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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 12:21
Pour Alain Bruneel, "l’Assemblée nationale doit agir pour la gratuité des transports scolaires"
Pour Alain Bruneel, "l’Assemblée nationale doit agir pour la gratuité des transports scolaires"

mardi 30 janvier 2018

Une proposition de loi sur la gratuité des transports scolaires vient d’être déposée par ALAIN BRUNEEL et les députés du groupe GDR.

Communiqué d’Alain Bruneel, Député du Nord

"Alors que le code de l’éducation dispose que « l’enseignement public (…) est gratuit », il subsiste pourtant d’importantes inégalités territoriales concernant les dépenses liées à la scolarité, qu’il s’agisse des dépenses de fournitures, de restauration ou de transport.

Sur ce dernier poste de dépenses, les associations de parents d’élèves font le constat unanime de la hausse conséquente du coût du transport scolaire ces dernières années.

Le transfert de la compétence des transports scolaires aux régions n’a pas œuvré à l’harmonisation tarifaire. Celles-ci ont reconduit lors de la rentrée de septembre 2017 la situation très inégalitaire qui prévalait antérieurement.

Cette situation heurte le principe d’égal accès de tous au service public et appelle l’intervention du législateur pour garantir une égalité de traitement des élèves sur l’ensemble du territoire.

C’est en ce sens qu’une proposition de loi sur la gratuité des transports scolaires vient d’être déposée par ALAIN BRUNEEL et les députés du groupe GDR.
Si l’école est gratuite, y aller doit l’être aussi. Ce principe de gratuité est indissociable de la solidarité nationale, de la politique en faveur de la jeunesse, de l’éducation et de l’égalité des chances.

La proposition de loi entend donc assurer la gratuité des transports scolaires pour tous les enfants inscrits dans un établissement scolaire, indépendamment des conditions de ressources de leurs familles, et faire ainsi reconnaître le droit inaliénable pour tout élève ou apprenti, de la maternelle au lycée, de se rendre gratuitement sur son lieu d’enseignement...

L’assemblée nationale aura à se prononcer le 8 mars prochain sur cette question et aura donc l’opportunité de mettre fin aux inégalités territoriales en adoptant cette proposition de loi."

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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 12:10
Esther Benbassa : « Il faut en finir avec l’intimidation des citoyens solidaires » (proposition de loi de la députée écologiste du groupe Communiste Républicain Citoyen Ecologiste)
Esther Benbassa : « Il faut en finir avec l’intimidation des citoyens solidaires »

mardi 30 janvier 2018

Par le biais d’une proposition de loi Esther Benbassa, sénatrice de Paris (groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE)) entend, avec d’autres parlementaires, abroger le « délit de solidarité ».

Elle s’explique dans une interview à l’Humanité d’aujourd’hui.

Pourquoi l’abrogation :

Depuis plusieurs mois, dans le contexte de ce qu’il est convenu d’appeler la « crise migratoire » – qu’il serait plus juste d’appeler une crise de l’accueil -, nous assistons à la recrudescence des poursuites judiciaires envers nos concitoyens qui font preuve de solidarité avec les exilés.

Les procès intentés à Cédric Herrou, Pierre-Alain Mannoni, Martine Landry et aux nombreux autres solidaires sont venus nous rappeler qu’il est indispensable que la loi soit modifiée afin de protéger réellement les actions humanitaires et désintéressées.

Cette proposition de loi, portée par Esther Benbassa et soutenue par des sénatrices et sénateurs de sensibilités diverses, a pour objet de supprimer définitivement l’incrimination de toute forme de solidarité car il n’est plus admissible qu’en 2018 la solidarité reste un délit.
Esther Benbassa « Il faut en finir avec l’intimidation des citoyens solidaires »
Entretien réalisé par Audrey Loussouarn
Mardi, 30 Janvier, 2018
L'Humanité
Esther Benbassa Sénatrice EELV du groupe CRCE

Par le biais d’une proposition de loi présentée aujourd’hui, Esther Benbassa, sénatrice du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE) et des élus allant des radicaux de gauche à l’UDI, entend abroger le « délit de solidarité ».

Le « délit de solidarité » n’existe pas en tant que tel. C’est l’article L.622-1 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda) de 1945 qui vise à sanctionner « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d’un étranger en France ».

Que cherchez-vous à modifier avec votre proposition de loi ?

Esther Benbassa Bien sûr, le délit de solidarité est une expression mais il existe sous cette forme. Rappelons que l’expression a été popularisée en 1995 par le Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés  – NDLR), qui désignait, de manière péjorative, la répression de ceux qui par conviction, humanité ou simple générosité viennent en aide aux exilés. Avec le groupe communiste, des sénateurs radicaux de gauche à l’UDI, nous aimerions changer la rédaction de cet article afin que seule l’aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier apportée dans un but lucratif soit sanctionnée. C’est-à-dire maintenir la poursuite des filiales de passeurs, de réseaux de traite humaine et toute personne qui profite de la détresse des exilés pour en tirer un profit financier. L’objectif est de déposer ce texte au printemps, moment où arrivera dans le débat public la loi asile et immigration. Ce texte sera comme une réponse.

En 2012, cet article a été légèrement modifié sous la houlette de Manuel Valls pour faire la distinction entre les réseaux de trafic et les citoyens. Mais elle laisse par exemple de côté l’aide à la circulation au sein du territoire français…

Esther Benbassa Oui, il aurait fallu que ce soit beaucoup plus clair. C’était, comme à l’habitude, un effet de communication car la modification n’a rien changé, sinon il n’y aurait pas eu les procès de Cédric Herrou, Pierre-Alain Mannoni ou Martine Landry, pour ne parler que d’eux. Il existe un tas d’anonymes qui ont tout simplement pris un individu dans leur voiture, parce qu’ils le voyaient sur le bord de la route. Pour élaborer ce texte, nous avons rencontré des citoyens solidaires à Paris, à Calais, à Ouistreham, à Briançon, à Grande-Synthe ou encore à Menton, où l’aide et la solidarité sont massives. Ce sont des individus simples. Utilisons même un mot non éculé : ce sont des justes, non des délinquants.

Où se niche l’aberration de cet article, selon vous ?

Esther Benbassa La notion d’aide ne peut porter que sur des domaines précis, essentiellement humanitaires. Elle doit être sans contrepartie directe ou indirecte. Seulement, nous avons constaté des dérives émanant de poursuites contre une personne hébergeant un individu qui aurait fourni une contrepartie, parce qu’il effectuait des tâches ménagères. Ce texte peut être utilisé de différentes manières. C’est pourquoi, selon nous, la rédaction de cette loi n’est pas satisfaisante. Les exemptions prévues laissent une marge d’appréciation excessive au juge, et les condamnations se multiplient ces derniers mois. Ce texte punit ceux qui aident à l’entrée et au séjour des personnes irrégulières d’une peine de cinq ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende et, contrairement aux affirmations des ministres successifs qui ont prétendu l’abroger, il est loin de servir à poursuivre les passeurs des réseaux criminels. Ces dispositions sont principalement utilisées pour intimider les personnes solidaires qui ont choisi d’aider les réfugiés en leur rendant service au quotidien.

Plusieurs tentatives du même ordre ont été effectuées. Pensez-vous que l’actualité autour de la « crise de l’accueil » et des procès successifs, qui ont interpellé l’opinion publique, peut changer la donne cette fois-ci ?

Esther Benbassa 43 % des Français sont contre l’accueil des réfugiés, nous dit-on. Donc, cela fait bien une majorité pour ! Je crois que parfois l’opinion publique peut peser et guider les votes. Mais si nous n’arrivons pas à faire passer ce texte, au moins nous pourrons donner un peu de courage à ces citoyens qui se battent au quotidien.

Esther Benbassa

Sénatrice EELV du groupe CRCE

Pourquoi l’abrogation

« La solidarité ne devrait plus jamais être un délit », est-il écrit en préambule de la proposition de loi, en écho à un avis de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) qui demande l’abrogation du « délit de solidarité ». Le texte, qui insiste sur la notion d’aide à un réfugié dans un but lucratif, revendique aussi sa « conformité avec la directive européenne du 28 novembre 2002 “définissant l’aide à l’entrée, au transit et au séjour irréguliers”». Celle-ci précise en effet que, « sauf pour l’aide humanitaire, (elle) interdit d’aider une personne étrangère à l’Union à entrer, séjourner ou transiter sur le territoire d’un État membre ».

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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 08:15

Le Télégramme, 29 janvier 2018: 

La fédération du Finistère du Parti communiste appelle, à son tour, à participer à la manifestation intersyndicale, mardi, à 15 h, place de la Résistance à Quimper, pour revendiquer des moyens pour les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). « Dans le Finistère, département vieillissant, 124 Ehpad publics ou privés offrent 11.300 places, soit 115 places pour 1.000 habitants de plus de 75 ans. Ce nombre stagne. Quant aux places en foyers-logements, elles diminuent. C'est insuffisant pour répondre aux demandes », estiment Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF, et Yvonne Rainero, membre de la commission nationale santé protection sociale. « Les effectifs des personnels sont encore plus insuffisants : le ratio devrait être d'un professionnel par résidant, il est moitié moindre. Le taux d'équipement en soins infirmiers et d'aide à domicile est, par ailleurs, inférieur à la moyenne bretonne. En 2017, on comptait dans le budget départemental plus de 100 M€ versés pour l'allocation personnalisée d'autonomie, mais seulement 38 M€ compensés par l'État ! Derrière ces chiffres, il y a des réalités humaines insupportables », critiquent-ils. « Et ils sont encore plus alarmants au regard de l'évolution démographique : la proportion des plus de 75 ans dans le Finistère devrait passer de 10,9 % à plus de 18 % en 2050 », signifient les communistes. Ils revendiquent notamment « la création d'emplois qualifiés sur la base d'un salarié par personne âgée, la mise en place d'un grand service public de santé de proximité et d'un pôle public départemental de l'autonomie et la suppression des restes à charge pour les familles ».

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29 janvier 2018 1 29 /01 /janvier /2018 19:54
Gaza, au bord du précipice (28 janvier - Thomas Cantaloube, Médiapart)
Gaza, au bord du précipice
 PAR 

Des responsables militaires israéliens ont récemment tiré la sonnette d’alarme en avertissant que la bande de Gaza était « au bord d’un effondrement complet », en raison de la détérioration des conditions sanitaires, sociales et économiques. Après dix ans de blocus, c’est en effet le désespoir qui domine. « Nous souffrons de ne jamais pouvoir envisager le futur », dit une habitante. Reportage dans la bande de Gaza.

Gaza, de notre envoyé spécial.-  Quand on lui annonce que nous avons l’intention de nous rendre dans la bande de Gaza, le porte-parole du gouvernement israélien soupire, puis nous répond calmement : « Comme vous voulez… Vous allez voir beaucoup de misère et de souffrance. Mais n’oubliez pas : c’est leur responsabilité. Les habitants de Gaza ont choisi le parti de la violence et des terroristes. Nous ne pouvons pas l’accepter et nous devons nous défendre. »

Quelques jours plus tard, nous franchissons le checkpoint d’Erez, immense édifice de béton et d’électronique qui évoque la paranoïa déshumanisée des installations militaires américaines en Irak ou en Afghanistan dans les années 2000. Après un long tunnel de grillage, nous émergeons côté palestinien, dans cette bande de Gaza grande comme trois fois Paris intra-muros, peuplée de deux millions d’habitants cloués sur place, sans possibilité aisée de sortir de ce territoire depuis plus de dix années, lorsque le Hamas en a pris le contrôle en 2007.

On traverse d’abord quelques champs cultivés (oliviers, fraises, haricots verts…) avant d’atteindre les premiers bâtiments, qui occupent la quasi-totalité de la surface de Gaza, en faisant un des lieux les plus densément peuplés de la planète. Bien sûr, l’ambiance n’est pas riante, on imagine d’autres endroits pour faire du tourisme : le gris parpaing des immeubles mal finis, les nombreuses charrettes tirées par des ânes, les rues secondaires en terre constellées d’ornières.

Mais la vie suit son cours, résiliente. Et tant qu’on n’adresse pas la parole aux Gazaouis pour leur demander comment va leur existence, l’illusion se maintient d’être dans n’importe quelle ville pauvre du monde arabe. Il y a des souks, des hôtels, des restaurants, des banques, des embouteillages, les vagues de la Méditerranée qui s’écrasent sur les plages de sable.

Les premières fissures dans ce tableau apaisé surgissent très vite. On observe les pêcheurs qui larguent les amarres et s’éloignent du port en fin de soirée. Ils naviguent sur deux ou trois kilomètres en mer, puis coupent les moteurs pour lancer leurs filets. Normal, ils ne peuvent pas s’aventurer au-delà : leur zone de pêche est restreinte en moyenne à cinq milles marins (9 km).

Nous avons ensuite rendez-vous avec un officiel au treizième étage d’un immeuble : il faut attendre son arrivée, puis qu’un agent de sécurité démarre le générateur diesel, et tout le monde s’entasse dans la cage d’ascenseur. En quittant les lieux, on descend les treize étages à pied avec une lampe de poche. Mi-janvier 2018, le rythme d’approvisionnement en électricité est le suivant : quatre heures de courant, suivies par douze heures de black-out. Parfois, s’il y a six ou sept heures de courant par jour, c’est Byzance. Quand l’électricité arrive dans les foyers, tout le monde se chamaille aimablement pour filer à la douche et bénéficier d’eau chaude.

L’essentiel de l’eau qui circule dans les tuyaux (95 % selon l’Organisation mondiale de la santé) est impropre à la consommation humaine. Lorsqu’on se brosse les dents, un arrière-goût colle aux gencives. Se baigner dans la mer revient à nager à la sortie des égouts, puisque le système de traitement des eaux usées est en carafe depuis des mois…

Début 2018, les services de sécurité israéliens (armée et renseignements) ont tiré la sonnette d’alarme auprès de leur gouvernement : « Gaza est au bord d’un effondrement complet », ont-ils averti. Ce qui, dans le langage de ces responsables, laisse présager que les conditions socioéconomiques désastreuses de la bande pourraient bien provoquer un soulèvement, une nouvelle intifada, une offensive armée des extrémistes religieux, bref, ils ne savent pas vraiment quoi, mais cela ne sent pas bon du tout.

Il y a déjà eu trois guerres à Gaza en dix ans et les Israéliens ne souhaitent désormais rien tant que préserver le statu quo. Donc, du point de vue de ces dirigeants chargés de la sécurité de leur pays, il vaudrait mieux s’arranger pour que la cocotte-minute gazaouie ne leur explose pas à la figure en relâchant la pression.

Malheureusement, ces paroles raisonnables ne sont guère écoutées par la majorité des Israéliens aujourd’hui. Il y a ceux qui rappellent ironiquement que les médias annoncent depuis douze ans « l’effondrement de Gaza » sans que cela ne se produise. Il y a ceux qui désirent la confrontation et se réjouissent de la situation. Et puis il y a surtout l’indifférence face au sort des Gazaouis. « Si ces gens veulent vivre normalement, ils n’ont qu’à se débarrasser du Hamas. » Tel est le refrain que l’on entend souvent en Israël.

Jusqu’en 2005, la situation de Gaza n’était guère différente de celle du reste de la Cisjordanie sur le plan de la circulation des personnes. Puis le premier ministre Ariel Sharon a annoncé le retrait des 8 000 colons qui vivaient sur place, les islamistes du Hamas ont remporté (à la régulière) les élections palestiniennes de 2006 et, l’année suivante, ils ont pris le contrôle total de la bande de Gaza, à la suite d’une confrontation avec l’Autorité palestinienne installée à Ramallah (Cisjordanie).

Depuis cette date-là, Israël a isolé Gaza à coups de barbelés, de miradors, de murs de béton et de checkpoints. Le seul point de passage avec un pays tiers, l’Égypte, est celui de Rafah, au sud, et il est rarement ouvert, encore moins depuis le coup d’État du maréchal al-Sissi de 2014.

« Sortir à tout prix d’ici pour vivre ailleurs »

On a coutume de parler de Gaza comme d’une « prison à ciel ouvert », mais c’est un cliché insidieux. Dans toute démocratie digne de ce nom, les prisonniers ont été jugés et reconnus coupables. Or le seul crime de l’immense majorité des Gazaouis est d’être nés palestiniens sur cette langue de terre côtière. « Pour deux millions d’habitants, il y a peut-être 10 000 extrémistes ou terroristes. Nous sommes tous condamnés pour les actes de quelques-uns », souligne Youssef Nateel, un cinéaste d’une trentaine d’années. Il fait référence aux branches armées du Hamas ou du Djihad islamique, qui envoient occasionnellement des missiles sur Israël ou commettent des attentats-suicides. Gaza n’est donc pas tant une prison qu’un exercice de punition collective massive.

Depuis 2012, Youssef Nateel a déposé chaque année quatre à cinq demandes de permis de sortie de Gaza pour présenter ses films documentaires dans des festivals, ou afin de se rendre à une formation aux États-Unis pour laquelle il avait obtenu une bourse. Elles ont toutes été refusées. Sans aucune explication. « Les Israéliens n’ont pas à se justifier », souffle-t-il. Il sait seulement qu’il a le mauvais âge, le mauvais sexe, le mauvais pedigree du point de vue de l’appareil sécuritaire israélien : celui d’un terroriste en puissance.

Youssef est donc cloîtré à Gaza, relié au reste du monde par Internet, grâce auquel il se forme lui-même avec des tutoriels en ligne. « Je veux progresser en tant que cinéaste, je veux grandir en tant qu’artiste, je veux me confronter au reste du monde, mais cela m’est interdit. Je ne compte plus toutes les opportunités que j’ai ratées. Ces dix dernières années ont été gâchées. Désormais, je n’ai plus qu’une seule aspiration : sortir à tout prix d’ici pour vivre ailleurs et ne pas gâcher la prochaine décennie. »

Une de ses amies, Yasmine Dawas, a plus de chance. Façon de parler. Toute récente diplômée de médecine, elle a trouvé du travail un jour par semaine dans un hôpital de Jérusalem pour traiter des enfants victimes de malformations cardiaques. En tant que jeune femme employée en Israël, elle peut obtenir un permis de sortie pour s’y rendre. Mais elle doit le renouveler chaque mois.

À la mi-janvier, elle reçoit un message sur son téléphone lui annonçant que son prochain permis durera trois mois. Elle saute de joie ! Puis elle lit les détails : elle n’a le droit de franchir les checkpoints que le mardi, jour où elle travaille. Les larmes lui montent aux yeux, elle détourne le regard. Là encore, nulle explication. C’est comme ça, c’est la règle israélienne.

Quand elle franchit le checkpoint pour se rendre à son travail, elle n’a le droit de rien emporter avec elle : pas de cosmétiques, pas de brosse à dents. Un jour, elle avait oublié un bâton de rouge à lèvres au fond de sa poche. Il lui a été confisqué et elle a dû plaider pour ne pas voir son permis annulé.

Malgré cela, Yasmine et Youssef s’estiment mieux lotis que la plupart des Gazaouis : leurs familles sont relativement aisées, ils ont pu faire de bonnes études, ils possèdent des réseaux à l’étranger. Mais la plupart de leurs concitoyens subissent le chômage et la précarité. Le taux officiel de chômage s’élève à 47 % et il grimpe à 60-65 % pour les jeunes diplômés. C’est un paradoxe de Gaza : le taux d’alphabétisation des moins de 24 ans dépasse les 99 %, les universités sont ouvertes et de bon niveau, mais une fois leur cursus terminé, les diplômés sont cantonnés à un territoire exsangue, coupé du reste du monde.

En 2012, l’UNRWA, l’agence des Nations unies chargée des réfugiés palestiniens, nombreux à Gaza, avait publié un rapport dont le titre s’affichait poliment interrogatif, même si la réponse était négative : « Gaza sera-t-il vivable en 2020 ? » Aujourd’hui, les instances internationales, les ONG et même certains responsables israéliens se demandent s’il ne faudrait pas avancer la date de deux ans, c’est-à-dire envisager que Gaza ne soit plus vivable fin 2018. Aux problèmes d’eau, d’électricité ou de chômage précédemment évoqués s’ajoutent une véritable crise sociale et psychologique, ainsi que les évolutions politiques récentes, qui obscurcissent encore davantage les perspectives des Gazaouis.

Responsable de projets dans une ONG d’assistance psychologique, Lubna Beseisso observe le tissu social se détériorer jour après jour. « Quand nous entendons le tonnerre, la plupart d’entre nous sursautons en imaginant que c’est un nouveau bombardement. Nous sommes traumatisés par les guerres, mais aussi par le blocus, l’enfermement, la division politique, explique-t-elle posément, s’incluant parfois dans les cas qu’elle décrit. Les gens ne peuvent pas vivre dans un état de stress perpétuel sans que cela n’affecte la société dans son ensemble. »

Les disputes intrafamiliales, la violence, la dépression, tout cela est en hausse constante. Il y a désormais des sans-abri à Gaza, phénomène inconnu il y a encore quelques années du fait des solidarités. « La semaine passée, nous avons recensé un crime inédit dans l’histoire palestinienne : une femme a tué son mari puis l’a démembré. Ici, les gens avaient l’habitude de se préoccuper les uns des autres. Nous avons bien entendu toujours eu des vols, des meurtres ou de la violence dans les familles, mais jamais dans de telles proportions ni avec une telle agressivité. Le tissu social est en train de se déchirer. »

« Gaza est un véritable chaos politique »

D’après une étude scientifique sur les troubles psychologiques au Moyen-Orient publiée début 2017, les Palestiniens figurent au premier plan de toutes les populations de la région en matière de « désordres mentaux ». Le lien est directement établi entre ces perturbations et le demi-siècle de violence et de conflits, l’occupation israélienne et la répression qui l’accompagne. « Outre les différents symptômes de stress post-traumatique ou liés aux angoisses quotidiennes, nous souffrons de ne jamais pouvoir envisager le futur, s’attriste Lubna Beseisso. Nous avons appris depuis notre enfance à ne pas planifier notre avenir. » Ce qu’Ayah al-Wakil, une jeune juriste, résume ainsi : « Nous essayons de ne jamais espérer trop car nous ne voulons pas être déçus. »

Une des rares choses qui semblent fonctionner correctement et avec régularité à Gaza est Internet, seul véritable lien avec l’extérieur pour la plupart des Gazaouis. Mais là encore, par la grâce ubuesque des autorités israéliennes, Gaza est interdite de réseau téléphonique 3G (la Cisjordanie vient juste d’être autorisée à déployer cette technologie vieille d’une décennie…). « Nous ne voyons que rarement des étrangers ou d’autres cultures, nous appréhendons le monde au travers des réseaux sociaux, constate tristement Ayah al-Wakil. Mais bien évidemment, ce n’est pas comparable : un pan de l’expérience humaine nous est ôtée. »

Assis derrière son bureau de responsable de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Gaza, Mahmoud Daher cache ses yeux las derrière ses lunettes. Après avoir passé en revue la longue liste des problèmes économiques et sanitaires qui affectent la bande de terre (à laquelle il faut ajouter, en plus de ceux déjà mentionnés, la pénurie de nombreux médicaments ou la dépendance à l’aide internationale de 80 % de la population), il assène avec la force de l’évidence : « Le problème de Gaza est de nature politique, il n’y a pas de solution médicale ou financière. »

 

 

 

La récente prise de position de l’administration Trump sur le statut de Jérusalem, et plus généralement son soutien sans ambages au gouvernement israélien de Benjamin Netanyahou, ont achevé de doucher les maigres espoirs qui subsistaient parmi la population palestinienne.

De surcroît, la « réconciliation » annoncée fin septembre 2017 entre le Fatah du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, semble au point mort. Il y a eu quelques visites des autorités de Ramallah et la prise de contrôle des checkpoints par les policiers palestiniens, mais aucune autre avancée. Les Gazaouis, qui espéraient l’injection d’argent frais ou un assouplissement du blocus israélien, ont déchanté et, aujourd’hui, ils perçoivent cela comme une déception de plus.

« Gaza est un véritable chaos politique, résume Khalil Shahin, directeur du Centre palestinien pour les droits de l’homme. Nous subissons un régime politique unique au monde en étant gouvernés par trois entités et demie. Il y a d’abord Israël, qui contrôle tous les détails de notre vie quotidienne. Il y a ensuite l’Autorité palestinienne, dont nous dépendons théoriquement mais qui ne fait pas grand-chose. Il y a le Hamas, qui régente ce qu’il peut, principalement la sécurité interne et l’économie locale. Et enfin, pour une demi-part, la communauté internationale au travers des ONG, des programmes d’aide et de l’ONU. »

Les Israéliens ont pris l’habitude de blâmer le Hamas (qui, avant de prendre le contrôle du territoire par les armes en délogeant l’Autorité palestinienne, avait remporté les élections libres) pour tous les maux de Gaza. Le mouvement islamiste, à la fois politique et militaire, est effectivement responsable de nombreuses attaques contre les Israéliens qui ont fait des dizaines de morts. Il exerce également un « monopole sur la corruption », comme le confie l’un de nos interlocuteurs, en taxant les produits qui rentrent à Gaza ou en organisant les trafics clandestins.

 

Il fait également peser une certaine pression sur la société en s’efforçant de faire taire tous ceux qui ont la parole un peu trop critique. « On ne parle pas du Hamas en public et on fait attention à ce que l’on poste sur les réseaux sociaux, dénonce un militant anticorruption, sinon ses miliciens débarquent chez vous au petit matin… » Pour autant, Gaza ne vit pas sous une chape de plomb islamiste. Les appels à la prière n’ont pas plus d’adeptes ici qu’en Cisjordanie et les femmes qui le souhaitent se promènent sans foulard sur les cheveux (même si elles sont rares).

« L’occupation est la matrice de toute la situation »

Mais le Hamas est usé par ses dix années de pouvoir, qui ont vu la situation se détériorer. Même Ahmed Yousef, l’ancien conseiller politique du leader du Hamas Ismaël Haniyeh, l’avoue sans détour : « La population espérait beaucoup de la réconciliation entre le Fatah et le Hamas, mais elle est mal engagée. Les gens attendent de nouveaux dirigeants. Le Hamas porte sa part de responsabilité dans la situation présente, mais elle est moindre que celle d’autres acteurs. »

Au premier rang figure le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, dont toute la stratégie depuis 15 ans a été lentement déjouée par Netanyahou et annihilée brusquement par Trump. L’Égypte aussi, qui pourrait offrir un ballon d’oxygène pour Gaza l’asphyxiée mais préfère, au contraire, lui appuyer sur la glotte en laissant le passage de Rafah presque tout le temps fermé et en collaborant avec les Israéliens. « Personne ne nous épargne, personne ne fait preuve de compassion à notre égard », commente Ahmed Yousef, résigné.

Si le Hamas, l’Autorité palestinienne, l’Égypte ou parfois les pays occidentaux sont critiqués par les Gazaouis, tout ce beau monde n’arrive que loin derrière, en seconde place sur le podium des griefs. Personne à Gaza n’est disposé à absoudre Israël de son écrasante responsabilité. Car c’est bien l’État hébreu qui est la puissance occupante, qui contrôle les flux des marchandises et des personnes, qui restreint les faibles marges de liberté des Gazaouis et qui impose sa loi d’une main de fer dans un gant d’épines.

Un responsable de l’ONU à Gaza, qui préfère rester anonyme pour parler en toute franchise, résume l’équation ainsi : « Pas d’occupation signifie pas d’intifada et donc pas de mesures de rétorsion, donc pas de souffrance. » Puis il poursuit : « On peut blâmer de nombreux acteurs locaux et internationaux pour leur inefficacité, leur corruption, leur incompétence, leur idéologie ; on peut débattre sur ce qui a surgi en premier de l’intifada ou des représailles, à la manière du litige sur la poule et l’œuf ; mais ce ne sont que des conséquences de l’occupation, qui est la matrice de toute la situation. »

Lorsqu’il cesse de parler, ce haut fonctionnaire onusien ramasse quelques livres qui traînent et essaie de faire tenir cette petite pile en équilibre sur le bord de sa table de travail. Après de méticuleux ajustements, il y parvient. Il relève alors la tête vers nous et annonce : « Gaza est ainsi : toujours au bord du précipice. Un seul mouvement peut tout faire basculer. Les Israéliens déploient beaucoup de ressources en matière de sécurité et de renseignements pour maintenir Gaza en équilibre au bord de l’abîme. »

Avant de regagner le checkpoint d’Erez pour faire ce que la plupart des Palestiniens ne peuvent pas effectuer, à savoir quitter cette enclave par la porte, on s’arrête chez un agriculteur dont les champs et les serres touchent presque le mur de séparation entre Israël et Gaza. La fraise de Gaza possède une petite réputation. Elle est effectivement délicieuse : riche en goût et juteuse. Akram Abu Khosa a dû reconstruire plusieurs fois ses serres, fréquemment détruites lors des incursions des soldats israéliens, faire une croix sur différentes récoltes pour les mêmes raisons, mais il persiste dans son maraîchage, comme le faisait son père avant lui.

Aujourd’hui, son principal marché se situe à Gaza même, bien que cela lui rapporte moins que les exportations vers les pays du Golfe, qui comptent parmi ses clients. « Pour exporter, il faut que je récolte les fraises un peu en avance, mais pas trop afin de conserver un bon produit. Une fois que je les ai mises en barquette, elles doivent arriver chez les marchands en trois jours maximum. Le problème, c’est que je ne sais jamais si les Israéliens vont me laisser passer le checkpoint. Ils me connaissent et j’ai un permis d’exportation, mais c’est la loterie à chaque fois. Si mon camion est bloqué plus de 24 heures au poste de contrôle, c’est foutu, je perds ma cargaison. »

Selon Khalil Shahin, du Centre palestinien pour les droits de l’homme, depuis dix ans, moins de 5 % des exportations de Gaza ont été autorisées à sortir de la bande. Akram Abu Khosa continue malgré tout de tenter régulièrement sa chance avec une partie de sa récolte de fraises. Pour continuer à vivre de sa terre bien sûr, mais aussi par obstination. Afin de montrer aux Israéliens qu’il ne se laissera pas abattre malgré leur volonté de maintenir Gaza au bord du précipice. Trop pauvre et soumis pour se révolter, mais pas assez pour ne plus rien avoir à perdre que ses larmes et son sang.

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29 janvier 2018 1 29 /01 /janvier /2018 19:18
Comme vous le savez, demain 30 janvier aura lieu un mouvement national d'actions dans les EHPAD.
 
Dans le Finistère une manifestation aura lieu à 15 h à Quimper, place de la Résistance. Le comité de Morlaix a prévu d'y participer.
 
Un covoiturage est donc organisé pour ceux qui peuvent s'y rendre à partir de Morlaix. Rendez-vous donc  à 13 h place René Cassin, demain 30 janvier. Merci d'indiquer votre participation.
 
Par ailleurs, des débrayages auront lieu dans les EHPAD de 14 h 30 à 15 h 30, et des rassemblements sont prévus devant ces EHPAD (Bélizal, Argoat, Lanmeur, Plouigneau, Pleyber-Christ, St Thégonnec, St Pol de Léon, etc,...)
 
Roger Héré pour le Comité de défense de l'Hôpital Public en pays de Morlaix
EHPAD: Le Comité de défense de l'Hôpital Public en pays de Morlaix organise un co-voiturage pour la manifestation à Quimper, RDV à 13h le mardi 30 janvier, place René Cassin
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29 janvier 2018 1 29 /01 /janvier /2018 19:18

 

A écouter, ces témoignages de personnels des EHPAD sur France Culture: 

Ehpad : laissez-nous le temps de soigner nos aînés !
Rassemblement départemental mardi à 15h, place de la Résistance à Quimper 
 
"Les 50 millions supplémentaires annoncés pour les EHPAD par Agnès Buzyn représentent 5000€ par an et par établissement, une goutte d'eau" a estimé hier l'intersyndicale CFDT, CGT, SUD qui appelle à se rassembler mardi à Quimper", nous apprend le Télégramme ce matin, 27 janvier.
 
"Une douche et un bain par mois, une protection parce qu'on a pas le temps d'emmener les résidents aux toilettes, un repas donné en cinq minutes... Si les gens entendaient les conditions qui les attendent, ils n'iraient plus dans les EHPAD", commente un représentant de SUD. 
 
"Les résidents sont pris en otage par le manque de moyens" renchérit son collègue de la CFDT. "La maltraitance est au niveau des patients et des personnels", affirme d'un point de vue unanime l'intersyndicale finistérienne, qui ne compte pas FO, contrairement à l'appel national. 
 
"En moyenne, il y a deux aides soignantes pour 40 résidents, la situation est assez catastrophique", souligne t-elle, alors que les EHPAD doivent faire face à l'arrivée de patients de plus en plus âgés, aux pathologies, y compris psychiatriques, de plus en plus lourdes. Conséquence de ce manque d'effectifs, un lissage des tâches, "une assistante sociale peut faire office d'infirmière et distribuer des médicaments", donne-t-on en exemple. 
 
"Le nombre d'accidents du travail et de maladies professionnelles dans le secteur des soins à la personne est passé devant le BTP, + 40% en dix ans au niveau national" affirment les trois organisations. 
 
"Aujourd'hui, tous les EHPAD n'ont pas les moyens de financer la dépendance. Ce n'est pas un problème de management, c'est un problème de moyens, de savoir comment notre société prend en charge les personnes vieillissantes", affirment les syndicats. 
 
(Le Télégramme, 27 janvier 2018)      
 
Cette grève soutenue par tous les syndicats au niveau national des personnels des EHPAD a reçu le soutien des directions des EHPAD. Le déblocage de 50 millions d'euros pour les EHPAD annoncé jeudi matin par la ministre qui sera complété par d'autres mesures ne convainc personne. Le plus sévère est le président de l'Association des directeurs au service des personnes âgées (ADPA): "Cette sommes ne compense pas même les 100 millions d'euros ponctionnés par le gouvernement sur le budget de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA), il y a à peine trois mois" a déploré Pascal Chapvert. Et d'autant plus que cette somme a déjà été encaissée par les agences régionales de santé. 
 
"Je suis aide-soignante depuis 23 ans, je n'ai jamais connu une telle situation, a témoigné une aide-soignante de la CGT, lors de la conférence de presse des syndicats. Nous nous mobilisons pour que nos seniors et nous-mêmes, demain, soyons accompagnés dignement, humainement". 
 
(Sylvie Ducatteau, L'Humanité, 26 janvier 2018) 
   

 

 

Déclaration de la Fédération du Parti Communiste Français du Finistère, jeudi 24 janvier 2018: Assez de souffrance dans les EHPAD
 

 

Déclaration de la fédération du Finistère du Parti Communiste Français

 

ASSEZ DE SOUFFRANCES DANS LES EHPAD !

 

Depuis plusieurs mois les salarié-es des EHPAD ont brisé la chape de silence pesant sur les souffrances intolérables qui y sont vécues. L’insuffisance des effectifs et des financements conduit pour les personnels comme pour les résidents à une situation dramatique qui porte atteinte à la dignité humaine, jusqu’à la maltraitance, et est indigne d’un pays civilisé.

Les personnes âgées, qu’elles soient à domicile ou en maison de retraite, les salarié-es qui travaillent dans ces filières, les aidants familiaux payent un lourd tribut aux politiques menées ces dernières années et dominées par la soumission à la finance.

Avec Macron, les divers cadeaux fiscaux et exonérations de cotisations sociales au profit des plus riches et des grandes entreprises explosent, pillant le budget de l’État, l’évasion fiscale à elle seule l’ampute de 80 milliards d’euros par an.

La France devient un paradis pour les actionnaires.

L’argent public va à la rente du capital et manque pour répondre aux besoins humains et sociaux les plus essentiels, parmi lesquels l’accompagnement du vieillissement et la prise en charge de la perte d’autonomie.

Vieillir dans une société où l’argent prime sur l’humain s'accompagne d'angoisse et de difficultés : prélèvements sur les retraites, notamment la hausse de la CSG, insuffisance et coût des services d’aide à domicile, manque de places dans les maisons de retraite, reste à charge très important pour les résidents et leurs familles, accès aux soins plus difficile, services publics qui désertent les territoires ruraux et les quartiers populaires...

Et pour celles et ceux qui ne peuvent poursuivre leur vie à domicile, c’est trop souvent une maltraitance institutionnelle, des soins dégradés, des contacts humains réduits à leur plus simple expression car les personnels en nombre insuffisant sont débordés, épuisés, traumatisés de ne pouvoir accorder à chacun-e des résident-es un peu de temps, d’attention.

Selon la ministre de la Santé, il n’y a pas de problème d’effectifs ou de budget dans les EHPAD, c’est juste une question de « management », car pour elle ce sont des entreprises, pas des lieux de vie.

La réalité, selon la mission parlementaire qui a enquêté, c'est un sous-effectif généralisé, des conditions de travail particulièrement difficiles, l'absence d'infirmier-ère de nuit, une tarification qui accentue les inégalités territoriales...

Dans le Finistère, département vieillissant, 124 EHPAD publics ou privés offrent 11300 places, soit 115 places pour 1000 habitants de plus de 75 ans. Ce nombre stagne, quant aux places en foyers-logements, elles diminuent. C'est insuffisant pour répondre aux demandes..

Encore plus insuffisants les effectifs des personnels : le ratio devrait être d’un professionnel par résident, il est moitié moindre.

Le taux d’équipement en soins infirmiers et aide à domicile est inférieur à la moyenne bretonne.

En 2017 on comptait dans le budget départemental plus de 100 millions d’euros versés pour l’APA (allocation personnalisée d’autonomie) mais seulement 38 millions compensés par l’État !

Derrière ces chiffres il y a des réalités humaines insupportables.

Et ils sont encore plus alarmants au regard de l’évolution démographique : la proportion des plus de 75 ans dans le Finistère devrait passer de 10,9 % à plus de 18 % en 2050.

Parce que l'humain est au cœur de leur projet, les communistes mettent en débat d’autres choix : création d’emplois qualifiés sur la base d’un salarié par personne âgée, mise en place d’un grand service public de santé de proximité, d’un pôle public départemental de l’autonomie ; formation de soignants ; suppression du numerus clausus en médecine ; suppression des restes à charge pour les familles ; financement de l’hôpital public à hauteur des besoins.

Ils proposent un financement solidaire à 100 % par la Sécurité Sociale, une cotisation supplémentaire sur les revenus financiers, le rétablissement de l’impôt sur la fortune, la suppression de la CSG, l’obligation pour l’État de compenser les dépenses des départements pour l’APA et la PCH (prestation de compensation du handicap).

La fédération du Finistère du PCF s'inscrit dans ce combat pour une société solidaire et apporte tout son soutien à la journée de mobilisation organisée par les syndicats. Elle appelle à participer en grand nombre à la manifestation départementale qui aura lieu le mardi 30 janvier à 15h place de la Résistance à Quimper. Nous sommes toutes et tous concerné-es !

 

Ismaël Dupont secrétaire départemental du PCF

Yvonne Rainero membre de sa commission nationale santé-protection sociale

  
La grève du 30 janvier dans les EHPAD s'organise dans le Finistère: les raisons de la colère
La grève du 30 janvier dans les EHPAD s'organise dans le Finistère: les raisons de la colère
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29 janvier 2018 1 29 /01 /janvier /2018 19:14
Allocations aux Adultes Handicapés, et si on ne comptait pas les ressources du conjoint ?
DANIEL ROUCOUS
JEUDI, 25 JANVIER, 2018
La conférence de presse de Marie-George Buffet entourée de député(e)s co-signataires de sa proposition de loi le 23 janvier 2018 à l'Assemblée Nationale
La conférence de presse de Marie-George Buffet entourée de député(e)s co-signataires de sa proposition de loi le 23 janvier 2018 à l'Assemblée Nationale

C’est l'objet de la proposition de loi déposée au Parlement par Marie-George Buffet cosignée par une cinquantaine de députés de tous bords.

Des députés FI, LR, LRM, UDI, MODEM, GDR, PCF se sont associés à une initiative transpartisane visant à supprimer la prise en compte des revenus du conjoint dans le calcul de l'Allocation adulte handicapé -    , présentée le 23 janvier 2018 par Marie-George Buffet, auteure d’une en ce sens.

Selon elle,  « Il faut que cette allocation puisse garantir l'autonomie de la personne » et « mettre fin à la prise en compte des revenus du conjoint »qui place le bénéficiaire « dans une situation de dépendance ».

En effet, « un bénéficiaire de l’AAH commence à perdre son allocation à partir du moment où son conjoint (sa conjointe) dispose de 1 126 euros par mois, c’est-à-dire même pas le Puis c’est dégressif, jusqu’au moment où le conjoint gagne 2 200 euros et là, vous n’avez plus rien», argumente la députée PCF.

Elle a donc demandé au président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, que » la proposition de loi (qu’il a dans ses tiroirs depuis le 6 décembre 2017), fasse l’objet de la mise en place d’une commission spéciale et soit inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. »

En attendant que cette proposition appuyée par les associations de personnes handicapées - - devienne force loi rappelons que le Gouvernement a promis de porter l’AAH de 810,89 euros par mois actuellement pour un bénéficiaire vivant seul à 900 euros en novembre 2019 Notre article  

Cependant il faut savoir que :

-  les demandeurs d’emploi handicapés  ne peuvent plus cumuler l’AAH avec l’allocation de solidarité spécifique,  

- le niveau de ressources garanti à un couple comptant un bénéficiaire de l’AAH devrait être aligné sur le niveau de ressources moins favorable garanti aux autres bénéficiaires de 

La suppression de la prise en compte des revenus du conjoint dans le calcul de l’AAH serait donc la bienvenue  pour les 250 000 bénéficiaires en couple et ceux qui ne le sont pas de peur de perdre en tout ou partie ce minimum social.

Journaliste, rubrique "Vos droits"
Allocations aux Adultes Handicapées, et si on ne comptait pas les ressources du conjoint? - une proposition de loi déposée par Marie-George Buffet
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29 janvier 2018 1 29 /01 /janvier /2018 19:03

EPAHD : Le PCF soutient les personnels des EHPAD et participera à la journée d'action

Pour les communistes, les choix politiques faits ces dernières années en matière de gestion de la «dépendance», ont conduit à réduire les moyens de la prise en charge de la perte d'autonomie et à sacrifier ainsi une partie de la population qui n’a pas compté sa peine pour participer au développement du pays. Il en résulte des coûts prohibitifs restant à la charge des familles.

Parallèlement, des conditions de travail dégradées subies par un personnel à 80% féminin, ne permettent pas de répondre aux besoins de nos "aînés". De multiples témoignages attestent de la mise en place de procédures dégradées, de soins d'hygiène réduits.

Le PCF avance la proposition de la création d'emplois statutaires sur la base d'un(e) salarié(e) par personne âgée, de paramédicaux, aides soignants, médecins, dans une filière gériatrique.

Pour le PCF il est temps d'engager un nouveau progrès social pour la France. Il soutient l'action du 30 janvier et appelle à y participer dans toute la France .

A Paris , Pierre Laurent mènera une délégation du PCF au rassemblement, à 14h devant le Ministère de la Santé.

EHPAD: le PCF soutient les personnels des EHPAD et participera à la journée d'action du mardi 30 janvier
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29 janvier 2018 1 29 /01 /janvier /2018 18:10
Au 31 décembre 2016, près de 728.000 personnes âgées étaient prises en charge dans un des 6.900 Ehpad publics, privés non lucratifs et privés commerciaux, selon la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA)

Au 31 décembre 2016, près de 728.000 personnes âgées étaient prises en charge dans un des 6.900 Ehpad publics, privés non lucratifs et privés commerciaux, selon la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA)

Ce mardi, à l'appel de tous leurs syndicats, les personnels des Ehpad (*) seront invités à participer à une journée nationale de mobilisation. À bout, en sous-effectifs, devenus «maltraitants» malgré eux, ils réclament plus de moyens humains pour accomplir leur mission. Nous avons donné la parole à plusieurs d'entre eux, pour la plupart professionnels bretons.

Un manque de temps...
« Vite, il faut aller vite. Sauf qu'un vieux (oui je dis vieux mais ce n'est pas péjoratif), c'est tout, sauf vite. Ben nous, on le fait voler. Quand c'est dépendant, ça vole plus vite que quand ça marche encore. Vous êtes choqués ? Nous aussi. Mais on n'a pas le temps. »
« Nous avions cinq à dix minutes par personne pour les accompagner dans leur toilette, ranger et faire le lit. » « Courir dans les couloirs sans arrêt, distribuer le petit-déjeuner à grande vitesse... »
« Ils mangent en des temps records, à la limite du gavage car pas le temps pour accompagner un repas correctement. »

... qui entraîne un manque d'hygiène
« Le ménage dans les chambres est fait toutes les trois semaines. Les toilettes se font à l'ancienne, au gant de toilette : on commence par le visage, puis, vers le bas du corps, on retourne le gant, et le lendemain on utilise le même gant. »
« La toilette n'est pas faite sur les jambes et les pieds car pas le temps, chez nous, ils ont une douche toutes les deux semaines. »
« On leur donne une douche par mois, voire moins ! »
« Souvent, je dois choisir entre laver les dents ou les jambes, les deux, c'est compliqué car je n'ai pas le temps. »
« Si la personne veut retourner aux toilettes, elle attendra, on lui met une couche, parfois elle la garde sale toute la journée. »

Des sous-effectifs constants
« Deux aides-soignantes pour 15 personnes très dépendantes. »
« On est tout le temps en sous-effectif, les arrêts ne sont pas remplacés, on a une infirmière pour 80 résidents, et, la nuit, une pour 188. »
« Nous ne sommes que trois pour vingt résidents qui sont très dépendants. »
« Le dimanche, c'était tout simplement horrible. Effectif au minimum, charge de travail énorme, et on doit être disponible pour les familles en visite... »

 

Maltraitance contrainte
« Ce n'est pas faute d'alerter sur leur sentiment de maltraiter, de déshumaniser de plus en plus nos actes et nos soins, jusqu'à devoir traiter les résidents comme des "sacs à patates" : ce n'est plus des couchers, mais des "jeters de lit" (douche, brossage de dents et relationnel sont, depuis de longs mois, des idéaux). »
« Je suis malheureusement moi aussi maltraitante. »
« Les résidents n'ont pas leur mot à dire et subissent. »

Le business contre le soin
« Les directions parlent budget, alors que le personnel parle humain. »
« La seule boussole, c'est l'argent et l'économie de bouts de ficelle. »
« C'est de l'usine à vieux, du vivant malade, fragile, ralenti. »
« Tout est fait pour faire du chiffre, on fait même des économies sur la nourriture. »

Culpabilité et burn-out
« On rentre chez soi avec la culpabilité de ne pas avoir accompli son travail, de ne même plus trouver quel est le sens de ce travail. »
« J'ai honte, oui, honte de ne pas avoir le temps de mettre une résidente aux toilettes, de ne pas avoir de matériel pour travailler, de laisser des résidents Alzheimer déambuler pendant des heures sans pouvoir les surveiller. »
« Des fois, j'en viens à me détester. »
« La fatigue physique et psychologique s'accumule, les arrêts maladie aussi. »

Des familles compréhensives, mais pas dupes
« Il y a quelques semaines, j'ai trouvé ma mère au lit sans chemise de nuit, et cela ne semblait choquer personne ».
« Je sentais qu'ils faisaient le maximum, mais que rien n'était simple. Un jour, ma mère a eu un accident. Je me demande si cet accident n'a pas pour origine un manque de personnel, un manque de moyens, des cadences infernales. J'ai le sentiment qu'une certaine opacité a entouré cet accident. Ma mère est morte quinze jours après. »

Un métier aimé, pourtant
« J'adorais mon travail, mais maintenant j'y vais à reculons. Mais voir le sourire d'une dame ou d'un monsieur me fait ma journée, c'est tellement beau, une caresse sur la main en me disant merci, je me souviens pourquoi je fais ce métier si magnifique à l'origine. »
« J'aime les vieux. Je veux qu'ils soient encore heureux. Donnez-nous les moyens de le faire. »

* Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes.

Donner la parole

Comme une longue litanie, ponctuée de douleur, de colère, de honte aussi parfois. Le sentiment de se sentir « coincé » entre un métier aimé et des conditions devenues, trop souvent, indignes pour l'exercer. Et au bout de la chaîne, des personnes âgées, parfois grabataires, des « résidents », réduits à des « numéros de chambre », livrés à un emploi du temps pernicieux et soumis à la loi du marché plus qu'à celle de l'humanité. Via notre site internet, nous avons lancé un appel à témoignages auprès des personnels soignants d'Ehpad, ou des familles de résidents. Nous en avons recueilli plusieurs dizaines, et en avons retenu seize, parce qu'ils étaient signés nominativement. Nous avons échangé avec certains d'entre eux. Ils viennent du pays de Morlaix, de Quimper, du pays Glazik ou du pays bigouden, du centre-Bretagne, de la région de Dinan ou de la banlieue brestoise, du pays d'Iroise et même, pour trois d'entre eux, d'au-delà de la Bretagne (région parisienne, bassin d'Arcachon et Aude). Comme la plupart sont encore en activité en tant qu'aides-soignants, aides médico-psychologiques ou cadres (deux ont changé de métier), nous avons choisi de préserver leur anonymat.

Les directeurs d'Ehpad soutiennent la grève de demain et le mouvement revendicatif lancé par les salariés. Michel Mogan, président de la Fnadepa 29 (*), en explique les raisons.

Pourquoi ce soutien ?
Nous ne sommes pas un syndicat et nous n'appelons donc pas à la grève. Néanmoins, nous comprenons parfaitement ce mouvement revendicatif, d'autant plus que nous nous battons depuis longtemps avec nos instances nationales pour les mêmes raisons et les mêmes objectifs. C'est-à-dire obtenir des moyens permettant d'assumer notre mission face à un nouveau type de résidents. Nous assistons en effet, du fait du développement du maintien à domicile - qui est une très bonne chose - à l'arrivée, dans nos établissements, d'une population plus âgée qu'il y a quinze ans, plus touchée par des problèmes de dépendance mais aussi par des troubles d'ordre psychiatrique. Les personnels sont désemparés face à des situations ou des comportements auxquels ils ne sont pas préparés.

Que demandez-vous ?
Des moyens humains. Le ratio d'encadrement de 0,6 (0,6 personnel pour un résident) devient notoirement insuffisant. Il y a des Ehpad qui n'ont plus de médecin coordonnateur. Cela devient compliqué de mener à bien une politique d'accompagnement et de soins à des personnes qui souffrent de pathologies complexes. Nous souffrons également d'un problème de recrutement d'aides-soignantes. Sur ce point, nous demandons de requalifier leur mission en Ehpad. Nous avons besoin de personnes qualifiées pour faire face aux exigences accrues de prise en charge.

50 millions d'euros de « bonus » annoncés par l'État : une bonne nouvelle ?
Les 50 millions d'euros qui seraient affectés aux Ehpad, selon la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, cela peut paraître énorme mais, ramené aux 600.000 personnes accueillies dans nos établissements et accompagnées par des services de maintien à domicile, c'est insignifiant. Cela correspond à 80 euros par an, par résident, ou encore à trois heures d'accompagnement par an par résident ! Nous ne voulons pas d'effets d'annonce mais des moyens pérennes et une politique stable pour bâtir des choses sur le long terme. Il y avait déjà eu une alerte, l'été dernier, d'où est né le rapport de la députée LREM Monique Iborra. Le gouvernement - qui ne compte pas de secrétariat d'État aux Personnes âgées - peut commencer à s'appuyer sur les préconisations pour faire avancer les choses de façon concrète. Mais, en tout état de cause, nous sommes à un tournant...

* Fédération nationale des associations de directeurs d'établissements et services pour personnes âgées, du Finistère.

 

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29 janvier 2018 1 29 /01 /janvier /2018 18:03
Pays de Morlaix. De la souffrance dans les EHPAD (Ouest-France, Delphine Van Hauwaert,
 

Delphine Van Hauwaert

Ce mardi 30 janvier, quatre collègues d'un Ehpad du pays de Morlaix feront grève pour la première fois. Elles demandent plus de moyens pour mieux répondre aux besoins des aînés.

Témoignges

Elles sont auxiliaire de vie, aide-soignante ou aide-médico psychologique, et elles ont choisi de se faire appeler Sophie, Pierrette, Dominique et Fanny. Si elles ne dévoilent pas leur identité, ces femmes « oseront » faire grève pour la première fois, mardi, journée de mobilisation nationale pour les Ehpad.

« On a tout accepté jusque-là, mais là, on n'en peut plus », souffle Sophie, qui, ce matin-là, avant d'embaucher, a convié chez elle trois de ses collègues d'un Ehpad de Morlaix communauté.

Toutes en ont visiblement gros sur le coeur. Sous-effectif, manque de considération, frustration, surmenage... Les revendications varient peu d'un Ehpad à l'autre (lire ci-dessous). La souffrance est cependant très personnelle. Elle a poussé Pierrette, l'auxiliaire de vie, et Fanny, l'aide-soignante, à « craquer en plein service ».

Solidarité

Pour Fanny, c'était à cause des « coupes », ces doubles services dans la journée, le matin et le soir. Parce qu'une personne est en arrêt, le planning d'une de ses collègues est modifié. « Je m'en suis plainte, en disant qu'à ce rythme, il y aurait encore plus d'arrêts... »

Mais comme Pierrette, elle ne s'est pas arrêtée. « Car elles pensent à leurs collègues », glisse Dominique, aide-soignante également. La solidarité joue à plein, « dès lors que la confiance est acquise ».

Cela aide à surmonter « le sentiment de ne pas bien faire notre travail ». Sophie explique: « Le maître mot en Ehpad, c'est de préserver l'autonomie des personnes. Mais ce n'est pas ce qu'on fait, quand par exemple on leur lave le visage, au lieu de les pousser à le faire. »« On va plus vite à le faire pour eux », abonde Fanny, aide-soignante.

Le temps est devenu un ennemi invisible contre lequel il faut se battre à chaque instant. Parce que cela prend de précieuses minutes- « un quart d'heure, même si une demi-heure est nécessaire » -, les douches, c'est une fois par semaine, « parfois toutes les deux semaines quand il y a des personnes en arrêt ». Quant à la toilette quotidienne, au gant de toilette, elle est souvent sommaire.

« C'est dommage, parce que c'est aussi un des rares moments où le résident voit quelqu'un. » Ce qui est difficile, pour Fanny, c'est quand « l'un d'eux me dit : arrête de courir, assieds-toi qu'on discute un peu... Bien sûr, on le fait de temps en temps, mais ça nous oblige à passer encore moins de temps avec les suivants, ou bien à empiéter sur notre pause ».

Selon Dominique, des familles s'en sont émues auprès de la direction. « Ce qui est bien, c'est de savoir qu'elles ne nous incriminent pas », remarque Pierrette, l'auxiliaire de vie. Sophie déplore « qu'on vende du rêve aux personnes, avec des activités, un personnel qui peut répondre aux besoins... Ce que les familles voient quand elles viennent, c'est souvent des résidents endormis, qui ne sortent quasiment plus de leur chambre. »

Ces salariés dénoncent aussi « les glissements » de poste. Quand une stagiaire remplace une personne absente. Qu'une aide-soignante se retrouve à donner les médicaments à la place de l'infirmière, « avec un risque d'erreur. C'est déjà arrivé... », confie Pierrette.

« Il ne faut pas vieillir »

Tout cela fait dire ces mots terribles à Sophie. « Il ne faut pas vieillir, pour ne pas se retrouver dans un endroit comme ça. » Si elles aiment toujours leur travail, surtout quand elles sentent l'affection que leur portent les résidents, ces quatre collègues demandent, comme d'autres personnels dans d'autres Ehpad en France, que les choses changent.

Les 50 millions d'euros supplémentaires annoncés par la ministre de la Santé, jeudi? « On espère que ce sera pour embaucher du personnel. Pour qu'on puisse, enfin, bien s'occuper de nos aînés. »

Le personnel des établissements d’accueil pour personnes âgées sera en grève, mardi 30 janvier.

De l’Ehpad de Bélizal à ceux de Roscoff, de Lanmeur ou de Huelgoat, partout, le constat est le même : « Le personnel manque cruellement de moyens et ne peut plus assurer correctement sa mission envers nos aînés »

« Certains jours, nous n’avons pas le temps de lever tous les résidents. […] On a sept minutes top chrono pour habiller des personnes qui sont parfois toutes cassées de partout… […] Les repas sont expédiés à la va-vite, au risque d’occasionner des fausses routes… », témoignent, en vrac, les personnels des Ehpad des pays de Morlaix

« À la limite de la maltraitance ».

Rongés par « un sentiment de travail bâclé, à la limite de la maltraitance », les agents, tous métiers confondus, sont « à bout », selon les syndicats qui les appellent à se rendre nombreux à la manifestation départementale prévue à Quimper.

Entre autres revendications, les manifestants réclameront « l’application du plan solidarité grand âge qui prévoit un salarié par résident ! », « l’abrogation des dispositions législatives relatives à la réforme de la tarification en Ehpad », « l’arrêt des baisses de dotation et le maintien des effectifs, y compris les contrats aidés qui doivent être intégrés et sécurisés ! »

 « Dans les Ehapd qui dépendent du centre hospitalier des pays de Morlaix, la dotation va baisser de 330 000 euros de moins, par an, jusqu’en 2021 », chiffre Sud-Santé

 

Mardi 30 janvier, à 15 h, manifestation départementale, place de la résistance à Quimper. Covoiturage au départ de Morlaix à 13 h. Un point de ralliement est prévu à 14 h à l’aire de covoiturage du Pouillot à Châteaulin pour un convoi jusqu’à Quimper. Tél. 06 07 28 87 85.

Des rassemblements sont aussi prévus à 14 h 30, devant les Ehpad de Bélizal, La Boissière (Morlaix), Lanmeur, Plouigneau et Plougonven.

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