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12 février 2018 1 12 /02 /février /2018 19:40
Compteurs Linky, coûteux, intrusifs, incompréhensibles (Daniel Roucous, L'Humanité, 12 février 2018)
Compteurs Linky, coûteux, intrusifs, incompréhensibles
DANIEL ROUCOUS
LUNDI, 12 FÉVRIER, 2018
HUMANITE

C'est ce qui ressort du dont nous publions les cinq points critiques sur les compteurs Linky suivis de cinq questions que se posent de plus en plus d'élus et consommateurs.

Les 5 points critiques du rapport de la Cour des comptes

1.- dispositif coûteux pour les consommateurs, soit  « 5,7 milliards d’euros » qui seront récupérés par Enedis sur les factures… à partir de 2021. Chaque consommateur devra ainsi rembourser entre 130 et 240 euros (coût esimé pour l'instant).

2.- risque de durée de vie des compteurs Linky inférieure à 20 ans.

3.- le programme Linky « privilégie la satisfaction des besoins du distributeur (ENEDIS) mais… les préoccupations du consommateur d’électricité (protection des données personnelles, sécurité informatique, questions sanitaires autour des ondes électromagnétiques, droit de la consommation, maîtrise de la demande d’énergie) ne semblent pas être au cœur du dispositif ».

4.-  l’importance de l’information du public sur la question sanitaire du fait des techniques de télécommunication mises en œuvre et en matière de protection de la vie privée « n’a pas été suffisamment prise en compte. »

5.- les compteurs Linky permettent aux consommateurs de suivre leur consommation personnelle et maîtriser leurs économies. Sauf que c’est compliqué car le compteur lui-même fournit peu d’information et Enedis non plus. Pour cela il existe la facture qui doit être détaillée mais n’est délivrée que tous les 6 mois. Il existe encore l’afficheur porté, gratuit pour les consommateurs en situation de précarité énergétique, facturé pour les autres (son financement se fait par la CSPE – contribution au service public de l’électricité qui ne cesse d’augmenter et d’alourdir les factures). Il existe enfin Internet qui permet de consulter son propre compte. Cependant la Cour des comptes relève qu’actuellement « le taux d’ouverture de compte par les usagers disposant d’un compteur Linky est peu élevé (1,5%). »

Les 5 questions que ça pose 

1.- Est-ce obligatoire de remplacer son compteur par un Linky ?

Le dispositif légal réglementant le déploiement des compteurs Linky ne prévoit pas le consentement des usagers. La seule obligation pour Enedis est d’envoyer un courrier aux abonnés concernés 45 jours avant la date du rendez-vous pour procéder au changement de compteur. Et pas question d’accepter des rendez-vous par téléphone ou avant ce délai.

Ce délai permet donc à toutes personnes qui refusent de changer son compteur par un Linky de :

- prendre contact avec sa municipalité pour savoir si elle a pris une délibération contre l’installation des compteurs Linky sur son territoire.

 - envoyer une lettre recommandée avec avis de réception à Enedis pour lui signifier un 

- vous faire aider par les collectifs locaux  de citoyens dont les coordonnées peuvent être demandées par mail sur le site

Notez-bien que  la loi de transition énergétique ne sanctionne pas le refus individuel de changer son compteur existant contre un Linky. Il faut le savoir même si ERDF prévoit de la contourner. La CRE (commission de régulation de l’énergie) menacerait de taxer 19 euros HT par mois le relevé manuel des compteurs à tous ceux qui refusent Linky (dont le relevé se fait à distance). Ce qui serait illégal !

De même est illégale la menace de couper l’électricité pour forcer l’implantation d’un compteur.

La Cour des comptes rappelle que la  n’impose les compteurs Linky que si c’est avantageux pour le consommateur. Ce qui ne semble pas le cas selon les rapporteurs de la Cour.

Déjà 8 pays européens, s’appuyant sur cette directive, ont renoncé au déploiement de compteurs intelligents type Linky : Belgique, République Tchèque, Lituanie, Lettonie, Slovaquie, Portugal, Slovénie + l’Allemagne qui limite le sien à 15% des usagers (c’est également expliqué dans le rapport de la Cour des comptes pages 246-247).

2.- La pose d’un compteur Linky est-elle gratuite ?

Oui de même que la dépose de l’ancien compteur ! Cependant un  relatif aux dispositifs de comptage sur les réseaux publics d’électricité prévoit que le financement soit assuré par les consommateurs via le TURPE -   à raison de 1 à 2 euros par mois prélevés sur les factures d’électricité… jusqu’à atteindre le coût du compteur Linky (de 130 à 240 euros).

Ce tarif figure sur les factures de tous les usagers comme vous pouvez le vérifier et a été augmenté de 2,71%  le 1er août 2017. Explications sur la

Au final les compteurs Linky sont bien financés par les consommateurs !

C’est d’ailleurs confirmé dans le rapport de la Cour des comptes qui dit bien que le coût d’installation des compteurs Linky est « une avance faite par Enedis, remboursée par les consommateurs à partir de 2021. »

 3.- Ondes électromagnétiques et données personnelles est-ce que ça craint ?

D’abord la question sanitaire et celle de la protection des données personnelles n’ont pas été suffisamment prises en comptes selon la Cour des comptes (pages 262-263 du rapport).

Les consommateurs et de nombreuses communes se posent en effet la question : Linky émet-il des ondes électromagnétiques qui vont s’ajouter à celles émises par les téléphones portables, les antennes-relais, la Wifi, les télécommandes etc. ?

L’ ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire) dit qu’il n’y a pas de danger ni de risque sanitaire dans son rapport 

En gros, Linky utilise la technologie du CPL (courant porteur en ligne) et respecte les normes européennes quand au champ électromagnétique.

Mais car il y a un mais peu mis en avant,  l’ANSES reconnaît que ces compteurs communicants sont installés au moment où les objets connectés se multiplient ainsi que la numérisation des services et des infrastructures. Pensez qu'à un moment donné vous allez vous retrouver avec trois compteurs communicants (eau, électricité et gaz) chez-vous + tous les objets connectés !

L'ANSES recommande donc que « le développement des objets connectés s’accompagne de normes techniques afin de ne pas exposer les personnes »… aux ondes électromagnétiques.

Alors pas de problèmes d'ondes électromagnétiques ? Pas sûr à la lecture de l’

Selon lui, « les mesures citées dans le dossier de l’ANSES sont incomplètes puisqu’elles n’incluent pas les champs d’induction magnétique et les champs électriques 50 hertz. »

Sont également posées les questions sur la sécurité des données personnelles et la sécurité tout court. La presse régionale se fait l'écho de compteurs Linky ayant pris feu ou perturbé d'autres appareils électriques et bien d'autres problèmes.

Le doute suscite des interrogations légitimes (principe de précaution) mais aussi un droit d'alerte comme celui exercé par la  qui, il y a un an, avait coupé l'accès aux informations mais pas le courant des compteurs Linky.

4.- Les délibérations prises par les communes pour s’opposer au déploiement des compteurs Linky sont-elles réglos ?

Oui dans la mesure où elles n’ont pas été annulées par le Tribunal administratif et encore…

Il est donc faux de faire croire que toutes les délibération et tous les moratoires pris par les communes ont été annulés comme rappelé ici

Pour comprendre de quoi il retourne, il faut avoir bien en tête que  « les ouvrages des réseaux publics de distribution appartiennent aux collectivités territoriales » - article 

ENEDIS en est le concessionnaire et le gestionnaire dont les missions sont définies à l’article 

C’est exactement ce que rappelle le rapport de la Cour des comptes (page 245).

Alors légaux ou non ces délibérations et moratoires pris par les communes ?

- « Non », selon l’AMF (association des maires de France) et la FNCCR (fédération nationale des communes concédantes de réseaux). Pour elles, « L'installation des compteurs Linky est  une décision de l'État, conforme aux directives européennes. »

Egalement interpelée par de nombreux parlementaires, à l'image du député Philippe Kémel ,la ministre de l’écologie s'est retranchée derrière l'

- "Si ils sont légaux" considèrent les élus et juristes opposés à l’installation des compteurs Linky. Parce que les communes en restent même après en avoir transféré la compétence AOD (autorité organisatrice de la distribution d'électricité) à un Syndicat départemental d'énergie (SDE).

De toute façon ce n’est ni à l’Etat ni au préfet de juger illégales les délibérations. Seul le tribunal administratif est compétent.

Les communes peuvent télécharger le mis à leur disposition à cet effet.

5.- Qu’en est-il de l’emploi et du service public ?

Certes les entreprises chargées de la pose des compteurs Linky ont recruté des techniciens de pose, des planificateurs et des chefs d’équipe. Mais ils sont salariés des entreprises sous-traitantes de pose et non d’ENEDIS et pas forcément sous CDI (contrat à durée indéterminée). Il s’agit donc d’emplois précaires.

Par ailleurs trois des six fabricants de Linky sont des entreprises étrangères.

Quant au personnel d’ENEDIS,  il suffit de discuter avec l’agent venu relevé le compteur pour comprendre que Linky va supprimer des emplois et le service public qui va avec comme le souligne le 

Le rapport de la Cour des comptes ne cache pas que au bout du compte « Enedis va réaliser un bénéfice de 500 millions d’euros » sur le dos des usagers et « des économies d’emplois notamment de releveurs à domicile. »

Déjà que 

En lien des réactions et des recommandations

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Compteurs Linky, coûteux, intrusifs, incompréhensibles (Daniel Roucous, L'Humanité, 12 février 2018)
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12 février 2018 1 12 /02 /février /2018 16:25
Des députés communistes au plus près des citoyens: cinq propositions de loi qui feront date pour la justice sociale
Des députés communistes au plus près des citoyens

lundi 12 février 2018

Les députés communistes défendront, le 8 mars prochain, en séance publique, cinq propositions de loi :

 Une proposition de loi visant à lutter contre la précarité professionnelle des femmes

 Une proposition de loi visant à lutter contre les marchands de sommeil

 Une proposition de loi pour une reconnaissance sociale des aidants

 Une proposition de loi relative à la gratuité des transports scolaires

 Une proposition de loi créant une liste française des paradis fiscaux

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12 février 2018 1 12 /02 /février /2018 16:00
Réforme de l’apprentissage : Le patronat applaudit, les régions sont furieuses

 

Le 9 février, le gouvernement a présenté son plan pour l’apprentissage.

Les collectivités territoriales - qui ont perdu certaines de leurs prérogatives - dénoncent une privatisation de l’apprentissage alors que le Medef se réjouit que l’entreprise soit clairement replacée au cœur du dispositif.

Dans un article publié le 9 février, le Figaro détaille les réactions.

Les régions de France dénoncent dans communiqué, une privatisation de l’apprentissage. « Cette réforme n’est pas celle que proposaient les régions et ne répond pas aux véritables enjeux du développement de l’apprentissage », explique l’Association régions de France (ARF), qui réunit les présidents de région. L’association s’émeut du « risque de véritables fractures territoriales dans l’accès à l’apprentissage entre les zones métropolitaines et non métropolitaines ». De son coté, le patronat a exprimé un véritable satisfecit. « Ces pistes constituent une mini-révolution. L’entreprise est clairement ­replacée au cœur du dispositif de l’apprentissage, chacun des ­acteurs jouant le rôle qui lui appartient », s’est ainsi enthousiasmé la CPME dans un communiqué. Le Medef salue également rien moins qu’« un plan pragmatique, ambitieux et crédible ».

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12 février 2018 1 12 /02 /février /2018 07:06

Les Etats généraux du progrès social organisés le 3 février par le Parti communiste français ont constitué un rendez-vous national important dans la riposte à la politique d'Emmanuel Macron, un lieu de convergence de militant·e·s politiques, syndicaux et associatifs, de citoyen·ne·s engagés dans des luttes et des projets qui portent l'ambition d'un nouveau progrès social pour la France. Plus de 1000 personnes ont participé à ce rendez-vous.

Ces Etats Généraux se sont organisés autour de 4 thèmes : Travail et Emploi ; Industrie ; Logement ; Services Publics et Protection Sociale.

 

Vous avez remarqué le double langage sur les services publics?

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12 février 2018 1 12 /02 /février /2018 07:04

Les Etats généraux du progrès social organisés le 3 février par le Parti communiste français ont constitué un rendez-vous national important dans la riposte à la politique d'Emmanuel Macron, un lieu de convergence de militant·e·s politiques, syndicaux et associatifs, de citoyen·ne·s engagés dans des luttes et des projets qui portent l'ambition d'un nouveau progrès social pour la France. Plus de 1000 personnes ont participé à ce rendez-vous.

Ces Etats Généraux se sont organisés autour de 4 thèmes : Travail et Emploi ; Industrie ; Logement ; Services Publics et Protection Sociale.

 

Le logement : un droit humain fondamental

Pour un service public du logement - Défendre le logement social – Faire baisser le coût du logement.

Vidéo de Pierre Madec économiste de l'OFCE pour les États généraux du progrès social

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12 février 2018 1 12 /02 /février /2018 07:01

Les Etats généraux du progrès social organisés le 3 février par le Parti communiste français ont constitué un rendez-vous national important dans la riposte à la politique d'Emmanuel Macron, un lieu de convergence de militant·e·s politiques, syndicaux et associatifs, de citoyen·ne·s engagés dans des luttes et des projets qui portent l'ambition d'un nouveau progrès social pour la France. Plus de 1000 personnes ont participé à ce rendez-vous.

Ces Etats Généraux se sont organisés autour de 4 thèmes : Travail et Emploi ; Industrie ; Logement ; Services Publics et Protection Sociale.

 

Le logement : un droit humain fondamental

Pour un service public du logement - Défendre le logement social – Faire baisser le coût du logement.

Introduction à la table ronde Logement aux États généraux du progrès social

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11 février 2018 7 11 /02 /février /2018 10:03
ll y a aujourd'hui 28 ans, après 27 ans 6 mois et 6 jours d'emprisonnement, Nelson Mandela était libéré. Ici avec Joe Slovo président du Parti communiste sud-africain (SACP) et Winnie Mandela (photo Page Facebook de Philippe Bouvier) ​​​​

ll y a aujourd'hui 28 ans, après 27 ans 6 mois et 6 jours d'emprisonnement, Nelson Mandela était libéré. Ici avec Joe Slovo président du Parti communiste sud-africain (SACP) et Winnie Mandela (photo Page Facebook de Philippe Bouvier) ​​​​

Mandela et Castro

Mandela et Castro

11 février 1990 : Libération de Nelson Mandéla
Il y a vingt sept ans, Nelson Mandela, le leader du Congrès national africain (ANC), symbole de la lutte contre le pouvoir ségrégationniste blanc, sortait enfin libre du bagne de Robben Island. 
Le 15 octobre 1989, sept compagnons de Nelson Mandela emprisonnés avec lui dans le sinistre bagne de Robben Island, au large de la ville du Cap, sont libérés par le pouvoir de l'apartheid. « Je savais que je n'aurai plus longtemps à attendre'», écrit Mandela dans son autobiographie, Un long chemin vers la liberté. De fait, le 11 février 1990, il y a vingt ans jour pour jour, le leader du Congrès national africain (ANC), symbole de la lutte contre le pouvoir ségrégationniste blanc, sort de sa prison.

Une libération fêtée dans le monde entier par tous ceux qui se sont mobilisés depuis des années parce que c'est la première grande victoire contre ce régime honni, soutenu presque jusqu'au bout par les «démocraties occidentales».

Lui dont on ne connaissait que quelques photos réalisées dans les années cinquante, alors qu'il n'avait que la quarantaine, stupéfait le monde entier, ému, avec sa chevelure grisonnante. Mais avec le recul, ce qui a sans doute le plus surpris lorsqu'on l'a vu avec, à ses côtés, celle qui était encore son épouse, Winnie, c'est la dignité de cet homme que le pouvoir blanc ne voulait pas seulement faire plier: il voulait le briser. Il n'y parviendra pas. En avril 1964, déjà emprisonné (il a été arrêté le 5 août 1962), devant ses juges qui le condamneront à la perpétuité,

Mandela déclare : « J'ai combattu la domination blanche, j'ai combattu la domination noire. J'ai chéri l'idée d'une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec des chances égales. C'est un idéal pour lequel j'espère vivre et atteindre. Mais s'il en était besoin, c'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »

Nelson Mandela est décédé le 5 décembre 2013.

Robert Clément

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11 février 2018 7 11 /02 /février /2018 10:00
Le comité de grève de 1924, avec au centre, au premier rang, le maire de Douarnenez, Daniel Le Flanchec. Photo DR

Le comité de grève de 1924, avec au centre, au premier rang, le maire de Douarnenez, Daniel Le Flanchec. Photo DR

Anarchiste issu d’une famille catholique, fondateur du Parti communiste dans le Finistère avant de s’en faire exclure, ancien marin, tatoué et borgne, Daniel Le Flanchec a été maire de Douarnenez pendant quinze ans. Si ce personnage controversé est tombé dans l’oubli, il fut pourtant l’un des hommes politiques bretons les plus marquants de l’entre-deux-guerres.

« Daniel Le Flanchec sent le soufre, écrit Jean-Michel Le Boulanger, dès la première phrase de la biographie qu’il consacre à l’ancien maire de Douarnenez. Il laisse en cette ville des souvenirs tellement contrastés qu’ils en deviennent suspects. Héros pour certains, salopard pour d’autres, l’évocation de son nom soulève, trop souvent, des silences gênés ». 

Il reste, en effet, peu de traces aujourd’hui de ce personnage atypique. Né le 2 juillet 1881, à Trédrez, près de Lannion dans les Côtes-du-Nord, Daniel Le Flanchec est le fils d’un menuisier et d’une mère fileuse. Ses parents sont très croyants, son père occupe même le poste de sacristain dans la paroisse de Landerneau, où le couple et ses neuf enfants déménagent quelques mois après sa naissance.

 La mort n’épargne pas la famille catholique : Daniel perd quatre de ses frères et sœurs, ainsi que son père alors qu’il n’a que huit ans. Profondément marqué, il s’éloigne peu à peu de son éducation catholique. Après l’obtention de son certificat d’études, il devient apprenti charpentier et s’enrôle dans la Marine en 1899. À 18 ans, le voilà engagé volontaire pour cinq ans : il embarque sur les navires militaires et vogue vers la mer de Chine, pour participer à la guerre des Boxeurs.

Naissance d’un anarchiste

Entre deux campagnes, il fréquente les bistrots de la rue de Siam à Brest, où il perçoit l’effervescence de nouvelles idées socialistes et anarchistes. Il assiste même à un meeting du député du Tarn, un certain Jean Jaurès. Se forgeant une conscience politique, il est de plus en plus réfractaire à l’ordre militaire, et termine son engagement au mitard pour insubordination. 

 

Rendu à la vie civile, le corps marqué par de nombreux tatouages, dont le symbole, sur chaque main, signifiant « mort aux vaches », il se marie en 1904 avec la fille d’un cheminot normand. Le couple s’installe à Brest en 1907, date à laquelle Daniel Le Flanchec perd un œil, dans des circonstances inconnues. Employé de mairie, le Breton est considéré comme un agitateur et un révolutionnaire par les services de la Sûreté. Il participe, en effet, à de nombreuses manifestations politiques où il fait entendre sa voix gouailleuse. Il écrit aussi dans des revues anarchistes et prend le parti de la bande à Bonnot, un groupe de braqueurs anarchistes qui défraie la chronique au début des années 1910.

Fondateur du PCF dans le Finistère 

Durant la Première Guerre mondiale, Le Flanchec est réformé, du fait de son œil crevé. Profondément antimilitariste, il devient militant socialiste et défend la révolution bolchévique. En 1919, à 39 ans, il divorce et se remarie avec une jeune veuve. Un an plus tard, le militant parcourt le Léon pour appeler à l’adhésion du Parti socialiste à la Troisième Internationale et le brillant orateur, capable de transcender le public, se fait peu à peu un nom. Il est d’ailleurs présent au congrès de Tours, en décembre 1920, qui voit la scission des socialistes et la naissance du Parti communiste français. 

Daniel Le Flanchec devient même le secrétaire fédéral du PCF pour le Finistère, et se présente aux élections. Il est élu maire de Douarnenez en 1924, à l’âge de 43 ans. La fin de cette année-là est marquée par les grandes grèves dans les usines de conserves. Les ouvriers, qui vivent dans la misère, dénoncent des salaires trop bas. Le conflit s’envenime et de multiples manifestations sont organisées. Le nouveau maire y participe, il est un soutien indéfectible des sardinières et fait parler du conflit jusqu’à Paris, où des souscriptions sont organisées en faveur des grévistes. Le Flanchec devient l’un des personnages incontournables du mouvement ; il accueille de nombreux députés venus soutenir la cause des ouvriers douarnenistes.

Le héros du peuple 

Début janvier 1925, alors que le combat est sur le point d’être gagné, un « Jaune » à la solde des patrons d’usines tire sur Le Flanchec. Touché à la gorge, il s’en sort miraculeusement, ce qui renforce encore sa popularité. Il devient le héros des classes opprimées, et des chansons à sa gloire fleurissent dans les ports finistériens et dans tout l’Hexagone. Après cet épisode, Le Flanchec prend à cœur son rôle de maire. Finie la contestation, il devient gestionnaire et lance une politique de grands travaux à Douarnenez. Il fait construire de nombreux logements pour les sans-abri, développe le pavage des rues et l’éclairage public, dote la ville d’une nouvelle mairie et d’une salle des fêtes et lance le chantier d’agrandissement du port. Un programme qui plaît à ses administrés, qui le rééliront largement trois fois de suite, entre 1924 et 1940.

 

Une fin tragique

Adulé par les siens, Daniel Le Flanchec commence à déranger les instances nationales du PCF (Parti communiste français). Dès 1930, il en est exclu temporairement. Certains de ses «camarades» dénoncent son clientélisme auprès des marins-pêcheurs et son affairisme. Pire, il n’applique pas à la lettre la politique du parti, ce qui fait grincer des dents à Paris. Mais c’est sa vie privée qui gène le plus. Depuis quelques mois, le maire de Douarnenez fréquente une comtesse, peu de temps après la mort de sa seconde épouse. La belle dame, brestoise d’origine, ex-religieuse et veuve du comte Morice du Lérain, est propriétaire d’un établissement de repos à Roscoff. Le couple détonne dans les rues de Douarnenez, et la femme a une forte influence sur son amant. 

En 1936, alors que les idées du Front Populaire gagnent l’Hexagone, Le Flanchec autorise la tenue d’un meeting du PSF, un parti d’extrême droite ! Le Breton ne cache pas non plus son amitié avec un autre paria du Parti communiste: Jacques Doriot, ce qui entraîne son exclusion définitive en 1937. Des élections municipales anticipées sont organisées, auxquelles il se présente avec le soutien de la droite, ce qui ne l’empêche pas d’être réélu une nouvelle fois. En 1940, alors que l’armée allemande envahit la Bretagne, il refuse, par bravade, d’enlever le drapeau français du toit de l’hôtel de ville, un acte qui entraîne sa destitution, le 29 juin 1940. Contrairement à Doriot, qui se fourvoie dans la collaboration, Le Flanchec supporte mal l’occupation. En décembre 1941, il insulte des soldats allemands, croisés dans un bar. L’accident aurait pu en rester là si sa compagne n’avait pas tout fait pour l’éliminer: lassée de son Dany, celle-ci cherche à s’en débarrasser en le dénonçant pour détention d’arme. Il est arrêté et condamné à deux ans de prison, avant d’être déporté à Buchenwald en tant que militant communiste. Il y meurt le 11 mars 1944, d’une pneumonie. 

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11 février 2018 7 11 /02 /février /2018 09:41

L'une a fêté son 17e anniversaire en prison pour avoir giflé le soldat israélien qui avait défiguré son cousin et sera jugée ce 13 février. L'autre est un jeune avocat Franco-Palestinien arrêté au lendemain de l'obtention de son diplôme d'avocat.
Pierre Barbancey,  grand reporter de l'Humanité, analyse dans notre interview la situation de 7 000 prisonniers palestiniens et 350 enfants (de moins de 18 ans). Devant l'absence de résultats des luttes précédentes, armées comme diplomatiques, cette jeunesse palestinienne penche pour un combat démocratique et pacifique, ce qui semble faire peur à l’État  d’Israël... Réalisation : Abrahim Saravaki    

Sur la chaîne: 
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11 février 2018 7 11 /02 /février /2018 09:26
Fernand Yveton

Fernand Yveton

On oublie pas : Au petit matin du 11 février 1957, Fernand Iveton est guillotiné, exécuté à la prison Barberousse à Alger, en même temps que les deux autres patriotes algériens Mohamed Ounnouri et Ahmed Lakhnache.

"Fernand Iveton est né à Alger le 12 juin 1926. Il a un peu plus de trente ans quand il est guillotiné le 11 février 1957 à la prison de Barberousse d’Alger.

Le père, Pascal, enfant recueilli par l’Assistance Publique avait reçu le nom patronymique d’Iveton. Pascal vécut dans un quartier populaire d’Alger, le Clos Salembier (aujourd’hui El Madania). Communiste et syndicaliste, Pascal Iveton fut révoqué sous le régime de Vichy de son emploi à Électricité et Gaz d’Algérie (EG.A.).

Fernand, son fils, suivit son exemple en devenant employé de l’usine à gaz d’El-Hamma au Ruisseau. En 1943, il adhère à la section de la Redoute (un quartier proche du Clos Salembier) des jeunesses communistes. Il milite aux côtés d’Henri Maillot et Ahmed Akkache au sein de cette section. Quand L’Union de la Jeunesse Communiste Algérienne est dissoute pour faire place à l’Union de la Jeunesse Démocratique Algérienne qui rassemblera dans ses rangs des jeunes communistes et nationalistes et d’autres patriotes, Fernand Iveton rejoindra le cercle de la redoute de l’UJDA. Il militera également au sein des syndicats d’Algérie affiliés à la CGT de France (Confédération Générale du Travail) puis à l’UGSA (Union Générale des Syndicats Algériens) organisation syndicale algérienne qui demeurera affiliée à la CGT. Il sera désigné par les travailleurs de l’usine à gaz du Hamma comme délégué syndical.

En 1953, il épouse Hélène Ksiazek, une Polonaise émigrée en France, qu’il connut lors de l’un de ses séjours en région Parisienne. Son épouse le rejoint et ils s’installeront au Clos Salembier.

En juin 1955 il s’intègre dans les groupes armés des Combattants de la Libération au côté de Abdelkader Guerroudj, Félix Collosi, Mohamed Hachelaf, Yahia Briki, Georges Accampora et d’autres camarades communistes.

Après l’Accord FLN-PCA les Combattants de la Libération sont intégrés dans l’ALN-FLN, il fera partie du commando du Grand Alger. Après avoir participé à plusieurs actions (sabotages de wagons sur le port, incendie des Bouchonneries Internationales) il sera chargé de placer une bombe à l’usine à gaz du Hamma. Elle est déposée le 14 novembre 1956. Mais tout prouve qu’il a pris toutes ses précautions pour que la bombe ne cause que des dommages matériels. À ce propos Pierre Vidal-Naquet écrit dans sa préface à l’ouvrage de jean Luc-Einaudi « Pour l’exemple. L’affaire Fernand Iveton. Enquête » ce qui suit : « Iveton ne voulait pas d’une explosion-meurtre. Il voulait une explosion témoignage. »

Dans son ouvrage « Des douars et des Prisons » Jacqueline Guerroudj qui lui a apporté la bombe fabriquée par Abderahmane Taleb et Daniel Timsit raconte qu’elle était chargée de lui donner deux bombes. Le 25 novembre 1956, onze jours seulement après son arrestation il est passé devant le tribunal. « Dans une atmosphère de pogrom » est-il écrit dans « La guerre d’Algérie » tome 2, page 364 (ouvrage sous la direction d’Henri Alleg).

Il est condamné à mort au cours d’une parodie de procès « dans un prétoire où montaient des cris de haine et de mort ».

Le ministre français de la Justice de l’époque, François Mitterrand, et le président de la République Française refuseront de le gracier après la demande introduite par ses avocats. Le 11 février 1957 au petit matin il sera guillotiné en même temps que deux autres patriotes algériens. « Fernand Iveton, Mohammed Ouennouri et Ahmed Lakhnèche marchent courageusement au supplice. Les 3 hommes s’embrassent et clament « Vive l’Algérie libre ! » au pied de la guillotine tandis que, de la prison tout entière, s’élève un grand cri de solidarité, de colère, d’espérance. Les détenus politiques pleurent, entonnent des chants patriotiques, ébranlent de leurs poings les portes des cellules. »

Dans sa dernière lettre à son avocat Joe Nordmann, Iveton déclare : « Pour moi, seuls la lutte de notre peuple et l’appui désintéressé du peuple Français sont les gages de notre libération. » William Sportisse

(Lu sur la page Facebook de Philippe Bouvier)

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