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25 janvier 2018 4 25 /01 /janvier /2018 06:04
Rassemblement pour l'hôpital de Morlaix du Comité de défense de l'hôpital public le 19 octobre dernier

Rassemblement pour l'hôpital de Morlaix du Comité de défense de l'hôpital public le 19 octobre dernier

Vendredi 26 janvier, 14h45 - Appel du comité de défense de l'hôpital public en pays de Morlaix à soutenir les 20 emplois menacés de la cuisine centrale de l'hôpital qui sert 800 000 repas par an dans la proximité

Morlaix le 24 janvier 2018-01-24

 

COMMUNIQUÉ DU COMITÉ DE DÉFENSE 

DE L'HÔPITAL PUBLIC EN PAYS DE MORLAIX (CDHPPM)

 

Depuis sa création le Comité de défense de l’hôpital public dénonce la diminution constante des moyens dédiés aux structures de santé en Pays de Morlaix. 

 

Au point qu’aujourd’hui, les personnels considèrent souvent qu’ils ne peuvent plus assurer leurs missions comme ils le souhaiteraient et que les usagers témoignent de plus en plus d’une qualité de soins qui se dégrade.

 

C’est dans ce contexte que les organisations syndicales de l’hôpital de Morlaix viennent d’apprendre qu’une vingtaine de postes de la cuisine centrale de l’établissement seraient supprimés en juin prochain. 

 

Cette nouvelle menace sur l’emploi des personnels consécutive au choix de la direction de sous-traiter à une entreprise privée la préparation des 800 000 repas annuels servis à l’hôpital est un choix contestable et contesté. 

 

Les personnels sont appelés à une première journée de mobilisation intersyndicale le vendredi 26 janvier de 14 h 45 à 15 h 45, devant le self. La grève sera reconduite pour une durée illimitée à partir de lundi, avec des débrayages de 11 h à 14 h.

 

Pour notre collectif, chaque nouvelle dégradation des conditions de travail des personnels se répercute sur la qualité des soins et du séjour des usagers que nous sommes. Il est donc essentiel que nous leur disions tout notre soutien dans cette nouvelle bataille pour l’emploi dans le service public.

 

Après la psychiatrie et la cardiologie, c’est maintenant aux services généraux de subir la logique comptable de l’administration. Prétendre toujours faire mieux avec moins de moyens, ce n’est plus possible aujourd’hui à l’hôpital de Morlaix, c’est ce qui disent les professionnels.

 

 C’est pourquoi, nous appelons le public à les soutenir pour obtenir le maintien des 20 postes menacés et le maintien du service de restauration au sein de l’hôpital de Morlaix.

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25 janvier 2018 4 25 /01 /janvier /2018 05:09
Hôpital public: stop à la folie des fermetures! (déclaration du PCF, janvier 2018)

C'est notre santé qui est en danger, avec un accès aux soins de plus en plus inégalitaire! 

Face à cette situation plus de 1700 actions ont été engagées depuis le début de 2017 dans le secteur hospitalier et médico-social: souvent unitaires, sectorielles, comme dans les hôpitaux psychiatriques et les EHPAD, longues, tenaces, peu médiatisées, sauf quand la souffrance au travail se traduit par la grève de la faim en Corse... avec à chaque fois le soutien des populations locales. Parfois, elles débouchent sur des succès, notamment d'emplois supplémentaires dans les EHPAD. 

Au cœur de ces mouvements revendicatifs, il y a l'exigence de meilleures conditions de travail, de création de postes, de pouvoir travailler correctement quel que soit l'hôpital, l'EHPAD ou encore le CHU. 

Il n'y a pas de fatalité à une telle situation! L'hôpital est en fait malade du choix pris par les gouvernements successifs de réduire les dépenses publiques, notamment au travers de la Sécurité sociale.

- 2015-2017: les budgets hospitaliers ont supporté 10 milliards de réduction

- 2018: Macron et Buzyn réduisent encire de 1,4 milliards le budget des hôpitaux. Ils nous préparent un mauvais coup, au prétexte de répondre aux critiques de la tarification à l'activité (T2A) avec un nouveau modèle de financement sous couvert d'"efficience". Selon eux, "il y aurait 30% de soins inutiles"! Merci Macron! 

Moins de moyens année après année se concrétise par des pressions insupportables sur les personnels toutes catégories confondues: réorganisations du travail, suppressions de postes, précarisation accrue avec pour corollaire la souffrance au travail, transformation de l'hôpital public en entreprise privée! 

Alors, pas étonnant que les hôpitaux soient obligés de s'endetter pour faire face à leurs obligations accrues. 

Dans le même temps, les besoins de santé augmentent pour répondre à la nécessaire croissance de la population, son heureux vieillissement, l'apparition concomitante de pathologies chroniques, à l'égalité d'accès de tous au progrès médical et scientifique. Mais comment dans de telles conditions financières l'hôpital public peut-il y faire face? Et pourtant les établissements publics font chaque jour la preuve de leur utilité sociale, en accueillant la première vague de l'hiver des malades de la grippe. 

Ainsi les urgentistes craquent, et qu'en sera t-il en 2020 si nous les laissons détourner l'hôpital public de ses missions? 

Hôpital public, notre bien commun est en danger! 

Ne laissons pas Macron "donner le coup de grâce"!       

De gouvernement en gouvernement, l'avenir de l'hôpital public serait une priorité: la ministre A. Buzyn ne vient-elle pas de déclarer la main sur le cœur: "Sur l'hôpital, nous sommes arrivés au bout d'un système"! 

En effet, Macron a bien l'intention d'accélérer le regroupement autoritaire d'hôpitaux publics par territoire (GHT) engagé depuis le 1er juillet 2016: c'est l'aggravation combinée des: 

- réduction de moyens matériels et humains des hôpitaux publics

- suppression de services, de milliers de lits fermés

- disparition des hôpitaux et maternités de proximité en déléguant au privé le plus rentable 

Le droit à l'accès aux soins pour tous est gravement menacé avec un éloignement toujours plus important pour de nombreux usagers, des problèmes de sécurité médicale et de nombreux déserts médicaux. 

L'offre de soins hospitalière publique devient aujourd'hui un enjeu de première importance: ensemble, construisons l'avenir de l'hôpital public! 

Ce dont a besoin la population dans sa diversité, ce n'est pas de superstructures hospitalières mais d'hôpital public de proximité travaillant en concertation avec les services spécialisés, de recherche et d'enseignement, dans un parcours de soins intégrant une offre ambulatoire de centre de santé, des équipes en nombre suffisant et bien formées, investies dans la prise en charge partagée. 

L'égalité d'accès à la médecine de qualité pour répondre aux besoins est possible, pour toutes et tous et partout, et certainement pas le "tout ambulatoire" qui fermera 7 lits sur 10 d'ici 2020! 

Mon hôpital public, j'y tiens!  

L'argent existe pour IMMEDIATEMENT refinancer les hôpitaux publics: en attestent les 34 milliards de dividendes du 1er semestre 2017 des entreprises du CAC 40!

Le PCF propose: 

- la suppression des exonérations de cotisations sociales patronales en faisant cotiser les revenus financiers, en luttant contre la fraude sociale des Patrons

- modulation des cotisations sociales patronales en fonction des efforts réalisés par l'entreprise en matière d'emploi, de salaire et de formation

- suppression de la CSG

Le Parti Communiste Français propose un plan d'urgence autour de 4 axes: 

- Restaurer les budgets de fonctionnement à la hauteur des besoins des établissements, avec dans l'immédiat un plan de sauvegarde, l'effacement des dettes, notamment des emprunts toxiques. En finir avec les enveloppes fermées et la T2A. 

- Financer un plan de développement du service public de santé avec des créations d'emplois et par un maillage des territoires de santé autour de l'hôpital public de proximité en lien avec ou ou des centres de santé: l'élaboration des plans régionaux de santé doit être mise à profit pour faire entendre des besoins de santé! Arrêts des GHT! 

- Financement d'Etat pour l'investissement hospitalier (nombre d'établissements ne peuvent plus avoir accès aux emprunts bancaires) 

- Abrogation du numerus clausus, lancement d'un plan de formation médicale et paramédicale et embauches statutaires. 

Le personnel hospitalier, leurs représentants syndicaux, les usagers, les associations, les élus, les partis politiques ont leur mot à dire! Pas de refonte de l'hôpital sans eux. 

Le Parti Communiste Français présent dans toutes les luttes et rassemblements pour le défendre, en fait un objectif prioritaire: 

Pour une sécurité sociale du 21 ème siècle avec le 100% Sécu. 

Menons la bataille pour la santé pour tous!   

 

Hôpital public: stop à la folie des fermetures! (déclaration du PCF, janvier 2018)
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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 16:15
Halte au massacre du peuple kurde! Stop Erdogan! Communiqué du MRAP (24 janvier 2018)

Halte au massacre du peuple kurde ! Stop Erdogan !

 

Samedi 20 janvier, l’armée turque a  attaqué, avec 76 chasseurs bombardiers la ville kurde d’Êfrin dans le Rojava (Kurdistan de Syrie) . Les bombardements ont déjà fait des dizaines de victimes civils dont de nombreux enfants. Des troupes terrestres ont commencé à entrer dans l'enclave d'Êfrin, appuyées par des milices djihadistes, menaçant de faire d'Êfrin un nouveau Kobanê.   La région d’Efrîn  abrite autant de réfugiés que le nombre de ses habitants, notamment des centaines de Yezidis qui avaient fui les massacres perpétrés par Daesh. Le camp de réfugiés de Roubar, qui abrite 20 000 personnes a , notamment, été  la cible de l’aviation turque .

Erdoğan a averti le Parti Démocratique des Peuples (HDP), à propos de toute tentative d’organiser des manifestations contre l’opération en Syrie : « Nous écraserons quiconque s’oppose à cette lutte nationale. Vous êtes suivis à la trace. Quelle que soit le lieu où vous sortirez, nos forces de sécurité seront sur vous. »

Nous nous devons de rappeler que les Kurdes de Syrie (avec leurs forces armées, les YPG et les YPJ) et leurs alliés arabes (avec lesquels ils ont formé les FDS, Forces Démocratiques de Syrie) ont été le fer de lance de la résistance et de la reconquête contre Daesh, mondialement salués  lors de la bataille de Kobané. Les pertes en vie humaine et matérielles ont été lourdes, la population du Rojava ne demandent maintenant qu'à vivre en paix.

Le système confédéral que les Kurdes ont choisi de mettre en place au Rojava en janvier 2014 ( administrations locales autonomes qui ont pris la forme de trois cantons.) ne peut que contribuer au développement de la démocratie et à l'instauration d'une paix durable au Moyen-Orient. Dans ces institutions nouvellement créées, les Arabes, les Assyriens, les Arméniens, les Turkmènes sont représentés à égalité avec les Kurdes. Les différentes confessions – musulmane, chrétienne, yézidie et alévie – sont également représentées . Les droits de l'Homme et la liberté sont garantis par la proclamation de « l'égalité hommes/femmes, l'interdiction du travail des enfants, des mariages forcés, de la torture ». L'école primaire est obligatoire et l'enseignement gratuit. Des droits nouveaux sont proclamés comme ceux du travail, du logement, de la santé avec notamment l'instauration d'un congé maternité. Trois langues officielles sont reconnues : le kurde, l'arabe et le syriaque. Les femmes sont largement représentées dans les gouvernements des trois cantons et l'une d'elle dirige celui d'Efrîn.

On comprend que le Rojava dérange le dictateur Erdogan ! Depuis plusieurs mois, l’armée turque préparait ouvertement une offensive contre le canton  d’Efrîn. Erdogan ne s’en cachait pas et tout le monde le savait lors de sa récente venue en France !

Le MRAP demande au gouvernement français d'intervenir de toute urgence pour que cesse le massacre du peuple kurde. Il demande à l'Union Européenne de prendre des sanctions économiques contre un pouvoir qui bafoue les droits de l'homme et le droit des peuples.

Il appelle à participer aux rassemblements qui se déroulent dans plusieurs villes de France, notamment samedi 27 janvier à 15h, Place de la République à Paris

Il est temps de dire « STOP ERDOGAN » !

Paris, le 24 janvier 2018

 

Retrouvez cet article sur le site internet du MRAP

-- 
Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples
43 Boulevard Magenta - 75010 Paris
01.53.38.99.82
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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 16:12
Industrie navale brestoise, état des lieux et perspectives: débat public organisé par le PCF à Brest le jeudi 25 janvier à 18h30, au Mouton à 5 pattes

Débat public dans le cadre des États généraux du progrès social http://progres-social.pcf.fr/

jeudi 25 janvier à 18h30 au Mouton à 5 pattes

Place Guérin Brest.

Industrie navale brestoise, état des lieux et perspectives

PCF Section du Pays de Brest 
5 rue Henri Moreau 29200 Brest
Tramway : station St Martin
Tel 02 98 43 47 78 / Fax 02 98 43 44 62 
@ : pcf_brest@yahoo.fr
 
Bonjour

Dans le cadre de la préparation des États généraux du progrès social du PCF le samedi 3 février en

région parisienne http://progres-social.pcf.fr/nous organisons un débat sur le thème Industrie

maritime brestoise, état des lieux et perspectives (construction, réparation déconstruction navale,

EMR...) le jeudi 25 janvier à 18h30 au Mouton à 5 pattes place Guérin à Brest .

Face à l’offensive anti-sociale du gouvernement Macron-Philippe, comment articuler mouvement social et politique afin d’apporter une riposte efficace ? La question taraude tous les progressistes. Le PCF fait une proposition en lançant une campagne nationale « pour un nouveau progrès social pour la France ».

Sans son industrie la France ne serait pas devenue l’une des nations les plus développées, et surtout elle n’aurait pas pu répondre, en toute indépendance, aux besoins essentiels de sa population : transports, énergie, télécommunications, agroalimentaire… Or, depuis trente ans, la part de l’industrie dans la richesse produite en France est passée de 20% à 12%. Ce déclin n’est pas le résultat d’une crise mais de choix délibérés soumis au mythe de la société postindustrielle : oui, c’est bien le choix du capitalisme financier, du financement par les fonds de pension, de la rémunération folle des actionnaires qui a conduit à cette désindustrialisation.

Avec Emmanuel Macron ce choix du « laisser faire » et de la finance s’aggrave, aussi c'est en faisant converger nos analyses et nos propositions que nous construirons ensemble l'alternative politique à

Macron et à la droite !

 

Fraternellement

Pour la section du PCF du Pays de Brest

Jean Paul CAM

 
PCF Section du Pays de Brest 
5 rue Henri Moreau 29200 Brest
Tramway : station St Martin
Tel 02 98 43 47 78 / Fax 02 98 43 44 62
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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 16:01

"L’essentiel de ce que vous proposez est niché dans un considérant de principe : la compétitivité, qui devrait être le fil directeur des efforts communs pour l’approfondissement de l’Union économique et monétaire. Alors que se multiplient les signes de l’échec de la politique européenne, vous vous enfermez dans ce grigri qui masque les réalités humaines. Vous ne voyez plus les peurs, les désespoirs des femmes et des hommes, des jeunes, de nos anciens. Vous éliminez la souffrance qui rétrécit les consciences. Comment peut-on faire grandir l’amitié des peuples sur cette matrice de la guerre économique et sociale ?"

"Comment peut-on prétendre fonder les relations entre les peuples sur l’Europe des marchés, de l’austérité budgétaire et du dumping social ? Derrière le discours sur le renouveau du traité, c’est le dogmatisme néolibéral qui prévaut, ce dogmatisme qui a coupé Bruxelles, Paris et Berlin des peuples de l’Europe."

55 ANS DU TRAITÉ DE L'ELYSÉE - INTERVENTION À L'ASSEMBLÉE NATIONALE

Intervention prononcée le 22 janvier 2018 à l’occasion du cinquante-cinquième anniversaire du traité de l’Élysée, qui a été signé par Konrad Adenauer et Charles de Gaulle le 22 janvier 1963 et dans le cadre de l'examen de la proposition de résolution de M. François de Rugy et plusieurs de ses collègues pour un nouveau Traité de l’Élysée et pour accroître le rôle des parlements dans la coopération franco-allemande.

M. le président. La parole est à M. André Chassaigne, président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine.

M. André Chassaigne. Monsieur le président, chers collègues, symbole de la réconciliation scellée entre la France et l’Allemagne, le traité de l’Élysée est l’aboutissement de la volonté et de la ténacité d’un grand homme d’État qui avait une vision pour la place de notre pays dans le monde, une vision pour un monde de paix multipolaire libéré de la soumission à l’impérialisme des États-Unis : le général de Gaulle.

Avec la contribution du chancelier Adenauer, il a voulu consacrer l’amitié des peuples français et allemand au lendemain des pages les plus sombres d’une histoire commune trop souvent cruelle et tellement sanglante.

Pour les internationalistes que nous sommes, l’amitié entre les peuples français et allemand va de soi. Nous aimons l’Allemagne : celle d’hier et d’aujourd’hui ; celle de l’est et de l’ouest ; celle de Goethe, Schiller, Heine, Mendelssohn ; celle de Marx, August Bebel, Karl Liebknecht, Rosa Luxemburg, Clara Zetkin, celle de Thomas et Heinrich Mann, de Bertolt Brecht et de Heinrich Böll, de Christa Wolf et de Hermann Müller.

Notre Allemagne n’est pas celle des intérêts financiers défendus aujourd’hui par Mme Merkel. Comme le disent si bien nos amis de Die Linke, nous avons besoin d’une « Allemagne européenne ». L’arrogance, soit-elle française ou germanique, est un danger pour l’Europe. Nous voulons une amitié et une coopération fondées sur un idéal de paix partagé par les peuples d’Europe, un idéal imaginé, bien avant les chefs d’État et de gouvernement, par le mouvement ouvrier des deux côtés du Rhin, par de grands intellectuels et hommes politiques comme Otto Dix, Romain Rolland, Jaurès ou encore le pasteur Niemöller, un idéal à l’opposé de l’Europe d’aujourd’hui, traversée par une vague de nationalismes xénophobes qui ne font pas partie de ses valeurs.

La solidarité et la coopération franco-allemandes doivent être ouvertes aux autres nations. Notre partenariat privilégié doit contribuer à la solidarité européenne. Il se doit de construire une nouvelle vision pour notre continent qui a vocation à devenir le pilier d’un monde qui n’est plus unipolaire.

Or, qu’avons-nous aujourd’hui ? Une Union européenne prisonnière de la religion néolibérale dont les grands prêtres nous psalmodient leurs cantiques : le traité de Maastricht, le traité de Lisbonne, le pacte budgétaire. Une nouvelle Inquisition avec sa guerre sainte : la confrontation militaire a été remplacée par la guerre économique ; les fusils, les chars et les avions ont cédé leur place au dumping social et à l’austérité budgétaire au nom de l’orthodoxie néolibérale.

Mais les victimes sont toujours les mêmes : les peuples !

Vous nous soumettez, dans ce projet de résolution, une Europe sans vision, vaste zone de circulation du capital et de production des dividendes. Une Europe sans le rayonnement qui a si souvent éclairé le monde, de la Révolution française à la révolution spartakiste.

Pas la moindre esquisse d’un projet pour la planète tout entière, d’une Europe jouant un rôle essentiel dans la construction d’une ère nouvelle, multipolaire, où les peuples seront à égalité pour enrichir notre humanité commune de leurs génies singuliers. Certes, on ne peut que se réjouir de la coopération interparlementaire entre les deux assemblées, preuve que nous pouvons travailler ensemble et aboutir à des accords. Un nouveau traité de l’Élysée ? Pourquoi pas. Mais avec un contenu fort, ouvrant sur le monde de demain, portant et inspirant un renouveau substantiel dans le cadre de notre rapport à l’Allemagne et à l’Europe en général.

Mais l’essentiel de ce que vous proposez est niché dans un considérant de principe : la compétitivité, qui devrait être le fil directeur des efforts communs pour l’approfondissement de l’Union économique et monétaire. Alors que se multiplient les signes de l’échec de la politique européenne, vous vous enfermez dans ce grigri qui masque les réalités humaines. Vous ne voyez plus les peurs, les désespoirs des femmes et des hommes, des jeunes, de nos anciens. Vous éliminez la souffrance qui rétrécit les consciences. Comment peut-on faire grandir l’amitié des peuples sur cette matrice de la guerre économique et sociale ?

Comment peut-on prétendre fonder les relations entre les peuples sur l’Europe des marchés, de l’austérité budgétaire et du dumping social ? Derrière le discours sur le renouveau du traité, c’est le dogmatisme néolibéral qui prévaut, ce dogmatisme qui a coupé Bruxelles, Paris et Berlin des peuples de l’Europe.

Cette résolution est aussi une ode à peine voilée au fameux modèle allemand. Un modèle fait d’austérité idéologique et de pointillisme budgétaire, d’excédents financiers insolents nourris par l’appauvrissement des autres peuples européens, avec une proportion de pauvres et de précaires en Allemagne plus importante encore qu’en France, des équipements publics qui se délabrent et des infrastructures de transport obsolètes. Votre perte de confiance, chers collègues, est telle que vous voulez cela pour la France et pour l’Europe !

Monsieur le président, collègues signataires de cette proposition de résolution, vous avez malheureusement succombé à l’hypnose néolibérale. Vous avez oublié que vous êtes les élus de la nation que Goethe admirait tant et non les petites mains sans attache patriotique au service des actionnaires dont parlait Anatole France. À l’opposé, nous voulons donner un sens positif à la relation entre nos deux pays, penser un partenariat étroit, équilibré, non exclusif, qui ne peut se réduire au couple moteur franco-allemand.

Construire une vision, affirmer une volonté politique suppose de travailler à un rééquilibrage à tous les niveaux, pour poser les fondements d’un projet européen, sans occulter les grandes questions que sont l’évasion fiscale, le poids des dettes illégitimes, une BCE au service des banques et sans action sur l’économie réelle, les inégalités sociales et territoriales, la course à l’armement au sein de l’OTAN.

Comme le disait déjà Victor Hugo en 1842, la relation entre la France et l’Allemagne est déterminante pour l’avenir de l’Europe et du monde. Elle doit être célébrée dans cet objectif, et c’est à cela qu’il faut travailler. Nous proposons une politique économique solidement fondée sur la recherche et l’enseignement, une coopération industrielle dans le respect des aspirations écologiques des peuples européens. Nous proposons une politique énergétique définie en commun où tous les pays doivent renoncer à court terme aux énergies carbonées. L’Allemagne est l’un des deux principaux pollueurs européens et nous-même devons avancer vers la concrétisation de la transition énergétique. Notre volonté partagée doit être celle d’une puissante contribution à la lutte contre le réchauffement climatique.

Enfin, ensemble avec les autres pays européens, pour notre planète, pour le droit au bonheur et au développement de chaque être humain, il est urgent d’impulser de puissantes politiques de coopération et de co-développement, seul moyen de tarir les mouvements migratoires et d’empêcher l’abandon et la ruine des pays du Sud.

Les peuples de France et d’Allemagne doivent être à l’initiative de la définition d’un projet européen digne de ce nom, d’un projet ambitieux pour l’ensemble du continent, susceptible de donner un nouveau souffle et un sens à l’Europe. Il s’agit de construire, avec et pour les citoyens, une Europe sur des bases saines, c’est-à-dire démocratiques, sociales, écologiques. Nous croyons en une Europe sociale qui serait consacrée par un véritable traité social européen, qui ne saurait être réduit au seul couple franco-allemand, un traité porteur de valeurs et de normes protectrices de nos travailleurs, socle d’une Europe solidaire, libérée de la tutelle des marchés financiers, des dogmes du libéralisme et de l’austérité budgétaire. Seule une telle feuille de route est susceptible de renouveler la relation franco-allemande et de réorienter la construction européenne, pour un meilleur avenir des peuples.

Elle ne peut se construire à quelques-uns, autour d’un tapis vert, à la va-vite, sans associer les forces vives de nos deux nations. Imprégnons-nous de ce que disait si bien Nelson Mandela : « Tout ce qui est fait pour moi, sans moi, est fait contre moi. » Cette vision du monde est absente de la résolution qui nous est soumise aujourd’hui. Monsieur le président, chers collègues, en ne la votant pas, nous pensons aux grands noms de notre histoire commune que j’ai nommés au début de mon intervention ; nous pensons à ceux qui ont payé de leur vie leur amour de la paix, de la liberté, leur amour des peuples français et allemand, comme Jean Jaurès, Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg ! Nous voulons être dignes d’eux !

 

Retrouvez cette intervention en vidéo ici. 

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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 15:45
Mahmoud Abbas à Bruxelles: l'Union européenne oublie le droit (AFPS)
Mahmoud Abbas à Bruxelles : l’Union européenne oublie le droit

http://www.france-palestine.org/Mahmoud-Abbas-a-Bruxelles-l-Union-europeenne-oublie-le-droit

Un mois et demi après la provocation de Donald Trump reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël, entérinant ainsi les violations du droit par Israël, le Conseil européen des Affaires étrangères et sa présidente ce lundi 22 janvier ont reçu le président Mahmoud Abbas à Bruxelles.

L'AFPS ne peut hélas que constater que l'espoir d'une intervention forte de l'Europe dans ce dossier n'a pas eu lieu et que la reconnaissance de l'État de Palestine par l’Union européenne et par la France n'est toujours pas à l'ordre du jour.

Pour redonner sa place au droit, la Palestine, face aux menaces américaines, s'est naturellement tournée vers l'Europe. Elle lui a demandé la première chose qui est en son pouvoir : la reconnaissance de son État, premier pas indispensable pour affirmer une volonté de paix fondée sur le droit.

Au menu de ce déjeuner de travail, la reconnaissance demandée par la Palestine ? 70 ans après le plan de partage, l'Union européenne lui a répondu qu'elle n'était "pas prête"...

Une approche multilatérale pour construire une paix fondée sur le droit ? L'Union européenne en reste toujours à demander que la Palestine retourne négocier en tête-à-tête avec l'État d'Israël qui l'occupe militairement.

Une protection du peuple palestinien, avec lignes rouges et sanctions à la clé ? Ce point n'est même pas évoqué malgré la colonisation qui s'étend, les destructions de maisons, les centaines d'arrestations arbitraires, les morts et les blessés dans les manifestations palestiniennes.

L'Union européenne s'est contentée d’envisager de proposer à la Palestine - tout en refusant de la reconnaître politiquement - la perspective lointaine d'un accord d'association, et quelques renforcements de relations économiques. C'est à l'opposé des initiatives politiques nécessaires alors qu’il faut faire cesser l'occupation qui étrangle l'économie palestinienne.

Il est absurde de demander aux Palestiniens de donner des gages à ceux qui se sont donné pour règle de détruire le droit international, alors que la résolution 2334 du Conseil de sécurité doit s’imposer à tous et être mise en œuvre.

Il est temps que la France sorte des mots et des ambigüités. Il faut des actes forts pour une paix fondée sur le droit et non sur la loi du plus fort. Elle en a la possibilité, elle peut en donner le signal. Elle doit appuyer la Slovénie et les pays qui, comme elle, ont l'intention de reconnaître l’État de Palestine et ne pas, au contraire, les tirer en arrière. Ce n'est pas plus tard, c'est maintenant que la France doit reconnaître l’État de Palestine ! Ne pas le faire revient à accepter la violation du droit.

Le moment est venu pour la France de montrer qu'elle ne se cache pas derrière des mots mais qu’elle veut effectivement agir pour une paix réelle fondée sur le droit international.

 

24 janvier 2017
Le Bureau national de l’AFPS

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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 07:24
Rojava: une utopie au coeur du chaos syrien - Projection par l'AFPS, AMD Brest, Attac, la LDH à Quimper le mercredi 24 janvier et à Brest le jeudi 25 janvier

1) ACTES en Cornouailles, l'AFPS Brest, les AMD Brest, ATTAC Brest, ATTAC Quimper, la LDH BMO, la LDH Quimper, le Patronage laïque Guérin et nous organisons des projections, suivies de débats avec les deux réalisateurs, du documentaire « Rojava : une utopie au cœur du chaos syrien ».

Elles auront lieu :
- à Quimper le mercredi 24 janvier, de 20h à 21h30, aux halles Saint-François (rue Astor)
- à Brest le jeudi 25 janvier, de 19h à 20h30, au Patronage laïque Guérin (1, rue Alexandre Ribot)

A Brest, l'association de cinéma Termaji a bien voulu prêter main forte pour assurer la technique.

L'affiche est ici : plguerin.fr
 

2) plusieurs organisations se sont réunies pour mettre en place un « forum social brestois » !

Elles vous invitent ainsi à Brest :
- le vendredi 2 février à 20h à une projection de cinéma aux Studios (136, rue Jean Jaurès)
- et le samedi 3 février à partir de 14h à la faculté Segalen (20, rue Duquesne) pour plusieurs débats. A partir de 18h30, suivra une soirée conviviale au Patronage laïque Guérin (1, rue Alexandre Ribot) !

Le programme complet est disponible là : ForumSocialBrestois

Version pdf ici :http://cgtepbretagne.reference-syndicale.fr/files/2018/01/FORUM-SOCIAL-Programme.pdf

 


Il y a à faire : n'hésitez pas à participer à ces événements, et peut-être nous contacter pour faire des choses ensemble !

Si vous le souhaitez, vous pouvez aussi participer à nos actions de façon financière, en nous aidant à réserver des salles, du matériel, éditer des tracts, payer les frais de déplacement d'intervenants, et ainsi nous permettre d'organiser d'autres initiatives. 
 
Toutes les informations sont disponibles ici : participer.tout-a-faire.fr
Rojava: une utopie au coeur du chaos syrien - Projection par l'AFPS, AMD Brest, Attac, la LDH à Quimper le mercredi 24 janvier et à Brest le jeudi 25 janvier
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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 06:51
Le PCF appelle la France à agir de manière résolue contre l'agression du peuple kurde par le régime d'Erdogan

Les récents évènements placent à nouveau le Kurdistan au cœur de l’actualité.

L’agression criminelle de la Turquie contre le canton d’Êfrin (nord de la Syrie) vise sans ambiguïté à éliminer les combattants kurdes qui, avec la coalition internationale, ont infligé une déroute à Daesh et mis en place des institutions démocratiques qui promeuvent le progrès social, le féminisme, l’écologie et la paix. La Turquie ouvre ainsi un nouveau chapitre meurtrier de la guerre en Syrie, lourd de conséquence pour tout le Moyen-Orient.

Parallèlement, R.T. Erdogan poursuit la polarisation, la fragmentation et la radicalisation de la Turquie. Exerçant un pouvoir dictatorial sans partage, il interdit toute forme de dissensus politique et qualifie de « traîtres » ou de « terroristes » tous les démocrates s’opposant à lui. La guerre contre les Kurdes a été relancée provoquant la destruction de villes, la mort de centaines de personnes et l’exode de 500 000 d’entre eux. La force de résistance demeure le HDP (Parti Démocratique des Peuples). L’Assemblée de Turquie a levé l’immunité parlementaire des députés HDP dont 18 ont été incarcérés et risquent des peines extrêmement lourdes de prison. 86 de leurs maires sont destitués et emprisonnés à côté de 5 000 cadres de leur organisation. Dans des conditions très difficiles, le HDP devrait tenir son congrès le 11 février 2018. Notre parti y sera représenté.

Enfin, après l’assassinat des trois militantes kurdes à Paris en 2013, le procès qui devait se tenir n’aura pas lieu en raison du décès du présumé coupable. Comme l’ont montré l’instruction et des révélations récentes, l’implication des services secrets et de l’État turc est avérée. La France se doit de poursuivre dans la voie judiciaire afin de traduire les commanditaires devant les tribunaux. Parallèlement, le Tribunal permanent des Peuples tiendra en mars 2018 deux audiences à Paris afin de juger les crimes de la Turquie au Kurdistan.

Le peuple kurde connaît une période de versatilité meurtrière et un environnement brutalisé qui hypothèquent les acquis de ces dernières années. Le PCF entretient des liens d’amitié et de solidarité avec les Kurdes depuis de nombreuses années.

 

 

Afrin : Toute intervention militaire turque ouvrirait un nouveau chapitre de la guerre en Syrie (PCF)

L'enclave kurde d'Afrin en Syrie est en danger. Les forces turques bombardent depuis plusieurs jours maintenant ce territoire et une invasion est imminente. Le président turc, R.T. 
Erdogan, de plus en plus isolé sur la scène internationale, a juré la perte de l'expérience démocratique kurde du nord de la Syrie (Rojava) dont les combattants ont été au premier rang dans la lutte contre l'organisation de l'Etat islamique. R.T. Erdogan, après avoir soutenu les groupes djihadistes, menace de semer à nouveau la violence dans une Syrie déjà meurtrie.
La France qui recevait, voici quelques jours, le président turc, l'Union européenne, mais aussi les pays engagés dans la coalition, les Nations unies doivent, dans l'urgence, peser de tout leur poids pour dissuader la Turquie de poursuivre dans cette voie qui ne ferait qu'ouvrir un chapitre supplémentaire à la guerre qui déchire la Syrie.
Le Parti communiste français (PCF) en appelle au président de la République, Emmanuel Macron, et à toutes les forces démocratiques, pour s'élever contre cette nouvelle agression turque contre le peuple kurde et l'intégrité territoriale de la Syrie.

Parti communiste français
Paris, le 19 janvier 2018

AFRIN : STOPPONS L’AGRESSION CRIMINELLE DE LA TURQUIE

La Turquie vient de lancer une sauvage agression dans le canton d’Afrin (Syrie) peuplé de Kurdes, d’Assyro-Chaldéens et d’Arabes. Les tirs d’artillerie, les bombardements de l’aviation ont ce dimanche 21 janvier 2018 fait 8 morts parmi les civils et de nombreux blessés. L’offensive s’est concentrée sur la ville d’Afrin, des villages environnants et un camp de réfugiés. Les forces turques présentent au sol encadrent plus d’un millier de djihadistes issus d’Al Nosra ou d’Al Qaïda.

La Turquie tente par tous les moyens d’instaurer la terreur contre un peuple qui n’a jamais constitué le moindre danger pour Ankara si ce n’est de tenter de bâtir une société démocratique et pacifique.

Cette invasion ouvre un nouveau chapitre de la guerre en Syrie alors que la lutte contre l’État Islamique semblait arriver à son terme. Les Kurdes ont joué, aux côtés de la coalition, un rôle déterminant dans l’éradication de la barbarie obscurantiste. La Turquie sème le chaos dans une Syrie déjà meurtrie par 7 années de guerre et viole la souveraineté d’un État souverain.

Le Parti Communiste Français condamne cette agression, appelle à la mobilisation et à l’union de toutes les forces démocratiques afin d’exprimer notre solidarité avec les populations d’Afrin.

À la demande de la France, le Conseil de Sécurité des Nations Unies se réunira en urgence le 22 janvier 2018. La France, l’Union Européenne, les membres de la coalition doivent condamner l’invasion turque, exiger l’arrêt des combats et le retrait immédiat des forces d’occupation.

Comme pour le Kurdistan Irakien, le nord de la Syrie doit être placé sous protection des Nations Unies, seul moyen d’assurer la sécurité des populations civiles.

Parti Communiste Français

21 janvier 2018

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23 janvier 2018 2 23 /01 /janvier /2018 21:36
Paradis fiscaux: l'Europe fait marche arrière (Martine Orange, Médiapart, 23 janvier 2018)
Paradis fiscaux: l'Europe fait marche arrière
 PAR 

Deux mois après avoir établi sa liste noire des paradis fiscaux, l’Europe a déjà décidé de la revoir à la baisse. Le Panama, Dubaï et Macao sont retirés de ce classement et redeviennent très fréquentables. Le cirque de la prétendue lutte contre l’évasion fiscale continue.

 

Cela devait être la réponse exemplaire de l’Europe au scandale permanent des paradis fiscaux. En réaction à la publication des « Paradise Papers », qui suivaient les LuxLeaks, les « Panama Papers », les Malta Files, etc., Pierre Moscovici, désormais commissaire européen chargé des affaires économiques et financières, promettait une réponse intransigeante, en créant une liste noire des paradis fiscaux. « Il est important que cette liste sorte (...) en 2017, il faut qu'elle soit crédible, à la hauteur, qu'elle soit consistante et il faut qu'il y ait des sanctions appropriées pour les pays qui appartiendraient à cette liste noire », expliquait-il alors. Deux mois après sa parution, la Commission européenne a déjà entrepris de la réviser… à la baisse.

Mardi 23 janvier, les ministres des finances de l’Union européenne ont décidé de retirer huit pays sur les dix-sept qui composaient la liste noire des paradis fiscaux, présentée le 5 décembre. Parmi les pays désormais « blanchis » par la Commission figurent la Tunisie, la Corée du Sud, la Mongolie mais aussi le Panama, les Émirats arabes unis (EAU), Macao et les îles de la Grenade et de la Barbade.

Les autorités ont fourni des engagements « par des lettres signées à un très haut niveau », indique le communiqué du conseil des ministres des finances pour justifier cette révision hâtive. Ces États vont désormais être inclus dans la liste « grise », comprenant une quarantaine de pays qui se sont engagés à changer leurs pratiques ou leur législation.

 

« Cela prouve que la liste noire fonctionne », a estimé le ministre des finances bulgare, Vladislav Goranov, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union pour six mois. Les pays en cause « ont travaillé dur pour s’engager à réformer leur politique fiscale ». De son côté, le ministre français des finances, Bruno Le Maire, s’est rapidement réjoui sur Twitter de cette révision : « La pression européenne a apporté ses premiers résultats ! »

Pour tous ceux qui espéraient que la liste européenne n’était qu’un premier pas vers une lutte plus ferme contre l’évasion fiscale, la décision européenne fait l’effet d’une douche froide. Car tout cela a un fâcheux air de déjà-vu. Comment ne pas penser au précédent de la liste noire des paradis fiscaux de l’OCDE, qui avait été vidée de toute substance en quelques mois ? « L'Union européenne semble très pressée de retirer des États de la liste noire, mais elle ne dit rien sur les raisons qui ont motivé cette décision et quels engagements concrets ont été pris par ces États. Ce manque de transparence décrédibilise l'action de l'Union européenne pour lutter contre l'évasion fiscale », a réagi Marion Aubry, porte-parole de l’ONG Oxfam.

Mélangeant allègrement dispositifs d’allègements fiscaux ciblés et vraies pratiques d’évasion fiscale dans ses critères d’évaluation, la Commission européenne avait surpris, lors de la publication de sa liste, par ses choix très sélectifs. Il y avait beaucoup d’absents. Mais il est vrai que la liste avait été raccourcie par avance puisque, comme l’a assuré le commissaire européen des finances, Pierre Moscivi, « il n’y a pas de paradis fiscal en Europe ». En revanche, certains pays s’y trouvaient inscrits, sans que l’on en comprenne très bien les raisons.

Ainsi, beaucoup se sont interrogés sur la présence de la Tunisie dans cette liste. Ce pays n’est pas réellement réputé pour ses activités offshore, ses pavillons de complaisance, ses juridictions opaques. Mais il a instauré depuis 1972 un système fiscal préférentiel, limitant l’impôt sur les sociétés à 10 % pour toutes les entreprises dont l’activité est tournée vers l’exportation. Un régime assez habituel dans nombre de pays émergents. Mais cela a suffi à justifier le classement de la Tunisie comme paradis fiscal, comme l’adétaillé Romaric Godin.

Le classement de la Corée du Sud en paradis fiscal avait paru tout aussi incongru. Ce pays, s’il a instauré des mesures de soutien à l’exportation et pour la protection intellectuelle, n’a jamais figuré parmi les trous noirs de la finance internationale. Depuis 2011, un traité de libre-échange a même été signé entre l’Union européenne et Séoul. Voir la Tunisie, la Corée du Sud et la Mongolie sortir de cette liste apparaît donc aujourd’hui comme une correction d’erreurs inavouées, erreurs faites lors de l’établissement d’une liste construite à la va-vite et selon des critères assez approximatifs.

Mais comment justifier le retrait de la liste du Panama, des Émirats arabes unis, de Macao, des îles de la Grenade ou de la Barbade ? Quel que soit le critère retenu, il s’agit bien de vrais paradis fiscaux, dans le plein sens du terme.

 

Nul besoin de présenter le Panama. Même avant les « Panama Papers » et la saga de la firme juridique Mossack Fonseca, le territoire panaméen était répertorié de longue date comme une plaque tournante de la finance offshore, recyclant à tour de bras les milliards cachés issus des trafics et de la fraude fiscale. Même si le Panama a promis, après le scandale des « Panama Papers », une meilleure collaboration avec les autres pays, il a fallu attendre le 15 décembre 2017 pour que le territoire accepte de signer une convention internationale dans laquelle il s’engage à transmettre automatiquement les données des étrangers disposant d’avoirs chez lui. Officiellement, il n’y a donc plus de secret bancaire au Panama.

Cette seule signature semble avoir suffi à rassurer l’Union européenne. Sans attendre, celle-ci a pris la décision de retirer le Panama de sa liste noire. La prudence aurait exigé d’attendre d’obtenir ne serait-ce qu’un début de preuve de la réelle volonté de transparence du territoire sud-américain. En 2009, le Panama s’était fermement engagé à abandonner son statut de paradis fiscal. Monaco et le Liechtenstein, en outre, s’étaient même portés caution des bonnes intentions panaméennes. C’est dire ! Cela avait permis au Panama de sortir en quelques mois de la liste noire de l’OCDE, sans rien changer.

L’effacement des Émirats arabes unis du classement européen des paradis fiscaux n’a même pas l’alibi d’un quelconque traité. Officiellement, aucune convention d’échanges automatiques de données, aucun engagement n’a été pris : les Émirats arabes unis restent un pur paradis fiscal, même en s’en tenant aux seuls critères européens. Depuis des années, les entreprises et les investisseurs étrangers installés aux Émirats bénéficient d’une fiscalité zéro. Surtout, Dubaï a créé une industrie de l’évasion fiscale, garantissant une opacité totale et un secret bancaire absolu à tous ceux qui ont envie de cacher leurs avoirs et/ou leurs opérations inavouables. Ces pratiques n’ont pas changé en deux mois. Est-ce parce que certains grands groupes européens comme ArcelorMittalou Airbus ont découvert depuis longtemps l’intérêt de la plateforme financière de Dubaï, ou parce qu’il est urgent de ne pas froisser un ami de l’Europe dans ces temps troublés, qu’il a été décidé de retirer les EUA de la liste noire européenne ? En un tournemain, en tout cas, Dubaï est redevenu très fréquentable.

Le retrait de Macao, des îles de la Grenade et de celles de la Barbade est tout aussi inexplicable. Ces territoires restent des trous noirs de la finance. Mais il y en a bien d’autres, comme Singapour réputé pour son secret bancaire total, les îles Vierges, le Vanuatu, les Bahamas, Saint-Christophe-et-Niévès (la liste est non exhaustive), sans parler des îles Anglo-Normandes qui, étrangement, n’ont pas été retenues dans la première liste européenne. Peut-être les ministres européens ont-ils jugé plus simple de réviser leur “intransigeance” à la baisse plutôt qu’à la hausse ?

Pour l’Europe, le problème des paradis fiscaux, des trous noirs de la finance et de l’évasion fiscale ne se résume désormais plus qu’à neuf confettis du bout du monde : les Samoa, les Samoa américaines, l’île de Guam, Bahreïn, les îles Marshall, la Namibie, les Palaos, Sainte-Lucie et Trinité-et-Tobago. Tant qu’à faire, les ministres européens des finances auraient dû faire plus simple et s’aligner tout de suite sur la liste noire de l’OCDE. Celle-ci ne comporte plus qu’un seul nom : Trinité-et-Tobago. Cela leur aurait permis de déclarer tout de suite, comme en 2009 : « Les paradis fiscaux, c’est fini », et pour nous de mettre un terme plus rapidement à ce cirque qui prend tous les Européens pour des imbéciles.

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23 janvier 2018 2 23 /01 /janvier /2018 21:31
Carrefour : 
50 milliards de chiffre d'affaires
100 millions par an au titre du CICE
2400 suppressions d'emplois
Cherchez l'erreur...

Carrefour vient d’annoncer, un plan de transformation de l’entreprise au nom de la concurrence internationale.

Les salariés s’étaient déjà mobilisés en décembre et ils ont raison.

2400 « départs volontaires » au siège de Carrefour c’est autant de suppressions d’emplois et d’externalisations de services. Mais c’est aussi l’incertitude pour les salarié-es de 5 hypermarchés destinés à la mise en gérance et ceux des 273 magasins de proximité mis en vente (et fermés en cas d’absence d’acquéreur).

Rien ne justifie ce plan social.

Avec ses 115 00 salarié-es en France, des hypermarchés et plus de 800 magasins de proximité, Carrefour a fait plus de 40 milliards d’euros de chiffre d'affaires en 2016 et offre environ 500 millions d’euros par an à ses actionnaires. Pire, l’entreprise a été aidée par l’État à hauteur de 1,2 milliards d’euros de fonds publics (CICE, exonérations sociales et fiscales) en trois ans. C’est inacceptable.

 

Plutôt que de rester « vigilant » sur l’accompagnement de chaque salarié concerné, Bruno Lemaire devrait commencer par demander des comptes sur l’argent public perçu par Carrefour et utilisé aujourd’hui pour rémunérer des actionnaires et supprimer des emplois.

Avec les salarié-es mobilisé-es, avec les consommateurs, le PCF sera de toutes les mobilisations pour s’opposer aux mauvais coups du pouvoir Macron/Philippe, au service des profits des grands groupes.

A l’image des ventes directes de fruits et légumes qu’il organise chaque année, le PCF veut promouvoir des modes de productions et de consommation respectueux du travail des hommes et des femmes, comme de l’environnement.

Indigne: Carrefour surfe sur les ordonnances Macron pour booster ses profits (PCF)

Les députés communistes ont jugé mardi "révoltante" et "inacceptable" l'annonce faite par Carrefour de la suppression de 2.400 postes dans les sièges du groupe via un plan de départs volontaires. "Cette annonce pour nous, elle est révoltante, elle est inacceptable et je crois que les salariés vont se mobiliser dans les jours qui viennent", a affirmé Pierre Dharréville, l'un des porte-parole des députés communistes lors d'un point de presse. "Carrefour est une grande multinationale qui je crois a les épaules solides malgré les annonces qui ont été faites (..) qui adopte une stratégie qui est finalement d'externaliser les coûts" en supprimant des emplois et "en organisant la franchisation d'un certain nombre d'enseignes jugées les moins rentables", a ajouté l'élu des Bouches-du-Rhône. "On est en train une fois de plus de faire payer aux salariés des stratégies d'entreprise qui sont décidées en haut lieu en faisant fi de tout ce qu'ils ont donné", a-t-il dénoncé. Selon lui, Carrefour a en outre "utilisé les dispositions des ordonnances" sur le droit du travail et "non content de supprimer des emplois, on va en plus le faire dans des conditions qui sont avec des droits minimum pour les salariés qui vont être concernés et en ciblant particulièrement sans doute les seniors". L’entreprise a dévoilé mardi un plan de transformation pour s'adapter aux nouveaux modes de production et de consommation. Le plan du géant de la distribution passe notamment par la suppression de 2.400 postes en France via un plan de départs volontaires, ainsi qu'une réduction de coûts de deux milliards d'euros et un virage vers le commerce en ligne et le bio.

Indigne: Carrefour surfe sur les ordonnances Macron pour booster ses profits (PCF)
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