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23 janvier 2018 2 23 /01 /janvier /2018 21:24
Soutien aux réfugiés. La police piège Cédric Herrou
ÉMILIEN URBACH
MARDI, 23 JANVIER, 2018
L'HUMANITÉ
Depuis le 5/décembre, Cédric Herrou attend une réponse à sa demande de nullité. Valery Hache/AFP

L’agriculteur a été arrêté pour la neuvième fois, jeudi, et retenu 26 heures. Un coup monté.

Après la diatribe anti-solidaires du président Macron, mardi dernier, à Calais, les intimidations policières à l’encontre de ceux qui tendent la main aux réfugiés, dans les Alpes-Maritimes, continuent de plus belle. Cédric Herrou, paysan emblématique de la bataille pour la défense des droits des réfugiés à la frontière franco-italienne, en a fait, une fois encore, les frais ce jeudi 18 décembre. L’agriculteur s’est fait arrêter au péage de La Turbie, sur l’autoroute A10, alors qu’il se rendait à Nice pour livrer les produits de son exploitation à quelques commerçants. Il a été placé en rétention pendant 26 heures pour avoir contrevenu au contrôle judiciaire lui interdisant de se rendre en Italie.

La justice n’est pas tombée dans le panneau et a finalement ordonné la libération du paysan

Pour se rendre à Nice, Cédric Herrou doit, depuis cet été, suite à son interpellation, à Cannes, en compagnie de 156 demandeurs d’asile, suivre les routes sinueuses de l’arrière-pays. Mais les intempéries de ces derniers temps avaient rendu la route impraticable. Seule solution pour faire ses livraisons d’œufs extrafrais et de tapenade : descendre la vallée de la Roya jusqu’à Vintimille pour prendre l’autoroute. En chemin, l’agriculteur est d’abord suivi de près par une voiture de police italienne. Arrivé au péage, il remarque la présence de policiers en civil et d’une voiture banalisée d’où on le filme. « Je me suis tout de suite dit que cette livraison allait mal tourner », avoue le citoyen solidaire, sans se cacher d’avoir eu peur de finir, cette fois-ci, en prison. Quelques kilomètres après Menton, pas moins de dix policiers lui sont tombés dessus, le faisant sortir de son véhicule, le plaquant contre un camion et lui passant les menottes dans le dos.

« On a tendu un piège à mon client, s’insurge Zia Oloumi, l’avocat de Cédric Herrou. Il avait fait parvenir un fax à la préfecture pour prévenir qu’il était obligé de suivre cette route suite aux éboulements de la semaine dernière et avait déjà eu affaire aux gendarmes mobiles la semaine précédente. » Mais les policiers ont omis d’en informer la juge d’instruction qui a reçu Cédric le lendemain de son arrestation. « Ils ont également adapté leur déposition à la mienne pour me coincer, déclare l’agriculteur. Leurs déclarations ont changé pendant la nuit de mon placement en rétention. » La justice n’est heureusement pas tombée dans le panneau et a finalement ordonné la libération du paysan. Depuis le 5 décembre, ce dernier attend une réponse à sa demande de nullité dans la procédure qui a ouvert la voie à ce contrôle judiciaire.

Journaliste
Soutien aux réfugiés: la police piège Cédric Herrou (L'Humanité, 23 janvier 2018)

2017 vue par Cédric Herrou, citoyen de la vallée de la Roya solidaire des migrants.

« Au cours de l’année, mon domicile est devenu une terre d’asile, “la terre de l’homme fou qui aide sans réfléchir”, disait Ousman, venu du Tchad. Seulement trois hectares de terre protégeant des hommes et des femmes poussés par la volonté de vivre. Un “camp” pour certains, une utopie pour d’autres. Le préfet n’est pas la justice, seule la justice peut entrer en propriété privée. Ici les Noirs pourchassés devenaient des hommes ayant des droits, et le préfet n’en voulait pas.

Cette terre de paix s’est transformée au fil des mois en camp retranché. Ce refuge s’est vu encerclé par les forces armées de l’État français. Jour et nuit, ils étaient des dizaines d’hommes à se relayer pour épier, surveiller, traquer. Sur les routes, les hommes armés ont encerclé le havre de paix, empêchant femmes, hommes et enfants d’accéder aux droits fondamentaux de notre République. L’État est devenu la terreur des faibles. Ici ce n’est plus la France. Ici c’est le Soudan, l’Érythrée, le Tchad, la Somalie, ici, c’est la Libye.

Ça fait peur parfois, surtout la nuit, quand on entend la porte grincer. C’est la nuit qu’on imagine le pire, les rêves font resurgir les émotions de la journée. Les pas du chat noir sur le parquet deviennent des pas de gros gaillards aux crânes rasés. Le bruit du vent dans les arbres devient une perquisition musclée. Le glapissement enroué du renard se transforme en hurlements d’une jeune femme perdue dans la forêt.

Nous étions comme des marins sur un bateau se battant contre le vent violent. Le bateau gîtait à la limite de dessaler :  vus du bateau nous avancions, vus de la terre nous reculions. Les courants nous trompaient. Deux mondes se battaient, le nôtre, sans arme ni violence, et celui orchestré par le préfet. Mais quand on n’a pas d’armes, on utilise ce qu’on a de plus fort en soi, le bon sens, l’amour  et la fraternité.

Briser le bateau d’un marin ne le tue pas, mais lui donne la rage. Pas la rage à laquelle vous pensez, celle qui rend le monde aigri, mais celle qui fait qu’on se sent en vie, celle qui donne envie de se battre pour l’amour de naviguer où bon nous semble.

En début d’année, ma volonté était que l’État prenne le relais, qu’il était de son devoir  de protéger toute personne  en danger. Puis les morts  à la frontière franco-italienne se sont banalisées, la police  et la justice sont devenues  les bras armés d’une politique dérivante et discriminante.  Le pas a été franchi,  je ne pourrai plus rien attendre de cet État, mais je garde confiance en vous, acteurs  de notre société. Que l’année 2018 soit l’année de convergence des luttes, pour que la France redevienne celle des droits des femmes et des hommes, pour  que la politique redevienne  au service du peuple.  Ne nous décourageons  pas, la lutte restera belle  tant que nous aurons confiance en elle. »
 

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23 janvier 2018 2 23 /01 /janvier /2018 21:09
Marie-Pierre Vieu, députée européenne communiste

Marie-Pierre Vieu, députée européenne communiste

L'homme n'est jamais en reste d'une amabilité vis-à-vis de ses anciens partenaires qui l'ont soutenu aux présidentielles de 2012 (alors qu'il ne représentait pas grand chose à l'époque comme force organisationnelle) et de 2017 (sans les 380 parrainages d'élus communistes, le leader de France Insoumise ne se présentait, sans nos voix, il n'atteignait pas ses 19,5%).  
 
Qu'il se rassure, et ses supporters aussi: le mépris est largement réciproque. 
 
Et nous ne pouvons plus supporter ce démagogue qui se donne de grands airs et balaie allègrement au fil de ses discours plein de fiels et de ses pratiques les valeurs de la gauche de Jaurès: respect de l'autre, fraternité, internationalisme, esprit de rassemblement pour les intérêts populaires, stratégie de classe, refuser de céder un pouce à la droite, à l'extrême-droite, aux nationalistes.    
 
Heureusement que Marie-Pierre Vieu occupe le poste de parlementaire européen, comme elle devait le faire en tant que numéro 2 de la liste.  C'est toujours cela de donner en moins à un homme qui remet même en question le principe des aides communautaires privilégiés pour le développement des pays les plus pauvres de l'Europe. 
 
Pleine solidarité à Marie-Pierre Vieu contre ce malotru! 
 
Commentaire de Jean-Luc Mélenchon en date du 22 janvier 2018 :
 
"Ce que vaut le bla-bla unitaire de cette direction du PCF : au Conseil régional d'Occitanie, le PCF et EELV quittent le groupe commun que nous formions pour en créer un autre, sans nous évidemment. Aussitôt, le PS nous retire tous les moyens de vie de groupe. Cette lamentable équipe nationale du PCF est celle qui nous a déjà volé notre siège au Parlement européen désormais usurpé par Marie-Pierre Vieu, championne de la double pensée : unitaire en parole et sectaire en acte. Après l'usurpation d'identité en Corse, cet épisode n'a qu'une conclusion possible :  aucune confiance devant de telles pratiques."

 

Occitanie - Nord Catalogne : Les nouvelles insultes de Mélenchon contre le PCF et l'eurodéputée communiste Marie-Pierre Vieu
Blog de Nicolas Maury, Perspective communiste: 

 

La rupture du groupe "Nouveau monde en commun" (EELV-PCF-PG/FI/Ensemble) a crée un fort émoi bien au-delà des frontières régionales de l'Occitanie-Catalogne Nord. Jean-Luc Mélenchon nous gratifiant d'une nouvelle sortie contre les élu.e.s du PCF et au passage contre l'eurodéputée Marie-Pierre Vieu
 
Le groupe "Nouveau Monde En Commun" n’existe plus. Les Écologistes et les communistes ont constitué un nouveau groupe au sein du conseil régional. Un groupe excluant les représentants de la France Insoumise. Ainsi les 4 élu.e.s (Myriam Martin, Liem Haong Noc, Guilhem Serieys et Jean-Christophe Sellin) se retrouvent sans groupe. 

Et c'est à cette situation que l'autoproclamé grand leader des masses, Jean-Luc Mélenchon, c'est permis une nouvelle sortie anticommuniste visant les élu.e.s régionaux et Marie-Pierre Vieu, eurodéputée accusée d'avoir "volé" le siège de Melenchon au Parlement européen (sic). On ne reviendra pas sur le principe du scrutin de liste qui permet, en cas de démission du numéro 1 de faire monter le numéro 2 à sa place. Il ne s'agit que de tambouille réglementaire. 

Mais Mélenchon oublie de dire que son groupe d'insoumis.e.s négociait depuis un petit moment la constitution de son groupe propre et surtout du maintient des présidences de commissions, en secret avec la triste Carole Delga (Présidente PS et pro-Valls de la région). 

Voici quelques correspondances disponibles :

 

 
Un compte rendu d'une séance plénière de juin 2016 

Ici Guilhem Serieys (FI) demande une suspension de séance, hors sans être président de groupe, impossible de la demander. 

Pour constituer un groupe, il faut 7 élu.e.s et la FI ne dispose que de 4 élu.e.s issue de la liste d'union de la gauche conduite par le PS. La tentative de création de ce groupe PG/FI/Ensemble en juin 2016 a avorté du fait de la présence d'élu.e.s En marche (4). 

Ce n'est pas la première fois que les PG/FI constituent des groupes propres, les régions Nord-Pas-de-Calais et Île de France avaient vues des élu.e.s PG/FI rompre des coalitions Front de gauche.

 

 
Et enfin, un mail interne à Ensemble! (FI) montrant les tambouilles entre les ami.e.s de Jean Luc Mélenchon et la socialiste Carole Delga.

 

 
Du côté des nouveaux « Nouveau Monde », c’est une toute autre version des faits. 

Le co-président du groupe, le communiste Nicolas Cossange, dément catégoriquement toute absence d’information préalable. Guilhem Serieys déclare avoir été informé par le cabinet de la présidence de Région de l’existence du nouveau groupe. Nicolas Cossange « s’inscrit totatalement en faux » et affirme que la création de Nouveau Monde « fait suite à une réunion avec eux ». 

Cette « réunion a eu lieu dans les locaux du parc des expos de Montpellier avant l’assemblée plénière de décembre dernier ». 

Le co-président de Nouveau Monde soutient la création d’un groupe réduit au 4 ex-Nouveau Monde En Commun. Le règlement intérieur de l’assemblée régionale fixe à 7 le nombre d’élus nécessaire pour constituer un groupe. Mais Nicolas Cossange est favorable à un aménagement des règles. 

Nicolas Cossange n’éprouve aucun regret sur le fond. Le seul remord concerne Myriam Martin à qui il a été proposé 4 fois de rester avec les écologistes et les communistes. Mais, à part cette tentative de « sauvetage », Nicolas Cossange estime que le divorce est une simple formalité administrative. Il est surtout consommé depuis longtemps. Bref, il s’agit de prendre acte de différends politiques profonds et anciens. 
Nicolas COSSANGE, communiste, a été élu Conseiller régional en 2016 pour la Région OCCITANIE Pyrénées Méditerranée

Nicolas COSSANGE, communiste, a été élu Conseiller régional en 2016 pour la Région OCCITANIE Pyrénées Méditerranée

Déclaration de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, à propos de la situation en Région Occitanie :


"La création le 21 décembre dernier du nouveau groupe "Nouveau Monde", associant les composantes communistes, écologistes et républicaines d'Occitanie, vient de provoquer avec retard des réactions polémiques, sans rapport avec la réalité des efforts unitaires déployés par les communistes de la Région Occitanie. Je veux assurer les élu-e-s régionaux communistes, Marie-Pierre Vieu, parlementaire européenne, les dirigeant-e-s départementaux-ales- du PCF et, à travers eux, les communistes de la Région, de mon soutien dans cette période. La région Occitanie est la seule région où l'ensemble de la Gauche a pu construire une majorité de progrès au lendemain des élections régionales de 2015. C'est ce qui a guidé les communistes lors de la constitution de la liste du premier et du second tour.

C'est ce qui a guidé les élu-e-s communistes dans la constitution du premier groupe « Nouveau Monde », qu'ils ont voulu dans la continuité de la liste, avec la participation de toutes les composantes, Communiste, Front de gauche, Écologiste et France Insoumise.

C'est aussi ce qui a guidé les élu-e-s communistes dans la mise en œuvre de la politique régionale et de toutes les décisions progressistes prises.

Des différences de positionnement très importantes sont apparues et se sont aggravées ces derniers mois.

Nous n'avons jamais considéré ces différences comme insurmontables et avons œuvré a maintenir l'unité de ce groupe, jusqu’à ce que devienne impossible la poursuite en commun de ces objectifs. Prenant acte de cette situation, et face à un FN très représenté dans l’hémicycle, les conseillères et conseillers communistes et apparentés ont recherché la meilleure façon d'être utiles à la population et de faire de la Région un lieu de résistance aux politiques austéritaires. Dans cette recherche, les directions départementales du PCF ont été étroitement associées, et la direction nationale de notre parti a soutenu les efforts de nos élu-e-s en ce sens. La création du nouveau groupe « Nouveau Monde » pour préserver une majorité ancrée à gauche a été la meilleure solution actuelle pour faire face à cette situation. Les communistes, leurs élu-e-s ne céderont à aucune polémique. Notre seul guide est l’intérêt des populations et la mise en œuvre de politiques de progrès, répondant à leurs aspirations et au choix qu'ils ont exprimé lors des dernières élections régionales.

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23 janvier 2018 2 23 /01 /janvier /2018 13:23
 Le mardi 30/01/18 au cinéma les Studios à Landivisiau à 20h30: Irrintzina, ciné-débat organisé par le collectif Landi doit dire non à la centrale
Pour commencer cette année dans un "cri d'alarme mais aussi de joie", nous nous invitons à nous rejoindre accompagnés de vos proches, de vos amis, de vos voisins... à la projection du film "IRRINTZINA".
 
Le mardi 30/01/18 au cinéma les Studios à Landivisiau à 20h30 
en présence du réalisateur Pascal Hannequin. 
Entrée : 5 €
 
Souvenez-vous, l'association LANDIVISIAU DOIT DIRE NON A LA CENTRALE s'était investie avec ALTERNATIBA Abers durant l'été 2015 dans le "Tour ALTERNATIBA" (village Alternatiba à Lannilis, étape du Tour à Landivisiau, arrivée à Paris le 25/09/15 puis village des Alternatives à Montreuil pour la COP21...).
 
Nous vous proposons de retracer ensemble ce bel élan citoyen au travers du film "IRRINTZINA" et d'échanger sur les perspectives que l'on peut lui donner tant au sens global que local, en luttant contre l'implantation de la Centrale à gaz, et en proposant des alternatives à un modèle de société qui peine à sortir d'une Ère des énergies fossiles, dépassée et destructrice.
 
Synopsis du film :
"De Bayonne à Paris, sur des vélos multiplaces, coup de pédale après coup de pédale, en multipliant les villages des alternatives, de petites victoires en grandes mobilisations contre les multinationales des énergies fossiles et les banques qui les soutiennent, le film raconte les étapes de cette mobilisation. 

Irrintzina, c’est un cri d’alarme sur l'effondrement de notre monde mais c’est aussi un cri de joie poussé par des milliers de militants déterminés qui ont réalisé que si, ensemble, ils ne faisaient rien, personne ne le ferait à leur place. Tour Alternatiba, Action Non-Violente COP21, Faucheurs de chaises, blocage du sommet pétrolier… 
Le film d’une génération qui ne se résigne pas, qui crée et invente un avenir désirable où bataille écologiste et sociale rime avec plaisir et joie d’être ensemble. Soutenu par près de 1250 contributeurs, avec la participation d’une vingtaine de techniciens à travers toute la France."

 
Nous venons de mettre en ligne sur Change.org. avec d'autres associations et collectifs (le Collectif GASPARE, l'association Force 5, la Confédération Logement Cadre de Vie Finistère, le Groupement des Agriculteurs Biologiques du Finistère, le syndicat des SIMPLES, l'association AE2D, l'association Sizun, Locmélar, Saint Sauveur Disent Non à la Centrale et l'association Commana Dit Non à la Centrale) une pétition pour demander à M. Macron d'abandonner le projet de construction  de la centrale thermique au gaz naturel à Landivisiau. 
 
Il est encore temps !
 
Ce Grand Projet est Inutile, coûteux, polluant, dangereux... et d'une autre époque.
 
Nous vous invitons à la signer et à partager ce lien autour de vous, adhérents, sympathisants, famille, amis, collègues de travail, par mel, sur facebook, sur twitter....Faites tourner !
Il faut faire exploser le compteur !
 
Nous comptons sur vous !
 
 
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23 janvier 2018 2 23 /01 /janvier /2018 13:00
Conférence sur Brest dans la Résistance le mardi 13 février à 18h (amphithéätre Guilcher) - animée par l'association Brest 44
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23 janvier 2018 2 23 /01 /janvier /2018 12:55

Aux communes finistériennes s'étant prononcées sur les accords de libre-échange TAFTA-CETA-TISA


 Le CETA, accord Canada-UE, sera soumis à l'approbation de nos parlementaires courant 2ème semestre 2018. Ce traité de libre-échange et d'investissement dit de "nouvelle génération" est déjà entré en application provisoire, et en grande partie, depuis le 21 septembre 2017, à l'exception pour l'instant du système de règlement des différends investisseurs-Etats (RDIE, ISDS ou ICS), mécanisme qui permet aux entreprises étrangères d'attaquer les Etats lorsque ceux-ci prennent des décisions contraires à leurs intérêts. Si le CETA est approuvé par les 28 Etats européens voici ce qu'induirait cette justice privée internationale au service des multinationales.

 Selon la Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement (CNUCED), 104 nouvelles plaintes ont été déposées depuis le 10 janvier 2016 par des investisseurs étrangers contre les Etats hôtes, portant à 817 le nombre de plaintes connues depuis 1987. Les multinationales ont obtenu gain de cause dans 60 % des cas. Les dommages et intérêts réclamés par des plaignants vont de 10 millions $ aux 16,5 milliards $ réclamés à la Colombie par la multinationale minière américaine COSIGO Ressources, auxquels s'ajoutent les frais de procédure et les énormes honoraires versés aux 3 juges arbitres qui, selon l'OCDE, s'élèvent en moyenne à 1,28 million $ par affaire.
 Vous trouverez en PJ l'entretien réalisé le 8/12/2017 par la revue Ballast avec Renaud Beauchard, avocat, chercheur, consultant auprès de plusieurs organismes publics et privés à vocation internationale, et également collaborateur de la revue Esprit. Il vient de cosigner "L'assujettissement des nations" aux éditions Charles Léopold Meyer. Ce point de vue pertinent atteste que si l'arbitrage privé prévu dans le CETA est approuvé par nos parlementaires, la France sera entièrement soumise aux multinationales. Il en va de notre démocratie et de notre souveraineté.
 CETA-TAFTA-TISA ne doivent pas voir le jour ! N'hésitez pas à le faire savoir à nos parlementaires.

 Le Collectif Stop Tafta-Ceta de Quimper Cornouaille vous souhaite une bonne année.
 
Henri Guillou - Collectif Stop TAFTA-CETA-TISA Cornouaille

 PJ. Interview de Renaud Beauchard "Se dégager du marché mondial unique"
 
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22 janvier 2018 1 22 /01 /janvier /2018 18:51
Ceija Stojka enfant. Photo Mémorial de la Shoah

Ceija Stojka enfant. Photo Mémorial de la Shoah

Les éditions Isabelle Sauvage de Plounéour-Menez, spécialisées dans la publication de poésie, notamment de la poésie étrangère avec des problématiques autour du féminisme, des rapports de sexualité, du corps, de la politique et de l'histoire, ont publié en 2016 pour la première fois en France un livre exceptionnel, "Je rêve que je vis? Libérée de Bergen-Belsen" issu des entretiens entre l'artiste et peintre rom autrichienne Ceija Stojka avec Karin Berger en 2004 (traduits par Sabine Macher avec la collaboration de Xavier Marchand, pour une première parution en allemand en 2005).   

Ceija Stojka avait 11 ans en 1945 quand elle a subi l'enfer des camps d'extermination d'Auschwitz et de Bergen-Belsen avec sa mère et d'autres membres de sa famille, y raconte avec une voix pleine d'onirisme et de magie poétique, comment ses frères et sœurs, elle, et sa mère, se cachait dans des parcs sous les feuilles à Vienne pendant que les Nazis traquaient les Roms et que son père avait déjà été arrêté et envoyé à Dachau.

Sans pathos, avec même des moments de pure grâce, Ceija Stojka nous fait revivre ce monde hallucinant et hideux de cruauté produit par les bourreaux nazis avec les yeux de la petite fille protégée par une mère courage avec des ressources de survie exceptionnelles qu'elle était alors. La fillette décrit des conditions abominables d'existence dans ces camps d'extermination avec la crudité et la naïveté de l'enfance, et une force de vie inentamée.    

Le centre de ce témoignage qui présente un intérêt historique et littéraire immense est consacré à ses quelques mois hors de toute vie humaine imaginable à Bergen-Belsen après son transfert d'Auschwitz où, toute jeune, elle était chargée de décharger les corps des morts du jour des châlits de bois dans les baraques.

Quand les soldats britanniques ont libéré le camp, en avril 1945, et Ceija Stojka raconte leur arrivée à peine croyable, 60 000 survivants du camp se trouvaient auprès de 35 000 morts amoncelés et non ensevelis. 

Ceija Stojka a elle même passé le plus clair de son temps à Bergen Belsen entre les tas de mort qu'on empilait derrière les barbelés dans leur enclos entourant deux ou trois baraques et 250 détenus environ, à se protéger du vent "au chaud" entre deux tas de cadavres, à remettre la tête des défunts décharnés et souvent éventrés "à l'endroit", vers le ciel, à récupérer des bouts de vêtements pour s'en couvrir ou les manger. 

La faim, le typhus et la typhoïde devaient terminer d'exterminer, sur des sols sablonneux face à la forêt, tour à tour amie et menaçante, cette population de damnés, déportés juifs ou roms, et aussi de résistants, venus d'autres camps, sans même dépenser une balle ou le gaz nécessaires. Des déportés mangeaient les cadavres, l'herbe jeune qui poussait dans la boue, leurs excréments, le tissu, le cuir, le bois des peignes et des poutres, la sève des arbres et les feuilles dans une quotidienneté infernale où tout relâchement d'une volonté obstinée de survivre de la part de ceux qui avaient déjà survécu à d'autres camps terribles et à des marches de la mort signifiait la mort immédiate.  

Des centaines de milliers de Roms et Tsiganes ont été exterminés par les Nazis et leurs alliés pendant la guerre et il y a peu de témoignages publiés de survivants de ce génocide, ce qui rend ce livre encore plus précieux. On est dans l'horreur mais l'auteur ne se départit jamais, enfant comme plus tard comme femme âgée qui revient sur ces mois d'existence d'une dureté au-dessus de tout ce que l'on peut imaginer, d'un optimisme et d'une soif de vivre, refusant les logiques de haine. 

Ceija Stojka raconte aussi la libération du camp, les soldats britanniques complètement effondrés et choqués en découvrant l'horreur, les gardiens et bourreaux nazis et les kapos chargés de creuser des fosses communes pour enfouir les corps dans les latrines, la traversée de l'Allemagne pour rejoindre l'Autriche, à squatter des maisons abandonnées, croiser des soldats perdus et en fuite, le retour dans une Autriche partiellement détruite et ruinée mais on retrouve ses habitudes comme si les gens avaient été complètement étrangers à leur drame aux frontières de l'humain.  

Cette publication intervient à point nommé, malheureusement, avec l'extrême-droite qui revient au pouvoir en Autriche, comme dans d'autres pays d'Europe, orientale notamment. 

N'oublions jamais ce qu'ont pu faire le racisme européen, des états et des hommes prétendument "civilisés" à d'autres hommes!      

Auteure Ceija Stojka Collection « chaos » Récit 116 pages, 12 x 15 cm, reliure dos carré collé Parution : mars 2016 ISBN : 978-2-917751-66-4 / 17 euros Titre original : Träume ich, dass ich lebe ? Befreit aus Bergen-Belsen, publié originellement par Picus Verlag, Vienne, 2005 Traduit de l’allemand par Sabine Macher Avant-propos de Karin Berger

Auteure Ceija Stojka Collection « chaos » Récit 116 pages, 12 x 15 cm, reliure dos carré collé Parution : mars 2016 ISBN : 978-2-917751-66-4 / 17 euros Titre original : Träume ich, dass ich lebe ? Befreit aus Bergen-Belsen, publié originellement par Picus Verlag, Vienne, 2005 Traduit de l’allemand par Sabine Macher Avant-propos de Karin Berger

Article sur le site internet: 

http://www.lanicolacheur.com/Ceija-Stojka-expositions-lectures-Marseille-Paris

Ceija Stojka est née en Autriche en 1933, cinquième d’une fratrie de six enfants dans une famille de marchands de chevaux rom d’Europe Centrale, issue des Lovara.
Déportée à l’âge de dix ans avec sa mère Sidonie et d’autres membres de sa famille, elle survit à trois camps de concentration, Auschwitz-Birkenau, Ravensbrück et Bergen-Belsen.

C’est seulement quarante ans plus tard, en 1988, à l’âge de cinquante-cinq ans, qu’elle ressent le besoin et la nécessité d’en parler ; elle se lance dans un fantastique travail de mémoire et, bien que considérée comme analphabète, écrit plusieurs ouvrages poignants, dans un style poétique et très personnel, qui font d’elle la première femme rom rescapée des camps de la mort, à témoigner de son expérience concentrationnaire, contre l’oubli et le déni, contre le racisme ambiant.

Son témoignage ne s’arrête pas aux textes qu’elle publie (4 livres au total entre 1988 et 2005), et qui très vite lui attribuent un rôle de militante, activiste pro-rom dans la société autrichienne. A partir des années 1990, elle se met à peindre et à dessiner, alors qu’elle est dans ce domaine également, totalement autodidacte. Elle s’y consacre dès lors corps et âme, jusqu’à peu de temps avant sa disparition en 2013.

Son œuvre peinte ou dessinée, réalisée en une vingtaine d’années, sur papier, carton fin ou toile, compte plus d’un millier de pièces. Ceija peignait tous les jours, dans son appartement de la Kaiserstrasse à Vienne.
On note deux axes dans son travail pictural : 
La représentation, sans omettre les détails, des années terribles de guerre et de captivité endurées par sa famille, par son peuple. Près de cinq cent mille Roms ont été assassinés sous le régime nazi (le nombre exact de victimes n’a jamais été déterminé jusqu’à aujourd’hui).

En parallèle elle peint des paysages colorés idylliques, évocations des années d’avant-guerre, quand la famille Stojka, avec d’autres Roms, vivait heureuse et libre en roulotte dans la campagne autrichienne. 

 

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22 janvier 2018 1 22 /01 /janvier /2018 17:00
Breiz Nevez (1938) - film militant du Parti Communiste. Photo Ciné-Archives

Breiz Nevez (1938) - film militant du Parti Communiste. Photo Ciné-Archives

Breiz Nevez (1938) - film militant du Parti Communiste. Photo Ciné-Archives

Breiz Nevez (1938) - film militant du Parti Communiste. Photo Ciné-Archives

Olivier Dartigolles

Olivier Dartigolles

Tableau de Boisrond - exposition "Libres Figurations. Années 80" - les Capucins, Landerneau

Tableau de Boisrond - exposition "Libres Figurations. Années 80" - les Capucins, Landerneau

Renaud Faroux en conférence à Landerneau sur Picasso, novembre 2017

Renaud Faroux en conférence à Landerneau sur Picasso, novembre 2017

Valère Staraselski

Valère Staraselski

Aragon en 1956

Aragon en 1956

Jean-Michel Galano

Jean-Michel Galano

Frédéric Rauch

Frédéric Rauch

Greg Oxley

Greg Oxley

Prise de la Bastille

Prise de la Bastille

Jean-François Téaldi

Jean-François Téaldi

 

A Brest, le jeudi 25 janvier - 18h30 au Mouton à 5 pattes (bar associatif, solidaire et culturel, rue Navarin, place Guérin : Débat sur l'industrie maritime brestoise

Industrie maritime brestoise, état des lieux et perspectives (construction, réparation déconstruction navale, EMR...). 
Débat public dans le cadre de la préparation des États généraux du progrès social du PCF le samedi 3 février en région parisienne
http://progres-social.pcf.fr/

Le samedi 27 janvier à Concarneau: voeux de la section PCF de Concarneau

Au Relecq-Kerhuon, le samedi 27 janvier, à l'auditorium, à partir de 16h, vœux de la Fédération du PCF Finistère

ouverts à tous les militants et sympathisants qui veulent y participer, débutant par une projection de films d'archives de Ciné-Archives : « Breiz Nevez » (1938), « Magazine Populaire n°1 » (1938 : 34 minutes, Eté 1938. Du rassemblement du 14 juillet à la Fête de l'Humanité, l'actualité politique et sociale, sportive et culturelle, de la France du Front populaire, selon le Parti Communiste, déclinée en neuf sujets courts.), « Mon ami Pierre » (1951, court métrage primé au festival de Venise : Le travail en mer à bord du Franc-Tireur, chalutier bigouden basé à Concarneau. Une fois présenté l'équipage ce documentaire décrit la peine des pêcheurs « 20 jours en mer, 2 jours à terre »), suivie d'une intervention politique et d'un apéritif fraternel.

A Brest, le samedi 3 février, venue de Fréderic Rauch, rédacteur en chef d'Economie et Politique, revue d'économie du PCF

 pour deux interventions sur la proposition de Sécurité Emploi-Formation du Parti Communiste qui révolutionne sur le rapport au travail. 

- une formation départementale le samedi matin ouverte aux adhérents et éventuellement sympathisants communistes

- une intervention l'après-midi (de 14h00 à 15h30 à la fac Segalen) dans le cadre de l'atelier "repenser le travail" lors du forum social brestois pour les alternatives sociale, politique, écologique, en débat avec une personne du réseau salariat.

Samedi 3 février: Assises du Progrès social du PCF à Paris

A Landerneau, le samedi 10 février, de 10h à 13h30, à l'espace d'art contemporain des Capucins, visite guidée organisée par la fédération du Parti Communiste de l'exposition "Libres figurations. Années 80" suivie d'une conférence d'éducation aux enjeux de ce courant d'art contemporain par Renaud Faroux, critique d'art à Paris et collaborateur d'expositions, qui avait animé la conférence d'éducation populaire sur Picasso autour de l'exposition des Capucins en novembre dernier. Présentation autour de Combas, Boisrond, Blanchard, Di Rosa, Louis Jammes et les américains Basquiat, Keith Haring: comment cette génération se situe dans l'art de l'époque et donne naissance au Street Art?  

Mercredi 31 janvier à Morlaix  : Formation Actualité de la Pensée de Marx :venue de Jean-Michel Galano, professeur de philosophie de classes préparatoires, membre du PCF, pour une conférence-débat sur le Capital dont on fête les 150 ans cette année

Jeudi 1er Février: Olivier Dartigolles présent à Quimperlé et à Mellac pour des rencontres autour de son livre: "Macron, entreprise de démolition: forces, failles et supercheries" aux éditions de l'atelier et sur la question des regroupements d'hôpitaux autoritaires dans les GHT 

Samedi 3 Février:   dans le cadre de l’atelier « repenser le travail » du forum social brestois, venue de Sylvain Chicote, inspecteur du travail, acteur de la proposition de loi du PCF sur la Sécurité Emploi Formation pour une intervention à la fac Ségalen de 14h à 15h30, précédée le matin par une formation ouverte aux adhérents à la fédération et sympathisants de 9h30 à 11h30

Samedi 3 février: voeux de la section du Relecq Kerhuon. Repas Kig-ha-Farz au Café Crème

Dimanche 11 février: à 12h, à la petite salle polyvalente de la Forêt-Fouesnant, raclette de l'association des amis du PCF (15€ -  Apéritif - Raclette -Salade -  Tarte aux Pommes -  Café - Inscriptions avant le : samedi 3 février - Tel : 07 80 48 17 94 ou mail)

 Dimanche 11 février (lieu encore à déterminer): après-midi « Aragon, littérature et communisme » avec l'écrivain Valère Staraselski et un spectacle de Claude Couamme. Co-organisé avec l'association bretonne des amis d'Aragon et d'Elsa Triolet. 

Samedi 17 mars-dimanche 18 mars - Formation régionale PCF à l'auberge de jeunesse de Concarneau pour les Animateurs de section et de fédération

En préparation et en cours de calage aussi :

Une conférence débat avec Greg Oxley sur la Révolution Française en mars avril. 

Deux jours de formation prise de parole en public et pluralisme dans les médias avec Jean-François Téaldi, journaliste audiovisuel, ancien responsable de la CGT journalistes et élu PCF-Front de Gauche dans les Alpes-Maritimes

Une demi-journée de réflexion et de débat sur les phénomènes contemporains que sont le communautarisme, l'islamisme, le djihadisme.

Février - Mars: débat avec Gérard Le Puill, journaliste à l'Humanité: "produire mieux pour manger tous, tout en préservant la plante. Des pistes pour un autre modèle agricole". 
 

Le calendrier de rentrée 2018 du PCF dans le Finistère: vœux, débats, formations, initiatives publiques
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22 janvier 2018 1 22 /01 /janvier /2018 16:37
L'union des droites commence par les médias (Lucie Delaporte et Loup Espargilière, Médiapart, 19 janvier 2018)
L’union des droites commence par les médias
 PAR  ET 

Alors que LR et FN sont à terre depuis l’élection de Macron, une nouvelle génération de journalistes, portée par de nouveaux titres, prépare déjà la recomposition politique et l’union des droites, en devançant les formations traditionnelles, chaque jour dans ses colonnes.

 

Recomposition. Le titre du semestriel que s’apprête à lancer Alexandre Devecchio, le journaliste du très droitier FigaroVox, pouvait difficilement être plus explicite. Six mois après l’élection d’Emmanuel Macron, alors que les partis traditionnels sont au tapis, les grandes manœuvres de recomposition à droite, encore embryonnaires dans les formations traditionnelles, commencent à prendre corps dans le paysage médiatique.

« Après les cuisantes défaites électorales fillonistes et frontistes, il est évident que personne n’a d'espoir politique à court terme de ce côté-là. Tout le monde essaie donc de travailler sur des idées et sur le fond, à travers les médias notamment », analyse Jacques de Guillebon, directeur de la rédaction de L’Incorrect, le mensuel « des droites » lancé à la rentrée par des proches de Marion Maréchal-Le Pen. « Le renouvellement ne passe plus par les partis, ça se joue ailleurs », estime pour sa part le fondateur de TV Libertés, Martial Bild. Un certain paysage médiatique semble revigoré par l’éclatement des lignes partisanes habituelles.

Ce renouveau des médias de droite est porté par une nouvelle génération de journalistes, convaincus que ces frontières n’ont plus vraiment de raison d’être. « Il y a aujourd’hui une relève conservatrice, jeune, qui est de grande qualité et qui s’appuie sur un monde intellectuel qui a échappé à la gauche », se réjouit Martial Bild. « Il y a vraiment une effervescence », assure celui qui n’hésite pas à parler d’« une nouvelle école de journalisme dont TV Libertés est un élément important » à côté de Valeurs actuelles,L’Incorrect, le FigaroVox ou Causeur. Preuve que le climat leur est favorable, L’Incorrectassure crouler sous les candidatures d’étudiants en école de journalisme, à Sciences Po, ou d’étudiants en lettres.

Ces trentenaires (ou quasi) très politisés ont paradoxalement en commun une profonde défiance à l’égard du monde politique et un souverain mépris pour les jeux d’appareils. Surtout, à leurs yeux, la ligne de partage entre la droite républicaine et l’extrême droite n’a plus vraiment de sens. Alors que leurs aînés étaient bien plus clairement affiliés à tel ou tel parti, Le Figaro et Valeurs actuelles, organes de la droite républicaine, Minute etPrésent, du Front national, ces nouveaux médias très à droite entendent s’affranchir allègrement de ces anciens clivages. « On nous a bassinés pendant des années avec cette idée de droite hors les murs, mais aujourd’hui, il n’y a plus de murs du tout ; ils se sont effondrés, la trompette Macron a fait chuter les murs de Jéricho », se réjouit Arnaud Stephan, ancien collaborateur de Marion Maréchal-Le Pen, aujourd’hui aux manettes deL’Incorrect, et l’un des plus âgés de la bande.

Avide de débats, cette nouvelle génération de journalistes fustige un monde médiatiquemainstream où régnerait une suffocante « uniformité ». Au Centre de formation des journalistes (CFJ), Alexandre Devecchio affirme avoir côtoyé « des étudiants qui avaient une vision avant tout technique du métier, pas franchement passionnés par le débat d’idées. D’ailleurs, il y avait une totale uniformité idéologique », assène-t-il. « Au moment du débat sur le mariage gay, tous les journalistes étaient favorables à la loi », se souvient Charlotte d’Ornellas, récemment recrutée à Valeurs actuelles, qui s’insurge que certaines positions soient « considérées comme des opinions alors que d’autres, parce qu’elles sont majoritaires, n’en seraient pas ».

« On est les enfants de notre époque. On a résisté à l’air ambiant. Quand je suis face à Jacques Séguéla qui me dit que je mène un combat d’un autre âge… Disons qu’il n’est pas forcément très crédible ! » ironise la jeune femme, persuadée que cette génération de journalistes est beaucoup plus en phase avec les vraies préoccupations des Français.« Les attentats ont fait prendre une douche froide à tout le monde », avance la jeune journaliste.

S’ils se caractérisent par la présence indistincte dans leurs colonnes de journalistes, d’intellectuels ou de politiques des deux rives, de la droite traditionnelle façon LR jusqu'à la galaxie frontiste, et plus si affinités, ils veulent aussi se distinguer des médias de « réinformation » ou complotistes comme Fdesouche ou Égalité et réconciliation, affranchis des règles de base du journalisme. Cette nouvelle génération serait néanmoins la seule capable de s’adresser à un public, souvent jeune, celui de la « fachosphère », « très défiant par rapport à la parole politique mais aussi la parole médiatique », affirme Charlotte d’Ornellas.

 

Le parcours de celle qui se définit elle-même comme « issue du ghetto de la fachosphère », est en soi emblématique. Celle qui a longtemps travaillé à Boulevard Voltaire n’en revient pas d’être reçue dans les médias mainstream, comme la chaîne CNews qui l’invite tous les mardis à donner son point de vue. « Parfois, je me dis que ce que je vais dire va faire hurler sur le plateau et en fait pas du tout. Il y a un travail qui a été fait des deux côtés. »

Ils se voient en tout cas comme les aiguillons d’une droite déboussolée. « À droite, il y a une demande, sauf qu’il n’y a plus de corpus idéologique, parce qu’il a été miné par des crânes d’œuf qui n’ont aucune culture politique et qui sont juste des gestionnaires parlant de points de PIB ou de CSG à longueur de journée. Nous, on  revient sur des sujets de fond, on redonne des armes politiques et culturelles à la droite », explique Arnaud Stephan. En dehors d’échéances électorales immédiates, « on fait de la prospective : la France en 2050, c’est quoi ? Qu’est-ce que sera l’identité, le fait religieux, l’économie, l’écologie, le travail, la famille ? On raconte comment l’on se dirige vers le transhumanisme », précise-t-il. Si leurs thèmes favoris – la montée du communautarisme, les dangers de l’islam, la destruction de la famille ou le poids grandissant du « Lobby LGBT » – sont des grands classiques de la droite de la droite, ils les abordent avec une verve et une « décomplexion » certaine.

« Zemmour a défriché le terrain. Il a été le premier à dire qu’il n’allait pas passer son temps à s’excuser d’être de droite », assure Charlotte d’Ornellas, qui revendique comme beaucoup d’entre eux cette figure tutélaire, tout comme l’héritage de Patrick Buisson. Dernièrement, l’effervescence autour de #balancetonporc et #metoo a été l’occasion d’un grand mouvement de défoulement collectif contre « le harcèlement féministe », comme l’a titré le magazine Causeur. L’Incorrect est ainsi parti dans un plaidoyer pour« L’homme occidental présumé coupable », expliquant en reprenant une vieille antienne zemmourienne, que « coupable de tout pour tous, l’homme censément majoritaire et dominant n’a plus qu’un choix : la soumission ou l’exil ». Le FigaroVox ouvrait, lui, ses colonnes à la philosophe Bérénice Levet, qui affirmait : « Nous ne voulons pas voir le désir masculin, la sexualité masculine alignés sur le désir et la sexualité féminins. Nous ne voulons pas que les hommes renient leur virilité. »

« On a chez nous toutes les familles de la droite »

Dans cette bande de trentenaires, ou quasi, beaucoup sont des amis. La très médiatique Eugénie Bastié, qui officie tant sur France Culture que dans l’émission de Patrick Buisson sur la chaîne Histoire (« Historiquement show »), a rejoint Alexandre Devecchio au Figaro, tout en assurant les pages politiques de la revue Limite aux côtés de Paul Piccarreta, ancien pigiste, comme elle, à Causeur. Élisabeth Lévy, surnommée parL’Incorrect « marraine de la réac académie », a vu émerger ces jeunes pousses très à droite qu’elle a parfois contribué à former. Jacques de Guillebon, Eugénie Bastié, Paul Piccarreta sont tous passés par Causeur, qui détonnait à leurs yeux dans le paysage médiatique avec ces unes ouvertement « provoc’ ».

 

Cette nébuleuse « réac » n’est pas toujours au diapason sur tous les sujets, notamment sur l’économie. « Au Figaro, même si l’on s’entend très bien, ils sont beaucoup plus libéraux qu'on ne l’est, ce qui constitue une différence assez fondamentale », explique Jacques de Guillebon. Ce qui les soude : « On a les mêmes ennemis, ça crée une sphère commune », s’amuse-t-il. Des ennemis qu’Alexandre Devecchio énumère volontiers :« Les Indigènes de la République, une gauche déconstructiviste, les études de genre qui nient quasiment la réalité, l’islamosphère. »

Cette jeune génération a pu trouver et contribuer à façonner un nouvel environnement médiatique où s’épanouir. À Recomposition, Alexandre Devecchio espère faire vivre un débat d’idées forcément bousculé par la nouvelle ère Macron. « L’idée est de faire une version du Débat au XXIe siècle avec des longs formats, plus arides aussi peut-être que dans le FigaroVox. » Ce semestriel qui devrait sortir son premier numéro au mois de mai, pour le premier anniversaire de la présidence Macron, souhaite accueillir  dans ses colonnes des intellectuels étrangers. « Il se passe des choses intéressantes en Europe centrale, aux États-Unis. On voit que tout bouge et que les repères sont en train d’évoluer », explique le jeune journaliste. L’ultra-droitier sociologue canadien Mathieu Bock-Côté, pourfendeur du multiculturalisme, assurera la rédaction en chef de la revue. Preuve que « tout bouge», le vallsiste Laurent Bouvet, figure du Printemps républicain et probable membre du « Conseil des sages de la laïcité » (lire notre article), sera l’un des contributeurs de la revue aux côtés du politologue Jérôme Sainte-Marie et du journaliste de France Culture Brice Couturier. 

Avant la sortie prochaine du premier numéro de Recomposition, c'est L’Incorrect qui fait figure de petit dernier dans la galaxie médiatique des droites. Il se distingue par une maquette élégante et jeune, des unes décalées, une large place laissée à la culture. Dès l’éditorial du premier numéro, paru en septembre 2017, le directeur de la rédaction Jacques de Guillebon donne le ton. Face au libéralisme, « nous proposons […] une autre voie qui conserve et développe les vertus des multiples maisons de la droite, tout en en bannissant les erreurs passées. Car sans l’alliance de ces parties qui peuvent, au-delà de leurs différences, s’entendre sur le fait de conserver, notre monde en tant que civilisation court à l’évidence à sa perte ». À L’Incorrect, l’union des droites commence par l’équipe éditoriale. Jacques de Guillebon et Arnaud Stephan, le directeur de la communication, sont des proches de Marion Maréchal-Le Pen. On trouve également Gabriel Robin, issu du collectif Culture Libertés et Création du Front national, ou Chantal Delsol, catholique, philosophe et femme de Charles Millon, l’ancien président (UDF) de la région Rhône-Alpes, élu avec les voix du FN en 1998 et soutien de François Fillon lors de la campagne de 2017. Les deux époux sont par ailleurs membres du think tank L’Avant-garde, créé par Charles Millon et l’homme d’affaires Charles Beigbeder, qui promeut une union des droites autour de valeurs conservatrices et ordolibérales.

« On a chez nous toutes les familles de la droite, indique Arnaud Stephan. Ça va des cathos aux pas cathos, des gens qui ont été proches du Front, d’autres qui étaient vraiment LR, ou plutôt chrétiens-démocrates. » Le socle idéologique de la revue, c’est « une grande critique du libéralisme, sociétal et culturel. Nous sommes pour l’économie de marché, mais contre la financiarisation de l’économie », explique Arnaud Stephan. Depuis sa création, le mensuel a invité à s’exprimer dans ses colonnes, en vrac : l’ancien directeur du Front national de la jeunesse Julien Rochedy, Christophe Billan, qui dirigeait alors Sens commun (lire ici), le député FN Gilbert Collard, le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan, ou encore Maël de Calan, candidat à la présidence de LR. « Nous avons la volonté de faire se parler entre elles des droites qui se pensent comme différentes, mais qui n’ont pas de raison de ne pas se parler du tout, explique Jacques de Guillebon. Mais le but principal, c’est plus d’avoir voix au chapitre et redonner une légitimité à nos idées de fond, essayer de les développer, de ne pas rester sur le même langage statique d’il y a 50 ans, et d’inventer de nouvelles idées. » Une manière de « légitimer par le papier » leurs idées conservatrices, selon Arnaud Stephan.

Il semblait annoncer L’Incorrect : le magazine France avait apparu et disparu la même année, en 2016. Il avait été cofondé par Charlotte d’Ornellas, passée ensuite parL’Incorrect avant d’être débauchée par Valeurs actuelles, et Damien Rieu (connu des lecteurs de Mediapart), issu de Génération identitaire, proche de Marion Maréchal-Le Pen et directeur de la communication de la mairie FN de Beaucaire (Gard). Dans le premier numéro de L’Incorrect, ce dernier avait signé un reportage sans aucune distance à bord du C-Star, ce navire des « identitaires » européens qui, à l'été 2017, s’étaient fixé pour mission d’empêcher le travail des ONG auprès des migrants en Méditerranée.

Boulevard Voltaire, TV Libertés, FigaroVox, enfants du quinquennat Hollande

Cette nouvelle génération ne sort pas de nulle part. Depuis 2011, la presse d’entre-deux-droites a repris des couleurs. Cette année-là, c’est le pure player Atlantico qui est lancé, sous le parrainage, déjà, de Charles Beigbeder. Dès ses débuts, on peut y lire la précitée Chantal Delsol, le néolibéral Gaspard Koenig ou encore feu Gérard de Villiers, écrivain des romans SAS, un temps proche des idées du Front national et ami de Jean-Marie Le Pen, devenu sarkozyste.

Si le quinquennat de Nicolas Sarkozy avait vu naître les pure players de gauche Mediapart, Rue 89 ou Slate, celui de François Hollande aura été celui de l’émergence des nouveaux médias des droites. En 2012, le site d’information Boulevard Voltaire est créé par Robert Ménard, ancien porte-étendard de Reporters sans frontières, et Dominique Jamet, alors membre de Debout la France. Sous couvert d’une liberté d'expression totale, et alors que pendant un temps, certains contributeurs proviennent des rangs de la gauche, le site se mue rapidement en catalogue de toutes les pensées réactionnaires issues de la droite « hors les murs ».

Champion de la « défense et la promotion de la culture et de l’esprit français au cœur des nations européennes », le site TV Libertés est lancé en 2014 par deux anciens du FN, Martial Bild et Jean-Yves Le Gallou. Pensée au départ comme un « Fox News à la française », cette chaîne de télévision numérique issue de l'extrême droite politique s’est fait une spécialité de brasser large parmi les diverses tendances de la droite. Nicolas Dupont-Aignan, l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy Thierry Mariani ou l’ex-présidente du Parti chrétien-démocrate Christine Boutin y sont passés. Le député FN Gilbert Collard y a présenté une émission littéraire, « Livre libre ». Marion Maréchal-Le Pen y a même annoncé son retrait de la vie politique, l’un des plus gros buzz de la jeune télé.

Martial Bild, directeur de la rédaction, refuse le qualificatif de « média d’union des droites ». « Je suis retiré de la politique depuis dix ans, j’ai passé trente ans au FN, j’ai donné ! » Lors de la dernière campagne présidentielle, il indique avoir reçu vingt-sept personnalités issues des droites, dont, par exemple, Hervé Mariton (LR) et Louis Aliot (FN). « Nous essayons de montrer qu’il y a peut-être plus de points communs que de divergences […]. Lors de La Manif pour tous, il y avait une convergence, certes pas totale, d’une partie des droites, alors nous avons appuyé dessus. »

Toujours en 2014, c’est le grand frèreLe Figaro qui inaugure son FigaroVox. Un espace de tribunes et d’entretiens administré par Alexandre Devecchio, passé par le Bondy Blog et Atlantico. Depuis quatre ans, de nombreux penseurs réactionnaires y ont élu domicile, parmi lesquels, pour les plus illustres : Éric Zemmour, qui s’inquiète que « la laïcité à la française » ne devienne la « nouvelle cible des propagateurs de l’islam », l’avocat Gilles-William Goldnadel, quis’émeut par exemple du lynchage médiatique dont est victime l’humoriste Tex, Chantal Delsol, ou encore Élisabeth Lévy, qui y tient une chronique hebdomadaire. Lorsque Laurent Bouvet, régulièrement interrogé, y explique que « toute une partie de la gauche n’accepte pas que la liberté d’expression, la liberté de caricature et finalement la liberté de la presse se fasse à l’encontre de la religion musulmane », il ne détonne pas dans le paysage. 

En guerre pour ravir à la gauche l’hégémonie culturelle

Malgré ses 7 millions de vues mensuelles, Martial Bild a dû se muer en « sergent-recruteur » pour assurer la survie de son média, qui ne compte, dit-il, que sur les dons. Il s’étrangle d’ailleurs à l’évocation de ce à quoi servent les 138 euros de redevance télévisuelle. Si l’effervescence est réelle, le modèle économique de ces nouveaux médias de la droite « hors les murs » reste à trouver. Boulevard Voltaire, dont le modèle repose entièrement sur la publicité, a été la cible à l'automne d'une attaque des Sleeping Giants, un réseau d’activistes issu des États-Unis, qui a obtenu que les plus grandes marques retirent leurs réclames du site (à lire sur le site de Télérama).

Charles Beigbeder a pu laisser penser pendant un temps qu'il deviendrait le nouveau Xavier Niel de droite. Tous deux avaient d'ailleurs investi dans Causeur, lorsque le magazine d'Élisabeth Lévy avait vu le jour en 2007. Malgré les 7 800 abonnés qu'elle revendique et des ventes en kiosque qui varient entre 6 500 et 9 000 exemplaires « pour les bons numéros », Élisabeth Lévy concède que le magazine perd 120 000 euros par an.« On a toujours eu de quoi vivoter, mais pas de quoi investir », explique la journaliste. Beigbeder a également placé quelques billes dans Atlantico, site au modèle économique fragile, qui a vu partir certaines de ses jeunes plumes comme Alexandre Devecchio.« Atlantico, ça a fait son temps. Pas sûr qu’ils perdurent », persifle Jacques de Guillebon, dont le mensuel a également reçu des financements de Beigbeder. « Il a mis un peu d’argent au début, mais pour des raisons personnelles, il n’a pas rajouté ce qui était prévu au début », ajoute le rédacteur en chef. Après les 8 000 exemplaires du premier numéro vendu, Arnaud Stephan indique que les ventes se sont tassées avant de remonter, espère-t-il, à 6 000 ou 7 000 pour le cinquième opus actuellement en kiosque.« On a trouvé notre lectorat, on espère l’agrandir, mais nous ne faisons pas de plans sur la comète, considère Jacques de Guillebon. On a un tout petit capital, il n’y a pas de Perdriel ou de Niel derrière nous. » « Quand Pierre Bergé est mort, j’ai dit que c’était un monstre, mais il avait une seule qualité, c’est qu’il soutenait financièrement ses idées, considère Martial Bild. Les grands chefs d’entreprise ne le font pas pour nous, parce qu’ils ne sont pas de droite. » Arnaud Lagardère, Vincent Bolloré et Patrick Drahi, ces patrons gauchisants…

Celui qui s’en sort le mieux, c'est encore l’aîné, Valeurs actuelles, qui a fêté ses 50 ans en 2016. Depuis le grand virage à droite qui a suivi la reprise en main du titre du groupe Le Figaro par Yves de Kerdrel en 2012, les ventes ont fortement progressé : elles sont passées de 87 000 cette année-là à 125 000 l’été dernier. La méthode Kerdrel, ce sont des unes chocs, une équipe très rajeunie autour de Geoffroy Lejeune, et une ligne à droite toute.

La bataille culturelle contre la gauche

Si une partie de la presse réactionnaire aime à citer les travaux contestés de la démographe Michèle Tribalat, certains rédacteurs n’hésitent pas à carréments’affranchir  des faits dans leur démonstration de ce phénomène à l’œuvre selon eux. L'article « Demain, le suicide démographique européen », paru en septembre 2017 sur le site de Causeur, fait figure de cas d’école. Le lecteur saura apprécier la puissance de l'argumentation :

« Imaginons que dans un pays, les femmes liées à la population de “souche” aient en moyenne 1,3 ou 1,4 enfant/ femme tandis que la population d’origine immigrée (ce qui veut dire en Europe, principalement musulmane) ait un taux de fécondité de 3,4 à 4 enfants par femme. Postulons qui plus est que cette population nouvelle ne représente que 10 % de la population totale. […] En fait, et si l’on retient mes hypothèses, le basculement se produira au bout de 30 à 40 ans. Dans 40 ans, il y aura autant de petits-enfants issus des 90 % que de petits-enfants issus des 10 %.  Et à ce moment-là, la majorité de la population française deviendra inéluctablement “d’origine musulmane”. »

Un peu plus loin : « La réalité est probablement que nous en sommes déjà à 90 % de la population ayant un taux de fécondité des femmes de 1,4, comme partout ailleurs en Europe, et que les 10 % restantes doivent être à 4 ou à 5 enfants par femme (ce que je peux constater dans les zones commerciales autour d’Avignon), ce qui nous amène aux alentours de 1,8 pour le taux de fécondité “national”. » Dans ce papier, aucune source ni lien, les estimations sont faites au doigt mouillé, tout n'est que ressenti, la peur pour seule boussole. Cet article a bénéficié de la prime à l'outrance que pratique à l’envi une certaine presse de droite qui a parfaitement intégré les codes de son temps. Il a été partagé 11 000 fois.

« J’ai passé des papiers qui me scandalisent », confesse Élisabeth Lévy, qui suggère, comme Montaigne avant elle, de « frotter […] sa cervelle contre celle d’autrui ».Voilà qui justifie toutes les outrances. Dans un autre article, plus récent encore, un contributeur suggérait rien de moins que l’apartheid entre « les Français » et « les musulmans » :« Plutôt que de nous voiler la face ou d’adopter des mesures inenvisageables en démocratie (remigration, expulsions forcées des plus radicaux), pourquoi ne pas instaurer un double système de droit dans l’Hexagone ? » s’est demandé sans ciller un certain Christian de Moliner. L’article n'a pas été publié dans la version papier du journal mais uniquement sur le site internet de Causeur. Pas question néanmoins pour Élisabeth Lévy de s’en désolidariser.  « Cette histoire d’apartheid est un enfumage malveillant. Cet article ne prônait pas l’apartheid mais une séparation que l’auteur considérait comme inévitable. Il ne suggérait aucun régime politique de domination. À la réflexion, je l’aurais publié aussi, bien que je ne partage aucunement son analyse. Si on arrête de publier des opinions qui risquent de vous choquer, la notion même de débat public n’aura plus de sens. Et accessoirement, on va s’ennuyer ferme », affirme la journaliste.  

« Ceux qui contestent le grand remplacement ont perdu. Par définition, c’est un ressenti. En matière d’immigration, […] il y a une distorsion entre ce que les gens entendent et ce qu’ils voient », constate Martial Bild. On peut ainsi affirmer n'importe quoi sans preuve.« Ce qui manque parfois à droite, c’est la culture des faits », considère Paul Piccarreta, cofondateur de la revue Limite.

Mais il serait injuste de tenir ces jeunes journalistes pour comptables du travail des contributeurs anonymes qui se déversent dans les colonnes numériques de Causeur. « Il y a une volonté de notre génération de faire les choses correctement, assure Charlotte d’Ornellas. Je n’ai jamais rien fait sous pseudo. Les gens savent très bien d’où je parle. »Elle affirme d’ailleurs devoir être plus rigoureuse que les autres, compte tenu de ses opinions. « Je ne peux pas me permettre le quart de ce que peuvent se permettre d’autres journalistes. »

Reste que l'enquête, tout comme le reportage, sont des genres largement délaissés au profit d’un fort appétit pour l'éditorial, format roi de cette presse conservatrice.« L’enquête, quand c’est à gauche, c’est de la dénonciation, et quand c’est la droite, c’est de la délation », grince Martial Bild, en guise de défense. « C’était réservé à Minute, qui est devenu une caricature de lui-même. On considère que ce n’est pas le genre le plus noble, mais c’est une bêtise », abonde Arnaud Stephan.

Ces jeunes « réacs » se vivent comme une tribu d’Indiens dans une corporation perçue comme forcément « de gauche ». « Nous sommes les moisis et l’on ne se débarrassera pas de nous », écrivait dans un récent édito Jacques de Guillebon, l’un des « grands frères » de cette génération. Dans leur combat pour ravir l’hégémonie culturelle à la gauche, un thème récurrent chez certains journalistes des deux droites, Jacques de Guillebon voitL’Incorrect en « David contre Goliath » : si Le Figaro ou Valeurs actuelles ont de gros moyens, rien de comparable avec la Maison de la radio, pour ne citer qu’elle, vue comme une forteresse imprenable du gauchisme médiatique. « En terme de force de frappe, ce n’est pas parce qu’on donne quelques coups dans le quartier général que l’hégémonie a changé de camp », confirme Élisabeth Lévy. Martial Bild est beaucoup plus optimiste.« Je crois que c’est fait. La bataille culturelle serait gagnée par la droite si on arrêtait les soins palliatifs pour la gauche. » Autrement dit, si les mécènes cessaient de maintenir sous respirateur artificiel les grands groupes de l'audiovisuel public ou Canal+. « On est en train de clore Mai-68 », se félicite le chef de TV Libertés. 2018, année de la révolution conservatrice ?

Ces médias, dont certaines figures ont désormais leur rond de serviette dans plusieurs émissions du PAF, ont réussi à imposer dans le débat certains termes autrefois bannis. C’est le cas du « grand remplacement », théorie selon laquelle les populations étrangères entreprendraient de remplacer les Français « de souche », passée dans le langage courant. À tel point que Laurent Wauquiez n’hésite pas à flirter avec cette notion pour décrire la situation de certains quartiers français.

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22 janvier 2018 1 22 /01 /janvier /2018 16:14

Afrin : Stoppons l'agression criminelle de la Turquie

La Turquie vient de lancer une sauvage agression dans le canton d’Afrin (Syrie) peuplé de Kurdes, d’Assyro-Chaldéens et d’Arabes. Les tirs d’artillerie, les bombardements de l’aviation ont ce dimanche 21 janvier 2018 fait 8 morts parmi les civils et de nombreux blessés. L’offensive s’est concentrée sur la ville d’Afrin, des villages environnants et un camp de réfugiés. Les forces turques présentent au sol encadrent plus d’un millier de djihadistes issus d’Al Nosra ou d’Al Qaïda.
 
La Turquie tente par tous les moyens d’instaurer la terreur contre un peuple qui n’a jamais constitué le moindre danger pour Ankara si ce n’est de tenter de bâtir une société démocratique et pacifique.
 
Cette invasion ouvre un nouveau chapitre de la guerre en Syrie alors que la lutte contre l’État Islamique semblait arriver à son terme. Les Kurdes ont joué, aux côtés de la coalition, un rôle déterminant dans l’éradication de la barbarie obscurantiste. La Turquie sème le chaos dans une Syrie déjà meurtrie par 7 années de guerre et viole la souveraineté d’un État souverain.
 
Le Parti Communiste Français condamne cette agression, appelle à la mobilisation et à l’union de toutes les forces démocratiques afin d’exprimer notre solidarité avec les populations d’Afrin.
 
À la demande de la France, le Conseil de Sécurité des Nations Unies se réunira en urgence le 22 janvier 2018. La France, l’Union Européenne, les membres de la coalition doivent condamner l’invasion turque, exiger l’arrêt des combats et le retrait immédiat des forces d’occupation.
 
Comme pour le Kurdistan Irakien, le nord de la Syrie doit être placé sous protection des Nations Unies, seul moyen d’assurer la sécurité des populations civiles.
 
Parti Communiste Français
21 janvier 2018
 
Afrin : Stoppons l'agression criminelle de la Turquie (PCF)
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22 janvier 2018 1 22 /01 /janvier /2018 16:07
Bombardements turcs contre Afrin : les Kurdes dénoncent le silence des pays occidentaux
PROPOS RECUEILLIS PAR JEAN-JACQUES RÉGIBIER
DIMANCHE, 21 JANVIER, 2018
HUMANITE
Depuis samedi, l’aviation turque bombarde plusieurs villes de la région d’Efrin, ce canton du nord de la Syrie géré par les Kurdes depuis le début de la guerre, et qui avait pour l’instant été préservé par tous les combats qui se sont déroulés dans cette partie du Moyen-Orient. Le point sur la situation avec Agit Polat, le représentant des relations extérieures du Conseil démocratique kurde en France. Il est en contact permanent avec les forces kurdes et les institutions civiles de la région d’Afrin.
Humanite.fr : Quelle est la situation ce dimanche dans la région d’Afrin ?
Agit Polat : Il y a eu à nouveau 3 attaques de l’aviation turque sur la région, à Afrin même et aussi dans 3 autres villes au moins: Djindires, Shérawa et Mabeta. Il y a eu plusieurs blessés, dont une fillette de 7 ans. Hier, 6 civils ont été tués et il y a eu 10 blessés, et 3 combattants des YPG ( Unité de protection du peuple, branche armée du Parti de l’Union démocratique syrien, organisation politique des Kurdes du Nord de la Syrie, ndlr ) ont été tués. Le camp de réfugiés de Roubar, qui abrite 20 000 personnes, a été également la cible de l’aviation turque ce matin. Je viens de parler avec nos camarades sur place, selon eux, les YPG ont détruit 3 blindés turcs, car les attaques aériennes de la Turquie, s’accompagnent d’attaques au sol. 
 
Humanite.fr : Quelles sont précisément les cibles visées par la Turquie dans cette offensive aérienne ?
A.P. Jusqu’à aujourd’hui, on compte plus de 170 cibles visées, parmi lesquelles des positions d’unités combattantes kurdes. Mais l’aviation opère aussi des tirs au hasard, notamment sur le centre ville d’Afrin. L’objectif, c’est d’installer la peur dans la population pour que les gens quittent la ville. Mais Afrin n’a pas connu d’attaques depuis le début de la guerre en Syrie il y a 5 ans, et les Kurdes ont eu le temps de se préparer.
 
Humanite.fr : Est-ce que d’autres forces militaires interviennent à l’heure dans le région d’Afrin ?
A.P. Oui, au sol, il y a des djihadistes anciennement d’al-Nosra, ils s’appellent aujourd’hui Fatah al-Cham, c’est la Turquie les a fait changer de nom. Ils sont positionnés au Sud d’Afrin et ils ont tenté des attaques, mais les YPG les ont repoussés. Au sol, il y a également des attaques de l’armée turque installée au nord et à l’est de la ville, et qui dispose d’artillerie et de blindés. A l’heure actuelle, il y a 3 fronts autour d’Afrin : au nord, au sud, et à l’est. Leur objectif, c’est d’entrer dans la ville et d’en chasser la population.
 
Humanite.fr : Comment est organisée la défense côté Kurdes ?
A.P. Elle est très bien préparée parce qu’elle est en place depuis plusieurs années. Il y a des ateliers de munitions, et les YPG disposent d’artillerie lourde. Selon nos camarades sur place, ce sont les Kurdes qui ont actuellement l’initiative, l’armée turque n’a pas gagné de terrain. Nous sommes dans une zone montagneuse, les combattants kurdes sont bien installés, la seule possibilité qu’ont les Turcs, c’est d’employer l’aviation.
 
Humanite.fr : De nombreux pays sont impliqués dans la guerre en Syrie. Comment réagissent-ils à cette attaque de la Turquie, sur le territoire syrien, contre les Kurdes ?
A.P. Selon l’accord qui a été passé entre les Russes et les Etats-Unis,  les Américains contrôlent les territoires situés à l’est de l’Euphrate, et les Russes, ce qui est à l’ouest, dont le canton d’Afrin, qui en fait partie. Pour que la Turquie puisse intervenir militairement dans cette région, il a donc fallu l’accord de la Russie. Nous considérons que la Russie est complice d’Erdogan dans cette attaque qui va déstabiliser toute a région.
 
Humanite.fr : Sur quels alliés peuvent compter aujourd’hui les Kurdes ?
A.P. Avant tout, les Kurdes comptent sur eux-mêmes, et cela depuis des années. Jusqu’à maintenant, nous avions en principe le soutien des Etats-Unis, mais depuis 48 heures, nous subissons une attaque et il n’y a aucune déclaration consistante de leur part. Même chose pour la Russie qui en principe n’était pas opposée aux Kurdes, mais eux aussi se taisent. Nous demandons que ces deux grandes puissances interviennent pour faire cesser cette attaque. C’est une guerre, ce qui se passe dans la région d’Afrin n’est pas normal.
 
Humanite.fr : Quelle est la réaction côté syrien ?
A.P. Avant l’attaque de la Turquie, la Syrie avait dit qu’elle détruirait tous les avions qui pénétreraient dans son espace aérien. Mais elle n’intervient pas contre l’aviation turque, et pour l’instant, elle ne fournit aucune explication.
 
Humanite.fr : Et ailleurs dans le monde ?
A.P. Il y a peu de réactions officielles précises de la part des Etats. Nous avons fait appel aux Nations-Unies. Nous pensons également que la France peut jouer un rôle en Syrie. La France pourrait soutenir les Kurdes qui proposent d’être une force de stabilité dans la région. Les Britanniques ont dit que la Turquie défendait ses intérêts, c’est inacceptable. Jamais un combattant kurde d’Efrin n’a franchi la frontière de la Turquie.
En revanche, beaucoup de personnes se sont mobilisées à travers le monde pour dénoncer l’attaque de la Turquie contre la région d’Efrin. Depuis 48 heures, il y a eu des manifestations dans 27 pays, en Europe, au Canada, en Australie, au Japon, aux Etats-Unis, etc… Hier, il y a eu une manifestation devant l’ambassade de Russie à Paris. En Turquie, le HDP ( Parti démocratique des peuples ) a également appelé à la mobilisation générale des mouvements kurdes.
C’est très important que les citoyens se mobilisent dans le monde.
Les Kurdes ont combattu Daesh et à ce moment là, nous avions un soutien mondial, tous les pays prétendaient être nos alliés parce qu’ils avaient besoin de nous. Aujourd’hui, nous sommes lâchés par les pays occidentaux. Ils observent les attaques contre Afrin, mais c’est le silence total, ils ne font rien.
Bombardements turcs contre Afrin: les Kurdes dénoncent le silence des pays occidentaux (L'Humanité, 21 janvier 2018)
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