Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
19 août 2018 7 19 /08 /août /2018 05:45

 

Plus de quarante ans après son dénouement, l’affaire Lip refait surface. Entretien avec Guillaumes Gourgues, universitaire et coauteur d’un livre-enquête sur le sujet.

Plus de quarante ans après le dénouement de l’affaire Lip, pourquoi enquêter et publier cet ouvrage (1)  ?

Guillaume Gourgues L’affaire Lip est connue pour la « grève productive » de l’été 1973 : s’opposant aux licenciements promis par l’actionnaire suisse, les ouvriers occupent leur usine, confisquent les montres, redémarrent partiellement la production. C’est le slogan : « On fabrique, on vend, on se paye ». Mais, lorsqu’on dépasse ce mythe autogestionnaire, on se rend compte que les ouvriers ont essentiellement affirmé, arguments économiques à l’appui, que leur usine était viable. C’est ce syndicalisme de combat économique qui rend possible la reprise de l’usine, en 1974, et l’évitement des licenciements. Or, la fin de la reprise, deux ans à peine après son lancement, était principalement imputée à son patron de l’époque, Claude Neuschwander, et restait peu étudiée. En reprenant les archives inédites de cette séquence, nous pouvions répondre à une question actuelle : au-delà des erreurs de l’ancien patron, la reprise de Lip a-t-elle été interrompue pour dissuader les travailleurs de contester le bien-fondé économique de leurs licenciements ?

Défendez-vous l’idée que la faillite de Lip a été « orchestrée » par l’État et le patronat ?

Guillaume Gourgues En 1976, on assiste moins à une faillite « orchestrée » qu’à un revirement politique. En 1973, le retentissement international du conflit Lip pousse une partie de la droite au pouvoir et du patronat à s’interroger : et si les syndicalistes de Lip avaient raison ? Et si les licenciements pouvaient être évités ? C’est le pari que fait Antoine Riboud, à l’origine de la relance, ou de Jean Charbonnel, le ministre du Développement industriel et scientifique, qui la défend au sein du gouvernement. Mais les idées néolibérales, dont l’influence grandit au sein des élites administratives, politiques et patronales et s’affirment avec l’élection présidentielle de 1974, ont raison de la relance. Face aux Xnouvelles difficultés que rencontre l’entreprise en 1975, Riboud rentre dans le rang et abandonne l’entreprise, le gouvernement Chirac se désengage. Les ouvriers réembauchés de Lip, qui symbolisent la possibilité d’éviter les licenciements, sont sommés de rejoindre la masse grandissante des chômeurs.

Quelles leçons pourrions-nous tirer aujourd’hui de cette affaire ?

Guillaume Gourgues La reprise de Lip prouve que les licenciements économiques sont évitables, même lorsque les actionnaires affirment le contraire. C’est pour cette raison qu’elle a été brutalement interrompue. Comme d’autres, nous essayons de démontrer dans ce livre que les règles du capitalisme ne se sont pas imposées naturellement mais qu’elles résultent bien de choix politiques. Dans la seconde moitié des années 1970, les responsables politiques et patronaux occidentaux ont choisi de déréguler l’économie, d’endetter les États auprès des marchés ou de ne plus chercher à empêcher les licenciements. En réhabilitant la dimension politique de l’affaire Lip, nous affirmons que l’économie ne repose sur aucune loi transcendantale, et que nous devons nous battre, aujourd’hui comme en 1973, pour remodeler son fonctionnement, aussi bien à l’échelle des entreprises qu’à celle des politiques macroéconomiques.

(1) Pourquoi ont-ils tué Lip ? de Guillaume Gourgues et Claude Neuschwander. Raisons d’agir.

Entretien réalisé par Nidal Taibi

 

Partager cet article
Repost0
19 août 2018 7 19 /08 /août /2018 05:38

 

Le premier maire adjoint de Jean-Claude Gaudin, pourfendeur de la fraude « sociale » lorsqu’il était député, a été reconnu coupable de fraude fiscale. Et il est toujours en place.

Le charme discret de la bourgeoisie marseillaise n’est plus ce qu’il était. Et l’un de ses enfants les plus en vue s’est fait rattraper par un climat nouveau qui, petit à petit, jette une lumière sur les zones d’ombre de l’argent dissimulé ou soustrait au fisc. Un député de surcroît, celui des beaux quartiers : Dominique Tian (« Les Républicains »).

Pourtant, la fraude, il en avait fait un cheval de bataille politique. La « fraude sociale », s’entend. En 2011, droit dans son costume toujours bien mis, il avait présenté un rapport sur le sujet, estimant que la fraude aux prélèvements et aux prestations en France s’élevait à 20 milliards d’euros. À ce moment-là, Dominique Tian était un fraudeur fiscal depuis plus de quinze ans… Personne ne le savait encore. Tout le monde le saura bientôt. L’affaire Cahuzac est passée par là et la vigilance a redoublé. En 2015, la déclaration de patrimoine du député présente une anomalie : 2 millions d’euros « oubliés ». La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) transmet au parquet de Paris. La justice est en route. Elle mènera l’élu jusqu’au procès.

Lui feint la bonne foi : en janvier 2014, il a lui-même demandé, via son avocat, la régularisation de sa situation fiscale. La veille du dépôt de sa déclaration d’intérêts patrimoniale… Se sachant pris, il prend les devants. Bercy le lui permet : les fraudeurs « repentis » ne subiront pas de poursuite pénale. Il déclare deux portefeuilles d’actions en Suisse. La régularisation se passera par un redressement à hauteur de 664 394 euros, soldé en juin 2016. Affaire réglée… momentanément.

Il est condamné à un an de prison avec sursis, trois ans d’inéligibilité et une amende de 1 450 000 euros

Pour l’élégant premier adjoint au maire de Marseille, les soucis volent pourtant en escadrille. En juin 2017, dans un fief de la droite, il est battu par une candidate macroniste. Peu après, la HATVP jette un œil sur sa déclaration de patrimoine de 2012, dans laquelle il avait certifié ne détenir à l’étranger aucun bien mobilier, immobilier, ni compte. Or, depuis 1996, il est bien l’un des bénéficiaires d’un compte à la banque Pictet de Genève. Cette année-là, son père, Marius, un chef d’entreprise, décède. Un banquier se déplace alors à Marseille et rencontre Dominique et ses deux frères pour les informer de la réalité du compte ouvert par le père vingt ans plus tôt, dont l’origine des fonds restera inconnue. Les trois décident de laisser les choses en l’état. Les droits de succession manqueront aux caisses de l’État.

Dans les mois qui suivent, celui qui est alors maire du 4e secteur de Marseille ouvre deux autres comptes : l’un chez UBS, l’autre chez Lombard Odier. En 2005, afin de contourner une directive européenne sur la levée du secret bancaire suisse en cas de soupçon de fraude fiscale, les deux comptes changent d’ayant droit : ce sont désormais deux sociétés domiciliées au Liechtenstein et au Panama qui font écran. Mais c’est toujours Dominique Tian qui en profite, échappant ainsi à l’impôt de solidarité sur la fortune.

Au terme de son procès devant la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris, Dominique Tian a été reconnu coupable, début 2018, de « blanchiment de fraude fiscale » et d’« omission dans sa déclaration de patrimoine ». Il est condamné à un an de prison avec sursis, trois ans d’inéligibilité et une amende de 1 450 000 euros. Il a décidé de faire appel. Il y a quelques semaines, il a annoncé qu’il ne serait pas candidat aux municipales de 2020. Mais il restera jusque-là premier adjoint de Jean-Claude Gaudin. Personne n’a officiellement demandé sa démission. Et lui-même n’en discerne pas l’évidence.

Demain Patrick Drahi, le loup des télécoms s’ouvre un canal avec le Panama.

Christophe Deroubaix

LE GUIDE TOURISTIQUE DE LA FRAUDE : Canada

« Un bon endroit pour créer des structures d’optimisation fiscale afin de minimiser les impôts. » Le brevet est décerné par l’impayable cabinet panaméen Mossack Fonseca, au cœur du scandale révélé par les Panama Papers, nom donné à la fuite gigantesque de documents confidentiels en 2016. Mais le pays auquel il décerne ce satisfecit peut sembler plus surprenant que des incontournables Bahamas ou une peu surprenante île de Man. Il s’agit en effet du Canada. On apprend ainsi que le pays, dirigé par le très « cool » Justin Trudeau, est une destination privilégiée pour la création de sociétés-écrans. De très officiels cabinets spécialisés font leur œuvre, pour quelques milliers d’euros, de la création de ces sociétés fictives. Le quotidien le Monde a pointé, au moment de la révélation des fameux Papers, « la fiscalité avantageuse proposée par différentes provinces », ainsi que « l’opacité juridique et fiscale ». Ultime « atout » du Canada : son image de pays bien propre sur lui. Créer une Limited Partnership en Ontario ne met la puce à l’oreille de personne… ou presque. Mais ça, c’était avant. Désormais, tout le monde sait. On a même appris, depuis, que des proches de Justin Trudeau avaient trempé dans ces montages légaux qui organisent l’illégalité.

 

Partager cet article
Repost0
18 août 2018 6 18 /08 /août /2018 08:24
Fête de l'Isole de la section PCF de Scaër les samedi 18 et dimanche 19 août 2018 au Grand Champ
L'actualité du PCF dans le Finistère est riche ce week-end. 
 
En plus de la fête de Loctudy (19h) au port organisée par le PCF Pays Bigouden avec la présence du porte-parole national du PCF, Olivier Dartigolles, le vendredi 17 août, voici en pièce jointe le programme de la fête de la section du PCF de Scaër, la fête de l'Isole, ce week-end. 
 
Concours de boule en doublette, panier garni, etc. 
 
Un moment fort sera l'apéritif-débat à 12h30 le dimanche 19 août, avec intervention en introduction du débat d'un des responsables de la section de Scaër, Christian Carduner, et du secrétaire départemental du PCF Finistère, Ismaël Dupont. 
Partager cet article
Repost0
18 août 2018 6 18 /08 /août /2018 06:42

COMMUNIQUE DE PRESSE du PCF : Faire cesser les massacres de Yézidis par la Turquie (PCF)

L'Etat turc a perpétré un nouveau massacre, le 15 août 2018, de kurdes de confession yézidie au Sinjar (Irak).

L'aviation turque a bombardé la population du village de Kojo qui rentrait d'une cérémonie d'hommage commémorant la mémoire de 500 victimes de l'Etat islamique en août 2014. A cette date, les Yézidis avaient été victimes d'une tentative de génocide par Daesh et ce avec la complicité d'Ankara qui soutenait alors les organisations djihadistes de la région. Les hommes furent exécutés et les femmes vendues comme esclaves sexuelles. Il avait alors fallu l'intervention du PKK et du PYD pour sauver des milliers d'entre-eux. Cette implication avait été saluée par l'ensemble de la communauté internationale.

Multipliant les revers diplomatiques, le président R.T. Erdogan s'est lancée dans une politique expansionniste afin d'éliminer les Kurdes. Les troupes turques ont annexé illégalement l'enclave de Djarabulus et le canton kurde d'Afrin (Syrie) dans lesquels des djihadistes de tous horizons ont trouvé refuge commettant de nombreuses exactions. La Turquie s'en prend désormais au Kurdistan d'Irak, multipliant les implantations de bases militaires et les bombardements de civils en dépit des protestations de l’État irakien.

Le Parti communiste français condamne fermement ces bombardements, et exprime sa solidarité avec les Kurdes d'Irak et notamment les Yézidis. Il serait temps que la communauté internationale mette un terme à cette guerre permanente que mène la Turquie contre les Kurdes, à cette politique d'expansion territoriale qui viole l'intégrité des États et le droit international, ajoutant de la déstabilisation dans une région déjà meurtrie par la violence.

Emmanuel Macron et Angela Merkel ont choisi ce moment pour annoncer le renforcement de leurs relations économiques avec la dictature de R.T. Erdogan, témoignant de leur capitulation devant un régime qui piétine les droits humains les plus élémentaires. L'histoire se souviendra de cette compromission.

Paris, le 17 août 2018.

Communiqué du PCF: Faire cesser les massacres de Yézidis par la Turquie (17 août 2018)
Partager cet article
Repost0
18 août 2018 6 18 /08 /août /2018 06:32
Dans la série: cachez ces cocos que je ne saurais voir, le Parisien oublie l'Université d'été du PCF à Angers dans son récapitulatif tout en n'omettant pas les groupuscules

Alors Le Parisien, on zappe l' Université d'été du PCF des 24, 25 et 26 août à Angers ? Une bonne raison d'aller y faire un reportage pour se rattraper, non ? Et pour les militants communistes, d'y participer nombreux : plus que quelques jours pour s'inscrire sur https://2017.pcf.fr/universite

de Jérémie Giono

🛎 Question pour un champignon :

Je suis un Parti de 60.000 adhérents-cotisants, ce qui fait de moi le 3ieme parti de France (derrière LR et LREM) en nombre de cotisants ;

Je suis un Parti de plusieurs milliers d'élus locaux, ce qui fait de moi le 4ème parti de France (derrière LR, le PS et l'UDI) en terme d'implantation locale ;

Je suis un Parti qui dispose de 22 parlementaires et deux groupes des plus actifs dans les deux Assemblées législatives ;

Je suis un Parti qui réuni plus de 1000 participants à mes Universités d'été, ce qui en fait le 2nd événement le plus important du genre (derrière la FI - pour l'année postélectorale de 2017) ;

Pourtant, je suis le seul Parti dont les Universités d'été sont boycottées par une grande majorité des médias.

Je suis, je suis...

Université d'été du PCF à Angers les 24, 25, 26 août - Politique française, européenne, internationale, société, culture, art et littérature - demandez le programme de ce rendez-vous de rentrée du PCF avec un millier de participants prévus

Dans la série: cachez ces cocos que je ne saurais voir, le Parisien oublie l'Université d'été du PCF à Angers dans son récapitulatif tout en n'omettant pas les groupuscules
Dans la série: cachez ces cocos que je ne saurais voir, le Parisien oublie l'Université d'été du PCF à Angers dans son récapitulatif tout en n'omettant pas les groupuscules
Dans la série: cachez ces cocos que je ne saurais voir, le Parisien oublie l'Université d'été du PCF à Angers dans son récapitulatif tout en n'omettant pas les groupuscules
Dans la série: cachez ces cocos que je ne saurais voir, le Parisien oublie l'Université d'été du PCF à Angers dans son récapitulatif tout en n'omettant pas les groupuscules
Partager cet article
Repost0
18 août 2018 6 18 /08 /août /2018 05:36

 

Les investisseurs internationaux mettent le grappin sur les terres cultivables de la planète. Dans des pays où il n’y a pas de droits de propriété solidement établis, ces achats se traduisent pour les paysans par des expulsions pures et simples.

L’achat de terres par des investisseurs étrangers est l’une des nouvelles formes de la mondialisation. Ce phénomène a pris une ampleur particulière après le boom des prix agricoles de 2007-2008. On parle d’accaparement des terres et en anglais de « land grabbing », un terme plus critique, qui implique l’idée de mainmise.

Une grande opacité entoure les accords et il est donc difficile de mesurer l’ampleur exacte du phénomène. Les deux sources disponibles – soit la base de données Land Matrix établie par l’International Land Coalition et celle de l’ONG Grain – convergent pour estimer que la surface concernée est de l’ordre de 30 à 37 millions d’hectares (soit entre 300 000 et 370 000 km2).

MONDIALISATION. L’ACCAPAREMENT DES TERRES, ENTRE MONOPOLY ET COLONISATION (L’HUMANITE - JEUDI 9 AOUT 2018 – MICHEL HUSSON)

UN ENCHEVÊTREMENT OPAQUE DES INVESTISSEMENTS

Les données de Land Matrix montrent le caractère très généralisé du phénomène. À peu près tous les pays – hormis ceux d’Amérique du Nord et d’Europe de l’Ouest – sont concernés comme « receveurs ». Mais, et c’était a priori moins évident de manière intuitive, c’est tout aussi vrai pour les pays « émetteurs ». Cela veut dire qu’il existe des investissements croisés au sein d’une même région du monde, notamment en Afrique. La carte ci-dessous montre la répartition géographique des accords.

Du côté des principaux pays investisseurs, on trouve en tête les États-Unis, avec 8,2 millions d’hectares recensés. La Chine ne vient qu’en quatrième position, après la Malaisie et Singapour. Du côté des pays « receveurs », tous les continents du Sud sont concernés, avec notamment la République démocratique du Congo, le Brésil et l’Indonésie, auxquels il faut ajouter l’Ukraine et la Russie.

Contrairement à une idée reçue, la présence des États-Unis en Afrique est supérieure à celle de la Chine : 3,7 millions d’hectares, contre 2,5 millions. Cependant, ces données ne rendent pas compte de l’enchevêtrement des investissements ni des spécialisations. C’est ce qui permet sans doute d’expliquer pourquoi le Brésil a vendu 2,4 millions d’hectares à des investisseurs étrangers, mais en détient 3 millions dans d’autres pays.

SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE REMISE EN CAUSE

Certains accords prévoient des investissements d’infra-structure susceptibles d’avoir des effets positifs. Mais dans la majorité des cas, comme le souligne l’International Land Coalition, « le modèle dominant d’acquisition de terres à grande échelle a mis en péril les droits et les moyens de subsistance des communautés rurales ». Rien ne permet d’« invalider l’idée qu’il s’agit de mainmise sur les terres ». Dans des pays où il n’existe pas de droits de propriété solidement établis, où les autorités locales ont un intérêt direct à passer un deal avec les multinationales, les achats de terres se traduisent souvent par des expulsions

En 2016, une coalition internationale d’ONG a publié le rapport « Terres communes : sécuriser les droits fonciers et protéger la planète ». Il souligne que « les peuples autochtones et les communautés locales protègent la moitié des terres du globe, mais n’en possèdent formellement que 10 % ». Ce sont donc 2,5 milliards de personnes qui sont « menacées par la faim et la pauvreté si leurs droits fonciers ne sont pas protégés ». La campagne Land Rights Now appelle au doublement de la surface des terres appartenant aux communautés d’ici à 2020.

L’éviction de l’agriculture paysanne par l’agrobusiness prive les paysans de leurs ressources. Si certains trouvent un emploi d’ouvrier agricole mal payé, la majorité va grossir les rangs des sans-terre qui végètent autour des grandes villes ou bien cherchent à émigrer. Et comme une partie des terres est utilisée à des productions comme les biocarburants ou l’huile de palme, c’est l’autosuffisance alimentaire qui est remise en cause. Sans même parler des effets collatéraux sur l’accès à l’eau, détournée au profit de cultures comme celle du sucre de canne, et de l’impact sur l’environnement.

Le seul point positif est que les mouvements sociaux et les campagnes de soutien ont quelque peu freiné le développement du phénomène et contribué à porter le problème sur la place publique. Enfin, la question concerne aussi un pays comme la France. Une loi contre l’accaparement des terres agricoles a été en partie invalidée par le Conseil constitutionnel sous prétexte qu’elle portait « une atteinte disproportionnée au droit de propriété et à la liberté d’entreprendre. » Un bon résumé !

Site : hussonet.free.fr

Pourquoi acheter des terres ?

 

L’agriculture est devenue un bon placement, que ne négligent pas les multinationales ni même certains grands fonds de pension. Les terres achetées permettent de mener à grande échelle des cultures non alimentaires. Mais les investisseurs peuvent aussi chercher à garantir les sources d’approvisionnement en produits agricoles. La question est alors de savoir si le produit des terres achetées est plutôt destiné à la revente sur le marché mondial ou sur celui du pays investisseur. C’est cette question que se sont posée les auteurs d’une étude récente du FMI. Ils montrent que les achats de terres relèvent plutôt d’un « investissement visant à l’indépendance alimentaire que d’une plateforme de recherche de profit ». Mais ce constat ne change rien au fait qu’il s’agit la plupart du temps d’une spoliation, par ailleurs souvent financée par la Banque mondiale.

michel husson

Partager cet article
Repost0
18 août 2018 6 18 /08 /août /2018 05:33

 

Les géants de l’internet sont connus pour leur recours aux paradis fiscaux, mais, chez ces multinationales, l’évitement de l’impôt est plus la règle que l’exception. Le scandale des Panama Papers puis celui des Paradise Papers nous l’ont rappelé.

Uber fait-elle partie de ces nombreuses firmes transnationales (FTN) qui s’enrichissent en trichant ? Pas vraiment, et c’est là tout le problème. Le droit est, disons, complice. La plupart de ces entreprises transnationales pratiquent à l’envi « l’optimisation fiscale », qui n’est pas illégale à proprement parler. Cela prouve assez le manque de volonté politique de certains États, dont la France, pour lutter sérieusement contre ce fléau plus connu sous le nom d’évasion fiscale.

Qui est Uber, si répandue dans les rues de nos villes ? Uber est une plateforme technologique américaine créée en 2009. Elle met en relation passagers et voitures de transport avec chauffeur (VTC). Elle s’est rapidement exportée à travers le monde et opère à Paris depuis 2012. Uber est devenue l’entreprise phare, l’emblème même, de la société mondialisée, un acteur majeur de l’économie freelance. Beaucoup d’économistes et de responsables politiques n’hésitent plus à parler d’« ubérisation » de l’économie. Uber est d’abord et surtout le symbole du travail précaire et de l’évasion fiscale.

UN CHIFFRE D’AFFAIRES DE 2 MILLIARDS DE DOLLARS ENVIRON EN 2015

D’après le calcul réalisé par le Canard enchaîné, 27 000 chauffeurs Uber roulent en France et réalisent, en moyenne, 60 000 euros de chiffre d’affaires annuel. Sur le nombre incalculable de trajets effectués par ses chauffeurs, Uber touche 400 millions de commissions par an. À l’échelle mondiale, le montant des courses perçues par les chauffeurs d’Uber atteint 10,84 milliards (la Tribune) de dollars en 2015. Soit, pour l’entreprise, un chiffre d’affaires de 2 milliards environ, perçu via les 20 % de commission qu’elle s’octroie sur chaque course.

Le système d’optimisation fiscale d’Uber n’est pas différent de celui adopté par les grandes multinationales de la high-tech (type Gafa). En mai 2013, le géant américain a créé Uber International CV, domiciliée aux Pays-Bas mais dont le siège correspond à l’adresse d’un cabinet d’avocats dans les Bermudes. Cette société n’emploie aucun salarié tout en restant à la tête d’un réseau complexe de filiales basées hors des États-Unis.

Pour parfaire ce montage financier, la filiale Uber International CV a conclu des accords avec sa société mère, Uber Technologies Inc, dont le siège social se trouve quant à lui à San Francisco. La seconde filiale clé du système, baptisée Uber BV, compterait 48 salariés et se trouve également domiciliée… aux Pays-Bas. Le revenu généré par une course (quel que soit le pays) est envoyé à Uber BV, qui reverse 80 % du montant de ladite course au chauffeur – qui, lui, payera des impôts dessus – via une autre société écran nommée Rasier Operations BV. Sur les 20 % restants, seulement 1 % des revenus est déclaré et taxé à hauteur de 25 %. Le reste est partagé entre les filiales locales (comme Uber France) et Uber International CV. Cette dernière reverse 1,45 % de royalties à Uber Technologie Inc, qui seront taxés aux États-Unis. Une grande partie des 20 % qui ne vont pas au chauffeur échappe donc librement à l’impôt.

Les Pays-Bas sont classés comme le troisième « pire paradis fiscal » par l’ONG Oxfam, derrière les Bermudes et les îles Caïmans. Il s’agit du paradis fiscal préféré des entreprises européennes. Selon Oxfam toujours, l’évasion fiscale des multinationales coûte au moins 100 milliards de dollars par an, autant d’argent qui ne profite pas aux pays pauvres, à la lutte contre les injustices et les inégalités. Le sociologue Pierre Bourdieu nous avait pourtant avertis : « Le néolibéralisme reprend les plus vieilles idées du patronat, sous un message chic et moderne. C’est une “révolution” conservatrice qui veut imposer un retour à une forme de capitalisme sauvage et cynique, qui organise l’insécurité et la précarité, qui se réclame du progrès mais qui glorifie l’archaïque loi du plus fort. »

le guide touristique de la fraude - SAINTE-LUCIE

Sainte-Lucie est un petit État insulaire situé dans la mer des Caraïbes, au sud de la Martinique. Le pays est membre de la Communauté caribéenne et utilise le dollar des Caraïbes orientales comme monnaie légale. L’île a été tour à tour gouvernée par les Anglais et les Français jusqu’en 1814, puis les Britanniques en ont pris définitivement le contrôle. En 1979, Sainte-Lucie est devenue un État indépendant du Commonwealth associé au Royaume-Uni. Sainte-Lucie propose des garanties très importantes en termes d’anonymat et de confidentialité. La loi sur les sociétés commerciales internationales assure la confidentialité aux actionnaires, administrateurs et dirigeants. La société International Business Company (IBC) incorporée à Sainte-Lucie est populaire car elle offre un double avantage : la confidentialité et l’anonymat du client, sans exigences d’audit ou de rapports. Le gouvernement propose en outre de faibles taux annuels et des possibilités flexibles d’organisation des entreprises. En 2017, l’Union européenne a adopté une liste noire de 17 paradis fiscaux incluant Sainte-Lucie. En mars 2018, trois pays initialement sur la liste noire en sont retirés : Bahreïn, les îles Marshall et Sainte-Lucie. Ils ont basculé dans la liste grise des pays ayant pris des engagements de bonne conduite en matière fiscale, font et feront l’objet d’un suivi.

Xavier Derrac

  •  

 

Partager cet article
Repost0
18 août 2018 6 18 /08 /août /2018 05:32
RFI - NELSON MANDELA: DES MILLIERS DE DOCUMENTS CONFIDENTIELS AMERICAINS PUBLIES
RFI - NELSON MANDELA: DES MILLIERS DE DOCUMENTS CONFIDENTIELS AMERICAINS PUBLIES

100 ans jour pour jour après la naissance de Nelson Mandela, des documents sortent des tiroirs. Il s’agit de documents confidentiels sur l'icône de la lutte anti-apartheid. L'organisation Property of People a profité des cérémonies du centenaire, ce mercredi, pour les publier. Et ils révèlent que les Etats-Unis ont continué à surveiller Nelson Mandela, bien après sa sortie de prison en 1990.

Ces documents montrent comment le FBI a enquêté sur les mouvements sud-africains et sud-américains de lutte contre l'apartheid. Des mouvements que les Etats-Unis associaient à de « dangereuses conspirations communistes » et percevaient donc comme une menace, comme l’explique le président de Property of the People, Ryan Shapiro, dans un communiqué.

Pire encore, poursuit-il : « Les documents démontrent que le FBI a continué ses enquêtes sur Nelson Mandela » bien après sa libération en 1990, après avoir passé 27 ans de sa vie derrière les barreaux en Afrique du Sud. Nelson Mandela est resté inscrit sur une liste américaine de surveillance des terroristes jusqu'en 2008.

Marthin Luther King aussi sous surveillance

Mais il n'est pas la seule figure de lutte contre l'oppression raciale à avoir été surveillée par les Etats-Unis. Le FBI a également enquêté sur l'Afro-Américain Marthin Luther King et le mouvement des droits civiques dans les années 50-60.

Ces révélations sont issues de documents des principales agences de renseignement américaines : le FBI, la CIA, la DIA et la NSA. Des milliers de notes et de rapports qui n'ont, pour la plupart, jamais été vus par le public.


 Winnie Mandela également surveillée

Les Etats-Unis n'ont pas toujours regardé d'un bon œil l'ex-épouse de Nelson Mandela.  Dans une note de 1991, la DIA, l'Agence américaine de renseignement de défense, évoque « l'influence significative » de Winnie Mandela sur son époux. A cette époque, Nelson Mandela est alors président de l'ANC, le Congrès national africain, redevenu légal. Il négocie le démantèlement de l'apartheid avec le pouvoir en place.

« Les autorités africaines l'ont vu pendant les négociations, écrit la DIA, Nelson Mandela s'était accordé avec le gouvernement sur certains points. Après discussion avec son épouse, il a changé d'avis ». Conclusion formulée par l'agence de renseignement : « L'influence de Winnie Mandela sur la politique sud-africaine est négative ».

1991, c'est aussi l'année du divorce de Nelson et Winnie Mandela. Un événement suivi de près par le FBI. Dans un document de 7 pages, les services américains recensent les apparitions médiatiques de l'ex-épouse du héros de la lutte contre l'apartheid, ses déclarations politiques et déclarations liées à sa situation conjugale.

La plupart de ces documents, dévoilés par l'organisation Property of the People, n'ont jamais été vus par le public.

 

Partager cet article
Repost0
17 août 2018 5 17 /08 /août /2018 12:30
Le Portugal fait un bras d'honneur économique à Bruxelles, et c'est un miracle (La Dépêche, 18 août 2018)

C’est un « miracle » embarrassant pour Bruxelles car il repose sur une politique anti-austérité totalement contraire à la doxa économique imposée par la technostructure européenne aux états membres. 
Et si les résultats spectaculaires obtenus par le gouvernement de gauche d’Antonio Costa depuis bientôt trois ans se poursuivent, c’est tout le référentiel européen inspiré du modèle allemand qui pourrait s’en trouver bouleversé. 
Discrètement donc, car pour la Commission européenne, citer Lisbonne en exemple reviendrait à se désavouer, le Portugal accomplit des prouesses économiques là où la plupart des pays de la zone euro échouent ou touchent aux limites du système.

Le chômage a reculé de 11,1 % à 7,9 % 
au début de l’année

Quelques chiffres d’abord : entre 2016 et 2018, le pays a ramené son déficit budgétaire de 2,1 % à 1,5 % de son PIB (3,2 % attendus en France fin 2018). Sur la même période, le taux de chômage a reculé de 11,1 % à 7,9 % au début de l’année, et devrait s’établir à 7 % en 2019. 
En 2017, le Produit intérieur brut (PIB) du Portugal a progressé de 2,5 %, contre 1,9 % pour la zone euro et seulement 1,5 % de croissance pour la France. Et que dire de la réindustrialisation de la péninsule, dans les secteurs du textile, de la chaussure ou encore de l’automobile ? 
Après avoir investi dans les pays de l’est, à la recherche du main-d’oeuvre bon marché, les industriels relocalisent au Portugal qui garantit une production de qualité et un coût du travail toujours avantageux.

Une coalition de gauche au pouvoir

Pour relancer l’économie, le socialiste Antonio Costa, soutenu par le Parti communiste, les écologistes et la gauche radicale portugaise, a fait le pari d’une politique en rupture totale avec les recommandations de Bruxelles.
C’était d’ailleurs l’une des promesses de la coalition lorsqu’elle était en campagne : « La politique d’austérité suivie ces dernières années a eu pour conséquence une augmentation sans précédent du chômage avec des effets sociaux dévastateurs sur les jeunes et les citoyens les moins qualifiés, ainsi que les familles et les milliers de Portugais au chômage. Elle a été aussi associée à une dévalorisation de la dignité du travail et des droits des travailleurs », pouvait-on lire dans le programme de la gauche, alors dans l’opposition.

 

Hausse du SMIC et des retraites, renforcement des droits du Travail

A peine élu, le nouveau gouvernement a tenu ses engagements anti-austérité et pris le contre-pied du modèle économique soutenu par Bruxelles. 
Le salaire minimum (SMIC) est passé de 530 € à 557 € en 2017 et doit encore être porté à 600 € en 2019. Les pensions de retraite, comme les allocations familiales, ont également été augmentées, tandis que les impôts sur les bas salaires ont été réduits. Le programme de privatisation de services et d’infrastructures mis en œuvre par la droite a été stoppé, tout comme le processus de réduction des salaires des fonctionnaires dont le temps de travail devrait entre porté à 35 heures hebdomadaires.
Les droits du travail ont également été renforcés.

Ni austérité, ni populisme

Après l’avoir longtemps subi, comme la Grèce, l’Espagne ou l’Italie, en échange des prêts du FMI, le Portugal s’est libéré du modèle économique imposé par la Commission européenne. Et en à peine deux ans, il a apporté la preuve qu’entre le système austéritaire modélisé par Bruxelles et la chimère populiste, une troisième voie existe. 
Soutenue par un bond remarquable de son tourisme, comme si la chance ne souriait qu’aux audacieux, sa politique de relance de la demande par la hausse du pouvoir d’achat et de la protection des salariés, fonctionne à haut rendement... 

Partager cet article
Repost0
17 août 2018 5 17 /08 /août /2018 06:25
Loctudy, vendredi 17 août: Souper marin et fête organisée par le PCF du pays Bigouden avec la présence d'Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF
Loctudy, vendredi 17 août: Souper marin et fête organisée par le PCF du pays Bigouden avec la présence d'Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF

Olivier Dartigolles, qui été présent à Mellac (région de Quimperlé), Lorient, et Vannes début février, , à St Brieuc pour un débat sur l'âgisme, la perte d'autonomie et les EHPAD le 8 mars,  à Morlaix et à Brest le 1er mai, sera à nouveau en Bretagne le vendredi 17 août prochain, sur le port de Loctudy, pour participer au souper marin et à la troisième fête de l'été du travailleur bigouden organisée par la section PCF du Pays Bigouden. 

Il assurera le discours politique et pourra dédicacer son livre "Macron, entreprise de démolition - Forces, failles et supercheries" plus que jamais d'actualité. 

Loctudy, vendredi 17 août: Souper marin et fête organisée par le PCF du pays Bigouden avec la présence d'Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF
Loctudy, vendredi 17 août: Souper marin et fête organisée par le PCF du pays Bigouden avec la présence d'Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011