Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
13 avril 2021 2 13 /04 /avril /2021 15:05
5 ans à peine pour défaire un système archaïque d’oppression des femmes : nous exigeons plus de moyens pour une loi plus efficace - Une tribune du front féministe pour l'abolition de la marchandisation des corps
5 ans à peine pour défaire un système archaïque d’oppression des femmes : nous exigeons plus de moyens pour une loi plus efficace

 

Lundi 12 Avril 2021

Une tribune du  Front Féministe pour l'Abolition de la Marchandisation des Corps

 

Cela fait 5 ans que la loi du 13 avril 2016 est entrée en vigueur. Nous ne pouvons encore  aujourd'hui que nous en réjouir. Elle  redonne aux femmes espoir, courage et dignité. Cette loi interdit lachat dactes sexuels, elle pénalise les clients prostitueurs et renverse ainsi la charge de la responsabilité. Elle renforce la lutte contre le proxénétisme et la traite des êtres humains et permet un accompagnement des survivantes de la prostitution vers une vie digne, avec des droits: droit de disposer de son corps, droit au logement, papiers, formationsAutre aspect fondamental de la loi, le délit de racolage a été supprimé ; ce nest donc plus la personne en situation de prostitution qui est en infraction et qui est poursuivie.

Nous affirmons que le système prostitutionnel est un système dune grande violence. Nous refusons que quiconque puisse disposer dun corps contre de largent, ici en France mais aussi dans le monde.

Si nous estimons que les moyens ne sont pas encore à la hauteur des besoins (et des ressources), nous sommes convaincues que cette législation aide à inverser les rapports de domination et que la honte a le visage de ceux qui veulent disposer et posséder le corps des filles et des femmes à tout prix.

Cette loi a le mérite d’envoyer un message clair: nul ne peut se prévaloir de son pouvoir et de son argent pour obtenir d’une autre personne un accès marchand à son corps. Elle révèle par ailleurs les inégalités structurelles, entretenues, voulues qui existent entre les femmes et les hommes, les pauvres et les riches, celles et ceux qui nauraient dautres options que la vente de leurs corps pour survivre.

Cette loi, dans son application, doit permettre de déconstruire, de renverser certaines idées reçues.Nous sommes choquées de voir repris et cités dans des rapports et autres textes gouvernementaux les termes de travail sexuel, métier sexuel, service sexuel, termes utilisés par des associations non respectueuses de la loi abolitionniste et reprises par les instances de l’État, banalisant ces termes, invisibilisant les violences et souffrances vécues, faisant fi des personnes concernées et portant atteinte à leur dignité.

Malgré cette loi, nous restons vigilantes à toutes dérives : une ministre a récemment envisagé de permettre aux personnes handicapées d’avoir recours à des assistant.e.s sexuel.le.s, alors même que le Conseil consultatif national déthique avait déjà rendu un avis défavorable en 2012. Elle indique quelle veut lever un tabou, mais de quoi parle-t-on ?

De la sexualité des personnes en situation de handicap ou de lopportunité de légaliser la prostitution? Ce sont encore une fois des hommes qui demandent à avoir un libre accès au corps des femmes contre de largent : en 2020,

95% des demandes d’assistance sexuelle formulées auprès de l’APPAS (Association pour la promotion de laccompagnement sexuel) proviennent d’hommes. Et quen pensent les grandes oubliées : les femmes handicapées?

Ce type de proposition ne cherche pas à améliorer les conditions de vie des personnes en situation de handicap mais les enfermerait plutôt dans un misérabilisme sexuel où le seul recours à leur solitude et à leur désir daffection serait finalement lachat dun acte sexuel tarifé. Nest-ce pas une manière de les renvoyer et de les maintenir à lécart du reste de la société ?

D'autre part, c’est auprès de populations déjà précarisées que les recruteurs vont constituer leurs bataillons d’assistant.e.s sexuel.le.s : dans les métiers du soin à la personne et/ou de laide à domicile; ce sont majoritairement des femmes dont beaucoup sont issues de limmigration. Dans l'exercice de leurs fonctions, les travailleuses subissent déjà du harcèlement sexuel, des remarques graveleuses, des gestes déplacés; leurs conditions de travail sont difficiles, elles sont peu rémunérées, peu reconnues, essentialisées; leur rôle fondamental de premières de corvées est invisibilisé. Dans laide à la personne, toutes les professions médicales et paramédicales sont présentes à côté des aides à domicile. On peut alors légitimement se demander comment elles devront réagir quand un patient-client prostitueur leur réclamera ce type de ”soin”.

Celles qui refusent seront-elles pénalisées, sanctionnées ? Comment concevoir et imaginer que des formations vont être dispensées, à qui dailleurs? Sous quelles formes? Tout comme les femmes pauvres, les aides-soignantes, les infirmières nont pas signé pour ce genre de prestations, elles nont pas à être mises à la disposition des hommes. Regardons maintenant la dimension internationaliste et capitaliste du non-respect de la loi.

93% des personnes en situation de prostitution en France sont d’origine étrangère (Ministère de l’Intérieur), fuyant la misère et la guerre, espérant trouver une vie meilleure ailleurs. Dans leur écrasante majorité, ce sont des femmes, elles ne parlent pas ou très peu français, souvent elles nont pas de papiers et ont difficilement accès aux soins, à des droits élémentaires et aux aides sociales de lEtat. Elles sont victimes de la traite et de violences sexuelles et physiques commises par des hommes qui transgressent la loi, artisans du patriarcat et du capitalisme. Le corps des femmes est, à leurs dépens, source de grands profits économiques, beaucoup de pays réglementaristes intègrent dailleurs le montant estimé de la prostitution dans leur PIB (5% aux Pays-Bas), considérant que cest une production comme une autre.

Le système prostitutionnel n’enrichit pas les exploitées, il profite aux prostitueurs, aux proxénètes, aux réseaux mafieux et à leurs complices. Cest une véritable industrie néolibérale qui se développe et sexporte partout dans le monde, les femmes et les enfants sont considérées comme des marchandises et les chiffres donnent le vertige : déjà en 2004 lUnicef estimait à 2 millions le nombre denfants victimes de prostitution dans le monde

La pédocriminalité est ainsi le terreau de la prostitution : l’âge d’entrée en prostitution est de 13 ans en moyenne. Les Etats endettés sont encouragés par le Fonds Monétaire International à développer un tourisme de masse, souvent associé à une industrie du commerce du sexe florissante (“Prositution, la mondialisation incarnée”, Richard Poulin). Le triomphe des valeurs libérales, la banalisation et l’acceptation de la vente des corps humains, au nom du “choix”, entraînent des conséquences catastrophiques et la traite humaine creuse encore plus lécart entre les pays riches et les pays pauvres. Par ailleurs, certains parmi ceux qui dénoncent les inégalités et injustices que produit le capitalisme, sont prêts à revendiquer lappropriation et la marchandisation du corps des femmes comme choix pour échapper à lexploitation salariale. Or il serait temps que les femmes se voient proposer autre chose que violences, tortures et psychotraumatismes comme alternatives aux métiers précaires.

Surtout quand elles sont 92% à dire vouloir sortir de la prostitution. Si certaines peuvent par ailleurs participer à la satisfaction de la logique patriarcale, tout cela nourrit in fine lextrême violence du système prostitueur. Si le vote de cette loi a effectivement été une belle avancée, elle reste malheureusement peu, et mal, appliquée. La demande des clients prostitueurs ne baisse pas, les sanctions sont loin dêtre uniformément appliquées sur le territoire français, et loffre déjà présente sur internet, se renouvelle sans cesse. Laide proposée en sortie de prostitution est inférieure au RSA, et les dispositifs de la loi, notamment de prévention, restent peu connus.

Le manque de volonté politique et d'engagement des pouvoirs publics est patent. Entre autres :  les femmes en situation de prostitution subissent encore des pressions de la part de la police, notamment à Toulouse, avec une Mairie qui prend des arrêtés municipaux illégaux pour les chasser et les pénaliser pour “stationnements gênants” au lieu de pénaliser les clients prostitueurs

les financements pour les associations qui accompagnent les femmes qui veulent sortir de la prostitution sont insuffisants

Il nexiste toujours pas de politique de santé publique qui soit dédiée aux personnes en situation de prostitution, ni de formation spécifique pour les policiers, ni même de communication auprès du grand public : où sont les campagnes nationales de sensibilisation pour faire connaître la loi ?

Quelle est la politique dinformation au niveau des scolaires et des jeunes ? Quelle est la politique de formation des éducateur.rice.s ? A cet égard, nous déplorons léchec flagrant des politiques publiques de protection de lenfance (ASE), rares sont les enfants qui échappent à ce sort. Nos luttes féministes sont multiples, diverses, mais nous avons lobjectif de faire disparaître toutes les formes de violences qui jettent les femmes dans la pauvreté, la soumission, laliénation, la prostitution. Nous voulons un monde juste pour toutes les filles et les femmes, un monde débarrassé des violences masculines et du profit capitaliste.

Nous exigeons de l’État et de nos gouvernants qu’ils mettent en place tous les moyens financiers et juridiques pour que cette loi s’inscrive dans le réel, qu’elle ne soit pas une posture vide de sens.

Mettons tout en oeuvre pour abolir la plus archaïque et violente exploitation faite aux femmes. N’attendons pas 5 ans de plus !

Non la prostitution n’est pas un métier, elle ne diminue pas les risques de viols, mais elle est bel et bien une atteinte à la dignité humaine-

Maldy B., survivante toulousaine de la prostitution.

Contact : ffamc31@gmail.com

Partager cet article
Repost0
13 avril 2021 2 13 /04 /avril /2021 14:53
Le communiste quimpéroise Piero Rainero. (Photo d’archives Le Télégramme/Jacky Hamard)

Le communiste quimpéroise Piero Rainero. (Photo d’archives Le Télégramme/Jacky Hamard)

Le Télégramme, 13 avril 2021
Le Quimpérois Piero Rainero : « Les députés communistes bretons engagés dès 1947 pour le breton »

Après le socialiste Bernard Poignant, l’ancien élu communiste quimpérois Piero Rainero revient sur l’engagement historique, qu’il estime méconnu, des députés communistes bretons pour les langues régionales.

« Le texte de loi du député socialiste du Tarn Maurice Deixonne de 1951 a été précédé par la proposition déposée à l’Assemblée Nationale le 16 mai 1947 par les députés communistes bretons Pierre Hervé, Gabriel Paul, Alain Signor pour le Finistère, Hélène Le Jeune et Marcel Hamon pour les Côtes-du-Nord (NDLR : actuelles Côtes d’Armor) et Louis Guéguen pour le Morbihan. S’y était associé l’un des fondateurs historiques du Parti communiste, le breton Marcel Cachin, très attaché à la langue de sa Bretagne natale, qu’il appelait affectueusement ma petite patrie bretonne », rappelle le Quimpérois Piero Rainero.

« C’était en 1947, il y a plus de 70 ans ! »

Ce texte des parlementaires communistes de 1947 sur la langue bretonne, suivi en 1948 d’un autre concernant le catalan puis élargi aux différentes langues régionales, très en avance pour son époque, s’articulait sur un socle de propositions. Parmi celles-ci, rappelle Piero Rainero : « abroger l’interdiction du breton dans les écoles publiques ; favoriser l’emploi du breton en classe chaque fois que cela pouvait être profitable à l’enseignement ; mettre en place des cours de breton dans les écoles normales (Saint-Brieuc, Quimper, Brest et Vannes) dès la rentrée de 1947 pour former les enseignants ; assurer l’ouverture de cours facultatifs de breton dans les collèges et lycées ; accorder la possibilité de prendre le breton comme seconde langue, ou en épreuve facultative, au baccalauréat dans l’académie de Rennes ».

« C’était en 1947, il y a plus de 70 ans ! », insiste le communiste quimpérois.
 

« Espérons que la loi portée par Paul Molac connaîtra un meilleur sort »

« Quand il s’agit de désigner le rapporteur de ce projet de loi de 1947, la candidature du député communiste costarmoricain Marcel Hamon, qui commanda en 1944 les FTP des 14 départements de l’Ouest - c’est lui qui traduisit en 1936 l’Internationale en breton -, fut écartée au profit de celle du député socialiste Maurice Deixonne, la candidate MRP Marie-Madeleine Dienesch retirant opportunément la sienne », rapporte Piero Rainero.

« Après bien des manœuvres et des atermoiements, c’est finalement sous la signature de Maurice Deixonne que fut présentée, en 1951, la proposition de loi qui porte son nom. Le contenu de la loi Deixonne était très largement en retrait par rapport à l’ensemble des propositions communistes de 1947, ce qui provoqua alors des débats assez vifs entre communistes et socialistes… », poursuit-il.

La loi portée par Paul Molac s’inscrit dans une suite de propositions sur la langue bretonne et les langues régionales depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Espérons qu’elle connaîtra un meilleur sort que celles qui l’ont précédée.

Car la vigilance s’impose, des ministres importants du gouvernement du président Macron ont exprimé clairement leur désaccord avec ce texte dont ils ne voulaient même pas qu’il soit débattu par les députés », conclut Piero Rainero.

(*) La loi Deixonne (1951) est la première loi française relative à « l’enseignement des langues et dialectes locaux ».

Après la publication dans vos colonnes de plusieurs articles concernant le vote à l’Assemblée Nationale de la nouvelle loi sur les langues régionales, je voudrais revenir sur un point d’histoire trop méconnu:

Le texte de loi du député socialiste du Tarn Maurice Deixonne de 1951 a été précédé par la proposition déposée à l’Assemblée Nationale le 16 mai 1947 par les députés communistes bretons  Pierre Hervé, Gabriel Paul, Alain Signor, pour le Finistère, Hélène Le Jeune et Marcel Hamon pour les Côtes-du-Nord, et Louis Guéguen pour le Morbihan, auxquels s’était associé l’un des fondateurs historiques du Parti Communiste, le breton Marcel Cachin, très attaché à la langue de sa Bretagne natale, qu’il appelait affectueusement « ma petite patrie bretonne ». *

Les promoteurs de cette proposition de loi visant à organiser un enseignement de la langue bretonne  et à « développer toutes nos richesses culturelles », se référaient aux valeurs de la Résistance, fortement enracinée dans la Bretagne bretonnante, et s’inscrivaient dans une démarche transpartisane.

Ce texte des parlementaires communistes de 1947 sur la langue bretonne, suivi en 1948 d’un autre concernant le catalan puis élargi aux différentes langues régionales, très en avance pour son époque, s’articulait sur un socle de propositions  telles que :

- Abroger l’interdiction du breton dans les écoles publiques.

- Favoriser l’emploi du breton en classe chaque fois que cela pouvait être profitable à l’enseignement.

- Initier à la culture, à la littérature, aux arts populaires bretons.**

- Prévoir la budgétisation d’achat d’ouvrages sur la richesse culturelle bretonne dans les établissements publics.

- Mettre en place des cours de breton dans les écoles normales (Saint-Brieuc, Quimper, Brest et Vannes) dès la rentrée de 1947 pour former les enseignants.

- Assurer l’ouverture de cours facultatifs de breton dans les collèges et lycées.

- Accorder la possibilité de prendre le breton comme seconde langue, ou en épreuve facultative, au baccalauréat dans l’académie de Rennes.

 

C’était en 1947 il y a plus de 70 ans !

 

Quand il s’agit de désigner le rapporteur de ce projet de loi de 1947, la candidature du député communiste costarmoricain Marcel Hamon, qui commanda en 1944 les FTP des 14 départements de l’Ouest (c’est lui qui traduisit en 1936 l’Internationale en breton), fut écartée au profit de celle du député socialiste Maurice Deixonne, la candidate MRP Marie-Madeleine Dienesch retirant opportunément la sienne.

Après bien des manœuvres et des atermoiements, c’est finalement sous la signature de Maurice Deixonne que fut présentée en 1951 la proposition de loi qui porte son nom.

Le contenu de la loi Deixonne était très largement en retrait par rapport à l’ensemble des propositions communistes de 1947, ce qui provoqua alors des débats assez vifs entre communistes et socialistes.

Les communistes prirent de nombreuses autres initiatives pour les langues et cultures régionales, comme la proposition de loi de Jacques Chambaz du 18 juin 1975 *** relative à la langue et à la culture bretonnes, ou celle présentée le 14 octobre 1988 par Guy Hermier sur les langues de France et les cultures régionales.

La loi portée par Paul Molac s’inscrit donc dans une suite de propositions sur la langue bretonne et les langues régionales depuis la fin de la 2ème guerre mondiale.

Espérons qu’elle connaîtra un meilleur sort que celles qui l’ont précédée.

Car la vigilance s’impose, des ministres importants du gouvernement du président Macron ont exprimé clairement leur désaccord avec ce texte dont ils ne voulaient même pas qu’il soit débattu par les député-e-s.

La diversité linguistique et culturelle de notre pays est une vraie richesse, sa préservation et son développement requièrent une ambition nationale.

Ce combat est loin d’être terminé.

Piero RAINERO.

 

* Ce projet de loi des députés communistes avait reçu le soutien du groupe des députés du RDA (Rassemblement Démocratique Africain) qui était apparenté au PCF et dont le Président était Félix Houphouët-Boigny qui allait devenir Président de la Côte – d’Ivoire.

**Après la guerre, un théâtre en breton itinérant a été développé par Pierre-Jakez Hélias et des instituteurs communistes bretonnants, comme Albert Trividic et Henri Donnard d’Audierne.

*** Cette proposition de loi fut préparer par un groupe de travail conduit par Louis le Roux (secrétaire régional du PCF) auquel participèrent notamment pour le Finistère les universitaires communistes brestois spécialistes de celtique Yves le Berre et Jean le Dû, Michel Mazéas maire de Douarnenez, Jean-Pierre Jeudy conseiller général du canton de Carhaix, Jean-Marie Plonéis docteur es-lettres spécialiste de la toponymie bretonne et élève du chanoine Falc’hun. Elle fut rendu publique lors de la venue à Quimper de Georges Marchais et Jacques Chambaz dans le cadre d’une rencontre avec les représentants du monde culturel breton.

Après la publication dans vos colonnes de plusieurs articles concernant le vote à l’Assemblée Nationale de la nouvelle loi sur les langues régionales, je voudrais revenir sur un point d’histoire trop méconnu.

Le texte de loi du député socialiste du Tarn Maurice Deixonne de 1951 a été précédé par la proposition déposée à l’Assemblée Nationale le 16 mai 1947 par les députés communistes bretons  Pierre Hervé, Gabriel Paul, Alain Signor, pour le Finistère, Hélène Le Jeune et Marcel Hamon pour les Côtes-du-Nord, et Louis Guéguen pour le Morbihan, auxquels s’était associé l’un des fondateurs historiques du Parti Communiste, le breton Marcel Cachin, très attaché à la langue de sa Bretagne natale, qu’il appelait affectueusement « ma petite patrie bretonne ». *

Les promoteurs de cette proposition de loi visant à organiser un enseignement de la langue bretonne  et à « développer toutes nos richesses culturelles », se référaient aux valeurs de la Résistance, fortement enracinée dans la Bretagne bretonnante, et s’inscrivaient dans une démarche transpartisane.

Ce texte des parlementaires communistes de 1947 sur la langue bretonne, suivi en 1948 d’un autre concernant le catalan puis élargi aux différentes langues régionales, très en avance pour son époque, s’articulait sur un socle de propositions  telles que :

 

- Abroger l’interdiction du breton dans les écoles publiques.

- Favoriser l’emploi du breton en classe chaque fois que cela pouvait être profitable à l’enseignement.

- Initier à la culture, à la littérature, aux arts populaires bretons.**

- Prévoir la budgétisation d’achat d’ouvrages sur la richesse culturelle bretonne dans les établissements publics.

- Mettre en place des cours de breton dans les écoles normales (Saint-Brieuc, Quimper, Brest et Vannes) dès la rentrée de 1947 pour former les enseignants.

- Assurer l’ouverture de cours facultatifs de breton dans les collèges et lycées.

- Accorder la possibilité de prendre le breton comme seconde langue, ou en épreuve facultative, au baccalauréat dans l’académie de Rennes.

 

C’était en 1947 il y a plus de 70 ans !

 

Quand il s’agit de désigner le rapporteur de ce projet de loi de 1947, la candidature du député communiste costarmoricain Marcel Hamon, qui commanda en 1944 les FTP des 14 départements de l’Ouest (c’est lui qui traduisit en 1936 l’Internationale en breton), fut écartée au profit de celle du député socialiste Maurice Deixonne, la candidate MRP Marie-Madeleine Dienesch retirant opportunément la sienne.

Après bien des manœuvres et des atermoiements, c’est finalement sous la signature de Maurice Deixonne que fut présentée en 1951 la proposition de loi qui porte son nom.

Le contenu de la loi Deixonne était très largement en retrait par rapport à l’ensemble des propositions communistes de 1947, ce qui provoqua alors des débats assez vifs entre communistes et socialistes.

 

Les communistes prirent de nombreuses autres initiatives pour les langues et cultures régionales, comme la proposition de loi de Jacques Chambaz du 18 juin 1975 *** relative à la langue et à la culture bretonnes, ou celle présentée le 14 octobre 1988 par Guy Hermier sur les langues de France et les cultures régionales.

 

 

 

 

La loi portée par Paul Molac s’inscrit donc dans une suite de propositions sur la langue bretonne et les langues régionales depuis la fin de la 2ème guerre mondiale.

 

Espérons qu’elle connaîtra un meilleur sort que celles qui l’ont précédée.

Car la vigilance s’impose, des ministres importants du gouvernement du président Macron ont exprimé clairement leur désaccord avec ce texte dont ils ne voulaient même pas qu’il soit débattu par les député-e-s.

 

La diversité linguistique et culturelle de notre pays est une vraie richesse, sa préservation et son développement requièrent une ambition nationale.

Ce combat est loin d’être terminé.

 

Piero RAINERO.

 

 

* Ce projet de loi des députés communistes avait reçu le soutien du groupe des députés du RDA (Rassemblement Démocratique Africain) qui était apparenté au PCF et dont le Président était Félix Houphouët-Boigny qui allait devenir Président de la Côte – d’Ivoire.

 

**Après la guerre, un théâtre en breton itinérant a été développé par Pierre-Jakez Hélias et des instituteurs communistes bretonnants, comme Albert Trividic et Henri Donnard d’Audierne.

 

*** Cette proposition de loi fut préparer par un groupe de travail conduit par Louis le Roux (secrétaire régional du PCF) auquel participèrent notamment pour le Finistère les universitaires communistes brestois spécialistes de celtique Yves le Berre et Jean le Dû, Michel Mazéas maire de Douarnenez, Jean-Pierre Jeudy conseiller général du canton de Carhaix, Jean-Marie Plonéis docteur es-lettres spécialiste de la toponymie bretonne et élève du chanoine Falc’hun. Elle fut rendu publique lors de la venue à Quimper de Georges Marchais et Jacques Chambaz dans le cadre d’une rencontre avec les représentants du monde culturel breton.

Partager cet article
Repost0
12 avril 2021 1 12 /04 /avril /2021 06:37
Présidentielle 2022: le PCF reprend sa liberté (Le Télégramme, 12 avril 2021)
Partager cet article
Repost0
12 avril 2021 1 12 /04 /avril /2021 06:20
Voilà notre ambition et notre pari : une parole forte et sincère pour réarmer et faire grandir la gauche avec une candidature pour le monde du travail et pour la jeunesse (Bora Yilmaz)
Bora Yilmaz- sur sa page Facebook:
 
Par une mobilisation technique et collective inédite, nos 96 fédérations ont permis ce week-end la réunion à distance de 1000 délégués de toute la France.
 
Dans le strict respect des précautions sanitaires, nous avons déconfiné le débat démocratique.
 
À une très large majorité, notre conférence nationale a décidé de présenter Fabien Roussel a l’élection présidentielle de 2022.
 
Pourquoi, en pleine crise sanitaire et alors que plane lourdement la menace d’un nouveau duel Macron/Le Pen ? Une menace que nous prenons bien sûr très au sérieux.
 
Ce même week-end, une enquête d’opinion révélait qu’en l’état actuel de la situation politique, quand bien même un candidat de gauche accéderait au second tour face à Marine Le Pen, aucun ne serait susceptible de battre la candidate d’extrême-droite. Un constat terrible.
Ce ne sont pas tant ses divisions (même si elles y contribuent) qui affaiblissent la gauche que les déceptions et les colères qu’elle a suscitées ces dernières décennies, par ses renoncements à affronter les diktats du capital et de la finance toute puissante, ses renoncements à défendre les intérêts de celles et ceux qui vivent de leur travail, ses renoncements à améliorer la vie des classes populaires.
Voilà notre ambition et notre pari : une parole forte et sincère pour réarmer et faire grandir la gauche avec une candidature pour le monde du travail et pour la jeunesse, pour de nouvelles conquêtes démocratiques de la cité à l’entreprise, pour la sécurisation des parcours d’emploi et de formation, pour une réindustrialisation au service de la transition écologique, pour éradiquer la fraude et l’évasion fiscale, pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, pour une lutte implacable contre les discriminations racistes qui divisent.
Une candidature pour celles et ceux qui, toujours plus nombreux, ne participent plus, ni aux mobilisations sociales, ni aux élections.
Une candidature de la solidarité internationale face aux égoïsmes nationaux et à la concurrence entre les nations, comme nous l’avons affirmé mercredi dans le nord de notre département avec Fabien Roussel, nos amis belges, luxembourgeois et allemands, à propos des vaccins.
Voilà notre conception du rassemblement : faire grandir les mobilisations populaires et les prises de conscience autour de propositions concrètes qui répondent aux urgences et aux besoins. Faire de ces propositions le socle d’un rassemblement pour un pacte d’engagements et une majorité politique aux élections législatives.
Sans ces mobilisations populaires et sans ces prises de consciences, la question de l’union de la gauche et des écologistes en restera réduite à une parade hypocrite d’écuries présidentielles qui ne conçoivent le rassemblement que comme un ralliement à leurs champions auto-proclamés et clivants, qui ne raisonnent qu’en termes de parts d’un marché électoral qui se réduit à chaque échéance. Et elle ne trouvera aucune réponse à la hauteur de la gravité du moment dans lequel nous nous trouvons.
L’heure est grave, la tâche lourde et ambitieuse, mais c’est avec enthousiasme et détermination que les dizaines de milliers de militantes et de militants communistes vont s’y atteler dans les semaines et les mois qui viennent, comme ils s’engageront dans toutes les mobilisations sociales et tous les rassemblements pour les échéances électorales départementales et régionales.
 
Bora Yilmaz,
enseignant, élu communiste à Nancy, secrétaire départemental du PCF en Meurthe-et-Moselle, chef de file communiste sur la liste d'union dans le grand Est
(avec Hulliya Turan, adjointe communiste à Strasbourg et secrétaire départementale du PCF en Alsace).
Partager cet article
Repost0
12 avril 2021 1 12 /04 /avril /2021 06:17
Les communistes veulent bâtir les jours heureux du 21e siècle - Diego Chauvet et Julia Hamlaoui, L'Humanité, 12 avril
Les communistes veulent bâtir les « Jours heureux du XXIe siècle »
Lundi 12 Avril 2021 - L'Humanité

Au-delà de la question d’une candidature à la présidentielle, la conférence nationale du PCF s’est penchée sur le projet de la formation pour les échéances de 2022.

 

« Réunissons-nous, travaillons ensemble pour reprendre le pouvoir à la finance, pour reprendre la main sur nos choix économiques, pour redonner le pouvoir aux Français, au monde du travail, dans toutes les entreprises.» Comme l’a rappelé Fabien Roussel, en clôture des travaux, la conférence nationale du PCF, outre la question d’une candidature pour l’élection présidentielle, s’est aussi penchée, ce week-end, sur le programme à défendre en 2022 et les initiatives pour le faire connaître sans tarder. « Nous avons l’ambition de faire vivre ces idées, de les mettre en œuvre dans les départements, dans les régions », a insisté le secrétaire national du PCF. Les communistes veulent en effet proposer aux Français un « pacte », « d’écrire ensemble un contrat ». Un programme qui « permette enfin de sortir la santé des mains des logiques marchandes et des laboratoires pharmaceutiques », « qui nous libère du poids de la finance », et qui « ouvre enfin l’espoir pour chacun d’avoir un emploi stable, correctement rémunéré ». Au rang des priorités, le député du Nord a affirmé vouloir porter le Smic à 1 500 euros net dès 2022, accompagné d’une « hausse générale des salaires ». Lors d’un meeting numérique, dimanche, il a plaidé pour « un projet qui sorte notre pays du capitalisme, de l’exploitation des hommes, des femmes comme des ressources naturelles, qui bâtisse le programme des Jours heureux du XXIe  siècle ».

Soutenir la jeunesse

Durant cette conférence nationale, les communistes se sont particulièrement adressés à la jeunesse. Dès samedi, le secrétaire général du Mouvement des jeunes communistes, Léon Deffontaines, a rappelé que «les jeunes sont les premières victimes de la crise actuelle ». « Un jeune sur 5 au chômage, 1,6 million de jeunes sans aucune solution et un retard scolaire qui s’accumule. La précarité est devenue notre quotidien, a-t-il insisté. L’abstention des jeunes n’est pas inéluctable, à condition de proposer un projet politique ambitieux et cohérent.»

Le lendemain, Fabien Roussel a pris le relais : « Quand je rencontre de jeunes travailleurs, ces ouvriers dans les usines, ces infirmières dans les hôpitaux, ces enseignants dans nos écoles, tout juste formés, entrant dans la vie active et souffrant déjà d’un manque de reconnaissance, de conditions de travail pénibles, je me dis que c’est avec eux que nous redresserons le pays, que nous construirons un modèle économique qui redonne du sens et d u contenu au travail, aux emplois et qui place le bonheur de chaque être humain, son émancipation, au cœur de tous ses choix. ».

Dix mesures majeures

Les communistes, dans le texte qu’ils ont adopté, veulent également « se donner les moyens de lutter efficacement et durablement contre le racisme et les discriminations, de construire l’égalité réelle, notamment l’égalité entre femmes et hommes ». Ils proposent au final «10 mesures majeures, pour redistribuer les richesses, donner des nouveaux droits aux salarié-e-s dans l’entreprise et sécuriser l’emploi, éliminer les violences sexistes et sexuelles, définanciariser l’économie, favoriser une autre orientation de la construction européenne, moderniser et développer les services publics, relancer notre industrie au service (entre autres) de la transition écologique , réformer la fiscalité, refonder et démocratiser les institutions de la République »…

Fabien Roussel entend approfondir ce travail sur le programme en «poursuivant les rencontres et les échanges avec les autres forces de gauche et écologistes ». Mais aussi avec tous ceux qui souhaitent y apporter leur pierre. Le site Internet lafranceencommun.fr permet ainsi de recueillir les contributions dans toutes les thématiques du programme des communistes : 17 en tout, de la transition écologique à la reconquête industrielle, en passant par de nouveaux droits pour les travailleurs.

Élection présidentielle. Le PCF fait un nouveau pas vers une candidature
Lundi 12 Avril 2021 - L'Humanité

Lors d’une conférence nationale ce week-end, les communistes se sont prononcés à 66,41 % pour proposer leur propre candidat dans la course à l’Élysée. 73,57 % des délégués ont choisi Fabien Roussel pour tenir ce rôle.

 

Sous le dôme blanc de la coupole Niemeyer, place du Colonel-Fabien à Paris, le siège du PCF a pris des allures 2.0, ce week-end. Projetés sur un écran géant, quelque mille délégués communistes s’y sont retrouvés via un système de visio­conférence, restrictions sanitaires obligent. Une petite prouesse technique pour débattre de leur stratégie pour 2022. Et c’est le choix d’une candidature autonome du PCF à la présidentielle, assortie d’un « pacte d’engagements communs » pour les législatives, qui l’a emporté à une large majorité de 66,41 %, samedi, lors de cette conférence nationale. 73,57 % des délégués ont également désigné leur secrétaire national, Fabien Roussel, comme candidat. « La situation est grave et elle nécessite d’ouvrir un espoir. L’espoir de sortir notre pays de cette crise, l’espoir de changer de politique, l’espoir pour les Français d’être enfin protégés contre cette pandémie, mais aussi contre le chômage, contre la précarité et la pauvreté ! » a lancé le député du Nord, dimanche, lors d’un meeting numérique, fustigeant un Emmanuel Macron qui « prépare déjà de nouveaux sacrifices, au nom de la dette qu’il faudra rembourser “à tout prix” ».

Opération reconquête

La veille, tout au long de la journée, comme dans la matinée de dimanche, les échanges militants ont porté sur la stratégie à mettre en œuvre pour y parvenir. « Nous sommes tous d’accord sur l’objectif final : empêcher le duel Macron-Le Pen dont personne ne veut, mais surtout empêcher que la finance conserve les pleins pouvoirs dans notre pays », a résumé Fabien Roussel à l’issue des discussions, samedi. Le texte adopté en fin d’après-midi estime ainsi que la présence d’un communiste dans la course à l’Élysée permettra de « changer la donne, de faire prévaloir à gauche des solutions transformatrices, de renforcer l’influence communiste et donc celle de la gauche tout entière, d’initier une dynamique au service d’une nouvelle majorité politique, riche de sa diversité ». Un choix qui se présente, selon la formule de Christian Picquet en charge de la commission qui a rédigé le document d’orientation, comme une « action volontariste de reconquête du monde du travail, des classes populaires, de la jeunesse » afin « de ramener aux urnes celles et ceux qui s’en sont détournés, de reconstruire la confiance ».

« Pour peser, il faut exister dans un débat présidentiel qui concentre toute l’attention », ont également insisté plusieurs intervenants face à une gauche dont « la faiblesse est due, plus qu’à ses divisions, à ses renoncements », à l’instar du quinquennat Hollande. La France insoumise, qui par la voix de Jean-Luc Mélenchon a proposé aux communistes une « alliance privilégiée pour constituer un pôle populaire de rupture », n’a pas emporté plus d’adhésion. Pas davantage que « la reproduction des politiques d’accompagnement du libéralisme » ou que « le verdissement du capitalisme », « la tentation du populisme de gauche ne permettra à la gauche de se reconstruire », a jugé Christian Picquet.  Des différences de fond entre leur programme et celui de la FI ont également été mises en avant par plusieurs délégués pour expliquer leur refus de soutenir, comme en 2012 et 2017, le leader insoumis. « La FI veut assurer la bifurcation de notre économie en lançant un plan massif d’investissement de 100 milliards d’euros, mais cette proposition épargne le patronat et la finance. Nous voulons un moratoire sur les fermetures, cessions, externalisations et délocalisations, et un plan de développement d’une vingtaine de filières pour une nouvelle industrialisation, et créer ainsi 1 million d’emploi s », a, parmi d’autres exemples, pointé Karine Trottein, secrétaire du PCF du Nord.

Un « pacte pour l’espoir »

Face au risque d’élimination de la gauche dès le premier tour de la présidentielle et à celui d’une victoire de l’extrême droite, certains militants se sont toutefois prononcés pour une autre voie que la candidature autonome. « Il faut viser la victoire et donc chercher le rassemblement, s’il n’y a pas de perspectives pour faire gagner les intérêts immédiats des classes populaires alors c’est le désespoir », a notamment estimé Hugo Blossier, responsable du PCF de la Vienne. « Malgré la qualité de la campagne et du programme, les efforts intenses déployés lors des dernières élections européennes n’ont conduit à obtenir qu’un faible résultat », a également objecté Jacques Maréchal, secrétaire départemental de Moselle, estimant que « le pouvoir est fort de la division de ses adversaires ». Mais « l’option alternative » soumise au vote, qui proposait « d’interpeller et de rencontrer forces de gauche et acteurs du mouvement social pour construire une stratégie partagée dans la clarté d’un projet de rupture », autour de « dix mesures majeures », a obtenu 29,44 % des voix (4,14 % des participants s’étant abstenus). De même, un amendement plaidant en faveur d’une « clause de revoyure » en fonction de l’évolution des débats à gauche a également été rejeté, à 65,68 %.

À l’issue des débats locaux des dernières semaines, le texte d’orientation adopté à la mi-mars par le Conseil national du PCF a toutefois été légèrement modifié. La démarche de rassemblement en vue des élections législatives est précisée. « Tout au long de l’année à venir, le Parti communiste français prendra des initiatives en ce sens, est-il écrit. Nous voulons avancer vers un socle commun fait d’idées nouvelles, s’appuyant sur les luttes du monde du travail et de la culture, de la jeunesse, des mouvements sociaux, féministes, écologistes, antiracistes, démocratiques. »  Et en vue de constituer un « pacte pour l’espoir », un appel est lancé en direction « des citoyen-ne-s, des militant-e-s syndicalistes, des actrices et acteurs des mouvements populaires, des élu-e-s locaux, départementaux, régionaux, des parlementaires ». En revanche, l’amendement défendu par le président du Conseil national du PCF, Pierre Laurent, pour créer à cette fin dans « chaque circonscription, des “coopératives d’idées’’ et “un comité de rédaction national’’ » a, lui aussi, été rejeté à 59,18 %.

Les adhérents voteront en mai

Reste que, avec cette démarche, il s’agit de « bousculer tous les scénarios » et de « s’adresser aux forces de gauche, mais aussi aux salariés, aux syndicats, aux élus locaux, aux jeunes, à tous les Français, non pas pour parler d’une candidature unique, mais pour nous fixer un objectif : reprendre le pouvoir à la finance », a plaidé Fabien Roussel. Le secrétaire national veut « reconquérir les têtes et les cœurs » des abstentionnistes avec un projet de rupture avec le capitalisme, pour « une France et une Europe libérées des dominations et des exigences d’une classe minoritaire ». « Notre programme, notre ambition pour le pays, c’est de bâtir avec le peuple, avec la jeunesse, une république sociale, laïque, écologiste, féministe, démocratique enfin conforme aux aspirations de notre temps », a-t-il martelé, dimanche (lire ci-contre). Il a également invité les formations de gauche à « respecter » le choix de son parti et à « maintenir un dialogue utile » : « Nous ne sommes pas adversaires », a-t-il insisté.

Désormais, la balle est dans le camp de l’ensemble des adhérents du PCF qui seront à leur tour appelés à se prononcer par un vote du 7 au 9 mai. Ils auront à choisir entre les deux options débattues ce week-end et entre les candidats à l’investiture. Le Parisien Emmanuel Dang Tran et le Val-de-Marnais Grégoire Munck, qui ont chacun obtenu ce week-end 1,97 % des voix, figurent sur le bulletin de vote aux côtés de Fabien Roussel.

Partager cet article
Repost0
12 avril 2021 1 12 /04 /avril /2021 06:17
Partager cet article
Repost0
12 avril 2021 1 12 /04 /avril /2021 06:16
Tchad. Idriss Déby, l'indispensable dictateur de Paris - Marc de Miramon, L'Humanité, 9 avril 2021
Tchad. Idriss Déby, l’indispensable dictateur de Paris
Vendredi 9 Avril 2021

L’homme fort de N’Djamena sera réélu dans un fauteuil, ce dimanche. Depuis son accession au pouvoir en 1990, il n’a cessé de consolider cette force militaire que le président tchadien monnaye auprès de tous ses sponsors étrangers. Et en premier lieu la France. Explications.

 

Il est un pur produit de la coopération militaire française avec ses anciennes colonies, formé à Paris au milieu des années 1980 à l’école de guerre interarmées. Idriss Déby, au pouvoir depuis le mois de décembre 1990, soit plus de trente années d’un règne sans partage, se dirige tranquillement vers sa réélection, dimanche prochain, au terme d’une campagne électorale émaillée de violences.

Un raid meurtrier contre l'entourage d'un candidat

Human Rights Watch a accusé, jeudi, les forces de sécurité tchadiennes d’avoir mené « une répression implacable » contre les opposants, alors que depuis plusieurs mois, des partis et organisations de la société civile appellent chaque samedi à marcher « pacifiquement » pour une « alternance au pouvoir ».

En guise de réponse, l’appareil sécuritaire du pays a interdit les rassemblements, violemment dispersés, et des hommes en armes ont systématiquement cerné les sièges des partis de l’opposition comme le domicile de leurs leaders. Comme ce 28 février, lorsque la police et l’armée ont mené un raid meurtrier à celui de Yaya Dillo, candidat à la présidentielle, durant lequel les forces de police ont tué sa mère, âgée de 80 ans, et blessé cinq autres membres de sa famille.

Un des partenaires clés de l’opération « Barkhane »

Si prompt à s’indigner des violences politiques signalées en Russie, au Venezuela ou ailleurs, Paris est resté une fois encore muet face à ce climat délétère, tant Idriss Déby a réussi à acheter sa tranquillité politique en se rendant indispensable grâce à son armée, l’une des plus puissantes et des plus aguerries de la région.

Car le dictateur tchadien s’est imposé comme l’un des partenaires clés de l’opération militaire « Barkhane » pilotée par la France dans le Sahel. Ses promesses de renforts, réitérées lors du dernier sommet du G5 Sahel à N’Djamena à la mi-février, ont servi de béquille à la communication chancelante d’Emmanuel Macron, confronté à la faiblesse de la coopération militaire européenne dans la résolution de la crise sécuritaire qui enfonce chaque jour un peu plus l’ensemble de la région dans le chaos.

1 200 soldats dans la zone des trois frontières

L’intégration des troupes de Déby ne se passe pas sans heurts. Des soldats tchadiens engagés dans la lutte contre les djihadistes au Sahel sont responsables de « viols » de plusieurs femmes à Tera, ville du sud-ouest du Niger, ont affirmé dimanche dernier la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) du Niger et la force conjointe du G5 Sahel. Une information confirmée par le gouvernement tchadien, qui, dans un communiqué, a annoncé que les « auteurs » de ces crimes, soit « certains soldats du 8e bataillon du contingent tchadien basé à Sera », ont été « arrêtés » et « subiront les sanctions qui s’imposent ».

Mais Paris a désespérément besoin des 1 200 soldats récemment déployés dans la zone des trois frontières, située aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso, pour contenir les activités des groupes armés revendiquant leur appartenance à l’État islamique dans le Grand Sahara et enregistrer les succès militaires devant permettre d’amorcer un calendrier de retrait des soldats français avant le lancement de la prochaine campagne présidentielle.

Le pétrole, c'est 75 % des revenus d’exportation du Tchad

Pour autant, le pouvoir d’Idriss Déby, sauvé in extremis d’offensives rebelles en 2006 et en 2008 par des interventions armées française, a su diversifier ses alliances et ses soutiens. De par sa position géographique stratégique, le Tchad a longtemps servi de tampon comme de « bouclier » aux ambitions régionales du colonel libyen Mouammar Kadhafi. Les États-Unis ont également misé sur le président Déby, considéré comme un rempart aux frontières du Soudan d’Omar el-Béchir, longtemps classé État paria par le département d’État, et censé contenir la progression du groupe terroriste Boko Haram au Nigeria, qui effectue de fréquentes incursions dans la région du lac Tchad. La Chine n’est pas en reste, et avait remporté de substantielles parts de marché dans l’exploitation du pétrole tchadien.

Exportateur net d’or noir depuis 2003, le Tchad ne produit que 140 000 barils/jour. Mais au cœur d’un des pays les plus pauvres du monde, l’industrie pétrolière représente tout de même 75 % des revenus d’exportation et près de 40 % des recettes budgétaires, même si le pays souffre de l’effondrement des cours observé ces dernières années.

Une manne pour l'achat de nouvelles armes

Le Tchad n’a cependant pas échappé à la « malédiction de l’or noir » qui rattrape la plupart des pays producteurs du continent africain. Au lieu de poursuivre le financement d’infrastructures, hôpitaux, écoles ou de développer les services publics, la manne a surtout servi, à partir de 2010, à acheter des nouvelles armes, louer les fidélités à Déby au sein de l’armée tchadienne, et consolider cette force militaire que le président tchadien monnaye auprès de tous ses sponsors étrangers. Un appui qui ôte pourtant toute possibilité de relève et d’alternance, et qui permet au système Déby toutes les audaces, persécutions, menaces, voire les assassinats d’opposants.

Le 23 février 2008, Ibni Oumar Mahamat Saleh, brillant secrétaire général du Parti pour les libertés et le développement (PLD) et porte-parole de la coalition d’opposition tchadienne CPDC (Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution), était enlevé à son domicile par des militaires tchadiens. Sa mort ne fait aujourd’hui guère de doute mais les autorités françaises, à l’instar de l’actuel ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, le 1er novembre 2018, se contentent « d’appeler de (leurs) vœux la manifestation de la vérité ». Gageons que ces « vœux » pieux ne troublent guère le sommeil de l’indispensable Idriss Déby.

Partager cet article
Repost0
12 avril 2021 1 12 /04 /avril /2021 06:08
Rwanda. Les conclusions du rapport Duclert constestées - entretien entre Rosa Moussaoui et François Graner, L'Humanité, samedi 10 avril
Rwanda. Les conclusions du rapport Duclert constestées
Samedi 10 Avril 2021

Une commission d'historiens dirigée par Vincent Duclert portant sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994, a été remis à Emmanuel Macron le 26 mars. Il écarte l’idée d’une « complicité » de Paris. Pour François Graner, spécialiste du sujet, « certains décideurs français jugeaient l’idéologie du pouvoir hutu acceptable ». Entretien

 

Chargés il y a deux ans par Emmanuel Macron d’« analyser le rôle et l’engagement de la France au Rwanda », les historiens de la commission Duclert ont remis leurs conclusions au président le 26 mars. Si leur rapport conclut à des « responsabilités accablantes » de Paris dans le génocide des Tutsis, en 1994, il écarte l’idée d’une « complicité » française avec les génocidaires. « La complicité a été multiforme : diplomatique, militaire, financière, médiatique », écrivait au contraire l’an dernier, dans un livre (1) cosigné par Raphaël Doridant, François Graner, qui a par ailleurs obtenu du Conseil d’Etat, en juin 2020, le droit d’accéder aux archives de François Mitterrand sur le Rwanda. Il décrypte les grands axes de ce rapport, pour en éclairer les contradictions. À commencer par le silence fait sur l’architecture institutionnelle de la Ve République et la constante « françafricaine » qui ont rendu possible l’appui français aux génocidaires.

Comment appréciez-vous les conclusions du rapport Duclert sur rôle de la France au Rwanda, en 1994 ?

François Graner Les responsabilités françaises sont accablantes : nous le répétons depuis des années ; le voir écrit noir sur blanc, c’est très bien : voilà un revers pour ceux qui nient ces responsabilités. Cela dit, la formule « responsable mais pas complice » est pour le moins curieuse. Le raisonnement de Duclert consiste à dire que les historiens ayant travaillé sur ce rapport ne sont pas des juges, que c’est aux juges de trancher, mais que cette commission devait tout de même prendre position pour écarter, en l’absence d’intention génocidaire, la complicité.

Il n’y a pas d’intention génocidaire du côté français, nous sommes tous d’accord sur ce point. Nous n’en voyons aucune trace, dans aucune archive. En 1994, les décideurs français étaient guidés par une obsession : maintenir le Rwanda dans leur zone d’influence. C’est pour cette raison qu’ils ont soutenu les extrémistes hutus avant, pendant et après le génocide des Tutsis. Mais il se trouve que, en droit, le complice est celui qui a aidé les criminels en connaissance de cause, avec un effet sur le crime commis. Ces trois conditions sont clairement remplies dans le cas du soutien français aux génocidaires. De nombreux cas de jurisprudence établissent la complicité sans intention criminelle.

Vous parlez, dans « l’État français et le génocide des Tutsis au Rwanda », de complicité « idéologique ». Qu’entendez-vous par là ?

François Graner Certains décideurs français – pas tous – jugeaient l’idéologie du pouvoir et des extrémistes hutus tout à fait acceptable. En dépit des alarmes, Mitterrand et certains des haut gradés qui l’entouraient estimaient normal que les Rwandais étiquetés hutus puissent avoir accès au pouvoir, à la domination des autres, parce qu’ils étaient censés représenter 85 % de la population. L’idéologie de discrimination portée par le pouvoir hutu était acceptée. Et lorsque le Front patriotique rwandais (FPR) à dominante tutsie s’est attaqué à la dictature de Juvénal Habyarimana, la France s’est portée au secours de son allié, en vertu d’un réflexe françafricain classique d’appui à ses « amis » menacés par des rebelles. Les décideurs français ont repris à leur compte, alors, l’équation FPR = Tutsi = ennemi, aussitôt transmise aux militaires. Sans ouvrir une porte directe sur le génocide, cela a préparé le terrain à le tolérer.

Icon Quote L’obsession des décideurs français : maintenir le Rwanda dans leur zone d’influence. D’où leur soutien aux Hutus avant, pendant et après le génocide.

Dans « Rwanda, la fin du silence. Témoignage d’un officier français » (les Belles Lettres), l’ancien capitaine Guillaume Ancel témoignait en 2018 des ordres reçus le 30 juin 1994 par les soldats de l’opération « Turquoise » pour conduire une opération – suspendue in extremis – visant à bloquer la progression du FPR, qui, seule, pourtant, stoppait les génocidaires. Il revenait sur la passivité de l’armée française devant les massacres de Bisesero (à l’ouest du Rwanda).

 

Que disent ces épisodes de la nature de l’implication française au Rwanda ?

François Graner Le témoignage du capitaine Ancel confirme ce prisme par lequel les militaires français voient le FPR comme l’ennemi, et non comme un allié pour mettre un coup d’arrêt au génocide. En fait, le génocide n’est tout simplement pas pris en compte par les quelques décideurs français qui pilotent l’action de « Turquoise ». Cette opération sert surtout leur communication : ils invoquent sa mission « humanitaire », mais, dans la pratique, ce n’est pas sa vocation principale. C’est pour cette raison que, au moment de faire des choix, comme à Bisesero, où les Tutsis étaient livrés à leurs tueurs, l’armée française est restée passive : ce n’était pas sa priorité.

Sur l’opération du 30 juin, visant à mettre un coup d’arrêt à l’avancée du FPR, le capitaine Ancel appelait à confronter aux archives son propre récit, corroboré par d’autres témoignages. Le rapport Duclert ne s’y attache pas. Il faudra poursuivre les recherches, en espérant une plus grande ouverture, à l’avenir, des archives militaires.

S’agissant de Bisesero, c’est le point focal des plaintes déposées par Survie pour complicité de génocide. La mission d’information parlementaire de 1998 avait évacué le sujet, mais des archives existent, nombreuses. Postée à quelques kilomètres des lieux du massacre, l’armée française n’est pas intervenue, jusqu’à ce que quelques soldats finissent par désobéir pour sauver, de leur propre chef, des Tutsis. Cet épisode est abordé dans le rapport mais sans nouveauté, de façon décevante, avec beaucoup de délayage, pour finalement reprendre l’argumentaire de l’armée, sans creuser davantage. Il y a dans notre livre bien plus de documents propres à éclairer cette affaire.

« Le constat des responsabilités politiques introduit des responsabilités institutionnelles, tant civiles que militaires », lit-on dans le rapport Duclert. Ces responsabilités tiennent-elles à des individus, à la façon dont François Mitterrand et son entourage exerçaient le pouvoir, ou bien à l’architecture même de la Ve République ?

François Graner Le rapport Duclert accable François Mitterrand, livre quelques décideurs en pâture, tente de présenter le Rwanda comme un laboratoire, un cas singulier. Pour mieux préserver l’essentiel, c’est-à-dire la Constitution de la Ve République instituant un régime présidentiel, la Françafrique et sa politique de préservation d’une zone d’influence française, les forces spéciales mobilisées dans des opérations extérieures échappant à tout contrôle démocratique. Le rapport évite soigneusement de mettre en cause ces trois piliers qui portent, jusqu’à nos jours, la politique africaine de la France. Depuis 1994, aucune leçon n’a été tirée : le régime s’est présidentialisé davantage, les forces spéciales sont plus sollicitées que jamais et le soutien français à des régimes autoritaires et dictatoriaux se perpétue. C’est un problème systémique. Si nous devons, comme citoyens, nous intéresser au génocide des Tutsis, c’est bien sûr pour des raisons mémorielles et par respect pour les victimes et les rescapés mais aussi pour éviter la répétition d’un tel scénario. Or le rapport Duclert se garde bien d’interroger les mécanismes qui ont rendu possible cette complicité française.

(1) « L’État français et le génocide des Tutsis au Rwanda », Agone/Survie, 2020.
 
« L’ARMÉE FRANÇAISE N’A CESSÉ DE VOLER AU SECOURS DE KIGALI »

Envoyé spécial de « l’Humanité », Jean Chatain a été l’un des rares journalistes européens à couvrir les événements au Rwanda.
 
En 2014, 20 ans après  le génocide, il dénonçait encore le rôle de la France. Extraits.
 
Durant les quatre années de guerre civile, l’armée française n’a cessé de voler au secours du criminel système en place à Kigali. Avant “Turquoise” (juin-août 1994), il y a eu les opérations “Noroît”, “Chimère”, “Amaryllis”, révélatrices des relations entretenues par la présidence et le gouvernement français avec leurs homologues rwandais de l’époque. Présent au Rwanda fin avril 1994, j’avais pu circuler dans la zone déjà libérée par le FPR et interviewer son dirigeant, Paul Kagame. Cette rencontre se passait au pont de Rusumo, qui franchit l’Akagera (...), charriant dans ses flots jaunâtres un interminable cortège de cadavres venus de la région de Butare. Revenant sur le comportement plus qu’ambigu et tâtonnant des Nations unies, Paul Kagame avait notamment ce mot : “J’ai l’impression que, dans ses rangs, il y a des puissances, surtout les Français (...), qui voudraient bien influer sur l’issue du conflit. Le gouvernement français a toujours eu une attitude négative. Même lorsque les atrocités de ce régime étaient évidentes.” Quand, fin 1990, elles envoyaient des soldats participer au combat contre le FPR, “pensez-vous sérieusement que les autorités françaises s’imaginaient lutter pour la démocratisation de notre pays” ? Question : à quoi attribuer ce comportement effectivement de longue date ? “Je crois que la France a commencé sur un faux pas et qu’elle ne veut pas admettre qu’elle a eu tort. Je ne comprends pas cette obstination. C’est vrai, la France n’a pas chez nous d’intérêts spécifiques. Alors peut-être sommes-nous une pièce, un rouage dans sa politique générale en Afrique. Sur ce continent, le gouvernement français a soutenu beaucoup de régimes incroyables. Y compris, donc, au Rwanda, avec un gouvernement qui a massacré tant de gens.” »
JEAN CHATAIN, 8 AVRIL 2014
Partager cet article
Repost0
12 avril 2021 1 12 /04 /avril /2021 06:00
73,50% des délégués de la conférence nationale du PCF font le choix de Fabien Roussel comme candidat aux Présidentielles ce dimanche 11 avril

🔴 Après 2 jours de débats les délégués de la conférence du

ont voté à 73,57% pour une candidature de


"Nous sommes tous frères et sœurs d'humanité, tous égaux quelle que soient notre couleur de peau, notre religion, notre origine".

 

73,57 pour cent des 912 votants (671 voix) des délégués à la conférence nationale du PCF ont choisi Fabien Roussel comme candidat du PCF aux élections présidentielles. 22,48 pour cent d'abstention (205 voix). Samedi 10 avril, c'était 2/3 des délégués (66%, contre 30% pour l'option 2, et 4% d'abstention) qui avaient approuvé le principe d'une candidature communiste aux élections présidentielles.

L’ensemble des militants•es communistes se prononceront  les 7-8-9 mai prochain.

73,50% des délégués de la conférence nationale du PCF font le choix de Fabien Roussel comme candidat aux Présidentielles ce dimanche 11 avril
Partager cet article
Repost0
12 avril 2021 1 12 /04 /avril /2021 05:45
Revue de presse - Avec Fabien Roussel, les communistes reprennent le goût du risque (Rachid Laireche, Libération, 11 avril)

En pièce jointe, l'article de Libération, 11 avril, Rachid Laireiche

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011