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4 juin 2022 6 04 /06 /juin /2022 06:11
Suppression du corps diplomatique : tout un symbole ! - Francis Wurtz, L'Humanité, 4 juin 2022
Suppression du corps diplomatique : tout un symbole !
Publié le Samedi 4 Juin 2022

Grève au Quai d’Orsay, ce 2 juin ! Le fait est suffisamment rare pour que l’on s’y arrête : il n’y a qu’un seul précédent (en 2003) dans toute l’histoire de ce ministère emblématique. Le malaise du « Quai » ne date pas d’hier, tant l’écart s’est creusé, année après année, entre l’ambition affichée en haut lieu d’une diplomatie universelle et les moyens, en recul constant, mis à la disposition de cette administration jadis si prestigieuse (diplomatie : – 30 % en dix ans ; défense : + 23 % en cinq ans !). Macron aura réussi à faire déborder le vase. L’ironie du sort veut que ce soit le président dont nombre de diplomates attendaient un sursaut en matière de politique étrangère qui assène à ce secteur le coup le plus rude : la suppression, par décret, du corps diplomatique ! Si cette « réforme » voit effectivement le jour, comme prévu, le 1 er janvier 2023, les futurs « conseillers des affaires étrangères » et autres « ministres plénipotentiaires », chargés de représenter la France dans le monde et d’analyser, en retour, les réalités internationales, en transformation perpétuelle – à une époque où les interdépendances impactent tous les domaines de la vie – ne seront plus des professionnels de la diplomatie. Ils seront choisis parmi les « administrateurs de l’État », vaste vivier de hauts fonctionnaires interchangeables : préfets, inspecteurs des finances ou… diplomate à Abidjan, à Bogota ou à Pékin !

Ancien parlementaire européen, j’ai pu, au gré de mes missions internationales, mesurer et apprécier – à de rares exceptions près – les compétences interdisciplinaires, la culture enrichie au fil des expériences successives et l’indispensable motivation à exercer ce métier si particulier, de nos diplomates. Maîtriser l’histoire des peuples, sinon leur langue ; être à l’aise dans les arcanes des relations internationales ; savoir gérer avec doigté des crises délicates ou des rapports de forces complexes, cela ne s’improvise pas. Être consul général à Jérusalem-Est, en charge du suivi des territoires palestiniens occupés et en négociations constantes avec les autorités israéliennes, ne s’apprend pas dans un institut chargé de former des « administrateurs » ! Représenter dignement la France au Brésil ou en Afrique du Sud a peu de choses à voir avec les prérogatives d’un préfet de région ! Siéger au Conseil de sécurité des Nations unies suppose d’autres affinités que d’exercer ses talents – au demeurant utiles, mais d’une tout autre nature – d’inspecteur des finances.

Cette décision, qui risque de faire de la France le seul grand pays sans diplomates professionnels, est tout un symbole : celui d’un déclassement de la diplomatie française au profit d’une illusoire « puissance » militaire ; celui d’un hyperprésidentialisme accordant au chef de l’État le privilège de nommer « ses » représentants à travers le monde ; celui, enfin, d’un mépris pour tout corps intermédiaire, fût-il aussi spécifique et indispensable que le corps diplomatique, les discours flamboyants ou les coups de com médiatiques du Prince tenant lieu de « parole de la France ». Toute notre solidarité aux diplomates en rébellion contre cette régression historique !

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2 juin 2022 4 02 /06 /juin /2022 05:13

Clip officiel de campagne du PCF pour les élections législatives des 12 et 19 juin 2022

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1 juin 2022 3 01 /06 /juin /2022 12:50
Eric Bocquet, Sénateur communiste du Nord lance l'alerte, avec d'autre sénateurs et sénatrices !
Depuis le rachat par General Electric de la branche énergie du groupe Alstom, la multinationale a mis en place un vaste système d’évasion fiscale entre la France, la Suisse et l’état américain du Delaware. Ce sont ainsi 800 millions d’euros de bénéfices qui ont été transférés en direction de ces deux paradis fiscaux.
⚠️« 97 % des profits de General Electric en France se sont envolés vers la Suisse » ⚠️
Pour plus d'informations, suivez Eric Bocquet⬇️
COURRIER AU MINISTRE DE L'ECONOMIE ET DES FINANCES
General Electric et révélations d’évasion fiscale : une énième révélation, mais quelle réaction ?

Suite aux révélations parues dans la presse sur les pratiques d’optimisation et d’évasion fiscales du groupe General Electric, Eric Bocquet a souhaité interpeller Bruno Le Maire, Ministre de l’Economie et des Finances, pour connaître les suites qu’il compte donner à cette affaire.

Monsieur le Ministre,

De récentes révélations de la presse nous informent des pratiques fiscales de la multinationale américaine General Electric (GE).

Depuis le rachat par GE de la branche énergie du groupe Alstom, la multinationale a mis en place un vaste système d’évasion fiscale entre la France, la Suisse et l’état américain du Delaware. Ce sont ainsi 800 millions d’euros de bénéfices qui ont été transférés en direction de ces deux paradis fiscaux.

General Electric a créé une société à Baden en Suisse qui gérait les responsabilités commerciales. C’est ainsi que, par voie de conséquence, l’usine de Belfort a cessé d’être un « fabricant » pour devenir une simple « unité de fabrication », placée sous les ordres d’une société suisse. Ce tour de passe-passe permet à l’antenne suisse de revendre les turbines au client final afin d’en percevoir les bénéfices. Ce sont ainsi 97% des profits qui ont échappé à l’impôt dans notre pays.

Par ailleurs, cette stratégie d’optimisation fiscale s’appuie sur une autre filiale basée dans le Delaware, un état qui compte 950 000 habitants et 1,2 million de sociétés ! La moitié des entreprises américaines y ont leur siège social.

Les conséquences sont multiples. Le budget de la République perd des centaines de millions, les salariés perdent des parts d’intéressement et enfin les finances locales du territoire sont touchées par la diminution de la Contribution sur la Valeur Ajoutée des Entreprises (CVAE) à hauteur de 10 millions d’euros.

Je rappellerai enfin que le bilan de la multinationale américaine est désastreux, 5 000 emplois supprimés depuis 2015, dont 1 400 à l’usine de Belfort.

Monsieur le Ministre, quels contrôles ont été effectués par l’administration fiscale sur ce dossier ? Quelles mesures comptez-vous mettre en œuvre pour mettre fin à ce scandale d’évasion fiscale ? Allez-vous demander des comptes et des explications à cette multinationale ?

Dans l’attente de votre retour, veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

Éric Bocquet

 

 

 

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1 juin 2022 3 01 /06 /juin /2022 12:38

​Ils étaient entre 150 et 170 personnels du médico-social à être mobilisés contre les exclus de la prime Ségur, à Morlaix (Finistère), ce mardi 31 mai 2022. Symboliquement, ils ont enterré leur secteur devant la permanence électorale de Sandrine Le Feur, députée candidate à sa réélection

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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30 mai 2022 1 30 /05 /mai /2022 07:41
Le mardi 31 Mai 2022 est programmée une journée de mobilisation du secteur médico-social.
Dans le Finistère 3 rassemblements sont prévus : Brest - Quimper - Morlaix.
 
Le mardi 31 mai (11 h - Place des Otages à Morlaix), la CGT appelle à un rassemblement des salariés du social et du médico-social pour exiger la revalorisation de leurs métiers, à commencer par le versement à tous de la prime Ségur sans discrimination, et les moyens pour leurs établissements.
Soyons solidaires et soutenons leurs luttes qui sont les nôtres !
Soyons présents, en nombre, à ce rassemblement.

 

 

Soutien des communistes du Pays de Morlaix  à la mobilisation des salariés du social et du médico-social mardi 31 mai à Morlaix.
 
Le PCF Pays de Morlaix apporte son soutien aux salariés du sociale et du médico-social mobilisés pour une revalorisation de leurs métiers, et plus de moyens pour les exercer, et appellent à se joindre à leur rassemblement le mardi 31 mai  place des Otages à Morlaix. 
 

Politiques austéritaires se traduisant par un manque de moyens humains et de financements, dégradation des conditions de travail, absence de reconnaissance des professions du médico-social qui se sentent méprisées, ont provoqué une crise du recrutement jamais vue auparavant.

Ce qui aggrave encore les conditions de fonctionnement des établissements et le manque d’attractivité de ces métiers pourtant d’utilité publique.

Comme à l’hôpital, la situation est préoccupante : personnels épuisés, en arrêt maladie, usagers en difficulté, et ce sont les plus fragiles qui en supportent lourdement les conséquences : enfants, personnes âgées, en situation de handicap…

Rien d’étonnant quand les valeurs humaines doivent céder le pas à des logiques financières !

Comment peut-on tolérer que dans notre pays les 5 plus grandes fortunes aient doublé leur richesse depuis le début de la pandémie, et que dans le même temps des personnes ne puissent avoir l’aide et l’accompagnement indispensables à leur vie ?

Il est urgent de sortir des discours et des effets d’annonce des ministres successifs, et d’engager les moyens humains et financiers indispensables pour la santé, le social, les services publics.

Portons tous ensemble cette exigence !

 

 

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30 mai 2022 1 30 /05 /mai /2022 05:50

 

L’installation du nouveau gouvernement, jusqu’au second tour des élections législatives, manifeste une sorte de continuité contrairement à ce qu’avait laissé entendre M. Macron. Ça, c’était pour se faire élire !

 

Aujourd’hui, on prend l’essentiel des mêmes pour recommencer ou amplifier une gestion libérale et technocratique au service du monde de la finance et des grands groupes industriels. Nos concitoyens sentent plus ou moins confusément qu’il n’y aura aucune rupture. Et que ça ne joue pas en leur faveur. Laisser entendre que nos concitoyens joueront le jeu des institutions en donnant une majorité de députés au Président pour qu’il recule l’âge de la retraite à 65 ans et applique rapidement une super-austérité au nom de « la crise » reviendrait à se laisser enfermer cinq années encore dans une politique ultra-libérale. Une alternative à cette régression sociale et antidémocratique se présente avec les candidats de la coalition de gauche et écologistes. Les candidats de la NUPES (Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale).

 

Avec la coalition macroniste, la crise démocratique risque de s’amplifier encore, avec tous les risques qu’elle comporte. Cette continuité dans le choix de l’équipe gouvernementale est aussi révélatrice du manque de vision du pouvoir et des forces qui le soutiennent. Et les premières déclarations des ministres - à commencer par la nouvelle hôte de Matignon - le confirment.

 

Or, nous entrons dans une période de fortes turbulences inimaginable au début de la campagne de l’élection présidentielle. Les conséquences mondiales de la pandémie, la guerre que mènent le pouvoir et l’armée russes contre l’Ukraine, les guerres intra-capitalistes avec l’accélération de la concentration des multinationales et du capital nous font entrer dans un monde plus instable et plus violent. Les risques sont sérieux que le monde entre en récession et qu’une famine va s’amplifier.

 

Il ne suffit donc pas d’accoler le mot « souveraineté » à la fin de l’intitulé des ministères de l’Industrie, de l’Économie ou de l’Agriculture pour résoudre les lourds problèmes qui s’avancent. Dans ce contexte, un gouvernement de la France, membre du Conseil de sécurité de l’ONU et septième économie mondiale, doit être capable de traiter les grands enjeux telle que la possible récession mondiale, de s’attaquer nettement aux défis climatiques en le liant aux enjeux de progrès sociaux et démocratiques, d’éviter la marche en avant vers la guerre, de tenir tête aux États-Unis qui, à la faveur de la guerre contre le peuple ukrainien, recommencent à dicter l’agenda des relations internationales pour soumettre l’Union européenne à ses stratégies.

 

Rien de tout cela au programme du « nouveau » gouvernement. La seule préoccupation du Président de la République est de manigancer ses discours pour s’assurer une majorité au Parlement.

 

Un tel contexte renforce encore la nécessité de la mobilisation immédiate pour le vote en faveur des candidats de la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale. C’est un engagement pour l’amélioration de la vie quotidienne de toutes les familles populaires.

 

Il convient partout par des actes militants, de faire mesurer l’enjeu des élections des députés le 10 juin prochain. Plus que jamais, il est indispensable d’agir pour une nouvelle répartition des richesses et une autre manière de les produire. En effet, faire ses courses aujourd’hui fait toucher du doigt les hausses permanentes des prix qui poussent les familles populaires au bord de la rupture. Les privations s’élargissent à de nouveaux produits en qualité comme en quantité. Le choc est là. Et il est violent. L’épargne populaire va considérablement ralentir et ceux qui en disposent voient sa valeur fondre comme neige au soleil, quand le taux de rémunération d’un livret A est aux alentours de 1% alors que l’inflation monte à 5%. Ceux qui doivent rembourser des crédits les paieront plus cher.

 

Un gouvernement de coalition de la gauche et des écologistes aurait pour tâche immédiate de permettre l’augmentation des salaires et des retraites les plus modestes, comme des prestations sociales. Il aurait également à agir sur les prix en prenant des dispositions drastiques contre les spéculateurs de tout poil qui profitent de la guerre aujourd’hui comme ils ont profité de la pandémie. Personne ne peut décemment soutenir et défendre que les propriétaires capitalistes de l’agro-alimentaire aient vu leur fortune augmenter d’un milliard tous les deux jours, alors que les gens ont du mal à remplir leur caddie.

 

De même, la précarité énergétique augmente alors que les grands groupes de l’énergie pétrolière, gazière et charbonnière (ceux qui polluent le plus) voient leurs profits augmenter de 45%. Voilà une illustration de la lutte des classes.

 

Une augmentation substantielle de la prime de rentrée scolaire est indispensable, de même que le blocage des loyers. En même temps, l'investissement réel et utile pour la transition écologique nécessite la mise en formation de millions de salariés de toutes professions et la création de millions de postes de travail. Un combat devrait être mené pour qu'à l'opposé de la période du Covid, la création de monnaie par la Banque centrale ne serve pas à l’augmentation de la rente des actionnaires et des plus fortunés, mais à l’économie réelle, aux services publics de la santé et de l’éducation.

 

Comment les autorités de l’Union européenne pourront-elles défendre encore longtemps qu’elles aient pu créer un fond commun pour la guerre et qu’elles ne le peuvent pas pour le mieux vivre des familles populaires, pour l’éducation et la santé. La mise en place d’un fonds européen, pour les services publics et la transition environnementale est plus nécessaire que jamais. Le 10 juin, l’enjeu est donc considérable dans chaque circonscription pour construire une nouvelle majorité à l’Assemblée nationale de laquelle découlerait un vrai nouveau gouvernement, pour de vrais changements au service des classes populaires.

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29 mai 2022 7 29 /05 /mai /2022 05:38

 

 

 

 

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29 mai 2022 7 29 /05 /mai /2022 05:32

Les promesses d’Emmanuel Macron de renouveler sa politique et son gouvernement n’auront pas tenu très longtemps. La nomination d’Élisabeth Borne à Matignon et l’annonce des nouveaux ministres ne présagent aucun changement de cap dans la politique de l’exécutif.

 

En annonçant vouloir reculer l’âge de départ à la retraite, le nouveau gouvernement montre sa volonté de continuer la casse de notre modèle social. Alors que la jeunesse a montré à de multiples reprises sa volonté de mettre un terme aux politiques libérales, le premier gouvernement d’Élisabeth Borne fait sans surprise le choix de la continuité.

Bien que nous nous félicitions du départ de Jean-Michel Blanquer du ministère de l’Éducation nationale, l’absence de ministre de la Jeunesse est particulièrement alarmante. Parcoursup, réforme du bac, baisse des APL, emplois précaires, le gouvernement précédent n’a fait que dégrader nos conditions de vie. L’absence de projet politique pour la jeunesse n’arrangera pas les choses.

La jeunesse est dans une situation catastrophique : chômage, précarité, inégalités, mise en concurrence, affectée dans des filières par défaut, détresse psychologique, baisse des pratiques sportives et artistiques… Ce ne sont pas les sujets qui manquent et pourtant les nouvelles générations ont été les grands oubliés du quinquennat précédent.

En réaction à cette situation, Emmanuel Macron a annoncé vouloir faire de la jeunesse une priorité du quinquennat. Résultat  ? Toujours pas de ministère dédié à la jeunesse. Nous devrons encore une fois nous contenter d’une délégation affiliée au ministère de l’Éducation nationale.

Emmanuel Macron aura mis encore moins de temps qu’il y a 5 ans pour faire son premier retournement de veste. Le soir du second tour, il s’était pourtant dit redevable aux électeurs de gauche ayant voté en sa faveur pour faire barrage à l’extrême droite. Une nouvelle fois, le Président ne semble pas avoir tenu sa promesse.

Nous pouvons encore déjouer le projet funeste d’Emmanuel Macron. Gagner la retraite à 60 ans, l’augmentation des salaires, un réinvestissement dans les services publics et une véritable politique à destination des jeunes est encore possible. Aux élections législatives, votons pour les candidats de la Nouvelle union populaire écologique et sociale.

Le capitalisme et le libéralisme ont prouvé depuis des années qu’ils n’étaient pas capables de répondre aux besoins et aspirations de la jeunesse. La main invisible censée organiser l’économie et la société n’a été capable que d’amplifier les inégalités et broyer des projets de vie.

Face à ce nouveau gouvernement libéral, l’heure est à l’engagement. Le MJCF s’oppose à toute régression de nos droits, et se battra pour en conquérir de nouveaux.

Léon Deffontaines

 

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27 mai 2022 5 27 /05 /mai /2022 06:40
Journée de la Résistance, 27 mai 2022 - Lucienne Nayet, fille de déporté, infatigable passeuse de mémoire (Le Télégramme, 27 mai 2022)
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27 mai 2022 5 27 /05 /mai /2022 06:00
Vendredi 27 mai à 19h à la Librairie Les Déferlantes: Rencontre avec l'écrivaine Maryam Madjidi (Pour que je m'aime encore, Marx et la poupée) - Place des Viarmes à Morlaix
Vendredi 27 mai à 19h à la Librairie Les Déferlantes: Rencontre avec l'écrivaine Maryam Madjidi (Pour que je m'aime encore, Marx et la poupée) - Place des Viarmes à Morlaix

VENDREDI 27 MAI 2022 À 19:00

Rencontre Maryam Madjidi

Les Déferlantes-Librairie-Café
Place des Viarmes à Morlaix
 
Rencontre avec Maryam Madjidi autour de son livre "Pour que je m'aime encore" publié en 2021.
L'auteure est née en 1980 à Téhéran et quitte l'Iran à 6 ans pour vivre à Paris puis à Drancy. Elle a vécu à Pékin et à Istanbul. Aujourd'hui elle enseigne le français à des élèves non francophones.
Dans ce roman très autobiographique, elle raconte le quotidien d'une adolescente de cité. Portant en elle sa double culture, elle nous dépeint avec humour et tendresse ce besoin irrépressible de s'intégrer, cette lutte permanente pour être acceptée et son rêve d'accéder à l'ascenseur social.
Vendredi 27 mai à 19h à la Librairie Les Déferlantes: Rencontre avec l'écrivaine Maryam Madjidi (Pour que je m'aime encore, Marx et la poupée) - Place des Viarmes à Morlaix

Récit drôle, tendre et profond d'une adolescence à Drancy, le deuxième roman pour adultes de Maryam Madjidi, est une nouvelle pépite, reprenant le cours d'une jeunesse atypique, que l'on avait laissée à l'école primaire avec  "Marx et la poupée", suite à l'exil d'Iran de Maryam avec ses parents communistes, et ouvrier en France pour son père. 

En courts chapitres enlevés et quasi picaresques, où les mots de l'enfance et les expressions des années 80 rythment un récit marqué par un quotidien d'adolescente complexée tiraillée entre plusieurs influences, récit du quotidien magnifié en aventures burlesques, Maryam Madjidi restitue avec finesse, par petites touches, toute une époque, le milieu immigré, de la banlieue, ainsi que la force polymorphe et mutante ouverte à toutes les contradictions et tous les possibles de l'adolescence, l'âge de l'inachèvement, de l'indécision, l'âge littéraire par excellence selon un auteur comme Gombrowicz.

Cheveux épais, frisés et bouclés, mono-sourcil, moustache, pilosité encombrante, Maryam fait son portrait d'adolescente en demi-monstre faisant de son corps un champ de bataille pour retrouver la féminité "idéale" ou "normale", tant la pression des normes sociales est forte à cet âge...

Elle raconte aussi les vexations et contrariétés subies par une fille, une enfant pauvre, dont les parents étrangers ne maîtrisent pas tous les codes, et qui ne peut ni s'acheter des vêtements de marque ou à la mode, ni partir en vacances, les brutalités d'autres ados, parfois encore plus défavorisés, à côté d'elle, les profs chahutés et ceux, puissants éducateurs, qui font naître des vocations au collège, l'ennui de Drancy, où Maryam vit dans un HLM de la Cité de la Muette, où furent internés pendant des années plusieurs milliers de Juifs en partance pour Auschwitz et les camps de la mort, gardés dans des conditions atroces par des gendarmes français.

Une rescapée de la Shoah viendra un jour troubler une partie de football où Maryam et ses copains shootent dans un ballon de foot contre une cible peinte sur un wagon posé au milieu d'une place entourée d'immeubles HLM. Le retour des fantômes dans cette cité cosmopolite où l'on se connaît bien d'autres problèmes que ceux de la dernière guerre. 

L'auteur a le sens du détail révélateur, des mots crus et vrais, son récit autobiographique, à la manière d'un portrait construit par anecdotes, séquences chronologiques et thématiques (le corps, l'école, la pauvreté, la banlieue, la découverte de l'amour et du sexe, l'ambition sociale et intellectuelle) est émouvant, palpitant, avec une portée universelle, parce qu'il préfère la pirouette comique et ironique au pathos et à l'apitoiement facile.

On pense à Pagnol, à Azouz Begag, à Fouad Laraoui ou bien encore à Riad Sattouf ou Marjane Satrapi pour la conjugaison de la véracité sociologique, de la description vivante du monde de l'enfance, et de l'humour désopilant. A chaque fois, le récit autobiographique saisit une réalité sociale et humaine plus vaste, loin des approches nombrilistes. 

Dans "Pour que je m'aime encore", nous vivons aussi la lutte des classes dans la classe, à l'école, qui malgré ses promesses d'émancipation universelle, reste souvent le haut lieu des ségrégations, et des distinctions sociales et culturelles et des murs invisibles contre lesquels les enfants des classes populaires se cognent le plus souvent. La traversée du périph pour rejoindre l'hypokhâgne au lycée Fénélon, dans le quartier Saint-Michel et le 6e arrondissement de Paris: "Parmi les 55 élites de la France, quatre filles venaient de banlieue parisienne "défavorisée": trois du 93 et une du 94, qui était la seule noire de la classe. Ils appelaient ça "le quota des banlieues""... 

Quelques jours de traversée des mondes de la séparation sociale qui s'avèrent, malgré l'intelligence et l’appétit de savoir de Maryam, une vraie "galère". Car on apprend pas autant dans un collège et un lycée de ZEP que dans les établissements privilégiés des beaux quartiers, car la culture des élites s'enseigne aux berceaux chez les élites, et pas dans les familles d'ouvriers et d'exilés. Ce récit ressuscite avec une sorte de nostalgie sans pesanteur les morts, la civilisation oubliée de l'enfance et de l'adolescence, celle des années 80, c'est un livre de dette, d'hommage, en même temps que d'explication à soi: celle notamment de l'éveil de vocation littéraire.

Pour ma part, j'ai lu ce livre d'une traite, avec un immense plaisir, beaucoup de sourires, et parfois aussi du franc rire, et je le recommande à tous les amateurs de romans...

Maryam Madjidi enseigne le français aux jeunes migrants. Elle nous avait enchantés début avril 2019 quand elle était venu à Morlaix et à Brest présenter son livre "Marx et la poupée", prix Goncourt du Premier Roman, et également dans le cadre de la campagne de Ian Brossat et de la liste du PCF aux élections européennes, sur laquelle était candidate cette grande voyageuse qui a vécu en Iran, où elle est née, en Chine, en Turquie.

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