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29 janvier 2018 1 29 /01 /janvier /2018 17:18
Communiqué de la CGT: mobilisation dans les EHPAD de Morlaix le 30 janvier
Communiqué de presse sur la mobilisation du mardi 30 janvier dans les Ehpad.

Communiqué de presse sur la mobilisation du mardi 30 janvier dans les Ehpad.

Communiqué de la CGT: mobilisation dans les EHPAD de Morlaix le 30 janvier
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29 janvier 2018 1 29 /01 /janvier /2018 15:59

 

A juste titre, la communauté des chercheurs, universitaires, étudiants, généalogistes ou simples citoyens, s’est alarmée récemment du chantier CAP 2022 du gouvernement pour ce qui concerne les archives !

 

Plusieurs appels et pétitions (Action publique 2022, « Non, Mme Nyssen les archives sont une richesse, pas un coût » ou « Les archives ne sont pas un stock à réduire » ou encore « L’Appel de Montreuil » dont un paragraphe concerne les archives) ont lancé une alerte sur cet enjeu démocratique. En effet, les documents d’archives permettent d’écrire l’histoire ; a contrario, leur absence permet de la réécrire. Ils servent à tout un chacun pour établir des droits (nationalité, succession, retraite…) Les médias se sont faits le relai de cette inquiétude, donnant la parole aux chercheurs et permettant également au ministère de la culture de répondre.

 

C’est ainsi que nous avons entendu le directeur des Archives de France, Hervé Lemoine et la directrice des Archives nationales, Françoise Banat-Berger, banaliser le concept d’archives essentielles, insister sur la nécessité de sélectionner plus les archives, compte-tenu de la production exponentielle de papier et du risque conséquent de rater ou de détruire des archives historiques importantes….

 

Voyant la contestation monter, la ministre de la Culture Françoise Nyssen, son président du Conseil Supérieur des Archives Jean-Louis Debré, son délégué interministériel des Archives de France Vincent Berjot et son directeur des Archives de France Hervé Lemoine veulent nous faire croire qu’ils vont ouvrir la discussion, concerter, s’interroger sur « un socle commun des archives historiques » à sauvegarder. Cela commencerait par une grande et large concertation au Conseil économique, social et environnemental le 8 février2018…

 

On croit rêver ! Loin de sauvegarder des archives, cette nouvelle politique vise à faire de la place, à dégager du kilomètre linéaire en collectant moins d’archives et en détruisant une partie des archives définitives déjà en magasins …

 

Et cela a déjà commencé ! CAP 2022 ne vient donc qu’encadrer et accélérer un processus déjà « En Marche » aux Archives nationales depuis 2014 !

 

Ainsi en août 2016, une grande partie des archives définitives du dépôt légal ont été détruites, sous la pression du SIAF et de la direction des Archives nationales.

 

Preuves à l’appui, nous pouvons certifier que des informations, uniques, concernant le tirage, les noms des imprimeurs n’ayant pas déposé en province, les pseudonymes, le lieu d’impression, le nom du façonnier ont été perdues à jamais, sans parler des autographes manuscrits de l’ensemble des éditeurs pour la période 1925 à 1993.

 

Les justifications données pour cette destruction ne tiennent pas la route : l’ensemble des informations figurerait déjà dans le catalogue de la BNF et dans des registres récapitulatifs (en fait pas toutes, ainsi qu’on vient de l’indiquer). De fait, les deux versements en partie détruits étaient très consultés et avaient même été inventoriés (depuis, les inventaires ont même été retirés de la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales)…

 

Il est désastreux que pour gagner à peine plus de 200 mètres linéaires la direction du SIAF et des AN aient poussé à la destruction d’une partie de la collection de la Bibliothèque nationale, destruction qui a pour conséquence de ne plus disposer pour la période 1925-1993 d’aucune des deux collections complètes de déclarations individuelles (la collection du ministère de l’Intérieur ayant été détruite précédemment).

C’est terrible quand on sait que chaque déclaration imprimeur et/ou éditeur était remise en plusieurs exemplaires et qu’il aurait été certes fastidieux mais simple de les dédoublonner pour garder au moins une collection intégrale !

Réalisée en août 2016, cette élimination vient d’être dénoncée par les historiens du livre pour qui ces déclarations contenaient des informations essentielles, celle du premier tirage d’un ouvrage, ce type d’information permettant d’avoir une idée plus exacte de la diffusion d’un ouvrage, ainsi que Marie-Cécile Bouju, maître de conférences à l’Université Paris 8 l’a expliqué avec l’exemple des publications du Parti communiste.

 

Cette destruction n’est en fait que le premier coup de feu d’une politique de réévaluation des archives définitives qu’ont entreprise le SIAF depuis 2011 et les Archives nationales depuis fin 2014. Cette politique a été « théorisée » dans un document signé du délégué interministériel des Archives de France Vincent Berjot, élaboré par un groupe de travail interministériel réunissant le SIAF, la Défense et les Affaires Etrangères et mis en ligne discrètement en juillet 2014 : le « Cadre méthodologique pour l’évaluation, la sélection et l’échantillonnage des archives publiques ». A première vue, rien que de bonnes règles professionnelles. Sauf qu’en lisant attentivement, on comprend mieux les enjeux, surtout immobiliers, surtout dans le contexte de la décision du 28 mars 2014 de fermeture de la salle de lecture de Fontainebleau et de l’accès aux magasins U1 et U2.

 

Dès la seconde recommandation du Cadre méthodologique, on entre dans le cœur du sujet : la « réévaluation des fonds ». Il s’agit de réévaluer la pertinence de conserver des archives déjà définitives en fonction de critères conjoncturels : « changements sociétaux, réglementaires, gestion des espaces, évolution du contenu informationnel dans le temps pour une même fonction, dématérialisation, complémentarité/doublonnage des fonds conservés ». En fait, les réévaluations, vu qu’il s’agit d’archives déjà sélectionnées et triées, ne peuvent bien évidemment qu’entraîner des éliminations. La troisième recommandation est tout aussi inquiétante puisqu’elle abroge les interdictions d’élimination liées à un terminus ante quem (an VIII pour les archives départementales, 1830 pour les archives communales, 1790 pour les archives hospitalières…).

 

Avec la fermeture du site de Fontainebleau et l’amputation du site de Paris, la direction des Archives nationales a donc décidé dès fin 2014 la mise en œuvre de la réévaluation des fonds pour faire de la place. Ainsi que le décrit le projet scientifique et culturel 2017-2020 des Archives nationales, « il s’agira également de poursuivre la réévaluation scientifique de certains fonds massifs conservés sur le site de Pierrefitte-sur-Seine : casier judiciaire national, enquêtes statistiques, copies d’examens et de concours, comptes des collectivités locales ». Si quelques fonds peuvent correspondre à des archives intermédiaires conservées à Fontainebleau et qui auraient dû faire l’objet d’un tri et ne pas devenir archives définitives (ex. les copies d’examens et de concours, anonymes), la plupart des fonds ne peuvent et ne doivent en aucune façon être soumis à la réévaluation et l’élimination, ainsi pourtant que cela est prévu pour le casier judiciaire national ou avait été envisagé pour une partie des naturalisations.

 

Faute de budget et de place, il faudrait donc détruire et éliminer des archives !

 

La politique de Françoise Nyssen pour 2017-2022, c’est la politique du vide par le vide !

 

ARRÊT DE TOUTE RÉÉVALUATION-ÉLIMINATION

DES ARCHIVES DÉFINITIVES !

 

RETRAIT DU PROJET CAP 2022 !

 

Paris, le 22 janvier 2018

 

N.B. : Ironie de l’histoire, la destruction a commencé en 2016 avec les archives d’une institution pluriséculaire, le dépôt légal. Créé en 1537 par François 1er, il oblige les éditeurs et les imprimeurs à déposer un exemplaire de chacune de leurs publications à la Bibliothèque du roi. Ce modèle s’est ensuite étendu à d’autres pays européens au XVIIe siècle, contribuant ainsi à l’enrichissement des bibliothèques nationales et à la préservation du savoir. Pour mémoire, le texte du mandement de François 1er de 1537, conservé aux Archives nationales, a été inscrit au Registre de la mémoire du monde de l’Unesco, en 2011, au moment même où la réévaluation des fonds était en gestation…

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29 janvier 2018 1 29 /01 /janvier /2018 15:49

 

Somalie, Kosovo, Afghanistan, Irak, Libye… Qu’est-ce qui peut définir une guerre « juste » ? Comment le mensonge et la propagande des États ont permis de s’émanciper de toute légalité et de tordre le droit international ? Ancien président de MSF, Rony Brauman publie un essai, Guerres humanitaires? Mensonges et intox. Entretien.

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29 janvier 2018 1 29 /01 /janvier /2018 15:45

 

DE PLUS EN PLUS, NOUS ASSISTONS À LA MISE EN PLACE D'UNE COMMUNAUTÉ D'INTÉRÊTS ENTRE LES ACTIONNAIRES ET LES DIRECTIONS.

La loi pour la transformation des entreprises, dite loi Pacte, devrait être présentée au Parlement ce printemps. Elle abordera plusieurs questions importantes. La principale est de savoir si elle marquera un pas de plus dans la financiarisation ou non.

Pour l'instant, le débat se concentre sur la question de la définition de l'entreprise. En l'occurrence, les articles 1832 et 1833 du Code civil qui définissent la notion de « société ». La forme « entreprise » est profondément déstabilisée. Les technologies de l'informatique et des télécommunications ont changé la donne. Sous la pression de la rentabilité financière, le recours à la sous-traitance, l'externalisation à outrance, la précarisation ont fini par faire éclater la collectivité de travail.

Face à cette crise, le discours sur la responsabilité sociale et environnementale des entreprises trouve un écho certain. D'aucuns considèrent qu'il faut élargir la référence aux finalités de l'entreprise de manière à y intégrer les préoccupations sociales et environnementales. Mais, la proposition de modification des articles 1832 et 1833 qui préciserait que la gestion de l'entreprise doit « tenir c ompte desescon séquences sociales et environnementales », sans même envisager des formes de réappropriation publique, est loin de représenter un remède à la hauteur de l'ébranlement social engendré par la globalisation.

D'autres estiment qu'il faut prioritairement établir une distinction juridique entre l'entreprise en tant que telle, regroupant l'ensemble des parties prenantes, les actionnaires, les gestionnaires et les salariés, et la « société de capitaux », constituée de ses seuls actionnaires. La proposition vise à cantonner le rôle de la finance et à permettre aux acteurs engagés dans l'entreprise de trouver, au sein du conseil d'administration, un compromis stable pour aller vers une « codétermination » dans la gestion.

Ce modèle est loin de répondre aux problèmes posés par le poids de la finance. Il convient d'abord de souligner l'importance de deux autres parties prenantes oubliées : les sous-traitants et la collectivité dans laquelle est insérée l'entreprise (commune, bassin d'emploi, etc.). Mais, la limite principale de la proposition est que la relation entre les actionnaires et les gestionnaires ne rompt pas vraiment avec la conception dominante de la firme consacrée par la théorie anglo-saxonne de la « gouvernance de l'entreprise ». En réalité, et de plus en plus sous la pression des marchés financiers, nous assistons à la mise en place d'une communauté d'intérêts entre les actionnaires et les directions. La rémunération des cadres dirigeants, de plus en plus importante, dépend désormais de la rentabilité des capitaux engagés.

Dès lors, les choix stratégiques de l'entreprise ne sont pas fondés sur les objectifs de long terme ­ la formation des salariés, l'investissement productif, la recherche et l'innovation ­, mais prioritairement sur la rentabilité immédiate des capitaux. La distinction juridique entre la « société de capitaux » et « l'entreprise » ne remet pas directement en cause l'exigence de rentabilité. D'une certaine manière, elle la déplace sur le plan juridique et institutionnel sans s'attaquer au fond de la contradiction. La priorité pour rouvrir un espace de développement pour l'entreprise est bien de casser cette logique de connivence entre les actionnaires et les cadres dirigeants.

(*) Économiste et syndicaliste.

 

 

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28 janvier 2018 7 28 /01 /janvier /2018 09:46

 

Entretien entre Adrien ROUCHALEOU (L’Humanité) et Claire Guéville Professeure d'histoire-géo, chargée du lycée au Snes-FSU.

 

L'ex-directeur de Sciences-Po Lille, Pierre Mathiot, a remis hier au ministre son rapport sur la réforme du bac. Entretien avec Claire Guéville, du Snes-FSU.

Fin des filières (S, ES, L...), remplacées par un tronc commun de quatre disciplines et des enseignements à la carte ; découpage de l'année en semestres (et plus en trimestres) ; renforcement du contrôle continu ; « grand oral » pour les candidats... Voilà en résumé les propositions du rapport Mathiot présenté hier. Un projet perçu comme « une escroquerie » par la syndicaliste Claire Guéville.

 

QUELLE EST, SELON VOUS, LA PHILOSOPHIE GÉNÉRALE DE LA RÉFORME PRÉSENTÉE PAR PIERRE MATHIOT ?

CLAIRE GUÉVILLE C'est l'idée que les lycéens doivent anticiper leur orientation post-bac dans leur cursus au lycée et qu'ils doivent être seuls les agents de leur formation. C'est l'idée d'un parcours au lycée conçu comme un curriculum vitae. Et ce pour des élèves qui ont 15 ans, et à qui on demande de choisir des enseignements qui seront déterminants dans trois ans, dans le cadre de leur poursuite d'études. On attend d'eux qu'ils anticipent les exigences des formations qu'ils pourraient faire plus tard. On les assigne à résidence dans des projets d'orientation, tout en maquillant l'ensemble en liberté de choix. Avec ces propositions, on perçoit aussi le projet d'organiser le lycée sur le modèle de l'enseignement supérieur. Dans les échanges que nous avons eus avec Pierre Mathiot, il n'utilisait d'ailleurs que des termes empruntés à l'université : unité d'enseignement, semestrialisation... Fondamentalement, ce projet consacre l'idée que le second degré est scindé en deux parties : le collège, amarré au premier degré qui s'adresse à tous, via le « socle commun », et un lycée qui, lui, serait amarré au supérieur et dans lequel tous les élèves n'auraient pas vocation à aller. Ce n'est pas innocent si l'enseignement professionnel est évacué de la réforme...

 

MAIS L'INDIVIDUALISATION DES PARCOURS N'EST-ELLE PAS UN MOYEN DE MIEUX S'ADAPTER AUX ÉLÈVES, NOTAMMENT À CEUX QUI DÉCROCHENT ?

CLAIRE GUÉVILLE Nous ne le pensons pas. La liberté de choix n'est qu'un maquillage. Pour un ado de 15 ans, elle n'existe pas véritablement. Elle est conditionnée par son milieu social, familial, ses réseaux, son origine géographique... Des tas de travaux de sociologie le démontrent. Ce que nous voulons, c'est voir le lycée casser ces logiques de déterminisme social. Et ça ne passe pas par l'individualisation, mais par davantage de collectif. On le voit en Angleterre, sans doute le système le plus individualisé au monde, et qui a clairement été une source d'inspiration pour Pierre Mathiot. On y observe l'apparition de parcours d'initiés. Ceux qui s'y retrouvent sont ceux qui ont les codes.

 

LE PROJET DE RÉFORME PRÉCONISE LE RECOURS AU CONTRÔLE CONTINU POUR LES ENSEIGNEMENTS AUTRES QUE CEUX DU « TRONC COMMUN ». CELA VOUS CONVIENT-IL ?

CLAIRE GUÉVILLE Non. Car nous refusons la « localisation » du baccalauréat. Il faut que le bac reste un examen terminal et commun. Le contrôle continu, lui, accroît les inégalités. Les établissements n'ont pas les moyens de proposer toutes les options. Ceux qui proposent l'offre la plus large sont les établissements de centre-ville, ceux qui reçoivent les milieux les plus favorisés. Mais, dans le commun des lycées, l'offre se réduit comme peau de chagrin. Évaluer localement les enseignements dans des lycées où la pénurie de moyens fait qu'on ne peut pas offrir la même formation qu'ailleurs, c'est de l'escroquerie. On perd en standardisation et donc en valeur du diplôme. On pourra parler alors de « bac maison ». Le diplôme n'aura plus de sens, seul l'établissement et le parcours choisi ­ en clair le « CV » de l'adolescent ­ auront de la valeur.

 

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28 janvier 2018 7 28 /01 /janvier /2018 09:18
Voeux de la fédération du Parti Communiste du Finistère au Relecq Kerhuon, 27 janvier 2018 : discours d'Ismaël Dupont - Avec foi en notre avenir, nous avons le devoir d'inventer pour résister, construire, reconquérir au profit des dominés
Voeux de la fédération du Parti Communiste du Finistère au Relecq Kerhuon, 27 janvier 2018 : discours d'Ismaël Dupont - Avec foi en notre avenir, nous avons le devoir d'inventer pour résister, construire, reconquérir au profit des dominés
Voeux de la fédération du Parti Communiste du Finistère au Relecq Kerhuon, 27 janvier 2018 : discours d'Ismaël Dupont - Avec foi en notre avenir, nous avons le devoir d'inventer pour résister, construire, reconquérir au profit des dominés
Voeux de la fédération du Parti Communiste du Finistère au Relecq Kerhuon, 27 janvier 2018 : discours d'Ismaël Dupont - Avec foi en notre avenir, nous avons le devoir d'inventer pour résister, construire, reconquérir au profit des dominés
Voeux de la fédération du Parti Communiste du Finistère au Relecq Kerhuon, 27 janvier 2018 : discours d'Ismaël Dupont - Avec foi en notre avenir, nous avons le devoir d'inventer pour résister, construire, reconquérir au profit des dominés
Voeux de la fédération du Parti Communiste du Finistère au Relecq Kerhuon, 27 janvier 2018 : discours d'Ismaël Dupont - Avec foi en notre avenir, nous avons le devoir d'inventer pour résister, construire, reconquérir au profit des dominés

Une soixantaine de personnes, au cours d'un moment très chaleureux, a participé au Pot de la Fédération du Parti Communiste à l'auditorium du Relecq Kerhuon après la projection enthousiasmante de 3 films de Ciné-Archives: 

 

« Breiz Nevez » (1938) : film sur la fête de la Bretagne du PCF avec Marcel Cachin, la montée du mouvement populaire dans le Sud-Finistère, dans le contexte du Front Populaire

 

« Magazine Populaire n°1 » (1938) : 34 minutes : Du rassemblement du 14 juillet à la Fête de l’Humanité, l’actualité politique et sociale, sportive et culturelle, de la France du Front Populaire, selon le Parti Communiste, déclinée en neuf sujets courts)

 

« Mon ami Pierre » (1951) : court-métrage primé au Festival de Venise : le travail en mer à bord du Franc-Tireur, chalutier bigouden basé à Concarneau. Une fois présenté l’équipage ce documentaire décrit la peine des pêcheurs : 20 jours en mer, deux jours à terre.

Discours d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère

Cher-e-s ami-e-s, cher-es camarades, 

Merci à tous d'avoir fait le déplacement, parfois de loin - Cap Sizun, Quimperlé, Fouesnant, Morlaix, Lanmeur - pour participer à ces voeux de la fédération du Finistère du Parti Communiste.

Merci à Dominique Gontier d'avoir eu l'idée de cette séance de cinéma à partir du travail de Ciné-Archives et des films commandés par le Parti Communiste pendant le Front Populaire et les années 50. Il y a eu beaucoup de plaisir, de joie, d'émotion, à voir ces films qui respirent, malgré la dureté des temps et de leur époque, le bonheur de vivre, de se projeter dans l'avenir, la fraternité, le goût de la fête et du collectif. 

Merci aussi à Isabelle Mazelin, adjointe communiste à la Culture au Relecq Kerhuon et à Ronan Tanguy, secrétaire de section, d'avoir rendu possible la mise à disposition de la salle et de l'avoir préparée en même temps que la projection. 

Dans cet auditorium, au début des années 80, a eu lieu un festival du film breton mettant à l'honneur René Vautier, un camarade du Parti Communiste du Finistère, venu parler trois fois devant une salle archi-comble, notamment autour de la présentation de "Avoir vingt ans dans les Aurès". 

Chers camarades, je vous souhaite à tous individuellement, et à vos proches, vos familles, une très belle année 2018, et je nous souhaite à tous collectivement une année 2018 utile politiquement pour résister à Macron, construire la perspective d'une politique opposée, et mettre le Parti Communiste à l'offensive. 

En passant ces magnifiques films "de propagande" mais qui sont bien plus que ça- "Breiz Nevez" sur la fête de la Bretagne de 1938 à Pont L'Abbé devant plus de 10 000 personnes, réalisé avec la voix et sous la direction de Marcel Cachin, bretonnant de cœur et passionné par sa Bretagne, le très beau "Magazine populaire n°1" qui nous montre les Brigades Internationales défilant à Paris, les défilés du Front Populaire, la France du Front Populaire, et "Mon ami Pierre" avec le concours de Kozma et Montand, sur les conditions de travail des pêcheurs de Concarneau en 1950, nous n'avons pas voulu être nostalgiques de ces époques, où, c'est vrai, malgré des conditions de vie difficiles, on pouvait se projeter dans un progrès nécessaire, voire un avenir radieux, où le Parti communiste était puissant, populaire, en voie de progression avec des perspectives de conquête du pouvoir très fortes. 

N'oublions pas qu'après le Front Populaire il y a eu la guerre, l'occupation, l'ignominie de la collaboration, qu'une grande partie des militants que nous voyons là dans les meetings du PCF ou de la CGT, Jean-Pierre Timbaud notamment, ont été traqués, emprisonnés, torturés, déportés, fusillés. 

N'oublions pas que nos camarades, avec leurs beaux espoirs d'émancipation, leurs combats pour la dignité, la justice, le bonheur des travailleurs, s'appuient et font reposer leurs espoirs sur une URSS gouvernée de main de fer et de manière cynique et criminelle par Staline ... Je ne m'étends pas, vous connaissez le tableau.          

Pourquoi alors avoir voulu montrer ces films d'archives du Parti Communiste? Il n'y a pas là qu'une oeuvre de curiosité pour alimenter notre culture générale et politique ou qu'une oeuvre de piété. Ce n'est pas non plus pour des raisons simplement esthétiques, même si, à bien des égards, ces films ont beaucoup d'intérêt de ce point de vue aussi. 

C'est surtout qu'il est important de se replonger dans cette histoire pour saisir en quoi des conquêtes sociales dont nous bénéficions aujourd'hui – Retraites, accès aux Loisirs, aux Vacances et à la Culture, temps de travail, Sécurité Sociale, droit du travail – ont été des conquêtes révolutionnaires portées par des idéaux d'émancipation nés, non seulement du renouveau de l'espérance révolutionnaire après 1917 et 1920, mais des valeurs de la Révolution Française elle-même, qui ont profondément pénétré la société française : Liberté, Égalité, Fraternité.

Ces voies d'humanisation de la société ont été ouvertes dans la difficulté, dans l'adversité, la conflictualité, la lutte des classes, avec le danger permanent de basculer dans le fascisme, autre issue possible à la crise du capitalisme, celle que privilégiait le Patronat et les 200 familles si la démocratie libérale et bourgeoise était trop malmenée par le péril rouge.

Ces films montrent comment le Parti Communiste en France a joué un rôle majeur d'incubateur du Progrès Social et du devenir Sujet et Acteur du Peuple, qui allait dans le sens de l'Histoire, certes, rétrospectivement, mais qui était loin d'être joué et gagné d'avance car les Forces de l'Argent ne se sont jamais résignés à renoncer à leur tyrannie et à céder des espaces de liberté et de bonheur aux prolétaires.

Dès 1938, elles reviennent en force. C'est la majorité même du Front Populaire, avec un gouvernement issu de ses députés, qui interdit le Parti Communiste, destitue les élus communistes, les assigne à résidence, les embastille, et c'est sur cette cargaison d'otages « rouges », militants cégétistes et communistes, que l'on puisera les premiers fusillés en 1941, choisis par ce même régime de Vichy qu'ont installé beaucoup de députés qui ont fait partie de la majorité du Front Populaire. On voit un meeting impressionnant de la CGT avec des orateurs du PCF et de la SFIO au moment de la remise en cause de la semaine de 40 heures en 1938. Cela se passe dans un Vélodrome d'Hiver archi-comble, quatre ans plus tard, ce seront 8000 policiers, gendarmes, forces "dites de l'ordre" qui seront mobilisés pour y parquer après les avoir brutalement arrêtés 12 000 femmes, enfants, vieillards, et hommes Juifs, privés de tout dans une chaleur suffocante, et d'abord d'eau, de nourriture, avant d'être envoyés vers les camps de transit, puis vers la mort et l'horreur en Allemagne. N'oublions jamais ce que produit la bête immonde qui se loge dans les époques troublées et de crise sociale où, Duclos le disait, le capitalisme cherche à diviser les pauvres gens entre eux, les chômeurs avec les travailleurs pauvres, les français de souche et les étrangers ... !    

L'histoire n'est jamais simple, linéaire, prévisible par avance.

En décembre 1935, le Parti Communiste dans le Finistère compte 650 adhérents, moins qu'aujourd'hui, en septembre 1937, moins de 2 ans plus tard, il en compte 1800 et l'année suivante, où s'amorce une décrue, il est capable d'organiser un rassemblement avec plus de 10 000 personnes.

En 1945, grâce à l'engagement du Parti Communiste dans la Résistance et au sacrifice de ses militants – je vous lisais l'an passé la lettre dernière lettre de condamné à mort d'Albert Rannou, maçon à l'arsenal de Brest, ancien des Brigades Internationales, exécuté au Mont Valérien le 17 septembre 1943, et après avoir été victimes de mois d'emprisonnement et avoir été torturé par la police française, c'est entre 10 000 et 12 000 cartes que plaçaient les militants communistes à la Libération.

Et une nouvelle histoire pouvait s'écrire, celle de la mise en œuvre du programme du Conseil National de la Résistance, que Macron, après Chirac, Sarkozy, Hollande, va continuer à démolir, avec encore plus d'efficacité et de dangerosité, car cette fois, ce sont  les institutions républicaines, l'hôpital public et la Sécurité Sociale, l’École démocratique, qui sont directement dans le collimateur.

Le 22 janvier 2017, jour anniversaire de la mort du roi Louis XVI, nous intitulions nos vœux La Commune ou Versailles, en les consacrions à manifester, à travers les exemples de la campagne présidentielle, la nocivité de la monarchie présidentielle à la Française.

La présidentielle et les législatives ont rendu leur verdict. Et c'est un renforcement de l'affaiblissement de la gauche, de l'installation de la Monarchie Présidentielle au service de la Finance et des très riches, avec Macron qui, tout en prétendant gouverner la France comme une entreprise avec le pouvoir du pragmatisme et des experts, est en train d'installer un gouvernement post-démocratique et néo-libéral rodé aux pratiques publicitaires et tentant d'affaiblir jusqu'au souvenir de ce que constitue le clivage droite-gauche.

Ces élections présidentielles et législatives n'ont pas été simples à vivre pour les Communistes. Mais nous sommes toujours là, motivés, actifs, révoltés, soucieux de ne rien céder aux puissances d'argent et à la résignation ou à l'indifférence.

Nous sommes des Résistants, des éternels Résistants : nous ne nous endormons pas, nous ne nous résignons pas, nous ne nous économisons pas!  

En témoigne dans notre fédération la mobilisation très belle et très importante de plus d'une soixantaine de camarades au moins pour la fête de l'Huma Paris en septembre et la fête de l'Huma Bretagne, beaucoup sont ici, mais aussi pour 7 ou 8 autres fêtes de section qui ont émaillé l'année dans le Finistère : les 3 fêtes d'été du Pays Bigouden, les fêtes du 1er mai de Brest et Morlaix, et d'autres initiatives encore, à Fouesnant, au Relecq-Kerhuon. 

En témoigne notre présence hebdomadaire dans le département pour distribuer des tracts sur les marchés, dans les quartiers, aux portes des entreprises, aujourd'hui encore pour appeler à une grande mobilisation citoyenne pour les EHPAD et les personnes âgés, en cherchant à préparer notamment le succès du rassemblement du 30 janvier à Quimper.

En témoigne les vœux de plusieurs sections – Quimperlé, Quimper, Rosporden, Concarneau, Carhaix-Huelgoat, Morlaix, Brest - et du groupe des élus communistes de Brest Métropole courant janvier.

Nous sommes là, nous sommes actifs, nous sommes vivants, même affaiblis électoralement.

Et nous pouvons, même si les médias dominants relaient très peu, leurs actions, nous appuyer sur le travail de nos parlementaires nationaux et européens, avec notamment un groupe dynamique et renouvelé à l'Assemblée Nationale, mais aussi nous appuyer sur le travail de nos élus locaux qui travaillent pour l'intérêt de la population et de la justice sociale à Brest, au Relecq-Kerhuon, à Rosporden-Kernevel, à Quimperlé, à Morlaix, Plourin- les-Morlaix, Guimaëc, et dans d'autres communes encore...

Les municipales arrivent dans un peu plus de deux ans normalement : dans une situation politique très incertaine, avec une gauche émiettée et des forces affaiblies, mais aussi ébranlées dans leur certitude, et prêtes pour certaines face au macronisme, à revenir à des fondamentaux de la gauche, il y a je pense des vraies possibilités de reconquête, même si rien n'est joué d'avance. Nous devons être ouverts aux dialogues et à la construction commune avec toutes les forces de gauche, en étant attentif à tous les citoyens qui veulent d'une autre politique que celle de la régression sociale et démocratique. Nous devons prendre l'initiative de ces échanges, sans en rabattre sur nos valeurs et nos projets politiques, sans déserter surtout le terrain militant et du rapport de force pour faire valoir nos propositions contre les logiques libérales et capitalistes.

Il y a bien sûr de la mémoire, parfois du ressentiment vis-à-vis des uns et des autres, mais nous serons obligés de dépasser cela et de raisonner politiquement pour nos créer des perspectives de reconquête, de mise en échec de la droite Les Républicains ou Macroniste, et trouver des espaces pour agir dans l'intérêt de la population.

Mais bien sûr, ces débats feront aussi l'objet de notre Congrès en novembre 2018, un Congrès qui doit être un nouvelle rampe de lancement pour un Parti Communiste qui se crée un avenir, et qui parvienne à nouveau, en se transformant, en se réorganisant, en repensant son projet, ses priorités d'action, sa stratégie, sa communication, en évoluant, en rajeunissant, à parler aux jeunes, aux travailleurs, et à incarner une partie de la solution politique et de l'alternative aux forces de régression qui servent le Capital.

Pierre Laurent, face à nos propres difficultés, face aux potentialités nos exploitées de notre contexte politique, social, historique, face à la gravité de ce que fait et prépare Macron, face au potentiel de déshumanisation accélérée de notre société, déjà bien à l’œuvre vis-à-vis des pauvres, des chômeurs, des migrants, des vieux, des malades, nous « avons le devoir d'inventer » et le « devoir de nous réinventer ».

Bien sûr, le PCF ne va pas s'enfermer dans un bunker pour réfléchir à son avenir, même si la réflexion sur la situation politique, sociale, économique mondiale, nationale, et sur le bilan des évolutions et choix de notre Parti ces dernières années et décennies, doit être poussée, profonde, collective, et surtout animée par le souci de construire un avenir aux combats d'émancipation, nous devons en même temps activer et prendre toutes notre part, avec nos moyens, notre abnégation, dans les luttes contre la politique de Macron. Luttes qu'il faut stimuler, fédérer et aider à déboucher.

Dans les entreprises, les services publics, à la Poste, à la SNCF, à l'Hôpital, pour les EHPAD et le droit à la dignité d'un accompagnement humain et de qualité pour les personnes âgées en perte d'autonomie, lutte contre les projets d'école plus sélective et discriminante, pour des raisons budgétaires et idéologiques, avec les réformes du Lycée et de l'Université.

Nous allons continuer aussi à nous battre sur le terrain de l'internationalisme, non pas contre l'Europe et la solidarité européenne, mais pour une Europe de la reconquête de la souveraineté des peuples sur les marchés et leurs propres condition d'existences sociales, contre TAFTA et CETA, pour une prise en compte mondiale du problème de survie pour l'Humanité auquel correspond la lutte contre le réchauffement climatique ou pour le désarmement nucléaire, pour des solutions de paix respectueuses des peuples au Proche-Orient, contre l'oppression du peuple kurde et du peuple palestinien, pour la libération de Salah Hamouri, d'Ahed Tamimi et de tous les prisonniers politiques palestiniens. De notre côté, contrairement à certains, comme Gwendal Rouillard, député En Marche de Lorient, qui exprime ce point de vue dans le Télégramme ce matin au profit des chrétiens d'Orient, nous ne sommes pas pour une solidarité préférentielle ou discriminante mesurée sur des critères confessionnels ou ethniques, nous défendons le droit des peuples et une solidarité universelle, qui ne se partage pas ni ne se divise.   

Notre internationalisme et notre souci premier de la fraternité et de la générosité humaine nous pousse aussi à défendre un accueil humain, digne, non restrictif, des migrants, réfugiés et exilés au niveau européen, national et local, et sur ce point, la situation actuelle est des plus révoltantes : on parle de 10 000 migrants mineurs disparus en Europe, on voit chaque jour des enfants qu'on laisse dormir à la rue, qu'on renvoie dans des pays où ils ne sont pas en sécurité, que l'on condamne à la faim, au désespoir. J'encourage nos militants communistes à se montrer les plus actifs possibles dans ce combat pour l'honneur de notre pays, de notre République, et pour l'Humanité. Dans de nombreuses villes, je sais que beaucoup agissent déjà, politiquement et individuellement, avec des réussites parfois au bout du combat avec des personnes migrantes. 

Notre Parti est présent dans toutes ces luttes, au niveau national et local, souvent associé à d'autres formations progressistes, partis politiques, syndicats, associations.

Les États Généraux du Progrès Social organisés par le PCF le 3 février à Paris, sur les questions d'Industrie, de Logement, de Travail et d'Emploi, de Services Publics, sont un élément très important à la fois de la coordination dans les luttes et de leur accès à la visibilité, mais aussi et surtout un moyen de construire une perspective de politique réellement contraire et alternative à ce qui nous est imposée aujourd'hui, mettant au premier plan la démocratie, le progrès social, l'affection des richesses produites par les travailleurs au développement humain et aux politiques pour l'accès de tous aux droits fondamentaux.

Mercredi dernier, l'Humanité dévoilait une enquête de la Fondation Gabriel Peri montrant que pour 34 % des jeunes, le communisme reste d'actualité, une grande partie des valeurs et propositions sociales que nous portons étant spontanément même valorisés par la majorité, même si les mêmes ne croient pas toujours possible de les mettre en œuvre, ou ne nous croit pas suffisamment armés pour le faire, ni eux-mêmes, face à l'affaiblissement de la gauche authentique, du mouvement ouvrier, et à la toute-puissance de la finance. 

Seulement 28 % des jeunes jugent que les idées communistes n'ont plus aucune pertinence, contre 57 % des plus anciens. En témoigne le succès du film « Le Jeune Marx » de Raoul Peck. Nous devons nous appuyer sur cette génération à laquelle l'utopie et le mot de révolution ne fait plus peur, qui étouffe dans le système actuel et se sait potentiellement condamné au précariat, de cette génération avide de valeurs humaines et authentiques dans les rapports sociaux, et lui proposer une perspective d'implication politique porteuse d'espoir, avec une stratégie pour combattre et faire échec au capitalisme financier, au niveau national et international.

On en est encore loin, mais notre congrès doit aussi et surtout soulever cette question essentielle et déboucher sur une nouvelle ambition de construction communiste, non pas simplement de notre Parti, mais de la société.

Notre avenir ne dépendra pour une grande part que de notre foi en nous-mêmes et de notre capacité à reconstruire théoriquement d'abord un chemin d'émancipation dans les conditions de lutte transformées d'aujourd'hui.

Les autres ont des avantages sur nous, l'appui des Médias dominants notamment, une apparence de modernité, mais nous, nous avons (et il faut sans doute nous y retremper davantage) l'analyse marxiste des rapports de domination économique et sociaux, encore valable, une tradition et un idéalisme militant, une richesse humaine, qui font qu'on est toujours là aujourd'hui, après 20 ans d'effondrement du communisme soviétique, et 97 ans d'existence de notre parti, qui font que notre Parti continue d'attirer des jeunes, et que notre fédération il compte 850 adhérents.

Pour finir, je voudrais pour inviter aux initiatives du PCF qui sont déjà calées pour la fin janvier, les mois de février et mars, initiatives qui témoignent du dynamisme de nos sections et de notre fédération:

Mercredi 31 JANVIER à 16h30 au local du PCF, 2 petite rue de Callac à Morlaix : Le philosophe Jean-Michel Galano ancien professeur agrégé en classe préparatoire, membre du PCF, sera à Morlaix, à l'invitation de la Fédération et de la section de Morlaix, pour animer une conférence débat sur l'actualité du Marxisme, à l'occasion de l'anniversaire de la publication des 150 ans du Capital. Toute personne intéressée peut y participer. Les adhérents des autres sections sont bien sûr chaleureusement invités à cette réunion publique d'éducation populaire. La section de Morlaix est derrière le bar Corto Maltese, sur la direction de Plourin en venant du parking de la place Traoulen au bout de la rue de Paris, de la rue de Callac, de la route de Paris, première rue à gauche en allant en direction de Plourin. 
 

Olivier Dartigolles le jeudi 1er février à Mellac au foyer communal à 18h. Il présentera son très récent ouvrage "Macron, entreprise de démolition. Force, failles et surpercheries" paru le 11 janvier dernier aux éditions de l'Atelier. Le thème retenu pour la réunion publique du 1er février à Mellac portera sur le GHT Groupement Hospitalier de Territoire. Olivier Dartigolles devrait ensuite intervenir à Vannes sur la question des Migrants et la veille à Lorient sur la question de l'école.  


Samedi 3 février 9h30/11h30  à la FD du PCF avec Sylvian Chicote, membre de la commission économie du PCF, ancien inspecteur du travail, 
co-rédacteur de la proposition de loi du PCF sur la Sécurité Emploi Formation
rue Henri Moreau/ rue Berger – Brest: Temps de formation sur la Sécurité Emploi Formation 

Ouvert à tou.te.s les adhérent.e.s et sympathisant.e.s
Inscriptions auprès d’Erwan Rivoalan

Sylvain Chicote interviendra ensuite l'après-midi à 14h à la Fac Segalen le samedi 3 février sur l'atelier "Repenser le travail" en débat avec Denis Bayon dans le cadre du Forum Social Brestois. 

Mercredi 31 janvier à Morlaix  : Formation Actualité de la Pensée de Marx :venue de Jean-Michel Galano, professeur de philosophie de classes préparatoires, membre du PCF, pour une conférence-débat sur le Capital dont on fête les 150 ans cette année

Samedi 10 février à 10 heures. Fonds Hélène et Edouard Leclerc pour la culture. Landerneau.

La fédération du Finistère du PCF organise une visite guidée de l'exposition "FIGURES LIBRES ANNES 80" La visite sera suivie d'une conférence débat animée par Renaud Faroux, historien d'art, journaliste.

Dimanche 11 février: à 12h, à la petite salle polyvalente de la Forêt-Fouesnant, raclette de l'association des amis du PCF

La demi-journée Aragon avec Valère Staraselski prévue initialement le 11 février est reportée pour des raisons d'organisation.  

Samedi 3 mars, à partir de 18h30 Soirée PCF au Relecq Kerhuon au local de la section 5 Bd Gambetta. A l'issue de ce pot convivial, le Café Crème nous accueillera autour d'un couscous. Participation aux frais : 20€/personne

Samedi 17 mars-dimanche 18 mars - Formation régionale PCF à l'auberge de jeunesse de Concarneau pour les Animateurs de section et de fédération – une dizaine de places pour notre fédé : inscription Dominique Gontier dominique-gontier5829@orange.fr / 06 74 44 04 90

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28 janvier 2018 7 28 /01 /janvier /2018 08:42

Les communistes de Plouigneau vous présentent leurs meilleurs vœux pour 2018.

 

Que cette année vous apporte santé et  bonheur  aussi bien pour vous mêmes, que votre famille et tous vos proches.

 

Encore plus d’austérité pour les communes.

Avec la réforme de la taxe d’habitation, Emmanuel Macron veut poursuivre l’adaptation des territoires à la mondialisation libérale. Une ponction sur cinq ans de 13 milliards sur les collectivités.est annoncée et une incitation au regroupement prôné explicitement par E. Macron vise implicitement les communes et les départements.

C’est un lourd danger pour la démocratie car ces deux institutions sont cruciales pour le lien de proximité avec la population et pour le maintien et le développement des services publics.

La réforme de la taxe d’habitation apparaît comme une arme au service de cette ambition de dérégulation institutionnelle. Que l’on ne s’y trompe pas ! L’avantage fiscal apparaît fort limité et le flou demeure sur le nombre de personnes concernées. Ce qui sera donné parcimonieusement d’une main sera repris massivement de l’autre : CSG, baisse du pouvoir d’achat et nouveaux frais liés à l’épuisement du service public.

La remise en cause de la taxe d’habitation, dont le PCF prône depuis longtemps une réforme en profondeur, et le plan d’économies de 13 milliards sur le budget des collectivités, portera un coup dur aux finances des collectivités locales, à leur autonomie reconnue par la Constitution.

En remplaçant la taxe d’habitation par des dotations, l’État met les communes sous perfusion financière et les place sous sa tutelle.

Notre majorité municipale peut pousser des cris d’orfraie face à cette situation.  Mais n’a-t-elle pas soutenu sans réserve la candidature de Maël de Calan aux dernières élections législatives, alors que celui-ci se prétendait lui-même parfaitement Macron-compatible ?

Déploiement des compteurs Linky

 

Lors du conseil municipal du 7 décembre, Roger Héré, conseiller municipal PCF-Front de Gauche, a évoqué la question des compteurs Linky à l’occasion de la présentation du rapport annuel du syndicat départemental de l’électricité (SDEF) dans lequel on ne trouvait pas trace de l’état d’avancement de l’installation de ces nouveaux compteurs controversés.

Il a rappelé que nombreuses inquiétudes existaient depuis un certain temps concernant ces nouveaux compteurs.

À ce jour on dénombrait, en effet, plus de 300 collectivités qui, pour des motifs économiques, sociaux, environnementaux et éthiques, avaient pris position par un vote de leur assemblée délibérante contre l'installation des compteurs « Linky ».

Aussi il a indiqué que la commune de Plouigneau, même si elle a délégué sa compétence au SDEF depuis de nombreuses années, devait, au minimum, toute l’information nécessaire aux Ignaciens sur ce sujet, et qu’à son avis elle devrait même engager un débat de fond sur cette question.

 

 

La fuite des services publics

 

Les politiques libérales qui sont menées depuis plusieurs décennies  conduisent invariablement à la casse des services publics et à leur fuite organisée.

Sur une majeure partie du territoire, en particulier dans les zones rurales, les services ferment les uns après les autres.

Notre territoire n’échappe pas à la règle. Lorsque la perception de Plouigneau avait été fermée, en 2015, pour être transférée à Lanmeur,  nous avions émis les plus grands doutes quant à la pérennité de ces mêmes services dans cette commune, compte tenu des politiques menées.

Nous avions, hélas, parfaitement raison ! En effet la direction départementale des Finances publiques vient

d’annoncer cette fois que la perception de Lanmeur, à son tour, fermera le 1er janvier 2019.

Une stratégie du rouleau compresseur pour des motifs purement budgétaires et comptables où l’intérêt des usagers et des territoires ne pèse pas lourd face à la détermination libérale de nos dirigeants.

 

 

Pays de Morlaix, hôpital public menacé

 

La direction de l’hôpital de Morlaix avait envisagé de fermer l’unité de soins intensifs de cardiologie.

 

Du fait d’une importante mobilisation, elle a dû reculer.

 

Cependant, les problèmes demeurent : un cardiologue a démissionné et les deux autres sont en arrêt de maladie. Les consultations ne sont plus assurées à Morlaix, avec les conséquences qui en découlent quant à l'hospitalisation des patients, et pour les autres services. 

 

Les politiques publiques menées (lois Bachelot et Touraine)  fragilisent l'hôpital. Pour des raisons purement comptables, on assiste à une dégradation de l'offre de soins au détriment des usagers et de la qualité du service public, tout comme aux moyens et conditions de travail du personnel.

Il faut défendre le principe de l'accès aux soins de proximité pour toutes et tous, et défendre pour cela un véritable service public de santé.

Le pays de Morlaix a besoin d'un hôpital public de proximité, véritable lieu de soins de plein exercice doté des outils nécessaires et d’un nombre plus important de praticiens hospitaliers complètement qualifiés pour assurer ces missions essentielles.

 

Ehpad, sous le vernis

Il y a peu le nouvel EHPAD était inauguré en grande pompe, en la présence du nouveau sous-préfet de Morlaix, M. Gilles Quénéhervé.

Bel équipement en effet et, sauf que son emplacement n’est pas le plus judicieux, une construction moderne qui apparaît très séduisante.

Mais voilà, dès que les flonflons de la fête se sont tus, la vie ordinaire a repris son cours et les réalités leurs droits.

Sous le vernis, le quotidien est en effet moins rose qu’on ne tente de le présenter. Car derrière les murs les conditions se sont dégradées. De 56 résidents à Pors an Doas on est passé à 70 dans le nouvel équipement avec de plus une unité protégée de 18 personnes, ce qui a généré un surcroît de travail et d’attention. Cependant les effectifs n’ont pas évolué à la hauteur des nouveaux besoins. La nuit, par exemple, deux agents seulement sont présents pour 70 patients répartis sur deux étages avec une unité sécurisée à gérer. Les personnels sont actuellement à bout de souffle.

La direction, au mode de gestion autoritaire, n’y va pas par quatre chemins. Aux familles de résidents qui viendraient à se plaindre, elle les rembarre sans ménagement : « si vous n’êtes pas contents allez voir ailleurs si vous pouvez trouver moins cher ». Les personnels aussi, aux deux tiers en contrats précaires, en font les frais. Leurs droits sont loin d’être intégralement respectés. Et pour un oui ou pour un non certains se retrouvent à la porte, leur contrat n’étant pas renouvelé purement et simplement. De leur côté certains résidents en viennent même à dire « c’était mieux avant ». Des familles sont même allées se plaindre auprès des services du département.

 

 

L’EHPAD dépend du CCAS dont la présidente est Mme le maire de Plouigneau.

Aussi, alertée lors du dernier conseil municipal du 7 décembre, Mme le maire a été invitée par R. Héré pour le compte de l’opposition à prendre toutes ses responsabilités pour que cette situation ne perdure pas et pour trouver les moyens de répondre aux besoins des personnels et des résidents.

 

 

Revitaliser le centre-bourg  et penser l’avenir

 

Enfermée dans une conception rétrograde de gestion municipale, la majorité refuse obstinément d’engager toute réflexion sérieuse d’aménagement d’ensemble pour permettre une nouvelle dynamique économique et sociale autour du centre-bourg.

En tout et pour tout elle propose un aménagement de l’ancienne perception en locaux à vocation médicale, la démolition d’une maison et la création d’un porche pour l’accès à l’écomusée depuis la place du bourg.

Son projet a d’ailleurs été jugé bien trop modeste, puisqu’il n’a même pas été retenu dans le dispositif lancé par l'Etat, la Région, l'Etablissement public foncier et la Caisse des dépôts et consignations en vue de dynamiser les centres-bourgs.

Pourtant de nouvelles réflexions seraient bien nécessaires, et ce dans plusieurs directions, par exemple :

  • Quelles réflexions mener en concertation avec la population à l’échelle de notre commune, s’agissant des défis climatiques et environnementaux ? comment anticiper et préparer dès maintenant l’avenir, sans attendre de devoir subir des contraintes plus tard ?...
  • Quelle occupation de l’espace communal ? Comment préserver l’espace foncier, permettre de devoir moins se déplacer, favoriser l’implantation de services au cœur de bourg ? etc .…

Au contraire d’une gestion ringarde et passive, il faudrait  une gestion moderne, dynamique et volontariste, pour  répondre aux enjeux d’aujourd’hui et de demain.

Eoliennes de Kernébet, l’Arlésienne

 

Lors du dernier conseil municipal la majorité a été interrogée sur la situation des éoliennes de Kernébet, dont le projet a été annoncé depuis plusieurs années.

 

Les dernières nouvelles datent de septembre 2016, lors du  conseil municipal ayant accordé à Mme Le Maire de signer toute convention accordant à la société les servitudes nécessaires au passage des câbles ainsi qu’un droit de survol intermittent pour les pales des futures éoliennes au-dessus de tout chemin communal

 

Depuis, plus rien ! La majorité est incapable de fournir quelque précision que ce soit quant à l’état d’avancement du projet, tout au plus a-t-elle indiqué qu’une demande de permis devait être déposée en octobre, mais qu’à ce jour elle n’avait rien vu venir.

 

Manifestement la majorité ne semble pas très préoccupée par tout ce qui se passe sur son territoire ; nos « héros » semblent fatigués.

 

Et on est en droit de se poser la question : du vent tout ça ?

 

Ecomusée,  largesses municipales

 

La majorité municipale chouchoute son écomusée, tout le monde le sait bien.

Mais ce que les contribuables Ignaciens ne savent peut-être pas c’est que cet équipement est, chaque année, très largement déficitaire.

Ainsi, les comptes de résultat de 2015 et 2016 montrent que pour chacune de ces deux années  les recettes perçues ont été respectivement de 25 000 € et 24 000 €, alors que le total des charges était dans le même temps de 76 000 € aussi bien pour 2015 que pour 2016. Les recettes ne couvrent donc que le tiers des dépenses !

Les déficits, épongés par le budget de la commune, se sont donc élevés à  51 000 € pour la seule année 2015, et à 52 000 € pour celle de  2016.

La gestion est toujours la même, les années se suivent et se ressemblent. On est donc en droit de s’imaginer (nous ne possédons pas précisément les chiffres) la hauteur du déficit cumulé depuis la création de l’écomusée. Il doit certainement être particulièrement conséquent, mais cela ne semble pas gêner notre majorité municipale.

Celle-ci est manifestement moins tolérante dans d’autres circonstances, en particulier vis-à-vis des activités sociales. Par exemple, en 2016, elle a mis fin sans état d’âme au service d’aide à domicile du CCAS au motif d’un déficit cumulé sur plusieurs exercices qu’elle trouvait insupportable (75 000 €).

Très clairement, selon les valeurs de droite de notre municipalité actuelle, les euros ne valent pas la même chose selon le lieu ou l’action où ils se trouvent placés. C’est ce que l’on appelle une gestion particulièrement sélective.

 

 

Parti Communiste Français 2 petite Rue Callac 29600 MORLAIX Tel : 02 98 88 30 35 Mel : pcf-morlaix@wanadoo.fr    Blog : http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/

Parti Communiste Français 2 petite Rue Callac 29600 MORLAIX Tel : 02 98 88 30 35 Mel : pcf-morlaix@wanadoo.fr Blog : http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/

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28 janvier 2018 7 28 /01 /janvier /2018 08:28
Mort de la cotisation sociale, fin de la sécurité sociale: un livre pour comprendre les enjeux de la Secu, la lutter et la conserver, par Michel Etiévebt

2018 Fin de la cotisation sociale, mort de la sécurité sociale…, )

UN LIVRE POUR COMPRENDRE LES ENJEUX DE LA SECU ET LUTTER POUR LA CONSERVER; MICHEL ETIEVENT

Il est à craindre que les français ne soient pas conscients de ce qu'ils sont en train de perdre avec les attaques violentes contre la sécurité sociale. Ce formidable projet de société, imposé par le peuple français à la libération et qui, selon Ambroise Croizat, le bâtisseur, devait « mettre fin à l'obsession de la misère et aux incertitudes du lendemain" est aujourd’hui en passe de s’effondrer sous les coups de boutoir du gouvernement contre ce qui fait son fondement solidaire : la cotisation sociale. Au fil des 70 ans qui nous séparent de sa création, un continuum acharné de mesures de dégradation et de plans de casse successifs n’a cessé de mettre à mal une institution devenue pierre angulaire de notre identité sociale. Dès sa conception en effet, droite, patrons, médecins libéraux, lobbyings privés de tous ordres, ont peu à peu sapé les principes fondateurs de l’institution. A ces oppositions, un moment tues par le rapport de force de l’époque, s’est ajoutée une avalanche de réformes passant par les ordonnances gaulliennes de 1967 qui ont fait basculer sa gestion dans les mains du patronat, les plans Barre de 1980 libérant les honoraires, les mesures Fabius ouvrant aux complémentaires santé la gestion de la protection sociale, l’impôt CSG de Rocard l’étatisant progressivement. Viendront ensuite les mesures Georgina Dufoix imposant forfait hospitalier et déremboursements , les lois Veil Balladur de1993 à 1995 allongeant la durée de cotisation à 40 ans et accélérant la fermeture des hôpitaux, les plans Chirac Raffarin attentant aux retraites, les lois Jospin de 2001 imposant les règles assurantielles et les normes européennes aux mutuelles. Sans oublier les lois Douste Blazy de 2004 qui videront les conseils d’administration de leurs pouvoirs en chapeautant la sécurité sociale par la création de l’Uncam directement nommée par l’état. N’oublions pas enfin l’instauration de la T2A en 2005, les lois Bachelot de 2009 confiant la gestion de la protection sociale aux « préfets sanitaires » des ARS. En imposant l’obligation de mutualité d’entreprise, l’ANI 2013 accélérera un peu plus la voie de la privatisation, 
Si la destruction affichée de la cotisation sociale par le gouvernement Macron, n’est pas récente, elle est aujourd’hui ouvertement frontale . Le rêve du patronat devenu une arme de gouvernement néo libéral. Il importe de rappeler la quadruple peine qu’elle impose aux bénéficiaires. Elle est tout d’abord une amputation directe du salaire dont la cotisation est partie intégrante. C’est un « salaire socialisé » fondé sur les richesses créées dans l’entreprise. La seule création de richesse qui va directement du cotisant vers le bien être des gens afin de faire face aux aléas de la vie sans passer par la poche des actionnaires. Si le salaire net c’est pour le quotidien du mois, le salaire brut c’est pour la vie. La seconde peine réside dans la destination même de cette « économie » patronale. Elle n’ira ni vers l’emploi, ni l’investissement mais servira comme le gouvernement l’annonce à « restaurer » ou à augmenter les marges patronales et à gonfler les poches des actionnaires. (80% des profits patronaux terminent leur course dans la poche des actionnaires). A cette atteinte aux salaires, s’ajoute la troisième peine : la hausse de la CSG qui alourdit la feuille d‘impôt et plus gravement encore fiscalise et étatise un peu plus encore la sécurité sociale. ( Depuis 1995 la part de la fiscalisation dans le financement de la sécu est passé de 4, 9 à 28 % tandis que la part de la cotisation sociale tombe de 86,8 à 67,3 %) Imagine-t-on ce que pourrait devenir une sécurité sociale entièrement abandonnée aux mains de l’état ? il lui suffira de dire on ne peut plus payer et une seule ordonnance à l’image de ce qu’a vécu l’Espagne pourrait engendrer coupes sombres et surtout privatisation immédiate.. La quatrième peine est encore plus lourde. Par la fin du grand principe de solidarité, la mort de la cotisation sociale n’est rien d‘autre que la mort de la sécu. Une coquille vide prête à être livrée par l’état au privé, aux assurances santé inégalitaires et coûteuses. La fin du droit de vivre dignement…
Michel Etiévent 
Historien, biographe d’Ambroise Croizat

Mort de la cotisation sociale, fin de la sécurité sociale: un livre pour comprendre les enjeux de la Secu, la lutter et la conserver, par Michel Etiévebt

Un article que j'ai écrit en 2013...

Qui se souvient de Ambroise Croizat?... - par Ismaël Dupont, à partir de la lecture du livre de Michel Etiévent

Quel média, quel éditorialiste, quel intellectuel médiatique aborde l'œuvre révolutionnaire et néanmoins si proche de nous de ce député communiste ouvrier, fils du peuple, que la République capitularde, puis Vichy, firent croupir dans leurs prisons abjectes, à Paris puis en Algérie, avant qu'il ne soit libéré en 1943 et ne contribue à mettre en place les bases de la démocratie sociale à la française au sortir de la guerre, après avoir été un des contributeurs du programme du CNR: « Les jours heureux ».

Le devoir de mémoire, on s'y astreint volontiers quand il s'agit de remuer les plaies avec une certaine complaisance voyeuriste ou sensationnaliste, de confronter l'homme et la nation à leurs limites, à leurs souffrances passées, à leurs puissances de destruction et de division, mais surtout, se disent les gardiens de la mémoire, petits ou grands bourgeois serviteurs du système qui se conçoivent aussi souvent comme des gardiens du troupeau, n'allons pas montrer, en faisant revivre des figures héroïques et populaires de la conquête sociale, que la volonté du peuple a su être souveraine, que le progrès social rapide et réel, facteur d'émancipation immédiate des travailleurs, ont pu être d'actualité.

On efface les traces ...

Les traces de la fierté et de la combativité ouvrière, de la République sociale et de la contribution décisive qu'y ont apporté les luttes des travailleurs et des communistes admirablement dévoués, intelligents et rassembleurs, formés par l'expérience de l'injustice sociale, les combats ouvriers, les jours lyriques du Front Populaire, la répression sans pitié d'une droite revancharde et collaboratrice, la Résistance et l'espérance d'un monde meilleur.

L'historien Michel Etiévent, universitaire de Grenoble qui a collaboré récemment au film « Les jours heureux » de Gilles Peret, nous permet de découvrir ce si noble modèle d'humanité et d'action politique au service du peuple dans une biographie magnifiquement illustrée qui fait la part belle aux dits et écrits de Croizat et de ses compagnons, Ambroise Croizat ou l'invention sociale (Editions GAP, 20€).

J'ai rencontré Michel Etiévent à la fête de l'Humanité Bretagne de Lanester et nous espérons pouvoir l'inviter à venir parler à Morlaix au printemps prochain d'Ambroise Croizat et de ses réalisations comme député, négociateur du programme du CNR, ministre du Travail de la Libération.

Les éléments d'information qui suivent sont tous empruntés au livre de Michel Etiévent dont on ne saurait trop recommander l'achat et la lecture. 

Ambroise Croizat est né en 1901 dans la vallée de la Tarentaise, en Savoie.

Son père, originaire de Chambéry, est ferblantier dans la métallurgie et « travaille douze heures par jour, face à l'éclat des fours, sept jours sur sept (la loi sur l'attribution du congé hebdomadaire ne date que du 13 juillet 1906), le visage et les mains brûlés par les ébarbures de métal en fusion ». Ils travaillent d'abord à Notre-Dame de Briançon et vivent dans une maisonnette de deux pièces bien exigües pour une famille de cinq, mais c'était le lot commun du peuple à l'époque. En 1906, son père, ayant récemment adhéré au Parti Ouvrier Français et à la CGT est un des meneurs d'une grande grève organisée après un accident de travail ayant causé la mort de huit ouvriers. Il est licencié et doit embaucher à Ugine, dans une autre usine, dont il sera à nouveau chassé pour activités syndicales.

Ambroise commence à travailler à treize ans comme apprenti ajusteur-outilleur dans une usine de Lyon. A 19 ans, au sortir de la guerre, il adhère à la Jeunesse socialiste qui rejoint la IIIème Internationale et prend vite des responsabilités dans le Syndicat CGTU des Métaux. Dans les années 1920, Ambroise Croizat milite contre le militarisme, pour une paix plus juste avec l'Allemagne, contre le colonialisme et la guerre du Rif au Maroc, quand Pétain et Franco s'associent pour éliminer les insurgés dans les montagnes du Nord du Maroc. En 1926, il devient permanent du PCF à Paris, puis secrétaire général de la Fédération CGTU des métaux, pour laquelle il organise des grèves partout en France pour les salaires, la réduction du temps de travail, contre le chômage. En 1934, le PCF et la CGTU lancent une stratégie de Front Populaire face à la montée de la menace fasciste et la tentative de coup d'état du 6 février 1934. Les mots d'ordre de la gauche unifiés sont « Pain, Paix, Liberté ». L'unité de la CGT sera finalement réalisée le 1er mars 1936, deux mois avant l'arrivée du Front Populaire au pouvoir. Aux élections législatives du 28 avril 1936, Croizat devance le candidat socialiste sortant de 900 voix environ dans la circonscription de Plaisance, 14e arrondissement de Paris puis il est élu député avec trois mille voix d'avance sur le candidat de droite.

« Devant la porte de l'usine,

Le travailleur soudain s'arrête.

Le beau temps l'a tiré par la veste,

Et comme il se retourne

Et regarde le soleil,

Tout rouge, tout rond,

Souriant sous un ciel de plomb,

Il cligne de l'œil

Familièrement:

Dis-donc camarade soleil,

Tu ne trouves pas

Que c'est plutôt con

De donner une journée pareille

A un patron? »

A l'image de ces Paroles de Jacques Prévert, l'été 1936 est lumineux. Dès la victoire du Front Populaire, un vaste mouvement de grèves avec occupations d'usines traverse la France. Le but est autant d'aider le gouvernement face au patronat que de le pousser à entreprendre les profondes réformes réclamées depuis longtemps par la classe ouvrière. Tout commence à l'usine Bréguet-Le Havre, une usine de construction d'avions, le 9 mai, à l'initiative des métallos. Croizat est présent sur place. Il encourage le mouvement qui s'étend à l'ensemble de la métallurgie: dès le 14 mai, les ouvriers de Block à Courbevoie, de Lavalette à Saint-Ouen, d'Hochkiss à Levallois prennent en main leurs usines. Les 33 000 travailleurs de Renault à Billancourt les rejoignent le 28 mai. Le mouvement s'étend aux grands magasins pour paralyser, fin mai, la France entière. Partout, on prend possession des ateliers. On y entretient l'outil, on y découvre les loisirs et la culture. Le 7 juin s'ouvrent les discussions qui aboutiront aux Accords de Matignon qui donneront à la classe ouvrière les congés payés, les 40 heures, les conventions collectives, le libre exercice du droit syndical.. Dans les entreprises, les salaires augmentent de 15 à 40%, doublent parfois. Une énorme flambée syndicale accompagne le mouvement. Le 25 novembre 1936, à la tribune du Congrès d'unité de la Fédération des métaux, Croizat dresse un premier bilan: « En mars dernier, nous étions 40 000, en juin 100 000, aujourd'hui 700 000, repartis en 725 syndicats. A Lyon, de 1000 adhérents en trois syndicaux lors de l'unité, le syndicat unifié enregistre aujourd'hui 25 000 cartes. Marseille passe de 600 à 15 000 adhérents, Bordeaux de 300 à 10 000, dans le Haut Rhin, 97% des ouvriers se sont syndiqués. Partout, les métallos ont été à la pointe du mouvement et s'enorgueillissent aujourd'hui de l'avoir déclenché. La France vit de belles heures. Jamais de son histoire, le mouvement ouvrier n'aura connu de telles conquêtes. En un mois a té réalisé ce que trente législatures n'étaient jamais parvenues à accomplir. Le patronat a cédé mais restons vigilants. Tout reste à faire. Dans chaque secteur, chaque entreprise, il faut maintenant défendre et faire germer les acquis obtenus. Tout dépendra du syndicat, de sa puissance. Tout dépendra de nous, et de nous seuls...  ».

Depuis mai 1936, Croizat siège à la « Commission spéciale » du gouvernement qui a été chargée d'élaborer les réformes et veille à leur application sur le terrain. En 1937, il inaugure des maisons de repas, des parcs de loisirs, des colonies de vacances pour la classe ouvrière. Mais dès février 1937, le gouvernement, sous la pression du patronat, décide d'une pause dans les réformes. La guerre civile en Espagne, et le refus de Blum et du gouvernement, sous la pression anglaise notamment, de venir en aide à la République assiégée par les fascistes, éloigne les communistes de leurs alliés socialistes et radicaux. Le 12 novembre 1938, le gouvernement Daladier publie une série de décrets-lois qui instaurent la baisse des salaires, déjà fortement grignotés par l'inflation (50% en 2 ans), des impôts nouveaux et surtout la fin de la semaine des 40 heures, qualifiée pour l'occasion de « loi de paresse et de trahison nationale ». Entre ces parlementaires qui vont remettre la République dans les mains de Vichy et l'UMP actuelle, la comparaison s'impose... Daladier le capitulard s'écrie déjà tel un Jean-François Copé, reprenant le discours haineux des privilégiés vis à vis de la classe populaire: « Cette loi est responsable de tous les maux de l'économie. On ne peut avoir une classe ouvrière à deux dimanches et un patronat qui s'étrangle pour faire vivre le pays ». En novembre 1938, suite à de grandes grèves ouvrières suivies de licenciements arbitraires et d'états de sièges policiers, le gouvernement envoie les troupes devant les entreprises. Le 1er décembre 1938, 36 000 ouvriers sont licenciés dans l'aéronautique et les arsenaux, 8000 dans la chime et l'autombile. Plus de la moitié sont des responsables syndiquaux CGT. Dans son modeste appartement du 79, rue Daguerre où il vit depuis 1936, Croizat rédige son édito: « Le 30 novembre, le patronat a opéré le savant triage qu'il attendait. Il tient sa revanche sociale sur 1936. Des femmes ont faim, des enfants ont froid. L'homme n'est plus au travail. Partout, les consignes ont été données par les patrons revanchards. Des listes noires circulent. Les sous-traitants des grandes entreprises ont été sommés de ne pas embaucher des ouvriers licenciés sous peine de voir leurs commandes supprimées. La haine est partout. Ils ont défendu leurs outils parce qu'ils croyaient en la grandeur de la France, en ses traditions de dignité, en cet espoir que mai 1936 avait fait éclore. Plus que jamais, nos solidarités vont vers eux. C'est eux, la France. Cette France bafouée par ceux qui ne rêvaient que de revanche ».

Le mouvement ouvrier est décapité. Début 1939, avec l'aval de Daladier, Hitler s'empare de la Tchécoslovaquie. Le pacte germano-soviétique signé à l'été 1939, les communistes, contre lesquels on avait déjà prévus des mesures de rétorsion en cas de conflit avant la connaissance du pacte, sont jetés en pâture. Le 27 août, l'ensemble de la presse communiste est interdite. Le 26 septembre, le PCF est dissous. 666 élus sont déchus. Le 7 octobre 1939, Croizat est arrêté sur les marches de l'Assemblée Nationale, puis enfermé à la Prison de la Santé avec d'autres députés communistes, dont le père de Guy Môquet, bientôt fusillé à Chateaubriand, Prosper. L'extrême-droite réclame purement et simplement la loi martiale pour les communistes. En Janvier 1940, Croizat fait parti des 36 députés communistes condamnés à 5 ans de prison au terme d'un simulacre de procès, sous l'impulsion des anciens collègues de l'Assemblée Nationale, dont certains appartenaient à la majorité du Front Populaire. En octobre 1941, Croizat est au côté de Prosper Môquet quand le député communiste apprend l'assassinat de son fils Guy, arrêté le 13 octobre 1940 alors qu'il distribuait des tracts, le plus jeune des otages cégétistes ou communistes fusillés à Châteaubriand. Dans son ouvrage « Le temps des illusions », le chef de cabinet de Pétain révéla, quelques temps plus tard, que le nom de Guy Môquet ne figurait pas sur la liste des otages de Châteaubriand. Le ministère de l'Intérieur l'avait « rajouté ».

En avril 1941, Croizat et ses camarades communistes sont envoyés en prison en Algérie, où ils vivent dans des conditions de détention très dures. Le débarquement allié à Alger a lieu le 8 novembre 1942 mais les députés communistes ne sont libérés que le 5 février 1943, après trois ans d'enfermement. Les communistes dérangent, inquiètent. Les Américains craignent qu'une fois libérés, ils ne deviennent vite les principaux animateurs de la politique anti-vichyste et soulèvent entre autre le problème du droit à la Liberté des pays du Maghreb. Et de fait, une fois libéré, Ambroise Croizat contribue à réorganiser le mouvement communiste et le syndicat au Maghreb, à tel point qu'en janvier 1944, la CGT affiche 120 000 adhérents en Afrique du Nord. Dès août 1943, dans un discours devant un public d'ouvriers, il parle de cette France nouvelle qui naîtra de la Libération: « Redonner à la Nation sa grandeur et aux travailleurs la place qu'ils méritent par leur effort et leur sang versé sera notre tâche. Les larmes et la mort n'auront pas été vaines. Elles accoucheront d'une France nouvelle, celles des nationalisations et de la Sécurité Sociale ».

« En septembre 1943, Ambroise Croizat rejoint, au titre de la CGT clandestine, l'Assemblée Consultative instaurée autour du Conseil National de la Résistance créé par De Gaulle à Alger le 3 juin 1943. Il préside la commission du Travail. C'est là que va prendre vie le programme du Conseil National de la Résistance. «Véritable déclaration des droits nouveaux, charte des futures grandes réformes nées dans la nuit et le feu du maquis ». (Michel Etiévent).

Le lien de la résistance aux conquêtes sociales de la Libération, c'est d'abord un contexte politique: c'est la gauche et les communistes qui à partir de 1943 constituent les gros bataillons de la résistance armée intérieure tandis que même la résistance de droite ou de centre-droit se déporte vers la gauche en voyant le patronat et la droite traditionnelle s'enfoncer dans la collaboration en France occupée et en mesurant combien l'unité de la Résistance, qui ne peut se faire que sur un projet politique commun, est précieuse pour gagner et la guerre et préparer l'après-guerre, éviter une soumission de la France aux probables vainqueurs américains. C'est aussi une donnée existentielle: la lutte forge et se nourrit du rêve, de l'exigence, de l'optimisme: elle est surtout le fait d'hommes jeunes qui rêvent d'un pays neuf débarrassé des injustices, des faillites démocratiques et sociales de l'avant-guerre, celles-ci s'étant encore aggravées pendant l'occupation. Dans la douleur, la soif de vivre est immense: c'est elle qui permet d'endurer en attendant des lendemains meilleurs, de s'astreindre à une discipline de fer, de consentir au sacrifice de sa vie en sachant qu'il prépare un monde meilleur, que le combat ne sera pas vain. « La souffrance engendre les rêves, écrit Michel Etiévent, et les rêves parlent tout haut ». Et l'auteur de citer De Gaulle lui-même, homme d'ordre qui a cette époque considère la réforme sociale et morale de la France inéluctable: « Impossible de ne pas entendre la voix profonde du peuple comme on entend la rumeur de la mer... La France délivrée ne voudra ni reprendre la route de l'abîme, ni demeurer dans celle de l'esclavage. D'avance, elle a choisi un chemin nouveau. Elle aura subi trop d'épreuves pour ne pas être résolue à de profondes transformations. Elle veut que cesse un régime économique dans lequel les grandes sources de la richesse nationale échappaient à la Nation, où la conduite des entreprises excluait la participation des organisations des travailleurs ».

 

Le Conseil National de la Résistance, né le 27 mai 1943 grâce aux efforts de Jean Moulin notamment, chargé par le général de Gaulle de travailler à unifier la résistance intérieure et à la soumettre à l'autorité du général, à l'époque rival de Giraud, soutenu par les américains et même les anglais en sous-main, trace les contours de son programme révolutionnaire par l'ampleur et le caractère structurel des réformes proposés, même s'il ne met pas à bas le capitalisme, se contentant de le neutraliser en partie et de créer de nombreuses espaces de socialisation des richesses, est arrêté le 15 mars 1944. Il paraît en zone sud sous le nom simple et magnifique « Les jours heureux » et décline au futur liberté, démocratie économique, solidarité, avec pour fondement L'humain et l'intérêt général d'abord.« Mettre définitivement l'homme à l'abri du besoin, en finir avec l'indignité, la souffrance, le rejet, l'exclusion ». Les mots esquissent les grandes réformes qui fondent une nouvelle République de citoyens ayant conquis une égalité fondamentale. L'invention sociale est en marche: « Instaurer une véritable démocratie économique et sociale impliquant l'éviction des féodalités économiques et financières de la direction de l'économie... Retour à la Nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d'énergie, des richesses du sol-sol, des compagnies d'assurance et des grandes banques... Droit d'accès dans le cadre de l'entreprise aux fonctions de direction et d'administration pour les ouvriers et participation des travailleurs à la direction de l'économie... Droit au travail... Liberté de pensée et d'expression ».

Le chantier s'ouvre à la Libération avec une classe ouvrière grandie par engagement dans la résistance, une CGT à cinq millions d'adhérents, un parti communiste à 27% des voix... Le « Parti des Fusillés », premier parti de France, a acquis le prestige et l'autorité d'un parti national, d'autant que les groupes FTP ont accepté de rendre les armes pour que s'installent les commissaires de la République et l'autorité des lois plutôt que celles des maquis. En Octobre 1945, 5 millions de voix se portent aux législatives sur les communistes, qui obtiennent 151 députés à l'Assemblée Nationale. Le 13 novembre 1945, De Gaulle, chef du gouvernement provisoire, fait appel à cinq communistes. Aucun grand ministère régalien mais Charles Tillon au ministère de l'armement, François Billoux à l'Economie Nationale, Marcel Paul à la Production Industrielle, tandis que Maurice Thorez se voit confier un ministère d'état et qu'Ambroise Croizat hérite du travail et de la Sécurité Sociale.

 L'ordonnance qui crée la Sécurité Sociale paraît le 4 octobre 1945. La protection sociale, qui relevait jusque là des « Assurances sociales » (loi du 5 avril 1928, combattue par les patrons d'entreprises jusqu'à la nouvelle loi du 1er juillet 1930), ne protégeait contre la maladie qu'une faible partie des salariés et de leurs ayant droit. A peine un tiers de la population française... Le système était anarchique, avec une multitude de caisses patronales, confessionnelles, syndicales, mutuelles, concurrentes entre elles et n'offrant pour la plupart qu'une protection aléatoire. Pour les retraites (loi de 1910), la couverture est dérisoire ou inexistante. Pas plus d'un million de Français en bénéficient, alors que 5 millions d'entre eux pourraient y prétendre et n'ont pour seuls recours que la charité et leurs économies. 

 

"Désormais, analyse Michel Etiévent, la sécurité sociale devient un droit fondamental, universel, obligatoire et solidaire et non un mécanisme d'assurance couvrant un risque. Dans l'esprit d'Ambroize Croizat, la Sécurité Sociale devait couvrir tous les travailleurs, salariés ou non (loi du 22 mars 1946). Les non-salariés (petits commerçants, professions libérales et artisans notamment) refusèrent par la voix de leurs responsables, qui n'acceptaient pas de se laisser assimiler à de "vulgaires prolétaires". Beaucoup le regretteront. 

Le nouveau système va "digniser" l'ensemble autour de quatre mots clefs: 

L'unicité: une institution unique, obligatoire, couvrira désormais l'ensemble des domaines de la protection sociale, des "risques sociaux", dit-on à l'époque (maladie, vieillesse, décès, invalidité ainsi que les accidents du travail, gérés jusque-là par les assurances privées). "L'ambition, déclarait Croizat à l'Assemblée, le 20 mars 1946, est d'assurer le bien-être de tous, de la naissance à la mort. De faire enfin de la vie autre chose qu'une charge ou qu'un calvaire". 

L'universalité: la couverture est étendue à tous les citoyens, avec la volonté de généraliser à court terme le nouveau système. Et ceci malgré l'opposition de certaines professions qui refuseront de s'y intégrer....

La solidarité: c'est la pierre angulaire du système. Solidarité inter-générations, solidarité actifs-inactifs, malades bien-portants. Le tout financé par les richesses créées dans l'entreprise. En ce qui concerne le financement de l'institution, les propos de Croizat sont d'une modernité brûlante: "Outre le fait que cela grèverait fortement les contribuables, disait-il, faire appel au budget de l'Etat serait subordonner l'efficacité de la politique sociale à des considérations purement financières qui paralyseraient les efforts accomplis". 

Démocratie enfin, et c'est là "l'exception française" car seule une gestion par les intéressés eux-mêmes peut garantir que la santé restera un droit fondamental pour tous. Là encore, les mots du ministre sont novateurs: "Pour la première fois, l'appareil nouveau met la gestion de l'intérêt des travailleurs dans les mains des travailleurs eux-mêmes. Ceci est d'autant plus important car l'assurance (et particulièrement pour les accidents du travail) relevait jusqu'à ce jour de compagnies commerciales et, pour les allocations familiales, d'une gestion purement patronale". 

L'ordonnance n'avait fait qu'énoncer les principes. Il restait à bâtir l'édifice. Ce sera l'oeuvre principale de Croizat. Entouré d'une équipe au sein de laquelle on retrouve entre autres, Marcel Willard, Jean Briquet, Maurice Patinaud, Marcel Lamour, Le Quéré, Henri Raynaud, le "bâtisseur de la Sécu" y consacrera l'essentiel de ses deux années de ministère. Deux ans d'un chantier immense, rendu possible par l'élan de solidarité et le nouveau rapport de forces politiques qui suit la Libération. Tout est à faire, substituer à l'immense fatras des 1093 Caisses diverses et organismes privés un système cohérent, décentralisé, bâti autour de 138 Caisses primaires d'assurance-maladie et 113 caisses d'allocations familiales, essentiellement gérées - au début tout du moins- par les travailleurs...".. 

En mai 1946, grâce aux efforts d'Ambroise Croizat, une loi accorde une pension de retraite à tous les salariés âgés de plus de 65 ans. Quand Croizat quittera le gouvernement en mai 1947, le montant des retraites sera majoré de 130 à plus de 200%. 4 millions de français bénéficient de la retraite.

Croizat présente ainsi dans un discours à l'Assemblée Nationale le 4 août 1946 le sens de son action gouvernementale:

"La sécurité sociale, née de la terrible épreuve que nous venons de traverser, appartient et doit appartenir à tous les Français et à toutes les Françaises, sans considération politique, philosophique ou religieuse. Ce qu'elle donne aux Français ne résulte pas de la compassion ou de la charité, elle est un droit profond de la nature humaine. Elle sera, nous en sommes sûrs, d'une portée considérable à long terme. Elle permet d'espérer, en raison des perfectionnements postérieurs qui pourront lui être apportés, voir la France et la République se placer au premier rang des nations du point de vue du progrès social...".

Le travail de Croizat au ministère du travail ne s'arrête pas là. Le 25 février 1946, il fait voter la loi sur la majoration des heures supplémentaires (25% entre 40 et 45h, 50% au-delà, 100% les dimanches et jours fériés). Il fit de même pour l'augmentation des primes et le travail de nuit et du dimanche. C'est également Croizat qui fixe la durée des congés payés à un mois pour les jeunes de moins de 18 ans et à 3 semaines pour la classe d'âge entre 18 et 21 ans. Il est également à l'origine d'un vrai service public de l'emploi, de la refonte d'une grande partie du Code du Travail, de la revalorisation des rentes des mutilés du Travail et des vieux mineurs, de la création d'un Conseil national du Travail chargé d'examiner les projets relatifs à la législation sociale, mais également d'innover en la matière. Il engage un vaste chantier dans le domaine de la formation professionnelle pour libérer l'enseignement technique de la tutelle patronale ou confessionnelle. Grâce à ses efforts et à ceux de Maurice Thorez, de nouveaux statuts de la fonction publique sont adoptées. "On y trouve des avancées extraordinaires comme la reconnaissance intégrale du droit syndical, la participation des syndicats à la gestion du personnel, la démocratisation du recrutement, l'égalité des sexes pour l'accès à la promotion dans les services publics". On développe la prévention des accidents et des maladies du travail en créant la médecine du travail, les ancêtres des comités hygiène et sécurité. On attribue pour la première fois un rôle économique et décisionnel aux comités d'entreprise. En avri 1946, Croizat propose d'instituer l'égalité de salaire entre homme et femme: "Si l'égalité politique est une victoire partielle, l'égalité économique est une victoire complète" dit-il alors. 

" Aux côtés de Marcel Paul, complice de longue date, il se battra avec acharnement pour imposer le statut des mineurs (14 février 1946) et celui du personnel du gaz et de l'électricité (22 juin 1946). Il cosignera d'ailleurs ces documents, qui vont transformer les conditions matérielles, sociales et culturelles des agents de ces deux services publics. On retrouve en effet, dans les deux statuts, des avancées considérables: sécurité d'emploi, protection sociale de haut niveau, unicité de traitement, activités sociales gérées par les travailleurs eux-mêmes, 1% des recettes d'EDF pour les électriciens et les gaziers".

Pour faire comprendre et obtenir une mise en oeuvre concrète de ces mesures en contournant les obstacles et les difficultés, Croizat effectue des centaines de déplacements, aussi bien à Paris qu'en province. Il y démontre sa capacité d'écoute et son humilité, en même temps que son sens de l'efficacité et du travail bien fait.

Cette profond mouvement de rénovation sociale de la société française pour l'universalité de l'accès au droit et la souveraineté du travail va pourtant s'interrompre.

En 1946, le patronat redresse la tête, sabote l'application du programme du CNR. Les tensions au sein du gouvernement croissent. Droite et socialistes freinent les nationalisations ou remettent en cause les statuts des mineurs, des gaziers et électriciens, des cheminots et des travailleurs de chez Renault... Ils entament la guerre d'Indochine. Le blocage des salaires et la flambée des prix créent un climat social tendu. Les pressions des Américains sur le gouvernement s'accentue pour faire sortir les communistes.

L'éviction a lieu le 5 mai 1947. Le motif est la solidarité trop voyante des communistes aux revendications des ouvriers de Renault. En réalité, dans un contexte de début de guerre froide, les Américains monnayent leur aide à la France contre une marginalisation des communistes.  

Evincé du gouvernement, Croizat reprend à plein temps la tête de la Fédération CGT de la métallurgie. En cette année charnière, les grèves contre le blocage des salaires et la vie chère se multiplient: mineurs, métallos, dockers, ouvriers de chez Renault. "La police intervient. Elle embarque, incarcère. Partout, au coeur des carreaux de Lorraine ou du Pas de Calais, la violence s'installe. A Firminy, dans le bassin de la Loire, la grève lancée le 4 octobre 1948 tournera à l'émeute entre mineurs et CRS pour la possession du puits". 2 mineurs sont tués par balle.

Croizat tonne en décembre 1947 dans l'Union des métallurgistes: "Ce gouvernement n'a pas hésité à faire tirer sur les grévistes, à employer des gaz lacrymogènes, en un mot, à mettre tout en oeuvre pour venir à bout de la résistance ouvrière. Rien n'a été ménagé. On a utilisé des mesures répressives et spéculé à fond sur la misère et la faim des valeureux combattants... Si Hitler n'a pas réussi à mater le peuple, ce n'est pas Jules Moch et ses sbires qui y parviendront".  

Plus tard, en 1950, Croizat bataille contre le plan Schuman et le projet de Communauté du Charbon et de l'Acier avec l'Allemagne. Il y voit un projet de mise sous tutelle américaine, de réduction de l'indépendance industrielle de la France. Il remet aussi en cause les cadences et la productivité imposés par le patronat dans les industries.

En juillet 1950, Croizat, déjà éprouvé par un cancer du poumon, perd son fils, ouvrier électricien de 26 ans, dans un accident du travail à Lyon. Il meurt le 12 février 1951 après une opération qui n'a pas suffit. Son cortège funèbre, le 17 février 1951, rassemble des centaines de milliers de personnes venus lui rendre hommage.

A cette vie exemplaire et si riche de réalisations durables et révolutionnaires, nous avons le désir d'être fidèles à notre humble niveau en perpétuant et prolongeant l'héritage et surtout en commençant par le défendre face à la réaction capitaliste progressant depuis 30 ans sous des gouvernements de droite comme (prétendument) de gauche sous couvert de modernisme, d'adaptation à la mondialisation, à la concurrence internationale.

Ismaël Dupont

Un autre livre indispensable de Michel Etiévent

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28 janvier 2018 7 28 /01 /janvier /2018 08:22
L'hommage de Jaurès à Robespierre dans sa monumentale Histoire socialiste de la Révolution Française
Il y a 200 ans, Robespierre
JEUDI, 28 JUILLET, 1994
L'HUMANITÉ

«AVEC qui es-tu? Avec qui viens-tu combattre et contre qui? Michelet a fait une réponse illusoire: «Je siégerais entre Cambon et Carnot: je ne serais pas jacobin, mais montagnard.» C'est une échappatoire... Cambon et Carnot: l'un organisait les Finances, l'autre organisait la Guerre. Sur eux ne pèse aucune responsabilité directe des décisions terribles; et il est commode de s'établir entre eux. Mais, comment Cambon aurait-il pu gouverner les Finances, comment Carnot aurait-il pu précipiter tout ensemble et discipliner l'élan des armées si des hommes politiques n'avaient assuré, au prix de douloureux efforts et de responsabilités effroyables, la puissance et l'unité de l'action révolutionnaire?

«Si grands qu'ils aient été, Cambon et Carnot ont été des administrateurs, non des gouvernants. Ils ont été des effets; Robespierre était une cause. Je ne veux pas faire à tous ces combattants qui m'interpellent une réponse évasive, hypocrite et poltronne. Je leur dis: ici, sous ce soleil de juin 93 qui échauffe votre âpre bataille, je suis avec Robespierre et c'est à côté de lui que je vais m'asseoir aux Jacobins.»

«OUI, je suis avec lui parce qu'il a à ce moment toute l'ampleur de la Révolution. Je suis avec lui parce que, s'il combat ceux qui veulent rapetisser Paris à une faction, il a gardé le sens révolutionnaire de Paris. Il empêchera l'hébertisme de confisquer l'énergie populaire; mais il ne rompt pas avec cette énergie; il défend le ministre Bouchotte, il défend le général Rossignol, il défend les officiers sortis du peuple; mais il veut qu'ils soient jugés et surveillés de haut par la Révolution de France, non pas par l'insurrection de Paris. Il n'a pas peur de Paris, et la preuve, c'est qu'il conseille aux sans-culottes parisiens de ne pas s'enrôler en masse pour les frontières, de rester armés au coeur de Paris pour préserver la capitale de toute surprise contre-révolutionnaire.

«S'il avait eu contre la Commune de mauvais desseins, il aurait fait le vide autour d'elle: il aurait expédié en Vendée ou en Flandre, ou en Roussillon, ou sur les bords du Rhin, les patriotes véhéments. Il s'applique au contraire à les retenir et il supplie la Commune de se servir de cette force populaire non pour subordonner, non pour violenter et menacer la Convention, mais pour la protéger au contraire, pour lui donner la confiance invincible qu'elle communiquera à la France et aux armées.».

«AINSI, il n'est pas plus le sectaire de la Convention que le sectaire de la Commune: il ne veut pas plus une coterie de salut public qu'une coterie des bureaux de la Guerre. La Convention est le centre légal et national de la force et de la pensée révolutionnaires. Quiconque maintenant la menace ou l'affaiblit ou la discrédite est un ennemi public et refait le crime de la Gironde.

«Par la Convention loyalement unie à une Commune ardente, mais respectueuse de la loi, c'est toute la France qui gouverne, qui administre, qui combat. Paris est le foyer le plus vaste, le plus ardent et le plus proche où la Révolution se réchauffe: il n'est pas à lui tout seul la Révolution. La démocratie est donc pour Robespierre à la fois le but et le moyen: le but puisqu'il tend à rendre possible l'application d'une Constitution en qui la démocratie s'exprime; le moyen, puisque c'est avec toute la force révolutionnaire nationale concentrée, mais non mutilée, qu'il veut accabler l'ennemi. Hors de lui, le reste est secte.

«O socialistes! mes compagnons, ne vous scandalisez pas. Si le socialisme était une secte, si la victoire devait être une victoire de secte, il devrait porter sur l'histoire un jugement de secte, il devait donner sa sympathie aux petits groupements dont les formules semblent le mieux annoncer les siennes, ou à ces factions ardentes qui, en poussant presque jusqu'au délire la passion du peuple, semblaient rendre intenable le régime que nous voulons abolir. Mais ce n'est pas d'une exaspération sectaire, c'est de la puissante et large évolution de la démocratie que le socialisme sortira: et voilà pourquoi, à chacun des moments de la Révolution française, je me demande: quelle est la politique qui sert le mieux toute la Révolution, toute la démocratie? Or, c'est maintenant la politique de Robespierre.»

«BABEUF, le communiste Babeuf, votre maître et le mien, celui qui a fondé en notre pays, non pas seulement la doctrine socialiste, mais surtout la politique socialiste, avait bien pressenti cela dans sa lettre à Coupé de l'Oise; et voici que quinze mois après la mort de Robespierre, quand Babeuf cherche à étayer son entreprise socialiste, c'est la politique de Robespierre qui lui apparaît comme le seul point d'appui.

«A Bodson, à ce cordelier ardent qui assistait aux séances du club dans la tragique semaine de mars 1794, où l'hébertisme prépara son mouvement insurrectionnel contre la Convention, à Bodson, resté fidèle au souvenir d'Hébert, Babeuf ne craint pas d'écrire, le 29 février 1796, qu'Hébert ne compte pas, qu'il n'avait su émouvoir que quelques quartiers de Paris, que le bonheur commun devait avoir pour organe toute la communauté et que Robespierre seul, au-delà des coteries, des sectes, des combinaisons artificielles et étroites, a représenté toute l'étendue de la démocratie.

«Je ne crois point encore, avec et comme toi, impolitique et superflu d'évoquer les cendres et les principes de Robespierre et de Saint-Just pour étayer notre doctrine. D'abord, nous ne faisons que rendre hommage à une grande vérité, sans laquelle nous serions trop au-dessous d'une équitable modestie. Cette vérité est que nous ne sommes que les seconds Gracques de la Révolution française. N'est-il pas utile de montrer que nous n'innovons rien, que nous ne faisons que succéder à des premiers généreux défenseurs du peuple, qui avant nous avaient marqué le même but de justice et de bonheur auquel le peuple doit atteindre?

«Et, en second lieu, réveiller Robespierre, c'est réveiller tous les patriotes énergiques de la République, et avec eux le peuple qui, autrefois, n'écoutait et ne suivait qu'eux. Rendons à sa mémoire son tribut légitime; tous ses disciples se relèvent et bientôt ils triomphent. Le robespierrisme atterre de nouveau toutes les factions. Le robespierrisme ne ressemble à aucune d'elles; il n'est ni factice ni limité. Le robespierrisme est dans toute la République, dans toute la classe judicieuse et clairvoyante et naturellement dans le peuple. La raison en est simple: c'est que le robespierrisme, c'est la démocratie, et ces deux mots sont parfaitement identiques. Donc, en relevant le robespierrisme, vous êtes sûrs de relever la démocratie.»

L'hommage de Jaurès à Robespierre dans sa monumentale Histoire socialiste de la Révolution Française
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27 janvier 2018 6 27 /01 /janvier /2018 20:08
Vera Baboun (photo La Vie)

Vera Baboun (photo La Vie)

La parole à Vera Baboun, maire de Bethléem
La chronique de Francis Wurtz (*)
FRANCIS WURTZ, DÉPUTÉ HONORAIRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
SAMEDI, 27 JANVIER, 2018
HUMANITÉ DIMANCHE
 

Face aux épreuves, elle s’engage : pour l’émancipation des femmes palestiniennes, pour l’éducation des jeunes, pour les droits fondamentaux de son peuple.

Vera Baboun, Palestinienne chrétienne, première femme élue maire de Bethléem en 2012, vient à Strasbourg, le 27 janvier, à l’invitation d’une association interculturelle (chrétiens, juifs, musulmans, bouddhistes, hindouistes), les Sacrées Journées. Elle présentera son livre au titre évocateur : « Pour l’amour de Bethléem. Ma ville emmurée » (1). Son récit autobiographique constitue à l’encontre de l’occupation, de la colonisation et tout particulièrement du mur d’annexion un acte d’accusation d’autant plus marquant qu’il émane d’une femme étrangère à tout extrémisme, à tout fondamentalisme, et qui parle de personnes juives israéliennes de son entourage – telle son enseignante à l’Université hébraïque – avec beaucoup de respect et de tendresse.

Sa narration est un condensé impressionnant de toutes les souffrances qu’endurent les Palestiniens : le traumatisme historique de la « Nakba » (la « catastrophe » de 1948) « en raison de l’expulsion et de la fuite de centaines de milliers de Palestiniens » ; le souvenir douloureux de l’enfant qu’elle était et de sa famille, en 1967, quand « les occupants lui ont tout pris » ; les espoirs déçus après les accords d’Oslo, en 1993, censés aboutir au règlement de « la question des frontières, des réfugiés, des colonies, de l’eau, du statut de Jérusalem... ». Aujourd’hui, c’est la rupture du lien sacré entre la Cisjordanie et Jérusalem-Est ; les humiliations aux « check-points » ; l’arbitraire total présidant à l’octroi des droits (exceptionnels) de passage de l’autre côté de « la muraille de béton de 8 mètres de haut » ; les confiscations de terres pour l’édification des colonies, pour la construction de routes de contournement interdites aux Palestiniens et pour l’érection du mur ; les interventions brutales et sanglantes des soldats israéliens contre des jeunes révoltés par l’oppression ; les arrestations de manifestants non armés ; les destructions de biens sur simple présomption de complicité ; sans parler des privations d’eau organisées, du chômage endémique et de la pauvreté de masse, faute d’activités économiques un tant soit peu normales. « L’emmurement est l’une des pratiques les plus radicales qu’une communauté humaine puisse endurer », souligne Vera Baboun.

Mais, pour elle, à l’image de son peuple, « baisser les bras, c’était couler ». Face aux épreuves, elle s’engage : pour l’émancipation des femmes palestiniennes, pour l’éducation des jeunes, pour les droits fondamentaux de son peuple. « Que fait le monde ? » s’interrogeait-elle, en 2003, dès l’apparition des premiers blocs de béton, des miradors, des projecteurs du futur mur de 773 km isolant 13 % du territoire de la Cisjordanie ! « Pourquoi les laisse-t-on construire ça ? » Et de relater la naïveté ou l’inconscience de tel représentant de l’Union européenne s’indignant récemment de l’absence des mères au chevet de leur enfant en train de mourir du cancer dans un hôpital spécialisé de Jérusalem ! La raison en est malheureusement simple : elles sont jeunes et habitent Gaza, aussi les autorités israéliennes leur ont-elles refusé le permis de passer !

En refermant ce livre poignant de vérité et de dignité, quiconque a du cœur se demande ce qu’il ou elle peut faire pour contribuer à faire avancer cette cause impérissable. Les priorités ne manquent pas : la reconnaissance de l’État palestinien par la France et l’Europe ; l’arrêt de toute importation de produits des colonies ; la libération de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers politiques, parmi lesquels notre concitoyen Salah Hamouri... Merci et bienvenue en France, Vera Baboun !

(*) Député honoraire du Parlement européen.
(1) Bayard Éditions, 2016.
Député honoraire du Parlement européen
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