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9 mars 2018 5 09 /03 /mars /2018 07:02
22 mars: tous en mouvement pour le service public: communiqué commun CGT, FO, FSU, Solidaires, CFTC, FA-FP, CFE-CGC
Communiqué commun CFTC, CFE-CGC, CGT, FA-FP, FO, FSU et SOLIDAIRES
mardi 06 mars 2018

Les organisations syndicales CFTC, CFE-CGC, CGT, FA-FP, FO, FSU et SOLIDAIRES, réunies ce jour, continuent d’inscrire résolument leur action dans la préparation de la journée de grève et de manifestations du 22 mars 2018.

Elles œuvrent collectivement à mobiliser les fonctionnaires et agents publics à travers une pétition qui rappelle leurs revendications communes.

Elles expriment leur incompréhension et leur indignation face au silence du gouvernement qui ne respecte pas les obligations légales de négocier dans le cadre du préavis de grève.

Elles rappellent leurs revendications pour la défense de la fonction publique, du statut général des fonctionnaires, des emplois publics et pour l’augmentation des salaires des agents publics.

A l’inverse des orientations inquiétantes portées par le gouvernement ainsi que celles contenues dans le programme « Action publique 22 », la qualité des services publics à rendre aux usagers sur l’ensemble du territoire, la défense de l’intérêt général, nécessitent un plan ambitieux de créations d’emplois qualifiés pérennes et de qualité dans les nombreux services qui en ont besoin, une plus grande reconnaissance du travail et des missions exercées par les agents-es et une amélioration significative de leurs salaires. Elles nécessitent aussi des discussions pour un nouveau plan de titularisation des contractuel-es et de nouvelles mesures pour combattre la précarité et non pour favoriser son extension.

Elles engagent les personnels à tout mettre en œuvre pour réussir la journée du 22 mars 2018 et à débattre dans l’unité la plus large possible des perspectives à venir.

Elles tiendront une conférence de presse unitaire le 16 mars 2018 à 10h00 pour indiquer les avancées de la mobilisation.

Fait à PARIS, le 6 mars 2018

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8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 14:21
Fabien Roussel : « Quand est-ce que l'on va s'attaquer véritablement à cette délinquance en col blanc, cette délinquance fiscale qui provoque des trous dans nos comptes publics ? » Capture d'écran

Fabien Roussel : « Quand est-ce que l'on va s'attaquer véritablement à cette délinquance en col blanc, cette délinquance fiscale qui provoque des trous dans nos comptes publics ? » Capture d'écran

Le député PCF Fabien Roussel défend ce jeudi une proposition de loi pour instaurer une liste française des paradis fiscaux. Pour démontrer la nécessité d’agir sur ce sujet, il est parti à la poursuite du patrimoine de Johnny Hallyday dont il est fan. De nombreux actifs de l’ex-idole des jeunes français dorment sur des comptes en Uruguay, au Luxembourg ou dans les îles Vierges britanniques.
Fabien Roussel : « J’ai cherché l’argent de Johnny, et je suis tombé en Uruguay »
PIERRE DUQUESNE
JEUDI, 8 MARS, 2018
HUMANITE.FR
Fabien Roussel : « Quand est-ce que l'on va s'attaquer véritablement à cette délinquance en col blanc, cette délinquance fiscale qui provoque des trous dans nos comptes publics ? » Capture d'écran
Le député PCF Fabien Roussel défend ce jeudi une proposition de loi pour instaurer une liste française des paradis fiscaux. Pour démontrer la nécessité d’agir sur ce sujet, il est parti à la poursuite du patrimoine de Johnny Hallyday dont il est fan. De nombreux actifs de l’ex-idole des jeunes français dorment sur des comptes en Uruguay, au Luxembourg ou dans les îles Vierges britanniques.   
Laura Smet et David Hallyday devraient s'intéresser au député Fabien Roussel. Cet élu PCF du Nord poursuit lui aussi l’héritage de Johnny Hallyday. « Je suis fan de l’artiste », prévient le député, parti à la recherche de l'argent de la star. Il veut ainsi dénoncer « le montage offshore mis en place pour faire sortir le patrimoine de Johnny des radars du fisc et de Bercy ». 
 
Sa quête l’a conduit à Genève, ce mardi. Il a suivi la trace de la société Artistes et promotion, qui récupère une partie des royalties du chanteur. Gérée par « Mamie Rock », la grand-mère de Laeticia, cette société a des filiales dans plusieurs pays à l’étranger, en Suisse, au Luxembourg ou encore dans les îles Vierges britanniques. «Quand je suis arrivé dans les locaux de la filiale de Genève, j’ai demandé un responsable, raconte le député. Une secrétaire m’a donné un numéro de téléphone. Je me suis retrouvé avec un interlocuteur en Uruguay !»Cette histoire démontre que la Suisse demeure, malgré les discours de bonne volonté de ses dirigeants, « une place forte de l’évasion fiscale ». Nul doute que le député va raconter son voyage en Suisse, jeudi, à l’Assemblée nationale. Il défend, ce jour là, une proposition de loi pour créer une liste française des paradis fiscaux. 

« Nous voulons instituer une liste française des paradis fiscaux. »

Le député communiste espère que la majorité le suivra sur ce texte. Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, a annoncé un plan anti-fraude fiscale prochainement présenté par le gouvernement et qui sera examiné avant l’été au Parlement. « Le ministre veut renforcer les sanctions contre les évadés fiscaux. Nous, nous voulons instituer une liste française des paradis fiscaux. Nos textes sont donc complémentaires », plaide le député PCF, qui veut croire, sur ce dossier, à une alliance « des gaullistes et des communistes ». Pourquoi ne pas rallier à cette cause les héritiers de Johnny ? C’est dans leur intérêt, selon lui : « Ceux qui se battent pour récupérer un héritage, encore faut-il qu’ils le trouvent. Celui qui connaît le montage ayant permis de faire échapper ce patrimoine de l’Hexagone est le seul qui peut en tirer des revenus.»
 
Le but de sa proposition de loi est simple : transposer dans le droit français les critères fixés par l’Union européenne pour définir ce qu’est un paradis fiscal. Et ainsi créer une liste française de ces places financières. Selon les normes européennes, un Etat doit respecter trois grands principes, s’il veut éviter de se retrouver sur cette liste noire. Premièrement, il doit se conformer aux standards d’échange automatique de données. Ensuite, il doit éviter de favoriser l’implantation de sociétés offshores, en acceptant des règles minimales de transparence, et suivre, enfin, les lignes directrices de lutte contre l’évasion fiscale émises par l’OCDE. Au regard de ces critères, 35 pays auraient dû être inscrits sur cette liste, d’après une étude de l’ONG Oxfam. Problème, quand la liste européenne a été rendue publique, le 5 décembre dernier, ils n’étaient que 17 pays à y figurer, rapporte Fabien Roussel. « A la mi-janvier, la liste ne comptait plus que neuf pays. Et nous venons d’apprendre que les ministres des Finances de l’Union européenne s’apprêtent à en retirer trois de plus (Barhein, Sainte-Lucie, Trinité et Tobago, NDLR) ». Au final, il n’y aurait plus que six pays dans la liste européenne. Cela met en rage l’élu communiste : « Qui peut croire que les Bermudes, Jersey, Guernesey, l’ile de Man ou le Luxembourg ont répondu à tous les critères ? »
 
A quelques mois des élections européennes, cette proposition de loi a aussi pour but de relancer le débat sur la nécessaire harmonisation fiscale à l’échelle du continent. « Des initiatives doivent être prises à l’échelle locale, en France, comme au niveau international. Les deux doivent aller de pair », explique Fabien Roussel, qui a tenu une conférence de presse commune avec Eric Bocquet, sénateur PCF du Nord et coauteur de Sans domicile fisc (éditions du Cherche Midi). Ce dernier a défendu mercredi au Sénat, tard dans la soirée, une résolution pour demander qu’une COP financière et fiscale soit organisée sous l’égide de l’ONU, comme pour la COP 21 sur le réchauffement climatique. Cette idée a été approuvée par l’Assemblée nationale le 2 février 2017. « Aujourd’hui, il n’y a que deux personnes qui s’occupent de ce sujet à l’ONU, alors que cela représente un manque à gagner de plus de 100 milliards d’euros pour les pays en développement », alerte Fabien Roussel.

L’évasion fiscale en 2018, c’est encore « simple comme un coup de fil »

Les deux parlementaires en sont convaincus : « Les citoyens doivent s’emparer de cette question. On a tous des comptes en banque et on peut tous demander des comptes aux banques, explique Eric Bocquet. Aujourd’hui, la Société générale dispose d’une filiale aux Bermudes qui fait un chiffre d’affaires de 17 millions d’euros avec zéro salarié. Mais elle peut dire qu’elle n’a pas de filiale dans les paradis fiscaux car les Bermudes ne figurent pas sur la liste.»
 
Fabien Roussel ne manque pas d’idées pour que « tout le monde s’en mêle ». Outre l’enquête sur l’argent de Johnny, le député a aussi creusé à Genève la piste SFM. Cette entreprise, leader mondial des solutions offshores, permet en quelques clics à des évadés fiscaux d’échapper à l’impôt. L'élu s'est prêté au jeu. Il a créé une société dans un paradis fiscal, et nommé Gérald Darmanin directeur de cette structure offshore. « En quelques clics et quelques centaines d’euros, c’était réglé », raconte le député. « A Genève, cette société, dont le siège est à Dubaï, possède des salariés. Elle partage des locaux avec d’autres sociétés fiduciaires et autres trusts qui ont pignon sur rue. » L’évasion fiscale en 2018, c’est encore « simple comme un coup de fil », dénonce Fabien Roussel. 

Journaliste
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8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 14:07
Rassemblement à la gare de Châteaulin le 10 décembre 2017 à l'occasion de l'inauguration de la ligne rénovée Quimper-Brest

Rassemblement à la gare de Châteaulin le 10 décembre 2017 à l'occasion de l'inauguration de la ligne rénovée Quimper-Brest

Rassemblement à la gare de Châteaulin le 10 décembre 2017

Rassemblement à la gare de Châteaulin le 10 décembre 2017

Rassemblement à la gare de Châteaulin le 10 décembre 2017

Rassemblement à la gare de Châteaulin le 10 décembre 2017

Rassemblement à la gare de Châteaulin le 10 décembre 2017

Rassemblement à la gare de Châteaulin le 10 décembre 2017

Fédération du Parti Communiste Français du Finistère

5 rue Henri Moreau – 29 200 BREST - Tél: 0298434778

 

Brest le 8 mars 2018

M. le Vice-Président Mobilité, Transports du Conseil Régional, Gérard Lahellec

Les communistes de la 6ème circonscription du Finistère se sont réunis le 17 février, à Châteaulin salle Penmez, suite aux réunions des secrétaires de sections de notre parti du 18/11/2017 et des états généraux du progrès social du 3/02/2018 à Paris.

 Les échanges ont porté surtout sur la situation économique et sociale ainsi que les attaques et la casse de nos services publics dans le pays, en Bretagne, et aussi dans notre circonscription (menaces sur l’emploi chez DOUX à nouveau, avec des craintes de délocalisation de production en Ukraine; manifestation d’agriculteurs encore à Châteaulin, colère des retraités contre la hausse de la CSG et la baisse de leur pouvoir d’achat; manifestations des personnels des EHPAD et des hôpitaux; arrêt des emplois aidés; annonce de la suppression de 120 000 fonctionnaires; fermeture de 27 classes d’écoles dans le Finistère dont une au Faou, qui vient de voir aussi son bureau de Poste fermé; rapport Spinetta demandant la casse et la privatisation de la SNCF, la fin du statut, la suppression de milliers de kms de lignes, et d’emplois de cheminots…).

Concernant la ligne ferroviaire Quimper - Landerneau, nous avons exprimé notre satisfaction de la rénovation et de la réouverture au service.

Cependant, nous avons participé à la manifestation organisée par la CGT le 10 décembre 2017 à la gare de Châteaulin pour réclamer une véritable modernisation de cette ligne afin de relever la vitesse de circulation car, les trains ne roulent pas plus vite qu’il y a quelques années. Il aurait été et il sera nécessaire de rectifier certaines courbes et d‘électrifier la voie.  

Manifestation aussi pour protester contre le recul du service public avec la deshumanisation des gares TER et la suppression des guichets.

Ainsi, à la gare de Châteaulin, après avoir supprimé les WC publics lors de la précédente modernisation de la gare, la SNCF, cette fois-ci, supprime le guichet remplacé par une borne automate TER exposée aux intempéries uniquement utilisable avec paiement par carte bancaire tandis qu’à la gare de Dirinon, pourtant totalement reconstruite à neuf, il n’y a absolument plus rien!

Nous considérons qu’il y a un véritable mépris de la SNCF envers nos populations rurales renvoyées vers Internet ou les gares de Quimper et Landerneau ou des agences et offices de tourisme à Douarnenez ou Crozon afin de préparer son voyage ou acheter un billet TGV, TER ou autre.

C’est totalement inacceptable car encore faut-il être équipé de l’informatique, y avoir accès, savoir l’utiliser, ou être véhiculé, sans parler des frais et du temps supplémentaire nécessaire, ni de l’impact carbone ou écologique. Comment faire pour les jeunes ou les personnes, n’ayant pas de carte de paiement ou les personnes interdites bancaires?

Il y a là une rupture de l’égalité d’accès au train. C’est intolérable.

Une entrevue aussi a eu lieu le 5 janvier 2018 en gare de Châteaulin entre une délégation de cheminots de la CGT, d’habitants de Châteaulin et le Chef de Cabinet de la Ministre des Transports, le Sous Préfet de Châteaulin et un Directeur Régional de la SNCF à l’occasion du passage de la Ministre des Transports.

Le Directeur de la SNCF s’est contenté de justifier la fermeture du guichet par la faible fréquentation et de rejeter toute solution vers des commerces ou la maison des services publics au centre ville de Châteaulin (2 kms , aller-retour) ou, vers l’office du tourisme ouvert les 2 mois d’été ou encore, de renvoyer vers le choix de son client « donneur d’ordre » la Région, autorité organisatrice des transports. Aucun commerce ou agence ne veut ou ne peut reprendre ce travail qui est un véritable métier. La commune et la communauté de communes de Châteaulin considérant que c’est à la SNCF de remplir cette tache, au guichet, en gare, par un cheminot polyvalent.

Des vœux en ce sens ayant été votés en conseil municipal et communautaire.

Nous considérons également que la SNCF peut et doit s’organiser pour rouvrir ses guichets, au besoin en embauchant, avec un accueil, un service normal et des horaires de trains attractifs afin de regagner des voyageurs perdus après un an de fermeture et plusieurs années de dégradation de la ligne.

C’est possible de vendre des billets aux guichets entre deux croisements (entre 1h00 et 4h00 de battement par jour) comme auparavant, par l’agent circulation, au besoin en indiquant des horaires de disponibilité.

La fréquentation des trains pouvant d’ailleurs être augmentée en supprimant les cars qui circulent entre Quimper et Brest, en concurrence et parfois aux mêmes heures que certains trains, avec des temps de trajets presque identiques (voir la fiche horaire).

Quel devenir aussi pour l’agent embauché par la SNCF en intérim, en CDD, pour assurer un accompagnement en gare de Châteaulin, dont le contrat se termine le 28 février prochain?

Sachant que d’autres combats nous attendent concernant la SNCF et la défense du service public, plus aucune vente de billets humanisée ni d’information voyageurs accessible, proche des usagers dans tout le centre Finistère, dans la sous préfecture, étant inconcevable, serait-il possible d’avoir des informations et un appui de la Région concernant ce sujet très sensible qui provoque un vif mécontentement et de la colère parmi la population, à juste titre, surtout après cet effort d’investissement de 77,8 millions d’euros financés par l’ensemble des collectivités.

En te remerciant d'avance pour ta réponse, reçois nos salutations fraternelles.

Pour les communistes du Finistère, le secrétaire départemental de la fédération PCF Finistère Ismaël Dupont

Pour les communistes de l'assemblée générale de la 6e circonscription du Finistère, Maxime Paul, Christian Beaumanoir, Daniel Boudin.

Fédération du Parti Communiste Français du Finistère 5 rue Henri Moreau – 29 200 BREST - Tél: 0298434778

Fédération du Parti Communiste Français du Finistère 5 rue Henri Moreau – 29 200 BREST - Tél: 0298434778

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8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 13:59
Le rapporteur public du Conseil d'Etat demande l'annulation du jugement de la cour d'administrative de Nantes accordant le droit à Direct Energie d'exploiter la centrale à gaz de Landivisiau
Nous venons d'apprendre une excellente nouvelle aujourd'hui : le rapporteur public du Conseil d'Etat a demandé ce matin l'annulation du jugement de la Cour administrative d'Appel de Nantes concernant l'autorisation accordée à Direct Energie d'exploiter la centrale à cycle combiné gaz de Landivisiau.
 
L'association Force 5 avait fait un pourvoi en cassation auprès du Conseil d'Etat à la mi-juillet 2017 contre la décision de la Cour Administrative d'Appel de Nantes rendue le 15 juin 2017 qui avait débouté Force 5.
 
Vous trouverez ci-joint l'article Le Télégramme sur son site internet et le lien ci-dessous.
 
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8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 12:39
Marie-George Buffet

Marie-George Buffet

"Contre le temps partiel subi, il faut une loi contraignante"

A l'occasion de la niche parlementaire de son groupe, la députée communiste Marie-George Buffet devait défendre aujourd'hui à l'Assemblée Nationale une proposition de loi contre la précarité professionnelle des femmes.  

Entretien avec Aurélien Soucheyre, L'Humanité, 8 mars 2018

Marie-George Buffet; 

"Nous sommes en 2018 en France à un écart de 25,7% de salaire entre une femme et un homme. Nous sommes au 129e rang mondial sur 140 pays sur cette question, note un rapport du Forum Economique Mondial. Enfin, en France, deux tiers des travailleurs pauvres, et 82% des salariés à temps partiel sont des femmes. Le temps partiel subi est donc au coeur du problème des écarts de salaires et de la précarité de l'emploi au féminin. Agir sur cette question devient dès lors un enjeu majeur pour lutter contre les inégalités, qui ont été renforcées avec les lois de 2014 et 2016: celle relative au "dialogue social" a supprimé le rapport de situation comparée, qui permettait dans les entreprises de dresser l'état des lieux des inégalités salariales. Et la loi El Khomri a inversé la hiérarchie des normes, ce qui fragilise la situation de tous les salariés".  

"On estime qu'au minimum 32% des femmes travaillant à temps partiel se sont vu imposer cette situation. C'est souvent le cas dans le commerce, la grande distribution, les services à domicile, l'entretien. Il y a un grand impact sur la vie sociale et familiale, à cause des horaires irréguliers, ou alors fixés tôt le matin, puis tard le soir, et de cadences lourdes... La surreprésentation des femmes dans le temps partiel trouve des origines lointaines: cela remonte à la domination patriarcale, toujours présente, et au regard de la société sur le travail féminin". 

"(Nous proposons) une loi particulièrement contraignante pour limiter le temps partiel subi. L'article 1 dissuade d'y recourir de manière excessive en réduisant les allégements généraux de cotisations sociales sur les bas salaires. 

L'article 2 rend effective la durée minimale de 24 heures de travail par semaine pour un contrat à temps partiel. 

En 2013, dans la loi de sécurisation de l'emploi, ce plancher de 24 heures avait été installé, mais de branche en branche, des accords ont permis de faire descendre les horaires. Nous avons même des branches où l'on autorise des contrats de 2 heures par semaine! Ce n'est pas possible! Nous proposons de majorer le paiement des heures effectuées en deça des 24 heures par semaine. 

L'article 3 prévoit, lui, que la majoration des heures complémentaires à un contrat en temps partiel soit revalorisée de 10% à 25% dès la première heure, et donc pour chaque heure. 

Enfin l'article 4 propose de doubler la prime de précarité pour les CDD à temps partiel en la faisant passer à 20% de la rémunération totale". 

"Je voudrais répondre à la ministre du travail, Muriel Pénicaud, qui a déclaré qu'il faut arrêter de faire des lois pour l'égalité professionnelle, la meilleure solution étant à ses yeux de chercher à faire changer les comportements et les mentalités en entreprise... Je lui réponds que l'exploitation, cela existe bel et bien, et que tant qu'il sera possible d'exploiter les femmes pour dégager davantage de profits, beaucoup continueront à le faire. Il faut donc des lois contraignantes. Les nombreux textes, adoptés depuis 40 ans, ne l'étaient pas assez".   

Marie-George Buffet présente la loi pour réduire la précarité professionnelle des femmes que le groupe communiste devait défendre à l'Assemblée Nationale ce 8 mars 2018
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8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 12:07
Après le projet d'augmentation des retraites agricoles porté par les communistes, Macron et En Marche  vont-ils enterrer le projet relatif à l'égalité professionnelle femmes-hommes qui devait être discuté aujourd'hui 8 mars 2018 à l'Assemblée

Les représentants du nouveau monde refuse la proposition de loi du groupe Gauche Démocrate et Républicaine contre la précarité professionnelle des femmes en ce jour du 8 mars. Nous avons dénoncé cette attitude et le mépris du débat parlementaire lors d un point presse. 

Pierre Darhéville

 

DES PARLEMENTAIRES ENGAGÉ·E·S POUR LE PROGRÈS SOCIAL

 

Depuis son élection, Emmanuel Macron entreprend une politique ultra-libérale qui s'attaque tous azimuts aux acquis sociaux. Les plus précaires sont particulièrement touché·e·s : casse du code du travail, baisse des APL, hausse de la CSG, en particulier pour les retraité·e·s. En même temps, les cadeaux aux patrons du CAC40 se multiplient et l'ISF baisse… pour les plus riches !

 

  • A l'opposé de cette vision, le PCF propose un nouveau progrès social pour la France : égalité femmes-hommes, sécurisation de l'emploi et de la formation, plus de droits pour les salarié·e·s, développement des services publics et de la protection sociale, droit au logement pour tou·te·s. Une politique qui prend soin de nos aîné·e·s et offre un avenir à la jeunesse. Une politique qui lutte réellement contre l'évasion fiscale.
  • Les 7 et 8 mars, les parlementaires communistes vont présenter 7 propositions de loi allant dans ce sens, à l'Assemblée nationale et au Sénat. Que voteront vos parlementaires ? Assez de belles paroles ! Interpellez-les !

Pour la reconnaissance sociale pour les aidants familiaux

Plus de 8 millions de proches apportent une aide à une personne handicapée ou âgée, dans un cadre non professionnel. Nous proposons de leur donner un vrai statut, avec des droits effectifs et une reconnaissance sociale : rendre plus souple et plus large le congé de proche aidant, octroi d'une allocation journalière, gain de trimestres supplémentaires pour la retraite...

 

Pour lutter contre la précarité professionnelle des femmes

Les inégalités femmes-hommes dans le monde du travail sont criantes. Une femme gagne en moyenne 25,7 % de moins qu'un homme. 82 % des salarié·e·s à temps partiel et deux tiers des travailleurs pauvres sont des femmes. La France est 129e sur 144 pays en matière d'égalité salariale. Les parlementaires communistes ont donc déposé une loi visant à encadrer le temps partiel imposé, premier facteur à l'origine de ces inégalités. Ils proposent aussi de doubler la prime de précarité pour les CDD à temps partiel.

 

Pour la gratuité des transports scolaires

Les transports scolaires sont le moyen d'accès à l'éducation pour 4 millions d'élèves. Le coût moyen est de 800 €/an (1000 € hors agglomération). Cela pèse sur les choix d'orientation. Attaché·e·s à l'égalité des chances, à la solidarité, aux politiques en faveur de la jeunesse, les député·e·s communistes défendront une loi instaurant la gratuité des transports scolaires.

 

Pour la revalorisation des retraites agricoles

Les pensions moyennes des retraité·e·s agricoles non-salarié·e·s sont de 710 €, 570 € seulement pour les femmes alors que le seuil de pauvreté est de 1015 €. Une très grande majorité de ces retraité·e·s vit dans la pauvreté ou l'extrême pauvreté. Les député·e·s communistes ont fait adopter, en 2017, une loi fixant à 850 € minimum les retraites de ce régime. Les sénateurs et sénatrices du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste vont batailler pour la faire adopter par le Sénat afin qu'elle entre en vigueur.

 

Pour des logements dignes, lutter contre les marchands de sommeil

La France compte 400 000 à 600 000 logements indignes. Leurs propriétaires profitent de la misère humaine et exploitent celles et ceux, victimes, obligé·e·s d'accepter de loger dans de telles conditions, avec des loyers souvent à prix d'or. Aussi, nous 

proposons une série de mesures durcissant les sanctions contre les marchands de sommeil et créant obligation de travaux, notamment à la vente de ces biens.

 

Pour la justice fiscale, lutter contre l'évasion et les paradis fiscaux

Pas d'évasion fiscale sans paradis fiscaux. Il faut donc en dresser une liste française, sous contrôle des parlementaires et donc des citoyen·ne·s. Après les député·e·s qui ont fait voter une loi demandant une grande conférence internationale financière et fiscale, ce sera au tour des sénatrices et sénateurs de défendre cette proposition pour agir et enrayer ce fléau.

 

 

http://www.groupe-communiste.assemblee-nationale.fr/ – https://senateurscrce.fr/

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8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 12:00
L'Humanité, un siècle de combat pour l'affranchissement des femmes - lettre de la féministe libertaire Séverine, L'Humanité du 19 mai 1919

Le 19 mai 1919, L'Humanité titrait à la Une : "Pour l'affranchissement des femmes". L'éditorial était signé de la journaliste libertaire Séverine :

"Mon féminisme

Hé ! quoi, aurais-je l'orgueil d'en avoir un à moi toute seule ; de m'instaurer en schismatique à l'égard d'un dogme reconnu ?

Oh ! pas du tout ! Mais c'est question de tempérament, et de circonstances.

Vallès, révolutionnaire jusqu'aux moelles, nul ne le contestera, entendit demeurer en marge de toutes les écoles socialistes. Moi qui fait, au contraire, partie de la plupart des associations féministes, je n'appartiens qu'à la tendance commune, sans vouloir m'inféoder à aucun mode de tactique. Tantôt avec celui-ci, tantôt avec celui-là, sans ambition dans tous, et sans aucun souci de popularité, je suis l'audace qui m'agrée, l'initiative qui me paraît juste, l'intervention qui me semble heureuse - d'où qu'elle vienne.

Un seul but m'apparaît : l'émancipation féminine, l'égalité des droits comme des salaires, la communion sincère des deux sexes pour l'effacement d'une longue et cruelle injustice.

Mais j'avoue ne pas me satisfaire complètement des théories en présence.

Beaucoup de politiciennes, et parmi les plus subtiles, s'imaginent avoir partie gagnée lorsque des parlementaires semblent acquis à la cause. Pure duperie ! Même les plus loyaux de nos hommes d'État hésitent devant l'inconnu du problème, s'efforcent de gagner du temps, reculent devant la disproportion formidable qu'a créée la guerre, et qui remettrait entre les mains de la majorité féminine le sort du pays tout entier.

Elles s'abusent, celles qui prennent les mots pour des réalités, des promesses pour des actes. On les lanterne, on les berne, on les "emploie".

Elles ont servi, pendant la guerre, à de toutes autres fins que le féminisme. Celui-ci n'a presque plus existé qu'à titre accessoire, raison sociale, tradition. Je n'aurai pas l'injustice d'alléguer qu'on n'a rien fait pour son service. Mais je persiste à croire, et à dire, qu'il n'existe plus qu'à l'état secondaire dans les préoccupations et les sollicitudes.

Une des fiertés de ma carrière sera de m'être fait conspuer à la mairie Drouot, en décembre 1916, pour avoir dit que si nous comptions comme électeurs nous aurions pu, peut-être imposer l'examen des propositions autrichiennes et abréger la durée du massacre.

Cela, tout le monde va le proclamer demain. Trois cents dames, alors, me huèrent ; trente femmes, dont la plupart en deuil, m'acclamèrent avec d'inoubliables apostrophes d'encouragement et de confiance. Jamais je n'ai ressenti telle satisfaction de conscience, ni - je le répète exprès - semblable fierté.

Ailleurs, le féminisme me déroute quelque peu par son accent agressif. Toutes, nous avons plus ou moins souffert de l'homme. En tant que "citoyennes", unanimement. Dans le privé, la nature des peines est infiniment variable suivant qu'il s'agit du père, du frère, du fiancé, de l'époux, de l'ami ou du fils. Mais la somme des déceptions, des chagrins ne varie guère...

Et il ne faudrait pas que l'amertume qui en résulte fît dégénérer le féminisme en bataille des sexes. Ceci n'a rien à voir avec cela. Nos épreuves personnelles ne doivent servir qu'à nous rendre plus compréhensives du mystère des êtres, plus indulgentes envers les défaillances, plus tendres, plus pitoyables.

A ne regarder que le mauvais côté de l'humanité, on deviendrait sinon féroce, du moins parfaitement indifférent aux maux qu'il lui plaît de subir. Mais le secret, sinon du bonheur, du moins de la souriante acceptation de vivre, c'est de relever toujours les miettes de beauté, les parcelles de bonté qui consolent du reste. Métier de chercheur d'or, évidemment, mais où la récolte est autrement précieuse !

S'il est de mauvais pères, il en est aussi d'excellents ; s'il est de tristes compagnons, il en est dont la sollicitude inlassable perpétue en vous la douceur de l'enfance. Pourquoi - alors qu'il suffisait dans la Bible implacable, d'un seul juste pour sauver une ville - pourquoi les uns ne feraient-ils pas oublier les autres ?

Rien ne se fonde que sur l'amour : la haine est stérile. Nous ne sommes jamais qu'une moitié de l'humanité. Réclamons-en les droits. Mais sans manquer au pacte fondamental de tendresse qui nous lie depuis le commencement du monde. C'est le berceau qui nous rattache : la nature est une finaude qui a tendu le piège qui convient. Acceptons tendrement d'être prise à celui-là.

Mais refusons hautement, dignement, avec grâce s'il est possible, avec malice au besoin, de le laisser devenir prétexte à tout un réseau de chausse-trappes. Ça, c'est fini, il faut désormais jouer franc jeu.

On a mis le temps pour en arriver là. Voilà bien une trentaine d'années que je m'appliquai à prouver, par l'exemple, qu'une femme peut exercer un métier jusque-là presque exclusivement masculin. Car Delphine de Girardin, malgré son talent, à cause de sa situation privilégiée, n'avait pas été une professionnelle.

J'ai lutté, j'ai prouvé. Et, dès le début, j'ai soutenu en toute occasion la cause des femmes. Si j'ai affirmé ma volonté de n'être rien, jamais, j'ai soutenu tout effort féminin, la solidarité entre nous me paraissant chose due.

Et en 1900, au Congrès féministe que Marguerite Durand, alors directrice de la Fronde, organisa avec tant d'intelligence, d'audace et de tact, j'adhérai pleinement à son initiative et à ses travaux. Ouvrez-le, cadettes, ce gros volume des procès-verbaux de nos séances : vous verrez qu'y sont discutées la plupart des questions qui vous passionnent aujourd'hui.

Il y a dix-huit ans ! Alors, vous comprenez, j'ai un peu le sourire, quand des jeunes femmes m'interpellent sévèrement : "Etes-vous féministe ?"

Trente-six ans de journalisme où - sauf trois meurtrières mondaines acquittées d'ailleurs parmi d'élégantes ovations - j'ai toujours défendu socialement, sentimentalement la femme et ses droits ; dix-huit ans de service actif pour la cause, me confèrent le privilège un peu mélancolique de répondre : "Je l'étais bien avant vous !"

Mais sans révérences au pouvoir ni coups de griffe au compagnon. Et révolutionnairement.

Le féminisme ne me semble pas un tout, mais une fraction de l'immense effort à fournir pour affranchir le monde. Il y a là une criante iniquité à réparer. Le prolétariat masculin doit, se doit à lui-même de nous aider à l'abolir, comme nous lui devons toutes nos énergies pour secouer le joug qui l'écrase. On ne saurait disjoindre les aspirations, les intérêts: il faut marcher du même pas sur la route encore obscure - et s'appuyer un peu contre l'épaule voisine aux instants de lassitude.

Tout mon féminisme tient en deux mots : Justice, d'abord ; et puis tout de suite, bien vite, Tendresse.

SÉVERINE

L'Humanité, un siècle de combat pour l'affranchissement des femmes - lettre de la féministe libertaire Séverine, L'Humanité du 19 mai 1919
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8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 10:35
Léon Moussinac. Ciné Histoire

Léon Moussinac. Ciné Histoire

Cette semaine, un film documentaire très émouvant à été présenté à la télévision retraçant la vie de Léon MOUSSINAC journaliste et critique cinéma communiste à l'Huma. L'occasion de retrouver une figure qui illustre l'apport des communistes à la culture et l'art au XXe siècle. 
Télévision. Léon Moussinac, le cinéma et l’héritage de Spartacus
ÉMILE BRETON
VENDREDI, 27 OCTOBRE, 2017
L'HUMANITE
 
 

Léon Moussinac, l’héritage de Spartacus. Samedi 28 à 18 h 45 et jeudi 2 novembre à 0 h 40 sur Ciné + Classic. Un film de Patrick Cazals sur ce poète, militant du cinéma, ami d’Eisenstein, de Louis Delluc, Aragon, Paul Vaillant-Couturier, et aussi critique pourl’Humanité.

Voilà une belle vie. Pleine. Léon Moussinac, né en 1890 à Migennes, en Bourgogne, où son père, passionné de l’histoire des chemins de fer, était chef de gare à Laroche-Migennes, est mort en 1964 à Paris. Homme de grande culture, il fut poète, écrivain, historien du cinéma. Et militant communiste de 1924 à sa mort. « Je me suis efforcé, écrivit-il, de mettre mes actes en accord avec ma conscience d’écrivain militant. » Il fut l’ami de son aîné Francis Jourdain, de ses contemporains Eisenstein, Louis Delluc, Aragon, Paul Vaillant-Couturier. Et de bien d’autres. Il créa en 1926 le ciné-club les Amis de Spartacus, bientôt interdit par le préfet de police, où pour la première fois en France fut projeté le Cuirassé « Potemkine ».

Passionné de cinéma, il écrivit dans diverses revues avant de tenir la rubrique critique dans l’Humanité et, figurant, il boxa Gaston Modot dans Fièvre, de Louis Delluc. Dans l’Humanité justement, il critiqua le film américain Jim le harponneur, bien oublié aujourd’hui, n’eût été le procès que lui firent les distributeurs, mécontents qu’on vînt ainsi déprécier leur marchandise. Procès que lui et son journal gagnèrent, après bien des années. Ainsi naquit le droit de critique cinématographique : il est notre père à tous.

Emprisonné en 1940

S’intéressant à l’architecture et au théâtre, il participa en 1930 à la fondation du Théâtre ouvrier de France et, à Moscou, fit jouer Labiche par le Théâtre juif. Il fut emprisonné en 1940 à la Santé pour « propagande communiste » puis interné au camp de Gurs. Résistance et Libération. Directeur de l’Idhec en 1945, d’abord, puis de l’Ensad (École nationale supérieure des arts décoratifs), il se retira ensuite dans le Lot avec sa femme Jeanne. Tout cela, Patrick Cazals le dit dans ce film d’une heure. Et sans emphase. Avec des témoins, et notamment son neveu, fils de Jean Lods, cinéaste lui aussi, ceux qui le connurent à la fin de sa vie, des historiens… Ce qui frappe dans tous ces témoignages, c’est autant le respect que l’affection qui les baignent. Une belle vie, oui.

journaliste
Léon Moussinac, homme de passions, intellectuel communiste
ÉMILE BRETON
MERCREDI, 28 JANVIER, 2015
L'HUMANITÉ
Photo : Ciné histoire

En deux volumes, l’Association française de recherche sur l’histoire du cinéma (AFRHC) publie, avec le concours de la Fondation Gabriel-Péri, un ensemble de contributions sur l’apport du théoricien aux avancées du cinéma en France dans les années 1930 et au-delà, et un choix de ses textes.

«Léon Moussinac est très certainement un des intellectuels français de l’entre-deux-guerres le plus original quant à la compréhension théorique des enjeux sociaux et culturels des arts ; or, sa notoriété n’excède pas les quelques spécialistes du politique, alors qu’il publia sur le cinéma, le théâtre ou les arts décoratifs, et qu’il occupa nombre de responsabilités institutionnelles. » Ainsi s’ouvre la préface de Valérie Vignaux à Léon Moussinac, un intellectuel communiste, ensemble d’études collectives qu’elle dirigea avec François Albéra. Donnant quelques exemples, assez cruels pour les auteurs cités, de cet escamotage, elle rappelle quelle place il tint aux côtés d’Henri Barbusse et de Paul Vaillant-Couturier dans l’élaboration de ce « communisme culturel » qui marqua la France des années trente. Ce fut aussi le temps où – écrit Laurent Véray dans sa contribution, « Écrire et agir pour aider le cinéma français à s’élever à la dignité d’art » – son exigeante amitié avec les cinéastes d’alors, Delluc, Gance, L’Herbier et Epstein, fut décisive pour la naissance de ce que Langlois devait appeler « la première vague du cinéma français ». Renvoyons sur ce point à la lecture des différentes contributions évoquant le théoricien, pour retenir la place qui fut la sienne dans la naissance d’une vraie critique de cinéma en un temps (est-il vraiment révolu, même si les formes en sont plus insidieuses ?) où il s’agissait avant tout de « faire la réclame » des films sortis. Il fut, en effet, le premier à publier une critique cinématographique dans une revue littéraire alors prestigieuse, le Mercure de France, de 1920 à 1925. Mais c’est par les critiques régulières qu’il donna à l’Humanité de 1922 à 1932 qu’il put mettre en œuvre son souci de pédagogie (lancement de ciné-clubs, conférences), que d’autres contributions de ces deux volumes soulignent.

Exigeant à l’égard des films 
comme des spectateurs

Quarante et un de ces articles sont publiés et c’est un bonheur que de voir à quelle hauteur se situaient ses exigences à l’égard des films comme des spectateurs. Une citation pour en donner idée. Il écrivait, dans l’Humanitédu 4 juin 1926, mettant en garde les intellectuels attendant du cinéma qu’il devienne un art pour l’élite : « [C]es intellectuels n’ont pas compris que l’image pouvait n’être pas seulement expressive dans son ordre, son mouvement ou son sujet, mais belle plastiquement et riche ainsi d’une émotion nouvelle, et qu’il s’agissait de déterminer quels éléments plastiques pouvaient contribuer à cette beauté. » Qu’on lise ses articles pour apprendre à garder le regard clair devant une œuvre.

Haute idée de son métier d’écrire, qui le conduisit à mener, et à gagner, la première en date des batailles pour la liberté de la critique. Pas seulement pour lui, mais pour tous les critiques. Ayant exercé sa dent dure sur une adaptation fleur bleue de Moby Dick (de Lloyd Bacon, 1930, qui avait, pour les États-Unis, gardé le titre de Melville) et que son distributeur français, Jean Sagène, mini-nabab de l’époque, avait rebaptisée Jim le harponneur, il fut assigné en justice, et l’Humanité avec lui, par ce distributeur. Trois procès s’ensuivirent que « le harponneur » finit par perdre et qui consacraient la liberté de critique. Historique – et c’est bien la seule raison pour laquelle Jean Sagène mérite de passer à la postérité, à ce seul titre. Pour ça, et pour avoir écrit – rappelé par Moussinac dans l’Humanité du 14 mai 1926 : « J’ai réussi dans le camembert, dans le journalisme, il n’y a aucune raison que je ne réussisse pas dans le cinéma ». Ce combat pour une critique libre et contre la censure des films après l’envoi de policiers (1928) aux séances du ciné-club Spartacus, qu’il animait, puis contre l’interdiction de projections, bien d’autres contributions de ces deux livres sont là pour les rappeler, et qu’il faut aller voir. Mais, aussi bien, Jean-Pierre Léonardini pourrait consacrer (ce n’est pas une suggestion, encore moins une injonction) un article d’égal volume à ses batailles pour le théâtre… La raison pour laquelle ces deux livres tranchent sur les idées reçues en matière d’étude sur des auteurs engagés (a fortiori engagés avec les communistes), c’est sans doute qu’on s’y est, tout du long, attaché « surtout à ne pas faire disparaître la personne, car elle est la définition même de l’engagement, celui-ci étant d’abord un choix individuel avant de devenir une action pour autrui » (Valérie Vignaux, «Léon Moussinac 
théoricien du cinéma : d’une poétique 
des arts à une politique de la culture»). 
Un Moussinac vivant.

 
Léon Moussinac. Journaliste, cinéphile et militant
DOMINIQUE WIDEMANN
MERCREDI, 1 AOÛT, 2012
L'HUMANITÉ

Léon Moussinac sera le premier à signer des critiques cinématographiques dans les colonnes de l’Humanité. Précurseur, il restera jusqu’à sa mort, en 1964, fidèle à ses idées et à son parti.

Léon Moussinac entre à l’Humanité en 1922. Il y tiendra durant une dizaine d’années une chronique de critique cinématographique inédite, sur le fond et la forme, dans la presse de l’époque. Au fil du temps, Moussinac affirmera la liberté de la critique et de l’opinion, la dimension artistique du cinéma. On lui doit également l’émergence de la notion de patrimoine cinématographique, qui dote ainsi le cinéma d’une histoire dont Léon Moussinac fixera les films étapes. Il confiera plus tard la tâche à son successeur, Georges Sadoul, qui publiera l’encyclopédie que l’on sait. Grâce à quoi, son image recouvrira celle de Moussinac dans le panthéon communiste.

Avant l’arrivée de Léon Moussinac, point de critique cinématographique dans l’Humanité. Il entame une critique à la première personne, qui vise à créer une esthétique de l’écran. Il y dissèque jeu des acteurs, cadrage, montage, photographie, technique et technologie, tout en s’employant à la recherche du beau et de l’émotion. Avec une constante : la dénonciation des « tripatouillages, des mercanti, de la médiocrité », dénonciation qui va se faire de plus en plus véhémente contre le capitalisme et ses mauvais films. Ceux-là, Moussinac leur fait la chasse. Il va dans les salles populaires et note les réactions du public. En toute indépendance, il défendra envers et contre tout l’Auberge rouge, du jeune Jean Epstein, « contre les vieillards impuissants encore maîtres – pour combien de temps ? – des destinées du cinéma ». De même, il soutient la Roue, d’Abel Gance, tandis que Pierre Sémard, dirigeant des cheminots dont les grandes grèves hurlent encore, s’en prend au film, qu’il juge « contraire aux intérêts de la classe ouvrière ». Moussinac rétorque : « Dans l’état actuel du développement de la cinégraphie, comme dans toute formation d’un art, il s’agit de perfectionner l’outil et de fouiller la matière. » Dont acte. Moussinac admire le cinéma américain, la sensualité de ses stars. Pour lui, le corps de l’acteur accueille une cinématographie. Moussinac s’attache vite à la notion de patrimoine cinématographique. Au point de faire racheter le négatif de Fièvre, film de son ami Louis Delluc, pour en tirer des copies et les diffuser dans les ciné-clubs. Dès 1927, il dressera un historique des films scientifiques et des films comiques.

Au cours des années précédentes, Moussinac a mené, par sa chronique, un combat politique, esthétique et littéraire, non sans une certaine verve surréaliste. Il n’hésite pas, dans ses débuts à l’Humanité, à s’en prendre à tous les « cinéphobes », au premier rang desquels Anatole France, communiste et prix Nobel dont tout le PCF porte le deuil récent. Avec la « bolchevisation » du Parti, la plume de Moussinac, à partir de 1923, va se charger de « menaces et de silences, de prophéties rageuses et anticapitalistes », explique Tangui Perron, évoquant les contradictions de Léon Moussinac qui au fil des années vont s’aiguiser à vouloir tout à la fois « trouver la beauté du film, malgré le film » et « faire table rase » de l’indigence qui régnerait partout dans le cinéma du capital. Article du 16 mars 1927 : « Nous le rappelons ici sans cesse : en régime capitaliste, le cinéma ne saurait être qu’une industrie, un film ne pouvant avoir d’autre but que de “faire de l’argent” ; en régime communiste, le cinéma ne saurait être qu’un art, un film ne pouvant avoir d’autre but que d’amuser, d’émouvoir ou d’instruire. » Du même auteur, une chronique du 5 mai suivant : « Il y a très peu de films intéressants à voir. Il s’agit donc de n’aller au cinéma qu’à bon escient, donc rarement, pour siffler un film dont la médiocrité est offensante, ou d’esprit dangereux, et pour applaudir toute 
œuvre vraiment cinématographique. Pas simple. »

Pourtant, la politique des bruits et des cris va, sur papier journal, servir d’arme pour la critique et le cinéma. « Les communistes en général et Léon Moussinac veulent accentuer et politiser les réactions de la foule, la transformer en masse critique et agissante », soulignent les intervenants. En témoignent les appels à « siffler chaque semaine les actualités du Pathé-Aubert-Gaumont-Journal ». Inlassablement, le vendredi, Moussinac tient les comptes, décrit les hauts faits : l’Internationale qui couvre la Madelon à Châlons, les « À bas la guerre ! » qui retentissent à Limoges, à Courbevoie. Il synthétise deux traditions, celle qui consiste à siffler au théâtre, et le « sabotage » ouvrier. L’Humanité du 2 juillet 1927 : « Nos camarades allemands siffleront à Berlin pour les mêmes raisons que nous. »

En 1928, pour avoir fustigé le film Jim le harponneur, Léon Moussinac est attaqué en justice par un grand patron de l’industrie cinématographique, Jean Sapène, qui vient de rénover les studios de Joinville. La presse corporative conspue Moussinac « le Moscoutaire ». Condamné, Moussinac gagne en appel. Il fonde avec d’autres critiques – Jean Prévost, de la NRF, ou encore le cinéaste René Clair – l’Association amicale de la critique cinématographique. Conquête encore vivante.

La même année, Léon Moussinac va fonder les Amis de Spartacus pour diffuser le cinéma soviétique. Les séances sont privées, pour tenter de contourner la censure. Les militants communistes distribuent les cartes pour y assister dans les bistrots, dans la rue, à l’Humanité. Le choc visuel est énorme. Les spectateurs s’identifient aux films. Vantent leurs « qualités documentaires » en même temps que celles des premiers romans « prolétariens » que publie le journal. Le courrier des lecteurs montre à quel point la « réalité » des mots et des images fait exister ce pour quoi ces femmes et ces hommes se battent. Le rendent « vrai ». L’aventure sera interrompue au bout de six mois par le ministère de l’Intérieur. Lorsque Léon Moussinac meurt, en 1964, fidèle à son parti, bouleversé par le rapport Khrouchtchev, son ami Aragon, rencontré en 1918, lui adresse, dans les Lettres françaises, l’un de ses textes magnifiques, Cette nuit de nous, et s’engage, en poète, à ne jamais la quitter.

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8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 10:15
André Chassaigne, responsable du groupe PCF- Gauche démocratique et Républicaine à l'Assemblée Nationale

André Chassaigne, responsable du groupe PCF- Gauche démocratique et Républicaine à l'Assemblée Nationale

"Macron veut pousser à l'extrême la perversité de la Ve République" (André Chassaigne) - 

Par 

 

Dans le cadre de la réforme des institutions, le Premier ministre veut restreindre le droit d'amendement des parlementaires. "Gravissime", selon le député communiste André Chassaigne.

Vous avez été reçu à Matignon mardi matin par le Premier ministre Edouard Philippe. Que vous a-t-il dit ? 

Il nous a mis sous les yeux une note blanche de 3 pages intitulée "liste des mesures envisagées". Des mesures qui sont selon moi déjà actées. Parmi elles, la baisse de 25 à 33% du nombre de députés et sénateurs. Est-ce un populisme, pour répondre à l'antiparlementarisme ambiant, que le pouvoir alimente lui-même ? Est-ce que ça répond à un objectif ? On lui a demandé. Il m'a répondu qu'il appliquait le programme du président de la République. Sans autre explication. J'ai dit que ça allait alimenter la défiance. Plus une circonscription est importante, plus l'ancrage territorial disparaît, plus le lien est distendu avec la population.

Le gouvernement veut aussi restreindre le droit d'amendement pour rendre la fabrique de la loi plus "efficace". Il veut d'une part rendre irrecevable le dépôt d'un amendement en séance qui aurait été rejeté en commission, et d'autre part, définir le nombre d'amendements que peut déposer un groupe en fonction de son nombre de députés. Vous dénoncez un "coup de force". Pourquoi ?  

C'est en effet d'une extrême gravité. En commission, seuls votent les députés de la commission. Or, je l'ai vu plusieurs fois au cours de mes mandats parlementaires, des amendements rejetés en commission sont parfois adoptés ensuite, lors de leur examen en séance. En commission tout va très vite, en séance on prend davantage le temps de débattre. C'est une explication. Et il y a aussi parfois des majorités de circonstance qui se créent en séance. 

La seconde mesure s'intitule : "Contingentement du nombre d'amendements par lecture et par groupe en s'inspirant du temps législatif programmé". Le temps programmé, c'est quand le temps de parole d'un groupe est fonction de sa taille. Un petit groupe a deux heures, un gros en a dix. Là, ils veulent faire pareil avec le nombre d'amendements. C'est le pompon, c'est gravissime. Tout est fait pour rapetisser le pouvoir législatif. Macron et Philippe veulent pousser à l'extrême la perversité de la Ve République pour renforcer le pouvoir exécutif et l'hyperpuissance du président. 

Entre l'examen d'un texte de loi et l'application réelle s'écoulent parfois plusieurs mois. Ne faudrait-il pas accélérer la production des lois ?

La priorité n'est pas d'accélérer la fabrique de la loi. C'est de l'appliquer réellement, en prenant les décrets d'application. Beaucoup de lois sont votées sans que ces décrets ne soient ensuite pris. C'était le cas avec la loi Alur, ou la loi sur le Numérique. 

On peut éviter l'obstruction parlementaire avec d'autres moyens. On pourrait par exemple empêcher que 30 députés puissent chacun tous déposer le même amendement. Macron et Philippe disent qu'ils veulent gagner en efficacité. Mais ils veulent surtout étouffer l'opposition et affaiblir le pouvoir législatif. En fait, ils ont ouvert la boîte à outils et ils se servent pour renforcer l'hyperprésidentialisation. C'est une rupture historique, au sens de notre histoire républicaine. 

Comment améliorer l'efficacité du Parlement selon vous ?

On pourrait par exemple mettre en place une meilleure anticipation des lois qui viennent. Ce serait un bon moyen d'associer les citoyens au processus législatif. Mais aujourd'hui c'est impossible, car ça va trop vite. Chaque ministre veut faire sa loi, pour répondre à l'émotivité ambiante ou aux soubresauts de l'actualité. On peut l'admettre aussi : quand après une lecture à l'Assemblée, une autre au Sénat, la commission mixte paritaire échoue, ça nous fatigue aussi d'avoir à faire une nouvelle lecture. Mais on parle là de démocratie. On n'est pas l'épicerie. Où est le problème si on passe deux jours de plus sur un texte de loi ?

Le gouvernement a deux options pour modifier la Constitution : convoquer le Congrès, ce qui suppose l'accord du Sénat, puis obtenir le vote d'au moins trois cinquièmes des députés et sénateurs réunis ; ou recourir à un référendum. Quelle option préférez-vous ?

A titre personnel, je suis favorable au référendum. Mais à deux conditions : qu'il y ait un débat parlementaire, et une vraie campagne. Qu'on en reste pas à un court temps populiste. A mon sens, si Macron et Philippe vont aussi loin dans leur volonté de soumettre le pouvoir législatif, c'est pour pousser le Sénat à refuser la révision constitutionnelle, de manière à pouvoir dire : "Regardez ces vieux cons, ils veulent rien bouger, c'est le vieux monde..." Si Macron va aussi loin, c'est pour passer par le référendum et obtenir un plébiscite. Encore une fois je ne suis pas contre. Mais à condition d'avoir un débat parlementaire et une vraie campagne. 

Propos recueillis par Rémy Dodet - Le Nouvel Observateur, 8 mars 2018

Dans le cadre de la réforme des institutions, le Premier ministre veut restreindre le droit d'amendement des parlementaires. "Gravissime", selon le député communiste André Chassaigne (Le Nouvel Observateur, 8 mars 2018)
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8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 09:38
Bernard Arnault, quatrième fortune mondiale, payé 66 millions d'euros par jour: et vous?

EN UN AN, BERNARD ARNAULT DEVIENT 4e FORTUNE MONDIALE 
Dans le dernier classement Forbes, le Français Bernard Arnault, le patron du groupe de luxe LVMH, est désormais la 4e fortune mondiale. En faisant un bond colossal à 72 milliards de dollars, la fortune d'Arnault a progressé de 71%. Plus globalement, les riches sont toujours plus riches: les 40 premiers patrimoines français ont cru de 30% en 2017, beaucoup plus que la croissance (+2%). Il y a également plus de Français parmi les 50 plus riches du monde, on compte même maintenant 40 milliardaires français... 
Le fondateur d'Amazon Jeff Bezos a ravi à Bill Gates la première place. Bezos a pratiquement doublé sa fortune, passée à 120 milliards de dollars, devançant Gates et ses 90 milliards de dollars. Warren Buffet conserve sa troisième place... 

Jean-Emmanuel Ducoin, journaliste à l'Humanité 

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