiversité. La colonisation progressive de ces paysages par le loup, comme le veulent les écologistes de salon, conduira à la fermeture des milieux naturels que les troupeaux maintenaient ouvert .Cela ne manquera pas de favoriser les incendies .Du coup, ce milieu naturel captera encore moins de carbone tandis que l’élevage des agneaux en bergerie, nourris essentiellement au grain, augmentera le bilan carbone de chaque kilo de viande ainsi produit. Mais ces choses là ne s’apprennent pas à l’ENA. L’homme qui cultivait son image au salon en serrant un agneau sur son cœur le 24 février ne savait peut-être rien de tout cela.

 

 

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2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 16:38

 

 

1 764 euros, en moyenne, ont été transférés en 2017 du salaire des Européens à la poche des actionnaires, comparé à 1990.

La Confédération européenne des syndicats (CES) a calculé que, en moyenne, 1 764 euros ont été enlevés sur la seule année 2017 au salaire de chaque travailleur européen, comparé au début des années 1990. La méthode de calcul est intéressante, puisqu’elle met en exergue le poids du coût du capital sur les revenus de chacun. Il y a trente ans, la part des salaires dans la richesse créée (le PIB) représentait exactement 66 % (elle était de 70 % en 1975). Elle est tombée en 2017 sous les 55 % dans certains pays comme la Pologne ou la République tchèque, et à 62,9 % dans la moyenne européenne. Ce qui représente un manque sur la fiche de paye dépassant les 4 000 euros par an dans certains pays d’Europe de l’Est.

À l’échelle de l’Union, chaque point de PIB représente 132 milliards d’euros environ, 20 milliards pour la France. « Les entreprises gardent une part plus importante de leurs bénéfices au détriment des salaires, estime Esther Lynch, secrétaire confédérale de la CES. Ce ne serait pas si grave si ces bénéfices étaient réinvestis dans l’entreprise et la formation des travailleurs, mais on constate que la part des investissements dans le PIB a également diminué. » Autrement dit, non seulement les entreprises se sont accaparé de plus en plus des richesses créées au détriment du salaire, mais elles ont également rogné sur les autres moyens de redistribution que sont l’investissement et la formation. « C’est du vol pur et simple, poursuit Esther Lynch, les riches deviennent encore plus riches aux frais des personnes qui dépendent de leur salaire pour vivre. »

Le coût du capital : 200 milliards d’euros de dividendes

Car, techniquement, ces milliards sont allés aux actionnaires. En 2017, plus de 200 milliards d’euros ont été reversés en seuls dividendes dans l’Union, dont près de la moitié pour les seules France et Suisse… « Les responsables politiques et les économistes s’inquiètent souvent des coûts salariaux mais, depuis au moins vingt-cinq ans, le vrai problème porte sur les coûts du capital : le montant versé aux actionnaires, explique Esther Lynch. La réponse à cette situation est de relancer la négociation collective en faveur de salaires plus justes. » Pour le CES, les syndicats ont un rôle majeur à jouer pour « exiger une augmentation salariale supplémentaire pour compenser la perte d’une juste partie de la richesse que les travailleurs ont contribué à produire ». La confédération insiste sur le fait que les augmentations de salaire profiteront à la croissance, via une hausse de la consommation de tous, et surtout qu’ils sont les garants de la bonne santé du système social. 

 

 

 

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2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 16:37

 

Pourquoi donc faudrait-il réduire la part des dépenses de santé ? Les Français se soigneraient-ils trop ? Contrairement à ce que laisse entendre le gouvernement, avec 4 600 dollars (soit 3 728 euros) de dépenses par an et par habitant, la France se situe à la 14e place sur 36 dans le classement des dépenses de santé des pays développés de l’OCDE.

Elle est devant le Royaume-Uni, l’Italie, la Finlande, l’Espagne, mais largement derrière les États-Unis, l’Allemagne, les pays de l’Europe du Nord, la Suisse…

Si on rapporte les dépenses de santé au PIB, à la production de richesses, la France (11,5 %) est loin des États-Unis (17,1 %), très légèrement dépassée par la Suède (11,9 %) et la Suisse (11,7 %), mais devant l’Allemagne (11,3 %) et bien devant le Japon (10,2 %) et l’Italie (9,2 %). Il n’y a donc pas un « mal français » qui consisterait à trop dépenser. Tout au contraire, on ne dépense pas assez et pas assez bien. Des besoins sont peu ou mal satisfaits. La politique de prévention est insuffisante, le traitement de la dépendance laissé aux bons soins des familles, les personnels des hôpitaux travaillent à flux tendus… Y aurait-il trop de médecins, trop d’infirmières ? Selon les données de l’OCDE, la France, avec 3,3 médecins pour 1 000 habitants, est juste en dessous de la moyenne de l’OCDE (3,4). Elle est largement derrière la Grèce (6,3), le Portugal (4,6), la Norvège (4,4), la Suisse (4,2), l’Allemagne (4,1), l’Espagne (3,9), l’Italie (3,8)… Elle est l’un des plus mauvais élèves de l’Union européenne. Par ailleurs, la moyenne d’âge des médecins exerçant en France est l’une des plus élevées des pays de l’OCDE : le pourcentage de médecins âgés de 55 ans et plus est de 46,6 %, contre 35,1 % aux États-Unis, 34,1 % en Suisse, 32,7 % en Suède, 31,6 % en Espagne, 25,6 % aux Pays-Bas… Le numerus clausus institué dans les facultés de médecine au début des années 1970 a fait des dégâts.

Pour ce qui est de la proportion d’infirmiers et infirmières, notre pays est à peine mieux classé. Avec 9,9 infirmières pour 1 000 habitants, il est derrière la Suisse (18), la Norvège (17,3), le Danemark (16,7), l’Islande (15,5), l’Allemagne (13,3), le petit Luxembourg (11,9), les États-Unis (11,1), la Suède (11,1), la Belgique (10,8), les Pays-Bas (10,5)… Par ailleurs, le nombre d’infirmières nouvellement diplômées est en France de 38,9 pour 100 000 habitants, soit en deçà de la moyenne de l’OCDE (46) et beaucoup moins que la Suisse (93,4), le Danemark (92,4), les États-Unis (63,1), l’Allemagne (54,5)… La politique d’austérité conduit ainsi notre système de santé à la limite de l’implosion.

 

 

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2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 16:34

 

Sénateurs et députés ont autorisé, par le biais d’un amendement de dernière minute, qu’un employeur puisse imposer à un salarié de passer en forfait jour, ce qui permet de passer outre la réglementation sur le temps de travail. S’y opposer vaudra licenciement. Les syndicats dénoncent la manœuvre.

 

« Il faut bien le reconnaître, ils sont sacrément bons… » Philippe Masson, membre du collectif juridique de l’UGICT (la fédération dédiée aux cadres à la CGT) admire, avec amertume, la manœuvre parlementaire. En catimini, sénateurs et députés ont ajouté un amendement explosif à la sixième ordonnance réformant le code du travail présentée pourtant par le gouvernement comme purement technique. Il est désormais possible pour un employeur de passer ses cadres au “forfait jour”, sans leur consentement explicite. « Sur le fond, c’est très grave, sur la forme, très choquant, assure Philippe Masson. C’est une véritable trahison du discours, ajoute François Hommeril, président de la CFE-CGC, le syndicat de l’encadrement. On ne peut accepter qu’un amendement, sur un sujet aussi contesté que le forfait jour, permette à un accord collectif de s’imposer au contrat de travail. »

Le décryptage est de rigueur, pour une mesure qui concerne potentiellement des centaines de milliers de salariés du privé. Le forfait jour, régime dans lequel le temps de travail est compté en jours par an plutôt qu’en heures par semaine, permet de faire sauter la borne des 35, 37 ou 39 heures hebdomadaires. Le salarié cadre, ou tout employé bénéficiant d’une « large autonomie », peut ainsi travailler, sans référence horaire, jusqu’à onze heures quotidiennement, en échange de contreparties sur le salaire ou les congés, plus ou moins bien négociées dans le cadre d’un accord collectif. Ce régime, totalement dérogatoire, était jusqu’ici basé sur le volontariat. Le salarié pouvait donc individuellement s’y opposer.

Le forfait jour possède, pour l’employeur, l’immense avantage de supprimer la contrainte du paiement des heures supplémentaires et de rendre l’organisation du travail plus flexible. Pour le salarié, c’est une autre affaire. Si certains y voient effectivement une forme de souplesse dans l’organisation de leur vie professionnelle, pour beaucoup, le passage en forfait jour a surtout signifié un accroissement significatif du temps de travail, doublé d’un effacement des frontières entre la vie professionnelle et la vie privée, accentué par la généralisation des outils numériques nomades. Les études de la Dares sur le sujet donnent le ton : les cadres au forfait jour travaillent en moyenne près de 46 heures, avec des pointes au-delà de 50 heures.

Les syndicats, qui ferraillent contre le forfait jour depuis des années, ont forcément en mémoire cette étude épidémiologique menée par la revue médicale britannique The Lancet sur 600 000 salariés dans le monde. Les risques cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux croissent de 10 % chez les personnes travaillant entre 41 et 48 heures hebdomadaires et de 27 % au-delà de 49 heures. Par quatre fois, le Comité européen des droits ­sociaux a d’ailleurs condamné la France pour l’utilisation d’un tel régime, unique dans l’UE. La CGT rappelle « qu’on ne démontre plus l’impact de ces horaires à rallonge sur la santé et le lien de causalité immédiat avec l’explosion du nombre de burn-out, notamment chez les femmes ». La Cour de cassation a depuis, en cascade, annulé onze accords de branche sur le forfait jour en raison de sa non-conformité avec le droit européen.

Ces embûches juridiques n’ont jamais empêché les gouvernements successifs de vouloir faciliter son usage. Ainsi en 2016, dans la première version de sa loi travail, l’ancienne ministre du travail Myriam El Khomri proposait qu’un employeur puisse, de manière unilatérale, passer ses employés au forfait jour dans les entreprises de moins de cinquante salariés, sans accord collectif. Tollé général, qui força la ministre à abandonner son projet.

Sa loi généralisa cependant les accords de maintien de l’emploi, qui ont permis de modifier le salaire, le temps de travail, ainsi que les clauses de mobilité d’un salarié, sous réserve de difficultés économiques. Tout ou presque… sauf le passage au forfait jour,  pour lequel un accord spécifique et le consentement du salarié, par le biais d’une convention individuelle ou d’un avenant au contrat de travail, étaient toujours nécessaires.

À peine un an plus tard, rebelote, les ordonnances Macron s’attaquent à nouveau au code du travail. Les contours des accords de maintien de l’emploi s’assouplissent encore un peu, puisque de tels accords pourront désormais être signés simplement pour « répondre aux nécessités liées au fonctionnement de l’entreprise », c’est-à-dire potentiellement dans n’importe quel cas (voir ici l’article de Dan Israel). L’employeur pourra alors proposer un accord visant à modifier la durée du travail ou ses modalités d’organisation, la rémunération, où la mobilité professionnelle ou géographique, soit presque tous les champs couverts normalement par un contrat de travail. Mais la spécificité d’un accord sur le forfait jour est, théoriquement, préservée.

Lorsque les ordonnances arrivent au Sénat, à l’issue de l’adoption par les députés à l’Assemblée nationale fin décembre 2017, les Républicains saisissent leur chance pour tordre le cou à un tel totem. Ils proposent un amendement qui permet, à l’issue d’un accord avec les syndicats sur le forfait jour, de l’imposer au salarié. S’y opposer vaudra licenciement. L’amendement n’est pas retenu.

Mais le temps presse, et les ordonnances passées au tamis des sénateurs contiennent de grosses modifications, susceptibles de relancer la navette parlementaire, de quoi faire tomber l’ensemble des ordonnances, valables trois mois seulement après la loi d’habilitation votée en septembre. Le gouvernement opte donc pour une commission mixte paritaire, qui réunit une poignée de sénateurs et députés, chargés assez librement de se mettre d’accord sur une version définitive du texte.

C’est alors que la disparition du consentement explicite des salariés sur le forfait jour réapparaît, amendé au texte de la sixième ordonnance, dite “ordonnance balai”. Le tout sous l’œil du gouvernement, à travers son rapporteur présent en commission mixte paritaire. Le gouvernement  avait pourtant juré aux organisations syndicales singulièrement échaudées que le texte issu des discussions à l’Assemblée nationale était le sien, et ne bougerait plus.

« En fait, cette sixième ordonnance a fait beaucoup plus que réparer simplement la forme, les coquilles des cinq précédentes rédigées dans la hâte, affirme Philippe Masson. Elle a introduit des contenus nouveaux, qui n’ont jamais été discutés avec nous, en plénière à l’Assemblée nationale ou en commission des affaires sociales. Donc une absence totale de débat, pas le moindre minimum démocratique pour une modification de fond qui peut impacter des milliers de salariés du privé. » Le syndicaliste, rompu aux négociations sociales, n’en revient toujours pas : « Quand on m’a parlé de cet amendement surprise, je peux vous le dire, je n’y croyais pas. »

Pour la CGT, peu d’entreprises oseront utiliser la loi de façon maximale, et imposer purement et simplement le passage au forfait jour à leurs salariés. Ils craignent par contre une large révision des accords déjà existants. « Aujourd’hui, une révision de l’accord peut permettre de passer par exemple de 210 jours à 218 jours de travail, sans augmentation de salaire », explique Philippe Masson. La création des accords de maintien de l’emploi grâce à la loi El Khomri s’est ainsi accompagnée d’une forte accélération des accords modifiant le forfait jour. « Sauf qu’à l’époque il fallait encore l’accord individuel des salariés. On a fait définitivement sauter cette barrière. »

« Dans les entreprises, où les syndicats sont forts, cohérents, et où la direction est plutôt sincère, je ne me fais pas de souci, insiste François Hommeril, mais partout ailleurs, qu’est-ce qui va se passer ? La loi est là pour protéger les plus faibles, et donc les parlementaires faillissent à leur mission. » Le responsable syndical note aussi un désastreux télescopage du calendrier : « Une telle décision, deux semaines après que les députés ont refusé l’inscription du burn-out au tableau des maladies professionnelles ! Les mots me manquent… Ces gens-là ne lisent pas ce qui s’écrit dans les rapports, les études, les jurisprudences… C'est invraisemblable. »

La fin de vie législative des ordonnances Macron, bien au-delà du nettoyage cosmétique, réserve donc son lot de surprises. Ainsi, le 5 février, la CFDT s’est insurgée de la disparition, en commission mixte paritaire, de l’obligation pour les réseaux de franchisés de mettre en place une instance de dialogue social. Une clause que la centrale de Belleville avait obtenue de haute lutte lors du débat de la loi El Khomri et qui disparaît dans le plus grand silence. À force de modifications, les ordonnances ressemblent à des contrats d’assurance : les plus gros pièges  s’y nichent en bas de page, écrits en tout petit.

 

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2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 11:09

 

Comme un train peut en cacher un autre, tout le cinéma gouvernemental et médiatique fait autour du déficit de la SNCF et du statut des cheminots dissimule une réalité : la SNCF est assise sur un véritable trésor avec toutes les données numériques qu’elle a sur ses usagers et qu’elle aura demain avec les trains connectés.

 

 

 

Les Google, Facebook et autres plateformes numériques propriétaires rêvent de s’emparer de ce trésor. Ils peuvent malheureusement compter sur l’appui du gouvernement et de sa majorité parlementaire vérolée de conflits d’intérêts en leur faveur. Cet enjeu majeur de la souveraineté populaire, sur les données numériques personnelles ou publiques, sera au cœur des débats lors des États généraux de la révolution numérique organisés par notre parti, les 9 et 10 mars à l’Espace Niemeyer

La question de la SNCF constitue un cas d’école où la communication, pour ne pas dire la propagande totalitaire, remplace le débat public démocratique et contradictoire. Il ne s’agit pas de résoudre les vrais problèmes auxquels les françaises et les français sont confrontés, mais au contraire de les nier, les dissimuler pour, en fin de compte, les aggraver.

On part d’un constat réel : les dysfonctionnements lourds des «trains du quotidien» et l’existence d’un déficit. On se garde bien d’exposer et d’analyser les causes objectives de cette situation, mais on désigne immédiatement à la vindicte publique  un coupable totalement étranger aux problèmes: le statut des cheminots. On attise artificiellement la détestation du cheminot dans des mises en scène dignes des rituelles « deux minutes de la haine » du 1984 d’Orwell. Et on conclut hors de toute rationalité que l’ouverture à la concurrence dont les successifs gouvernements français partagent la responsabilité avec la Commission européenne, est la solution à tous les problèmes et que de toute manière elle impose la fin du statut des cheminots. CQFD avec une logique digne des Shadocks.

Or nous, les communistes contrairement au fumeux rapport Spinetta, nous entendons qu’un travail sérieux d’analyse de la situation du transport ferroviaire dans notre pays soit fait à partir de l’expertise citoyenne des organisations syndicales de cheminots, des comités d’usagers et des élu-e-s, mais avec comme objectif prioritaire de satisfaire sur tout le territoire national aux besoins quotidiens de mobilité de nos concitoyens, dans un cadre de respect de l’environnement. Cela implique bien-sûr de poser et de résoudre la question des moyens financiers et industriels pour remplir cet objectif. Dans ce cadre, le statut des cheminots de la SNCF n’est pas un obstacle mais au contraire un atout, il faudrait généraliser à l’ensemble des compagnies de chemin de fer opérant sur le territoire de l’Union européenne. Cela pourrait être une belle bataille pour les élections européennes à venir.

Cette démarche démocratique de fond, appelant à l’intervention populaire, a été le fil rouge de notre contribution aux Assises nationales de la mobilité, elle s’inscrit dans le sens même de notre combat communiste qui est au cœur des débats de notre congrès.

Yann Le Pollotec

 

 

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2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 11:06

 

Que l’on soit usager du RER, du TER, des inter-cités, nous pâtissons, toutes et tous, de la dégradation de la situation de la SNCF. A ce triste constat quotidien s’ajoutent les fermetures de ligne, la régression organisée du fret ferroviaire au profit du « tout camion », un TVG dont les prix exorbitants poussent les voyageurs de faibles revenus vers les bus.

De cette situation, les cheminots ne sont nullement responsables, bien au contraire. C’est grâce à leur abnégation et leur esprit de service public chevillé au corps que, malgré tout, la SNCF fonctionne et transporte chaque jour des millions de voyageurs.

Les problèmes de la SNCF ont pour unique origine 25 ans de choix politiques et budgétaires gouvernementaux. L’investissement dans les infrastructures, hors LGV, la rénovation des lignes secondaires et de banlieue ont été délibérément sacrifiés.

Spinetta pointe du doigt le déficit de la SNCF. Mais un service public du chemin de fer n’a pas à être rentable pour lui, à dégager des profits, car il doit par contre être rentable, pour toute la société et pour la planète, en constituant un élément important de la lutte contre le réchauffement climatique. Le densité du maillage ferroviaire d’un pays participe de son unité et de la lutte contre les discriminations territoriales.

Si on faisait payer aux entreprises de transports routiers toutes les conséquences de leur activité, y compris en termes de santé et d’accidents, celles-ci seraient largement plus déficitaires que la SNCF, mais heureusement pour elles, toutes ces externalités négatives sont à la charge de la société française toute entière.

En ultime « argument », le gouvernement et Spinetta nous disent : il y a les directives européennes qui imposent l’ouverture à la concurrence de notre réseau ferroviaire, et donc il est impossible de faire autrement. Sauf que ces directives n’auraient jamais pu voir le jour sans le consentement des différents gouvernements français depuis vingt ans. Sauf que si l’actuel gouvernement avait la volonté politique de s’opposer à cette directive, la Commission européenne serait contrainte à reculer. La concurrence de tous contre tous, non seulement n’est pas la solution, mais elle est bien le problème pour l’Europe du ferroviaire. Elle pousse au rétrécissement du réseau favorisant les lignes les plus rentables et vise ainsi une clientèle aisée aux dépens de catégories populaires. Plus de 20 ans de privatisation des chemins de fer britanniques en sont l’illustration. Par contre la coopération, entre les différentes compagnies européennes peut être gage de développement du chemin de fer, de mutualisation des coûts en capital et de réponses aux besoins de mobilité. L’association de la SNCF et de la SNCB belge et de la NS hollandaise, qui a conduit à créer le réseau du Thalys, apporte la preuve que l’on peut allier entreprises publiques, haute technologie, réponses de qualité aux demandes des usagers, respect des statuts des personnels, coopération européenne et développement durable.

Dans le cadre de sa bataille nationale pour le rail, engagée depuis plus d’un an, le PCF et ses élu-e-s seront aux côtés des cheminots et des usagers le 22 mars pour gagner un printemps de la SNCF. De plus, à notre Congrès et lors des élections européennes, nous mettrons en débat l’idée que le seul plan B qui vaille en Europe est celui de la coopération libre et non faussée entre les peuples.

 

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2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 07:26
Pas vu à la télé: Evasion fiscale: seul le PCF ne prend pas la fuite (Humanité Dimanche, 1er mars)

"Nous avons déposé cette proposition de loi car il y a une forte demande d'aller plus loin", témoigne Fabien Roussel, député PCF du Nord, qui défendait cette loi en commission le 21 février, avant son passage dans l'Hémicycle le 8 mars, à l'occasion de la niche parlementaire communiste. Une loi qui porte sur un point précis: la liste française des paradis fiscaux. C'est le cœur du problème: si les sanctions prévues peuvent être très dissuasives - et elles le sont en France - , elles ne sont que rarement appliquées. Deux causes à cela: des montages financiers qui entravent l'action de la justice, et surtout un manque de réelle volonté politique, symbolisé par le fameux "verrou de Bercy" (seul le ministère peut engager des actions en justice contre les fraudeurs fiscaux). 

La liste française des paradis fiscaux fait la part belle aux petits arrangements et ne comporte que huit pays, pour la plupart des micro-états. La proposition de loi communiste établit donc une liste selon des critères alignés sur ceux de l'Union Européenne, et qui serait réévaluée annuellement par le Parlement. En commission des Finances de l'Assemblée, qui examinait le texte le 21 février, le groupe la République en Marche a finalement voté contre, arguant de la "liberté d'entreprendre" des banques françaises et, surtout, du fait que la prise en compte de ces critères européens aboutirait à l'inscription de pays ... européens. Pas question de froisser nos partenaires, Luxembourg, Malte et Irlande en tête. 

L'autre proposition de loi, soutenue par le sénateur PCF Eric Bocquet, porte, elle, sur la mise en place d'une "COP fiscale" sur le modèle de la COP consacrée à l'environnement, qui permettrait de réunir les Etats afin de lutter efficacement contre l'évasion fiscale. Auteur avec son frère Alain du livre "Sans domicile fisc", le sénateur estime également que la liste française "sans le Panama, sans les Bermudes, n'est pas très crédible". (...)

Benjamin König, L'Humanité Dimanche, 1er mars 2018   

Pas vu à la télé: Evasion fiscale: seul le PCF ne prend pas la fuite (Humanité Dimanche, 1er mars)
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1 mars 2018 4 01 /03 /mars /2018 17:06
D’Afrin à la Ghouta, pourquoi la Syrie est toujours à feu et à sang malgré la défaite de l’Etat islamique (Thomas Clerget, Bastamag - 27 février 2018)

Lu sur le site internet: Bastamag, cet article de synthèse important qui rétablit certaines réalités dans cette guerre atroce et très complexe, avec une multiplicité d'acteurs et de retournements d'alliances.  Pour le Réseau syrien pour les droits de l’homme, entre 80 et 90% des victimes civiles auraient été causées par les forces pro-régime, du fait des bombardements, des actes de tortures et des exécutions.  

(https://www.bastamag.net/D-Afrin-a-la-Ghouta-pourquoi-la-Syrie-est-toujours-a-feu-et-a-sang-malgre-la) 

D’Afrin à la Ghouta, pourquoi la Syrie est toujours à feu et à sang malgré la défaite de l’Etat islamique

PAR 

Malgré l’adoption d’un cessez-le feu à l’Onu, bombardements et combats se poursuivent à la Ghouta, dans la banlieue est de Damas, tandis que l’armée turque combat les kurdes à Afrin. Plus tôt en février, Israël a bombardé des installations iraniennes, et des combats ont également opposé l’armée américaine à des paramilitaires russes. Alors que la défaite de Daesh en Syrie annonçait, pour certains, la « fin de la guerre », la situation y semble en fait plus instable et explosive que jamais. Pourquoi une telle flambée de violences ? Une issue est-elle possible, et sous quelles conditions ? Bastamag décrypte la situation.

Que se passe-t-il en Syrie ? Alors que, depuis la chute d’Alep fin 2016, et plus encore depuis la reprise de Raqqa à l’État islamique (EI) en octobre dernier, l’idée d’une guerre « proche de la fin » prenait la forme d’une évidence pour beaucoup, plusieurs événement viennent rappeler qu’absolument rien n’est réglé. Le raid aérien israélien mené le 10 février contre plusieurs cibles militaires en Syrie, dont plusieurs installations iraniennes, a notamment jeté la stupéfaction, laissant craindre un nouveau changement d’échelle du conflit. Conduite, selon l’État hébreu, suite à l’incursion d’un drone iranien au dessus de son territoire, l’opération s’est soldée par la destruction d’un avion de combat israélien, qui s’est écrasé dans le nord d’Israël après avoir été touché par un missile tiré depuis la Syrie.

Pourquoi cette intervention ? Les visées israéliennes rejoignent ce qui est aujourd’hui la principale préoccupation américaine en Syrie : y contenir la présence croissante de l’Iran, synonyme de constitution d’un « arc » sous domination chiite, de Téhéran jusqu’au Liban [1]. Le pouvoir iranien, plus discret que ses alliés de Damas et de Moscou, n’en a pas moins joué un rôle majeur dans le maintien au pouvoir du régime, via son argent – Téhéran aurait versé, selon l’Onu, entre 6 et 35 milliards de dollars par an à la Syrie entre 2011 et 2015 – et ses combattants, les « Gardiens de la révolution », ainsi qu’une myriade de milices islamistes chiites qui lui sont affiliées. On y trouve en première ligne le Hezbollah libanais, et d’autres combattants en provenance d’Irak, d’Afghanistan ou du Pakistan. Si la Russie est devenue maîtresse des airs depuis 2015, ce sont les milices pro-iraniennes qui tiennent le terrain aux côtés des restes de l’armée syrienne.

Environ un tiers du pays contrôlé par les YPG kurdes

Un autre événement, survenu quelques jours plus tôt mais passé plus inaperçu, confirme la profonde instabilité de la situation. Mercredi 7 février dans l’est de la Syrie (province de Deir-ezzor), l’armée américaine a abattu plusieurs dizaines de mercenaires russes, entre 200 et 300 selon certaines sources, placés à la tête d’une colonne de troupes favorables au régime de Bachar al-Assad. Ils s’apprêtaient à attaquer un site gazier tenu par les Forces démocratiques syriennes (FDS), allié des États-Unis en Syrie [2]. Le lien entre ces mercenaires et le gouvernement russe – qui a officiellement proclamé son retrait de Syrie il y a plusieurs semaines – n’est pas reconnu par le Kremlin, mais leur présence fait partie des moyens toujours engagés par Moscou auprès du régime de Damas. 1500 à 2000 mercenaires russes seraient déployés en Syrie, travaillant pour la société privée Wagner [3].

Du côté des groupes visés par l’attaque, les Forces démocratiques syriennes sont très majoritairement composées des kurdes des « Unités de protection du peuple » (YPG), ainsi que d’autres groupes de combattants syriens. Les FDS sont le principal allié en Syrie de la « coalition internationale » contre l’État islamique emmenée par les États-Unis. Après en avoir expulsé l’EI, elles contrôlent la quasi-totalité du territoire syrien situé à l’est de l’Euphrate, où leurs alliés de la coalition – notamment Washington – ont établi plusieurs positions militaires. Les milices kurdes des YPG contrôlent également les zones de Manbij et d’Afrin au nord, soit au total environ un tiers du territoire syrien, très au delà des régions peuplées par des populations kurdes (voir zones en jaune sur la carte ci-dessous).

A Afrin, l’intervention militaire turque fait les affaires du régime

La zone d’Afrin, dans l’extrêmité nord-ouest de la Syrie, est un autre point chaud révélateur des lignes de fracture qui tenaillent actuellement le pays. Ce canton fait l’objet d’une opération conduite depuis le 21 janvier par l’armée turque – épaulée pardes combattants syriens – et baptisée « Rameau d’olivier ». L’objectif pour Ankara est d’en expulser les YPG kurdes, très lié au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) que la capitale turque combat sur son propre territoire. La Turquie a toujours refusé l’idée de création d’un pays kurde courant le long de sa frontière, et a déjà annoncé son intention de « nettoyer » ultérieurement les autres régions du nord de la Syrie. Mais à Manbij comme à l’est de l’Euphrate, les combattants kurdes sont toujours soutenus par les forces américaines, qui ont annoncé leur intention de s’y maintenir.

En revanche dans le canton d’Afrin, c’est jusqu’ici la présence de l’armée russe qui préservait les YPG d’une attaque turque. Or, Moscou a décidé d’en retirer ses troupes, laissant le champ libre à la Turquie. Pour quelle raison ? La réponse est suggérée par Piotr Akopov, chroniqueur de Vzgliad, journal proche du Kremlin, dans un texte republié sur la page Facebook officielle de la base militaire russe de Hamimim (repéré par le chercheur Syrien Haid Haid). Il s’agit d’abord, écrit Akopov, d’affaiblir la position des États-Unis en attaquant ses alliés kurdes, mais aussi de« faciliter la reconstruction d’une Syrie unie » – comprendre ici la reprise en main du pays par le régime : « La "menace turque" permanente obligera [les kurdes] à chercher leur place en Syrie. Ils le feront parce que Damas et Moscou peuvent fournir des garanties de sécurité aux Turcs, et parce que leur indépendance ne les protégera pas des "opérations anti-terroristes" d’Ankara. » L’offensive turque, autorisée par Moscou, fait donc les affaires de la Russie comme du régime syrien, qui essaieront – sans garantie de succès – d’en tirer bénéfice.

La mise en scène d’une réunification du pays

« Selon de nombreux responsables de l’administration kurde syrienne, la Russie a indiqué aux Kurdes d’Afrin qu’ils obtiendraient sa protection s’ils livraient leur région au gouvernement syrien, précise Haid Haid sur le site d’information Middle East Eye.C’est quand la proposition a été refusée que la Russie s’est retirée de la région. »Les derniers développement semblent confirmer ces informations : après la conclusion d’un accord avec le YPG kurde, des milices pro-régime ont tenté d’entrer à Afrin le 20 février. Selon des responsables kurdes, ces dernières sont censées prendre position le long de la frontière turque, s’interposant entre l’armée turque et les combattants kurdes. Elles ont cependant été reçues par des tirs d’artillerie de l’armée turque, les forçant dans un premier temps à faire demi-tour.

Malgré les territoires peu à peu conquis et leur autonomie revendiquée, les YPG kurdes n’ont jamais intensément combattu les forces de Bachar al-Assad aux côtés des groupes de l’opposition. C’est plutôt une non-agression réciproque qui a prédominé entre ces deux parties depuis la révolution de 2011 [4]. Le 20 février dans la soirée, peu de temps après la tentative avortée des forces pro-régime d’entrer à Afrin, des vidéos commençaient néanmoins à circuler sur les réseaux sociaux, affichant les « retrouvailles » de combattants du régime avec des membres des YPG, drapeaux loyalistes [5] mélangés avec les drapeaux kurdes, scandant « uni-uni-uni, le peuple syrien est uni ! », soit... l’un des slogans de la révolution. Comme prévu, Damas veut capitaliser sur l’intervention turque : il s’agit pour le régime de regagner en légitimité en s’affichant comme protecteur des kurdes, et de mettre en scène la réunification d’un pays brisé en morceaux par la guerre.

La Ghouta orientale, faubourg populaire symbole de la révolution

Dans le même temps, le régime accentue l’offensive engagée fin novembre contre la zone rebelle de la Ghouta orientale, faisant pleuvoir un déluge de feu sur les habitants de la grande banlieue est de Damas, dont plusieurs localités avaient déjà subi l’attaque chimique au gaz sarin du 21 août 2013 [6]. Environ 400 000 personnes, dont 50% d’enfants selon l’Unicef, y sont toujours coincées par un siège qui dure depuis plus de quatre ans. La Ghouta, faubourg populaire, ouvrier et agricole, est l’une des zones à avoir très tôt et massivement exprimé son opposition au régime, une dynamique renforcée par la répression des manifestations pacifiques, les exécutions de masse – Amnesty a décrit la prison de Saidnaya, près de Damas, comme un « abattoir humain » –, les viols systématiques, tortures, etdisparitions subis par les activistes et leurs familles. C’est dans ce contexte qu’est apparue à l’été 2011 l’Armée syrienne libre, composée comme à Homs ou dans d’autres villes du pays d’habitants et de déserteurs de l’armée décidés à prendre les armes pour protéger les manifestations [7].

L’opposition a fini par se rendre totalement maître de la Ghouta en 2012. Les relations entre les groupes armés locaux et les habitants se sont depuis tendues, tandis que la faiblesse des moyens de l’ASL – peu aidée par les capitales occidentales face à la puissance de feu du régime – a favorisé les groupes soutenus par les puissances du Golfe et la Turquie, et leur évolution en mouvements se revendiquant d’une idéologie islamiste. Les deux groupes aujourd’hui les plus puissants dans la Ghouta sont Jaych-al-Islam (salafiste non-jihadiste) et Faylaq-al-Rahmane (nationaliste, membre de l’ASL), qui comptent au total environ 10 000 combattants. Plus qu’à une adhésion à leur projet politique, c’est à la capacité de ces groupes – qui ont aussi combattu l’EI et l’ont empêché de s’implanter dans la Ghouta – à tenir tête au régime, qu’est dû leur soutien relatif par la population.

Le seul groupe jihadiste présent à la Ghouta est Hayat Tahrir al-Sham (HTS), créé en 2017 à partir de plusieurs factions dont l’ancien Front al-Nosra [8]. Alors qu’HTS domine la province d’Idlib, son implantation à la Ghouta est très marginale. Le gouvernement syrien en exagère néanmoins la présence pour justifier l’offensive en cours, dont l’objectif est de tirer un trait définitif sur l’une des quatre dernières enclaves tenues par l’opposition, sans doute la plus symbolique, et l’une des plus résilientes.

Assiéger, bombarder, dépeupler : une stratégie bien rodée

Malgré plusieurs tentatives de percées depuis l’automne 2017, l’armée syrienne et les milices chiites qui l’appuient n’ont jamais réussi à pénétrer dans la Ghouta. Les bombardements quotidiens ont démarré à la fin du mois de novembre, franchissant un palier fin décembre, avant de se transformer désormais en pilonnage systématique et indiscriminé par les aviations russe et syrienne et par l’artillerie lourde, ciblant des marchés, des centres de soin débordés par les blessés, des boulangeries, ou encore des immeubles d’habitation. Plus de 500 civils ont été tués pendant les sept premiers jours de cette nouvelle offensive, auxquels s’ajoutent des centaines de morts supplémentaires depuis la fin du mois de novembre. « Il ne faut pas prétendre, alors qu’Assad assiège les civils de la Ghouta orientale et les bombarde sans relâche, y compris leurs hôpitaux, qu’il s’agit d’une guerre : c’est un massacre », a commenté l’ONG Human rights watch. En face, les rebelles ont tiré des roquettes sur Damas tuant, selon les médias officiels syriens, 20 personnes sur la dernière semaine.

Samedi 24 février, le Conseil de sécurité de l’Onu a laborieusement adopté une résolution « demandant », pour des motifs humanitaires, une cessation des combats dans tout le pays « pour au moins trente jours », excluant cependant les opérations menées contre « les groupes terroristes ». Dès le lendemain, l’Iran annonçait que les opérations de « nettoyage » se poursuivraient « dans les banlieues de Damas sous contrôle terroriste ». Les bombardements reprenaient dès le matin, tandis que les forces pro-régime déclenchaient une offensive terrestre. Nouveau rebondissement dans la journée de lundi, qui voyait Moscou « ordonner » une trêve humanitaire quotidienne dans la Ghouta, de 9h à 14h, ainsi que la création de couloirs destinés à évacuer les civils.

Employée précédemment à Alep, à Homs, ou sur des localités longtemps assiégées comme Madaya, la stratégie du régime et de ses alliés, bien rodée, a été analysée et baptisée « We leave or we die » (« Partir ou mourir ») par l’ONG Amnesty international [9]. Son objectif : briser la population pour faire tomber l’opposition armée, puis « négocier » le départ des survivants (civils et combattants), souvent regroupés dans la région d’Idlib. Le déplacement des populations opposées au régime faisant, in fine, partie des objectifs : « Le gouvernement syrien a mis en œuvre une stratégie de sièges, d’homicides illégaux et de déplacements forcés, constate Amnesty. Si l’objectif affiché est de vaincre les combattants de l’opposition, son utilisation cynique de la stratégie "se rendre ou mourir de faim" se traduit par des sièges et des bombardements aux effets dévastateurs (...). Cette attaque systématique et de grande ampleur contre les civils s’apparente à des crimes contre l’humanité. » [10]

La justice, un préalable à toute forme de paix en Syrie

L’actuelle multiplication des violences en Syrie est aussi le reflet d’un processus politique totalement dans l’impasse, à la fois cause et conséquence de la volonté de chacun des acteurs, au premier rang desquels le régime et ses alliés, de pousser leur avantage sur le terrain. De ce point de vue, l’échec récent des négociations de Sotchi les 30 et 31 janvier derniers – boycottées par les principaux groupes de l’opposition en pleins bombardements sur la Ghouta et la province d’Idlib – est un échec pour Moscou. Ayant pris l’avantage sur les scènes diplomatique et militaire depuis son intervention en septembre 2015 afin d’éviter l’effondrement du régime, la Russie comptait transformer l’essai en fixant elle-même le cadre d’une sortie du conflit. Précédemment, les pourparlers d’Astana, réunissant début 2017 Moscou, Istanbul et Téhéran en dehors des discussions menées aux Nations-unies, avaient débouché sur la création de « zones de désescalade », dont faisaient partie les régions d’Idlib et de la Ghouta, cibles depuis d’offensives du régime...

Malgré sept années de souffrances, une issue à la « guerre interminable » en Syrie n’est donc pas en vue. Les estimations fixent le nombre de morts à plus de 500 000 depuis 2011, dont 30 à 40% de civils, auxquels s’ajoutent environ deux millions de blessés. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, de même que le Réseau syrien pour les droits de l’homme, entre 80 et 90% des victimes civiles auraient été causées par les forces pro-régime, du fait des bombardements, des actes de tortures et des exécutions. Selon Amnesty international, qui évoque une « politique d’extermination », sur la seule prison de Saidnaya, l’un des nombreux centres de détention du régime, 13 000 personnes auraient été pendues de 2011 à 2015. Chiffres auxquels s’ajoutent, à la même date, au moins 17 000 personnes « mortes dans les geôles syriennes en raison des conditions inhumaines et de la torture ». Des dizaines de milliers de femmes auraient été violées, là encore dans le cadre d’une politique systématique de terreur visant l’opposition [12].

Sur une population qui comptait à l’origine 22 millions d’habitants, 5,4 millions ont dû fuir le pays, tandis que 6,1 millions sont des déplacés internes [13]. Selon l’Onu, une aide médicale urgente est nécessaire pour 13 millions de personnes. Au regard de l’ampleur invraisemblable des crimes commis sur la population, généralement passés au second plan dans les analyses dites « géopolitiques », les appels récurrents à la paix en Syrie pourraient bien ne rester que de vaines paroles, en l’absence de la mise en œuvre d’un véritable processus de justice, et de la condamnation des responsable

 

 

 

Notes

[1L’Iran est la principale puissance chiite – une branche minoritaire de l’Islam aux côtés du sunnisme dominant. Les chiites sont également au pouvoir en Irak, tandis qu’au Liban, dans le cadre d’un système politique multiconfessionnel, le Hezbollah, très proche de l’Iran, est la principale force militaire.

[2L’événement a été rapporté et a fait l’objet d’enquêtes de la part de nombreux journaux. Par exemple sur le site d’information Middle east eye, mais aussi sur le Guardian, ou encore en France dans Le Monde ou le Figaro.

[3Voir par exemple cet article de l’Independant.

[4Déclenchée en mars 2011, avec d’importantes manifestations pacifiques aux quatre coins du pays, la révolution syrienne a évolué en conflit armé sous l’effet d’une brutale répression des manifestants par le régime, puis en guerre régionale avec l’implication de nombreuses puissances étrangères favorables (Russie, Iran) ou opposées (Turquie, Arabie Saoudite, États-Unis...) au régime de Damas.

[5Le drapeau arboré par le régime de Damas est le drapeau officiel syrien depuis 1980, qui comporte trois bandes horizontales – rouge, blanche, noire, en partant du haut – et deux étoiles. Le drapeau adopté par le mouvement révolutionnaire en 2011 est le drapeau en vigueur à l’indépendance du pays en 1946 : trois bandes – verte (au lieu de rouge), blanche et noire – et trois étoiles rouges, au lieu de deux vertes sur le drapeau du régime.

[6Cette attaque chimique avait tué plus de 1000 personnes et constitué l’un des tournants du conflit.

[7Pour un récit détaillé concernant les premières heures de la révolution, ses grandes manifestations pacifiques et leur répression par le régime, l’expérience de la torture, la création de l’ASL, l’apparition des factions islamistes... lire le bel ouvrage de Majd al-Dik, jeune activiste syrien aujourd’hui réfugié politique en France : A l’est de Damas, au bout du monde. Témoignage d’un révolutionnaire syrien, éd. Don Quichotte (Seuil), 2016 (écrit avec Nathalie Bontemps).

[8Al-Nosra était affilié à al-Qaïda jusqu’en 2016. Aujourd’hui, Al-Qaïda a créé un nouveau groupe dans la province d’Idlib, en concurrence avec HTS au sein de la mouvance jihadiste.

[9Voir ici le rapport complet We leave or we die par Amnesty international.

[10Voir ici une carte interactive des déplacements forcés en Syrie, avant la bataille actuellement engagée à la Ghouta.

[11L’Observatoire syrien pour les droits de l’homme donne un chiffre comparable, soit 2815 personnes tuées dans les bombardements de la coalition internationale au 22/01/18. L’ONG Airways avance une fourchette plus élevée, comprise entre 3481 et 5304 morts au 31/12/17.

[12Une enquête approfondie, menée dans le cadre du projet « Zero impunity » par les journalistes du collectf Youpress Cécile Andrjezewski et Leïla Miñano, avec Daham Alasaad, a également mis en lumière l’existence d’une politique systématisée de viols visant les enfants d’opposants politiques au régime syrien : Les viols d’enfants, l’autre crime de guerre du régime Assad. Cette enquête a également été publiée sur le site d’information Mediapart.

[13Chiffres donnés par l’agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR).

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1 mars 2018 4 01 /03 /mars /2018 16:47
Lucienne Nayet (photo Le Télégramme)

Lucienne Nayet (photo Le Télégramme)

Résistants et AMIS de la RESISTANCE

-ANACR 29-

Comité du FINISTERE.

Communiqué des Résistants et Amis de la Résistance du Finistère

Quand les néonazis mettent leurs pas dans ceux des assassins.

Le 19 février 2018, à la veille de témoigner devant les classes de 3 ième d'un collège du Finistère, l'une des nôtres, enfant de la guerre, Amie de la Résistance, se découvrait portant l'étoile jaune sur un site néonazi. Une photographie truquée, détournée, accompagnée d'insultes.

Faire porter, même symboliquement, l'étoile jaune à un de ses semblables, c'est le condamner à mort.

En France, en Europe, sous la botte vichyste et nazie, le port de l'étoile jaune conduisait inexorablement à la mort dans les camps d'extermination.

Ils avaient nom Auschwitz, Sobibor...

La victoire des Alliés le 8 mai 1945, le procès des criminels de guerre nazis, la Déclaration universelle des Droits de l'Homme du 10 décembre 1948, promettaient un monde dans lequel «la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables] constituait[ le fondement de la Liberté, de la Justice et de la paix dans le monde.» Plus jamais d'étoile jaune en France, en Europe, dans le monde! Plus jamais! Que les auteurs se réclamant de cette barbarie soient condamnés.

Plus que jamais nous, Résistants et Amis de la Résistance du Finistère, nous témoignerons des désastres auxquels conduit la haine de l'autre. Leur haine ne nous fera pas taire!

Merci à la presse quotidienne qui a relayé notre message. Les Résistants et Amis de la résistance du Finistère

Communiqué de l'ANACR 29 - Ouest-France, 1er mars 2018

Communiqué de l'ANACR 29 - Ouest-France, 1er mars 2018

Lucienne Nayet et Dominique Adenot, maire de Champigny-sur-Marne où est installé le musée de la Résistance Nationale

Lucienne Nayet et Dominique Adenot, maire de Champigny-sur-Marne où est installé le musée de la Résistance Nationale

http://www.champigny94.fr/article/communique-du-maire-4
Dominique Adenot, maire de Champigny, réagit aux attaques racistes contre Lucienne Nayet, ancienne élue de la ville et présidente du réseau des musées de la Résistance Nationale.

Lucienne Nayet, ancienne élue campinoise et présidente du réseau des musées de la Résistance Nationale, était victime le 15 février dernier de très violentes attaques antisémites et de montages photo insultants. Fille d’un déporté mort à Auschwitz, ne devant sa survie qu’au fait qu’elle a été cachée durant les rafles, Lucienne Nayet intervient aujourd’hui auprès des jeunes pour transmettre la mémoire de la Seconde guerre mondiale. Elle était à Champigny en octobre dernier, au côté du maire et du président du conseil départemental, lors du lancement du projet de nouveau Musée de la Résistance Nationale.

Les attaques dont elle a fait l’objet émanent d’un site internet faisant l’apologie des camps d’extermination, hébergé sur un serveur situé à l’étranger mais peut-être réalisé par des rédacteurs vivant en France.

 

Communiqué de Dominique Adenot, maire de Champigny

Champigny révolté par les attaques racistes contre Lucienne Nayet,
Présidente du réseau des Musées de la Résistance Nationale.

 

Il y a quelques jours, mon amie Lucienne Nayet, ancienne élue de Champigny, Présidente du réseau des musées de la Résistance Nationale, a été victime d'ignobles attaques antisémites.

Comme beaucoup d’autres, je lui ai aussitôt fait part de ma répulsion face à un tel déferlement de haine et d’ignominies. Je lui ai renouvelé toute mon amitié et mon soutien dans cette épreuve.

L’Etat français doit intervenir au niveau national et international, afin que toutes les recherches soient entreprises, et que les coupables soient sévèrement punis. Les propos d’une grande lâcheté ont été émis depuis un site néo-nazi hébergé aux Etats-Unis pour contourner la législation française sur les atteintes à l'humanité de caractère raciste et  antisémite. Mais des moyens existent aujourd’hui, et doivent être utilisés, pour trouver et condamner les coupables.

La bête immonde n’est pas morte, son ventre est encore fécond de nazillons qui vomissent toujours leur haine, leurs mensonges, leur négation de l’Histoire et leurs idées fascistes.

C’est bien tout cela qui est en arrière-plan de l’attaque contre la personne de Lucienne Nayet.

Présidente du Musée de la Résistance, elle poursuit, inlassablement, un travail exemplaire de mémoire, en particulier auprès des plus jeunes, dans toute la France, avec ses conférences dans les établissements scolaires.

Je connais Lucienne, son passé marqué par la traque anti-juive, par les crimes de la déportation et de la Shoah, par la Résistance. Je sais que rien ne l’arrêtera dans sa mission pour transmettre son amour de la vie et de la liberté, ses valeurs de paix, de fraternité et d’humanisme.

Cet acte ne fait que redoubler notre fierté d’accueillir le Musée de la Résistance nationale dans notre commune. Il nous conforte dans nos actions pour cultiver, faire s’épanouir nos enfants ; pour que le passé serve aux futures générations pour construire un monde solidaire, de fraternité et de paix.

Dominique ADENOT
Maire de Champigny sur Marne
27 février 2018

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