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7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 05:25
Le prestigieux Prix Israël à un communiste ? Le ministre de l'Education israélien voit tout rouge - L'Humanité, Pierre Barbancey, 6 avril 2021
Le prestigieux Prix Israël à un communiste ? Le ministre de l'Education israélien voit tout rouge
Mardi 6 Avril 2021

Oded Goldreich, un scientifique israélien, communiste, pro-BDS, doit recevoir le prestigieux prix. Le ministre de l’Éducation de Benyamin Netanyahou s’y oppose.

 

Le ministre israélien de l’Éducation, Yoav Galant, un homme d’extrême droite, en a des sueurs froides. Le prix Israël – le plus prestigieux, attribué chaque année par l’État à des personnalités israéliennes ou à des organisations ayant marqué l’année d’un point de vue artistique, culturel ou scientifique – doit être décerné au professeur Oded Goldreich, du département de mathématiques et d’informatique de l’Institut Weizmann, pour ses recherches approfondies sur la théorie de la cryptographie et la complexité algorithmique. Inconcevable pour le ministre de Netanyahou.

Galant voit rouge et « pète une durite »

En effet, non seulement Oded Goldreich est communiste, mais, histoire d’aggraver son cas, il assume totalement et publiquement ses idées. Yoav Galant aurait « pété une durite », comme on dit, en apprenant que, non seulement ce chercheur en informatique était un « rouge », mais qu’en plus, avec quelque 240 autres universitaires israéliens, il avait signé une pétition adressée au Parlement allemand, et non des moindres.

Ils avaient, en 2017, condamné une motion du Parlement allemand désignant le mouvement Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS) comme antisémite. Les pétitionnaires niaient tout caractère antisémite du BDS, demandaient au gouvernement allemand de ne pas suivre les recommandations du Bundestag, et s’inquiétaient de voir le droit à la liberté d’expression ainsi réduit.

Une requête devant la Cour suprême contre le ministre

Pour le ministre d’extrême droite, « le fait que ce professeur reçoive d’une main le plus prestigieux des prix de la part d’Israël et que, de l’autre main, il soutienne un mouvement qui nie le droit d’Israël à exister est absurde et inacceptable ». Sur sa lancée, il serait intervenu pour que Goldreich ne le reçoive pas.

Le conseil de l’ Académie nationale des sciences d’Israël a rappelé à Yoav Galant que le prix d’Israël est décerné uniquement sur des critères d’excellence en recherche et a déposé une requête devant la Cour suprême contre le ministre. Oded Goldreich a fait savoir que ce serait une grande « douleur » pour lui s’il devait serrer la main de Netanyahou. Ironie de l’histoire, Goldreich est spécialisé dans « les preuves à divulgation nulle de connaissance » (sic).

Pierre Barbancey

Le prestigieux Prix Israël à un communiste ? Le ministre de l'Education israélien voit tout rouge - L'Humanité, Pierre Barbancey, 6 avril 2021
Le prestigieux Prix Israël à un communiste ? Le ministre de l'Education israélien voit tout rouge - L'Humanité, Pierre Barbancey, 6 avril 2021
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6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 15:56
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
Manifestation de soutien à la journaliste Morgan Large ce midi a Rostrenen. 850 personnes mobilisés pour la liberté de la presse et contre des pressions insupportables sur cette journaliste comme sur Inès Leraud.
 
Photos de notre camarade Daniel Laporte
 
Article Ouest France du 6 avril 2021
Rostrenen. Environ 850 personnes rassemblées en soutien à la journaliste Morgan Large
Ce mardi 6 avril 2021, à Rostrenen (Côtes-d’Armor), un rassemblement de soutien à Morgan Large, journaliste à RKB, ainsi qu’à une consœur allemande, agressée à Glomel, s’est tenu ce midi. Ces deux journalistes enquêtent sur les pratiques de la filière agroalimentaire bretonne.
Morgan Large, journaliste à la radio RKB, basée à Rostrenen et qui enquête sur la filière agroalimentaire en Bretagne, aurait été la cible « d’un acte de malveillance grave », comme le dénonçait Reporters sans frontières (RSF) dans un communiqué le 2 avril 2021.
Les journalistes de Radio Breizh font grève ce mardi 6 avril et appelaient à un rassemblement de soutien aux deux journalistes et pour la liberté d’informer, à Rostrenen, place du marché, à midi.
Le rassemblement a duré une heure et a réuni près de 850 personnes selon les gendarmes. Serge Le Quéau, pour le syndicat Solidaires, Sylvain Ernault, au nom du SNJ (Syndicat national des journalistes), notamment, ont pris la parole pour exprimer leur solidarité à l’égard de Morgan Large dont l’intervention a clos le rassemblement.
Acte de malveillance
D’après RSF, « elle était sur le point de prendre le volant », le 31 mars, « quand soudain, elle s’est rendu compte que les boulons fixant une des roues arrière de son véhicule avaient disparu. Cet acte de malveillance n’est pas le premier. Depuis qu’elle enquête sur les subventions accordées à l’agro-industrie en Bretagne, elle et son média ont fait l’objet de pressions et d’actes d’intimidation à plusieurs reprises ».

Journalistes menacées en Bretagne : l’alarme de trop

Vendredi 2 Avril 2021 - L'Humanité

Marie-Noëlle Bertrand

Morgan Large, reporter basée dans les Côtes d’Armor, dénonce l’acte de malveillance dont elle aurait été victime. Depuis la diffusion d’un reportage sur l’agroalimentaire en Bretagne régional, elle et la radio pour laquelle elle travaille ont essuyé plusieurs menaces. Un appel à la grève est lancé pour le mardi 6 avril.

Fait-il mauvais vouloir tout dire dans les Côtes d’Armor ? Morgan Large, journaliste à Radio Kreiz-Breizh (RKB) dénonce un acte de malveillance dont elle aurait été victime ce mercredi 31 mars à Glomel, la commune où elle habite, a priori en lien avec l’exercice de son métier.

Sur le point de prendre sa voiture, la reporter s’est rendu compte qu’il manquait des boulons à l’une de ses roues. Un acte grave, dénonce aujourd’hui Reporter sans frontière (RSF) et qui ne serait pas le premier, en outre, que subit Morgan Large. « Depuis qu’elle enquête sur les subventions accordées à l’agro-industrie en Bretagne, elle et son média ont déjà fait l’objet de pressions et d’actes d’intimidation à plusieurs reprises », avance RSF. À Glomel, toujours, et cette même semaine, une autre journaliste, « a été insultée, bousculée et suivie jusque chez elle par un agriculteur », explique dans un communiqué l’équipe de RKB. Tous les salariés de la radio appellent, en protestation, à une grève ce mardi 6 avril ainsi qu’à un rassemblement de soutien à Rostrenen. À midi, ce jour-là, il y aura un blanc sur les ondes du média, dont les trois émetteurs ne diffuseront, le reste du temps, rien d’autre que de la musique.

« Les appels anonymes ont commencé peu après… »

« Ce n’est tout simplement pas possible de se voir menacés, en tant que journalistes, simplement parce que nous faisons notre métier », explique à l’Humanité Virginie Bauterel, coordinatrice de la radio. « Les pressions existent depuis longtemps, mais cette fois, on franchit un cap qui n’est pas admissible. »

Elles se sont intensifiées, singulièrement, depuis novembre dernier et la diffusion d’un documentaire sur France 5. Réalisé par Aude Rouaux et Marie Garreau de Labarre, Bretagne, une terre sacrifiée décrypte le poids économique que représente le secteur agroalimentaire dans la région, mais aussi son impact environnemental et sanitaire et la pression politique qu’il y exerce.

Morgan Large, correspondante installée dans les Côtes d’Armor depuis plus de vingt ans et qui a longuement enquêté sur la filière volaille, y témoigne d’une politique agricole offrant matière à questions. « Les appels anonymes ont commencé peu après », raconte-t-elle aujourd’hui à l’Humanité. Des coups de fil la nuit, sans rien d’autre que le silence au bout, et qui se poursuivent encore actuellement.

« Cette fois, je compte porter plainte »

Sur les réseaux sociaux et le messenger (messagerie instantanée de Facebook) de la radio, les propos ont dans le même temps commencé à se faire plus virulents, menaçants pour certains. « Conasse, il ne faudra pas s’étonner si l’on vient chez toi !», cite la journaliste en exemple . En décembre, RKB constate pour sa part une tentative d’effraction dans deux de ses locaux. « Nous avons également reçu plusieurs commentaires pas très agréables », reprend Virginie Bauterel. Là encore, le ton est à la menace : «  Continuez avec votre agribashing, mais il ne faudra pas venir pleurer quand certains agriculteurs viendront s’en prendre à des gens comme vous », cite la coordinatrice de la radio .

En décembre toujours, Morgan Large retrouve ouverte la clôture du champ où paissent d’ordinaire ses deux chevaux, les animaux errant dehors. Plus tard dans l’hiver, sa chienne est victime une intoxication. « Je ne veux pas être paranoïaque, peut-être avait-elle mangé quelque chose qu’il ne fallait pas… Mais tout cela mis bout à bout, je ne peux pas m’empêcher d’envisager un empoisonnement. »

Morgan Large s’était jusqu’à présent contentée de déposer une main courante. Le déboulonnage du pneu est le geste de trop. « Je ne suis pas procédurière, mais cette fois, je compte porter plainte. » Le geste, cette fois, touche son intimité et sa famille, explique-t-elle, remontant le fil des évènements. « Mercredi, j’étais rentrée chez moi pour déjeuner avec mes enfants. C’est en repartant que j’ai vu un boulon dans l’allée. » Elle ne pense pas immédiatement qu’il vient de sa voiture, mais finit par y jeter un œil, et constate qu’il en manque deux à l’une des roues. « C’est un voisin à moi qui a trouvé le second, plus tard, en dehors de chez moi », reprend-elle. « Cela signifie que j’ai roulé avec des boulons desserrés. J’ai pris la départementale, j’ai eu ma fille avec moi… je ne comprends pas que l’on puisse mettre des personnes en danger à ce point. »

RSF  demande aux élus de dénoncer les pressions de l’agro-industrie

N’étant pas encore saisie par une plainte, ni la gendarmerie de Glomel et ni celle des Côtes d’Armor ne sont, pour l’heure, en mesure de commenter l’affaire.

RSF, pour sa part, dit étudier «  avec la journaliste les suites judiciaires qui pourront être apportées ». L’organisation prend les choses très au sérieux, et « demande d’ores et déjà aux élus locaux de dénoncer ce fait et de se mobiliser contre la tentation d’imposer une omerta médiatique sur les questions liées à l’agriculture intensive en Bretagne.» Le cas de Morgan Large n’est pas une première, rappelle RSF. « La journaliste indépendante Inès Léraud qui a enquêté sur les retombées négatives de l’agriculture intensive dans la région a également fait l’objet de pressions. » Elle et Morgan Lelarge ont d’ailleurs travaillé ensemble.

Le syndicat national de Journaliste (SNJ) a également réagi, et tâcle au passage l’inaction politique face aux menaces répétées que subissent les journalistes – toujours des femmes – en Bretagne. «  Malgré les discours lénifiants des autorités, enquêter sur l’agroalimentaire, en 2021, en Bretagne, c’est s’exposer à des représailles qui n’ont pas grand-chose à envier aux méthodes des organisations criminelles. »

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6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 05:36

 

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6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 05:28

 

Le rapport que le gouvernement avait demandé à Serge Papin, ancien président de la chaîne des magasins « Système U », a été remis le 25 mars au ministre de l’Agriculture. Il devait donner des pistes pour parvenir à un meilleur partage de la « valeur ajoutée » entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs. L’Europe étant une zone de libre-échange, la lecture de ce rapport ne prête pas à l’optimisme chez les paysans français, grands perdants de la loi EGAlim.

Du temps où il présidait « Système U », Serge Papin eut le mérite de dire à de nombreuses reprises que les paysans, fournisseurs de matières premières pour les industriels de la transformation, étaient, et de loin, les plus mal servis concernant la répartition de la valeur ajoutée dans la chaîne alimentaire. Il observait que faire du paysan la variable d’ajustement en ne lui laissant que la portion congrue de la valeur créée était un jeu dangereux. Car en cédant aux exigences illimitées de prix bas exigées des distributeurs, les transformateurs hexagonaux aboutissaient aussi à remettre en cause la souveraineté alimentaire du pays et la qualité de notre production agricole en privant les paysans d’un juste revenu pour leur travail.

Dans la présentation de son rapport, Serge Papin écrit que l’agriculture est « un bien commun. Tous ceux qui mettent en marché ont désormais la responsabilité de réconcilier l’agriculture avec leur modèle commercial. Notre agriculture a trop longtemps été considérée comme un simple sourcing de sous-traitance alors qu’elle est au cœur de la finalité de l’acte de se nourrir », précise-t-il encore. Il veut que « la France se batte pour l’origine de tous les produits et ingrédients ». Il ajoute que « sur ce dossier, l’Europe ne reflète pas l’évolution sociétale », ce qui l’a conduit à citer l’affaire Lactalis sur l’origine du lait au moment de remettre son rapport.

Et le Conseil d’Etat vint au secours de Lactalis

Mais son propos ne nous dit pas tout sur cette affaire. Il faut savoir ici que, saisi par la multinationale Lactalis, première entreprise laitière au monde, c’est notre Conseil d’Etat, en France, qui a jugé « illégal d’imposer l’étiquetage géographique du lait car il n’y a pas de lien avéré entre son origine (UE ou pas UE) et ses propriétés », ont décrété le 15 mars les membres de cette instance dans leur bureau parisien. Au diable le cahier des charges et les bonnes pratiques d’élevage. Le lait reste un produit identique partout dans le monde, quelle que soit la conduite du troupeau, dès lors qu’il sort du pis d’une vache, selon les membres du Conseil d’Etat !

Pour revenir à Serge Papin, son rapport fait le constat d’une carence, quant aux résultats de la loi EGAlim, 30 mois après avoir été votée par la majorité parlementaire. Mais le rapporteur se contente de recommandations floues, dont voici un échantillon : « tendre vers davantage de transparence dans les relations commerciales en expérimentant un outil de transparence ; améliorer la perception de la valeur de l’alimentation en précisant le rôle des promotions ; renforcer la médiation ; accélérer la transformation des coopératives ».

Les gestionnaires de coopérative interpelés

Les coopératives sont nombreuses dans la transformation des produits agricoles,  notamment dans la filière laitière et celles des fruits et légumes. Elles ont, selon Serge Papin, «un grand rôle à jouer dans l’accompagnement  d’un nouveau leadership  agricole. Elles doivent prendre davantage en compte la demande du consommateur citoyen (…) Elles doivent, avec leurs adhérents, imaginer le futur souhaitable de la ferme France ».

Sous le titre « Encourager les agriculteurs à se regrouper », Serge Papin écrit dans le point 7 de ses recommandations : « il faudrait encourager la création d’entités plus fortes d’agriculteurs par le regroupement d’entités existantes. L’éclatement de la représentation affaiblit les agriculteurs lors de la négociation. Ensemble, les agriculteurs arriveront à s’ouvrir d’autres modes de distribution ou de valorisation de leurs produits et ainsi sortir de la sous-traitance ».

Tout en élargissant le propos, il reprend en partie l’argumentaire utilisé par Emmanuel Macron dans son discours de Rungis le 11 octobre 2017. Ce jour-là, après avoir déclaré « nous modifierons la loi pour inverser cette construction du prix qui doit pouvoir partir des coûts de production », le chef de l’Etat ajoutait aussitôt : « Mais cette nouvelle approche ne saurait suffire parce qu’elle ne sera efficace que si les agriculteurs se regroupent véritablement en organisations de producteurs pour peser plus dans la négociation en tirant profit de possibilités du droit de la concurrence ».

Ces importations qui font chuter les prix agricoles en France

Voilà qui est plus facile à dire qu’à faire dans un pays ou les entreprises de collecte fixent annuellement le prix du lait sans tenir compte de l’évolution des coûts de production. On sait, par ailleurs, que les acheteurs de fruits et légumes et d’animaux vivants peuvent accroître sans limite leurs importations pour faire chuter les cours en réduisant la demande en produits français. En France, dans les salles de cotation, les prix des animaux, comme ceux des végétaux que sont les fruits et légumes, sont fixés lors d’enchères descendantes. Avec ce système de cotation au cadran, le paysan, vendeur d’un lot de porcs charcutiers ou d’un lot de tomates, doit céder son lot au prix proposé par l’acheteur - lequel appuie sur la touche achat de son pupitre dans le cadre d’une enchère descendante partie du prix de départ donnée par l’enchérisseur -. Le paysan peut certes refuser la transaction et remettre la vente à plus tard, mais sans avoir la certitude de d’être mieux payé. S’il s’agit d’un lot de tomates, il risque d’en perdre une bonne partie entre temps. S’il s’agit d’un lot de cochons, il faut continuer de le nourrir.

Il ne suffit donc pas de se regrouper en organisations de producteurs mieux structurées pour gagner le bras de fer imposé quotidiennement par les acheteurs qui sont aussi des importateurs. A ce titre, ils savent depuis longtemps que le premier intérêt des importations est de faire chuter les cours sur le marché intérieur en faisant de sorte que l’offre dépasse la demande.  La grande faiblesse du rapport de Serge Papin se trouve dans l’occultation de cette réalité quotidienne.  

 

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5 avril 2021 1 05 /04 /avril /2021 08:15
C'est à Rostronen, à midi, demain, mardi 6 avril, place du Marché.
 
Soutien à la liberté de la presse et à une journaliste de RKB, Morgan Large, qui subit des menaces et des pressions intolérables.
 
Le PCF Finistère appelle à participer nombreux au rassemblement de soutien à la journaliste Morgan Large qui a subi des intimidations et des violations de propriété, des menaces, comme d'autres journalistes de la part du milieu des ultras de l'agriculture productiviste indisposés par ses recherches. Morgan Large est une des journalistes qui a travaillé à réunir la documentation d'Inès Léraud pour sa BD sur les algues vertes.
 
La section du PCF Morlaix organise un co-voiturage pour ce rassemblement à Rostronen.
 
Soutien à Morgan Large, journaliste intimidée par le milieu agri productiviste: Rassemblement à Rostronen, mardi 6 avril, 12h, place du Marché

L'Union Locale CGT de Rostrenen s'associe à l'appel à se rassembler en soutien à

Radio Kreiz-Breizh et ses salarié·e·s, ce mardi 6 avril à midi au Square de la Fontaine à Rostrenen.

Morgan Large a subi des intimidations, des appels anonymes, et maintenant un acte de malveillance qui aurait pu être très grave. Une journaliste allemande venue faire un reportage sur elle a été agressée par un agriculteur de Glomel.

C'est une honte pour le Centre-Bretagne.

La liberté d'informer, le rôle de la presse et des medias, notamment locaux, sont essentiels : en tant que syndicalistes, nous le savons fort bien. Personne ne devrait être mis en danger, terrorisé dans l'exercice de son métier.

C'est pourquoi l'Union Locale CGT de Rostrenen appelle l'ensemble de ses syndiqué·e·s à rejoindre le rassemblement de mardi midi. https://www.humanite.fr/journalistes-menacees-en-bretagne...

Journalistes menacées en Bretagne : l’alarme de trop

Vendredi 2 Avril 2021 - L'Humanité

Marie-Noëlle Bertrand

Morgan Large, reporter basée dans les Côtes d’Armor, dénonce l’acte de malveillance dont elle aurait été victime. Depuis la diffusion d’un reportage sur l’agroalimentaire en Bretagne régional, elle et la radio pour laquelle elle travaille ont essuyé plusieurs menaces. Un appel à la grève est lancé pour le mardi 6 avril.

Fait-il mauvais vouloir tout dire dans les Côtes d’Armor ? Morgan Large, journaliste à Radio Kreiz-Breizh (RKB) dénonce un acte de malveillance dont elle aurait été victime ce mercredi 31 mars à Glomel, la commune où elle habite, a priori en lien avec l’exercice de son métier.

Sur le point de prendre sa voiture, la reporter s’est rendu compte qu’il manquait des boulons à l’une de ses roues. Un acte grave, dénonce aujourd’hui Reporter sans frontière (RSF) et qui ne serait pas le premier, en outre, que subit Morgan Large. « Depuis qu’elle enquête sur les subventions accordées à l’agro-industrie en Bretagne, elle et son média ont déjà fait l’objet de pressions et d’actes d’intimidation à plusieurs reprises », avance RSF. À Glomel, toujours, et cette même semaine, une autre journaliste, « a été insultée, bousculée et suivie jusque chez elle par un agriculteur », explique dans un communiqué l’équipe de RKB. Tous les salariés de la radio appellent, en protestation, à une grève ce mardi 6 avril ainsi qu’à un rassemblement de soutien à Rostrenen. À midi, ce jour-là, il y aura un blanc sur les ondes du média, dont les trois émetteurs ne diffuseront, le reste du temps, rien d’autre que de la musique.

« Les appels anonymes ont commencé peu après… »

« Ce n’est tout simplement pas possible de se voir menacés, en tant que journalistes, simplement parce que nous faisons notre métier », explique à l’Humanité Virginie Bauterel, coordinatrice de la radio. « Les pressions existent depuis longtemps, mais cette fois, on franchit un cap qui n’est pas admissible. »

Elles se sont intensifiées, singulièrement, depuis novembre dernier et la diffusion d’un documentaire sur France 5. Réalisé par Aude Rouaux et Marie Garreau de Labarre, Bretagne, une terre sacrifiée décrypte le poids économique que représente le secteur agroalimentaire dans la région, mais aussi son impact environnemental et sanitaire et la pression politique qu’il y exerce.

Morgan Large, correspondante installée dans les Côtes d’Armor depuis plus de vingt ans et qui a longuement enquêté sur la filière volaille, y témoigne d’une politique agricole offrant matière à questions. « Les appels anonymes ont commencé peu après », raconte-t-elle aujourd’hui à l’Humanité. Des coups de fil la nuit, sans rien d’autre que le silence au bout, et qui se poursuivent encore actuellement.

« Cette fois, je compte porter plainte »

Sur les réseaux sociaux et le messenger (messagerie instantanée de Facebook) de la radio, les propos ont dans le même temps commencé à se faire plus virulents, menaçants pour certains. « Conasse, il ne faudra pas s’étonner si l’on vient chez toi !», cite la journaliste en exemple . En décembre, RKB constate pour sa part une tentative d’effraction dans deux de ses locaux. « Nous avons également reçu plusieurs commentaires pas très agréables », reprend Virginie Bauterel. Là encore, le ton est à la menace : «  Continuez avec votre agribashing, mais il ne faudra pas venir pleurer quand certains agriculteurs viendront s’en prendre à des gens comme vous », cite la coordinatrice de la radio .

En décembre toujours, Morgan Large retrouve ouverte la clôture du champ où paissent d’ordinaire ses deux chevaux, les animaux errant dehors. Plus tard dans l’hiver, sa chienne est victime une intoxication. « Je ne veux pas être paranoïaque, peut-être avait-elle mangé quelque chose qu’il ne fallait pas… Mais tout cela mis bout à bout, je ne peux pas m’empêcher d’envisager un empoisonnement. »

Morgan Large s’était jusqu’à présent contentée de déposer une main courante. Le déboulonnage du pneu est le geste de trop. « Je ne suis pas procédurière, mais cette fois, je compte porter plainte. » Le geste, cette fois, touche son intimité et sa famille, explique-t-elle, remontant le fil des évènements. « Mercredi, j’étais rentrée chez moi pour déjeuner avec mes enfants. C’est en repartant que j’ai vu un boulon dans l’allée. » Elle ne pense pas immédiatement qu’il vient de sa voiture, mais finit par y jeter un œil, et constate qu’il en manque deux à l’une des roues. « C’est un voisin à moi qui a trouvé le second, plus tard, en dehors de chez moi », reprend-elle. « Cela signifie que j’ai roulé avec des boulons desserrés. J’ai pris la départementale, j’ai eu ma fille avec moi… je ne comprends pas que l’on puisse mettre des personnes en danger à ce point. »

RSF  demande aux élus de dénoncer les pressions de l’agro-industrie

N’étant pas encore saisie par une plainte, ni la gendarmerie de Glomel et ni celle des Côtes d’Armor ne sont, pour l’heure, en mesure de commenter l’affaire.

RSF, pour sa part, dit étudier «  avec la journaliste les suites judiciaires qui pourront être apportées ». L’organisation prend les choses très au sérieux, et « demande d’ores et déjà aux élus locaux de dénoncer ce fait et de se mobiliser contre la tentation d’imposer une omerta médiatique sur les questions liées à l’agriculture intensive en Bretagne.» Le cas de Morgan Large n’est pas une première, rappelle RSF. « La journaliste indépendante Inès Léraud qui a enquêté sur les retombées négatives de l’agriculture intensive dans la région a également fait l’objet de pressions. » Elle et Morgan Lelarge ont d’ailleurs travaillé ensemble.

Le syndicat national de Journaliste (SNJ) a également réagi, et tâcle au passage l’inaction politique face aux menaces répétées que subissent les journalistes – toujours des femmes – en Bretagne. «  Malgré les discours lénifiants des autorités, enquêter sur l’agroalimentaire, en 2021, en Bretagne, c’est s’exposer à des représailles qui n’ont pas grand-chose à envier aux méthodes des organisations criminelles. »

Article Télégramme Publié le 02 avril 2021 à 16h03

Acte de malveillance à l’encontre d’une journaliste de RKB

Qui en veut à Morgan Large, journaliste à Radio Kreiz Breizh ? Elle dénonce un nouvel acte de malveillance grave à son encontre. Un rassemblement est organisé à Rostrenen le 6 avril pour défendre la liberté d’informer.

Les journalistes de Radio Breizh, le portail des radios en breton, seront en grève le mardi 6 avril et appellent à un rassemblement ce même jour, à 12 h, place du Marché, à Rostrenen « pour défendre la liberté d’informer ». Ils entendent dénoncer les actes d’intimidations dont est victime une journaliste de Radio Kreiz Breizh, Morgan Large. Une radio qui avait déjà été la cible d’actes malveillants en décembre 2020. Les portes des studios de RKB avaient été endommagées à Saint-Nicodème et Rostrenen.

Mercredi 31 mars, la journaliste a constaté que deux boulons avaient été retirés d’une roue de sa voiture. « Ce geste malveillant aurait pu causer un grave accident », pointent les journalistes de Radio Breizh.

Une plainte va être déposée

Interrogée, Morgan Large fait part de son intention de porter plainte tout en précisant que ce n’était pas la première fois qu’elle était victime de tels actes. En décembre 2020, une entrée de champs où se situent ces chevaux avait été ouverte et elle affirme avoir reçu des appels téléphoniques anonymes.

Ces tentatives d’intimidations sont liées à son travail journalistique estiment les membres de Radio Breizh. Reporters Sans Frontières a décidé de suivre cette affaire de près et « étudie avec la journaliste les suites judiciaires qui pourront être apportées ». De son côté, la gendarmerie annonce qu’une enquête est en cours.

Le rassemblement prévu le mardi 6 avril à Rostrenen aura lieu à midi sur la place du Marché. Le collectif Kelaouiñ, le Syndicat national des journalistes (SNJ) et l’Union régionale Solidaires de Bretagne appellent également à manifester. Le NPA « apporte son total soutien à Morgan Large ainsi qu’à sa radio »

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5 avril 2021 1 05 /04 /avril /2021 08:02

 

Le ministre de l’Économie affirme que la dépense publique est trop élevée et veut faire croire que les Français en auraient plus pour leur argent en la diminuant.

Bruno Le Maire a « peur ». Sa grande angoisse est que les Français viennent lui « demander des comptes ». Mais que craint-il ? Une révolte contre l’injustice fiscale et les cadeaux fait aux plus riches ? Une insurrection face à la casse planifiée des services publics ? Non ! Le ministre de l’Économie a « peur » que les citoyens viennent lui reprocher le niveau « élevé » de la dépense publique en France. « Les Français en ont-ils pour leur argent ? », interroge l’hôte de Bercy. À ses yeux, la réponse est non. Et il en tremble ! Tels ont été les propos du ministre lors du débat organisé fin mars sur la question de la dette à l’Assemblée nationale. Mais pour la Macronie, il ne faut surtout pas supprimer ou renégocier une part de dette française, même les 570 milliards détenus par la Banque centrale européenne. Il ne faut pas non plus augmenter l’impôt des plus fortunés. Surtout pas, au moment même où la France est championne d’Europe des dividendes versés aux actionnaires ! Non, il faut « maîtriser la dépense publique ». Comprendre la diminuer. Mais alors, les Français ne risqueraient-ils pas d’en avoir encore moins pour leur argent ? Car notre modèle de société, grâce à la cotisation, permet à tous d’être normalement soigné, éduqué et protégé selon ses besoins, sans distinction de moyens. Une journée d’hospitalisation coûte environ 1 370 euros en service de médecine, 1 700 en chirurgie et 3 000 en soins intensifs. Une chimiothérapie peut monter à 10 000 euros. Les Français n’en ont-ils pas pour leur argent à l’hôpital ? Mieux vaudrait-il que chacun paie pour sa pomme ? Aurions-nous plus facilement accès aux savoirs, en payant soi-disant moins pour mieux si l’école publique venait à péricliter ? La réponse est non. Les centaines de milliards d’euros qui partent en fraude fiscale et en cadeaux à la finance, dont le montant est supérieur à notre dette annuelle (hors covid), voilà ce qui nuit à la qualité des services publics. Quant à la dépense publique, comment ne pas l’augmenter pour assurer la transition écologique, désormais vitale ?

Aurélien Soucheyre

 

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5 avril 2021 1 05 /04 /avril /2021 08:00
Ouest-France Brest, 5 avril 2021. Des Bretons dans la tourmente de la Commune.

Ouest-France Brest, 5 avril 2021. Des Bretons dans la tourmente de la Commune.

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5 avril 2021 1 05 /04 /avril /2021 07:59
Mouvement des fonctionnaires le 6 avril et des AESH du 8 avril - soutien du PCF pays de Brest

Les communistes du Pays de Brest seront aux cotés des agents de la fonction publique , ils seront présents mardi 6 avril à 18h devant la sous préfecture de Brest et soutiennent aussi  la grève des personnels de santé, sociaux et des AESH le 8 avril.

La crise sanitaire montre l’importance du développement des services publics. La création, l’enseignement, la recherche, l’information, la communication, les loisirs, le sport, la santé... nous disent clairement la nécessaire avancée vers un monde où l’humain sera la richesse décisive.La fonction publique est un rempart contre les inégalités mais jusqu'à quand? La loi de transformation de la fonction publique territoriale qui place 90  % des services sous convention collective et contrats individuels, pour en finir avec le statut de fonctionnaire (19 % de la population active).

Les communistes disent non à plus d’inégalités dans les rémunérations et les carrières, plus de mobilités contraintes, moins de démocratie sociale, à des restrictions du droit de grève ,non à plus de contractuel·le·s dans la fonction publique, plus de suppressions de postes, plus d’externalisations de services publics vers le privé et non à la remise en question de la libre administration des collectivités territoriales

Le PCF réclame l’ouverture de postes ,il faut implanter plus de services publics et renforcer ceux existants , une hausse de la rémunération (stop aux 10 ans du gel du point d’indice) le retrait de la loi de transformation de la fonction publique  et la pérennisation du statut de fonctionnaire.

Au niveau de l'éducation :La rentrée de septembre doit être préparée dès aujourd’hui. En septembre, le virus circulera toujours. Il faut en finir avec l’improvisation permanente et permettre aux familles et aux personnels d’envisager la rentrée avec sérénité. 

Une réduction durable des effectifs est nécessaire pour limiter la transmission du virus et pour remédier aux difficultés engendrées par les interruptions scolaires. Nous exigeons donc un moratoire immédiat sur les fermetures de classes : aucun moyen en moins, nulle part, pour la rentrée 2021 ; et un plan de recrutement pluri-annuel, d’enseignants et de personnels, de la maternelle à l’université. Pour reconstituer un vivier de candidats, un pré-recrutement sous statut de la fonction publique sera mis en place en priorité dans les disciplines et les académies déficitaires.
 
Ouest-France, Brest, 4 avril 2021

Ouest-France, Brest, 4 avril 2021

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5 avril 2021 1 05 /04 /avril /2021 07:45
Soutien à Matthieu Guillemot: communiqué de la section PCF Carhaix-Huelgoat

Communiqué de la section PCF de Carhaix-Huelgoat du 4 avril 2021
 

La section PCF de Carhaix-Huelgoat tient à apporter son soutien à Matthieu GUILLEMOT dont la convocation en gendarmerie mercredi prochain ressemble bel et bien à un acharnement contre ce militant politique.

La section PCF de Carhaix-Huelgoat dénonce aussi l’objet de la convocation, « témoin dans l’incendie de la maison » de R. FERRAND en 2019, n’est qu’un prétexte d’intimidation et dénonce un harcèlement politique et policier.

A l’époque l’enquête n’avait rien donné, aujourd’hui il est plus que bizarre que cette histoire soit prise comme motif.

Le représentant de l’État n’a semble-t-il, pas apprécié l’aubade qui lui a été réservée vendredi après-midi lors de sa réception à la Mairie.

La section PCF de Carhaix-Huelgoat s’interroge sur cet autoritarisme ambiant qui entend museler toutes formes d’expression qui irait à l’encontre du discours Macroniste.

La section PCF de Carhaix-Huelgoat constate qu’il y a plus de clémence concernant la décision de non-lieu concernant Richard Ferrand et l’affaire des Mutuelles de Bretagne et la résurgence d’une affaire que tout le monde pensait oubliée deux ans après.

La section PCF de Carhaix-Huelgoat appelle à se joindre au rassemblement devant la gendarmerie de Carhaix mercredi à 14h30.

C. Troadec et le PCF soutiennent le militant npa Matthieu Guillemot convoqué a la gendarmerie de Carhaix et se joindront au rassemblement organisé par le NPA - Le Télégramme, 4 avril 2021

C. Troadec et le PCF soutiennent le militant npa Matthieu Guillemot convoqué a la gendarmerie de Carhaix et se joindront au rassemblement organisé par le NPA - Le Télégramme, 4 avril 2021

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5 avril 2021 1 05 /04 /avril /2021 05:27

 

Un texte de la Commission européenne, titré « Un pacte vert pour l’Europe » et « Green deal » en langue anglaise, propose aux pays membres de l’Union d’atteindre neutralité carbone en 2050. Mais, tout en multipliant les accords libre-échange avec des pays tiers sur fond de dumping social et environnemental, la Commission prétend qu’une taxe carbone aux frontières communes de l’Union contribuera grandement à l’accomplissement de ce miracle écologique. En oubliant que le tribunal arbitral de l’OMC s’y opposera.

Par Gérard Le Puill

 

Pour atteindre la neutralité carbone dans moins de 30 ans, les membres de la Commission européenne brandissent une recette miracle. Il s’agit de la taxe carbone, laquelle fonctionne déjà en Europe pour les entreprises industrielles les plus émettrices de gaz à effet de serre. Chacune dispose d’un quota annuel de CO2 à ne pas dépasser. Quand une entreprise ne consomme pas sur une année la totalité de son quota, elle peut vendre le reliquat disponible à une autre qui aura été moins vertueuse durant la même année.

L’union européenne mettait en place ce marché en janvier 2005. Il impliquait 11.000 centrales électriques et autres sites industriels parmi les plus polluants. Ce système devait déboucher, via une diminution annuelle des quotas attribués, sur une diminution globale des émissions de CO2 dans les pays membres de l’Union. Ce ne fut pas du tout le cas. Car, en pratique, il suffisait pour ces firmes industrielles de réduire leurs émissions de CO2 sur le sol européen en délocalisant des usines dans des pays à bas coûts de main-d’œuvre. Du coup, elles avaient du carbone à vendre. Beaucoup d’entre elles l’on fait pour produire à moindre coût, augmenter leur rentabilité, tout en polluant davantage sous d’autres cieux.

Quand la tonne de CO2 passait de 30€ à 5€

Il n’est pas nécessaire de sortir d’une grande école pour comprendre que cette façon de calculer ne permet pas de réduire les émissions globales de CO2 imputables à la production et à la consommation dans les pays européens. Fermer en France une usine en bon état de marche pour produire les mêmes biens en Inde ou en Turquie, c’est commencer par accroître les émissions de gaz à effet de serre via la construction de la nouvelle usine. Ensuite, si l’alimentation en électricité de cette nouvelle usine se fait par la combustion du charbon - quand la France produit une électricité « décarbonée » à hauteur de 90 % grâce notamment au nucléaire et à l’hydraulique, le bilan carbone de la production délocalisée augmente encore. Quand on réimporte en France en Europe tout ou partie de la production délocalisée sur les bateaux et sur les camions, ce bilan est encore alourdi.

Enfin, comme le système mis en place fut une incitation pour accélérer les délocalisations de production, les grandes entreprises européennes concernées par ce marché du carbone ont été plus vendeuses qu’acheteuses. Du coup, le prix de la tonne de CO2, estimée à 30€ au départ, est vite tombé à 10€, puis à 5€. Mais à lire certains commentaires dont ceux de Jean Tirole, prix Nobel d’économie en 2014- il suffirait d’imposer un prix élevé à la tonne de C02 pour que le système fonctionne à merveille ; quitte à faire tripler le prix du carburant pour le smicard qui a besoin de sa voiture pour se rendre au travail.

Peut-on taxer le carbone en signant des accords de libre-échange ?

Avec son « Green deal », la Commission européenne prétend corriger les défauts de la première expérience en mettant en place une taxe carbone aux frontières de l’Europe sur les produits importés des pays tiers. Parallèlement, cette même Commission, mandatée par les pays membres de l’Union dont la France, continue de négocier des accords de libre-échange avec des pays tiers. Le CETA a été signé entre la Commission et le Canada. Samedi 27 mars, un reportage publié dans le journal de 19H30 sur France 3 montrait que la France importait de plus en plus de lentilles du Canada. Car ce pays augmente ses rendements et gagne en compétitivité grâce à l’utilisation de molécules chimiques de traitement des cultures interdites en Europe. Il en va de même pour d’autres graines dont celle de la célèbre moutarde de Dijon dont la production du département de Côte d’Or a été délocalisée au Canada pour l’essentiel.

Un autre accord a été signé entre la Commission et les pays du Mercosur le 29 juin 2019. S’il entre en application, cela provoquera une nouvelle accélération de la déforestation en Amazonie pour permettre aux firmes de l’agrobusiness d’Amérique du sud de vendre plus de soja, de sucre de canne, de viandes bovines, porcines et de volailles en Europe avec des tarifs douaniers très réduits. D’autant plus que le « Green deal » prévoit parallèlement que l’Europe mettra 10 % de sa superficie agricole en jachère dans le cadre de prochaine réforme de la Politique agricole commune (PAC) afin, dit-on dans le collège des commissaires hors-sol, de « favoriser la biodiversité » sur les terres laissées à l’abandon.

Commençons par changer les règles de l’OMC

On évoque à la Commission la mise en place d’un Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) de l’Europe qui pourrait devenir réalité d’ici deux ans. Mais il va de soi que les pays tiers qui commercent avec l’Europe, saisiront le tribunal arbitral de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) si l’Europe met en place ce nouveau « machin » de manière unilatérale. Dans « Les Échos » du 24 mars dernier, le sujet était évoqué avec beaucoup de prudence en page 6 à travers deux articles. Il en ressortait que la partie est loin d’être gagnée pour l’Europe. La veille, en page 9 de ce même journal, un article consacré au même sujet évoquait les mesures de rétorsions que ne manqueraient pas de prendre les pays tiers et se terminait ainsi : « En chamboulant le paysage commercial international, la taxe carbone aux frontières risque bel et bien d’ouvrir la boîte de Pandore ».

C’est ce que la Commission fait semblant de ne pas voir alors qu’elle négocie actuellement d’autres accords de libre-échange dont un avec l’Australie. Or ce pays est un gros exportateur de charbon très émetteur de CO2. L’Australie exporte aussi des viandes bovines et ovines en Europe, et le gel de 10 % de nos terres agricoles lui ouvrirait de nouveaux débouchés.

Décidément, les voyages en « Absurdie » partent surtout de Bruxelles ces dernières années.

 

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